Archive pour le Tag 'vaccinale'

CGT-Santé : manif le 14 septembre contre l’obligation vaccinale

CGT-Santé : manif le 14 septembre contre l’obligation vaccinale

obligation vaccinale sera mise en application à partir du 15 septembre pour le personnel de santé. La CGT santé a décidé d’organiser une manifestation pour protester contre cette disposition. La manifestation se déroulera le 14 septembre.

Patrick Kanner ( Sénateur PS) : « Pour l’obligation vaccinale universelle »

Patrick Kanner (PS) :  « Pour l’obligation vaccinale universelle »

Le sénateur socialiste réitère sa position qui consisterait à rendre la vaccination obligatoire au lieu d’une régulation assez floue par le passe sanitaire qui révèle en fait  une insuffisance de doses vaccinales. »Je respecte [la] décision » du Conseil constitutionnel, a réagi sur franceinfo le sénateur socialiste Patrick Kanner. Mais il craint que le contrôle de ces pass soit « très compliqué », notamment dans les TGV et les avions.

Il explique néanmoins que les socialistes du Sénat espéraient « un encadrement plus fort » sur le pass sanitaire. Patrick Kanner indique qu’il aurait préféré l’instauration de « l’obligation vaccinale universelle » qui, selon lui, « aurait été la solution égalitaire ».

Covid-Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

Covid-Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

 

La prix Nobel d’économie , Esther Duflo, estime que seule une stratégie vaccinale mondiale peut être efficace en même temps qu’équitable. (Interview dans le JDD, extrait)

 

 

 

Pourquoi faut-il immuniser la planète?
Il y a d’abord une raison morale. C’est une opportunité de sauver des vies. Ne pas vacciner, ne pas donner ces doses à ceux qui en ont besoin, et qui affrontent de fortes vagues épidémiques comme l’Afrique avec le variant Delta, c’est avoir du sang sur les mains. Je sais combien le développement est complexe. Mais cela ne s’applique pas au vaccin!

L’OMS réclame pour septembre 250 millions de doses aux pays qui ont un excédent. Pourquoi y a-t-il urgence?
Pour l’instant, aucun variant n’a passé la barrière du vaccin, mais ça pourrait venir. Ils surgissent lors de fortes recrudescences épidémiques. On l’a vu au Brésil, en Grande-Bretagne, en Inde… Laisser se propager ce virus si contagieux, qui mute si souvent, ce n’est pas rationnel du point de vue de notre santé ou de nos économies. En France, sauf à aller vers une obligation générale, 60 à 70% de la population éligible sera protégée. Or 30% de non-vaccinés, cela suffit pour avoir une grosse épidémie. Si le virus continue à circuler et si on veut vivre sans restriction, il faut vacciner au moins 60% de la population mondiale… Ou 100% des Français. La stratégie vaccinale de la France, comme des autres pays riches, doit être mondiale. Sauf à décider de ne jamais rouvrir les frontières.

 

Quelles occasions d’agir ont raté les pays riches?
Au tout début de la pandémie, une décision assez révolutionnaire a été prise, celle d’investir dans des capacités de production, de construire des usines pour la fabrication de vaccins même pas encore testés. Ce pari risqué s’est révélé gagnant. Mais les investissements – largement soutenus par des fonds publics – étaient juste dimensionnés pour la production des pays riches. C’est comme si on construisait une ville avec des tuyaux d’égouts trop étroits dès le départ ! Cette première erreur en a engendré beaucoup d’autres.

Pourquoi cet égoïsme est-il un mauvais calcul?
En mai, le FMI notait que vacciner 40% de la population mondiale en 2021 et 60% en 2022 coûterait 50 milliards de dollars, et estimait les bénéfices d’une telle vaccination pour les économies mondiales à 9.000 milliards de dollars ! Les présidents de toutes les organisations internationales -OMC, OMS, FMI, Banque mondiale…- se sont ralliés derrière ce plan. Mais les Etats-Unis ne se sont pas alignés, l’Europe non plus. C’est la deuxième opportunité manquée : 50 milliards de dollars, c’est une goutte d’eau par rapport aux trilliards investis dans les plans de relance américain ou européen.

 

Le dernier G7 n’a-t-il pas permis une avancée?
Non, c’est une très grande déception. La pression venait de toute part pour enfin accélérer et financer la production. Mais le G7 s’est contenté de la promesse, à la limite de la malhonnêteté, de donner 1 milliard de doses tout de suite aux pays en voie de développement. En réalité, il s’agit juste d’un « objectif » de livrer 870 millions de doses, dont 435 millions « d’ici 2022″… Largement insuffisant. Il en faudrait 7 à 10 milliards pour vacciner tout ceux qui en ont besoin. Par ailleurs, pendant qu’on se pose des questions, les Russes et les Chinois ont fait de la diplomatie vaccinale. D’un point de vue géostratégique, pourquoi leur laisser ce terrain? Contre une pandémie comme pour le climat, on doit agir pour un objectif commun. Cela ne rend pas optimiste pour la Cop26.

Parce que la tentation du repli national s’impose toujours?
Au début, les Etats-Unis ne voulaient pas partager leurs doses d’AstraZeneca. C’était une posture politique, leur population n’étant pas encore protégée. Ils ont désormais la capacité de produire 4,7 milliards de doses d’ici fin 2021. Ils auront des surplus. Mais ils les conservent pour les enfants de 2 à 12 ans et une éventuelle troisième dose. A l’heure où les campagnes patinent là-bas comme en Europe, nous avons une nouvelle occasion d’agir! Je le répète : la stratégie vaccinale du monde est celle de la France.

 

Le dispositif Covax devait fournir 2 milliards de doses aux pays en développement avant la fin de l’année. Il en a expédié moins de 100 millions. Est-ce un échec?
Oui, puisqu’elles n’ont pas été livrées. On a créé une coquille vide, et les dirigeants de Covax se sentent abandonnés à raison. Ils ne gardent pas les vaccins au frigo : ils ne les ont pas, parce qu’on ne leur a pas donné les sous! Les responsables des pays du G7, de Joe Biden à Emmanuel Macron, tiennent les bons discours mais n’ont jamais investi ni dans Covax ni dans une alternative.

La crise a révélé la vulnérabilité du système de production. Comment y remédier?
En 18 mois, l’Inde aurait eu le temps de se mettre en ordre de bataille pour fabriquer des vaccins à ARN. Mais ils n’ont pas eu les brevets, ont subi des restrictions des Etats-Unis sur les importations de composants et ont dû cesser la production. Ensuite, l’épidémie s’est abattue chez eux et priorité a été donnée aux livraisons nationales… La production, qui se concentre aux Etats-Unis, en Europe et en Inde, doit être mieux distribuée. Il pourrait y avoir un pays producteur par continent : Indonésie, Corée, Afrique du Sud. L’état de leur industrie pharmaceutique n’est pas inférieur à celle des Etats-Unis.

 

La levée des brevets serait-elle une solution?
Oui, à terme, ou les suspendre comme cela a été fait avec succès pour les trithérapies contre le Sida avec l’accord donné par Bill Clinton, entre l’industrie pharmaceutique et les pays africains, pour l’exportation et la production de génériques. Des centaines de milliers de vies ont été sauvées, et cela n’a pas découragé ces entreprises d’investir dans la recherche. Joe Biden n’y était pas opposé. L’Europe n’a pas suivi. Les fabricants, eux, ont en ligne de mire le marché de la troisième dose et des enfants. Ils préfèrent vendre 20 euros l’injection aux pays riches. Les pays pauvres, via Covax ou l’Union africaine, négocient des prix réduits, mais cela ne permet pas de décentraliser la fabrication. Et ils ne seront jamais prioritaires.

Les gouvernements ont-ils échoué à instaurer un rapport de force avec l’industrie?
Oui. Moderna n’existerait pas sans le gouvernement fédéral américain. La société avait le véhicule, mais pas la potion magique. C’est le gouvernement qui leur a donné la technologie, développée par les National Institute of Health ; qui a payé et réalisé les essais à grande échelle, et investi en capital risque. Le rapport de force devrait être du côté de l’administration! Ce n’est pas le cas. A l’inverse, pour le vaccin développé par Oxford, c’est Bill Gates qui a financé ces recherches avec AstraZeneca, en contrepartie de quoi il a exigé un prix réduit.

L’Inde, grand pays producteur, n’a vacciné que 5% de sa population. Comment améliorer aussi l’accès au niveau local?
L’Inde a d’abord tout exporté avant de vacciner sa population. Puis l’épidémie a semé le chaos dans les processus de production. Mais aujourd’hui, elle fabrique des doses et les achemine. Au niveau logistique, ce pays est capable de mener cette campagne avec son vaccin local et celui d’AstraZeneca. Comme dans presque tous les pays, il y a eu au départ des problèmes d’organisation, de tranches d’âge prioritaires etc. Mais la question se pose plus avec les vaccins à ARNm qui doivent être conservés au très grand froid. En Afrique, le frein essentiel reste l’absence de doses. Mais comme l’Inde, le continent ne sera pas exempt du problème de l’hésitation vaccinale.

 

Vous avez travaillé sur les réticences à la vaccination en Inde et en avez conclu que la solution la plus efficace est le recours à des « ambassadeurs » intégrés dans les communautés.
Ce travail portait sur la vaccination infantile, pour laquelle il n’y a aucune peur ou hésitation, plutôt une indifférence, une mauvaise perception de l’urgence. Avec le Covid, notre laboratoire a étudié l’hésitation vaccinale auprès de populations âgées d’Inde du sud que nous suivons depuis des années. Ils sont prioritaires mais moins de la moitié ont eu des injections. Beaucoup hésitent ou ont des craintes, peut-être car ils n’ont pas l’habitude de la vaccination des adultes. En Inde et en Afrique, une fois que les vaccins seront là, il restera à convaincre. Mais quand ce sera le seul problème, on aura déjà beaucoup avancé.

Faut-il proposer des incitations matérielles à la vaccination, comme le font les Etats-Unis?
Notre expérience en Inde a montré que cela fonctionne. Pour le Covid, tout dépend de la raison de la non-vaccination. S’il s’agit d’un problème logistique ou d’un manque de conscience de l’urgence, je n’ai rien contre de petites incitations. Si les jeunes sont rationnels, ils se disent que leur bénéfice individuel est insuffisant. Soyons pragmatiques : si ça marche, pourquoi ne pas leur proposer? Soit en rendant la vaccination plus ou moins obligatoire, avec un Covid pass donnant accès à des concerts ou des lieux qu’ils aiment, soit par des incitations plus rigolotes comme des bières ou une loterie. Face à des antivax, ça ne convaincra pas, voire cela aura un effet pervers menant tout droit à la théorie du complot.

Dans ce contexte, comment jugez-vous le débat sur l’obligation vaccinale en France?
Je le comprends. C’est logique : si on ne veut pas faire l’effort pour vacciner le reste du monde, avec des variants comme le Delta, il sera d’autant plus indispensable de vacciner toute la population en France.

Obligation vaccinale: d’abord les soignants

Obligation vaccinale: d’abord les soignants

Face à la montée de variants qui découlent directement de l’insuffisance de vaccination dans le monde, la question de la vaccination obligatoire se pose notamment en France. En fait on risque d’opérer par palier pour ne pas offusquer les réticents.

 

Le premier ministre va donc commencer par consulter pour envisager d’abord cette obligation au personnel médical.

«Un certain consensus» se dessine «autour de cette idée, chez les formations politiques mais aussi chez les scientifiques et les Français», a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, lundi matin, sur France Inter. «On a observé certaines situations où l’épidémie repartait dans les Ehpad parce que certains soignants n’étaient pas vaccinés», a pointé le secrétaire d’État.

, un projet de loi est en préparation. Le texte pourrait être adopté en Conseil des ministres d’ici à la fin du mois de juillet, pour un examen au Parlement dans la foulée et une entrée en vigueur à la rentrée au plus tard.

Site pour l’attestation vaccinale : attestation-vaccin.ameli.fr

Site pour l’attestation vaccinale : attestation-vaccin.ameli.fr

 

L’attestation peut être téléchargée et imprimée. Elle comprend un QR Code à scanner, pour intégrer le certificat de vaccination dans l’application TousAntiCovid.. Son usage deviendra nécessaire le 9 juin, avec l’entrée en vigueur prévue du pass sanitaire pour les activités rassemblant plus de 1000 personnes.

 

Une nouvelle version du certificat «aux normes européennes» sera proposée dès le 21 juin, avec un accès supplémentaire par le compte Ameli, a annoncé Thomas Fatôme. Cette mise à jour sera indispensable pour pouvoir se déplacer au sein de l’Union européenne à partir du 1er juillet.

Covid : une absence de stratégie vaccinale

Covid : une absence de stratégie vaccinale

 

 

Christian Lehmann , médecin et écrivain, dénonce l’absence de stratégie vaccinale du gouvernement dans Libération.

Chronique

Pour beaucoup de personnes vulnérables, la vaccination, c’est la lumière au bout du tunnel. Y accéder, c’est commencer à entrevoir une issue à un confinement auto-imposé et le retour à une vie moins anormale.

Alors que les vaccins commencent à arriver, plus rapidement qu’on l’aurait imaginé à la mi-2020, mais dans un certain désordre, ce sont moins les aléas du démarrage de la vaccination, le ralentissement momentané de production de l’usine belge de Pfizer, qui inquiètent, que l’absence criante d’une stratégie vaccinale cohérente. On l’avait pressenti quand le professeur Alain Fischer, deuxième «monsieur vaccin» (le premier ayant sombré sans bruit une fois que le gouvernement s’était aperçu que ses liens passés avec les firmes pharmaceutiques risquaient de poser un problème de communication), avait benoîtement assumé ne pas «du tout être un spécialiste de ces questions de logistique», alors que la campagne fin décembre était en France au point mort.

On l’avait pressenti quand, après l’ouverture des centres vaccinaux arrachée par des élus et des soignants de ville volontaristes, avec l’appui des autorités régionales de santé (ARS) et des préfets, l’exécutif avait à plusieurs reprises changé la notion de publics prioritaires, puis encouragé l’ouverture de centres bien au-delà des capacités de doses disponibles.

On avait eu confirmation du pilotage en mode automatique quand Olivier Véran, conscient de ne pas avoir assuré une logistique permettant le rappel du vaccin Pfizer dans le délai de 21 à 28 jours, avait évoqué un allongement à 42 jours, aujourd’hui validé par la HAS «pour accélérer la vaccination», alors que ni la Food and Drug Administration (FDA, l’autorité américaine du médicament) ni le fabriquant ne valide cette décision, toutes les études ayant été réalisées avec un rappel à trois semaines.

Il existe en effet un risque théorique que des personnes primo-vaccinées, et donc temporairement insuffisamment protégées, infectées par le coronavirus au-delà des 21 à 28 jours, entraînent une sélection de mutants ayant intégré une certaine résistance au vaccin. Mais nous payons la politique du chiffre du gouvernement, et l’absence de logistique cohérente de la vaccination. «Accélérer la vaccination» en s’exonérant des contraintes scientifiques validées, c’est ouvrir la porte au grand n’importe quoi, une fois de plus : mieux vaut vacciner correctement 1 million de personnes, que vacciner 1,5 million de personnes n’importe comment. Faut-il avoir fait l’ENA ou émarger dans une boîte de conseil privé pour comprendre ce concept basique ? La Haute Autorité de santé, transformée en agence de communication du gouvernement, bégaie dans son communiqué en affirmant par deux fois appuyer sa décision sur «l’absence de position consensuelle des autres pays sur la question du schéma vaccinal dans le contexte épidémiologique actuel».

Au milieu de ce marasme, les équipes sur le terrain avaient tenté de faire au mieux, malgré des difficultés techniques qu’on n’imagine pas : mauvaises seringues, aiguilles inadéquates. Cela peut prêter à sourire, quand on n’est pas confronté au problème. Ce n’est pas un sujet de franche hilarité quand on se rend compte que la reconstitution du vaccin et son injection dans des conditions optimales nécessitent une minutie particulière.

Pour le spécialiste Covid sur YouTube, pourtant, tout est simple. Le flacon contient plus de 2 millilitres de vaccin une fois celui-ci reconstitué. Chaque injection délivre 0,3 millilitre de vaccin. Donc on pourrait en théorie constituer jusqu’à sept doses avec une seule fiole. C’est compter sans les caractéristiques du produit, huileux, et sans «l’espace mort» des seringues et des aiguilles, notion qui a échappé à la plupart d’entre nous pendant des années parce qu’elle n’a en général aucune traduction pratique.

Lorsqu’on injecte un produit, une partie de celui-ci n’est en réalité pas injectée, il reste dans l’aiguille. Pour être précis, le «fond» du produit reste dans le chas de l’aiguille, et selon la longueur et le diamètre de celle-ci, sur de très petits volumes, cela est problématique. Chaque fois qu’on injecte 0,3 millilitre, on a donc utilisé jusqu’à 0,33 millilitre de vaccin dont une partie sera «captive» dans la seringue. Les équipes vaccinales ont étudié le problème et, par tâtonnements, perfectionné leur technique pour «gratter» une sixième dose dans une fiole de cinq. Elles l’ont fait savoir, essentiellement sur les réseaux sociaux, afin de partager avec leurs collègues cette trouvaille qui permettait, certes de manière aléatoire, de vacciner quelques personnes supplémentaires dans cette course contre le virus.

Qu’à cela ne tienne ! Confronté à une probable insuffisance de doses stockées, l’exécutif a officiellement acté que chaque fiole contenait six doses, ce qui est faux et dépend de la livraison de matériel adéquat. Matériel sur lequel, comme sur le stock de vaccins, nous n’avons aucune visibilité, malgré la transparence constamment vantée par le ministre de la Santé.

Cette validation officielle d’une prouesse technique, muée en obligation, a immédiatement amené Pfizer à réduire le nombre de fioles fournies aux Etats, arguant que les commandes ont été faites en nombre de doses et pas en nombre de fioles. Mais devant le tollé, la firme BioNTech a assuré livrer à prix coûtant les aiguilles… qui sont aujourd’hui en rupture de stock.

Ainsi va la campagne vaccinale en France. Ce qui devrait être un début de sortie de crise se mue en casse-tête.

Nous attendons de nos gouvernements qu’ils sécurisent la fabrication de seringues à espace mort intermédiaire et d’aiguilles 25G 25 millimètres – les plus adaptées. A défaut de pouvoir imposer la fabrication sous licence par des usines européennes à l’arrêt (pour cause de vaccin Sanofi en carafe…) du vaccin Pfizer, l’Europe doit au moins être capable de mettre sur la table l’argent nécessaire pour démultiplier la capacité de fabrication d’aiguilles et de seringues adaptées… Nous attendons aussi la transparence sur le nombre de doses stockées, de matériel d’injection disponible, et une sécurisation des délais de rappel du vaccin Pfizer pour les primo-vaccinés.

Nous sommes une nation de «66 millions de procureurs», fustige Emmanuel Macron. Reste que, pour plaider le droit à l’erreur constructive, il faut d’abord savoir reconnaître ses erreurs. Et depuis le début de cette pandémie, entre éloge de l’amateurisme et déni persistant sur les manques et les mensonges, on est, hélas, très loin du compte.

Christian Lehmann médecin et écrivain

Coronavirus : 35 Français tirés au pour décider de la stratégie vaccinale !!!

Coronavirus : 35 Français tirés au pour décider de la stratégie vaccinale !!!

 

Encore un collectif de citoyens bidon qui seraient tirés au hasard pour contribuer à la définition de la stratégie vaccinale. Comme s’il n’existait pas déjà nombre d’organismes particulièrement compétents et représentatifs. Pourquoi pas aussi choisir un collectif de fidèles des bistrots qui ont sûrement des idées en matière médicale surtout après trois ou quatre tournées d’apéritif.

On peut se demander si Macron n’est pas complètement fou de prendre des personnes au hasard sur un sujet aussi complexe.

Pourquoi pas aussi un collectif de citoyens pour décider de l’avenir de l’hydrogène ou des ordinateurs quantiques. Une pratique macronienne particulièrement opportuniste et hypocrite.

Campagne vaccinale : « Rien n’a été organisé »

Campagne vaccinale : « Rien n’a été organisé »

 

Sur LCI, l’épidémiologiste Martin Blachier a sévèrement critiqué l’organisation de la vaccination contre le Covid-19 en France et notamment la mise en place tardive de centres de vaccination.

 

« C’est ahurissant,  rien n’a été organisé. » L’épidémiologiste Martin Blachier a dénoncé en des termes cinglants l’organisation de la campagne de vaccination qui a débuté dimanche 27 décembre en France. Invité sur le plateau de LCI ce vendredi, l’intéressé a notamment critiqué le choix des autorités de santé de ne pas avoir encore mis en place de centres de vaccination. « On n’a même pas organisé la façon dont ça se passe. Pourquoi ? Parce qu’on n’a pas voulu vexer certaines corporations de médecins qui ont dit ‘on ne veut pas être écartés comme on a été écartés pendant le H1N1. Mais qu’est ce qui est le plus important ? De vacciner les Français ou de soigner les susceptibilités ? »

 

« Je crois que c’est comme ça que ça a été pensé et c’est gravissime », a repris Martin Blachier avec agacement. « Les Français sont pris en otage de petites considérations politiciennes ridicules, internes au monde de la Santé. » D’après lui, la vaccination n’ira pas assez vite si elle se fait exclusivement dans les cabinets médicaux et si le consentement par écrit ainsi que le délai de réflexion sont obligatoires.

« Si on voulait rater la campagne de vaccination, on ne s’y serait pas pris autrement », a-t-il fini par considérer, développant un peu plus tard : « Les gens sont sceptiques sur le vaccin. (…) Ils vont aller chez leur médecin généraliste, là va s’engager une discussion et le médecin va essayer de convaincre la personne qui est venue de se faire vacciner. Qui imagine que ça peut marcher ? » Martin Blachier a ensuite réclamé une vaste campagne d’information du gouvernement puisque selon lui, l’adhésion à la vaccination passe inévitablement par une  »communication de masse » et non par un entretien individuel avec son médecin.

Dans une série de messages postés deux heures avant les vœux d’Emmanuel Macron, le ministre de la Santé Olivier Véran a finalement annoncé  la mise en place  »avant début février, de 1ers centres de vaccination en ville, pour commencer à vacciner les personnes âgées de 75 ans et plus, puis les 65 ans et plus ». En Allemagne par exemple, des centres de vaccination sont déjà en place. « Pourquoi début février ? Normalement, ils devraient déjà être prêts », a encore critiqué l’épidémiologiste.

La campagne en France vise en priorité un million de personnes dans les Ehpad, ainsi que les soignants âgés de plus de 50 ans. À la mi-février, 700 000 personnes devraient avoir été vaccinées dans les Ehpad, d’après Alain Fischer, le « monsieur Vaccination » du gouvernement. Jeudi, seules 332 personnes avaient reçu une première injection du vaccin Pfizer/BioNTech.

Politique vaccinale en France: l’éloge de la lenteur

Politique vaccinale en France:  l’éloge de la lenteur

 Anne Bayle-Iniguez , journaliste dans l’Opinion dénonce la lenteur de la campagne de vaccination

 

Confronté à la défiance des Français, l’exécutif tient à s’assurer explicitement du consentement des patients. Mais la procédure tatillonne retenue pour cela nous met en retard sur nos voisins

 

 

750 000 résidents de 7000 Ehpad doivent être vaccinés d’ici au mois de février.

 

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mardi qu’un couvre-feu pourrait entrer en application à 18 heures à partir du 2 janvier dans une vingtaine de départements de quatre régions (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur). La décision finale sera tranchée le 1er janvier. La rentrée des classes le 4 janvier est maintenue.

A peine entamée, déjà critiquée. Depuis le lancement de la campagne nationale de vaccination contre le coronavirus, dimanche, l’exécutif doit composer avec des critiques qui montent dans la sphère politique et sur les réseaux sociaux à propos du retard à l’allumage de l’opération, au final très symbolique. En soixante-douze heures, une centaine de résidents et soignants d’Ehpad ont reçu une injection du vaccin Pfizer-BioNTech en France. Selon les données du site Our World in Data, plus de deux millions d’Américains, 800 000 Britanniques, 490 000 Israéliens et 21 500 Allemands ont déjà été piqués.

Cette semaine, seuls 23 établissements pour personnes âgées de la région parisienne, autour de Lyon, Lille et Tours, vont sauter le pas. Suivront quelques centaines d’autres Ehpad au cours des deux premières semaines de janvier. Ce n’est qu’ensuite que les choses sérieuses commenceront. Or, le calendrier concocté par le gouvernement sur les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) prévoit la vaccination de 750 000 résidents dans 7000 Ehpad d’ici au mois de février.

Avons-nous vraiment le temps d’attendre ? Une étude Ipsos pour le Forum économique mondial a confirmé ce mardi que la France était le pays où les intentions de vaccination sont les plus faibles (40%, en chute de 14 points depuis octobre). Dans ce contexte défavorable, le gouvernement peut-il se permettre de manquer d’allant quand nos voisins européens ont actionné le train de la vaccination en marche rapide ?

Toute la semaine dernière, le ministère de la Santé l’a répété : attention à ne pas confondre vitesse et précipitation. Lors d’une visite à Chanteloup-en-Brie (Seine-et-Marne) d’une des six plateformes logistiques chargées de stocker les doses de vaccins, Olivier Véran a vanté le choix « assumé, revendiqué, de prendre le consentement de personnes qui seront vaccinées » avant d’envoyer la grosse cavalerie. « C’est bien que l’on n’aille pas plus vite », a confirmé le professeur Alain Fischer, le « M. Vaccin » du gouvernement, lundi sur Europe 1 – non sans s’attirer des moqueries.

« Depuis le top départ de la HAS le 24 décembre, nous sommes dans une phase de montée en charge, enchérit Matignon. Nous avons prévu une phase de recueillement de consentement que les autres pays n’ont pas forcément. La vaccination est une course de fond, c’est très important pour nous de ne pas griller les étapes. » Le gouvernement fait donc du consentement du patient la pierre angulaire de sa stratégie de vaccination, laissée au bon vouloir de la population.

Dans les faits, les 15 jours prévus pour cette phase d’amorçage ne seront pas de trop tant la procédure à la française est lourde. Les Ehpad, les unités de soins longue durée et les médecins coordonnateurs (généralistes ou gériatres en charge du suivi médical des résidents) ont reçu il y a tout juste une semaine un guide qui explique en 45 pages extrêmement détaillées comment procéder.

Le recueil du consentement doit se faire dans le cadre d’une consultation de pré-vaccination obligatoire, réalisée « au sein de l’établissement ou par téléconsultation par le médecin traitant ou à défaut, en priorité par le médecin coordonnateur ou par un autre médecin, de sorte que le résident n’a pas à se déplacer en dehors de l’établissement ». Cette consultation doit avoir lieu au minimum cinq jours avant la livraison des vaccins à l’établissement, lui-même prévenu à J-15 de la date décidée par l’agence régionale de santé.

Voilà pour le cadre. Cela se complique si le résident est hors d’état d’exprimer son consentement, c’est-à-dire en « état végétatif » ou en « état de conscience minimale », mais pas uniquement : à voir « au cas par cas », stipule le guide. Dans cette situation, « la décision est prise après consultation du représentant légal, de la personne de confiance désignée, ou d’une personne de sa famille ou à défaut un de ses proches (…). Le témoignage de la personne de confiance l’emporte sur tout autre témoignage (famille, proche, tuteur, mandataire). Le cas échéant, si la personne n’a pas de personne de confiance, ni de famille ou de proche, cette décision peut associer un ou plusieurs membres de l’équipe soignante de l’établissement. »

Tout et rien à la fois est inscrit dans les 45 pages du guide de vaccination adressé aux Ehpad. Cette souplesse est louable, mais elle provoque des céphalées dignes de la Covid

Deux pages dépeignent par le menu qui peut être la personne de confiance, sa mission, le temps et les moyens de sa désignation, qui peut le désigner, etc. Aucune décision n’est définitive, le patient favorable à la vaccination peut revenir sur sa parole jusqu’au moment où la seringue se présente à lui, il peut même demander un temps de réflexion supplémentaire. Tout et rien à la fois est inscrit dans le marbre. Cette souplesse est louable, mais elle provoque des céphalées dignes de la Covid.

Ce n’est pas tout. Il est « indispensable », surligne le guide, d’assurer la traçabilité du recueil du consentement. L’ensemble de la procédure doit être inscrit dans le dossier médical du résident et retracé dans un nouveau système d’information de suivi de la vaccination… qui ne sera pas ouvert avant le 4 janvier. Au-delà de ces formalités, le recueil du consentement se matérialise par une case à cocher par le médecin « oui » ou « non ». Simple comme bonjour !

Cette avalanche de règles et d’exceptions fait craindre le pire sur la capacité des établissements, eux-mêmes engoncés dans leurs propres normes administratives, à se mettre en ordre de marche. « Sur le terrain, les Ehpad ont un peu de mal à digérer les informations », confirme le Dr Jacques Battistoni, généraliste à Ifs (Calvados) et président du syndicat MG France, pour sa part satisfait de la « bonne organisation » d’une campagne qui octroie à chaque généraliste 40 euros par consultation de pré-vaccination ou, selon le nombre de patients à piquer en Ehpad, 105 euros de l’heure ou 420 euros la demi-journée de travail.

En cette période de fêtes de fin d’année, le manque de bras médicaux risque aussi de fragiliser toute cette belle mécanique. Mais là encore, Matignon et le ministère de la Santé sont confiants. Faute de médecin coordonnateur (un établissement sur trois en manque), un « médecin de l’entourage » du patient peut être désigné « médecin référent Covid ». Et pour ce qui est de la vaccination en Ehpad, des infirmières peuvent s’en charger sous la supervision d’un praticien salarié de l’établissement (qui risque de manquer à l’appel) ou libéral (qui risque d’être en congés ou débordé). Et si, malgré toutes ces solutions, les Ehpad sont toujours en déshérence, ils pourront « demander un médecin désigné par l’agence régionale de santé ». Reste à savoir où le trouver




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