Archive pour le Tag 'verticalité'

« La verticalité des institutions culturelles en cause

« La verticalité des institutions culturelles en cause

L’économiste Xavier Greffe constate, dans une tribune au « Monde », que création et pratiques culturelles se déploient dans de nouvelles dimensions de l’espace et du temps qui, renforcées par le confinement, ne correspondent plus à l’ancien monde « vertical ».

Tribune. 

 

Pourquoi la culture, dont l’importance économique est proclamée depuis des décennies, se trouve-t-elle marginalisée sitôt la première crise venue ? L’analyse de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle sur les poids des activités culturelles par pays témoigne pourtant de cette importance en distinguant les secteurs culturels au sens traditionnel, de l’empreinte des compétences culturelles mobilisées dans nos sociétés quel que soit le secteur économique considéré : spectacle vivant, patrimoine, audiovisuel, mais aussi métiers d’art, design créatif, artisanat, luxe, mode et textiles, ameublements, jouets, etc.

En France, le secteur culturel au sens traditionnel atteignait en 2012 (dernière année normalisée) 3,89 % du PIB, 3,74 % de l’emploi et 1,8 % des exportations, chiffres comparables à ceux des autres pays, exception culturelle ou pas. En revanche, l’empreinte culturelle totale représentait 7,02 % du PIB, 7,49 % de l’emploi et 11,4 % des exportations (« La performance économique des secteurs fondés sur le droit d’auteur », OMPI, 2016).

Cela n’enlève évidemment rien aux pertes subies par les lieux de spectacle vivant, les musées et les salles de cinéma. A ceci près que le confinement a fait apparaître au grand jour des tendances qui se manifestaient depuis plusieurs années et que l’on tend trop vite à occulter en pensant que tout recommencera demain à l’image de ce qui vient d’être interrompu.

Sans doute est-ce dans le domaine de l’audiovisuel que les transformations sont les plus fortes, avec l’explosion du streaming (Netflix a pris trois ans d’avance sur son plan de développement pendant le premier confinement), les performances exceptionnelles des jeux vidéo, la croissance des achats de home cinéma et, plus récemment, le glas de la chronologie des médias, lorsque Warner Bros a décidé de sortir les nouvelles œuvres sur les plates-formes de streaming en même temps que dans les salles.

Mais l’effondrement, peut être durable, du tourisme international obligera aussi les musées à conquérir des publics de proximité en trouvant dans les médias sociaux de nouveaux leviers. Et derrière les difficultés du spectacle vivant, déjà anciennes mais occultée par la montée des festivals, des modèles d’affaires plus soutenables pour les artistes et plus accessibles pour les audiences sont apparus nécessaires.

Le modèle du « flot »

Ces indices témoignent surtout d’une transformation encore plus profonde de nos pratiques et de notre consommation. Le modèle qui a fondé notre politique culturelle (et les équilibres économiques qui en découlent) s’est organisé autour d’une approche cathartique de la culture, celle d’André Malraux nous invitant à élever nos âmes au contact d’œuvres d’art majeures, héritées ou vivantes. On peut y ajouter qu’à l’égal d’autres pays mais de manière très centralisée, notre volonté d’éducation esthétique pour tous nous a conduits à faire reculer les limites que le marché a opposées à la création des uns et à l’accès des autres.

La république en marche : les vertus de la verticalité … ou du centralisme démocratique

La république en marche : les vertus de la verticalité … ou du centralisme démocratique

Au moins un député d’en marche qui approuve officiellement et encourage les vertus de la verticalité dans l’organisation du parti de Macon. Florian Bachelier, député d’Ille-et-Vilaine : « Je trouve ça assez sain d’assumer cette verticalité. On n’avait pas de temps à perdre avec une compétition interne entre plusieurs candidats. » Pour la plupart des parlementaires, il est normal que le fondateur d’En marche désigne son successeur : « C’est le Président! », répète Annie Vidal, élue de Seine-Maritime.  Au moins c’est clair ! Pas étonnant la plupart tiennent leur pouvoir directement de  Macron car ils ont été désignés par un comité national auto proclamé. Et ce type d’organisation va perdurer. Le seul patron de la république en marche, c’est Macron. Les seules responsables des élus nationaux désignés eux-mêmes au niveau central. La base du parti n’a pas son mot à dire. On concédera seulement une présence de 25 % d’adhérents au surplus tirés au sort. C’est dire que la verticalité présente des vertus dans le mouvement en marche dont on n’est même pas sur qu’il se transforme en parti. Il pourrait demeurer une sorte de mouvement de supporters de Macron et l’appareil sera dirigé par ses proches. Il est clair que la plupart des dirigeants d’en marche ont une conception assez restrictive de la démocratie : on se sert du mouvement de masse pour être élu mais une fois les élections passées les militants et les adhérents sont renvoyés à leurs chères études. Pas sûr que ce concept démocratique de type centraliste se révèle très pertinent et très efficace. En effet tout repose en fait sur la popularité du chef de l’État. Comme aucune tête ne doit dépasser dans le mouvement en marche, personne d’autre n’arrive à incarner le mouvement. Or cette  popularité pourrait être amenée à se fragiliser comme le démontre d’ailleurs les sondages de ses derniers mois. Du coup,  la force que représentait  la popularité de Macron pourrait être anéantie si cette tendance se prolongeait. En outre, les militants locaux et les adhérents sont complètement désorientés par le peu d’intérêt qu’on leur accorde. Pour toute action politique on leur propose de lire les communiqués du niveau central qu’on peut par ailleurs retrouver dans toute la presse. Il faudra autre chose pour que la république en marche existe réellement sur le terrain en particulier pour préparer les échéances des élections locales. En tout cas la désignation de Castaner  par Macon augure mal du fonctionnement démocratique d’en marche. Un fonctionnement plus proche du parti communiste chinois que d’une démocratie moderne. Et pour le confirmer cette autre déclaration du député Le Gendre : « Nous tenons tous notre légitimité et notre pouvoir d’Emmanuel Macron. Rideau, circulez, on n’a pas le temps de perdre du temps  avec des élections !

 




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