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Chloroquine: Surgisphere est une entreprise bidon

Chloroquine: Surgisphere est une entreprise bidon

Personne ne connaît Surgisphere? C’est logique c’est une entreprise bidon de quatre ou cinq employés non scientifiques qui ont bidouillé des données pour faciliter la condamnation du chloroquine dans la revue normalement prestigieuse de the Lancet . Plusieurs chercheurs ont d’ailleurs dénoncé l’utilisation faite de leurs données. L’entreprise était totalement inconnue du grand public et des spécialistes il y a encore quelques semaines. Mais tout a basculé avec la publication le 22 mai dans la prestigieuse revue The Lancet d’une étude se basant sur les données que Surgisphere dit avoir collectées dans des centaines d’hôpitaux dans le monde, sur des dizaines de milliers de malades. Les résultats ont eu un retentissement planétaire: non seulement l’hydroxychloroquine

 

Feuilleton de l’Hydroxychloroquine : « pas d’effet bénéfique » contre le Covid-19 selon une « étude » britannique

Feuilleton de l’Hydroxychloroquine : « pas d’effet bénéfique » contre le Covid-19 selon une « étude » britannique

Le feuilleton sur l’efficacité de la chloroquine continue et selon les études, les laboratoires ou les industries pharmaceutiques les avis divergents souvent d’ailleurs pour des motifs financiers. Rien n’indique pour l’instant que la chloroquine est complètement efficace mais le contraire non plus. Ce qui n’empêche pas certains organismes de le condamner sans doute notamment en raison de son coût ridicule. La dernière condamnation est britannique L’hydroxychloroquine est-elle efficace contre le Covid-19 ? La question n’a pas fini de faire polémique. Selon les résultats préliminaires de l’essai clinique britannique, Recovery, ce n’est pas le cas.

« Nous avons examiné les données et conclu qu’il n’y avait aucune preuve d’un effet bénéfique de l’hydroxychloroquine chez les patients hospitalisés » avec le nouveau coronavirus, explique ce vendredi Martin Landray, professeur à l’Université d’Oxford et codirecteur de l’étude. Les chercheurs ont, sur la base de ces premières données, « décidé d’arrêter l’inscription des participants dans le bras hydroxychloroquine de l’essai avec effet immédiat », ajoute-t-il.

Recovery a été lancé en mars comme une étude clinique randomisée « pour tester une gamme de médicaments potentiels contre le Covid-19 », dont le controversé traitement antipaludéen. Il était l’un des seuls essais à ne pas avoir arrêté le recours à l’hydroxychloroquine malgré une étude observationnelle très critiquée de The Lancet - dont trois des auteurs se sont rétractés depuis - pointant du doigt l’inefficacité voire l’effet néfaste de la molécule. Le débat est loin d’être terminé car outre les aspects scientifiques se mêlent des intérêts financiers évidents sans parler des enjeux de prestige.

 

Coronavirus : une nouvelle prime exceptionnelle pour le médico-social

Coronavirus : une nouvelle prime exceptionnelle pour le médico-social

À l’image de la prime pour les soignants du secteur hospitalier et les EHPAD, le gouvernement s’apprête à annoncer une prime exceptionnelle pour tous les professionnels des secteurs sociaux et médico-sociaux, y compris l’aide sociale à l’enfance et l’aide aux migrants et réfugiés.

dansune circulaire qui sera publiée prochainement au Journal officiel, et qu’Europe 1 a pu consulter, cette prime pourra bien être étendue à l’ensemble des personnels médico-sociaux, y compris ceux du secteur privé, si les départements, dont c’est la compétence, choisissent de la verser.

 

L’aide sociale à l’enfance et l’aide aux migrants et réfugiés aura droit à la prime

La prime exceptionnelle concernera donc également les établissements sociaux : l’aide sociale à l’enfance, les services de la Protection judiciaire de la jeunesse, les services pour adultes en difficultés sociales (Samu Social, hébergement d’urgence, réinsertion sociale…), les établissements pour demandeurs d’asile et réfugiés. Les personnels des établissements médico-sociaux, comme les services accueillant des personnes âgées ou des adultes et enfants en situation de handicap, seront aussi récompensés.

Sondage : 70 % contre une baisse des salaires contre l’emploi

Sondage : 70 % contre une baisse des salaires contre l’emploi

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro

69%)jugent “inacceptable”, contre 31% d’un avis contraire, que des entreprises en difficulté économique du fait de la crise sanitaire proposent des baisses de salaires pour éviter des licenciements, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro diffusé jeudi.

Cette idée, souligne l’institut de sondage, est majoritairement désapprouvée “quels que soient l’origine sociale, le territoire, l’âge, ou même l’orientation partisane des personnes interrogées”.

“Une seule exception: les sympathisants de La République en Marche (le parti présidentiel) sont, eux, une majorité de 53% contre 47% à l’approuver.”

Le sondage montre par ailleurs qu’un actif sur deux (53%) a repris le chemin du travail en France avec l’entrée en vigueur de la deuxième phase du déconfinement.

Les autres se répartissent entre télétravail (24%) et maintien en chômage partiel (23%).

L’enquête révèle par ailleurs que 41% des actifs interrogés confient avoir peur de perdre leur emploi. Cette proportion est supérieure à 50% parmi les ouvriers et dépasse les 60% chez les travailleurs indépendants.

L’enquête a été réalisée les 3 et 4 juin par internet auprès d’un échantillon de 1.004 Français âgés de 18 ans et plus.

Total : une résolution favorable au climat recueille 17 %

Total : une résolution favorable au climat recueille 17 %

Ce n’est pas encore la grande révolution écologique chez Total mais les idées progressent entre parenthèses exemple l’association de Total à des constructeurs automobiles concernant les piles). « 16,8 % des actionnaires du géant pétrolier ont voté en faveur de la première résolution climat jamais déposée en France, marquant enfin un réveil des actionnaires sur leur responsabilité à pousser un grand groupe pétrolier vers une profonde transformation », fait valoir Lucie Pinson de l’ONG Reclaim Finance.

Fait notable pour l’ONG : estimant que Total a fait des progrès mais qu’il lui faudra de la souplesse pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, BNP Paribas Asset Management s’est abstenue de voter. « Cela fait trois ans que BNP Paribas est supposé engager Total sur les questions climatiques. Pourtant, en s’abstenant, BNP Paribas affirme aujourd’hui que ces engagements ne sont pas suffisants », interprète Lucie Pinson.

Même satisfecit chez Meeschaert qui a porté cette résolution avec la Banque Postale et le Crédit Mutuel. « Le conseil d’administration de Total ne pourra pas faire fi de ce vote qui atteste d’une préoccupation forte d’un cinquième de l’actionnariat. Le score de 16,8 % dépasse ceux obtenus par des résolutions similaires présentées par les actionnaires de BP ou d’Equinor. Pour Total le signal est d’autant plus fort que l’entreprise a publié une nouvelle ambition climat début mai qui aurait pu convaincre », estime Aurélie Baudhuin, directeur de la recherche ISR chez Meeschaert AM.

Voiture électrique « une clientèle élitiste »(Toyota)

Ecologie :Voiture électrique « une clientèle élitiste »(Toyota)

 

Le patron de Toyota France, Franck Marotte, a estimé sur Europe 1 que ces aides l’électrique concerneront principalement une « clientèle élitiste ».

« A ce stade, cela concerne une clientèle élitiste qui va bénéficier d’une prime alors que ce n’est pas celle qui en a le plus besoin. On aurait aimé que les classes moyennes soient autorisées à participer à la transition écologique », a réagi Franck Marotte, mardi soir. Le bonus écologique s’élèvera jusqu’à 7.000 euros pour l’achat de véhicules électriques par les particuliers et à 5.000 euros pour entreprises, et un bonus de 2.000 euros sera créé pour les hybrides rechargeables.

Ce plan prévoit également un renforcement du dispositif de prime à la conversion qui bénéficie aux ménages modestes pour l’achat d’un véhicule neuf contre la mise à la casse d’un vieux véhicule. Selon le chef de l’Etat, les « trois quarts des Français seront éligibles ». Mais le patron de Toyota France déplore que ces aides ne toucheront « qu’une petite partie du marché et de la clientèle. Les véhicules électriques et hybrides rechargeables ne représentent que 7 à 8% du marché français ».

« Ce qu’on aurait aimé, c’est faire porter les primes sur des véhicules meilleurs marchés et donc renforcer la reprise du secteur. On voulait donc que l’hybride auto-rechargeable soit également concernée par la prime. C’est dommage », a ajouté Franck Marotte.

Le patron de Toyota France a également expliqué que les constructeurs auront toujours besoin des Etats dans les années à venir pour les accompagner vers l’électrification.  »A ce stade, les coûts ne sont pas assez réduits pour que l’électrique soit commercialisé massivement sans aide de l’État. Il faudra que la compétitivité soit trouvé de manière à réduire cette dépendance, pour que les batteries électrique et hydrogène soient commercialisables », a-t-il constaté.

Pour autant, Franck Marotte se montre satisfait du message envoyé par le gouvernement.  »Il était important d’entendre que les pouvoirs publics ont pris conscience de l’impact de la crise sur notre secteur. C’est un plan ambitieux, mais jamais suffisamment ambitieux et complet de notre point de vue. Il a le mérite d’accompagner et renforcer la transition écologique, d’être orienté vers les clients et de mettre en place un système de primes », a jugé le patron de Toyota France.

 

Le procès de l’hydroxychloroquine et autres : une affaire de gros sous

Le procès de l’hydroxychloroquine et autres : une affaire de gros sous

 

La question de l’efficacité des traitements du Coronavirus par différentes molécules connues depuis longtemps dont  l’ hydroxychloroquine occupe à nouveau là une des médias. Il y a de toute évidence derrière les exercices d’évaluation des différents traitements des questions scientifiques dont les résultats ne s’apprécieront  qu’avec le temps. Il y a aussi une redoutable bataille entre institutions de recherche dont beaucoup sont d’ailleurs financées par des laboratoires pharmaceutiques, aussi par des contributions publiques. Tout cela sur fond d’une redoutable guerre de l’industrie pharmaceutique qui passe parfois davantage de temps à démolir d’éventuels traitements ( voire de vaccins ), trop peu retables,  qu’à investir dans la recherche pour trouver le remède miracle.

Une nouvelle fois, les pouvoirs publics ont tiré le parapluie en s’abritant derrière l’avis du Haut conseil de santé publique consultée à la va-vite en 48 heures , une procédure d’ailleurs assez rare dans le milieu scientifique. Mais les comités scientifiques ont déjà avalé d’autres couleuvres. En fait, on se fonde surtout sur un article publié dans la revue médicale britannique  the Lancet. “Le groupe de travail a conclu de manière collégiale à l’absence d’étude clinique suffisamment robuste démontrant l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le COVID-19 quelle que soit la gravité de l’infection”, est-il souligné dans cet avis.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé samedi sur Twitter avoir chargé ce groupe indépendant d’experts d’analyser “une étude alertant sur l’inefficacité et les risques de certains traitements du COVID-19 dont l’hydroxychloroquine” publiée dans la revue médicale britannique à comité de lecture The Lancet.

Pour faire face à la flambée épidémique, les médecins français était autorisés depuis la fin mars et à titre dérogatoire à utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter les patients contaminés par le coronavirus et ayant développé la maladie COVID-19, alors que cet antipaludéen de synthèse est normalement utilisé dans le traitement de maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde et le lupus.

Mais au vu des conclusions de la vaste étude internationale publiée vendredi dernier dans le Lancet, qui a évalué le rapport bénéfices-risques de l’hydroxychloroquine dans la prise en charge du COVID-19, ainsi que “des effets secondaires potentiellement graves, en particulier cardiovasculaires” signalés par le réseau français de pharmacovigilance, le HCSP estime désormais que cette molécule “n’apporte pas de bénéfice et peut être dangereuse”. Une étude très complexe que sans doute peu de journalistes voire de scientifiques ont lu car cet article n’apporte pas d’éléments vraiment nouveaux. La preuve que la guerre des égos des mandarins, des instituts de recherche et des industries pharmaceutiques est loin d’être terminée tant en ce qui concerne la recherche de traitement que d’un éventuel vaccin.

Notons que la vaste enquête internationale qui devait évaluer l’efficacité de différents traitements appelé Discovery a fini en eau de boudin.

Le professeur Raoult de Marseille n’a peut-être pas totalement raison à propos de son traitement ( il faudra accepter le temps de faire cette évaluation et non de l’effectuer sous la pression de journalistes consciemment ou inconsciemment manipulés ) en tout cas il n’a pas tort  de souligner les enjeux économiques, institutionnels voire politiques qui alimentent certaines évaluations plus ou moins bidon.

G7 à Washington: Angela Merkel, une absence très diplomatique

G7 à Washington: Angela Merkel, une absence très diplomatique

Officiellement, c’est pour des  raisons de santé surtout que Merkel ne participera pas à la réunion du G7 organisé par le président américain Mme Merkel, (le G7 réunit les États-Unis, Japon, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie) . Une absence aussi assez diplomatique car Angela Merkel sait que le président américain est en pleine campagne électorale et qu’il n hésitera pas à utiliser cette rencontre au profit de ses électeurs. On peut notamment imaginer qu’il tentera une attaque nouvelle contre les Chinois. Or on sait que les Allemands sont partagés entre les exigences chinoises et américaines. L’Allemagne craint surtout une augmentation des droits douaniers sur ses exportations notamment ses automobiles.

 

Une absence qui sera remarquée celle de Merkel au G7 organisé par Trump aux États-Unis. Une absence sans doute liée à l’état de santé relativement fragile de la chancelière, aussi au climat encore difficile concernant la situation sanitaire mais aussi à la complexité des relations futures entre l’Europe  et les États-Unis. On sait qu’après la Chine, l’Europe  sera la prochaine cible du président américain qui voudrait rééquilibrer le commerce international en augmentant les  tarifs douaniers notamment ceux des voitures allemandes. Sans la présence de Merkel, il est clair que l’Europe  sera  affaiblie face à TRUMP et aux autres grandes puissances mêmes s’il est vraisemblable que Macron tentera de combler le vide avec sa faconde habituelle. Il pourrait même lancer une idée nouvelle à usage électoral essentiellement interne Reste à savoir quelle crédibilité les grandes puissances accorderont à ce discours. Beaucoup des participants à cet éventuel G7 sont surtout préoccupés par des problématiques internes et risque donc de tirer les orientations communes en direction de leurs intérêts nationalistes.

 

 

 

Le procès de l’hydroxychloroquine et autres : une affaire de gros sous

Le procès de l’hydroxychloroquine et autres : une affaire de gros sous

 

La question de l’efficacité des traitements du Coronavirus par différentes molécules connues depuis longtemps dont   hydroxychloroquine occupe à nouveau là une des médias. Il y a de toute évidence derrière les exercices d’évaluation des différents traitements des questions scientifiques dont les résultats ne s’apprécieront  qu’avec le temps. Il y a aussi une redoutable bataille entre institutions de recherche dont beaucoup sont d’ailleurs financées par des laboratoires pharmaceutiques, aussi par des contributions publiques. Tout cela sur fond d’une redoutable guerre de l’industrie pharmaceutique qui passe parfois davantage de temps à démolir d’éventuels traitements ( voire de vaccins ), trop peu retables,  qu’à investir dans la recherche pour trouver le remède miracle.

Une nouvelle fois, les pouvoirs publics ont tiré le parapluie en s’abritant derrière l’avis du Haut conseil de santé publique consultée à la va-vite en 48 heures , une procédure d’ailleurs assez rare dans le milieu scientifique. Mais les comités scientifiques ont déjà avalé d’autres couleuvres. En fait, on se fonde surtout sur un article publié dans la revue médicale britannique  the Lancet. “Le groupe de travail a conclu de manière collégiale à l’absence d’étude clinique suffisamment robuste démontrant l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le COVID-19 quelle que soit la gravité de l’infection”, est-il souligné dans cet avis.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé samedi sur Twitter avoir chargé ce groupe indépendant d’experts d’analyser “une étude alertant sur l’inefficacité et les risques de certains traitements du COVID-19 dont l’hydroxychloroquine” publiée dans la revue médicale britannique à comité de lecture The Lancet.

Pour faire face à la flambée épidémique, les médecins français était autorisés depuis la fin mars et à titre dérogatoire à utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter les patients contaminés par le coronavirus et ayant développé la maladie COVID-19, alors que cet antipaludéen de synthèse est normalement utilisé dans le traitement de maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde et le lupus.

Mais au vu des conclusions de la vaste étude internationale publiée vendredi dernier dans le Lancet, qui a évalué le rapport bénéfices-risques de l’hydroxychloroquine dans la prise en charge du COVID-19, ainsi que “des effets secondaires potentiellement graves, en particulier cardiovasculaires” signalés par le réseau français de pharmacovigilance, le HCSP estime désormais que cette molécule “n’apporte pas de bénéfice et peut être dangereuse”. Une étude très complexe que sans doute peu de journalistes voire de scientifiques ont lu car cet article n’apporte pas d’éléments vraiment nouveaux. La preuve que la guerre des égos des mandarins, des instituts de recherche et des industries pharmaceutiques est loin d’être terminée tant en ce qui concerne la recherche de traitement que d’un éventuel vaccin.

Notons que la vaste enquête internationale qui devait évaluer l’efficacité de différents traitements appelé Discovery a fini en eau de boudin.

Le professeur Raoult de Marseille n’a peut-être pas totalement raison à propos de son traitement ( il faudra accepter le temps de faire cette évaluation et non de l’effectuer sous la pression de journalistes consciemment ou inconsciemment manipulés ) en tout cas il n’a pas tort  de souligner les enjeux économiques, institutionnels voire politiques qui alimentent certaines évaluations plus ou moins bidon.

Industrie: Pour une relance européenne

Industrie: Pour une relance européenne

Une relance de l’industrie européenne : c’est possible soutien Frédéric Gonand , professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine-PSL. -( chronique l’Opinion)

 

« A l’heure où l’industrie française souffre de grandes difficultés à surmonter les conséquences d’un confinement généralisé et les nombreux obstacles juridiques qui brident la reprise de son activité, quatre idées peuvent être proposées aux pouvoirs publics européens pour aider durablement l’industrie européenne.

Un dispositif de prime à la casse automobile européenne présenterait plusieurs avantages. Il est efficace à court terme pour prévenir une catastrophe économique dans le secteur automobile. Bien calibré, il est généralement peu coûteux pour les finances publiques. Il gagnerait à inclure une dimension environnementale, notamment au bénéfice des véhicules électriques, voir hybrides, en ciblant sur les petites cylindrées). Enfin, il fournirait un exemple de dispositif européen visible concrètement et positivement pour les ménages.

La création d’un dispositif européen de financement de la sécurité sanitaire des employés dans l’industrie serait pertinente. La crise actuelle va renforcer les coûts de sécurisation sanitaire des conditions de travail bien au-delà de leur niveau actuel. Or les gains de productivité d’une économie sont concentrés dans l’industrie. L’Union européenne a donc intérêt à soutenir son industrie, via un dispositif européen spécifique de soutien au financement de la sécurité sanitaire de ses employés, avec prise en charge d’une partie des coûts selon une grille prédéfinie.

« L’intérêt économique pour l’industrie d’investir dans l’efficacité énergétique a sensiblement diminué avec la crise du coronavirus et la chute du prix de baril de pétrole »

Solidarité. Le mécanisme illustrerait politiquement la solidarité des Etats européens face aux conséquences industrielles d’une pandémie commune. Cela inciterait aussi la Commission à réfléchir quand elle fixe des normes sanitaires pour les entreprises, car dans ce dispositif elle aurait à payer une partie du coût de ce qu’elle décide d’appliquer aux autres.

Il serait aussi utile de créer un dispositif européen cohérent et dédié au soutien au financement des investissements d’efficacité énergétique dans l’industrie. La transition énergétique en général et l’efficacité énergétique en particulier impliquent des investissements importants et en partie imposés. Or l’intérêt économique pour l’industrie d’investir dans l’efficacité énergétique a sensiblement diminué avec la crise du coronavirus et la chute du prix de baril de pétrole qui représente le mètre étalon plus ou moins implicite de valorisation des montants d’énergie économisés. Concrètement, il s’agirait de construire au niveau européen un fonds finançant les investissements éligibles tels qu’ils résultent d’une grille tarifaire comme il en existe dans les pays membres.

Enfin, l’Union Européenne a besoin d’un véritable dispositif défensif contre les prises de contrôle d’entreprises européennes stratégiques par des acteurs non européens. La conjonction entre l’effondrement des marchés d’actions et l’abondance d’épargne chinoise rend nos grandes entreprises européennes à la merci de rachats d’actions et de bloc de contrôle. Le thème de la souveraineté prend du relief dans le contexte actuel et la Commission pourrait avoir intérêt à le récupérer au niveau européen.

Frédéric Gonand est professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine-PSL.

Plan de relance: vers une intégration

Plan de relance:   vers une  intégration  

 

Chronique de Gilles  Savary dans l’Opinion « Avec le plan de la Commission Van der Leyen, l’Europe s’est dotée de son “plan Marshall” de l’aprés-pandémie, mais cette fois en toute indépendance »

 

« L’accord Merkel-Macron sur un plan de relance européen financé par un emprunt mutualisé constitue un événement de portée historique. Il ne s’agit plus d’émettre des coronabonds, mais leur parfaite réincarnation. C’est un incontestable succès de l’opiniâtreté française.

Pour la première fois depuis le traité de Maastricht en 1992, après une longue intransigeance de l’Allemagne et des Etats du nord arc-boutés sur les critères contraignants du Pacte de stabilité, Angela Merkel entrouvre la porte d’une politique budgétaire commune à l’échelle des 27 Etats-membres de l’UE.

Si la crise sanitaire du Covid décevra sans doute bien des rêves et des aspirations de lendemains meilleurs, elle aura au moins concrétisé une solidarité financière européenne que l’on croyait de plus en plus compromise par l’air du temps national populiste… Il faudra bien sûr attendre les modalités de mise en œuvre de cet accord pour en apprécier toute la portée politique, mais comment ne pas se réjouir que l’Europe se soit cette fois montrée à la hauteur des événements ?

C’est le tabou de l’emprunt communautaire qui vient de tomber. Avec le plan de la Commission Van der Leyen, l’Europe s’est dotée de son « plan Marshall » de l’aprés-pandémie, mais cette fois en toute indépendance.

Il s’agit d’un acte majeur de « souveraineté » et de cohésion européenne.

Souverainetés. La réussite de ce plan de relance constitue donc un enjeu considérable pour la suite de la construction européenne et pour notre indépendance, tellement nos souverainetés cocardières sont devenues illusoires face aux GAFAM, à la Chine et aux désordres du monde.

Il serait illusoire de penser que la solidarité « intéressée » à laquelle consentent aujourd’hui les Allemands pourrait devenir un droit de tirage permanent sur leur prospérité

L’enjeu pour la France est désormais, non seulement d’en saisir l’opportunité pour relancer son économie, mais aussi d’en tirer profit pour stopper sa dérive industrielle et financière par rapport à l’Allemagne.

C’est en effet la solidité économique et financière de l’Allemagne, et accessoirement celle de quelques-uns de ses voisins, qui gage l’essentiel de ce plan, que ce soit en matière de garantie de l’emprunt communautaire annoncé, mais aussi d’émission monétaire sans dommages pour la compétitivité commerciale de la zone.

Angela Merkel n’est ni éternelle, ni exempte d’adversités vigilantes, qui seront scrupuleusement comptables de la « solidarité » qu’elle vient de consentir aux Européens, même si l’industrie allemande a un intérêt primordial à une reprise rapide du marché intérieur européen.

Les Allemands restent majoritairement réticents à communautariser les dérives budgétaires de leurs partenaires, et si la Chancelière a fait peu de cas du juridisme étriqué de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, son pays, comme la France, est exposé à la pression de mouvements national populistes inquiétants et peu enclins à partager le fardeau européen.

C’est dire que le plan de relance Macron-Merkel revêt non seulement une dimension politique européenne, mais constitue aussi un enjeu redoutable de politique intérieure allemande.

Il serait illusoire de penser que la solidarité « intéressée » à laquelle consentent aujourd’hui les Allemands pourrait devenir un droit de tirage permanent sur leur prospérité, et que l’avenir de la construction européenne pourrait s’accommoder d’un décalage économique et financier croissant au sein du couple franco allemand.

Notre premier rendez-vous de l’après Covid, c’est de réussir notre relance économique et sociale. »

 

L’électrique « une clientèle élitiste »(Toyota)

L’électrique « une clientèle élitiste »(Toyota)

 

Le patron de Toyota France, Franck Marotte, a estimé sur Europe 1 que ces aides l’électrique concerneront principalement une « clientèle élitiste ».

« A ce stade, cela concerne une clientèle élitiste qui va bénéficier d’une prime alors que ce n’est pas celle qui en a le plus besoin. On aurait aimé que les classes moyennes soient autorisées à participer à la transition écologique », a réagi Franck Marotte, mardi soir. Le bonus écologique s’élèvera jusqu’à 7.000 euros pour l’achat de véhicules électriques par les particuliers et à 5.000 euros pour entreprises, et un bonus de 2.000 euros sera créé pour les hybrides rechargeables.

Ce plan prévoit également un renforcement du dispositif de prime à la conversion qui bénéficie aux ménages modestes pour l’achat d’un véhicule neuf contre la mise à la casse d’un vieux véhicule. Selon le chef de l’Etat, les « trois quarts des Français seront éligibles ». Mais le patron de Toyota France déplore que ces aides ne toucheront « qu’une petite partie du marché et de la clientèle. Les véhicules électriques et hybrides rechargeables ne représentent que 7 à 8% du marché français ».

« Ce qu’on aurait aimé, c’est faire porter les primes sur des véhicules meilleurs marchés et donc renforcer la reprise du secteur. On voulait donc que l’hybride auto-rechargeable soit également concernée par la prime. C’est dommage », a ajouté Franck Marotte.

Le patron de Toyota France a également expliqué que les constructeurs auront toujours besoin des Etats dans les années à venir pour les accompagner vers l’électrification.  »A ce stade, les coûts ne sont pas assez réduits pour que l’électrique soit commercialisé massivement sans aide de l’État. Il faudra que la compétitivité soit trouvé de manière à réduire cette dépendance, pour que les batteries électrique et hydrogène soient commercialisables », a-t-il constaté.

Pour autant, Franck Marotte se montre satisfait du message envoyé par le gouvernement.  »Il était important d’entendre que les pouvoirs publics ont pris conscience de l’impact de la crise sur notre secteur. C’est un plan ambitieux, mais jamais suffisamment ambitieux et complet de notre point de vue. Il a le mérite d’accompagner et renforcer la transition écologique, d’être orienté vers les clients et de mettre en place un système de primes », a jugé le patron de Toyota France.

Crise de la presse: une crise d’abord de ligne éditoriale

Crise de la presse: une crise d’abord de ligne éditoriale

 

La presse notamment écrite va connaître une crise difficile au plan économique en raison en particulier de la chute drastique des recettes publicitaires qui les financent en grande partie. Les entreprises d’une manière générale vont  réduire les budgets considérés comme non prioritaires , en tout cas comme n’en essentiels dans la période. Cette dépendance de la presse vis à vis recettes publicitaire influencent évidemment la ligne éditoriale car il est difficile d’assurer la promotion d’une société et dans le même temps de se livrer à une analyse critique de son objet, de ses résultats ou de son fonctionnement.

Par ailleurs ,l’équilibre économique de plus en plus fragile de la plupart des médias conduits à une certaine uniformisation des lignes éditoriales. Pour l’essentiel, la plupart des médias reprennent  à peu près les mêmes thèmes, voire les mêmes informations en provenance des entreprises, des institutions, ou encore du gouvernement. Il faut souvent attendre 24 ou 48 heures pour que naissent quelques éléments d’analyse et de critique à propos d’une information. D’une manière générale, la presse est écartelée entre son désir de ne pas contrarier les principales financeurs que sont les vendeurs de publicité et la nécessité quand même d’alimenter l’information et la critique du lectorat. Un exercice particulièrement complexe. On peut même dire un grand écart entre le soutien des institutions en place et quelques portes ouvertes aux critiques du public. Souvent d’ailleurs au mélange sans pudeur avec le soutien affiché au pouvoir en place ( politique, économique, institutionnel) avec carrément le populisme pour donner des preuves d’indépendance qui n’en sont pas réellement. D’ailleurs, la plupart des grands médias sont désormais détenus par les financiers ( pouvoir politique pour les médias public avec des consanguinité).

 

Pas étonnant dans ces conditions que non seulement l’audience des médias traditionnels diminue mais surtout que la confiance dans ces médias ait tendance à se réduire. De nombreux sondages ont mis en valeur la baisse régulière de la confiance dans les médias traditionnels. Avec le Corona virus les sondages ont dû encore être bousculés. En général ,le taux de confiance dans la télévision tourne autour de 35 %, la presse écrite autour de 40 à 45 % et la radio à moins de 50 %.

Les nouvelles technologies sont venues bouleverser la donne avec l’émergence d’un nombre incalculable de sites où d’ailleurs le pire côtoie le meilleur. Avec un peu de détermination et de temps on parvient quand même à s’informer de manière un peu plus objective qu’avec les médias traditionnels.

Comme dans d’autres secteurs il faut d’autres s’attendre à des restructurations à l’intérieur des médias sans doute même à des suppressions de titres notamment de titres locaux déjà grandement fragilisés par le vieillissement du lectorat. Les grands sites ont eu du mal à s’adapter aux nouvelles technologies et finalement reprennent-( avec force photo et vidéos)  sur leur site là Une de leur édition papier sans beaucoup d’efforts d’approfondissement et d’analyse. Pour parler simplement chaque jour sont livrés des informations peu ou mal traités, contredites éventuellement le lendemain, quelques jours après par d’autres informations aussi sommaires. On l’a vu par exemple à travers ce débat sur la chloroquine, un débat de nature scientifique qui ne peut se soumettre à des appréciations à coups de serpe ou de manière très superficielle. Ajoutons que sur nombre de sujets le temps du journalisme n’est pas celui de la réflexion approfondie. Chaque jour une information chasse l’autre, éventuellement la contredit et des événements s’effacent sous la pression de l’événement médiatique du jour qui peut par ailleurs être complètement anecdotique.

Croissance: une baisse de 10% en 2020

Croissance: une baisse de 10% en 2020

 Les experts et surtout les responsables sont surtout écartelés entre la volonté d’afficher une certaine pertinence des perspectives économiques mais en même temps de ne pas désespérer les acteurs économiques. On a donc commencé par indiquer que les conséquences de la crise sanitaire se traduiraient par une belle de croissance de leur de 7,5 % pour la France.

En fait, le gouverneur de la Banque de France avoue  maintenant que cette baisse se rapproche de 10 % si on ajoute aux effets du confinement ceux du déconfinement. Pour parler simple la crise aura coûté 10 % la richesse nationale soit environ 250 milliards auxquels il faudra rajouter les dépenses de soutien à la crise sanitaire, aux entreprises et au pouvoir d’achat. Cette dernière facture atteindrait de l’odore  de 500 milliards pour le ministre de l’économie comme on est loin d’avoir terminé l’addition la crise pourrait bien coûter quelque chose comme 1000 milliards en additionnant toutes les dépenses et en retranchant les pertes de recettes « Nous savons déjà que l’acte I (le confinement général) a coûté à l’économie française près de 6 points de PIB annuel, et que l’acte II pourrait coûter en supplément au moins la moitié », a en effet affirmé François Villeroy de Galhau devant la Société d’économie politique à Paris.

« Nous savons déjà que l’acte I (le confinement général) a coûté à l’économie française près de 6 points de PIB annuel, et que l’acte II (le déconfinement) pourrait coûter en supplément au moins la moitié », a affirmé le gouverneur de la Banque de France (BdF), lors d’un discours prononcé devant la Société d’économie politique à Paris.

« À plus long terme, il est difficile de mesurer le temps du retour à la normale ou au new normal et l’on peut craindre certaines pertes durables de croissance potentielle », a ajouté François Villeroy de Galhau, soulignant que la BdF ne donnerait ses premières prévisions de croissance pour 2020 et 2021 que le 9 juin.

« Europe puissance » : une utopie ?

« Europe puissance » : une utopie ?

(Le groupe de réflexions Mars ( groupe de réflexion sur la défense stratégique) pose la problématique  de la souveraineté et de l’autonomie, et du sens donné à l’Europe de la défense ( chronique dans la Tribune)

 

« La France a longtemps espéré que l’Europe lui offre un démultiplicateur de puissance. La vision mitterrando-gaullienne de la construction européenne s’appuie sur cet espoir, né au lendemain des décolonisations, comme un relais des valeurs universelles de la nation française. C’est la vision d’une « Europe puissance », contestée par ceux qui n’y voient qu’un vaste marché. On sait comment l’ambition initiale des Pères fondateurs d’une Europe unie, modèle de paix et de prospérité, a glissé, faute d’approfondissement, au fur et à mesure d’élargissements politiquement inévitables, vers un modèle a minima, celui d’un marché unique où le respect des Quatre Libertés tient lieu de vision d’avenir.

La France est seule à croire à « l’Europe puissance ». Ses partenaires européens n’en veulent pas parce qu’ils n’en ont pas besoin, croient-ils. L’idéal européen, c’est la confédération helvétique à l’échelle du continent, un îlot de paix et de prospérité à l’écart du tumulte du monde. Il y a cependant un biais à ce raisonnement : historiquement, c’est par la guerre et la dissuasion militaire que la Suisse a construit son modèle. Il en reste encore des traces dans la garde d’honneur du Saint-Siège et l’expression bien française « pas d’argent, pas de Suisse », qui précéda la métaphore du « nerf de la guerre ». A contrario, une Europe prospère sans défense ne peut qu’attirer les prédateurs.

Les yeux des autres Européens finiront-ils à se dessiller concernant la volonté réelle des États-Unis à les défendre ? Comment l’Europe peut-elle se défendre seule ?

La France et le Royaume-Uni gardent un rang singulier

Membres du P5 (cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU) et États dotés de l’arme nucléaire (EDAN) reconnus par le traité de non-prolifération (TNP) aux côtés des trois grands, la France et le Royaume-Uni sont des puissances en déclin mais encore capables militairement. Leur principale ambition stratégique est de maintenir leur rang, héritage à la fois de leur reconnaissance au nombre des vainqueurs de la Deuxième guerre mondiale et de leur ancien empire colonial. La France et le Royaume-Uni ne sont plus les grandes puissances qu’elles étaient jusqu’en 1940, mais elles gardent un rang singulier dans les relations internationales et dans la hiérarchie des puissances militaires.

L’Allemagne, quelle que soit sa puissance économique, ne peut prétendre au même rang, de même que le Japon, précisément pour ces raisons. C’est sans doute pourquoi certains prêtent aux Allemands l’intention d’acheter les attributs de la puissance dont jouit la France : son siège au P5 au profit de « l’Europe » (au mépris de la Charte de l’ONU qui ne connaît que les États) et sa dissuasion nucléaire.

L’Europe, un marché uniquement

Les institutions européennes, nées au lendemain de l’échec du projet de CED (communauté européenne de défense), n’ont pas été conçues pour prendre en compte la dimension sécuritaire de la défense, qui n’est vue qu’en tant que marché ou, au mieux, secteur industriel. Dès lors que le réarmement de l’Allemagne, voulu par les États-Unis, se faisait sous le contrôle de l’OTAN, c’est cette organisation intergouvernementale qui devenait seule responsable de la défense du continent. C’est ainsi que les traités européens interdisent la conception d’un outil de défense en-dehors de l’OTAN.

C’est pourquoi la création d’une (très hypothétique) « armée européenne » supposerait avant toute chose la modification (tout aussi hypothétique) des traités. « L’Union européenne de défense » (selon la terminologie allemande) n’est donc que la compilation d’initiatives dispersées (« on ne fait ensemble que ce pour quoi on est d’accord »), intéressantes en soi mais dont la seule coordination est un enjeu majeur pour la bureaucratie bruxelloise, sans considération pour ses résultats.

Un espoir avec Thierry Breton

Le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton espère que  »la crise nous permettra d’aller plus loin en contribuant à lever les réticences de certains États » en matière d’Europe de la défense. « On se rend de plus en plus compte que, même si nous pouvons avoir des alliances, nous sommes de plus en plus seuls en ce qui concerne notre autonomie et notre défense« . La création du fonds européen de défense (FEDef) illustre cependant à la perfection l’impossibilité originelle pour l’UE à prendre en charge la sécurité des Européens.

Conçu initialement comme un moyen d’encourager les États membres à développer des capacités autonomes vis-à-vis des équipements américains, le FEDef risque de devenir un outil de redistribution interne des capacités industrielles de défense, au nom de l’inclusivité et conformément à la logique de redistribution sectorielle des financements communs selon la logique du « juste retour »L’ambition initiale de renforcement des capacités industrielles européennes est perdue de vue, pour ne rien dire de l’amélioration des capacités opérationnelles. Mais, encore une fois, l’enjeu n’est pas opérationnel, puisque l’OTAN est toujours là. Et quand bien même les États-Unis quittaient l’OTAN, l’organisation pourrait subsister, au moins en théorie, comme l’UE survivra au Brexit. L’enjeu du FEDef est essentiellement politique : inciter les autres Européens à s’intéresser à l’autonomie stratégique en matière de défense.

L’OTAN, un club destiné à vendre du matériel américain

L’OTAN fonctionne en effet comme un club, dans lequel on entre avec une cotisation des plus modestes et qui ne demande en pratique aucun effort démesuré, pourvu que l’on achète l’essentiel de ses équipements auprès des fournisseurs américains. Comme le dit l’adage, « quand c’est gratuit, c’est vous le produit ». Cette situation n’a pas vocation à évoluer tant que la Russie constituera une menace pour ses anciens alliés du Pacte de Varsovie. La constitution d’un vrai pilier européen autonome en termes capacitaires est illusoire, du fait de la tutelle de fait exercée par les États-Unis sur les orientations de l’outil militaire, même si le principe du consensus préserve les apparences d’une alliance entre égaux au niveau politique. Au total, 27 des 30 États membres (seuls les États-Unis, la Turquie et la France font exception) dépendent à 100% de l’alliance pour leur défense, et son organisation militaire reste le cadre naturel d’engagement de leurs forces armées.

Il paraît illusoire d’envisager un changement, sauf si les États-Unis décidaient officiellement de se retirer de l’OTAN. Or ils n’y ont aucun intérêt, ni bien sûr sur le plan économique, ni même sur le plan opérationnel, car quelle que soit la faiblesse des alliés européens, l’OTAN permet de « fixer » l’essentiel de la capacité militaire russe et ainsi de neutraliser ce « compétiteur stratégique ». Un autre intérêt de l’OTAN est d’éviter l’engrenage des traités d’assistance mutuelle bilatéraux. Quant à la France, son intérêt n’est pas non plus de quitter une organisation militaire qui, à défaut d’améliorer sa sécurité, produit de l’interopérabilité « à toutes fins utiles ».

En dehors de l’OTAN, la France souffrirait sans doute de son isolement militaire, sans même évoquer les possibles mesures de rétorsion économique. La France des années 2020 n’est plus celle des années 1960 ; elle a perdu son indépendance économique, la recouvrer à tout prix demanderait sans doute de grands sacrifices. La France doit donc rester dans l’OTAN, quel que soit l’avenir de l’alliance atlantique. Elle ne doit cependant pas lui abandonner sa souveraineté en matière de défense.

Indispensable modernisation de la dissuasion nucléaire

La modernisation des deux composantes de sa dissuasion nucléaire est plus que jamais nécessaire au maintien de son rang et de sa liberté face aux tentations hégémoniques des trois grandes puissances et aux ambitions éventuelles des autres puissances nucléaires, notamment à l’encontre de l’outremer français. La protection militaire du territoire est également une priorité que tout le monde comprend, d’autant qu’elle n’est pas la plus coûteuse.

Il en va de même des capacités en matière de renseignement. La modernisation des moyens de protection et de renseignement dans tous les milieux (terre, air, mer, espace et cyber) est donc tout aussi urgente, quitte à définir une nouvelle fonction stratégique axée sur la résilience de la nation. Il est en effet probable que notre pays, surtout s’il n’est plus respecté en tant que puissance, subisse plus de coups qu’il ne puisse en donner. Cela suppose que les armées disposent de moyens redondants disponibles à tout moment en cas de crise inopinée, au rebours de la logique managériale de « juste insuffisance » qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui.

Restent deux « fonctions stratégiques », qui pourraient faire les frais d’éventuelles coupes budgétaires : la prévention et l’intervention. De quoi s’agit ? Ce sont les deux faces d’une même médaille, la puissance militaire. La prévention, avec le déploiement permanent de forces prépositionnées et la participation régulière à des missions de maintien de la paix et à des exercices internationaux de haut niveau, représente le volet « pacifique » de la puissance militaire. L’intervention en est le volet « offensif » aussi indispensable au maintien de la crédibilité de la dissuasion, qui est un continuum, que d’un certain rang parmi les puissances.

 

Sans reprendre les concepts fumeux et inappropriés de « défense de l’avant » ou de « profondeur stratégique », il s’agit aussi de rester en permanence capable de défendre nos intérêts (d’où les notions de moyens redondants et de réserve stratégique), ou ceux d’un allié qui le demande, n’importe où dans le monde, par tout moyen, y compris de vive force, seul ou « en premier » dans le cadre d’une future coalition.

La France doit entretenir une force expéditionnaire

La simple évocation des espaces de confrontation potentielle du fait l’étendue des eaux placées sous notre souveraineté tendrait à montrer que les besoins opérationnels sont avant tout d’ordre naval. Dans la « zone indo-pacifique », théâtre de l’affrontement sino-américain, l’ambition de la France est de réaffirmer sa présence en tant que riverain de la zone, au titre de la présence de 1,5 million de ressortissants français (dont 7.500 militaires) dans les neuf millions de km² de ZEE dans le Pacifique sud et dans la zone sud de l’océan indien (FAZSOI). Cette présence réaffirmée, aussi pacifique soit-elle, nécessite des moyens militaires et une politique active de partenariats stratégiques avec les puissances régionales (Inde, Australie, Émirats Arabes Unis).

L’Afrique, privée de véritable puissance régionale, constitue par ailleurs un espace stratégique relativement négligé des grandes puissances, où seule la France semble capable d’empêcher durablement une aggravation des « risques de la faiblesse ». De même, seule la France semble en mesure de tracer des lignes rouges à la politique agressive de la Turquie en Méditerranée orientale et à les faire respecter.

L’armée française doit donc entretenir une capacité expéditionnaire adaptée à la menace locale. Le maintien d’un « modèle d’armée complet » permettant l’entrée en premier semble ainsi plus que souhaitable. Il en résulte un impératif de remontée en puissance des capacités militaires françaises, y compris pour le combat de haute intensité, aussi autonomes que possible, les relations d’interdépendance entre Européens devant être strictement délimitées. Cela prendra du temps, mais dans cette perspective, mieux vaut dès à présent chercher à redéfinir avec la Russie une nouvelle architecture de sécurité, sans illusions ni naïveté. Cela sera toujours plus économique qu’une course au réarmement.

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* Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

Une autre voie pour la transition agricole ?

Une autre  voie  pour  la transition agricole ?

 

Justine Lipuma, CEO & Cofondatrice de Mycophyto.  start-up basée à Sophia Antipolis commercialise une technique unique au monde. Associés aux tomates ou à la lavande, des champignons microscopiques permettent d’accroître la production tout en protégeant la plante. (chronique la Tribune)

« A l’occasion de la remise des prix du concours d’innovation i-Lab, le 4 juillet dernier, Justine Lipuma était sur un petit nuage. Non seulement Mycophyto, la start-up deeptech qu’elle a lancée en 2017 pour commercialiser le résultat de ses recherches était reconnue, mais en plus, le prix lui était remis par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. « Elle a été l’une des enseignantes qui a le plus compté dans le choix de mon parcours universitaire », confie Justine Lipuma. Et surtout, « elle a souligné dans son discours l’importance du retour de la science à la société. C’est exactement ma vision ».

Avec, pour la jeune scientifique, une passion particulière, celle de la vulgarisation. « J’ai toujours aimé rallier des partenaires sur des projets, et pour cela, il faut faire beaucoup de pédagogie », dit-elle. Que ce soit pendant son parcours de thèse, à l’occasion des recherches collectives qu’elle a ensuite menées à l’université de Turin, ou en tant que présidente de l’association des doctorants de l’université Nice-Sophia-Antipolis, et même lorsqu’elle participait, toute jeune, à des fêtes de la science, Justine Lipuma aime parler, en termes simples, de la science, des recherches qui y sont associées et de leurs implications pour le monde. Un exercice qui lui a bien servi lorsqu’il s’est agi de convaincre des investisseurs…

Son parcours, d’abord

Une fois sa thèse de doctorat en biologie sur les interactions entre les bactéries fixatrices d’azote et les légumineuses fourragères, de type luzerne, soutenue à l’INRA, en 2015, Justine Lipuma cherche, pour son travail post-doctoral, « à trouver de vraies solutions, accessibles à tous », insiste-t-elle.

En sélectionnant la meilleure association possible de plantes et de champignons microscopiques, elle découvre qu’il est possible d’augmenter la surface d’échange des plantes, ce qui maximise la production tout en protégeant les végétaux. Un concept qu’elle a validé sur la tomate, grâce à un programme de pré-maturation à l’Université Côte-d’Azur, dont elle a été lauréate, après son passage à l’université de Turin.

Les implications, ensuite

Il s’agit ni plus ni moins « d’en finir avec la chimie et de donner les outils aux producteurs agricoles pour effectuer la transition vers une activité durable. Nos solutions s’appuient sur la biodiversité augmentée », dit-elle. Elles sont actuellement disponibles pour les tomates et les plantes médicinales et odorantes, comme la lavande.

Les enjeux, enfin

« La méthode fonctionne bien en zones arides », souligne Justine Lipuma. Alors que le réchauffement climatique menace le pourtour méditerranéen, il s’agit donc, en l’appliquant, de préserver le gagne-pain des producteurs et de dynamiser l’économie territoriale. Se greffent donc sur la transition agricole des enjeux sociaux et sociétaux.

La création de la start-up deeptech, maintenant

Une fois le concept d’interaction plante et champignons validé, Justine Lipuma trouve en Christine Poncet, de l’Unité Inra Institut Sophia Agrobiotech, l’associée idéale. Et pour cause, « Christine est spécialiste de recherche appliquée et planchait sur la conception de systèmes agricoles plus durables », dit-elle. Le transfert de la recherche vers une structure, incubée pendant 18 mois à l’incubateur public Paca-Est, et qui commercialisera à terme la technique d’association plantes et champignons, se fait donc naturellement. Par le biais d’une bourse French Tech Emergence, Bpifrance l’épaule également. Et Mycophyto voit le jour en 2017.

Premiers contrats et première levée de fonds

Les premiers contrats sont signés dans la foulée avec des coopératives et des industriels qui utilisent les plantes comme matière première. Grâce à l’intégration de la filière, les méthodes de Mycophyto devraient progressivement se diffuser aux producteurs. Cet automne, pour poursuivre la R&D, Mycophyto a levé 1,4 million d’euros auprès de Créazur (Crédit Agricole), deux family offices, Olbia et Obsidian, ainsi que Région Sud Investissement. La jeune pousse a déjà pu embaucher quatre personnes, dont une responsable R&D, une responsable de production, une assistante technique de serre et un technicien de laboratoire. « Les femmes sont en majorité chez nous ! », rit la dirigeante de Mycophyto. Les recrutements suivants porteront sur des commerciaux. De fait, une deuxième levée de fonds servira à industrialiser la méthode et à la vendre en masse. Rompue à l’exercice qui consiste à expliquer ce qu’elle fait, et surtout, pourquoi, il est évident que Justine Lipuma saura, une fois de plus, embarquer talents et financiers avec elle, afin d’apporter sa contribution à la révolution agricole.

Marché publicitaire: une chute de 20% en 2020

Marché publicitaire: une chute de 20% en 2020

Une chute qui va notamment gravement menacer les entreprises publicitaires mais aussi les entreprises médiatiques et surtout la presse écrite déjà fortement handicapées par les problèmes  diffusion pendant la crise sanitaire. Au bas mot, le marché publicitaire français est parti pour chuter de 23 % en 2020, selon les estimations établies par France Pub et l’Irep associés à Kantar Media. Il pourrait ainsi s’établir à 26 milliards d’euros, à comparer aux 33,8 milliards d’investissements des annonceurs l’an dernier.

La pandémie du coronavirus a occasionné un choc inédit, sans équivalent dans l’histoire récente. Ni l’éclatement de la bulle internet en 2001, ni la guerre du Golfe et la loi Sapin en 1993 n’avaient eu de tels effets. La dépression de 2009 consécutive à la crise financière n’avait pas non plus été si forte puisqu’elle avait entraîné une baisse de 9 % du marché, lequel a mis plusieurs années à s’en remettre.

Automobile mondiale en 2020.: Une chute de 12 à 15 %

Automobile mondiale en 2020.: Une chute de 12 à 15 %

Le  président Macron a décidé de prendre lui-même en main le problème dramatique de l’industrie automobile. Il tiendra bien entendu compte de la situation de la production française mais aussi de l’environnement mondial qui va se traduire par une chute des ventes de 12 à 15 % dans le monde. Le cabinet IHS Markit, qui indique « avoir revu à la baisse ses prévisions dans pratiquement toutes les régions du monde », anticipe une chute des ventes d’automobiles de plus de 12% par rapport à 2019, autour de 78,8 millions d’unités. La perte s’élèverait ainsi à 10 millions de voitures par rapport aux prévisions établies en janvier 2020, avant la crise sanitaire. En Europe (sur un périmètre large), il table sur un marché en repli de 13,6%, à 15,6 millions d’unités, soit une baisse de volume de 1,9 million d’unités par rapport aux paramètres pré-coronavirus.

De son côté, Morgan Stanley considère que le marché automobile européen pourrait s’établir autour des 12,5 millions d’unités, contre 13,7 millions dans sa prédiction précédente. Elle table désormais sur une chute de 13% des ventes, par rapport à une prévision antérieure d’une baisse de 4%. La banque américaine anticipe une chute des ventes mondiales de 8 millions sur le seul premier semestre 2020, soit un repli de près de 20%.

Enfin, l’agence de notation Moody’s a révisé en forte baisse le 27 mars ses prévisions pour les ventes mondiales de voitures, tablant désormais sur une chute de 14% du marché cette année. L’agence de notation, qui n’envisageait encore qu’une baisse de 2,5% du marché mondial en février, estime qu’un rebond est probable en 2021, « en partie grâce à un report des ventes qui n’auront pas été réalisées cette année ». L’Europe occidentale devrait être la plus touchée, avec une baisse du marché automobile de 21%, Moody’s rappelant que la fin de l’exercice 2019 avait été particulièrement dynamique en raison d’immatriculations tactiques. Le groupe prévoit également une baisse des ventes de voitures « d’au moins 15% aux Etats-Unis, de 10% en Chine et de 8% au Japon ».

Chloroquine : une condamnation mais une étude partielle

Chloroquine : une condamnation mais une étude partielle

 

Une étude intéressante mais trop partielle et peut-être même trop partiale. Selon une étude parue vendredi dans la revue médicale The Lancet, la chloroquine et l’hydrochloroquine ne sont pas efficaces contre le coronavirus et augmentent le risque de décès et d’arythmie cardiaque. Une étude jugée « très bonne » par Milou-Daniel Drici, responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Nice, interrogé samedi 23 mai par franceinfo, « mais ça ne répond pas de manière extrapolable à l’ensemble de la population », regrette-t-il. (Interview France Info)

 

cette étude publiée par la revue scientifique The Lancet peut-elle permettre de clore le débat sur ces molécules ?

Malheureusement pas tout à fait. Cela témoigne de la toxicité dans ce cadre-là de ces molécules. Bien sûr, pour les patients qui en bénéficient dans le cas de rhumatologie et de lupus, c’est un médicament qui est bien encadré, efficace et dont le bénéfice risque est positif. Cette étude est très bonne parce qu’elle est absolument gigantesque, elle comprend 671 hôpitaux sur six continents avec près de 96 000 patients. Ça amène une pierre angulaire au problème mais ça ne répond pas de manière extrapolable à l’ensemble de la population. Tant qu’une étude prospective randomisée ne sera pas faite, on n’aura pas vraiment la réponse.

En tant que responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Nice, vous avez regroupé l’ensemble des données sur le Covid-19 des centres de pharmacovigilance de France pour l’Association nationale du médicament. Avez-vous déjà relevé des morts soudaines ou inexpliquées relatives à ces médicaments ?

 

Oui, il y a eu des cas de morts soudaines ou inexpliquées, il y a eu des cas d’arythmie graves, des anomalies de l’électrocardiogramme. On en a avec une fréquence qui est aux alentours de 2%, sachant qu’il s’agit de notifications spontanées, donc de cas déclarés par les médecins. Ces modifications spontanées souffrent malheureusement d’une sous-notification de près de 95%.

Faut-il continuer à faire des études dans ce domaine ?

Dans le domaine des essais cliniques, dans l’étude du Lancet le traitement a été administré dans les 48 heures après le diagnostic du Covid-19, certains vous diront qu’il faut le faire en prophylactiques. Mais si vous voulez avoir une réponse précise et savoir si chloroquine est utile ou non, il vous faut une étude prospective randomisée. Concernant sa faisabilité vis-à-vis de la décision des patients d’être inclus et d’accepter de prendre le traitement, c’est une autre histoire.

 

«Crise: Soit une réponse européenne soit la récession »

 «Crise:  Soit une réponse européenne soit la  récession »

 

La confédération syndicale allemande DGB et les cinq centrales françaises CFDT, CFTC, CGT, FO et Unsa appellent, dans une déclaration commune, à une « convergence économique, fiscale et budgétaire des Etats membres de l’Union européenne » et demande une stratégie de relance qui aille « au-delà des 500 milliards d’euros annoncés par la France et l’Allemagne ».

Tribune. Particulièrement touchée, l’Europe doit faire face comme le reste du monde à la pandémie de Covid-19. Les mesures d’arrêt sévères mais nécessaires prises pour enrayer l’épidémie, ont mis nos sociétés et nos économies quasiment à l’arrêt. L’activité économique, la liberté de mouvement et de nombreuses autres activités ont été suspendues pour lutter contre la pandémie, et certains continuent à l’être.

Pour nous, organisations syndicales allemande et françaises, la santé des citoyens et des travailleurs en Europe était notre préoccupation principale lors de la prise de mesures de confinement. Aujourd’hui, alors qu’il s’agit d’assouplir ces mesures pour un retour progressif à l’activité économique, la santé de nos concitoyens et des travailleurs demeure une priorité absolue.

Incidents xénophobes

Les premières réactions lors de l’apparition du virus en Europe ont été surtout nationales. Les organisations syndicales DGB, CFDT, CGT, FO, CFTC et Unsa regrettent le manque de concertation entre les Etats membres au début de la pandémie qui a pu mener à la prise de décisions non coordonnées, voire au détriment les uns des autres.

Nous condamnons fermement les incidents xénophobes qui se sont produits à la frontière franco-allemande et qui nous rappellent avec effroi un des chapitres les plus sombres de notre histoire. Dans les régions frontalières, le sentiment d’incertitude face au coronavirus est particulièrement prononcé. Et pour cause : en temps normal, 40 000 travailleurs transfrontaliers du Grand-Est viennent travailler en Allemagne tous les jours.

Cependant, ni la fermeture des frontières, ni les contrôles aux points de passages ne peuvent contenir la propagation du virus. A l’heure actuelle, nous ne devons pas remettre en cause l’intégration économique et sociale des espaces frontaliers qui s’est créée au cours des dernières décennies.

Les conséquences des mesures prises par les Etats membres pour enrayer cette épidémie, d’une ampleur inédite, nécessitent une réponse sociale de haut niveau. Pour le DGB, la CFDT, la CGT, FO, la CFTC et l’Unsa, seule une réponse européenne ambitieuse pourra nous éviter des années de croissance morne, voire de récession avec une propagation du chômage et de la pauvreté.

 

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