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Investissement durable : du vert foncé au vert très pâle

Investissement durable : du vert foncé au vert très pâle

 

Un article de Justin Scheck, Eliot Brown et Ben Foldy dans le Wall Street Journal qui met en évidence que derrière l’enflure des mots l’investissement durable est diversement coloré dans le monde en passant du vert foncé au vert très pâle. (Extrait)

L’investissement vert a connu un tel essor qu’aujourd’hui, un déluge d’argent s’abat sur un nombre relativement limité d’entreprises capables de produire énergies renouvelables et autres voitures électriques.

Certains gérants de fonds ont donc opté pour une définition ultra-extensible de l’adjectif « vert ». Spécialiste chinois de l’incinération, transformateur de déchets animaux récemment poursuivi à cause de ses émissions polluantes ou constructeur de poids lourds autonomes : dans les faits, des milliards de dollars destinés à l’investissement durable bénéficient aujourd’hui à des entreprises à la crédibilité écologique douteuse qui, parfois, sont extrêmement risquées.

Depuis début 2019, les fonds communs en actions et les fonds indiciels cotés (ETF) axés sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ont enregistré une collecte nette de 473 milliards de dollars auprès des investisseurs, contre 103 milliards de dollars pour les autres fonds en actions

Pour faire entrer un maximum d’entreprises en portefeuille, certains misent sur les fournisseurs de l’économie verte même s’ils sont nocifs pour l’environnement. L’an passé, une société d’investissement revendiquant un « engagement fort en faveur de la durabilité » a ainsi fusionné avec l’opérateur d’une mine de terres rares à ciel ouvert en Californie pour 1,5 milliard de dollars. Même si le site a connu de nombreux problèmes environnementaux et doit enfouir certains déchets radioactifs, sa maison-mère affirme qu’il est vert parce que les terres rares sont indispensables aux voitures électriques et qu’il est moins dangereux que ses concurrents installés dans des pays où la réglementation est plus laxiste.

Ces petits arrangements avec la sémantique concernent aussi les Spac, des véhicules d’investissement qui ont la cote à Wall Street en ce moment. Une petite cinquantaine de ces « special-purpose acquisition companies » autoproclamées vertes ont levé près de 15 milliards de dollars, selon des données SPAC Track.

En Bourse, les Spac lèvent des fonds auprès d’investisseurs qui leur laissent une grande liberté de choix pour l’entreprise non cotée qu’elles vont acheter. Généralement, elles promettent d’investir dans les deux ans qui suivent leur cotation, mais parce que les cibles manquent cruellement, elles ne peuvent pas se permettre de faire la fine bouche. Parfois, la même société non cotée reçoit plusieurs offres d’achat, un phénomène baptisé « Spac-off » en anglais.

Sustainable Opportunities Acquisition (Soac), la Spac qui doit fusionner avec TMC, est entrée à la Bourse de New York en 2020 et a rencontré plus de 90 entreprises avant de jeter son dévolu sur le spécialiste des fonds marins. « C’est un genre de speed dating », plaisante Gina Stryker, la directrice juridique de Soac.

L’argent afflue aussi des fonds communs de placement et des autres véhicules d’investissement. Depuis début 2019, les fonds communs en actions et les fonds indiciels cotés (ETF) axés sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ont enregistré une collecte nette de 473 milliards de dollars auprès des investisseurs, contre 103 milliards de dollars pour les autres fonds en actions, selon des données du spécialiste de la recherche en investissement Morningstar compilées par Goldman Sachs.

Le problème, c’est qu’il n’y a pas « tout bonnement pas assez » d’entreprises vertes pour répondre à la demande, déplore Laura Nishikawa, directrice générale de MSCI, un promoteur d’indices, dont des ESG, que les gérants suivent pour savoir comment positionner leurs investissements verts.

De toutes les entreprises en quête d’argent vert, les spécialistes de l’exploration en minière en eaux profondes sont celles pour qui les choses sont les plus compliquées.

Biologistes et océanographes, et même le célèbre écologiste britannique David Attenborough, militent pour un moratoire sur les projets miniers en haute mer. Dans un rapport, la Banque mondiale a prévenu du risque de « dégâts irréversibles sur l’environnement » et des « dangers pour les êtres humains » que constituait cette activité, appelant à la prudence.

Ce vendredi, plus de 300 scientifiques spécialistes des fonds marins ont publié un communiqué demandant la suspension des activités minières jusqu’en 2030. Fin mars, Google, le fabricant de batteries Samsung SDI, BMW et le constructeur de poids lourds Volvo ont annoncé qu’ils n’achèteraient pas de métaux extraits des fonds marins.

Pour Gerard Barron, ils font fausse route : certaines sociétés minières exploitent des forêts vierges et font parfois travailler des enfants. Puiser dans la mer est donc une meilleure solution.

L’essentiel des réserves connues de métaux se trouvent dans les eaux internationales, dans lesquelles l’activité minière est régie par l’Autorité internationale des fonds marins, une émanation de l’ONU. En près de trente ans d’existence, cette organisation qui regroupe 168 pays membres n’a jamais donné de permis d’exploration minière ni établi de règles sur le sujet, un obstacle que TMC essaie de surmonter depuis deux décennies.

Entrepreneur chevronné né dans la campagne australienne, Gerard Barron a importé des batteries chinoises, géré un magazine et créé une société informatique, avant de découvrir les métaux marins en 2001, par l’entremise de David Heydon, avec lequel il jouait au tennis. C’est dans la start-up de ce dernier, Nautilus Minerals, qu’il a décidé d’investir.

Des Tonga à Vanuatu en passant par Nauru, en Océanie, Nautilus a tenté d’accéder aux fonds marins des eaux internationales, mais les choses ont traîné.

Les eaux territoriales de Papouasie-Nouvelle-Guinée, où les monts hydrothermaux ont créé au fil des millénaires d’immenses structures minérales, semblaient être une alternative idéale (et hors de portée des régulateurs internationaux). Les autorités locales ont investi 120 millions de dollars dans Nautilus et la start-up a commencé de sonder les fonds pour tester la viabilité de ses ambitions minières.

En 2005, Gerard Barron est monté au capital puis, quelques mois plus tard, la société est entrée en Bourse en utilisant une procédure de fusion inversée proche du fonctionnement des Spac. Gerard Barron a cédé des actions en 2007 puis en 2008, empochant (affirme-t-il) environ 30 millions de dollars au passage. David Heydon a lui aussi quitté le navire à la même époque.

En Papouasie, les choses avaient déjà commencé de se dégrader. Des villageois affirmaient que les travaux de Nautilus faisaient fuir les requins qu’ils consommaient lors des cérémonies rituelles. Les pouvoirs publics et les groupes écologistes ont demandé une suspension des opérations. « Il est très clairement apparu que les dégâts étaient très, très supérieurs aux avantages », résume Jonathan Mesulam, activiste et habitant d’un village voisin.

Nautilus a contesté les faits mais, à court d’argent, elle n’a jamais pu lancer la production. Son navire a été récupéré par ses créanciers et la société a déposé le bilan, selon des documents officiels. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a perdu son investissement et deux investisseurs, un Qatari et un Russe, ont repris les actifs de Nautilus.

De leur côté, envisageant de reprendre les actifs de Nautilus dans les eaux internationales, où les nodules métalliques peuvent être ramassés « comme des balles de golf » dans une zone qui ressemble « à un désert », Gerard Barron et David Heydon avaient déjà lancé DeepGreen, depuis rebaptisé The Metals Company. A plus de trois kilomètres de profondeur, des travaux antérieurs et les efforts de TMC ont permis de repérer des nodules en quantité suffisante pour extraire de gros de volumes de métaux utilisés pour les batteries des voitures électriques.

Pour les océanographes, la zone, située à mi-chemin entre le Mexique et Hawaï, n’a rien d’un désert : il s’agit d’un écosystème encore méconnu où de nouvelles espèces sont régulièrement découvertes. Parmi les trouvailles récentes figurent un concombre de mer jaune vif dont la queue rappelle celle d’un écureuil et un « calamar qui marche » et arpente les fonds marins sur de frêles tentacules.

Les nodules que TMC veut extraire sont situés dans des zones peuplées uniquement d’animaux, affirment les scientifiques. Une récente étude publiée dans le Scientific Reports a révélé que, 26 ans après l’envoi un robot dans un habitat similaire dans le cadre d’un projet-pilote, les fonds marins et leurs occupants ne s’étaient pas rétablis.

Espérant apaiser une partie des craintes (et assurer les recherches nécessaires à l’obtention des permis), TMC a versé 2,9 millions de dollars aux chercheurs pour qu’ils étudient la faune et la flore de la zone que la société envisage d’exploiter. Beaucoup de scientifiques ont accepté : il est rarissime de pouvoir étudier l’un des environnements les plus reculés au monde et de recenser des espèces qui pourraient disparaître.

Parmi eux figure Jeff Drazen, professeur de biologie à l’université d’Hawaï qui fait autorité dans la région. Mais après avoir publiquement critiqué les projets miniers de TMC, il a reçu un appel d’un salarié de TMC qui lui a expliqué qu’il risquait de perdre sa bourse s’il continuait, ont rapporté des sources proches du dossier. Jeff Drazen n’a pas souhaité faire de commentaire. De son côté, le porte-parole de TMC a affirmé que les scientifiques avaient le droit de donner leur avis.

C’est en 2017, plus ou moins au moment où sa tentative d’introduction à la Bourse de Toronto a échoué, que TMC a décidé de se présenter comme une société verte.

Gerard Barron en est devenu directeur général et a recruté Erika Ilves, qui travaillait dans l’exploitation des ressources minières spatiales, pour l’aider à gérer la stratégie. Ils élèvent leurs filles ensemble.

Gerard Barron s’est laissé pousser les cheveux et la barbe et arbore toute une collection de bracelets en cuir. Dans la poche de sa veste, il a toujours un morceau de métal de la Lune et, quand le fragment fait sonner les portiques des aéroports, il propose aux agents de sécurité d’investir.

« Je le fais pour la planète et pour les enfants de la planète », disait-il dans un podcast financé par TMC. Il a aussi recruté une agence de communication qui le présente comme une version australienne d’Elon Musk.

Si c’est Gerard Barron qui est désormais le visage de TMC, l’obtention des droits miniers (dans les eaux internationales cette fois-ci) revient au cofondateur David Heydon et à son fils Robert, désormais lui aussi dirigeant de l’entreprise. L’Autorité internationale des fonds marins autorise ses membres à soutenir des projets dans les eaux internationales, avec un traitement de faveur pour les pays en développement. Les Heydon père et fils ont choisi d’établir la société qui demande le permis d’exploration à Nauru, entre autres pour aider la petite île océanienne et ses 10 000 habitants.

« J’ai toujours été très attaché à la justice », affirme Robert Heydon.

La société a d’abord appartenu à Nautilus, puis à un groupe d’investisseurs parmi lesquels figuraient les Heydon, puis à deux fondations publiques de Nauru, créées pour aider les habitants de ce petit Etat de 21 km². En 2012, ses administrateurs l’ont donnée à TMC.

Robert Haydon n’a pas souhaité détailler les conditions de l’opération, qualifiée de « transaction d’ordre privé ». Il explique que le seul argent versé par TMC à Nauru est destiné aux habitants, notamment au paiement des frais de scolarité de deux jeunes, dont la nièce du fonctionnaire qui était chargé de l’exploitation des fonds marins au moment du transfert de propriété, l’ancien ministre du Commerce Mike Aroi.

Toujours membre du gouvernement, Mike Aroi ne pense pas que la bourse de sa nièce soit due à son lien de parenté. Pour lui, cela s’explique par le fait qu’une petite dizaine d’étudiants seulement pouvaient prétendre à des études supérieures. Il ajoute qu’il n’a pas été impliqué dans le transfert de propriété à TMC et que personne, au sein du gouvernement, n’a vu de problème à ce que l’entreprise finance les études de sa nièce. La porte-parole du gouvernement n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

TMC a négocié avec « plusieurs » Spac avant d’être approchée par Soac. Gerard Barron raconte qu’il a apprécié la volonté de durabilité de Soac, que son fondateur Scott Leonard a baptisée « première Spac ESG » (même si d’autres l’ont précédée sur ce terrain), et signé un contrat aux termes duquel il ne négocie plus avec personne tant que Soac et TMC discutent de leur mariage.

Gina Stryker raconte qu’au départ, elle n’était pas certaine que TMC soit un bon candidat. Mais après avoir étudié le business plan et les conséquences environnementales de l’exploitation minière sur terre et en mer, elle a changé d’avis. Les partenaires se sont rapidement mis en quête d’autres investisseurs avec une présentation qualifiant les nodules de « batterie pour véhicule électrique cachée dans une pierre ».

L’opération a rapporté 570 millions de dollars de trésorerie à TMC, désormais valorisée à 2,9 milliards de dollars, soit plus que n’importe quelle autre société minière cotée aux Etats-Unis qui ne génère pas un centime de chiffre d’affaires, indique Jay Ritter, professeur à l’université de Floride. Selon les projections de TMC, la société a besoin de plus de 3 milliards de dollars supplémentaires pour être rentable.

Dans un document déposé mercredi auprès des autorités, TMC a ajouté un nouveau facteur de risque relatif à l’impact environnemental de ses techniques d’exploration minière sur les fonds marins, impact qui « pourrait potentiellement être plus important qu’actuellement estimé » et faire l’objet de travaux complémentaires.

La participation de Gerard Barron vaut aujourd’hui autour de 175 millions de dollars.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Énergie–Hydrogène 100 % vert : la même escroquerie que pour l’électricité

Énergie–Hydrogène 100 % vert : la même escroquerie que pour l’électricité

 

Le journal la Tribune consacre une longue série d’articles sur les perspectives de l’hydrogène. Dans ce journal, comme dans d’autres, on souligne l’intérêt de l’hydrogène vert qui pourrait prendre une place significative  dans le mix énergétique. Pas seulement à destination de la mobilité automobile ou maritime voire aérienne mais aussi pour d’autres utilisations par exemple comme le chauffage.

La hantise écolo contraint les observateurs et les acteurs économiques à souligner le caractère vert de l’hydrogènet. Ou en tout cas , on choisit des formules sémantiques confuses qui indiquent qu’il faut privilégier l’hydrogène renouvelable et à bas carbone. Une manière d’ouvrir la production d’hydrogène à la filière électrique nucléaire qui dispose évidemment des potentialités les plus importantes .

 

Si l’hydrogène vert – produit avec de l’électricité décarbonée – devient le carburant de la transition énergétique, les pays ont tout intérêt à se lancer vite et fort sur ce marché. L’Europe a certes bien compris l’enjeu, mais elle risque de se faire rapidement doubler par l’Asie et notamment la Chine, le Japon et la Corée qui parient également sur l’hydrogène. Le Japon et la Chine auraient par exemple respectivement investi 3 et 16 milliards de dollars pour verdir leur production, selon le cabinet Accenture. On observera qu’on passe du concept hydrogène Renouvelable à celui d’hydrogène bas carbone. Autant dire produite également par le nucléaire.

Pour faire chuter drastiquement le coût de l’hydrogène bas carbone, la filière doit faire baisser le coût des électrolyseurs.L’objectif serait de diminuer les coûts d’au moins la moitié en 10 ans.  . Il faut donc réduire de moitié le coût de nos équipements en dix ans. C’est un défi très important, mais la filière n’est pas encore industrialisée et nous pouvons donc le relever », estime Laurent Carme, le directeur général de McPhy, pionnier français spécialisé dans la fabrication d’électrolyseurs.

 

La baisse des coûts doit être alimentée par les économies d’échelle, sur la taille des équipements et leur nombre. La France vise ainsi 6,5 GW d’électrolyses déployés dans dix ans, contre seulement 5 MW actuellement. Dans cette optique, quatre projets d’usines de fabrication d’électrolyseurs sont à l’étude en France.

La baisse des coûts passera aussi par les innovations technologiques. En la matière, la France peut s’appuyer sur son excellence scientifique. Le CEA fournit de nombreuses pépites pionnières dans l’hydrogène décarbonée et son centre grenoblois est à l’origine d’une nouvelle technologie disruptive d’électrolyse à haute performance. Celle-ci va être développée par la co-entreprise Genvia, basée à Béziers (34) et pilotée par Florence Lambert (Lire son interview ici). Début mars, le CNRS a, de son côté, lancé une fédération dédiée au premier élément du tableau périodique regroupant quelque 270 scientifiques.

Dans un rapport publié en janvier 2020, RTE, le gestionnaire du réseau de transport électrique estime que 30 Twh seront nécessaires pour couvrir les besoins de production d’hydrogène à l’horizon 2035, soit à peu près 6% de la production électrique nationale actuelle.

« C’est un volume qui n’est pas négligeable, reconnaît-on chez RTE. Mais dans le même temps les efforts d’efficacité énergétique, permettant de modérer largement l’augmentation des consommations d’électricité, vont s’intensifier tandis que la production de l’électricité bas carbone va augmenter avec le développement prévu des énergies renouvelables », explique-t-il.

« D’un point de vue de la couverture des besoins d’électricité, la production par électrolyse ne posera pas de difficulté », conclut-il. Mais RTE devrait clairement préciser que cette couverture pourra être d’autant mieux assurée avec le nucléaire.

Hydrogène 100 % vert : la même escroquerie que pour l’électricité

Hydrogène 100 % vert : la même escroquerie que pour l’électricité

 

Le journal la Tribune consacre une longue série d’articles sur les perspectives de l’hydrogène. Dans ce journal, comme dans d’autres, on souligne l’intérêt de l’hydrogène vert qui pourrait prendre une place significative  dans le mix énergétique. Pas seulement à destination de la mobilité automobile ou maritime voire aérienne mais aussi pour d’autres utilisations par exemple comme le chauffage.

La hantise écolo contraint les observateurs et les acteurs économiques à souligner le caractère vert de l’hydrogènet. Ou en tout cas , on choisit des formules sémantiques confuses qui indiquent qu’il faut privilégier l’hydrogène renouvelable et à bas carbone. Une manière d’ouvrir la production d’hydrogène à la filière électrique nucléaire qui dispose évidemment des potentialités les plus importantes .

 

Si l’hydrogène vert – produit avec de l’électricité décarbonée – devient le carburant de la transition énergétique, les pays ont tout intérêt à se lancer vite et fort sur ce marché. L’Europe a certes bien compris l’enjeu, mais elle risque de se faire rapidement doubler par l’Asie et notamment la Chine, le Japon et la Corée qui parient également sur l’hydrogène. Le Japon et la Chine auraient par exemple respectivement investi 3 et 16 milliards de dollars pour verdir leur production, selon le cabinet Accenture. On observera qu’on passe du concept hydrogène Renouvelable à celui d’hydrogène bas carbone. Autant dire produite également par le nucléaire.

Pour faire chuter drastiquement le coût de l’hydrogène bas carbone, la filière doit faire baisser le coût des électrolyseurs.L’objectif serait de diminuer les coûts d’au moins la moitié en 10 ans.  . Il faut donc réduire de moitié le coût de nos équipements en dix ans. C’est un défi très important, mais la filière n’est pas encore industrialisée et nous pouvons donc le relever », estime Laurent Carme, le directeur général de McPhy, pionnier français spécialisé dans la fabrication d’électrolyseurs.

 

La baisse des coûts doit être alimentée par les économies d’échelle, sur la taille des équipements et leur nombre. La France vise ainsi 6,5 GW d’électrolyses déployés dans dix ans, contre seulement 5 MW actuellement. Dans cette optique, quatre projets d’usines de fabrication d’électrolyseurs sont à l’étude en France.

La baisse des coûts passera aussi par les innovations technologiques. En la matière, la France peut s’appuyer sur son excellence scientifique. Le CEA fournit de nombreuses pépites pionnières dans l’hydrogène décarbonée et son centre grenoblois est à l’origine d’une nouvelle technologie disruptive d’électrolyse à haute performance. Celle-ci va être développée par la co-entreprise Genvia, basée à Béziers (34) et pilotée par Florence Lambert (Lire son interview ici). Début mars, le CNRS a, de son côté, lancé une fédération dédiée au premier élément du tableau périodique regroupant quelque 270 scientifiques.

Dans un rapport publié en janvier 2020, RTE, le gestionnaire du réseau de transport électrique estime que 30 Twh seront nécessaires pour couvrir les besoins de production d’hydrogène à l’horizon 2035, soit à peu près 6% de la production électrique nationale actuelle.

« C’est un volume qui n’est pas négligeable, reconnaît-on chez RTE. Mais dans le même temps les efforts d’efficacité énergétique, permettant de modérer largement l’augmentation des consommations d’électricité, vont s’intensifier tandis que la production de l’électricité bas carbone va augmenter avec le développement prévu des énergies renouvelables », explique-t-il.

« D’un point de vue de la couverture des besoins d’électricité, la production par électrolyse ne posera pas de difficulté », conclut-il. Mais RTE devrait clairement préciser que cette couverture pourra être d’autant mieux assurée avec le nucléaire.

Écolos allemands et français : pas le même vert !

Écolos allemands et français : pas le même vert !

Un papier du Monde met en évidence la grande différence entre des écolos allemands prêts à gouverner et des écolos français prêts surtout à contester

 

Edito du « Monde ». Une chancelière Verte à Berlin ? A cinq mois des élections législatives du 26 septembre, l’hypothèse n’est pas exclue. Certes sans expérience gouvernementale mais réputée pour sa pugnacité et sa connaissance précise des dossiers, Annalena Baerbock, que les écologistes ont désignée candidate en faisant montre d’une unité peu commune, lundi 19 avril, pourrait, à seulement 40 ans, succéder à Angela Merkel à la tête de l’Allemagne.

Deux facteurs pourraient conduire à un tel scénario. Le premier est lié aux difficultés des deux grands partis allemands, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), usés par de longues années d’exercice du pouvoir et portés par des candidats qui peinent à susciter l’enthousiasme. A l’issue d’un processus laborieux et fratricide, la CDU-CSU a désigné mardi Armin Laschet comme candidat à la succession de la chancelière.

Face à ces représentants du monde politique d’avant, les Verts allemands – et c’est le deuxième point – incarnent aujourd’hui le changement, sans pour autant représenter l’aventure. Présents au gouvernement dans onze des seize Länder, tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, ils ont fait la preuve de leur capacité à gouverner, comme l’a montré la récente réélection triomphale de Winfried Kretschmann pour un troisième mandat à la tête du Bade-Wurtemberg ; ils savent aussi pratiquer le compromis dans un pays où, mode de scrutin oblige, l’exercice du pouvoir suppose de bâtir des coalitions.

Contradictions surmontées

Le contraste avec les écologistes français est saisissant. A un an de la prochaine élection présidentielle, ces derniers n’ont toujours pas de réponse précise à trois questions pourtant essentielles. Celle du rapport aux institutions, d’abord, dans une Ve République qui, par sa verticalité, entre en contradiction avec leur sensibilité politique, allergique à la culture du chef. Celle du projet politique, ensuite, dans un mouvement divisé entre partisans d’une écologie pragmatique, conduits par le député européen Yannick Jadot, et adeptes d’une rupture avec le libéralisme, à l’instar du maire de Grenoble, Eric Piolle. Celle de la stratégie de conquête du pouvoir, enfin, alors que ni l’hypothèse d’une primaire du pôle écologiste ni celle d’une candidature commune avec les socialistes ne font l’unanimité.

 

Dans un pays comme l’Allemagne, où il n’est pas nécessaire d’avoir la majorité absolue pour accéder au pouvoir, il est vrai que la situation est plus facile pour un parti comme les Verts qui, avec un peu plus de 20 % des voix, leur niveau actuel dans les divers sondages, peut prétendre entrer au gouvernement, voire le diriger si les conservateurs, qui les devancent aujourd’hui de quelques points, continuent de baisser.

Si les Verts allemands ont également leurs contradictions, entre « Realos » (pragmatiques), dont fait partie leur candidate, Annalena Baerbock, et « Fundis » (radicaux), dont l’influence a reculé mais qui continuent de peser, ils ont toutefois réussi à les surmonter. En témoigne leur « programme fondamental », adopté en novembre 2020 et qui, en 84 pages, s’efforce sur les grands débats du moment – réchauffement climatique, politique d’investissements, défense européenne, OTAN, sécurité – de concilier ambition et crédibilité. Un équilibre fragile, certes, mais sur lequel les Verts allemands ont compris qu’ils devaient s’accorder pour partir unis à la conquête d’un pouvoir qu’ils assument pleinement de vouloir exercer.

Hydrogène « vert »: Des dizaines de projets en France

Hydrogène « vert ».:Des dizaines de projets en France

L’hydrogène est sans doute l’une des pistes les plus sérieuses en matière énergétique. L’hydrogène est utilisé depuis longtemps dans des travaux spécifiques mais aussi pour la traction de navires, de trains de bus et de cars expérimentaux.

Pour le développer, la France a mis au point un plan de développement de 7 milliards. Le problème c’est qu’évidemment on a affublé la production d’hydrogène du qualificatif vert comme pour l’électricité. Or l’hydrogène peut être produit par toute source d’énergie verte ou pas.

Un peu la même embrouille que pour l’électricité dite verte que pourrait acheter le consommateur lambda. Or il n’y a qu’un réseau celui d’EDF électricité dite verte ne constitue qu’une infime partie et elle est intégrée à l’électricité d’origine nucléaire. Ce sera évidemment la même chose pour l’hydrogène. En effet ce sont les surplus d’électricité y compris et surtout nucléaire qui  pourront favoriser la production d’hydrogène..

Alliance Total et Engie pour l’hydrogène vert

Alliance Total et Engie pour l’hydrogène vert

Jusqu’à maintenant pour la fabrication de l’hydrogène dit  gris on utilise souvent des carburants fossiles et dont la production est très émettrice de CO2. Le projet Masshylia d’Engie et Total, hébergé au sein de la raffinerie, consiste à produire de l’hydrogène à partir d’eau et d’électricité, avec un électrolyseur d’une puissance industrielle de 40 mégawatts. Il fournira dans un premier temps 5 tonnes d’hydrogène vert par jour. De quoi éviter l’émission de 15.000 tonnes de COpar an, calculent les promoteurs du projet.

L’électricité sera fournie par un parc photovoltaïque . Notons cependant qu’on peut aussi utiliser les excédents d’électricité de tous les types d’énergie renouvelable ou non.

Le mythe de l’éden vert africain

Le mythe de l’éden vert africain

 

Pas moins de 21 millions de personnes vivent dans les réserves de l’Unesco, rappelle dans le monde son sous-directeur, Ernesto Ottone Ramirez, faisant pièce au mythe de la perpétuation d’un « éden vert ».

 

Tribune. 

Dans son dernier ouvrage, L’Invention du colonialisme vert, l’historien Guillaume Blanc accuse plusieurs organisations internationales de perpétuer en Afrique une forme de néocolonialisme, en imposant la préservation d’une nature vierge et sauvage, vidée de ses populations pour le plaisir des touristes du Nord.

Il n’est pas dans les habitudes de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) de réagir à ce genre d’attaque. Celle-ci est néanmoins révélatrice d’un certain état du débat actuel sur la protection et la conservation de la nature et mérite qu’on s’y attarde.

Passons rapidement sur l’accusation fantaisiste faite aux organisations internationales de perpétuer le mythe d’un « éden vert ». Les communautés locales sont au cœur des pratiques de conservation modernes depuis plus d’un demi-siècle. Dès 1971, le programme de l’Unesco sur les biosphères s’est justement développé contre la tentation de « mettre la nature sous cloche » pour, au contraire, développer des activités économiques, agricoles et touristiques durables, en harmonie avec la nature.

Les sites de l’Unesco abritent plus de 250 millions d’habitants dans le monde. Uniquement en Afrique, 21 millions de personnes vivent dans près de 80 réserves de biosphères dans 29 pays.

La conscience d’une relation indivisible entre la diversité culturelle et la diversité biologique est un principe que l’Unesco a réussi à inscrire dans le droit international. Présenter le travail de l’Unesco comme visant à vider la nature de ses habitants a ainsi suscité l’étonnement et la consternation de la communauté scientifique concernée.

Résurgence significative

Cette accusation d’un prétendu « colonialisme vert » n’est d’ailleurs pas nouvelle, c’est plutôt sa résurgence qui est significative. Le livre Myth of Wild Africa présentait des points de vue similaires il y a vingt-cinq ans. Quiconque travaille dans ce domaine connaît parfaitement les erreurs, les violences et parfois les crimes qui ont accompagné la création de certaines des zones protégées au cours de l’histoire.

Quelques minutes dans un colloque de spécialistes de l’environnement suffisent d’ailleurs pour y apprécier la vigueur des débats et des interrogations des experts sur leurs propres pratiques. Faire l’impasse sur les évolutions et les réflexions de la communauté scientifique, c’est avoir un demi-siècle de retard. Aucun pays ne crée aujourd’hui de réserve naturelle sans impliquer sa population. Le processus de nomination établi par la Convention du patrimoine mondial de 1972 l’exige d’ailleurs explicitement.

Au-delà de fausses nouvelles et des approximations qui sont le lot quotidien du traitement de l’action de l’ONU, ces accusations sont préoccupantes pour l’état du débat public. D’abord, elles insinuent que les Africains ne sauraient pas ce qu’ils font, ce qui est une insulte. Pensons aux gardes forestiers qui se font régulièrement attaquer et parfois tuer par des braconniers, comme tout récemment dans le parc des Virunga, en République démocratique du Congo (RDC).

C’est aussi passer sous silence les programmes de développement les plus novateurs, comme par exemple celui du site iSimangaliso, en Afrique du Sud. Créé à l’origine comme une réserve par le gouvernement de l’apartheid par l’expulsion brutale des populations qui y vivaient, le site a été rendu aux communautés qui en assurent la conservation, au titre de patrimoine mondial de l’Unesco.

Ensuite, et surtout, ces attaques s’évertuent à discréditer la coopération internationale – tantôt pour son ingérence, tantôt pour ses lenteurs, sans pour autant être force de quelconque proposition pour les communautés et leur environnement.

La coopération internationale n’est pas monobloc : elle est faite de la rencontre de centaines d’acteurs qui travaillent, coopèrent, s’opposent et se corrigent en permanence. Prendre le millier de sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, sur les cinq continents et partout en Afrique, pour y dénoncer la mainmise d’un grand dessein colonial d’expulsion des populations n’est pas sérieux.

L’Unesco n’est pas une organisation européenne, mais une organisation internationale et, de ce fait, une organisation également africaine. L’ADN de l’Unesco se définit par la prise en compte des particularismes locaux, des cultures et des traditions.

La nature qui se défend

L’analyse de cette diversité des contextes est la base de toute démarche rigoureuse. C’est aussi l’essence de la coopération entre différents acteurs en réponse à des situations chaque fois uniques. Sur le site de Simien par exemple, en Ethiopie, qui fut l’un des premiers inscrits sur la liste du patrimoine mondial, et où le surpâturage était l’une des menaces pour l’intégrité du site et ses dernières populations endémiques de bouquetins d’Abyssinie.

Loin d’« expulser » les populations, ce sont les frontières du parc qui ont été redessinées, pour en exclure les villages les plus peuplés, tandis que les populations des villages situés au cœur du parc, comme le village de Gich, qui avaient déjà commencé à quitter le site pour s’installer en ville, du fait de la crise agricole, ont été accompagnées – au prix d’infinis débats entre conservateurs, autorités locales et sponsors des programmes (comme il arrive en Europe, et pas seulement en Afrique, dans des cas de constructions de routes ou de barrages).

Ailleurs, comme dans le Parc national du banc d’Arguin, en Mauritanie, les populations locales et notamment les Imraguen jouent un rôle essentiel dans la gestion durable des bancs de poissons et la protection des oiseaux migrateurs. Sans évoquer les centaines de programmes de soutien à l’agriculture et aux activités des populations des réserves de biosphère du mont Elgon au Kenya jusqu’aux rives fragiles du lac Tchad. Sur le site de Sahamalaza aux îles Radama (Madagascar), le programme de restauration des habitats dégradés a permis aux pépiniéristes d’améliorer leurs revenus jusqu’à 1 500 dollars par an, dans un pays où le salaire moyen annuel est de 400 dollars et où 90 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

Loin de chercher le retour à « l’éden vert », des centaines de programmes témoignent de ces tentatives d’inventer une relation durable entre les humains et leur environnement. Masquer cette réalité sous des raccourcis trompeurs, c’est à la fois tromper le public sur le passé et saper les fondements d’une action possible dans le présent.

 

La protection de la biodiversité est une urgence absolue et les êtres humains en font partie intégrante. Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. Cette mission représente le plus haut niveau d’engagement scientifique, éthique et politique que l’humanité ait eu à consentir. Aucun pays n’y parviendra seul. La coopération internationale est la seule voie possible. Les centaines de rapports d’experts et de programmes sur le terrain le démontrent depuis des années. Les curieux y trouveront des solutions très concrètes, très locales, héritées de la sagesse de peuples pour habiter le monde de façon durable, et tenter d’y vivre en paix – et non pas seulement d’y survivre.

EDF: un méga emprunt « vert »… qui le plombe en Bourse

EDF:  un méga emprunt « vert »… qui le plombe en Bourse

 

Compte tenu de la situation financière d’EDF il n’est pas étonnant que le lancement de sa très grosse émission d’obligations convertibles en actions ait   pesa sur le cours de l’entreprise. En outre, il s’agissait d’un emprunt d’un montant assez considérable de 2,5 milliards.

Visiblement le caractère vert de l’emprunt n’a pas convaincu les observateurs de la solidité financière de l’entreprise. «  le cours de son action accusait en effet la plus forte baisse du SBF 120, pénalisé (-7,81% à 8,15 euros) par l’effet potentiellement dilutif de cette première émission d’obligations convertibles du groupe.

En outre, la chute de la production d’électricité nucléaire en août 2020, qui s’établit à 22,9 TWh, en baisse de 4,8 TWh par rapport à celle d’août 2019, en lien principalement avec les impacts de la crise du coronavirus, a également contribué à faire reculer le titre, selon des analystes.

Le côté vert de l’emprunt peut aussi faire douter compte tenu du flou de l’affectation.

« Il est trop tôt pour dire à quels projets précis ces fonds seront alloués », a indiqué EDF, interrogé par l’AFP. Mais cette émission obligataire permettra à l’électricien d’atteindre son objectif, fixé en 2015, de doubler sa capacité nette installée de production d’énergies renouvelables pour la porter à 50 gigawatts en 2030.

 

Pacte vert européen : insuffisant

Pacte vert européen : insuffisant

L’énergéticien Craig Windram propose, dans une tribune au « Monde », plusieurs améliorations au « pacte vert » de la Commission européenne pour soutenir les énergies renouvelables. (Tribune dans le Monde)

Tribune. Le « pacte vert » (« green new deal ») que l’Union européenne (UE) a proposé pour relancer nos économies après la crise du Covid-19 porte sur la rénovation des bâtiments, la refondation des secteurs énergétique et agricole, la poursuite du déploiement des énergies renouvelables, le lancement d’une future économie de l’hydrogène et le financement de la reconversion de la main-d’œuvre des secteurs affectés par la transition énergétique. C’est un projet audacieux, innovant et bienvenu. Néanmoins, la proposition pourrait être considérablement améliorée.

Le « pacte vert » prévoit d’administrer un traitement bref et brutal, afin de relancer l’activité économique dans le sens des différents objectifs environnementaux. Le projet propose, d’une part, d’offrir un soutien financier aux nouveaux projets d’énergie renouvelable qui sont proches de la clôture financière mais pourraient rencontrer des difficultés, d’autre part de soutenir un à un les appels d’offres nationaux des Etats membres pour les nouveaux projets renouvelables dans les deux années qui viennent.

Cette suggestion a deux points faibles.

Tout d’abord, nous ne sommes plus dans les années 2000. Aujourd’hui, les projets d’énergie renouvelable représentent l’option la plus compétitive dans la plupart des cas. S’il s’agit d’un projet de qualité, soutenu par des acteurs de qualité, il n’y a pas d’obstacle majeur à son financement. Investisseurs et financiers recherchent la qualité et les marchés ne manquent pas. Financer des projets prêts à construire risque d’apporter un soutien à des projets de moindre qualité, et ne constitue donc pas une utilisation optimale des fonds.

Il faut également regarder au-delà du délai de deux ans pour soutenir plus largement les énergies renouvelables. Personne – ni l’UE ni les entreprises du secteur – ne souhaite voir se créer un cycle où la fête serait suivie de la famine que risquent de créer des mesures de soutien à court terme.

Si l’on veut voir l’impact négatif d’une telle approche, comparons l’Espagne, où nous avons vu se succéder les cycles d’expansion et de récession créés par les politiques gouvernementales, avec l’Allemagne, où les énergies renouvelables ont été soutenues pour accompagner une croissance régulière et à long terme.

Nous avons bien sûr besoin d’initiatives immédiates au cours des deux prochaines années, mais aussi d’une réduction progressive et réfléchie des aides gouvernementales sur cinq ans afin d’éviter de créer une bulle, et d’un mécanisme de rétroaction permettant à la Commission d’ajuster la nature de son soutien afin qu’il ne soit pas exploité par des acteurs de mauvaise qualité.

Ecolos: le retour des querelles internes entre vert et rouge

Ecolos: le retour des querelles internes entre vert  et rouge

 

Le match pour les présidentielles de 2022 semble engagé chez les écolos entre Éric Piolle maire de Grenoble et le député européen Yannick Jadot. Un match entre deux conceptions de l’écologie. Celle de Jadot qui s’accommode du capitalisme, une sorte de vert peine rosé et celle de Piolle  plutôt vert rouge. Une guerre aussi comme dans tous les autres partis entre personnalités avec un Yannick Jadot qui sacrifie au marketing politique y compris en exhibant sa famille dans les médias. À l’inverse  Éric Piolle davantage écolo puriste et radical. Preuve que tout  n’est pas rose même teinté de vert chez  les écolos. Yannick Jadot propose de s’affranchir d’une primaire et souhaite un vote des écolos sur sa seule candidature. Évidemment pas la position des écolos traditionalistes en matière de démocratie.

«L’enjeu du moment, c’est le projet. Le choix du ou de la candidate viendra plus tard», ne cesse de tempérer Julien Bayou, le secrétaire national du parti. Pas de quoi arrêter les discussions de couloir aux journées d’été des Verts à Pantin. D’autant que Yannick Jadot a jeté un pavé dans la mare en proposant jeudi dans un entretien à Libération d’accélérer le calendrier de désignation du candidat, tout cela pour éviter une primaire.

 

Hydrogène vert : un secteur stratégique

Hydrogène vert : un secteur stratégique

Le secteur de l’hydrogène vert ( bas carbone) devient de plus en plus stratégique d’après Caroline Dornstetter*, senior manager à Yélé Consulting, société de conseil spécialisée dans le secteur de l’énergie.

 

 « Jamais en Europe nous n’avions vu un tel niveau d’intérêt concernant l’hydrogène que ce que nous observons aujourd’hui. La raison est double : nous avons besoin de l’hydrogène pour parvenir à la neutralité climatique et nous devons saisir cette opportunité d’investir dans les technologies énergétiques propres ». C’est ainsi que la commissaire européenne à l’énergie Kadri Simson a débuté son discours au Global Hydrogen Forum en juin dernier. L’hydrogène « bas carbone » ou « propre » est considéré comme l’un des vecteurs énergétiques d’avenir pour décarboner notre économie. En effet, l’hydrogène bas carbone peut être utilisé en tant qu’intrant dans des process industriels, carburant pour la mobilité, solution d’autonomie énergétique ou solution de stockage pour aider à l’intégration massive des énergies renouvelables électriques au réseau. L’hydrogène bas carbone peut également venir alimenter les réseaux de gaz existants en substitution du gaz fossile (jusqu’à 10% d’ici 2030 selon les estimations des principaux acteurs gaziers français [1]).

Alors que la Commission européenne vient de définir les grands axes de sa stratégie hydrogène, où elle identifie ce vecteur énergétique comme l’un des piliers du Green Deal, plusieurs pays européens ont déjà annoncé de grands plans d’investissement et le lancement de projets d’expérimentation à grande échelle. L’Allemagne a par exemple annoncé un investissement de 9 milliards d’euros pour le développement de l’hydrogène dont il compte devenir « le numéro 1 mondial ».

Afin de certifier l’origine de l’hydrogène produit en Europe, un consortium de plusieurs dizaines d’acteurs a mis en place la plateforme CertifHy. L’objectif est de développer un mécanisme de garanties d’origine pour l’hydrogène bas carbone en Europe, ainsi que les règles de ce nouveau marché.

LREM: dans le vert ou dans le mur

LREM: dans le vert ou dans le mur

 C’est toute la contradiction de la république en marche y a voulu faire seul dans l’écologie avec cette convention iconoclaste, sorte d’auberge espagnole est d’évidence moins contradictoire et ce résultat catastrophique aux élections municipales. La république en marche pas localement trop parenthèse exceptée voire Édouard Philippe a conservé son poste) ailleurs c’est la grande débâcle. Macon est écartelé il ne peut évidemment faire l’impasse sur l’impact politique de la vague et il fait semblant de soutenir les propositions de la Convention citoyenne sur le climat. Le problème c’est que ce sont justement les écolos politisés qui ont accentué la défaite de la république en marche. La question de la stratégie repose pour le parti de Macon demeurait à son état actuel du départ. Faire dans le vert même pâle ou aller carrément dans le mur ? «Il faut reconnaître la débâcle, plaide Christophe Itier, macroniste historique et haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire. C’est désormais l’heure de vérité pour le macronisme, qui doit définir ce qu’il veut incarner.» «Nous devons réfléchir à ce qu’on est, à ce qu’on porte pour 2022», abonde un ministre proche d’Emmanuel Macron. Les cadres de La République en marche ont beau tenter de minimiser la percée verte de dimanche – dans les 273 villes de plus de 30.000 habitants, seuls neuf écologistes ont été élus maires, répètent-ils – ces victoires sont autant d’avertissements en vue de l’élection présidentielle de 2022.

Macron va repeindre sa politique en vert pâle

Macron va repeindre sa politique en vert pâle

 

 

La proposition de Macron de débloquer 15 milliards sur deux ans pour  faciliter la conversion écologique n’a guère de sens. C’est à la fois trop peu et pas assez  en même temps. Le coût d’une reconversion du système de production et de consommation ne peut d’abord être réglé en deux ans. Cette problématique doit s’inscrire dans le temps. Il faudra des centaines de milliards pur  reconvertir progressivement certaines productions notamment de l’agriculture ou de l’industrie manufacturière. Il faudra sans doute autant de temps qui évolue tout aussi progressivement les modes de consommation et les comportements. Annoncer seulement 15 milliards sur deux ans, c’est-à-dire 7,5 milliards par an pour une telle mutation relève de la mascarade. Cela va se terminer par quelques millions par-ci par là. Rien que pour l’agriculture ou le transport faudrait plusieurs centaines de milliards. Toute façon des évaluations tout à fait approximative tant que n’aura pas été entamé une analyse fine et détaillée des transitions possibles par secteur et par zone géographique notamment, avec quelles modalités et dans quels temps.. Le chef de l’Etat, qui a reçu les membres de la Convention citoyenne sur le climat, a cependant annoncé le déblocage de 15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans pour la conversion écologique de l’économie française.

Un projet de loi reprenant la quasi-intégralité des 149 propositions de la Convention sera présenté d’ici la fin de l’été, a aussi annoncé le président, sans faire référence au scrutin de dimanche.

Lors d’une conférence de presse en fin de journée en Allemagne au côté de la chancelière Angela Merkel, Emmanuel Macron a dit ne pas vouloir tirer de conclusions “excessives de scrutins qui sont d’abord des scrutins locaux”.

Du côté des écologistes, on reste sceptique sur un éventuel virage présidentiel “vert”.

“Pour que les préconisations de la Convention soient mises en œuvre, il faut des maires écologistes”, a dit à Reuters Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). “Si ça avançait avec Emmanuel Macron, j’applaudirais. Mais je n’ai pas vraiment l’occasion de m’abîmer les mains à trop l’applaudir.”

Plus tôt dans la journée sur Europe 1, le député européen EELV Yannick Jadot avait mis en garde contre tout “opportunisme écologique”. “Le sujet pour le président, c’est pas d’enrayer la montée des écologistes, c’est d’enrayer la montée des températures, du niveau de la mer, des inégalités, de la défiance dans notre pays”, a-t-il dit.

La contradiction la plus importante c’est sans doute de que l ’entourage d’Emmanuel Macron place quant à lui la période à venir sous le signe de la “continuité”, ce qui semble laisser peu de place à l’hypothèse d’un remaniement d’ampleur et d’une réelle prise en compte de la problématique environnementale.

Filière automobile: des voitures repeintes en vert en France

Filière automobile: des voitures repeintes en vert en France

Un vaste plan de réorientation de l’automobile va être annoncé par Macron lui-même. Il devrait tenter de concilier des objectifs assez contradictoires à savoir relancer la production classique de véhicules, tenir compte des objectifs environnementaux et relocaliser la production. Le problème c’est qu’évidemment on ne change pas une stratégie du jour au lendemain une grande partie des véhicules commercialisés en France est fabriquée à l’étranger. Ainsi en 1990 on produisait en France 4 millions de véhicules, en 2019 on en produisait à peu près la moitié c’est-à-dire de l’ordre de 2 millions.( et alors que les ventes ont considérablement progressé).

Et encore il faut tenir compte des modalités d’assemblage de pièces qui viennent parfois du monde entier et qui compliquent l’identification de l’identité nationale des véhicules. Ainsi certain certaines grandes marques ce concentre surtout sur le montage de pièces venues d’ailleurs ou même en simple distributeur de véhicules fabriqués à l’étranger. De toute manière il faut sauver le maximum d’emplois, en clair éviter que les licenciements ne dépassent 15 % en France;  il faudra soutenir la filière classique car la filière électrique est encore trop marginale et en dépit des bonus encore trop chère.  Finalement va surtout soutenir la filière classique avec des promesses environnementales pour le futur en essayant de sauvegarder le maximum de sites mais avec des dégraissages pour ne pas provoquer trop de remous sociaux et politiques.

 

Le gouvernement a fait semblant de hausser le ton durant la semaine vis-à-vis de Renault dont il est actionnaire à hauteur de 15%. Bruno Le Maire a soumis jeudi son feu vert pour un prêt de 5 milliards d’euros à des engagements, alors que le groupe Renault doit dévoiler le 29 mai les contours d’un plan d’économies de deux milliards d’euros. Édouard Philippe avait, lui, prévenu mercredi que le gouvernement serait « intransigeant » sur la « préservation » des sites de Renault en France, au moment où le constructeur envisagerait, selon le Canard enchaîné, d’arrêter quatre sites en France, dont celui de Flins (Yvelines) qui assemble la citadine électrique Zoe et la Nissan Micra.

Le marché automobile européen a été divisé par quatre en avril après une chute de moitié en mars, comparé à l’an dernier. Le secteur pèse en France 400.000 emplois industriels directs et 900.000 avec les services. Durement affectée par la pandémie, la société américaine de location de voitures plus que centenaire s’est placée vendredi sous la protection de la loi américaine.

«Vers un Pacte vert européen» ?

«Vers un Pacte vert européen» ?

 

 

Christian de Boissieu, Michel Derdevet, Jacques Percebois 

militent pour un pacte vert européen ( chronique dans l’Opinion)

« 

« Le « new deal » de Roosevelt qui a permis de sortir de la crise de 1929 et la politique de reconstruction adoptée en France à la Libération ont un point commun : l’investissement massif dans des infrastructures, notamment énergétiques. D’où la Tennessee Valley Authority pour la production d’électricité aux Etats-Unis et le plan d’équipement dans de grands barrages et dans le développement du réseau en haute tension en France.

Après l’imparable et profonde récession de 2020, on peut espérer un rebond de la consommation et de l’investissement privés, même si le rattrapage ne sera que partiel. Cela ne suffira pas, car beaucoup de ménages et d’entreprises vont se trouver en situation de précarité et de difficultés financières. Quant aux Etats, ils seront mobilisés par le sauvetage immédiat de pans entiers de leur secteur industriel.

Parallèlement, la transition énergétique engagée dans le cadre du Pacte vert (« Green Deal ») de la Commission européenne exigera à l’évidence un financement dédié, et des réseaux modernisés et digitalisés. Rien qu’en France, le chiffrage des opérateurs de réseaux électriques, avant la crise, était de 100 milliards d’euros d’ici 2035. On voit donc qu’an plan européen, les besoins seront massifs.

Investir dans le renforcement des réseaux européens de transport et de distribution d’électricité, dans les interconnexions électriques européennes, mais aussi dans la transformation des infrastructures de distribution en « smart grids », permettrait d’améliorer le service public de l’énergie en France et de relancer la solidarité énergétique européenne, en augmentant les échanges aux frontières. Cela irait dans le sens du « Green Deal ». Car ces réseaux participent de la collecte des énergies renouvelables, diffuses et territorialisées, qui constitueront à l’horizon 2050 une part essentielle de l’Europe décarbonée en perspective, comme souligné dans le récent rapport Les réseaux électriques, vecteurs du nouveau modèle européen décarboné, publié par Synopia.

Mobilité verte. On pourrait y associer un plan massif de développement des recharges électriques afin de relancer la mobilité verte, ce qui indirectement pourrait aider le secteur automobile et favoriser la mobilité durable au sein de l’Union.

Une partie de l’épargne restera liquide, compte tenu des incertitudes, mais le reste pourrait être mobilisé par l’intermédiaire de l’émission de «networks bonds»

Bien sûr, d’autres secteurs seront également demandeurs comme ceux de la santé et des réseaux numériques, qui ont montré à quel point ils étaient incontournables. Mais il faut raisonner en termes de complémentarité et non de substituabilité des efforts.

Les réseaux énergétiques sont au cœur de la solidarité territoriale, et ce sont des investissements qui génèrent des emplois à court terme et des recettes sur longue période, puisqu’ils profitent aussi bien aux générations futures qu’à la génération présente. De plus ce sont des actifs et des activités non délocalisables, ce qui est essentiel pour que la relance européenne profite aux Européens. Leur rémunération est stable sur longue période, entre 5 et 6 % en moyenne, puisqu’elle est régulée, ce qui n’est pas le cas des investissements dans la production beaucoup plus sensibles aux aléas du marché. On peut le faire aussi dans l’efficacité énergétique des bâtiments, mais un investissement public massif est ici, sans doute, plus efficace.

Si l’on veut éviter un financement monétaire des investissements dans les infrastructures, qui serait incohérent avec leur nature même, il faut pouvoir drainer l’épargne de précaution, considérable, qui s’est accumulée ces derniers mois. Une partie de cette épargne restera liquide, compte tenu des incertitudes, mais le reste pourrait être mobilisé par l’intermédiaire de l’émission de « networks bonds », un système d’ailleurs souhaité par plusieurs pays européens, malgré les réticences allemandes ou hollandaises.

Pour le citoyen français, ce serait un placement garanti, surtout si ces « obligations réseaux » sont mutualisées sur plusieurs Etats européens. On pourrait également envisager la création d’un livret d’épargne européen affecté au financement des infrastructures, pour ceux qui préféreraient une épargne plus facilement mobilisable que les obligations.

Quel que soit le véhicule choisi, une chose est certaine : connecter la relance économique et la transition écologique est une ardente obligation. Cela passe par beaucoup d’imagination… et un peu d’audace et de courage ! »

Christian de Boissieu, Vice-Président du Cercle des Economistes, Michel Derdevet, Vice-Président de la Maison de l’Europe de Paris, Jacques Percebois, Professeur émérite à l’Université de Montpellier.

« 

Un déconfinement en vert, orange, rouge très , technocratique.

Un  déconfinement en vert,  orange, rouge très , technocratique.

 

Une nouvelle fois on  confond la géographie économique, sociale, culturelle et politique. Le découpage du pays en départements en vert, orange ou rouge  selon l’intensité de la pandémie n’a aucun sens. Certes certaines régions ont été plus infectées  que d’autres mais il s’agit surtout des zones concentrées du nord-est.

Même à l’intérieur de ces régions et des départements concernés il y a de fortes disparités. Dans les autres régions globalement moins touchées, les disparités sont aussi très importantes à l’intérieur de chaque département. Évidemment dans les métropoles et les grandes villes, le taux d’infectés et de malades est assez important par rapport à la moyenne.

À l’inverse dès qu’on  éloigne vers les zones rurales l’épidémie devient heureusement assez marginale en raison de la distanciation géographique quasi mécanique entre les habitants. Ce zonage en couleurs  vise surtout à conforter le pouvoir des préfets au détriment des responsabilités des vraies autorités locales que sont notamment les maires. Enfin il y a longtemps que les départements ne se justifient que pour des raisons administratives : les préfectures en particulier.

Il y a aussi  longtemps que la vie économique et sociétale s’organise autour de pôles d’activité autour de zones trans-départementales. Le maintien des départements et surtout l’occasion de fournir un nombre d’élus considérables aux partis politiques et d’assurer ainsi la pérennisation de l’oligarchie française.

 

Un déconfinement technocratique en vert et rouge

Un   déconfinement technocratique en vert et rouge

 

Une nouvelle fois on  confond la géographie économique, sociale, naturelle et politique. Le découpage du pays en départements en vert ou rouge  selon l’intensité de la pandémie n’a aucun sens. Certes certaines régions ont été plus infectées c’est que d’autres mais il s’agit surtout des zones concentrées du sud-est, de l’Est et de la région parisienne. Même à l’intérieur de ces régions et des départements concernés il y a de fortes disparités. Dans les autres régions globalement moins touchées, les disparités sont très importants à l’intérieur de chaque département. Évidemment dans les métropoles et les grandes villes, le taux d’infectés et de malades est assez important par rapport à la moyenne. À l’inverse dès qu’on  éloigne vers les zones rurales l’épidémie devient heureusement assez marginale en raison de la distanciation géographique quasi mécanique entre les habitants. Ce zonage en couleurs  vite surtout à conforter le pouvoir des préfets au détriment des responsabilités des vraies autorités locales que sont notamment les maires.

Même si des questions se posent autour de cette méthode, Édouard Philippe a livré ce mardi des précisions. Élaborés par la Direction générale de la santé et Santé publique France, trois critères vont permettre cette classification qui sera arrêtée le 7 mai prochain. Ainsi le bulletin de santé d’un département sera mauvais donc rouge si, sur son territoire, «la circulation du virus reste active», si encore «les capacités hospitalières en réanimation restent tendues» et si également «le système local de tests et de détection des cas contacts» n’est pas suffisamment prêt. Les départements du Grand Est et ceux de l’Île-de-France, touchés de plein fouet par l’épidémie, rejoignent aujourd’hui de toute évidence cette catégorie rouge, tandis que ceux du Sud-ouest, épargnés par la crise sanitaire, sont rassemblés dans l’autre.

C’est à compter de ce jeudi que ces «bulletins de santé» vont être rendus public. Le directeur général de la santé va, en effet, présenter tous les soirs la carte avec ces résultats, département par département a indiqué Édouard Philippe devant les députés. Puis, le 7 mai prochain, le verdict tombera: ces territoires sauront quelle couleur revêtir et définiront les mesures à prendre en fonction de leur situation. Et «si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai» ou alors «plus strictement», a aussi prévenu le chef du gouvernement, qui prévoit ensuite d’analyser la situation fin mai. Le 2 juin et en fonction de l’évolution du virus, d’autres mesures pourront être annoncées.

  «Le port du masque sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance, puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées», a-t-il précisé. De leur côté, toutes les classes des écoles maternelles et primaires rouvriront également, partout sur le territoire, dans la limite de «15 élèves par classe», à partir du 11 mai. Les écoliers n’auront pas à porter de masque, lequel est même «prohibé» chez les moins de 6 ans. Les directeurs d’école auront néanmoins accès à des stocks de masques chirurgicaux de taille enfant, à utiliser si un écolier présentait soudain des symptômes faisant craindre le Covid-19.

Quant au personnel scolaire, il recevra des masques, tant dans les écoles que dans les collèges. C’était une des grandes demandes des enseignants. Les collégiens de sixième et de cinquième reprendront à partir du 18 mai, mais uniquement dans les régions «vertes». En Île-de-France et dans le Grand Est, par exemple, les collégiens devraient rester chez eux. Les autres classes des collèges et des lycées pourraient rouvrir à partir de juin, «Avec une priorité pour les lycées professionnels», a souligné Édouard Philippe. Mais il n’est pas exclu qu’elles «restent fermées jusqu’au mois de septembre», a expliqué le ministre de l’Éducation nationale mardi soir.

Les familles pourront choisir de garder leurs enfants à la maison si elles le souhaitent, le premier ministre a précisé que ce retour à l’école était «sur la base du volontariat». Les professeurs, eux, devront revenir «sauf si ce sont des personnes à risques ou si quelqu’un l’est dans leur entourage, précise-t-on au ministère de l’Éducation. Tous les autres continueront à les accompagner à distance».

Le plan présenté diffère des pistes évoquées par Jean-Michel Blanquer la semaine dernière. Ce dernier entendait donner la priorité à certaines classes et rouvrir les lycées plus vite. Les dernières données épidémiologiques, tendant à démontrer que les enfants de moins de 10 ans sont faiblement malades et peu contagieux, ont joué pour une réouverture totale et plus précoce des écoles. «On peut aussi considérer que les apprentissages fondamentaux se jouent dans les petites classes», analyse Hubert Salaün, de la Peep, fédération de parents d’élèves du public. Le responsable du principal syndicat de chefs d’établissement, Philippe Vincent, du SNPDEN-Unsa, estime avoir été «plutôt entendu», puisque collèges et lycées ne rouvriront pas ou peu…

Quant aux syndicats d’enseignants du primaire, c’est une autre tonalité. Le plus important, le SNUipp-FSU, déclare «ne pas être prêt». Stéphane Crochet, du SE-Unsa, considère que «la reprise présentée par le premier ministre est inacceptable et impossible». Reste une inconnue: dans quelle mesure les maires accepteront-ils de faire travailler leur personnel périscolaire et de nettoyage, indispensable pour rouvrir les écoles?

Un déconfinement technocratique en vert et rouge

Un   déconfinement technocratique en vert et rouge

 

Une nouvelle fois on  confond la géographie économique, sociale, naturelle et politique. Le découpage du pays en départements en vert ou rouge  selon l’intensité de la pandémie n’a aucun sens. Certes certaines régions ont été plus infectées c’est que d’autres mais il s’agit surtout des zones concentrées du sud-est, de l’Est et de la région parisienne. Même à l’intérieur de ces régions et des départements concernés il y a de fortes disparités. Dans les autres régions globalement moins touchées, les disparités sont très importants à l’intérieur de chaque département. Évidemment dans les métropoles et les grandes villes, le taux d’infectés et de malades est assez important par rapport à la moyenne. À l’inverse dès qu’on  éloigne vers les zones rurales l’épidémie devient heureusement assez marginale en raison de la distanciation géographique quasi mécanique entre les habitants. Ce zonage en couleurs  vite surtout à conforter le pouvoir des préfets au détriment des responsabilités des vraies autorités locales que sont notamment les maires.

Même si des questions se posent autour de cette méthode, Édouard Philippe a livré ce mardi des précisions. Élaborés par la Direction générale de la santé et Santé publique France, trois critères vont permettre cette classification qui sera arrêtée le 7 mai prochain. Ainsi le bulletin de santé d’un département sera mauvais donc rouge si, sur son territoire, «la circulation du virus reste active», si encore «les capacités hospitalières en réanimation restent tendues» et si également «le système local de tests et de détection des cas contacts» n’est pas suffisamment prêt. Les départements du Grand Est et ceux de l’Île-de-France, touchés de plein fouet par l’épidémie, rejoignent aujourd’hui de toute évidence cette catégorie rouge, tandis que ceux du Sud-ouest, épargnés par la crise sanitaire, sont rassemblés dans l’autre.

C’est à compter de ce jeudi que ces «bulletins de santé» vont être rendus public. Le directeur général de la santé va, en effet, présenter tous les soirs la carte avec ces résultats, département par département a indiqué Édouard Philippe devant les députés. Puis, le 7 mai prochain, le verdict tombera: ces territoires sauront quelle couleur revêtir et définiront les mesures à prendre en fonction de leur situation. Et «si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai» ou alors «plus strictement», a aussi prévenu le chef du gouvernement, qui prévoit ensuite d’analyser la situation fin mai. Le 2 juin et en fonction de l’évolution du virus, d’autres mesures pourront être annoncées.

 

 

 «Le port du masque sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance, puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées», a-t-il précisé. De leur côté, toutes les classes des écoles maternelles et primaires rouvriront également, partout sur le territoire, dans la limite de «15 élèves par classe», à partir du 11 mai. Les écoliers n’auront pas à porter de masque, lequel est même «prohibé» chez les moins de 6 ans. Les directeurs d’école auront néanmoins accès à des stocks de masques chirurgicaux de taille enfant, à utiliser si un écolier présentait soudain des symptômes faisant craindre le Covid-19.

Quant au personnel scolaire, il recevra des masques, tant dans les écoles que dans les collèges. C’était une des grandes demandes des enseignants. Les collégiens de sixième et de cinquième reprendront à partir du 18 mai, mais uniquement dans les régions «vertes». En Île-de-France et dans le Grand Est, par exemple, les collégiens devraient rester chez eux. Les autres classes des collèges et des lycées pourraient rouvrir à partir de juin, «Avec une priorité pour les lycées professionnels», a souligné Édouard Philippe. Mais il n’est pas exclu qu’elles «restent fermées jusqu’au mois de septembre», a expliqué le ministre de l’Éducation nationale mardi soir.

Les familles pourront choisir de garder leurs enfants à la maison si elles le souhaitent, le premier ministre a précisé que ce retour à l’école était «sur la base du volontariat». Les professeurs, eux, devront revenir «sauf si ce sont des personnes à risques ou si quelqu’un l’est dans leur entourage, précise-t-on au ministère de l’Éducation. Tous les autres continueront à les accompagner à distance».

Le plan présenté diffère des pistes évoquées par Jean-Michel Blanquer la semaine dernière. Ce dernier entendait donner la priorité à certaines classes et rouvrir les lycées plus vite. Les dernières données épidémiologiques, tendant à démontrer que les enfants de moins de 10 ans sont faiblement malades et peu contagieux, ont joué pour une réouverture totale et plus précoce des écoles. «On peut aussi considérer que les apprentissages fondamentaux se jouent dans les petites classes», analyse Hubert Salaün, de la Peep, fédération de parents d’élèves du public. Le responsable du principal syndicat de chefs d’établissement, Philippe Vincent, du SNPDEN-Unsa, estime avoir été «plutôt entendu», puisque collèges et lycées ne rouvriront pas ou peu…

Quant aux syndicats d’enseignants du primaire, c’est une autre tonalité. Le plus important, le SNUipp-FSU, déclare «ne pas être prêt». Stéphane Crochet, du SE-Unsa, considère que «la reprise présentée par le premier ministre est inacceptable et impossible». Reste une inconnue: dans quelle mesure les maires accepteront-ils de faire travailler leur personnel périscolaire et de nettoyage, indispensable pour rouvrir les écoles?


Le pacte productif vert repoussé

Le pacte productif vert  repoussé

L e fameux pacte productif vert qui devait entre en application au début de l’année est repoussé à plus tard, vers le second semestre ou plus loin début 2021. Un pacte assez ambigu quant à ses objectifs puisque d’après Macron lui-même,  il s’agit d’alléger les charges mais on ne sait pas s’il s’agit des charges de l’État ou des collectivités et en outre de rendre le développement compatible avec les préoccupations environnementales. Deux préoccupations qui ne sont pas toujours liées et -ou cohérentes. Macron avait évoqué devant les ETI le handicap de compétitivité française évidemment partagée par les chefs d’entreprise. Aujourd’hui l’attente est forte pour les réduire. « Nous avons toujours un sujet sur la compétitivité coût, a consenti Emmanuel Macron, mais entre une baisse de la C3S, de la CVAE, des allègements de charges au-delà de 2,5 smic il faudra choisir ses batailles. » Par ailleurs, il se refuse à de nouvelles baisses d’impôts sans économies claires, « et c’est là-dessus qu’il faut encore travailler dans les mois prochains ».

Le sujet est d’autant plus épineux qu’en dehors de la C3S (La Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (C3S) est un impôt français institué par la loi de finances pour 1992, qui participe au financement de la sécurité sociale. ) qui alimente le budget de l’Etat, le gros morceau des taxes de production est la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée; CVAE : la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. … Elle fait partie, avec la cotisation foncière des entreprises (CFE), de la contribution économique territoriale (CET), qui succède à la taxe professionnelle.) qui alimente à 50 % les régions, à 23,5 % les départements et à 26,5 % les communes.  Le sujet est explosif pour les collectivités locales déjà inquiètes d’avoir perdu la main sur la taxe d’habitation, même si elle est compensée par l’Etat.

Au sein de l’Association des régions de France on accueille avec circonspection le projet de modulation de la CVAE qui est proposé. Le sujet ne fait pas consensus.  »Il y a un débat entre les régions puissantes et celles qui le sont moins », confie une source. Certaines régions imaginent toutefois des dispositifs, des modulations sur certaines zones de leurs territoires (ce qui peut poser des problèmes juridiques) ou des baisses ou des exonérations à l’installation ou lors de reprise d’entreprises.

Le gouvernement se montre plus ouvert à ce que le Pacte productif contienne des dispositifs de suramortissement si les investissements sont orientés sur la transition écologique. Car le Pacte doit s’inscrire dans un projet de verdissement de l’économie.

« De toute façon les mesures financières passeront dans la loi de Finances de la rentrée donc il n’y a pas d’urgence et c’est mieux que l’on prenne un peu de temps », se conforte Guillaume Kasbarian, député La République en marche, actif sur les sujets industriels.

Le deuxième point d’achoppement provient des industriels eux-mêmes et concerne la dimension écologique. Le gouvernement a en effet demandé aux filières les plus émettrices de gaz à effet de serre de travailler sur une trajectoire climat. Comme l’explique Thomas Courbe, directeur général des entreprises, « l’industrie contribue, avec 82 millions de Tonnes de CO2, à 18 % des émissions de la France et quatre filières en concentrent 81 % ». Les quatre filières les plus émettrices sont la chimie-matériaux-déchets, l’agro-alimentaire, les mines-métallurgie-sidérurgie, la construction. « Dans le pacte nous négocions des trajectoires carbone à 2025-2030 et nous discutons du soutien public aux différentes filières », poursuit Thomas Courbe. Problème : ce travail est compliqué. « Huit filières doivent remettre leur copie. Certaines sont plus avancées que d’autres. Mais on est pour la première fois sur une stratégie très documentée pour arriver à moins 30 % d’émissions et à la neutralité carbone,  c’était impossible de finaliser en janvier si on voulait des plans robustes », confie Philippe Darmayan, vice-président de France Industrie et d’Arcelor Mittal France.

Un des éléments de la stratégie du pacte productif sera tout de même engagé plus rapidement, c’est la simplification. « L’impôt caché sur le capital et le travail, c’est notre lenteur », a lancé le Président le 21 janvier. Lors du conseil des ministres du 5 février, un projet de loi simplification sera présenté. Ses deux premiers chapitres concernent la simplification au sein de l’administration et les deux autres la simplification pour les entreprises, en particulier les procédures d’accélération des implantations et la sécurisation des porteurs de projets. Le texte devrait arriver au parlement après les municipales. L’attente du Pacte productif global met la pression sur son contenu .

(source Usine Nouvelle)

Un fonds vert international de 10 milliards de dollars: qui va profiter à qui ?

Un fonds vert international de  10 milliards de dollars: qui va profiter à qui ?

 

 

 

Il faut évidemment se féliciter de la création d’un fonds vert international destiné à valoriser la transition écologique des pays en développement. La question est toutefois de savoir dans quelles conditions seront utilisés ces ressources. D’abord si certains pays en développement sont moins regardants sur les questions environnementales, c’est tout simplement que des pays développés ont en quelque sorte externaliser leurs nuisances en délocalisant leur production. Les pays en développement ne sont que partiellement responsables des conséquences néfastes sur l’environnement. Cela a permis également à de grandes firmes internationales d’accroître leur compétitivité en n’évitant de se soumettre à certaines normes contraignants de pays développés. Dans ce domaine, le pouvoir de décision appartient davantage aux grandes multinationales qu’au politique local par ailleurs fort logiquement satisfait des conséquences sur la croissance. Les pays en voie de développement pourraient par contre développer des politiques publiques qui visent à réduire les émissions comme par exemple dans le domaine du transport. Cela suppose notamment le développement considérable de transport collectif très coûteux en investissements mais aussi en fonctionnement et de ce point de vue l’enveloppe de 10 milliards n’est pas à la hauteur des enjeux.  nombre de villes de pays en voie de développement continueront d’être saturées et pollués par la circulation automobile surtout  quand ces véhicules sont anciens comme en Afrique. L’interrogation centrale est de savoir si ce fond  internationale de l’environnement sera géré ou non dans des conditions plus efficaces que tous les autres font destinés eux aussi  développement. Une partie de ce fonds pourrait bien finir dans les poches des dirigeants locaux et dans les sables des grandes institutions de développement. Vraisemblablement pour ménager les susceptibilités,  on va accorder des lignes de crédit au différents gouvernements concernés des pays en développement alors que les fonds devraient être affectés  directement à des projets concrets évalués et contrôlés. L’objectif était d’atteindre une enveloppe de 9 à 10 milliards de dollars pour le fonds vert, bras financier de l’accord de Paris sur le climat. «Si nous obtenons ce niveau, ce serait un grand succès», affirmait son directeur exécutif Yannick Glemarec, la veille d’une conférence clé visant à boucler le financement pour la période 2020-2023. Les deux jours de réunions, qui se tenaient exceptionnellement à Paris en présence de 25 délégations, signe de la forte implication de la France, se sont soldés par un engagement de 9,8 milliards de dollars pour le fonds.

Créé il y a dix ans pour soutenir les pays en développement et financé pour l’essentiel par les économies développées, ce fonds a la particularité d’être contrôlé à parts égales par les pays donateurs et les pays bénéficiaires. Ses bureaux sont basés en Corée du Sud. Huit pays, dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada ou encore la Norvège, avaient déjà annoncé un doublement de leur mise par rapport à la période 2014-2019. Me reste la question des conditions de gestion et d’évaluation des crédits de fonds. Si c’est pour construire une cathédrale administrative banque mondiale il y a lieu de s’interroger et maintenant sur son efficacité !

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