Archive pour le Tag 'vaccins'

Accès aux vaccins : pour une gouvernance mondiale

Accès aux vaccins : pour une gouvernance mondiale

Le nationalisme vaccinal alimente une compétition inique entre les Etats, mais surtout introduit un risque de flambée du prix des vaccins, avertit un collectif international d’anciens ministres de la santé, dans une tribune au « Monde ». Seul un multilatéralisme renforcé, assorti de contraintes politiques, permettra d’aborder avec équité la sortie de crise.

Tribune.

 

La crise sanitaire, et désormais la question de l’accès aux vaccins contre le Covid-19 continuent de creuser les inégalités mondiales. L’immunité collective induite par la vaccination, dans sa dimension universelle, est pourtant au cœur de la stratégie de fin de la pandémie.

Cette phase décisive met une nouvelle fois au jour le contraste immense entre les pays riches et les autres, par les écarts colossaux dans leurs capacités d’intervention selon leur sphère d’appartenance économique. Les collectes de fonds considérables provenant d’Etats puissants, de grosses fondations ou d’acteurs privés ont ainsi permis aux laboratoires de réussir ce pari sans précédent de mettre au point un vaccin dans des délais inédits.

Cette nouvelle donne vaccinale soulève toutefois des questions éthiques majeures, avec l’accentuation de fractures scientifique, médicale, économique, sociale et, de facto, politique.

Scientifique parce qu’il est vital que l’évaluation de ces vaccins réponde aux mêmes exigences de rigueur scientifique, en matière de sécurité et d’efficacité, d’où le rôle crucial de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la procédure de validation et de qualification des vaccins.

Economique parce que la mise à disposition du vaccin contre le Covid-19 dresse deux approches ; d’une part, une logique soutenue par la société civile, qui considère le vaccin comme un bien public mondial, et, d’autre part, celle des industriels, qui poursuivent une logique de marché ; si le prix des vaccins doit naturellement répondre à une logique de retour sur investissement, ce marché, devenu essentiel dans un contexte de crise mondiale, ne doit pas faire de l’objectif de rendement une priorité sur l’objectif de santé publique au regard, notamment, de la grande part d’investissements publics.

Politique, enfin, car la divergence observée récemment entre l’Union européenne et le Royaume-Uni ne se lit pas uniquement à la lumière d’une préférence qu’aurait eue AstraZeneca à livrer les doses d’abord au Royaume-Uni. Elle soulève un enjeu politique et philosophique plus vaste qu’est celui de l’accès équitable à la vaccination, et donc à la protection, à l’échelle du monde.

Alors que 2020 fut l’année de la surenchère sur les masques – débat dont nous pensions avoir tiré les leçons de comportements reptiliens, de réactions du sauve-qui-peut –, les masques artisanaux nous avaient alors sauvés ; les pays en développement, en particulier, avaient montré un exemple éclatant d’agilité dans ce domaine.

 

VACCINS: l’aumône de l’Occident pour l’Afrique

VACCINS: l’aumône de l’Occident pour l’Afrique

 

Les pays développés de l’Europe et des États-Unis n’ont pas honte d’annoncer qu’ils vont attribuer environ 13 millions de dollars de vaccins à l’Afrique qui compte 1 200 000 000 d’habitants.

 

On voit mal comment ce don insignifiant pourrait compléter une politique de vaccination qui n’existe pas dans nombre de pays africains faute de moyens. Pire dans certains pays africains, on  tente de se soigner avec une herbe miraculeuse de Madagascar vantée par le chef de l’État malgache lui-même. Une énorme escroquerie évidemment.

Dès lors compte tenu de la mesquinerie de l’Europe et  des États-Uni,s il ne faut pas être surpris que la vaccination constitue l’arme diplomatique stratégique pour des pays comme la Russie ou la Chine qui sont en train de mettre la main l’Afrique.

Emmanuel Macron a plaidé jeudi dans le Financial Times pour que les pays riches envoient 3 à 5% de leurs doses disponibles à l’Afrique « très vite ». Il a précisé sa proposition ce vendredi à la Conférence de Munich, à laquelle participaient notamment le président américain Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel, en suggérant de commencer par l’envoi immédiat de 13 millions de doses.

La plupart des pays africains restent à l’écart du mouvement. En Afrique, seuls quelques pays ont démarré. Or les pays riches ont commandé d’énormes quantités de doses sans savoir si ces vaccins seraient efficaces et vu le nombre de projets qui ont abouti, ils se retrouveront avec des centaines de millions de doses excédentaires.

G7: quelques vaccins pour les pays pauvres

G7: quelques vaccins pour les pays pauvres

 

Le G7 aura l’occasion de parler de la délicate question du partage du vaccin et notamment de l’attribution aux pays pauvres. Pour résumer pour l’instant on a surtout parlé de solidarité internationale dans beaucoup de pays développés mais dans la pratique seulement quelques pour cent des vaccins devraient être attribués aux pays pauvres.

La nomination de Biden comme président des États-Unis pourraient un peu changer la donnent. Ce dernier a en effet déclaré qu’il entendait «se concentrer sur la réponse internationale à la pandémie de Covid, y compris la coordination de la production, distribution et livraisons de vaccins»,

théoriquement il existe un outil de mutualisation de la vaccination de l’ONU intitulée Covax, fondé par plusieurs organisations internationales, dont l’OMS, et que Washington a promis de rejoindre. Joe Biden promettra d’ailleurs vendredi, à l’occasion de cette réunion du G7, quatre milliards de dollars pour le dispositif Covax, a indiqué jeudi la Maison Blanche.

En France le président de la république français a fait part de sa proposition de réserver trois à 5 % des vaccins des pays riches en direction de l’Afrique. Boris Johnson,  qui lui a relativement bien réussi sa campagne de vaccination ( après son échec de la gestion sanitaire) propose aussi d’expédier dans les pays en développement les surplus de vaccins.

Le problème est que comme d’habitude le G7 constitue un outil diplomatique assez formel qui n’a pas pour objet de prendre des décisions très précises. Si le relais des intentions formulées au G7 n’est pas pris par une institution internationale forte, les déclarations ne serviront alors à rien.

Vaccins anti-Covid : repenser l’organisation de l’État

Vaccins anti-Covid : repenser l’organisation de l’État

Face au dysfonctionnement des chaînes de décision pour gérer l’épidémie, la crise sanitaire appelle à repenser l’organisation de l’Etat, estiment, dans une tribune au « Monde », Vincent Jeanbrun et David Lisnard, deux maires Les Républicains.

Ordres et contre-ordres permanents : voici ce qu’est devenu le quotidien des maires engagés dans la campagne vaccinale. Nos concitoyens peinent à s’y retrouver entre les prises de parole successives et contradictoires de leurs décideurs ; les uns s’empressant de démentir en conférence de presse ce qui a été dit la veille par les autres au micro d’un média. Les élus locaux ne sont pas épargnés non plus par cette cacophonie généralisée au sommet de l’Etat.

Depuis plusieurs semaines, mobilisés sur le terrain pour la réussite des vaccinations, nous avons dû faire face, comme tant de nos collègues, à une succession de confusions, d’inexactitudes et de maladresses de la part des autorités. Faut-il acheter les seringues et le matériel médical ? Comment éviter les doublons sur les listes d’attente ? Peut-on administrer cinq ou six doses avec un flacon ? Comment prioriser les rendez-vous face au nombre considérable d’inscrits ?

En réalité, de stratégie il n’en existe pas : le gouvernement navigue à vue et demande à l’intendance de suivre. De surcroît, si celle-ci s’avise d’émettre des doutes ou de faire part d’inquiétudes, elle devient compteur de « fables », quand elle n’est pas « procureure ».

Par définition, tout ne peut pas être millimétré précisément dans cette gestion de crise sans précédent. Pour autant, à l’impréparation de l’Etat ne doit pas se superposer la désorganisation de ses autorités.

Or c’est bien au dysfonctionnement de la chaîne de décision que nous avons assisté jour après jour. Empêtré dans ses réflexes centralisateurs et bureaucratiques, l’Etat multiplie les intermédiaires entre le ministère et le terrain. Haute Autorité de santé, conseil scientifique, conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, comité scientifique sur les vaccins, agence régionale de santé (ARS), Santé publique France… Au total, ce sont vingt et une instances de décisions et de contrôle qui marchent sur les mêmes plates-bandes. Avec pour conséquence une communication illisible qui peine à se traduire sur le terrain.

Les atermoiements sur le délai entre deux vaccinations ont pris, à L’Haÿ-les-Roses [Val-de-Marne], une tournure qui eût été comique si des vies n’étaient pas en jeu. De trois semaines initialement, voilà ce délai porté à six semaines par l’ARS, lors d’une conférence téléphonique un lundi… Avant d’être ramené à quatre semaines par le ministre [de la santé Olivier Véran] le lendemain même, en conférence de presse ! Le tout sous nos yeux médusés et ceux, bien moins tendres, de nos personnels municipaux qui devaient rappeler les patients incrédules pour leur rendre les rendez-vous décalés la veille. Faire et défaire, c’est toujours travailler…

Vaccins français : un fiasco dû à la bureaucratie anti-Covid-19

Vaccins français : un fiasco dû à la bureaucratie anti-Covid-19 

Enjeu diplomatique et économique, la course au vaccin n’est pas sans rappeler la course aux armements d’une autre époque, ou encore celle de l’espace. Et pour le moment, la France est hors jeu, relève la chercheuse de l’INREST Carine Milcent dans une tribune au « Monde ».

La France, l’un des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine) est le seul à ne pas avoir encore mis au point de vaccin contre le Covid-19. Elle apparaît aujourd’hui comme en marge des grandes puissances, développant puis proposant leur(s) vaccin(s) à l’ensemble de la planète.

Le point d’orgue de cet échec médiatisé fut, il y a quelques semaines, lorsque le laboratoire Pasteur annonça jeter l’éponge et abandonner ses recherches sur le vaccin anti-Covid-19. Au-delà du fait qu’il s’agisse d’une entreprise française, le nom même de cette firme évoque un homme emblématique du dynamisme de la recherche médicale française.

Si, pour certains, il s’agit des risques associés à tout processus de recherche, on est en droit de s’interroger sur les facteurs de réussite des autres pays. Comment expliquer les causes de ce qui est lu comme un retard industriel français ?

Fragilité humaine et limites scientifiques

La crise sanitaire a ébranlé l’idée que l’espèce humaine était en passe de contrôler son environnement. Elle a fait ressurgir notre peur des aléas climatiques et environnementaux. Elle nous a amenés à reconsidérer notre fragilité face à la nature. Elle a souligné nos limites scientifiques à anticiper les catastrophes naturelles et à les prévenir.

Chaque jour, depuis plus d’un an, les médias égrènent les cas de contamination et de décès dus à ce virus. Ainsi, l’arrivée sur le marché des vaccins, tant attendue par tous, est devenue une arme de puissance économique et diplomatique sans précédent. La course au vaccin n’est pas sans rappeler la course aux armements d’une autre époque, ou encore celle de l’espace.

La Chine, à travers ses laboratoires pharmaceutiques, développe cinq vaccins dont deux ont obtenu un accord (pour l’un conditionnel) par l’autorité chinoise de régulation des médicaments. Les résultats en termes d’efficacité et de sécurité ne sont pas encore confirmés, tandis que les doses de vaccin sont inoculées, et cela avant même les homologations officielles. Cette décision doit en partie son explication à un arbitrage lié aux risques de diffusion du virus inhérents au Nouvel An chinois (mi-février).

En Russie, le vaccin Spoutnik V, dont le nom évoque le satellite de la course spatiale au temps de la guerre froide, a également été utilisé avant la fin des essais cliniques. L’Inde fait de même avec son vaccin local. Dans la ligne d’une politique de diplomatie sanitaire, le vaccin Sinovac, promu à l’étranger, bénéficie déjà de commandes comme en Asie et en Américaine latine, voire a déjà été acheté et inoculé, comme pour le vaccin russe

Vaccins : les pays pauvres défavorisés

Vaccins : les pays pauvres défavorisés

 

Malgré les proclamations d’Emmanuel Macron, d’Angela Merkel ou d’Ursula von der Leyen, la politique menée par l’UE empêche un accès rapide des pays pauvres au vaccin contre le Covid-19, estime l’économiste Lucas Chancel dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Comment s’assurer que l’ensemble de la population mondiale ait accès aux vaccins contre le Covid-19 ? Dans une tribune parue dans Le Monde du 3 février, signée notamment par Emmanuel Macron, Angela Merkel, Ursula von der Leyen et Charles Michel, les dirigeants européens déclarent, main sur le cœur, tout faire pour diffuser l’accès aux tests, aux traitements et aux vaccins à l’ensemble de la planète. Pour atteindre cet objectif, les auteurs affirment encourager « la libre circulation des données entre les partenaires et l’octroi volontaire de licences en matière de propriété intellectuelle ».

Un tel cynisme interpelle. L’Union européenne (UE) bloque en effet depuis plusieurs mois toute demande relative à la levée des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins. En octobre dernier, l’Inde et l’Afrique du Sud, soutenues par une centaine de pays émergents et à bas revenus, déposent une demande devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Face à la pandémie, elles réclament la levée temporaire des droits de propriété sur le développement, la fabrication et la distribution des vaccins et du matériel essentiel à la lutte contre le Covid-19 afin de garantir la diffusion à bas coût et en temps voulu des vaccins et du matériel médical, qui manquent encore cruellement dans les pays pauvres. Cette mesure prendrait fin une fois le virus maîtrisé.

La demande est stoppée net par les pays riches. La position européenne repose sur trois arguments. Premièrement, il serait déjà possible d’assouplir certaines règles relatives aux brevets, dans le cadre de l’accord dit « Trips » sur les droits de propriété intellectuelle, issu des négociations à l’OMC de Doha en 2001. Deuxièmement, les droits de propriété intellectuelle ne constitueraient pas un facteur limitant la vaccination, au contraire. Ils seraient nécessaires pour permettre aux laboratoires de s’adapter et d’investir face à un virus mutant. Par conséquent et troisièmement, l’UE estime qu’il faut agir par le mécanisme Covax de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce mécanisme vise principalement à récolter des fonds afin de distribuer deux milliards de doses de vaccins d’ici à la fin de l’année dans les pays pauvres et émergents.

Etudions ces arguments un à un. Le cadre réglementaire existant permettrait-il de diffuser les connaissances sur les vaccins et de répartir la production mondiale ? Non seulement cela est remis en question par la quasi-totalité des pays pauvres et émergents à l’OMC, mais également par les faits. Selon The Economist, la plupart des habitants des pays africains ne seront pas vaccinés avant 2023, et il faudra attendre avant mi-2022 pour la plupart de ceux des pays émergents. Jugeons aussi de la qualité de cet argument par les chiffres : la firme Pfizer annonce 15 milliards de dollars (12,36 milliards d’euros) de chiffre d’affaires lié au vaccin en 2021. C’est bien parce que les droits de propriété sur les vaccins sont particulièrement bien gardés qu’ils s’avèrent aussi rentables.

Vaccins : pour une remise en question de la propriété intellectuelle

En pleine pandémie, la spécialiste des questions de propriété intellectuelle, Gaëlle Krikorian, appelle, dans un entretien au « Monde », à une remise à plat de l’économie du médicament et à la nécessaire transparence des négociations.

Après une thèse de sociologie sur l’accès aux médicaments à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess), Gaëlle Krikorian a travaillé au Parlement européen comme conseillère sur les questions de propriété intellectuelle, puis à Médecins sans frontières où elle a défendu un accès équitable aux traitements essentiels partout dans le monde.

En mai 2020, l’Union européenne appelait à faire du vaccin anti-Covid-19 un « bien public mondial ». Dix mois plus tard, les États les plus riches se disputent les doses tandis que les autres pays patientent. Comment analysez-vous la situation ?

L’appel de politiques à ce que le vaccin soit un « bien public mondial » est d’une terrible naïveté ou d’une grande hypocrisie. Il y a un paradoxe dans le fait de répéter, de ce côté-ci de l’Atlantique, que la santé doit être considérée comme un droit supérieur, que l’accès aux médicaments est universel, alors que l’on traite les produits de santé avant tout comme des marchandises et qu’on se refuse à prendre des mesures radicales.

Avec le système de propriété intellectuelle tel qu’il est appliqué par nos pays, un produit pharmaceutique ne peut pas devenir ce qu’on appelle en économie « un bien public » accessible à chacun. Il existe des principes de rivalité, de monopole, et donc d’exclusion.

Le même paradoxe existe dans d’autres domaines comme la biodiversité, par exemple, considérée en théorie comme un « bien public mondial », couvert par un accord international, le protocole de Nagoya, adopté en 2010. Dans les faits, il est extrêmement difficile, voire impossible, de faire respecter un tel principe au niveau global. D’une part, les lobbys industriels s’y opposent de toutes leurs forces, et d’autre part, ce sont les Etats qui autorisent des firmes à s’approprier, par des droits exclusifs, des savoirs sur les plantes que partagent et préservent depuis des millénaires les populations locales.

Un autre concept, celui de « biens communs », me semble plus intéressant, parce qu’il repose sur l’organisation d’une gestion collective de la ressource pour assurer son existence et son accès. Mais il nécessiterait une approche radicalement différente de celle qui prédomine actuellement, afin de traduire le fait que la recherche est un effort collectif qui mobilise de nombreux d’acteurs.

Quel regard portez-vous sur les débats autour de la répartition des vaccins contre le Covid-19 ?

La façon dont on a collectivement développé ce vaccin pose deux questions éthiques. La première porte sur la valeur de la vie, selon la zone géographique où l’on habite. Un système est-il pertinent si une partie de la population mondiale ne peut pas se protéger de l’épidémie ?

L’Europe responsable du fiasco des vaccins

L’Europe responsable du fiasco des vaccins

 

Nicolas Beytou s’explique sur Europe un sur la responsabilité de la commission européenne face au Vasco des vaccins(. Interview ) Ce lundi, Emmanuel Macron a exhorté les Européens à faire preuve de «plus d’efficacité».

L’Europe et le Covid, c’est l’histoire d’un fiasco retentissant. C’est simple, depuis le début de la crise sanitaire, l’Europe a globalement tout raté. Et d’abord sa réponse à l’épidémie : si effectivement tous les Européens ont eu droit à un moment ou à un autre à un ou plusieurs confinements, les périodes ont été différentes, les restrictions de libertés ont été différentes, les résultats ont été différents. Même cacophonie entre pays lorsqu’il a fallu se procurer en urgence de quoi lutter contre le virus des masques, du gel, des test). C’était chacun pour soi.

Sauf qu’à côté de cet individualisme, il y a eu aussi un réflexe commun : c’est l’Europe qui a négocié et acheté les vaccins.

C’est vrai, c’était une bonne idée a priori : faire masse pour peser sur les négociations. Sauf que la Commission a mis plus de temps que partout ailleurs dans le monde pour conclure ses négos avec les labos, puis on a pris du retard dans la certification des vaccins, et, pour couronner le tout, la confidentialité des clauses de l’accord a fini par créer de la défiance sur l’ensemble du dispositif. D’ailleurs tout ça a en partie volé en éclat puisque les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas pu respecter les contrats, et livrer les quantités promises de doses de vaccins. Résultat, une grave crise diplomatique en Europe.

 

Entre la Commission européenne et Londres, avec des dommages collatéraux sur l’Irlande.

Effectivement. Le projet de bloquer les vaccins aux frontières de l’Angleterre a très vite été annulé, mais la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ressort affaiblie de ce magistral loupé, et ça laissera des traces. Au fond, cette crise du Covid qui dure depuis bientôt un an a révélé et accentué les faiblesses congénitales de l’Europe. Individualisme exacerbé de quelques pays, lourdeur des procédures, bureaucratie : même le lancement d’un emprunt commun de 750 milliards d’euros, un projet historique porté conjointement par Emmanuel Macron et Angela Merkel, a mis des mois à être avalisé, ensablé à Bruxelles et au Parlement européen (d’ailleurs seule une poignée de milliards a été débloquée). On en est là, avec des opinions publiques nationales qui ont appris à comparer les performances ou les ratés de leur gouvernement, exactement l’inverse d’un état d’esprit communautaire. Et voici que depuis ce lundi les frontières sont fermées, y compris entre pays européens. C’est sûr, si le virus a fait une victime inattendue, c’est bien de l’Union européenne et de la Commission qu’il s’agit.

 

Vaccins : moins efficaces sur le variant sud-africain

Vaccins : moins efficaces sur le variant sud-africain 

 

“De toute évidence, les mutants ont pour effet de réduire l’efficacité des vaccins”, a déclaré le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses,.

Novavax a rapporté jeudi des résultats préliminaires mettant en évidence une efficacité de son vaccin de 50% chez les patients en Afrique du Sud, à comparer avec un taux pouvant atteindre jusqu’à 89,3% dans des résultats d’études plus avancées au Royaume-Uni.

Vendredi, J&J a de son côté déclaré qu’une seule injection de son vaccin contre le coronavirus était globalement efficace à 66% dans le cadre d’un essai massif sur trois continents, avec de grandes différences selon les régions.

Aux États-Unis, où la variante sud-africaine a été signalée pour la première fois cette semaine, l’efficacité a ainsi atteint 72% contre seulement 57% en Afrique du Sud, où le variant, connu sous le nom de B 1.351, a représenté 95% des cas étudiés dans le cadre de l’essai. Un autre variant hautement transmissible, découvert au Royaume-Uni et maintenant présent dans plus de la moitié des États américains, a moins résisté au vaccin que le mutant sud-africain.

Les nouvelles données disponibles soulèvent aussi des questions sur l’efficacité des vaccins de Pfizer Inc – avec son partenaire BioNTech – et de Moderna Inc contre les variants du virus. “C’est une pandémie différente maintenant”, a déclaré le Dr Dan Barouch, chercheur au Beth Israel Deaconess Medical Center de la Harvard University Medical School à Boston, qui a aidé à développer le vaccin de J&J.

Selon lui, il existe désormais une grande variété de nouveaux variants en circulation, y compris au Brésil, en Afrique du Sud et même aux États-Unis, qui affichent une résistance substantielle aux anticorps induits par les vaccins. Le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a pour sa part déclaré qu’il y avait “une forte possibilité” que les variants émergents finissent par rendre le vaccin de la société inefficace.

“Ce n’est pas encore le cas (…) mais je pense qu’il est très probable qu’un jour cela se produise”, a-t-il dit au Forum économique mondial. Les experts estiment toutefois que les quatre vaccins ont toujours une grande valeur en raison de leur capacité à réduire les cas les plus graves.

Sémantique : « primo-injections » pour cacher le scandale du manque de vaccins

Sémantique : « primo-injections » pour cacher le scandale du manque de vaccins

 

Le bavard ministre de la santé a inventé un nouveau concept : les primo injections. Cela pour cacher le scandale du manque de vaccins. Des vaccins d’abord mal gérés par les pouvoirs publics et dont l’insuffisance vient d’être confirmée par les laboratoires eux-mêmes.

La plupart des pseudos centres de vaccination ont d’ailleurs fermé leurs portes incapables de dire la date d’un éventuel rendez-vous en février.

En France, le ministère de la Santé a déclaré que Moderna livrerait en février 25% de doses de moins que prévu et que les livraisons de Pfizer seraient fin janvier inférieures de 200.000 aux prévisions.

L’ARS des Hauts-de-France a annoncé par communiqué le report des rendez-vous pour une première injection afin de “garantir l’administration de la seconde injection pour toutes les personnes ayant déjà reçu la première dose en janvier”.

L’ensemble des rendez-vous de primo-vaccination prévus jusqu’au mardi 2 février inclus seront donc déprogrammés et immédiatement reprogrammés à partir de la première semaine de mars.

“Compte tenu de la situation extrêmement tendue sur les doses de vaccins, et la nécessité de garantir la deuxième injection pour les personnes déjà vaccinées, aucune primo-injection ne sera effectuée dans les établissements de santé la semaine prochaine”, a précisé pour sa part l’ARS d’Île-de-France aux acteurs du milieu de la santé, selon un compte rendu envoyé aux personnes présentes, que Reuters a pu consulter.

En province la pénurie est la même mais comme l’information est complètement cadenassée par les médias complaisants à l’égard des institutions et des politiques, l’information fuite beaucoup moins. Ainsi par exemple dans un centre de vaccination du Maine-et-Loire à  Baugé, la vaccination n’a fonctionné que quelques jours. Depuis on ne répond même plus haut téléphone et c’est un disque qui tourne en boucle qui indique de reprendre contact plus tard. Le même phénomène se rencontre dans nombre de centres de province surtout dans la France profonde

“La France est confrontée, comme ses partenaires européens, à une baisse d’approvisionnement en vaccins : une réduction des livraisons de vaccins Pfizer (- 200 000 doses) intervenue à la fin du mois de janvier, et une réduction des vaccins Moderna prévue pour le mois de février (- 25% des doses)”, peut-on lire dans un communiqué.

“La baisse de ces approvisionnements a donc naturellement un impact sur le nombre d’injections pouvant être programmées : aussi, environ 5% des rendez-vous pour une première injections devront être décalés de quelques jours”, précise-t-on. Un mensonge total car il ne s’agit pas de 5 % de rendez-vous mais au moins deux la moitié. De toute manière il n’est même pas possible de prendre rendez-vous !

Les médecins libéraux privés de vaccins

Les médecins libéraux privés de vaccins

 

À juste titre ,les médecins libéraux dénoncent les cathédrales administratives mises en place aussi bien par les pouvoirs publics centraux que par les autorités locales qui notamment multipliaient des centres de vaccination et contraints aujourd’hui d’arrêter leur activité fautent de vaccins.

 

Il est clair que le système de vaccination aurait été beaucoup plus efficace s’il s’était appuyé sur les thérapeutes habituels que sont par exemple les pharmaciens et les médecins généralistes. Au lieu de cela pouvoirs publics centraux et pouvoirs le locaux un peu démagogues au monté à la des centres de vaccination bidons qui n’ont fait qu’ajouter de la confusion au flou de la politique de vaccination.

 

Dans les hôpitaux chargés de la vaccination des soignants, «ordre a été donné (…) d’annuler purement et simplement des centaines de rendez-vous» pour la première dose et de reporter la seconde de 21 à 28 jours, affirme dans un communiqué l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) représentant les 21.000 médecins libéraux franciliens.

L’instance dénonce une «décision opportuniste» prise «pour alimenter les trop nombreux petits centres ouverts précipitamment» afin de «satisfaire la demande pressante des collectivités» et prévient qu’elle «n’accompagnera pas (cette) stratégie déséquilibrée»«Nous demandons de continuer l’effort de vaccination de tous les soignants à risque», déclare à l’AFP son président, le radiologue Daniel Silberman, qui estime que l’agence régionale de santé (ARS) et le ministère doivent «assumer la difficulté d’avoir des vaccins» car «il n’y en a pas pour tout le monde».

Coronavirus: une enquête nécessaire sur la confidentialité des vaccins

Coronavirus: une enquête nécessaire sur la confidentialité des vaccins

 

Ce n’est sans doute pas par hasard si nombre de responsables demandent que soit révélées les conditions confidentielles des contrats des vaccins passés par l’union européenne avec les laboratoires. La question des prix et des conditions de livraison est en cause mais pas seulement.

Comme certains pays en développement, il se pourrait aussi que les laboratoires aient  exigé d’être exonérés de toute responsabilité en cas de conséquences graves résultant directement ou indirectement de la vaccination.  Une manière pour les laboratoires d’éviter des poursuites judiciaires qui se traduisent parfois en cas de condamnation par des les amendes de plusieurs milliards.

“Nous venons d’ouvrir une enquête sur le refus de la Commission de donner accès au public aux documents concernant l’achat de vaccins contre le COVID-19”, a déclaré une porte-parole de la médiatrice européenne.

La commission, qui codirige avec les représentants des États membres les discussions avec les fabricants de vaccins, a déclaré que la confidentialité était importante pour permettre à l’UE de conclure de meilleurs accords avec les entreprises. La commission n’a pas été immédiatement disponible pour commenter l’enquête.

L’Observatoire de l’Europe industrielle (CEO) avait demandé l’accès au contrat signé avec AstraZeneca, le premier scellé par l’UE, et aux documents liés aux négociations sur les vaccins. La Commission a refusé la première demande et n’a pas statué sur la seconde, a déclaré la médiatrice.

“Compte tenu de l’intérêt public important que suscite cette affaire, je demande à la commission d’émettre une décision confirmative sur les deux demandes d’accès dès que possible et au plus tard le 11 février 2021”, a écrit la médiatrice dans une lettre adressée à l’exécutif européen vendredi.

Tout citoyen de l’UE peut faire appel au bureau de la Médiatrice pour enquêter sur une institution de l’UE pour cause de mauvaise administration.Les demandes de divulgation de documents peuvent être rejetées par les institutions de l’UE si la publication de certaines informations est considérée comme contraire à l’intérêt public.

Début janvier, la Commission a divulgué une version expurgée de son contrat relatif au vaccin anti-COVID-19 avec la société allemande CureVac, suite aux pressions exercées par les eurodéputés.

COVID-19: seulement 400 000 PERSONNES VACCINÉES EN FRANCE et manque de vaccins à venir

COVID-19: seulement 400 000 PERSONNES VACCINÉES EN FRANCE et manque de vaccins à venir

Il est clair que la France n’est pas dans le rythme puisqu’elle vise au maximum la vaccination d’environ 1 million de personnes par mois ce qui aboutirait à 6 millions de personnes vaccinées à l’entrée de l’été. Or l’objectif initial était de vaccinées 35 millions de personnes. Il faudrait donc augmenter le rythme est passé à 5 millions de vaccinées par mois. En outre pour les semaines à venir,  on annonce un ralentissement de la fourniture des doses par les laboratoires.

 

Le ministère de la Santé a annoncé, ce samedi, que 413.046 personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne de vaccination en France, qui a démarré le 26 décembre dernier.

 

Elles font partie des publics prioritaires définis par les autorités sanitaires, à savoir les personnes âgées en Ehpad, les soignants de plus de 50 ans, les pompiers de plus de 50 ans, les aides à domicile de plus de 50 ans et les personnes handicapées vulnérables prises en charge dans les foyers d’accueil médicalisés et les maisons d’accueil spécialisées.

Vaccins : 1 million par mois au lieu de 5 nécessaires

Vaccins : 1 million par mois au lieu de 5 nécessaires

 

 

À l’origine on devait vacciner environ 30 à 35 millions de Français pour tendre vers l’immunité collective. Progressivement, cet objectif a été révisé en baisse et le premier ministre parle maintenant de 15 millions d’ici l’été. Selon les hypothèses, il faudrait donc vacciner entre 2,5 millions à 5 millions de personnes par mois. En ce moment, la France s’inscrit plutôt sur une tendance d’un million par mois.

La question n’est pas tellement celle du nombre de vaccins mais celle de l’insuffisance de la logistique complètement ligotée par la centralisation.. La France devrait disposer d’au moins 38 millions de doses de ce vaccin d’ici à la fin juin, comme l’a confirmé la direction générale de la Santé au JDD. Un stock suffisant pour vacciner 15 millions de personnes, y compris en envisageant un taux de perte important.

 

D’ici à la fin juin, la France s’attend aussi à recevoir 7 millions de doses du vaccin Moderna. Ce qui porterait le total de doses à 45 millions. A l’origine, la France avait estimé que le taux de perte des vaccins pourrait atteindre les 30%.

En résumé, si le vaccin AstraZeneca-Oxford est validé et si la logistique suit, la France serait en capacité de vacciner définitivement 35 millions de personnes au 1er juillet (avec 73 millions de doses), dont 10 millions de personnes d’ici la fin du mois de mars. En réponse à une question d’un sénateur, Olivier Véran a, lui, indiqué mardi « espérer que pour Pâques (le 4 avril), nous aurons terminé de vacciner ces 5 millions de personnes (les plus à risques, soit les 75 ans et plus) ». Mais à ce rythme on sera encore loin des 15 à 35 millions de personnes vacciner à l’entrée de juillet.

 

Coronavirus pays pauvres : 1 milliard pour les vaccins

Coronavirus pays pauvres : 1 milliard pour les vaccins

 

Une centaine de pays en développement devrait être bénéficiaire de la distribution d’environ 1 milliard de vaccins collectés à l’initiative du Royaume-Uni. Notons que dans le même temps la France, elle, organise une réunion internationale sur l’environnement. Une problématique sans doute essentielle pour l’avenir de la planète mais qui n’apparaît pas comme l’urgence du moment. D’autant que cette réunion internationale ne va pas porter grand chose de nouveau. De toute évidence, la France  a un problème pour hiérarchiser ses priorités.

 

Le Royaume-Uni a collecté auprès de ses alliés un milliard de dollars (820 millions d’euros) pour aider les « pays vulnérables » à accéder aux vaccins contre le Covid-19, a annoncé dimanche le ministère des Affaires étrangères en amont d’une visite virtuelle du chef de l’ONU à Londres.

Cette somme récoltée notamment auprès du Canada, de l’Allemagne et du Japon, ajoutée aux 548 millions de livres (608 millions d’euros) de Londres – qui avait promis de verser une livre tous les 4 dollars récoltés-, « permettra de distribuer cette année un milliard de doses de vaccins contre le coronavirus dans 92 pays en développement », a précisé le ministère dans un communiqué.

« Nous ne serons à l’abri de ce virus que lorsque nous serons tous à l’abri – c’est pourquoi nous nous concentrons sur une solution mondiale à un problème mondial », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab.

« Il est tout naturel qu’à l’occasion du 75e anniversaire des Nations unies, le Royaume-Uni ait pris l’initiative auprès de ses alliés pour mettre un milliard de doses de vaccin contre le coronavirus à la disposition des pays vulnérables », a-t-il ajouté.

Sondage crise sanitaire : 63 % mécontents des vaccins.

Sondage crise sanitaire : 63 % mécontents des vaccins.

Dans une dernière enquête Ifop pour le JDD*, 48% des sondés  font confiance au gouvernement pour aider les entreprises en difficulté (+3 points par rapport à la précédente enquête fin novembre) mais ils ne sont plus que 38% à lui donner du crédit pour faire face « efficacement » au coronavirus (-4 points). Ces niveaux sont similaires avec de précédents sondages de l’IFOP réalisés en décembre et encore cette semaine. En outre, seules 37% des personnes interrogées estiment que l’exécutif va « mener à bien la campagne de vaccination » contre le Covid-19 ; les 63% restants pensant l’inverse.

 

Pourtant, même défiants, les Français n’accablent pas pour autant complètement l’exécutif. Une majorité (56%) juge que leur pays « ne fait ni mieux ni moins bien » que les autres, quand un tiers (32%) pense que la gestion française est moins bonne qu’ailleurs et que le reste (12%) estime au contraire que la France fait mieux. « En dépit des coups de gueule, des renversements d’opinion, parfois en très peu de temps, des oppositions qui se jettent sur la moindre opportunité pour attaquer le gouvernement, malgré ces remous, une majorité des Français jugent que tout le monde est dans le même bateau », résume Jean-Philippe Dubrulle.

Enquête IFOP pour le Journal du Dimanche réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 8 janvier 2021, auprès d’un échantillon de 1.028 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. 

Crise : «Des patates et des vaccins» – (Olivier Gossner)

Crise : «Des patates et des vaccins» – (Olivier Gossner)

 

 

Soigner la santé et en même temps l’économie estime l’Economiste et mathématicien, Olivier Gossner est directeur de recherche CNRS, professeur et président du département d’économie à l’Ecole polytechnique, professeur à la London School of Economics.

 

 

Chronique dans l‘Opinion

 

La nature humaine est ainsi faite que les innovations technologiques sont souvent source d’inquiétudes irrationnelles. Les progrès scientifiques sont donc inutiles à eux seuls s’ils ne sont pas acceptés par ceux à qui ils doivent bénéficier en premier lieu. Il est alors de la responsabilité des scientifiques comme des gouvernants d’informer, d’éduquer, de montrer la voie.

Revenons quelques années en arrière, vers 1770-1780, lorsque les guerres et les famines ravagent l’Europe dans son ensemble, et la France tout particulièrement. Pourtant une solution existe pour nourrir à faible coût les populations, c’est la pomme de terre. Venue d’Amérique du Sud, déjà adoptée en Europe par l’Irlande, elle fait l’objet d’un farouche rejet en France où ce tubercule qui pousse sous terre est associé aux enfers et au Diable. Il tient à cœur à Antoine Parmentier, grand scientifique humaniste, chimiste, agronome, pharmacien et diététicien, de changer cette image.

Après des années de campagnes publiques, il a l’idée de génie que l’on sait : il convainc Louis XVI de le laisser faire pousser ses tubercules sur ses propres terres, et finit en beauté par servir le fruit de la récolte à la table royale ! Evidemment, si le Roi en mange c’est que c’est bon et sain. Toute la population en demande, et le succès du tubercule sur nos tables ne s’est pas démenti depuis.

Retour en 2021, la pandémie de Covid-19 fait des ravages chez les personnes âgées, et conduit le gouvernement à prendre des mesures de restriction des libertés qui mettent l’économie à genoux et les nerfs à vif. Mais grâce à des progrès scientifiques encore inimaginables il y a peu, des vaccins sont mis au point, testés, approuvés et mis sur le marché en un temps record.

Alors, sauvés ? Pas si vite, car dans la patrie de Pasteur, nous sommes aussi champions du monde du rejet des vaccins avec 58 % de la population ne souhaitant pas en bénéficier. Gagner la confiance et l’adhésion est alors une préoccupation majeure des pouvoirs publics, à juste titre. Encore faut-il l’art et la manière, et il nous reste quelques progrès à faire sur ce point.

 

Sur la communication d’abord. Qu’a-t-on entendu ? Qu’il faut vacciner lentement pour « avoir du recul », selon le ministre de la Santé lui-même, lequel n’aurait donc pas confiance en les vaccins administrés ! Dans la guerre que nous livrons, que notre général refuse d’aller au feu ne donne pas un très bon signal sur nos chances de victoire. On comprend que l’image donnée une campagne de vaccination « française » issue des recherches de Sanofi-Pasteur aurait renforcé la fierté nationale, et la tentation d’attendre était politiquement forte.

Entre-temps, Sanofi a pris du retard, et l’arrivée du variant britannique du virus à contagiosité renforcée comme la pression de la population ont conduit le gouvernement à changer de braquet en urgence et à redonner du rythme à la campagne de vaccination. Hélas le mal est fait, et les messages d’attente de vaccins prétendus plus sûrs que la dernière génération à ANR messager a signé le discrédit du politique sur le scientifique et le peu de foi accordée à des études cliniques pourtant irréprochables.

Est venue s’ajouter l’idée saugrenue selon laquelle demander un consentement écrit avec un délai de rétractation de 5 jours serait un facteur de confiance. Rappelons qu’aucun des vaccins couramment donnés (dont 11 obligatoires) ne donne lieu à un tel protocole. La théorie des jeux et les sciences comportementales nous aident à nous projeter dans la psychologie collective. Nos populations s’imaginent, à juste titre certainement, que leurs dirigeants sont mieux informés qu’eux-mêmes sur la dangerosité éventuelle des vaccins. Il est alors difficile de rationaliser la demande de signer un consentement qui couvrira les pouvoirs publics en cas de problème, à moins d’imaginer qu’ils ont en eux-mêmes une forte suspicion de complications dues au vaccin. Si cela n’était pas le cas, il faudrait exiger une signature soit pour tous les vaccins, soit pour aucun. Sur ce point aussi, le signal donné est à rebours du besoin de confiance tant répété.

Venons-en à l’ordre de priorité choisi. Après avoir annoncé que les soignants n’étaient pas prioritaires, le gouvernement a fait volte-face en annonçant vouloir vacciner prioritairement ceux de plus de 50 ans. C’est une bonne décision car vacciner les soignants, c’est à la fois protéger des personnels indispensables à la lutte contre l’épidémie, et limiter les risques d’infection des soignés. Mais nous aurions tort d’ignorer le volet psychologique. Les personnels médicaux sont le plus à même d’avoir la confiance des personnes dont elles ont la charge. Dans l’esprit des patients, s’ils se font vacciner, alors qu’ils savent évaluer les niveaux de risque, c’est que le rapport coût-bénéfice est très favorable pour eux, et donc a fortiori pour les plus fragiles. Pour que les personnels médicaux soient des ambassadeurs du vaccin, il faut que tous, et non seulement les plus âgés d’entre eux, puissent en bénéficier prioritairement.

Enfin, le leadership dont nous avons besoin, c’est de montrer la voie par l’exemple. En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou ainsi que sa famille et de nombreux ministres se sont fait vacciner, devant toute la presse convoquée. Succès assuré dans un pays connaissant la campagne de vaccination la plus rapide au monde. Ce que le Roy fait, je veux le faire aussi !

Courage. Il convient d’ailleurs de saluer l’initiative du collectif de personnalités du monde médical mené par Axel Kahn, sensibles à la psychologie des soignés auxquels ils sont souvent en contact, et se faisant publiquement vacciner. Notons au passage qu’il ne s’agit pas d’un acte de courage, mais de sens de la responsabilité liée au privilège de bénéficier des vaccins en priorité. Le courage, c’est ce dont ont fait preuve les scientifiques qui se sont acharnés pendant des années à développer des voies que tous croyaient sans issue, ainsi que les centaines de milliers d’individus qui ont participé aux essais cliniques.

Pour faire accepter le vaccin, sachons donc appliquer les excellentes recettes du bon Antoine Parmentier. Montrons l’exemple par le haut et surtout dédramatisons. Les vaccins sont l’acte médical parmi les plus inoffensifs qui soient et doivent être traités comme tel.

Le siècle des Lumières continue à nous donner un formidable éclairage sur la complémentarité entre sciences fondamentales, sciences humaines, et prise de décision politique. C’est en articulant intelligemment ces parties que nous serons à la pointe non seulement du progrès scientifique, mais aussi de l’implication de notre population. La crise actuelle nous le réclame à grands cris, saisissons cette chance.

 

500 centres de vaccination … mais sans vaccins

500 centres de vaccination … mais sans vaccins

A défaut de vaccins le gouvernement annonce la création de centres de vaccination partout.

« Nous ouvrons 100 centres destinés à la ville. Ce n’est qu’un début : nous en ouvrirons 300 la semaine prochaine et 500 celle d’après », a déclaré le représentant du gouvernement à l’issue du premier Conseil des ministres de l’année. Et d’ajouter : « Le président de la République a indiqué 500 à 600 centres dans les prochaines semaines, c’est-à-dire 5 à 6 par département ».

 En outre, « le nombre d’hôpitaux qui permettent de vacciner des soignants, a été multiplié par trois ce matin » et « va continuer à monter en puissance », a complété Gabriel Attal.

Le problème n’est pas tant la question des centres de vaccination mais celui des vaccins et de la logistique. Aujourd’hui la France a vacciné quelques milliers de personnes quand il faudrait réaliser 150 000 par jour ou 5 millions par mois. Or l’objectif est de vacciner 1 million de personnes par mois . À ce rythme on est pas prêt en France de viser une forme d’immunité collective.

Le gouvernement est accablé de critiques ces derniers jours quant à sa campagne de vaccination contre le Covid-19. D’abord à cause d’un démarrage au compte-gouttes des injections : seulement 7.000 injections ont été réalisées, alors que le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont dépassé plus ou moins largement les 100.000. Les russes ont vacciné 1 million de personnes et les Américains plusieurs millions.

Vaccins : une faillite logistique

 

 

Pour Aurélien Rouquet, Professeur de logistique, le gouvernement n’a pas anticipé les questions de transport et de réception des doses, ni les contraintes de stockage, explique le professeur de logistique Aurélien Rouquet dans une tribune au « Monde ».

Lorsqu’on élabore une stratégie, il est crucial d’intégrer les contraintes logistiques. Si l’on ne le fait pas, le risque est de voir cette stratégie, une fois mise en œuvre, se fracasser contre le mur du réel. De toute évidence, c’est ce qui arrive à la stratégie vaccinale française, conçue par la Haute Autorité de santé (HAS) et mise en œuvre depuis dix jours par le gouvernement.

Sur le papier, la stratégie proposée par la HAS a consisté, face à des vaccins dont on savait qu’ils seraient initialement en nombre limité, à définir des publics prioritaires. Pour cela, les experts se sont basés sur deux critères de priorisation : « Le risque de faire une forme grave du Covid-19 et le risque d’exposition au virus. »

La priorité aux résidents des Ehpad

Cela les a conduits à proposer une stratégie fondée sur cinq phases successives. La première, dont le déploiement a commencé, devait cibler les résidents et personnels des Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes]. La deuxième phase prévoyait d’étendre la vaccination aux plus de 65 ans, ainsi qu’à certains soignants. Enfin, trois autres phases étaient prévues afin d’étendre peu à peu la vaccination, qui devait se conclure avec le public le moins à risque : les plus de 18 ans sans comorbidité.

Une telle stratégie peut bien sûr trouver des arguments sur le plan sanitaire. Même si d’autres pays ont fait des choix différents, il paraît a priori légitime de donner la priorité aux résidents des Ehpad, qui ont payé un lourd tribut au Covid-19, et que nous devons protéger, ainsi qu’au personnel médical correspondant. Cependant, déployer un vaccin au sein de plus de 10 000 Ehpad répartis sur tout le territoire est évidemment complexe. Cela l’est d’autant plus que le seul vaccin disponible pour l’instant, celui de Pfizer-BioNTech, doit être conservé à − 70 °C. En dix jours, seules quelques centaines de personnes ont ainsi été vaccinées, et la mise en œuvre de la vaccination dans tous les Ehpad va de toute évidence prendre des semaines.

Un stock de doses dans les congélateurs

Pourtant, plus de 500 000 doses ont déjà, fin décembre, été livrées par Pfizer-BioNTech, et selon le porte-parole du gouvernement, 500 000 doivent arriver chaque semaine de janvier. Ainsi, des centaines de milliers de doses dorment actuellement dans des congélateurs ! Sur le plan sanitaire, l’enjeu est pourtant aussi de déployer le plus vite possible les vaccins ! Plus le nombre de personnes vaccinées augmentera, plus on sera en mesure de ralentir la circulation du virus ! Ainsi, un critère qui aurait dû être intégré dans la stratégie vaccinale est la capacité à utiliser le plus vite possible les doses disponibles lorsqu’elles arrivent (tout en gardant bien sûr un stock de sécurité afin de faire face aux aléas qui peuvent survenir).

Ouverture de centres de vaccination en ville…… mais sans vaccins !

Ouverture de centres de vaccination en ville…… mais sans vaccins !

 

Pour justifier le retard français en matière de vaccination, le verbeux  ministre de la santé, Olivier Véran annonce l’ouverture de centres de vaccination en ville. On se demande réellement pourquoi compte tenu du manque chronique de vaccins. Pendant encore un mois ou deux au moins, la France va cruellement manquer de vaccins. Une insuffisance justifiée par une hiérarchisation des populations à vacciner.

Pour l’instant la seule avancée concrète et précise concerne la vaccination des soignants de 50 ans et plus. Pas besoin pour cela de centres de vaccination en ville. Les intéressés sont bien placés pour se faire vacciner près de leur lieu de travail.

Olivier Véran, comme Macron et le gouvernement, a changé de discours en raison des nombreuses critiques sur la stratégie vaccinale. Le problème, c’est que ce changement de discours ne modifie pas les réalités médicales françaises. Pendant qu’on vaccine plusieurs millions de personnes aux États-Unis, plus d’un million en Russie, des dizaines de milliers en Grande-Bretagne ou encore en Allemagne,  la France ne compte que trois ou 400 personnes vaccinées. Et le rythme ne pourra vraiment s’accélérer que vers la fin du premier trimestre. Les explications du ministre de la santé ne parviennent guère à convaincre.

“Avant le début février, de premiers centres de vaccination ouvriront en ville, pour commencer à vacciner les personnes âgées de 75 ans et plus, puis les 65 ans et plus, etc.”, a-t-il déclaré sur Twitter.

“Nous avons décidé, en parallèle, d’accélérer la protection des publics prioritaires. Dès lundi, les soignants de 50 ans et plus qui le souhaitent, pourront se faire vacciner dans les centres disposant déjà de vaccins”, a-t-il ajouté.

Ces décisions interviennent alors que le gouvernement essuie depuis plusieurs jours les critiques des partis d’opposition et d’une partie du corps médical face à la lenteur de la campagne de vaccination lancée dimanche, qui n’a concerné à ce stade que quelques centaines de personnes dans l’Hexagone, contre plusieurs dizaines de milliers au Royaume-Uni et en Allemagne.

Jeudi, l’Académie nationale de médecine (ANM) française a appelé les autorités de santé à simplifier et accélérer la campagne de vaccination, en regrettant des précautions “excessives”.

“Soyez rassurés. La campagne vaccinale va bientôt prendre de l’ampleur”, a indiqué jeudi Olivier Véran face aux critiques, rappelant la stratégie du gouvernement de vacciner en priorité les résidents des Ehpad, ce qui engendre des difficultés logistiques.

“Dans quelques semaines, la vaccination aura été proposée à l’ensemble des personnes âgées, et nous serons au même niveau que les pays qui ont procédé différemment”, assure le ministre de la Santé. Quelques semaines qui renvoient sans doute en mars ou en avril !

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