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«Coronavirus: vers une relocalisation économique en France ?»

«Coronavirus: vers une relocalisation économique en France ?»

Paola Fabiani est présidente-fondatrice de Wisecom et présidente du Comex40 du Medef pense que  la mondialisation telle que nous la connaissons remet en cause les gains générés par une économie globale » (tribune dans le journal l’Opinion)

 

 

En déplacement à Athènes le 25 février dernier, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a déclaré que « l’épidémie du coronavirus est un game changer dans la mondialisation », avant de souligner « la nécessité impérative de relocaliser un certain nombre d’activités ».

La pandémie que nous connaissons est en train de prouver que la mondialisation telle que nous la connaissons remet en cause les gains générés par une économie globale. Si elle a été source de croissance, d’ouverture et de nouvelles opportunités, elle revêt aujourd’hui une part moins radieuse et place les Etats membres de l’Union européenne dans une situation inconfortable quant à la notion de solidarité. L’appel de détresse de l’Italie ou de l’Espagne à la Chine est là pour nous le rappeler.

Jamais la dépendance des sociétés occidentales aux chaînes de valeur délocalisées dans les pays émergents, et notamment en Asie, n’a donc montré de façon si criante la nécessité de changer de paradigme. Le Président de la République lui-même, dans son allocation télévisée du 12 mars, affirmait d’ailleurs qu’« il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ».

Outre le fait de rendre malade une grande partie de la population française, le coronavirus a des impacts immédiats sur notre économie et in fine, sur notre façon d’envisager les rapports commerciaux. Il réactive la figure de l’homo œconomicus en replaçant le consommateur/l’usager comme agent capable de prendre en considération l’ensemble de l’environnement qui l’entoure afin de maximiser sa satisfaction et l’utilité de son action.

Exercice pédagogique. En 2020, le consommateur n’a en effet rien contre le fait de payer plus cher pour avoir un service de qualité à condition que ce surcoût soit accompagné d’une plus grande transparence et d’un exercice pédagogique explicitant les avantages qu’il engendre.

La course aux prix est une logique qui doit aujourd’hui être dépassée afin de laisser place à la qualité et la disponibilité comme facteurs déterminants dans des secteurs très concurrentiels.

Lorsque j’ai fondé Wisecom en 2005, le secteur des centres d’appels était dominé par la pratique de la délocalisation offshore. En installant nos sites de production en plein centre de Paris et en misant sur une offre sur mesure, Wisecom a fait le pari de développer une qualité de service au plus près du besoin de ses clients, garantissant de meilleures performances marketing et financières.

Pour atteindre ces objectifs, notre stratégie s’est accompagnée d’un recrutement de salariés qualifiés, aptes à pouvoir créer un vrai dialogue, interagir et conseiller les consommateurs, porter les messages de la marque mais aussi s’adresser à des fonctions stratégiques au sein de grands comptes. Une politique RH favorisée par l’implantation des locaux à Paris qui permet d’adresser un large bassin d’emplois donc un plus grand choix dans les profils (séniors, multilingues, experts sectoriels…)et un environnement de travail atypique pour une meilleure fidélisation de ses collaborateurs.

En évoquant ces derniers jours une vraie réorientation stratégique afin de limiter la dépendance française et européenne, et en assurant que la souveraineté technologique et industrielle est un prérequis à la souveraineté politique, Bruno Le Maire a fait preuve de pragmatisme et de bon sens

Chaînes de valeur. La localisation des chaînes de valeur permet par ailleurs de posséder une approche sur mesure et des qualités permettant à la fois de connaître le produit et l’environnement du client de manière approfondie. Elle est en outre source de proximité qui permet de bannir toute logique industrielle et de privilégier – dans le cas de Wisecom – la relation client en rendant l’échange plus simple, plus fluide, plus libre.

Que ce soit dans le secteur des centres d’appels ou dans tout autre domaine d’activité, la créativité et l’innovation doivent être continues. Elles commandent une culture de la performance qui doit être l’ADN des entreprises françaises dans la compétition internationale.

De fait, la promotion du Made In France, inusable argument de campagne et véritable succès de communication, ne peut désormais faire l’économie d’un changement de donne face à la crise sanitaire et économique que nous connaissons avec le Coronavirus. En évoquant ces derniers jours une vraie réorientation stratégique afin de limiter la dépendance française et européenne, et en assurant que la souveraineté technologique et industrielle est un prérequis à la souveraineté politique, Bruno Le Maire a fait preuve de pragmatisme et de bon sens.

Si (ré)installer son entreprise en France était jusqu’à présent une stratégie osée au regard des paramètres de compétitivité, la dramatique actualité de ces derniers jours place cette même stratégie comme la plus à même de répondre au « game changer » induit par la transformation de nos sociétés.

Paola Fabiani est présidente-fondatrice de Wisecom et présidente du Comex40 du Medef.

Coronavirus Italie : vers une stabilisation ?

Coronavirus Italie : vers une stabilisation ?

 

En nombre de décès et d’infectés, les dégâts sont toujours immenses en Italie mais les chiffres semblent toutefois indiquer une certaine stabilisation, ce qui signifierait que l’Italie a désormais atteint un pic . Les jours suivants seront déterminants pour vérifier si on peut envisager maintenant non seulement une stabilisation mais un tassement du nombre de victimes.  L’Italie a enregistré 683 décès supplémentaires liés au coronavirus en 24 heures, ce qui porte le total à 7.503 morts, annonce mercredi la Protection civile, soit une progression de 10% en un jour.

La veille, le pays le plus touché au monde par l’épidémie avait recensé 743 décès supplémentaires.

Le nombre total de cas confirmés est passé de 69.176 à 74.386. La progression est inférieure à 8%.

Le pays compte parallèlement 3.489 malades en soins intensifs, contre 3.396 la veille.

A l’inverse, le nombre de patients guéris a progressé d’un millier, passant à 9.362 contre 8.326 la veille.

La Lombardie, épicentre de l’épidémie en Italie, a enregistré pour sa part une hausse limitée des décès, dont le nombre a progressé de 7% à 4.474 morts.

Réguler le capitalisme vers davantage de progrès social

 Réguler le capitalisme vers davantage de progrès social

Dans un entretien au « Monde », c’est le propos de l’économiste Anton Brender estime qu’il est possible de revenir à une stratégie sociale-démocrate afin de renouer avec l’idée de progrès social .

Tribune

Anton Brender est économiste dans une société privée de gestion d’actifs. Professeur associé honoraire de l’université Paris-Dauphine, il a publié plusieurs ouvrages de macroéconomie sur les crises et les déséquilibres financiers, dont certains en collaboration avec Florence Pisani. Son dernier essai, Capitalisme et progrès social (La Découverte, 128 pages, 10 euros), propose une lecture de l’histoire du capitalisme et une réhabilitation du projet social-démocrate pour guider son futur.

Pourquoi les mécanismes qui étaient hier à l’origine d’avancées sociales sont aujourd’hui enrayés ?

On a trop longtemps oublié que les progrès observés dans les sociétés occidentales depuis que le capitalisme y a pris son essor ne peuvent être attribués au capitalisme laissé à lui-même. Au contraire, on les doit aux contraintes et aux régulations que nos sociétés lui ont peu à peu imposées : le capitalisme est devenu un moteur du progrès social parce que, loin de le laisser faire, nos sociétés se sont opposées à lui. Ce faisant, elles l’ont forcé à aller dans une direction qu’il n’aurait jamais empruntée de lui-même.

Le profit est en effet la seule boussole du capitalisme. Elle le conduit à accumuler toujours plus de capital et le pousse à acheter le moins cher possible le travail dont il a besoin pour valoriser ce capital. Elle le mène ainsi vers un problème : comment valoriser un capital qui ne cesserait de croître ? En s’opposant à lui, nos sociétés ont aidé le capitalisme à trouver la solution. Les luttes sociales, comme les combats politiques qui ont poussé à l’augmentation des salaires et à la réduction du temps du travail, ont permis à la consommation de progresser et ont permis une croissance continue de la demande.

Cette évolution a été lente et heurtée. Elle a abouti à un moment très particulier où, plein- emploi aidant, salaires et productivité ont été en hausse constante et la croissance économique, soutenue et presque régulière. Ces quelques décennies – on parle en France des « trente glorieuses » – ont été marquées par l’avènement de la « société de consommation » et, avec elle, de la consommation de masse. Le progrès social qui l’a accompagnée est difficile à nier. Le confort de la vie quotidienne s’est accru, non plus seulement pour une minorité, mais bien pour la grande majorité de la population. En même temps, des ressources toujours plus importantes ont pu être consacrées au développement d’infrastructures sociales – les systèmes de santé et d’éducation, les systèmes de retraites et de protection sociale… – qui, là aussi, ont amélioré les conditions de vie non plus seulement d’une minorité, mais bien de tous.

Vers un confinement mondial généralisé

Vers un confinement mondial généralisé

 

 

 

Les mesures prises par les différents pays diffèrent en fonction de la radicalité. Ceci tant,  avec le temps, progressivement, la plupart des pays se dirigent  vers un confinement général. Il n’y a donc pas d’un côté des pays qui soutiennent des stratégies très contraignantes en matière de mobilité et de relations sociales et de l’autre des pays plus tolérants qui -paraît-il- géreraient t la crise en douceur pour écrêter un pic susceptible de paralyser le système de santé. Cela est de la littérature (y compris avec des modélisations et des courbes pseudos scientifiques). Il y a simplement des pays en avance dans leur plan de lutte et des pays en retard. En fait, la totalité des pays se dirigent vers un confinement général. En France on se résout de la même manière qu’ailleurs à freiner voire interdire les lieux de contact mais toujours avec un flou assez irresponsable comme le  maintien ce dimanche des élections municipales.. De nombreux pays continuaient samedi de fermer leurs frontières, de placer en quarantaine les voyageurs, d’interdire les rassemblements de masse et de fermer lieux culturels et commerces pour tenter de contenir la propagation du coronavirus qui a fait plus de 5.000 morts dans le monde.

Accusé par ses détracteurs de ne pas prendre toute la mesure de la situation, le Premier ministre britannique Boris Johnson pourrait finalement durcir les mesures de précaution face à ce virus apparu en décembre en Chine et qui a depuis contaminé plus de 138.000 personnes.

Selon une source gouvernementale outre-Manche, une série de mesures d’urgence seront dévoilées la semaine prochaine, parmi lesquelles la possibilité pour l’exécutif d’interdire des rassemblements de masse et de prendre des mesures de compensation pour les entreprises. L’interdiction des rassemblements de masse pourrait, selon certains médias, entrer en vigueur dès la semaine prochaine et pourrait affecter le tournoi de tennis de Wimbledon, prévu fin juin.

Aux Etats-Unis, l’état d’urgence nationale a été décrété, ouvrant la voie au déblocage d’une aide fédérale supplémentaire de 50 milliards de dollars à destination des Etats et localités affectés. Signe d’une fragile trêve entre l’administration et l’opposition, le président Donald Trump a par ailleurs indiqué qu’il soutenait un programme d’aide sur le coronavirus, élaboré avec les démocrates, visant à rendre plus accessibles les tests de dépistage et accorder des congés maladie payés pour les travailleurs.

Emboîtant le pas à d’autres pays, au premier rang desquels les Etats-Unis, la Colombie a annoncé qu’elle allait fermer sa frontière à partir de 05h heure locale samedi avec le Venezuela et refuser l’entrée sur son territoire aux voyageurs ayant séjourné en Europe ou en Asie au cours des 14 derniers jours.

L’Arabie saoudite va de son côté suspendre tous les vols internationaux pour une durée de deux semaines, à partir de dimanche, selon l’agence de presse officielle SPA.A Taïwan, les voyageurs en provenance des 26 pays européens de l’espace Schengen, de Grande-Bretagne et d’Irlande seront eux placés à partir du 17 mars en quarantaine pendant 14 jours à leur arrivée sur l’île.

En Europe, qui est selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le nouvel “épicentre” du coronavirus, plusieurs pays continuaient samedi de fonctionner au ralenti.

Comme l’Italie, premier foyer du coronavirus sur le continent, Le gouvernement tchèque a annoncé la fermeture de la plupart des restaurants et des commerces à partir de samedi matin, à l’exception des stations service, des supermarchés et des pharmacies.

L’état d’alerte a été décrété au Portugal et en Espagne.

A Paris, la Tour Eiffel, le musée du Louvre sont fermés, tout comme le parc d’attractions Disneyland qui a annoncé qu’il fermait ses portes plus tôt que prévu, dès samedi matin et jusqu’à la fin du mois.

Le premier tour des élections municipales se tiendra toutefois lui comme prévu dimanche, dans des conditions sanitaires “strictes” promet le gouvernement français qui a fait le choix inverse de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis qui ont reporté leurs élections respectives.

En Asie, les autorités chinoises ont annoncé samedi de 11 nouveaux cas de contamination au coronavirus et de 13 décès supplémentaires en Chine continentale – où 3.189 personnes sont mortes et 80.824 personnes infectées par le virus depuis décembre dernier.

Faisant espérer une tendance à la baisse, la Corée du Sud a pour sa part fait état samedi de plus de personnes rétablies que de nouveaux cas, pour le deuxième jour d’affilée. En Asie il semble bien que le plan très contraignant de confinement ait donner des résultats tandis que dans des pays occidentaux comme la France emménage encore les préoccupations sanitaires, politiques et économiques.

Prospective ou utopie: vers l’autonomie alimentaire des villes ?

 

Une interview intéressante de  l’urbaniste Sabine Becker et le chercheur François Rouillay à l’occasion de la sortie de leur livre publié le 11 février intitulé « En route pour l’autonomie alimentaire ». Cependant, le  concept d’agriculture urbaine qu’ils prônent semblent faire l’impasse sur  l’existence des campagnes qui comme les villes structurent notre pays. On ne saurait réduire l’aménagement du territoire aux seules zones fortement agglomérées même entourées  de jardins supposés nourrir la population. Une vision assez réductrice voire caricaturale  de l’aménagement du territoire. Un concept d’agriculture urbaine d’abord utopique ensuite qui légitime une vision concentrationnaire d’un aménagement du territoire sous domination des villes. Une vision assez écolo bobo.  ( Interview dans la Tribune)

 

 

La notion d’autonomie alimentaire, à laquelle vous consacrez votre livre, est de plus en plus souvent évoquée dans le débat public autour de l’alimentation. Qu’est-ce qu’elle désigne?

 

SABINE BECKER et FRANÇOIS ROUILLAY - Liée à la nécessité d’une alimentation respectueuse du vivant, l’autonomie alimentaire renvoie à la perspective d’une « terre d’avenir » sur le territoire: c’est-à-dire d’une terre vivante en capacité de nourrir et maintenir en bonne santé ses enfants. Trois idées sont donc imbriquées dans cette notion: le respect du sol et de la biodiversité, le maintien de la santé, et une alimentation nécessairement locale.

Elle vise à restaurer le lien entre producteurs et mangeurs, qui aujourd’hui est coupé à deux endroits. Les producteurs sont en effet exposés à une concurrence mondialisée. Leurs produits voyagent des centaines, voire des milliers, de kilomètres avant d’atteindre les mangeurs, et sont parfois massivement gaspillés. Les producteurs ne voient donc plus la nourriture au travers du territoire et de leurs habitants, mais des comptes d’exploitation et des marchés. Les consommateurs pour leur part regardent la nourriture par le biais de la publicité, du temps pressé, de leur four à micro-ondes… Ils ne prennent plus le temps de travailler des produits bruts et de rencontrer les producteurs. Ils cherchent une facilité nutritive accentuée par les colorants, les exhausteurs de goût. Il faut donc un changement de regard pour induire un changement de comportement.

 

Quelle est justement l’utilité politique – en entendant le mot « politique » au sens large – de cette notion d’autonomie alimentaire?

Elle peut notamment permettre de transformer positivement les politiques d’aménagement du territoire. Pendant les 50 dernières années, l’étalement urbain a eu lieu au mépris du respect des zones de production de nourriture autour des villes. Les villes, qui auparavant étaient autosuffisantes, dépendent désormais de la chaîne alimentaire mondialisée pour se nourrir. Elles ne disposent plus que de trois jours de stock d’aliments en moyenne. Mais les risques de rupture de cette chaîne mondialisée sont divers: incendies, inondations, conflits sociaux, maladies… On peut donc affirmer que les villes sont aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire.

Les maires des communes ont ainsi la responsabilité politique de prendre des mesures pour assurer la sécurité alimentaire de leurs villes, pour en garantir la résilience en cas de rupture de la chaîne alimentaire, en créant, à côté des zones d’activité économique ou commerciale, des zones d’activité nourricière. Ils n’ont d’ailleurs besoin d’aucune autorisation pour faire cela. Ils peuvent acquérir des terres, comme l’a fait à Val-de-Reuil la Communauté d’agglomération Seine-Eure, afin de développer une agriculture biologique sur 110 hectares situés sur le périmètre de protection de captage de sa ressource en eau. La collectivité a même transformé un ancien bâtiment industriel, de 10.000 mètres carrés, en « pôle alimentaire », où les producteurs commercialisent leurs produits, les conditionnent, partagent des outils agricoles, organisent des cours de cuisine… En un an, cela a permis de recréer les 59 emplois détruits à cause de la fermeture de l’ancienne usine.

 

Tout repose donc sur les épaules des maires?

S’alimenter est l’affaire de tous. La partie se joue donc à quatre: l’apprentissage et l’organisation des 21 actions que nous suggérons dans notre livre réunissent élus locaux, monde économique, paysans et habitants. L’association Réseau Cocagne a par exemple créé 102 fermes biologiques d’insertion et 6 structures agroalimentaires autour de la France. Elles emploient plus de 5.600 personnes et génèrent 16,3 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels par la seule vente de légumes. A Amiens et Bayonne, les habitants retournent le gazon des HLM pour y construire des potagers.

La transition alimentaire implique d’ailleurs la transition agricole. Et dans cette transition les paysans, qui aujourd’hui vivent une crise terrible, doivent être accompagnés. Les structures de maraîchage du futur seront participatives et écologiques. C’est déjà le cas au Québec, ou des communautés de communes achètent des terres et y emploient des formateurs qui apprennent aux enfants, aux personnes en insertion, aux citoyens, à cultiver, conserver et cuisiner les produits.

Mais l’agriculture urbaine peut-elle vraiment nourrir les villes dans un monde de plus en plus urbanisé et où la population ne cesse de croître?

Afin d’assurer l’autonomie alimentaire des villes il faut inclure le territoire autour, celui compris dans un rayon permettant de les approvisionner en une heure. Et déjà aujourd’hui, 75% de la production agricole mondiale vient de petites exploitations.

Mais le développement de nouvelles techniques de régénération végétale permet désormais d’augmenter significativement la productivité de l’agriculture urbaine, et donc de mener des expériences de production intéressantes sur de petites surfaces, de mettre à profit les interstices cultivables. Des chercheurs à Rennes ont ainsi constaté que l’agriculture urbaine peut apporter beaucoup à l’autonomie alimentaire des villes, en permettant de réduire le périmètre d’approvisionnement. Sans compter ses autres atouts: l’éducation, la réduction des pollutions, la régénération des sols.

Cette autonomie alimentaire peut-elle coexister avec une économie mondialisée?

Oui, mais elle représente un monde séparé, fondé non plus sur la compétition, les marchés, les valeurs monétaires, mais sur le partage, la coopération, la proximité, le respect du vivant. Il s’agit tout d’abord de débrancher de la prise de la mondialisation, en se nourrissant sobrement. Ensuite, l’apprentissage de l’autonomie et de la coopération peut inspirer la mise en place d’autres biens, services, voire de systèmes monétaires locaux. Le partage créé l’abondance. Alors, les vents des marchés et de la finance peuvent passer au-dessus de ce monde sans impact.

À la veille des municipales, trouvez-vous que les Français sont demandeurs d’une telle transition?

Cela fait des années que nous suivons ces thématiques Et depuis quelques mois, nous avons constaté un véritable bond dans l’intérêt qu’elles suscitent. Deux thèmes reviennent en force dans quasiment tous les débats locaux en vue des municipales: l’environnement et l’alimentation.

Ces mêmes Français vous semblent-ils prêts à faire les sacrifices impliqués par l’autonomie alimentaire?

Toute transition conduit nécessairement à faire des choix. Retrouver le lien avec le sol et l’assiette demande de travailler davantage au profit du vivre ensemble que de la productivité. Et au départ, il y a certes un acte de courage, inhérent à la prise de conscience individuelle et collective de la nécessité d’un changement de cap. Mais les « sacrifices » demandés par le parcours de l’autonomie alimentaire ne sont pas si importants: on peut bien se passer de café ou de bananes… Il nous rend d’ailleurs en retour d’autres formes de confort, en dessinant des territoires où les gens ont envie de s’installer car la qualité de vie y est meilleure.

 Crise climatique : un coût  15.000 milliards de dollars d’ici 2050

D’après  étude  de WWF, d’ici 2050,si  rien n’est fait pour endiguer le déclin de la nature, la crise  pourrait se chiffrer à au moins 479 milliards de dollars par an en termes de PIB mondial, soit près de 15. 000 milliards d’ici à 2050. C’est ce que révèle cette étude menée dans 140 pays en collaboration avec les experts des universités américaines de Purdue et du Minnesota. Un travail de deux ans de recherche et de développement grâce à la contribution inédite de scientifiques, économistes et experts politiques du monde entier.

En revanche, des efforts ambitieux pour protéger et restaurer la nature amélioreront considérablement les résultats économiques. Il est encore possible d’inverser la tendance, avec une meilleure utilisation des terres et en préservant mieux les écosystèmes et la biodiversité», stipule le rapport. Les experts évaluent une augmentation du PIB mondial à 490 milliards de dollars par an si les États se tournent vers ces systèmes plus durables et conservent «les services écosystémiques des milieux naturels».

Les plus importantes pertes économiques – 327 milliards de dollars par an – seraient dues à l’érosion des côtes..

Les autres services fournis par la nature seront également durement impactés si rien n’est fait. Le rapport chiffre les pertes inhérentes à la déforestation à 128 milliards de dollars: avec des forêts réduites à peau de chagrin, c’est tout autant d’arbres qui n’aspirent pas de CO2 et ne joueront donc plus leur rôle naturel de réducteur de carbone. Les secteurs alimentaires et agricoles pourraient eux, connaître «des hausses de prix pour des produits comme le bois (+8%), le coton (6%), les graines oléagineuses (+4%) ou encore les fruits et les légumes (+3%)». Une montée des prix vertigineuse qui s’explique par la raréfaction de l’eau (quatre personnes sur dix en souffrent déjà dans le monde selon l’ONU), et la disparition des insectes pollinisateurs.

Transports gratuits: un champ d’expérimentation à suivre

 

Une véritable révolution en matière de transport au Luxembourg ( ailleurs aussi y compris dans quelques villes en France). . Ces derniers deviennent gratuits au Luxembourg pour le train le bus ou le tram. L’objectif est d’opérer un transfert modal significatif. Les transports collectifs sont en effet moins utilisé qu’ailleurs par exemple à Paris où 70 à 80 % des déplacements domicile travail sont effectuées via  les transports publics. Cette mesure sera à suivre de près car il y a aujourd’hui deux camps assez opposés en matière de développement des transports publics. Ceux qui prétendent qu’il convient de maintenir une tarification ne serait-ce que pour que l’usager prenne conscience du coût en tout cas d’une partie et ceux  qui sont pour une mesure plus radicale de gratuité. De toute manière,  il y a forcément un cou qui d’ailleurs est très peu couvert par l’usager puisqu’une grande partie est supportée par l’impôt notamment local. Il y a aussi le coup de perception de la tarification qui quelquefois est proche du prix payé par le voyageur.

Quelque 40 % des ménages utilisent les transports publics au Luxembourg et la gratuité, vantée par le gouvernement comme « une mesure sociale », représentera une économie estimée à environ 100 euros en moyenne par foyer et par an.

 

Pour le ministre chargé de la mobilité, l’écologiste François Bausch, « il faut vraiment changer le système »« Partout dans le monde, on doit faire le même constat : la mobilité, telle qu’elle est organisée aujourd’hui, est un échec : des embouteillages partout, l’espace urbain ne fonctionne plus, au niveau rural les gens sont délaissés », a-t-il expliqué samedi à l’AFP. Les embouteillages sont fréquents dans ce petit pays prospère de 610 000 habitants où la voiture est reine. Quelque 47 % des déplacements professionnels y sont effectués par ce moyen.

Le bus n’est utilisé que pour 32 % des déplacements pour se rendre au travail, devant le train (19 %). A titre de comparaison, à Paris, près de 70 % des travailleurs empruntent les transports publics.

Quelque 200 000 transfrontaliers rejoignent, en outre, quotidiennement le Luxembourg pour y travailler, dont 100 000 en provenance du Grand-Est. Les frontaliers représentent près d’un salarié sur deux. Tout comme la population résidente, ils utilisent majoritairement la voiture.

Vers la disparition des plages à terme ?

Vers la disparition des plages à terme ?

 

Avec le réchauffement climatique et de développement du nombre et de l’ampleur des tempêtes, les plages sont menacées de disparaître à terme. Avec le réchauffement climatique, le niveau des océans s’élève. Et la mer finit par grignoter le littoral. Résultat : l’eau menace une partie de l’habitat en bord de mer, les terres agricoles et la nappe phréatique qui se charge en sel. Selon la nature du littoral, ce recul de la terre ferme peut aller de quelques centimètres par an pour les falaises à un ou deux mètres pour certaines plages. D’ici à 2050, 300 millions d’habitants risquent d’être confrontés à des inondations côtières au moins une fois par an. Alors, pour faire face à l’érosion du littoral, en Normandie, chercheurs et élus se mobilisent. Notre journaliste est allé à leur rencontre. Pour en venir à cette conclusion, les scientifiques ont utilisé des images satellites. Ils ont étudié la manière dont les plages ont évolué au cours des 30 dernières années et ont ainsi pu prédire les impacts que le changement climatique aurait sur elles.

« D’ici la fin du siècle, la moitié des plages du monde vont souffrir d’une érosion de plus de 100 mètres », explique le chercheur Michalis Vousdoukas, qui a dirigé l’étude. « Il est très probable qu’elles disparaissent. »

Plus la température de la planète augmente, plus les plages sont en danger. En cause: l’augmentation du niveau de la mer et de violentes tempêtes. Certaines plages pourraient être englouties par les vagues.

Les scientifiques ont travaillé à partir de deux scénarios, celui « du pire » où les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur rythme actuel, ou un autre scénario où le réchauffement climatique est limité à 3°C, un niveau toutefois élevé. Dans le scénario du pire, 49,5% des plages de sable disparaîtraient, soit environ 132.000 km de côte. Dans l’autre cas, environ 95.000 km seraient concernés, soit un tiers des littoraux sablonneux de la planète.

L’activité humaine sur de nombreuses zones côtières, notamment les constructions sur les rives et l’élévation de digues, aggrave la situation en réduisant la quantité de limon qui s’écoule dans l’océan. Ces fines particules sont pourtant nécessaires à la bonne santé des plages.

Si les plages venaient à disparaître les unes après les autres, les vacanciers ne seraient pas les seuls à en souffrir:

« En dehors du tourisme, les plages de sable offrent souvent le premier mécanisme de protection contre des tempêtes et des inondations et sans elles, les impacts des événements climatiques extrêmes seront probablement plus forts », a averti Michalis Vousdoukas, chercheur au Centre commun de recherche de la Commission européenne. « Nous devons nous préparer ».

Certains pays seront plus touchés que d’autres, d’après les scientifiques. En Gambie et Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest, plus de 60% des côtes sablonneuses pourraient disparaître.

L’Australie serait le pays le plus durement touché, avec près de 15.000 km de plages de sable rayés de la carte d’ici à 80 ans, devant le Canada, le Chili et les États-Unis. Le Mexique, la Chine, la Russie, l’Argentine, l’Inde et le Brésil font aussi partie des pays en première ligne.

Croissance France: L’activité manufacturière vers le rouge

 

Depuis plusieurs mois déjà,  le niveau de l’activité manufacturière se tasse ; elle même passe dans le rouge en février. Le virus chinois n’est pas le premier responsable de cette tendance à la baisse qui s’inscrit dans une évolution structurelle. Ce virus va cependant accélérer l’affaiblissement économique ; Maintenant on s’attend à une croissance nulle voire négative en 2020. L’indice PMI des directeurs d’achat, qui mesure la performance globale du secteur sur la base des données recueillies auprès d’un panel de 400 entreprises opérant en France, est passée sous le seuil des 50, à 49,8, contre 51,1 en janvier, selon un communiqué. Un niveau inférieur à 50 points signale un repli de l’activité, tandis qu’une valeur supérieure à cette limite traduit une expansion.

Si la production en elle-même a légèrement reculé pour la première fois depuis quatre mois, c’est surtout la chute du niveau des nouvelles commandes qui explique cette contraction. « Les répercussions de l’épidémie de coronavirus se sont étendues au secteur manufacturier français en février, comme en témoignent de nombreuses entreprises qui attribuent la baisse de leurs carnets de commandes à la crise sanitaire », a commenté Eliot Kerr, économiste à IHS Markit, cité dans le communiqué.

L’impact le plus sévère se retrouve sur les chaînes d’approvisionnement: « l’indice des délais de livraison des fournisseurs affiche en effet un plus bas d’un an, de nombreuses entreprises interrogées attribuant les retards de livraison d’intrants aux perturbations liées à l’épidémie », a-t-il ajouté.

 

L’épidémie vient par ailleurs s’ajouter à un contexte difficile, avec l’affaiblissement du secteur automobile et l’arrêt de la production du Boeing 737 Max, qui a pénalisé de nombreux sous-traitants de l’avionneur.

Biodiversité : pas très timides vers 2050

Biodiversité : pas très  timides  vers  2050

 

Comment d’ici 2050 gérer les écosystèmes et durablement les ressources naturelles, c’est théoriquement la mission de la Convention sur la biodiversité biologique (CDB) qui vient tenir à Rome avec 140 pays. En fait , des pas  plus que timides puisque s’affrontent ceux qui veulent limiter les moyens d’action classiques de défense  de la biodiversité et ceux qui veulent des mesures plus fondamentales de remise en cause du système de production et du mode de consommation. Sans parler de ceux qui veulent tout bloquer comme le Brésil. Des mesures partielles par exemple quand on envisage (rien n’est encore décidé) d’une totale protection de 10 % des territoires et pour 30 % d’une semi protection. Pour les 10 ans à venir, on propose seulement de réduire de 50 % la pollution par les produits chimiques. Mais certains pays ne veulent pas entendre parler de la suppression des pesticides ou même de la mise en cause du plastique. 

Pour WWF, le texte qui sera adopté en octobre et fixera un cadre pour les décennies à venir doit s’attaquer aux secteurs contribuant à la perte de biodiversité: agriculture, pêche, infrastructures, les activités minières et forestières. « Si vous ne parlez pas de ces secteurs, il ne sera pas possible d’atteindre les objectifs pour 2030″, avertit Marco Lambertini de WWF. Certains pays souhaitent pourtant « se focaliser sur une protection plus traditionnelle de la biodiversité », sans s’attaquer aux modes de production et de consommation, poursuit-il. L’ONG « s’inquiète du manque de progrès et du rythme du processus » de négociations, complète Guido Broekhoven, de WWF International, alors qu’il ne reste que huit mois.

Nicolas Sarkozy : retour d’ascenseur vers Arnaud Lagardère

Nicolas Sarkozy : retour d’ascenseur vers  Arnaud Lagardère

On comprend mieux pourquoi un journal comme le JDD, propriété de Lagardère, soutient avec un tel enthousiasme le pouvoir en général et Sarkozy en particulier dans ses affaires politico-financières. Ainsi dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Sarkozy, le JDD a sans doute été le seul média à prendre l’initiative d’une contre-enquête qui innocente complètement Nicolas Sarkozy. Le problème est que la maîtrise du groupe Lagardère est menacés par  le fonds activiste Amber Capital. Arnaud Lagardère pourrait même en perdre la maîtrise au profit de ce fonds. Dans cette bataille financière dantesque, Lagardère sollicite donc  l’ancien président de la république pour rejoindre  le conseil de surveillance du groupe Lagardère. C’est en mai, à l’occasion de l’assemblée générale, qu’interviendrait cette nomination. Nicolas Sarkozy pourrait faire jouer son carnet d’adresse internationale pour aider le camp Lagardère a conservé la direction du groupe.

Le fonds britannique Amber, qui fustige tout à la fois la stratégie et la gouvernance de Lagardère, a renforcé ses positions. Depuis la mi-février, avec 10,58 % du capital, il est devenu le deuxième actionnaire du groupe, derrière le fonds souverain du Qatar (13 %), mais devant Arnaud Lagardère (7,3 %), même si ce dernier conserve encore davantage de droits de vote. Fort de sa position, Amber Capital compte bien passer à l’attaque. Il souhaite demander la nomination d’un ou plusieurs membres du conseil de surveillance et, surtout, faire chavirer la gouvernance du groupe. Le fond milite en effet pour la suppression du statut de commandite, qui rend actuellement le dirigeant de l’entreprise, Arnaud Lagardère, inamovible.

C’est pour parer le coup que celui-ci appelle à la rescousse l’ex-locataire de l’Élysée. Les deux hommes se connaissent de longue date. Surtout, Nicolas Sarkozy a toujours entretenu des relations très étroites avec le Qatar, premier actionnaire de Lagardère et pièce maîtresse dans l’affrontement attendu en mai. Face à Amber Capital, Arnaud Lagardère tente, grâce à Nicolas Sarkozy de consolider ses alliances. Ces enjeux financiers permettent de mieux comprendre certains liens sulfureux entre la politique et la finance. Notons que le JDD es aussi un soutien inconditionnel de Macron et même un soutien militant qui pourrait être utile dans cette bataille.

Aides aux pays pauvres détournées en partie vers des paradis fiscaux

Aides aux pays pauvres détournées en partie  vers des paradis fiscaux

Il est clair que depuis des années et des années, la politique d’aide au développement est mise en cause. D’abord parce qu’elle n’est pas forcément orientée au service d’objectifs pertinents, d’autre part parce qu’elle se négocie trop souvent avec des responsables politiques et autres intermédiaires qui en profitent pour prendre leur dîme, enfin parce qu’une autre partie se perd dans les sables des superstructures de développement. Sans parler évidemment des détournements immédiats qui vont directement rejoindre les paradis fiscaux. Selon la Banque mondiale, une part non négligeable des aides qu’elle fournit aux pays les plus pauvres serait détournée vers des paradis fiscaux. Le taux de fuite atteindrait au total 7,5%. Il s’agit là sans doute de la fuite visible car une partie plus importante disparaît dans les processus d’aide complètement inefficaces. De ce point de vue, c’est toute la politique du développement qui devrait être remise à plat. Et dans certains pays, il faudra que l’expert de la Banque mondiale soit présent physiquement en permanence auprès de l’ouvrage ou du service en élaboration avec le carnet de chèques pour régler directement les prestataires sans aucun intermédiaire.

Ce chiffre de la corruption signalée par la banque mondiale émerge d’un rapport de 45 pages titré «L’aide financière accaparée par les élites»Le texte se concentre principalement sur les 22 pays les plus dépendants des aides de la Banque mondiale. Selon lui, ces transferts d’argents douteux vers les paradis fiscaux sont probablement le fait des «politiciens au pouvoir, des bureaucrates et de leurs acolytes»: ils sont en effet «plus importants pour les pays les plus corrompus». Les pays africains sont particulièrement visés: 19 des 22 pays les plus aidés par la Banque mondiale, appartiennent à ce continent.

La destination de ces transferts d’argent? «la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïmans et Singapour», précisent les auteurs, «des centres financiers offshore connus pour leur opacité et leur gestion privée de fortune». Les auteurs prennent cependant des pincettes, et ne parlent de ce lien de causalité qu’au conditionnel… Tout en écartant les autres hypothèses qui pourraient, normalement, expliquer de tels transferts d’argent: des catastrophes naturelles ou des crises économiques, par exemple. «Des interprétations alternatives existent, mais nous les trouvons difficile à concilier avec toutes les données», concluent-ils.

La publication de cette étude au ton tranché n’aurait pas manqué de provoquer des remous dans les plus hautes sphères de la Banque mondiale. Selon The Economist, la publication aurait ainsi été bloquée par l’état-major de la Banque mondiale, précipitant le départ de Pinelopi Goldberg, économiste en chef, début février. Le texte sera finalement rendu public avec près d’un an de retard. Face à ces rumeurs, l’institution a réagi au travers d’un communiqué mardi 18 février en affirmant que le retard de publication n’était dû qu’à des vérifications, et qu’elle prenait «près au sérieux la corruption et les risques fiduciaires qui lui sont liés».

Ce rapport qui met le doigt sur la corruption de certaines élites relance le débat quant à l’efficacité des aides versées par la Banque mondiale, que les auteurs qualifient volontiers de «controversées». «L’efficacité des aides dépend en grande partie de la qualité des institutions et des politiques des pays qui les reçoivent», soulignent-ils. Le Financial Times enfonce le clou: pour le quotidien, ce rapport est la preuve qu’une organisation qui tente d’«“améliorer la situation économique dans les pays en développement, participe peut-être, sans le savoir, à exacerber le fossé entre les riches et les plus pauvres».

Menaces US vers la Chine : bloquer les ventes de moteurs d’avions

Menaces US vers la Chine : bloquer les ventes de moteurs d’avions

 

 

Pour faire pression sur les relations commerciales américano chinoises, les États-Unis agitent  la menace d’un blocage des ventes du célèbre moteur CFM. Une manière aussi de protéger l’avantage technologique dans certains domaines des États-Unis. Mais un aspect qui concerne aussi la France. En effet, le moteur est construit en collaboration entre GE et le français Safran Aircraft Engines.

Pendant des années, les Etats-Unis ont soutenu les compagnies américaines qui souhaitaient faire des affaires avec la Chine, ce qui a permis de booster l’industrie de l’aviation civile.

Le gouvernement américain a autorisé jusque-là la vente de moteurs, de systèmes de contrôle de vol, et d’autres composants destinés au plus gros avion commercial jamais construit en Chine, le COMAC C919. L’appareil, qui a effectué ses premiers tests en 2017, doit entrer en service l’année prochaine.

Mais l’administration Trump évalue la possibilité de refuser de donner à GE le permis pour livrer le moteur CFM LEAP-1C, selon des sources proches du dossier. Cette éventualité a aussi été rapportée samedi par le Wall Street Journal.

Cette restriction sur les ventes constituerait une nouvelle étape dans la course que se livrent les Etats-Unis et la Chine pour l’hégémonie technologique.

Politique: finance, scandale, lobby……la France vers le modèle américain

 

 

Avec retard mais sûrement,  la démocratie en France se dirige vers un modèle démocratique  à l’américaine. Pendant longtemps,  la France avait fait exception. D’abord en refusant de mélanger vie privée et de vie publique. Une exception dont par exemple Mitterrand a largement profité et à juste titre. Ensuite progressivement, les plus hauts responsables ont exhibé leur vie personnelle et familiale afin de satisfaire le voyeurisme des  certains électeurs friands de médias et télés- réalité.  Mais en retour, certains de ces dirigeants ont été victimes de cet exhibitionniste. Le second aspect et pas des moindres, c’est celui de l’importance de la finance dans les principales élections. Avec des campagnes   de plus en plus conçues comme des produits de publicité avec tous les moyens y afférents.

Du coup,  le coût des campagnes est monté de manière vertigineuse. Désormais des dizaines et des dizaines de millions sont nécessaires pour occuper l’espace médiatique, le saturer  même et étouffer ses adversaires avec la communication. Car c’est bien le drame,  la communication a pris le pas sur le fond. Pour preuve les slogans idiots de la plupart des candidats,  sans véritable contenu, comme celui d’un soda ou d’une marque de lessive. Les experts de la com. ont pris le pouvoir dans les équipes de campagnes sur les experts et les politiques. Un exhibitionnisme aussi bien  les campagnes électorales  que pendant un mandat. Ainsi un président de la république comme Macron s’inflige-t-il des représentations thématiques ou géographiques permanentes presque tous les jours pour uniquement les  médias.

Dernier exemple en date quand Macon, pour reverdir sa politique, s’affiche en doudoune Rossignol au Mont-Blanc. Une doudoune aux couleurs nationales. L’ennui c’est que la doudoune a été conçue dans un pays de l’Est à partir de tissus italiens et que la marque Rossignol est maintenant dans les mains d’un fonds scandinave. Ces déplacements et exhibitions désacralisent aussi la fonction d’un président qui doit pourtant prendre de la distance pour orienter le pays et non se mêler de tout sans savoir exactement  ce qu’il fait. La finance dans les campagnes a forcément un rôle essentiel car il n’y a aucun candidat disposant des 30 ou 50 millions nécessaires. Initialement, le total ne doit pas dépasser 10 millions mais les candidats utilisent différents biais pour dépasser et de loin cette limite. Et la commission de contrôle des comptes des candidats, pratiquement sans moyens, ferme les yeux.

Évidemment pour résoudre cette équation financière, les lobbys jouent  un rôle primordial. Des lobbys nationaux internationaux. Aussi des financements douteux venant de l’étranger.  . Pour Macon, c’est clairement le lobby financier et économique dominant qui a financé la campagne.

Le  candidat n’aurait jamais pu financer sa campagne sans une infime fraction de donateurs fortunés. 48 % de ces 16 millions d’euros, ont été récoltés grâce à « seulement » 1 212 dons de 4 500 euros et plus. Ces gros chèques ont été d’autant plus essentiels qu’ils ont longtemps représenté l’essentiel des ressources dont disposait le candidat. En fait, ce sont surtout 800 gros donateurs de Paris qui ont financé la campagne de Macron. Il faut ajouter à cela les faciliter accorder par certains lors de la campagne. Une affaire qui a fait l’objet une procédure judiciaire et qui a été récemment enterré. Comme sera sans doute aussi enterrer l’origine des fonds de la campagne de Macon.

La France s’oriente donc bien vers une sorte de modèle américain.  il faut d’abord aligner les dollars, être soutenu par les lobbies et afficher sa vie personnelle à la Une des journaux à scandale dont raffolent certains électeurs qui ne comprennent pas grand-chose aux enjeux politiques mais qui font la différence souvent à partir d’aspects complètement anecdotiques. Une réflexion mériterait d’être engagée sur cette perversion de la démocratie et pas seulement au niveau national également au niveau local où les barons reproduisent à leur niveau le même système.

whiskys américains : moins 27% vers l’UE

whiskys américains : moins 27% vers l’UE

L’ensemble des exportations de spiritueux américains, qui avait bondi de 55% sur les dix dernières années à la faveur d’un regain d’intérêt pour le bourbon du Kentucky ou le whisky du Tennessee, ont été affectés par les mesures de représailles des États-Unis sur  notamment l’acier et l’aluminium de l’union économique. Au total, ces exportations  ont baissé de 14% en 2019. Celles destinée à l’union économique ont diminué de 27 %.

En représailles aux subventions européennes accordées à l’avionneur Airbus, l’administration américaine impose depuis octobre une taxe de 25% sur les importations de whisky single malt d’Ecosse et d’Irlande du Nord ainsi que sur certaines liqueurs d’Allemagne, d’Irlande, d’Italie, d’Espagne et du Royaume-Uni. l’association représentant les whiskys écossais a déjà indiqué mardi que les exportations de ces produits vers les Etats-Unis avaient plongé de 25% au quatrième trimestre.

Selon une récente proposition, cette taxe pourrait être relevée à 100% et s’appliquer également au cognac français, particulièrement prisé aux Etats-Unis, ainsi qu’à l’ensemble des whiskys et vins européens.

2020- 2021- Vers une stagnation de la croissance (Laurence Boone , OCDE)

2020- 2021- Vers une stagnation de la croissance  (Laurence Boone , OCDE)

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Prospective- Vers une stagnation de la croissance (Laurence Boone , OCDE)

Prospective- Vers une stagnation de la croissance   (Laurence Boone , OCDE)

 

 

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Vers une stagnation de la croissance : (Laurence Boone , OCDE)

Vers une stagnation de la croissance :  (Laurence Boone , OCDE)

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Vers une pénurie d’essence ?

Vers  une pénurie d’essence ?

 

Avec les menaces de grève annoncée dans certaines raffineries la question se pose de savoir si le pays risque d’être confronté à une pénurie d’essence. En réalité les réserves sont largement suffisantes satisfaire les besoins des consommateurs notamment des automobilistes. Le problème c’est que cette menace de rationnement éventuel du carburant se conjugue avec de graves dysfonctionnements dans les transports collectifs. Du coup, c’est plutôt la panique des automobilistes remplissant préventivement leur réservoir qui  pourrait créer une situation de crise. Pour l’instant, la situation des raffineries est loin d’être dramatique. Surtout en raison de la possibilité d’utiliser les stocks stratégiques

En France, les stocks stratégiques sont gérés par le Comité professionnel des stocks stratégiques pétroliers instauré par la loi Billardon du 31 décembre 1992. Chaque société distribuant des carburants en France doit mettre à disposition en permanence un volume équivalent à 29,5 % de ses ventes de l’année précédente (soit légèrement plus que les 90 jours demandés par l’AIE). La loi prévoit également que la France dispose de 55 jours de réserves de carburant aviation

Les stocks stratégiques instaurés par la loi de 1992 sont entièrement financés par les sociétés pétrolières qui mettent à la consommation. Une partie, 15 % en moyenne en 2017, est assurée directement par les sociétés. Le reste, 85 %, est réalisé par une filiale commune de statut entièrement privé, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité (SAGESS).

Contrairement aux réserves américaines ou japonaises, regroupées dans des dépôts de très grande taille, la RSP française est éparpillée dans 235 sites de stockage répartis sur l’ensemble du territoire.  Un important dépôt souterrain existe cependant à Manosque, géré par Géosel. Dans les faits, les stocks collectifs de la SAGESS, entièrement financés par endettement, seuls réellement mobilisables en cas de crise, sont répartis sur 81 sites dont la vocation mixte, commerciale et stratégique, contribue à l’immédiate disponibilité des stocks. Pour l’instant quelques raffineries sont affectées par des mouvements sociaux.

 

La raffinerie de Lavéra à Martigues (Bouches-du-Rhône) a commencé à être mise à l’arrêt par ses salariés en grève hier lundi 23 décembre et un appel à l’arrêt des salariés de celle de Grandspuits (Seine-et-Marne), en région parisienne, a été lancé. A La Mède, le dépôt pétrolier de Total est complètement arrêté depuis le 5 décembre, précise l’AFP. Mardi 24 décembre au matin, l’application Essence&Co relevait 361 stations en rupture partielle (au moins un carburant manquant) et 123 stations en rupture totale. C’est donc bien moins que lors des précédents blocages, début décembre, avec près de 800 stations qui étaient à cours d’au moins un carburant. Le nombre de stations en rupture totale progresse lentement: elles étaient 108 lundi midi, 121 à 17h et donc 119 au dernier pointage d’Esssence&Co un peu plus tard dans la matinée de ce 24 décembre.

C’est avant tout la crainte d’une pénurie qui la provoque: début décembre, on constatait par exemple des stations en rupture dans des zones qui n’étaient pourtant pas concernées par des blocages de dépôts de carburant. Dans ce contexte, il est recommandé de ne pas effectuer de « pleins de précaution ». Le gouvernement se montre ainsi rassurant, estimant que « la logistique pétrolière en France est robuste puisqu’elle repose sur un réseau dense de 200 dépôts, reliés aux raffineries par oléoducs, par voie fluviale, maritime ou ferroviaire » et que  »seuls deux dépôts sur 200 connaissent des difficultés temporaires dans leurs expéditions, et tous les autres dépôts assurent normalement leur fourniture de produits vers les stations-services ».

Le ministère de la Transition écologique et solidaire tient aussi à rassurer: « Toutes les raffineries de France métropolitaine continuent à produire, et six raffineries sur sept assurent leurs expéditions normalement ». Au gouvernement, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne appelle les automobilistes au calme, et assure que, dans la majorité des cas, le fonctionnement des raffineries et dépôts ne donne lieu à aucune inquiétude, à moins qu’un effet de panique des conducteurs à la pompe ne bouscule cet équilibre., Une hypothèse qui n’est pas impossible quand la ministre en question gère la situation depuis sa résidence de vacances à Marrakech.

 

Vers l’autoconsommation électrique ? (d’Hervé-Matthieu Ricour, Engie)

Vers l’autoconsommation électrique ?  (d’Hervé-Matthieu Ricour, Engie)

Dans une tribune de l’Opinion , d’Hervé-Matthieu Ricour, Engie) propose de renforcer notoirement l’autoconsommation électrique.

 

« L’urgence écologique et climatique est officiellement déclarée, elle est devenue le sujet n° 1 des conversations en France (1). Dans ce contexte de crise environnementale, la question des ressources énergétiques est plus centrale que jamais. Comment produire et consommer moins mais mieux, pour faire baisser le bilan carbone ? Chacun veut faire sa part afin d’y contribuer et d’agir pour la planète, tout en limitant sa facture individuelle. Décentraliser la production et développer l’autoconsommation électrique, plébiscitée par deux Français sur trois (2), permet justement de résoudre cette équation.

La mise en œuvre suppose un changement de paradigme ambitieux. Il implique de passer du mode de production et de distribution hyper centralisé, qui a prévalu jusqu’ici, au développement de ressources énergétiques locales renouvelables. Mais aussi d’une politique de tout-investissement à la valorisation des ressources d’un territoire. Les avantages économiques : éviter une partie des investissements destinés à renforcer les réseaux (300 millions d’euros en 2018 pour le seul Enedis, ainsi qu’une partie des 33 milliards d’euros d’ici quinze ans pour RTE), et donc l’alourdissement de la facture pour les particuliers. Le bénéfice environnemental : limiter l’empreinte carbone en développant la production renouvelable et en stimulant une consommation responsable. L’impact citoyen : faire des consommateurs des acteurs engagés et solidaires des enjeux énergétiques.

Bonne nouvelle, les solutions renouvelables, telles que le solaire ou l’éolien, sont en plein essor pour offrir une électricité plus verte. Concrètement, nous offrons par exemple une gamme de solutions sur mesure aux particuliers pour installer un système photovoltaïque, grâce à notre dispositif My Power, adossé à l’outil numérique Google Sunroof, permettant d’évaluer le potentiel solaire de son toit. Et demain, le développement de communautés énergétiques, encouragé par une nouvelle directive européenne, devrait aussi favoriser l’essor de l’autoconsommation collective, donc décentralisée.

Cette transition suppose également de nouveaux modes de stockage de l’énergie produite, par exemple, avec les véhicules électriques. Le principe est simple : récupérer l’énergie stockée dans la batterie de la voiture pour l’injecter dans le circuit de son logement ou la redistribuer dans le réseau général.

Mais pas de réponse à la crise climatique sans sobriété énergétique, en commençant par comprendre ses comportements de façon à pouvoir agir dessus. L’une des solutions est alors l’effacement électrique qu’il faut promouvoir. Il s’agit de limiter sa consommation aux heures d’affluence, par exemple en début de soirée par grand froid l’hiver, notamment grâce au système d’effacement Ekko que nous allons lancer cet hiver. Ce système consistera à aider les particuliers à limiter leur consommation électrique à un moment de forte tension sur le réseau, en décalant la mise en route de leur chauffage de quelques minutes. De quoi moins recourir aux centrales carbonées alors activées, ou à de nouveaux équipements pour augmenter les capacités du réseau national.

Si l’objectif environnemental est aujourd’hui bien compris, des contrats peuvent encourager ces bonnes pratiques, en assurant des compensations financières. Cela devrait permettre d’aller encore plus loin et de favoriser l’organisation d’un véritable marché local de l’effacement, où tout un chacun pourrait valoriser sa contribution. Un principe gagnant-gagnant de flexibilité énergétique décentralisée, pour le climat comme pour les consommateurs, donnant à tous le sentiment d’agir pour demain.

Vers une réforme profonde de l’UE ?

Vers une réforme   profonde de l’UE ?

 

Macron récemment  a déclaré que l’OTAN était en mort cérébrale. D’une certaine manière, on pourrait en dire autant de l’Europe dans la mesure où  le principal moteur qu’étaient  l’Allemagne et la  France est complètement en panne. L’une des principales questions concerne la politique de défense de l’union européenne qui évidemment ne peut être soumise totalement aux évolutions caractérielles du président américain et qui dépend trop du bouclier US. Le second problème aussi urgent concerne la relance économique autour des investissements et des enjeux stratégiques que constituent  le numérique, la transition énergétique, les investissements publics. L’union économique doit se persuader que pour la dizaine d’années qui vient le monde connaîtra une assez longue période de croissance faible voire même une période de crise. Dès lors, on  ne peut tout miser sur la force des exportations d’autant plus qu’elles manifestent une grande faiblesse concertant certaines nouvelles technologies. Bref, il faut  de redonner un sens économique mais  aussi politique à une Europe de plus en plus mise en question par la montée des nationalismes. Il faudra du temps pour  faire l’analyse de la situation actuelle, de ses atouts comme de ses faiblesses. Un temps d’autant plus nécessaire qu’il  conviendra d’associer les populations à la réflexion. Dans ce contexte, Paris et Berlin appuient l’idée d’une “conférence sur l’avenir de l’Europe” s’étalant sur plus de deux ans, de 2020 au premier semestre 2022, afin de renforcer l’unité et la souveraineté de l’UE face aux nombreux défis auxquels elle doit faire face.

Cette “conférence” réfléchirait aux réformes susceptibles, entre autres buts, de promouvoir la démocratie et d’améliorer le fonctionnement d’un bloc réduit à 27 Etats membres après le retrait programmé des Britanniques le 31 janvier 2020.Parmi ces défis figurent le rôle de l’Europe dans le monde et sa sécurité. Emmanuel Macron a estimé ce mois-ci, dans une interview à l’hebdomadaire britannique The Economist, que l’Alliance atlantique était en état de “mort cérébrale” et le président français a exhorté l’Europe à renforcer ses capacités de défense face à des Etats-Unis devenus trop imprévisibles. Le document mentionne le voisinage immédiat de l’UE, la numérisation, le changement climatique, l’immigration, la lutte contre les inégalités, l’”économie sociale de marché” et l’état de droit comme les autres domaines dans lesquels les Européens doivent renforcer leur unité.

Cette conférence sur l’avenir de l’Europe devrait se nourrir de consultations citoyennes et déboucher sur une série de recommandations – à soumettre aux dirigeants des Vingt-Sept – lors de sa clôture au premier semestre 2022.La France et l’Allemagne se sont retrouvées en désaccord sur plusieurs dossiers ces derniers mois, de la réforme de la zone euro à, plus récemment, des sujets comme l’Otan ou l’élargissement des Balkans. L’idée de cette proposition conjointe sur l’avenir de l’Europe est de montrer que la coopération franco-allemande, vitale pour la dynamique européenne, n’est pas elle-même en état de “mort cérébrale”, indique une source diplomatique française.

5 décembre: vers une grève par procuration ?

5 décembre: vers une grève par procuration  ?

 

Curieusement les Français qui étaient pourtant favorables à la suppression de régimes spéciaux il y a quelques semaines aujourd’hui sont beaucoup plus divisés. Il y a même une majorité qui se dégage que le gouvernement abandonne désormais sa réforme. Pire, le mouvement  de 5 décembre est très largement soutenu et pourrait peut-être constituer une sorte de grève par procuration sans doute pour manifester un mécontentement sur les retraites mais aussi  un mécontentement social général .

D’après , l’IFOP-Fiducial pour CNews et Sud Radio  près de deux Français sur trois (64%) déclarent que le mouvement du 5 décembre est justifié (dont 32% jugent même qu’il est « tout à fait justifié »). Au printemps 2018, à peine plus de quatre personnes interrogées sur dix déclaraient que la mobilisation des cheminots en faveur du maintien de leur statut était justifiée (44% lors de la dernière mesure de l’IFOP en mai 2018).

 

Politiquement, on note que cette justification du mouvement est particulièrement large à gauche de l’échiquier politique (98% parmi les sympathisants La France Insoumise et 88% parmi ceux du Parti socialiste) tandis qu’à droite les sympathisants se montrent plus partagés (43% des sympathisants LR justifient le mouvement). Sur ce point, une opposition radicale s’exprime entre les sympathisants LREM et les sympathisants frontistes : trois sympathisants LREM sur quatre ne justifient pas la Grève du 5 décembre tandis que plus de trois sympathisants frontistes sur quatre (76%) la justifient.

 

Du côté du projet gouvernemental, les Français se montrent plus divisés encore. En effet, malgré le soutien à la grève du 5 décembre, à peine plus d’un Français sur deux (53%) ne souhaitent pas que le gouvernement aille jusqu’au bout de la réforme des retraites, soit 14 points de plus que la même mesure à propos de la réforme de la SNCF de mai 2018.

 

Sur cette question, on retrouve le même clivage qu’évoqué plus haut entre des sympathisants de gauche et frontistes opposés au maintien de cette réforme (respectivement 77%, 74% et 61%) et des sympathisants de la majorité (82%) et des Républicains (66%) favorables à son maintien.

 

Probablement fondés sur l’issue de la mobilisation au moment de la réforme de la SNCF en 2018, une large majorité de Français estiment que le gouvernement n’abandonnera pas le projet de réforme des retraites. Ils sont 65% à le penser contre 79% en mai 2018 pour la réforme de la SNCF, signe que la contestation de la réforme dépasse les syndicats et que les Français anticipent un mouvement dur vis-à-vis du projet gouvernemental.

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