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Un déconfinement en vert, orange, rouge très , technocratique.

Un  déconfinement en vert,  orange, rouge très , technocratique.

 

Une nouvelle fois on  confond la géographie économique, sociale, culturelle et politique. Le découpage du pays en départements en vert, orange ou rouge  selon l’intensité de la pandémie n’a aucun sens. Certes certaines régions ont été plus infectées  que d’autres mais il s’agit surtout des zones concentrées du nord-est.

Même à l’intérieur de ces régions et des départements concernés il y a de fortes disparités. Dans les autres régions globalement moins touchées, les disparités sont aussi très importantes à l’intérieur de chaque département. Évidemment dans les métropoles et les grandes villes, le taux d’infectés et de malades est assez important par rapport à la moyenne.

À l’inverse dès qu’on  éloigne vers les zones rurales l’épidémie devient heureusement assez marginale en raison de la distanciation géographique quasi mécanique entre les habitants. Ce zonage en couleurs  vise surtout à conforter le pouvoir des préfets au détriment des responsabilités des vraies autorités locales que sont notamment les maires. Enfin il y a longtemps que les départements ne se justifient que pour des raisons administratives : les préfectures en particulier.

Il y a aussi  longtemps que la vie économique et sociétale s’organise autour de pôles d’activité autour de zones trans-départementales. Le maintien des départements et surtout l’occasion de fournir un nombre d’élus considérables aux partis politiques et d’assurer ainsi la pérennisation de l’oligarchie française.

 

Un chat contaminé au coronavirus en France

Un chat contaminé au coronavirus  en France

une information passée un peu silence : celle de la contamination d’un chat sans doute par ses propriétaires. La question est de savoir si la réciprocité est possible, ce qui constituerait un risque majeur compte tenu du nombre d’animaux de compagnie. Un chat a en effet été testé positif au coronavirus pour la première fois en France après avoir probablement été infecté par ses propriétaires, annonce l’École nationale vétérinaire d’Alfort, qui recommande aux personnes malades d’appliquer une distanciation avec leur chat.

L’unité mixte de recherche en virologie de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA), de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et de l’Inrae a mené des tests, avec l’aide des vétérinaires d’Ile-de-France, sur une dizaine de chats dont les propriétaires avaient une suspicion d’infection au Covid-19.

 

 

Coronavirus : un appel aux dons de Merkel et Macron!

  • Coronavirus : un appel aux dons de Merkel et Macron!

C’est sans doute l’une des premières fois que les autorités politiques tendent la main pour  faire face aux dépenses qui relèvent du champ régalien. Certes ces formes d’appel à la générosité publique ne sont pas nouvelles mais en général elles sont le fait d’association de type humanitaire. La démarche des politiques semble ici très curieuse et démontre sans doute l’incapacité de l’Europe à mettre en place des moyens pérennes financés par l’impôt au service du système sanitaire. On objectera que pour le donateur il n’y a pas une grande différence. Il faudra sans doute se montrer solidaire et généreux mais à condition que l’appel vienne d’organismes non gouvernementaux. En effet les gouvernements  jouissent de l’énorme privilège de gérer l’impôt par définition obligatoire. Il leur incombe donc de gérer les moyens de leur politique. Aujourd’hui malheureusement force est de constater que l’Europe se montre complètement impuissante  face à cette crise sanitaire et que chaque État tente tant bien que mal de gérer la situation. Cet appel aux dons et d’autant plus ridicule que l’objectif d’un montant de l’ordre de 8 milliards de dollars et très sous dimensionné par rapport à l’enjeu (par comparaison le seul cout des établissements hospitaliers publics et de ‘ de 100 milliards en France par an. On se demande bien comment des responsables politiques européens en sont réduits à de telles expédients.

 

Le  texte rédigé par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, et cosigné par Giuseppe Conte, Président du Conseil de la République italienne, Emmanuel Macron, Président de la République française, Angela Merkel, Chancelière d’Allemagne et Erna Solberg, Premier Ministre de la Norvège.

 

« ‘La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés’. Ces mots sont ceux de Louis Pasteur, l’un des plus grands scientifiques au monde à l’origine de nombreuses découvertes et avancées qui ont sauvé des millions de vies depuis trois siècles.

Aujourd’hui encore, nous sommes confrontés à un virus qui se propage à travers les pays et les continents, s’introduisant dans nos foyers et nos cœurs. Ce virus a causé ravages et souffrances aux quatre coins du monde, nous privant du contact des personnes que nous aimons, de la joie des moments de convivialité simples, de la vue des endroits que nous aimons fréquenter.

Ce sacrifice, ainsi que les efforts héroïques du personnel médical et soignant ont contribué à stopper l’évolution de la pandémie dans de nombreuses régions du monde. Alors que certains sortent prudemment du confinement, d’autres restent encore isolés et voient leur vie sociale et économique sévèrement impactée. Les conséquences pourraient être particulièrement dramatiques en Afrique et dans les pays du Sud.

Mais ce que nous avons tous en commun, c’est qu’aucun de nous ne peut vraiment penser ou planifier avec une grande certitude l’avenir de la pandémie.

Aucun de nous n’est à l’abri de la pandémie et aucun de nous ne peut vaincre le virus seul. Nous avons donc un intérêt commun dans la lutte contre le virus. Nous ne serons vraiment en sécurité que lorsque nous le serons tous – à travers tous les villages, villes, régions et pays du monde. Dans notre monde interconnecté, le système de santé mondial est aussi fort que sa partie la plus faible. Nous devrons nous protéger les uns les autres pour nous protéger.

Cela pose un défi unique et véritablement mondial. Et il est impératif que nous nous donnions les meilleures chances. Cela signifie rassembler les meilleurs esprits du monde, les mieux préparés, pour trouver les vaccins, les traitements et les thérapies dont nous avons besoin pour rendre notre monde sûr à nouveau, tout en renforçant les systèmes de santé qui les rendront disponibles pour tous, avec une attention particulière pour l’Afrique.

Nous misons sur l’engagement des dirigeants du G20 pour développer une réponse massive et coordonnée au virus. Nous appuyons l’appel à l’action lancé conjointement par l’Organisation mondiale de la santé et d’autres acteurs mondiaux de la santé. C’est pourquoi, nous lançons l’accélérateur Access to COVID-19 Tools (ACT), une plateforme de coopération mondiale pour accélérer et intensifier la recherche, le développement, l’accès et la distribution équitable du vaccin et d’autres traitements thérapeutiques et diagnostiques vitaux. Il doit jeter les bases d’une véritable alliance internationale pour lutter contre le COVID-19.

Nous sommes déterminés à travailler ensemble, avec tous ceux qui partagent notre attachement à la coopération internationale. Nous sommes prêts à mener et à soutenir la réponse mondiale.

Notre objectif est simple : le 4 mai, nous souhaitons lever, via une grande conférence en ligne d’appel aux dons, un montant initial de 7,5 milliards d’euros (8 milliards de dollars) pour combler le déficit estimé de financement mondial.

Nous mettrons tous nos propres engagements sur la table et nous sommes heureux d’être rejoints par des partenaires du monde entier. Les fonds collectés donneront le coup d’envoi d’une coopération mondiale sans précédent entre les scientifiques et les régulateurs, l’industrie et les gouvernements, les organisations internationales, les fondations et les professionnels de la santé. Nous soutenons l’Organisation mondiale de la santé et nous sommes ravis de nous associer à des organisations expérimentées telles que la Fondation Bill et Melinda Gates ou le Wellcome Trust.

Chaque euro ou dollar sera acheminé principalement par le biais d’organisations de santé mondiales reconnues comme la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), l’alliance GAVI (Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination), le Fonds mondial ou UNITAID, afin de développer et déployer le plus rapidement possible, pour le plus grand nombre possible, les diagnostics, traitements et vaccins qui aideront la planète à surmonter la pandémie. Si nous arrivons à développer un vaccin produit par le monde entier, pour le monde entier, il s’agira alors d’un bien public mondial unique du 21e siècle. Avec nos partenaires, nous nous engageons à le rendre disponible, accessible et abordable pour tous.

C’est le devoir de notre génération et nous savons que nous pouvons y arriver. Les technologies de santé de haute qualité et à faible coût ne sont pas un rêve. Et nous avons vu comment les partenariats public-privé ont réussi à mettre de nombreux vaccins vitaux à disposition des personnes les plus pauvres de la planète au cours des deux dernières décennies.

Nous savons que cette course sera longue. A partir d’aujourd’hui, nous sprintons vers notre premier objectif mais nous sommes prêts pour un marathon. L’objectif actuel ne couvre que les besoins initiaux : la fabrication et la livraison de médicaments à l’échelle mondiale nécessiteront des ressources bien supérieures à cet objectif.

Ensemble, nous devons nous assurer que toutes les ressources continueront d’être mobilisées et que des progrès seront réalisés pour parvenir à l’accès universel à la vaccination, au traitement et au dépistage.

C’est un moment déterminant pour la communauté mondiale. En nous mobilisant aujourd’hui autour de la science et de la solidarité, nous semons les graines d’une plus grande unité demain. Guidés par les objectifs de développement durable, nous pouvons repenser le pouvoir de la communauté, de la société et de la collaboration mondiale, pour nous assurer que personne n’est laissé pour compte.

Le monde se bat contre le Covid-19. Et ensemble, nous gagnerons. »

 

Le confinement : un coût 3 milliards pour la SNCF

Le confinement : un coût  3 milliards pour la SNCF

La facture du confinement s’allonge. Après Air France, Renault, la RATP, c’est la SNCF y annonce un coup de 3 milliards. La liste est loin d’être terminée pour les grandes entreprises quant au PME la crise se traduira par tsunami  des défaillances. Pour simplifier, la crise va priver l’État de recettes fiscales de l’ordre de 100 milliards mais à augmenter les dépenses de plus 100 milliards pour soutenir les entreprises, les ménages et le système sanitaire .

Pour la SNCF, Le manque à gagner de la crise sanitaire en France devrait rapidement atteindre les 3 milliards d’euros pour l’entreprise publique, selon nos informations, sans parler de l’après-déconfinement.

 

“Il faudra un refinancement. Des discussions ont commencé avec l’Etat sur l’effet des pertes”, déclare une source citée par Les Echos, qui rappelle que l’Etat a déjà repris en janvier dernier 25 milliards d’euros de dette de l’entreprise ferroviaire.

Coronavirus Grande-Bretagne : Un des pays les plus endeuillés

Coronavirus Grande-Bretagne : Un des pays les plus endeuillés

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Selon l’ONS, 21.284 personnes étaient mortes de ce virus au 17 avril, soit un taux de mortalité 52% plus élevé que les 13.917 décès recensés alors dans les hôpitaux et annoncés par le gouvernement le 18 avril dernier.

Plus de 7.000 décès (7.316) ont été recensés sur cette période dans les maisons de retraite britanniques, précise l’ONS.

Avec la prise en compte de ces décès, le bilan britannique dépasse ceux de France – qui prend en compte également les décès dans les maisons de retraite – et d’Espagne mais reste en deçà de celui de l’Italie, l’un des pays les plus endeuillés par l’épidémie dans le monde, selon les calculs de Reuters.

Au 17 avril, la France faisait état de 18.681 morts depuis le 1er mars, l’Italie en était à 22.745 décès et l’Espagne à 19.478 morts liées au virus apparu en décembre en Chine avant de se propager à plus de 200 pays dans le monde.

L’Ecosse, qui publie séparément ses propres statistiques, faisait état lundi de 1.262 décès liés au SARS-CoV-2.

Le dernier bilan de la mortalité imputée au COVID-19 (la maladie que développent certaines des personnes contaminées par le nouveau coronavirus) dans les hôpitaux britanniques, publié mardi, faisait état de 552 décès supplémentaires en 24 heures, pour un total de 19.301 morts depuis le début de l’épidémie.

Un déconfinement technocratique en vert et rouge

Un   déconfinement technocratique en vert et rouge

 

Une nouvelle fois on  confond la géographie économique, sociale, naturelle et politique. Le découpage du pays en départements en vert ou rouge  selon l’intensité de la pandémie n’a aucun sens. Certes certaines régions ont été plus infectées c’est que d’autres mais il s’agit surtout des zones concentrées du sud-est, de l’Est et de la région parisienne. Même à l’intérieur de ces régions et des départements concernés il y a de fortes disparités. Dans les autres régions globalement moins touchées, les disparités sont très importants à l’intérieur de chaque département. Évidemment dans les métropoles et les grandes villes, le taux d’infectés et de malades est assez important par rapport à la moyenne. À l’inverse dès qu’on  éloigne vers les zones rurales l’épidémie devient heureusement assez marginale en raison de la distanciation géographique quasi mécanique entre les habitants. Ce zonage en couleurs  vite surtout à conforter le pouvoir des préfets au détriment des responsabilités des vraies autorités locales que sont notamment les maires.

Même si des questions se posent autour de cette méthode, Édouard Philippe a livré ce mardi des précisions. Élaborés par la Direction générale de la santé et Santé publique France, trois critères vont permettre cette classification qui sera arrêtée le 7 mai prochain. Ainsi le bulletin de santé d’un département sera mauvais donc rouge si, sur son territoire, «la circulation du virus reste active», si encore «les capacités hospitalières en réanimation restent tendues» et si également «le système local de tests et de détection des cas contacts» n’est pas suffisamment prêt. Les départements du Grand Est et ceux de l’Île-de-France, touchés de plein fouet par l’épidémie, rejoignent aujourd’hui de toute évidence cette catégorie rouge, tandis que ceux du Sud-ouest, épargnés par la crise sanitaire, sont rassemblés dans l’autre.

C’est à compter de ce jeudi que ces «bulletins de santé» vont être rendus public. Le directeur général de la santé va, en effet, présenter tous les soirs la carte avec ces résultats, département par département a indiqué Édouard Philippe devant les députés. Puis, le 7 mai prochain, le verdict tombera: ces territoires sauront quelle couleur revêtir et définiront les mesures à prendre en fonction de leur situation. Et «si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai» ou alors «plus strictement», a aussi prévenu le chef du gouvernement, qui prévoit ensuite d’analyser la situation fin mai. Le 2 juin et en fonction de l’évolution du virus, d’autres mesures pourront être annoncées.

  «Le port du masque sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance, puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées», a-t-il précisé. De leur côté, toutes les classes des écoles maternelles et primaires rouvriront également, partout sur le territoire, dans la limite de «15 élèves par classe», à partir du 11 mai. Les écoliers n’auront pas à porter de masque, lequel est même «prohibé» chez les moins de 6 ans. Les directeurs d’école auront néanmoins accès à des stocks de masques chirurgicaux de taille enfant, à utiliser si un écolier présentait soudain des symptômes faisant craindre le Covid-19.

Quant au personnel scolaire, il recevra des masques, tant dans les écoles que dans les collèges. C’était une des grandes demandes des enseignants. Les collégiens de sixième et de cinquième reprendront à partir du 18 mai, mais uniquement dans les régions «vertes». En Île-de-France et dans le Grand Est, par exemple, les collégiens devraient rester chez eux. Les autres classes des collèges et des lycées pourraient rouvrir à partir de juin, «Avec une priorité pour les lycées professionnels», a souligné Édouard Philippe. Mais il n’est pas exclu qu’elles «restent fermées jusqu’au mois de septembre», a expliqué le ministre de l’Éducation nationale mardi soir.

Les familles pourront choisir de garder leurs enfants à la maison si elles le souhaitent, le premier ministre a précisé que ce retour à l’école était «sur la base du volontariat». Les professeurs, eux, devront revenir «sauf si ce sont des personnes à risques ou si quelqu’un l’est dans leur entourage, précise-t-on au ministère de l’Éducation. Tous les autres continueront à les accompagner à distance».

Le plan présenté diffère des pistes évoquées par Jean-Michel Blanquer la semaine dernière. Ce dernier entendait donner la priorité à certaines classes et rouvrir les lycées plus vite. Les dernières données épidémiologiques, tendant à démontrer que les enfants de moins de 10 ans sont faiblement malades et peu contagieux, ont joué pour une réouverture totale et plus précoce des écoles. «On peut aussi considérer que les apprentissages fondamentaux se jouent dans les petites classes», analyse Hubert Salaün, de la Peep, fédération de parents d’élèves du public. Le responsable du principal syndicat de chefs d’établissement, Philippe Vincent, du SNPDEN-Unsa, estime avoir été «plutôt entendu», puisque collèges et lycées ne rouvriront pas ou peu…

Quant aux syndicats d’enseignants du primaire, c’est une autre tonalité. Le plus important, le SNUipp-FSU, déclare «ne pas être prêt». Stéphane Crochet, du SE-Unsa, considère que «la reprise présentée par le premier ministre est inacceptable et impossible». Reste une inconnue: dans quelle mesure les maires accepteront-ils de faire travailler leur personnel périscolaire et de nettoyage, indispensable pour rouvrir les écoles?

« L’idéologie du confinement national : un ruineux cauchemar » (François Héran )

 « L’idéologie du confinement national : un ruineux cauchemar » (François Héran )

Le confinement devient une dangereuse idéologie s’il prend prétexte de la protection sanitaire pour viser les seuls migrants, souligne le sociologue François Héran dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

 « Fermer nos frontières », telle serait pour certains la leçon à retenir de la crise sanitaire, une mesure qu’on aurait dû adopter de longue date. Mais les fermer à qui ? Aux seuls migrants ou à tous les voyageurs internationaux ? Dans nos cerveaux, le projet d’ouvrir ou de fermer les frontières est associé à la politique migratoire.

Or, le virus ne fait aucune différence entre le migrant et le voyageur. Il n’a pas d’idéologie, il obéit à la loi des grands nombres et à cette donnée de base : l’immigration représente une part minime des passages aux frontières, moins de 1 %. Une politique de confinement national qui alléguerait la protection sanitaire pour cibler les migrants tout en négligeant 99 % des passages de frontière renouerait avec les errements du passé, bien décrits par l’historien Antonin Durand dans un article de la revue en ligne De facto.

La France a délivré en 2019 environ 270 000 titres de séjour d’au moins un an à des migrants non européens

La somme des franchissements de frontière enregistrés dans le monde en 2018 pour des séjours de moins d’un an s’élève à 1,4 milliard, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Malgré l’essor des communications à distance, ce nombre a progressé de 50 % en dix ans. Voyages de loisir pour une grosse moitié, mais aussi visites aux proches, voyages d’étude, pèlerinages, déplacements professionnels (stages, missions, travaux saisonniers). Sans surprise, l’Europe concentre la moitié des entrées aux frontières. Or le record mondial revient à la France : pas moins de 89 millions d’entrées en 2018, migration non comprise. Devant l’Espagne (83 millions), les Etats-Unis (80 millions), la Chine (63 millions) et l’Italie (62 millions).

 

Il est plus difficile d’estimer le nombre d’entrées à des fins de migration permanente. Mais l’ordre de grandeur est cent fois moindre. La France a délivré en 2019 environ 270 000 titres de séjour d’au moins un an à des migrants non européens – dont une part vivaient déjà sur place sans papiers (ce qui empêche d’additionner simplement les illégaux aux légaux). S’ajoute à ce noyau une partie des 170 000 demandeurs d’asile, « dublinés » compris : ceux qui n’obtiennent ni le statut de réfugié ni une régularisation pour raison familiale ou autre (et, donc, ne figureront pas dans la statistique des titres des années suivantes). Au total, en calculant large et sans doubles comptes, on peut estimer à 400 000 environ le nombre d’entrées annuelles de migrants non européens sur le territoire français. Quant aux citoyens de l’Union européenne, qui peuvent s’installer sans titre de séjour, les enquêtes de l’Insee estiment leur afflux, bon an mal an, autour de 140 000. » 

 

 

Après le Covid-19 , un patriotisme énergétique ?

Après le Covid-19 , un  patriotisme énergétique ?

Il  est aujourd’hui primordial d’opérer un retour au localisme, estime Vincent Maillard, (*) co-fondateur et président de Plüm Énergie. ( Chronique dans la Tribune)

 

 

« Nous savions depuis longtemps que notre Terre, notre patrimoine le plus précieux, était fragile et menacée par nos modèles économiques productivistes et mondialisés. Dans cette crise sanitaire sans équivalent, nous comprenons maintenant – dans la toux, les fièvres et malheureusement parfois les deuils – que l’humanité elle-même est vulnérable, mais aussi – à travers les pénuries d’équipements de protection sanitaire ou les tensions sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire – que notre système globalisé a atteint ses limites. Tirons leçons de la période inédite et douloureuse que nous traversons pour accélérer la transition écologique via le développement de filières locales, et ce dans tous les secteurs, à commencer par les plus vitaux: santé et alimentation bien sûr, mais aussi énergie.

L’humanité a basculé en quelques jours d’un monde ouvert, où tout voyageait sans frein, à un monde où l’on ne peut plus s’écarter de plus de 100 mètres de chez soi sans justificatif écrit. Effet direct du confinement, la consommation électrique des ménages à domicile a sensiblement augmenté (environ +15% en moyenne d’après nos évaluations). Cette consommation inhabituelle constitue un budget supplémentaire qui est loin d’arriver au meilleur moment, notamment pour les foyers déjà affectés financièrement par des pertes de revenus, souvent dues à un arrêt de travail pour garde d’enfants, une mise en activité partielle ou encore la fermeture d’un commerce.

Cette crise, si elle est de nature sanitaire, tend comme les précédentes, à accentuer plus encore les inégalités sociales existantes. Or, nous l’avons vu par le passé: au niveau énergétique, la mauvaise gestion d’une crise peut avoir des conséquences sur le long terme. Prenons l’exemple de la crise pétrolière des années 1970. Elle a entraîné une introduction massive du chauffage électrique en France sans que ce nouvel usage ne soit accompagné d’informations sur les bonnes pratiques de consommation ou d’isolation, l’électricité étant alors majoritairement nucléaire et bon marché. Une logique productiviste avant tout, qui a fortement contribué à la précarité énergétique pour les 30 années qui ont suivi.

Nous devons dès aujourd’hui réfléchir et trouver les modalités d’accompagnement qui nous permettront d’éviter ce type de conséquences dramatiques au sortir de la crise. Pour que chacun commence par réduire sa consommation énergétique, nous nous devons d’abord – acteurs du secteur de l’énergie – de partager notre savoir, nos conseils et astuces pour le mieux consommer. Seulement, face à l’urgence de la situation, ce n’est pas uniquement de conseils dont ont besoin les français, mais aussi d’actions concrètes, humaines. Dans ce monde qui se fragilise, l’entraide doit être notre guide. Nous pouvons constater l’impact de cette crise et ne rien changer. Ou bien nous pouvons faire le choix, plus courageux, de la solidarité. Le seul choix, j’en suis convaincu, qui apportera la force dont nos concitoyens, notre pays, notre planète, ont besoin.

Si nous sommes sortis de la crise pétrolière à travers une logique productiviste, il est aujourd’hui primordial d’opérer un retour à la localité. Le sujet polémique des masques sanitaires est un exemple criant des limites de nos modèles économiques mondialisés. Résultat de politiques de délocalisation visant à produire à bas coûts, nous ne disposons plus aujourd’hui des moyens de production nécessaires sur le territoire national, voire européen. Il en est de même dans le secteur de l’énergie. Le virus, qui a d’abord touché la Chine et ralenti son économie, a compliqué les approvisionnements des producteurs d’énergies renouvelables, notamment en panneaux photovoltaïques.

Si nous voulons sortir grandis de cette crise, sans qu’elle ne nous ralentisse, mais plutôt qu’elle nous permette d’accélérer la dynamique de transition énergétique amorcée, nous devons faire le choix d’un approvisionnement en énergie renouvelable produite exclusivement localement, donc, pour qui nous concerne, en France. Une production d’énergie locale qui permettra la création de valeur dans l’Hexagone en favorisant les emplois locaux, l’insertion sociale et la transition agricole. Alors que les mesures de confinement offrent à la nature la possibilité de reprendre progressivement ses droits et changent radicalement le rapport que nous entretenons avec elle, faisons en sorte que cette pandémie ne soit pas un frein à la transition écologique, mais bien un accélérateur et le point de départ d’une nouvelle économie, plus locale. La réponse devra être collective et nous avons tous à prendre notre part : États, gouvernements, élus, associations, entreprises et citoyens.

une mobilisation responsable des leviers monétaires et financiers européens !

 

Un appel d’un collectif à la mobilisation des leviers monétaires et financiers européens qui ressemble aussi à une forme de mutualisation même sous couvert de préoccupations environnementales. L’idée d’une finance durable demeure cependant encore relativement vague.

 

 

 » Face au virus, la priorité absolue est de mobiliser et renforcer les systèmes sanitaires. Pour assurer la santé des populations, apporter un soutien immédiat aux citoyens et aux entreprises et éviter l’installation d’une crise économique durable1 2, les États préparent des plans de relance historiques, appuyés par l’action volontaire des banques centrales3.

Cependant, en visant le retour à la normale et en alimentant de manière indiscriminée4 des marchés financiers dopés de longue date aux énergies fossiles, cette réponse nécessaire pose les bases de crises futures sans soutenir en priorité les plus touchés. La Banque de France a le devoir de réagir pour protéger les Français et les Européens.

Au bénéfice des grandes entreprises

Ainsi, si l’intervention historique de la BCE5 permet sans aucun doute d’accroître la liquidité du marché, c’est avant tout au bénéfice de grandes entreprises, dont les majors des énergies fossiles, davantage présentes sur les marchés financiers et plus faciles à financer :

  • En l’état, les nouvelles opérations de refinancement de long terme ne peuvent cibler les prêts aux petites et moyennes entreprises6. Si tel est son objectif, l’Eurosystème devra se doter d’outils leur donnant accès à ces financements bancaires ;
  • L’intensification des rachats d’actifs d’entreprises – via le quantitative easing - ne bénéficie pas directement aux ménages et petites entreprises mais finance les plus grandes d’entre-elles7. Ce faisant, elle pourrait apporter jusqu’à 132 milliards de financement aux entreprises les plus polluantes8 ;
  • Rien ne permet d’assurer que les prêts accordés par les banques aux entreprises et ménages grâce aux mesures mises en place seront à taux réduit, pour ne pas pénaliser une future reprise d’activité ni alimenter, à terme, les dividendes des actionnaires du secteur bancaire.

De plus, l’abaissement des obligations de fonds propres et de liquidité, accordé à tous sans prendre l’exposition des banques à des risques climatiques clairement sous-estimés9, réduit la résilience du système financier. Un risque amplifié par le report de la mise en place de Bâle III10 et l’assouplissement des régulations nationales.

En résumé, nous sommes partis pour reproduire les mêmes erreurs que lors de la crise financière en 2008-2009.

Mais il n’est pas trop tard pour changer de cap. La situation est grave, et elle appelle à une action immédiate – mais prenons garde à ne pas sacrifier l’avenir. Alors que le changement climatique ne fera qu’accroitre la fréquence et l’intensité des événements tragiques imprévisibles telle que la pandémie de coronavirus11 12, assurer la santé et la sécurité des citoyens, la stabilité économique et financière, nécessite la réduction rapide de l’exposition et du soutien aux activités les plus polluantes.

Pour ce faire, il faut conditionner les politiques d’urgence afin de bien soutenir les petites et moyennes entreprises et les ménages vulnérables et d’exclure les entreprises les plus polluantes, particulièrement celles impliquées dans le charbon et le pétrole et gaz non conventionnels ou dans les énergies fossiles, dont l’essor remet directement en cause l’atteinte des objectifs climatiques. Afin de lutter également contre le risque d’insolvabilité, la piste d’un financement monétaire ou d’une remise en cause des dettes publiques détenues par les banques centrales de l’Eurosystème en échange d’investissements dans la transition écologique devrait également être étudiée.

Pilier de l’Eurosystème, la Banque de France peut devenir le fer de lance d’une conversion des banques centrales à la lutte contre le changement climatique. La Banque de France doit s’engager pour une sortie de crise socialement et écologiquement responsable, ouvrant la voie à une réorientation des financements vers des activités durables et solidaires. En demandant l’exclusion des énergies fossiles, avant tout du charbon et du pétrole et gaz non conventionnels, elle préparerait la révision stratégique de la politique monétaire de la BCE13 qui encadrera la contribution de celle-ci au développement de l’Europe pour les décennies à venir.

Le ministre de l’Economie et des Finances, qui s’est souvent positionné en faveur de la finance durable14, doit porter cette démarche à ses côtés. Membre clef de l’Eurogroupe, il peut montrer l’exemple en refusant le conditionnement des aides européennes à des mesures « d’ajustement macroéconomique » synonymes d’austérité, et en prônant leur utilisation dans des plans de relances nationaux compatibles avec le Green Deal européen15 et orientés vers l’objectif de neutralité carbone en 205016.

Soignons, protégeons les citoyens européens immédiatement, sans rendre cette tâche impossible dans le futur. Surmontons ensemble cette épreuve et faisons de cette crise, du drame, le ciment d’une société et d’une économie solidaire et durable.

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Signataires :

Eric Alauzet, député

Dominique Bourg, philosophe

Valérie Cabanes, juriste et essayiste

Jérôme Deyris, économiste

Jean Gadrey, économiste

François Gemenne, chercheur

Thomas Lagoarde-Segot, économiste

François-Michel Lambert, député

Cécile Muschotti, députée

Bertrand Pancher, député

Philippe Quirion, économiste

Christophe Revelli, économiste

Xavier Ricard Lanata, éthnologue et philosophe

Jennifer de Temmerman, députée

Marie Toussaint, eurodéputée

Jean-Marc Zulesi, député

Crise sanitaire : un tournant de l’histoire ?

Crise sanitaire : un tournant de l’histoire ?

 

Pierre-Henri d’Argenson haut fonctionnaire et ancien maître de conférences en questions internationales à Sciences Po. Évoque un possible tournant de l’histoire à l’occasion du Corona virus dans une chronique à la tribune.( Il a notamment publié La fin du monde et le dernier dieu: un nouvel horizon pour l’humanité (Liber, 201).


« Il est rare que l’on puisse tirer les enseignements d’une crise lorsque l’on est au milieu de celle-ci. Les grands bouleversements intervenus depuis la fin de la guerre froide n’ont ainsi pas toujours été déchiffrables au moment où ils se sont produits, sans doute parce qu’ils appartenaient à une ère de transition accouchant d’un monde nouveau qui se présente aujourd’hui, avec la crise du coronavirus, sous une lumière crue. La pandémie, en effet, agit comme un révélateur de tendances certes perçues par notre intellect, mais qui n’avaient pas suffisamment frappé notre imagination pour modifier nos représentations du monde. Or désormais le monde est nu, et nous n’avons pas d’autre choix que d’abandonner nos coupables pudeurs pour regarder la vérité géopolitique qu’il nous donne à voir, et les conséquences que nous devrons rapidement en tirer pour y survivre en hommes libres.

Nous ne croirons plus à l’article de la doxa mondialiste qui prétend que tout le monde est chez soi partout.

Examinons les faits. Trois choses absolument frappantes se sont produites durant la crise. La première, c’est qu’aux premières alertes, chacun est rentré chez soi, dans son pays. Du jour au lendemain, les touristes sont passés du statut d’heureux voyageurs nomades à celui d’étrangers indésirables, parfois objets de comportements hostiles de la part des populations locales. La mondialisation heureuse venait de tomber le masque. Les citoyens du monde se sont évaporés. Le touriste, l’étudiant, l’homme d’affaires sont redevenus, chez les autres, ce qu’ils ont toujours été: des étrangers. Bien sûr, lorsque la crise sera passée, la circulation des biens et des personnes reprendra son cours, mais nous ne croirons plus, en particulier nous les Européens à qui l’on a enjoint de «s’ouvrir» toujours plus, à l’article fondateur de la doxa mondialiste qui prétendait que tout le monde est chez soi partout.

Le deuxième fait frappant est la quasi-absence de solidarité internationale dans la crise. Le virus, pas plus aujourd’hui que dans le passé, n’a été traité comme un ennemi commun de l’humanité. Chaque État a mis en œuvre sa stratégie propre, sans se coordonner avec les autres, sans faire appel aux organisations régionales et sans trêve des ambitions géopolitiques. Lorsque des aides ont été consenties, c’est avec des arrière-pensées si voyantes que leurs bénéfices pour l’amitié entre les peuples en ont été annulés. Cette compartimentation nationale de la lutte contre le virus oblige les élites européennes à admettre ce qu’elles récusent depuis des décennies: la nation reste la brique fondamentale de la société mondiale.

La Chine est le seul « challenger » ayant à la fois la capacité et la volonté de détrôner les États-Unis et l’Occident de leur place de leader mondial.

Le troisième fait marquant est la cristallisation des tensions géopolitiques entre la Chine et l’Occident, qui dessinent les contours d’une nouvelle guerre froide structurée par l’axe Chine-États-Unis. Privé de son antagonisme idéologique, le monde issu de la chute de l’URSS avait restauré les clivages civilisationnels dans un monde multipolaire dominé par les États-Unis. La nouveauté, mise en lumière par la crise actuelle, est l’émergence de la Chine comme seul «challenger» ayant à la fois la capacité et la volonté affichée de détrôner les États-Unis, et l’Occident au sens large, de leur place de leader mondial. C’est donc autour de ce clivage que les relations internationales vont désormais s’organiser. La grande politique des alliances, tombée en désuétude avec la prolifération des organisations internationales et l’illusion d’un grand marché global post-national, est appelée à revenir au premier plan. L’Europe est la plus mal armée pour y prendre sa part compte tenu du déclin organisé de sa culture stratégique et de sa réticence à accepter que l’interconnexion croissante des sociétés humaines, envisagée seulement comme un facteur de paix, puisse aussi nourrir les guerres informationnelles, les clivages identitaires et les agressions commerciales. L’idée de «doux commerce» répandue par les courants libéraux depuis le XIXe siècle a vécu.

L’Europe est aujourd’hui devenue la zone tampon de l’affrontement entre la Chine et les États-Unis.

Dans l’affrontement titanesque qui s’annonce entre les États-Unis, puissance menacée, et la Chine, puissance ascendante, affrontement porteur d’un risque de guerre comme l’a montré Graham Allison dans son ouvrage Vers la guerre (Odile Jacob, 2019), l’Europe se trouve, comme elle l’a été durant la guerre froide, le centre des enjeux. Un coup d’œil à la carte des flux économiques mondiaux permet de comprendre que, loin d’être périphérique, l’Europe est aujourd’hui devenue la zone tampon de l’affrontement entre la Chine et les États-Unis. Cela peut expliquer que le «pivot» annoncé par Barack Obama vers la zone indo-pacifique n’ait pas eu l’envergure annoncée, contrairement au projet de «nouvelle route de la Soie» poursuivi par la Chine, avec pour but la domination du continent eurasiatique. L’exposition médiatique des ambitions chinoises oblige les dirigeants occidentaux à affronter les réalités désagréables jusque-là repoussées sous le tapis. C’est notamment le cas de l’Europe: si elle poursuit sa trajectoire, sans révision de son modèle économique de transfert à l’Asie de son industrie, d’ouverture commerciale asymétrique et de financement à crédit de sa consommation par l’épargne chinoise, l’Européen de 2030 (plutôt celui du Sud, dont le Français) travaillera à bas coût pour un groupe chinois, sera surveillé par des technologies chinoises et des logiciels américains, consommera encore plus de sous-culture américaine, n’aura plus qu’un accès payant à la santé, et aura perdu sa liberté. La crise grecque de 2010, qui a vu ce pays traité comme un pays en développement, en donne un avant-goût. Le coronavirus arrache tous les masques.

L’Europe doit se recentrer sur son marché intérieur.

Dans cette nouvelle configuration, que peut, que doit faire l’Europe pour conserver la maîtrise de son destin? Trois actions me paraissent urgentes et déterminantes. La première est de recentrer l’Europe sur son marché intérieur. Cela concerne tout d’abord la demande, qui doit être orientée, par la voie dirigiste si besoin, vers les circuits courts et la production locale. Il serait aberrant que nos vastes plans de relance soient, comme après 2008, absorbés par des importations ne créant aucune valeur ajoutée sur le sol français et européen. Cela suppose de se doter de protections tarifaires et normatives actuellement vidées de leur portée par les accords de libre commerce peu réciprocitaires négociés par la Commission européenne et d’une politique de soutien à l’industrie impossible dans le cadre européen actuel, qui a au contraire montré, en ouvrant, en pleine pandémie, de nouveaux chapitres de l’élargissement à l’Albanie et à la Macédoine du Nord, en signant un traité de libre-échange avec le Vietnam, ou encore en sanctionnant les aides d’État, que sa vision des choses était diamétralement inverse. Cette réorientation sera toutefois sans effet si la politique d’offre ne suit pas, et son principal frein, en France, est le niveau excessif des prélèvements obligatoires, qui pèsent sur une partie de plus en plus restreinte et asphyxiée de la population et du tissu productif. Il serait intéressant de demander aux paysans chinois ce qu’ils ont pensé de l’appel du ministre de l’agriculture français pour trouver 200 000 volontaires pour les travaux des champs, en remplacement des travailleurs saisonniers, dans un pays qui compte près de 2 millions de bénéficiaires du RSA.

La seconde action concerne la maîtrise des frontières physiques, et la crise a justement montré qu’elle était parfaitement réalisable. Il n’est nul besoin d’insister sur la déstabilisation des sociétés européennes induite par des décennies d’immigration incontrôlée et instrumentalisée par de nombreux États, la Turquie en dernier lieu. Si rien n’est fait, il faut s’attendre à l’installation d’un état de fracturation permanente au sein d’une Europe connaissant successivement le destin de l’Autriche-Hongrie, de la Yougoslavie puis du Liban, débouchant sur une partition politique croissante, notamment avec les pays de l’Est. Aucune politique de puissance n’est possible lorsque l’on est miné par des dissensions internes irréconciliables, l’histoire montrant que l’éclatement était invariablement au bout du chemin.

Si les États-Unis veulent conserver leur leadership, il leur faudra faire des concessions à l’Europe.

La troisième action consiste à ressouder le bloc de l’Ouest sur une base plus équilibrée avec les États-Unis, mais non tournée contre la Russie. La paix n’a jamais été possible sans une conscience claire des rapports de force sur la scène internationale et la volonté de les assumer. S’affaiblir, c’est inciter l’adversaire à frapper. Or l’Ouest apparaît plus divisé que jamais, ce qui est sa principale faiblesse. Il y a là un enjeu civilisationnel qui n’est pas correctement perçu par l’Europe et les États-Unis, alors qu’il l’est, grand paradoxe, de ses rivaux. La balle est bien sûr largement dans le camp des États-Unis, dont le traitement de l’Europe comme marche de l’Empire assignée à l’absorption des charges russes et moyen-orientales pouvait se justifier tant qu’ils étaient la seule superpuissance. Mais comme pour l’empire romain, la désagrégation des marches ne peut qu’annoncer la chute de l’empire lui-même. Un effondrement européen laisserait en tout cas les États-Unis très exposés au géant chinois et à ses obligés. Passer d’une logique de protectorat à une stratégie d’alliance implique, il est vrai, une révolution de la pensée stratégique américaine, dont le renoncement avec ses alliés au privilège d’extraterritorialité de son droit, véritable tribut qui mine ses relations bilatérales (comment apprécier un allié ayant infligé aux entreprises françaises plus de 13 milliards de dollars d’amendes sur ce fondement depuis 2010?). Mais si les États-Unis veulent conserver leur leadership, il leur faudra faire des concessions à l’Europe. Autrement, cette dernière ira chercher son intérêt dans d’improbables compromissions tactiques avec ses pires concurrents.

Cette crise nous offre peut-être une occasion d’échapper à la décomposition poursuivie depuis quelques décennies.

La crise du coronavirus, en dépit des nombreux appels à l’émergence d’un «monde d’après», ne changera pas, dans l’immédiat, la physionomie des relations internationales et de nos modes de vie. En revanche, au-delà du drame humain dont elle est porteuse, elle offre peut-être une occasion à la France et à l’Europe, en abrogeant pour de bon le récit de la mondialisation heureuse et en les plaçant devant la brutalité du monde, d’échapper à la trajectoire de décomposition poursuivie avec assiduité depuis maintenant quelques décennies. Mais son enseignement le plus «disruptif», et certainement le plus subversif pour les dirigeants actuels, est d’avoir prouvé que la volonté politique pouvait, en quelques jours, rendre possible ce que l’on prétendait impossible, de la même manière qu’on jugeait inenvisageable il y a peu le départ d’un membre majeur de l’Union européenne. Le niveau de tolérance pour l’immobilisme risque donc, après le déconfinement, de dangereusement se réduire. »

Un déconfinement technocratique en vert et rouge

Un   déconfinement technocratique en vert et rouge

 

Une nouvelle fois on  confond la géographie économique, sociale, naturelle et politique. Le découpage du pays en départements en vert ou rouge  selon l’intensité de la pandémie n’a aucun sens. Certes certaines régions ont été plus infectées c’est que d’autres mais il s’agit surtout des zones concentrées du sud-est, de l’Est et de la région parisienne. Même à l’intérieur de ces régions et des départements concernés il y a de fortes disparités. Dans les autres régions globalement moins touchées, les disparités sont très importants à l’intérieur de chaque département. Évidemment dans les métropoles et les grandes villes, le taux d’infectés et de malades est assez important par rapport à la moyenne. À l’inverse dès qu’on  éloigne vers les zones rurales l’épidémie devient heureusement assez marginale en raison de la distanciation géographique quasi mécanique entre les habitants. Ce zonage en couleurs  vite surtout à conforter le pouvoir des préfets au détriment des responsabilités des vraies autorités locales que sont notamment les maires.

Même si des questions se posent autour de cette méthode, Édouard Philippe a livré ce mardi des précisions. Élaborés par la Direction générale de la santé et Santé publique France, trois critères vont permettre cette classification qui sera arrêtée le 7 mai prochain. Ainsi le bulletin de santé d’un département sera mauvais donc rouge si, sur son territoire, «la circulation du virus reste active», si encore «les capacités hospitalières en réanimation restent tendues» et si également «le système local de tests et de détection des cas contacts» n’est pas suffisamment prêt. Les départements du Grand Est et ceux de l’Île-de-France, touchés de plein fouet par l’épidémie, rejoignent aujourd’hui de toute évidence cette catégorie rouge, tandis que ceux du Sud-ouest, épargnés par la crise sanitaire, sont rassemblés dans l’autre.

C’est à compter de ce jeudi que ces «bulletins de santé» vont être rendus public. Le directeur général de la santé va, en effet, présenter tous les soirs la carte avec ces résultats, département par département a indiqué Édouard Philippe devant les députés. Puis, le 7 mai prochain, le verdict tombera: ces territoires sauront quelle couleur revêtir et définiront les mesures à prendre en fonction de leur situation. Et «si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai» ou alors «plus strictement», a aussi prévenu le chef du gouvernement, qui prévoit ensuite d’analyser la situation fin mai. Le 2 juin et en fonction de l’évolution du virus, d’autres mesures pourront être annoncées.

 

 

 «Le port du masque sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance, puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées», a-t-il précisé. De leur côté, toutes les classes des écoles maternelles et primaires rouvriront également, partout sur le territoire, dans la limite de «15 élèves par classe», à partir du 11 mai. Les écoliers n’auront pas à porter de masque, lequel est même «prohibé» chez les moins de 6 ans. Les directeurs d’école auront néanmoins accès à des stocks de masques chirurgicaux de taille enfant, à utiliser si un écolier présentait soudain des symptômes faisant craindre le Covid-19.

Quant au personnel scolaire, il recevra des masques, tant dans les écoles que dans les collèges. C’était une des grandes demandes des enseignants. Les collégiens de sixième et de cinquième reprendront à partir du 18 mai, mais uniquement dans les régions «vertes». En Île-de-France et dans le Grand Est, par exemple, les collégiens devraient rester chez eux. Les autres classes des collèges et des lycées pourraient rouvrir à partir de juin, «Avec une priorité pour les lycées professionnels», a souligné Édouard Philippe. Mais il n’est pas exclu qu’elles «restent fermées jusqu’au mois de septembre», a expliqué le ministre de l’Éducation nationale mardi soir.

Les familles pourront choisir de garder leurs enfants à la maison si elles le souhaitent, le premier ministre a précisé que ce retour à l’école était «sur la base du volontariat». Les professeurs, eux, devront revenir «sauf si ce sont des personnes à risques ou si quelqu’un l’est dans leur entourage, précise-t-on au ministère de l’Éducation. Tous les autres continueront à les accompagner à distance».

Le plan présenté diffère des pistes évoquées par Jean-Michel Blanquer la semaine dernière. Ce dernier entendait donner la priorité à certaines classes et rouvrir les lycées plus vite. Les dernières données épidémiologiques, tendant à démontrer que les enfants de moins de 10 ans sont faiblement malades et peu contagieux, ont joué pour une réouverture totale et plus précoce des écoles. «On peut aussi considérer que les apprentissages fondamentaux se jouent dans les petites classes», analyse Hubert Salaün, de la Peep, fédération de parents d’élèves du public. Le responsable du principal syndicat de chefs d’établissement, Philippe Vincent, du SNPDEN-Unsa, estime avoir été «plutôt entendu», puisque collèges et lycées ne rouvriront pas ou peu…

Quant aux syndicats d’enseignants du primaire, c’est une autre tonalité. Le plus important, le SNUipp-FSU, déclare «ne pas être prêt». Stéphane Crochet, du SE-Unsa, considère que «la reprise présentée par le premier ministre est inacceptable et impossible». Reste une inconnue: dans quelle mesure les maires accepteront-ils de faire travailler leur personnel périscolaire et de nettoyage, indispensable pour rouvrir les écoles?


Un reconditionnement du confinement très tordu

Un reconditionnement du confinement  très tordu

 

 

Il faudra sans doute au moins 48 heures pour que les médias mesurent bien le caractère tordu des nouvelles orientations dites de déconfinement , des orientations  qui ne sont que des mesures de reconditionnement de l’ancien confinement. Pour preuve, cette idée typique d’un énarque de colorer les départements en rouge ou en vert  pour limiter la mobilité. En fait une manière de mettre les départements un peu plus sous la tutelle du préfet. Une idée complètement idiote dans la mesure où à l’intérieur même d’un département le taux d’infectés peut varier de 1 à 100 sur la même surface. En effet il est évident que la pandémie affecte surtout les territoires sur-urbanisés. À l’inverse, dans les zones rurales d’un même département le nombre d’infectés est très faible voire marginal. Il est donc idiot de vouloir déconfiner de la même manière selon qu’on habite une ville de 300 000 habitants ou  un village de 1000 habitants. Le caractère tordu peut aussi être révélé à travers les dispositions relatives au transport où on va tenter d’imposer le port de masques dont d’ailleurs nous ne disposons pas et avec une distanciation de 1 m entre les passagers. Des mesures  sans doute prises par des technocrates qui ne sont jamais montés dans le métro ou dans des bus aux heures de pointe.  Le pouvoir est tellement peu persuadé de l’efficacité de ce nouveau confinement qu’il envisage un calendrier limitant la mobilité jusqu’à l’été.

“nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement”, a-t-il prévenu. “Si tout est prêt le 11 mai, alors commencera une phase qui durera jusqu’au 2 juin”, date à laquelle un nouvelle phase débutera “jusqu’à l’été”.

Conditionné, le déconfinement sera donc différencié selon les territoires, la circulation du virus n’étant pas uniforme dans une France divisée entre des zones qui ont été sous tension (Grand-Est, Ile-de-France) et des zones très peu affectées par l’épidémie.

Concrètement, le déconfinement sera différencié le 11 mai entre les départements classés “vert”, où il sera appliqué largement, et ceux classés “rouge”, où il prendra une forme plus stricte.

Les départements classés “rouge” seront ceux où le taux de cas nouveaux sur une période de 7 jours reste élevé, où les capacités hospitalières régionales en réanimation restent tendues ou qui ne seraient pas suffisamment prêts en matière de tests.

“C’est une ligne de crête délicate qu’il faut suivre, un peu trop d’insouciance et c’est l’épidémie qui repart, un peu trop de prudence et c’est l’ensemble du pays qui s’enfonce”, a insisté Edouard Philippe, mettant en garde contre un risque d’”écroulement” de l’activité économique et de l’emploi.

Pour éviter d’”immobiliser la France”, les attestations, que chaque Français doit être en mesure de présenter aux forces de l’ordre depuis le 17 mars ne seront donc plus obligatoires à partir du 11 mai, à l’exception toutefois des déplacements de plus de 100 km du domicile.

« Un plan de redressement économique via un Green Deal européen». ( François Brottes )

« Un plan de redressement économique via  un Green Deal européen». ( François Brottes )

François Brottes président du directoire de RTE, gestionnaire du réseau de transport de l’électricité n’est pas forcément le mieux placé pour parler de Green deal européen afin de relancer l’économie. En outre sa chronique-un peu courte sur l’environnemenet- a des parfum de lobby de l’électricité. Pour autant son papier mérite la lecture .

« La crise sanitaire que nous traversons est inédite et bouleverse l’ensemble de notre société. Les incertitudes sur sa durée et ses conséquences sont immenses, les inquiétudes naturellement considérables.

L’électricité est, dans ce contexte, plus que jamais indispensable pour permettre aux services de santé de fonctionner, aux services essentiels à la Nation de remplir leur mission. Elle est également essentielle aux Français et à l’ensemble des Européens, confinés, afin qu’ils puissent continuer de bénéficier d’un minimum de confort.

Dans les dispatchings, les postes électriques, au sommet des pylônes, au sein des cellules de crise nationales ou depuis chez eux, en télétravail, tous nos salariés sont au rendez-vous des attentes de nos concitoyens et leur garantissent, en permanence, une alimentation en électricité.

Depuis près de 70 ans, l’Europe de l’énergie a été l’un des moteurs de la construction et de la fraternité européenne. Aujourd’hui, c’est une réalité incontournable. Plus de 400 interconnexions nous relient les uns aux autres, assurant une véritable solidarité électrique entre les différents pays de l’Europe continentale.

Les gestionnaires de réseau de transport d’électricité européens et leurs équipes sont plus que jamais mobilisés durant cette période afin d’assurer la sécurité et l’équilibre permanent du réseau électrique.

Pour cela, malgré la crise, nous continuons d’intervenir sur notre réseau, en urgence, lorsque nos réseaux rencontrent des avaries, ou afin d’effectuer les activités de maintenance essentielles à sa sécurité dans la durée. Nous préparons également nos réseaux à la reprise de l’activité. Cette mission nous la remplissons avec, pour priorité absolue, le maintien en bonne santé de notre personnel.

La modernisation des systèmes électriques et la décarbonation du secteur électrique sont un programme de croissance qui préserve et qui est créateur d’emplois

Ce bon fonctionnement est également possible grâce au concours du régulateur, des pouvoirs publics, de tous les acteurs du secteur – producteurs, gestionnaires des réseaux de transport, fournisseurs, distributeurs – et au maintien des marchés de l’électricité. ENTSO-E, l’association européenne des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité, joue un rôle primordial de coordination entre nos différents pays durant cette période.

Cette crise aura souligné la nécessité de renforcer, au niveau européen, les filières industrielles indispensables aux infrastructures stratégiques. C’est un enjeu de souveraineté. Soutenir le maintien et le développement en Europe de prestataires et fabricants, spécialistes de technologies clés pour nos réseaux électriques, nous permettra d’affermir notre indépendance énergétique, technologique et industrielle. Cela contribuera également activement à la reconstruction économique.

Le Green Deal européen devra être la pierre angulaire de cette relance. Nous l’appelons de nos vœux. La modernisation des systèmes électriques et la décarbonation du secteur électrique, au travers notamment du développement des énergies renouvelables, sont un programme de croissance qui préserve et qui est créateur d’emplois.

François Brottes est président du directoire de RTE.

 

Déconfinement : un vote pour la forme

Déconfinement : un vote pour la forme

Il se confirme de plus en plus que le Parlement est mis sous tutelle du gouvernement. Plus précisément ,l’assemblée et le Sénat ne servent  à peu près rien en France. D’abord parce qu’ils ne sont pas consultés sur les enjeux stratégiques et quand ils le sont, des majorités viennent bloquer tous réels débat. La situation actuelle à l’Assemblée nationale est encore pire que sous les gouvernements précédents. En effet le gouvernement peut s’appuyer sur une très large majorité de courtisans et d’amateurs entrés en politique par hasard et qui doivent tout à Macron. La plupart monde ne peuvent se prévaloir du moindre engagement politique ou citoyen avant cette élection comme député. Du coup cette majorité peut facilement être manipulée.

 

Pour donner un vernis démocratique au plan de des confinements du gouvernement, il y aura donc un débat mais limité à 24 heures intégrant notamment la poursuite de l’état d’urgence jusqu’à mi-juillet et des confinements maintenus pour les activités regroupant des publics. Une exception toutefois l’école où le Premier ministre a bien du mal à s’expliquer sur les contradictions entre le comité scientifique et le gouvernement. On connaît Édouard Philippe il compensera sans doute le flou de ses orientations par une longueur particulièrement excessive de son intervention. Ce débat ultrarapide à l’assemblée a été très critiqué par l’opposition. Par exemple parles Républicains (LR), et Fabien Di Filippo. “On nous demande immédiatement de voter un chèque en blanc au gouvernement qui a quand même depuis le début de cette crise beaucoup tâtonné, beaucoup commis d’erreurs, beaucoup montré de revirement”, a-t-il dit sur France info.

“Un vote unique sur le plan déconfinement (et donc sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel) et avec un nombre aussi réduit de députés, ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant”, a ainsi tweeté ce week-end le député La République en marche (LaRem) Aurélien Taché.

Opposé au “tracking”, son collègue Sacha Houlié a estimé que “la marginalisation et l’effacement du débat sur le traçage numérique” consacrait “l’illégitimité d’y recourir comme l’inefficience de l’outil.”

Soulignant les consultations tous azimuts de ces derniers jours, l’exécutif justifie, lui, cette accélération du calendrier par la nécessité d’aller vite à deux semaines de la date prévue pour le déconfinement qui va nécessiter de nombreux ajustages avec les maires et les préfets.

Le plan de déconfinement devrait tracer les grandes lignes concernant le retour à l’école, la reprise du travail dans les entreprises et la fonction publique, la relance des transports publics, l’approvisionnement en masques et la politique des tests. La question de la réouverture des bars, cafés et restaurants, fermés depuis le 16 mars en France, a pour sa part été renvoyée à fin mai.

Réorganisation des transports: un casse-tête total

Réorganisation des transports: un casse-tête total

La remise en service des transports collectifs constitue un casse-tête total et ce n’est pas l’objectif de réduire l’offre de transport de 50 % qui permettra de résoudre la question de la distanciation. Cela vaut pour l’avion, pour le train et évidemment surtout pour le métro. Pour ce dernier mode de transport (cela vaut aussi pour les bus ) on voit mal comment on pourrait éviter la proximité.

On risque donc de déboucher sur des mesures très floues du type de celle de l’école avec l’obligation de porter des masques que précisément nous n’avons pas encore ! Et comment observer une distance entre les voyageurs à l’entrée et à la sortie des métros faudra-t-il un temps de stationnement de 5 à 10 minutes. La promiscuité concerne aussi le train et surtout les avions dont l’espace est compté.

Bref une nouvelle fois les orientations du gouvernement risquent de se caractériser par un grand flou voir une certaine irresponsabilité. “Nous savons effectivement produire à peu près partout sur le territoire une offre de trains, de TGV, de bus, de métros, de 50% et plus”, a annoncé le secrétaire d’Etat chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari vendredi sur BFMTV et RMC, en évoquant un objectif de 70% du trafic sur l’ensemble du réseau francilien et la possibilité de restaurer la moitié du trafic des TGV, en fonction des besoins des territoires.

Si “il y aura très probablement moins de gens dans les transports” pendant quelques temps, “il est très probable que dans les espaces étroits avec de très fortes fréquentations (…) le port du masque soit obligatoire”, a déclaré Jean-Baptiste Djebbari en précisant que les arbitrages sur ce point seraient rendus “dans les prochains jours”.

Outre la question du port du masque, “un des objectifs importants du 11 mai et des premiers jours de la reprise progressive du trafic c’est bien (…) de désengorger les heures de pointe (…) en continuant le télétravail tant que cela est possible et (…) en lissant les heures de pointe”, a-t-il ajouté.

“Il faut (…) que les entreprises appliquent le télétravail au maximum pendant un certain temps, il faut se reporter sur les nouvelles mobilités (…) et il faut lisser les heures de pointe, ça veut dire que les employeurs doivent permettre à leurs salariés d’arriver à des horaires différenciés au travail”, a également insisté vendredi la présidente de la RATP, Catherine Guillouard, sur France Inter.

Concernant les transports franciliens, où le trafic des tramways, métros et bus s’élève actuellement à 30% de son niveau habituel pour une fréquentation limitée à 4% des voyageurs, “nous sommes en mesure de viser 70% de l’offre”, a noté Jean-Baptiste Djebbari.

“On travaille actuellement sur un scénario qui est de viser un objectif de rallumer 70% de l’offre du réseau en moyenne”, a confirmé Catherine Guillouard sur France Inter, en précisant que les lignes automatiques – 1 et 14 – reprendraient quant à elles à 100%.

“Aujourd’hui il n’y a que 4% de fréquentation sur le réseau c’est-à-dire qu’en gros, là où d’habitude, nous produisons une journée normale 12 millions de voyages, nous en avons 500.000”, et l’objectif de 70% correspond donc à huit millions de voyageurs chaque jour sur le réseau francilien, a-t-elle expliqué.

Côté SNCF, les discussions continuent avec les élus afin d’”avoir région par région la bonne offre qui accompagne la réouverture concrète d’un certain nombre d’activités sur le terrain”, puisque les besoins ne seront pas identiques partout, a expliqué Jean-Baptiste Djebbari.

Pour la circulation des TGV, actuellement limitée à 6%, “nous sommes en capacité de monter assez rapidement vers 50% de TGV” et “nous allons voir comment organiser la bonne offre”, a-t-il déclaré, en évoquant notamment la nécessité d’organiser “de la façon la plus fluide possible” le retour des Franciliens qui étaient partis juste avant le début du confinement le 17 mars.

La gestion des impératifs sanitaires pourrait se faire par la régulation de l’offre ainsi que du remplissage des trains, avec par exemple des réservations obligatoires et limitées.

Dans le secteur aérien, le ministre n’a pas fourni d’objectif chiffré pour la reprise du trafic, actuellement limité à 2% de son niveau normal, soit seulement des dizaines de vols par jour.

“Aujourd’hui le trafic est centralisé à Roissy-Charles-de-Gaulle (…) à mesure que le trafic va reprendre (…) nous verrons quand rouvrir Orly mais a priori ce ne sera pas nécessaire le 11 mai”, a précisé Jean-Baptiste Djebbari.

Plus largement, des mesures de protection sanitaire devraient être prolongées ou mises en place pour accompagner la reprise progressive du trafic, comme l’interdiction de la vente à bord de tickets ou de billets, des filtrages des accès dans les gares, l’installation de marquages au sol pour réguler et ordonner les flux de voyageurs ou encore éventuellement une évolution de la réglementation pour donner aux services de sécurité des opérateurs de transports la possibilité de verbaliser si le port du masque était rendu obligatoire.

Coronavirus: Pour un soutien massif aux pays du sud

Coronavirus:  Pour un soutien massif aux pays du sud

 

Tidjane Thiam, ancien directeur général de Prudential puis du Crédit suisse, et Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD  plaident pour un soutien massif aux économies du sud.

Cette crise est-elle comparable à l’une de celles traversées par le monde depuis le krach boursier de 1929 ?

Tidjane Thiam : Elle est sans précédent lorsque l’on regarde son impact économique. Elle remet en cause nos modes de production, de travail, de déplacement, les interactions entre nous tous. Le coronavirus sévit partout, de la même manière et au même moment. Cette crise aura des conséquences sociologiques et, à terme, politiques. Les crises classiques, du type choc pétrolier, ont des répercussions différentes entre pays, avec des gagnants et des perdants. Dans celle-ci, nous sommes tous potentiellement perdants. Il y a deux scénarios pour le monde à moyen et long terme : une sortie par le haut reposant sur la solidarité et le partage du fardeau économique, ou le repli sur soi et la fermeture.

Rémy Rioux : Ce virus livre, en quelque sorte, une guerre à la mondialisation. Il a suivi des routes historiques, celle de la soie jusqu’à la Lombardie-Vénétie, celle des grandes découvertes qui mène à l’Afrique et aux Amériques. Il montre qu’il existe quelque chose de plus fort que l’économie, alors qu’on vivait dans l’illusion du contraire. C’est une crise unique, simultanée, plus globale et plus rapide qu’en 1929, plus profonde que la crise financière de 2009. Le FMI prévoit désormais une récession de 3 % cette année, très loin des 3,4 % de croissance prévus auparavant. Heureusement, il n’y a pas de contagion, pour l’instant, à la sphère financière. La Réserve fédérale américaine s’est montrée plus solidaire qu’en 2008, au profit notamment des banques centrales des pays émergents. Mais nous allons plus loin encore dans une économie de la dette, avec le risque de créer une bulle financière dans les prochaines années.

 

Quel sera l’impact en Afrique ?

T. T. : Je crains que la crise sanitaire soit encore loin de son pic sur le continent mais ses effets économiques se font déjà sentir. Lors d’un tel choc, les marchés réagissent immédiatement. L’Afrique est frappée de plein fouet. On peut craindre une récession de 2 %, après dix-huit ans de croissance ininterrompue. Quelque 22 millions d’Africains pourraient se retrouver au chômage. Tout cela conduit à une baisse des recettes des Etats, au moment où ils doivent dépenser plus sur le plan sanitaire. Tout cela dans un contexte mondial de compétition entre pays pour l’achat d’équipements vitaux. La démographie africaine ne va pas s’arrêter du jour au lendemain, entraînant une hausse continue et nécessaire des dépenses sociales. Nous aurons du mal à accueillir tous les patients si la pandémie progresse. Le confinement n’est pas une solution durable dans les quartiers défavorisés, avec des populations vivant de revenus journaliers, dans des espaces réduits et sans accès à l’eau. Les Africains – 60 % ont moins de 25 ans – ne sont pas habitués à de telles restrictions.

R. R. : Le Sahel sera probablement moins affecté au plan économique car les pays les plus pauvres ont une meilleure capacité d’adaptation que ceux tournés vers l’extérieur. Je suis plus inquiet pour les pays pétroliers et les économies émergentes, notamment en Afrique du nord et en Afrique australe, exposés à la chute des cours des matières premières, à la baisse subite des transferts de leur diaspora, aux fuites de capitaux, alors que leur système de santé, plus performant, est davantage sollicité. Ils sont aussi plus insérés dans les chaînes de valeur mondiales, donc plus exposés aux chocs de l’économie réelle. Leurs difficultés pourraient avoir un effet d’entraînement sur leurs voisins. Il va falloir trouver des solutions adaptées pour tous les pays d’Afrique.

Les systèmes sanitaires africains vont-ils tenir le choc ?

T. T. : La situation est différente d’un pays à l’autre. L’impact dépendra des politiques suivies dans le passé et de l’existence de capacités locales. Plus la réponse sera proche du terrain, plus on aura de chance de prendre les bonnes décisions. Les progrès en matière d’éducation et de capital humain ont été importants ces dernières années en Afrique. A son indépendance, la Côte d’Ivoire comptait 150 diplômés universitaires. Ils sont des centaines de milliers aujourd’hui. Des leaders comme Macky Sall, Paul Kagamé, Cyril Ramaphosa communiquent dans nos réunions via messagerie électronique. Leur approche est compétente et pragmatique. Autre facteur d’optimisme, la mobilisation des ministres des Finances et des entrepreneurs. Ces derniers sont rassemblés au sein d’un groupe de riposte, chacun apportant son expertise pour acquérir les équipements nécessaires. L’Afrique a changé, et en bien.

R. R. : Vu d’Europe, je suis frappé par la rapidité, la cohérence et l’unité de la réaction politique de l’Union africaine (UA) et de ses Etats membres. La coopération sanitaire est de mise. Et puis n’oublions pas les grands progrès en matière d’éducation en Afrique depuis vingt ans. La population possède des ressorts pour faire face, avec le dynamisme de sa jeunesse et la longue expérience acquise dans la lutte contre la variole, Ebola ou le sida. Les équipements de réanimation vont cruellement manquer, évidemment, et la persistance de conflits et les migrations forcées sont des facteurs aggravants, mais les comportements face à la crise sont porteurs d’espoir. Tous les gouvernements du monde sont confrontés à un même dilemme : comment sauver le plus de vies possible, en évitant le naufrage des activités ? L’Afrique va trouver sa réponse et des solutions qui nous inspireront en Europe. Nous devons être à son écoute et l’accompagner.

Le package annoncé par le G20 sur le report du service de la dette des pays pauvres n’est-il pas insuffisant ?

T. T. : Quand la maison est en feu, on ne se préoccupe pas de la qualité de l’eau. Le moratoire sur la dette accordé par le G20 permet de disposer rapidement et sans conditionnalités de ressources financières pour combattre un virus qui n’attendra pas et qui ignore les frontières. Ne pas traiter l’Afrique de manière exceptionnelle serait inique alors que tous, les États-Unis comme l’Europe, ont tourné le dos à l’orthodoxie financière – injection immédiate de plus de 3 000 milliards de dollars dans l’économie – pour répondre à la crise. Les économies intermédiaires ont le plus à perdre si on ne les aide pas. Elles ont fait de gros efforts pour assainir leurs finances publiques et elles doivent pouvoir continuer à investir, notamment dans les secteurs éducatifs et sociaux. Il ne faut pas compromettre les progrès accomplis. Il faudra s’assurer que les dettes publiques et privées sont soutenables. Et veiller à ce que l’argent frais soit au rendez-vous, via notamment l’utilisation de droits de tirage spéciaux (DTS, quotes-parts des pays) du FMI existants et non utilisés. Cela permettra d’éviter tout défaut sur la dette privée. L’histoire montre que les pays qui ont réussi leur décollage ont misé sur l’économie de marché tout en mobilisant de façon efficace à la fois capitaux publics et capitaux privés.

R. R. : Pas de « corona-morale » en Afrique, surtout ! Ce n’est pas le moment de conditionner les aides. Il faut éviter à tout prix qu’un choc exogène provoque des dégâts permanents. Nous sommes dans un moment keynésien, il faut réamorcer la pompe pour permettre aux pays africains d’accroître leurs investissements publics et éviter les faillites d’entreprises. La question du financement de l’Afrique est posée et on ne sortira pas de cette crise avec les instruments du passé. Il faudra notamment un effort supplémentaire en annulant des dettes, alors que les ministres des Finances africains ont évalué leurs besoins à 100 milliards de dollars. Pour les pays intermédiaires qui ont fortement recours aux marchés de capitaux, c’est plus complexe. Des annulations de dette signifieraient leur insolvabilité et rendraient plus difficile leur accès aux marchés de capitaux. Il est important que l’Afrique mène une concertation avec l’ensemble de ses créanciers, publics comme privés. Et essentiel que la Chine comme les membres des grandes banques et institutions financières de l’Institute of international finance s’engagent dans cet effort collectif. Il sera enfin nécessaire de renforcer les institutions financières africaines qui interviennent sur le continent. Nous rassemblerons les 400 banques de développement du monde dans le cadre du Forum de Paris sur la paix, en novembre, pour trouver des solutions.

Les Africains sont-ils optimistes sur l’engagement de la Chine à plus long terme?

T. T. : Le dialogue est permanent et à haut niveau entre dirigeants africains et chinois. On peut être confiant dans l’engagement de la Chine à participer à l’effort financier. Celle-ci souhaite être un partenaire de long terme de l’Afrique. Les autorités chinoises ont ainsi récemment envoyé en Afrique des équipes médicales ayant vécu l’expérience de Wuhan. Des milliardaires philanthropes comme Jack Ma apportent une contribution personnelle sous forme de dons en matériel. Sur les solutions financières, l’UA a demandé à la Chine de participer à la concertation collective.

Quels sont les enseignements à tirer de cette crise ?

R. R. : Cette crise remet en cause nos modèles et appelle une plus forte coopération internationale, au moment où nous vivons un affrontement mondial entre les partisans de la réconciliation – pour le climat, la biodiversité, contre les inégalités – et les forces de fragmentation, partout ravivées. Les grands ensembles politiques doivent articuler de façon renouvelée réponses nationales, régionales et internationales. La demande de protection et de souveraineté des populations aura des conséquences sur le partage des chaînes de valeur mondiales et entraînera des relocalisations. Elle peut avoir aussi des conséquences favorables, pour protéger l’environnement et renforcer les intégrations régionales. Il y aura sûrement un moment européen et un autre européo-africain à l’heure du renouvellement des accords liant les deux parties. Espérons que cette crise ne se traduise pas par un affaiblissement du multilatéralisme. La refondation de la solidarité internationale doit être en tête de l’agenda.

T. T. : La visibilité est encore réduite et les incertitudes sont grandes. Cela dit, une leçon que je suis prêt à tirer à ce stade est que cette crise nous rappelle la valeur de… l’humilité. La résilience de nos sociétés sera un thème important à l’avenir et devra être renforcée. Certains utilisent cette crise pour remettre en cause la mondialisation. Les réponses simplistes sont séduisantes mais parfois dangereuses. Ce qu’il faut faire c’est une meilleure mondialisation, plus consciente de ses externalités négatives et de ses conséquences sur le long terme, mettant plus d’accent sur l’enracinement local et la subsidiarité. C’est un défi que l’on pourra relever par le dialogue et la concertation, notamment entre l’Europe et l’Afrique. Cette crise montre enfin que l’on a besoin de leadership au niveau mondial. L’accord du G20 sur le report de la dette des pays les plus défavorisés est un exemple de ce que le monde peut faire de meilleur quand nous travaillons tous ensemble.

L’agenda climatique de la France est-il remis en cause ?

R. R. : Au contraire ! C’est une seule et même crise, sanitaire, économique, sociale et environnementale que nous vivons, où le court et le long terme s’entremêlent. Pour la première fois, chacun ressent le coût de l’inaction et peut comprendre la nécessité d’amplifier significativement nos efforts pour le climat. Défendons avec force le Green New deal de la Commission européenne et notre partenariat climatique et social avec l’Afrique. Avant l’irruption de cette pandémie, on pressentait déjà la fragilité de notre monde, en plein dérèglement climatique. Cela doit mener chacun d’entre nous et nos sociétés tout entières à une prise de conscience afin que nos actions de court terme soient résilientes. Les banques publiques de développement ont un rôle très singulier à jouer en apportant les preuves concrètes que c’est possible.

 

 

Coronavirus : un tracing technologiquement purement français

Coronavirus : un tracing technologiquement purement français

 

Laurent Giovachini, directeur général adjoint de Sopra Steria et président de la fédération Syntec dévoile les coulisses du développement de l’application de Contact Tracing réalisé en un temps record par six entreprises françaises (SIA Partners, Sopra Steria, Accenture, Orange, Dassault Systèmes et Capgemini). Cette solution privée devrait se fondre dans un partenariat public-privé, pour concurrencer la proposition des GAFA, nous explique Laurent Giovachini par ailleurs président du comité « souveraineté » du Medef.( intreview la Tribune)

 

 

Vous vous êtes lancés dans le développement d’une application de Contact Tracing pour lutter contre la propagation du Covid-19. Comment avez-vous fait pour vous regrouper ?
Laurent GIOVACHINI
 : Il s’agit à l’origine d’une initiative prise par quelques entreprises au sein de la fédération Syntec. Cette initiative a rapidement fusionné avec les travaux qu’Orange avait engagé de son côté pour donner naissance à un sextuor composé du cabinet de conseil SIA Partners, de Sopra Steria, d’Accenture au travers de sa filiale Octo Technology, d’Orange, de Dassault Systèmes et de Capgemini. Les six entreprises ont regroupé leurs compétences au sein d’un plateau virtuel qui a réussi à développer en six semaines une application opérationnelle. Très motivées par l’enjeu de santé publique, les équipes se sont retroussé les manches, ont travaillé sept jours sur sept et ont fait le job !

Pourquoi aussi rapidement ?
Parce qu’il fallait aller vite. Nous nous étions fixé l’objectif de disposer d’une version opérationnelle avant la fin du mois d’avril, sans savoir que le début du déconfinement serait finalement fixé au 11 mai. Pari tenu : depuis lundi dernier, un prototype est disponible,…

Pas de déconfinement « régionalisé » mais « adapté aux territoires« , retour à l’école sur la base du volontariat des parents, port du masque probablement imposé dans les transports: l’Élysée a annoncé plusieurs axes directeurs de l’après-11 mai jeudi, à l’issue d’une réunion d’Emmanuel Macron avec des élus.

Le déconfinement doit se préparer avec les maires, a insisté Emmanuel Macron, selon des propos rapportés par l’Élysée, et le cadre national devra être adapté et « territorialisé« , mais pas par régions, « qui ne correspondent pas aux réalités des territoires« .

La rentrée scolaire du 11 mai sera « progressive, concertée avec les élus locaux et adaptée aux réalités locales« , a ajouté l’Élysée, notamment en fonction de la taille des communes. Priorité sera sans doute donnée aux « plus jeunes, ceux qui ne sont pas autonomes« , ainsi qu’aux enfants « les plus en difficulté« , mais quoi qu’il en soit sur la base du volontariat des parents, « sans obligation de retour à l’école« , précise l’Élysée.

Dans les transports publics, « il faudra probablement imposer le port du masque« , a en outre fait savoir l’Élysée, qui a évoque un « cahier des charges organisationnel et sanitaire pour la reprise« .

Emmanuel Macron a ainsi encouragé les maires à acheter de manière massive des masques grand public, « dans une logique de recommandation, pas d’obligation ».

Concernant le calendrier, le chef de l’État « s’est engagé à ce que le cadre soit présenté en début de semaine prochaine » par le « Monsieur déconfinement » du gouvernement, Jean Castex, auprès des élus locaux, notamment pour un temps de concertation et d’interactions avec les élus.

La présentation d’un plan détaillé doit intervenir début mai.

 

Coronavirus: hôtellerie, restauration et tourisme, l’effondrement de tout un secteur

Coronavirus: hôtellerie, restauration et tourisme, l’effondrement de tout un secteur

 

Si des perspectives de réouverture  pour certaines activités sont envisagées par contre on est loin de voir le bout du tunnel pour tout ce qui concerne l’hôtellerie, la restauration ou le tourisme. Au mieux des décisions pourraient être annoncé pour le milieu de l’été. Mais des décisions à effet différé qui n’auront guère d’impact sur la saison estivale et même la fin de l’année. La conséquence pourrait être une vague sans précédent de défaillances qui affectant 20 à 30 % du secteur. Aucun secteur ne peut en effet résister à une période de paralysie de six à neuf mois.

La mise en quarantaine de ces activités aura des conséquences sur les secteurs économiques amont et aval (par exemple sur les producteurs agricoles, le commerce et l’artisanat et les services). La vérité, c’est que les pouvoirs publics sont complètement démunis pour faire face à cette crise. En effet les propositions d’aide sous forme de prêts ou de décalage dans le temps de la fiscalité ne sont pas à la hauteur des enjeux. L’enjeu aujourd’hui, c’est la mort de nombre ces entreprises . Même si les pouvoirs publics décidaient de la reprise pour ces activités, les clients ne seraient sans doute pas rapidement au rendez-vous compte- tenu des risques sanitaires potentiels.

Les attentes de la filière, qui emploie un million de salariés, sont fortes: les acteurs du tourisme et de la restauration espèrent notamment l’exemption du paiement des taxes et impôts locaux en 2020, l’annulation des loyers pour six mois, la prolongation des mesures en faveur du chômage partiel des salariés et la prise en charge, au moins partielle, des pertes d’exploitation. Les mesures qui seront décidées dans le cadre de ce plan de soutien spécial s’ajouteront aux dispositifs généraux déjà mis en oeuvre par le gouvernement.

Pour aider cafés et restaurants, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) et la maire PS de Lille Martine Aubry ont réclamé jeudi au gouvernement «une véritable stratégie», plaidant notamment pour «la création par l’Etat d’un fonds d’investissements dédié» et pour des «mesures immédiates» de soutien.

Déconfinement des écoles : un transfert de responsabilité irresponsable aux maires

Déconfinement des écoles : un transfert de responsabilité irresponsable aux maires

 

On comprend évidemment que les maires soient particulièrement furieux que le gouvernement leur renvoie la patate chaude du déconfinement des écoles. C’est en effet à eux qui reviendra la responsabilité d’organiser la reprise des cours. Une grave responsabilité dans la mesure où nombre d’écoles ne sont pas forcément très adaptées pour gérer ce genre de situation.

 

Normalement le ministre de l’éducation nationale a souhaité que le nombre d’élèves soit réduit de moitié. Le problème c’est qu’on ne sait pas comment; en effet; l’école ne sera pas obligatoire mais elle ne sera pas contingentée non plus. Du coup, dans certaines classes on risque de dépasser la moitié de l’effectif habituel. Le problème surtout c’est que les maires prennent le risque d’être rendus responsables de la propagation du virus.

 

Certes certaines études semblent montrer que les enfants sont moins porteurs que les adultes du Coronavirus mais certains le sont quand même. Cela pourrait alors contaminer les autres et au-delà leur entourage notamment familial il y a aussi la question de l’organisation des cantines sans parler du défi majeur à faire respecter les normes de distanciation par des jeunes enfants. Le risque sanitaire va également bien entendu concerner les enseignements eux-mêmes qui pourraient être exposés encore davantage que les enfants.

Plusieurs élus jugent que les conditions sanitaires ne sont pas remplies. «Pour moi c’est totalement irresponsable, ça me rend furieux. On refile la patate chaude aux élus locaux et je trouve ça inadmissible», fulmine Lionnel Luca, le maire LR de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). Pour lui il n’est pas question d’ouvrir les écoles le 11 mai prochain: «S’ils veulent les clés, qu’ils viennent les chercher à la mairie. Ils nettoieront, ils feront manger les enfants, ils se débrouilleront!»

Même défiance du maire Rassemblement national (RN) de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez: «Il est évident que si début mai nous n’avions de la part du gouvernement et des autorités sanitaires pas plus de garanties sur la sécurité sanitaire des élèves et des équipes pédagogiques, je maintiendrais les écoles fermées»

Union européenne : un plan de relance encore très flou et très insuffisant

Union européenne : un plan de relance encore très flou et très insuffisant

L’union européenne semble maintenant admettre le principe d’un plan de relance intégré au budget européen pour la période 2021–2027. Cela pour constituer un fonds d’urgence d’environ 1000 milliards de dollars. Notons cependant que ce montant n’est sans doute pas à la hauteur de l’enjeu puisque cela représente environ 150 milliards par an. Alors que  la perte de croissance pourrait se situer entre 800 et 2500 milliards par an selon les scénarios de baisse du PIB.

En outre, de nombreuses divergences demeurent quant aux manières de l’alimenter et de l’utiliser.

 » Il y a des désaccords qui demeurent sur les mécanismes”, a quant lui observé Emmanuel Macron, évoquant le débat entre les partisans des subventions et ceux des prêts.

“Je le dis sincèrement: si l’Europe contracte des emprunts pour les transférer à d’autres, cela ne sera pas à la hauteur de la réponse dont nous avons besoin”, a estimé le chef de l’Etat français.

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a quant à elle déclaré aux “27” que la pandémie pourrait réduire la production européenne de 5% à 15%, selon des diplomates et des responsables européens.

Le PIB de la zone euro devrait se contracter de 5,4% en 2020, ce qui serait sans précédent depuis l’introduction de la monnaie unique en 1999, selon les analystes interrogés par Reuters. Le Fonds monétaire international table, lui, sur une contraction de 7,5%.

Après des semaines de débats, les chefs d’Etat et de gouvernement ont approuvé un plan de sauvetage de 500 milliards d’euros immédiatement mobilisables pour protéger les emplois, les entreprises et offrir des crédits bon marché aux gouvernements.

L’Italie et l’Espagne ayant été frappées beaucoup plus durement que l’Allemagne, de vieilles rancœurs ont toutefois refait surface. Il y a deux semaines, les ministres des Finances de la zone euro ont eu toutes les peines du monde à s’entendre et les Pays-Bas se sont opposés à la demande italienne de mutualisation de la dette.

Guiseppe Conte a souhaité que le fonds de relance soit porté 1.500 milliards d’euros et qu’il soit assorti de subventions pour éviter l’effondrement des pays les plus affectés, ce qui mettrait le marché intérieur en péril.

“Les subventions sont essentielles”, a-t-il souligne, selon des diplomates ayant assisté à la visioconférence. “L’urgence sanitaire est rapidement devenue une urgence sociale. Mais nous sommes maintenant également confrontés à une urgence politique.”

L’Autriche est prête à faire preuve de solidarité, mais “nous devons le faire par le biais de prêts”, a rétorqué sur Twitter le chancelier Sebastian Kurz.

Vienne consultera les “pays ayant des points de vue similaires”, poursuit-il, évoquant les pays du Nord tels que le Danemark, la Suède, la Finlande et les Pays-Bas, qui ne veulent pas payer pour les pays du Sud jugés moins disciplinés sur le plan budgétaire.

L’Espagne, l’un des pays les plus touchés au monde, milite aux côté l’Italie en faveur des subventions plutôt que des prêts. La France, elle, plaide pour la création d’un fonds qui pourrait d’émettre une dette commune. “Il nous faudra une capacité commune d’endettement pour financer cette réponse”, a estimé Emmanuel Macron.

Angela Merkel s’est voulue conciliante en appelant elle aussi à la constitution d’un fonds de relance majeur après le sommet. “Il était clair pour tout le monde que nous avions besoin d’un tel fonds de relance”, a-t-elle déclaré à la presse.

“Je veux dire très clairement qu’une telle solution commune est dans l’intérêt de l’Allemagne, parce que les choses ne peuvent aller bien pour l’Allemagne que si elles vont bien pour l’Europe”.

“Nous n’étions pas toujours d’accord, par exemple pour déterminer si cela devait se faire sous forme de subventions ou de prêts, ou sur les modalité de mise en œuvre, mais nous avons tous convenu que ce fonds de relance devait être étroitement lié au prochain financement à moyen terme”, a poursuivi la chancelière.

Les 27 ont ainsi chargé la Commission européenne de présenter des propositions détaillées d’ici le 6 mai, selon des diplomates.

Selon la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, les plans mis en oeuvre par les Etats-membres représentent un montant de 1.800 milliards et le nouveau fonds européen de relance serait de l’ordre de 1.000 milliards.

“Nos estimations actuelles des besoins nous amènent à penser qu’un plafond de ressources propres d’environ 2% du RNB (revenu national brut) pour deux ou trois ans plutôt que de 1,2% sera nécessaire”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, évoquant la part du budget européen géré par la commission.

“Nous nous dirigeons lentement vers une forme de dette commune. Nous ne l’appellerons jamais ‘coronabonds’ ou ‘eurobonds’ et elle sera levée par la Commission plutôt que par les Etats membres ensemble”, avait auparavant prédit un diplomate européen impliqué dans la préparation du sommet.

« Coronavirus: un scandale judiciaire de santé publique »

« Coronavirus: un scandale judiciaire de santé publique »

les familles des personnes âgées contaminées dans les Ehpad solliciteront la justice, assure, dans une tribune au « Monde », l’avocat Bernard Fau, qui regrette, par ailleurs, que celle-ci soit restée timide lors de précédents scandales sanitaires.

Tribune. Après le temps de la sidération, pourrait venir le temps de la justice. Des demi-vérités assénées pour couvrir la gestion d’une impréparation et d’une pénurie tardivement avouées… Des morts par milliers de personnes âgées dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), ceux-là mêmes qui devaient être leurs abris protecteurs et se sont avérés autant de pièges fatals… Dans l’actuelle crise sanitaire du Covid-19, tous les éléments d’un scandale judiciaire de santé publique sont réunis. On y retrouve le mensonge, la gestion publique et la mort.

Notre résilience ira-t-elle jusqu’à admettre sans mot dire cette contamination en masse de nos personnes âgées ?

Chaque fois, devant les défaillances des institutions publiques qui provoquent des drames intimes par milliers, c’est vers la justice que se tournent nos concitoyens, faute de trouver ailleurs un exutoire à leur douleur. Sang contaminé, hormone de croissance, Tchernobyl et plus récemment Médiator : on peut multiplier à l’envi les scandales sanitaires qui ont conduit en masse des familles de victimes dans les prétoires, pour que « cela » ne se reproduise plus. Pourquoi en irait-il autrement à présent ? La justice elle-même, aujourd’hui confinée, se présentera le moment venu comme l’instrument crédible du deuil de chacun en promettant la vérité puisque c’est là sa vocation, à défaut d’apaiser les chagrins des familles.

 

Cette recherche légitime des victimes est pourtant paradoxale car la réponse judiciaire a toujours été d’une grande timidité et cette incapacité même, cet échec parfois, n’a peut-être pas médiocrement contribué dans les dernières décennies à une déresponsabilisation des gestionnaires de la santé publique, à une défiance croissante de nos concitoyens. La réponse des pouvoirs publics est toujours la même : éviter à tout prix le prétoire pénal qui jette en pâture à l’opinion des responsables sinon des coupables, contester la causalité des drames, établir des systèmes juridiques de responsabilité sans faute. Enfin, si rien n’y fait, proposer aux victimes la prise en charge par la solidarité nationale de leur préjudice tarifé, aboutissement ultime d’une socialisation du prix des larmes.

Mais aujourd’hui, alors que la protection des personnes vulnérables est établie comme un dogme social et comme une créance collective sur l’Etat, notre résilience ira-t-elle jusqu’à admettre sans mot dire cette contamination en masse de nos personnes âgées et leur mort, prisonnières, dans les circonstances que l’on devine ? Est-ce une conséquence supportable de l’épidémie ? Combien, pour un vieux père ou une grand-mère ? Soyons-en sûrs, puissante ou impuissante, de gré ou de force, la justice passera et elle aussi à son tour, elle y jouera peut-être sa peau.

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