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Pour une régulation du numérique

Pour une régulation du numérique 

L’action concertée d’autorités européennes indépendantes doit permettre de tenir l’équilibre entre respect des lois et liberté d’expression, affirment Roch-Olivier Maistre, président du CSA, et son homologue allemand, Tobias Schmid, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. Nous sommes des Européens. L’un est français, l’autre allemand, et nous œuvrons ensemble pour le respect des valeurs fondamentales européennes dans les médias audiovisuels. Ces valeurs démocratiques qui seront au cœur – rien de moins – de la négociation à venir du Digital Services Act (DSA).

De quoi s’agit-il ? D’un véritable défi. Avec le DSA, la Commission européenne va devoir organiser et actualiser les diverses réglementations européennes liées au numérique, avec la question centrale du degré de régulation nécessaire des plates-formes de partage de contenus pour garantir nos libertés et nos droits dans une société démocratique.

 

Une régulation durable revient à rechercher le juste équilibre entre, d’un côté, le principe cardinal de liberté et, de l’autre, les limitations susceptibles de lui être apportées pour garantir l’intérêt général. Souhaitons-nous une liberté d’expression absolue ? Ou acceptons-nous de lui fixer des limites ? Ce débat est au centre des discussions réglementaires sur les enjeux transnationaux, la lutte contre les contenus haineux et la désinformation. Il a également été au fondement de diverses initiatives législatives nationales, telles que la loi française contre la manipulation de l’information (« loi fake news » ou « loi infox » de décembre 2018), ou la loi allemande sur la haine en ligne (NetzDG) de janvier 2018. 

Il revient aujourd’hui à l’Europe de résoudre cette tension et de proposer une réponse. Pourquoi ? Parce que nous le pouvons, forts de l’héritage de notre histoire mouvementée et de notre attachement profond à cette valeur fondamentale qu’est la liberté. Ce que l’Europe peut apporter à la numérisation de la société, c’est l’idée d’une liberté fondée sur l’Etat de droit. Nous avons besoin de règles pour être libres.

S’agissant du futur cadre réglementaire, la priorité est d’avoir un objectif clair. Pour nous, régulateurs, il s’agit avant tout de garantir la liberté d’expression, tout en protégeant la population contre les violations de la loi en ligne, telles que les atteintes à la dignité humaine, les menaces pesant sur les jeunes et les campagnes de désinformation.

EDF et Jinko :une centrale solaire la plus puissante au monde à Abu Dhabi

EDF et Jinko :une centrale solaire la plus puissante au monde à Abu Dhabi

 

 

Groupe EDF a annoncé que le consortium constitué de sa filiale EDF Renouvelables et de Jinko Power Technologie Co. Ltd, leaders mondiaux des énergies renouvelables, a remporté l’appel d’offres pour le projet photovoltaïque d’Al Dhafra à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. La future centrale, d’une capacité installée de 2 GW, sera la plus puissante au monde et alimentera en électricité l’équivalent de 160 000 foyers locaux chaque année.

Le consortium précise que ce projet est réalisé en partenariat public-privé (PPP). Ainsi, EDF Renouvelables et Jinko Power détiendront chacun 20% des parts du projet. Les 60% restants seront détenus par les deux principaux acteurs publics du secteur de l’électricité à Abu Dhabi que sont TAQA et Masdar.

« avec un coût moyen de production de l’électricité de 1,35 cent USD par kilowattheure ».

L’énergie solaire a bénéficié ces dernières années d’une forte chute des coûts, tandis que des projets de plus en plus gigantesques se sont développés.

Le parc de Bhadla en Inde représente ainsi une capacité installée totale de plus de 2,2 GW, ce qui en ferait le plus puissant au monde. Mais il s’agit d’un complexe avec des lots successifs remportés par plusieurs acteurs.

« Al Dhafra est le plus puissant projet solaire qui sera raccordé en un point », souligne-t-on chez EDF Renouvelables.

Riches en pétrole et en gaz, les Emirats arabes unis veulent diversifier leur bouquet énergétique en développant notamment les renouvelables mais aussi le nucléaire. Le pays explique vouloir produire 50% de son énergie à partir de sources « propres » d’ici 2050.

 

Encore une caricature du plan en France

Encore une caricature du plan en France

 

Thierry Aimar ,docteur en sciences économiques, sollicite Hayek pour démolir de façon caricaturale le concept de plan en général et en France en particulier qui serait même menacé de dictature ! L’économiste n’y va pas de main morte affirmant  le plan serait porteur de tares cognitive, éthique, politique. Un hymne un peu simpliste au marché comme réponse à tous les problèmes de la société.

L’économiste libéral Friedrich Hayek était contre la planification. Que lui reprochait-il ?

L’organisme de planification est confronté à un problème cognitif. Pour atteindre ses objectifs économiques, il lui est nécessaire d’obtenir, de centraliser et de contrôler un ensemble d’informations qui se trouvent dispersées dans une multiplicité de cerveaux individuels. Dans une société aussi complexe, dynamique et innovante que la nôtre, exigeant une réactivité et des réajustements permanents pour coordonner de manière efficace les activités, ce type de planification est destiné à échouer. Pour réussir, les planificateurs auraient besoin de plus d’informations qu’ils ne peuvent épistémologiquement en obtenir.

« L’ordre spontané » permis par la liberté d’initiative des individus incarne une richesse cognitive et une puissance de coordination avec laquelle aucune organisation planifiée ne saurait rivaliser, malgré tous les moyens technologiques désormais à disposition

 

Il ne faut pas confondre l’information transmissible par des canaux et le savoir tacite. Celui-ci est constitué par les savoir-faire, les représentations subjectives, les anticipations des différents acteurs individuels construites à partir de leur propre histoire individuelle et locale. Or, ce n’est pas le langage ou des procédures de communication formalisées qui permettent de transférer cette connaissance enfouie dans leur cerveau. Le Plan est donc incapable d’y avoir accès. C’est seulement en respectant la liberté d’initiative des individus et en laissant cours à leurs activités entrepreneuriales, qu’elles peuvent être socialement mobilisées.

Ces multiplicités d’intelligences décentralisées se cristallisent alors dans des prix, des règles, des traditions qui, en se diffusant dans le corps social, donnent lieu à ce que Hayek appelle un « ordre spontané ». Celui-ci incarne une richesse cognitive et une puissance de coordination avec laquelle aucune organisation planifiée ne saurait rivaliser, malgré tous les moyens technologiques désormais à disposition. Il constitue le seul moyen de gérer la complexité et de coordonner des millions d’activités dans un univers globalisé et toujours plus imprévisible.

C’était d’ailleurs au nom de ce savoir tacite, cette connaissance non formalisable que Hayek avait anticipé dès l’entre-deux-guerres l’inefficacité toujours plus grande des systèmes d’économie planifiée de l’URSS, appliqués à toute l’Europe de l’Est après la Seconde Guerre mondiale. Débordés par la complexité de l’information nécessaire à la réussite de la planification, ces systèmes ont fini par imploser.

Le problème de la planification est-il seulement cognitif pour Hayek ?

Il est aussi politique et éthique. La planification impose de la rigidité aux agents qui les empêche d’adapter leurs activités aux changements inévitables d’informations qui affectent leur environnement. Si le Plan devait laisser aux individus leur pleine liberté d’action et d’initiative, cela l’obligerait à réviser continuellement ses objectifs sans pouvoir espérer les réaliser un jour. Tout Plan exige du statisme. Il fige la décision et place ainsi les agents économiques dans des carcans. Pour Hayek, c’est justement parce que ses objectifs sont continuellement challengés par des initiatives privées qui le débordent, que le plan a besoin d’étendre son contrôle sur toutes les activités individuelles « dissidentes ». Si on le laisse développer ce contrôle, c’est toute l’économie de marché qui doit disparaître. Pour Hayek, cette logique conduit à la fameuse Route de la servitude qu’il dénonçait dès 1944. Le Plan n’est pas la réponse aux écueils du marché ; au contraire, c’est le Plan qui augmente les inefficacités du marché en l’empêchant de s’auto-organiser de manière efficace.

La crise a créé beaucoup d’angoisse, et par atavisme, beaucoup de gens pensent que la solution viendra de l’autorité politique qui apparaît de nouveau comme un ange gardien censé veiller sur notre sécurité et assurer une stabilité éternelle en nous protégeant du marché

La crise du coronavirus n’a-t-elle pourtant pas révélé que nous avions besoin de nous organiser si nous voulions garder en France la fabrication de médicaments par exemple ?

La Covid-19 est l’exemple d’un événement imprévisible. Geler des ressources en fonction d’un événement dont la probabilité ne peut pas être définie n’est pas synonyme d’efficacité économique globale, bien au contraire. Si on applique un raisonnement par l’absurde, anticiper la possibilité qu’un jour des extraterrestres cherchant à nous détruire devrait nous conduire à consacrer la majeure partie du PIB mondial à la défense militaire. Quand on parle de la Covid-19 comme le signe d’un échec de la mondialisation et de l’absence de décision politique, on se trompe totalement de combat. Le politique n’a pas plus d’informations que le marché pour prévoir des événements imprévisibles. Au contraire, ce serait plutôt grâce au marché que l’on réussit à s’ajuster le moins mal possible aux événements imprévisibles en libérant les initiatives et en multipliant les adaptations locales et décentralisées. La Covid-19 reprend en Chine. Il n’y a donc pas de gestion ou de prévision plus efficace dans un pays dirigiste. En revanche, la privation de liberté est beaucoup plus grande que dans les pays régis par les règles de marché.

Pourquoi le Plan revient-il aujourd’hui, les gens ont-ils besoin d’être rassurés ?

C’est en effet pour des raisons psychologiques. La crise a créé beaucoup d’angoisse, et par atavisme, beaucoup de gens pensent que la solution viendra de l’autorité politique qui apparaît de nouveau comme un ange gardien censé veiller sur notre sécurité et assurer une stabilité éternelle en nous protégeant du marché. C’est évidemment une pure utopie qui fait abstraction de l’immense littérature qui a démontré depuis un siècle les limites cognitives ainsi que les dégâts politiques d’une gestion étatique et planifiée de l’économie. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui dans le cadre d’une société qui se caractérise par des changements technologiques et institutionnels gigantesques. Le mythe de l’Etat paternaliste qui débarrasse les citoyens du risque a historiquement mené au totalitarisme. Il est sans doute temps de relire Hayek.

« UNE ÉCOLOGIE DE TERRAIN » ! (Castex)

« UNE ÉCOLOGIE DE TERRAIN » ! (Castex)

Dans le journal Ouest-France, le Premier ministre Jean Castex explique sa conception de l’écologie, une écologie de terrain dit-il sans doute pour s’opposer à une écologie dite de salon. Une belle profession de foi au parfum un peu politicien et un peu démago quand il prend le support de l’environnement pour parler de tout comme par exemple l’apaisement politique ! La chronique du Premier ministre :

 

 

« Dans mon discours de politique générale, j’ai proposé qu’à partir des initiatives qui – et parfois depuis longtemps – ont germé un peu partout en France, l’ensemble des acteurs d’un territoire se réunissent pour bâtir un véritable plan de transition écologique autour d’éléments aussi concrets que la rénovation thermique, les circuits courts, les pistes cyclables, les économies d’énergie, l’artificialisation des terres, les énergies renouvelables… abordés à l’échelle de leur ville ou de leur village. Dans un cadre concerté, ce plan devra fixer des objectifs précis, chiffrés et mesurables. Belle façon d’impliquer les plus jeunes qui verront là, chez eux, les moyens de s’engager personnellement dans la lutte contre le réchauffement climatique ! Chacun doit se sentir responsable et impliqué dans cette grande affaire parce que je crois que l’État seul ne peut rien.

C’est le sens de la méthode que j’entends insuffler pour accélérer la transition écologique : donner les moyens à chaque citoyen, à chaque entreprise et à chaque association de s’engager à son échelle. L’État et les collectivités sont là pour les accompagner, pour fixer le cadre et pour coordonner les efforts. Sur le terrain, on se parle et on s’écoute ! Tout le monde doit travailler ensemble, les associations environnementales, les entrepreneurs, les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs…

« L’écologie à laquelle je crois est aussi celle du dialogue et de l’apaisement »

Ma mission en tant que Premier ministre de la République française est de contribuer à réconcilier toutes les France, celle urbaine dont les déplacements quotidiens en transports en commun ou à vélo sont souvent facilités par de solides infrastructures, mais aussi celle périurbaine voire rurale, constituée d’automobilistes pour qui la voiture est encore une nécessité et qui ont été trop souvent stigmatisés. Construisons avec eux les solutions.

Un tel dessein passe nécessairement par le dialogue, la concertation et la participation citoyenne, et le succès de la Convention citoyenne pour le climat voulue par le président de la République souligne une évidence : c’est par le dialogue qu’émergent des actions concrètes et des idées nouvelles. Et là encore, le local est particulièrement adapté à l’échange, à l’échelle d’un territoire, d’une commune ou d’un quartier.

« L’écologie à laquelle je crois est, enfin, une écologie de l’emploi, de l’innovation et de la croissance »

Une écologie qui crée de la richesse partout sur les territoires et y compris dans les ruralités. L’écologie est pour moi un projet d’amélioration de la qualité de vie, de notre performance économique et évidemment, de notre souveraineté.

C’est pourquoi, avec Barbara Pompili et l’ensemble des membres du gouvernement, nous mettons déjà ces principes en œuvre. Près du tiers des investissements prévus par le plan de relance, qui sera présenté fin août en Conseil des ministres, sera directement dédié à la conversion écologique de notre économie. Ce plan de relance sans précédent créera les conditions d’une croissance écologique, mais aussi des emplois qualifiés dès aujourd’hui et pour les jeunes qui entreront prochainement sur le marché du travail. L’action de la Convention citoyenne sur le climat, dont j’ai notamment reçu des représentants, sera prolongée par des mesures concrètes et ambitieuses.

L’écologie n’est pas l’apanage d’une génération. Elle n’est pas la propriété des grandes villes et elle l’est encore moins des partis politiques. L’écologie à laquelle je crois est celle de l’action plutôt que de l’incantation. Si nous voulons qu’elle soit créatrice de valeur, qu’elle soit efficace tout en étant juste, alors elle doit être l’affaire de tous les citoyens. »

Une loi sur le séparatisme ?

Une loi sur le séparatisme ?

 

Cette loi va sans doute être l’occasion de confusion et d’un grand flou artistique en raison notamment de son nom et de son objectif. En outre,  ce n’est pas forcément la priorité du moment. Concrètement le plus urgent est sans doute de s’attaquer à la sécurité montante partout et en particulier dans les quartiers marginaux désertés par la puissance publique. De ce point de vue après les fusillades de Nice et les voyages des responsables du gouvernement comprenant notamment le premier ministre et le ministre de l’intérieur, la montagne a accouché d’une souris. En effet pour résumer afin de lutter contre les citadelles de la drogue dans les quartiers et les crimes de sang,  on va infliger une amende au consommateur. Pas vraiment une mesure à la hauteur de l’enjeu.

L’insécurité est sans doute la caractéristique la plus visible et la plus concrète du séparatisme. D’un côté des populations et des quartiers qui se soumettent aux lois de la république et de l’autre des quartiers heureusement minoritaires qui appliquent leur propre loi, leur propre économie leurs propres règles de régulation de la sécurité. C’est ce séparatisme là qui devrait être prioritaire. L’autre séparatisme se recoupe d’ailleurs avec le précédent , il est de nature plus politique et plus religieux. Mais on comprendra que l’objectif  » qui visera tout “projet organisé en marge de la République et contre la République, en vue de lui porter atteinte”, comme la déclaré dimanche la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa paraît particulièrement va vague. Et quand la sous ministre essaye de s’expliquer, c’est encore plus flou :

“J’ai entendu diverses interprétations disant: alors si on est un groupe d’amis de la même origine qui aimons être ensemble, est-ce qu’on en fait partie? Non. La seule question qui vaille est: est-ce qu’il y a un projet pour s’organiser contre la République”, a dit la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, au micro de franceinfo.

“Je ne veux pas qu’on soit une addition de simili-communautés qui ne se parlent pas au mieux et qui se détestent au pire. (…) Pour cela, nous devons mettre en oeuvre des politiques d’intégration pour les primo-arrivants et être également dans la répression.” Le seul exemple un peu précis donné par la ministre est celui de l’excision.

Depuis 2017, a ajouté Marlène Schiappa, le gouvernement a fait fermer près de 300 “lieux problématiques, du débit de boissons jusqu’à l’école hors contrat qui prêchait le séparatisme”. “Nous allons continuer et amplifier cela”, a promis la ministre déléguée, tout en préconisant de renforcer le partenariat entre maires et préfets. Le problème c’est que chaque fois qu’un lieu est fermé deux ou trois autres s’ouvrent.

Castex-Violence et drogue : une amende comme réponse !

Castex-Violence et drogue : une amende comme réponse !

 

 

Autant convenir que les orientations de Castex pour lutter contre la violence notamment sur fond de drogue ne sont pas du tout à la hauteur de l’enjeu. Pour résumer, la mesure essentielle est constituée par la perspective d’une amende en direction des consommateurs de stupéfiants.  Pas vraiment une réponse aux meurtres récents et aux scènes de crimes dans les quartiers : la policière écrasée, le chauffeur de bus assassiné ou encore le pompier volontairement atteint par balle. Sans parler des règlements de compte de bandes dans des quartiers qui ressemblent à Chicago. Parmi les autres mesures, il faut noter 60 policiers de plus à Nice, un ou deux emplois en plus pour l’action pénale dite proximité mais dans les tribunaux qui seront toujours aussi éloignés. Et pour la police municipale et le renforcement de son rôle : « on fera une étude » !

Le Premier ministre a en effet annoncé le lancement d’une expérimentation sur « l’extension des compétences de la police municipale ».

Des mesurettes complètement surdimensionnées par rapport à l’ampleur des violences. Pourquoi pas aussi une amende pour tout ce qui recouvre le concept d’incivilité évoquée par Macon et son gouvernement ; un concept d’incivilité qui comprend les crimes, les meurtres, les insultes et autres écarts anecdotiques comme criminels.

 

Le scandale est évidemment de qualifier d’incivilité des meurtres en plus souvent prémédités et organisés.  Les mesures prises par le premier ministre sont tellement insignifiantes  que les grands médias peinent en rendre compte.

 

Une correction boursière mais quand ? ( Saxo Banque)

Une correction boursière mais quand ? ( Saxo Banque)

Il y a des semaines voire des mois que certains prédisent une correction sévère de la bourse. Pas étonnant les marchés financiers sont complètement déconnectés des réalités de la conjoncture tout autant que les grandes évolutions à venir. Les masses de liquidités déversées par les banques centrales ont aussi été utilisées pour la spéculation.

D’une certaine façon , il y a déjà longtemps que les marchés financiers sont devenus fous et que leur pathologie est gérée régulièrement à coup de crises. Des crises plus ou moins provoquées dans les gros investisseurs qui retirent leurs billes au détriment des petits porteurs. Les rapports  entre la situation réelle des entreprises et la valeur des actions sont de plus en plus distendus. Il suffit par exemple d’une rumeur concernant l’éventualité d’un traitement ou d’un vaccin concernant le Coronavirus pour que la capitalisation boursière d’une industrie pharmaceutique augmente de centaines de millions voire de plusieurs milliards avant de se dégonfler en raison d’une autre rumeur.

 

Mais l’écart entre les fondamentaux des entreprises et les marchés financiers comportent de plus en plus de risques. Ainsi des signes de tension apparaissent sur le marché obligataire, en particulier aux Etats-Unis, en raison d’inquiétudes sur les perspectives de l’économie américaine, écrit Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique pour la banque danoise, dans une note publiée vendredi.

“L’histoire nous enseigne que les investisseurs obligataires ont plus souvent raison que les investisseurs actions”, écrit-il. “Dit autrement, le risque d’avoir une correction boursière au S2, potentiellement avant l’élection américaine (de novembre), est important, a fortiori si, comme nous l’anticipons, le scénario d’un rebond en V de l’économie ne se matérialise pas.”

En Bourse, où seuls les indices américains sont repassés en territoire positif depuis le début de l’année, les tendances d’avant la crise se sont accentuées avec un repli massif des investisseurs sur les entreprises cotées en position de monopole ou de quasi-monopole, souligne-t-il avant d’insister sur le poids des géants de la technologie sur le Nasdaq.

“Au cours des derniers mois, nous avons assisté à une rotation vers les valeurs de croissance et les valeurs liées à la consommation qui sont généralement plus résistantes que les autres en période de récession”, un phénomène particulièrement marquant aux Etats-Unis et dans les pays émergents, lit-on dans la note.

Les inquiétudes concernant une éventuelle correction boursière se fondent aussi sur d’évolution possible des fondamentaux économiques : croissance, emploi, prix de l’énergie, évolution des échanges internationaux. Les bulles des marchés financiers sont potentiellement nombreuses, le marché obligataire bien sûr mais aussi le marché des actions, le marché immobilier, le marché des changes etc. Le déversement de centaines et de centaines de milliards par les banques centrales, nécessaires au soutien de l’économie, viennent cependant par leur ampleur brouiller  les évaluations.

Budget européen : une protestation pour la forme du parlement

Budget européen : une protestation pour la forme du parlement

Les négociations particulièrement difficiles relatives au plan de soutien de l’économie européenne récemment décidé par les chefs d’État n’a été accepté qu’au prix d’une certaine diminution du budget habituel de l’Europe ( pour la période de 2021 à 2027). Du coup, le Parlement se fâche et menace même de ne pas voter. Quelques agitations de députés sont sans doute à prévoir, elles seront cependant surmontées après quelques concessions plus ou moins réelles  et le projet de budget européen sera adopté.

 Dans une résolution adoptée jeudi, le Parlement européen prévient qu’il « n’accepte pas en l’état » le futur budget communautaire, revu à la baisse sur l’autel du plan de relance. Ursula von der Leyen a reconnu que les coupes concédées sont « une pilule dure à avaler », manière d’appeler, elle aussi, les Etats membres à un effort supplémentaire.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné, jeudi à Bruxelles devant le Parlement européen, ses propres regrets face à la faiblesse du budget européen prévu pour la période 2021-2027.

Charles Michel, président du Conseil européen, s’est avant tout félicité d’« un signal de confiance, de robustesse » permettant aux Européens de « renouveler pour 30 ans leurs voeux de mariage » (la durée du futur emprunt qui financera la relance). Mais Charles Michel, présidente de la Commission européenne, n’a pas caché que les coupes consenties dans le budget européen (et dans les pans du plan de relance devant le compléter) constituent « une pilule dure à avaler, et je sais que cette assemblée ressent la même chose »« Nous ne l’avalerons pas », a de suite prévenu Manfred Weber, le patron du PPE (droite), le premier groupe du Parlement.

Hydrogène : une utopie ?

 Hydrogène : une  utopie ?

La solution de l’hydrogène relève davantage de l’utopie promue à des fins politiques que d’une alternative viable pour l’avenir pour Samuele Furfari, Professeur en géopolitique de l’énergie à l’Université Libre de Bruxelles, Docteur en Sciences appliquées (ULB), ingénieur polytechnicien (ULB), et Président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels. Un point de vue évidemment qui s’oppose à d’autres. Observons que l’Allemagne va consacrer 9 milliards au développement de la filière hydrogène. Rien  nest  joué pour son avenir qui dépend évidemment de sa compétitivité et des conditions de l’énergie nécessaire pour la produire. Des conditions qui ne passent pas nécessairement par des sources intermittentes. Un point de vue intéressant mais asez discutable (chronique dans la tribune)

 

 

« La Commission européenne vient de présenter sa stratégie sur l’hydrogène (voir La Tribune de ce 15 juillet). Elle explique comment faire de l’hydrogène « propre » une solution viable pour une économie climatiquement neutre et construire une chaîne de valeurs dynamique de cette ressource en Europe au cours des cinq prochaines années. Elle calque ainsi l’Allemagne qui a lancé sa stratégie hydrogène il y a un mois.

Alors que les investissements en faveur de l’électricité d’origine renouvelable intermittente dans l’Union européenne (UE) ne suivent pas le rythme souhaité, des États membres poursuivent leur fuite en avant avec une solution mort-née. Pour rappel, lorsque l’UE et ses États membres parlent d’énergies renouvelables, ils ont en tête « éolien » et « solaire photovoltaïque », tout le reste étant démontré par les investissements comme étant marginal et sans intérêt environnemental. Pour eux, le fleuron des énergies renouvelables, permanentes, contrôlables, économiques et propres qu’est l’hydroélectricité est ainsi un sujet tabou. La production d’énergies éolienne et solaire étant par nature intermittente, en cas d’insuffisance de demande , l’excès doit être écoulé en payant pour s’en débarrasser, et ce coût est supporté par nous tous (voir La Tribune du 3 mars 2020). La solution serait de pouvoir stocker cette énergie, mais les promesses utopiques des politiciens et de certains industriels en matière de batteries n’ont pas et ne seront pas tenues pour des raisons intrinsèques liées à l’électrochimie.

Il ne reste plus qu’une solution : transformer par électrolyse de l’eau ce surplus d’électricité dont personne ne veut en hydrogène pour ensuite soit l’utiliser comme combustible soit le retransformer en électricité dans des piles à combustibles. C’est le rêve : une électricité propre produisant une énergie propre qui ne produit que de l’eau quand elle est consommée et qui permettra une diversification avec le véhicule électrique au cas où cette autre illusion ne ferait pas non plus long feu ! Qu’on se le dise, même les trains fonctionneront à l’hydrogène ! Cela dépasse de loin l’utopie des biocarburants, imposés en dépit du bon sens et des données scientifiques, et dont l’écho de l’échec reste fort discret. En 2008, à l’époque de la présidence Sarkozy, l’UE avait décrété une production de 10% de biocarburants pour le transport à l’horizon de 2020. Elle est maintenant passée d’un « minimum » à un « maximum » peu honorable, coûteux et polluant. A supposer que les opérations d’électrolyse et de pile à combustible aient chacune un rendement industriel de 80%, on aura perdu dans l’opération 36% de l’énergie injectée (0,8 x 0,8 =0,64).

Une première référence en 1972

La première référence à l’hydrogène que j’ai trouvée dans les rapports de la Commission européenne remonte à 1972, soit avant la première crise pétrolière. Le Journal des Ingénieurs de 1979 (n°2 – page 11) disait exactement tout ce qu’on dit aujourd’hui… avec les mêmes conditionnels. Lorsque je m’occupais de la transformation du charbon en pétrole – parce que le bruit courait qu’il n’y aurait bientôt plus de pétrole ! -, j’ai beaucoup travaillé sur l’hydrogène, élément essentiel dans cette synthèse. Ensuite ce fut en 2003 le énième retour avec cette fois comme « propandistes » le tandem Prodi-Bush. Hélas, depuis lors, aucun changement n’est intervenu, et jamais n’interviendra, car tout dépend des équations chimiques et de la thermodynamique qui régissent toute la question de l’hydrogène. Mais les politiciens n’ont que faire de la chimie, pour eux, la méthode Coué suffit : vouloir c’est pouvoir.

Mais alors quoi de neuf pour l’hydrogène ? De la propagande politicienne, du rêve et rien d’autre.

Voici les faits scientifiques. L’hydrogène est une substance chimique produite à partir de gaz naturel selon un procédé banal et répandu dans le monde entier, appelé « vapocraquage ». Cette molécule est utilisée massivement par l’industrie de la pétrochimie et de toute la chimie qui en découle, principalement pour la production d’engrais. Avec une démographie mondiale croissante, la demande d’hydrogène pour la production de fertilisants agricoles croitra au rythme des nécessités alimentaires. Cette molécule de base déjà très recherchée le deviendra de plus en plus. Grâce à cette véritable surprise en matière de géopolitique de l’énergie qu’est le gaz naturel, son marché global est de plus en plus compétitif et fluide ce qui se traduira par une réduction de son prix sur les marchés internationaux. Il faut donc prévoir une diminution du prix de production de l’hydrogène, d’une part parce que la matière première sera moins chère et d’autre part parce que le marché s’élargit.

Cependant, sa production à partir d’énergies renouvelables revient par contre beaucoup plus cher et est compliquée. Selon la Commission européenne, « les coûts estimés aujourd’hui pour l’hydrogène d’origine fossile sont d’environ 1,5 €/kg dans l’UE, [...] de 2,5 à 5,5 €/kg » pour l’hydrogène « vert ». On observera la marge qui est est un signal… politique ! Malgré les promesses répétées depuis des décennies de coûts plus bas des énergies renouvelables alors que la réalité de votre facture d’électricité affirme l’inverse, l’hydrogène « vert » restera toujours plus cher que celui produit par le gaz naturel.

Manipulation du marché par la politique

 

Puisqu’un produit ne peut avoir qu’un prix dans un marché ouvert, l’hydrogène « renouvelable » devra être subsidié tant qu’il y aura du gaz naturel disponible, c’est-à-dire pendant au moins un siècle. Bien entendu, certaines industries profiteront de l’aubaine de la stratégie hydrogène – comprenez la manipulation du marché par la politique – , comme d’autres l’ont fait à l’époque des biocarburants ; elles bénéficieront de prix garantis et d’une image verte, bien entendu sur le dos des contribuables/consommateurs. Il n’est donc pas surprenant qu’elles aient le 10 mars dernier conclu avec la Commission européenne une alliance, comme l’ont fait d’autres pour les batteries… et les biocarburants.

Par ailleurs, de nouveau sur un marché global – sauf à vouloir créer un vaste marché de contrebande -, l’hydrogène a pour vocation d’être utilisé en chimie et non pas comme combustible. Brûler de l’hydrogène à des fins énergétiques, c’est comme se chauffer en brûlant des sacs Louis Vuitton. Inévitablement, tout hydrogène produit finira dans la chimie et non pas dans les moteurs des véhicules. Passe encore que l’UE endoctrinée pense à le faire, mais dire avec l’Agence Internationale des Énergies renouvelables (IRENA) que c’est « une opportunité stratégique pour verdir la relance mondiale » est inadmissible pour une institution internationale quand elle sait pertinemment bien que seul 35% des Africains sont connectés au réseau électrique. Et IRENA voudrait produire de l’hydrogène à partir de leur excès d’électricité ! C’est abracadabrant, c’est indigne, c’est éthiquement insupportable.

Le comble, c’est que pour vendre du gaz qui produirait en rien moins de CO2, les Russes de Gazprom promettent d’injecter de l’hydrogène dans le gaz naturel qu’ils vendront à l’UE – à l’Allemagne principalement. Cela revient à injecter du Clos Vougeot dans de la piquette pour mieux écouler cette dernière, ce qui est plutôt grotesque.

Souvent dans la vie, lorsque l’on fait une bêtise, on en commet une autre afin de cacher la première. C’est ce qui se passe avec l’hydrogène. Il est consternant de devoir constater l’entêtement et l’endoctrinement verts dans lesquels est tombé le monde politique européen.

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(*) Dernier ouvrage de Samuele Furfari : «Énergie 2019: Hystérie climatique et croissance des énergies fossiles »

 

Pompeo pour une coalition anti-chinoise

Pompeo pour une coalition anti-chinoise

 

 

Les États-Unis, la Grande-Bretagne mais aussi la France montent  le ton vis-à-vis de la Chine concernant les graves entraves aux libertés individuelles et collectives et systèmes répressifs mis en place en particulier chez les ouïghours et à Hong Kong. Le changement de tonalité des pays occidentaux correspond aux net durcissement de la politique du parti communiste chinois tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières.

Un parti communiste chinois qui se sent libéré de toute contrainte démocratique depuis qu’il a décidé de prolonger à vie le mandat de son président . Bref le risque du retour du maoïsme responsable directement de 13 millions de morts. Le chef de la diplomatie américaine a dénoncé la Chine comme un pays agressif, citant les revendications de Pékin en mer de Chine méridionale, les différends avec l’Inde, ou l’épidémie liée au coronavirus que Mike Pompeo a accusé la Chine d’avoir exploitée de manière “honteuse”.

“Nous espérons pouvoir bâtir une coalition qui comprend cette menace et s’emploiera collectivement à convaincre le Parti communiste chinois qu’il n’est pas dans son intérêt d’avoir ce genre de comportement”, a déclaré Mike Pompeo devant la presse, au côté du ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab.

“Nous voulons que chaque pays épris de liberté et de démocratie (…) comprenne la menace que représente pour lui le Parti communiste chinois.”

La Chine accuse les pays occidentaux, et en particulier les Etats-Unis, d’hystérie anti-chinoise et de comportement colonialiste.

«Une mondialisation raisonnée» – (Olivier Duha)

«Une mondialisation raisonnée» – (Olivier Duha)

 

« La mondialisation est à l’homme du XXIsiècle ce que l’ecstasy est aux « techno-ravers ». Phénomène socio-dégénératif pour certains, catastrophe écologique pour d’autres, la mondialisation reste pour le plus grand nombre un puissant déclencheur de pulsions consuméristes quasi orgasmiques » (tribune dans l’Opinion d’Olivier Duha *)

 

Olivier Duha, co- fondateur de Webhelp et ancien président de CroissancePlus

 

Quand rien ne va plus, on vide son sac et on cherche des coupables. La crise que nous traversons n’a pas échappé à la règle, et au palmarès des grands fautifs, la mondialisation fait figure de champion. Déjà coupable de notre chômage de masse, de l’accroissement des inégalités, de l’affaiblissement des cultures locales ou du réchauffement climatique, voilà désormais que la mondialisation serait non seulement responsable de la circulation du virus, mais aussi de notre dépendance à des puissances étrangères pour des actifs soudainement considérés comme stratégiques.

Ce procès est un mauvais procès, dans lequel la mondialisation est en vérité victime de nombreux biais.

Il est essentiel de ne jamais perdre de vue que la mondialisation ne rend pas une nation compétitive par nature, c’est la compétitivité d’une nation qui lui permet de jouir du potentiel de la mondialisation

Des biais cognitifs, d’abord, qui convergent vers ce que Steven Pinker a qualifié de « progressophobie ». Notre esprit a, par exemple, naturellement tendance à se focaliser sur les coûts plutôt que les bénéfices, le mal y est toujours plus fort que le bien. Face aux problèmes – réels – que nous constatons, nous oublions ainsi les progrès que la mondialisation a permis au cours du XXesiècle : le taux de pauvreté extrême (moins de 1,90 dollar/jour) a chuté de 60 % à 10 % entre 1950 et 2015, l’espérance de vie a plus que doublé depuis 1900, passant de 32 à 72 ans. Famines et malnutritions, conflits et guerres, mortalité infantile, illettrisme, esclavages et servitudes, partout dans le monde ces maux sont en chute libre et, malgré ce que nous déversent les actualités quotidiennes, nous sommes les témoins de la plus vertigineuse amélioration de nos conditions de vie que le monde n’ait jamais connu.

Des biais culturels, ensuite : la critique de la mondialisation est un « privilège » des populations occidentales, qui n’ont pas éprouvé individuellement le progrès, à la différence de celles des pays en développement, qui en voient les effets de façon très concrète. Nous bénéficions du progrès sans l’avoir véritablement perçu alors que nous ressentons plus directement les coûts de la mondialisation.

Aspiration fondamentale. Imaginer un monde « démondialisé » n’a ni sens, ni avenir. Tout d’abord parce que la mondialisation répond à une aspiration fondamentale de l’être humain : l’échange, qui est l’expression de la liberté. Ensuite parce que, depuis Ricardo, on sait qu’elle est le moteur le plus efficace de la croissance et qu’il n’y a pas de progrès sans croissance. Enfin, parce que la mondialisation est à l’homme du XXIsiècle ce que l’ecstasy est aux « techno-ravers ».

Phénomène socio-dégénératif pour certains, catastrophe écologique pour d’autres, la mondialisation reste pour le plus grand nombre un puissant déclencheur de pulsions consuméristes quasi orgasmiques. Comme le note Sébastien Bohler (Le bug humain, Robert Laffont, 2019), la mondialisation est notre meilleure alliée tant elle a permis de démocratiser ce qui était pendant des milliers d’années réservé à une élite.

Dans ce contexte, le débat n’est pas « devons-nous acter de la fin de la mondialisation », mais « comment pouvons-nous rendre la mondialisation plus vertueuse » ?

Tout d’abord, il est essentiel de ne jamais perdre de vue que la mondialisation ne rend pas une nation compétitive par nature, c’est la compétitivité d’une nation qui lui permet de jouir du potentiel de la mondialisation.

L’enjeu est, à l’évidence, dans l’avènement d’une mondialisation « raisonnée », préservant le libre-échange tout en prenant mieux en compte des objectifs aujourd’hui bafoués par le court-termisme ou par l’égoïsme des Etats

Si le débat sur la souveraineté industrielle ouvert par la crise est légitime, nous devons surtout nous donner les moyens de faire partie de la compétition mondiale, pour bénéficier de l’effet multiplicateur d’un terrain de jeu planétaire. Cela passe par des réglementations stables et efficaces, co-construites avec les acteurs économiques, par l’investissement dans les infrastructures (télécoms, énergie, fret), par la formation, par la recherche, par des politiques européennes coordonnées, volontaristes et résolument tournées vers une mondialisation de conquêtes.

Libre échange. L’enjeu est aussi, à l’évidence, dans l’avènement d’une mondialisation « raisonnée », préservant le libre échange tout en prenant mieux en compte des objectifs aujourd’hui bafoués par le court-termisme ou par l’égoïsme des Etats : la protection de l’environnement, l’équité sociale ou encore la loyauté dans les relations commerciales. Les instruments – donner un prix au carbone, protéger les droits de propriété intellectuelle, appliquer des mesures anti-dumping social ou anti-subventions publiques – sont connus. C’est la volonté politique de les appliquer de façon cohérente au niveau mondial qui fait défaut. Il faut, pour cela, refonder le multilatéralisme, sortir du bourbier du « cycle de Doha », engagé par l’OMC depuis 2001 sans aucun résultat. Le défi est immense mais la gravité de la situation actuelle nous impose un grand remodelage de l’ordre mondial.

 

Traitement Coronavirus : une bataille de fric

Traitement Coronavirus : une  bataille de fric  

 

Indéniablement les chercheurs sont lancés dans une guerre de recherche à la fois pour traiter le Coronavirus et au-delà trouver un vaccin. Parallèlement,  une guerre est engagée  entre les industries pharmaceutiques qui souhaitent imposer que coûte que coûte  leur remède y compris en faisant fi des études épidémiologiques et des procédures de validation. Ainsi en est-il du remdesivir produit de l’industrie américaine (Gilead) . Mais ce remède miracle revendiqué par l’industrie américaine ne semble pas plus efficace qu’un placebo.

Pour l’instant, pour les résultats positifs, il faut s’en remettre à un communiqué de Gilead.

« Gilead Sciences a connaissance de données positives émanant de l’étude conduite par l’Institut national des allergies et maladies infectieuses sur son médicament antiviral remdesivir pour le traitement du Covid-19″, a indiqué la société.

« Positif » signifie que les malades traités se sont rétablis plus vite, selon les objectifs déclarés de l’étude.

Le directeur de l’Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, s’est montré prudemment optimiste mercredi. Ce n’est pas une victoire par K.-O., a-t-il dit dans le Bureau ovale à côté du président Donald Trump, mais c’est une « importante preuve de concept ».

La mortalité du groupe témoin serait de 11%, contre 8% dans le groupe remdesivir, selon Anthony Fauci.

 

« C’est très positif », a résumé Donald Trump.

Cet essai clinique américain avait commencé le 21 février et devait inclure 800 malades du Covid-19 aux Etats-Unis et dans d’autres pays.

Ni les patients, ni les médecins ne savaient si la solution injectée par intraveineuse était le remdesivir ou le placebo, qui ressemblait au médicament mais ne contenait que des ingrédients inactifs.

De multiples essais cliniques sont en cours en Europe, en Asie et aux Etats-Unis pour trouver un traitement efficace contre le Covid-19. Le remdesivir est l’une des thérapies testées, aux côtés d’autres antiviraux ou encore de l’hydroxychloroquine.

Pour l’instant, seule l’étude chinoise, menée du 6 février au 12 mars dans dix hôpitaux de Wuhan, a été dûment évaluée et publiée. Ses résultats avaient fuité le 23 avril brièvement sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé.

237 malades avaient participé, dont deux tiers traités par le remdesivir. Les médecins voulaient plus de 450 participants, mais la pandémie s’est arrêtée à Wuhan avant d’avoir pu atteindre ce nombre.

« Le traitement par remdesivir n’accélère pas la guérison ni ne réduit la mortalité liée au Covid-19 par rapport à un placebo », selon un résumé de l’étude, publiée par The Lancet.

« Malheureusement, notre essai a montré que bien que sûr et bien toléré, le remdesivir n’a pas montré de bénéfice significatif par rapport au placebo », a commenté l’auteur principal de l’étude, le professeur Bin Cao, cité dans un communiqué du Lancet.

 

La bataille continue donc entre les partisans du traitement américain et les partisans de la chloroquine. Une bataille normalement de nature scientifique mais qui a largement émergé dans les médias depuis des semaines. Le professeur Raoult de Marseille utilise la chloroquine a été la cible de nombreux experts et médias. Il s’est expliqué devant la commission parlementaire en indiquant clairement que certains de ses collègues défendaient des industries pharmaceutiques en raison d’intérêts personnels. Il a condamné ces conflits d’intérêts. Il a invité les membres de la commission parlementaire à consulter Internet sur ces conflits d’intérêts « tout y est » a-t-il déclaré. De fait  l’un de ces experts parisiens les plus virulents contre le professeur Raoult qu’on voit souvent sur les chaînes d’information entretient quelques liens avec l’industrie pharmaceutique , extrait de wikipédia:

« De 2011 à 2016, cet expert effectue des interventions rémunérées dans des conférences et comités d’experts des entreprises pharmaceutiques Bristol-Myers Squibb (pour un total de 10 000 euros sur 5 ans), Gilead (15 000 euros), AbbVie (3 000 euros), Janssen (3 000 euros) et Merck & Co (7 000 euros)6. Ces interventions portent sur le VIH et les hépatites B et C6. En 2016, elle est invitée à parler sur le sujet de l’hépatite C à la Conférence internationale sur les rétrovirus et les infections (CROI)7.

En 2012, elle devient experte auprès de l’Organisation mondiale de la santé, et en 2016 d’Unitaid6. Elle fait partie du panel de scientifiques du programme ONUSIDA de 2013 à 20158. En 2015, elle fait partie des auteurs du document publié par l’OMS intitulé Lignes directrices pour la prévention, les soins et le traitement en faveur des personnes atteintes de l’infection à hépatite B chronique9.

De 2011 à 2016, elle effectue des interventions rémunérées dans des conférences et comités d’experts des entreprises pharmaceutiques Bristol-Myers Squibb (pour un total de 10 000 euros sur 5 ans), Gilead (15 000 euros), AbbVie (3 000 euros), Janssen (3 000 euros) et Merck & Co (7 000 euros)6. Ces interventions portent sur le VIH et les hépatites B et C6. En 2016, elle est invitée à parler sur le sujet de l’hépatite C à la Conférence internationale sur les rétrovirus et les infections (CROI)7. »

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Une justice de proximité (Eric Dupond-Moretti) mais toujours aussi éloignée géographiquement !

Une justice de proximité (Eric Dupond-Moretti) mais toujours aussi éloignée géographiquement !

 

Le nouveau ministre de la justice s’explique sur ce concept de justice de proximité qui en fait ne change à peu près rien. Il n’y aura pas en effet de nouveaux tribunaux de proximité délocalisés près des zones potentielles de délits. Le tribunal de proximité qui va perdurer est celui qui existe déjà (quand le tribunal de grande instance est géographiquement éloignée : l’ancien tribunal d’instance). Peut-être y aura-t-il quelques effectifs en plus mais cette annonce du Premier ministre relève surtout de la communication. En clair, une orientation sans contenu. Notons aussi que Dupond Moretti se prononce contre l’indépendance du parquet. Donc pour la dépendance vis-à-vis du pouvoir politique. On aura l’occasion de le vérifier pour les grandes affaires en cours ! ( Interview dans le JDD)

 

Vous aviez dit à la télévision – en éclatant de rire – que jamais vous ne seriez ministre de la Justice. Comment et pourquoi avez-vous changé d’avis?
Quand j’ai prononcé cette phrase, je pensais vraiment que jamais on n’aurait l’idée de me le proposer! Et quand le poste m’a été proposé, j’ai répondu à l’instinct : j’ai dit oui et j’ai réfléchi après. Un ami m’a dit : « On te donne les clés de la bagnole, il faut que tu montes dedans. » J’ai une connaissance approfondie – mais pas technocratique – de l’institution judiciaire. Je sais ce qu’elle a de bon et ce qui doit changer. J’ai accepté aussi pour des raisons ­affectives. Comme avocat, j’ai toujours défendu des hommes, pas des causes. Cette fois encore, j’y suis allé pour l’homme. Je trouve Emmanuel Macron courageux. Maintenant, c’est à moi d’agir. Je dois réussir. J’ai des idées, mais je dois les mettre en œuvre. En pensant à ça, je ne vous cache pas que j’ai eu un vertige : quand, comme moi, on doit tout à la République, ce n’est pas rien de pouvoir la servir.

Justement, qu’est-ce qui vous donnera le sentiment d’avoir réussi?
Ce qu’il faut changer dans notre justice, ça fait trente-six ans que j’y réfléchis! La difficulté pour moi, c’est d’apprendre mon ­administration et de l’apprivoiser. Elle est compétente et pleine de gens de qualité, elle peut aussi – comme toute structure – avoir ses lourdeurs. Quand je partirai, je veux laisser deux ou trois choses simples : je n’ai pas de baguette magique, mais je veux réconcilier les Français avec leur justice, leur redonner confiance. C’est pourquoi je parle d’une « justice de proximité » – ça ne veut pas dire qu’on va rétablir les juges de proximité qu’on avait supprimés [en 2017], mais qu’on va essayer d’avoir une justice qui a le souci de la proximité avec les justiciables. Il y a deux problèmes principaux : le manque de moyens et certaines mauvaises habitudes. J’aurai réussi si j’arrive à agir sur ces deux fronts.

Si ce n’est pas un retour en arrière, comment définirez-vous cette nouvelle justice de proximité?
C’est une question d’organisation. Pendant la crise sanitaire et le confinement, des magistrats se sont rendus dans les hôpitaux. Je propose que, dans certaines parties du territoire ou dans des cas particuliers, on amène le juge à se déplacer plutôt que le justiciable. Ce sera utile à tous ceux pour qui l’accès à la justice est difficile – ce sont souvent les plus démunis. La justice est au service du justiciable, non l’inverse. Il ne faut pas l’oublier.

Concrètement, quelles sont vos priorités?
J’arrive avec des rêves, mais je sais que le temps est compté – on n’est pas ministre à vie, c’est heureux. Donc j’ai hâte de passer d’une phase d’installation à une phase active. Je signerai rapidement mes premières instructions. Je veux que les hommes suspectés de violences conjugales, s’ils ne sont pas déférés, soient convoqués par le procureur et reçoivent un avertissement judiciaire solennel. On m’a déjà dit que ça pourrait heurter la présomption d’innocence : j’ai montré les dents… Il ne s’agit pas d’une condamnation ; c’est le moyen de montrer à un homme que la justice est attentive et qu’elle ne laisse rien passer. Autre exemple : je connais les prisons, j’y suis allé tant de fois comme avocat. Il y existe de bonnes pratiques pour améliorer les conditions de détention, il faut les généraliser. Les textes prévoient aussi des délégués qui, parmi les prisonniers, signalent les difficultés, les carences. C’est utile, mais il n’y en a pas partout. Ça ne coûtera rien d’en avoir dans chaque établissement.

Un conseiller serait chargé, auprès de vous, de collecter ces « bonnes pratiques ». Vous confirmez?
J’aime le bon sens. Dans notre justice, il y a le pire et le meilleur. Je dis qu’il faut en finir avec le pire et ne garder que le meilleur. Qui peut être contre? D’autant que ça ne coûte pas plus cher. Je vais pratiquer la pêche aux bonnes idées pour améliorer la justice au quotidien et, oui, j’aurai un conseiller pour ça. Dans tel tribunal, une greffière ou un magistrat a eu une idée qui fonctionne, on la fera ­remonter. D’ailleurs, nous n’avons pas assez de greffiers, je veux alléger leurs tâches pour les valoriser et qu’ils puissent répondre dans de meilleurs délais aux demandes des justiciables.

Vous citez souvent Victor Hugo : « Ouvrir une école, c’est fermer une prison ». Vous voulez moins de prisons?
Un programme de construction de 15 000 places est engagé. Mais avant de définir une politique, je veux observer l’évolution du nombre de détenus. Avec l’épidémie, nous en avons un nombre historiquement bas. S’il n’augmente pas trop, les prisons à venir permettront de soulager les prisons existantes, donc d’améliorer les conditions de détention. Mais il faut rompre avec les débats caricaturaux. La politique pénale ne repose pas sur le compassionnel ; ce n’est pas soit le tout-répressif, soit le laxisme. Le bon principe, c’est l’équilibre. La prison est un mal nécessaire, mais il faut penser à la sortie de ceux qui y sont enfermés, et qui doivent sortir moins mauvais qu’ils n’y sont entrés. Gardons aussi à l’esprit cette évidence : s’il suffisait de cogner fort pour que le crime disparaisse, on le saurait. Seuls les populistes font semblant de le croire, je n’en suis pas. Je suis un droit-de-l’hommiste et je l’assume : je ne veux plus que mon pays soit le 12e pays le plus condamné par la Cour européenne sur 47, essentiellement pour des procès jugés « inéquitables ». C’est bien qu’il faut changer quelque chose, non?

Ne risquez-vous pas le procès en angélisme?
J’entends déjà que certains me caricaturent en laxiste qui veut vider les prisons, d’autres en ultra-répressif qui veut les remplir. Je ne serai ni l’un ni l’autre. On ne fait pas une bonne justice avec de la démagogie. Il faut des principes : le contradictoire, les droits de la défense, ça ne coûte pas d’argent. Mais il faut aussi des moyens, je le mesure. Nos tribunaux ont besoin de moyens supplémentaires. Aux assises, j’ai vu un juré apporter son magnétophone parce que la cour n’en avait pas…

Vous aurez des moyens pour la justice?
C’est une nécessité, j’en aurai. Le Premier ministre l’a annoncé : le budget 2021 va accroître le rythme des créations de postes pour la Justice.

Emmanuel Macron et Jean Castex vous ont donné des assurances?
Oui, très fortes.

Le Sénat examinera la semaine prochaine un texte instaurant des mesures de surveillance pour des terroristes en fin de peine. Vous le soutiendrez?
Sur ce sujet, ma réflexion a évolué. J’ai toujours été opposé à la rétention de sûreté telle que l’envisageait le président Sarkozy, parce qu’elle envoyait en prison des individus non pour ce qu’ils avaient fait mais pour ce qu’ils seraient susceptibles de faire dans l’avenir – je ne veux pas de Guantanamo en France. Le projet dont vous parlez instaure le port du bracelet électronique pour des gens qui ont été condamnés pour des faits de terrorisme. Il ne s’agit pas d’une privation de liberté et, de toute façon, ces personnes seraient surveillées par nos services de renseignement. J’y suis donc totalement favorable. Je vous le répète, je ne verse ni dans l’angélisme ni dans le populisme. On m’a reproché d’avoir défendu le frère de Mohamed Merah. Et alors? Je l’ai fait pour défendre une certaine idée de la justice. Cet homme avait le droit d’être défendu. La différence entre la barbarie et la civilisation, c’est la règle de droit.

Êtes-vous toujours favorable au rapatriement des femmes et des enfants prisonniers en Syrie?
Oui, mais j’appartiens à un gouvernement qui défend l’idée que ces prisonniers doivent être jugés là où ils ont commis leurs actes et qui examine au cas par cas la situation des mineurs pour leur rapatriement. En tout état de cause, je serai un militant infatigable pour défendre des Français – car ils sont français qu’on le veuille ou non – qui encourent la peine de mort. Nous continuerons d’agir en ce sens auprès des pays concernés. Nous avons pris des engagements internationaux et célébrerons l’an prochain le quarantième anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France. C’est l’honneur de notre pays.

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Un projet de révision constitutionnelle est en cours, qui pose notamment la question de l’indépendance des parquets. Êtes-vous favorable à la suppression du lien hiérarchique entre la chancellerie et les procureurs?
Non. Je crois légitime pour le gouvernement de définir et de disposer des moyens de conduire une politique pénale. Le système actuel présente deux avantages : la politique pénale est une et indivisible, les mêmes règles s’appliquent dans tout le pays ; les procureurs ont une légitimité, celle qui leur vient d’un gouvernement démocratique. Mais le pouvoir n’a pas le droit d’intervenir dans le cours des affaires. Pour la nomination des procureurs, le ministre suit les avis du Conseil de la magistrature ; c’est déjà la pratique, mais il y a eu quelques entorses par le passé. Pour que ce ne soit plus possible, je veux graver cette règle dans le marbre de la Constitution.

L’affaire visant François Fillon a relancé le débat sur l’information du Garde des sceaux dans les enquêtes en cours. Comptez-vous être informé des dossiers sensibles?
Bien sûr. Il est normal que le gouvernement soit informé d’affaires qui ont une certaine résonance. Mais la loi interdit au ministre de la Justice, et c’est heureux, de donner des instructions aux ­procureurs. On est bien loin de ces vieux films en noir et blanc où le ministre s’adresse à un procureur tremblant et au garde-à-vous. Je m’interdirai toute intervention.

Faut-il séparer les carrières des magistrats du siège et du parquet?
Je le voudrais, mais je n’en aurai pas le temps dans cette mandature. C’est pourtant un gros problème. J’ai connu un président de cour d’assises qui disait : « La justice est le seul sport où l’arbitre porte le même maillot qu’un des joueurs. » Il y a un autre sujet qui me tient à cœur, c’est la lutte contre le corporatisme qui nuit à la justice. Je voudrais transformer l’École nationale de la magistrature en une école unique mêlant la formation des magistrats et celle des avocats. Mais ce chantier prendrait lui aussi trop de temps. Nous avons six cents jours. Pour agir concrètement, je dois être pragmatique.

Faut-il accorder plus de place à la défense dans la procédure pénale?
La justice s’est bunkerisée. Dans mon ancien métier, j’ai vu des petits cartons sur les portes où il était inscrit : « Le juge ne reçoit pas les avocats. » C’est absurde. Il faut revenir à une justice plus fluide, à des rapports pacifiés entre juges et avocats. Je ne peux pas l’ordonner, mais je peux le suggérer fortement, par circulaire. Le procès équitable, c’est le contraire de la guerre.

Dans votre discours d’installation, vous avez déclaré que les enquêtes préliminaires devaient « rester préliminaires ». Allez-vous prendre aussi une circulaire en ce sens?
J’ai demandé à mon administration de me faire des propositions. Quand certaines enquêtes s’éternisent en interdisant le contradictoire mais en s’accompagnant de violations ciblées du secret, au profit parfois de quelques journalistes, il y a de quoi s’inquiéter.

Justement, on vous prête l’intention de renforcer le secret de l’instruction. Est-ce exact?
Quand une démocratie devient une dictature, les premières cibles sont les journalistes et les avocats. Je suis très respectueux du travail de la presse et du secret des sources. Mais le fait que le secret professionnel des avocats ne soit plus protégé me désespère. J’entends y remédier. Je souhaite qu’une réflexion s’engage sur ces sujets. J’y associerai évidemment les journalistes.

D’autres affaires – dont celle dans laquelle les fadettes de plusieurs avocats ont été scrutées, y compris les vôtres – mettent en cause le fonctionnement du parquet national financier. Faut-il le supprimer?
L’inspection générale de la Justice a été saisie. J’attends ses conclusions. Je m’engage à les rendre publiques, quels qu’en soient les termes.

La commission parlementaire sur l’indépendance de la justice demande une autre inspection, sur d’éventuels dysfonctionnements du parquet de Nanterre dans l’enquête visant le député Thierry Solère. Y êtes-vous favorable?
Je n’ai pas été saisi personnellement. Je me prononcerai quand j’aurai pris connaissance du ­dossier.

Vous avez souvent souhaité, comme avocat, un système de responsabilité pour les magistrats. Allez-vous le mettre en œuvre?
L’indépendance ne permet à aucun magistrat de s’affranchir de nos règles. L’indépendance n’a de sens que si elle s’inscrit dans l’impartialité et, dès lors, elle n’exclut pas la responsabilité. C’est un chantier que je veux engager, dans la concertation avec les magistrats.

Une réforme de la justice des mineurs figure-t-elle à votre programme?
Une réforme est déjà en cours devant le Parlement. Je souhaite une justice des mineurs plus rapide et plus efficace. Quand un gamin est poursuivi régulièrement pour de petits délits, des dégradations et des incivilités, il doit être traduit immédiatement devant un juge, et le lendemain il va repeindre les murs d’une gendarmerie ou d’un commissariat. Il n’est pas normal non plus qu’on puisse être arrêté mineur et jugé à 22 ans! Et je souhaite que les mineurs qu’on enferme ne sortent pas, à 17 ou 18 ans, avec pour idole un islamiste ou un caïd. Il faut inventer un modèle alternatif pour ceux qui le méritent. Je travaille à des solutions.

Votre entrée au gouvernement est-elle le début d’une carrière politique?
À 59 ans, c’est un peu tard pour faire carrière! J’étais très heureux dans mon métier d’avocat. Je change complètement de vie. Je le fais exclusivement parce que je suis porté par la haute idée que j’ai de la Justice.

une amende de près de 100 millions pour les industriels de la charcuterie pour entente illégale

une amende de près de 100 millions pour les industriels de la charcuterie pour entente illégale

« Les industriels concernés (les charcutiers-salaisonniers) se coordonnaient pour acheter moins cher les pièces de jambon auprès des abatteurs et/ou s’entendaient par ailleurs sur les hausses de prix des produits charcutiers qu’ils entendaient pratiquer auprès des enseignes de la grande distribution, pour leurs marques de distributeurs (MDD) ou premiers prix », indique l’Autorité de la concurrence dans un communiqué.

La plus forte sanction (35,5 millions d’euros) vise le leader français de la production porcine, la coopérative Cooperl, qui possède six sites intervenant dans la fabrication de charcuterie. Suivent le groupe de distribution Les Mousquetaires (Intermarché, Netto), qui fabrique également des produits sous ses propres marques comme Monique Ranou (31,7 millions d’euros d’amende), et le groupe Fleury Michon (près de 14,8 millions d’euros d’amende).

« Les ententes ont concerné de très nombreux produits de consommation courante (jambon cru, jambon cuit, saucissons, rosette, chorizo…) », souligne l’Autorité de la concurrence.

Prix agricoles : relative stabilité avec une petite tendance baissière

Prix agricoles : relative stabilité avec une petite tendance baissière

 

 

Une étude conjointe de la FAO et de l’OCDE conclut à une certaine stabilité de la production et des prix pour les 10 ans à venir. Des perspectives qui paraissent rassurantes tant du point de vue de la production que de la consommation. Le problème comme dans toute étude prospective c’est la fiabilité de ces projections. Il faudrait évidemment ajouter la traditionnelle précaution  oratoire » toutes choses étant égales par ailleurs » . En effet on ne peut pas exclure un certain nombre d’événements internationaux qui viendraient bouleverser ces prévisions comme la guerre économique renforcée entre Etats voir la guerre tout court dans certaines zones. Aussi des évolutions erratiques du climat avec des alternances de plus grande ampleur encore de pluie, de sécheresse voire d’autres catastrophes. Le risque aussi de mise en cause de la sécurité alimentaire du fait des perturbations de la biodiversité voire du développement de pandémie affectant l’homme , d’infections animales ou des cultures.( exemple l’adaptation en zone tempérée de nuisible des pays tropicaux).

D’après la FAO, l’agence des Nations unies pour l’alimentation, et l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui publiaient jeudi leurs perspectives agricoles sur dix ans on pourrait assister seulement à une légère baisse des prix.

Pendant la crise les prix ont été affectés par des stocks trop importants. Pour l’avenir on devrait retrouver une certaine stabilité avec une légère tendance baissière. Cela en raison d’une certaine stabilité voire d’une légère régression de la consommation individuelle

 

L’élevage et la production de poisson progresseront de 14 % d’ici dix ans, une hausse due surtout à la volaille.

La consommation de produits agricoles imputable aux biocarburants devrait, en revanche, rester stable. Le recours aux biocarburants pour limiter les émissions de gaz à effets de serre s’atténue et la consommation d’essence à base de biocarburants régresse aux États-Unis et dans l’Union européenne, souligne le rapport.

Les émissions directes de gaz à effet de serre d’origine agricole afficheront une croissance de 6 %, qui proviendra surtout de l’élevage, dans les régions les plus pauvres.

Soldes : une double erreur

Soldes : une double erreur

Chronique de Rémi Le Druillenec, co-fondateur d’Héroïne, agence de design spécialisée dans l’expérience client qui pense que les soldes s sont une erreur pour le commerce de détail (retail) et pour la vision environnementale.

 

Traditionnel temps fort de la consommation en France, les soldes estivales prennent cette année une toute autre résonance. Décalées au 15 juillet 2020, à la demande des petits commerçants logiquement soucieux de retrouver une trésorerie en amont, elles sont censées motiver une relance économique des secteurs les plus fortement impactés par la crise COVID (automobile et prêt-à-porter en tête). Pour autant, il paraît légitime de s’interroger aujourd’hui sur leur réelle pertinence, tant au regard de l’expérience client désastreuse (et a fortiori cette année, potentiellement dangereuse) qu’elles impliquent, que de la nécessaire révolution que le retail doit engager pour s’inscrire dans ce fameux « monde de demain » réclamé, à raison, par les consommateurs.

Faire vivre une expérience client mémorable est devenu l’une des préoccupations majeures des marques. Toute l’année, les enseignes s’engagent donc, pour optimiser leur relation client, améliorer la satisfaction des consommateurs, proposer des services innovants qui les distinguent des autres enseignes… Malheureusement, tous ces efforts sont réduits à néant d’un jour à l’autre. En effet, dès lors que la date des soldes a sonné, le retail est immédiatement ramené à une fonction purement transactionnelle, où les attentions de marques et les échanges avec le client sont appauvris, voire complètement supprimés. Allées encombrées, files d’attente aux cabines et aux caisses, bacs désordonnés, collections peu ou mal mises en valeur, signalétiques floues (j’ose à peine mentionner les codes couleurs propres à chaque enseigne pour indiquer le pourcentage de remise !)… Tout ceci provoque nécessairement une expérience confuse, voire même frustrante, dès lors que le consommateur ne trouve pas immédiatement sa taille, ou bien encore réalise que son produit coup de cœur n’est pas soldé. La dimension relationnelle, pourtant au cœur de l’expérience client, disparaît alors.

Garantir une expérience client agréable durant les soldes est traditionnellement un défi majeur. Ajoutez cette année les contraintes sanitaires de distanciation sociale, de parcours à sens unique, de port du masque, les angoisses naturelles des consommateurs comme du personnel de vente… Et le problème devient évidemment insoluble.

Une promesse contraire aux engagements du monde d’après

 

Ce fameux « monde d’après », encensé et raillé à la fois, et qui n’est autre finalement que la recherche d’un impact plus positif sur la société et ses parties prenantes, semble néanmoins buter sur le concept des soldes. Production de masse entraînant le nécessaire déstockage, encouragement à la surconsommation, incitation au rassemblement, abaissement des prix et donc de la valeur des produits, rupture de l’expérience client… Le premier des engagements responsables pour le monde du retail ne serait-il pas de tirer définitivement un trait sur ces pratiques hors d’âge qui nuisent tout autant à l’image des marques, à la relation client, à l’expérience en boutique, et à la planète ?

Il est vrai qu’en sacrifiant la qualité sur l’autel de la quantité, le concept de soldes a détérioré en profondeur la relation des consommateurs à leurs enseignes préférées. En laissant entendre, insidieusement, que ce tarif soldé était in fine le juste prix, les marques ont en effet sans le vouloir provoqué une grave crise de confiance. Par ailleurs, en abaissant, parfois drastiquement, la valeur monétaire de leurs produits, de nombreuses marques ont pris le risque d’une dévalorisation de leur image. Pire encore, pour certains secteurs, comme celui de la mode, les soldes font désormais partie intégrante du business model, et tout modèle alternatif semble impossible. Pour autant, certaines marques de mode ont émergé en réaction à la pression destructrice des soldes, preuve qu’un autre modèle est bien envisageable. En s’engageant pour une mode de qualité, éthique et plus durable, certaines enseignes ont refusé le concept même des soldes au profit d’une mode et de prix plus justes, et semblent correspondre au modèle du monde de demain. Ces marques l’ont bien compris, la transparence est clé pour regagner la confiance des clients.

Je gage que , au prisme d’une meilleure gestion des stocks (production on-demand), d’une définition plus juste des prix (impliquant une rémunération équitable de l’ensemble de la chaîne de production/distribution), d’une plus grande pédagogie faite aux clients (la transparence entraînant bien souvent la confiance), et d’une redéfinition de l’expérience à proposer en point de vente (de sorte à (re)donner toute sa valeur à la relation physique dans le retail).

 

Annulation des impôts irlandais d’Apple : une gifle pour l’Europe

Annulation des impôts irlandais d’Apple : une gifle pour l’Europe

 

Le tribunal deuxième instance juridique de l’union européenne vient d’adresser une belle claque à l’Europe en décidant d’annuler les 14 milliards d’impôts réclamés à Apple. Une décision judiciaire suite à la demande d’Apple évidemment mais aussi de l’Irlande ! Du coup se trouve remise en question la perspective de taxer les grands de l’informatique dans les pays où ils exercent une activité. Un manière  de légaliser les détournements fiscaux des GAFA. Il y aura toujours possibilité de faire appel devant la cour de justice de l’union européenne. Mais il faudra y réfléchir car cela démontre à l’évidence que le tribunal est surtout composé ( en principe un représentant par pays)  de juges porteurs d’une philosophie très libérale.

De la même façon cette décision porte un coup à la commission internationale organisée sous l’égide de l’OCDE pour réfléchir à une taxation des Gafa.

 

“Le Tribunal annule la décision contestée parce que la Commission n’a pas réussi à démontrer au niveau juridique requis qu’il y avait un avantage au sens de l’article 107, paragraphe 1, TFUE1”, écrivent les juges de la deuxième plus haute juridiction de l’Union européenne, en référence aux règles de concurrence dans l’Union.

Dans un communiqué, Apple a salué la décision du Tribunal.

“Cette affaire ne portait pas sur le montant des impôts que nous payons, mais sur le lieu où nous devons les payer. Nous sommes fiers d’être le plus grand contribuable au monde, car nous connaissons le rôle important que joue le versement d’impôts dans la société”, a déclaré le groupe à la pomme.

En avant-bourse, l’action Apple prenait 1,2% à Wall Street.

La décision du Tribunal pourrait affaiblir la position de Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, qui a lancé également des procédures similaires contre Ikea et Nike aux Pays-Bas.

La deuxième plus haute juridiction de l’Union européenne a annulé l’an dernier la décision de l’exécutif européen d’imposer à Starbucks le versement d’un arriéré d’impôts aux Pays-Bas pouvant atteindre 30 millions d’euros.

Elle a aussi débouté la Commission européenne sur le dossier d’exonération fiscale accordée à 39 multinationales en Belgique.

Dans le dossier Apple, c’est l’Irlande elle-même qui a fait appel aux côtés du groupe américain contre la décision de la Commission européenne.

Dublin cherche à protéger son régime fiscal qui lui a permis d’attirer des multinationales, même si les 14 milliards d’euros réclamés, en y intégrant les intérêts, auraient pu l’aider à faire face à la pandémie due au coronavirus.

Le gouvernement pourrait cependant faire l’objet de fortes critiques de la part des partis d’opposition pour avoir renoncé à cette somme alors que le déficit budgétaire devrait représenter jusqu’à 10% du PIB cette année.

La Commission européenne pourrait faire appel de la décision du Tribunal devant la Cour de justice de l’UE. Margrethe Vestager a déclaré que l’exécutif européen examinerait attentivement le jugement rendu et réfléchirait à d’éventuelles mesures, sans pour autant renoncer à lutter contre les arrangements fiscaux des multinationales.

Accord commercial Chine États-Unis : non à une phase 2 ( Trump)

Accord commercial Chine États-Unis : non à une phase 2 ( Trump)

 

“ Dès que l’accord de la phase1 a été conclu avec la Chine a été conclu, l’encre n’était même pas sèche, et ils nous ont frappés avec l’épidémie”, a-t-il déclaré, en faisant référence au nouveau coronavirus qui est apparu pour la première fois en décembre dernier dans la ville chinoise de Wuhan avant de se propager au reste du monde.

“Je ne donc pas intéressé pour discuter avec la Chine pour l’instant”, a-t-il dit lors d’un entretien sur CBS News en réponse à la question de savoir si la phase 2 des négociations commerciales était enterrée.

“Nous avons conclu un accord commercial important”, a ajouté Donald Trump en référence à l’accord de phase 1 signé en janvier.

“Donc pour l’instant, je n’ai pas envie de parler à la Chine d’un autre accord”, a dit Donald Trump.

Un retour du plan: une idée loufoque pour les ultralibéraux

Un retour du plan: une idée loufoque pour les ultralibéraux

C’est une idée loufoque pour les ultra libéraux et ceux qui les servent comme Jean-Marc Daniel. La démonstration de l’inutilité du plan ‘n’est  même pas une caricature mais la preuve que l’idéologie peut rendre idiot. Jean-Marc Daniel, le prophète de l’ultra libéralisme qui  hante les repas- copieux -des organisations professionnelles plutôt à droite démolit le concept de plan avec des arguments complètement contradictoires. Il affirme avec force que le bilan de l’action prospective du plan constitue un échec total. Et d’en expliquer les causes avec des références évidemment aux communistes et à l’URSS. Et d’affirmer comme un prophète évangéliste que »… L’idée qu’il faut maîtriser l’avenir par la technostructure a été totalement démentie et détruite par l’histoire. » Pourtant quelques lignes plus loin le même ultra libéral reconnaît

« que La planification telle qu’elle était conçue en France n’était pas directive mais indicative ». N’empêche qu’il lui attribue la responsabilité » du dirigisme inflationniste! Rien que cela, bref la caricature. Certes les ultra libéraux ont raison  de noter que la France ne manque pas d’institutions chargées d’analyser la situation économique voire de faire des scénarios. En fait ce que ne disent pas les ultralibéraux c’est qu’ils ne veulent surtout pas d’association des acteurs économiques aux grandes orientations stratégiques. Or chacun sait que le temps du politique n’est pas le temps de la prospective. Chacun sait que des grandes orientations économiques et technologiques n’ont pu être prises justement qu’avec une mise en perspective dans le temps.

Or aucun parti politique, aucun expert ne parvient à prendre la hauteur et le champ  nécessaire pour réfléchir aux mutations interactives qui affectent l’espace économique, social, technologique, environnementale et même sociétal. La plupart des experts résonnent par bout de truc, bouts de pensée. Jusqu’au bout même inimaginable de la médiocrité pour affirmer que le marché est là pour répondre aux grandes évolutions . Comme si le marché avait pour vocation de gérer à long terme et même à moyen terme: la biodiversité par exemple ou la pollution  !

Le plan en France n’a jamais été un outil de gestion mettant l’économie sous tutelle mais un outil d’éclairage à caractère tout à fait indicatif. Il est plus que temps de rétablir l’exercice de prospective en prenant en compte les interactions systémiques entre l’économie, le social au sens large, les technologies et l’environnement. L’autre hypothèse, on devrait dire l’autre renoncement, c’est effectivement de confier le futur des 20 années qui viennent au marché et notamment aux Gafa.

La planification ne nous préparera pas non plus aux chocs futurs, inimaginables à l’avance. « Si un astéroïde frappe la terre, si un cyber terroriste attaque notre système énergétique, que fera-t-on avec nos masques en papier, interroge Radu Vranceanu autre prophète de l’ultralibéralisme . Il ne faut pas de planification mais de la flexibilité, et la seule chose qui permet à l’économie de s’adapter rapidement, c’est le marché. ». Ce n’est plus de l’idéologie mais de l’évangélisme Trumpiste.

Ferroviaire : la ligne Lyon-Bordeaux reprise par une coopérative ?

Ferroviaire : la ligne Lyon-Bordeaux reprise par une coopérative ?

Pour l’instant ce n’est qu’un projet. Cependant la reprise par des coopératives de certaines lignes ferroviaires délaissées n’est  plus une hypothèse à écarter. Cela d’ailleurs pour plusieurs raisons. Il y a le coût exorbitant des conditions d’exploitation  des lignes dites secondaires désormais aussi soumises  à la concurrence d’autres opérateurs. Il y a aussi toutes ces lignes progressivement effacées de la carte des dessertes actives abandonnées aux ronces. Des centaines de lignes qui ont réduit le réseau ferroviaire officiel à la portion congrue essentiellement la grande vitesse et des dessertes locales et régionales fragilisées par leurs conditions d’exploitation La coopérative Railcoop , elle, veut ressusciter la ligne directe Bordeaux-Lyon, abandonnée depuis près d’une décennie par la SNCF. Et ce, dès 2022. Dans la foulée, elle entend instaurer d’autres liaisons ferroviaires transverses, sans détour par Paris. Avec un double objectif : faire progresser la part du train par rapport à celle de la voiture et vivifier des bassins à faible densité de population dans le Massif central, dont le confinement a montré le pouvoir d’attractivité.

L’idée est portée par une fratrie. Ingénieur de formation, selon son profil Linkedin, Nicolas Debaisieux, 40 ans, aujourd’hui directeur général de Railcoop, a travaillé sur les questions d’environnement pour le ministère de l’Ecologie. Diplômée de Sciences Po, sa soeur Alexandra, 41 ans, directrice générale déléguée, est spécialiste des financements européens. Si le projet se doit d’être viable, « la rentabilité n’est pas l’objectif premier », explique-t-elle en substance à franceinfo.

D’où la forme d’une « coopérative » prise par Railcoop (et plus précisément d’une société coopérative d’intérêt collectif, qui oblige à réinvestir 57,5% des bénéfices dans l’entreprise). Alors que le rail s’ouvre à la concurrence en France, tous deux ont choisi de se lancer sur les trajets délaissés par la SNCF et les autres géants du secteur

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