Archive pour le Tag 'union'

Union Zemmour – Le Pen : le mariage de la carpe et du lapin

Union  Zemmour – Le Pen : le mariage de la carpe et du lapin

Robert Ménard, champion du slalom politique ( il a commencé comme trotskiste*) a organisé le week-end dernier une rencontre entre Éric Zemmour et Marine Le Pen pour les inciter à unir leur destin. Une occasion évidemment pour Robert Ménard qui n’a pas inventé la poudre de montrer son séant aux caméras à défaut d’un système cérébral élaboré. Robert Ménard a déjà changé quatre fois de position sur le sujet. Il a d’abord considéré que la candidature de Zemmour était condamnable. Ensuite il s’est rapproché de Zemmour progressivement en fonction des progrès du polémiste dans les sondages. Maintenant il prône sinon l’amour partagé au moins l’union contrainte. Encore une proposition ridicule de Robert Ménard . On voit mal quel serait l’intérêt de ce mariage de la carpe et du lapin.

 

*Robert Ménard dabord  est proche des milieux anarchistes, puis trotskistes, et milite à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de 1973 à 1979. Il s’inscrit par la suite au Parti socialiste, qu’il rejoint via le courant du CERES, l’aile gauche du PS ; il sera délégué du CERES pour la fédération de l’Hérault au congrès de Metz (6 au 8 avril 1979). Il démissionne du PS six mois après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, se disant stupéfait par tous ceux « qui se précipitaient sur les places » ( wikipedia)

Pour Marine Le Pen, s’allier c’est renoncer définitivement à une candidature à la présidentielle et en même temps menacer son héritage du parti voire de la fortune du père. Le rassemblement national demeure en effet d’abord une affaire économique et politique familiale. Ensuite politiquement pour Marine Le Pen ce serait renoncer à tous les efforts qu’elle a entrepris depuis plusieurs années pour rendre présentable son parti. Elle a pour cela gommé nombreux d’aspérités au point d’être très proche de certains responsables des républicains.

 De son côté, Éric Zemmour n’a rien à gagner ni d’un mariage d’amour ni d’un mariage de raison. D’abord sur le fond, il est en désaccord total avec l’amortissement idéologique de Marine Le Pen. S’il devait se remarier ce serait sans doute avec Marion Maréchal, la nièce et non la tante . Sur le plan personnel, Éric Zemmour considère par ailleurs qu’en plus des faiblesses idéologiques, Marine Le Pen cumule les insuffisances intellectuelles. En clair, elle n’aura jamais la capacité de prétendre sérieusement à la magistrature suprême.

 Les deux candidats de l’extrême droite vont donc continuer leur chemin séparément jusqu’au premier tour. Ce n’est qu’au second tour qu’un rapprochement de type électoral est envisageable. Mais le perdant des deux candidats pourra alors dire adieu à toutes perspectives de carrière présidentielle. Dans cette arène politique, c’est par la mort que se terminera la joute.

Plan climat Union européenne : la confusion entre sobriété et précarité

Plan climat Union européenne : la confusion entre sobriété et précarité 

 

 

Clément Sénéchal, porte-parole « Climat » de l’ONG Greenpeace FranceConsidère que le plan européen va surtout frapper les ménages les moins favorisés. (Interview France Info, extrait).

Est-ce que ces douze propositions de la Commission européenne sont à la hauteur de l’enjeu ?

Comme souvent, le diable se cache dans les détails. Déjà, l’objectif nos émissions de 55% d’ici à 2030 est trop faible et surtout, c’est un objectif de baisse nette, c’est-à-dire que ce n’est pas un objectif de baisse réelle ou de baisse brute. En réalité,on compte sur de la compensation carbone. Quand on fait le calcul, il s’agit plutôt d’une baisse de 50% que nous prépare la Commission. Or, l’ONU et le consensus scientifique nous dit qu’il faudrait réduire nos émissions de 7,6 % par an, donc être plutôt à moins 70% en 2030. Ensuite, quand on regarde les différentes réformes législatives mises sur la table, effectivement, elles sont ambitieuses de prime abord, mais beaucoup moins quand on regarde dans le détail.

« Par exemple, la fin des ventes des véhicules thermiques est indispensable mais ça fait des années que les ONG réclament cette mesure. Mais sur une date qui serait de 2030 au plus tard, et non pas 2035 si on veut respecter l’objectif de neutralité carbone en 2050. »

 

Idem pour la taxation du kérosène, donc du carburant pour l’aviation, c’est indispensable également. Mais on nous dit, en fait, que ça ne va concerner que les vols européens et donc la moitié des émissions du secteur, puisqu’on va exempter les vols hors Union européenne, les vols internationaux qui dépassent les frontières. D’autant que cette taxation, ne sera finalisée que dans dix ans, ce qui est complètement aberrant. Pendant ce temps-là, le secteur aérien va bénéficier, comme il en a déjà bénéficié pendant de nombreuses années, de niches fiscales sur le kérosène.

Est-ce que la taxe carbone aux frontières ne peut pas limiter les importations depuis des pays lointains comme la Chine qui font beaucoup de dégâts et polluent énormément ?

Ce n’est pas forcément une mauvaise mesure. Simplement, si en parallèle on ne répare pas le marché carbone existant, ça ne sert à rien. Le marché carbone est un marché sur lequel on s’échange des droits à polluer, qui sont émis initialement par la Commission européenne. C’est une manière parmi d’autres de fixer prix à la tonne de carbone. Aujourd’hui malheureusement, sur le marché carbone européen, il y a un prix de la tonne de carbone qui ne concerne pas l’ensemble des industries, il concerne à peine 6% des émissions industrielles. Parce qu’on a des monceaux de quotas gratuits de droits à polluer qui sont qui sont alloués gratuitement, par exemple au secteur aérien, par la Commission européenne.

Par ailleurs, il faudrait fixer un prix plancher à cette tonne de carbone. Il faudrait que ce prix suive une trajectoire haussière pluriannuelle pour atteindre 180 euros d’ici à la fin de l’année. Il faut aussi réduire drastiquement le nombre de quotas en circulation sur le marché carbone, sans cette réforme du marché carbone, cette taxe aux frontières ne servira à rien.

A côté de ça, vous avez des propositions qui sont dangereuses, comme l’élargissement du marché carbone européen au secteur du bâtiment et du transport routier. Jusqu’à présent il concernait surtout les installations industrielles, il était donc acquitté par les entreprises, par l’appareil productif. Sauf qu’avec cet élargissement, on va surtout frapper les consommations populaires. On va faire monter la facture de carburant et de chauffage et donc on va venir percuter des pratiques qui sont captives, qui sont qui sont incontournables aujourd’hui pour les classes populaires. Donc, on va engendrer de la précarité supplémentaire.

Il y a donc selon vous des risques de surcoût pour de nombreux ménages ou certaines entreprises aussi, on pense aux factures d’eau, de carburant, de fioul ou de gaz ?

Cet élargissement du marché carbone au secteur du bâtiment et au secteur du transport routier va frapper les ménages les plus précaires. D’autant plus brutalement qu’on est sur un marché, et donc, on est sur des mécanismes qui sont spéculatifs et qui entraînent une volatilité des prix extrêmement brutale. La Commission doit changer de matrice idéologique. Aujourd’hui, elle doit changer l’équation sur le partage de l’effort. C’est aux multinationales et aux ménages les plus aisés de faire la grande part de l’effort. Sinon, on confond sobriété et précarité.

Union économique : la réforme structurelle manquée lors du brexit

Union économique : la réforme structurelle manquée lors du brexit

 

Le juriste Aurélien Antoine, Professeur de droit public à l’université Jean-Monnet (Saint Etienne) et l’université de Lyon, directeur de l’Observatoire du Brexit,  s’interroge, dans une tribune au « Monde », sur la capacité de l’Union européenne à affronter les contradictions apparues à la faveur du Brexit, au-delà du « succès » diplomatique qu’elle revendique face à Boris Johnson ( extrait)

 

 

Tribune.
Les informations diffusées par les médias européens au moment de dresser un premier bilan à moyen terme du Brexit depuis le référendum du 23 juin 2016 ont légitimement salué la façon dont les négociations du Brexit ont été menées par la task force de la Commission européenne et son chef, Michel Barnier. 

L’unité et la rigueur juridique de l’Union ont tranché face à la légèreté des négociateurs britanniques. L’accord du Vendredi saint relatif à la paix en Irlande du Nord a été préservé par un protocole signé entre les deux parties qui évite le rétablissement d’une frontière dure entre le nord et le sud de l’île – même si l’incertitude a accentué les tensions en Irlande du Nord au début de l’année.

Il faut également insister sur le positionnement strict de l’Union européenne (UE) à l’égard de la City, qui voit désormais son leadership financier en Europe contesté par les places de Francfort et d’Amsterdam. De façon générale, l’UE a su faire preuve d’inventivité afin de préserver le marché commun en préservant les conditions d’une concurrence équitable entre les deux parties.

Absence de sursaut politique de l’UE après le référendum

Ces points positifs ne sauraient dissimuler le revers de la médaille : l’appel à un sursaut politique de l’Union européenne après les résultats du référendum n’a pas été entendu. Si, du côté britannique, la stratégie de « Global Britain » ou le mantra du « Take back control » sont, pour l’heure, des faux-semblants, le Brexit apparaît pour l’UE comme une occasion manquée de provoquer une réforme structurelle lui permettant de relever les défis contemporains au premier rang desquels figurent la préservation de l’environnement et la réduction des inégalités.

À cette critique générale s’en ajoutent trois autres plus circonscrites à la façon dont l’UE a géré et continue d’appréhender sa relation avec le Royaume-Uni. Tout d’abord, le fait que la qualité des négociations conduites par Michel Barnier ait finalement pris le pas sur ce que la crise du Brexit signifie pour l’UE est un révélateur des travers de cette dernière : dès lors que le fonctionnement technocratique de la gouvernance communautaire aboutit à des résultats, la faiblesse du projet politique européen lui-même est éclipsé.

 


 

Ensuite, l’issue ordonnée du Brexit doit susciter la prudence. Les deux textes qui l’encadrent (l’accord qui a régi le retrait du Royaume-Uni, puis le traité de commerce et de coopération qui détermine la nature des relations économiques et diplomatiques entre les deux parties) atteignent déjà leurs limites. Le traité de commerce et de coopération n’est qu’une base juridique incomplète qui a eu pour finalité première de rassurer les milieux économiques, ce qui n’est pas négligeable.

Union économique : une procédure judiciaire contre la cour de justice allemande

Union économique : une procédure judiciaire contre la cour de justice allemande

 

 

 

L’Allemagne si soupçonneuse vis-à-vis du respect des dispositions européennes pourrait bien se retrouver face à la justice pour avoir contrevenu aux orientations de l’union européenne

On considère en effet dans l’union européenne que la fameuse Cour de justice de Karlsruhe   a violé les réglementations de l’Union européenne en contestant un programme d’achat de la Banque centrale européenne (BCE) déjà approuvé par la plus haute juridiction du bloc communautaire.

 

La Cour fédérale (en allemand : Bundesgerichtshof, BGH) est l’organe juridictionnel allemand placé au sommet de l’ordre judiciaire et jugeant en dernière instance en matière civile, où elle entend l’appel des jugements des tribunaux provinciaux supérieurs (Oberlandesgerichte), et en matière pénale, où elle entend celui des jugements des tribunaux provinciaux (Landgerichte). Elle est organisée en douze chambres civiles, cinq chambres pénales et huit chambres spéciales. La poursuite pénale y est exercée par le procureur général fédéral près la Cour fédéraleLa Cour a été créée en 1950 et a succédé au Tribunal du Reich (Reichsgericht) qui remplissait des fonctions comparables sous le Reich allemand. Elle a son siège à Karlsruhe, dans l’ancien palais du grand-duc héritier, la 5e chambre pénale étant localisée à Leipzig.

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En mai 2020, la Cour constitutionnelle allemande a jugé que la BCE n’avait pas autorité pour effectuer des achats de titres (PSPP) et a ordonné à la banque centrale allemande, qui achetait des emprunts d’Etats de la zone euro pour le compte de la BCE, d’abandonner le programme.

La BCE avait cependant obtenu au préalable le feu vert de la Cour de justice de l’UE, laquelle a rappelé par la suite qu’elle seule pouvait décider si des organes du bloc communautaire violaient les normes de celui-ci.

D’après les deux sources, la Commission va s’accorder mercredi sur l’envoi d’une lettre à Berlin pour le notifier d’une enquête visant à déterminer si la décision du tribunal allemand a violé les règles de l’UE.

L’envoi d’un tel courrier marque la première étape d’une procédure pouvant déboucher sur une demande formelle de la Commission auprès de la Cour de justice afin que celle-ci impose des pénalités.

L’une des sources a déclaré que le jugement allemand avait créé aux yeux de Bruxelles une jurisprudence dangereuse pour le droit européen, avec le risque que d’autres pays membres du bloc jugent leurs tribunaux plus compétents que celui de l’UE.

Acier et l’aluminium : accord fiscal prochain entre les États-Unis et l’union européenne

Acier et l’aluminium : accord fiscal prochain entre les États-Unis et l’union européenne

Outre la Chine, l’administration américaine a taxé depuis 2018 l’acier et l’aluminium en provenance de l’union européenne. En rétorsion Bruxelles a taxé certains produits américains. Mais l’administration Biden semble décidée à faire la paix fiscale avec Bruxelles en supprimant les tarifs douaniers punitifs y compris ceux concernant Airbus et Boeing.

Dans un communiqué, l’UE et les Etats-Unis reconnaissent « la nécessité de trouver des solutions efficaces » pour préserver leurs « industries essentielles » face aux surcapacités mondiales d’acier et d’aluminium, « dues en grande partie à des tiers ».

Ils visent les « pays comme la Chine, qui soutiennent des politiques ayant des effets de distorsion sur le commerce ».

UNION DE LA GAUCHE: « Des HYPOCRITES, MENTEURS, FAUX-JETONS »: (MÉLENCHON )

UNION DE LA GAUCHE:   »Des HYPOCRITES, MENTEURS, FAUX-JETONS »: (MÉLENCHON )

Enterrement officiel par Mélenchon de l’idée de l’union de la gauche et d’un candidat commun aux présidentielles. Paradoxalement Mélenchon se sent une » vocation de candidat commun ». En fait il ne reconnaît pas la possibilité que la j gauche puisse choisir un autre candidat que lui . Du coup il traite socialistes et écolos notamment d’hypocrites de menteurs et de faux jetons .. « Je ne veux pas mépriser le fait que les socialistes sont déterminés à continuer comme avant, la même politique », a-t-il notamment posé.

Ce  Parti socialiste qui a selon lui « fait le choix d’une ligne centre, très modérée. Il regrette par ailleurs la candidature communiste et estime que les sympathisants voteront en grand nombre pour le candidat des insoumis.

 

Mélenchon dénonce  » le piège dans lequel tombent tous ces jeunes gens. On leur dit: Si vous êtes unis, vous gagnez! Si vous n’êtes pas unis, vous avez perdu!’ Tout le monde sait qu’on ne sera pas unis donc on proclame qu’on a perdu d’avance. »

Régionales en Paca: union LR-LREM ….. mais sans LREM

  • Régionales en Paca: union LR-LREM ….. mais sans LREM

 

Une opération raccommodage interne au parti républicain permet à Renaud Muselier de conserver l’étiquette des républicains. La solution trouvée est particulièrement ambiguë puisque vraisemblablement il y aura une union entre les républicains et la républiques en marche mais sans membres officiels de LREM. Renaud Muselier affirme toutefois que la liste sera très ouverte, sous-entendu à des personnalités proches de LREM. Il est vraisemblable que LREM ne présentera pas de liste pour ne pas subir une cruelle défaite électorale. Reste que cette solution manque de clarté et risque de déboussoler certains électeurs de droite. En apparence, le parti des républicains sauve la face et son unité. Tout au moins jusqu’au prochain débauchage ou alliance de même nature car les résultats aux régionales et aux départementales risque d’être très sévères pour un parti comme la république en marche qui n’est pas implantée sur le terrain. Sans parler de sanctions à l’égard de Macron.

 

Activité économique union européenne : en récession

Activité économique union européenne : en récession

Nouvelle contraction de 0,6% en zone euro et de 0,4% dans l’Union européenne au cours du premier trimestre, selon les dernier chiffres de l’office de statistiques européen dévoilés ce vendredi 30 avril.

Avec deux trimestres consécutifs, l’économie est entrée en récession sous l’effet des mesures de restriction et du retard dans la campagne de vaccination.

Une situation à comparer avec le dynamisme économique constaté au États-Unis (plus 6%) et la Chine (+18%) qui  affichent des performances économiques bien meilleures. Le risque de décrochage de l’Europe face aux deux autres puissances mondiales s’accentue. En cause évidemment des mesures plus restrictives en Europe qu’ailleurs du fait du retard de la vaccination.

Même l’Allemagne enregistre un recul de 1,7 % de la croissance au premier trimestre. ce mauvais chiffre contribue grandement à faire reculer l’activité dans l’ensemble de la zone euro.

Dans le sud de l’Europe, le Portugal enregistre le plus fort recul de croissance (-3,3%) entre janvier et mars.. L’Italie (-0,4%) et l’Espagne (-0,5%) affichent également de piètres chiffres de croissance.. La  France s’en tire mieux que la plupart de ses voisins avec un PIB qui accélère à 0,4% sur les trois premiers mois de l’année. Malgré ce rebond, la consommation est restée relativement atone au cours du mois de février et le commerce extérieur reste empêtré dans de lourdes difficultés.

« Le PIB ne connaît pas de rebond fort au premier trimestre (+0.4%) après le repli des 3 derniers mois de 2020 dû au confinement de novembre. Le PIB est toujours très en-dessous du niveau de la fin 2019 (-4,4%). Les ménages restent plutôt pessimistes et ont une contribution limitée à la croissance. Le retour sur la tendance d’avant-crise sera très longue, voire quasiment impossible. Le coût de cette crise en termes d’activité et d’emploi va être élevé », a expliqué l’économiste d’Ostrum Asset Management Philippe Waechter sur son blog.

Union européenne : une collision avec la Chine incontournable

Union européenne : une collision avec la Chine incontournable

Le consultant Laurent Malvezin passe en revue, dans une tribune au « Monde » les différentes options pour les entreprises européennes, confrontées à la coercition économique grandissante de la Chine.

Tribune. Les récentes difficultés de positionnement de grandes marques étrangères en Chine face aux pressions de leurs hôtes concernant le coton du Xinjiang illustrent en réalité une problématique structurelle : celle des relations entre le pouvoir politique et l’économie. Les conceptions divergent entre, notamment, l’Europe et la Chine.

La Chine se définit comme une « économie de marché socialiste », dans laquelle les acteurs économiques sont subordonnés au pouvoir politique, c’est-à-dire aux prescriptions idéologiques et aux orientations planificatrices du parti-Etat chinois. Elles s’appliquent dans ses entreprises d’Etat, mais aussi dans les sociétés à capitaux non exclusivement d’Etat, ainsi que dans les filiales des sociétés étrangères.

Afin d’assurer son monopole politique, le parti-Etat exige des sociétés étrangères sur son sol de lui déléguer tout le champ social. Cette exigence implique pour les autres seulement d’opérer une stricte séparation des affaires avec la conduite politique des affaires, la gouvernance, dont il réclame l’apanage.

C’est pourquoi, le 25 mars, le ministère du commerce, par la voix de son porte-parole, rejetait les accusations de travail forcé au Xinjiang, enjoignant aux marques occidentales de ne pas « politiser les questions de business ». Cette volonté du Parti communiste d’exclure tout droit politique et social à ses partenaires étrangers, qu’il assimile à une remise en cause de son autorité, nécessairement sans partage, s’était exprimée, en 2020, lors du déploiement de sa « stratégie diplomatique des masques ».

De nombreux diplomates chinois avaient exhorté à « ne pas faire de politique, mais à sauver des vies », provoquant de la part des pays européens une dénonciation quasi unanime pour récupération politique d’un enjeu de santé publique majeur.

Or, le projet géopolitique de la Commission Ursula von der Leyen, centré sur les valeurs d’une Europe qui recouvre sa souveraineté et protège ses entreprises et ses citoyens, ne peut qu’entrer en collision frontale avec le modèle chinois « d’économie de marché socialiste ». Les deux projets s’arment, en effet, d’un arsenal de normes prescriptives antagonistes, pour la Chine, l’étatisation de l’économie et, pour l’Europe, l’affirmation de ses standards éthiques et sociétaux.

L’exemplarité de l’idéal européen des Lumières versus l’infaillibilité du Parti communiste chinois, chacun voyant dans l’autre un cheval de Troie : Pékin voit les valeurs occidentales le subvertir de toutes parts et l’Occident redoute la soldatesque du parti dans le ventre de ses entreprises pour mieux le vider du dedans.

Union européenne : menace d’interdiction des exportations de vaccins

Union européenne : menace d’interdiction des exportations de vaccins

 

Il est temps que l’union européenne réagisse car les laboratoires dans l’union européenne préfèrent exporter leur production plutôt que de satisfaire les demandes européennes conclues à  un moindre prix. La faute évidemment sans doute à l’union européenne qui a chipoté sur le prix dans le contrat passé avec les labos. À la différence des États-Unis ou encore de la Grande-Bretagne qui ont mis de l’argent sur la table immédiatement alors que les vaccins n’étaient même pas encore élaborés.

Du coup la commission européenne se rebiffe un peu et menace de bloquer les doses produites en Europe notamment celle d’Astra Zeneca qui ne fournira pendant des mois qu’un tiers de la production promise.

«Tout cela est dû à une frustration croissante avec AstraZeneca et à une pression accrue pour faire quelque chose à ce sujet. Nous n’avons pas assez de vaccins, nous exportons comme des fous sans rien obtenir », a déclaré l’un des diplomates qui a participé aux discussions.

La Commission a annoncé jeudi qu’elle envoyait une lettre à AstraZeneca dans ce qui pourrait être la première étape d’un combat juridique contre la société anglo-suédoise.

2022: un gouvernement d« union nationale » annoncé par Marine Lepen

2022: un gouvernement d« union nationale » annoncé par Marine Lepen

 

Un possible gouvernement d’union nationale avec des responsables de droite mais aussi de gauche comme Montebourg, c’est la principale nouvelle annonce de Marine Le Pen qui parvient progressivement à banaliser l’image de son parti et la sienne propre. Une image beaucoup plus policée et plus tolérante aussi mais qui reste ferme sur le danger pour elle de l’immigration.

 

Marine Lepen interrogée sur BFM s’est faite surtout la championne des libertés au si bien contre le séparatisme que dans le cadre de la crise sanitaire. Notons aussi que le rassemblement national avait  ouvert le débat sur un projet très détaillé  de référendum concernant l’environnement.

 

Bref, progressivement le rassemblement national devient un peu un parti comme les autres d’autant plus qu’il ne conteste plus l’union européenne et encore moins l’euro. Il faut ajouter à cette image plus policée le phénomène assez fondamental d’obsolescence du front républicain qui jusque-là constituait  une sorte de plafond de verre pour le Front National. Mais le meilleur argument sans doute de marine Lepen est  sans doute l’échec assez retentissant de Macron dans le domaine économique tout autant que dans le domaine sanitaire. La principale dynamique du rassemblement national se nourrit des erreurs, des contradictions et de l’immobilisme de Macron.

Variants: une re-vaccination nécessaire ? (Union européenne)

Variants: une re-vaccination nécessaire ? (Union européenne)

 

 

 

L’ Union européenne qui a raté la première phase de vaccination avec des commandes complètement insuffisantes de vaccins tente de se racheter en essayant de prévoir l’évolution de la crise sanitaire du  fait de la progression des variants. Ainsi un dispositif de synergie de tous les acteurs médicaux et pharmaceutiques va être mis en place avec financements européens avec l’objectif de développer des capacités de production de ces vaccins de deuxième génération.

 

Il se pourrait bien en effet que la nature des nouveaux variants qui ne cesse d’évoluer nécessite une seconde vaccination.

L’optique est donc d’être prêts en cas de nouvelle vague liée aux variants. Malgré une campagne de vaccination implacable, le dérapage de la situation sanitaire au Royaume-Uni a inquiété en haut lieu. Et si la sortie de crise tant espérée en 2021 n’arrivait pas ? « Nous pourrions nous retrouver avec la nécessité de régulièrement revacciner les populations à risque. C’est un processus que nous maîtrisons avec la grippe. Il faut se préparer à le reproduire, si nécessaire, à plus grande échelle avec la Covid-19 », précise Ursula von der Leyen la présidente de la commission européenne.

Union économique : L’harmonisation fiscale oubliée

Union économique : L’harmonisation fiscale oubliée

Gabriel Zucman est l’un des meilleurs connaisseurs des paradis fiscaux, il scrute l’évolution de la répartition de la richesse à l’échelle mondiale. Professeur d’économie à l’université de Berkeley (Californie), le chercheur français a cosigné, début 2020, Le Triomphe de l’injustice (Seuil)un constat implacable sur l’évasion fiscale des plus riches, doublé de propositions concrètes pour y remédier. Il s’exprime dans le Monde sur le rôle central joué par le Luxembourg dans l’évasion fiscale internationale, mis en évidence par l’enquête OpenLux.

L’enquête OpenLux montre qu’une part significative de l’économie du Luxembourg est artificielle : 55 000 holdings, sans bureaux ni salariés, détiennent 6 000 milliards d’euros. Etes-vous surpris ?

C’est la première fois que nous disposons de chiffres aussi précis sur le stock de structures purement financières au Luxembourg. Ils permettent de décrire l’ampleur de l’industrie des sociétés-écrans bien plus finement que les statistiques macroéconomiques.

Peut-on considérer le Luxembourg comme un paradis fiscal ?

Le Luxembourg est une plaque tournante de l’optimisation internationale. Contrairement à beaucoup de paradis fiscaux, spécialisés sur certains créneaux, le Luxembourg est présent sur tous les maillons de la chaîne : la gestion de fortune privée à la façon de la Suisse, l’investissement dans des fonds comme les îles Caïmans, l’ouverture de sociétés-écrans comme le Panama ou les îles Vierges britanniques, et la délocalisation de profits des multinationales comme l’Irlande .

 

 

Finances- Investissements Chine– Union économique : les enjeux

Finances- Investissements Chine– Union économique : les enjeux

 

Sylvie Kauffmann, journaliste au monde explique les enjeux de l’accord de principe sur les investissements entre la Chine et l’union économique

 

Faut-il conclure l’accord sur les investissements entre la Chine et l’Union européenne, comme le souhaitent Berlin et Pékin ? Ou attendre, comme le conseillent Paris et Washington ? Le dossier est stratégique et le débat intense, note Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».

Chronique. 

 

On ne chôme pas à Bruxelles en cette fin d’année. A peine le titanesque plan de relance anti-Covid-19 était-il débloqué, le 11 décembre, après quelques sueurs froides, que la fièvre de la dernière longueur s’empara des négociateurs du Brexit. A peine Michel Barnier a-t-il eu le temps d’admirer ses lauriers au pied du sapin de Noël qu’un nouveau suspense tient en haleine les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’Union européenne (UE) et, à distance, leurs gouvernements : l’accord global sur les investissements entre la Chine et l’UE qu’il faudrait, toutes affaires cessantes, conclure avant le 31 décembre.

Signe des mutations que subissent les équilibres géostratégiques, chacun de ces dossiers a une portée historique. L’enjeu de l’accord sino-européen, que les experts appellent par son acronyme anglais, CAI (Comprehensive Agreement on Investments), dépasse largement les relations commerciales entre la Chine et le bloc européen. Il consacre l’émergence d’une souveraineté européenne qui utilise les négociations commerciales – compétence de la Commission de Bruxelles – comme un instrument de politique étrangère pour imposer ses normes environnementales et sociales.

Autre enjeu de cet accord : il s’inscrit dans le triangle formé par les trois grands pôles actuels de puissance économique – la Chine, les Etats-Unis et l’UE. Car si Washington, qui a déjà son propre accord avec la Chine, n’est pas formellement partie à la négociation sur le CAI, son ombre plane en toile de fond sur la motivation des uns et des autres. On est entrés dans l’ère post-Trump, et ces quatre années d’unilatéralisme américain pèsent de tout leur poids sur les protagonistes.

De quoi s’agit-il, au fond ? Lorsque les pourparlers ont commencé entre Pékin et Bruxelles, en 2014, pour établir un cadre réglementaire commun aux investissements mutuels, le contexte mondial était tout autre. Président depuis un an, Xi Jinping ne s’était pas encore affirmé comme l’autocrate à vie qu’il est aujourd’hui, contrôlant Hongkong et le Xinjiang d’une main de fer. Les Etats-Unis de Barack Obama ne laissaient pas encore présager l’« America first » de son successeur ; et l’Europe des Vingt-Huit n’avait pas pris conscience de la puissance que pouvaient lui donner l’unité, la solidarité et un marché unique de 500 millions d’habitants.

« Fin de la naïveté » européenne

L’ascension de la Chine, le défi de la présidence Trump, l’épreuve du Brexit puis celle de la pandémie ont favorisé cette prise de conscience et la « fin de la naïveté » européenne. La Chine, elle, sait que même avec Joe Biden à la place de Donald Trump à la Maison Blanche, l’affrontement avec Washington va se poursuivre. Elle sait aussi que la relation Etats-Unis-UE, en revanche, va se réchauffer ; contrairement à son prédécesseur, le président élu Biden souhaite coopérer avec les Européens face à Pékin.

Investissements Chine–Union économique : les enjeux

Investissements Chine–Union économique : les enjeux

 

Sylvie Kauffmann, journaliste au monde explique les enjeux de l’accord de principe sur les investissements entre la Chine et l’union économique

 

Faut-il conclure l’accord sur les investissements entre la Chine et l’Union européenne, comme le souhaitent Berlin et Pékin ? Ou attendre, comme le conseillent Paris et Washington ? Le dossier est stratégique et le débat intense, note Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».

Chronique. 

 

On ne chôme pas à Bruxelles en cette fin d’année. A peine le titanesque plan de relance anti-Covid-19 était-il débloqué, le 11 décembre, après quelques sueurs froides, que la fièvre de la dernière longueur s’empara des négociateurs du Brexit. A peine Michel Barnier a-t-il eu le temps d’admirer ses lauriers au pied du sapin de Noël qu’un nouveau suspense tient en haleine les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’Union européenne (UE) et, à distance, leurs gouvernements : l’accord global sur les investissements entre la Chine et l’UE qu’il faudrait, toutes affaires cessantes, conclure avant le 31 décembre.

Signe des mutations que subissent les équilibres géostratégiques, chacun de ces dossiers a une portée historique. L’enjeu de l’accord sino-européen, que les experts appellent par son acronyme anglais, CAI (Comprehensive Agreement on Investments), dépasse largement les relations commerciales entre la Chine et le bloc européen. Il consacre l’émergence d’une souveraineté européenne qui utilise les négociations commerciales – compétence de la Commission de Bruxelles – comme un instrument de politique étrangère pour imposer ses normes environnementales et sociales.

Autre enjeu de cet accord : il s’inscrit dans le triangle formé par les trois grands pôles actuels de puissance économique – la Chine, les Etats-Unis et l’UE. Car si Washington, qui a déjà son propre accord avec la Chine, n’est pas formellement partie à la négociation sur le CAI, son ombre plane en toile de fond sur la motivation des uns et des autres. On est entrés dans l’ère post-Trump, et ces quatre années d’unilatéralisme américain pèsent de tout leur poids sur les protagonistes.

De quoi s’agit-il, au fond ? Lorsque les pourparlers ont commencé entre Pékin et Bruxelles, en 2014, pour établir un cadre réglementaire commun aux investissements mutuels, le contexte mondial était tout autre. Président depuis un an, Xi Jinping ne s’était pas encore affirmé comme l’autocrate à vie qu’il est aujourd’hui, contrôlant Hongkong et le Xinjiang d’une main de fer. Les Etats-Unis de Barack Obama ne laissaient pas encore présager l’« America first » de son successeur ; et l’Europe des Vingt-Huit n’avait pas pris conscience de la puissance que pouvaient lui donner l’unité, la solidarité et un marché unique de 500 millions d’habitants.

« Fin de la naïveté » européenne

L’ascension de la Chine, le défi de la présidence Trump, l’épreuve du Brexit puis celle de la pandémie ont favorisé cette prise de conscience et la « fin de la naïveté » européenne. La Chine, elle, sait que même avec Joe Biden à la place de Donald Trump à la Maison Blanche, l’affrontement avec Washington va se poursuivre. Elle sait aussi que la relation Etats-Unis-UE, en revanche, va se réchauffer ; contrairement à son prédécesseur, le président élu Biden souhaite coopérer avec les Européens face à Pékin.

871 milliards d’euros de prêts (union européenne), risque de krach bancaire

871 milliards d’euros de prêts (union européenne), risque de krach bancaire

L’autorité bancaire européenne indique que 871 milliards de prêts bancaires ont été accordés jusqu’à maintenant notamment pour financer des moratoires, des reports d’échéances et des garanties publiques.

 

Le problème est de savoir si les emprunteurs auront la solvabilité nécessaire pour faire face à leurs obligations financières. En clair, il faut s’attendre à des défauts de paiement de nombre d’entreprises qui auront sollicité ces prêts. En même temps, les banques vont se retrouver avec des montagnes d’actifs plus ou moins pourris à moins évidemment que les Etats et l’Union européenne ne prennent  à leur charge partie des remboursements  .

Le secteur bancaire se trouve aujourd’hui très fragilisé d’une part parce que les taux d’intérêt rendent difficile toute perspective de rentabilité d’autre part et surtout parce qu’il faut s’attendre à une vague de faillites et donc de défauts de la part d’entreprises les plus fragilisés. La situation est tellement explosive qu’on s’attend à des restructurations dans le secteur bancaire avec des regroupements et évidemment des disparitions de certaines trop exposés au risques.

L’ABE évoque le risque d’un effet de “falaise” (“cliff edge”) à l’expiration de ces moratoires, qui pourrait se traduire par une augmentation marquée du niveau des créances à risque.

Elle note aussi que la deuxième vague de la pandémie a déjà conduit certains pays à prolonger des moratoires au-delà de la fin de l’année, mais elle avertit que “la poursuite ou la persistance des moratoires peut aussi avoir pour effet secondaire un risque systémique potentiel pour la stabilité financière” en favorisant chez les emprunteurs “une culture du non-remboursement”.

L’ABE doit publier le 11 décembre les résultats de son “exercice de transparence”, qui incluront des données détaillées banque par banque.

Economie UE: quelle dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis

Union européenne : quelle dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis

 

Peut-être le réveil de l’Europe qui commence enfin à mesurer l’impact de sa dépendance économique et technologique vis-à-vis de grands pays comme la Chine et les États-Unis en particulier. La vérité c’est que l’Europe constitue une véritable passoire pour les produits et services en provenance notamment des deux grands pays cités. À l’inverse les États-Unis et la Chine encore davantage pratiquent  un  protectionnisme assumé qui freine les exportations et les implantations européennes. Ainsi par exemple en Chine les investissements étrangers ne sont permis mais dans le cas de sociétés où ils seront minoritaires au capital. À l’inverse des Chinois qui peuvent acheter à peu près tout ce qu’ils veulent en Europe. Les chefs d’État ont donc donné mission à la commission de faire l’inventaire des secteurs stratégiques dépendants fortement notamment des États-Unis et de la Chine.

L’UE, qui a fait des technologies vertes et numériques une priorité dans son plan de relance de la croissance économique d’après-crise, craint de se faire distancer dans la conception et la fabrication de batteries et dans le stockage dématérialisé.

Les dirigeants du bloc ont ainsi jugé que la priorité devait être donnée aux alliances européennes dans les batteries, l’internet des objets et l’hydrogène propre.

Ils ont par ailleurs appelé au développement de nouvelles alliances industrielles dans les matières premières, les microprocesseurs, les réseaux de télécommunication, les industries à faibles émissions de carbone ou encore le stockage numérique.

La Belle au bois dormant se réveille mais la question n’est pas seulement réduite au problème du développement de certains secteurs industriels mais aussi à celui de la régulation du commerce extérieur, dimension qui n’a pas été clairement abordée lors de la rencontre des chefs d’État

Les  chefs des Vingt-Sept ont convenu qu’une “partie importante” du budget à long terme de l’UE prévu pour la période 2021-2027 et du fonds de relance relatif, soit 1,8 milliard d’euros, devrait être consacrée aux superordinateurs et à l’informatique quantique, à la blockchain, à l’intelligence artificielle, aux microprocesseurs, aux réseaux 5G, aux communications sécurisées et à la cyberprotection.

Union européenne : quelle dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis

Union européenne : quelle dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis

 

Peut-être le réveil de l’Europe qui commence enfin à mesurer l’impact de sa dépendance économique et technologique vis-à-vis de grands pays comme la Chine et les États-Unis en particulier. La vérité c’est que l’Europe constitue une véritable passoire pour les produits et services en provenance notamment des deux grands pays cités. À l’inverse les États-Unis et la Chine encore davantage pratiquent  un  protectionnisme assumé qui freine les exportations et les implantations européennes. Ainsi par exemple en Chine les investissements étrangers ne sont permis mais dans le cas de sociétés où ils seront minoritaires au capital. À l’inverse des Chinois qui peuvent acheter à peu près tout ce qu’ils veulent en Europe. Les chefs d’État ont donc donné mission à la commission de faire l’inventaire des secteurs stratégiques dépendants fortement notamment des États-Unis et de la Chine.

L’UE, qui a fait des technologies vertes et numériques une priorité dans son plan de relance de la croissance économique d’après-crise, craint de se faire distancer dans la conception et la fabrication de batteries et dans le stockage dématérialisé.

Les dirigeants du bloc ont ainsi jugé que la priorité devait être donnée aux alliances européennes dans les batteries, l’internet des objets et l’hydrogène propre.

Ils ont par ailleurs appelé au développement de nouvelles alliances industrielles dans les matières premières, les microprocesseurs, les réseaux de télécommunication, les industries à faibles émissions de carbone ou encore le stockage numérique.

La Belle au bois dormant se réveille mais la question n’est pas seulement réduite au problème du développement de certains secteurs industriels mais aussi à celui de la régulation du commerce extérieur, dimension qui n’a pas été clairement abordée lors de la rencontre des chefs d’État

Les  chefs des Vingt-Sept ont convenu qu’une “partie importante” du budget à long terme de l’UE prévu pour la période 2021-2027 et du fonds de relance relatif, soit 1,8 milliard d’euros, devrait être consacrée aux superordinateurs et à l’informatique quantique, à la blockchain, à l’intelligence artificielle, aux microprocesseurs, aux réseaux 5G, aux communications sécurisées et à la cyberprotection.

Union européenne : du mou dans le budget pour plaire aux Etats rigoureux

Union européenne : du mou  dans le budget pour plaire aux Etats rigoureux

 

Le président du Conseil européen Charles Michel a été contraint de se montrer un tout petit peu plus rigoureux dans les prévisions budgétaires européennes. Il a ainsi réduit un peu le montant de l’enveloppe de l’arbre de 1000 milliards sur sept ans auxquels il faut ajouter 750 milliards dont les deux tiers prendront des formes de subventions et un tiers des formes de prêts afin de relancer des économies affectées par la crise sanitaire. Des propositions globales au départ très contestées  par les états rigoureux du nord  qui considérait que l’union européenne est beaucoup trop laxiste d’autant qu’elle n’assortit pas ses subventions et ces prêts de mesures plus rigoureuses de gestion pour les pays bénéficiaires.

Alors que la Commission envisageait fin mai un budget commun de 1.100 milliards d’euros sur sept ans, le président du Conseil européen propose désormais un montant de 1.074 milliards et un fonds de 750 milliards, avec deux tiers de subventions et un tiers de prêts, pour relancer des économies durement touchées par la crise sanitaire.

La révision à la baisse du budget de l’UE vise à convaincre certains Etats du Nord, à commencer par les Pays-Bas, de valider le fonds de relance de 750 milliards d’euros envisagé en supplément pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire.

Ces Etats du Nord, dits “frugaux” par comparaison avec les pays du Sud très endettés, ont défendu l’idée d’un budget réduit et de réformes économiques comme condition d’accès aux fonds du plan de relance.

La proposition budgétaire est connue dans le jargon bruxellois comme la “boîte de négociation”, un ensemble complexe de chiffres couvrant les dépenses dans des domaines allant du soutien à l’agriculture au développement régional, à la recherche et aux bourses scolaires.

Il s’agit du point de départ des négociations auxquelles se livreront les dirigeants de l’UE lors de leur sommet des 17 et 18 juillet.

Union européenne : un plan de relance en juillet ?

Union européenne : un plan de relance en juillet ?

D’après la France, des chances d’un plan de relance de l’union européenne en juillet augmentent , du fait  de positions diplomatiques des pays du nord  moins exigeantes. L’enjeu en effet est de savoir comment répartir les 750 milliards d’emprunts cautionnés directement par l’union économique. En fait,, l’accord pourrait se faire si les pays du Sud acceptent que la partie purement transferts financée ( non remboursable) est assez nettement inférieure à la partie remboursable (prêts). Les pays du Nord souhaitent aussi que ces transferts et prêts soient assortis d’exigences en matière de gestion budgétaire et  y compris dans la répartition. La France serait optimiste après entre le chef de l’Etat français et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, tenant d’une ligne dure sur les dépenses budgétaires, “les choses ont bien avancé”.

“On a identifié les ingrédients d’un accord, il ne faut pas le considérer comme acquis, on n’y est pas encore, il y a encore deux à trois semaines de discussions difficiles, intensives mais c’est tout à fait possible”, a-t-elle ajouté, insistant une nouvelle fois sur l’importance d’obtenir un accord en juillet, avant une rentrée chargée.

L’idée de la rencontre lundi prochain entre Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel au château de Meseberg, dans le nord de Berlin, “est de partager notre plan de bataille pour obtenir un accord au mois de juillet”.

La ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez est allée dans le même sens, jugeant qu’une telle perspective était “possible” et “souhaitable”.

“L’Espagne considère qu’un accord sur le fonds de relance et sur le budget européen est possible en juillet, est souhaitable en juillet, et nous allons faire le maximum pour que cela se produise (…)”, a-t-elle déclaré après avoir rencontré son homologue néerlandais, Stef Blok.

Les dirigeants des pays de l’UE ont prévu de se retrouver mi-juillet pour un sommet “physique” afin d’entrer dans le vif des négociations sur le futur budget de l’UE et le plan de relance post-coronavirus.

La Commission européenne a proposé un fonds de relance économique de 750 milliards, mêlant transferts financiers et prêts, qui serait adossé au budget et financé par des emprunts souscrits par la Commission européenne.

Ces mécanismes sont validés par le couple franco-allemand mais suscitent des réticences dans certains pays, dits “frugaux” (Autriche, Pays-Bas, Danemark et Suède) opposés à l’idée de simples transferts budgétaires et qui préfèrent l’option de prêts (remboursables) aux Etats les plus touchés.

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