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Des bactéries pour protéger du vieillissement

Des bactéries pour protéger du vieillissement


C’est notamment grâce à une petite bactérie ultra-résistante capable de « revenir à la vie » après des attaques extrêmement nocives, que les théories existantes sur la chimie du vieillissement sont en train d’être rebattues.

par Miroslav Radman est fondateur et directeur scientifique de l’Institut Méditerranéen des Sciences de la Vie (MedILS) dans The Conversation

Il s’agit de Deinococcus radiodurans, une des bactéries les plus résistantes connues à ce jour, qui vit dans des environnements arides comme le sable du désert. Elle survit dans les conserves de viande après le traitement de « choc » que constitue une stérilisation par rayonnement gamma. Elle peut également survivre à une dose d’irradiation 5000 fois plus importante que la dose mortelle pour les humains.

Les études ont montré que cette bactérie survit même si son ADN est endommagé et brisé en plusieurs centaines de fragments à cause d’un stress violent. En seulement quelques heures, elle reconstitue entièrement son patrimoine génétique et revient à la vie. Son ADN n’est pas plus résistant, il est simplement réparé immédiatement par des protéines indestructibles face à cette radiation extrême.

Ainsi, le secret de la robustesse de cette bactérie extrêmophile dépend de la robustesse de son « protéome » – l’ensemble de ces protéines – et notamment de ses protéines de réparation de l’ADN.

Ceci suggère un nouveau paradigme : pour augmenter la longévité, et notamment celle des humains, c’est le protéome – plus que l’ADN – qu’il nous faut protéger.

En effet, la survie de l’organisme dépend de l’activité de ses protéines. Si on agit contre l’altération du protéome, qui est à l’origine du vieillissement, on intervient simultanément sur l’ensemble de ses conséquences : par exemple la survie et le fonctionnement cellulaire ; et on évite les mutations induites par les radiations.

Le vieillissement se caractérise par l’accumulation d’évènements qui détériorent les fonctions de nos organes, et par une augmentation exponentielle des risques de décès et des maladies au fil du temps.

De nombreux modèles ont été proposés pour expliquer la base moléculaire du vieillissement, tels que la théorie de la sénescence cellulaire, la diminution de la capacité de réparation de l’ADN, le raccourcissement des télomères, le dysfonctionnement mitochondrial et le stress oxydant ou encore l’inflammation chronique.

Ces différents modèles s’attachent tous à tenter de comprendre les conséquences du vieillissement, et non les causes. Le dogme central « ADN -> ARN -> protéines », qui désigne les relations entre l’ADN, l’ARN et les protéines et qui renvoie à l’idée que cette relation est unidirectionnelle (c’est-à-dire que de l’ADN vers les protéines en passant par l’ARN), mérite aujourd’hui d’être reconsidéré.

En effet, si plutôt que de s’intéresser d’abord à notre ADN et de rechercher à le protéger pour freiner notre vieillissement, nous protégions notre protéome ?

Le terme « protéome » désigne l’ensemble des protéines présentes dans une cellule ou dans un organisme. Les protéines – du grec protos qui signifie « premier » – représentent le second principal constituant du corps humain, après l’eau, soit environ 20 % de sa masse.

Le terme « protéome » a été construit par analogie avec le génome : le protéome étant aux protéines ce que le génome est aux gènes, c’est-à-dire l’ensemble des gènes/protéines d’un individu – cet ensemble protéique variant en fonction de l’activité des gènes.

En effet, le protéome est une entité dynamique, qui s’adapte en permanence aux besoins de la cellule face à son environnement. Les protéines sont des molécules essentielles à la construction et au fonctionnement de tous les organismes vivants. Environ 650 000 réseaux interactifs protéine-protéine ont été identifiés dans divers organismes, dont environ 250 000 chez l’humain.

Les protéines exécutent une grande variété de fonctions :

Un rôle structurel : de nombreuses protéines assurent la structure de chaque cellule, et le maintien et la cohésion de nos tissus. Par exemple, l’actine et la tubuline participent à l’architecture de la cellule. La kératine à celle de notre épiderme, de nos cheveux et de nos ongles. Le collagène est une protéine qui joue un rôle important dans la structure des os, des cartilages et de la peau.

Un rôle fonctionnel : enzymatique (par exemple, les protéases participent au nettoyage des protéines dysfonctionnelles et à la desquamation), hormonal (par exemple, l’insuline régule la glycémie), de transport (par exemple, les aquaporines transportent l’eau dans les différentes couches de la peau) ou de défense (par exemple, les immunoglobulines participent à la réponse immunitaire). Ainsi, l’ensemble des fonctions vitales est assuré par l’activité des protéines.

La « carbonylation », première cause d’altération irréparable de notre protéome
L’équilibre entre la synthèse de nouvelles protéines et leur dégradation s’appelle la protéostasie. Celle-ci est nécessaire au fonctionnement de notre organisme.

Mais cet état d’équilibre est sensible. Il est même constamment menacé, car la synthèse et la dégradation des protéines dépendent… de protéines. Avec le temps et les agressions extérieures, le protéome est soumis à diverses altérations, dont la plus redoutable est la « carbonylation », dommage irréversible lié à l’oxydation des protéines.

Les protéines carbonylées sont modifiées de façon permanente. Elles ne peuvent plus assurer correctement leurs fonctions biologiques ; et acquièrent même parfois des fonctions toxiques sous forme de petits agrégats.

Lorsqu’elles sont endommagées de façon irréparable, les protéines doivent être recyclées ou éliminées. Avec l’âge, cette élimination se fait plus difficilement, ce qui peut causer leur accumulation sous forme d’agrégats toxiques qui entravent la physiologie cellulaire et accélèrent le vieillissement. Au-delà d’un certain seuil, ces agrégats sont néfastes pour l’organisme : un état de protéotoxicité s’installe alors.

La perte de la protéostasie, c’est-à-dire l’équilibre entre la synthèse de nouvelles protéines et leur dégradation, due à l’accumulation d’agrégats protéiques, constitue la cause centrale dans le vieillissement et les maladies dégénératives. Ces agrégats de protéines carbonylées se retrouvent dans la plupart des maladies liées à l’âge, ainsi que dans les principaux signes de vieillissement de la peau.

Ainsi, alors que notre vision du vieillissement était jusqu’à présent centrée sur le génome, les recherches récentes sur le protéome introduisent l’importance de l’accumulation des protéines endommagées comme un facteur-clef du processus de vieillissement dans son ensemble.

Les molécules chaperonnes antioxydantes, pour agir sur les causes du vieillissement
Pour se replier correctement, la plupart des protéines ont besoin de l’aide de protéines spécialisées appelées « chaperonnes ». Les molécules chaperonnes sont de petites protéines qui aident et assistent au repliement normal des protéines après leur synthèse par les ribosomes, ou à leur bon repliement après un stress, tel un stress thermique.

Le terme de molécule chaperonne – d’origine française bien que proposé par John Ellis et Sean Hemmingsen – a été adopté car leur rôle est d’empêcher les interactions indésirables et de rompre les liaisons incorrectes qui peuvent se former, à l’instar d’un chaperon humain. Bref, les chaperonnes (protéiques ou chimiques) sont les médecins des protéines mal-formées !

Revenons à la bactérie Deinococcus radiodurans, chez elle, les chaperonnes jouent un rôle clé dans la protection des protéines contre la carbonylation, en évitant que leurs acides aminés ne soient exposés aux radicaux libres ou ROS. Ainsi, elles réduisent leur susceptibilité aux altérations et limitent la formation d’agrégats. En parallèle, leur efficacité antioxydante neutralise les causes de la carbonylation.

Ces protéines chaperonnes antioxydantes constituent donc un moyen efficace de protéger le protéome, en apportant à la fois une protection physique de la structure fonctionnelle des protéines, et un bouclier antioxydant lié aux protéines qui protège contre les dommages tels que la carbonylation.

Chez Deinococcus radiodurans, grâce à une protection efficace de son protéome contre les dommages oxydatifs par les molécules chaperonnes chimiques, plutôt que de son génome, son protéome intact est alors capable de réparer les dommages causés à son génome et in fine de lui permettre de ressusciter en quelques heures.

Au-delà du génome, la protection de notre protéome, c’est-à-dire de nos protéines, peut être considérée aujourd’hui comme la clé de notre santé et de notre longévité. Toute autre théorie du vieillissement est compatible avec cette théorie, et se laisse interpréter par celle-ci.

Vieillissement : l’exercice physique contre la perte d’autonomie

Vieillissement : l’exercice physique contre la perte d’autonomie

En France, l’espérance de vie a presque doublé au cours du XXᵉ siècle. En 2022, elle s’établissait à 79,4 ans pour les hommes, et 85,3 pour les femmes. Cette augmentation de la longévité, bien qu’elle soit un indicateur positif du progrès en matière de santé publique, apporte son lot de défis. En particulier, l’allongement de la durée de vie ne garantit pas nécessairement une vie plus longue en bonne santé.

En outre, parallèlement à cette augmentation de l’espérance de vie, la sédentarité s’est insidieusement installée dans nos modes de vie. Les auteurs d’une étude publiée en 2016 estimaient que plus d’un quart de la population mondiale est sédentaire et que l’activité physique pouvait partiellement et sous certaines conditions contrer ces effets négatifs. Cependant, la sédentarité associée à l’inactivité physique entraîne une augmentation significative des risques de maladies chroniques et à une perte d’autonomie.

par Olivier Guérin
Professeur des universités – Membre de l’institut universitaire de france (IUF) – Administrateur du GCS CARES – Directeur du Laboratoire Motricité Humaine, Expertise, Sport, Santé (LAMHESS – UPR 6312), Université Côte d’Azur

Frédéric Prate
Chercheur – Médecin en santé publique, centre hospitalier universitaire de Nice, Clinique Gériatrique du Cerveau et du Mouvement, Université Côte d’Azur

Meggy Hayotte
Maîtresse de conférences – Laboratoire Motricité Humaine, Expertise, Sport, Santé (LAMHESS – UPR 6312), Université Côte d’Azur

dans The Conversation France

Résultat : accroissement de la sédentarité et allongement de la durée de vie se conjuguent et accentuent le risque de dépendance chez les personnes âgées. Dans un tel contexte, la prévention de la perte d’autonomie devient non seulement une stratégie judicieuse pour améliorer la qualité de vie des aînés, mais aussi une nécessité pour faire face aux coûts socio-économiques croissants associés au vieillissement de la population.

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En 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) soulignait que l’adoption de stratégies efficaces de prévention, parmi lesquelles la promotion de l’activité physique, peut retarder, voire prévenir, l’apparition de maladies chroniques. Cela permettant ainsi de renforcer la capacité des individus à maintenir leur autonomie et leur qualité de vie à mesure qu’ils avancent en âge.

Cependant, si l’urgence de la prévention fait consensus, la manière de la concevoir et de la déployer efficacement suscite encore de nombreuses interrogations et débats. L’efficacité de la prévention repose sur plusieurs piliers cruciaux, nécessitant une attention particulière pour garantir non seulement l’adoption, mais aussi la pérennisation des initiatives de prévention.

Nous en aborderons ici trois principaux : l’accessibilité, l’empowerment (ou la motivation) et la personnalisation.
L’accessibilité des programmes de prévention est une pierre angulaire indispensable pour garantir une prévention efficace de la perte d’autonomie chez les personnes âgées. Celle-ci peut revêtir plusieurs formes : géographique, numérique ou sociale.

L’accessibilité géographique reste un défi majeur, en particulier pour les personnes âgées résidant dans des zones rurales ou isolées. Des solutions innovantes, comme les cliniques mobiles, les programmes communautaires locaux et la télémédecine peuvent contribuer à réduire la distance entre les seniors et les services de santé. Bien que ces solutions aient été validées et déployées avec succès dans la prise en charge médicale et la gestion des maladies chroniques, leur application dans le domaine de la prévention de la perte d’autonomie est encore marginale et mérite d’être davantage explorée et développée.

L’accessibilité des programmes de prévention est un point important à prendre en compte.

À l’ère du digital, l’accessibilité numérique s’avère cruciale. Or, chez les 60 ans et plus, une personne sur trois est en situation d’« illectronisme » (non-usage prolongé d’Internet et/ou manque de compétences numériques). Parallèlement, de plus en plus de services de prévention migrent en ligne, notamment depuis la pandémie de Covid-19, il est alors impératif d’assurer que tous les seniors puissent naviguer et utiliser efficacement les plates-formes digitales. Cela passe par la création d’interfaces intuitives et user-friendly, l’offre de formations au numérique pour les seniors, et la mise à disposition d’assistances techniques dédiées.

Enfin, l’accessibilité sociale est tout aussi vitale. Les obstacles socio-économiques peuvent sérieusement empêcher l’accès à la prévention. Par exemple, les contraintes financières entravent l’accès des individus à des services de santé préventifs et à des ressources de qualité.

L’isolement social peut également limiter l’accès aux programmes de prévention de la perte d’autonomie en entravant la réception d’informations, en diminuant la motivation à participer, et en créant des barrières psychologiques et logistiques.

Par conséquent, il est essentiel de développer des programmes inclusifs et d’adopter des stratégies proactives pour atteindre et impliquer les communautés défavorisées ou marginalisées, en tenant compte des différences socio-économiques et culturelles. Ces dernières modulent en effet l’accès aux programmes de prévention pour les aînés : certaines cultures, valorisant la sagesse des aînés, facilitent leur inclusion, tandis que d’autres, accentuant l’autonomie pourraient limiter leur participation à ces initiatives.

Alors que l’accessibilité aux services de soins est sérieusement prise en compte par les autorités, l’accès aux programmes de prévention de la perte d’autonomie n’est pas suffisamment priorisé, malgré leur rôle central reconnu dans la promotion du bien vieillir. Ce déséquilibre nécessite une attention et un engagement accrus en faveur de l’accessibilité à la prévention comme pilier essentiel du bien vieillir. Il sera ainsi plus facile d’impliquer les personnes âgées, mais aussi tous les acteurs de la prévention, et de les engager dans cette démarche préventive.

L’« empowerment », ou comment rendre autonomes les seniors
L’empowerment, ou motivation, des seniors constitue un axe stratégique clé dans la prévention de la perte d’autonomie. Il s’agit d’un processus par lequel les individus acquièrent plus de contrôle sur leur santé et leurs décisions de vie, favorisant ainsi une participation active et informée aux stratégies préventives.

En premier lieu, l’empowerment implique l’éducation et la sensibilisation des seniors aux enjeux liés à leur santé et bien-être. En étant mieux informés, ils sont davantage en mesure de faire des choix éclairés, de participer activement à la définition de leurs objectifs de santé et d’adopter des comportements favorables à la préservation de leur santé et de leur autonomie.

La motivation est importante lorsqu’il s’agit de maintenir une activité physique en vieillissant.
Ensuite, l’empowerment vise également à renforcer la confiance et l’estime de soi chez les personnes âgées. Des programmes de prévention efficaces doivent ainsi inclure des composantes psychosociales, fournissant aux seniors les outils nécessaires pour gérer le stress, surmonter les obstacles et rester engagés et motivés dans le maintien de leur santé et de leur indépendance.

Enfin, l’empowerment se concrétise par l’implication des seniors dans la conception, le développement et l’évaluation des programmes de prévention. Cette approche participative garantit non seulement que les initiatives répondent adéquatement aux besoins et attentes des personnes âgées, mais également qu’elles bénéficient de l’adhésion et de l’engagement des principaux intéressés.

Adapter la prévention au « chemin de vieillissement » de chacun
La médecine personnalisée moderne fonctionne selon un paradigme qui reconnaît et exploite l’hétérogénéité des patients. Ce modèle s’appuie sur des approches basées sur des données afin d’optimiser les décisions de traitement, assurant ainsi que chaque patient reçoive le traitement approprié au moment opportun.

En partant du principe préventif « mieux vaut prévenir que guérir », la personnalisation de la prévention émerge comme une priorité incontestable pour favoriser un vieillissement en bonne santé. Loin d’être une simple option, la personnalisation est un impératif, surtout quand on considère la nature profondément individuelle et variée du processus de vieillissement.

Chaque senior traverse un chemin de vieillissement distinct, influencé non seulement par des facteurs génétiques – qui affectent la longévité, la résistance à certaines maladies et la conservation des fonctions motrices et cognitives – mais également par le mode de vie et les antécédents médicaux.

L’activité physique doit être adaptée à chaque personne, car les parcours de vieillissement ne sont pas identiques pour tout le monde.

Des facteurs tels que la diététique, l’exercice, le sommeil et la gestion du stress jouent des rôles cruciaux dans ce processus, tout comme l’environnement dans lequel chaque individu a évolué. La prévention de la perte d’autonomie chez les personnes âgées peut être adaptée en ciblant les faiblesses individuelles, par exemple, en recommandant des activités physiques spécifiques pour ceux qui sont déconditionnés ou sédentaires. Mais elle doit également être ajustée selon les objectifs personnels, les facteurs socio-économiques, la familiarité avec les technologies numériques, ou la personnalité de chaque senior.

La prévention de la perte d’autonomie requiert donc d’adopter une approche centrée sur l’individu. Cela implique d’engager les seniors et leurs familles dans la planification et l’exécution des plans préventifs, afin d’appréhender de manière plus précise leurs besoins spécifiques, et ainsi de développer des interventions sur mesure et plus adaptées.

De la théorie à la pratique, l’utilité du numérique
Élaborer des programmes de prévention accessibles, personnalisés, et centrés sur la personne, c’est très bien en théorie. Malheureusement, dans le contexte économique actuel, cela semble relever d’une certaine utopie.

En effet, la mise en place de programmes efficaces de prévention est coûteuse en ressources humaines : elle nécessite la contribution de divers professionnels tels que professeurs en activité physique adaptée (APA), diététiciens ou infirmiers. Cette exigence impose une contrainte significative sur le système de santé, qui se trouve dans l’incapacité de proposer un accompagnement professionnel individuel et régulier pour chaque senior qui le nécessite.

Les outils numériques apparaissent comme une solution majeure à cette problématique. Ils permettent une gestion judicieuse des ressources humaines limitées, tout en assurant un niveau élevé de service. Par exemple, certaines plateformes de gestion des parcours patients peuvent optimiser les parcours de prévention en dirigeant les ressources humaines vers les individus qui en ont le plus besoin, permettant ainsi une intervention ciblée et efficiente.

De plus, les outils numériques offrent des possibilités d’éducation en santé (e-santé), favorisant ainsi l’augmentation de la littératie en santé chez les personnes âgées, ce qui est crucial pour la prévention de la perte d’autonomie. Ces outils peuvent également faciliter l’évaluation des fonctions motrices et cognitives des seniors de manière automatisée et précise, réduisant ainsi la nécessité d’une intervention humaine constante et spécialisée.

Si elles sont correctement conçues, les applications numériques peuvent aider les seniors à faire de l’exercice.
De nombreux aînés montrent une capacité et une volonté d’intégrer ces outils dans leur quotidien, à condition qu’ils soient spécifiquement conçus pour répondre à leurs besoins, notamment en termes de facilité d’utilisation.

Partant de ces divers constats, l’Université Côte d’Azur, le CHU de Nice, l’Université de Nîmes et l’Université Grenoble Alpes ont décidé d’unir leurs forces et expertises pour mener à bien un programme ambitieux et novateur nommé « Bien Vieillir Ensemble ».

Situé à la confluence du soin, de la recherche et de l’innovation, ce projet sera déployé auprès de 30 000 participants résidant dans les Alpes-Maritimes. Chacun d’entre eux bénéficiera d’interventions et de suivis personnalisés, élaborés avec soin pour répondre à leurs besoins spécifiques en matière de prévention et de bien-être.

Le but est de créer des solutions adaptées et innovantes pour favoriser un vieillissement en bonne santé, actif et autonome. Grâce à cette initiative, nous espérons améliorer la qualité de vie des seniors dans la région des Alpes-Maritimes.

Les outils mis en place et les connaissances accumulées pourront ensuite être utilisés et adaptés dans d’autres contextes et régions, pour améliorer la prévention sur l’ensemble du territoire.

France Démographie: Un vieillissement de la population d’ici 2070

France Démographie: Un vieillissement de la population d’ici 2070

« 20 millions de personnes auraient 65 ans ou plus en 2070, soit 29 % de la population, contre 20 % en 2018. Ce vieillissement de la population toucherait tous les départements de France métropolitaine dans des proportions importantes », estime l’Insee.

Dans une étude dévoilée ce vendredi, l’Insee s’est penchée sur les dynamiques démographiques françaises attendues dans les prochaines décennies, s’intéressant aux particularités de chaque territoire. Et selon les conclusions avancées par l’institut de statistiques, c’est avant tout une diminution du nombre de Français présents sur le territoire national qui se dessine.

Selon les experts de l’Insee, l’Hexagone devrait connaître une augmentation de sa population jusqu’en 2044, année d’un possible pic démographique, avant que le nombre de Français présents sur le territoire national ne diminue, soit une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

« En 2018, la population en France était de 66,9 millions d’habitants. L’Insee a révisé fin 2021 le scénario central des projections de population: si les tendances démographiques récentes se poursuivaient, la population en 2044 atteindrait 69,3 millions d’habitants, puis diminuerait pour s’établir à 68,1 millions d’habitants en 2070″, écrivent les experts de l’Insee.

Alors que depuis 1995, l’ensemble des régions françaises connaissaient une augmentation de leur population, la situation a commencé à se détériorer dès 2018. Cette année-là, 38 départements avaient déjà atteint leur pic de population. D’ici 2070, ils seront 91.

D’ici 2070, une dynamique va cependant s’appliquer à tous le territoires sans distinction: celle de la recrudescence des seniors. Dans 50 ans, 62 départements auront dans leur population plus de 30% de plus de 65 ans, alors qu’en 2018, aucun département n’avait atteint ce seuil.

La hausse du prix du carburant va entraîner le vieillissement du parc

 

Avec la flambée du prix du carburant liée aux conséquences de la guerre en Ukraine, le prix des tarifs réglementés de l’électricité ont pour conséquence de rendre les voitures électriques plus compétitives que les véhicules à moteur thermique. Pour Guillaume Crunelle, associé au cabinet de conseil Deloitte et spécialiste de l’automobile, le véritable enjeu est cependant de pérenniser un avantage compétitif qui n’est pas seulement celui du prix de la recharge comparé à celui du plein d’essence. (entretien dans la « Tribune »)

 

Les prix du carburant s’envolent à la pompe. Est-ce que cela peut être de nature à accélérer la bascule vers la généralisation de la voiture électrique?

GUILLAUME CRUNELLE - Nous avons mené une étude entre septembre et novembre dernier auprès des ménages français, et nous avons observé que 60% de ceux qui étaient prêts à basculer dans l’électromobilité le faisait parce que celle-ci avait un coût inférieur à la voiture thermique. Mais 40% de ceux-là disent qu’ils repasseront aussitôt dans une voiture thermique si le coût du « plein » électrique redevenait aussi cher qu’un plein d’essence. L’équation est très fragile…

 

Il n’y a pourtant pas que le coût du « plein », il y a aussi le coût d’usage qui est moins élevé dans une voiture électrique : ce point n’est-il pas pris en compte ?

Le coût à l’usage, qu’on appelle TCO* dans le jargon, est un facteur qui ne parle qu’aux contrôleurs de gestion. Certes, le TCO est objectivement un élément important qui participe à la compétitivité d’une voiture électrique par rapport à une voiture thermique, mais les ménages, eux, ne regardent que le coût effectif qu’est le prix de l’énergie.

Le contexte actuel pourrait donc lui être favorable…

Le contexte de hausse des prix à la pompe va renforcer le différentiel entre ces deux mobilités. Mais cela implique que le coût de l’électricité reste compétitif sur le long terme. C’est l’un des enjeux majeurs qui n’est pas gagné. Aujourd’hui, les tarifs réglementés de l’électricité sont compris entre 5 et 15 centimes le kilowattheure. C’est tout à fait compétitif par rapport à une voiture thermique. Mais si demain, ce prix grimpe à 80 centimes, il fait passer le coût de la recharge d’une berline moyenne de 10 euros environ à près de 50… Autrement dit, c’est nettement moins favorable pour une voiture qui ne parcourra guère plus de 400 km, face à une voiture thermique qui peut rouler 200 à 300 km de plus. Pour illustrer à quel point la situation actuelle est fragile, hier, le prix de l’électricité sur le marché britannique oscillait autour de 70 centimes le kilowattheure… En résumé, ce qui est vrai aujourd’hui pour des circonstances exceptionnelles n’est pas nécessairement pérenne et conduira automatiquement à baisser l’intérêt de la voiture électrique.

Il y a un autre sujet autour du prix d’achat de la voiture électrique qui reste plus élevé..

Toujours selon notre étude, 65% des ménages français déclarent qu’ils n’achèteront pas une voiture électrique si elle coûte plus de 30.000 euros… Or, il y a peu de voitures électriques qui se situent sous ce seuil hors subventions publiques. Pour rappel, le prix d’achat moyen d’une voiture thermique neuve est de 27.000 euros, et si on pousse l’analyse un peu plus loin, le prix d’achat moyen tous types de véhicules confondus, c’est-à-dire en incluant les voitures d’occasion, est de 8.000 euros. Il y a une dissonance claire entre la réalité des achats des Français et l’offre actuelle de l’industrie automobile. L’enjeu est donc pour elle d’apporter la bonne équation pour une mobilité électrique populaire…

Ils sont contraints par des éléments qu’ils ne maîtrisent pas notamment sur les prix des matières premières…

Dans un contexte conventionnel, ce serait simplement revenir à l’histoire de l’industrie automobile que de chercher les solutions de baisse des coûts. Récemment, les constructeurs ont expliqué comment ils comptaient baisser le prix des batteries de 30% à 40%. Quand vous savez que c’est jusqu’à  40% du coût d’une voiture électrique, c’était une perspective intéressante. Dans le contexte actuel, c’est effectivement très compliqué pour eux, avec les hausses constatées sur les marchés de plusieurs matières premières critiques. Ce qui est certain c’est que la question du coût d’achat restera un plafond de verre pour les ménages, d’autant que les incertitudes présentes sur l’avenir ne pousseront pas à investir dans des voitures, et encore moins dans des voitures onéreuses.

Les perspectives ne sont pas si bonnes pour les voitures électriques… Mais les politiques publiques continuent de pousser à leur achat…

Le véhicule électrique s’imposera mais il va falloir trouver des moyens d’éviter une dérive des coûts de production. A défaut ce que nous risquons de constater en premier, c’est un vieillissement du parc automobile roulant

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(*) TCO pour « Total Cost of Ownership », ou, en français, coût total d’acquisition, désigne une méthodologie permettant d’évaluer comme son nom l’indique le coût global de la possession d’un bien ou d’un service pendant toute la durée de vie de ce dernier, en prenant en compte, les coûts directs et indirects dans toute leur étendue.

Quelle politique de transition démographique face au vieillissement de la population ?

  • Quelle  politique de transition démographique face au vieillissement de la population ?

 

Gabrielle Halpern, philosophe, s’inquiète de l’absence de politique de transition démographique liée en particulier au vieillissement de la population (chronique dans la Tribune)

En 2035, un tiers de la population française aura plus de 60 ans. C’est une véritable révolution qui nous attend et, pourtant, personne n’en parle. Silence de mort des politiques et de leurs programmes électoraux ou plans d’action, inaction du monde économique, qui préfère enfermer le sujet dans une case toute faite « silver economy », – comme s’il s’agissait d’un secteur d’activité -, alors que cette transition démographique concerne toutes les entreprises et tous les secteurs, ainsi que toutes les politiques publiques, sans exception. Comment expliquer un tel aveuglement ?

Le même processus que pour la transition numérique

En fait, si l’on étudie la situation de près, il semble se jouer le même processus que pour la transition numérique ; au départ, seuls quelques acteurs prenaient le sujet au sérieux, tandis que de nombreux autres secteurs d’activité pensaient qu’ils n’avaient absolument rien à voir avec tout cela et qu’il ne leur était par conséquent pas nécessaire de se poser la question du numérique. On pense à l’industrie lourde ou encore au BTP, mais aussi à l’édition et à l’éducation. De ce point de vue, il aura fallu une crise sanitaire pour les convaincre de s’interroger sur la manière dont ils pouvaient se réinventer à l’aune de cette transition et en tirer parti.

Progressivement, à tous les échelons de l’entreprise, chacun s’est rendu compte que le numérique ne devait plus être considéré comme un « département » ou un « service », mais qu’il devait irriguer toute l’entreprise : de l’administratif aux ressources humaines, en passant par la R&D, le marketing, la communication et le commercial. Ce n’est pas encore gagné, mais les choses avancent, de même que dans les politiques publiques.

Le signe « RSE » bien pratique

La transition écologique n’a pas suivi un chemin si différent. De nombreux secteurs ne se sentaient absolument pas concernés par le sujet ; elle devait être la préoccupation de certaines industries par exemple. Puis, elle est entrée progressivement au sein des entreprises, en étant enfermée dans une case bien pratique, en forme de sigle « RSE ».

Nous assistons aujourd’hui à la prise de conscience, à tous les échelons de l’entreprise, que cette transition ne peut pas se contenter d’une case, mais qu’elle doit emporter dans son sillage toute l’organisation. Il est à prévoir (et à espérer) que cette prise de conscience se fera également en matière de politiques publiques qui hybrideront la question écologique à tous les volets de leurs actions.

 Pas de « case » au sein des entreprises

La transition démographique, elle, est en retard : elle ne bénéficie pas encore d’une véritable « case » au sein des entreprises ni au sein des politiques publiques et le moment où elle irriguera tous nos plans d’action, à la manière des transitions numérique et écologique, n’est pas encore arrivé.

 

Et pourtant, il y a urgence : cette transition arrive à grands pas et elle va nous obliger à repenser les villes, les mobilités, les services, les produits, les usages, l’immobilier ; nous devrons tout réinventer pour permettre aux personnes plus âgées de continuer à faire partie de notre société. Le travail n’y échappera pas et il faudra inventer l’entreprise intergénérationnelle.

 

On entend sans cesse parler de mixité sociale, – alors que très souvent, malheureusement, ce qui est fait en ce sens relève plutôt de la « juxtaposition sociale », c’est-à-dire que les individus coexistent, mais ne se rencontrent pas -, il est grand temps de mettre également sur la table le sujet de l’hybridation générationnelle.

Il faudra redéfinir la notion de développement durable pour qu’elle englobe également les personnes âgées, sans quoi nous nous rendrons coupables, en ne préparant pas notre société pour elles, de les condamner à l’obsolescence programmée.

 

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Auteure de Tous centaures ! Eloge de l’hybridation, Le Pommier, 2020.

France: vieillissement inquiétant de la population

France: vieillissement inquiétant de la population 

 

Les plus de 60 ans représentent 60% de la population; sur la tendance; ils seront 30% en 2070. Si la population française a augmenté entre 2018 et 2019 de seulement 0,3%, passant de 66,88 à 67,98 millions d’habitants, le rythme de la hausse a tendance a marqué le pas. Entre 2008 et 2013 par exemple, la variation annuelle était de 0,5% en moyenne. Cette progression est essentiellement due au solde naturel, c’est à dire la différence entre les naissances et les décès. Il s’est établi à +141.000 en 2019. Concernant le solde migratoire, c’est à dire la différence entre les arrivées et les départs, est estimé de son côté à 46.000 personnes.

 

En 2070, la France devrait compter 22 millions de personnes de 65 ans et plus contre 13 millions aujourd’hui, selon l’Insee .  Dans les années qui viennent, c’est surtout la tranche des 75 ans et plus qui va occuper une part croissante de la population.

 Il faudrait, pour inverser la tendance, soit une catastrophe sanitaire touchant les plus âgés, soit une forte poussée d’immigration et de naissances. Aucun de ces éléments ne paraissent être au programme. L’espérance de vie donne des signes de moindre croissance : si elle se stabilisait, ce n’est qu’en 2040 que le processus de vieillissement s’arrêterait.

 

L’enjeu des décennies à venir est double. Il y a d’abord la question du financement des retraites, mais elle a déjà été pour une bonne part anticipée en élevant l’âge de départ. (Notons quand même  la baisse des retraites pour les familles nombreuses!).  La question qui demeure est surtout la possibilité de vieillir dans de bonnes conditions, notamment pour ceux qui ont des revenus modestes.

 

Le vieillissement démographique n’est pas prêt de s’enrayer.  En Europe, la part des personnes âgées de plus de 65 ans a également augmenté dans l’ensemble des pays de l’Union européenne depuis une quinzaine d’années. La population des personnes âgées de 65 ans et plus est passée ainsi de 16,2% en 2003 à 19,7% en 2018.

 

Les derniers chiffres de l’organisme de statistiques montre que l’espérance de vie a augmenté  en France de 2 ans pour les hommes et de 1,2 an pour les femmes sur les dix dernières années. L’espérance de vie pour les hommes à la naissance est ainsi passé de 77,7 ans en 2009 à 79,7 ans en 2019. Chez les femmes, elle est passée de 83,7 ans à 84,9 ans. « Ces cinq dernières années, ils ont gagné 0,5 an d’espérance de vie et les femmes 0,2 an. L’espérance de vie continue donc de progresser mais les gains ont ralenti » rappellent les experts.

 

Pour les individus âgés de plus de 60 ans, la progression des gains d’espérance de vie est moins forte sur la même période. Chez les hommes, le gain est de 1,2 an, passant de 22,2 ans à 23,4 ans. Du côté des femmes, la hausse est de seulement 0,8 année.

 

Le nombre d’enfants par femme a légèrement diminué entre 2018 et 2019 passant de 1,88 à 1,87. Après quatre années de recul, l’indicateur s’est stabilisé. Malgré ce coup d’arrêt, ces récents chiffres sont loin d’être réjouissants. En effet, le ratio d’enfants par femme oscillait autour de 2 entre 2006 et 2014. En parallèle, l’âge moyen des femmes pour le premier enfant a tendance à reculer. En 2019, cet âge moyen s’est établi à 30,7 ans contre 29,3 ans il y a 20 ans. En 2017, l’hexagone demeurait le pays avec la fécondité la plus haute. En 2016, la Suède est passée devant l’Irlande pour la seconde marche du podium, le taux de fertilité était de 1,78 en 2018 contre 1,77 pour l’Irlande.

Le vieillissement la population française s’accélère

Le vieillissement la population française s’accélère

 

Les plus de 60 ans représentent 60% de la population sur la tendance ils seront 30% en 2070. Si la population française a augmenté entre 2018 et 2019 de seulement 0,3%, passant de 66,88 à 67,98 millions d’habitants, le rythme de la hausse a tendance a marqué le pas. Entre 2008 et 2013 par exemple, la variation annuelle était de 0,5% en moyenne. Cette progression est essentiellement due au solde naturel, c’est à dire la différence entre les naissances et les décès. Il s’est établi à +141.000 en 2019. Concernant le solde migratoire, c’est à dire la différence entre les arrivées et les départs, est estimé de son côté à 46.000 personnes.

En 2070, la France devrait compter 22 millions de personnes de 65 ans et plus contre 13 millions aujourd’hui, selon l’Insee .  Dans les années qui viennent, c’est surtout la tranche des 75 ans et plus qui va occuper une part croissante de la population.

 Il faudrait, pour inverser la tendance, soit une catastrophe sanitaire touchant les plus âgés, soit une forte poussée d’immigration et de naissances. Aucun de ces éléments ne paraissent être au programme. L’espérance de vie donne des signes de moindre croissance : si elle se stabilisait, ce n’est qu’en 2040 que le processus de vieillissement s’arrêterait.

L’enjeu des décennies à venir est double. Il y a d’abord la question du financement des retraites, mais elle a déjà été pour une bonne part anticipée en élevant l’âge de départ. La question qui demeure est surtout la possibilité de vieillir dans de bonnes conditions, notamment pour ceux qui ont des revenus modestes.

Le vieillissement démographique n’est pas prêt de s’enrayer.  En Europe, la part des personnes âgées de plus de 65 ans a également augmenté dans l’ensemble des pays de l’Union européenne depuis une quinzaine d’années. La population des personnes âgées de 65 ans et plus est passée ainsi de 16,2% en 2003 à 19,7% en 2018.

 

 Les derniers chiffres de l’organisme de statistiques montre que l’espérance de vie a augmenté  en France de 2 ans pour les hommes et de 1,2 an pour les femmes sur les dix dernières années. L’espérance de vie pour les hommes à la naissance est ainsi passé de 77,7 ans en 2009 à 79,7 ans en 2019. Chez les femmes, elle est passée de 83,7 ans à 84,9 ans. « Ces cinq dernières années, ils ont gagné 0,5 an d’espérance de vie et les femmes 0,2 an. L’espérance de vie continue donc de progresser mais les gains ont ralenti » rappellent les experts.

Pour les individus âgés de plus de 60 ans, la progression des gains d’espérance de vie est moins forte sur la même période. Chez les hommes, le gain est de 1,2 an, passant de 22,2 ans à 23,4 ans. Du côté des femmes, la hausse est de seulement 0,8 année.

Le nombre d’enfants par femme a légèrement diminué entre 2018 et 2019 passant de 1,88 à 1,87. Après quatre années de recul, l’indicateur s’est stabilisé. Malgré ce coup d’arrêt, ces récents chiffres sont loin d’être réjouissants. En effet, le ratio d’enfants par femme oscillait autour de 2 entre 2006 et 2014. En parallèle, l’âge moyen des femmes pour le premier enfant a tendance à reculer. En 2019, cet âge moyen s’est établi à 30,7 ans contre 29,3 ans il y a 20 ans. En 2017, l’hexagone demeurait le pays avec la fécondité la plus haute. En 2016, la Suède est passée devant l’Irlande pour la seconde marche du podium, le taux de fertilité était de 1,78 en 2018 contre 1,77 pour l’Irlande.

Le vieillissement des cellules retardé ?

Le vieillissement des cellules retardé ?

Une équipe de scientifiques anglaise pourrait bien avoir fait une découverte qui inverserait le processus de vieillissement des cellules humaines.

L’avis du Docteur, Christophe de Jaeger, enseignant à la faculté de Paris dans uen interview d’Atlantico

 

Christophe de Jaeger: Nous devons d’abord nous féliciter de cette nouvelle découverte qui même, si elle rejoint la longue liste des avancées de la science pour une grande longévité, mais sans grand lendemain. Il existe en effet de nombreux mécanismes actuellement décrits qui permettent d’améliorer le fonctionnement cellulaire, parfois de rajeunir les cellules et parfois même, de les rendre immortelles. Certains de ces mécanismes peuvent « rajeunir » des cellules, mais au prix de la mort de l’organisme. Il y a donc une différence très importante entre la biologie purement cellulaire et l’impact que l’on cherche à avoir sur un organisme complet. Dans le cas de la publication de nos collègues Eva Latorre, Roberta Torregrossa, Mark E. Woo, Matthew Whiteman, Lorna W. Harries de l’université d’Exeter Medical School, University of Exeter, UK, l’accent est mis sur une molécule simple le sulfure d’hydrogène. Ils ont observé que l’augmentation de sa concentration au niveau des mitochondries (« centrale énergétique de la cellule ») permet d’avoir un effet sénolytique en diminuant de 50 % les molécules stigmates du vieillissement. Au cours du vieillissement, les cellules accumulent de nombreux éléments moléculaires parallèlement au vieillissement de la cellule. Ces éléments moléculaires vont avoir un effet délétère sur le fonctionnement de la cellule elle-même et des cellules voisines (inflammation). D’où l’intérêt de lutter contre l’accumulation de ces molécules du vieillissement. Il existe de nombreuses molécules de ce type ayant un effet dit sénolytique actuellement accessible, y compris sur internet. L’intérêt de ces molécules sénolytiques permet de réduire le nombre de cellules sénescentes dans l’organisme, cellules qui ont un effet sénescent sur les cellules voisines. En réduisant le nombre de cellules sénescentes dans l’organisme ont contribue à diminuer l’inflammation silencieuse de celui-ci et à réduire le vieillissement des organes qui nous constituent. L’équipe d’Exeter met en évidence un nouveau système d’action sénolytique mais dont la concrétisation à l’échelle humaine parait difficile.

 

 

Si l’on imagine volontiers que l’immortalité n’est pas pour demain, cette découverte pose-t-elle des bases en la matière ? Peut-on espérer d’ici quelques années pouvoir vraiment rajeunir ?

 

L’immortalité n’est clairement pas aujourd’hui à notre « catalogue thérapeutique ». On peut également s’interroger si l’être humain serait capable psychologiquement de vivre 150, 200, 250 ans ou plus. Rien n’est moins sûr. Cela nécessiterait clairement d’adapter en profondeur nos schémas psychologiques de vie actuels. En revanche, techniquement, nous sommes aujourd’hui capables d’intervenir sur les processus du vieillissement que nous connaissons effectivement de mieux en mieux grâce à des techniques de physiologie. Nous ne sommes plus dans la « biologie-fiction », mais dans la réalité d’aujourd’hui. Mais il reste surprenant de voir le peu de gens qui s’y intéressent sérieusement.

 

Quelle peut être l’autre utilité de cette découverte ?

 

De façon générale, toutes les techniques physiologiques, et elles sont nombreuses, pouvant influencer le processus du vieillissement en le ralentissant ont pour effets directs de retarder l’émergences des maladies telles que les maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et cancéreuses qui sont partiellement ou totalement secondaires à celui-ci. Le recul de l’émergence des maladies permettra d’augmenter largement l’espérance de vie en bonne santé qui est normalement l’objectif de chacun. Lutter contre le processus du vieillissement devrait être une cause nationale de première importance.

 

 




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