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Vers un brexit très mou ?

Vers  un brexit très  mou ?

Il y avait la montre molle de Salvador Dali, on pourrait connaître un nouveau concept : le brexit très mou. C’est-à-dire le brexit  qui s’enlise dans des négociations interminables pour finalement revenir pratiquement au point de départ avec un habillage juridique présentable. Il faut d’abord rappeler que la première ministre Theresa May n’était pas au départ favorable au brexit, elle n’y a adhéré que par opportunité politique. Elle s’est fait ensuite l’apôtre d’un brexit  dur menaçant même de quitter l’union européenne  sans aucune compensation financière. Première observation les Britanniques commencent à observer les conséquences néfastes de l’éloignement de l’union européenne et ce n’est évidemment qu’un tout début. Deuxième observation Theresa May n’a pas la majorité nécessaire pour imposer un bras-de-fer avec l’union économique. Parmi les conservateurs eux-mêmes nombre de responsables souhaiteraient des accommodements. Enfin il n’est pas sûr que Theresa May demeure la première ministre. Un nombre d’interrogations qui jouent plutôt en faveur de l’union économique. Ceci étant,  il n’est pas certain non plus que certains Européens soient partisans d’un divorce total avec le Royaume-Uni. Du coup on pourrait avoir intérêt à laisser du temps au temps, bien au-delà de 2 ans,  laissant ainsi  traîner en longueur des négociations très complexes. Pas étonnant si on a déjà perdu un an pour entamer des discussions  En invoquant fin mars l’article 50 du Traité de Lisbonne, Theresa May a déclenché un compte à rebours de deux ans devant mener au Brexit. Mais l’issue de ces discussions n’a jamais paru aussi incertaine. «La date d’aujourd’hui marque le début d’un périple pour le Royaume-Uni et l’Union européenne», a déclaré David Davis, à l’issue de la première séance officielle de tractations historiques. «Cela va être long, mais le départ est prometteur», a-t-il assuré. L’Union européenne et le Royaume-Uni ont annoncé lundi la création de trois groupes de travail distincts (droits des citoyens, obligations financières et autres sujets liés au Brexit) et ont chacun réaffiché leurs priorités. Les Britanniques voulaient discuter dès le départ de leur «relation future» avec l’UE, notamment sur le plan commercial, un «partenariat fort et spécial» selon David Davis. Mais ils ont finalement accepté le tempo des Européens. D’ici à octobre, les discussions porteront prioritairement sur les droits des trois millions de ressortissants européens vivant en Grande-Bretagne et des Britanniques établis sur le continent, sur les obligations financières contractées par le Royaume-Uni (la «facture du Brexit», évaluée jusqu’à 100 milliards d’euros) et sur d’autres sujets liés au divorce. La question de l’Irlande du Nord, seul membre du Royaume-Uni qui aura une frontière physique commune avec un pays de l’UE – la République d’Irlande -, fera l’objet d’un dialogue séparé, selon un document sur «les termes de référence» convenus par les deux parties et communiqué lundi soir.

Les Républicains : un glissement vers l’extrême droite (Darmanin)

Les  Républicains : un glissement vers l’extrême droite (Darmanin)

 

Darmanin(LR), accuse une partie de la droite de dériver « vers l’extrême droite » dans un entretien au Monde publié jeudi, en prenant Laurent Wauquiez pour cible prioritaire. Les déclarations du ministre des Comptes publics, qui a grandi en politique aux côtés de Xavier Bertrand, font écho à celles de l’ex-sarkozyste Frédéric Lefebvre, en partance de son parti d’origine tenu, selon lui, par un « un quarteron de généraux sectaires ». Depuis un mois, la nouvelle donne créée par l’élection d’Emmanuel Macron a ravivé les divisions à droite, les uns jugeant possible de travailler avec le chef de l’Etat, les autres estimant qu’il faut maintenir avec le pouvoir une séparation étanche. « Ceux qui ont choisi d’être ministres d’un chef de gouvernement de droite (Edouard Philippe-NDLR) sont vus comme des traîtres », regrette Gérald Darmanin dans le Monde. « Mais quand M. Wauquiez annonce un meeting avec Sens commun, quand Marion Maréchal-Le Pen dit qu’elle peut travailler avec lui, quand une partie de la droite dérive vers l’extrême droite, il n’y aurait aucun problème. Moi je reste fidèle à mes convictions », ajoute-t-il. « M. Wauquiez a manifestement des accointances avec des thèses qui ne sont pas celles du gaullisme et de la démocratie chrétienne », poursuit le ministre, qui avait soutenu – comme Laurent Wauquiez – Nicolas Sarkozy durant la primaire de la droite, l’an dernier. Ce réquisitoire donne un avant-goût de la lutte pour la reprise en main de LR qui se prépare. Les dirigeants du parti prêtent à Laurent Wauquiez, tenant de la ligne droitière, l’intention de prendre l’appareil pour servir de futures ambitions élyséennes. Mais le président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes pourrait ne pas être seul sur les rangs. L’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avance, dans L’Express de cette semaine, les noms de Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, qui dirigeant respectivement les régions Hauts-de-France et Île-de-France.

Compte pénibilité : vers une suspension ?

 

Compte pénibilité : vers une suspension ?

Selon le président de la CPME, le président aurait confirmé un moratoire sur le compte pénibilité. Il s’agirait non pas d’abandonner le projet, mais de renégocier ce texte. De bonne foi,  il est légitime d’apprécier la prise en compte de la pénibilité pour le reclassement des travailleurs concernés et pour leur retraite. Ceci étant les mesures d’application comme souvent en France s’inscrivent dans la logique bureaucratique. La question centrale est de savoir si on peut définir des critères aussi théoriques pour apprécier la pénibilité et si cela relève de la responsabilité des chefs d’entreprise. Reste que la mise en œuvre de ce compte de pénibilité ressemble à une cathédrale administrative. La question se pose aussi de savoir si c’est bien à d’entreprise de définir les points à attribuer en fonction des conditions de travail spécifiques. Peut-être cette tâche devrait-elle incomber à la médecine du travail à la fois pour une évaluation plus neutre mais aussi pour une approche individualisée de la pénibilité car tout critère moyen n’a guère de sens compte tenu de la diversité des contextes de travail.  Le patronat est donc entré en résistance contre le compte pénibilité « Nous ne savons pas appliquer la loi (…) Sur les six nouveaux critères, nous ne savons pas faire  Dans l’état actuel, les entreprises ne pourront pas appliquer le dispositif pénibilité.  La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, avait dénoncé la position du patronat, jugeant que « la démocratie ne s’arrête pas aux portes du Medef ». « Pierre Gattaz met en difficulté les entreprises et s’attaque aux droits des Français », a-t-elle écrit sur Twitter. Le Compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP), intégré au Compte personnel d’activité (CPA) créé par le projet de loi Travail en cours d’examen au Parlement, attribue des points aux salariés exposés à des conditions de travail pénibles ou à des risques professionnels. Ce compte, plafonné à 100 points sur l’ensemble de la carrière, ouvre droit à une formation professionnelle pour accéder à un emploi moins exposé, à un passage à temps partiel sans baisse de rémunération ou à une retraite anticipée. Dix facteurs de pénibilité ont été recensés dans le cadre de la dernière réforme des retraites. Les quatre premiers (travail de nuit, en équipes alternées, répétitif ou à cadence contrainte et en milieu hyperbare) sont pris en compte depuis janvier 2015. Les six autres (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, contact avec des agents chimiques dangereux, températures extrêmes et bruit) sont censés être désormais pris en compte.  Mais le compte pénibilité est dénoncé par le patronat comme étant « inapplicable ». « Pour mesurer la pénibilité il faut des choses simples. Or là on a inventé des usines à gaz invraisemblables qui ne tiennent pas compte de la réalité des entreprises », dénonçait par exemple à l’été 2016, le vice-président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, sur RMC.

Etats-Unis : Trump vers la destitution (Allan Lichtman)

Etats-Unis : Trump  vers la destitution  (Allan Lichtman)

 

Allan Lichtman prévoie que Trump ne finira pas son mandat dans une interview à France Info.  Allan Lichtman avait d’ailleurs prédit la victoire du candidat républicain face à Hillary Clinton, tout comme il a correctement pronostiqué l’élection de tous les futurs présidents américains depuis Ronald Reagan en 1984. Lui ne voit pas Donald Trump finir son mandat. C’est ce qu’il explique dans son livre The Case for Impeachment (éd. Harper Collins). Il répond aux questions de Franceinfo. 

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, comment a évolué votre prédiction de septembre dernier quant à son impeachment ?

Allan Lichtman : Tout ce qui s’est passé depuis, le renvoi de James Comey, directeur du FBI, le témoignage de Sally Yates, le fait qu’il ait partagé des informations hautement classifiées avec les Russes, tout cela renforce ma prédiction que Trump se dirige droit vers une procédure de destitution. Et si le mémo de Comey existe et dit ce qui a été rapporté, ce serait la preuve la plus forte contre Donald Trump. Il ne peut plus y avoir d’excuse pour ne pas entamer une procédure d’impeachment.

Pourquoi les actions de Donald Trump peuvent-elles justifier le déclenchement d’une procédure de destitution ?

 

Alexander Hamilton, l’un des principaux auteurs de la Constitution américaine, a écrit que la procédure pouvait se justifier par « des offenses découlant de fautes des hommes publics ou, en d’autres termes, de la violation de la confiance publique ». Il ne parle pas ici de comportements criminels spécifiques, mais il parle d’un abus du pouvoir présidentiel qui pose un danger à la société. Dire que Trump n’a pas violé la loi en révélant des informations hautement classifiées aux Russes est hors propos. Ce qu’une procédure de destitution, et notamment la phase d’investigation, doit déterminer, c’est s’il y a eu abus de pouvoir ou non. Elle doit déterminer si Trump a fait obstruction à la justice, si les potentiels conflits d’intérêts ou encore le partage d’informations classifiées ont compromis la présidence. S’il n’y a pas encore suffisamment de preuves pour effectivement le destituer de sa fonction, il y en a certainement assez pour au moins commencer une investigation. Elle doit être conduite par le comité judiciaire de la Chambre des représentants, un comité bipartisan et complètement indépendant du pouvoir exécutif.

 

Quels sont les précédents historiques ? 

Deux procédures de destitution ont été lancées [par la Chambre des représentants]. Il y a eu celle d’Andrew Johnson en 1868 et celle de Bill Clinton en 1998. Aucun des deux cependant n’a eu à quitter ses fonctions car moins de deux tiers des sénateurs se sont exprimés pour. Les gens ont tendance à voir l’impeachment comme un évènement apocalyptique, mais dans ces deux cas, la procédure de destitution a eu un effet très positif. Andrew Johnson en est ressorti affaibli et a donc modéré ses politiques qui bloquaient la reconstruction du pays. Bill Clinton en est ressorti plus fort. Quant à Richard Nixon, il a démissionné avant d’être condamné et destitué par le Congrès, en 1974.

Comment évaluez-vous les scandales auxquels fait face Trump par rapport à ceux de ses prédécesseurs qui ont connu une procédure de destitution ?

Les allégations contre Donald Trump sont bien plus graves que celles soulevées contre Richard Nixon, alors que le Watergate est considéré comme le pire scandale de l’histoire politique américaine. Mais cette fois, les accusations impliquent une puissance étrangère, et une puissance étrangère qui sape notre démocratie et menace notre sécurité nationale.

Qu’est-ce qui vous permet de penser que les républicains vont se décider à mener à terme cette procédure contre leur propre président ?

Il suffit que deux douzaines de républicains se joignent aux démocrates. Au Congrès, ce qui guide les politiques, c’est l’instinct de survie. Ce qu’ils ont en ligne de mire, ce sont les prochaines élections législatives en 2018. S’ils pensent que Donald Trump devient un handicap pour leur réélection, alors il se pourrait qu’il y en ait bien plus que deux douzaines qui fassent défection. Et si des preuves suffisamment fortes sont mises au jour, j’ose espérer que les républicains se joindront aux démocrates, comme ils l’ont fait dans le cas du Watergate. En ce qui concerne l’impeachment, il existe un précédent de coopération bipartisane.

Hollande : retour vers le néant

Hollande : retour vers le néant

 

 

On aura sans doute mal à dire ce qui a caractérisé de manière positive le quinquennat de François Hollande hormis peut-être ce slogan malheureux d’inversion de la courbe  du chômage. Déjà au départ une escroquerie statistique et finalement à l’arrivée un échec total. D’une certaine manière,  Hollande issu du néant y retourne. On oubliera vite ce président inconsistant incapable d’orienter et de trancher. Une sorte de capitaine de bateau ivre. L’énarque sans réelle conviction politique et animé seulement de la volonté de  pouvoir incarne le parti socialiste qui n’a jamais représenté les couches populaires et dont la direction est composée quasi exclusivement de petit-bourgeois essentiellement anciens fonctionnaires et/ou  diplômés hypothétiques instituts d’études politiques. Macro devra évidemment changer sur le fond comme sur la forme s’il ne veut pas connaître le destin de François Hollande.  S’il a donné des indices sur ses premiers gestes – coup de téléphone à la chancelière allemande Angela Merkel, visite aux soldats en opération extérieure -, Emmanuel Macron a d’ores et déjà prédit une rupture avec l’ère du « président normal ». L’ancien conseiller de François Hollande, qui occupait un bureau sous les toits du palais, veut être un chef d’Etat « jupitérien » – qui dirige sans s’occuper de tout, éloigné du temps médiatique. Dans une France que la crise morale et économique a mise à fleur de peau, un ami de François Hollande alerte le prochain locataire de l’Elysée contre le gros temps à venir. « L’Elysée, c’est un autre monde. Un battement d’aile de papillon et c’est la tornade, immédiatement. Les choses insignifiantes deviennent énormes : il pleut, ta cravate est de travers, tu prends la foudre, tout est signe du destin ! A partir de 20h01 dimanche, à chaque seconde, il sera regardé de façon différente », prévient-il. François Hollande un peu hors seul en a fait les frais. Il s’en mord les doigts  Une ministre juge que François Hollande vit mal son crépuscule élyséen. « Il ne va pas bien, il occupe le terrain, ça n’a pas de sens. On a la sensation qu’il s’en va avec l’idée de revenir, un peu comme Sarkozy. Il essaiera peut-être d’avoir un poste à l’international avec le soutien de Macron… »

Hamon balayé, vers l’explosion du PS ?

Hamon  balayé, vers l’explosion du PS ?

 

 

Au parti socialiste on ne se faisait guère d’illusions sur une possible qualification du candidat pour le second tour des élections. On savait par avance qu’il fallait s’attendre à une défaite plus ou moins catastrophique. Avec Hamon,  le parti socialiste aura connu un cataclysme. On pouvait s’attendre à un score de 10 % voir légèrement plus mais certainement pas à des résultats aussi insignifiants qui font du parti socialiste une organisation marginale. En cause évidemment,  cette logique des primaires qui a fait émerger le candidat le plus radical mais aussi l’entêtement de Hamon  à ce positionner sur les positions gauchistes des frondeurs. Le PS, dont la blessure de 2002 – avec l’élimination de Lionel Jospin au premier tour – était à peine cicatrisée, a subi la plus cuisante des débâcles depuis la présidentielle de 1969 (Gaston Defferre, 5%, et Michel Rocard, 3,6%). La question qui se pose est de savoir si le parti socialiste pourra ce relevé après des résultats aussi lamentables. Pourra ce relevé après des résultats aussi lamentables. Certes des résultats qui sanctionnent en grande partie la gestion de François Hollande mais aussi le choix délibéré de Benoît Hamon de se rabougrir sur des positions les plus radicales voir les plus surréalistes en particulier avec son fameux revenu universel. Pour sauver sa peau, le parti socialiste n’a plus d’autre choix que de tenter des alliances avec le mouvement en marche sinon il pourrait presque disparaître totalement de l’assemblée nationale.  D’une certaine manière, c’est la conclusion de contradictions impossibles à gérer depuis des années au parti socialiste avec des orientations d’un côté de crypto marxistes et de l’autre de socio démocrates voire de socio libéraux. Des contradictions jusque-là masquées par des synthèses confuses réalisées aussi bien par Mitterrand que par Hollande.

 

Guyane : mobilisation vers l’effritement

Guyane :  mobilisation vers l’effritement

Plusieurs raison à cela, comme d’habitude  les effets d’une radicalisation assez irresponsable qui pénalise en premier les Guyanais. L’autre raison est liée à la perspective des élections présidentielles qui écrasent un peu toute autre information. Enfin le fait que la plupart des orientations relatives à la dynamisation économique de la Guyane sont nécessairement à long terme et qu’elles ne peuvent être satisfaites par les mesures cependant nécessaires relatives à la sécurité, à la santé et à la formation. Conscient de cela le patronat local à d’ailleurs demandé que soit levé les barrages et occupations. Le plan d’aide de plus d’un milliard d’euros présenté à la Guyane, en proie à un conflit social, a donc été examiné mercredi en conseil des ministres, où le président François Hollande a déploré les « intimidations » sur place.Des manifestants se sont installés mardi devant le centre spatial de Kourou pour réclamer une aide plus importante que le plan, d’une valeur de près de 1,1 milliard d’euros, proposé par le gouvernement pour améliorer les conditions de vie dans le département situé en Amérique du Sud. « Face à des moments où l’intimidation a pris le pas sur le dialogue, (François Hollande) a rappelé que pour ce qui était du gouvernement, en Guyane, la méthode devait être à la fois le dialogue et la responsabilité », a déclaré le porte-parole du gouvernement. « Nous avons regardé, analysé les 428 propositions, nous y répondons à hauteur de 75% de ce qui a été proposé, nous ne souhaitons pas engager l’Etat sur des mesures qui n’auraient pas demain une réalité », a expliqué mercredi dans la cour de l’Elysée la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts. « Les mesures prises aujourd’hui sont financées, réalisables et seront réalisées », a insisté la ministre, qui s’est rendue en Guyane la semaine dernière aux côtés de son collègue de l’Intérieur, Matthias Fekl. Le plan d’aide gouvernemental prévoit notamment l’envoi de 50 policiers et gendarmes supplémentaires pour 2017 dans le département, la création d’une cité judiciaire à Cayenne, la construction d’un tribunal de grande instance et celle d’un établissement pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni. Des mesures ont également été prises dans des domaines comme l’aide aux entreprises, l’éducation, la santé et l’agriculture. Un problématique qui n’est guère nouvelle. Il y a des dizaines d’années que ce département de France est sous assistance financière et que rien n’a été fait pour assurer un développement économique un tant soit peu autonome. Du coup, c’est surtout l’emploi public (plus de la moitié de l’emploi salarié)  qui soutient l’économie. Avec des salaires  publics en moyenne supérieurs à la moyenne nationale et qui accentue encore les disparités entre catégories socio professionnelles. Le salaire moyen en Guyane est d’environ  de 2000 € pour environ 1800 € pour l’ensemble de la France. Cependant le chômage et la misère sont dévastateurs pour les autres. À cela s’ajoute des services publics en piteux état et en dépit des problèmes qui se posent à la Guyane des phénomènes d’immigration incontrôlable sans parler de l’insécurité qui gangrène le territoire. La Guyane véritablement sous perfusion financière pour les deux tiers de sa richesse alors  que les ressources existent mais elles n’ont jamais été valorisées et  alors que la Guyane pourrait occuper une place stratégique pour la France en Amérique du Sud. D’une certaine façon,  la France entretient des liens postcoloniaux avec ce territoire et la question de son maintien dans la république se pose si la France est incapable d’assurer un minimum de développement économique autonome à ce territoire. Une problématique qui concerne la plupart des zones d’outre-mer.

Fin de l’euro : vers la ruine de la France

Fin de l’euro : vers la ruine de la France

 

Le Front National explique sans rire que le retour à une monnaie nationale n’aurait aucune conséquence sur l’immense dette française. Une dette qui représente environ 2200 milliards soit 33 000 € par habitant. Dans le même temps, le Front national admet que la valeur de cette monnaie nationale serait dévaluée immédiatement d’environ 20 % par rapport à l’euro. Pourtant le Front National explique que la conversion de la dette française  en monnaie nationale ne poserait aucun problème. Sauf que les prêteurs seraient spoliés de 20 % ! Et qu’un État ne peut décider de manière unilatérale de léser  les prêteurs. Ce serait par ailleurs une sorte de défaut partiel qui entraînerait notamment une envolée des taux d’intérêt et donc se reporterait sur le coût des emprunts de la France qui ne peut vivre sans emprunter du fait de ses déficits actuels et surtout futurs avec le programme de Marine le Pen. Sans ces emprunts,  la France serait condamnée à ne plus payer ses fonctionnaires et à supprimer les services publics. La France a en effet emprunté environ 185 milliards en 2015 et autant en 2016 des emprunts à très faible taux (0,37 % en 2016) grâce précisément à la solidité de l’euro. Le retour au franc générerait immédiatement un surcoût de 30 à 40 milliards immédiatement et  bien davantage ensuite compte tenu du manque de crédibilité de la politique économique de Marine Le Pen.  Pour résumer, la sortie de l’euro entraînerait la ruine de la France : la ruine des salariés avec immédiatement une perte de pouvoir d’achat d’au moins 20 %, pour les pouvoirs d’achat des salariés et des épargnants enfin une ruine de l’État. A avec un effet immédiat de l’ordre de 500 milliards pour la France. Le journal Le Monde explique de manière un peu docte l’effet  de la conversion de l’euro en francs. « . Alors que 68 % des Français continuent de soutenir la monnaie unique , le Front National défend mordicus cette révolution monétaire. Parmi les risques souvent évoqués, le fait que le remboursement de notre dette en francs plutôt qu’en euros pourrait provoquer de graves secousses. Un problème, quel problème ? Florian Philippot a minimisé les inquiétudes ce jeudi sur « Radio Classique »  : « Quand nous sommes passés du franc à l’euro, chacun aura remarqué que nous n’avons pas remboursé notre ancienne date en franc. Il se passera exactement la même chose. Ce sont les règles internationales de la monnaie. Nous rembourserons notre dette dans la nouvelle monnaie », a-t-il expliqué. Une plongée dans le droit s’impose. Les partisans d’une sortie de l’euro font constamment référence à la « Lex Monetae» : selon cette règle de droit international, un Etat est libre de déterminer sa monnaie nationale et donc d’en changer. La nouvelle monnaie s’applique alors à tous les contrats qui sont régis par le droit de ce pays. Comme toute la dette publique française est soumise au droit français, la conversion en francs est théoriquement possible. Sauf que ce n’est pas si simple. « Aucun tribunal, ni arbitral d’investissement, ni étranger, etc., ne pourra remettre en cause le principe de la décision française de changer de monnaie et donc forcer la France à annuler sa décision souveraine de changer de monnaie. En revanche, la France pourra être condamnée à indemniser les plaignants des conséquences, notamment patrimoniales, d’une telle décision, voire, dans certains cas, la forcer à continuer de payer sa dette en euros », explique Jacques-Alexandre Genet, un avocat ayant représenté le fonds Elliott contre l’Argentine. De fait, la conversion forcée en francs représentera un préjudice pour les créanciers de la France car la nouvelle devise perdra à coup sûr de sa valeur par rapport à l’euro : soit parce que le gouvernement dévaluera, soit parce que les marchés attaqueront cette monnaie.  »  

Vers une Europe à deux vitesses

Vers une Europe à deux vitesses

 

« L’Europe à 27 ne peut plus être l’Europe uniforme à 27. Longtemps, cette idée d’une Europe différenciée, avec des vitesses différentes, des rythmes distincts pour progresser, a suscité beaucoup de résistance. Mais aujourd’hui, c’est une idée qui s’impose. Sinon, c’est l’Europe qui explose », déclare François Hollande.  Une piste exposée notamment par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans un « livre blanc » sur l’avenir de l’Union européenne à l’heure du Brexit. Prié de dire s’il n’y avait pas d’alternative à cette Europe à plusieurs vitesses, François Hollande répond : « Non. Ou bien on fait différemment, ou bien on ne fera plus ensemble. » « A l’avenir, il y aura un pacte commun, un marché intérieur avec, pour certains une monnaie unique. Mais sur ce socle il sera possible, pour les Etats membres qui le voudraient, d’aller plus loin dans la Défense, plus loin dans l’harmonisation fiscale ou sociale, plus loin sur la recherche, la culture, la jeunesse. Notons que  ce que proposait  Macron  une   Europe qui avance de manière différente ; d’ailleurs pas seulement à deux vitesses (théorie des cercles). De ce point de vue l’organisation actuelle (19 pour la zone euro), 28 (et encore davantage) pour la totalité de l’Union est  ingérable. Il conviendrait donc de revenir à uen Europe de 4 ou 5 pays avec une  intégration plus rapide (politique étrangère, défense, investissement, fiscalité, politique industrielle, énergie, immigration etc.). Un deuxième cercle avec moins de contraintes mais moins d’avantages et d’intégration enfin un troisième pour les pays qui socialement, écologiquement,  fiscalement notamment sont très éloignés de la moyenne.»Il faut accepter l’idée que l’Europe se fasse à deux vitesses, qu’il y ait une union solidaire et différenciée. Il y a une histoire à 28 [l’Union] et une histoire à 19 « L’Europe à 28 doit être plus simple, plus claire, plus efficace et continuer à avancer sur le numérique et l’énergie. L’avant-garde de la zone euro doit, elle, aller vers plus de solidarité et d’intégration un budget commun, une capacité d’endettement commune et une convergence fiscale.  Les régimes sociaux seraient aussi harmonisés, avec la création d’une assurance-chômage commune.

Présidentielle: François Fillon «emporte son camp vers l’abîme» (Dominique de Villepin)

Présidentielle:  François Fillon «emporte son camp vers l’abîme» (Dominique de Villepin)

« Le candidat ne peut aujourd’hui ni se faire entendre sur ses propositions, ni rassembler autour de son nom. Poursuivre dans cette voie sans issue, c’est prendre l’État, notre foi dans la démocratie et ses compagnons de route, en otages », dénonce Dominique de Villepin dans une tribune au Figaro. « Aujourd’hui, le candidat de la droite modérée, ma famille politique de toujours, emporte son camp dans une course vers l’abîme », se désole-t-il. Et l’ancien Premier ministre d’éreinter son successeur à Matignon : « Attaquer les juges -quels que soient les défauts de la justice dans notre pays, c’est nécessairement fragiliser l’État de droit. » Dominique de Villepin fustige le discours de François Fillon contre la justice. « En appeler à la rue contre la magistrature, c’est aussi dangereux qu’irresponsable », dénonce-t-il aussi. « C’est, en un mot, jouer avec les institutions. Crier à la guerre civile, c’est prendre le risque de la faire advenir. Accéder à la présidence dans ces conditions, ce serait mettre son intérêt personnel avant l’avenir de la France », s’emporte de Villepin. « Or, au gré des révélations médiatiques et des jeux partisans, nous prenons le risque soit de l’aventure, l’élection de Marine Le Pen à la magistrature suprême, soit d’une présidence diminuée, privée de majorité forte et de crédit. Assez d’indignités ! » tonne Dominique de Villepin. François Fillon, qui s’accroche à sa candidature à l’élection présidentielle en dépit d’une probable mise en examen le 15 mars, doit faire face depuis mercredi à nombre de défections, en particulier de proches d’Alain Juppé, de Bruno Le Maire, mais aussi de Nicolas Sarkozy.

 

Sortie de l’euro : vers la ruine de la France

Sortie de l’euro : vers la ruine de la France

 

Le Front National explique sans rire que le retour à une monnaie nationale n’aurait aucune conséquence sur l’immense dette française. Une dette qui représente environ 2200 milliards soit 33 000 € par habitant. Dans le même temps, le front national admet que la valeur de cette monnaie nationale serait dévaluée d’environ 20 % par rapport à l’euro. Pourtant le Front National explique que la conversion de la dette française  en monnaie nationale ne poserait aucun problème. Sauf que les prêteurs seraient spoliés de 20 % ! Et qu’un État ne peut décider de manière unilatérale de léser  les prêteurs. Ce serait par ailleurs une sorte de défaut partiel qui entraînerait notamment une envolée des taux d’intérêt et donc se reporterait sur le coup des emprunts de la France qui ne peut vivre sans emprunter du fait de ses déficits actuels et surtout futurs avec le programme de Marine le Pen. Pour résumer, la sortie de l’euro entraînerait la ruine de la France : la ruine des salariés avec immédiatement une perte de pouvoir d’achat d’au moins 20 %, pour les pouvoirs d’achat des salariés et des épargnants enfin une ruine de l’État. » Avec un effet immédiat de l’ordre de 500 milliards pour la France. Le journal Le Monde explique de manière un peu docte l’effet  de la conversion de l’euro en francs.

« . Alors que 68 % des Français continuent de soutenir la monnaie unique , le Front National défend mordicus cette révolution monétaire. Parmi les risques souvent évoqués, le fait que le remboursement de notre dette en francs plutôt qu’en euros pourrait provoquer de graves secousses. Un problème, quel problème ? Florian Philippot a minimisé les inquiétudes ce jeudi sur « Radio Classique »  : « Quand nous sommes passés du franc à l’euro, chacun aura remarqué que nous n’avons pas remboursé notre ancienne date en franc. Il se passera exactement la même chose. Ce sont les règles internationales de la monnaie. Nous rembourserons notre dette dans la nouvelle monnaie », a-t-il expliqué. Une plongée dans le droit s’impose. Les partisans d’une sortie de l’euro font constamment référence à la « Lex Monetae» : selon cette règle de droit international, un Etat est libre de déterminer sa monnaie nationale et donc d’en changer. La nouvelle monnaie s’applique alors à tous les contrats qui sont régis par le droit de ce pays. Comme toute la dette publique française est soumise au droit français, la conversion en francs est théoriquement possible. Sauf que ce n’est pas si simple. « Aucun tribunal, ni arbitral d’investissement, ni étranger, etc., ne pourra remettre en cause le principe de la décision française de changer de monnaie et donc forcer la France à annuler sa décision souveraine de changer de monnaie. En revanche, la France pourra être condamnée à indemniser les plaignants des conséquences, notamment patrimoniales, d’une telle décision, voire, dans certains cas, la forcer à continuer de payer sa dette en euros », explique Jacques-Alexandre Genet, un avocat ayant représenté le fonds Elliott contre l’Argentine. De fait, la conversion forcée en francs représentera un préjudice pour les créanciers de la France car la nouvelle devise perdra à coup sûr de sa valeur par rapport à l’euro : soit parce que le gouvernement dévaluera, soit parce que les marchés attaqueront cette monnaie. «  

Sarkozy-Bygmalion : vers un enterrement de l’affaire ?

Sarkozy Bygmalion : vers un enterrement de l’affaire ?

 

En gros, Sarkozy  a dépensé le double du plafond autorisé pour sa campagne de 2012 avec en plus un système de fausses factures. (Autour de 40 millions au lieu de 20). Mais  l’affaire pourrait être enterrée car Sarkozy a fait appel  suite à la décision d’un juge d’instruction de le renvoyer en correctionnelle. L’entourage de Nicolas Sarkozy ne parait pas inquiet.  Sur BFM TV, Sébastien Huyghe, député LR du Nord et proche de l’ex-président, s’est montré serein. « Je ne doute pas que nous aurons un énième non-lieu », a-t-il dit. Le parquet de Paris avait requis le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy le 30 août dernier. Mais plusieurs recours avaient été déposés par certains mis en examen, retardant la décision finale des juges. Dans son réquisitoire, le procureur estimait que la responsabilité de l’ex-chef de l’Etat était « pleinement engagée », notamment car il avait donné des instructions en faveur d’une augmentation des dépenses, alors même que le dépassement du plafond des dépenses était acté dès la troisième semaine de campagne. En juillet 2013, après invalidation de ses comptes de campagne, les « Sages » ont en effet estimé que Nicolas Sarkozy devait restituer au Trésor public une avance forfaitaire de 153.000 euros versée pour sa campagne perdue de 2012 et payer 363.615 euros de dépassement du plafond légal. L’enquête dite « Bygmalion » portait à l’origine sur un système présumé de fausses factures destiné à masquer des dépassements de dépenses à l’UMP (dont le parti Les Républicains est l’héritier) durant la campagne présidentielle de 2012. Un système de fraude « relativement simple dans son principe, et d’une ampleur considérable », selon une source judiciaire. Mais l’enquête a révélé un autre système, « plus simple encore », l’omission déclarative, selon l’accusation. Fin 2014, elle a été élargie au délit de financement illégal de campagne électorale. Le dossier Bygmalion vise 18 millions d’euros de présumées fausses factures émises par Bygmalion, mais aussi d’autres dépenses de l’UMP, pour 13,5 millions d’euros. Parmi les 13 autres personnes renvoyées en correctionnelle dans ce dossier figurent des responsables de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, dont son ex-directeur de campagne Guillaume Lambert et le député Philippe Briand, et d’anciens cadres de l’UMP et de la société de communication Bygmalion. Ils sont renvoyés pour divers chefs, parmi lesquels faux, usage de faux, abus de confiance, escroquerie, complicité de ces délits, ou encore complicité de financement illégal de campagne électorale, précise la source judiciaire.

Chine : vers une reconversion progressive

Chine : vers une reconversion progressive

 

Même s’il est difficile de ce référer aux chiffres économiques officiels qui présentent toujours un caractère politique, il semble bien que la reconversion progressive de la Chine est en cours. Elle se caractérise par une économie davantage tournée vers l’intérieur comme en témoigne la baisse des exportations mais la hausse des importations. À noter aussi le net ralentissement des investissements sans doute lié à la situation financière difficile notamment, des entreprises et des ménages dont beaucoup sont très endettés  Les ventes au détail qui ont augmenté de 10,9% le mois dernier par rapport à décembre 2015 témoigne de la reprise interne Les ventes au détail ont notamment été portées par les ventes automobiles, les produits d’hygiène et les cosmétiques.  Les exportations chinoises ont reculé de 6,1% en décembre sur un an, une diminution plus marquée que prévu, tandis que les importations augmentaient de 3,1%, en raison d’une forte demande de matières premières, selon les chiffres publiés vendredi par l’Administration des douanes. L’excédent commercial pour le mois de décembre s’établit ainsi à 40,82 milliards de dollars (38,5 milliards d’euros), contre un surplus de 46,50 milliards de dollars attendu, qui aurait représenté une hausse par rapport aux 44,61 milliards de novembre. Pour l’ensemble de 2016, les exportations ont reculé de 7,7%, tandis que les importations diminuaient de 5,5%. L’excédent commercial annuel se monte à 509,96 milliards de dollars. Autre preuve d’un plus grand dynamisme économique interne l’indice des prix à la production a progressé de 5,5% en décembre par rapport à décembre 2015, signant sa plus forte hausse depuis septembre 2011. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient une hausse de 4,5%. – L’activité dans les services a progressé en décembre en Chine à un rythme moins soutenu qu’en novembre, d’après l’indice officiel des directeurs d’achat (PMI) publié dimanche. Il s’établit à 54,5 en décembre, contre 54,7 en novembre, mais bien au-dessus du seuil des 50, qui marque le passage d’une contraction à une progression de l’activité.

« La survie dépend des vers de terre »(Hubert Reeves)

  »la  survie dépend des vers de terre »(Hubert Reeves)

Hubert Reeves, astrophysicien, farouche défenseur de notre planète, prend la présidence d’honneur de l’Agence française pour la biodiversité. Il dit ses inquiétudes concernant l’écosystème dans une interview au JDD.

 

Le nombre d’espèces terrestres et marines menacées d’extinction augmente sans cesse. L’espèce humaine est-elle aussi en danger?
Nous faisons partie d’un immense écosystème, avec un monde animal et végétal qui nous est indispensable. Prenez les vers de terre, qui oxygènent la terre. Sans eux, les sols arables se stérilisent. Or notre nourriture en dépend, tout comme elle dépend de la pollinisation. En saccageant cet écosystème à un rythme effréné, en continuant à vivre avec l’injonction biblique d’une domination de l’homme sur une nature à notre service, nous réduisons considérablement nos chances de conserver une « vie vivable ». C’est la survie même de l’espèce humaine qui est aujourd’hui en jeu, avec le risque qu’elle disparaisse. L’urgence est extrême.

L’homme est à la fois le plus évolué et le plus destructeur…
Sur les plans de la natalité et de la pensée abstraite, nous sommes sans conteste les champions, à la fois l’espèce la plus répandue chez les mammifères et la seule qui ait pu produire la théorie de la relativité d’Einstein. Mais oui, nous sommes aussi l’espèce la plus destructrice qui soit, celle qui pourrait avoir éliminé la moitié des autres d’ici à la fin du siècle. Les tortues, elles, ont traversé 200 millions d’années. Elles ont survécu à des catastrophes climatiques ou géologiques, elles ont su s’intégrer dans un écosystème en prenant et en donnant à la fois, sans saccager. Si nous voulons, comme ces tortues, durer, nous devons impérativement vivre en harmonie avec notre environnement, sobrement. Alors que notre puissance même nous menace, c’est la seule solution. Et nous pouvons y arriver en adoptant une attitude volontariste, déjà à notre niveau. Mon association, Humanité et biodiversité, propose par exemple que chacun fasse de son balcon, de son terrain, une « oasis nature » favorisant la vie avec des plantes, des nichoirs. C’est peu, mais cette décision, psychologiquement, est très importante.

Pourquoi l’homme réagit-il si lentement? Est-ce par inconscience, égoïsme, impuissance, manque d’informations?
Ce n’est pas que l’on ne sait pas, c’est que l’on ne veut pas savoir. Tous les scientifiques honnêtes affirment par exemple que l’homme est le premier responsable du réchauffement climatique. Pour autant, cela n’empêche pas Donald Trump de clamer que c’est une invention des Chinois. L’humain a cette faculté, quand le danger est très grave, de casser le thermomètre. C’est un refus par crainte d’affronter la réalité. L’ancien vice-président américain Al Gore parlait de « réalité encombrante ».

Celle qui, en France, fait disparaître l’environnement des débats de la campagne présidentielle?
Je pense que l’électoralisme passe avant le bien public. Le thème de l’écologie n’est pas assez porteur. Autant le chômage peut nous toucher, autant la perte de biodiversité passe quasi inaperçue. La diminution du nombre de vers de terre, que j’évoquais, ne fait pas la une des journaux. Il faudrait pour cela qu’elle génère des catastrophes.

Comme le changement climatique?
Oui. Ce problème est devenu central dans le débat public car nous constatons la montée des eaux et ressentons l’effet des canicules ou des tempêtes. À cet égard, le sommet climat de Paris, la COP21, a marqué un tournant. Pour la première fois, 195 pays se sont entendus sur un constat, le réchauffement de la planète, et la nécessité de lutter pour le contenir. C’est un moment historique qui doit nous remonter le moral.

 

En même temps, le travail des scientifiques, celui du Giec par exemple, est dénoncé par des responsables de premier plan.
La « junk science », comme nous l’appelons, s’est amplifiée ces dernières années. Des bons chercheurs, débauchés par de grands groupes, écrivent dans des pseudo-revues scientifiques pour dire que le sucre, la cigarette ou l’amiante ne sont pas dangereux. Et des politiques relaient ces mensonges pour semer le doute. C’est une arme, c’est révoltant, mais c’est humain ; ce « putain de facteur humain », le PFH, pour reprendre une expression d’origine québécoise. Quand vous gagnez de l’argent, quand vous avez des privilèges, vous n’avez pas envie qu’on vous les enlève. Money, money…

Dans ce combat pour la vie, entre ceux qui détruisent et ceux qui tentent de restaurer, qui va gagner?
Comment savoir? Je pense tout de même, au risque d’être dans l’utopie la plus totale, que nous devons agir. Parce que si nous partons du principe que c’est foutu, alors oui, c’est foutu! Il nous faut protéger la biodiversité, sauvegarder la fertilité des sols, stopper la surpêche… Je lisais récemment un livre sur Jacques Cartier qui, lorsqu’il débarque au Canada en 1534, évoque des morues tellement nombreuses qu’elles gênent pour accoster. Aujourd’hui, c’est inimaginable. Le pape François, en plaçant ces problèmes sur un plan moral, a eu raison. Que nous dit-il? Que si nos activités peuvent s’avérer catastrophiques pour des millions de personnes – c’est le cas avec les forages pétroliers ou gaziers qui amplifient l’effet de serre –, nous devons tout simplement les stopper.

A l’échelle de l’Univers, dont vous êtes familier, l’homme n’est-il pas voué à être de passage?
Voué, je n’en suis pas sûr, cela voudrait dire que c’est écrit quelque part… Moi, j’aimerais simplement que mes enfants et petits-enfants aient une vie aussi convenable que la mienne. Et là je ne parle pas à l’échelle du millénaire mais de quelques décennies, pas plus.

Vous au moins ne disparaîtrez pas puisque l’Union astronomique internationale a donné votre nom, Hubertreeves, à un astéroïde…
Ce qui compte à mes yeux, c’est que mon nom a été proposé par des étudiants. Au moins, ils appréciaient mon enseignement.

Eric Sadin : vers le cauchemar de la silicolonisation du monde

Eric Sadin : vers le cauchemar de la  silicolonisation du monde

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Eric Sadin,  philosophe, met en garde contre le technolibéralisme contemporain qui menace gravement l’humanisme dans une interview au Figaro. Un procès sans doute excessif des nouvelles technologies dont le développement mérite bien sûr d’être maîtrisé et régulé mais son point de vue  est significatif des peurs voire des fantasmes qui agite la socité.  Un positionnement qui mérite d’être lu même si l’auteur fait un mélange assez approximatif des concepts techniques et philosophiques.


 

FIGAROVOX. – Vous établissez un lien entre les années 1960 et les nouvelles technologies, entre Jimi Hendrix et les GAFA. Quel est ce lien?

 

Eric SADIN. – San Francisco, au cours des années 1960, représentait le foyer le plus actif de la contre-culture. Ses acteurs étaient fort divers, néanmoins tous voulaient instaurer de nouvelles modalités d’existence à l’écart des normes sclérosées héritées de la société américaine des années 1950. La ville formait un bouillon de culture qui cherchait à réaliser les conditions d’une démocratie locale, à promouvoir la justice sociale, à s’opposer à la répartition rigide des rôles entre les sexes, à s’engager dans des expériences communautaires, ou à expérimenter des formes artistiques et culturelles privilégiant l’intensité sensorielle. Tout un mélange bigarré qui dessinait une scène unique au monde et qui en outre chercha à construire une Nouvelle Gauche. Une gauche nouvelle qui aurait renoncé tant à l’orthodoxie dogmatique du communisme qu’à la frilosité et à l’atonie de la gauche traditionnelle.

Mais l’élan utopique finit par se briser.

Mais l’élan utopique finit par se briser. Certains, qui avaient côtoyé de plus ou moins près ce large mouvement, décideront de le réactiver, mais hors de toute dimension collective, se chargeant presque en solitaire de répondre à ces aspirations. En les déplaçant vers des moyens jugés plus pragmatiques, grâce à l’avènement de l’informatique personnelle dont on supposait, on ne sait par quel abus rhétorique et rétrécissement subit du champ de l’expérience, qu’elle pouvait être porteuse des mêmes valeurs d’autonomie individuelle et d’émancipation sociale et politique

C’est à cette époque que se constitua tout un imaginaire autour ce qui fut alors nommé «cyberculture». Elle aspirait à de nouvelles formes de créativité grâce aux pouvoirs offerts par les machines informatiques alors très embryonnaires.

L’avènement de l’Internet laissa entrevoir la réalisation du « village global ».

Plus tard, l’avènement de l’Internet laissa entrevoir la réalisation du «village global» prophétisé au cours des mêmes années 1960 par Marshall McLuhan. Le protocole rendant possibles des communications entre personnes au mépris des distances physiques à des coûts marginaux, autant qu’un accès à des corpus de tous ordres. Dimensions qui ont contribué à le parer de vertus supposées offrir un surcroît d’autonomie aux individus.

Mais très vite, au moment de sa soudaine généralisation, vers le milieu des années 1990, il a été massivement investi par le régime privé. Qui l’a d’abord exploité comme un nouveau canal de vente de biens et de services, en inaugurant les «magasins en ligne». Ensuite par l’exposition de bannières publicitaires, alors très rudimentaires. Un peu plus tard est apparu un modèle inédit, fondé sur le suivi des navigations et la constitution de gigantesques bases de données à caractère personnel, dont Google devint l’acteur majeur.

Ces trois axes n’ont cessé de se sophistiquer au cours des années 2000 et ont définitivement assis la domination des puissances économiques sur le monde numérique.

Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle étape de la numérisation progressive du monde.

Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle étape de la numérisation progressive du monde. Celle de la dissémination tous azimuts de capteurs. À terme, toutes les surfaces sont appelées à être connectées: corps, domiciles, véhicules, environnements urbains et professionnels… Cette architecture technologique entraînant un témoignage intégral de nos comportements permettant à l’économie du numérique de s’adosser à tous les instants de l’existence, de n’être exclue d’aucun domaine, et d’instaurer ce que je nomme une «industrie de la vie» cherchant à tirer profit du moindre de nos gestes.

A vous lire, l’économie des start-up est une utopie. Comment en définir les contours?

La start-up, c’est la nouvelle utopie économique et sociale de notre temps. N’importe qui, à partir d’une «idée», en s’entourant de codeurs et en levant des fonds grâce aux capital-risqueurs, peut désormais se croire maître de sa vie, «œuvrer au bien de l’humanité», tout en rêvant de «devenir milliardaire».

La start-up, c’est la nouvelle utopie économique et sociale de notre temps.

La start-up offre une cure de jouvence au capitalisme. Un capitalisme paré de contours lumineux, non plus fondé sur l’exploitation de la majorité de ses acteurs, mais sur des «vertus égalitaires», offrant à tous, du «startupper visionnaire», au «collaborateur créatif», ou à «l’auto-entrepreneur autonome», la possibilité de s’y raccorder «librement» et de s’y «épanouir». C’est pourquoi elle est adoubée par les forces tant «progressistes» que libérales, faisant l’objet d’une quasi-unanimité puisque chacun peut aller y piocher des arguments répondant à sa sensibilité. En cela, la start-up incarne de façon paradigmatique le consensus idéologique social-libéral de notre temps.

Or, à y voir de près, le mythe s’effondre aussitôt. La plupart des start-up échouent rapidement. Le régime de la précarité prévaut. Une pression horaire est exercée par le fait de l’obligation rapide de résultat. Il est souvent offert des stock options qui, sous couvert d’intéressement aux résultats futurs et hypothétiques, évite de convenablement rémunérer les personnes.

Le technolibéralisme a institué des méthodes managériales laissant croire que chacun peut librement s’épanouir.

Plus largement, le technolibéralisme a institué des méthodes managériales laissant croire que chacun peut librement s’épanouir. En réalité tout est aménagé afin de profiter au maximum de la force de travail chacun. En outre, les conditions de fabrication du hardware dans les usines asiatiques sont déplorables. Quant aux travailleurs dits «indépendants» qui se lient aux plateformes, ils se trouvent soumis à leurs exigences et ne sont protégés par aucune convention collective.

Enfin les grands groupes savent opérer des montages complexes afin de se soustraire à l’impôt. Le technolibéralisme relève de la criminalité, non pas en cols blancs, mais en sweet-shirt à capuche. Et pourtant ce modèle est partout célébré. Comment un tel aveuglement est-il possible?

Que vous inspire les discours des politiques qui font des nouvelles technologies une sorte d’eldorado de la croissance et de la prospérité?

Les responsables politiques se situent aux avant-postes de cette «silicolonisation du monde», éprouvant la terreur de «rater le train de l’histoire», convaincus que le soutien, sous toutes les formes, à l’industrie du numérique, va résoudre les difficultés économiques autant que nombres des problèmes de la société. Tel celui de l’école publique, par exemple, qui voit actuellement une massive introduction du numérique envisagé comme la panacée au marasme de l’éducation nationale. C’est aussi cela la silicolonisation du monde, le fait que le régime privé s’infiltre partout, supposé apporter un surcroît de compétence et structurant des secteurs aussi décisifs sans l’assentiment des citoyens.

Axelle Lemaire, secrétaire d’État au numérique est une ayatollah du siliconisme, ne cessant de se réjouir du modèle de la French Tech.

Cette situation est favorisée par une intense politique de lobbying menée par l’industrie du numérique, tant à Washington, qu’à Bruxelles. En France par exemple, Axelle Lemaire, secrétaire d’État au numérique est une ayatollah du siliconisme, ne cessant de se réjouir du modèle de la French Tech, dans une ignorance ou une indifférence manifestes à l’égard de toutes les conséquences induites.

De son côté, le Conseil national du numérique œuvre à faciliter le développement tous azimuts de l’économie de la donnée, ne se souciant que des seuls enjeux économiques dans un mépris coupable à l’égard de toutes les incidences civilisationnelles. Il doit être relevé que les deux tiers de ses membres sont des responsables d’entreprises impliquées dans l’économie de la donnée alors qu’il s’agit d’un organe de préconisation de la République. Ce qui correspond exactement à ce qui est nommé «conflit d’intérêt». C’est un scandale qui doit être dénoncé haut et fort.

Dans son livre Le Révolutionnaire, l’expert le geek (Plon), Gaspard Koenig prophétisait, avant 2050, des troubles sociaux, conséquences de la révolution économique enclenchée dans la Sillicon Valley. Partagez-vous ce point de vue?

On peut toujours prophétiser sans grand risque sur des perspectives à trente ans. Pour ma part, ce que je relève, c’est qu’aujourd’hui l’industrie du numérique s’est engagée dans une conquête intégrale de la vie et qu’elle entend façonner de part en part la société, que ce soient la forme de notre intimité domestique, le monde du travail, l’organisation urbaine, l’éducation, la santé…

La silicolonisation du monde institue à terme une marchandisation intégrale de la vie autant qu’une organisation automatisée de la société.

La société, dans sa grande majorité, témoigne d’une regrettable passivité. Quant à la classe politique, elle est comme pétrifiée par une fascination sans borne. Regardez la façon, lors de cette édition du CES de Las Vegas, avec laquelle les responsables politiques français de tous bords, de François Fillon à Michel Sapin et tant d’autres vont allègrement s’agenouiller devant les gourous de la Silicon Valley, vantant en boucle l’horizon radieux promis par l’économie de la donnée. Sans saisir qu’elle institue à terme une marchandisation intégrale de la vie autant qu’une organisation automatisée de la société. À leurs yeux, la silicolonisation relève d’une sorte de miracle historique. Elle offre un appel d’air salvateur inespéré qui va les sauver de leur incapacité à n’avoir su lutter efficacement contre les crises économiques à l’œuvre depuis des décennies.

C’est à toutes les forces de société civile de faire œuvre de politique.

Puisque la classe politique non seulement fait défaut sur ces enjeux majeurs, mais pire encore, se soumet de façon béate au nom des sacro-saints points de croissance et de l’emploi. Alors, c’est à toutes les forces de société civile de faire œuvre de politique. Pour l’instant, nous voyons trop peu de signes de cela, mais j’observe que les choses sont en train de progressivement se modifier. Nous devons espérer que des oppositions salutaires se manifestent partout où elles doivent se manifester. Si c’est le cas, alors ce sera là une des luttes majeures des années à venir.

L’homme a toujours dominé la machine, pourquoi serait-il désormais incapable de le faire dans un monde silliconisé?

La nature de la technique est en train de muter. Celle qui émerge actuellement ne consiste plus à répondre à de seules tâches fonctionnelles mais à assurer une mission organisationnelle. Il s’agit là d’une rupture majeure. C’est le rôle désormais dévolu à l’intelligence artificielle, celui de gérer «au mieux» les affaires humaines.

Ce n’est pas la race humaine qui est en danger, mais bien la figure humaine, en tant que dotée de la faculté de jugement et de celle d’agir librement et en conscience.

L’intelligence artificielle est érigée comme une sorte de «surmoi» doté de l’intuition de vérité et appelé à guider en toute circonstance nos vies vers la plus grande efficacité et confort supposés. Dimension emblématique dans les assistants numériques personnels, tels Siri d’Apple ou Google Now, à l’efficacité encore balbutiante, destinés à terme à nous accompagner au cours de nos quotidiens. Beaucoup de choses ont été dites sur l’intelligence artificielle, notamment qu’elle allait à terme se «retourner» contre ses géniteurs. Vision grotesque et fantasmatique. Ce n’est pas la race humaine qui est en danger, mais bien la figure humaine, en tant que dotée de la faculté de jugement et de celle d’agir librement et en conscience. Car c’est notre pouvoir de décision qui va peu à peu être dessaisi, appelé à être substitué par des systèmes supposés omniscients et plus aptes à décider du «parfait» cours des choses dans le meilleur des mondes et qui de surcroît ne visent in fine qu’à satisfaire de seuls intérêts privés.

Vous concluez votre livre par l’éloge de la limite. Où faut-elle la fixer?

Xavier Niel dit de L’École 42 qu’il a fondée, que le principe qui la guide «c’est no limit». Proposition qui fait écho aux super-héros de la Silicon Valley ou des grandes figures de l’industrie du numérique qui ambitionnent tous de «cracker le système». Ce sont les nouvelles figures contre-culturelles de notre temps (où l’on renoue avec le San Francisco des années 1960). Cracker le système voulant dire conquérir la vie entière, palier l’imperfectibilité du monde et de l’humain grâce à des systèmes d’intelligence artificielle infaillibles et omniscients et transformer le vivant en vue d’annihiler la mort. Voit-on la volonté qui se manifeste ici de plier le réel à tous ses désirs et fantasmes?

 

Volonté de toute-puissance, névrose de l’enrichissement perpétuel et déni de l’imprévisibilité du réel et de la mort, à l’œuvre dans le délire transhumaniste.

Or, c’est exactement la conjugaison de ces trois ambitions à laquelle procède le technolibéralisme. Volonté de toute-puissance, névrose de l’enrichissement perpétuel et déni de l’imprévisibilité du réel et de la mort, à l’œuvre dans le délire transhumaniste. Facteurs qui ne s’additionnent pas, mais qui se potentialisent entre eux comme il est dit en médecine. C’est-à-dire que leurs effets néfastes se démultiplient au croisement des autres, faisant d’ores et déjà céder de nombreuses digues de toutes natures en un temps réduit entraînant une conséquence majeure: la soudaine perte de repères à toutes les échelles de la société. Ce qui aujourd’hui rend possible ces dérèglements, c’est l’avènement des technologies dites «de l’exponentiel». L’expression supposant que les bornes jusque-là tracées n’ont plus de raison d’être, que toutes, un jour ou l’autre, sont appelées à être franchies, entérinant dans la langue, consciemment ou inconsciemment, cet irrésistible ouragan. Ouragan dont la particularité est qu’il dessaisit la société de sa capacité à se prononcer en conscience et par la délibération collective, conformément à des exigences démocratiques fondamentales.

« Un homme ça s’empêche » disait Camus.

Or, la limite, c’est à la fois la conscience et la preuve sans cesse renouvelée que nombres de choses nous excèdent et que le réel ne peut s’ajuster à tout instant à notre volonté. Sa prise en compte revenant à se ranger au principe de réalité nous permettant de ne pas nous illusionner quant à l’étendue de notre puissance. Ce que cherche précisément à abattre l’industrie du numérique en ambitionnant une maîtrise toujours plus prégnante sur le cours des choses.

«Un homme ça s’empêche» disait Camus ; nous pourrions rajouter, ce n’est pas seulement chaque être qui doit s’empêcher, c’est la société tout entière, ce sont les civilisations qui doivent s’empêcher, au risque de sombrer dans le chaos. Il n’est pas concevable que des êtres dévorés par leur pulsion de toute-puissance entendent façonner nos vies sans que leur soient opposées des forces contraires.

 

Ce qui se joue, c’est un modèle de civilisation contre un autre et il faut choisir.

En outre, nous sommes tous citoyens mais également consommateurs, et nous pouvons notamment, par des décisions simples mais d’une redoutable efficacité, mettre en échec ce modèle. Raison pour laquelle j’en appelle au refus de l’achat d’objets connectés et de protocoles dits «intelligents» chargés de nous assister en continu, autant que des compteurs Linky par exemple, mémorisant nos gestes au sein de nos habitats.

Jamais autant qu’aujourd’hui le refus de l’acte d’achat n’aura revêtu une telle portée politique, civilisationnelle même. Contre l’ambition démesurée du technolibéralisme à vouloir piloter le cours de nos vies, nous nous devons de sauvegarder la part inviolable de nous-mêmes, autant que notre autonomie de jugement et d’action. Car ce qui se joue, c’est un modèle de civilisation contre un autre et il faut choisir. L’un, issu de l’humanisme, s’efforçant sans fin de sauvegarder l’autonomie de notre jugement et notre droit à agir librement. L’autre, cherchant à monétiser tous les instants de la vie et à sans cesse encadrer, via des systèmes, l’action humaine.

Nous devons espérer qu’une multitude d’initiatives et d’actions concrètes se mettent en marche, fermement décidées à contrecarrer cet anarcho-libéralisme numérique indigne et à faire valoir des modes d’existence pleinement respectueux de l’intégrité et de la pluralité de la vie humaine.

Car si nous ne reprenons pas la main, alors c’est le technolibéralisme qui va de part en part dessiner la forme de nos vies individuelles et collectives et cela est inacceptable.

Vers la désertification du territoire ?

Vers la désertification   du territoire ?

D’après France stratégie, organisme de prospective placée auprès du Premier ministre la désertification du territoire doit encore s’amplifier. Pour cette institution de technocrates,  il convient de concentrer l’activité économique autour d’une quinzaine de zones urbaines. Or ces zones concentrent déjà de l’ordre de 50 % de l’activité économique française,  une orientation qui évidemment va tout à fait à l’encontre des préoccupations environnementales et de la qualité de vie. En outre une sorte de paradoxe au moment où le numérique notamment rend possible une plus grande décentralisation. C’est évidemment le mythe de la croissance endogène qui consiste à tasser le plus possible les populations afin de les contraindre à augmenter leur demande marchande. Un contresens écologique mais aussi économique car les investissements en zone  très urbanisée sont beaucoup plus coûteux en raison du coût du foncier mais aussi de leur insertion dans des environnements complexes. Victime de cette politique concentrationnaire les villes moyennes, les petites villes et évidemment les zones rurales dont certaines sont appelées à devenir des territoires d’Indiens. À noter aussi l’évolution sémantique en matière d’aménagement géographique puisqu’on parle maintenant « de territoires intermédiaires » ; en clair des territoires secondaires. Ces toutes la contradictions entre une politique économique qui recherche la croissance à n’importe quelle condition et une politique d’aménagement recherchant un équilibre entre le développement économique, la qualité de vie et la protection de l’environnement. Les 15 aires urbaines de plus de 500.000 habitants concentrent 40% de la population, 55% de la masse salariale, plus de 50% de l’activité économique, deux tiers des étudiants. (Crédits : Camille Stromboni)Les ressorts de la croissance font défaut à beaucoup de villes moyennes et de territoires ruraux et les écarts en matière d’égalité des chances et d’accès aux services ne se résorbent plus, selon un rapport de France Stratégie. Paradoxalement France stratégie, organisme gouvernemental, placé auprès du Premier ministre, plaide cependant pour un renforcement de l’investissement public dans ces métropoles ou sur leur pourtour au nom de l’efficacité économique.

(Avec Reuters)

Vers un exode urbain ?

Vers un exode urbain ?

 

Ce que pourrait laisser penser a priori une étude de l’INSEE. En France, la population a augmenté dans deux tiers des communes françaises, plus spécialement dans celles comprenant entre 1000 et 10.000 habitants. Ainsi, au 1er janvier 2012, un Français sur deux réside dans une commune de moins de 10.000 habitants. De 2009 à 2014, la population a augmenté de 0,5 % par an en moyenne. L’Insee note toutefois que la population de nombreuses grandes métropoles, y compris Paris, a augmenté moins vite que la moyenne nationale. Les 100 communes les plus peuplées affichent ainsi une croissance de 0,3% par an en moyenne sur cette période. Un phénomène qui va à l’encontre de la mode des grandes métropoles tout au moins en apparence. On ne peut en effet parler réellement d’un processus d’exode urbain. Il faut en effet distinguer les petites communes effectivement situées près d’agglomérations économiquement dynamiques des autres petites communes qui se sitôt situent plutôt à l’écart du dynamisme économique et/ou qui sont plutôt en déclin. La croissance rurale tient surtout au développement des communes périphériques des grands centres d’activité. Les moyennes observées cachent donc en fait de grandes disparités. Le facteur dominant qui explique la progression des populations en dehors des grandes villes tient surtout au prix des logements en zone très dense. Des logements dont les prix deviennent inaccessibles pour nombre de résidents potentiels et qui vont donc se loger plus loin à 10 ou 20 km parfois davantage des grands centres urbains. Rappelons que le prix moyen d’un bien immobilier ce situe autour de 220 000 € en moyenne, le double dans de très grandes villes et trois à quatre fois plus à Paris. Paris qui voit ses logements se vider au profit de la location touristique en raison des prix pratiqués. En fait l’aménagement du territoire est surtout régulé par  le coût d’accès au logement. Pour un appartement ou un pavillon type F4 les prix pourront évoluer de 100 000 € en zone excentrée à près de 900 000 € pour Paris. Une folie évidemment qui s’explique par un phénomène spéculatif découlant de l’hyper concentration économique. Notons que la Grande-Bretagne qui a enregistré les pires excès de la consommation concentration vient de prendre un virage dans ce domaine ; Theresa May qui a annoncé, lundi, un plan visant à créer pas moins de 17 nouveaux villages et petites villes dans la campagne anglaise, reprenant une idée du XIXe siècle. «Ces villages jardins», précise le communiqué du ministère du Logement et de l’Aménagement du territoire, des petites unités de 1500 à 10.000 maisons, seront dispersés sur tout le territoire, de la Cornouailles au sud à la Cumbrie au nord en passant par le Devon et le Derbyshire. Ce plan s’inscrit dans un programme plus vaste de construction de 200 000 logements. . «Les nouvelles communautés n’apportent pas seulement des maisons, a commenté le ministre du Logement Gavin Barwell. Elles créent de nouveaux emplois, de nouveaux équipements et dopent les économies locales.» L’idée est bien de créer de nouveaux villages plutôt que de développer en périphérie de centres urbains existants.

PS 2017 : la fuite vers Macron ?

PS 2017 : la fuite vers Macron ?

Plusieurs responsables socialistes ont déjà rejoint Macron, d’autres devraient suivre comme M’jid El Guerrab, conseiller de Cambadélis et ancien proche de Ségolène Royal. Une Ségolène Royal qui comme d’autres aussi s’interrogent sur un éventuel soutien à Macron. Tout dépendra en fait des sondages respectifs du PS et de Macron dans les semaines et mois à venir. S’ils devaient se confirmer que Macron recueille  au moins le double du  score du candidat socialiste alors l’hémorragie ne pourrait plus être arrêtée. D’une certaine manière,  il y aurait une sorte d’inversion des pressions au ralliement. Pour sauver leur peau, les candidats socialistes à la députation n’auraient pas d’autre choix que de se rallier à Macron. Un Macron qui pourrait encore progresser tellement l’espace est large entre des candidats très marqués à gauche et des candidats très marqués à droite et à l’extrême droite. Il n’est pas du tout certain que Macron parvienne à se qualifier au premier tour des présidentielles, il faudrait pour cela un vaste mouvement de vase communiquant entre Fillon et n  puisque Marine Le Pen connaît peu d’évolution dans son solide socle électoral et que Mélenchon peut aussi espérer un score significatif autour de 12%. Aujourd’hui les socialistes comptent 250 députés. En fonction du résultat candidat du PS aux présidentielles, ce nombre pourrait être ramené à 50 voir 30. Du coup parmi les députés menacés beaucoup pourraient être tentés de rechercher le soutien de Macron pour sauver leur circonscription. À la veille d’une primaire compliquée pour le PS et alors que le leader d’En marche! est crédité de 18% des intentions de vote pour l’élection présidentielle, l’ambiance n’est donc pas à la fête dans les couloirs de Solferino. Dernier signe en date: le mini-tapage provoqué par M’jid El Guerrab, conseiller «euroméditerannée» du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis depuis octobre, qui vient de quitter le parti. Ce Franco-marocain, ancien conseiller de Ségolène Royal en 2007 puis de l’ancien président du Sénat Jean-Pierre Bel, a publié une tribune dans L’Obs dans laquelle il annonce sa démission du PS et son soutien à Emmanuel Macron. «Cette primaire ne sera pas en mesure de produire la dynamique que nous escomptions. Son calendrier ne permettra pas de construire l’adhésion à un programme politique», écrit-il. Pour le désormais ex-socialiste, Emmanuel Macron «incarne ce renouvellement politique que les Français appellent de leurs vœux et que nous voulons tous». Avant de quitter le navire, M’jid El Guerrab convoitait l’investiture de la neuvième circonscription des Français de l’étranger. Territoire qui a finalement échu à Didier Le Bret, compagnon de Mazarine Pingeot soutenu par l’état-major du PS jusqu’à l’Élysée.

 

Vers la suppression massive de bureaux de poste

Vers la suppression massive de bureaux de poste

 

Il existe environ 8000 bureaux de poste dont déjà prés de 50 % sont gérés par des commerces ou des mairies. Il se pourrait  qu’on assiste à une accélération du phénomène avec le transfert massif de bureaux vers des bistrots ou des épiceries. En cause évidemment la diminution du volume du courrier. La Cour des Comptes insiste donc pour que le processus d’abandon de bureaux de poste soit accéléré. Si la logique interne de la poste peut se comprendre, cette évolution contribuera un peu plus à la désertification de s de plus en plus privés de services publics mais aussi de commerces et d’emplois. Un phénomène renforcé par la mode de la sururbanisation qui vise à concentrer un maximum de population dans les très grandes agglomérations. Une curieuse conception de la politique d’urbanisme au moment même où la mobilité des biens, des personnes et des informations n’a jamais été aussi faciles et accessibles. Une sorte de contradiction sociétale avec les enjeux de l’environnement, de la sécurité est tout simplement de la qualité de la vie. Sans parler des conséquences sociales pour les populations les plus modestes de plus en plus contraintes de résider dans des banlieues très éloignées faute de pouvoir d’achat suffisant pour acheter ou louer un logement. La démonstration en tout cas que l’analyse trop sectorielle d’un champ d’activité conduit à des contradictions économiques et sociétales. Pas forcément la préoccupation de la Cour des Comptes dont la logique est surtout comptable.  »La Poste devra dans les années à venir chercher sans relâche à réduire les coûts de ses réseaux », notamment en poursuivant la réduction de ses effectifs et en maîtrisant l’évolution des rémunérations, affirme la Cour. La Cour des comptes préconise également une réorganisation du réseau de bureaux de poste, en transformant ceux à faible activité en zone urbaine et rurale. Cette restructuration est déjà en cours, souligne-t-elle. Sur 17.088 « points de contacts », 7.939, soit 46%, sont déjà gérés via des partenariats (par exemple avec des mairies ou des commerces). Les Sages évoquent également la nécessité de continuer à miser sur de nouveaux relais de croissance dans un contexte d’incertitudes.

2017 : Le Guen pousse Hollande vers la sortie

2017 : Le Guen pousse  Hollande vers la sortie

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement et proche du Premier ministre, pousse Hollande vers la sortie et Manuel Valls vers une candidature. Dans une interview au JDD Jean-Marie le Guen remet en cause la légitimité d’une décision individuelle de l’actuel président de la république. En clair le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement milite pour virer Hollande et le remplacer par Valls dans la perspective des présidentielles. Cela pour éviter une défaite encore plus catastrophique aux législatives. En effet d’après les propres scénarios de Solferino le groupe parlementaire socialiste pourrait passer de 250 députés à 80 voire même à 50 si la percée de Macron ce confirme. Il y aurait donc urgence à imposer un renoncement de François Hollande. Pour Le Guen,  François Hollande ne doit pas s’en tenir à prendre qu’ »une décision individuelle ». « Il y aura forcément dans le choix [de se représenter ou non] une dimension collective. » « Sa décision lui appartient bien sûr, mais ne concerne pas que sa personne et la trace qu’il veut laisser dans l’histoire », insiste encore le secrétaire d’Etat pour qui « la publication de son livre de confidences [Un président ne peut pas dire ça] a interpellé beaucoup de gens ». « Il en reste des appréhensions et des inquiétudes, des blessures qui ne sont pas dissipées ou des critiques qui ont été ravivées à cette occasion. » A l’inverse, Jean-Marie Le Guen valorise la position de Manuel Valls. Ce dernier « doit se préparer à d’autres éventualités », indique-t-il ainsi. Et si François Hollande renonçait à se présenter? « Je n’imagine pas que Manuel Valls ne prenne pas ses responsabilités », répond l’élu parisien qui assure : « J’ai le sentiment aujourd’hui d’un resserrement de l’esprit collectif des socialistes, notamment autour du Premier ministre. »

 

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