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Au bout de combien d’attentats la France va-t-elle réagir ?

Au bout de combien d’attentats la France va-t-elle réagir ?

 

D’une certaine manière,  on peut légitimement s’interroger pour savoir si les pouvoirs publics vont un jour  agir pour lutter efficacement contre le terrorisme et plus généralement contre l’insécurité. En effet,  les agressions terroristes par exemple se développent actuellement au rythme d’un par jour ( au total en quelques années on a compté de l’ordre de 300 victimes). Deux types de répliques sont mis en avant par le gouvernement. D’une part on aurait réexpédié chez eux 12 étrangers coupables d’actes de délinquance depuis septembre ! Notons que Darmanin  avait  annoncé l’expulsion de 231 étrangers dangereux;  D’autre part on annonce cette fameuse loi sur le séparatisme. Nombre d’individus dangereux sont repérés dans le fichier S qui compte environ 10 000 personnes.

 

D’après le ministre de l’intérieur lors de la première présentation mensuelle des chiffres de l’activité des forces de l’ordre, 4111 étrangers sont inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), dont 851 immigrés clandestins. Sur ce contingent, 661 font déjà l’objet de mesures d’éloignement mais seuls 428 « expulsions du territoire national ont été effectuées », a énuméré le ministre de l’Intérieur.  Le problème c’est qu’elles ne sont pas toutes effectives surtout depuis le Covid 19.

 

 Il ne faut certes pas tout mélanger l’immigration, la radicalisation et le terrorisme. On compte en effet une immigration régulière mais aussi 350 000 sans-papiers environ qui effectuent les tâches les plus ingrates notamment dans le transport, la manutention ou le nettoyage en particulier en région parisienne. La plupart sont utiles voire indispensables puisque nombre de Français ne veulent plus effectuer ces travaux ingrats et mal rémunérés.

 

Certains étrangers dont beaucoup radicalisés vivent cependant d’expédients notamment du trafic de drogue. Des milliers de ces étrangers devraient être expulsés mais demeurent en France du fait de législation française et européenne complètement paralysante. Cette problématique des étrangers illégalement en France ne dispense pas évidemment de faire un constat lucide des risques potentiels que représentent des Français contaminés par le radicalisme notamment dans les banlieues. Là ne s’agit pas de présence illégale mais de la nécessité d’une politique d’ordre intérieur en particulier vis-à-vis du trafic de drogue.

 

Les peines encourues par les radicaux étant trop symboliques voir inexistantes, les candidatures au djihad en France pourront se multiplier sur le ventre mou de la politique sécuritaire. De ce point de vue,  de nouvelles dispositions législatives sont sans doute nécessaires mais encore faudrait-il qu’elle soit appliquées.

 

 

« Cette crise va-t-elle permettre de mieux respecter la biodiversité » ?

« Cette crise  va-t-elle permettre de mieux respecter la biodiversité » ?

L’écologue Serge Morand a présent ses travaux sur ce qu’il appelle l« épidémie d’épidémies », autrement dit l’explosion récente du nombres de maladies infectieuses du fait de la destruction des écosystèmes dont rend compte France Info. . La dernière d’entre elles, appelée Covid-19, s’est invitée in extremis à un rassemblement d’experts, planifié de longue date par l’organisateur, la Caisse des dépôts.

« C’est fou, quand on y pense, note Serge Morand,. En octobre, peut-être même encore en novembre, un virus circulait tranquillement sur une population de chauves-souris, quelque part en Asie du Sud-Est. Cinq mois plus tard, il a contaminé toute la planète. C’est hallucinant. » . L’écologue spécialiste des maladies infectieuses se trouve en Thaïlande, où il enseigne à la fois dans une faculté de médecine vétérinaire, une université d’agriculture et une faculté de médecine tropicale. Aux journalistes qui le sollicitent quotidiennement depuis la France, il explique, pédagogue, comment ce coronavirus est passé d’une espèce à l’autre, et surtout, comment l’activité humaine a favorisé cette transmission, improbable d’un point de vue de profane. « Nous avons affaire à un coronavirus classique de chauves-souris, qui s’est modifié en passant par un hôte intermédiaire. Chez cet hôte, une recombinaison du virus s’est opérée, ce qui lui a permis de passer chez l’humain. Des équipes chinoises estiment que l’intermédiaire pourrait être le pangolin. Une autre plaide en faveur de la civette, soit la piste des félidés. » Des espèces sauvages vendues illégalement sur les marchés de l’empire du Milieu, où certains leur prêtent des vertus thérapeutiques.

A défaut de connaître le coupable policier –, le spécialiste de la biodiversité pointe le rôle certain d’une autre espèce impliquée dans ce qui se passe aujourd’hui : l’homme.

 

L’activité humaine « a modifié considérablement ce que l’on appelle l’équilibre dynamique, ou la résilience, des écosystèmes », explique-t-il. Urbanisation, exploitation des ressources et agriculture industrielle ont rapproché des espèces qui ne se seraient jamais croisées dans la nature, initiant « des contacts entre une faune sauvage, dont les habitats se réduisent, et une faune domestique ou d’élevage – cochons, dromadaires, poulets, chèvres, chats, chiens, etc. – Nous créons ces nouvelles interfaces, tout en mettant les animaux en situation de stress avec la déforestation, les feux de forêt, la fragmentation des habitats, etc. Des prédateurs disparaissent et tout ce qui se trouve en dessous est dérégulé », résume Serge Morand. Si des centaines de milliers de virus circulent à bas bruit – de façon indétectable – dans la nature, en la détruisant pour subvenir à ses besoins croissants, l’homme a multiplié les risques de transmission. A titre d’exemple, le virus Nipah, qui a frappé la Malaisie en 1998, est apparu quand des chauves-souris, chassées de leur habitat par l’exploitation de l’huile de palme, se sont mises à côtoyer des élevages de cochons, infectés puis consommés par l’homme.

« Depuis les années 1960, on observe une augmentation du nombre de maladies infectieuses : Zika, chikungunya, Mers, coronavirus, Ebola, sida, grippe aviaire, etc. Et puisque que tout, y compris le tourisme de masse, s’est développé, ces épidémies ne restent plus cantonnées à un pays, » poursuit-il. Ces cinquante dernières années correspondent ainsi à ce qu’il appelle  »la grande accélération. » Au moment de notre conversation, le chercheur boucle avec des collègues chinois un article sur le rôle du transport aérien dans la propagation des épidémies : « Entre 1970 et 2018, il a augmenté de 1 200% pour les passagers, et de 1 300% pour les marchandises », explique-t-il. Mais si « l’homme a cru un temps en avoir fini avec les maladies infectieuses grâce aux antibiotiques et aux vaccins », la nature a elle-même douché ses ambitions de toute-puissance. Au début des années 2000, des scientifiques du monde entier se sont mis à étudier ces nouvelles interactions, à l’aune de la crise environnementale. C’est alors qu’« on s’est rendu compte qu’en réalité, l’homme ne maîtrisait pas tout. »

En 2012, le journaliste et auteur américain David Quammen a synthétisé ces récents travaux dans un livre [Spillover. Animal Infections and the Next Human Pandemic, éd. W. W. Norton & Company]. Tels des haruspices – ces prêtres qui, dans l’Antiquité, lisaient l’avenir dans les entrailles des animaux –, les scientifiques qu’il interroge décrivent à quoi ressemblera le « next big one », « la prochaine pandémie » : à un virus de chauve-souris, transmis à l’homme via le marché d’animaux sauvages d’une grande ville, probablement en Chine et hautement contagieux… Et pour cause, « c’était couru d’avance », confirme Hélène Soubelet, vétérinaire de formation, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, qui héberge le Comité français pour l’IPBS, le groupe scientifique qui est à la biodiversité ce que le Giec est au climat.

Elle aussi anticipait le scénario actuel. Il y a un an presque jour pour jour, elle organisait un colloque sur ce thème au ministère de la Santé. En novembre, elle signait un article  »sur ce sujet, précisément, » dans La Dépêche vétérinaire. Enfin, en janvier, elle figurait elle aussi parmi les experts conviés par la Caisse des dépôts. 




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