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Covid «La troisième vague n’est pas terminée » (Gabriel Attal)

Covid «La troisième vague n’est pas terminée » (Gabriel Attal)

Les déclarations du porte-parole du gouvernement révèlent la profondeur et l’ampleur d’une crise sanitaire dont personne ne peut définir à la fois la durée et l’ampleur. En clair, le pessimisme affiché par Gabriel Attal prépare sans doute une prolongation des mesures restrictives qui devaient être limitées à quatre semaines. Une première prolongation sans doute en mai juin et qui pourrait y compris affecter une partie de l’été pour certaines activités.

 

Selon Gabriel Attal, «la situation épidémique reste très contrastée. Si certains signaux sont encourageants et montrent que les mesures de freinage fonctionnent, il est encore trop tôt pour constater une pleine efficacité de ces mesures au niveau national».

L’Île-de-France, les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur «sont toujours les régions qui connaissent l’incidence la plus élevée», et «la situation semble toujours se dégrader» en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand Est, et en Bourgogne Franche-Comté, a détaillé le porte-parole. «L’évolution est même plus préoccupante encore dans certains départements» comme le Massif central et la Drôme, tandis que la Meuse, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle «connaissent toujours une situation fragile», selon M. Attal.

 

En Bourgogne-Franche-Comté, «l’évolution paraît plus dégradée» dans les départements de l’est de la région, la Haute-Saône, le Doubs, le Territoire de Belfort et le Jura, mais «meilleure» dans la Nièvre. La tendance est en revanche «relativement plus favorable» en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans les Alpes-Maritimes, où le taux d’incidence est passé de 488 fin mars à 286 ces derniers jours, a-t-il souligné, en notant aussi une évolution «très favorable» dans l’Aube, avec une baisse de près de 40% de l’incidence.

 

Une évolution «un peu plus favorable» qu’à l’échelle nationale s’observe également dans l’Eure et en Seine-Maritime. En Outre-mer, Garbiel Attal a relevé «une amélioration de la situation dans l’Océan indien, mais une dégradation aux Antilles et en Guyane», frontalière du Brésil, où circulent de nombreux variants.

La France comptait presque 6000 malades du Covid-19 dans les services de réanimation ce mardi et près de 32.000 personnes hospitalisées, avec 39.113 nouveaux cas enregistrés en 24 heures.

Covid: la croissance européenne menacée par la troisième vague

Covid: la croissance européenne menacée par la troisième vague

 

En raison en particulier de l’échec du rythme de vaccination en Europe, la croissance pourrait bien être affectée en 2021. Ainsi la perspective d’une augmentation du PIB de 4 % pourrait être remise en cause. Le premier semestre pourrait bien enregistrer une relative stabilisation de l’activité.

Lors d’une récente intervention de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, le directeur général de l’Insee, Jean-Luc Tavernier, a dressé un état des lieux de la conjoncture.

« Du côté des signe de lassitude, il y a une détérioration des perspectives d’emploi. L’irruption du variant anglais et la détérioration des perspectives sanitaires ont été décevantes dans les secteurs les plus vulnérables. 3 entreprises sur 10 considèrent que les mesures de protection sanitaire affectent leur productivité et donc la croissance potentielle. Dans les signes de résistance, les revenus ont été protégés et la consommation a résisté [...] Il y a une économie qui s’adapte à la demande. »

 

« Le plan de relance européen a présenté des avancées mais il peut paraître insuffisant par rapport aux Etats-Unis entre le plan de relance de 1.900 milliards et celui de 3.000 milliards de dollars dédié aux infrastructures. L’écart entre les deux zones économiques risque de se creuser. Surtout que l’Europe accuse un fort retard dans la vaccination » a indiqué l’économiste et directeur des études à l’IESEG School of Management, Eric Dor, interrogé par La Tribune.

Dans une étude rendue publique ce mercredi 31 mars, les économistes du Trésor français tablent sur de fortes disparités au sein de la zone euro.  »L’activité de la zone euro retrouverait son niveau d’avant-crise en 2022 et la reprise serait hétérogène. L’activité en Allemagne se redresserait rapidement (+1,8% en 2022 par rapport à 2019) tandis que l’Espagne et l’Italie ne retrouveraient pas leurs niveaux d’avant-crise à cet horizon (resp. -0,9 % et -1,6 %) » indiquent les services de Bercy.

COVID-19: une troisième vague plus fort que la première

COVID-19: une troisième vague plus fort que la première

C’est le pronostic  l’infectiologue Benjamin Davido, sur BFMTV. 

« Aujourd’hui ce qu’on observe, c’est des gens de plus en plus jeunes qui se contaminent, donc on veut pas se retrouver dans une situation où à un moment donné on ne pourra soigner que les gens jeunes », a alerté Benjamin Davido sur BFMTV.

 

« La réalité c’est que par rapport à mars dernier, c’est qu’aujourd’hui ces mêmes réanimations sont à plus de 120% d’occupation des lits parce qu’il y a les malades non-Covid. Et qu’à un moment donné, on ne veut pas avoir à trier entre un infarctus du myocarde et un malade du Covid », a-t-il poursuivi. « Aujourd’hui la situation est beaucoup plus dure y compris que lors de la première vague, et le propre du serment d’Hippocrate c’est de ne pas faire de choix. »

Vendredi, la barre des 200.000 nouveaux cas de contamination en une semaine a été franchie.  »Aujourd’hui, les équipes sont extrêmement fatiguées d’être confrontées quotidiennement à la mort et à l’échec. (…) Il y a un nombre de morts qui est extrêmement important, certains ont pris la métaphore d’un A320 qui s’écraserait tous les jours, et aujourd’hui, on ne peut plus accepter ça en tant que soignant », a ajouté Benjamin Davido.

Vague de faillites États-Unis : une hypothèse incontournable

Vague de faillites États-Unis : une hypothèse incontournable

 

 

Comme ailleurs, et peut-être encore davantage, nombre  d’entreprises commerciales pourraient connaître la faillite aux États-Unis. Ces risques de faillites commerciales en cours aux États-Unis «restent considérables» alors même que l’économie émerge de la pandémie de coronavirus, a en effet déclaré vendredi la Réserve fédérale dans son rapport semestriel de politique monétaire au Congrès.

Les emprunts aux entreprises «se situent désormais près des sommets historiques», a déclaré la banque centrale américaine dans le rapport. Même si d’importants soldes de trésorerie, des taux d’intérêt bas et une croissance économique renouvelée peuvent atténuer les problèmes à court terme, «les risques d’insolvabilité dans les petites et moyennes entreprises, ainsi que dans certaines grandes entreprises, restent considérables».

Si  les bilans des banques et des ménages restent dans un état raisonnable, la référence de la Fed à la dette des entreprises met en évidence le potentiel de gueule de bois économique à venir après une année historiquement difficile.

Parallèlement aux faillites d’entreprises, le rapport a noté comment les changements économiques qui sont encore en cours pourraient, par exemple, réduire le marché de l’immobilier commercial déjà très apprécié et entraîner une «forte baisse» des prix – un coup potentiel pour les investisseurs ou les prêteurs. impliqué avec ces propriétés.

Le rapport notait également que les emprunts et les dépenses utilisés dans certains pays pour lutter contre la pandémie avaient rendu leurs systèmes financiers «plus vulnérables» qu’auparavant et que la situation pourrait s’aggraver. Le stress dans certains pays émergents, avertit le rapport, pourrait se propager «et produire des tensions supplémentaires pour le système financier et l’activité économique américains».

Un manque de courant électrique avec la vague de froid ?

Un manque de courant avec la vague de froid ?

 

EDF a attiré l’attention plusieurs fois du gouvernement sur les risques de manque d’électricité cet hiver si les températures devaient fortement descendre. Cela notamment en raison de la fermeture de la centrale de Fessenheim et du fait que certains réacteurs sont encore immobilisés pour des opérations de mise aux normes. Des opérations retardées par l’épidémie de Coronavirus. On pourrait approcher la  consommation de 88 000 MW sachant que la production disponible en France est entre 88.000 et 90.000 et qu’on peut aussi importer de l’électricité jusqu’à 11.000 mégawatts . Notons que ces importations proviennent notamment d’Allemagne et de centrales à charbon.

Dans les périodes de tension, on utilise toutes les ressources des centrales nucléaires et renouvelables, on va chercher l’électricité ailleurs et donc on va utiliser des moyens plus émetteurs de CO2 donc plus polluants : les centrales thermiques, le charbon, le gaz…

 

On va aussi importer de l’électricité de l’étranger, voilà pourquoi c’est important de maitriser notre consommation. D’ailleurs si ça vous intéresse il y a deux sites internet qui permettent de savoir où on est de la consommation électrique en France.

D’abord le site Ecowatt ça c’est vraiment la météo de l’électricité avec une carte de France et on peut voir région par région si on vert, orange ou rouge. Actuellement on est en vert mais selon RTE on devrait passer en orange cette semaine. Et puis il y a un autre site qui est très bien fait qui s’appelle ECO2mix et qui permet de savoir combien on utilise de mégawatts en temps réel et avec quel type d’électricité (nucléaire, hydrolique, charbon, gaz, solaire…)

Coronavirus : envisager déjà une quatrième vague ?

Coronavirus : envisager déjà une quatrième vague ? 

 

Un collectif de médecins et d’aidants détaille, dans une tribune au « Monde », les mesures pratiques qui permettraient, si elles étaient prises dès à présent, d’éviter que la situation de « stop and go » vécue en France se perpétue. Il reproche aux pouvoirs publics trop de verticalité et pas assez d’appui sur la société civile.

La troisième vague est là. Le gouvernement temporise, espérant éviter la déferlante. Faute d’indicateurs pouvant faire changer la décision, celle-ci suscite l’inquiétude. Le président « a pris son risque », selon son expression. Il faudrait qu’il le gagne car « son risque » est celui des malades et des soignants.

 

De multiples instances expertes s’empilent et prodiguent leurs avis. La décision gouvernementale s’impose, entre santé publique, sondages d’opinion et risques sociaux ou économiques. La population adhère plus ou moins aux injonctions et les exécute plus ou moins. Mais, hors régime dictatorial, il est impossible de contrôler le comportement de 66 millions d’habitants. Pourtant, il est aisé de comprendre qu’il faut l’adhésion de la population aux décisions pour espérer qu’elles soient mises en œuvre au mieux.

Modifications comportementales et collectives

Les polémiques sur le Covid-19, sa prévention, son dépistage et son traitement se multiplient depuis un an, rendant plus difficiles les nécessaires modifications comportementales collectives et la tolérance à des décisions verticales ou infantilisantes.

Les chaînes d’information en continu apportent leur pierre à l’édifice de la confusion, se faisant chambres d’écho d’affrontements, et parfois de rumeurs, à longueur d’antenne. Tous les experts conviennent néanmoins qu’il faut tester, identifier, remonter les contacts (tracer) puis isoler. Même si des communicants ont opté pour le terme « protéger », il s’agit bien d’isoler les personnes infectées pour interrompre les chaînes de contamination.

« L’adhésion aux tests est bonne mais le “traçage” et l’isolement semblent très imparfaits, voire inexistants »

L’adhésion aux tests est bonne mais le « traçage » et l’isolement semblent très imparfaits, voire inexistants. Le professeur Renaud Piarroux, épidémiologiste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, avait mis sur pied des équipes mobiles se déplaçant aux domiciles des personnes identifiées porteuses du SARS-CoV-2. Elles ont rapidement été renommées « brigades ». Le glissement sémantique est significatif…

Coronavirus France : les signes d’une troisième vague

Coronavirus France : les signes d’une troisième vague

« Nous voyons les signaux précoces d’une reprise épidémique et d’une troisième vague« , a prévenu la professeure Karine Lacombe sur RTL, lundi 4 janvier. « C’est en train de frémir : les arrivées aux urgences et les hospitalisations augmentent » notamment « en région parisienne », a indiqué l’infectiologue et cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Si la spécialiste est « moins inquiète » face à une pandémie  »que l’on connaît mieux », elle a rappelé les facteurs essentiels pour « anticiper » un éventuel regain de la propagation du virus, à savoir « le nombre de cas positifs et le nombre d’arrivées en hospitalisation et en réanimation ».

Ces indicateurs rapportent une situation sanitaire encore incertaine et propice à une troisième vague. « Actuellement, le nombre d’hospitalisations est déjà important et plus spécifiquement en région parisienne », précise Karine Lacombe qui n’exclut pas « une possible reprise de l’épidémie ».

Chaque jour, les autorités recensent entre 10.000 et 15.000 nouveaux cas : « on est sur un plateau élevé », alerte l’infectiologue. Par ailleurs, elle souligne que « les tous derniers chiffres des infections ne sont pas fiables : on a l’impression qu’il y a un peu moins de contaminations », mais ce résultat « a été dilué par un très grand nombre de dépistages à l’occasion des vacances scolaires ».

Coronavirus : vers une troisième vague en France

Coronavirus : vers une troisième vague en France

 

Invitée dimanche d’Europe Midi, Dominique Costagliola, épidémiologiste et directrice de recherches à l’Inserm, a estimé que la situation sanitaire de la France, face à l’épidémie de Covid-19, était trop précaire pour qu’elle puisse échapper à une troisième vague, malgré le début de la campagne de vaccination.

INTERVIEW

La campagne de vaccination, qui a débuté dimanche matin en France, ne permettra sans doute pas, à court terme, de contenir l’épidémie de Covid-19. Dans Le Journal du Dimanche, face à une situation sanitaire plus mauvaise que ce qu’avait anticipé le gouvernement en octobre, Olivier Véran, le ministre de la Santé, n’exclut pas l’hypothèse d’un troisième confinement. Il se dit prêt à prendre « les mesures nécessaires, si la situation devait s’aggraver ».

 

« Nous sommes dans un équilibre instable, et assez haut. Il y a une stabilisation du nombre des hospitalisations et des diagnostics positifs [...], mais il suffit de pas grand chose pour que cela puisse repartir », alerte au micro d’Europe Midi Dominique Costagliola, épidémiologiste et directrice de recherches à l’Inserm.

De quoi redouter une troisième vague ? « Dans les semaines qui viennent ça peut repartir… C ‘est le plus probable », estime cette scientifique. Si dans les autres pays d’Europe où la situation se dégrade également, notamment en Allemagne et en Autriche, de nouvelles mesures de restriction sanitaire ont été prises, la France continue pour l’heure d’échapper à un nouveau serrage de vis. « Quand on regarde les données, on voit que nous sommes le pays qui s’en sort le moins mal », veut rassurer Dominique Costagliola. « L’Allemagne a un nombre de décès quotidiens bien supérieur à celui de la France », pointe-t-elle.

Pour autant, elle estime que la France devra elle-aussi en passer par de nouvelles mesures restrictives, en ciblant notamment les situations à risques, lors desquelles le port du masque n’est pas possible. Elle évoque ainsi les cantines dans les établissements scolaires. Enfin, un relâchement du télétravail d’ici le 7 janvier, comme cela a été initialement envisagé, lui paraît désormais impossible.

Covid : une possible troisième vague ?

Covid : une possible troisième vague ?

 

Avant même la découverte d’une nouvelle version du virus la plupart des pays dans le monde ont enregistré une hausse alarmante des contaminations. Depuis la découverte du virus mutant en Angleterre, les inquiétudes sont encore plus alarmantes. Plusieurs pays ont déjà décidé d’interdire les vols avec le Royaume-Uni. La particularité du nouveau virus est de se propager jusqu’à 70 fois plus rapidement que le précédent. Pour l’instant les scientifiques indiquent qu’effectivement la propagation et particulièrement rapide mais ne remet pas en cause les effets des vaccins disponibles auprès de l’être. Cependant les études sur ce point sont encore insuffisants pour prouver scientifiquement cette affirmation. En France un conseil de défense sera réuni lundi et une réunion devrait aussi avoir lieu à Bruxelles pour tenter de coordonner les répliques à cette possible troisième vague qui semble se confirmer un peu partout.

Covid-19 : la crainte d’une troisième vague après les fêtes

Covid-19 : la crainte d’une troisième vague après les fêtes

«Si on n’est pas raisonnable le soir de Noël et le soir du Réveillon, il y aura un rebond, c’est vraiment quelque chose qui nous pend au nez. [...] Ça peut se traduire par un troisième vague avec un certain délai, [...] mi-janvier par exemple». A déclaré sur LCI lundi le professeur Eric Caumes, chef de service en maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière.

 

Le professeur a en effet rappelé les risques sanitaires de ces réunions de famille : «Vous avez l’exemple typique d’un lieu clos, où on risque beaucoup plus que dans un lieu ouvert». La jauge de 6 personnes conseillée par le gouvernement lui paraît néanmoins «raisonnable».

 

Interrogé sur l’évolution de l’épidémie, Eric Caumes a également montré son pessimisme quant à l’objectif fixé par Emmanuel Macron d’atteindre les 5000 cas de contamination quotidiens. «Je pense que ce ne sera pas atteignable parce que la courbe arrête de descendre, elle se stabilise», a-t-il dit. Depuis plusieurs jours, le nombre de nouvelles contaminations oscille entre 10.000 et 13.000.

Covid » Malgré le vaccin, une troisième vague »

Covid » Malgré le vaccin, une troisième vague »

Il faudra du temps pour contrôler l’épidémie alors que les conditions de propagation du virus persistent, expliquent dans le Monde Renaud Piarroux et Bruno Riou, l’épidémiologiste et le directeur du centre de crise de l’Assistance publique.

Tribune.

 

 

Après une première vague de Covid-19 au printemps, très déstabilisatrice pour notre système de santé, et aux conséquences économiques, sociales et humaines considérables, nous venons de passer le pic d’une deuxième vague, plus complexe à gérer en raison des retards dans la prise en charge des patients non atteints du Covid, et plus étendue dans le pays. Au cours de ces deux périodes, nous avons frôlé dangereusement le débordement capacitaire de nos hôpitaux et services de réanimation, tandis que les conséquences sanitaires à moyen et long termes commencent seulement à être analysées et sont particulièrement inquiétantes. Alors même que la vaccination est devenue une réalité proche, le risque existe toujours de devoir affronter une troisième vague dans les mois qui viennent.

Plusieurs éléments se conjuguent pour expliquer cet apparent paradoxe. Premièrement, les conditions environnementales de propagation du virus persistent et vont même s’aggraver : l’hiver, saison idéale pour la propagation d’une virose à transmission respiratoire n’a pas encore commencé, le confinement nécessaire a été abrégé pour des raisons économiques et sociétales, et les fêtes de fin d’année font craindre que des contaminations importantes intrafamiliales aient lieu, comme ce fut le cas lors des fêtes de Thanksgiving au Canada.

Difficulté de tester-tracer-isoler

Notre capacité collective à respecter la distanciation et les gestes barrières, y compris dans des réunions familiales (gel hydroalcoolique, port du masque, aération, limitation du nombre) sera déterminante. Deuxièmement, le tester-tracer-isoler que nous avions prôné dans Le Monde dès le 27 avril n’a pas été suffisamment développé : nous avons mal testé (les tests ont été nombreux, mais mal ciblés et trop tardifs), peu ou mal tracé (en ne tenant pas compte des résultats d’un système dont l’insuffisance était patente dès le mois d’août), et pratiquement pas isolé.

Au moins, nous saurons annoncer la troisième vague à temps car nous disposons de tous les indicateurs nécessaires pour le faire (« Early indicators of intensive care unit bed requirement during the COVID-19 epidemic : A retrospective study in Ile-de-France », par Bruno Riou, PLOS One, Public Library of Science).

Encore faudra-t-il être entendu par les instances politiques et la société pour qu’elles acceptent de confiner suffisamment tôt, un confinement pouvant être plus court et rester néanmoins efficace s’il intervient précocement. Il est cruel de rappeler que le conseil scientifique appelait, dès le 9 septembre, à prendre des mesures courageuses, qui n’ont été prises finalement que le 22 octobre (le couvre-feu) et le 30 octobre (le confinement).

« Coronavirus : une troisième vague » ? (L’épidémiologiste Renaud Piarroux)

« Coronavirus :   une troisième vague » ? (L’épidémiologiste Renaud Piarroux)

 

De la même manière que rien n’a été prévu pour tenter de contrôler la seconde vague, il se pourrait bien que la France soit tout autant désarmée par rapport à la possibilité d’une troisième vague.Une mutation dDontl’hypothèse ne peut pas être exclue avec la découverte en Écosse d’une mutation du virus (une mutation qu’avait par ailleurs prévu le professeur Raoult.  C’est en tout cas l’avis de l’épidémiologiste Renaud Parrioux, , chef du service de parasitologie du CHU de La Pitié-Salpêtrière (AP-HP) qui n’exclut pas cette troisième phase. (Interview dans le JDD)

 

Pourquoi le premier déconfinement a-t-il échoué?
Le gouvernement n’a pas réussi à faire comprendre qu’il y aurait une deuxième vague si la population se relâchait trop. Notamment à cause de certains scientifiques très écoutés et très relayés qui ont répété qu’il n’y allait pas en avoir. Ça a été très compliqué de se faire entendre dans ce contexte. Il fallait réagir dès le mois d’août – la courbe des cas était encore basse mais elle progressait vite – et appuyer sur le frein non pas à partir d’un certain nombre de cas, mais dès le moment où ce nombre augmentait. L’objectif était de préserver l’économie, mais qu’a-t-on préservé, quand on voit où on en est aujourd’hui?

 

Toute l’Europe est touchée, aurait-on vraiment pu éviter cette deuxième vague?
On l’aurait subie de toute façon, même si on avait réussi à maintenir les cas à un niveau plus bas, comme en Autriche ou en Allemagne. Mais au moins, ces pays ne sont pas submergés ; ils peuvent adopter des mesures plus facilement acceptables par leurs populations. Nous, nous sommes parmi les plus mal engagés. En Europe, c’est un choix collectif que de laisser les frontières de l’Union ouvertes et de vivre avec le virus, contrairement à d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, qui agissent vite et fort dès les premiers cas. Et ce choix accroît le risque de subir des vagues successives avant de parvenir à un éventuel équilibre.

 

Quelle a été la plus grosse erreur française?
On a raté l’élément clé que d’autres pays ont réussi: la limitation de la transmission autour de chaque cas positif. Ce processus consistant à identifier les cas contact rapidement pour briser les chaînes de contamination – le traçage – a été trop lent et pas assez exhaustif. Aujourd’hui, le système est un peu plus rapide mais il identifie trop peu de cas contact. C’est une question de confiance et de motivation qu’on n’a pas su donner aux personnes contaminées. Enfin, il y a une aversion de la population à s’isoler. Les moyens mis en œuvre sont très insuffisants: aujourd’hui, les gens sont enjoints à s’isoler par SMS. Mais la grande erreur serait de virer à l’autoritarisme. Si on commence à dire: « Quand vous êtes dépistés, restez chez vous et on va contrôler », c’est très simple: les gens n’iront plus se faire dépister.

 

Où est-ce qu’on a péché dans le traçage?
L’outil utilisé n’était pas optimal. Le conseil scientifique s’était pourtant prononcé en faveur d’équipes mobiles pour l’effectuer. Mais lors du déconfinement, le gouvernement a décidé que l’Assurance maladie s’en chargerait par téléphone. Seul point positif, on partait alors du médecin généraliste pour entrer dans le dispositif. Sauf qu’ensuite on a appliqué une politique de chiffres sur les tests en les proposant en libre-service et sans ordonnance, fin juillet. De ce fait, les généralistes n’étaient plus dans la boucle. À partir de là, on a perdu en efficacité et les laboratoires se sont retrouvés engorgés.

 

Pourquoi la situation s’est-elle autant améliorée à Paris?
Même si on n’a pas pu le faire comme on le voulait, l’AP-HP a développé dans la capitale une démarche de « contact tracing » avec des équipes mobiles et une présence humaine plus forte, grâce au dispositif Covisan. La réflexion sur ce concept d’isolement a été plus poussée. Il a été décliné en accompagnement plus qu’en coercition. On a pu aider les 40 000 personnes suivies par Covisan, en leur expliquant clairement les nécessités de l’isolement et en leur apportant des conseils. C’est peu, mais ça a contribué à aplanir la courbe épidémique, qui a progressé moins vite.

 

Comment réussir le prochain déconfinement?
Le taux de reproduction effectif, c’est-à-dire le nombre de personnes contaminées par une personne infectée, doit être stabilisé en dessous de 1. Pour cela, on doit mener des actions de terrain. Il faudrait encourager l’ouverture d’antennes de type Covisan partout en France, où l’on ferait des tests, du « contact tracing » et de l’accompagnement personnalisé. La clé, c’est d’expliquer aux patients et à leurs contacts l’intérêt de prendre les précautions tout de suite afin d’éviter de contaminer leur famille, leurs amis, leurs collègues. Et ce n’est pas qu’une histoire d’isolement. Si une personne est seule, comment fait-elle pour les courses? Ce sont des choses simples pour lesquelles les gens doivent être conseillés.
Comment monter de tels centres?
Je propose la mise en place rapide d’un groupe de travail opérationnel sur ces questions. Il faudrait former des chefs de centres qui fonctionneraient comme des « franchises » adaptées aux territoires. Des locaux doivent être trouvés. Des mairies parisiennes en ont fourni, d’autres peuvent le faire. Trouvons du personnel et formons-le à ces différentes fonctions. L’Assurance maladie doit continuer son travail en assurant le lien avec ces centres. Ce sont les acteurs principaux du « contact tracing » sur l’ensemble du territoire, qu’ils accompagnent ce changement et s’ouvrent à d’autres approches! Chaque jour qui passe où l’on ne se prépare pas est un jour de perdu. Parallèlement, il faut continuer tout ce qui n’est pas contraignant: favoriser le télétravail et l’étalement des heures de travail. Faute de quoi, nous subirons à nouveau un tour de vis sur nos libertés.

 

Faut-il s’attendre à une troisième vague?
Il faut espérer qu’il n’y en aura pas mais s’y préparer quand même. Il subsiste toujours des inconnues. On ne sait pas à quel point les températures influent sur ce virus ni si sa propension à diffuser dans les prochaines semaines sera forte ou très forte. Actuellement, les territoires les plus froids de France sont les plus touchés. Mais en hiver, on aura probablement plus de personnes immunisées. Si des moyens suffisants sont mis en place, peut-être oscillera-t-on enfin autour d’un nombre de cas gérable sans connaître de troisième vague.
Peut-on vivre avec ce virus ou faut-il l’éradiquer comme cherchent à le faire certains pays d’Asie?
On ne peut pas vivre avec des hôpitaux pleins. C’est impossible de déprogrammer éternellement des activités de soin importantes. Ce coronavirus fait plus de dégâts que la grippe. On ne peut pas vivre avec. Il faut s’en débarrasser. Cela nécessite une réponse internationale adaptée, une participation de la population et, surtout, un vaccin efficace.

Covid : » l’hypothèse d’une troisième vague »

Covid : » l’hypothèse d’une troisième vague »

L’épidémiologiste montpelliérain Mircea Sofonea alerte sur le risque de rebond de l’épidémie en cas de relâchement.

Comme de nombreux français, Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, est évidemment attentif aux mesures annoncées pour l’allégement du confinement. L’épidémiologiste craint toutefois un relâchement des mesures, alors que le chef de l’Etat cherche un équilibre périlleux entre assouplissement du confinement pour permettre la préparation des fêtes de fin d’année, et maîtrise de la crise sanitaire.

« Si on entend par là un vrai relâchement des mesures de restriction, oui, il est trop tôt. On est actuellement dans une période qui favorise la transmission du virus : le froid, la promiscuité à l’intérieur de milieux clos, ajouté à cela le contexte des fêtes avec des réunions familiales où les gestes barrières sont souvent oubliés . …

Coronavirus :  » Se préparer à une troisième vague » (L’épidémiologiste Renaud Piarroux)

Coronavirus :  » Se préparer à une troisième vague » (L’épidémiologiste Renaud Piarroux)

 

De la même manière que rien n’a été prévu pour tenter de contrôler la seconde vague, il se pourrait bien que la France soit tout autant désarmée par rapport à la possibilité d’une troisième vague. C’est en tout cas l’avis de l’épidémiologiste Renaud Parrioux, , chef du service de parasitologie du CHU de La Pitié-Salpêtrière (AP-HP) qui n’exclut pas cette troisième phase. (Interview dans le JDD)

 

Pourquoi le premier déconfinement a-t-il échoué?
Le gouvernement n’a pas réussi à faire comprendre qu’il y aurait une deuxième vague si la population se relâchait trop. Notamment à cause de certains scientifiques très écoutés et très relayés qui ont répété qu’il n’y allait pas en avoir. Ça a été très compliqué de se faire entendre dans ce contexte. Il fallait réagir dès le mois d’août – la courbe des cas était encore basse mais elle progressait vite – et appuyer sur le frein non pas à partir d’un certain nombre de cas, mais dès le moment où ce nombre augmentait. L’objectif était de préserver l’économie, mais qu’a-t-on préservé, quand on voit où on en est aujourd’hui?

 

Toute l’Europe est touchée, aurait-on vraiment pu éviter cette deuxième vague?
On l’aurait subie de toute façon, même si on avait réussi à maintenir les cas à un niveau plus bas, comme en Autriche ou en Allemagne. Mais au moins, ces pays ne sont pas submergés ; ils peuvent adopter des mesures plus facilement acceptables par leurs populations. Nous, nous sommes parmi les plus mal engagés. En Europe, c’est un choix collectif que de laisser les frontières de l’Union ouvertes et de vivre avec le virus, contrairement à d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, qui agissent vite et fort dès les premiers cas. Et ce choix accroît le risque de subir des vagues successives avant de parvenir à un éventuel équilibre.

 

Quelle a été la plus grosse erreur française?
On a raté l’élément clé que d’autres pays ont réussi: la limitation de la transmission autour de chaque cas positif. Ce processus consistant à identifier les cas contact rapidement pour briser les chaînes de contamination – le traçage – a été trop lent et pas assez exhaustif. Aujourd’hui, le système est un peu plus rapide mais il identifie trop peu de cas contact. C’est une question de confiance et de motivation qu’on n’a pas su donner aux personnes contaminées. Enfin, il y a une aversion de la population à s’isoler. Les moyens mis en œuvre sont très insuffisants: aujourd’hui, les gens sont enjoints à s’isoler par SMS. Mais la grande erreur serait de virer à l’autoritarisme. Si on commence à dire: « Quand vous êtes dépistés, restez chez vous et on va contrôler », c’est très simple: les gens n’iront plus se faire dépister.

 

Où est-ce qu’on a péché dans le traçage?
L’outil utilisé n’était pas optimal. Le conseil scientifique s’était pourtant prononcé en faveur d’équipes mobiles pour l’effectuer. Mais lors du déconfinement, le gouvernement a décidé que l’Assurance maladie s’en chargerait par téléphone. Seul point positif, on partait alors du médecin généraliste pour entrer dans le dispositif. Sauf qu’ensuite on a appliqué une politique de chiffres sur les tests en les proposant en libre-service et sans ordonnance, fin juillet. De ce fait, les généralistes n’étaient plus dans la boucle. À partir de là, on a perdu en efficacité et les laboratoires se sont retrouvés engorgés.

 

Pourquoi la situation s’est-elle autant améliorée à Paris?
Même si on n’a pas pu le faire comme on le voulait, l’AP-HP a développé dans la capitale une démarche de « contact tracing » avec des équipes mobiles et une présence humaine plus forte, grâce au dispositif Covisan. La réflexion sur ce concept d’isolement a été plus poussée. Il a été décliné en accompagnement plus qu’en coercition. On a pu aider les 40 000 personnes suivies par Covisan, en leur expliquant clairement les nécessités de l’isolement et en leur apportant des conseils. C’est peu, mais ça a contribué à aplanir la courbe épidémique, qui a progressé moins vite.

 

Comment réussir le prochain déconfinement?
Le taux de reproduction effectif, c’est-à-dire le nombre de personnes contaminées par une personne infectée, doit être stabilisé en dessous de 1. Pour cela, on doit mener des actions de terrain. Il faudrait encourager l’ouverture d’antennes de type Covisan partout en France, où l’on ferait des tests, du « contact tracing » et de l’accompagnement personnalisé. La clé, c’est d’expliquer aux patients et à leurs contacts l’intérêt de prendre les précautions tout de suite afin d’éviter de contaminer leur famille, leurs amis, leurs collègues. Et ce n’est pas qu’une histoire d’isolement. Si une personne est seule, comment fait-elle pour les courses? Ce sont des choses simples pour lesquelles les gens doivent être conseillés.
Comment monter de tels centres?
Je propose la mise en place rapide d’un groupe de travail opérationnel sur ces questions. Il faudrait former des chefs de centres qui fonctionneraient comme des « franchises » adaptées aux territoires. Des locaux doivent être trouvés. Des mairies parisiennes en ont fourni, d’autres peuvent le faire. Trouvons du personnel et formons-le à ces différentes fonctions. L’Assurance maladie doit continuer son travail en assurant le lien avec ces centres. Ce sont les acteurs principaux du « contact tracing » sur l’ensemble du territoire, qu’ils accompagnent ce changement et s’ouvrent à d’autres approches! Chaque jour qui passe où l’on ne se prépare pas est un jour de perdu. Parallèlement, il faut continuer tout ce qui n’est pas contraignant: favoriser le télétravail et l’étalement des heures de travail. Faute de quoi, nous subirons à nouveau un tour de vis sur nos libertés.

 

Faut-il s’attendre à une troisième vague?
Il faut espérer qu’il n’y en aura pas mais s’y préparer quand même. Il subsiste toujours des inconnues. On ne sait pas à quel point les températures influent sur ce virus ni si sa propension à diffuser dans les prochaines semaines sera forte ou très forte. Actuellement, les territoires les plus froids de France sont les plus touchés. Mais en hiver, on aura probablement plus de personnes immunisées. Si des moyens suffisants sont mis en place, peut-être oscillera-t-on enfin autour d’un nombre de cas gérable sans connaître de troisième vague.
Peut-on vivre avec ce virus ou faut-il l’éradiquer comme cherchent à le faire certains pays d’Asie?
On ne peut pas vivre avec des hôpitaux pleins. C’est impossible de déprogrammer éternellement des activités de soin importantes. Ce coronavirus fait plus de dégâts que la grippe. On ne peut pas vivre avec. Il faut s’en débarrasser. Cela nécessite une réponse internationale adaptée, une participation de la population et, surtout, un vaccin efficace.

Croissance allemande : menacée par la deuxième vague sanitaire

Croissance allemande : menacée par la deuxième vague sanitaire

Jusque-là on se félicitait en Allemagne du moindre impact de la crise sanitaire sur l’économie en particulier de la forte résistance des exportations. Il est clair cependant que les destinataires de ces exportations sont touchés par les effets du virus et ont donc tendance à réduire les commandes. Ce que constate la Bundesbank qui prévoit même que la croissance pourrait tomber dans le rouge au dernier trimestre. Il est fort probable que dans les jours à venir les institutions vont être conduites à nouveau a réviser  à la baisse les perspectives économiques de l’Allemagne mais aussi de l’ensemble de l’union économique.

“La performance économique globale pourrait stagner, voire décliner, après une croissance très vigoureuse cet été”, a déclaré la Buba dans son rapport mensuel.

La banque centrale allemande y souligne néanmoins qu’un ralentissement économique d’une ampleur similaire à celui du printemps était peu probable. Selon elle, les progrès réalisés dans le développement d’un vaccin contre le COVID-19 ont également renforcé les espoirs de trouver “bientôt” un équilibre entre le contrôle du virus et le maintien d’une activité économique.

La chancelière Angela Merkel et les dirigeants des Länder, censés se réunir dans la journée, envisagent un renforcement des mesures sanitaires afin de stopper la hausse des nouvelles infections au coronavirus, d’après un projet de document que Reuters a pu consulter.

«Quelle vague verte?» ( Marc Grivel, métropole de Lyon)

 «Quelle vague verte?» ( Marc Grivel, métropole de Lyon)

Marc Grivel considère dans l’Opinion que la victoire des écolos est une illusion d’optique.

Les élections municipales et métropolitaines de 2020 ont conduit, selon de nombreux commentateurs, à une « vague verte historique » avec la victoire de listes écologistes ou à forte dominante écologiste, notamment sur la métropole de Lyon. C’est pourtant une illusion d’optique : la réalité politique profonde de nos territoires est plus nuancée. Nous pouvons et devons aujourd’hui tirer quelques enseignements de ces élections.

La « vague verte » engloutie par le raz-de-marée de l’abstention

Le contexte sanitaire, social et politique, l’incertitude chronique sur la tenue du second tour des élections dans un entre-deux tours dilué dans le confinement, tout autant que la profonde crise de confiance entre les citoyens et le monde politique déjà existante ont conduit à un « raz-de-marée » de l’abstention, alors que, jusqu’ici, les élections municipales résistaient et constituaient le rempart de la démocratie de proximité.

Dans l’agglomération de Lyon, l’illisibilité des élections métropolitaines, la méconnaissance des enjeux, d’incompréhensibles alliances de second tour et l’absence de double scrutin dans près de deux tiers des communes (dont les conseils municipaux avaient été élus dès le 1er tour), ont encore accentué ce phénomène de désintérêt et de défiance.

Des résultats révélateurs d’une fracture territoriale qui s’approfondit

Au-delà même de la situation inédite dans lequel s’est inscrit ce scrutin, on constate que les résultats électoraux sont bien plus contrastés que la lecture simpliste qu’en ont donnée beaucoup de médias : la « poussée verte » est issue des centres urbains développés alors que, traduisant une vraie biodiversité électorale, la situation est bien différente dans les territoires périphériques et, au-delà, dans les territoires ruraux.

Il suffit d’observer les résultats des élections sénatoriales qui découlent de ces élections locales : la majorité de la droite et du centre droit en sort élargie, il n’y a pas eu de déferlante d’élus verts dans la Chambre haute.

Ces élections locales sont en réalité révélatrices de l’accentuation de la fracture territoriale avec un creusement des disparités démographiques et socio-économiques entre les grandes villes et les territoires périurbains ainsi que les villes moyennes et les territoires ruraux.

Un vote écolo conjoncturel porté par un changement structurel de génération

Dans les centres urbains et dans ce contexte d’abstention, le vote militant soutenant les listes écologistes, ainsi que le vote sur la seule préoccupation environnementale (sociétale, transversale, dont personne n’est propriétaire), ont pesé lourd. Il faut dire que l’inertie du monde politique, sur au moins trois décennies, a donné progressivement le sentiment aux Français que les problèmes écologiques n’étaient pas pris à bras-le-corps.

Nos concitoyens, notamment les plus jeunes, veulent que les choses aillent plus loin, plus vite et pensent – souvent à juste titre – qu’il est urgent d’agir. La « vague » électorale écolo, conjoncturelle par définition, révèle « en grand » l’arrivée sur la scène politique d’une génération nouvelle, qui vient amplifier le dégagisme amorcé en 2017. Elle va durablement imprimer sa marque dans la politique française et, en conséquence, la nature et le sens de nos engagements politiques individuels et collectifs.

Pour autant, la base politique n’est pas solide, le béton est encore frais. Ces élections confirment l’affaiblissement des partis de la gauche de gouvernement traditionnelle qui a permis à EELV, en bien des endroits, de préempter la position de clef de voûte de listes de gauche plurielle portées par ce changement générationnel fédérant des électeurs plus jeunes, plus militants, plus mobilisables.

Une métropole fragilisée par des dysfonctionnements programmés

Sur la métropole de Lyon, le nouveau mode de scrutin sur la base de 14 circonscriptions (dont le découpage pose encore question), avec son système de prime majoritaire, a en outre bénéficié à plein à EELV. Les résultats auraient été bien différents si le mode électoral était moins impropre à représenter la réalité politique des 59 communes.

Le conseil métropolitain issu de ces élections, et sa majorité, ne sont plus à l’image des territoires et de leurs habitants. Comment pourrait-il en être autrement quand 35 maires sur 59 n’en sont pas membres ?

Un phénomène subséquent a provoqué le déracinement préoccupant du conseil de la métropole : les associations ont remplacé les communes. À la faveur des élections de 2020 sont en effet entrés en masse dans l’hémicycle des militants associatifs, présents en force sur les listes écologistes, qui défendaient jusqu’ici des intérêts sectoriels, aussi louables et indispensables soient-ils. Or on ne gère pas une collectivité territoriale comme une communauté d’associations !

La légitimité d’un maire et celle d’un président d’association sont loin d’être les mêmes pour les citoyens. Alors qu’une association gère une cause, un intérêt spécifique, un maire doit gérer de nombreuses causes et intérêts de toute nature, pour des habitants très divers, et son arbitrage politique au quotidien se nomme l’intérêt général.

Espérons que la majorité métropolitaine saura s’ancrer dans la réalité et la diversité territoriales de la métropole et en tirer des décisions pragmatiques concertées. Dans le cas contraire, ce basculement de la métropole des communes vers les associations va conduire, amplifié par des arbitrages verticaux s’exonérant de réelles concertations, à des dysfonctionnements institutionnels majeurs préjudiciables aux orientations des politiques publiques et aux investissements. Au regard des enjeux pour la deuxième métropole de France et son 1,4 million d’habitants, les six ans à venir sont donc interrogés. Ils ne peuvent pas et ne doivent pas être six ans perdus.

Marc Grivel est conseiller de la métropole de Lyon, président du groupe Synergies métropole, maire de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or de 2008 à 2020 et 1er vice-président de la Métropole de Lyon de 2017 à 2020.

« ANNULER NOËL ET LE PREMIER DE L’AN » POUR ÉVITER UNE « 3ÈME VAGUE »

« ANNULER NOËL ET LE PREMIER DE L’AN » POUR ÉVITER UNE « 3ÈME VAGUE »

Interrogé sur BFMTV ce lundi soir,  Julien Lenglet, hématologue  estime qu’il faut « annuler Noël et la Saint-Sylvestre sans hésiter ». Cela pour éviter une troisième vague du Corona virus dans le pays

« Moi, si je devais avoir un avis purement scientifique et rationnel, je dirais d’annuler Noël et la Saint-Sylvestre sans hésiter », déclare l’hématologue francilien.

Il explique pour justifier son propos qu’avec les fêtes de fin d’année et leur lot de réunions familiales, on pourrait « potentiellement » faire face à « un cluster national géant intergénérationnel qui (pourrait être) à l’origine d’une potentielle troisième vague, sans ambiguïté ».

Il reconnaît toutefois que dans le cas d’une telle décision prise au niveau nationale, il n’est « pas sûr que la discipline collective soit au rendez-vous et que les Français acceptent de se passer de ces festivités. Pour le gouvernement le risque est aussi politique à savoir mécontenter encore un peu plus les réticents aux mesures restrictives de mobilité et de dimension sociale.

Faillites PME : une vague prévisible

Faillites PME : une vague prévisible

 

Dans un sondage réalisé en août et publié ce jeudi 22 octobre par la société de conseil McKinsey, 13% des petites et moyennes entreprises (PME) françaises interrogées s’attendent à faire faillite dans les six prochains mois. Et pour cause : dans l’échantillon de 502 PME sollicitées, 17% s’inquiètent de ne pas pouvoir rembourser leurs prêts, alors que de nombreuses sociétés ont emprunté pour compenser les pertes liées à la crise du Covid-19. Deux tiers de ces sociétés ont ainsi vu leur chiffre d’affaires emputé par la pandémie, dont 27% rapportent une « considérable baisse » de leurs revenus auprès de McKinsey.

Parmi celles interrogées par la société de conseil, 80% qualifient d’ailleurs de « faible » l’état actuel de l’économie française, qui serait même « très ou extrêmement faible » pour un tiers des répondants. Et pour pallier aux difficultés des prochains mois, ces PME comptent largement sur l’aide de l’Etat : 38% indiquent vouloir profiter des mesures prévues par le gouvernement à l’avenir, alors que 21% disent y avoir déjà eu accès.

Les inquiétudes des PME françaises coïncident avec celles observées chez nos voisins européens, où McKinsey a également interrogé un échantillon de sociétés. Le nombre de répondants à craindre pour leur survie dans les six prochains mois est légèrement inférieur dans les autres pays, allant de 9% au Royaune-Uni à 11% en Espagne, en passant par 10% en Italie et en Allemagne.

. Parmi les 2.200 sociétés européennes interrogées, 55% craignent de devoir mettre la clé sous la porte d’ici septembre 2021 si « les revenus devaient rester stables« . Et même en imaginant un rebond économique, la proportion de pessimistes reste élevée : 39% anticipent devoir se retirer à cette échéance même si les ventes augmentaient « de 10% à 30%« .

« L’État n’a tiré aucun enseignement de la première vague du virus (Frédéric Valletoux -FHF)

 

 

Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France FHF et maire (Agir) de Fontainebleau, estime que l’État n’a tiré aucun enseignement de la première vague du virus dans une interview à la Tribune.

Les annonces d’Emmanuel Macron de reconfinement nocturne avec le couvre-feu en Île-de-France et 8 métropoles vont-elles dans le bon sens pour les hôpitaux ?

Frédéric Valletoux : Ces annonces reflètent l’inquiétude face aux indicateurs de contamination qui repartent à la hausse. Elles ont l’avantage de mettre en œuvre des mesures graduées selon l’intensité des situations dans chaque métropole et territoire, contrairement aux mesures prises au printemps. Les nouvelles mesures annoncées par Emmanuel Macron ont pour objectif d’endiguer cette deuxième vague mais il faudra qu’elles soient appliquées de manière cohérente et responsable. Dès la fin de la première vague, la FHF avait pourtant proposé des pré-requis pour éviter d’en revenir à une telle situation : nous demandions notamment une plus grande transparence sur les projections épidémiologiques afin de poser une règle générale sur les capacités de réanimation. Nous avions également préconisé la mise en place de circuits COVID / non-COVID dans l’ensemble des établissements afin de garantir la continuité des soins hors coronavirus. Il nous semblait enfin essentiel de prendre en compte les besoins des professionnels de santé et l’organisation de renforts pour garantir congés et reprise d’activité. Alors oui, ces mesures vont dans le bon sens. Elles arrivent sans doute un peu tard et ne se substituent pas à aux mesures que je viens de citer qui auraient dû être prises dès l’été par les autorités sanitaires.

Les hôpitaux sont-ils bien préparés à l’arrivée de cette deuxième vague de contamination ?

Oui, car la question cruciale du manque d’équipements de protection est résolue, les stocks ont été reconstitués. Mais l’État n’a pas été assez vigilant pour tirer toutes les leçons de la première séquence, peut-être par manque de retour d’expérience. Aujourd’hui, beaucoup de questions sur lesquelles on aurait pu avancer en préparation de cette rentrée n’ont pas été traitées. Je pense à la coordination entre la médecine de ville et la médecine hospitalière, ou entre les hôpitaux et les cliniques.

La deuxième vague sera économique et non virale (appel de 250 intellectuels)

La deuxième vague sera économique et non virale  (appel de 250 intellectuels)

 

Dans une tribune à Marianne, 250 universitaires, scientifiques, professionnels de santé et juristes alertent sur les conséquences économiques et psychosociales de la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid. Ils estiment que la prochaine catastrophe ne sera pas virale mais économique et sociale, et qu’elle ne concernera pas les élites privilégiées mais d’autres catégories sociales beaucoup plus vulnérables.

Dans son avis du 22 septembre 2020 sur le « contrôle renforcé de l’épidémie », le Conseil scientifique Covid-19 s’interrogeait sur les mesures politiques à prendre. Il précisait qu’il « aborde ces questionnements en privilégiant un point de vue sanitaire », reconnaissait que « des aspects économiques plus généraux sont signalés en raison de leur importance », mais estimait que cela « ne relève pas de ses compétences » (page 26-27). On se demande alors à quoi servent l’anthropologue et le sociologue qui font partie de ses membres. Quatre jours plus tard, les deux prix Nobel d’économie 2019 Abhijit Banerjee et Esther Duflo appelaient dans le journal Le Monde à un reconfinement général de la population pour « sauver Noël ». Le lendemain (27 septembre), le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, déclarait dans les médias que « il ne faut pas avoir peur du télétravail ». Enfin, certains  journalistes (ici Libération, là L’Express) ont inventé ces derniers jours une nouvelle étiquette à coller sur le tiroir dans lequel ils voudraient enfermer ceux qui ne partagent pas l’opinion qu’ils défendent avec le gouvernement : les « rassuristes », opposés benoitement aux « responsables ».

UN RECUL INÉDIT DEPUIS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Tous ces propos témoignent de la vision du monde des élites françaises, du moins de celles et ceux qui contrôlent la parole publique. Las, pendant ce temps-là, d’autres réalités leur sont invisibles. Au risque de ne pas « rassurer », il faut en effet avertir que la prochaine catastrophe ne sera pas virale mais économique et sociale, et qu’elle ne concernera pas ces élites privilégiées mais d’autres catégories sociales bien plus vulnérables.

Selon les calculs de l’INSEE, la gestion de la pandémie aura fait perdre à la France une dizaine de points de Produit Intérieur Brut (PIB), un recul inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour comparaison, la crise de 2008 avait entrainé l’année suivante un recul de moins de 3% du PIB. Le taux de chômage devrait également dépasser les 10% à la fin de l’année où plus d’un million de chômeurs sont attendus selon le directeur de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE). Ceci implique une hausse globale des inégalités et de la pauvreté, prévient le directeur de l’Observatoire des inégalités, qui note également que « un grand nombre de départements observent fin août une augmentation de l’ordre de 10% des allocataires du RSA par rapport au début de l’année 2020″. Ce n’est pas un hasard si, ce 30 septembre, le Secours populaire alertait sur la forte augmentation des demandes d’aides alimentaires depuis le confinement.

Ce recul historique ne concerne pas toutes les professions ; tandis que certaines n’ont pas senti passer la crise, il touche au contraire massivement les secteurs du commerce et de l’artisanat, des services aux entreprises et aux ménages, ainsi que les artistes. Cibles privilégiées des mesures contraignantes du gouvernement, le secteur événementiel, l’hôtellerie et la restauration payent un lourd tribut, surtout les franges les plus précaires de leurs salariés : intérimaires et saisonniers.

Ce sont les entreprises et les salariés les plus vulnérables qui sont les plus impactées par la gestion de la crise

La France étant le pays le plus touristique du monde, ce secteur représentait en 2018 près de 3 millions d’emplois et environ 7,5% du PIB. Ceci a particulièrement affecté la capitale ainsi que les régions méditerranéennes dépendantes du tourisme estival. Grâce au chômage partiel de leurs employés et aux aides de l’Etat, ces sociétés dépendant du tourisme ont survécu lorsque leur trésorerie leur permettait une année à perte. Les autres (beaucoup de petites entreprises familiales) ont déjà fermé boutique. Et la plupart disparaitront si 2021 ressemble à 2020.

Au final, ce sont les entreprises et les salariés les plus vulnérables qui sont les plus impactées par la gestion de la crise. Ce n’est pas un hasard si l’INSEE comptabilise nettement plus de morts du Covid parmi les étrangers et les immigrés et constate que le département ayant connu la plus forte hausse de mortalité en mars-avril 2020 est la Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine. Comme l’écrit la DREES dans son dossier du mois de juillet« le cumul des inégalités face à l’épidémie et face au confinement font ainsi de la crise sanitaire actuelle un fort révélateur d’inégalités sociales ».

LA SANTÉ NE SE RÉDUIT PAS À L’ABSENCE DE MALADIE

Par ailleurs, la combinaison de la détresse économique et sociale objective et de la peur ressentie par les personnes les plus fragiles du fait d’une communication politique et médiatique particulièrement anxiogène a déjà et aura encore longtemps des conséquences sur la santé physique et mentale : augmentation des consommations de tabac, d’alcool et probablement d’autres drogues et médicaments psychotropes, anxiété, insomnie et autres troubles du sommeil, dépression, suicide, syndrome de glissement des personnes âgées, etc.

Sans parler des effets de la peur de la mort, de la culpabilité et des éventuels syndromes post-traumatiques et symptômes obsessionnels chez les personnes infectées et autres « cas positifs » dépistés. Quant aux enfants et aux adolescents, on ignore encore comment ils vivent tout cela et les traces que cela laissera en eux. On n’a pas non plus mesuré précisément l’impact de la fermeture des établissements scolaires au printemps dernier sur le décrochage et l’échec scolaires. Qui ne comprend que tout cela est pourtant extrêmement important ?

Nous réclamons que l’on en finisse avec les décisions prises dans l’entre-soi.

Chacun s’accorde à dire que le premier devoir du gouvernement comme de chaque citoyen est de protéger les personnes « à risque », mais il est temps de considérer que la vulnérabilité est tout autant psychosociale que physiologique. Il est temps de rappeler que l’OMS elle-même, dans le préambule de sa constitution, définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». A négliger les gens fragiles autres que les personnes âgées, on risque fort de provoquer d’autres maladies dont les effets se feront sentir pendant de longues années.

Enfin, c’est à nouveau la constitution de l’OMS qui déclare qu’« une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d’une importance capitale pour l’amélioration de la santé des populations ». C’est pourquoi nous réclamons que l’on en finisse avec les décisions prises dans l’entre-soi d’un « Conseil scientifique » ou d’un cabinet ministériel, pour ouvrir en retour un vrai débat démocratique sur la politique sanitaire.

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