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Veolia: une victoire provisoire à la Pyrrhus

Veolia: une victoire provisoire à la Pyrrhus

Veolia vient de gagner devant la cour d’appel de Paris mais devra attendre environ au moins un mois et demi concernant la nouvelle enquête de l’autorité des marchés financiers. En outre Veolia devra se situer par rapport à la proposition du ministre de l’économie qui souhaite la nomination d’un médiateur entre Veolia et Suez. Une proposition acceptée par Suez.

Bref une sorte de victoire à la Pyrrhus pour Veolia.  La cour d’appel de Paris a confirmé que Veolia n’était donc pas en situation de préoffre lorsque la société a racheté auprès d’Engie une participation de 29,9 % dans le capital de son concurrent Suez. Ce dernier estimait que le projet de Veolia, l’achat de la participation d’Engie dans Suez suivi d’une offre publique, était un montage suffisamment précis pour le qualifier de préoffre. L’AMF avait battu en brèche cette interprétation dans sa décision du 24 septembre, considérant que l’offre était loin d’être finalisée. Suez avait porté l’affaire devant la cour d’appel de Paris, qui a donc une nouvelle fois donné raison à Veolia.

C’est un coup dur pour Suez, car un avis différent aurait tout simplement annulé la transaction de vente des titres Suez. Il s’agit de la deuxième victoire importante de Veolia depuis le début du mois. Le 3 février, le tribunal de commerce de Nanterre a estimé que Veolia n’avait pas à mener à bien une procédure d’information- consultation auprès des salariés de Suez. Ce qui a permis au groupe dirigé par Antoine Frérot de récupérer ses droits de vote, même s’ils restent encadrés par les autorités de la concurrence. Et de lancer son projet d’OPA dimanche 7 février. Cependant  le gendarme français de la Bourse ne pourra probablement pas se prononcer sur la conformité de l’offre publique d’achat de Veolia sur Suez « avant un mois et demi, deux mois », a dit vendredi son président Robert Ophèle.

Pendant ce temps-là le gouvernement ne restera pas non plus inactif et poussera ses pions pour geler les hostilités de Veolia vis-à-vis de Suez.

 

Veolia doit suspendre son OPA sur Suez

Veolia doit suspendre son OPA sur Suez

Bruno Le Maire annonce la saisie de l’Autorité des marchés financiers et appelle les deux groupes à revenir à la table des discussions.

Saisi dimanche 7 février au soir par Suez, le tribunal de commerce de Nanterre a ordonné à Veolia de suspendre le lancement de toute OPA contre son concurrent, dans l’attente d’un débat au fond sur ses précédents engagements d’amicalité. Dans la foulée, ce lundi matin sur Europe 1, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé la saisie de l’Autorité des marchés financiers. Il évoque «des questions de transparence».

Visiblement agacé par la tournure que prennent les événements, le ministre de l’Économie a renouvelé son appel au calme. «Je vais répéter une nouvelle fois qu’une opération de cette ampleur, entre deux champions industriels, ne peut réussir que si elle est amicale», a-t-il affirmé. «On ne peut pas réussir contre les salariés, le conseil d’administration, les usagers. Cette offre n’est pas amicale et cela contrevient aux engagements pris par Veolia. Elle est précipitée», a ajouté le ministre, énumérant des «risques» sur «l’emploi, sur l’empreinte industrielle». Bruno Le Maire appelle les deux groupes à «retrouver le chemin de la raison et du dialogue» mais aussi «un peu de sagesse et le sens de l’intérêt général». «Je veux que chacun comprenne que dans le contexte actuel, le capitalisme Français ne peut pas être la guerre de tous contre tous (…) Est-ce qu’il ne serait pas infiniment préférable que cette opération se fasse dans un dialogue apaisé ?», s’interroge-t-il.

 

En attendant, le tribunal ordonne donc à Veolia «de ne pas rendre l’Autorité des marchés financiers destinataire d’un projet d’offre public ni d’initier d’offre publique sur les titres de Suez non préalablement approuvée par le conseil d’administration de Suez», indique la décision en référé.

OPA hostile sur Suez : Veolia persiste dans son opération suicidaire

OPA hostile sur Suez : Veolia persiste dans son opération suicidaire

 

 

 

Il paraît de plus en plus clair que Veolia est engagée dans une opération suicidaire pour l’avenir aussi bien de Suez que Veolia. En effet l’acharnement de Veolia risque de déstabiliser les deux entreprises.  La logique obsessionnelle du patron de Veolia s’oppose en effet à toute rationalité économique dans la mesure où un éventuel regroupement des sociétés conduirait à l’abandon d’un certain nombre d’actifs à la demande de la commission européenne. Parmi ces actifs, on compterait notamment l’abandon de l’activité EAU qui constitue un atout stratégique pour s’implanter durablement chez les clients potentiels. On imagine évidemment le désarroi des donneurs d’ordres qui prennent connaissance des agitations capitalistiques de Veolia.

 

De toute manière le regroupement les amènera forcément dans certains cas à solliciter d’autres entreprises que les sociétés françaises trop oligopolistiques en cas de regroupement. Ce secteur vital a besoin de stabilité eue égard aux énormes investissements nécessaires aujourd’hui et qui le seront encore davantage demain pour des motifs environnementaux.

L’entêtement du président de Veolia pourrait porter un grave préjudice à l’image et à la situation des deux sociétés.

Le groupe dirigé par le patron de Suez, Bertrand Camus , a jugé dimanche soir le dépôt de cette OPA « irrégulier et illégal »«Veolia est dans l’impossibilité juridique de déposer une OPA», a souligné une porte-parole de Suez, dénonçant une «rupture de l’engagement d’amicalité» pris par Veolia. «Nous ne laisserons pas faire Veolia dans son entreprise de destruction», a déclaré de son côté l’intersyndicale de Suez (CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC) dénonçant une «OPA hostile contre Suez et ses salariés», synonyme de «déclaration de guerre sans retour». Cette offensive hostile risque de fortement déplaire à Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, qui a plusieurs fois appelé les protagonistes à se parler pour trouver un accord.

 

D’une certaine manière, cette affaire illustre aussi la conversion d’anciens fonctionnaires à l’ultralibéralisme parvenus un peu par hasard à la tête d’entreprises privées  où ils n’ont même pas apporté un seul euro. Bref le capitalisme technocratique à la française.

Veolia-Suez : Jean-Marie Messier, le pompier pyromane

Veolia-Suez : Jean-Marie Messier, le pompier pyromane

L’ancien patron de Vivendi environnement (devenu Veolia)  qui a complètement enfoncé les comptes de la société réapparaît mais cette fois pour favoriser ,comme conseiller de Frérot, l’absorption de Suez par Veolia. Un comble ! Ou une seconde occasion peut-être d’enfoncer une nouvelle fois Veolia engagée dans un processus très douteux de rachat de Suez. Mediapart résume l’itinéraire du goldenboy déchu mais ressuscité comme avocat d’affaires

À la fin des années 1990, celui qui était surnommé par les Guignols de l’Info « J6M », pour « Jean-Marie-Messier-Moi-Même-Maître-du-Monde », avait réussi en quelques années à transformer un vieux fleuron national français — la Compagnie générale des eaux — en un colosse des médias et de la communication. C’était les grandes heures de « Vivendi Universal ». L’entreprise était alors cotée en bourse à New York, où le médiatique patron vivra également quelques années aux frais de sa société, dans un appartement situé sur la très cossue « Park avenue ». L’entreprise n’était alors plus tout à fait française, tandis Jean-Marie Messier rêvait de la nationalité américaine.

Une aventure américaine et une expansion qui s’arrêtent brutalement en 2002 : avec l’éclatement de la bulle internet et l’effondrement du cours de l’action Vivendi, il doit démissionner et quitte la tête de l’entreprise. Un départ qui laisse un goût amer à ses anciens collaborateurs et ses ex-salariés, notamment chez « Vivendi Environnement », futur Veolia. Filiale du groupe créée pour regrouper les activités de gestion de l’eau, le métier historique de l’entreprise, Vivendi Environnement a surtout servi à financer à coup de dettes la croissance et les acquisitions de sa maison mère.

Pas rancunier, Antoine Frérot semble ne pas avoir tenu rigueur à Jean-Marie Messier d’avoir considérablement endetté le groupe qu’il dirige. Car désormais, « J2M » est devenu avocat d’affaires et conseille les chefs d’entreprise. Une reconversion qui s’est d’ailleurs avérée difficile et chaotique : en 2002, quelques mois après son piteux départ de Vivendi, il fonde aux États-Unis Messier Associés. Il travaille d’abord avec la femme d’affaires Fatine Layt, mais celle-ci finira par claquer la porte en 2007. La même année, Jean-Marie Messier rebondit avec un nouvel associé, en la personne de Jean-Charles Cherki. Mais les deux compères se brouillent et de séparent en 2010. Et quelques mois plus tard, rebelote, il trouve un nouveau compagnon d’infortune en la personne d’Erik Maris, un ancien de la banque Lazard, comme lui. Bis repetita, ce dernier et Jean-Marie Messier seraient désormais à couteaux tirés, et un divorce sanglant aurait été prononcé entre les deux associés.

Un parcours d’avocat d’affaires chaotique, c’est le moins que l’on puisse dire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un certain talent : il faut probablement un sacré bagout pour convaincre un capitaine d’industrie comme Antoine Frérot d’endetter à nouveau son entreprise pour les 20 prochaines années, alors que celle-ci venait tout juste de retrouver un équilibre budgétaire. Un exploit, quand on sait que c’est précisément Jean-Marie Messier qui avait grevé les comptes de Veolia à l’origine. Il a été d’autant plus persuasif que son cabinet touchera probablement un joli pactole si cette transaction arrive à son terme.

C’est finalement rassurant : les années passent, mais la « Messier touch » reste. Il laissera probablement derrière lui un deal industriel bancal, avec un Suez dépecé et un Veolia surendetté, mais Jean-Marie Messier va peut-être faire un dernier tour de piste dans les affaires parisiennes, qui lui assurera certainement une belle retraite dorée. Celui que certains à Paris surnomment « le serial looser » a peut-être bien caché son jeu : et si c’était lui, le seul gagnant de cette affaire ?

Veolia dit non à des cessions d’actifs de Suez mais Veolia n’aura pas son mot à dire !

Veolia dit non à des cessions d’actifs de Suez mais Veolia n’aura pas son mot à dire !

 

 

Sans doute pour rassurer certains observateurs ou certains décideurs, Veolia affirme de façon un peu gratuite qu’elle s’opposera à toute cession d’actifs stratégiques de Suez contraire à son projet industriel, annonce mardi le groupe dans un communiqué. Le seul problème c’est que Veolia n’aura pas son mot à dire en matière de cession d’actifs puisque c’est la commission européenne qui jugera de l’opportunité de se débarrasser d’actifs pour éviter que le nouvel ensemble éventuel Veolia Suez ne soit en position hégémonique.

Pour Veolia les actifs intéresséssont les activités de Suez en Espagne, au Chili, aux Etats-Unis dans l’eau, et au Royaume-Uni et en Australie dans les déchets, précise Veolia. Mais ce n’est pas forcément le point de vue de la commission économique européenne qui pourrait être amenée par exemple à imposer la vente des actifs dans l’activité eau dans certains des autres pays dont la France.

 

Veolia fait surtout à travers cette annonce une nouvelle opération de communication douteuse semant encore un peu plus de confusion dans les perspectives stratégiques des deux sociétés surtout à l’étranger. On voit mal en effet un donneur d’ordre notamment étranger s’engager avec le nouvel ensemble s’il plane des menaces de cession d’actifs sur des activités qui pourraient faire l’objet de contrats avec le nouveau groupe.

“Veolia considère que la cession de l’un de ces actifs serait expressément contraire au contexte amical dans lequel Suez s’est déclaré prêt à ouvrir un dialogue (…), portant ainsi atteinte à l’intérêt social des deux groupes ainsi qu’aux intérêts de tous les actionnaires de Suez, dont Veolia”, peut-on y lire.

Veolia promet de s’y opposer “par tous les moyens de droit”.

D’une certaine manière aussi bien du côté Veolia que du côté Suez chacun poursuit sa stratégie contradictoire d’d'éventuels développements des deux sociétés. Mais Veolia rajoute toujours une couche dans la confusion.

Le 17 janvier dernier, Suez a annoncé que son conseil d’administration avait reçu une lettre d’intention des fonds Ardian et Global Infrastructure Partners (GIP) ouvrant la voie à plusieurs scénarios possibles, dont celui d’une offre d’achat sur les actions de Suez, au prix de 18 euros par action, coupon attaché.

Suez/Veolia : Mestrallet pour le maintien de l’indépendance chaque société

Suez/Veolia : Mestrallet pour le maintien de l’indépendance chaque société

Gérard Mestrallet, le patron historique de Suez et Engie se prononce clairement pour le maintien de l’indépendance de chaque société Suez d’une part, Veolia d’autre part. Ce qui résulte de son audition par le Sénat. La « solution amicale et rapide à la situation créée par l’intention d’offre de Veolia » proposée par Suez le 17 janvier, avec le soutien des fonds d’investissement Ardian et GIP, « mérite son attention », estime en effet le patron historique de Suez et Engie qui, n’ayant «plus de lien juridique » avec ces deux entreprises, se dit désormais « indépendant et libre » dans ses propos.

Selon Gérard Mestrallet, les discussions, pour être fructueuses, devront néanmoins porter sur les deux projets: celui de Veolia de créer un « champion mondial » unique dans l’eau et les déchets, et celui de Suez de renforcer « chacun des deux leaders français des services à l’environnement », afin d’éventuellement « élaborer une troisième voie négociée et aimable ».  Le seul problème c’est que la commission européenne aura son mot à dire et que vraisemblablement elle va exiger en cas de regroupement que les sociétés se débarrassent d’un certain nombre d’actifs par exemple sans doute de l’activité de l’eau qui pourrait alors être confiée comme d’autres à des fonds spéculatifs y compris étrangers.

Veolia : l’entêtement mortifère du patron

 

Veolia : l’entêtement mortifère du patron

 

Veolia et Suez semblent engagés dans une lutte mortelle en tout cas qui pourrait porter un grave préjudice à l’une et l’autre société. En cause, surtout l’entêtement d’Antoine frérot le PDG de Veolia qui persiste et signe en considérant que seul son projet de rachat de Suez est pertinent. Il entend ignorer totalement la nouvelle proposition d’Ardain et de GIP qui proposent un plan alternatif amical.

L’entêtement du patron de Veolia pourrait à terme porter un grand préjudice aussi bien à Veoliaqu’à Suez . D’abord parce que l’insuffisance de visibilité sur ces deux sociétés pourrait troubler nombre de donneurs d’ordre. Ensuite parce qu’à un éventuel regroupement inévitablement renforcerait la concurrence de sociétés étrangères notamment sur les marchés internationaux. Enfin parce que les autorités européennes qui auront leur mot à dire pourraient sacrifier l’activité eau ( la confier par exemple un fonds d’investissement spéculatif) alors qu’il y a forcément des synergies entre les différents services offerts par les deux sociétés.

Le patron de Veolia veut encore précipiter les événements en rencontrant le patron de Suez mais sur la base de son projet. Pourtant  Suez a déclaré dimanche avoir reçu une lettre d’intention des groupes de capital-investissement Ardian et GIP (Global Infrastructure Partners), comprenant une offre de ces investisseurs pour des actions Suez au prix de 18 euros (22 $) par action.

Il a ajouté qu’il était désormais disposé à ouvrir un dialogue avec Veolia dans le but de résoudre le problème dans l’intérêt de toutes les parties concernées.

Mais le PDG de Veolia, Antoine Frerot, tout en étant ouvert au dialogue avec Suez, a déclaré lors d’une conférence téléphonique qu’il pensait que la proposition d’Ardian et de GIP d’investir dans Suez n’était toujours pas une alternative au propre plan de prise de contrôle de Suez par Veolia.

Ces péripéties sans fin et cette posture caractérielle du patron de Veolia pourrait à terme porter aussi préjudice à la valorisation des deux sociétés.

Suez: un allié pour contrer Veolia

Suez:  un allié pour contrer Veolia

Ardian (l’ex-AXA Private Equity , premier fonds français) vient de s’associer avec le fonds américain GIP – un spécialiste de l’investissement dans l’infrastructure – pour monter une offre à 18 euros par action à tous les actionnaires de Suez. Cette proposition a été transmise au conseil d’administration de Suez qui a soutenu ce projet à l’unanimité. Reste maintenant à obtenir l’accord de Veolia car Ardian et GIP exigent au préalable que les deux géants tricolores de l’eau trouvent un terrain d’entente.

Veolia perd encore face à Suez

Veolia perd  encore face à Suez

 

 

Veolia s’entête évidemment dans la bataille financière et judiciaire qui vise à absorber Suez. Veolia vient cependant encore d’être débouté et ne peut jouir de ses droits sur Suez en raison de la non consultation régulière des instances représentatives de Suez.

Globalement l’image de la société devient de plus en plus floue non seulement en France mais aussi à l’étranger. Ce regroupement constitue à l’évidence une erreur stratégique grave puisqu’elle pourrait y compris se traduire par la vente de l’activité eau  à un fonds spéculatif qui ne possède aucune expérience dans ce domaine. Globalement le regroupement envisagé pourrait faire perdre des parts de marché au plan international.

Dans le contentieux social qui l’oppose à Suez et à ses instances représentatives du personnel, Veolia vient de subir un nouveau revers. Par une ordonnance rendue vendredi 15 janvier, le président du tribunal judiciaire de Paris, statuant en référé, s’est en effet déclaré incompétent pour examiner une demande présentée par le leader français de l’eau et des déchets. Veolia espérait que ce juge modifie un arrêt prononcé le 19 novembre par la Cour d’appel de Paris qui, en confirmant une décision du tribunal judiciaire de Paris du 9 octobre, suspend ses droits de vote issu de l’achat, le 5 octobre, des parts d’Engie dans Suez (29,9%), tant que l’information et la consultation des instances représentatives de Suez prévues par la loi n’auront pas eu lieu.

Depuis cet arrêt, la loi fixe en effet un délai de trois mois pour la procédure d’information et consultation, et le groupe affirme avoir transmis à Suez les éléments nécessaires dès le 5 novembre. Mais les éléments d’information semblent insuffisants aux avocats qui défendent les intérêts des salariés de Suez.

 

Veolia : le scandale des intimidations de la direction sur les chercheurs

Veolia : le scandale des intimidations de la direction sur les chercheurs

 

Nombre de chercheurs et d’économistes ont protesté avec vigueur contre les intimidations des experts par Veolia qui n’a pas hésité à arroser les opposants à la fusion avec une vague d’huissiers. Le principal critique de cette opération, Elie Cohen, Expert économique très reconnu, en a été victime mais d’autres aussi vendredi 4 décembre.

L’économiste, chercheur au CNRS, a reçu à son domicile parisien la visite d’un huissier. Ce dernier lui a remis une sommation interpellative l’engageant à révéler ses liens éventuels avec Suez. L’initiateur de la démarche: Veolia, ulcéré des prises de position d’Elie Cohen contre son projet d’OPA sur Suez.

L’économiste n’a pas ménagé sa peine depuis l’annonce publique de ce plan, fin août. Hostile à un tel mariage, il a signé une tribune dans Les Échos, évoquant « une fusion inutile et dangereuse » et est intervenu à plusieurs reprises dans l’émission C dans l’air. De quoi exaspérer Veolia.

 

Avec une méthode que ne renieraient pas les ONG les plus activistes, l’entreprise présidée par Antoine Frérot a envoyé des huissiers pour forcer l’économiste à révéler d’éventuels conflits d’intérêts. Ce qu’Elie Cohen a fermement démenti, dans une lettre ouverte publiée par l’Obs. Une tribune est également parue dans le monde pour condamner les manœuvres de Veolia.

Non à l’intimidation des chercheurs par Veolia

Non à l’intimidation des chercheurs par Veolia

 

Valérie Mignon, présidente de l’Association française de sciences économiques, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les tentatives de Veolia d’intimider les chercheurs, mais rappelle l’obligation de transparence sur les conflits d’intérêts

Tribune.

 

La profession des économistes s’est, une nouvelle fois, trouvée mise en cause au sujet de potentiels conflits d’intérêts auprès de grands groupes industriels. L’illustration la plus récente est fournie par la sommation interpellative par huissier subie par un chercheur en économie le 4 décembre. Elie Cohen, spécialiste des opérations industrielles, telles les offres publiques d’achat dont il était ici question, s’était exprimé au sujet de l’absorption de Suez par Veolia.

Cette « affaire » ne constitue pas un cas isolé. En 2012, quasiment jour pour jour, un autre économiste, Bruno Deffains, spécialiste des questions de concurrence, a aussi eu la déconvenue d’une « visite » à son domicile de la part d’huissiers et de policiers. Free, était alors en cause, avec une étude que Bruno Deffains avait réalisée sur l’impact de l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché de la téléphonie mobile.

Si ces deux cas ont été largement relayés auprès des médias, de nombreux autres exemples existent, notamment dans le domaine de la finance où les économistes ont à maintes reprises été accusés de connivences avec des banques ou autres groupes financiers privés. Si les méthodes employées sont à l’évidence choquantes et condamnables, la question de fond, celle de la transparence et de l’indépendance, doit être clairement posée.

De l’utilité de l’expertise des économistes

Quelle doit être la position des économistes lorsqu’ils sont sollicités par les médias ? Doivent-ils se garder d’intervenir et nous priver de leur expertise, pourtant cruciale, sur leurs sujets de spécialité sous peine d’être accusés de connivence et de conflits d’intérêts ? Les économistes, et notamment les universitaires, doivent-ils rester dans leur « tour d’ivoire » – qui n’a d’ivoire que le nom ! – et ne pas intervenir dans le débat public ? Doivent-ils eux-mêmes se mettre à l’écart et s’autobâillonner de peur d’être l’objet de manœuvres d’intimidation ?

Bien entendu, il convient de répondre par la négative à ces questions, tant l’expertise des économistes peut être utile au milieu industriel, au monde politique et, plus largement, pour le « grand public ». La liberté académique et, plus généralement, la liberté d’expression ne doivent en aucun cas être bafouées à partir du moment où le principe fondamental de totale transparence est respecté.

Les économistes ne doivent pas être l’objet de telles intrusions domiciliaires, inacceptables, dès lors qu’ils font pleinement la lumière quant à leurs conflits d’intérêts et aux liens – notamment financiers – qu’ils entretiennent avec le secteur privé et qu’ils déclarent toute activité susceptible de remettre en cause leur subjectivité.

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Veolia : partenaire de régie ?

Veolia : partenaire de  régie ?

 

Le tapage inconvenant  par le patron de Veolia à propos du rachat éventuel de Suez n’est sans doute pas totalement lié à la décision de la zone Grand Lyon de replacer le service des eaux  en régie . Pour autant, cela a pu renforcer la conviction de certains élus de préférer la régie à une position de monopole que constituerait Veolia Suez. Du coup Veolia voudrait jouer un rôle d’assistant technique. Ce que déclare à la tribune le responsable local de Veolia CYRIL CHASSAGNARD.

Votre division Centre Est couvrait jusqu’à présent près de neuf territoires dont le Grand Lyon,  Que représentait plus précisément ce contrat à l’échelle du groupe ?

CYRIL CHASSAGNARD – Nous avions en effet a mis en place une filiale dédiée à fin d’assurer la gestion du service de l’eau potable à Lyon. Ce dossier représentait tout de même un tiers de notre chiffre d’affaires, et près de 280 salariés sur les 1.400 collaborateurs que compte le groupe à l’échelle régionale.

Nous gérons sinon par exemple les réseaux des villes de Villefranche, Genas, Roanne, ou encore en dehors de notre secteur, de Saint-Chamond, Macôn, ou encore Beaune (Côtes-d’Or). Le contrat avec la métropole lyonnaise date de 2015, mais il avait été négocié dès 2013, conformément aux délais généralement observés dans pour des contrats de cette taille. La première année est généralement passée à négocier les conditions du nouveau contrat, tandis que le nouveau prestataire a ensuite un an pour se mettre en ordre de marche.

Vous aviez obtenu la délégation de service public depuis 2015 avec la Métropole de Lyon, et plus largement depuis 1987 au niveau de l’agglomération de Lyon, qui préfigurait la métropole. La décision actuelle, qui signe une forme de rupture avec l’histoire lyonnaise, peut-elle se lire aussi comme une reprise de terrain progressive de la part des régies publiques, sur le marché de l’eau ?

Lyon est effectivement un lieu emblématique, mais nous observons en France la tendance inverse……. (A voir ! NDLR)

Suez/Veolia : arrêter le massacre !

 Suez/Veolia : arrêter le massacre !

 

Il serait sans doute temps d’arrêter le massacre de l’opération de regroupement Veolia Suez. En effet, ce n’est sans doute pas la priorité économique et sociale première. En outre,  cela crée un climat d’incertitude dans toute la filière aussi bien en France qu’à l’étranger.

 

Comme personne ne sait exactement par exemple ce que va devenir le service des eaux de Suez éventuellement confier un fonds spéculatif,  nombre de collectivités françaises ou étrangères pourrait se décider à choisir un opérateur étranger ( il y a aussi la société française Saur qui pourrait tirer son épingle du jeu). De toute manière,  le regroupement impliquera des abandons d’actifs récupérés par des sociétés dont l’objet est surtout de tirer rapidement une valorisation des accusations et non investir voire d’entretenir.

 

Or on sait que dans le domaine de l’eau par exemple se pose un énorme problème de renouvellement des infrastructures. En outre,  il y a forcément des synergies entre les différents services, l’eau  bien sûr mais aussi l’assainissement et les autres activités . Il serait temps d’arrêter le massacre du secteur seulement pour satisfaire les idées de grandeur d’un dirigeant de Veolia, ancien fonctionnaire, tellement heureux de jouer au mécano capitaliste

Veolia Suez : le fonds activiste français Ciam joue la mouche du coche

Veolia Suez : le fonds activiste français Ciam joue la mouche du coche

 

 

Le fonds activiste français qui ne détient une participation inférieure à 1 % au capital de Suez joue un rôle assez trouble au service de Veolia en réclamant une assemblée générale de Suez. Le projet est de virer tous les administrateurs de Suez et de favoriser l’absorption de cette entreprise par Veolia.

Bref une initiative en gros sabots fournis sans doute par Veolia et qui va encore contribuer à jeter encore un peu plus d’incertitude sur l’avenir des deux entreprises et leur champ d’activité. “Nous sommes en ordre de marche pour demander au tribunal de commerce de Nanterre la convocation d’une assemblée générale extraordinaire de Suez qui pourrait se tenir d’ici fin janvier”, a déclaré au quotidien la PDG et cofondatrice de CIAM, Catherine Berjal.

“La création d’une fondation aux Pays-Bas pour rendre incessible Suez Eau France est un acte inadmissible. Cette fondation destinée à empêcher l’OPA de Veolia est contraire à l’intérêt social de Suez et de ses actionnaires”, a-t-elle ajouté, estimant qu’il “ne sera pas difficile” de réunir d’autres minoritaires pour constituer un bloc représentant au moins 5% de Suez et pouvoir demander en justice la tenue d’une AG extraordinaire.

Dans le cadre de cette assemblée générale, CIAM soumettrait aux actionnaires des résolutions pour démettre tous les administrateurs de Suez à l’exception des deux représentants des salariés. Une opération qui a peu de chances d’aboutir mais qui a moins l’intérêt de faire parler du fonds spéculatif Ciam mais aussi des risques que prend ce fonds vis-à-vis de ses propres actionnaires.

Veolia joue dangereusement les pompiers pyromanes du secteur

Veolia joue dangereusement  les pompiers pyromanes du secteur

Le patron de Veolia réitère sa volonté de prendre le contrôle de Suez en lançant une OPA sur son concurrent. Pour faire semblant de satisfaire le gouvernement qui incite à la concertation entre les deux groupes, le patron de Veolia propose tout simplement d’absorber Suez. Pire il justifie sa stratégie en considérant que Suez fait obstacle à cette OPA. Ce que demande en fait le patron de Veolia c’est le suicide de Suez, une curieuse manière de coopérer.

Le problème c’est que Veolia ne cesse de jeter de lui sur le feu dans ce secteur, de créer le doute chez les clients des deux opérateurs de services publics. Pour  l’eau comme d’ailleurs pour d’autres services,  on ne sait pas exactement ce que pourrait être le champ d’activité de Veolia comme de Suez. Certaines collectivités françaises mais aussi étrangères pourraient alors être tentées de recourir à d’autres opérateurs. On voit mal par exemple des collectivités locales se sentir très rassurées par le transfert de l’activité de l’eau par exemple à un fonds d’investissement qui n’a aucune compétence technique et dont l’objet est surtout de tirer rapidement des profits de ses investissements alors que l’engagement et la gestion de ce secteur doit s’inscrire sur le long terme.

D’une certaine manière Veolia joue donc les pompiers pyromanes et l’incendie provoquée chez Suez pourrait bien contaminer Veolia surtout à un moment ou des collectivités locales du fait de la crise sanitaire et économique devront tenir compte de la réduction de leurs ressources pour financer les services publics.

Les « péripéties » qui semblent s’opposer à son projet d’acquisition de Suez n’affectent donc en rien la détermination de Veolia. Le leader mondial du traitement de l’eau et des déchets veut au contraire accélérer son offensive sur son rival, en accroissant sa pression sur Suez sur plusieurs fronts, a annoncé son PDG Antoine Frérot mardi.

Pour faire plier Suez, dont le conseil d’administration et le conseil social et économique (CSE) s’opposent farouchement à la fusion, considérée comme « funeste », Veolia renforce sa pression sur les actionnaires de sa cible.

Le groupe s’engage désormais  »à déposer une offre publique d’acquisition au prix de 18 euros par action (coupon attaché) pour l’ensemble du capital de Suez dès que le conseil d’administration de Suez aura émis un avis favorable sur ce projet et aura désactivé le dispositif visant à organiser l’inaliénabilité de l’activité de l’eau en France », a-t-il déclaré  par communiqué.

 

Une telle décision du conseil d’administration est donc désormais « la seule chose qui s’oppose à une OPA », sécurisant l’offre comme son prix, a souligné maître Pierre-Yves Chabert, avocat de Veolia. Il a ajouté que cette décision devra être matérialisée par la conclusion d’un « accord de rapprochement » contenant des engagements précis, incluant la non cession d’actifs stratégiques.

 

Veolia-Suez : Le Maire pour le maintien de deux champions indépendants

Veolia-Suez : Le Maire pour le maintien de deux champions indépendants

 

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a   critiqué la précipitation de Veolia à vouloir absorber Suez ; il lui semble préférable, «que nous gardions deux champions industriels parce que nous avons besoin de concurrence, et (…) que nous protégions l’emploi. Dans une période économique comme celle-là, la première responsabilité d’un chef d’entreprise, qu’il soit à la tête d’Engie, de Suez ou de Veolia, c’est de protéger l’emploi».

Le Maire estime que la précipitation a créé de la confusion et des blocages préjudiciables à tous. En effet, pour l’instant Veolia a déboursé 3,4 milliards et  envisage de débourser en tout une dizaine de milliards pour un projet qui peut être n’aboutira pas. Pas vraiment une réussite cette opération de mécano capitalistique qui en outre présente surtout le désavantage de faire perdre des parts de marché puisque certaines collectivités locales seront contraintes si le groupement se fait de choisir pour certaines un étranger plutôt que le regroupement éventuel Veolia Suez.

Saisi par les instances représentatives des salariés de Suez pour n’avoir «pas été informées et consultées régulièrement sur ce projet», le tribunal judiciaire de Paris a ordonné le 9 octobre en référé la «suspension de l’opération» d’acquisition par le géant de l’eau et des déchets Veolia de 29,9% de parts d’Engie dans son concurrent Suez. L’offre de Veolia à 3,4 milliards d’euros avait été acceptée le 5 octobre par le conseil d’administration d’Engie, contre la volonté de l’État, qui possède 23,6% d’Engie.

Economie-Veolia/Suez : un projet catastrophique

Economie-Veolia/Suez : un projet catastrophique

 

 

Le projet de regroupement entre Veolia et Suez mené au rythme de cavalerie par le président de Veolia risque de se révéler comme une véritable catastrophe pour chacune des sociétés. Première observation générale,  les grandes fusions de très grands groupes réussissent rarement, de l’ordre de 70 à 80 % sont voués à l’échec. Dans le cas particulier, Veolia et Suez occupent le hit-parade mondial avec respectivement la première et la seconde place. Même s’il faut observer que le marché mondial est très éclaté puisque les deux sociétés détiennent environ 5 % du marché mondial. L’argument central avancé par Veolia est une illusion car il n’y a aucune menace chinoise actuellement contrairement aux affirmations du président de Veolia.

 Deuxièmement chacune des sociétés se trouve souvent en concurrence dans les appels d’offres au niveau international. Le regroupement nécessairement va faire émerger d’autres concurrents dans ces appels d’offres. Le pire peut être, c’est qu’on va confier l’activité eau de  Suez à un fonds d’investissement dont l’objet n’est évidemment pas de développer des technologies ou d’investir mais de faire des profits immédiats. En outre il y a des synergies évidentes entre la production d’eau , le traitement des déchets et autres eaux usées. En fait,  c’est un peu un concours de circonstances fort discutable qui a amené à la vente précipitée des actions que détenait Engie dans Suez.

Engie a effectivement besoin de recentrer sérieusement sa stratégie car sa gestion laisse à désirer. Pour masquer cela la direction d’énergie a récupéré 2 milliards de la vente. Pourquoi une telle précipitation notamment du président d’Engie ? Tout simplement parce qu’il entend asseoir son autorité sur Engie avant la venue de la nouvelle directrice générale . Le problème du président d’Engie,  c’est de considérer son entreprise comme sa société propre. Une attitude souvent rencontrée chez ses anciens fonctionnaires qui se convertissent aux délices du libéralisme mais sans engager évidemment leur propre fortune. Ils peuvent ainsi jouer au mécano capitaliste sans grand risque.

 Du côté des pouvoirs publics, il y a une grande incompétence en même temps qu’une grande hypocrisie. L’État est largement dominant chez Engie et pouvait très bien bloquer la vente dans Suez. Ou alors exiger la démission du président. Cette position dominante du regroupement de Suez et de Veolia va constituer un énorme handicap pour les deux sociétés. Elles vont perdre inévitablement des parts de marché à l’international alors que souvent elles se trouvaient en concurrence et que l’une ou l’autre des entreprises était souvent choisie. Du côté des collectivités locales, on s’attend évidemment à ce qu’on profite de la fusion pour augmenter encore le prix des prestations. Des prix complètement incompréhensibles car les collectivités locales sont souvent bien incapables commercialement et techniquement de discuter des contrats.

 Sauf accord qui paraît aujourd’hui peu vraisemblable à court et moyen terme, Veolia et Suez vont s’engager dans des procédures juridiques particulièrement complexes qui risquent de durer pendant des mois voire des années. Du coup, cette situation va générer des interrogations chez les clients que sont les collectivités locales en France comme ailleurs; mais aussi chez les actionnaires.

Cette opération d’OPA pourrait coûter une dizaine de milliards à Veolia, un investissement dont la rentabilité n’est pas assurée du faît des complications juridiques qui risquent d’imposer la vente par appartements en raison des règles de concurrence. Bref pas vraiment regroupement mais plutôt un éclatement. Ce ne serait pas la première fois qu’une fusion de deux grands groupes internationaux se traduit par un fiasco économique, financier et social. Enfin concernant le maintien de l’emploi, les déclarations du président de Veolia constituent des promesses de coiffeur qu’on a l’habitude d’entendre. Ce sont 3000 emplois qui sont en jeu en France. Les cours des actions des deux sociétés risquent par ailleurs d’être bousculés au cours de ces prochains mois.

Veolia-Suez : opération suspendue par la justice et imbroglio prévisible

Veolia-Suez : opération suspendue par la justice et imbroglio prévisible

 

Comme c’était prévisible l’opération de regroupement Veolia Suez non seulement risque d’être contestée  sur le plan économique y compris par certains membres du gouvernement mais aussi par des procédures juridiques interminables pendant des mois voire des années. Une première décision vient de tomber avec le recours du CSE (comité social et économique) de Suez . Il y aura bien sûr bien d’autres procédures a commencer par l’appel de Veolia et d’Engie à la décision du référé.

Une affaire stratégiquement très contestable et qui va traîner en longueur – à moins d’un accord amiable rapide – tellement que cela risque de porter un grand préjudice aussi bien à Suez qu’à Veolia auprès des clients sans parler des interrogations des actionnaires actuels et potentiels. De toute façon dès le départ, cette perspective de regroupement était contestable dans la mesure elle contraint Veolia à vendre une partie des activités, celles de Suez mais aussi celles de Veolia par appartement. Cela pour satisfaire aux règles de la concurrence française mais surtout européenne.

Veolia et Suez sont déjà souvent en position quasi hégémonique , elles sont respectivement le premier et le second opérateur mondial même si la part de marché de 5 % qu’elles occupent signale un grand éclatement du secteur.

Le risque essentiel de l’absorption de Suez par Engie c’est d’apporter davantage d’inconvénients que d’intérêts. Souvent en France comme à l’étranger Veolia se trouver en face de Suez dans les appels d’offre . Après le regroupement pour satisfaire mission de ces appels d’offres, il faudra nécessairement un ou plusieurs autres opérateurs. Les collectivités locales choisiront dans certains cas ces nouveaux opérateurs pour ne pas être enfermées  dans l’hégémonie du nouveau groupe français. Sans parler du risque du retour à des formes de régie.

Sur le plan économique, l’opération approuvée par le Premier ministre est par contre  contestée par le ministre de l’économie pour les raisons évoquées et pour les risques de suppression de milliers d’emplois du fait des doublons des superstructures notamment.

Castex s’est sans doute un peu trop rapidement avancé pour prendre position sur un dossier qu’il ne connaît pas très bien. En outre, l’écroulement de sa popularité dans les sondages risque de lui faire prendre désormais des positions plus prudentes. Il se pourrait en effet qu’après les élections régionales  le président de la république pense à remplacer un Premier ministre qui ne lui sert plus à rien du tout comme paravent politique et qui pour l’opinion publique ne semble pas avoir la dimension pour la mission occupée.

En référé, le tribunal de Paris a suspendu vendredi l’opération de cession par Engie de ses 29,9 % de Suez à Veolia. Saisie fin septembre, la justice passe cependant après la réalisation de cette vente, acceptée par le conseil d’administration d’Engie lundi dernier. Les titres Suez ont été transférés dès mardi à Veolia, qui s’est acquitté d’un chèque de 3,4 milliards d’euros.

Notons que le tribunal de référé a mis en cause non seulement l’achat des actions d’Engie mais aussi la question de l’OPA qui doit suivre. Et dans ce domaine les conditions précises de cette OPA méritent d’être précisées notamment vis-à-vis des ventes par appartement de certaines activités. Est surtout visée  l’activité eau de Suez qu’on pourrait confier un fonds d’investissement qui n’a pas vocation à développer des technologies mais à tirer  rapidement du jus de l’acquisition .

Suez-Veolia-Engie: » débrouillez-vous » ! ( Lemaire)

Suez-Veolia-Engie: » débrouillez-vous » !  ( Lemaire)

Ce n’est pas exactement ce que dit le ministre de l’économie mais cela y ressemble quand il affirme : « que chacun prenne ses responsabilités ». Autrement dit, il ne fixe aucune perspective, aucun cadre et démontre que l’État ne sert à rien dans une opération de mécano capitalistique qui touche l’intérêt général puisqu’il s’agit de la gestion de l’eau et des déchets notamment. Dans le Figaro, Bruno Lemaire fait la démonstration de son impuissance alors qu’il pouvait parfaitement bloquer les actions que possède Engie dans Suez puisque l’État français est très dominant dans le capital d’Engie. L’interview de Bruno Lemaire le Figaro:

L’État a été mis en minorité chez Engie et n’a pas pu empêcher la vente de sa participation dans Suez à Veolia. Est-ce un échec personnel?

Bruno LE MAIRE. - Il n’y a rien de personnel dans des décisions qui engagent des dizaines de milliers de salariés, l’industrie française et la place de l’État. Ce vote résulte de l’arithmétique: l’État a trois voix sur treize au conseil d’administration d’Engie. Il a exprimé son choix, la majorité du conseil en a exprimé un autre. Cela est déjà arrivé dans d’autres occasions, notamment sur les rémunérations de dirigeants d’entreprise.

Dans le dossier Suez, c’était le rôle de l’État d’affirmer que les décisions stratégiques d’une entreprise ne peuvent pas être prises sur la seule base de ses intérêts financiers. La responsabilité du conseil allait au-delà du prix payé à Engie pour sa participation dans Suez. Avions-nous des assurances suffisantes sur l’emploi? Non. Avions-nous des assurances fermes sur la préservation de la concurrence? Non.

Il est clair pourtant que l’État avait possibilité de geler la vente immédiate des actions Suez possédées par Engie. En cas de refus, il suffisait de changer le patron d’Engie qui s’est aussi précipitée dans cette opération douteuse afin d’affirmer son autorité avant l’arrivée de la nouvelle directrice générale chargée de remettre de l’ordre dans une entreprise dont la stratégie est pour le moins confuse et les résultats insuffisants.

Veolia/Suez : un projet catastrophique

 Veolia/Suez : un projet catastrophique

 

 

Le projet de regroupement entre Veolia et Suez mené au rythme de cavalerie par le président de Veolia risque de se révéler comme une véritable catastrophe pour chacune des sociétés. Première observation générale,  les grandes fusions de très grands groupes réussissent rarement, de l’ordre de 70 à 80 % sont voués à l’échec. Dans le cas particulier, Veolia et Suez occupent le hit-parade mondial avec respectivement la première et la seconde place. Même s’il faut observer que le marché mondial est très éclaté puisque les deux sociétés détiennent environ 5 % du marché mondial. L’argument central avancé par Veolia est une illusion car il n’y a aucune menace chinoise actuellement contrairement aux affirmations du président de Veolia.

 Deuxièmement chacune des sociétés se trouve souvent en concurrence dans les appels d’offres au niveau international. Le regroupement nécessairement va faire émerger d’autres concurrents dans ces appels d’offres. Le pire peut être, c’est qu’on va confier l’activité eau de  Suez à un fonds d’investissement dont l’objet n’est évidemment pas de développer des technologies ou d’investir mais de faire des profits immédiats. En outre il y a des synergies évidentes entre la production d’eau , le traitement des déchets et autres eaux usées. En fait,  c’est un peu un concours de circonstances fort discutable qui a amené à la vente précipitée des actions que détenait Engie dans Suez.

Engie a effectivement besoin de recentrer sérieusement sa stratégie car sa gestion laisse à désirer. Pour masquer cela la direction d’énergie a récupéré 2 milliards de la vente. Pourquoi une telle précipitation notamment du président d’Engie ? Tout simplement parce qu’il entend asseoir son autorité sur Engie avant la venue de la nouvelle directrice générale . Le problème du président d’Engie,  c’est de considérer son entreprise comme sa société propre. Une attitude souvent rencontrée chez ses anciens fonctionnaires qui se convertissent aux délices du libéralisme mais sans engager évidemment leur propre fortune. Ils peuvent ainsi jouer au mécano capitaliste sans grand risque.

 Du côté des pouvoirs publics, il y a une grande incompétence en même temps qu’une grande hypocrisie. L’État est largement dominant chez Engie et pouvait très bien bloquer la vente dans Suez. Ou alors exiger la démission du président. Cette position dominante du regroupement de Suez et de Veolia va constituer un énorme handicap pour les deux sociétés. Elles vont perdre inévitablement des parts de marché à l’international alors que souvent elles se trouvaient en concurrence et que l’une ou l’autre des entreprises était souvent choisie. Du côté des collectivités locales, on s’attend évidemment à ce qu’on profite de la fusion pour augmenter encore le prix des prestations. Des prix complètement incompréhensibles car les collectivités locales sont souvent bien incapables commercialement et techniquement de discuter des contrats.

 Sauf accord qui paraît aujourd’hui peu vraisemblable à court et moyen terme, Veolia et Suez vont s’engager dans des procédures juridiques particulièrement complexes qui risquent de durer pendant des mois voire des années. Du coup, cette situation va générer des interrogations chez les clients que sont les collectivités locales en France comme ailleurs; mais aussi chez les actionnaires.

Cette opération d’OPA pourrait coûter une dizaine de milliards à Veolia, un investissement dont la rentabilité n’est pas assurée du faît des complications juridiques qui risquent d’imposer la vente par appartements en raison des règles de concurrence. Bref pas vraiment regroupement mais plutôt un éclatement. Ce ne serait pas la première fois qu’une fusion de deux grands groupes internationaux se traduit par un fiasco économique, financier et social. Enfin concernant le maintien de l’emploi, les déclarations du président de Veolia constituent des promesses de coiffeur qu’on a l’habitude d’entendre. Ce sont 3000 emplois qui sont en jeu en France. Les cours des actions des deux sociétés risquent par ailleurs d’être bousculés au cours de ces prochains mois.

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