Archive pour le Tag 'ville'

La faute à la médecine de ville ?

La faute à la médecine de ville ?

L’économiste Brigitte Domont reporte dans le monde en grande partie les difficultés de la santé publique sur les excès d’une médecine libérale non contrôlée. Une défense un peu corpo du secteur public qui aurait bien besoin pourtant d’être évalué de manière un peu pertinente .

Tribune.

 

Le chef de l’Etat a fait connaître sa colère devant les lenteurs de la campagne de vaccination. Fuite utile pour suggérer que sa responsabilité ne serait pas en jeu et qu’il subirait les déboires d’une administration technocratique, à la fois impuissante et hypertrophiée…

Mais les ratés de l’agence nationale Santé publique France dans la livraison des vaccins sont-ils vraiment dus à la médiocrité de ses personnels ? Ou bien plutôt à l’insuffisance de ses budgets et de ses effectifs ? Lui a-t-on donné des moyens à la hauteur de ses missions, alors que sa création, issue de la fusion entre des agences préexistantes, a donné lieu à de sérieuses coupes budgétaires ?

Les mêmes questions peuvent être posées au sujet des agences régionales de santé (ARS), tellement critiquées dans leur réponse à la première vague épidémique. Créées en 2009 pour coordonner les parcours de soins entre la médecine de ville et l’hôpital, elles n’ont jamais eu de réelles marges de manœuvre budgétaire.

Encore actuellement, elles ne disposent pour améliorer les parcours de soins que d’un petit budget appelé « fonds d’investissement régional », qui représente moins de 1,7 % des dépenses de santé couvertes par la sécurité sociale.

On le sait maintenant, la pénurie de masques, qui a exposé les professionnels de santé à l’épidémie et causé tant de décès dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), avant d’imposer un confinement strict mortifère pour l’activité du pays, résultait de la recherche d’économie sur une petite ligne budgétaire.

Les enquêtes ont montré que c’est au plus haut niveau du ministère de la santé, en dépit des recommandations d’experts et des demandes du directeur de Santé publique France, qu’il a été décidé de ne pas reconstituer le stock de masques nécessaires pour protéger la population, alors que le risque de pandémie était bien signalé par de nombreux rapports.

Dans ce cas, l’administration avait fait son travail et c’est au plus haut niveau que la décision a privilégié l’économie budgétaire de court terme, au détriment de la protection contre le risque. Le calcul économique le plus élémentaire montre pourtant que reconstituer le stock de masques aurait été une décision conforme à l’intérêt général.

Enfin, les hôpitaux ont été soumis à une austérité budgétaire sans précédent. Le pilotage des dépenses hospitalières vise essentiellement à les contenir, et même à les comprimer afin de compenser les dépenses non maîtrisées de la médecine de ville. Mais ce pilotage a entravé les mécanismes censés conduire à une efficience de la dépense, comme la tarification à l’activité.

Ouverture de centres de vaccination en ville…… mais sans vaccins !

Ouverture de centres de vaccination en ville…… mais sans vaccins !

 

Pour justifier le retard français en matière de vaccination, le verbeux  ministre de la santé, Olivier Véran annonce l’ouverture de centres de vaccination en ville. On se demande réellement pourquoi compte tenu du manque chronique de vaccins. Pendant encore un mois ou deux au moins, la France va cruellement manquer de vaccins. Une insuffisance justifiée par une hiérarchisation des populations à vacciner.

Pour l’instant la seule avancée concrète et précise concerne la vaccination des soignants de 50 ans et plus. Pas besoin pour cela de centres de vaccination en ville. Les intéressés sont bien placés pour se faire vacciner près de leur lieu de travail.

Olivier Véran, comme Macron et le gouvernement, a changé de discours en raison des nombreuses critiques sur la stratégie vaccinale. Le problème, c’est que ce changement de discours ne modifie pas les réalités médicales françaises. Pendant qu’on vaccine plusieurs millions de personnes aux États-Unis, plus d’un million en Russie, des dizaines de milliers en Grande-Bretagne ou encore en Allemagne,  la France ne compte que trois ou 400 personnes vaccinées. Et le rythme ne pourra vraiment s’accélérer que vers la fin du premier trimestre. Les explications du ministre de la santé ne parviennent guère à convaincre.

“Avant le début février, de premiers centres de vaccination ouvriront en ville, pour commencer à vacciner les personnes âgées de 75 ans et plus, puis les 65 ans et plus, etc.”, a-t-il déclaré sur Twitter.

“Nous avons décidé, en parallèle, d’accélérer la protection des publics prioritaires. Dès lundi, les soignants de 50 ans et plus qui le souhaitent, pourront se faire vacciner dans les centres disposant déjà de vaccins”, a-t-il ajouté.

Ces décisions interviennent alors que le gouvernement essuie depuis plusieurs jours les critiques des partis d’opposition et d’une partie du corps médical face à la lenteur de la campagne de vaccination lancée dimanche, qui n’a concerné à ce stade que quelques centaines de personnes dans l’Hexagone, contre plusieurs dizaines de milliers au Royaume-Uni et en Allemagne.

Jeudi, l’Académie nationale de médecine (ANM) française a appelé les autorités de santé à simplifier et accélérer la campagne de vaccination, en regrettant des précautions “excessives”.

“Soyez rassurés. La campagne vaccinale va bientôt prendre de l’ampleur”, a indiqué jeudi Olivier Véran face aux critiques, rappelant la stratégie du gouvernement de vacciner en priorité les résidents des Ehpad, ce qui engendre des difficultés logistiques.

“Dans quelques semaines, la vaccination aura été proposée à l’ensemble des personnes âgées, et nous serons au même niveau que les pays qui ont procédé différemment”, assure le ministre de la Santé. Quelques semaines qui renvoient sans doute en mars ou en avril !

Société:« La ville du quart d’heure » ?

Société:« La ville du quart d’heure »  ?

Carlos Moreno, directeur scientifique de la chaire « Entreprenariat, territoire, innovation » à l’Université Paris-I.

 

Carlos Moreno est un chercheur et entrepreneur franco-colombien, directeur scientifique de la chaire « Entreprenariat, territoire, innovation » à l’Université Paris-I. Il est le père du concept de « ville du quart d’heure ».

Notons cependant que cette ville du quart d’heure existe déjà dans les petites villes et les villes moyennes. D’où peut-être la remise en cause de ville de taille démentielle ? (NDLR). Interview dans l’Opinion.

Nos villes sont aujourd’hui stressantes, inégalitaires… Ont-elles été victimes de leur propre croissance ?

Au même titre que le XIXe siècle était celui des Empires et le XXe celui des Etats-Nations, le XXIe est bien celui des villes. Le moteur du changement d’ère dans notre modernité de l’après-guerre, a été l’émergence des villes-monde, créatrices de richesses, centres de pouvoir et de décision. Mais la ville qui gagne est aussi celle qui perd. La richesse s’accompagne inéluctablement d’inégalités et d’un contexte socialement anxiogène. La ville reluisante par son patrimoine est aussi la ville en proie à des incivilités majeures. Surtout, elle concentre les trois défis de notre génération : la crise écologique, car nos centres-villes sont de plus en plus pollués ; la crise sanitaire, car les villes sont les premiers espaces confinés ; et la crise sociale, générée par les fractures territoriales. Les villes portent en elles les réponses à ces problèmes.

Comment nos villes peuvent-elles résoudre ces crises ?

Les villes sont au cœur de la solution car elles sont la colonne vertébrale des actions de transformation. La tendance dominante est la pensée réductrice. On réduit la ville uniquement à des questions d’architecture, d’urbanisme ou de circulation. La question climatique sera au cœur des problématiques urbaines pour les prochaines décennies. Nous avons célébré le cinquième anniversaire des accords de Paris. On l’a vu, les Etats ont failli à leurs promesses, en quittant l’accord ou bien en ne le respectant pas. Les villes ont pris le relais. Elles montrent le chemin pour un mode de vie décarboné, tout en étant un rempart contre l’extrémisme : le Rassemblement national fait toujours de moins bons résultats aux élections municipales qu’à l’élection présidentielle. Parce que les liens de proximité sont plus forts à l’échelle d’une ville. Les relations qui s’y tissent permettent de mobiliser rapidement et efficacement des écosystèmes locaux.

« Avec la ville du quart d’heure, les mobilités obligées, celles qui nous amènent sur nos lieux de travail en nous prenant parfois jusqu’à trois heures de nos vies dans des conditions insupportables, deviendront des mobilités choisies »

La proximité est justement l’idée phare de la « ville du quart d’heure », qui rend accessible toutes les activités essentielles dans un rayon de 15 minutes. C’était important de remettre le temps au cœur de la réflexion urbanistique ?

La proximité est aujourd’hui un élément essentiel de la qualité de vie des citoyens. En rapprochant les six fonctions sociales essentielles que sont l’habitat, le travail, l’approvisionnement, l’éducation, la santé et les loisirs, on gagne du temps sur nos vies à cent à l’heure. La longueur des déplacements est symptomatique des fractures d’une ville. Avec la ville du quart d’heure, les mobilités obligées, celles qui nous amènent sur nos lieux de travail en nous prenant parfois jusqu’à trois heures de nos vies dans des conditions insupportables, deviendront des mobilités choisies. Ce sera du temps gagné pour notre vie personnelle, sociale ou créative. A ce « chrono urbanisme », j’associe la « chronotopie ». Aujourd’hui, les mètres carrés construits n’ont qu’une seule fonction. Ils sont utilisés à seulement 40 % de leur temps disponible. Une aberration. Pourquoi ne pas redonner une fonction à ses espaces sous-utilisés ? Pourquoi ne pas transformer des discothèques en salle de sport la journée ? Ou bien rendre les cours des écoles accessibles le week-end ? La ville du quart d’heure nous offre une autre manière de vivre, de consommer, de travailler. Cette vie de proximités nous permettra de reprendre le contrôle de notre temps.

Cette ville de tous les avantages, où les inconvénients ont disparu, n’est-elle pas une utopie ?

J’ai parlé pour la première fois de ce concept la veille du lancement de la COP21 en 2015. A l’époque, on me rétorquait déjà que la ville du quart d’heure était une utopie. Que jamais nous n’allions pouvoir travailler là où nous habitions. Mais que s’est-il passé depuis cinq ans ? Des quartiers se piétonnisent, se végétalisent, s’ouvrent à leurs habitants. La transformation a déjà commencé et elle se poursuit avec le confinement. Les gens ont été obligés de vivre en proximité. Certains ont redécouvert leurs voisins, leur quartier… La grande révolution viendra du télétravail. Les gens comprendront que leur temps de trajet peut être économisé. Il ne faut pas non plus oublier que la ville est et sera toujours imparfaite. Il n’y a pas de ville idéale, elle sera toujours en travaux.

Ces réflexions ne sont-elles pas valables uniquement pour les salariés du tertiaire ? C’est une des critiques adressée à Anne Hidalgo, qui a repris votre concept dans son programme pour les municipales…

Si on désature l’espace public, on laisse de meilleures conditions à ceux qui n’auront pas d’autre choix que de se rendre sur leur lieu de travail. Alors, certes, la ville du quart d’heure n’est pas une baguette magique. On ne changera pas soixante-dix ans d’urbanisme centré sur les infrastructures pour un urbanisme d’usage du jour au lendemain. Mais Anne Hidalgo a su capter l’importance de développer cette proximité, à la fois demandée et inéluctable si l’on veut résoudre les grands défis de notre génération. Et il n’y a pas que Paris ! Ottawa, au Canada, a opté pour le « 15-minutes neighbourhood », de même que Melbourne en Australie, ou encore Portland, Barcelone, Milan… Il faut changer le paradigme actuel du produire, consommer, se déplacer. Recréer de nouvelles urbanités et de nouvelles narrations. Contribuer à l’amélioration de nos villes.

Les villes sont ancrées dans des territoires. Quel regard portez-vous sur ces espaces ? Le concept de ville quart d’heure y paraît moins pertinent.

La logique de rapprochement des habitants et de leurs activités s’y applique également. En France, la flambée des Gilets jaunes était en partie une colère liée à la mobilité. Nous avons proposé le « territoire de la demi-heure » comme adaptation, autour d’une nouvelle armature territoriale. En France, 80 % des Français habitent en zone urbaine, soit 20 % des territoires. Les villes doivent pouvoir créer des liens forts avec les territoires car elles ne seront jamais autosuffisantes. Ces armatures urbaines doivent être renforcées et cela passe par un large processus de décentralisation. La pandémie a montré la difficulté d’associer les régions et les territoires à la prise de décision et les problèmes que cela a engendrés. Le mille-feuille territorial doit être simplifié pour que les territoires deviennent vertueux et apaisés.

Combien de temps prendrait le passage à la ville du quart d’heure ?

L’urbanisme est trop souvent assimilé à la construction de bâtiments, qui s’étale sur plusieurs années. Avec la ville du quart d’heure, il ne s’agit pas d’aménager la ville mais d’aménager la vie urbaine. C’est un voyage, un processus itératif qui s’étale sur le temps long : il commence dès maintenant et ne se finira probablement jamais.

« Ce ne sont pas les smart cities, les smart métropoles ou les smart régions, qui suffiront à enrichir les réflexions stratégiques et les solutions opérationnelles dans un monde complexe et urbanisé. Du fait des histoires, de la culture, des traditions, il ne peut pas y avoir un modèle unique. Seulement des sources d’inspiration. Les technologies en font partie »

Vous êtes né en Colombie, et avez pu vous rendre aux quatre coins du monde. Dans quelle mesure ces voyages ont influencé le concept de ville du quart d’heure ?

Je m’en suis nourri. Ils ont, sans aucun doute, façonné mon regard. Je reste plus attaché aux gens qu’à l’architecture. Italo Calvino écrivait dans Les villes invisibles (1972) : « Tu ne jouis pas d’une ville à cause de ses sept ou soixante-dix-sept merveilles, mais de la réponse qu’elle apporte à l’une de tes questions. » Cette réflexion m’a porté : comment et pourquoi les villes sont-elles inégalitaires, ségrégatives, polluées… ? Lors d’un déplacement à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, je suis resté stupéfait par la pollution et la pauvreté d’une ville qui avait tout, dans sa culture et ses traditions, pour promouvoir un mode de vie sain. Je me suis toujours interrogé sur la manière de redonner de la qualité à la vie. Ce ne sont pas les smart cities, les « smart métropoles » ou les « smart régions », qui suffiront à enrichir les réflexions stratégiques et les solutions opérationnelles dans un monde complexe et urbanisé. Du fait des histoires, de la culture, des traditions, il ne peut pas y avoir un modèle unique. Seulement des sources d’inspiration. Les technologies en font partie. Ce que je propose, c’est une voie inspirante, centrée sur l’humain, en phase avec les grands défis d’aujourd’hui.

« La ville du quart d’heure » ?

« La ville du quart d’heure »  ?

Carlos Moreno, directeur scientifique de la chaire « Entreprenariat, territoire, innovation » à l’Université Paris-I.

 

Carlos Moreno est un chercheur et entrepreneur franco-colombien, directeur scientifique de la chaire « Entreprenariat, territoire, innovation » à l’Université Paris-I. Il est le père du concept de « ville du quart d’heure ».

Notons cependant que cette ville du quart d’heure existe déjà dans les petites villes et les villes moyennes. D’où peut-être la remise en cause de ville de taille démentielle ? (NDLR). Interview dans l’Opinion.

Nos villes sont aujourd’hui stressantes, inégalitaires… Ont-elles été victimes de leur propre croissance ?

Au même titre que le XIXe siècle était celui des Empires et le XXe celui des Etats-Nations, le XXIe est bien celui des villes. Le moteur du changement d’ère dans notre modernité de l’après-guerre, a été l’émergence des villes-monde, créatrices de richesses, centres de pouvoir et de décision. Mais la ville qui gagne est aussi celle qui perd. La richesse s’accompagne inéluctablement d’inégalités et d’un contexte socialement anxiogène. La ville reluisante par son patrimoine est aussi la ville en proie à des incivilités majeures. Surtout, elle concentre les trois défis de notre génération : la crise écologique, car nos centres-villes sont de plus en plus pollués ; la crise sanitaire, car les villes sont les premiers espaces confinés ; et la crise sociale, générée par les fractures territoriales. Les villes portent en elles les réponses à ces problèmes.

Comment nos villes peuvent-elles résoudre ces crises ?

Les villes sont au cœur de la solution car elles sont la colonne vertébrale des actions de transformation. La tendance dominante est la pensée réductrice. On réduit la ville uniquement à des questions d’architecture, d’urbanisme ou de circulation. La question climatique sera au cœur des problématiques urbaines pour les prochaines décennies. Nous avons célébré le cinquième anniversaire des accords de Paris. On l’a vu, les Etats ont failli à leurs promesses, en quittant l’accord ou bien en ne le respectant pas. Les villes ont pris le relais. Elles montrent le chemin pour un mode de vie décarboné, tout en étant un rempart contre l’extrémisme : le Rassemblement national fait toujours de moins bons résultats aux élections municipales qu’à l’élection présidentielle. Parce que les liens de proximité sont plus forts à l’échelle d’une ville. Les relations qui s’y tissent permettent de mobiliser rapidement et efficacement des écosystèmes locaux.

« Avec la ville du quart d’heure, les mobilités obligées, celles qui nous amènent sur nos lieux de travail en nous prenant parfois jusqu’à trois heures de nos vies dans des conditions insupportables, deviendront des mobilités choisies »

La proximité est justement l’idée phare de la « ville du quart d’heure », qui rend accessible toutes les activités essentielles dans un rayon de 15 minutes. C’était important de remettre le temps au cœur de la réflexion urbanistique ?

La proximité est aujourd’hui un élément essentiel de la qualité de vie des citoyens. En rapprochant les six fonctions sociales essentielles que sont l’habitat, le travail, l’approvisionnement, l’éducation, la santé et les loisirs, on gagne du temps sur nos vies à cent à l’heure. La longueur des déplacements est symptomatique des fractures d’une ville. Avec la ville du quart d’heure, les mobilités obligées, celles qui nous amènent sur nos lieux de travail en nous prenant parfois jusqu’à trois heures de nos vies dans des conditions insupportables, deviendront des mobilités choisies. Ce sera du temps gagné pour notre vie personnelle, sociale ou créative. A ce « chrono urbanisme », j’associe la « chronotopie ». Aujourd’hui, les mètres carrés construits n’ont qu’une seule fonction. Ils sont utilisés à seulement 40 % de leur temps disponible. Une aberration. Pourquoi ne pas redonner une fonction à ses espaces sous-utilisés ? Pourquoi ne pas transformer des discothèques en salle de sport la journée ? Ou bien rendre les cours des écoles accessibles le week-end ? La ville du quart d’heure nous offre une autre manière de vivre, de consommer, de travailler. Cette vie de proximités nous permettra de reprendre le contrôle de notre temps.

Cette ville de tous les avantages, où les inconvénients ont disparu, n’est-elle pas une utopie ?

J’ai parlé pour la première fois de ce concept la veille du lancement de la COP21 en 2015. A l’époque, on me rétorquait déjà que la ville du quart d’heure était une utopie. Que jamais nous n’allions pouvoir travailler là où nous habitions. Mais que s’est-il passé depuis cinq ans ? Des quartiers se piétonnisent, se végétalisent, s’ouvrent à leurs habitants. La transformation a déjà commencé et elle se poursuit avec le confinement. Les gens ont été obligés de vivre en proximité. Certains ont redécouvert leurs voisins, leur quartier… La grande révolution viendra du télétravail. Les gens comprendront que leur temps de trajet peut être économisé. Il ne faut pas non plus oublier que la ville est et sera toujours imparfaite. Il n’y a pas de ville idéale, elle sera toujours en travaux.

Ces réflexions ne sont-elles pas valables uniquement pour les salariés du tertiaire ? C’est une des critiques adressée à Anne Hidalgo, qui a repris votre concept dans son programme pour les municipales…

Si on désature l’espace public, on laisse de meilleures conditions à ceux qui n’auront pas d’autre choix que de se rendre sur leur lieu de travail. Alors, certes, la ville du quart d’heure n’est pas une baguette magique. On ne changera pas soixante-dix ans d’urbanisme centré sur les infrastructures pour un urbanisme d’usage du jour au lendemain. Mais Anne Hidalgo a su capter l’importance de développer cette proximité, à la fois demandée et inéluctable si l’on veut résoudre les grands défis de notre génération. Et il n’y a pas que Paris ! Ottawa, au Canada, a opté pour le « 15-minutes neighbourhood », de même que Melbourne en Australie, ou encore Portland, Barcelone, Milan… Il faut changer le paradigme actuel du produire, consommer, se déplacer. Recréer de nouvelles urbanités et de nouvelles narrations. Contribuer à l’amélioration de nos villes.

Les villes sont ancrées dans des territoires. Quel regard portez-vous sur ces espaces ? Le concept de ville quart d’heure y paraît moins pertinent.

La logique de rapprochement des habitants et de leurs activités s’y applique également. En France, la flambée des Gilets jaunes était en partie une colère liée à la mobilité. Nous avons proposé le « territoire de la demi-heure » comme adaptation, autour d’une nouvelle armature territoriale. En France, 80 % des Français habitent en zone urbaine, soit 20 % des territoires. Les villes doivent pouvoir créer des liens forts avec les territoires car elles ne seront jamais autosuffisantes. Ces armatures urbaines doivent être renforcées et cela passe par un large processus de décentralisation. La pandémie a montré la difficulté d’associer les régions et les territoires à la prise de décision et les problèmes que cela a engendrés. Le mille-feuille territorial doit être simplifié pour que les territoires deviennent vertueux et apaisés.

Combien de temps prendrait le passage à la ville du quart d’heure ?

L’urbanisme est trop souvent assimilé à la construction de bâtiments, qui s’étale sur plusieurs années. Avec la ville du quart d’heure, il ne s’agit pas d’aménager la ville mais d’aménager la vie urbaine. C’est un voyage, un processus itératif qui s’étale sur le temps long : il commence dès maintenant et ne se finira probablement jamais.

« Ce ne sont pas les smart cities, les smart métropoles ou les smart régions, qui suffiront à enrichir les réflexions stratégiques et les solutions opérationnelles dans un monde complexe et urbanisé. Du fait des histoires, de la culture, des traditions, il ne peut pas y avoir un modèle unique. Seulement des sources d’inspiration. Les technologies en font partie »

Vous êtes né en Colombie, et avez pu vous rendre aux quatre coins du monde. Dans quelle mesure ces voyages ont influencé le concept de ville du quart d’heure ?

Je m’en suis nourri. Ils ont, sans aucun doute, façonné mon regard. Je reste plus attaché aux gens qu’à l’architecture. Italo Calvino écrivait dans Les villes invisibles (1972) : « Tu ne jouis pas d’une ville à cause de ses sept ou soixante-dix-sept merveilles, mais de la réponse qu’elle apporte à l’une de tes questions. » Cette réflexion m’a porté : comment et pourquoi les villes sont-elles inégalitaires, ségrégatives, polluées… ? Lors d’un déplacement à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, je suis resté stupéfait par la pollution et la pauvreté d’une ville qui avait tout, dans sa culture et ses traditions, pour promouvoir un mode de vie sain. Je me suis toujours interrogé sur la manière de redonner de la qualité à la vie. Ce ne sont pas les smart cities, les « smart métropoles » ou les « smart régions », qui suffiront à enrichir les réflexions stratégiques et les solutions opérationnelles dans un monde complexe et urbanisé. Du fait des histoires, de la culture, des traditions, il ne peut pas y avoir un modèle unique. Seulement des sources d’inspiration. Les technologies en font partie. Ce que je propose, c’est une voie inspirante, centrée sur l’humain, en phase avec les grands défis d’aujourd’hui.

Un petit geste financier pour la médecine de ville

Un petit geste financier pour la médecine de ville

Dans le cadre du budget de la Sécurité sociale (PLFSS), actuellement examiné en première lecture au Sénat, Olivier Véran a donc accordé lundi 300 millions d’euros supplémentaires à la ville (sur les 12,5 milliards de dépenses supplémentaires prévues dans le budget. Les médecins vont percevoir 46 à 76 euros pour le prélèvement et l’analyse des tests antigéniques au cabinet ou au domicile du patient symptomatique.

Ils ont également obtenu la prolongation de plusieurs mesures dérogatoires, dont une majoration d’urgence accordée pour chaque visite en Ehpad et – mesure très prisée par la profession – la téléconsultation prise en charge intégralement par l’Assurance-maladie, en particulier par téléphone.

Mais d’après le Dr Jean-Paul Ortiz, président « amer et en colère » du syndicat médical CSMF : « Sur les 12,5 milliards de dépenses supplémentaires prévues dans le PLFSS pour l’année prochaine, 300 millions d’euros sont consacrés à la hausse de la rémunération de l’ensemble des professionnels de ville, soit 400 000 soignants. Comparé aux milliards octroyés à l’hôpital, c’est dire le degré de considération du gouvernement pour nous ! » La centrale syndicale a claqué mi-octobre la porte de la Caisse nationale d’assurance-maladie, sans l’intention de revenir sur ses pas.

 

La ville intelligente: un concept douteux

La ville intelligente: un concept douteux

 

 Souvent pour masquer le déclin de l’emploi notamment industriel, certaines villes instrumentalisent le concept de ville intelligente pour donner l’illusion de la modernité. La ville intelligente serait un nouveau concept de développement urbain. Il s’agit d’améliorer la qualité de vie des citadins en rendant la ville plus adaptative et efficace, à l’aide de nouvelles technologies qui s’appuient sur un écosystème d’objets et de services. Pour devenir intelligentes, les villes « doivent laisser faire, laisser arriver les opérateurs privés et les réguler en même temps », estime dans l’Opinion  l’économiste Carine Staropoli. D’abord le qualificatif   »intelligente »  pour les villes est très relatif ensuite on peut discuter de la privatisation de certains services. Une interview cependant intéressante qui témoigne de l’enflure sémantique de la smart-city ,de son flou, en tout cas de ses limites ( souvent concernant essentiellement la mobilité).  

 

Intreview:

 

Que sont les smart cities  ?

C’est l’utilisation des technologies de l’information et de données associées à des objets connectés pour améliorer les services publics, l’environnement, réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer le bien-être des citoyens et les conditions de vie dans la ville. Dans les faits, il y a très peu de smart cities. Les modèles de Masdar à Abu Dhabi ou Songdo en Corée du Sud sont vraiment des cas particuliers, construits de zéro. Dans nos villes européennes, on regarde plutôt comment améliorer nos infrastructures, les rendre intelligentes, investir dans des smart grids (réseaux intelligents), des capteurs, équiper les citoyens et les administrations en objets connectés. Il y a des projets, tantôt une application de mobilité, tantôt un immeuble intelligent ou un éco quartier, mais pas de déploiement à grande échelle. En France, Dijon et Angers plus récemment ont mis en place un centre de pilotage des données à plus grande échelle.

 

Pourquoi un développement si lent  ?

L’explication tient à deux cas de figure. Soit les villes ont peur de perdre le contrôle des services urbains et publics avec l’arrivée de nouveaux acteurs privés du numérique posant un risque d’ubérisation, soit les villes s’engagent dans une course à l’innovation au risque de faire des gadgets sans véritable création de valeur collective et modèle économique pérenne.

Ont-elles raison d’avoir peur  ?

La peur de perte de contrôle est en grande partie fantasmée. On sait depuis longtemps déléguer la gestion d’un service public à une entreprise privée, laisser innover en imposant un cahier des charges. Mais la différence avec les smart cities c’est la gestion des données. Il faut recueillir et partager des données sur les services publics et urbains, délivrés par des opérateurs publics ou privés. Cela demande une agilité réglementaire et une modernisation de la relation entre acteurs publics et privés. L’exemple-type, ce sont les trottinettes en libre-service. Des opérateurs privés arrivent avec quelque chose qui n’est pas non plus révolutionnaire. Les pionniers (Lime, Bird…) n’avaient pas forcément anticipé que les conditions du service dégénéreraient et que les externalités négatives dépasseraient les bénéfices attendus  : l’encombrement des trottoirs, les incivilités des citadins qui jettent les trottinettes dans la Seine ou dans la mer à Marseille, roulent sur les trottoirs sans respecter la sécurité et créent des accidents… A la fin cela crée un problème classique de gestion du bien commun. Les citoyens se retournent vers la mairie et demandent  : que faites-vous  ? L’autorégulation n’a pas suffi et la régulation s’est fait attendre. Résultat : si on enlève les trottinettes maintenant, leurs utilisateurs déjà nombreux ne seront pas contents  ; parallèlement, ceux qui ne les utilisent pas trouvent qu’on est allé trop loin et on les réconciliera difficilement avec ce service. C’est le type de situation qui dessert l’innovation dans la ville.

Comment doivent réagir les villes  ?

Elles sont habituées à décider entre déléguer la gestion d’un service public ou le réaliser en interne, mais dans la smart city, elles doivent laisser faire, laisser arriver les opérateurs privés et les réguler en même temps. Car si elles s’en tiennent à leurs opérateurs classiques, les innovations n’arriveront pas assez vite. Il faut que les villes osent accompagner ces innovations, voire les solliciter, comme la Mairie de Paris sur la gestion des données avec des hackathons à destination des start-up. C’est un nouveau type de rapport avec les acteurs privés.

Par exemple, le prochain développement des applications Mobility as a Service (MaaS) pourront compiler toutes les données de déplacement et y associer un système unique de billettique et de paiement pour avoir en temps réel des informations comme « la ligne de métro n° 13 est congestionnée, trois trottinettes sont disponibles à tel endroit, et coûtent moins cher car elles participent à réduire la congestion du métro », et pouvoir payer via cette application. C’est possible en mettant des systèmes de tarification incitative adaptés, en faisant coopérer la RATP, les opérateurs privés de trottinettes, de VTC, de covoiturage… C’est une application qu’on peut espérer publique, car il ne faut pas la soupçonner de vous indiquer ce qui rapporte le plus, mais plutôt ce qui est le moins polluant, le plus pratique. La puissance publique doit réguler les plateformes et les agréger tout en laissant les acteurs privés prospérer.

Les avantages des smart cities sont-ils documentés  ? Surpassent-ils les inconvénients ? Tous ces capteurs et ces données stockées consomment de l’énergie…

Il serait dommage de ne pas profiter des gains potentiels amenés par les innovations technologiques. L’éclairage public intelligent réduit déjà de 30 % à 40 % la consommation d’énergie. On repère mieux les fuites sur les réseaux d’eau, on répare tout de suite les pannes d’électricité sur les réseaux… Pour la congestion des transports, c’est pareil. Mais c’est vrai que l’on a encore peu de recul sur l’impact écologique, et que la question des data centers n’est pas encore renseignée. L’énorme problème des smart cities est que l’on n’évalue pas assez leur impact, tant ex post qu’ex ante. Avant de lancer le projet, il faudrait lancer des analyses coûts/bénéfices pour objectiver et monétiser la valeur collective créée, montrer que ce n’est pas un gadget.

Tout cela s’accompagne de nouveaux systèmes de tarification et pose la question de savoir qui paye pour les améliorations. Le déploiement des compteurs intelligents comme Linky se retrouvent dans les tarifs de gestion du réseau. A terme les contribuables, pourront en profiter par les économies d’énergie, mais ils payent d’abord les investissements. Comment se partageront les gains d’amélioration de la chaîne de valeur entre les opérateurs, les acteurs publics et les citoyens ? Car quand ces derniers comprendront vraiment ce que l’on fait avec leurs données, ils demanderont une partie des gains, puisque ce sont eux qui génèrent les données et en sont propriétaires. Il faut qu’ils puissent retirer une partie de la valeur ajoutée. Or aujourd’hui, on est loin d’avoir trouvé des modèles économiques satisfaisants.

 

Nigéria: une ville prise en otage

Nigéria: une ville prise en otage

La chienlit s’installe de plus en plus au Nigéria avec une nouvelle prise en otage Des combattants présumés du groupe djihadiste État Islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont envahi mardi 18 août une ville du nord-est du Nigeria, prenant en otages des centaines de civils, poursuivant leur stratégie de prise de territoire et de contrôle des populations civiles dans la région du lac Tchad.

«Des terroristes de l’Iswap ont pris le contrôle de Kukawa (dans la région du lac Tchad) mardi soir, et ont pris en otages des centaines de civils», a expliqué Babakura Kolo, chef d’une milice civile. Les habitants de Kukawa venaient tout juste de regagner leur foyer après avoir vécu pendant deux ans dans un camp de déplacés, à cause des violences qui ravagent la région du lac Tchad depuis 2009, et l’émergence du groupe islamiste Boko Haram à Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno.

On estime qu’après plus de dix ans de conflit, deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Malgré les risques sécuritaires et les mises en garde des ONG, le gouvernement local insiste pour désengorger les camps de déplacés insalubres et surpeuplés, et organise des missions de rapatriement plus ou moins forcé.

Le groupe, qui a fait scission de Boko Haram en 2016 et est affilié à l’Etat Islamique, a mené depuis de nombreuses attaques, notamment contre l’armée nigériane, lors desquelles des centaines, voire des milliers, de soldats ont été tués. Il contrôle également des villes et des villages, et des milliers de civils vivent sous leur emprise.

 

Dans une autre attaque menée mardi à Magumeri, à cinquante kilomètres au nord-ouest de Maiduguri, les djihadistes ont été repoussés par l’armée nigériane, mais ont eu le temps de mettre le feu à plusieurs bâtiments publics, dont un hôpital récemment ouvert, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Cette autre attaque a été revendiquée par le groupe Iswap, qui assure dans un communiqué de propagande avoir «tué et blessé un nombre non-identifié de personnes» et «brûlé des bâtiments de la Croix Rouge».

Ils ont également confisqué des téléphones portables, volé de l’argent et détruit la seule antenne de télécommunication du district, selon les témoignages recueillis sur place. «Ils sont dans une situation compliquée: d’un coté, ils se veulent ouverts aux populations… Mais de l’autre, ils se méfient des espions, des gens qui utilisent leur téléphone pour renseigner l’armée», poursuit l’expert du djihadisme en Afrique de l’Ouest, Vincent Foucher. Plus de 36.000 personnes ont été tuées depuis 2009 dans le nord-est Nigeria.

Les Nations Unies ont déclaré la semaine dernière que 10,6 millions de personnes (sur un total de 13 millions), soit «quatre personnes sur cinq» dépendent de l’aide humanitaire pour leur survie dans les trois Etats du Nigeria les plus touchés par le conflit djihadiste (Borno, Yobe, Adamawa). «C’est le plus grand nombre jamais enregistré depuis nous avons commencé les opérations il y a cinq ans», ont-ils souligné.

 

Prix de Immobilier: La folie dans les grandes villes (OCDE)

Prix de Immobilier: La folie dans les grandes villes (OCDE)

 

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, présente, dans une tribune au « Monde », s’inquiète des prix de l’immobilier dans toutes les grandes villes du monde. Un constat et des propositions qui font toutefois l’impasse sur la question centrale de l’aménagement équilibré du territoire.

 

La pandémie a aggravé des inégalités déjà existantes. Y compris en matière de logement, alors que de nombreux ménages éprouvaient déjà des difficultés à se loger, dans de nombreuses villes du monde.

A l’échelle mondiale, près de la moitié de la population vit dans les villes, et ce chiffre devrait atteindre 55 % d’ici à 2050. Les villes concentrent également la majorité de l’activité économique, de la création d’emplois et de l’innovation. Or, la hausse des prix du logement en milieu urbain exerce une pression croissante sur les ménages : entre 2005 et 2018, le prix des loyers a augmenté dans tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à l’exception de deux d’entre eux, tout comme le prix réel à l’achat ; sur le marché privé, un locataire à faible revenu sur trois consacre plus de 40 % de son revenu disponible aux seuls coûts de location (OECD Affordable Housing Database).

Le degré de soutenabilité d’une ville et les prix de ses logements dépendent, dans une large mesure, de la façon dont les gens y vivent, y travaillent et s’y déplacent. Dans ce contexte, les villes suffisamment compactes et connectées présentent des caractéristiques avantageuses. Elles offrent un accès plus facile aux emplois, aux services et aux loisirs, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au transport et à la construction.

Mais le logement, dans ces villes compactes et connectées, est généralement plus cher que dans les zones urbaines étalées et déconnectées. Les travaux de l’OCDE en partenariat avec la Coalition pour les transitions urbaines ont montré que les effets négatifs liés aux coûts excessifs du logement peuvent excéder les avantages d’une ville compacte, si l’accessibilité au logement n’est pas garantie (« Demystifying Compact Urban Growth : Evidence From 300 Studies From Across the World », Gabriel Ahlfeldt et Elisabetta Pietrostefani, Coalition for Urban Transitions et OCDE, 1er septembre 2017).

Un nouveau rapport examine les moyens dont disposent les gouvernements nationaux pour offrir des logements plus abordables au sein de villes suffisamment compactes, tout en favorisant le développement de quartiers urbains dynamiques et durables (« Housing policies for sustainable and inclusive cities : How national governments can deliver affordable housing and compact urban development », Ana Moreno-Monroy, Jared Gars, Tadashi Matsumoto, Jonathan Crook, Rudiger Ahrend, Abel Schumann, Coalition for Urban Transitions et OCDE, 31 mars 2020).

Aménagement du territoire: La ville demain….. à la campagne !

Aménagement du territoire:  La ville demain….. à la campagne !

 

« On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur » avait déclaré le célèbre humoriste Alphonse Allais. Une boutade évidemment mais pourtant qui devrait être pris en compte pour rééquilibrer de manière plus humaine et plus environnementale des villes devenues impossibles vivre . Des villes à la croissance dite endogène, c’est-à-dire qui rendent marchands produits et services, contraignent  à travailler pour se payer y compris des prestations plus ou moins utiles et ainsi contribuer à l’augmentation du PIB  : la croissance endogène . À l’inverse dans des villes moins importantes, les besoins sont plus réduits et les échanges également moins marchands.

Certes une ville doit pouvoir disposer d’un minimum d’équipement, d’infrastructures dans le domaine économique, social, culturel, sociétal ou de la santé. Pour autant, cela ne doit pas déboucher sur la nécessité par exemple de supprimer la totalité des établissements hospitaliers pour  les concentrer sur un seul lieu du département. On comprend qu’avec les  sciences et les nouvelles thérapies,  il soit nécessaire de disposer d’équipements de plus en plus sophistiqués mais toutes les pathologies ne nécessitent  pas ces  équipement aussi lourds, aussi coûteux également.

De la même manière rien ne condamne les villes à une extension économique incontrôlée avec multiplication des bureaux, des usines, des ateliers, des services au même endroit . Là aussi tout est question d’équilibre , la cité  a besoin d’un équipement minimum et non d’une concurrence effrénée de marques qui n’ont d’autre but que d’inciter à la dépense des ménages. Au plan culturel, d’énormes efforts ont été réalisé, par beaucoup de villes, reste que le lieu central de production et de promotion demeure Paris.

Même s’il y a quelques contre-exemples, la réussite se concrétise à Paris. Le modèle culturel peut-être évidemment différent en volume, en nature et en fréquence selon les localités mais la culture peut exister aussi ailleurs qu’à Paris ou dans les grandes métropoles. Il n’y a sans doute pas de taille idéale pour la ville mais ce qui est certain c’est qu’à partir de 50 à 100 1000 habitants la vie en général devient complexe , génère des coûts, des pertes de temps, dégrade l’environnement et d’une façon plus générale le cadre de vie. Comment comprendre qu’avec les moyens de liaison existants aujourd’hui il ne soit pas possible d’envisager un retournement complet de cette mode de la sur urbanisation source par ailleurs d’un endettement mortel puisqu’il faut compter en moyenne à Paris pour le même logement qu’en province un cout quatre fois supérieur. Du capital mort qui n’alimente que la spéculation (pour preuve la percée d’RNB). Peut-être pas des villes à la campagne mais des villes et campagnes qui  rétablissent des liens de bio diversité et de façon générale d’équilibre favorable au développement de la vie de tous et de tous. Avec aussi des villages en réseaux non condamnés à devenir des réserves d’Indiens.

La ville demain….. à la campagne !

La ville demain….. à la campagne !

 

« On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur » avait déclaré le célèbre humoriste Alphonse Allais. Une boutade évidemment mais pourtant qui devrait être pris en compte pour rééquilibrer de manière plus humaine et plus environnementale des villes devenues impossibles vivre . Des villes à la croissance dite endogène, c’est-à-dire qu’elle rend marchands produits et services, contraints à travailler pour se payer y compris des prestations plus ou moins utiles et ainsi contribuer à l’augmentation du PIB  : la croissance endogène. À l’inverse dans des villes moins importantes, les besoins sont plus réduits et les échanges également moins marchands.

Certes une ville doit pouvoir disposer d’un minimum d’équipement, d’infrastructures dans le domaine économique, social, culturel, sociétal ou de la santé. Pour autant, cela ne doit pas déboucher sur la nécessité par exemple de supprimer la totalité des établissements hospitaliers pour  les concentrer sur un seul lieu du département. On comprend qu’avec les   sciences et les nouvelles thérapies,  il soit nécessaire de disposer d’équipements de plus en plus sophistiqués mais toutes les pathologies ne nécessitent  pas ces  équipement aussi lourds, aussi coûteux également.

De la même manière  rien ne condamne les villes à une extension économique incontrôlée avec multiplication des bureaux, des usines, des ateliers, des services au même endroit . Là aussi tout est question d’équilibre , la cité  a besoin d’un équipement minimum et non d’une concurrence effrénée de marques qui n’ont d’autre but que d’inciter à la dépense des ménages. Au plan culturel, d’énormes efforts ont été réalisés, par beaucoup de villes, reste que le lieu central de production et de promotion demeure Paris.

Même s’il y a quelques contre-exemples, la réussite se concrétise à Paris. Le modèle culturel peut-être évidemment différent en volume, en nature et en fréquence selon les localités mais la culture peut exister aussi ailleurs qu’à Paris ou dans les grandes métropoles. Il n’y a sans doute pas de taille idéale pour la ville mais ce qui est certain c’est qu’à partir de 50 à 100 1000 habitants la vie en général devient complexes , génèrent des coûts, des pertes de temps, dégrade l’environnement et d’une façon plus générale le cadre de vie. Comment comprendre qu’avec les moyens de liaison existants aujourd’hui il ne soit pas possible d’envisager un retournement complet de cette mode de la sur urbanisation source par ailleurs d’un endettement mortel puisqu’il faut compter en moyenne à Paris pour le même logement qu’en province un cout quatre fois supérieur. Du capital mort qui n’alimente que la spéculation (pour preuve la percée d’RNB). Peut-être pas des villes à la campagne mais des villes et campagnes qui  rétablissent des liens de bio diversité et de façon générale d’équilibre favorable au développement de la vie de tous et de tous. Avec aussi des villages en réseaux non condamnés à devenir des réserves d’Indiens.

La ville demain….. à la campagne !

La ville demain….. à la campagne !

 

« On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur » avait déclaré le célèbre humoriste Alphonse Allais. Une boutade évidemment mais pourtant qui devrait être pris en compte pour rééquilibrer de manière plus humaine et plus environnementale des villes devenues impossibles vivre . Des villes à la croissance dite exogène, c’est-à-dire qu’elle rend marchands produits et services, contraints à travailler pour se payer y compris des prestations plus ou moins utiles et ainsi contribuer à l’augmentation du PIB  : la croissance exogène. À l’inverse dans des villes moins importantes, les besoins sont plus réduits et les échanges également moins marchands.

Certes une ville doit pouvoir disposer d’un minimum d’équipement, d’infrastructures dans le domaine économique, social, culturel, sociétal ou de la santé. Pour autant, cela ne doit pas déboucher sur la nécessité par exemple de supprimer la totalité des établissements hospitaliers pour  les concentrer sur un seul lieu du département. On comprend qu’avec  sciences et les nouvelles thérapies,  il soit nécessaire de disposer d’équipements de plus en plus sophistiqués mais toutes les pathologies ne nécessitent  pas ces  équipement aussi lourds, aussi coûteux également.

De la même manière rien ne condamne les villes à une extension économique incontrôlée avec multiplication des bureaux, des usines, des ateliers, des services au même endroit . Là aussi tout est question d’équilibre , la cité  a besoin d’un équipement minimum et non d’une concurrence effrénée de marques qui n’ont d’autre but que d’inciter à la dépense des ménages. Au plan culturel, d’énormes efforts ont été réalisé, par beaucoup de villes, reste que le lieu central de production et de promotion demeure Paris.

Même s’il y a quelques contre-exemples la réussite se concrétise à Paris. Le modèle culturel peut-être évidemment différent en volume, en nature et en fréquence selon les localités mais la culture peut exister aussi ailleurs qu’à Paris ou dans les grandes métropoles. Il n’y a sans doute pas de taille idéale pour la ville mais ce qui est certain c’est qu’à partir de 50 à 100 1000 habitants la vie en général devient complexes , génèrent des coûts, des pertes de temps, dégrade l’environnement et d’une façon plus générale le cadre de vie. Comment comprendre qu’avec les moyens de liaison existants aujourd’hui il ne soit pas possible d’envisager un retournement complet de cette mode de la sur urbanisation source par ailleurs d’un endettement mortel puisqu’il faut compter en moyenne à Paris pour le même logement qu’en province un cout quatre fois supérieur. Du capital mort qui n’alimente que la spéculation (pour preuve la percée d’RNB). Peut-être pas des villes à la campagne mais des villes et campagnes qui  rétablissent des liens de bio diversité et de façon générale d’équilibre favorable au développement de la vie de tous et de tous. Avec aussi des villages en réseaux non condamnés à devenir des réserves d’Indiens.

 

Repenser la ville ?

Repenser  la ville ?

Pour Patrick Nossent, président de Certivéa, le  déconfinement qui se profile ne doit surtout pas signifier un retour précipité au monde d’avant.  Une chronique intéressante et qui toutefois fait un peu l’impasse sur l’aménagement du territoire et la sur- urbanisation. ( Chronique dans la Tribune)

 

« Lorsque nous aurons dépassé cette crise sanitaire, nous devrons faire face à trois crises : environnementale, sanitaire et économique. Sur le plan environnemental tout d’abord, n’oublions pas que le changement climatique poursuit sa course folle. Il engendrera les chocs que nous connaissons bien désormais : canicules, inondations, tempêtes.

 

Pour les acteurs du bâtiment, la mobilisation doit être totale. D’une part dans la lutte contre ce changement climatique. Il faut pour cela atténuer notre pression exercée sur la planète en favorisant des modèles bas carbones, économes en énergie et en matériaux non-renouvelables, fondés notamment sur l’économie circulaire. D’autre part pour construire des bâtiments et plus largement des cadres de vies résilients permettant aux populations d’accéder à une meilleure qualité de vie tout en assurant une fonction de refuge.

La seconde crise qui nous attend sur le long terme est aussi sanitaire. En admettant l’idée que d’autres virus comme celui-ci pourraient de nouveau apparaître, il faut nous prémunir pour lutter contre leur propagation. Dans ce combat, le bâtiment a aussi un rôle central à jouer.

Le confinement nous a rappelé la fonction primaire de refuge d’un bâti. Mais il nous faut aller au-delà de cette fonction et nous améliorer. Nous avons besoin de bâtiments sains et modulables qui s’adaptent à nos besoins, en temps de crise mais pas seulement.

Un bâtiment sain c’est une meilleure qualité de l’air intérieur (ventilation, filtres, climatisation par zone, etc.) ; une meilleure qualité de l’eau et une meilleure qualité sanitaire des espaces (antibactériens et faciles à entretenir, ouverture des portes sans contact, séparation des flux de personnes, toilettes nettoyées automatiquement, etc.). Sur tous ces enjeux, on peut faire mieux et on doit faire mieux grâce aux innovations en conception, au choix des équipements et matériaux, mais aussi à l’intégration de systèmes de surveillance et de gestion des informations.

La flexibilité d’un bâti est aussi essentielle afin de moduler les zones en fonction des besoins : bureau à la maison, salles médicales, chambres résidentielles de transition, salles d’isolement et d’observation, réserves de fournitures, etc.

Les bâtiments, et sans doute en priorité les bâtiments publics, doivent pouvoir se transformer rapidement : une salle polyvalente doit pouvoir accueillir des populations sans abris, un centre de congrès peut devenir un hôpital de campagne, un village vacance peut servir de centre de quarantaine.

La mixité fonctionnelle pour la « ville des petites distances »

De même, nos villes et nos quartiers doivent pouvoir continuer à fonctionner, même en cas de restriction des déplacements grâce à un ensemble de services de proximité. Cela suppose qu’on reste vigilant quant à la mixité fonctionnelle, composante centrale de la « ville des petites distances ». Un territoire où l’on peut naviguer entre le travail, le logement, l’école et les commerces sans avoir à prendre sa voiture. Pour cela, il est primordial de faire coexister habitations, commerces, bureaux, etc. et d’en finir avec le zonage fonctionnel.

Des espaces de vie et d’échanges, même digitaux, essentiels à la qualité de vie en ville

La qualité de vie est aussi intrinsèquement liée aux interactions possibles entre les personnes. Partout en France, on a vu fleurir au fil de cette crise des initiatives solidaires entre voisins, entre génération. La ville doit pouvoir permettre l’éclosion de lieux de vies et d’échanges pour que vive l’esprit citoyen et solidaire.

Composante aussi essentielle de la qualité de vie, les outils numériques et la bonne connectivité dont nous bénéficions en France ont permis partout de ne pas rompre les liens durant ces dernières semaines : dialoguer avec les siens, travailler en équipe, poursuivre l’école à la maison, ou encore assurer la continuité du parcours de soin grâce à la télémédecine.

Les 5 leviers vers lesquels investir, au nom d’un monde durable

Pour les gouvernants en charge de coconstruire les plans de relance, l’équation relève de la quadrature du cercle. Comment sauver notre tissu économique et les milliers d’entreprises en danger, sans pour autant revenir au monde d’avant et son appétit destructeur pour la planète ?

Commençons par ne pas répéter nos erreurs et refusons d’axer les solutions, comme au lendemain de la crise de 2008, sur la seule recherche de la performance économique et financière pour favoriser au contraire des modèles de développement durables et responsables qui profitent à tous. Les mesures économiques et les aides versées aux entreprises doivent être vectrices de transformation vers un monde durable et résilient. Nous pouvons pour cela flécher les investissements autour de 5 grands enjeux :

1/ Les infrastructures durables (mobilités propres, énergie renouvelable…) pour diminuer les émissions de CO2 et améliorer la qualité de l’air sur le long terme. Un enjeu central puisque l’OMS estime que la pollution de l’air cause la mort prématurée de 2 millions de personnes dans le monde.

2/ La rénovation énergétique des bâtiments : bâtiments publics, tertiaires et logement. C’est bénéfique pour l’environnement et pour l’emploi et l’économie locale. Partout en France, des milliers d’artisans seront mobilisés. Un parc de bâtiment performant sur le plan énergétique, ce sont des économies d’énergie et ce sont des refuges confortables adaptés aux changements climatiques.

3/ Les circuits courts et pôles d’économies circulaires. Partout en France investissons pour permettre la pérennisation des circuits courts. Dans tous les secteurs d’activité, nous pouvons prévoir des filières de réparation, de réemploi et de recyclage. Lorsque cela est possible, la relocalisation de la production permet de limiter le risque de rupture de la chaîne d’approvisionnement.

4/ La biodiversité et agriculture urbaine. Cette période de crise nous a reconnecté avec la biodiversité et a démontré que l’agriculture urbaine n’est pas une initiative marginale mais bien une réponse à un besoin primaire pour les habitants des villes.

5/ Le numérique responsable, celui qui va nous permettre d’économiser de l’énergie, de partager les espaces et les services, de maintenir les personnes âgées à domicile dans de meilleures conditions…

Nous devons faire ces choix pour les générations futures et nous pouvons les faire. Des investissements massifs sont prévus pour sortir de la crise. Orientons-les vers des actions qui favorisent les transitions plutôt que vers celles qui tenteront de nous ramener dans le monde d’avant.

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(*) Certivéa est une filiale du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) proposant des labels et des certifications pour accompagner les acteurs du bâtiment et de l’immobilier  »dans la progression de leurs performances durables en construction, rénovation et exploitation ainsi que dans leurs projets d’aménagement et d’infrastructures« .

 

Ecologie-Ville durable : gros coup de peinture verte par le gouvernement

Ecologie-Ville durable : gros coup de peinture verte par le gouvernement

 

Comme la question écolo risque de dominer l’enjeu  des élections municipales, le  gouvernement propose un coup de peinture verte sur les villes. Cependant on ne posera pas la question de la problématique de la sur-urbanisation qui va conduire à concentrer à terme 90 % de la population dans des métropoles ingérables. Le plus savoureux est cette perspective la  création de ferme urbaine.  D’ici à l’été prochain, 30 premiers quartiers seront sélectionnés, avec un financement dédié de 21 millions d’euros pour la création de fermes urbaines.

 

Plus sérieux, 22 quartiers volontaires expérimenteront des projets d’énergie positive et à faible impact carbone. « Une enveloppe d’aide à l’ingénierie » sera débloquée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), assure le ministère de la Ville et du Logement. Enfin 14 établissements publics d’aménagement devront intégrer au moins 50% de matériaux biosourcés ou géosourcés, . Et pour couronner le tout on va créer aussi un super machin administratif : France ville durable.

Cet organisme s’accompagnera de 50 « ateliers des territoires », budgétés à hauteur de 500.000 euros, d’une « plateforme d’open-innovation » nourrie par les entreprises et d’un outil Internet « Aides territoires » recensant les aides financières disponibles. 

 

 Bref des mesures très anecdotiques pour ne pas dire parfois ridicules pour cacher la stratégie de concentration urbaine.

Ville durable : gros coup de peinture verte par le gouvernement

Ville durable : gros coup de peinture verte par le gouvernement

 

Comme la question écolo risque de dominer l’enjeu  des élections municipales, le  gouvernement propose un coup de peinture verte sur les villes. Cependant on ne posera pas la question de la problématique de la sur-urbanisation qui va conduire à concentrer à terme 90 % de la population dans des métropoles ingérables. Le plus savoureux est cette perspective la  création de ferme urbaine.  D’ici à l’été prochain, 30 premiers quartiers seront sélectionnés, avec un financement dédié de 21 millions d’euros pour la création de fermes urbaines.

 

Plus sérieux, 22 quartiers volontaires expérimenteront des projets d’énergie positive et à faible impact carbone. « Une enveloppe d’aide à l’ingénierie » sera débloquée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), assure le ministère de la Ville et du Logement. Enfin 14 établissements publics d’aménagement devront intégrer au moins 50% de matériaux biosourcés ou géosourcés, . Et pour couronner le tout on va créer aussi un super machin administratif : France ville durable.

Cet organisme s’accompagnera de 50 « ateliers des territoires », budgétés à hauteur de 500.000 euros, d’une « plateforme d’open-innovation » nourrie par les entreprises et d’un outil Internet « Aides territoires » recensant les aides financières disponibles. 

 

 Bref des mesures très anecdotiques pour ne pas dire parfois ridicules pour cacher la stratégie de concentration urbaine.

Mobiles zone rurale : moitié moins de puissance qu’en ville

Mobiles zone rurale : moitié moins de puissance qu’en ville

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Même si on constate un progrès, la campagne est encore mal desservie et en moyenne ne bénéficie que d’une puissance 50% plus faible qu’en zone dense ; Non seulement le maillage est notoirement plus lâche en zone rurale avec encore des zones blanches, aussi des zones grises où les portables fonctionnent en mode alternatif mais selon la dernière enquête le débit moyen en téléchargement atteint 28 Mbit/s dans les zones rurales. Il s’agit d’une nette amélioration par rapport à 2018, où il n’était que de 14 Mbit/s. Reste que ce chiffre demeure plus de moitié moins important que dans les grandes villes et territoires très densément peuplés, où il se situe à 62 Mbit/s. la zone rurale est mieux desservie mais demeurent des disparités dans la qualité de service ; Des différence qui vont encore s’accentuer avec la 5G qui prioritairement concernera les agglomérations sans parler du câble théoriquement qui devrait desservir tout le territoire mais n’atteindra certainement pas les campanes éloignées compte tenu du coût. Notons que curieusement l’opérateur historique Orange qui d’une certaine manière bénéficie d’un avantage concurrentiel n’est pas celui qui accorde le plus d’importance à l’aménagement du territoire en matière de télécom. En effet dans les campagnes, c’est Bouygues Telecom qui ressort en tête des opérateurs fournissant la meilleure qualité de service. Il se démarque surtout de ses rivaux Orange et SFR pour les services de vidéo en ligne et de navigation Web. Free, qui est arrivé plus tard que ses concurrents dans le mobile et s’est d’abord concentré sur la couverture des grandes villes, ferme logiquement la marche. Dans un communiqué publié ce mardi, Bouygues Telecom s’est félicité de ce résultat.

« Pour la deuxième année consécutive, Bouygues Telecom s’impose donc comme l’opérateur de référence en France pour toutes les villes et tous les villages de moins de 10.000 habitants, s’est réjoui Bouygues Telecom. L’opérateur des territoires propose désormais la qualité et la puissance de son réseau 4G à plus de 99% de la population métropolitaine. »

 

Il faudrait ajouter qu’Orange normalement chargé de l’entretien du réseau cuivre laisse ce dernier dans un état très inquiétant.

Développement Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs

Développement  Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs  

Y aura-t-il une technologie 5G  pour les villes et une autre pour les ploucs ? C’est la question qu’on peut se poser en raison du passé mais aussi du futur. Pour le passé, on sait que nombre de zones ne sont pas encore couvertes par la 3G, la 4G ou  ne sont pas couvertes du tout ou alors de temps en temps. Pour le futur, il n’est pas certain que la 5G couvre  rapidement l’ensemble du territoire. On pourrait se contenter pour certaines zones de la 4G améliorée. De toute manière la 5G à très, très  haut débit, celle des 26 GHz, sera réservé aux villes L’attribution va concerner la bande de fréquences des 3,4 à 3,6 GHz. qui permet d’offrir un bon débit couplé à une portée correcte pour couvrir le pays. Mais  autre bande, celle des 26 GHz, sera plus tard attribuée aux opérateurs. Ces fréquences seront essentiellement utilisées dans les villes, car si elles permettent des débits très puissants, leur portée, elle, s’avère faible. Lors de l’attribution de cette bande « cœur », 310 MHz seront proposés aux opérateurs. Une quantité jugée « significative » par l’Arcep.  Pour cette attribution, l’Arcep propose une procédure en deux temps. Le premier permettra aux quatre opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir chacun un bloc d’une taille de 40 à 60 MHz, à prix fixe, lequel sera déterminé par le gouvernement. Des engagements spécifiques seront liés à ces blocs. Les opérateurs devront notamment répondre aux demandes jugées « raisonnables » des industriels désireux de bénéficier de la 5G à certains endroits. Ou encore lancer des offres 5G à usage fixe dans certains territoires peu peuplés. Dans un second temps, les fréquences restantes seront mises aux enchères. Les opérateurs pourront cette fois acquérir plusieurs blocs de 10 MHz, avec un prix de réserve fixé ici aussi par le gouvernement. Tous les opérateurs qui remporteront des fréquences seront soumis à des obligations. Chacun devra notamment déployer 12.000 sites en 5G d’ici à la fin 2025 – ce qui correspond, selon l’Arcep, à une couverture des deux tiers de la population. Pour ne pas réserver la 5G aux grandes villes et éviter une nouvelle fracture numérique, des obligations concernent les territoires ruraux. Ainsi, en 2025, 90% des sites mobiles d’un opérateur devront proposer un débit au moins égal à 240 mégabits par seconde – lequel pourra être atteint soit via la 5G, soit par le biais d’une 4G boostée.  Il faudra au final attendre 2030 pour que tous les sites mobiles des opérateurs proposent a minima un débit de 240 mégabits par seconde.

 

5G : une technologie pour la ville, une autre pour les ploucs

5G : une technologie pour la ville, une autre pour les ploucs  

Y aura-t-il une technologie 5G  pour les villes et une autre pour les ploucs ? C’est la question qu’on peut se poser en raison du passé mais aussi du futur. Pour le passé, on sait que nombre de zones ne sont pas encore couvertes par la 3G, la 4G ou  ne sont pas couvertes du tout ou alors de temps en temps. Pour le futur, il n’est pas certain que la 5G couvre  rapidement l’ensemble du territoire. On pourrait se contenter pour certaines zones de la 4G améliorée. De toute manière la 5G à très, très  débit, celle des 26 GHz, sera réservé aux villes L’attribution va concerner la bande de fréquences des 3,4 à 3,6 GHz. qui permet d’offrir un bon débit couplé à une portée correcte pour couvrir le pays. Mais  autre bande, celle des 26 GHz, sera plus tard attribuée aux opérateurs. Ces fréquences seront essentiellement utilisées dans les villes, car si elles permettent des débits très puissants, leur portée, elle, s’avère faible. Lors de l’attribution de cette bande « cœur », 310 MHz seront proposés aux opérateurs. Une quantité jugée « significative » par l’Arcep.  Pour cette attribution, l’Arcep propose une procédure en deux temps. Le premier permettra aux quatre opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir chacun un bloc d’une taille de 40 à 60 MHz, à prix fixe, lequel sera déterminé par le gouvernement. Des engagements spécifiques seront liés à ces blocs. Les opérateurs devront notamment répondre aux demandes jugées « raisonnables » des industriels désireux de bénéficier de la 5G à certains endroits. Ou encore lancer des offres 5G à usage fixe dans certains territoires peu peuplés. Dans un second temps, les fréquences restantes seront mises aux enchères. Les opérateurs pourront cette fois acquérir plusieurs blocs de 10 MHz, avec un prix de réserve fixé ici aussi par le gouvernement. Tous les opérateurs qui remporteront des fréquences seront soumis à des obligations. Chacun devra notamment déployer 12.000 sites en 5G d’ici à la fin 2025 – ce qui correspond, selon l’Arcep, à une couverture des deux tiers de la population. Pour ne pas réserver la 5G aux grandes villes et éviter une nouvelle fracture numérique, des obligations concernent les territoires ruraux. Ainsi, en 2025, 90% des sites mobiles d’un opérateur devront proposer un débit au moins égal à 240 mégabits par seconde – lequel pourra être atteint soit via la 5G, soit par le biais d’une 4G boostée.  Il faudra au final attendre 2030 pour que tous les sites mobiles des opérateurs proposent a minima un débit de 240 mégabits par seconde.

Canicule : pourquoi c’est intenable en ville ?

  • Canicule : pourquoi c’est intenable en ville ?

 

Selon Météo-France, plus  1,5°C en moyenne en métropole depuis 1900 et  une hausse située entre 0,6 °C et 1,3 °C d’ici à 2050Pendant quelques jours,  là Une des médias sera presque totalement occupée par le phénomène de canicule qui va affecter le pays comme si le phénomène était aussi exceptionnel que cela. Ensuite on passera à autre chose.  En vérité, le réchauffement  dans une évolution tendancielle lourde caractérisée par le réchauffement climatique. Depuis des années et même des dizaines d’années, les hivers se font rares voire sont insignifiants tandis que globalement les températures s’élèvent ; cela en plus ; avec des mouvements de yo-yo surprenants, c’est-à-dire de grandes variations. Il y a longtemps que des météorologues ont prévu que Lyon connaîtrait le climat de Madrid en 2050 et celui d’Alger en 2100. Toutes les régions françaises seront affectées par cette hausse générale des températures qui ne concernent évidemment pas seulement la France mais  l’ensemble de la planète.  L’activité humaine à travers la pollution contribue largement à cette élévation des températures. En outre, l’urbanisme transforme les très grandes villes en véritable radiateur. Des sortes d’accumulateurs de chaleur dont la température ne parvient à baisser qu’après une heure du matin voir deux heures. L’écart avec les zones davantage mal atteints plusieurs degrés. Sur le plan technique, on  peut toujours expliquer les variations en indiquant la formation d’une dépression qui tire du sud vers   l’Europe des masses d’air chaud. . Mais le problème est structurel et au lieu d’organiser l’adaptation des habitants à ces modifications du climat on les renforce en concentrant presque 80 % de la population dans les zones super bétonnées et supers goudronnées. Il faudra sans doute quelques catastrophes pour agir réellement sur le dérèglement climatique (en modifiant les conditions de production et de consommation) ;  aussi sur l’urbanisme débridé qui non seulement portent atteinte aux conditions de vie mais prépare aussi à l’éclatement d’une bulle immobilière. Des pics de températures à 40 degrés sont donc  attendus en milieu de semaine prochaine en France. Ce phénomène météorologique est accentué par le réchauffement climatique et l’urbanisation. Météo France parle de risque réel de canicule, c’est-à-dire des températures dépassant les 20 degrés la nuit et ce, pendant trois jours consécutifs. Selon les premières prévisions, cet épisode caniculaire devrait durer au moins six jours. « Cette vague de chaleur pourrait être remarquable par sa précocité et son intensité », précise Météo France.

C’est en particulier dans les grandes métropoles comme Marseille ou Toulouse, que les pics de température sont à redouter. Mercredi et jeudi prochain par exemple, il devrait faire 38 degrés. A Lyon, Météo France prévoit un mercure avoisinant les 40 degrés, mercredi, jeudi et vendredi prochain. L’air est plus chaud qu’en zone rurale à cause du phénomène d’îlot de chaleur urbain. Si les extrêmes de température vont continuer d’augmenter ces prochaines années, c’est donc aussi parce que les villes continuent de s’étendre. « L’urbanisation accélère ce processus », précise à notre antenne Alix Roumagnac, président de la Société Predict, avant d’ajouter:

« Il faut prendre conscience que ces phénomènes vont s’amplifier. Il est important de faire comprendre que le comportement des gens doit s’adapter à ces évolutions », préconise-t-il.

 

Pollution : surtout en ville, aussi à la campagne

Pollution : surtout en ville, aussi à la campagne

 

D’après Jean-Christophe Brisard, auteur du livre Irrespirable, le scandale de la qualité de l’air en France la qualité de l’air affecterait l’espérance de vie de 15 mois dans les villes mais aussi de neuf mois dans les campagnes. Le risque dans les campagnes dépend de la proximité avec des rotations utilisant plus ou moins de produits chimiques notamment des pesticides.  Les problèmes de qualité de l’air sont souvent liés à la proximité géographique des sources d’émissions. Autrement dit, on n’est pas pollué ni exposé aux polluants atmosphériques, surtout les micro-particules et les HAP,  identiquement selon où l’on vit.

Ceci étant les  grandes villes françaises sont plus polluées que les campagnes et  la situation est-elle meilleure dans les campagnes. Une étude de l’ADEME  sur la pollution en zone rurale montre que globalement la situation est satisfaisante quand m^me :

  • les polluants réglementés, les PM10, les PM2,5, le benzopyrène cancérigène, et les métaux lourds ont des concentrations en -dessous des valeurs-limites fixées par l’Union européenne.
  • Ces fortes émissions sont causées par la combustion du bois, c’est-à-dire par le chauffage domestique au bois et le brûlage des déchets verts (par les particuliers ou les artisans).

On peut expliquer les variations des émissions de polluants et de la qualité de l’air par l’impact de la biomasse sur le territoire. En fait, la filière bois est aujourd’hui la principale source de biomasse consommée en France. Donc, l’utilisation de la biomasse, la combustion du bois pour le chauffage, a un fort impact sur le plan national : en effet 21 % des émissions totales de particules PM10, 34 % des PM2.5 et 66 % des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont causés par la biomasse) L’Ademe recommande donc aux municipalités de mettre en place des programmes d’action adaptés afin d’y améliorer la qualité de l’air. Et rappelle aux particuliers que le brûlage des déchets à l’air libre est interdit en France depuis la circulaire du 18 novembre 2011. Dans les villes, le dérèglement de la biodiversité et la concentration des émissions polluantes génère notamment des pics de pollution particulièrement dangereux pour la santé. Les principaux polluants : Les polluants primaires sont directement issus des sources de pollution (trafic routier, industries, chauffage, agriculture…).

Il s’agit par exemple :

  • Des oxydes de carbone.
  • Des oxydes de soufre.
  • Des oxydes d’azote.
  • Des hydrocarbures légers.
  • Des composés organiques volatils (COV).
  • Des particules (PM10 et PM2.5).
  • Des métaux (plomb, mercure, cadmium…).

En revanche, les polluants secondaires ne sont pas directement rejetés dans l’atmosphère mais proviennent de réactions chimiques de gaz entre eux. C’est le cas notamment :

  • Des particules secondaires.
  • De l’ozone.
  • Du dioxyde d’azote…

L’ozone (O3) résulte ainsi de la transformation chimique de l’oxygène au contact d’oxydes d’azote et d’hydrocarbures, en présence de rayonnement ultra-violet solaire et d’une température élevée. L’ozone ainsi que d’autres polluants photochimiques (les PAN ou nitrates de peroxyacétyle, aldéhydes, cétones…) constituent le smog, ce nuage brunâtre qui stagne parfois au-dessus des grandes villes comme Paris.

Certains polluants comme le dioxyde d’azote et les particules sont à la fois des polluants primaires et secondaires.

 

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Marseille : 83 immeubles évacués ou une ville sinistrée par les magouilles

Marseille : 83 immeubles évacués ou une ville sinistrée par les magouilles

83 immeubles évacués, 3 qui se sont écroulés et 50 susceptibles  aussi s’effondrer. Bref, une ville sinistrée. Le résultat d’uen politique où la magouille règne en maître mais qui constitue uen tabou local. Marseille constitue une sorte d’exception dans un certain nombre de domaines en particulier celui de la pauvreté mais aussi celui de la violence et de la drogue. Ce n’est sans doute pas politiquement correct mais il faudrait sans doute dénoncer les magouilles qui ont le plus souvent régi la politique publique de la ville et cela ne date pas d’aujourd’hui, c’était déjà le cas sou Deferre. . À Marseille on se partage les marchés, c’est-à-dire l’argent public entre clans, entre connaissances, entre élites.  Marseille est pourtant une merveilleuse cité tant par la beauté de son site que par la richesse de sa population. Parallèlement  a été engagée uen politique de réaménagement urbain considérable mais  qui ne profite pas aux pauvres. Du coup on se renvoie la responsabilité dans la plus grande hypocrisie. Le président LR de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Renaud Muselier (qui veut la place de Gaudin !), a en effet suspendu jeudi de leur délégation deux vice-présidents de l’assemblée territoriale. “Cette décision a pris effet aujourd’hui et vaut pour toute la durée de l’enquête et de la procédure”, a-t-il précisé dans un communiqué. La mesure vise Xavier Cachard, qui est propriétaire d’un appartement dans l’un des immeubles effondrés, et l’adjointe au maire de Marseille en charge du logement et de la rénovation urbaine, Arlette Fructus. »Dans cette épreuve que Marseille traverse, nul besoin de donneurs de leçons qui veulent se servir de ce drame comme d’un coup politique”, a réagi par communiqué Arlette fructus, qui accuse Renaud Muselier de chercher à l’utiliser comme “un fusible”. “C’est écœurant et nauséabond”, a-t-elle ajouté. Dans le cadre d’une enquête de flagrance de la police judiciaire sur l’effondrement de deux immeubles, des perquisitions ont  été menées mardi dans plusieurs services de la mairie de Marseille et dans le bureau d’Arlette Fructus un nom qui ne s’invente pas !).Les locaux de Marseille Habitat, bailleur social de la ville auquel appartenait l’un des immeubles, dont l’élue est la présidente, ont également été perquisitionnés. Plusieurs personnes ont déjà été entendues dans le cadre de l’enquête de la police judiciaire, sans garde à vue à ce stade.

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