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Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

 

Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a ainsi fustigé l’attitude « égoïste » des pays riches. Il a vivement critiqué les fabricants de vaccins qui recherchent l’approbation réglementaire dans les États riches plutôt que de soumettre leurs données à l’OMS pour obtenir un feu vert à l’échelle mondiale pour l’utilisation du vaccin.

Des mécanismes de solidarité internationale avaient pourtant été prévus. Dès l’automne 2020, l’OMS et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) ont mis en place Covax, un mécanisme financé par les pays développés ainsi que la Fondation Gates, notamment, pour distribuer des vaccins contre le Covid-19 aux pays défavorisés. C’était la réponse directe à l’ambition de « bien public mondial ». Dans ce pot commun, l’Union européenne a déjà versé plus de 850 millions d’euros. L’objectif de ce mécanisme était de rendre disponible, partout, suffisamment de doses pour vacciner 20% de la population de chaque pays.

Mais le mécanisme n’a pas montré son efficacité, voire frôle l’échec, estime Nathalie Ernoult, de Médecins sans frontières. « 

Si la pandémie continue de se propager dans les pays les plus pauvres, tandis que les pays à hauts revenus sont protégés, le virus peut continuer à muter et à se répandre, et il est possible qu’on se retrouve avec une souche que les vaccins actuels ne couvrent pas.

Vaccin, croissance : l’Europe en retard

Vaccin, croissance, : l’Europe en retard

Une chronique de la journaliste Jade Grandin de l’Eprevier  de l’Opinion souligne le retard de l’Europe en matière économique et en matière de vaccin par rapport aux États-Unis et à la Chine bien sûre.

  La croissance devrait rebondir de 4,2% en 2021 en zone euro, et en France de 5,5%, selon le FMI. L’apparition de variants du coronavirus et les nouvelles restrictions en découlant douchent les espoirs de reprise au premier trimestre.

Le mois de janvier n’est pas encore terminé que déjà, les perspectives économiques pour 2021 divergent fortement sur les deux côtés de l’Atlantique. Mardi, le Fonds monétaire international a mis à jour ses perspectives de croissance. Depuis ses dernières estimations faites en octobre, l’horizon des Etats-Unis s’est éclairci, celui de l’Europe s’est assombri.

 

Le FMI attend en effet une croissance de la zone euro à 4,2 % en 2021, c’est-à-dire un point de moins qu’espéré il y a quelques mois. Le PIB allemand rebondirait de 3,5 % (-0,7 point par rapport à l’estimation d’octobre), celui de la France de 5,5 % (-0,5 %). Les pires révisions à la baisse concernent les pays d’Europe du Sud : l’Italie n’aurait plus que 3 % de reprise cette année, en baisse de 2,2 points par rapport à octobre, et l’Espagne 5,9 % de reprise, en baisse de 1,3 point.

Ce pessimisme découle des « nouvelles restrictions suite à la hausse des contaminations », explique le Fonds. Initialement, le premier trimestre devait être celui du rebond de la croissance après les confinements de fin 2020 mais, à cause des nouveaux variants du coronavirus, il faut plutôt s’attendre à des stagnations voire des nouvelles chutes d’activité en ce début d’année.

Elan. A contrario, la prévision de croissance des Etats-Unis a été rehaussée de 2 points à 5,1 % pour 2021. Cela reflète « l’élan pris avec la forte reprise au second semestre 2020, et le soutien additionnel du paquet budgétaire de décembre 2020 », indique l’institution, en référence au plan de relance de 892 milliards de dollars (729 milliards d’euros) adopté par le Congrès américain fin décembre.

Les économistes voient désormais les perspectives économiques sous le prisme d’une course entre vaccination et mutations du virus. Or en la matière, les Etats-Unis avancent beaucoup plus vite que l’Europe. Les analystes d’Euler Hermes estiment que l’objectif de Joe Biden d’administrer 100 millions de doses de vaccins dans ses cent premiers jours de mandat est « largement atteignable en gardant le rythme de distribution observé début janvier ». Entre le 13 et le 20, le pays a vacciné environ 1 million de personnes (soit 0,3 % de la population) par jour. Il semble bien parti pour atteindre l’immunité collective, estimée entre 60 % et 70 % de la population par l’Organisation mondiale de la santé, au début de l’été. « Les 20 % de la population les plus vulnérables devraient avoir atteint l’immunité à la fin du premier trimestre, ce qui permettra des allégements de restrictions », ajoutent les analystes d’Euler Hermes.

Mardi, « 10 % des Britanniques avaient reçu au moins une dose de vaccin, pour 6 % des Américains et 2 % des habitants de la zone euro », relate Hervé Goulletquer, économiste à La Banque postale AM. Le même jour, au Forum économique mondial – virtuel – de Davos, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis la création cette semaine d’un mécanisme pour contrôler les exportations de doses de vaccin hors d’Europe, lorsque ce dernier est produit sur le territoire.

Dépendance touristique. La solution américaine – moins de restrictions sanitaires, financement massif de la recherche pour trouver des vaccins, pré-achats de ces derniers et autorisations rapides – est-elle donc la meilleure ? « De multiples facteurs expliquent la divergence entre les Etats-Unis et l’Europe, nuance Gita Gopinath, cheffe économiste du FMI. L’Europe a davantage restreint l’activité, mais la pandémie y a commencé plus tôt. En outre, la structure de l’économie compte beaucoup. Plusieurs pays dépendent davantage du tourisme, donc le choc est plus fort et dure plus longtemps ».

En tout cas, les Etats-Unis devraient retrouver leur niveau d’activité de fin 2019 dès le second semestre 2021, alors que les Européens attendront 2022. La Chine l’a déjà dépassé depuis fin 2020.

Une divergence encore plus grande entre les économies avancées et les économies en développement menace toutefois, avec pour raisons principales les différences de capacités de soutien budgétaire et monétaire et d’accès aux vaccins. « Les pays en développement n’accéderont à la vaccination généralisée qu’en 2022 », regrette Gita Gopinath qui réclame plus d’égalité dans la distribution.

Tout le monde a à y gagner. « Les nouveaux variants du virus nous rappellent que la pandémie n’est pas terminée tant qu’elle n’est pas terminée partout », poursuit-elle. Pour convaincre les économies avancées de cofinancer la vaccination dans les pays pauvres, le FMI chiffre le bénéfice que cela représenterait pour tous : 9 000 milliards de PIB mondial supplémentaire durant les cinq prochaines années, dont 4 000 milliards de dollars pour les économies avancées.

 

Vaccin : Moderna efficace contre les variants

Vaccin : Moderna efficace contre les variants

 

Une bonne nouvelle, le laboratoire Moderna affirme que son vaccin serait toujours efficace vis-à-vis des variants britanniques et d’Afrique du Sud. Une administration en deux doses du vaccin devrait donc assurer une protection contre les variants émergents détectés à ce jour, a ajouté le laboratoire pharmaceutique américain.

Il précise néanmoins qu’il va tester un rappel du vaccin contre le variant identifié en Afrique du Sud dans le cadre d’essais précliniques afin de mesurer son efficacité.

Si tous les virus sont en mutation permanente, les scientifiques sont préoccupés par l’émergence des variants identifiés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud car ils semblent capables de modifier des fonctions clés du virus.

Un vaccin contre certains cancers ?

Un vaccin contre certains cancers ?

 

Il faut évidemment toujours être très prudent avec les annonces de traitement qui permettrait d’éradiquer le cancer. Mais plusieurs annonces allant dans ce sens se sont multipliées au cours de l’année 2020. De son côté avec la collaboration de l’Institut Curie de Paris, l’IUCT, Oncopole de Toulouse a mis au point un vaccin permettant d’immuniser les patients de certains cancers. Pour y parvenir, cette immunothérapie, conçue au cas par cas par la biotech Transgene, s’appuie sur une approche individualisée et une analyse fine des cellules cancéreuses par de l’intelligence artificielle. Pour La Tribune, le Professeur Jean-Pierre Delord explique les contours de ce traitement innovant administré à un premier patient le 15 janvier.

« Une prouesse technologique incroyable« , « une avancée significative« , « un pas gigantesque« . Les mots ne manquent pas au Professeur Jean-Pierre Delord pour décrire une première en France, voire en Europe et même au niveau mondial. L’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse (IUCT) – Oncopole, dont il est le directeur général, a annoncé jeudi 21 janvier la mise au point d’un vaccin individualisé contre le cancer.

Concrètement, un premier patient français atteint d’un cancer ORL a pu bénéficier du vaccin individualisé TG4050, le 15 janvier, dans le cadre d’un essai de phase 1 mené à l’établissement toulousain spécialisé dans la recherche contre le cancer. Conçue par la biotech Transgene, basée dans l’Alsace, l’immunothérapie TG4050 utilise un principe de vaccination thérapeutique individualisée. Pour mémoire, en cancérologie, les immunothérapies consistent à modifier le fonctionnement du système immunitaire .

Campagne Vaccination: faut-il emporter sa seringue… et son vaccin ?

Campagne Vaccination: faut-il emporter sa seringue… et son vaccin ?

Les annonces succèdent aux annonces en matière de campagne de vaccination ainsi il y a à peine quelques jours une centaine de centres étaient prévus ; on les a multipliés par cinq ou six. Le seul problème c’est l’insuffisance de matériel pour vacciner. Des vaccins qui manquent cruellement comme le confirment d’ailleurs les labos actuellement débordés par la demande mais aussi un manque d’autres matériels comme des seringues. Du coup,  la question se pose de savoir s’il est possible d’emporter sa seringue voire son vaccin dans ces fameux vaccinodromes.

Il est légitime de se demander à quoi correspond ce grand cirque de l’administration de la santé et du gouvernement qui déclarent avoir défini une stratégie mais en oubliant la logistique. Il aurait sans doute été plus simple et plus efficace de procéder comme on fait pour la totalité des autres vaccinations à savoir laisser les médecins prescrire éventuellement et laissez les vaccinateurs  habituels comme les pharmaciens par exemple opérer.

D’une certaine façon , nous avons de moins en moins de vaccins en France mais de plus en plus de vaccinodromes. . Vendredi, 833 étaient opérationnels mais une circulaire de Jean Castex datée du 12 janvier, dont le JDD a pris connaissance après L’Opinion, fixe un plafond de « 600 à 700″ et insiste sur le fait qu’il est « crucial de ne pas [en] ouvrir un trop grand nombre en raison des contraintes liées aux caractéristiques des vaccins ».

Le tout sous la houlette du préfet qui évidemment n’en connaît pas plus dans ce domaine que dans les autres mais qui représentent l’autorité sinon la compétence.

« Vaccin : les priorités ont changé »

« Vaccin : les priorités ont changé »

Un papier intéressant d’un lecteur du Monde qui évoque le changement de priorité du gouvernement

 

 

« Les premiers critères d’accès au vaccin étaient : vacciner en premier ceux et celles dont l’âge ou la comorbidité due à des maladies chroniques les mèneraient directement en réanimation puis au cimetière. Il se trouve que je fais partie de cette population (immunodéprimée par chimiothérapie pour cancer chronicisé, bronchite chronique et âge) et mène une vie normale avec/malgré ces comorbidités. Les médecins traitants étant possiblement associés, le mien disait que j’étais très prioritaire dans sa patientèle.

J’espérais donc faire partie des premiers et premières vaccinés. Aujourd’hui les choses ont changé. Le personnel médical est passé devant, et l’on voit tous ces actifs – indispensables certes et valides (ils travaillent) – de plus de cinquante ans et en pleine forme être vaccinés pour protéger les autres (!). Et d’y ajouter aujourd’hui les pompiers et aides à domicile…

Les médecins traitants, seuls à connaître vraiment les patient(e)s à risque n’ont rien reçu, pas une info, pas une consigne. C’est la CPAM qui gère ! Nous, les très fragiles vivant à domicile, n’existons plus. Nous ferons dans le meilleur des cas, si nous sommes encore en vie, partie du deuxième rideau (février ? Mars ?). Nous, les plus fragiles, devront continuer cette vie de reclus(e) quand toute sortie est un risque.

Après tout, ce n’est qu’une question de patience, de vie enfermée (depuis le mois de mars 2020) à accepter, de continuer l’éloignement des proches, d’endurer cet isolement morbide, de vivre avec ses petits et grands bobos sans rien dire, car tout le monde est devenu prioritaire.

Et chance encore d’être là, vivants. Surtout, surtout pas de panique, mais si vous sortez, c’est quand même à vos risques et périls. Alors, l’hospitalisation qui menace vous renverra chez vous. Continuez, ne baissez pas les bras, forgez-vous une santé morale de fer, dans vos solitudes et abandons.

Geneviève Blaise, Pau

Vaccin AstraZeneca/Oxford : moins cher et plus facile d’utilisation

Vaccin AstraZeneca/Oxford : moins cher et plus facile d’utilisation

Selon le directeur général d’AstraZeneca, le vaccin est capable de combattre le nouveau variant du coronavirus, responsable d’une flambée de cas au Royaume-Uni.

Enfin, le vaccin AstraZeneca/Oxford est moins cher à produire que celui de ses rivaux. Il est également plus facile à stocker et transporter, en particulier que celui de Pfizer/BioNTech qui doit être conservé à de très basses températures (-70°C).

Le vaccin d’Oxford-AstraZeneca, à l’instar du vaccin russe, utilise donc comme vecteur viral un adénovirus (famille de virus très courants responsables notamment de rhumes). Dans le détail, il s’agit d’utiliser comme support un autre virus peu virulent, transformé pour y ajouter une partie du virus responsable du Covid-19. Le virus modifié pénètre dans les cellules des personnes vaccinées, qui fabriquent alors une protéine typique du SARS-CoV-2, éduquant leur système immunitaire à le reconnaître.

Pour rappel, les vaccins de Pfizer et Moderna déjà en cours d’injection sont basés, eux, une technologie ultra-innovante dite de « l’ARN messager ». Elle consiste à injecter dans nos cellules des brins d’instructions génétiques appelées ARN messager, pour leur faire fabriquer des protéines ou « antigènes » spécifiques du coronavirus. Ces protéines vont être livrées au système immunitaire, qui va alors produire des anticorps.

 

Vaccin une immunité d’un an ( Moderna )

Vaccin une immunité d’un an ( Moderna )

Le vaccin contre le Coronavirus pourrait n’assurer qu’une immunité d’un an d’après le labo Moderna. En clair, la lutte contre la covid  risque de durer à l’image de ce qu’on constate pour la grippe ordinaire. Avec une différence de taille à savoir que tant qu’il n’ira pas d’immunité collective, la vaccination devra être pratiquée de façon massive au plan mondial. Un immense défi médical et logistique a renouvelé chaque année.

 

Le fabricant de médicaments a déclaré qu’il était convaincu que la technologie d’ARN messager (ARNm) qu’il utilisait était bien adaptée pour déployer un vaccin basé sur la nouvelle variante du coronavirus qui a émergé dans une poignée de pays.

Le vaccin de la société, l’ARNm-1273, utilise de l’ARNm synthétique pour imiter la surface du coronavirus et apprendre au système immunitaire à le reconnaître et à le neutraliser.

Moderna a déclaré en décembre qu’il effectuerait des tests pour confirmer l’activité du vaccin contre n’importe quelle souche. ( reut.rs/3brXn6w )

Vaccin: Véran demande pardon !

Vaccin: Véran demande pardon !

 

 

Olivier Véran  aura tout dit, le contraire aussi. Il aura même été capable d’introspection et de demander le pardon des Français noyés sous les flots de paroles du ministre de la santé et du président de la république. Interrogé ce dimanche 10 janvier, le ministre de la Santé a en effet reconnu des erreurs dans la communication de l’exécutif.

 

Il y a en effet eu un « manque de clarté dans la communication et l’explication de la campagne vaccinale ». Une erreur que le ministre assume : « Je prends personnellement le point là-dessus. » Un exercice débuté dès jeudi. Le locataire de l’avenue Duquesne avait ainsi estimé sur BFMTV avoir peut-être été « un peu trop défensif dans la façon d’aborder le vaccin », voire « un peu trop prudent ». Seulement, en trois jours, son discours à quelque peu changé.

 

Tandis qu’il réfutait jeudi l’idée selon laquelle il avait été guidé par l’opinion des anti-vaccin, particulièrement nombreux dans le pays, il envisage désormais cette possibilité. « Nous avons sans doute internalisé l’espèce de défiance générale vis-à-vis des vaccins dont on parlait en permanence sur les plateaux et dans les familles », a-t-il reconnu sur Europe 1.

« . Olivier Véran a notamment fustigé le président LR de la région Grand-Est, Jean Rottner, qui avait décrit un « scandale d’État ». « Parler d’un ‘scandale d’État’ au bout de cinq jours ? Ne me dites pas qu’il n’avait pas trouvé la formule avant même que nous commencions à vacciner », a-t-il réagi.

 

Reste à voir si cette offensive pourra convaincre la grande majorité des Français qui juge la campagne gouvernementale comme « pas assez rapide ».

 

Vaccin : la logistique oubliée !

Vaccin : la logistique oubliée !

 

 

 

Alors que la logistique constitue un élément essentiel dans les nouveaux processus de production et de distribution dans l’économie, l’administration ignore encore souvent le mot surtout au ministère de la santé.

Toute l’économie repose sur le concept de flux tendus qui permet d’approvisionner en permanence la production et la distribution. Dans l’administration de la santé par contre on n’en est resté au concept de stockage des années 50.

Ancien responsable logistique dans un grand groupe et chercheur dans ce domaine, François-Michel Lambert, député écologiste (LEF) des Bouches-du-Rhône, a présidé la commission nationale logistique entre 2015 et 2019, une instance qui était chargée d’améliorer les performances de l’État en la matière. À ses yeux, le démarrage lent de la campagne vaccinale s’explique par des failles organisationnelles récentes et par d’anciennes faiblesses structurelles.( Interview dans le JDD)

 

Partagez-vous le diagnostic de beaucoup d’élus qui imputent le lent démarrage de la campagne vaccinale à des failles logistiques?
Nous ne sommes pas prêts à vacciner car nous ne nous sommes pas suffisamment préparés. Au moment de lancer une opération à l’étranger, l’armée française est entraînée. L’industrie, textile ou automobile en particulier, excelle, elle aussi, dans l’art d’organiser des flux tendus, c’est-à-dire zéro stock. Dès l’été, les Allemands ont rodé leurs canaux de distribution de vaccins. Et nous, qu’avons-nous fait pour aboutir à un résultat aussi affligeant? Jusqu’à aujourd’hui, les congélateurs sont restés pleins et du vaccin a été gâché car, après cinq injections, il reste dans les flacons du liquide qui peut permettre une sixième injection si on a le patient en face. Ce début chaotique est le symptôme d’une logistique défaillante.

 

En quoi est-ce aberrant d’un point de vue logistique?
La logistique, ce n’est pas qu’une question de camions et de congélateurs, de transport et de stockage, les seuls sujets dont on entend parler. C’est l’art de bien gérer la rareté des ressources, d’organiser l’ensemble du système pour atteindre l’objectif. En l’occurrence aujourd’hui, de déterminer comment avoir le bon vaccin au bon moment à la bonne température, injecté par la bonne personne au bon patient. On ne devrait pas avoir de stock ; aucun vaccin ne doit rester dans les congélateurs où il ne sert à rien, il doit être dans le corps des patients. Il n’est pas étonnant que les Israéliens soient en tête dans la course au vaccin. Dans ce pays où a été inventé le goutte-à-goutte pour l’irrigation des vergers, la culture de la rareté génère partout de la performance.

Qu’aurait-on pu faire autrement?
La recommandation par la Haute Autorité de santé de vacciner en priorité les résidents des Ehpad est pertinente du point de vue sanitaire mais ce ne pouvait pas être la seule priorité de janvier. Il aurait fallu prévoir de commencer aussi la vaccination par des publics plus faciles à atteindre – ce qui a finalement été fait cette semaine avec les professionnels de santé de plus de 50 ans, on aurait même pu aller jusqu’aux étudiants. Ainsi on vise le zéro stock, en flux tendu, et on accélère l’efficacité de l’immunité collective. Pour cela, il faudrait disposer d’un outil de gestion des données à la hauteur de l’enjeu. Visiblement, le système n’est pas encore tout à fait au point.

Ces difficultés seraient-elles le symptôme d’un handicap français?
Durant la crise du Covid, la stratégie logistique n’a pas été une priorité pour l’État et des administrations, comme l’a montré le général Richard Lizurey dans son rapport sur la gestion de la première vague. J’ai tenté d’alerter le gouvernement dès le 24 mars sur la nécessité de se doter de renforts humains en stratégie logistique car je savais que la crise allait accentuer nos faiblesses structurelles. Dans les enquêtes sur les performances logistiques de la Banque mondiale, la France se classe seulement 16e, et 8e au niveau européen. Sans surprise, les Allemands, qui vaccinent à la chaîne, sont, eux, classés premiers! Une partie de leur réussite industrielle s’explique par l’efficience de leur système d’organisation. Au contraire, nous qui avons pourtant d’excellents experts dans le domaine, perdons chaque année plus de 20 milliards d’euros à cause de dysfonctionnements logistiques.

J’alerte sur l’effondrement de l’expertise logistique publique, sur la perte de ces talents capables de repenser nos systèmes

Cette sous-performance française est-elle passée inaperçue?
Quand il était ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait identifié ce handicap, créé un pôle d’expertise de l’État, en orchestrant notamment une montée en compétence des agents. Mais à partir de 2017, tout a été démantelé. La dizaine d’ingénieurs spécialement formés se sont trouvés parachutés dans d’autres fonctions car Élisabeth Borne, alors ministre des Transports, n’en avait pas fait une priorité. Depuis, j’alerte sur l’effondrement de l’expertise logistique publique, sur la perte de ces talents capables de repenser nos systèmes. En vain : d’une volonté politique de faire de la logistique un outil au service des politiques publiques, on est passé à une politique économique au service des acteurs privés de la filière.

Cet abandon de la logistique publique explique-t-il l’appel à des cabinets d’audit externes pour planifier la campagne vaccinale?
Bien sûr mais, faute d’experts publics, il était impératif de faire appel à ces consultants. Sans eux, la faillite serait sans doute encore plus grande.

 

Pas de vaccin contre la pauvreté ! (directeur de l’OMS )

Pas de vaccin contre la pauvreté  ! (directeur de l’OMS )

 

Les vaccinations permettront d’endiguer la pandémie, mais il faut s’attaquer « aux faiblesses qui en sont à l’origine », estime dans une tribune au « Monde », le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Tribune.

On se souviendra de 2020 pour une pandémie qui a donné une leçon d’humilité même aux systèmes de santé les plus modernes, et qui a montré ce qui nous aveugle collectivement. Au-delà de la maladie et des décès causés par le virus lui-même, des millions de personnes ont perdu leur emploi, l’économie mondiale est en récession et les clivages géopolitiques se sont aggravés. Si nous voulons riposter en 2021, nous ne pouvons pas reprendre le cours normal de nos activités.

Premièrement, nous devons mettre fin à la pandémie. De nombreux pays apportent la preuve que le virus peut être supprimé grâce à des interventions efficaces de santé publique, y compris le dépistage et la recherche des contacts. Du reste, les vaccins sont en bonne voie. La communauté scientifique a établi une nouvelle norme pour la mise au point de vaccins. Il appartient désormais à la communauté internationale de faire de même en matière d’accès.

« Le Covid-19 fait peser une menace planétaire, il importe de partager équitablement les outils pour la vaincre en les considérant comme des biens publics mondiaux »

Nous ne pouvons tout bonnement pas accepter un monde dans lequel les personnes démunies et marginalisées sont sacrifiées dans la ruée vers les vaccins. Le Covid-19 fait peser une menace planétaire, il importe de partager équitablement les outils pour vaincre cette menace en les considérant comme des biens publics mondiaux. Ce n’est pas de la charité. C’est le moyen le plus rapide et le plus judicieux de mettre fin à la pandémie et d’engager une reprise économique véritablement mondiale.

Deuxièmement, tous les pays doivent investir dans la santé. La pandémie nous a appris que la santé ne peut pas être considérée comme un simple sous-produit du développement ni comme un coût qu’il faudrait maîtriser – c’est un investissement essentiel dans des économies et des sociétés plus productives, plus résilientes et plus stables.

Chaque année, le monde dépense 7 500 milliards de dollars (6 130 milliards d’euros) pour la santé, soit près de 10 % du produit intérieur brut mondial. Cependant, il existe d’énormes différences entre les pays et un déséquilibre dans les sommes consacrées au traitement des maladies plutôt qu’à la protection et à la promotion de la santé, ainsi qu’à la préparation aux pandémies. Afin de renforcer l’argument économique en faveur de la santé, l’OMS a créé en novembre un nouveau Conseil sur l’économie de la santé pour tous, qui sera présidé par une économiste de premier rang, la professeure Mariana Mazzucato.

« La course au vaccin : pourquoi ? »

« La course au vaccin : pourquoi ? »

 

L’économiste Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS et chercheur à l’Ecole d’économie de Paris

, montre pourquoi l’industrie pharmaceutique s’est lancée dans la course au vaccin, alors qu’elle n’y avait originellement pas d’intérêt.

Chronique. Quoique sporadiques, plusieurs travaux d’économistes – notamment ceux des Américains Michael Kremer (Nobel 2019) et Christopher Snyder – se sont penchés sur l’économie de la vaccination (« Preventives Versus Treatments », Michael Kremer, Christopher Snyder, The Quarterly Journal of Economics n° 130/3, août 2015). Un des principaux résultats est que l’industrie pharmaceutique préfère investir dans les médicaments – qui permettent de traiter une maladie – plutôt que dans un vaccin – qui permet de l’éviter. Cette préférence découle d’un calcul financier.

Le traitement est en général curatif, alors que le vaccin est essentiellement préventif (le vaccin contre la rage étant un contre-exemple). Une personne déjà malade a besoin d’un traitement ; l’industriel a alors la possibilité de maximiser la capture du surplus de dépense du consommateur ou des acteurs privés et publics qui l’assurent. Pour les maladies au long cours, un traitement curatif garantit en outre une continuité de revenu à l’industrie. Alors que dans le cas d’une maladie transmissible, une vaccination individuelle génère le plus souvent une externalité positive collective en termes de santé publique en réduisant les risques de contamination des tiers : la vaccination, même partielle, peut ainsi totalement épuiser le réservoir de « malades-consommateurs » à traiter.

Ces mécanismes entraîneraient, selon ces économistes, un sous-investissement chronique de l’industrie pharmaceutique dans la recherche sur les vaccins. Même les laboratoires spécialisés dans la production de vaccins seraient peu innovants, se contentant de reproduire des vaccins anciens et de les adapter de manière routinière en cas de mutation, comme pour la grippe saisonnière. D’autant que les fabricants de traitements d’une maladie peuvent utiliser leur capture des régulateurs sanitaires pour allonger les procédures d’homologation et donc le coût de développement d’un vaccin, dissuadant de lancer de tels projets.

Un obstacle demeure : le sous-investissement dans le domaine du vaccin a légué des capacités productives et logistiques limitées

Mais il suffit de briser ces mécaniques en créant les bons schémas incitatifs pour que l’industrie pharmaceutique innove davantage et plus rapidement dans le domaine vaccinal. C’est ce qui s’est passé pour le SARS-Cov2. La découverte en quelques mois de vaccins efficaces ne devrait soulever ni suspicion, ni étonnement, ni admiration car… l’intérêt de l’industrie était cette fois de trouver des vaccins !

 

Vaccin : les régions veulent le pouvoir

Vaccin : les régions veulent  le pouvoir

 

«La vie ne doit pas s’arrêter dans ma région, parce que nous avons été incapables de vacciner les Français. Je veux simplement faire en sorte que, dans ma région, celles et ceux qui ne seront pas vaccinés avant des lustres dans le cadre du plan gouvernemental puissent l’être. Je pense notamment aux actifs, aux personnes âgées de 40 à 60 ans, sachant que nous n’avons aucun problème pour bâtir des plans de vaccination en quelques jours et en faisant appel aux professions libérales, retraités, collectivités… Nous n’agirons pas contre l’État. Nous voulons nous inscrire dans le cadre de son protocole sanitaire, même si je constate que celui-ci a explosé puisque la consultation prévaccinale n’existe plus», explique Hervé Morin, rejoint sur ce point par nombre de présidents d’autres régions.

 

 

Comme Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Carole Delga ou Jean Rottner, le président de la région Paca s’est dit prêt lui aussi à se lancer dans l’achat de vaccins. Le message envoyé au pouvoir est clair: «Laissez-nous travailler dans le respect des règles de la vaccination qui ne datent pas d’hier!», insiste Renaud Muselier. Il défend des régions prêtes à «accélérer» la stratégie nationale et à fournir aux professionnels de terrain les moyens de vacciner massivement. « Il ne faut pas empêcher pas empêcher les régions qui le souhaitent d’acheter des vaccins…» déclare ces présidents de région

Le vaccin de Moderna autorisé en Europe

Le vaccin de Moderna autorisé en Europe

On  attendait avec impatience ce vaccin( mais aussi d’autres) de Moderna qui présente l’avantage de négliger qu’un transport sous température de -20° au lieu de -70° pour le Pfizer. Cependant dose de vaccin Moderna y apparaît comme la plus onéreuse, à 18 dollars, soit 14,60 euros environ, contre 12 euros pour celle du vaccin Pfizer, et 1,78 euro celle du britannique AstraZeneca.

La Commission européenne a donc donné mercredi son feu vert au vaccin contre le COVID-19 développé par le laboratoire biotechnologique américain Moderna, quelques heures après l’approbation du produit par l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Le vaccin de Moderna est le deuxième vaccin autorisé dans l’Union européenne après celui de Pfizer et BioNTech, qui a commencé à être administré dans les pays du bloc le 27 décembre dernier.

Le vaccin Moderna a déjà été approuvé au Canada, aux Etats-Unis et en Israël. Selon les résultats des essais cliniques, il est efficace à 95% et n’entraîne pas d’effets secondaires graves.

L’EMA autorise son utilisation pour les personnes de 18 ans et plus, après évaluation des données sur sa qualité, sa sûreté et son efficacité.

L’agence européenne a recommandé l’usage du vaccin de Pfizer et de BioNTech le 21 décembre.

Ces deux vaccins s’appuient sur la technologie innovante de l’ARN messager.

L’UE a commandé 160 millions de doses du vaccin Moderna, qui a l’avantage de ne pas devoir être stocké à très basses températures contrairement à son concurrent développé par Pfizer et BioNTech.

Le vaccin Moderna s’administre en deux doses à 28 jours d’intervalle.

Lundi, la société de biotechnologie américaine a annoncé relever son objectif de production pour 2021 à au moins 600 millions de doses, soit 100 millions de doses de plus que dans ses précédentes projections.

Vaccin Coronavirus: une deuxième dose nécessaire par les 3 à 4 semaines

Vaccin Coronavirus: une deuxième dose nécessaire par les 3 à 4 semaines

Plusieurs pays ont décidé de n’appliquer pour l’instant qu’une seule dose pour couvrir un spectre plus large de la population. Normalement deux doses sont nécessaires. L’organisation mondiale de la santé recommande de ne pas trop éloigner les deux vaccinations du vaccin Pfizer “Nous avons délibéré et arrêté la recommandation suivante : deux doses de ce vaccin (Pfizer) dans les 21-28 jours”, a déclaré Alejandro Vravioto, président du Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) sur la vaccination, lors d’une conférence de presse en ligne.

Pour les pays soumis à des contraintes exceptionnelles sur l’offre de vaccin, ce délai peut être prolongé de plusieurs semaines afin de “maximiser le nombre d’individus bénéficiant d’une première dose”, a-t-il ajouté.

Depuis son apparition à la fin 2019, le virus du Covid-19 a fait 1,85 million de morts dans le monde, pour un total supérieur à 85 millions de contaminations, selon les calculs de Reuters établis sur la base de données officielles.

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