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« Pour une sobriété numérique »

  »Pour une sobriété numérique »

Gilles Ferreboeuf, chef de projet numérique au Shift Project estime dans la tribune que si

le numérique est souvent présenté comme une solution pour la transition écologique, le compte n’y est pas encore : son impact carbone augmenterait de 9% par an. D’où la nécessité, d’une « sobriété numérique (interview la tribune)

LA TRIBUNE – Comment définir la sobriété numérique ? Est-ce simplement limiter nos usages ou est-ce une toute nouvelle philosophie de notre rapport au numérique ?

HUGUES FERREBOEUF - L’un ne va pas sans l’autre. La sobriété numérique, c’est faire évoluer nos habitudes pour consommer le numérique différemment, de manière plus responsable et raisonnable. La vidéo en 4K ou en 8K sur Netflix est-elle vraiment nécessaire ? Ai-je vraiment besoin de changer de smartphone tous les deux ans . (suite dans la tribune.

Sans parler évidemment des matières premières rares et de l’obsolescence programmée par les producteurs d’ordinateurs et de Smartphones qui exigent des capacités de plus en plus grande avec la complexification des logiciels. Les matériels informatiques deviennent vite obsolètes du fait des nouveaux programmes informatiques et les matériels augmentant leur puissance permettent l’accès à des programmes encore plus gourmands. Une sorte de course à la grandeur et à la technologie qui contraint de changer de matériel tous les deux à trois ans ou presque.

Une carte grise pour les vélos ?

Une carte grise pour les vélos ?

 

 

D’une certaine manière, c’est le rétro-pédalage pour les vélos. On prévoit en effet d’instituer une carte d’identité obligatoire pour les nouveaux vélos. Une forme d’identification qui a déjà existé dans les années d’après-guerre, chaque vélo devait porter une plaque. On imagine que cette carte d’identité prendra rapidement la forme d’une carte grise avec une taxe évidemment. L’objectif officiel est de prévenir les vols. On a déjà des difficultés à retrouver les voitures volées, alors les vélos !

. On estime que 300.000 foyers sont victimes de vol de vélo chaque année. « Les vélos à assistance électrique, plus coûteux, sont de plus en plus concernés », précise par ailleurs le communiqué.

L’obligation de marquage, en vertu du décret du 23 novembre 2020 « relatif à l’identification des cycles », sera également valable, dès le 1er juillet 2021, pour les vélos vendus d’occasion en magasin. Cette identification sera en outre possible pour les ventes entre particuliers et « les propriétaires de vélos vendus avant ces échéances pourront également les faire marquer s’ils le souhaitent ». Le fichier sera géré par l’Association pour la Promotion de l’Identification du Cycle (APIC). Les modalités exactes d’identification n’ont néanmoins pas été précisées.

 

Accord sur l’investissement Chine Europe : une signature précipitée

Accord sur l’investissement : une signature précipitée

Alors que les médias sont surtout mobilisées sur la crise sanitaire, se négocie secrètement un accord sur l’investissement entre l’union économique et la Chine. Un accord voulu surtout par l’Allemagne. Une Allemagne mercantile qui n’insiste pas sur les droits de l’homme notamment sur la répression des Ouïghours , ni sur les conditions sociales chinoises ou les aides publiques chinoises à ses entreprises

La perspective d’un rapprochement Chine-UE a été très critiquée ces derniers jours, notamment par la France et par la future administration américaine. Dans un communiqué publié tard jeudi soir, le ministère chinois du Commerce s’est gardé de mentionner la date butoir du 31 décembre et a paru au contraire miser sur une prolongation des discussions. « A la condition de préserver ses intérêts en matière de sécurité et de développement, la Chine mènera les négociations à son rythme et s’efforcera de parvenir à un accord sur l’investissement exhaustif, équilibré et ambitieux avec l’UE », a averti Pékin.

Le conseiller à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, a plaidé mardi sur Twitter pour des « consultations avec nos partenaires européens sur nos inquiétudes communes concernant les pratiques économiques de la Chine ».

« Vers unne société de surveillance ? »

« Vers une société de surveillance ? »

 

 

Félix Tréguer, chercheur au CNRS et fondateur de la Quadrature du Net (association de défense des droits et libertés des citoyens sur le Web) met en garde dans la Tribune contre le « solutionnisme technologique » et ses dégâts sur le contrat social. Un avertissement qui est à prendre en considération mais qui devrait nettement mieux prendre en compte la problématique du terrorisme, de l’islamisme et de la délinquance.

 

-Des technologies de surveillance ont été déployées, notamment en France, pour suivre la propagation du coronavirus. Des États ont même étendu des moyens juridiques réservés à la lutte antiterroriste pour légaliser certains dispositifs, comme la géolocalisation des smartphones. Pourquoi existe-il cette tentation politique du recours à la technologie en temps de crise ?

FÉLIX TREGUER, chercheur au CNRS et fondateur de la Quadrature du Net - Les crises amplifient toujours des biais civilisationnels préexistants. Or, l’informatisation de nos sociétés est un phénomène majeur depuis plus d’un demi-siècle, notamment pour répondre à des problématiques sociales. Elle a transformé les processus bureaucratiques et donc, la gestion des crises sanitaires.(Lire la suite dans la tribune).

Il est clair qu’il n’est pas facile dans les démocraties de trouver l’équilibre entre liberté et sécurité. Force cependant est de constater la montée croissante de l’insécurité concrète aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural du fait de la crise économique mais plus généralement de la crise sociétale.

États-Unis : encore une claque pour Trump sur la Défense

États-Unis : encore une claque pour Trump sur la Défense

 

Deuxième claque coup sur coup pour le président américain qui s’est opposé d’abord au plan de relance économique alors que républicains et démocrates s’étaient mis d’accord. Du coup , Trump a dû reculer et suivre l’avis du congrès.

 

La deuxième claque adressée au président américain concerne son veto à propos du budget de la défense. Là aussi républicains et démocrates se sont mis d’accord pour passer par-dessus le veto du président..

 

Une claque pour celui qui se targue d’ordinaire d’un fort soutien dans son camp. Et un mauvais présage pour le milliardaire avant le vote final au Sénat attendu cette semaine. Si la chambre haute, à majorité républicaine, rejette à son tour ses objections, ce sera la première fois que le Congrès contourne un veto du 45e président des Etats-Unis.

 

Bien qu’il conteste encore sa défaite face à Joe Biden, Donald Trump lui cédera la présidence le 20 janvier. Il est encore président jusque-là mais, dans les cercles du pouvoir, sa parole ne porte plus. Dans un étrange télescopage, le New York Post, l’un des rares journaux qui a grâce à ses yeux, a publié dimanche dans la soirée un éditorial cinglant l’appelant à mettre fin à cette «triste comédie» et à reconnaître la victoire de Joe Biden.

 

Une réforme de l’homologation des avions aux États-Unis

Une réforme de l’homologation des avions aux États-Unis

Suite au accident meurtrier de deux avions concernant le Boeing 737 Max, le congrès américain s’était ému et avait existé des modifications dans les procédures d’homologation. On a notamment relevé une formation insuffisante des pilotes face à la complexification des 737 Max.

Dans un communiqué, la FAA a déclaré qu’elle allait “travailler à la mise en oeuvre des changements demandés par le Congrès. La FAA est engagée à l’amélioration constante de la sécurité aérienne et de notre organisation, nos processus et notre culture”.

Roger Wicker, élu républicain qui préside la commission sénatoriale du Commerce, a écrit lundi dans une tribune que la nouvelle loi prévoyait des “mesures de protection contre les industriels exerçant une pression inappropriée contre les employés durant le processus de certification”.

Cette loi devrait “contribuer à rétablir la culture de sécurité à la FAA”, a-t-il ajouté.

Une enquête de la FAA publiée en août dernier montre que certains employés ont dit avoir fait face à de “fortes” pressions externes de l’industrie aéronautique et ont alerté sur le fait que l’agence fédérale n’érigeait pas toujours la sécurité aérienne en priorité.

Après des mois d’enquête, la FAA a levé le mois dernier l’interdiction de vol visant le Boeing 737 MAX, immobilisé depuis mars 2019 suite à deux accidents en l’espace de cinq mois, en Indonésie et en Ethiopie, ayant fait au total 346 morts.

La reprise des vols commerciaux du 737 MAX aux Etats-Unis est prévue pour ce mardi, avec un vol d’American Airlines reliant Miami à New York.

 » Pour une puissance politique et militaire européenne « 

«  Pour une puissance politique et militaire européenne « 

Pour sauver la démocratie, partout menacée, l’heure n’est plus aux batailles fratricides mais à resserrer les rangs entre les Etats-Unis et l’Union européenne, qui doit enfin se doter d’une défense commune, plaident, dans une tribune au « Monde », l’eurodéputé Bernard Guetta et vingt-six autres membres du groupe Renew du Parlement européen.

 

Tribune.

 

 Le temps presse. Les défis que nous avons à relever, nous, démocrates européens et américains, sont immenses car le respect des droits de l’homme et la concertation entre les nations, les valeurs et principes sur lesquels l’ordre international avait été refondé aux lendemains de la défaite nazie sont maintenant contestés par des puissances politiques et des courants intellectuels toujours plus nombreux.

Il y a la Chine, la Turquie, les Philippines ou la Russie, mais les Etats-Unis connaissent, eux, la montée du complotisme, tandis que l’Union européenne doit compter avec des « démocraties illibérales » et l’enracinement d’extrêmes droites nationalistes séduites par les régimes les plus autoritaires. Partout menacée, la démocratie peut perdre la bataille, et cette seule possibilité nous interdit le luxe des querelles secondaires et de la division.

Parce que nous sommes dans la même tranchée, nous ne pouvons plus, nous, démocrates américains et européens, laisser les différends commerciaux des Etats-Unis et de l’Union européenne dégénérer en empoignades fratricides. Entre nous, la règle ne doit plus être la rétorsion mais le compromis. Loin de nous autoriser tous les coups, la compétition entre nos industries doit nous conduire, au contraire, à nous imposer des règles communes en matière d’aides publiques, d’environnement et de fiscalité, afin de pouvoir resserrer nos rangs sur la scène internationale.

Les Etats-Unis n’ont plus d’intérêts à défendre en Europe

C’est la première des révolutions culturelles que nous avons à opérer et, parallèlement, nous ne pouvons plus faire, nous, les Européens, comme si l’élection de Joe Biden nous garantissait la même protection militaire qu’au temps de la guerre froide. Ce ne serait qu’illusion car les Etats-Unis n’ont plus d’intérêts vitaux à défendre en Europe. Ils n’ont même plus d’approvisionnements pétroliers à s’assurer au Proche-Orient, et leurs priorités d’aujourd’hui – ils le disent, nous le savons – sont le Pacifique et l’Asie, la zone où ils doivent relever le défi chinois.

Sauf à nous retrouver nus face aux nostalgies des empires défaits, aux chaos des mondes musulmans, au terrorisme djihadiste et à la poussée de la Chine, nous devons donc nous doter d’une défense commune. Dans aucune des capitales de l’Union, cette perspective n’est plus l’absolu tabou qu’elle avait constitué. Pourtant, nous ne nous hâtons guère de passer aux actes.

Certains d’entre nous craignent de renouer avec la puissance militaire. D’autres ne veulent pas risquer de précipiter un désengagement américain. D’autres encore, souvent les mêmes, ne se résolvent pas à accroître leurs difficultés budgétaires en augmentant leurs dépenses militaires et, sans même se l’avouer, beaucoup des Etats membres persistent à croire que, la parenthèse Trump refermée, le parapluie américain se rouvrira, comme au bon vieux temps.

Une alliance entre industrie et cultivateurs pour capturer le carbone

Une alliance entre industrie  et cultivateurs pour capturer le carbone

 

Un article du Wall Street Journal explique comment les grandes sociétés industrielles s’associent au cultivateur tenter de capturer le carbone. Une stratégie discutée par des écologistes.

 

Les agriculteurs américains gagnent leur vie en cultivant leurs terres chaque année. Aujourd’hui, certains d’entre eux sont payés pour replacer quelque chose dans leurs champs : du carbone.

De grands groupes agricoles comme Bayer, Nutrien et Cargill s’associent à des start-up pour encourager les cultivateurs à adopter des pratiques favorables au climat et développer des marchés du carbone portés par l’agriculture. Ces efforts permettraient aux distributeurs, aux fabricants agroalimentaires et à d’autres de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre en payant les agriculteurs pour la capacité de leurs champs à retirer du dioxyde de carbone de l’atmosphère et le capturer dans les sols.

En vertu de ce concept, les étendues de terres cultivables du Midwest américain accompliraient une deuxième mission en servant de déversoir à carbone. Le processus de photosynthèse des plantes retire le dioxyde de carbone de l’air, le combine à l’eau et à la lumière pour produire de l’énergie et finit par intégrer le carbone à la terre par les racines des plantes, tout en libérant de l’oxygène dans l’atmosphère. Si la terre est laissée au repos, elle peut conserver le carbone converti pendant des années.

Les groupes agricoles, longtemps considérés comme les ennemis de l’environnement, peuvent mettre l’ampleur de l’agriculture moderne au service d’une éventuelle solution climatique. De leur côté, après une demi-décennie de maigres prix des cultures, les agriculteurs peuvent envisager une nouvelle source de revenus potentielle moins dépendante de la météo et des marchés des matières premières agricoles. L’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) estime que le secteur agricole produit 10 % des émissions de gaz à effet de serre.

 

L’administration du président-élu Joe Biden prévoit également de poursuivre le concept. Joe Biden a déclaré au cours du mois que, sous son administration, le département de l’Agriculture (USDA) orienterait des paiements fédéraux vers les agriculteurs utilisant leurs champs pour capturer davantage de carbone.

Les Etats-Unis n’obligent pas les entreprises à compenser leurs émissions de gaz à effet de serre, que ce soit en achetant des crédits aux agriculteurs ou par d’autres moyens. Toutefois, certaines entreprises indiquent qu’elles cherchent de leur propre chef des moyens de réduire ou d’éliminer leur empreinte carbone en vue d’attirer consommateurs et investisseurs soucieux de l’environnement et d’avancer dans les objectifs de leur groupe.

En septembre, alors que d’autres agriculteurs en Iowa labouraient leurs champs après la récolte pour lutter contre les mauvaises herbes, Kelly Garrett se préparait à planter de nouveau. Le blé et le seigle qu’il a semés sur sa ferme près de Denison, dans l’Iowa, ne seront pas récoltés et vendus. Selon lui, laisser ses champs couverts de plants en hiver maintient la richesse du sol et stimule la quantité de dioxyde de carbone que ses champs peuvent retirer de l’atmosphère. Au printemps, il plante ses cultures habituelles dans les résidus.

Cette pratique a également le mérite d’arrondir ses fins de mois. Début novembre, Kelly Garrett a posé dans l’un de ses champs de maïs avec un chèque géant de 75 000 dollars, produit de la vente de 5 000 crédits carbones générés par sa ferme dans le cadre d’un programme développé par les start-up agricoles Nori LLC et Locus Agricultural Solutions.

« Il y a beaucoup d’argent à gagner pour les agriculteurs », a observé Kelly Garrett, qui a adopté ces pratiques de stockage du carbone sur sa ferme il y a plusieurs années pour contribuer à la richesse de ses sols.

L’acquéreur de la cagnotte de crédits carbone constituée par Kelly Garrett était Shopify. Cette plateforme d’e-commerce utilise les réductions d’émission produites par la ferme pour compenser en partie les émissions de carbone des bateaux, avions et camions transportant des marchandises vendues par la plateforme Shopify pendant le week-end du Black Friday/Cyber Monday du 27 au 30 novembre.

Le système de paiement Shop Pay de Shopify compense automatiquement les émissions associées à ces achats. Stacy Kauk, directrice du Fonds Shopify pour la durabilité, note que cette méthode associée à d’autres efforts a contribué à attirer plus de 60 millions d’utilisateurs. « Les clients votent avec leur porte-monnaie et soutiennent les entreprises conformes à leurs valeurs », a-t-elle expliqué.

Certains groupes agricoles, dont Bayer et Nutrien ainsi que des start-up telles que Nori et Indigo Ag, souhaitent devenir des intermédiaires du carbone, en offrant des produits et services pour développer des plateformes d’achat et de vente de crédits générés par des agriculteurs. D’autres acteurs, comme Cargill, Corteva Inc. et Archer Daniels Midland Co. facilitent et financent les efforts des agriculteurs afin de réaffirmer les engagements climatiques de leur entreprise et de leurs clients, comme les acheteurs de céréales.

Les agriculteurs qui participent aux programmes de crédit carbone perçoivent généralement de 7 à 40 dollars par acre (environ 0,4 ha NDLR), en fonction de leurs pratiques. Les entreprises précisent que ces pratiques peuvent être vérifiées via des données transmises par des tracteurs à des systèmes de gestion de ferme en ligne et en surveillant les champs à l’aide de satellites et de tests des sols. Un cultivateur de maïs de l’Iowa devrait généralement gagner de 49 à 246 dollars par acre cette année et enregistrer un résultat s’inscrivant entre une perte de 28 dollars et un bénéfice de 172 dollars pour le soja, selon les analyses de l’Université de l’Iowa.

« La seule façon dont ça peut fonctionner, c’est si les agriculteurs ont la possibilité de gagner un vrai revenu », a commenté Emma Fuller, directrice de la durabilité pour Granular, la division science des données de Corteva, qui aide à la gestion des données sur le carbone des agriculteurs.

Certains acteurs hésitent à investir lourdement dans des modèles scientifiques encore nouveaux pour la mesure des réductions de carbone liées à l’agriculture, craignant que les calculs puissent à terme se révéler faux. Malgré la belle dynamique dans la ceinture agricole américaine, certains groupes environnementaux restent méfiants.

Jim Walsh, analyste politique énergétique senior pour Food and Water Watch, a noté que les entreprises polluantes pourraient utiliser l’achat de crédit carbone pour éviter de devoir adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Craig Cox, vice-président senior de l’agriculture et des ressources naturelles pour Environmental Working Group, a estimé que convertir de manière permanente les terres en arbres et herbes naturelles constituait un moyen plus sûr de capturer le carbone, puisque les pratiques écoresponsables des agriculteurs pourraient être facilement réduites à néant en cas de changement de propriétaire d’un champ.

« Si les pratiques disparaissent, les crédits sont-ils remboursés ? », s’est interrogé Craig Cox. Les registres de crédit carbone exigent généralement des engagements de maintien des pratiques de capture du carbone de la part des agriculteurs et des propriétaires terriens, et peuvent inclure des périodes de surveillance, ont répondu les responsables des entreprises.

Kelly Garrett, l’agriculteur d’Iowa, a indiqué avoir généré 22 745 crédits carbone en vérifiant via Locus et Nori ses pratiques des cinq dernières années, comme la conservation de l’eau d’arrosage, l’épandage de fumier en guise d’engrais et l’abandon du labour. Il s’est déclaré engagé à maintenir les pratiques de capture du carbone, car elles améliorent suffisamment la qualité de son sol et de ses récoltes pour être rentables même sans les paiements des crédits carbone. Il a affirmé qu’il pensait que le changement climatique provoquait une météo plus volatile, à l’image du derecho qui a attaqué une partie de ses champs de maïs l’été dernier.

Les produits de la vente de crédit carbone à Shopify ont aidé Kelly Garrett à compenser son achat cet automne de 160 acres de terres agricoles, a-t-il ajouté, et un autre acheteur est prêt à acquérir le reste.

« Si nous vendons tous les crédits, cela paiera un tiers de la ferme », a conclu Kelly Garrett.

Traduit par Astrid Mélite et paru dans la Tribune

 

Coronavirus : vers une troisième vague en France

Coronavirus : vers une troisième vague en France

 

Invitée dimanche d’Europe Midi, Dominique Costagliola, épidémiologiste et directrice de recherches à l’Inserm, a estimé que la situation sanitaire de la France, face à l’épidémie de Covid-19, était trop précaire pour qu’elle puisse échapper à une troisième vague, malgré le début de la campagne de vaccination.

INTERVIEW

La campagne de vaccination, qui a débuté dimanche matin en France, ne permettra sans doute pas, à court terme, de contenir l’épidémie de Covid-19. Dans Le Journal du Dimanche, face à une situation sanitaire plus mauvaise que ce qu’avait anticipé le gouvernement en octobre, Olivier Véran, le ministre de la Santé, n’exclut pas l’hypothèse d’un troisième confinement. Il se dit prêt à prendre « les mesures nécessaires, si la situation devait s’aggraver ».

 

« Nous sommes dans un équilibre instable, et assez haut. Il y a une stabilisation du nombre des hospitalisations et des diagnostics positifs [...], mais il suffit de pas grand chose pour que cela puisse repartir », alerte au micro d’Europe Midi Dominique Costagliola, épidémiologiste et directrice de recherches à l’Inserm.

De quoi redouter une troisième vague ? « Dans les semaines qui viennent ça peut repartir… C ‘est le plus probable », estime cette scientifique. Si dans les autres pays d’Europe où la situation se dégrade également, notamment en Allemagne et en Autriche, de nouvelles mesures de restriction sanitaire ont été prises, la France continue pour l’heure d’échapper à un nouveau serrage de vis. « Quand on regarde les données, on voit que nous sommes le pays qui s’en sort le moins mal », veut rassurer Dominique Costagliola. « L’Allemagne a un nombre de décès quotidiens bien supérieur à celui de la France », pointe-t-elle.

Pour autant, elle estime que la France devra elle-aussi en passer par de nouvelles mesures restrictives, en ciblant notamment les situations à risques, lors desquelles le port du masque n’est pas possible. Elle évoque ainsi les cantines dans les établissements scolaires. Enfin, un relâchement du télétravail d’ici le 7 janvier, comme cela a été initialement envisagé, lui paraît désormais impossible.

2021 : une année de transition au plan économique

2021 : une année de transition au plan économique

 

2021 se présente comme une année de transition et non l’année de rétablissement total de la croissance perdue. Il faudra attendre au moins la fin de 2022 pour cela. En fait,  on va commencer à rattraper les pertes d’activité dues à la crise sanitaire en 2021. En Europe le redémarrage risque d’être plus lent qu’ailleurs. En Chine, la croissance est nettement repartie à la hausse. Devraient suivre les États-Unis qui auront soutenu leur économie avec un appui financier à hauteur de 15 % du PIB. En Europe on est plus près de 5 % excepté pour l’Allemagne à 9 % du PIB.

Pour retrouver le niveau de fin 2019, il faudra quatre trimestres aux États-Unis, contre neuf en zone euro, évalue le groupe Rothschild. Attention, prévient Christopher Dembik, «la reprise sera très hétérogène en zone euro car le chômage reste important. La zone sud va rester durablement sinistrée». Le fonds européen de 750 milliards d’euros représente un levier conséquent, dont l’Italie et l’Espagne sont les premiers bénéficiaires. «Mais les principaux montants n’arriveront pas avant 2023 et 2024», précise l’économiste.

 

Ce qui risque de plomber l’atmosphère notamment le moral des acteurs économiques, c’est l’annonce du grand bon des faillites notamment au cours du second semestre 2021. Un grand bon qui mécaniquement va provoquer une forte hausse du chômage. Par exemple en France après environ la destruction de 800 000 emplois en 2020, il faudra en ajouter au moins 1 million en 2021. Les consommateurs, les ménages et les investisseurs risquent dans ces conditions de se montrer encore prudents en 2021.

 

Le gouvernement français a dû d’ailleurs revoir à la baisse sa prévision de croissance pour 2021 à +6%. Une performance atteignable « s’il n’y a pas de troisième confinement et si on a une reprise économique relativement régulière à partir du premier trimestre », prévient Patrick Artus, économiste en chef de Natixis. Sinon, « tout sera différent: ça voudra dire qu’il faudra attendre 2024 pour retrouver le niveau de PIB d’avant la crise, le chômage va monter beaucoup plus haut, les faillites d’entreprises aussi », ajoute-t-il.

Une sulfureuse rencontre entre un conseiller de Macron et Marion Maréchal-Le Pen

Une sulfureuse rencontre  entre un conseiller de Macron et Marion Maréchal-Le Pen

On se demande bien quel était  la finalité politique de la rencontre entre Bruno Roger-Petit, conseiller du chef de l’État et Marion Maréchal Le Pen. Un déjeuner,-organisé à l’initiative du conseiller de l’Élysée,-qui sent un peu la tambouille politique. Cela d’autant plus que Marion Maréchal Le Pen représente effectivement un courant mais pour l’instant sans parti et sans intention de se présenter en 2022. Par contre elle peut nuire à Marine Le Pen.

La nouvelle de leur rencontre a aussitôt suscité de nombreuses réactions.

«Bruno Roger-Petit est passé par un ami pour me proposer de me rencontrer», explique au Monde l’ex-députée du Vaucluse, qui se dit intriguée par cette entrevue. «J’ai accepté : je ne refuse jamais de discuter par principe. Surtout que j’étais assez curieuse de connaître celui qui s’amusait à me traiter de nazie toutes les deux semaines quand j’étais députée», ajoute Marion Maréchal-Le Pen.

 

Également contacté, Bruno Roger-Petit n’a pas nié avoir rencontré Marion Maréchal, mais souligne que ce rendez-vous n’a eu lieu qu’«à titre personnel» : «Je voulais savoir ce qu’elle avait à dire et si elle était en résonance avec l’état de l’opinion – ce qui n’est pas le cas. J’ai dû constater que nous étions en désaccord», a précisé le conseiller. On a de la peine à croire qu’il ne le savait pas avant !

 «Il y a des gens qu’on ne  »sonde » pas  »à titre personnel », on les combat à titre collectif. Marion Maréchal et toute sa clique en font clairement partie» a par exemple réagi Astrid Panosyan, co-fondatrice du mouvement En Marche! sur Twitter.

 

 «Le prétendu  »nouveau » monde est en train de basculer vers du très très rance» s’est émue Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture de François Hollande.

Technologies :« Pour une éthique des algorithmes »

Technologies :« Pour une éthique des algorithmes »

Le licenciement par Google de Timnit Gebru, chercheuse de renom en intelligence artificielle, jette une ombre sur les priorités de l’entreprise et suscite de légitimes protestations, souligne, dans une tribune au « Monde », Lê Nguyên Hoang, spécialiste de l’éthique des algorithmes à à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

Tribune. 

Début décembre, Timnit Gebru, codirectrice de l’équipe d’éthique de l’intelligence artificielle (IA) de Google et chercheuse académique de renom, a été licenciée. Les informations au sujet de son licenciement sont encore très incomplètes. Néanmoins, cet événement semble faire suite à une contestation par la chercheuse de décisions éthiquement discutables de la direction de son entreprise. En particulier, celle-ci semble avoir exigé la rétractation d’un article de recherche, dont Timnit Gebru est coautrice, et qui questionne l’éthique des algorithmes de traitement de langage au cœur de nombreux produits de Google.

En réaction à cet événement, une lettre ouverte de soutien a été publiée. Cette lettre conteste la version des faits présentée par Google ainsi que les décisions de l’entreprise, et exige davantage de transparence et d’engagement éthique. Elle a aujourd’hui reçu 2 695 signatures d’employés de Google, et 4 302 signatures d’universitaires, d’employés de l’industrie des technologies et de membres de la société civile.

Pour comprendre l’importance de cette lettre, il est utile de prendre du recul et de mesurer l’impact mondial des algorithmes de Google. Ces algorithmes répondent quotidiennement à des milliards de requêtes d’utilisateurs, sur des thèmes parfois controversés et dangereux comme « le changement climatique est un canular », « les dangers de la vaccination » ou « événement musulman ». Ces algorithmes ont aussi une influence monumentale sur les vidéos qui seront davantage visionnées sur la plate-forme YouTube, puisque deux visionnages sur trois résultent de recommandations algorithmiques. De façon inquiétante, plusieurs études suggèrent que ces algorithmes promeuvent énormément de contenus complotistes, et ont contribué à ce que les vidéos qui nient le changement climatique fassent autant de vues que celles qui l’expliquent.

Biais préoccupants

Dans ce contexte, il semble important d’étudier davantage l’éthique de ces algorithmes. L’article rétracté par Google soulignait justement, entre autres, que des biais préoccupants avaient été assimilés par les algorithmes de traitement des langages. Ces biais avaient d’ailleurs déjà été soulignés, par exemple par Abubakar Abid, qui a montré qu’un algorithme appelé GPT-3 complétait systématiquement des débuts de phrases à propos des musulmans par des histoires de terrorisme. Si des algorithmes similaires sont déployés par Google, à moins d’une réflexion éthique préalable, il faut craindre que les réponses à des recherches comme « événement musulman » parlent eux aussi davantage de terrorisme que de ramadan.

 

Un Français « déchiffre l’élamite  » une écriture de plus de 4000 ans

 Un Français déchiffre  » l’élamite  » une écriture de plus de 4000 ans

L’archéologue français François Desset, du Laboratoire Archéorient à Lyon, a annoncé le qu’il avait réussi à déchiffrer des inscriptions vieilles de 4.400 ans ! Un article paru dans Sciences avenir. Cet écriture était utilisée par les Elamites qui peuplaient alors l’Iran.

Les plus anciens exemples d’écriture connus à ce jour proviennent de Mésopotamie (Irak actuel) et remontent à l’Age du Bronze, vers 3300 ans avant J.-C. : il s’agit des tablettes proto-cunéiformes. Or le déchiffrement de l’élamite linéaire remet en question cette suprématie ! « Nous découvrons en effet que vers 2300 avant J.-C., un système d’écriture parallèle existait en Iran, et que sa version la plus ancienne - appelée l’écriture proto-élamite, (3300 avant J.C. - 2900 avant J.-C.) – remontait aussi loin dans le temps que les premiers textes cunéiformes mésopotamiens ! précise François Desset. Aussi, je peux aujourd’hui affirmer que l’écriture n’est pas d’abord apparue en Mésopotamie puis plus tard en Iran : ces deux systèmes, le proto-cunéiforme mésopotamien et le proto-élamite iranien, ont en fait été contemporains ! Il n’y a pas eu une écriture mère dont le proto-élamite serait la fille, il y a eu deux écritures sœurs. D’autre part, en Iran, il n’y a pas eu non plus deux systèmes d’écritures indépendantes comme les spécialistes le pensaient jusque-là, avec le proto-élamite d’un côté et l’élamite linéaire de l’autre, mais une même écriture qui a été soumise à évolution historique et a été transcrite avec des variations au cours de deux périodes distinctes. » 

Ce qui change complètement la perspective sur l’apparition du système d’écriture au Proche Orient puisqu’il est désormais plus exact de dire que l’Iran a développé son propre système d’écriture « en même temps » qu’en Mésopotamie et que le plateau iranien ne devrait plus être ignoré désormais dans les reconstitutions historiques traitant des origines de l’écriture…
En vert, l’aire de diffusion de l’écriture élamite linéaire au 4e/3ee millénaire avant J.-C. ©François Desset

C’est cette forme la plus récente de l’écriture iranienne (l’élamite linéaire) qui a pu être déchiffrée. Il s’agit, à l’heure actuelle, de quarante inscriptions provenant du sud de l’Iran, depuis l’antique ville de Suse, en passant par le Fars (avec la région de Kam Firouz et la plaine de Marv Dasht, juste à côté du célèbre site achéménide de Persépolis) puis le sud-est iranien avec Shahdad et le célèbre site de Konar Sandal / Jiroft. Contrairement au cunéiforme mésopotamien, qui est un système d’écriture mixte alliant des phonogrammes (signes transcrivant un son) à des logogrammes (signes transcrivant une chose, une idée, un mot), l’élamite linéaire présente quant à lui la particularité, unique au monde au 3ème millénaire avant J.-C., d’être une écriture purement phonétique (avec des signes notant des syllabes, des consonnes et des voyelles). Utilisée d’environ 3300 à 1900 avant J.-C., l’écriture iranienne a considérablement évolué entre ses textes les plus anciens (les tablettes Proto-Elamites) et les plus récents (les textes en élamite linéaire), avec notamment un processus « d’écrémage ». Des 300 signes de départ permettant de noter les noms propres dans les tablettes proto-élamites (dont la grande majorité est conservée à l’heure actuelle au Musée du Louvre), il n’en restera que 80 à 100 par la suite en élamite linéaire, sa version la plus récente. Une centaine de signes utilisés donc en continu pendant quelque 1400 années et généralement écrits de la droite vers la gauche et du haut vers le bas.  »Pour travailler, nous avons divisé la quarantaine de textes dont nous disposions en 8 corpus, en fonction des provenances et des époques. Car l’élamite linéaire a été utilisé de 2300 à 1900 avant J.-C. sous le règne de différents souverains et dynasties et dans différentes régions », poursuit l’archéologueLa plupart des textes sont des inscriptions royales assez répétitives, dédicacées à d’anciens dieux, du type : « Je suis [le nom], le grand roi de [nom], le fils de [nom du père], j’ai fait cet objet pour [nom du dieu ou d’une personne]« .

Le déclic des  »vases gunagi »

Pour François Desset, le « déclic » du déchiffrement s’est produit en 2017 lors de l’analyse d’un corpus de 8 textes rédigés sur des vases en argent, qualifiés de « vases gunagi », datés vers 2000-1900 avant J.-C. et venant de tombes de la région de Kam-Firouz (à l’heure actuelle conservés dans une collection privée à Londres). Comme ces vases présentaient des séquences de signes très répétitives, standardisées à vrai dire, l’archéologue a pu ainsi repérer les signes servant à noter les noms de deux souverains, Shilhaha et Ebarti II (ayant régné tous les deux vers 1950 avant J.-C.) et de la principale divinité vénérée alors dans le sud-ouest de l’Iran, Napirisha.

 
Inscription en élamite linéaire dans la partie supérieure de ce vase en argent provenant de Marv Dasht (Iran), daté du 3e millénaire avant J.-C. © François Desset

Cette première étape du déchiffrement, publiée en 2018, a abouti cette année au déchiffrement complet, qui sera publié scientifiquement en 2021. Ainsi, à titre d’exemple, le décryptage d’un magnifique vase en argent découvert dans la région de Marv Dasht dans les années 1960 et conservé à l’heure actuelle au Musée National à Téhéran (Iran), où l’on peut désormais lire: « A la dame de Marapsha [toponyme], Shumar-asu [son nom], j’ai fait ce vase en argent. Dans le temple qui sera célèbre par mon nom, Humshat, je l’ai déposé en offrande pour toi avec bienveillance ». Le résultat d’années de travail acharné. « Je travaille sur ces systèmes d’écriture depuis 2006, explique le chercheur à Sciences et AvenirJe ne me suis pas levé un matin en me disant que j’avais déchiffré l’élamite linéaire. Cela m’a pris plus de 10 ans et je n’ai jamais été certain que je parviendrais au but. »

L’écriture élamite linéaire note une langue particulière, l’élamite. Il s’agit d’un isolat linguistique ne pouvant être rattaché à l’heure actuelle à aucune autre famille linguistique connue, à l’exemple du basque. « Jusqu’à ce déchiffrement, tout ce qui concernait les populations occupant le Plateau iranien provenait d’écrits mésopotamiensCes nouvelles découvertes vont enfin nous permettre d’accéder au propre point de vue des hommes et femmes occupant un territoire qu’ils désignaient par Hatamti, alors que le terme d’Elam par lequel nous le connaissions jusque-là, ne correspond en fait qu’à un concept géographique externe, formulé par leurs voisins Mésopotamiens ».
Cône en terre cuite comportant des inscriptions en élamite linéaire datées d’environ 2500-2300 avant J.-C. ©François Desset

Cette percée du déchiffrement à des implications importantes dans trois domaines, a poursuivi François Desset: « sur l’histoire iranienne; sur le développement de l’écriture en Iran en particulier, et au Proche-Orient en général, avec des considérations sur la continuité entre les systèmes d’écriture proto-élamite et élamite linéaire; et sur la langue hatamtite (élamite) elle-même, désormais mieux documentée dans sa forme la plus ancienne et rendue désormais accessible pour la première fois par un système d’écriture autre que le cunéiforme mésopotamien (lire encadré).

Pour Massimo Vidale, le protohistorien italien organisateur de la conférence de Padoue, (dont Sciences et Avenir vient de publier les travaux sur le site d’ »Hatra, la cité du Dieu-Soleil » (Irak), dans son magazine daté décembre 2020 actuellement en kiosque), « La France, par ce nouveau décryptage, maintient sa primauté dans le « craquage » des anciens systèmes d’écritures perdus ! ». Quant à François Desset, il s’est déjà lancé dans le déchiffrement de l’état le plus ancien de l’écriture iranienne, les tablettes proto-élamites, pour lesquelles il considère avoir désormais ouvert une « autoroute ».

A propos du déchiffrement des anciennes écritures

Il ne faut pas confondre langue (les sons parlés) et écriture (les signes visuels). Ainsi, un même système d’écriture peut être utilisé pour noter des langues différentes. Par exemple, l’alphabet latin permet actuellement de transcrire le français, l’anglais, l’italien ainsi que le turc par exemple. De la même façon, l’écriture cunéiforme des Mésopotamiens permettait de transcrire plusieurs langues comme l’akkadien (langue sémitique), le vieux perse (langue indo-européenne) ou bien encore l’élamite et le sumérien (isolats linguistiques). Inversement, une langue peut également être transcrite par différents systèmes d’écriture comme le persan (une langue indo-européenne) qui s’écrit à l’heure actuelle aussi bien avec l’alphabet arabe en Iran (et parfois l’alphabet latin avec le surprenant phénomène du fingilish), que l’alphabet cyrillique au Tadjikistan alors qu’il a été noté par le passé avec un système cunéiforme à l’époque achéménide (ca. 520-330 avant J.-C., pour le Vieux Perse) ou l’alphabet araméen à l’époque sassanide (3ème-7ème siècle de notre ère pour le Moyen Perse). Dans le cas de la langue élamite, elle était connue jusqu’à présent uniquement à travers l’écriture cunéiforme. Avec le déchiffrement de l’écriture élamite linéaire réalisé par François Desset, nous avons désormais accès à cette langue à travers un système d’écriture probablement développé exprès pour elle et reflétant donc mieux les subtilités phonologiques de cette langue que l’écriture cunéiforme.

Quelques grands « déchiffreurs » :

L’abbé Barthélémy (1716-1795) a en 1753 décrypté l’alphabet palmyréen, puis en 1754, l’alphabet phénicien.

Jean-François Champollion (1790-1832) a déchiffré les hiéroglyphes égyptiens.

Henry Creswicke Rawlinson (1810-1895) un des quatre co-déchiffreurs de l’écriture cunéiforme notant la langue akkadienne.

Michael Ventris (1922-1956) a déchiffré en 1952 le « linéaire B », l’une des trois écritures découvertes à Cnossos (Crète) utilisée au 2ème millénaire avant J.-C. pour noter une forme archaïque du Grec.

Brexit : « une erreur », estime un ancien député conservateur britannique

Brexit : « une erreur », estime un ancien député conservateur britannique

 

 

Sur France Info, un ancien député conservateur britannique, Dominic Grieve, considère toujours que brexit  était une erreur

 

« Nous restons dans une situation difficile parce que le Brexit, c’était une erreur« , a réagi jeudi 24 décembre sur franceinfo Dominic Grieve, ancien député conservateur britannique, après l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni au sujet du Brexit. « Nous allons découvrir l’année prochaine que, même avec cet accord, il y aura des obstacles pour le libre-échange« , assure Dominic Grieve. Selon lui, les Britanniques n’ont pas « repris le contrôle de leur destin« .

 

Comment réagissez-vous à la conclusion de l’accord de Brexit ?

Dominic Grieve : Je suis soulagé qu’il y ait un accord parce que si nous n’avions pas eu d’accord, la situation sans accord le 1er janvier aurait été très difficile. Quant aux avantages de cet accord, du point de vue de l’intérêt national britannique, c’est assez douteux. Que cela réussisse, cela dépend de ce que nous allons perdre en quittant l’Union européenne, et il faut que ce que nous allons conserver par cet accord soit balancé en faisant des accords extérieurs que nous voulons et faire grandir notre économie. Et de ce point de vue-là, rien n’a changé. Nous restons dans une situation difficile parce que le Brexit, c’était une erreur. Ce que nous allons découvrir l’année prochaine, c’est que, même avec cet accord, il y aura des obstacles pour le libre-échange des produits.

 

« Nous avons repris le contrôle de notre destin« , dit Boris Johnson ce soir. Cela veut dire finalement qu’il a réussi son pari ?

Mais nous n’avons pas repris le contrôle de notre destin. D’abord, nous avions le contrôle de notre destin quand nous étions au sein de l’Union européenne. Deuxièmement, l’accord qu’il a signé, il est tout à fait évident que ça continue dans un sens à partager notre souveraineté, parce que tout accord commercial le fait. Voilà mon incompréhension de sa position. Du point de vue philosophique, je suis patriote britannique. Je crois à la souveraineté de mon pays, mais je ne la voyais pas entamée de cette façon par notre participation à l’Union. Donc, c’est un point de vue très différent de celui du premier ministre.

C’est surtout la tristesse qui l’emporte pour vous de voir ce point final à ce Brexit ?

Oui, mais ce n’est pas un point final parce qu’il est tout à fait évident que la proximité de nos partenaires européens sera la plaque dominante de notre future prospérité. Nous allons passer cinq à dix ans à refaire des liens avec l’Union européenne. Nous ne serons pas nécessairement un membre. Mais je suis absolument certain que dans les deux-trois ans à venir, il sera évident qu’il va falloir raccrocher des liens que nous avons forgés pour la première fois aujourd’hui, en abandonnant un accord de participation à l’Union qui était bon pour nous.

Coronavirus Allemagne : une nouvelle souche découverte

Coronavirus Allemagne : une nouvelle souche découverte

La nouvelle souche de coronavirus détectée au Royaume-Uni a pour la première fois été repérée en Allemagne, chez une femme arrivée par avion de Londres, ont annoncé les autorités sanitaires allemandes jeudi 24

«C’est le premier cas connu en Allemagne», a indiqué le ministère régional de la Santé du Bade-Wurtemberg dans un communiqué. Cette femme était arrivée à l’aéroport de Francfort le 20 décembre en provenance de l’aéroport Heathrow de Londres.

Elle a été ensuite emmenée en voiture par des proches à Freudenstadt, dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), et s’est mise en quarantaine après avoir été testée positive au Covid-19 à sa descente d’avion.

Le lendemain, elle a commencé à développer des symptômes et un second test s’est avéré lui aussi positif. «Aujourd’hui la variante du virus B.1.1.7 a été détectée», a ajouté le ministère régional.

L’Allemagne a prolongé mardi et jusqu’au 6 janvier la suspension des vols en provenance du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud après l’apparition d’une nouvelle souche jugée par les autorités britanniques plus contagieuse.

Coronavirus Afrique du Sud : une nouvelle variante très contaminante

Coronavirus  Afrique du Sud : une nouvelle variante très contaminante

La nouvelle variante du Corona virus qui circule au Royaume-Uni provient d’Afrique du Sud et provoque dans ce dernier pays une très forte accélération des contaminations. Tulio de Oliveira, directeur de l’institut de recherche KRISP, adossé à l’Université du Kwazulu-Natal a  déclaré:

«Nous n’avions jamais vu une seule lignée dominer ainsi», ni «se répandre aussi vite», note-t-il. Jusque-là, «normalement», entre 20 et 30 variantes circulaient en même temps, selon plusieurs séquences. «Ce que nous savons, sur cette nouvelle variante baptisée 501.V2, c’est qu’elle a probablement émergé dans la région de Nelson Mandela Bay», autour de Port Elizabeth (sud-sud-est). Puis «elle s’est étendue vers Le Cap, région la plus touristique du pays», vers l’ouest, mais aussi vers le nord en direction de Durban, détaille le chercheur.

. Dans la soirée, le ministre de la Santé sud-africain a annoncé plus de 14.000 nouveaux cas recensés en 24 heures, alors que ces chiffres oscillaient ente 8000 et 10.000 nouvelles infections quotidiennes ces derniers jours.

Une immunité à vie pour le dictateur le dictateur Poutine

Une immunité à vie  pour le dictateur le dictateur Poutine

Poutine a trouvé la martingale juridique pour se protéger. Après avoir exercé le pouvoir pendant une vingtaine d’années, il s’apprête avec une modification des institutions à gouverner encore pendant une vingtaine d’années. Avec souvent des procédés de voyous. Pour se couvrir ,Poutine vient de sortir une loi qui assure une immunité pour tous les présidents avant et pendant leur mandat. Bref la justice accommodée au régime totalitaire. Une initiative qui pourrait bien faire jurisprudence internationale pour tous les présidents fous qui gouvernent leur pays à coups de triques voire d’assassinats.

Une pétition de 200 médecins pour défendre Didier Raoult

Une pétition de 200 médecins pour défendre Didier Raoult

200 médecins et professionnels de santé exerçant en PACA pour lancer un appel pour soutenir le professeur Raoult attaqué de toutes parts par les caciques de la profession.

 

Au mois de février dernier, les Français découvraient le visage et la voix du Pr Didier Raoult. Sous l’apparence atypique de ce scientifique se révélait alors ce que le monde de la recherche connaissait déjà: un immense chercheur de dimension mondiale, capable de se montrer direct, clair et rassurant. Dans cette première vidéo restée célèbre, Didier Raoult annonçait l’efficacité reconnue de la chloroquine sur le nouveau coronavirus. Nous ne le savions pas, mais c’était le premier des nombreux jalons d’espoir qu’il allait poser tout au long de cette crise.

 

De l’espoir, il en a beaucoup apporté aux Français pendant ces quelques mois. Et nous en avions tous besoin! Depuis, plus de 200.000 personnes ont été dépistées à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée infection [dirigé par Didier Raoult, NDLR] et dans les hôpitaux de Marseille, ce qui en fait l’une des populations les plus testées au monde.

Covid : une possible troisième vague ?

Covid : une possible troisième vague ?

 

Avant même la découverte d’une nouvelle version du virus la plupart des pays dans le monde ont enregistré une hausse alarmante des contaminations. Depuis la découverte du virus mutant en Angleterre, les inquiétudes sont encore plus alarmantes. Plusieurs pays ont déjà décidé d’interdire les vols avec le Royaume-Uni. La particularité du nouveau virus est de se propager jusqu’à 70 fois plus rapidement que le précédent. Pour l’instant les scientifiques indiquent qu’effectivement la propagation et particulièrement rapide mais ne remet pas en cause les effets des vaccins disponibles auprès de l’être. Cependant les études sur ce point sont encore insuffisants pour prouver scientifiquement cette affirmation. En France un conseil de défense sera réuni lundi et une réunion devrait aussi avoir lieu à Bruxelles pour tenter de coordonner les répliques à cette possible troisième vague qui semble se confirmer un peu partout.

Pour une désintoxication numérique à l’école

Pour une désintoxication numérique à l’école

 

Si elle fut un recours pour les enseignants lors du confinement, la tablette numérique est « une trappe à inapprentissage » pour des collégiens déjà saturés d’écrans, estime, dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Pascal Gayant.

Tribune

 

Depuis plusieurs années, des présidents de conseil départementaux s’achètent une image de modernité et une bonne conscience éducative en dotant les collégiens de tablettes numériques. Dans les cénacles des collectivités territoriales, comme dans les couloirs du ministère de l’éducation, il serait incongru de remettre en cause le bien-fondé de cette option éducative : les tablettes sont un outil ludique qui ne peut – c’est une évidence – qu’accroître l’efficacité des apprentissages.

Dans le même temps, la France s’effondre dans les classements internationaux de compétences en mathématiques à l’entrée et pendant les années collèges. A priori, il n’y a aucun lien entre ces deux faits : les cohortes de collégiens dotés des outils numériques ont fait leur entrée dans le système éducatif avant les réformes Blanquer-Macron, et il est trop tôt pour juger à la fois de l’introduction des outils numériques et de l’efficacité des réformes.

Une intuition confortée

En revanche, les praticiens de l’enseignement ont désormais un certain recul pour évaluer les conséquences du recours aux outils numériques pour les apprentissages. Depuis plus de vingt ans maintenant, il est possible d’utiliser le logiciel PowerPoint (ou d’autres logiciels faisant apparaître des « slides » sur un écran) comme support des enseignements.

Pour ceux qui ont expérimenté la pédagogie avant et après cette évolution, les enseignements à tirer sont très nuancés : certes la vidéo-projection est un outil formidable pour illustrer certains savoirs (à l’aide de cartes, de photographies, de dessins ou tableaux, de films ou même de musiques), mais elle n’est que d’un piètre secours pour l’enseignement des mathématiques ou de disciplines ayant recours à sa formalisation.

En d’autres termes, le recours à une projection d’informations et de données pré-écrites est plutôt moins bénéfique que l’usage de la craie (ou du feutre) pour écrire les hypothèses, résoudre les équations et illustrer graphiquement les formes fonctionnelles et les ensembles (et leurs interactions).

Les périodes de confinement et le recours massif à l’enseignement à distance ont conforté de façon éclatante cette intuition : même pour les enseignements formalisés, il a souvent fallu abandonner la craie pour des « diapositives » numériques prémâchées, rendant le travail des enseignants frustrant (et fastidieux), et la transmission des savoirs aux étudiants dégradée.

Ni conservatisme, ni technophobie

Ceux des enseignants qui pouvaient s’appuyer sur des tablettes numériques depuis le lieu où ils télétravaillaient l’ont spontanément fait puisqu’il s’agissait de la meilleure option pour se rapprocher du mode de transmission irremplaçable que permet l’usage de la craie sur le tableau noir.

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