Archive pour le Tag 'Urgences'

Service des urgences ou service gériatrique de l’hôpital ?

Service des urgences ou service gériatrique de l’hôpital ?

 

La crise des urgences ne pourra se résoudre par de simples mesures quantitatives, observe dans une tribune au « Monde » l’ancien directeur des affaires sociales Jean-Philippe Gallat. Il appelle à une « réflexion profonde » sur l’évolution des pratiques, et notamment l’accueil des personnes âgées.

 

Notons aussi que certaines maisons de retraite fautent de suivi médical et de manque de personnel préfèrent  se débarrasser des malades âgés vers le service des urgences hospitaliers NDLR

 

La nouvelle crise des urgences, qui a obligé nombre de services à fermer leurs portes cet été, est le symptôme d’une détresse de notre système de santé qu’on aurait tort d’imputer aux seules questions démographiques. Elle est aussi la conséquence d’un bouleversement profond des pratiques médicales depuis trente ans. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que la récente « mission flash » du docteur Braun succède à une série d’alertes décrivant déjà les mêmes constats – le rapport Steg en 1993 ou le rapport Grall en 2015 –, alors que la démographie médicale n’était pas si basse, voire s’avérait florissante.

En trente ans, les urgences sont devenues les points focaux de l’ensemble du dispositif de soins, censés répondre à toutes les demandes. La population qui s’adresse à ces services peut se scinder en trois groupes : les personnes présentant une urgence vitale, celles relevant de la médecine générale ou sociale, et celles qui nécessitent une prise en charge en gérontologie.

Au fil des décennies, les urgences sont devenues le principal service gériatrique de l’hôpital, et leur activité a changé de nature. La gériatrie est une médecine lente qui nécessite beaucoup de temps d’observation et de contacts avec les familles et les structures médico-sociales d’aval, souvent éloignées de l’hôpital et ce, pour finalement assez peu d’actes techniques.

Cette évolution entraîne deux conséquences. D’une part, l’efficacité des services d’urgence s’en trouve obérée, car les capacités humaines et techniques sont vite saturées par cette médecine du temps long. D’autre part, les personnels soignants, qui ont choisi les urgences pour d’autres pratiques, ne retrouvent plus les satisfactions de leur vocation initiale.

Un des fondements de la gérontologie classique repose sur la courbe dite de Jean-Pierre Bouchon théorisée dès 1984 (1 + 3 ou comment tenter d’être efficace en gériatrie. Rev Prat Méd Gén 1984 ; 34 : 888) : à partir d’un certain âge, le vieillissement – très variable d’un individu à l’autre – diminue les capacités de faire face à ce qu’on peut appeler un effort physique ou intellectuel habituel, selon une courbe descendante inéluctable. Des maladies ou événements intercurrents (comme une déshydratation passagère) viennent soit abaisser le seuil soit augmenter la pente de cette courbe, et c’est toute la merveille de la médecine que de pallier leurs conséquences pour retrouver une courbe de vieillissement antérieure ou proche. Mais si tout événement ne doit pas être rapporté au seul vieillissement, celui-ci reste cependant inéluctable.

Hôpitaux : Pour un filtre avant les urgences

Hôpitaux : Pour un filtre avant les urgences

 

 

Un collectif pluridisciplinaire propose de s’appuyer sur l’approche innovante des Permanences d’accès aux soins de santé (PASS) afin d’accompagner le changement de paradigme nécessaire à la survie du système de santé.

Pour parler plus simplement on a supprimé la plupart des accès locaux aux soins du coup tous les malades ou supposés tels  sont déversés aux urgences qui n’en peuvent plus . NDLR

Après une crise sanitaire historique et bouleversante, à l’heure où 20 % des lits d’hospitalisation sont fermés par manque de personnel, où des services des urgences sont contraints de fermer et où deux tiers des étudiants en médecine et des internes rapportent des signes d’épuisement professionnel, il est urgent de repenser le modèle du système de santé.

En effet, le soin ne peut être réduit à des approches techniques, technologiques ou technocratiques. Dans une quête de sens, il est urgent de remettre l’humain au cœur du soin, en renouant avec l’idée que nous sommes fondamentalement des corps porteurs d’intentionnalité et de sens. L’humain au cœur du soin, c’est considérer l’individu dans son unité, ses failles mais aussi dans toutes ses capacités, en particulier d’inventivité et de capacité à entrer en lien, avec des critères de santé singuliers.

Ce changement de paradigme pourrait s’appuyer sur l’approche innovante des permanences d’accès aux soins de santé (PASS), l’expertise du groupe Facteurs humains en santé (FHS) et l’approche concrète du soin centrée sur l’humain d’un nouveau collectif, L’Humain au cœur du soin, dont la conférence inaugurale a lieu ce mardi 14 juin à l’hôpital Saint-Louis (AP-HP).

En permettant l’accès aux soins pour les personnes démunies, les PASS proposent une approche globale dépassant des clivages structurels, sanitaire-social, somatique-psychique, préventif-curatif et ville-hôpital en particulier. Il en existe environ 400 en France, situées le plus souvent dans des hôpitaux.

Réunissant des professionnels de champs variés dans une même unité de lieu, ce modèle bouscule les approches hospitalo et techno-centrées. Les PASS constituent ainsi de véritables observatoires des problématiques du système de santé, un système cloisonné et aux procédures souvent trop rigides, empêchant la prise en charge adaptée des situations imprévues et complexes.

Le groupe Facteurs humains en santé développe depuis plusieurs années une réflexion sur les risques attribuables à l’humain en santé : biais cognitifs, organisation défaillante… Il propose des stratégies permettant de limiter leur incidence et leurs conséquences, en privilégiant une place pour l’humain dans la restructuration des organisations, la sécurité psychologique, le partage des décisions. Ce groupe intègre des professionnels de santé, mais aussi des professionnels issus d’horizons variés, et notamment dans des contextes à risque comme dans l’aéronautique, le nucléaire, ou encore la haute montagne, où a déjà été expérimenté l’allégement du poids administratif pour permettre une décision proche du terrain.

Santé- crise aux urgences: des mesures trop partielles

Santé- crise aux urgences: des mesures trop partielles

Brigitte Bourguignon, la ministre de la Santé, a dévoilé mercredi 8 juin une série de  »premières mesures » dont surtout le doublement de la rémunération des heures supplémentaires pour tenter de calmer la crise aux urgences, sans attendre le résultat de la « mission flash » commandée par Emmanuel Macron. Des annonces qui n’ont pas tardé à faire réagir les professionnels de santé et les syndicats sur France Info.

« C’est une bonne mesure parce qu’on fait beaucoup d’efforts et c’est bien de rémunérer ces efforts »s’est félicité Rémi Salomon, le président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Mais le néphrologue pédiatre réclame également la revalorisation des gardes et des astreintes. Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), a aussi salué « une bonne nouvelle », même s’il faudrait aussi « revoir les ratios de patients par infirmières pour redonner envie à ceux qui ont arrêté d’exercer de revenir à l’hôpital ».

La mesure salariale ne convainc pas franchement François Salachas, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et membre du Collectif inter-hôpitaux :  »Est-ce qu’il y a le personnel actuellement aux urgences pour assurer ces heures supplémentaires ? Est-ce que ces personnels vont décider de ne pas prendre de vacances alors qu’ils sont déjà exténués par des gardes qui sont extrêmement répétées ? » interroge-t-il.

 

Face au manque de main d’œuvre, la ministre de la Santé veut également faire revenir certains personnels de santé retraités. Pour cela, Brigitte Bourguignon a promis de faciliter le cumul emploi-retraite, un dispositif qui permet à des soignants retraités de reprendre une activité professionnelle et de cumuler ces revenus avec leurs pensions. Le gouvernement envisage ainsi d’augmenter les plafonds de revenus et d’ouvrir de nouveaux droits à la retraite, selon les trois syndicats représentatifs des médecins libéraux. Ces mesures avaient déjà été mises en place pendant la crise du Covid-19.

De son côté, le Syndicat national des professionnels infirmiers reste perplexe. « Il y a eu un gros problème pendant la période Covid avec le cumul emploi-retraite, avec des infirmiers retraités venus en renfort et après la caisse de retraite leur exigeait de rembourser le salaire qu’ils avaient perçu, ce qui était totalement inadmissible », s’inquiète leur porte-parole Thierry Amouroux.

En plus des mesures déjà éprouvées au moment de la crise du Covid-19, la ministre de la Santé a annoncé la mise en place d’un « dispositif exceptionnel ». Celui-ci doit permettre que « les élèves infirmiers et aides-soignants ayant achevé leur formation initiale en juin et juillet [puissent] commencer à exercer immédiatement, sans attendre la remise officielle de leur diplôme ».

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Santé-Hopitaux: L’urgence des Urgences

  • Santé-Hopitaux: L’urgence des Urgences
  • Des unités engorgées et une « gestion déshumanisée » des ressources humaines ont pour conséquence la désertion des personnels hospitaliers, alerte, dans une tribune au « Monde », Frédéric Adnet, chef de service des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny. 

    L’hôpital public va mal, les services d’urgences vont très mal. Symptôme et conséquence d’une crise hospitalière profonde, accélérée par la pandémie de la Covid-19, les urgences sont au bord de la rupture. Par manque de personnels hospitaliers, un service sur cinq est en danger de fermeture cet été.

    Il y aura donc des morts… Toutes les études scientifiques le démontrent, l’engorgement aux urgences est un facteur associé à une surmortalité indue. Les urgences sont pourtant la vitrine et la porte d’entrée de l’hôpital. Le départ massif de soignants et de médecins a déstabilisé nos établissements, avec des fermetures de lits et de services, ce qui rend inévitable le goulet d’étranglement que constituent nos urgences.

    Ce désamour profond, viscéral des personnels de l’hôpital résulte d’une gestion déshumanisée des ressources humaines, transformant l’administration de nos hôpitaux en management entrepreneurial, dont la seule boussole reste la rentabilité. Critère absurde, puisque nos recettes aggravent le déficit de l’Assurance-maladie, et donc les comptes de la nation, en s’appuyant sur la fameuse tarification à l’activité (T2A), aux effets mortifères. On arrive clairement au bout d’un cycle, appelant une réforme structurelle de fond, maintes fois annoncée par nos différents ministres, mais jamais réalisée ni même initiée.

    Comment passer l’été sans trop de « casse » ? Avec les vacances de nos personnels hospitaliers, la situation va s’aggraver. Afin de limiter les dégâts, il faut donc, en urgence, se remettre en configuration de crise, exactement comme pour la crise due au Covid-19. Les agences régionales de santé et les directions hospitalières doivent réactiver nos fameuses cellules de crise, en instaurant des organisations de « bed management » (gestion de lits), par le recensement journalier, à l’échelle départementale, de tous les lits disponibles et l’information en temps réel des établissements en crise. Oui, ce « dispatching » pourrait être efficace, mais ne nous y trompons pas, affronter cette nouvelle crise imposera d’autres sacrifices pour un personnel en souffrance et épuisé. Le recours à de nouvelles déprogrammations pour libérer des lits redevient ainsi une option envisageable.

    Comment en est-on arrivé là ? Dans mon service, je demande toujours aux infirmiers, aides-soignants, cadres de santé les raisons de leur départ. Deux types d’arguments : d’abord, le manque d’attractivité « factuel » de l’institution ; ensuite, le sentiment d’un manque de reconnaissance humaine. Manque d’attractivité : les difficultés de logement à cause de loyers hors-sol déconnectés des revenus de nos soignants, d’où des trajets plus longs et plus chers. Il faut prendre ce problème à bras-le-corps en réservant, en contractualisant avec les mairies, des logements abordables pour nos soignants.

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Hopitaux: L’urgence des urgences

  • Hopitaux: L’urgence des urgencesDes unités engorgées et une « gestion déshumanisée » des ressources humaines ont pour conséquence la désertion des personnels hospitaliers, alerte, dans une tribune au « Monde », Frédéric Adnet, chef de service des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny.

     

    L’hôpital public va mal, les services d’urgences vont très mal. Symptôme et conséquence d’une crise hospitalière profonde, accélérée par la pandémie de la Covid-19, les urgences sont au bord de la rupture. Par manque de personnels hospitaliers, un service sur cinq est en danger de fermeture cet été.

    Il y aura donc des morts… Toutes les études scientifiques le démontrent, l’engorgement aux urgences est un facteur associé à une surmortalité indue. Les urgences sont pourtant la vitrine et la porte d’entrée de l’hôpital. Le départ massif de soignants et de médecins a déstabilisé nos établissements, avec des fermetures de lits et de services, ce qui rend inévitable le goulet d’étranglement que constituent nos urgences.

    Ce désamour profond, viscéral des personnels de l’hôpital résulte d’une gestion déshumanisée des ressources humaines, transformant l’administration de nos hôpitaux en management entrepreneurial, dont la seule boussole reste la rentabilité. Critère absurde, puisque nos recettes aggravent le déficit de l’Assurance-maladie, et donc les comptes de la nation, en s’appuyant sur la fameuse tarification à l’activité (T2A), aux effets mortifères. On arrive clairement au bout d’un cycle, appelant une réforme structurelle de fond, maintes fois annoncée par nos différents ministres, mais jamais réalisée ni même initiée.

    Comment passer l’été sans trop de « casse » ? Avec les vacances de nos personnels hospitaliers, la situation va s’aggraver. Afin de limiter les dégâts, il faut donc, en urgence, se remettre en configuration de crise, exactement comme pour la crise due au Covid-19. Les agences régionales de santé et les directions hospitalières doivent réactiver nos fameuses cellules de crise, en instaurant des organisations de « bed management » (gestion de lits), par le recensement journalier, à l’échelle départementale, de tous les lits disponibles et l’information en temps réel des établissements en crise. Oui, ce « dispatching » pourrait être efficace, mais ne nous y trompons pas, affronter cette nouvelle crise imposera d’autres sacrifices pour un personnel en souffrance et épuisé. Le recours à de nouvelles déprogrammations pour libérer des lits redevient ainsi une option envisageable.

    Comment en est-on arrivé là ? Dans mon service, je demande toujours aux infirmiers, aides-soignants, cadres de santé les raisons de leur départ. Deux types d’arguments : d’abord, le manque d’attractivité « factuel » de l’institution ; ensuite, le sentiment d’un manque de reconnaissance humaine. Manque d’attractivité : les difficultés de logement à cause de loyers hors-sol déconnectés des revenus de nos soignants, d’où des trajets plus longs et plus chers. Il faut prendre ce problème à bras-le-corps en réservant, en contractualisant avec les mairies, des logements abordables pour nos soignants.


Projet de loi Climat : En décalage avec les urgences

Projet de loi Climat : En décalage avec les urgences

En France, à rebours des engagements pris, le projet de loi qui est en cours de discussion au Sénat s’avère en complet décalage avec l’urgence, expliquent Hugues de Saint-Pierre et Lou Welgryn, diplômés de l’Essec, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

La France s’est fixé un objectif de diminution de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, qu’elle va devoir relever puisque l’Union européenne (UE) s’est récemment engagée à les diminuer de 55 % à cet horizon afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Au regard de l’importance de l’enjeu, la Cour constitutionnelle allemande a jugé, dans une décision du 29 avril 2021, que l’objectif allemand pour 2030, pourtant fixé à 55 %, était « insuffisant » et menaçait « pratiquement toute liberté garantie par la loi fondamentale », y compris le droit de propriété des générations futures – forçant le gouvernement à relever son objectif pour 2030 à 65 %.

Formation des élites

Pourtant, en France, à rebours des engagements pris, le projet de loi Climat et résilience, qui est en cours de discussion au Sénat en juin, s’avère en complet décalage avec l’urgence, comme l’ont dénoncé 115 000 manifestants le 9 mai. De l’aveu du Haut Conseil pour le climat, le projet de loi n’engage pas les changements structurels nécessaires, et une proportion élevée de ses dispositions voit sa portée réduite par un périmètre d’application limité. Le constat est sans appel : en l’état des mesures prises, la France n’atteindra pas ses objectifs, déjà insuffisants.

Le projet de loi Climat constitue ainsi une double occasion manquée : respecter l’accord de Paris et faire confiance à la science. Dans ce contexte, toutes les compétences doivent être mises au service d’une société en cohérence avec les limites physiques de notre planète. Nous avons été préparés, au sein d’une grande école, à faire partie des leaders économiques et politiques de demain. Nous y avons appris à analyser les décisions stratégiques des entreprises et les politiques publiques.

 

Sur la base de cette formation, trois réformes nous apparaissent particulièrement nécessaires et urgentes pour mener à bien les « transformations sans précédent » auxquelles nous exhorte le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), rapport après rapport.

Tout d’abord, la formation des élites. Seule une profonde ignorance de la réalité physique de l’urgence climatique de la part du gouvernement et de l’Assemblée nationale peut expliquer la pauvreté des débats et la faiblesse générale du texte.

Il est donc urgent que les dirigeants politiques se forment aux enjeux climatiques, comme l’ont fait les 150 membres de la convention citoyenne pour le climat, sur la base des meilleurs travaux scientifiques disponibles, notamment ceux du GIEC et du Haut Conseil pour le climat. Ce dernier peut être sollicité pour organiser une session de formation des députés et des sénateurs, obligatoire, de sept jours minimum, dès le début de la prochaine législature. Cette formation doit être renouvelée après chaque élection, pour assurer la compétence des nouveaux élus.

Texte Urgences sanitaires: retoqué

Texte Urgences sanitaires: retoqué

. Le très controversé article 24 de la loi «sécurité globale», d’abord. Puis, mardi soir,  le texte prévoyant d’instaurer un «régime pérenne de gestion des urgences sanitaires» a été retenu qu’est par Macon lui-même. Un texte  » permettait donc de mettre les institutions entre parenthèses le prétexte d’urgence sanitaire. Le problème c’est que cette urgence sanitaire concernait la période présente mais aussi toute crise épidémique à venir. Autant dire que les institutions pouvaient être shuntées à tout moment et pour toujours. Une orientation qui de toute façon aurait certainement été retoquée par le conseil constitutionnel. Cette proposition du gouvernement présenté lundi au conseil des ministres par Jean Castex a fait l’objet de nombreuses critiques de la part de l’opposition qui ne pouvait admettre que le premier ministre soit ainsi autorisé en permanence à contrôler les déplacements des personnes et leur accès aux moyens de transport sous prétexte sanitaire.

Devant les protestations, Macron lui-même a décidé de retirer le texte.

 

Urgences: un forfait payant

Urgences: un forfait payant

 

Ces désormais décidé, il y aura un forfait de 18 € pour les patients se rendant aux urgences qui ne sont pas ensuite hospitalisées. Il a été indiqué toutefois que le forfait serait pris en charge par les mutuelles, dès le contrat responsable, ainsi que par la complémentaire santé solidaire et encore l’aide médicale d’État pour les sans-papiers.

Les députés ont ajouté au dispositif une exonération pour les femmes enceintes à compter du sixième mois de grossesse et pour les nouveau-nés durant trente jours. Les personnes en affection longue durée seront soumises à un forfait réduit.

Par un amendement, le gouvernement a décalé la mise en œuvre de ce nouveau forfait du 1er janvier au 1er septembre 2021.

 

Hôpitaux -Urgences : encore un plan pour la cour des miracles

Hôpitaux -Urgences : encore un plan pour la cour des miracles

 

 Encore un plan supplémentaire envisagée par la ministre de la santé, un plan sans doute cosmétique  comme les précédents. Régulièrement la crise des urgences réapparaît dans les médias. Une crise indiscutable si l’on se fie aux délais d’attente des patients. Mais une crise à plusieurs facettes. Une crise de l’organisation du système sanitaire, aussi une crise de société et une crise du fonctionnement de l’État.

La  fréquentation des services a doublé en dix ans. Plus de 21,4 millions de passages y ont été recensés en 2017, un chiffre en hausse de 2,1% sur un an. Inédit par son ampleur, le mouvement démarré mi-mars à Paris après une série d’agressions n’a cessé de s’étendre. Le personnel des urgences réclame 10.000 emplois supplémentaires, une augmentation de salaire de 300 euros et l’arrêt des fermetures de lits dans les hôpitaux. Il est indiscutable que les conditions de travail dans les services d’urgence sont devenues intenables et que parfois elles  mettent même la vie des patients en danger. Ceci étant, c’est la conséquence de l’organisation du système sanitaire caractérisé notamment par l’affaiblissement du nombre de généralistes non seulement dans les zones denses mais aussi en zones rurales. Il n’y a plus de généralistes susceptibles d’intervenir et du coup, les patients sont orientés de façon systématique vers les urgences qui doivent traiter de vraies pathologies, aussi des dérèglements psychiques et sociaux. La responsabilité en incombe à l’État qui a réduit le nombre de médecins, aussi aux médecins eux-mêmes qui  dans nombre de cas n’acceptent désormais les malades que sur rendez-vous et certains jours de la semaine. Des médecins qui se comportent pour certains comme des fonctionnaires. D’ailleurs nombre d’entre eux choisissent la fonction publique. D’autres préfèrent opter pour des spécialités qui ménagent le temps de travail et les congés par rapport à des généralistes  à l’ancienne qui  travaillent  10 ou 12 heures par jour. La responsabilité en incombe aussi aux patients eux-mêmes et à leurs familles. Souvent au moindre petit bobo par exemple dans les maisons de retraite (là aussi on  manque d’infirmières et de médecins), on oriente vers le service des urgences. Un service des urgences devenue une véritable cour des miracles : des victimes de brutalité, des ivrognes, des clochards, des blessés légers et de vraies pathologies graves. Le système de santé est en cause, la société également mais l’organisation des hôpitaux aussi. En effet, ce n’est pas parce que le service des urgences est débordé qu’il faut s’interdire de faire un audit sur le fonctionnement d’un hôpital devenu une sorte d’usine sans cohérence de gestion où les difficultés du personnel soignant cachent trop souvent le manque de nombre d’autres agents.

Grève des urgences : toujours soutenue par 90 % des Français

Grève des urgences : toujours soutenue par 90 % des Français

 

Visiblement le plan prévu par la ministre de la santé ne paraît pas adapté aux enjeux puisque 89% des Français soutiennent encore la grève des urgences. D’après un sondage Odoxa pour franceinfo et Le Figaro publié dimanche 29 septembre.  Ce plan n’est pas suffisant pour 64% des Français. Un avis partagé par 86% des personnels hospitaliers.   Le soutien des Français reste dans les mêmes proportions qu’au mois de juin. Ils étaient 92% il y trois mois. Ce mouvement est encore largement soutenu au sein même de l’hôpital. 93% des personnels hospitaliers soutiennent la grève, soit trois points de moins qu’au mois de juin. Ces soutiens s’expliquent notamment par le sentiment, pour une grande majorité de Français, que les services des urgences hospitalières se dégradent. Près de sept Français sur dix (69%) estiment que ces urgences se détériorent. Ce sentiment est largement partagé par 87% des personnels hospitaliers.

 

Selon cette enquête, les Français avouent ne pas être étrangers à la détérioration du service rendu aux urgences. 27% avouent s’être déjà rendus aux urgences pour une raison qualifiée de « non-légitime ». 18% y sont allés parce qu’ils n’arrivaient pas à avoir un rendez-vous chez un médecin, 14% y ont eu recours par pur confort et 7% pour ne pas avancer les frais.  Le plan dévoilé par la ministre de la Santé Agnès Buzyn le 9 septembre pour répondre au malaise des hôpitaux n’a pas convaincu les Français. Ce plan n’est pas suffisant pour 64% d’entre eux. Un avis partagé par 86% des personnels hospitaliers.

Cette enquête Odoxa pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet, les 18 et 19 septembre sur un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et du 18 au 24 septembre sur un échantillon de 1 082 professionnels de santé hospitaliers.

Urgences : « »Un plan trop limité »

Urgences : « »Un  plan trop limité »

 

 

Le plan de la ministre de la santé est considéré comme trop limité dans sa nature et dans le temps par trois infirmiers et un psychiatre du collectif Inter-Urgences qui s’exprime dans une tribune du monde. Extrait

Tribune. 

 

« Agnès Buzyn a dévoilé son plan pour sauver les urgences du péril actuel, avec la réaffectation de crédits de 750 millions d’euros sur trois ans. Pas de nouveaux crédits, aucun investissement dans la santé des Français alors qu’il s’agit d’une préoccupation phare des citoyens.

Avec le gouvernement Macron, l’habitude est prise de sortir de la crise en renforçant le pouvoir en place, l’austérité et l’aggravation des problèmes de fond sous prétexte de « refondation », de « solutions » et « d’innovation ». Les termes changent mais l’hôpital reste la variable d’ajustement dans cette course effrénée de réduction des dépenses publiques, au détriment de ce qui fait sens. Les soignants travaillent toujours plus pour toujours moins, dans des locaux à l’image de cette dégradation ambiante.

C’est une crise environnementale : des ressources sont détruites, des citoyens voient leur état de santé s’aggraver, et parfois, meurent d’un manque d’accès à ces biens communs

Là encore, ce plan du ministère de la santé suit cette règle : pas de moyens humains nouveaux mais de nouvelles organisations pour mieux adapter les individus à cette pénurie systémique. Comme l’écrit la philosophe Barbara Stiegler, « il faut s’adapter » est devenu le « nouvel impératif politique » du moment. Et c’est précisément cette logique d’adaptation – « les solutions » de Mme Buzyn et de ses conseillers – qui est problématique car le cadre général de cette politique ne peut être remis en cause. A défaut, ce plan propose des mesures symptomatiques de court terme (financement sur trois ans), limitées et inadéquates.

Les urgences sont le point de cristallisation de la situation des hôpitaux et des dispositifs accessibles tant en amont qu’en aval de l’hôpital public, mais la crise est généralisée. Il s’agit de penser tout ensemble. C’est une crise environnementale : des ressources sont détruites (personnels soignants, structures de soin), des citoyens voient leur état de santé s’aggraver, et parfois, meurent d’un manque d’accès à ces biens communs. »

 

 

Urgences : les médecins urgentistes aussi dans l’action

Urgences : les médecins urgentistes aussi dans l’action  

L’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a annoncé, jeudi 12 septembre, rejoindre le mouvement de protestation. Il s’agit de la première organisation de médecins à rallier le mouvement. « On n’est pas du tout d’accord » avec les mesures dévoilées par le gouvernement, a déclaré devant la presse Patrick Pelloux, président de l’Amuf. « Cet argent est totalement inadapté », a-t-il ajouté.

Après six mois de mobilisation, le collectif Inter-urgences a voté, mardi, en faveur d’une nouvelle journée d’actions le 26 septembre prochain. Il continue de réclamer des  »réouvertures de lits », des « recrutements à la hauteur des besoins » ainsi qu’une « augmentation de 300 euros nets mensuels pour tous les hospitaliers ».

Plan Buzyn Urgences: rejet par les soignants

Plan Buzyn  Urgences: rejet par les soignants

 

 

Comme il fallait s’y attendre,  les soignants ont massivement rejeté le plan proposé pour les urgences par la ministre de la santé. Il considère en effet qu’on est loin du compte avec les mesures envisagées. D’abord l’enveloppe budgétaire qui sera étalée sur quatre ans apparaît très insuffisante. Il faudrait des milliards la où seulement moins de 200 millions par an sont prévus. Des mesures vont dans le bon sens mais elles sont trop partielles et trop lointaines. Les soignants considèrent ce plan comme du bricolage qui n’entraînera pas une augmentation significative de l’offre  médicale pour répondre à l’enjeu.

 

Le collectif Inter-Urgences, à l’origine de cette grève inédite par sa durée – bientôt six mois – et son ampleur – 250 services d’urgence à ce jour (193 selon le ministère) – réclame toujours plus d’effectifs, plus de lits d’hospitalisation et une revalorisation des rémunérations.

Les médecins, jusqu’à présent restés en dehors de la grève menée par les paramédicaux, pourraient, pour partie d’entre eux, s’en mêler. Présent à l’assemblée générale du collectif Inter-Urgences, l’emblématique président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, a indiqué que son organisation déciderait jeudi « si (elle) rejoint le mouvement ». « Très déçu » par les annonces, Patrick Pelloux, a évoqué « un rendez-vous raté » sans « rien sur les revalorisations salariales » et a prédit que « la contestation va être sévère ».

Service des urgences : un plan insuffisant et trop à long terme

Service des urgences : un plan trop à long terme

De  fait  sous la tutelle de Bercy, la ministre, Agnès Buzyn, a  dû étaler son plan de 750 millions sur quatre ans. Un plan qui pourra porter des améliorations à moyen terme mais qui ne répond pas à la crise d’aujourd’hui. Notons aussi que la plus grosse partie des fonds, c’est-à-dire la moitié ira au financement d’un service téléphonique d’orientation des patients (service d’accès aux soins) sorte de poste d’aiguillage intéressant mais qui ne permettra pas d’augmenter l’offre de soins. Notons que ce service ne sera pas opérationnel avant l’été 2020. On autorisera aussi le personnel médical non médecins (pharmaciens, infirmières, kinésithérapeutes)  à intervenir pour des pathologies légères. S’il est clair qu’il faut désengorger les urgences encore faudrait-il aussi renforcer considérablement les moyens hospitaliers. L’enveloppe prévue n’est pas à la hauteur des les enjeux. Un seul exemple l’amélioration de l’offre médicale pour les maisons de retraite représente déjà plus de 1 milliard d’euros.

Le plan repose “sur un renforcement de la proximité pour l’accès aux soins”, “des modes de financements adaptés qui valorisent certaines organisations vertueuses”, et “le numérique, qui doit faire partie maintenant du système de santé”, a indiqué la ministre

On envisage aussi la création de 50 maisons de santé près des services d’urgence les plus saturés. Le problème sera le même que dans les zones rurales. On a bien construit du béton mais le nombre de médecins qui pratiquent dans ces centres est notoirement insuffisant voire insignifiant. Il est également prévu de créer un service spécifique pour les personnes âgées dans les hôpitaux mais évidemment je pose de la même manière la question du personnel soignant et plus généralement des moyens.

Certaines pathologies seront prises en charge par des professionnels de santé non médecins. Les masseurs-kinésithérapeutes pourront ainsi traiter directement la traumatologie bénigne, comme une entorse à la cheville. Les pharmaciens et infirmiers feront des prescriptions simples.

Des infirmiers seront également formés en “pratique avancée” aux urgences pour poser un premier diagnostic, réaliser des sutures ou encore prescrire des actes d’imagerie.

Les urgences ne seront plus financées au nombre de passages enregistrés mais en fonction de la population que le service couvre, de ses caractéristiques socio-économiques, ainsi que de l’offre médicale libérale sur le territoire. Il sera également demandé à chaque groupement hospitalier de territoire (GHT) de mettre en place un dispositif de gestion des lits dès 2020.

Le plan limite par ailleurs le recours au travail intérimaire, coûteux pour le système. Il sera par exemple interdit pour un professionnel de santé de cumuler plusieurs emplois dans le secteur public au 1er semestre 2020.

“Il y a des bons trucs (…), des trucs avec lesquels on est d’accord. Mais sur l’application, ça va être très compliqué”, a réagi sur BFMTV Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France. “Je ne vois pas où on va chercher ces fameux 750 millions avec un Ondam (objectif nationale des dépenses d’assurance maladie) qui est figé.”

Services des Urgences : la cour des miracles

Services des Urgences : la  cour des miracles

 Pas sûr que le nouveau plan d’Agnès Buzyn soit à la hauteur des enjeux ; Elle devrait annoncer des créations de lits supplémentaires,  un numéro de téléphone unique et une aide financière qui reste à négocier avec Bercy.  Régulièrement la crise des urgences réapparaît dans les médias. Une crise indiscutable si l’on se fie aux délais d’attente des patients. Mais une crise à plusieurs facettes. Une crise de l’organisation du système sanitaire, aussi une crise de société et une crise du fonctionnement de l’État.

La fréquentation des services a doublé en dix ans. Plus de 21,4 millions de passages y ont été recensés en 2017, un chiffre en hausse de 2,1% sur un an. Inédit par son ampleur, le mouvement démarré mi-mars à Paris après une série d’agressions n’a cessé de s’étendre. Le personnel des urgences réclame 10.000 emplois supplémentaires, une augmentation de salaire de 300 euros et l’arrêt des fermetures de lits dans les hôpitaux. Il est indiscutable que les conditions de travail dans les services d’urgence sont devenues intenables et que parfois elles  mettent même la vie des patients en danger. Ceci étant, c’est la conséquence de l’organisation du système sanitaire caractérisé notamment par l’affaiblissement du nombre de généralistes non seulement dans les zones denses mais aussi en zone rurale. Il n’y a plus de généralistes susceptibles d’intervenir et du coup, les patients sont orientés de façon systématique vers les urgences qui doivent traiter de vraies  pathologies, aussi des dérèglements psychiques et sociaux. La responsabilité en incombe à l’État qui a réduit le nombre de médecins, aussi aux médecins eux-mêmes qui  dans nombre de cas n’acceptent désormais les malades que sur rendez-vous et certains jours de la semaine. Des médecins qui se comportent pour certains comme des fonctionnaires. D’ailleurs nombre d’entre eux  choisissent la fonction publique. D’autres préfèrent opter pour des spécialités qui ménagent le temps de travail et les congés par rapport à des généralistes  à l’ancienne qui  travaillent  10 ou 12 heures par jour. La responsabilité en incombe aussi aux patients eux-mêmes et à leurs familles. Souvent au moindre petit bobo par exemple dans les maisons de retraite (là aussi on  manque d’infirmières et de médecins), on oriente vers le service des urgences. Un service des urgences devenu une véritable cour des miracles : des victimes de brutalité, des ivrognes, des clochards, des blessés légers et de vraies pathologies graves. Le système de santé est en cause, la société également mais l’organisation des hôpitaux aussi. En effet, ce n’est pas parce que le service des urgences est débordé qu’il faut s’interdire de faire un audit sur le fonctionnement d’un hôpital devenu une sorte d’usine sans cohérence de gestion où les difficultés du personnel soignant cachent trop souvent l’improductivité de nombre d’autres agents.

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