Archive pour le Tag 'urgence'

Banques alimentaires : « urgence sociale », selon Pascal Brice

Banques alimentaires : « urgence sociale », selon Pascal Brice

Les Français sont de plus en plus nombreux à ne pas manger à leur faim. Si bien qu’aujourd’hui, huit millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire pour vivre. « C’est une réalité que nous constatons dans nos associations », affirme Pascal Brice, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité qui appelle à la solidarité. Ce dernier constate notamment une précarité croissante chez les jeunes et appelle à ce que des aides soient étendues. Les personnes en précarité sont « dans le maquis de la bureaucratie, en marge de la société », déplore-t-il, militant notamment pour l’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans et à la généralisation de la garantie jeunes.

Face à ce fléau, Pascal Brice évoque la perte du lien social, et regrette que la solidarité ne soit pas toujours au rendez-vous. « La solidarité est là, mais nous avons affaire à une évolution de long date d’une société plus individualiste », explique-t-il, évoquant notamment la classe moyenne qui paie les conséquences de cette évolution et qui, de ce fait, « s’interroge sur la solidarité qui est souvent assimilée à de l’assistanat ».

Près de 200.000 personnes sont actuellement dans des hébergements d’urgence, et de nombreuses demandes ne sont pas pourvues, alerte Pascal Brice qui appelle à « amplifier le mouvement ».

 

Combler le déficit numérique, une urgence (OCDE)

Combler le déficit numérique,  une urgence (OCDE)

 

À juste titre, l’OCDE s’inquiète du déficit numérique. « le trafic Internet dans certains pays a augmenté jusqu’à 60% peu après l’épidémie », alors que 1,3 milliard de citoyens de pays de l’OCDE ont été amenés à se confiner à leur domicile. Cette accélération sans précédent du numérique a donc permis de créer de nombreuses opportunités : télétravail massif, école à distance, commerce en ligne… Mais elle a aussi souligné des préoccupations préexistantes – préserver sa vie privée en ligne, lutter contre les cybercriminels – et renforcé de nouvelles fractures importantes, notamment en terme d’accès à Internet.

Un excellente article de https://www.cairn.info/  rappelle les enjeux (extraits)

Alors que les communicateurs officiels continuent à glorifier l’avènement de la « société de l’information », de nombreuses interrogations apparaissent sur l’impact social réel d’Internet (le « réseau des réseaux ») et des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui y sont communément associées. C’est ainsi que la notion de « fracture » ou de « fossé numérique » est devenue d’actualité.

2Pour notre part, nous souhaitons mettre en évidence que les TIC sont à la fois et paradoxalement créatrices et destructrices de lien social, en présentant successivement :

  • les enjeux socio-économiques, technologiques et politiques désormais soulevés par l’information et la communication ;
  • le facteur humain dans une société en réseau, tel qu’il est mis en lumière par la fracture numérique.

À l’instar de Venezky (2000), nous proposons une approche de cette fracture selon les deux niveaux que constituent d’une part l’accès au TIC et à l’information circulant en réseau, et d’autre part les savoirs et savoir-faire nécessaires pour utiliser ces technologies et traiter cette information. Pour illustrer notre argumentation nous prendrons comme exemple référentiel la génération Internet.

La communication au cœur d’enjeux socio-économiques, culturels, technologiques et politiques

3Placées au cœur de la vie sociale, la communication et l’information sont au centre d’enjeux économiques, culturels, technologiques et politiques. Et, alors qu’Internet nous est présenté comme le vecteur d’une nouvelle économie dans laquelle le savoir constitue la première source de richesse, son « impact » et celui des TIC relèvent de la manipulation de la connaissance et des mécanismes de génération du savoir. C’est ainsi que « l’informatique et les télécommunications, en devenant accessibles au plus grand nombre, favorise[raient] la diffusion du savoir, les échanges et le partage des connaissances » (Ghernaouti-Hélie, Dufour, 1999, p. 97).

4D’une manière chronologique, Ghernaouti-Hélie et Dufour (1999) considèrent que cette société de l’information, qui se distingue par des médias industrialisés et interactifs tels qu’Internet, succède à la société industrielle caractérisée par des médias de masse tels que la radio et la télévision. Elle constitue une véritable révolution informationnelle qui « bouleverse le traitement et la conservation de l’information et modifie le mode de fonctionnement des organisations et de la société tout entière » (p. 96). Ainsi, ces médias individualisés et interactifs entraînent une rupture dans la communication et engendrent une « nouvelle » communication.

Société de la communication et économie centrée sur le savoir

5Cette nouvelle communication caractérisée par la mobilisation des TIC et le recours à des procédés de gestion du social (Miège, 1996) est à l’origine d’une restructuration de la société qui repose, d’une part, sur la mise en œuvre des TIC (que nous pouvons rapprocher de la « mise en réseau ») et, d’autre part, sur la mise en relation des individus et des groupes d’individus à travers la circulation de l’information.

6Nous préférons l’expression « société de la communication » (Wolton, 1999) à celle de société de l’information, car elle rappelle les théories communicationnelles et permet d’appréhender la question du changement social au moyen des TIC et d’Internet. Cette expression permet de relativiser l’importance de la mise en réseau (la « communication-information » des théories mécanistes) et de mettre l’accent sur la « communication-relation » (des théories organistes) qui doit en résulter.

7La place de la communication médiatisée (Miège, 1996) dans la vie de tous les jours témoigne de ce changement social qui s’opère : l’emploi des TIC et d’Internet dans les loisirs, le travail, la vie pratique, fait émerger de nouveaux comportements de communication (Jouët, 1993). Et, c’est précisément l’émergence de ces comportements et de ces nouveaux rapports qui amène à examiner la relation entre le changement social et ces technologies et permet de comprendre cette révolution informationnelle.

8Pour comprendre les mécanismes par lesquels cette révolution s’opère, Jouët (1993) a mis en évidence la convergence entre l’évolution technique et le changement social selon une double médiation à la fois technique et sociale (Jouët, 1993, p. 101) :

  • technique, car « l’outil utilisé structure la pratique » ;
  • sociale, car « les formes d’usages et le sens accordé à la pratique se ressourcent dans le corps social ».

D’une part, « la médiation technique n’est pas neutre dans l’élaboration des pratiques de communication » (p. 106), d’autre part, la médiation sociale « préside l’élaboration des pratiques de communication, autour des médias traditionnels ou des technologies informatisées, débouche (…) sur une production de lien social » (p. 112).

9Ainsi, cette nouvelle culture est avant tout celle de l’interaction et ses traits caractéristiques font une place prépondérante au savoir. En effet, pour beaucoup de ses utilisateurs, Internet est une technologie puissante qui permet aux individus, aux communautés et aux nations d’améliorer leurs conditions, qui offre un avantage stratégique dans l’économie du savoir et qui ouvre de nouvelles voies pour profiter d’une meilleure qualité de vie (Bowie, 2000).

 

Dans  la zone OCDE qui compte 37 pays, la part de la fibre dans les abonnements au haut débit fixe atteint 82% en Corée et 79% au Japon, contre 20% en France, et moins de 5% en Allemagne et au Royaume-Uni… Et le très haut débit reste souvent trop rare en zone rurale….

Vote par correspondance : une urgence démocratique

Vote par correspondance : une urgence démocratique

 

D’une certaine manière,  il y a urgence pour instaurer le vote par correspondance voire le rendre obligatoire. Aujourd’hui en effet les responsables même au plus haut niveau du pays sont élus par une petite minorité. La majorité, elle, est celle des plus abstentionnistes. En cause, évidemment un problème de fond à savoir la perte de crédibilité des organisations politiques et de leurs responsables. Le pays ne pourra pas encore longtemps considérer comme légitimes des élections où les intéressés reconnus comme élus ne le  sont qu’avec 20 % des voix. Le cas lors de la dernière consultation municipale. On comprend que Macron soit préoccupé par cette situation et qu’il soit plutôt favorable à ce vote par correspondance.

Le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, qui a évoqué le sujet avec Macron le 6 novembre, a appelé dans Le ­Figaro à « travailler » sur ce ­scénario. Lors du débat sur la prorogation de l’état d’urgence sanitaire, la Haute Assemblée, et en particulier le rapporteur LR du texte, Philippe Bas, avaient apporté leur soutien à un amendement du sénateur ­socialiste Éric Kerrouche en faveur de ce dispositif.

 

Au Sénat, le groupe Union centriste (UC) a commandé à l’IFOP un sondage sur ce thème : 58% des Français s’y déclarent favorables à la légalisation du vote par Internet, par un ordinateur ou un smartphone, et 57% à celle du vote par courrier. Mais ils sont 81% pour la prise en compte du vote blanc à gauche comme à droite les avis des responsables politiques sont très partagés sur le sujet. À droite tous ne partagent pas le point de vue du président du Sénat. Même vision à gauche ou certains sont pour les socialistes notamment.. » Chez les Insoumis, Jean-Luc ­Mélenchon, lui, le dit clairement : « Je suis contre. Depuis toujours. »

Le Rassemblement national, dont plusieurs dirigeants avaient exprimé leurs doutes quant à la victoire de Joe Biden, s’y oppose en bloc. « 

Urgence climatique : les contradictions du citoyen

Urgence climatique : les contradictions du citoyen

Le politologue Brice Teinturier constate, dans une tribune au « Monde », que les citoyens n’ont pas encore mis totalement en accord leurs comportements individuels avec leurs convictions écologiques.

 

Tribune. Vu de loin, il peut sembler paradoxal que les Français n’aient pas adopté plus de comportements vertueux en matière de protection de l’environnement, alors que cette préoccupation fait maintenant partie des trois ou quatre sujets qu’ils jugent majeurs, ce qui n’était absolument pas le cas il y a quelques années.

Vu de près, le paradoxe s’éclaire.

Tout d’abord, la prise de conscience des enjeux environnementaux et climatiques n’est, malgré tout, pas sans effet sur les comportements : les enquêtes montrent bien que ceux que l’on peut qualifier de vertueux ont incontestablement progressé chez les citoyens et consommateurs français, que ce soit dans l’alimentation, le tri des déchets, la gestion de l’eau, etc. La question est donc celle de l’ampleur du changement, non sa réalité.

Quatre grands freins à un véritable basculement des comportements subsistent néanmoins.

Vouloir, ou le poids des habitudes. Changer de comportement a un coût – psychologique, organisationnel, économique –, a fortiori quand il s’agit de s’imposer des contraintes supplémentaires là où le confort et la facilité peuvent prévaloir. Il ne faut pas non plus négliger l’incivisme d’une partie de la population, qui continue à jeter sans vergogne mégots ou plastiques dans la nature, à prendre la voiture ou l’avion pour de petits déplacements et ne se préoccupe absolument pas du reste de la population.

On touche là une tendance profonde, l’hyper-individualisme, qui concerne 17 % environ de la population, ceux qui, dans nos enquêtes, déclarent : « Dans la vie, ce qui compte, c’est moi d’abord, les autres viennent toujours après. » Le premier obstacle à l’orientation massive des comportements en faveur de l’environnement est donc la tension entre l’individu et le collectif, le consommateur et le citoyen. Le premier veut des cerises en hiver et des mandarines en été. Le second est sensible aux conséquences : aberration écologique, impact énergétique, destruction des ressources, etc.

Savoir, ou l’intensité de la menace perçue. Certes, la dégradation de l’environnement, le changement climatique, la pollution inquiètent de plus en plus. Mais les études montrent aussi que ces questions restent très abstraites pour une grande partie de la population. En revanche, plus la menace est visible, comme le réchauffement climatique ou la multiplication des épisodes de pollution, plus ce savoir abstrait s’enrichit d’une expérience directe du sujet. C’est bien ce qui s’est produit ces dernières années, mais le chemin de la connaissance est encore long à parcourir et peut conduire à une forme de relativisation de la menace – ce qui est différent de la contestation de sa réalité –, nuisant au basculement des comportements.

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Justice : « Indépendance du parquet, une urgence »( François Molins et Jean-Louis Nadal )

 

 

 Il est évident que l’indépendance du parquet devient de plus en plus nécessaire et urgente. En effet ,dans la perspective des élections présidentielles, il y a encore fort à parier que certains dossiers lourds politico- financiers risquent d’être enterrés au gré des soutiens que les personnes impliquées risquent d’apporter à certains candidats potentiellement en situation d’être élus. Ou au contraire déterrés pour flinguer une candidature !

François Molins, Procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, Procureur général honoraire près la Cour de cassation estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il faut revoir le statut du ministère public et jugent « insuffisante » l’ambition du garde des sceaux en ce domaine. Une prise de position des plus hauts magistrats qui contredit la position du ministre de la justice (qui a changé d’opinion) et du gouvernement.

 

Tribune

 

Le 3 juillet 2017, le président de la République a affirmé devant le Congrès son souhait que soit accomplie « la séparation de l’exécutif et du judiciaire, en renforçant le rôle du Conseil supérieur de la magistrature [CSM], et en limitant l’intervention de l’exécutif dans les nominations des magistrats du parquet ». L’idée de cette réforme du statut du ministère public est née en 1995, à la suite des travaux sur la réforme de la justice présidée par le magistrat Pierre Truche (1929-2020).

Vingt-cinq ans après, celle-ci n’a toujours pas vu le jour et la réticence du pouvoir politique à la mener à terme interroge sur ses véritables intentions alors que l’autorité judiciaire, objet de fortes critiques, est fragilisée, et que son indépendance est régulièrement mise en cause.

Aussi, la réforme du statut du parquet est aujourd’hui devenue une urgence autant qu’une nécessité. La noblesse et l’exigence des fonctions de poursuivre et de juger soumettent les magistrats à des devoirs et à des exigences particulièrement fortes en termes d’impartialité et d’indépendance.

Dans l’exercice professionnel d’un magistrat, qu’il appartienne au siège ou au parquet, l’indépendance a toujours une double dimension. Une dimension personnelle tout d’abord. Même si on imagine toutes les garanties possibles, notamment sur le plan statutaire, l’indépendance du magistrat passe toujours par un exercice personnel quotidien : il est du devoir de celui-ci d’être lucide dans son exercice professionnel, de savoir identifier ses éventuelles dépendances pour les dépasser, et ses faiblesses pour les surmonter.

Le magistrat ne doit jamais sacrifier ce qui fonde et justifie son action, la dimension éthique de sa profession, ses exigences déontologiques d’indépendance, d’intégrité, de probité, de loyauté, d’impartialité et de délicatesse.

Ces dernières années, l’institution a beaucoup œuvré pour améliorer les garanties d’indépendance des magistrats. Par un renforcement des règles déontologiques, qui s’est notamment traduit par la rédaction d’un recueil des obligations déontologiques. Par un enseignement solide et spécifique à l’Ecole nationale de la magistrature pour tous les auditeurs de justice. Par la mise en œuvre de la déclaration d’intérêts et la création du service de veille déontologique. Et, enfin, par la possibilité pour tout citoyen de saisir le CSM lorsqu’il estime que, à l’occasion d’une procédure judiciaire le concernant, le comportement adopté par un magistrat est susceptible de recevoir une qualification disciplinaire.

 

« Indépendance du parquet : une urgence »( François Molins et Jean-Louis Nadal )

« Indépendance du parquet : une urgence »( François Molins et Jean-Louis Nadal )

 

François Molins, Procureur général près la Cour de cassation

Jean-Louis Nadal, Procureur général honoraire près la Cour de cassation estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il faut revoir le statut du ministère public et jugent « insuffisante » l’ambition du garde des sceaux en ce domaine. Une prise de position des plus hauts magistrats qui contredit la position du ministre de la justice (qui a changé d’opinion) et du gouvernement.

 

Tribune

 

Le 3 juillet 2017, le président de la République a affirmé devant le Congrès son souhait que soit accomplie « la séparation de l’exécutif et du judiciaire, en renforçant le rôle du Conseil supérieur de la magistrature [CSM], et en limitant l’intervention de l’exécutif dans les nominations des magistrats du parquet ». L’idée de cette réforme du statut du ministère public est née en 1995, à la suite des travaux sur la réforme de la justice présidée par le magistrat Pierre Truche (1929-2020).

Vingt-cinq ans après, celle-ci n’a toujours pas vu le jour et la réticence du pouvoir politique à la mener à terme interroge sur ses véritables intentions alors que l’autorité judiciaire, objet de fortes critiques, est fragilisée, et que son indépendance est régulièrement mise en cause.

Aussi, la réforme du statut du parquet est aujourd’hui devenue une urgence autant qu’une nécessité. La noblesse et l’exigence des fonctions de poursuivre et de juger soumettent les magistrats à des devoirs et à des exigences particulièrement fortes en termes d’impartialité et d’indépendance.

Dans l’exercice professionnel d’un magistrat, qu’il appartienne au siège ou au parquet, l’indépendance a toujours une double dimension. Une dimension personnelle tout d’abord. Même si on imagine toutes les garanties possibles, notamment sur le plan statutaire, l’indépendance du magistrat passe toujours par un exercice personnel quotidien : il est du devoir de celui-ci d’être lucide dans son exercice professionnel, de savoir identifier ses éventuelles dépendances pour les dépasser, et ses faiblesses pour les surmonter.

Le magistrat ne doit jamais sacrifier ce qui fonde et justifie son action, la dimension éthique de sa profession, ses exigences déontologiques d’indépendance, d’intégrité, de probité, de loyauté, d’impartialité et de délicatesse.

Ces dernières années, l’institution a beaucoup œuvré pour améliorer les garanties d’indépendance des magistrats. Par un renforcement des règles déontologiques, qui s’est notamment traduit par la rédaction d’un recueil des obligations déontologiques. Par un enseignement solide et spécifique à l’Ecole nationale de la magistrature pour tous les auditeurs de justice. Par la mise en œuvre de la déclaration d’intérêts et la création du service de veille déontologique. Et, enfin, par la possibilité pour tout citoyen de saisir le CSM lorsqu’il estime que, à l’occasion d’une procédure judiciaire le concernant, le comportement adopté par un magistrat est susceptible de recevoir une qualification disciplinaire.

Une urgence : produire des tests de dépistage» ( Christian Gollier)

Une urgence : produire des tests de dépistage»  ( Christian Gollier)

 

Christian Gollier directeur général de la Toulouse School of Economics, dont il est à l’origine avec Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014,  estime urgent de produire massivement des tests  de dépistage. Il prône une économie de guerre et revient sur les enjeux. ( interview de l’Opinion)

L’intervention de l’Etat pour soutenir l’économie paralysée par la crise du coronavirus est-elle justifiée ?

Oui, il s’agit d’un choc exogène – contrairement à celui de 2008 – supporté par les ménages et les entreprises ; il a des conséquences sanitaires, pensons aux malades et aux morts, mais aussi économiques. On demande à chacun un effort qui bénéficiera à tous. Il est donc raisonnable que ce sacrifice soit porté par la communauté dans son ensemble, c’est-à-dire par l’Etat. Si l’on regarde la situation sous le voile de l’ignorance sans savoir qui est qui, fonctionnaire ou restaurateur, tout le monde voudrait bénéficier de la protection de l’Etat, alors que les restaurateurs sont beaucoup plus exposés que les premiers. La solidarité a posteriori de l’Etat fonctionne comme une assurance a priori. Ce partage de risque est socialement désirable, et seul l’Etat peut l’organiser. D’autant plus que, contrairement aux crises précédentes, il n’y a pas de coupables.

C’est la grande différence avec 2008 ?

Oui, en 2008 s’est posé le problème de l’aléa moral : quand vous savez que vous êtes assuré, vous faites moins d’efforts. Prenons un exemple extrême : on ne va pas assurer les étudiants contre le risque d’échec aux examens en fin d’année car ils seraient moins incités à travailler. En 2008, les grandes institutions financières savaient qu’en cas de difficultés, elles seraient secourues par les Etats au nom du too big to fail. Cela a provoqué un énorme débat public, mêlant économie, politique et morale. Nous n’avons aucune raison de donner une leçon ou de punir les restaurateurs, les commerçants et la myriade de PME obligés de fermer boutique. La solidarité est ici un devoir moral autant qu’une politique économiquement utile. De même, en 2011, les Européens du nord ont voulu que les Grecs paient pour leur mauvaise gestion. Et on a failli faire exploser la zone euro pour cela. Aujourd’hui, il n’y a pas d’aléa moral, l’Italie est frappée de plein fouet. Cela aurait pu être un autre pays.

Cela rend les coronabonds plus acceptables par les Allemands que les eurobonds ne l’étaient en 2012 ?

L’idée d’un emprunt de l’Union européenne pour financer la socialisation des pertes est plus acceptable en effet. On pourrait objecter que certains pays pourraient en profiter pour relâcher leurs efforts, mais l’intensité de cet aléa moral est bien moindre qu’il ne l’était en 2008.

Que doivent faire les Etats, que doivent-ils éviter ?

Socialiser les pertes, c’est transférer les pertes de revenu au budget de l’Etat. Reporter le paiement des taxes et charges sociales n’est qu’un emplâtre. En revanche, il faut massivement utiliser la mise au chômage temporaire des salariés et indépendants désœuvrés. Nous avons la chance en Europe d’avoir des systèmes d’assurance-chômage qui fonctionnent bien. Il faut aussi compenser les entreprises qui ont des coûts fixes importants.

La nationalisation est-elle un bon outil ?

Seulement pour les entreprises au bord de la faillite. Nous avons une belle institution, les marchés financiers, dont le rôle est d’absorber une partie des risques d’entreprendre. Moyennant quoi les actionnaires en tirent des bénéfices considérables, les bonnes périodes équilibrant les mauvaises. Sur l’ensemble du XXe siècle aux Etats-Unis, le rendement des actions s’est élevé à 6 % par an, en réel. C’est considérable ! Parallèlement à mon collègue de Harvard, Robert Barro, j’ai montré que cette forte prime de risque ne peut s’expliquer que par la possibilité d’événements extrêmes mais improbables, comme la crise de 1929, les deux guerres mondiales, ou la crise sanitaire actuelle. Il est donc légitime qu’en période de crise, les actionnaires boivent la tasse comme c’est le cas actuellement avec des chutes boursières de 30 à 40 %. Jusqu’à présent, les marchés boursiers ont bien joué leur rôle d’absorbeur de pertes. Mais les fonds propres sont maintenant laminés. L’Etat doit prendre le relais si on veut garder nos activités économiques.

Aux yeux de l’économiste, le confinement est-il justifié ?

Il faut faire une analyse coûts/bénéfices. Réduire la production pendant deux mois de moitié, cela implique une chute du PIB de 8 % sur l’année. En y ajoutant les retards au rallumage, on tourne autour d’une perte de 300 milliards d’euros (pour un PIB de 2 400 milliards). Le bénéfice attendu du confinement, ce sont des morts évités. Combien de personnes ? Certains épidémiologistes estiment que sans confinement, 70 % de la population serait touchée, avec un taux de mortalité de 2 %. Appliqué à une population de 66 millions de personnes, cela aboutit à un million de morts au total.

Comment comparer un million de morts à 300 milliards de pertes ? Qu’on le veuille ou non, une telle question nécessite de donner une valeur à la vie humaine. On fait tous les jours des arbitrages entre pouvoir d’achat et espérance de vie, en entretenant notre voiture ou en se soignant. Nos comportements révèlent donc cette valeur, que les études économiques situent autour de 3 millions d’euros pour une vie entière en bonne santé, chiffre établi en 2013 par les services de l’Etat sous la direction d’Emile Quinet. C’est cette valeur qui a poussé l’Etat à réduire la vitesse à 80 km/h sur nos routes malgré son coût en termes de perte de temps. Un million de vies perdues en l’absence de confinement correspond à 300 000 vies entières, et donc à 900 milliards d’euros. Comparés aux 300 milliards de coût économique du confinement, ces estimations confirment l’utilité sociale du confinement.

Je suis un peu surpris que le président de République, qui a été très martial, n’ait pas parlé d’économie de guerre. C’est une priorité absolue

Comment sort-on du confinement ?

Là encore, on emprunte la même démarche, coûts/bénéfices. Si vous libérez une personne sans dépistage du virus, vous engendrez un risque de mortalité supplémentaire que les épidémiologistes peuvent mesurer et que les économistes peuvent traduire en un coût équivalent monétaire. Vous pouvez alors comparer celui-ci avec la création de valeur engendrée par sa remise au travail. Il faut procéder par type de profession. Si on pouvait dépister systématiquement, le calcul serait très favorable à un déconfinement plus précoce, en remettant au travail toutes les personnes indemnes. Il faut donc pousser au maximum la production de tests.

Mais nous sommes face à une pénurie de tests, comment faire ?

En décembre 1942, Roosevelt déclare la guerre à l’Allemagne et au Japon, et en quelques mois, il transforme l’économie américaine en économie de guerre. Les usines de voitures se mettent à fabriquer des avions. Je suis un peu surpris que le président de République, qui a été très martial, n’ait pas parlé d’économie de guerre. C’est une priorité absolue, il faut que l’Etat mobilise l’ensemble des acteurs économiques capables de produire de manière massive des tests de dépistage pour redémarrer le plus rapidement l’économie sans risquer une deuxième vague d’infection.

Faut-il développer le traçage de la population ?

Si l’on déconfine sans disposer de tests à grande échelle, il est crucial de pouvoir déterminer les contacts d’une personne infectée. Les techniques liées à l’utilisation des téléphones portables permettent de récupérer ces données. Cela pose des questions éthiques, notamment pour la défense de la vie privée. Mais le bénéfice social est immense. Je comprends que la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés] peut avoir des difficultés à mener des analyses économiques sur les conséquences de ses décisions. Néanmoins, il serait malvenu ici de ne pas faire le calcul coût/bénéfices, à condition de savoir évaluer le coût des atteintes à la vie privée. Nous devons avoir un débat public sur nos valeurs, entre vie humaine et vie privée.

Peut-on reprocher aux pouvoirs publics de ne pas avoir anticipé la crise, notamment en matière de moyens de réanimation ?

Je trouve que la critique consistant à dire : « Nous n’avons pas assez de respirateurs » est injustifiée. L’argent public est rare, et les besoins immenses. Chaque euro public dépensé doit créer un maximum de valeur sociale. Il faut calculer la valeur d’un lit d’urgence supplémentaire en tenant compte de la probabilité que ce lit ne soit pas utilisé. Compte tenu de la faible fréquence des crises sanitaires, il n’est pas anormal que la limite de capacité soit atteinte dans les événements extrêmes. C’est vrai en santé comme pour les services d’incendie ou de déneigement, par exemple. De même, il est facile de critiquer a posteriori, ces commandes massives de vaccins et masques durant la crise du H1N1. Ils auraient été utiles si la crise s’était développée en intensité.

Ce sont deux situations inverses et vous dites à chaque fois qu’il est difficile de critiquer les politiques. N’est-ce pas les exonérer de toute responsabilité ?

Absolument pas. L’évaluation des politiques publiques est capable de tenir compte de ces incertitudes. On peut déterminer une politique optimale de capacité d’urgence scientifiquement fondée.

Que nous apprend cette crise sur nous-mêmes ?

Les Etats, la France en particulier, confrontés à un risque majeur, sont capables de se mobiliser, de transformer en quelques instants notre façon de vivre ensemble. C’est à comparer à un autre risque majeur, le changement climatique, de pareille ampleur, mais plus étalé dans le temps. Pourquoi ne pas faire pour l’environnement ce que nous faisons contre le virus ?

Peut-être que le sentiment d’urgence n’est pas le même ?

Il est vrai que les efforts ne feraient sentir leurs fruits que dans vingt ou quarante ans. C’est la tragédie des horizons, qui fait que nous n’avons rien fait pour le climat depuis trente ans.

Coronavirus :  » Une urgence: soutenir le pouvoir d’achat des ménages » Christophe Blot (OFCE)

Coronavirus :  » Une urgence: soutenir le pouvoir d’achat des ménages » Christophe Blot (OFCE)

L ‘économiste Christophe Blot (OFCE) estime dans une interview à la tribune que « le choc actuel sera probablement très fort compte tenu des mesures qui sont prises »

 

Quel regard portez-vous sur les mesures annoncées par Christine Lagarde jeudi dernier pour faire face à la crise du coronavirus ?

Les mesures n’ont pas apaisé la crise et l’inquiétude des marchés. Il faut néanmoins tenir compte du contexte dans lequel cette crise intervient en matière de politique monétaire européenne. La BCE a engagé une politique de taux très bas. Le taux principal de refinancement est à zéro depuis 2016 et le taux de facilité de dépôt est déjà négatif. Il y a également des politiques d’achats d’actifs avec des programmes de soutien à l’activité. La politique monétaire est déjà très expansionniste. Dans ce contexte, les marges de manœuvre étaient limitées. La BCE pouvait baisser les taux mais cette baisse aurait eu surtout un effet de signal.

Il y a quand même eu des mesures annoncées de refinancement aux banques en contrepartie des crédits qu’elles vont accorder aux entreprises. Il y a un biais par lequel la banque centrale peut soutenir l’activité de crédit bancaire afin de ne pas pénaliser les entreprises de plus petite taille. Certaines mesures signifient que les banques doivent soutenir l’activité des entreprises pour leur éviter des problèmes de trésorerie. Sur le volet des achats d’actifs, il y a eu également des annonces. Jusqu’à maintenant, la BCE achetait 20 milliards d’euros de titres par mois pour une durée indéterminée. Là, elle a annoncé qu’elle allait racheter 120 milliards sur l’année en se focalisant sur les marchés d’entreprises.

 

Pourquoi les mesures annoncées par Christine Lagarde ont-elles provoqué des déceptions ?

Ce qui a pu provoquer des déceptions est l’absence de mesures relatives aux écarts de taux sur la zone euro. Avant la réunion du 12 mars, le taux italien commençait à remonter et le taux allemand commençait à baisser. Sur les marchés, les investisseurs qui souhaitaient garder des liquidités en euros se désengageaient de la dette italienne pour acheter de la dette allemande. Ce comportement peut se comprendre par le fait que l’Italie est le premier pays de la zone euro à prendre des mesures de confinement. La péninsule devrait donc être le premier pays à subir les conséquences macroéconomiques du coronavirus. L’Italie est un pays dans lequel la dette publique est déjà élevée. Cette situation devrait se traduire par une augmentation de dette italienne. Cette pression-là n’est pas du tout liée aux mesures budgétaires. Elle est liée au fait que l’activité va fortement se contracter au moins à court terme. Cet effondrement devrait avoir une incidence sur la dette. Le gouvernement italien va mettre en place un certain nombre de mesures de soutien à l’activité qui vont contribuer à faire croître la dette publique. Les marchés se disent que les risques sur la dette italienne vont s’accroître. Sur ce point, la BCE aurait pu annoncer une mesure pour que les écarts de taux dans la zone euro restent contenus à un certain niveau. Autrement, si le gouvernement adopte un plan de relance, ces effets peuvent être annihilés par une possible remontée des taux.

En revanche, Christine Lagarde a eu raison de rappeler que la politique monétaire ne peut pas tout faire mais une décision sur les écarts de taux aurait permis une coordination implicite de la politique monétaire et des politiques budgétaires. Elle a appelé les gouvernements à prendre leur responsabilité de coordination à l’échelle européenne. Il faut rappeler qu’il y a beaucoup d’autres annonces qui ont perturbé les marchés comme les annonces de Trump sur la fermeture des frontières américaines pour les Européens par exemple.

Existe-il un risque pour le secteur bancaire en Europe ?

Sur l’ensemble de la zone euro, la profitabilité des banques n’était pas dégradée avant la crise du coronavirus. Les banques ont bénéficié d’un certain nombre de mesures de la Banque centrale européenne qui leur permettent d’avoir des refinancements à très bas coût. Globalement, la situation s’est améliorée depuis la crise financière de 2008. Pour l’Italie, les créances douteuses avaient tendance à diminuer mais il est possible que certains établissements bancaires italiens soient encore dans une situation fragile. Un nouveau choc macroéconomique peut accentuer cette fragilité là. Un certain nombre d’entreprises qui ont une faible rentabilité et un haut niveau d’endettement pourraient subir les dégâts de cette crise.

Comment évaluez-vous l’ampleur de ce choc ?

Le choc actuel sera probablement très fort compte tenu des mesures qui sont prises. Ce choc, lié aux mesures de confinement, d’arrêt de l’activité, pourrait être limité dans le temps. À l’heure actuelle, il est difficile de se prononcer sur la durée de la crise. Cette crise n’est pas comparable à une crise financière. La crise financière va laisser des dégâts importants dans le système financier. Elle va provoquer par la suite un désendettement des agents. Après la crise de 2008 aux Etats-Unis, les ménages se sont fortement désendettés. Cela a pesé sur la consommation. Les banques ont réduit les crédits, compensant ainsi les prises de risque excessives précédentes. Aujourd’hui, la situation n’est pas la même. Ce n’est pas une crise financière. C’est une crise sanitaire qui a des effets économiques.

Une fois que la crise sanitaire s’estompe, le retour à une activité économique devrait se faire plus rapidement que lors d’une crise financière. Certains secteurs vont être plus touchés que d’autres comme le tourisme par exemple. L’effet sur le long terme de la crise du coronavirus devrait être moins fort que celui d’une crise financière. Sur ce point, les mesures temporaires vont permettre de faire du soutien aux revenus des ménages par des mesures de chômage partiel, de garanties de droits au chômage assouplies, des mesures de soutien pour la trésorerie des entreprises qui devraient permettre d’atténuer les liquidations et les faillites et donc éviter in fine de fragiliser le système bancaire.

La Commission européenne a annoncé récemment la mise en place d’un fonds d’investissement en réponse à l’épidémie allant jusqu’à 25 milliards d’euros. Est-ce suffisant ?

Les moyens dont disposent l’Europe en tant qu’institution sont actuellement limités. Le budget européen est très restreint. Il dépend de la contribution des Etats et il s’élève à environ un point de PIB de la zone euro. Ce n’est pas le levier principal par lequel l’Europe peut agir. L’enveloppe de 25 milliards d’euros peut sembler ridicule. Le Royaume-Uni a par exemple annoncé un plan de 30 milliards de livres. En l’absence de budget européen, il ne faut pas s’attendre à de fortes mesures de soutien de l’économie de la part de la Commission au vu de ses moyens. Il reste que la Commission peut jouer un rôle dans sa capacité à inciter les pays Etats membres à prendre les mesures nécessaires. Dit autrement, la Commission doit faire en sorte que les pays agissent de façon coordonnée.

Le deuxième levier est l’assouplissement des règles budgétaires en vigueur pour permettre aux pays d’avoir des actions suffisantes. Le soutien budgétaire viendra principalement des pays européens. Les décisions seront d’abord prises par la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… pour faire face à la crise. Si ces pays sont contraints par les règles budgétaires, ils vont voir leurs marges de manœuvre réduites. Il semble logique de dire que les règles budgétaires ne doivent pas être la priorité. Dans les règles, il y a néanmoins des clauses de sortie prévues qui prévoient un assouplissement des règles en cas de récession. L’un des dangers sera d’éviter de reproduire l’erreur commise en 2011 en demandant aux Etats Membres de respecter les règles alors même que la situation économique n’était pas encore rétablie. Il faut faire en sorte de ne pas casser le rebond au moment de la sortie de crise.

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé lors de son allocution que l’ensemble des gouvernements européens devait prendre les décisions de soutien de l’activité puis de relance quoi qu’il en coûte ». Quel regard portez vous sur cette position ?

Pour l’instant, il n’y a pas eu de mesures coordonnées. Chaque pays prend des mesures de façon indépendante. Comme le levier n’est pas européen, ce sont les Etats membres qui définissent leur programme de relance et le montant de ces programmes. Il faut éviter des phénomènes de « passager clandestin ». Au regard des situations en Italie, en Espagne ou en Allemagne, il est probable que ces pays mettent en place des mesures de relance similaires mais peut-être pas avec la même ampleur.

Quelles sont les mesures prioritaires à mettre en place pour éviter le marasme économique ?

À court terme, il faut absolument soutenir la trésorerie des entreprises en priorité et mettre en place des mesures de soutien au pouvoir d’achat des ménages par des dispositifs de chômage partiel. Il faut également garantir l’accès aux allocations chômage pour les individus qui n’arrivent pas à retrouver rapidement un emploi. Il peut y avoir des mécanismes de soutien à l’emploi. Il faut s’assurer également que le système de santé est capable de tenir le choc. Il faut lui donner tous les moyens nécessaires pour face à la crise sanitaire. À moyen terme, il faut absolument avoir une réflexion sur les moyens alloués à la recherche sur ce type de risque et les vaccins.

 

Coronavirus: une urgence internationale bien lente et bien tardive de l’OMS

Coronavirus:  une urgence internationale bien lente et bien tardive de l’OMS

 

L’OMS a évidemment tardé à déclarer une urgence internationale en raison des pressions économiques notamment de la Chine mais aussi des États-Unis dont les économies sont très imbriquées. De plus cette déclaration  n’est pas forcément très contraignant , il incite  surtout à la coopération entre les Etats pour lutter contre l’épidémie. Pour  l’OMS il  ne s’agit pas d’interdire ou de contraindre  les échanges de biens et de personnes. Alors que c’est sans doute la seule mesure très efficace qui pourrait permettre de confiner la maladie où elle se développe essentiellement et de manière incontrôlable à savoir la Chine. Le problème évidemment c’est que l’économie mondiale connaît déjà une croissance très faiblarde et celle de la Chine en particulier qui doit  en plus affronter à une énorme crise de financement. Pour le dire plus clairement, l’OMS comme d’autres organisations internationales subit les pressions du monde du business. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a donc  annoncé cette décision à l’issue d’une réunion à Genève du comité d’urgence de l’organisation.

Avec désormais plus de 8.100 personnes contaminées et 170 morts, l’épidémie de coronavirus née à Wuhan ne faiblit pas et se répand hors de Chine. Des cas de transmission entre humains sont même apparus en dehors de Chine, y compris aux Etats-Unis. Tedros a déclaré au cours d’une conférence de presse qu’une épidémie sans précédent s’était développée ces dernières semaines et qu’elle avait suscité une réaction elle aussi sans précédent. “Laissez moi le dire clairement, cette déclaration n’est pas un vote de défiance envers la Chine”, a-t-il dit.

“Notre principale inquiétude est la possibilité que le virus se répande dans des pays disposant de systèmes de santé plus faibles”, a poursuivi le directeur général de l’OMS.

Témoin de la mollesse de l’OMS cette précision à propos de la mobilité : La déclaration d’urgence internationale s’accompagne de recommandations à tous les pays destinées à empêcher ou limiter la propagation transfrontalière d’une maladie, tout en évitant les perturbations inutiles pour les déplacements et les échanges commerciaux.

Traduction:  ne pas trop perturber le monde des affaires !

 

OMS-coronavirus: une urgence internationale bien lente et bien tardive

OMS-coronavirus:  une urgence internationale bien lente et bien tardive

 

L’OMS a évidemment tardé à déclarer une urgence internationale en raison des pressions économiques notamment de la Chine mais aussi des États-Unis dont les économies sont très imbriquées. De plus cette déclaration  n’est pas forcément très contraignant , il incite  surtout à la coopération entre les Etats pour lutter contre l’épidémie. Pour  l’OMS il  ne s’agit pas d’interdire ou de contraindre  les échanges de biens et de personnes. Alors que c’est sans doute la seule mesure très efficace qui pourrait permettre de confiner la maladie où elle se développe essentiellement et de manière incontrôlable à savoir la Chine. Le problème évidemment c’est que l’économie mondiale connaît déjà une croissance très faiblarde et celle de la Chine en particulier qui doit  en plus affronter à une énorme crise de financement. Pour le dire plus clairement, l’OMS comme d’autres organisations internationales subit les pressions du monde du business. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a donc  annoncé cette décision à l’issue d’une réunion à Genève du comité d’urgence de l’organisation.

Avec désormais plus de 8.100 personnes contaminées et 170 morts, l’épidémie de coronavirus née à Wuhan ne faiblit pas et se répand hors de Chine. Des cas de transmission entre humains sont même apparus en dehors de Chine, y compris aux Etats-Unis. Tedros a déclaré au cours d’une conférence de presse qu’une épidémie sans précédent s’était développée ces dernières semaines et qu’elle avait suscité une réaction elle aussi sans précédent. “Laissez moi le dire clairement, cette déclaration n’est pas un vote de défiance envers la Chine”, a-t-il dit.

“Notre principale inquiétude est la possibilité que le virus se répande dans des pays disposant de systèmes de santé plus faibles”, a poursuivi le directeur général de l’OMS.

Témoin de la mollesse de l’OMS cette précision à propos de la mobilité : La déclaration d’urgence internationale s’accompagne de recommandations à tous les pays destinées à empêcher ou limiter la propagation transfrontalière d’une maladie, tout en évitant les perturbations inutiles pour les déplacements et les échanges commerciaux.

Traduction:  ne pas trop perturber le monde des affaires !

Retraites: « Aucune urgence à prendre des mesures d’économie » (Hervé Le Bras )

Retraites: « Aucune urgence à prendre des mesures d’économie » (Hervé Le Bras )

Hervé Le Bras, Démographe, spécialiste des migrations, chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED) et historien à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) estime, que l’équilibre du système n’exige pas de mesures financières importantes, telles que l’instauration d’un âge pivot.(tribune au Monde, extraits).

«  A l’unisson, les membres du gouvernement, Edouard Philippe en tête, clament que notre système de retraite est au bord du gouffre et que l’instauration d’un âge pivot est une mesure incontournable pour le sauver. Ils brandissent à cet effet le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR). Or la lecture du rapport ne donne pas l’impression d’une urgence absolue. Dès son premier graphique, le COR montre que les dépenses du système de retraite, qui dépassaient encore 14 % du PIB en 2016, sont passées au-dessous (13,7 % en 2018). Quelle que soit la croissance économique, atone ou vigoureuse, elles ne dépasseront pas 14 %, à l’horizon de la projection en 2030.

Ensuite, les graphiques du rapport du COR estiment le solde du système selon trois hypothèses. Dans le cas le plus souhaitable où l’Etat maintiendrait ses interventions financières au taux actuel, le déficit en 2023 ne serait que de 0,2 % du PIB, deux millièmes autrement dit, ou 5 milliards d’euros. Quand on a vu l’Etat lâcher 17 milliards pour calmer la révolte des « gilets jaunes », il ne semble pas qu’un déficit de 5 milliards soit insurmontable et qu’il ne puisse pas être résorbé par des mesures paramétriques relativement modestes, en réunissant vers 2022 les partenaires sociaux pour en décider à court terme, en connaissance de cause.

Le déficit prévu s’explique par le retrait de l’Etat et non par des raisons économiques ou démographiques

Dans les deux autres hypothèses du COR, le déficit est plus élevé car l’intervention de l’Etat se réduit. Les motifs de la réduction sont nombreux et complexes. Les cotisations représentent 80 % des ressources, mais les 20 % restants dépendent de nombreux dispositifs d’Etat : compensation des exonérations sur les bas salaires, subventions aux régimes spéciaux en raison d’une pyramide d’âge défavorable, compensations du chômage et des prestations familiales, etc. Or ces deux hypothèses défavorables du COR supposent une baisse importante des subventions, de 25 % de leur montant pour l’une, de 12 % pour l’autre, à l’horizon 2030, notamment à cause des mesures prises en faveur des « gilets jaunes ».

Dans sa conclusion, le COR reconnaît (p. 59) que « le déficit n’est pas lié à l’évolution des dépenses de retraite dont la part dans le PIB reste constante. Il s’explique par la diminution des ressources du système de retraite. Cette baisse s’explique elle-même pour l’essentiel par une diminution, en pourcentage du PIB, de la contribution de diverses entités publiques (Etat, administrations publiques locales, CNAF, Unedic) ». Dit de manière plus directe, le déficit prévu s’explique par le retrait de l’Etat et non par des raisons économiques ou démographiques. L’âge pivot a donc pour but de compenser le retrait de l’Etat alors que si celui-ci maintenait sa contribution, comme le suppose la première hypothèse du COR, le déficit resterait minime. »

L’urgence climatique et environnementale « décrétée » par le Parlement européen

L’urgence climatique et environnementale « décrétée »  par le Parlement européen

 

Un vote symbolique du parlement européen décrétant l’urgence écologique mais un vote important pour maintenir la pression dans les différentes négociations qui mettent notamment en cause l’environnement. Un vote qui vise en particulier à influencer les orientations de la nouvelle commission européenne récemment élue. Un vote qui prend sans doute en compte l’illusion de l’accord de Paris. En effet,  selon le  rapport du Programme des Nations unies pour l’Environnement (Unep) publié ce mercredi. , on ne s’orientas vers un limitation à  2  mais plutôt 3 degrés.

En cause la dépendance aux énergie fossiles qu’il faudrait diviser par deux pour respecter un accord de Paris tout à fait théorique et inefficace. un accord qui ne comportait aucune contrainte, aucun contrôle et aucune sanction. Bref, surtout un accord pour valoriser la posture diplomatique de la France ( notamment celle de Ségolène, de Fabius puis de Macron) mais qui ne gênait et n’engageait personne;  pas même  la France qui ne respecte pas ses quotas d’émissions polluantes.

« Ce rapport montre, pour la première fois, l’ampleur de la déconnexion entre les objectifs de l’Accord de Paris, les plans nationaux (de réduction d’émissions) et les politiques de production de charbon, de pétrole et de gaz », indique Michael Lazarus, l’un des principaux auteurs.

Les énergies fossiles représentent toujours 80% de l’énergie primaire mondiale, tandis que les acteurs du secteur continuent à investir massivement. Elles contribuent à 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, qui ne baissent pas.

« Malgré plus de deux décennies de politique climatique, les niveaux de production d’énergies fossiles n’ont jamais été aussi élevés », relève Mans Nilsson, directeur du Stockholm environment institute, l’un des auteurs du rapport.

A Paris en 2015, les pays se sont engagés à appliquer des plans de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, mais leurs promesses cumulées conduiraient la planète vers une hausse de plus de 3°C.

Aussi, l’accord prévoit qu’ils rehaussent leurs ambitions d’ici fin 2020.

Mais, selon le rapport, les prévisions de production de charbon, de gaz et de pétrole pour 2030 sont également excessives pour remplir les engagements nationaux de 2015: 17% de charbon, 10% de pétrole et 5% de gaz en trop.

Les scientifiques se sont appuyés sur les projections nationales de 10 pays clés: les sept principaux producteurs d’énergies fossiles (Chine, États-Unis, Russie, Inde, Australie, Indonésie et Canada) ainsi que sur l’Allemagne, la Norvège et le Royaume-Uni.%.

Réchauffement climatique : urgence ! (FMI)

Réchauffement climatique : urgence ! (FMI)

 

On peut se réjouir que le FMI surtout préoccupé d’ordinaire des questions économiques et financières prenne maintenant en compte la problématique du climat. Pour autant, en profiter pour vendre l’idée de la taxe carbone constitue une hérésie environnementale et écologique. Ce ne sont pas les taxes qui modifient l’usage des véhicules utilisant du carburant pétrolier mais la technologie, et l’offre alternatif (même chose pour le chauffage). La taxe carbone est une taxe comme les autres, elle ne fait qu’affecter le pouvoir d’achat et la compétitivité. Pour preuve la France est le pays qui taxe le plus les produits du pétrole et pourtant n’atteint pas les résultats prévus en matière d’émissions qui provoque la hausse du climat. Le FMI, comme les écolos, comme les économistes veulent gérer par les taxes et le marché une question qui relève surtout de la technologie et de la régulation. Bref, le FMI reprend bêtement les discours à la mode.  Le réchauffement climatique provoque des dégâts majeurs sur l’économie mondiale et l’environnement, déclare jeudi le Fonds monétaire international (FMI), qui ajoute que la manière la plus efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre serait  de mettre en place une taxe sur le carbone.

Soulignant qu’une action politique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre est une “urgence”, le FMI ajoute qu’il est également indispensable d’améliorer la coordination au niveau mondial.

“Le réchauffement climatique provoque des dégâts majeurs sur l’économie mondiale et la nature et engendre des risques de conséquences catastrophiques et irréversibles”, écrit le Fonds dans un rapport publié en vue de sa “réunion d’automne” des dirigeants politiques et acteurs de la finance.

L’accord de Paris sur le climat signé en 2015, rappelle le FMI, visait à limiter la progression des températures d’ici la fin du siècle “bien en dessous de 2°C” par rapport au niveau préindustriel.

Sur la base des engagements actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la trajectoire est plutôt de l’ordre d’une élévation de 3°C, dit le FMI. D’autant que de nombreux pays ne tiendront pas leurs propres engagements et que les Etats-Unis ont annoncé leur volonté de se retirer de l’accord de Paris.

“La mise en œuvre des engagements existants est par conséquent une première priorité, mais des mécanismes pour renforcer l’action à un niveau global est vraiment nécessaire”, écrit le FMI.

Taxer le carbone à hauteur de 75 dollars la tonne aurait l’impact le plus fort sur une réduction

Réforme de la Constitution : une urgence surtout électorale

Réforme de la Constitution : une urgence surtout électorale

Le projet de réforme de la constitution a surtout une visée électorale. D’abord, il s’agit de satisfaire les revendications populistes en diminuant d’un quart  le nombre de parlementaires. Ensuite, on  en profitera pour donner un bon coup de peinture verte à cette constitution en affirmant l’importance de l’environnement et de la biodiversité. Autant de mesures qui ne mangent pas de pain mais qui seront sans grands effets sur la démocratie et sur les orientations de la politique écologique. En fait, face  aux doutes et à la contestation de 65 à 70 % des citoyens vis-à-vis de la politique de Macron, on a surtout cherché des révolutions constitutionnelles susceptibles d’être largement approuvées. Pour la forme, on a aussi introduit une évolution concernant le référendum. Son champ sera étendu mais il sera encore davantage cadenassé, de sorte qu’il  sera pratiquement impossible à utiliser. Évidemment il y a bien d’autres urgences que celle de la réforme de la constitution mais la seule préoccupation du gouvernement et de Macron est d’obtenir coûte que coûte un fort  pourcentage d’adhésion quelque soit en la question posée.

L’écologie devrait intégrer le premier article. « (La République française) agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques», devrait mentionner la loi fondamentale.

Le champ du référendum devrait être élargi aux «réformes relatives aux questions de société»,

le nouveau RIP sera toutefois plus encadré: il ne pourra pas viser l’abrogation d’une disposition promulguée «depuis moins de trois ans», ni d’«une disposition en cours de discussion au Parlement». Sur la forme, le RIP doit intégrer un titre à part entière de la Constitution, consacré à la «participation citoyenne».

Le CESE devrait devenir le Conseil de la participation citoyenne (CPC).

Espèces menacées : urgence

 En mai dernier, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a rendu un rapport alarmant sur l’effondrement de la nature. D’après conservation et nature, 16 119 espèces sont menacées d’extinction dont 7725 animaux et 8393 plantes. Ces chiffres sont toutefois très certainement sous estimés car seulement 3 % de la biodiversité connue est estimée. De plus, la biodiversité connue est certainement huit fois moins importante que la biodiversité existante. 

Dans la plupart des groupes, le pourcentage d’espèces menacées varie entre 12 et 52% :
– 12 % des oiseaux sont menacés
– 23 % des mammifères sont menacés
– 32 % des amphibiens sont menacés
– 42 % des tortues sont menacées
– 25 % des conifères sont menacés
– 52 % des cycadales sont menacés

La planète perd chaque année entre 10 000 et 40 000 espèces. Le nombre total d’espèces éteintes a atteint l’an dernier le chiffre de 785 et 65 autres n’existent qu’en captivité ou en culture. 

99 % des espèces menacées d’extinction sont menacées par les activités humaines. En effet, l’homme est la principale cause d’extinction des espèces.

La perte d’habitat et la dégradation sont les principales menaces. Elles touchent 86 % des espèces d’oiseaux menacées, 86 % des mammifères menacés et 88 % des amphibiens menacés.

L’introduction d’espèces exotiques représente la seconde menace. Cela inclue par exemple l’introduction de rats, de chats, …

La surexploitation des ressources, les pollutions et le changement climatique représentent également des menaces majeures pour les espèces.

Mammifères : 33 % sont menacés par la surexploitation (Sur le total de 188 espèces de mammifères qui sont en « danger critique d’extinction », dernier stade avant l’extinction de l’espèce, se trouvent notamment les quelques 84 à 143 adultes du lynx ibérique.)

Oiseaux : 30 % sont menacés par la surexploitation et les espèces exotiques envahissantes. Le pourcentage d’espèces menacées par les invasions biologiques passe à 67 % en milieu insulaire.

Amphibiens : 29 % sont menacés par les pollutions et 17 % par les maladies. Les interactions entre les maladies et les phénomènes climatiques extrêmes (sécheresse) est la principale hypothèse de la baisse généralisée des amphibiens.

Espèces marines : elles sont menacées par la surexploitation et la perte d’habitats. La mortalité accidentelle par la pèche représente une menace croissante qui touche les oiseaux, les mammifères marins, les tortues et d’autres espèces marines. Ainsi, les prises accessoires par la pèche menace 83 espèces d’oiseaux.

Espèces d’eau douce : elles sont le plus menacées par la perte d’habitats, les pollutions et les espèces envahissantes.

La plus grande concentration d’espèces menacées est située dans les tropiques, en particulier sur les montagnes et les îles.

Bien que la majorité des extinctions depuis 1500 ans ait eu lieu sur les îles océaniques, au cours des vingt dernières années, environ la moitié des extinctions se sont produites sur les continents.

L’Amérique du Centrale et du Sud, l’Afrique au Sud su Sahara, et au Sud et Sud-Est de l’Asie. En effet, ce sont les continents qui contiennent les forêts de feuillues des régions tropicales et subtropicales que l’on soupçonne d’accueillir la majorité de la biodiversité terrestre.

L’Australie, le Brésil, la Chine, l’Indonésie et le Mexique ont à la fois un grand nombre d’espèces menacées et un fort taux d’espèces endémiques menacées.

Les mammifères marins menacés sont concentrés dans le nord de l’Océan Pacifique.

Le nombre d’espèces menacées est en hausse dans presque tous les grands groupes taxonomiques.

Depuis 1994, le nombre d’oiseaux menacé d’extinction a augmenté de 12%.

Les indices de la liste rouge pour les oiseaux et les amphibiens montrent que le statut de ces deux groupes n’a cessé de s’aggraver au cours des trente dernières années.

 

. Les 182 pays signataires de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), mise en place en 1975, se réunissent pour deux semaines à partir de samedi à Genève pour leur grande conférence triennale, la 18e du nom. Notons que cette réunion se limite cependant à réguler le commerce d’espèces vivantes et non à aborder la totalité de la problématique de la biodiversité.

Urgence : sauver notre industrie (Franck Gayraud)

Urgence : sauver notre industrie, (Franck Gayraud)

Il y a une urgence d’action pour le sauvetage de l’industrie française pour  Franck Gayraud, co-fondateur et président d’Arcure (interview la Tribune)

 

« La séduction semble être au cœur de la politique industrielle française : Usine Extraordinaire, French Fab Tour, Semaine de l’Industrie… En quelques mois, la France a fait feu de tout bois « pour renforcer l’attractivité du secteur, précisément auprès des jeunes, et promouvoir aussi la mixité des métiers et la place des femmes dans les différentes filières ». A coup sûr, ces initiatives au croisement du symbole et de la communication vont contribuer à redorer l’image de l’industrie en la débarrassant de ses lieux communs. Une demi-victoire en somme – voire une facilité – car la priorité est ailleurs.

De Ford Blanquefort aux Fonderies du Poitou, en passant par Ascoval, les nuages n’ont cessé de s’amonceler au-dessus de nos fabriques, donnant du crédit au dernier rapport de la Direction Générale des Entreprises sur le poids économique de l’industrie nationale. Entre 2000 et 2016, la part de l’industrie dans le PIB domestique est passé de 16,5% à 12,5%. Des chiffres corroborés par la Banque Mondiale : l’an dernier l’institution financière internationale révélait qu’entre 1960 et 2017, la valeur ajoutée de l’industrie dans l’économie française est passée de 29,8% à 17,3%. Certes, l’Insee a indiqué en début d’année, que la production industrielle française a augmenté de 1,3% en janvier. Toutefois, cette bonne nouvelle conjoncturelle ne saurait cacher l’état profond du secteur.

Ces chiffres ne seraient pas aussi inquiétants si les principaux concurrents de la France n’affichaient pas, eux, une forme enviable. Par exemple, toujours selon la Banque mondiale, la valeur ajoutée de l’industrie dans l’économie atteint 27,6 % en Allemagne et culmine à 40,4% en Chine ! Evidemment, dans chacun de ces pays, l’industrie a connu des périodes de reflux. Mais ils sont parvenus à un taux d’industrialisation conséquent grâce à une approche méthodique : identifier un objectif et offrir une perspective au pays, mettre en place des initiatives précises pour atteindre ledit objectif et médiatiser les résultats obtenus, y compris au-delà de ses frontières. C’est notamment la démarche suivie par l’Allemagne avec l’Industrie 4.0, un projet national initialement élaboré en réponse à la chute de production du pays au lendemain de la crise de 2009. Profondément universel, ce dessein a, par la suite, été embrassé à l’étranger. Et la France dans tout ça ?

En 2013, François Hollande lança « La Nouvelle France Industrielle », un projet sensé « porter la France au premier rang de la compétition mondiale en écrivant une nouvelle page de son récit industriel ». Six ans plus tard, ce projet apparaît comme un slogan sans lendemain. A son arrivée à Matignon, au-delà de la continuation des dispositifs symboliques évoqués plus haut, le gouvernement d’Edouard Philippe a imaginé les « Territoires d’Industrie », une initiative dont « l’ambition est d’accélérer le développement des territoires à forts enjeux industriels ». Mais comme l’expliquait récemment Benjamin Coriat, économiste membre de l’organisation Initiative for Policy Dialogue de New York, dirigée par le prix Nobel Joseph Stiglitz, « 1,34 milliard d’euros, c’est dérisoire pour 124 territoires (…) Redonner la main aux territoires, c’est bien, à condition que les dotations soient suffisantes. Cette initiative s’inscrit dans une vision d’avenir extrêmement faible ».

En mandarin, le mot « crise » est composé de deux caractères. Le premier signifie danger, le second est traduit par opportunité ou chance. C’est ce regard que nous devons porter sur notre industrie. Cette crise industrielle, souvent évoqué par euphémismes, est l’occasion d’un nouveau départ fiscal et éducatif, les deux maux profonds de notre industrie. Pour être dynamique, le secteur a besoin d’investissements. Evidemment, l’Etat ne peut pas tout financer. Mais il peut libérer l’investissement en adaptant la fiscalité. Concrètement : déduire l’investissement dans les PME et relever le plafond du PEA-PME afin que les baby-boomers qui ont massivement investi dans l’immobilier puissent le faire, dans les actions privées, avec la même facilité et le même élan.

Récemment, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, rappelait que 50.000 offres d’emploi dans ce secteur sont à pourvoir. Or, la plupart des industriels pourront en témoigner, ce ne sont pas les candidatures qui manquent mais les compétences : trop souvent les candidats reçus en entretien font état de lacunes sérieuses dans les savoirs fondamentaux. En réponse à ces limites, renforçons les relations entre l’entreprise et les élèves. Pourquoi attendre la classe de troisième pour que celui-ci la découvre ? La relation avec l’entreprise doit jalonner la scolarité de l’élève dans l’enseignement secondaire. Une relation protéiforme matérialisée par un stage annuel dont la durée croitrait progressivement, des moments éducatifs dédiés, sous la forme de cours ressemblant à ceux d’éducation civique voire des ateliers dirigés par des professionnels de l’industrie. Ces dispositifs ne viseraient pas à transformer les élèves en mini-salariés, mais plutôt à les aider à identifier et acquérir, le plus tôt possible, les compétences nécessaires à l’exercice de ces métiers.

La Chine n’est pas devenue une nation industrielle en organisant l’Usine Extraordinaire mais plutôt en levant les barrières aux IDE et en donnant à son peuple les outils pédagogiques adaptés. Ne nous trompons pas d’objectifs : levons le pied sur la communication et agissons concrètement car il n’y a pas de leadership économique sans industrie puissante. »

 

Urgence dépendance Dépendance: comment trouver de nouveaux financements

Urgence dépendance Dépendance: comment trouver de nouveaux financements

 

 

 

 

D’après le rapport de Dominique Libault remis jeudi au gouvernement, le nombre de personnes dépendantes devrait pratiquement doubler d’ici 2050. En outre, il y a une chance de trouver de nouveaux moyens financiers d’ici 2030, c’est-à-dire autour de 10 milliards L’effort financier passerait à 1,6% du PIB pour la dépense publique liée au grand âge en 2030, contre 1,2% en 2018. La première solution proposée parmi les 175 consiste à renforcer l’accompagnement à domicile ce qui suppose évidemment une revalorisation des conditions sociales des aidants et intervenants extérieurs comme les assistants de vie. On propose aussi d’augmenter les effectifs des EHPAD de 25 %. Des EHPAD qui aujourd’hui accueillent le nombre le plus important de plus de 85 ans en Europe (21 %). Des EHPAD qui seront aussi modernisés. La situation est critique: 63% des Ehpad disent avoir au moins un poste non pourvu depuis 6 mois ou plus. Le rapport propose de mieux former les personnels, de revaloriser les salaires, de développer l’apprentissage dans le secteur. Il préconise d’augmenter progressivement de 25% le taux d’encadrement en Ehpad d’ici à 2024, soit 80.000 postes de plus, pour un effort chiffré à 400 millions d’euros par an d’ici 2020 et 1,2 milliard en 2024Les dépenses d’hébergement en établissement sont à la charge des familles, et le reste à payer après aides atteint 1850 euros par mois pour la moitié des résidents  Le reste à charge des familles doit être réduit grâce à une nouvelle prestation de 300 euros pour les revenus compris entre 1000 et 1600 euros, dégressive au-delà Un « bouclier autonomie » serait activé dès lorsqu’une personne reste plus de quatre ans en Ehpad en situation de perte d’autonomie (15% des résidents), ce qui représenterait un gain moyen de 740 euros par mois. L’ASH allouée par les départements serait réformée, avec des règles nationales pour les ressources et la suppression de l’obligation faite aux petits-enfants de contribuer aux frais. Pour financer cet effort, les rapporteurs excluent toute hausse de prélèvement obligatoire et l’option d’une assurance obligatoire privée, au profit de la solidarité nationale.

Une urgence : changer de ministre de l’intérieur

Une urgence : changer de ministre de l’intérieur

 

Il y a évidemment de nombreuses raisons aux violences et aux mécontentements actuels. La réponse est sans doute d’ordre social et politique. De ce point de vue, l’opinion attend avec un certain intérêt les suites possibles du grand débat mais sans se faire trop d’illusions puisque 70 % considèrent que cet exercice démocratique ne permettra pas de résoudre la crise. La question des violences mérite aussi d’être traitée même si réduire  le mouvement des gilets jaunes à cet aspect est forcément réducteur voir caricatural. Pour autant,  la politique du maintien de l’ordre est en question. Le ministre de l’intérieur Castaner porte de ce point de vue une lourde responsabilité du fait de son amateurisme, de son laxisme et de ses provocations. Le ministre de l’intérieur consacre davantage de temps aux commentaires et aux petites phrases provocatrices qu’à la gestion même des forces de l’ordre. Par exemple, quand il déclare que les manifestants sont venus pour tuer et qu’ils sont des assassins. Une phrase qui procède par amalgame qui relève davantage d’une problématique politicienne que de celle d’un homme d’État responsable. De toute évidence Castaner n’a pas le profil. L’ancien joueur de poker proche du milieu prononce »entre entre deux verres » des phrases particulièrement irresponsables. D’une certaine manière, il joue au poker en instrumentalisant les violences pour discréditer le mouvement des gilets jaunes. Des phrases inutiles et dangereuses qu’on ne peut mettre en comparaison avec des déclarations également irresponsables de certains leaders des gilets jaunes. Il est vraisemblable en tout cas possible qu’à l’issue des élections européennes, Macron soit amené à changer de Premier ministre pour tenter de créer un choc psychologique. Il lui faudra aussi penser à changer ce ministre de l’intérieur qui participe de la mise en danger de l’ordre public du fait de son incompétence et de ses provocations

Urgence nationale : Le Sénat US contre

Urgence nationale : Le Sénat US contre

Sala temps pour Trump cette fois contesté dans son propre camp au sénat qui déteint la majorité. Le fameux artifice de l’urgence nationale concernant la construction d’un mur entre les États-Unis et le Mexique va en effet être rejeté par le Sénat. Une déconvenue qui s’ajoute en outre à l’enquête lancée par les démocrates concernant les conditions douteuses de la campagne électorale de Trump. Notons aussi l’échec de l’accord avec la Corée du nord. Le président américain et le président coréen ce sont en effet quitté en désaccord sur la question du nucléaire coréen. La Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avait la première rejeté le 26 février cette mesure d’exception permettant à Donald Trump de contourner le Congrès pour débloquer des fonds, afin de financer la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique contre l’immigration clandestine.

C’est désormais au tour du Sénat, à majorité républicaine (53 sièges sur 100), de se prononcer dans les prochains jours, à une date encore non fixée. Or quatre sénateurs républicains ont déjà annoncé qu’ils voteraient avec les démocrates contre cette déclaration. Plusieurs autres se sont déclarés gênés par cette procédure exceptionnelle qui outrepasse, à leurs yeux, les pouvoirs de l’exécutif.

Urgence de réformes en France (OCDE)

Urgence de réformes en France (OCDE)

Constatant notamment que la France consacre 57 % du PIB  aux dépenses publiques, l’O CDE  peut rappelle le pays à l’ordre et considère que les réformes dans de nombreux domaines sont urgentes.  L’OCDE se joint ainsi au soutien aux réformes apporté dès le mois de juillet par le FMI, qui s’était montré très élogieux avec le programme d’Emmanuel Macron. Pour la réduire, son institution plaide pour « l’élaboration d’une stratégie à long terme pour réduire les dépenses publiques par rapport au PIB ». Cette politique contribuerait ainsi à réduire les impôts élevés qui entravent le développement économique et la croissance de l’emploi». La réduction de la dépense donnerait à la France la possibilité de « dégager une marge permettant de baisser et de simplifier les impôts », assure l’OCDE, convaincue que la fiscalité actuelle est « importante » et qu’elle « limite la capacité des entreprises à investir et à créer des emplois». Cette stratégie de long terme « devrait inclure la réduction des dépenses de retraite par rapport au PIB », souligne l’OCDE, qui constate que « l’âge effectif de départ à la retraite (est) toujours bas, même si les réformes récentes contribuent à le relever progressivement ». L’institution suggère aussi « d’abaisser l’importante masse salariale de la fonction publique », qui est « nettement supérieure à la moyenne de l’OCDE », et de « s’attaquer à l’inefficacité des dépenses publiques », notamment en poursuivant « la rationalisation des collectivités territoriales qui permettrait de réaliser des économies substantielles ».l’organisation constate aussi que « les politiques publiques d’aide au logement sont un autre domaine où la dépense publique élevée ne procure que relativement peu d’avantages ». « Les réformes du marché du travail engagées par le gouvernement sont cruciales et en ligne avec nos recommandations », s’est félicité Angel Gurria, qui a également plaidé pour une meilleure formation professionnelle afin de réduire le chômage des jeunes.

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