Archive pour le Tag 'Tyrannie'

La tyrannie des prix bas qui tuent les salaires

La tyrannie des prix bas qui tuent les salaires

L’économiste Gérard Fonouni explique, dans une tribune au « Monde », qu’il est possible, dans un contexte de reprise économique, de favoriser la hausse du revenu du travail pour donner plus de pouvoir d’achat et d’emplois, sans pénaliser la compétitivité des entreprises.(extrait)

Tribune.

 

Les ménages ont, aujourd’hui, avec la même quantité d’argent qu’hier, le sentiment de ne plus pouvoir acheter la même quantité de biens et services, en raison de la hausse des prix de certains produits alimentaires, de celui du pétrole renchéri par les taxes sur le carburant, de ceux du gaz, de l’électricité, des loyers et des coûts des matières premières en 2021.

Ces différentes hausses font craindre un retour de l’inflation. Cette crainte de la vie chère s’est amplifiée dans un contexte où de nouveaux modes de consommation couplés à des besoins toujours plus nombreux, font face à des salaires qui ne progressent que très faiblement ou stagnent le plus souvent.

Si l’inflation qui se situe actuellement à 1,9 % ne baisse pas et si les salaires n’augmentent pas, les fins de mois pourraient être de plus en plus difficiles pour les ménages aux revenus moyens. La modération salariale des employés du secteur privé imposée par la compétitivité et par la crise sanitaire renforce ce sentiment. Celle du secteur public et plus particulièrement celle des enseignants, justifiée par la réduction des dépenses publiques, le confirme.

Le pouvoir d’achat est d’abord l’affaire des entreprises puisqu’elles fixent directement le niveau du salaire. Hormis le smic et le traitement des fonctionnaires, l’Etat n’intervient qu’indirectement sur le pouvoir d’achat en fixant le montant des impôts, des cotisations sociales et des prestations sociales.

Le pouvoir d’achat dépend à la fois du prix et du revenu. Dès lors, pour en distribuer davantage, deux types de mesures sont possibles.

L’Etat pourrait conditionner allègements fiscaux et cotisations sociales patronales à l’augmentation des rémunérations, afin d’inciter les entreprises à modifier le partage de la valeur ajoutée en faveur des revenus du travail

Le premier type consiste à réduire les prix en comprimant les salaires considérés comme un coût, afin de favoriser la compétitivité des entreprises et d’en faire bénéficier les consommateurs grâce à la baisse des prix qui en résulte. Cette recherche accrue de la baisse des prix à travers la réduction du coût du travail tend à opposer les intérêts de ceux qui achètent aux intérêts de ceux qui produisent, oubliant au passage que ceux qui produisent et ceux qui achètent sont les mêmes agents économiques dénommés autrement.

Cette course effrénée à la baisse des prix précarise le travail et encourage la concurrence par les salaires. Elle contraint les ménages à consommer moins cher, obligeant ainsi les entreprises à leur tour, à produire encore moins cher en comprimant davantage leurs coûts salariaux pour maintenir leur marge et trouver des débouchés. Elle enclenche ce cercle vicieux où la baisse des prix entraîne moins de débouchés pour les entreprises résidentes sur le territoire, faute de salaire suffisant.

Écriture inclusive: une tyrannie…et une idiotie

Écriture inclusive: une tyrannie…et une idiotie

 

Yves-Charles Zarka, professeur émérite à l’Université de Paris, directeur de la revue «Cités» s’insurge contre l’écriture inclusive considérée comme une tyrannie sur la langue française.

 

Une tyrannie surtout à l’égard des plus défavorisés qui dans le système actuel ont déjà bien du mal à s’approprier les bases de la langue nationale. Témoin la place de la France dans les classements internationaux.

 

En outre une idiotie car la plupart des gauchistes qui soutiennent l’écriture inclusive auraintt déjà bien du mal, eux-mêmes,  à respecter les règles orthographiques et la syntaxe actuelles.

Yves-Charles Zarka est professeur émérite à l’Université de Paris (qui comprend notamment l’ancienne université Paris-V René Descartes), l’auteur a fondé et dirige la revue «Cités» (PUF). Son prochain numéro, à paraître en juin, portera sur «La langue sous contrôle».


Yves-Charles Zarka : «La langue française ne doit pas être triturée ou abîmée»a déclaré Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, et une circulaire publiée au bulletin officiel précise que l’écriture dite inclusive «constitue un obstacle à la lecture et à la compréhension de l’écrit».

 

Après avoir été interdite dans son usage administratif par Édouard Philippe en 2017, cette graphie qui compromet la langue française se voit donc, et heureusement, en voie d’être interdite dans l’enseignement. Est-ce à dire pour autant que l’affaire soit close? Est-ce à dire que nous en ayons fini avec ce genre de manœuvre ayant pour objet d’établir une emprise proprement tyrannique sur la langue française?

Je ne le crois pas.

Société- La tyrannie de la méritocratie

Société- La tyrannie de la méritocratie 

Le philosophe américain Michael Sandel explique dans son dernier  livre que l’orgueil d’une élite estimant devoir ses privilèges à son travail déstabilise nos démocraties.

 

Livre. Emmanuel Macron vient d’annoncer sa volonté de supprimer l’ENA, devenue pour beaucoup un symbole de l’entre-soi élitiste. Le chef de l’Etat estime cette décision nécessaire « parce que nous avons renoncé à gérer, bâtir des carrières de manière transparente et méritocratique ». Ce dernier mot prend une valeur particulière, tant il incarne un idéal auquel il est dur de renoncer, la promotion sur la base du mérite, la possibilité donnée à chacun d’améliorer sa condition sur la base du travail.

 

Pour le philosophe américain Michael Sandel, la méritocratie est aujourd’hui, aux Etats-Unis comme ailleurs, une tyrannie qui a installé une nouvelle noblesse de robe. Sandel poursuit ainsi la brillante critique du libéralisme politique qui est au cœur de son projet philosophique. Selon lui, l’orgueil d’une élite qui estime devoir ses privilèges à son travail déstabilise nos démocraties. Si l’on suit son raisonnement, il y a fort à craindre que de passer de l’ENA à un Institut du service public (ISP), comme le propose Emmanuel Macron, n’y changera sans doute rien, si les prémices restent les mêmes.

Mépris de classe

La réflexion du philosophe prend comme point de départ la question à laquelle chaque intellectuel américain est sommé de répondre : qu’est-ce qui explique le phénomène Trump ? Repoussant les explications traditionnelles, l’insécurité économique ou culturelle, Sandel estime que « la plainte populiste » est l’expression d’une colère contre une caste qui dénigre les milieux populaires. Ce mépris de classe est inspiré d’une culture de l’effort, selon laquelle les gagnants de la mondialisation, généralement détenteurs de prestigieux diplômes, ont réussi, car ils ont trimé dur dès le plus jeune âge. De façon plus ou moins implicite, l’orgueil de cette classe dominante dévalorise les moins fortunés, en laissant entendre qu’ils n’ont pas fait les efforts nécessaires à l’école et au-delà.

Ce système n’humilie pas seulement les classes populaires, mais plonge aussi les jeunes aspirants aux premiers rôles dans une réelle détresse psychologique

De l’éthique protestante du travail à la récente survalorisation des diplômes, Michael Sandel montre également que la méritocratie n’humilie pas seulement les classes populaires, mais plonge aussi les jeunes aspirants aux premiers rôles dans une réelle détresse psychologique. Entourés d’une riche coterie de coachs, de professeurs, de répétiteurs, les adolescents des familles aisées vivent dans la crainte de ne pas être reçus dans l’une des plus prestigieuses universités. La peur du déclassement les fragilise, si bien que la méritocratie continue de tourner grâce au soutien d’un cocktail d’antidépresseurs.

« La tyrannie des minorités » ? Michel Onfray

« La tyrannie des minorités » ?  Michel Onfray

Invité de Laurent Ruquier, sur le plateau de l’émission « On est en direct », samedi 6 mars, le philosophe a notamment dénoncé une « tyrannie des minorités » qu’il juge dangereuse.

Michel Onfray estime que la société actuelle est en « décadence » : pour illustrer son propos, il publie La nef des fous, un livre sous forme d’éphéméride qui retrace l’année 2020 et recense « chaque délire dont notre temps est capable », selon lui. Il est revenu par exemple sur le discours d’Aïssa Maïga, qui avait dénoncé la sous-représentation des minorités ethniques dans le cinéma français, lors de la cérémonie des Césars 2020. « Moi, je n’ai jamais affaire à des femmes, des blancs, des musulmans, des juifs… J’ai affaire à des êtres humains. (…) C’est la fin de l’universalisme, c’est terrible. On ne peut pas faire une communauté si chacun revendique sa subjectivité, sa couleur de peau, sa religion, on n’arrive pas à ‘faire République’ « .

Le créateur de la revue Front Populaire se dit « de gauche, socialiste libertaire » mais déplore qu’il y ait aujourd’hui un « catéchisme progressiste » auquel on serait forcé d’adhérer, « sur l’identité, sur le changement climatique », sous peine d’être assimilé « à un fasciste ». « Le débat n’est plus possible, on se fait insulter. Pour moi, la gauche, c’est le débat, ce n’est pas l’interdiction« , a-t-il dit, avant de conclure : « la dictature de l’émotion, c’est le refus de la raison ».

Agriculture : la Tyrannie des normes

Agriculture : la tyrannie des normes

La  journaliste Isabelle Saporta qui a écrit plusieurs ouvrages sur la crise de l’agriculture dénonce les normes parfois kafkaïennes que rencontrent au quotidien les agriculteurs. (Interview le Figaro)

 

- Après le Livre noir de l’Agriculture, pourquoi sortez-vous maintenant Foutez-nous la Paix?

Au moment de la sortie du Livre noir, un éleveur laitier de Rambouillet, Jean-Baptiste Galloo, ancien syndicaliste de la FNSEA m’a dit, «c’est facile de taper sur les agriculteurs mais si tu savais à quoi nous sommes confrontés en permanence notamment en ce qui concerne les normes en tout genre, il y a de quoi devenir fou.» J’ai commencé mon tour de France chez cet agriculteur et ai commencé à comprendre ce qu’il voulait dire.

Pourquoi ce titre?

Au pays des 400 000 normes et à force d’enquiquiner les agriculteurs, ils se débrouillent tout seul en douce et disent aux technocrates qui ont pondu ces normes: au secours, Kafka revient, foutez-nous la paix!

Combien de temps avez-vous mis pour faire votre tour de France?

J’ai mis plus d’un an à faire mon enquête en voulant couvrir le maximum de régions, douze au total sur tout le territoire national y compris en Corse. J’ai choisi les fermes de façon arbitraire, cela s’est fait beaucoup grâce au bouche à oreilles. J’ai autofinancée ce travail d’investigation grâce aux ventes de mes livres, 70 000 exemplaires pour le Livre noir et 40 000 pour Le VinoBusiness. Je ne veux surtout pas dépendre de qui que ce soit pour mes enquêtes, je veux être totalement indépendante.

Quels sont les exemples de normes les plus délirants?

Ils sont tous un peu fou. Je me souviens de l’un d’entre eux où un éleveur de moutons de prés salés a dû choisir entre garder son âne ou enlever une dizaine de brebis du champ pour respecter la norme sur densité d’animaux dans les champs car un âne équivalait à 8 brebis. Pourtant il protégeait les agneaux des chiens errants et des renards. Autre exemple, il a fallu deux ans à un éleveur pour obtenir l’agrément de son abattoir high tech car lors du contrôle, il y avait trop de bottes dans le vestiaire, un clou dépassait du mur et le ventilateur était à une mauvaise place. Les scolaires pouvaient visiter sa ferme mais à la cantine du village ils ne pouvaient manger que du poulet brésilien faute d’agréments pour son abattoir. Je reçois encore beaucoup de témoignages. Je pourrais faire un tome 2 et un tome 3 de Foutez nous la paix. Vive l’agriculture, vive l’agro écologie. J’ai croisé des personnages formidables.

Comment expliquez-vous ces situations grotesques?

En France, rien ne part d’en bas, toutes les réglementations partent d’en haut sans concertation avec les intéressés. L’Etat ne leur fait pas confiance. Il faudrait organiser un grenelle de la bonne chère c’est-à-dire que l’on mette autour de la table, les grands chefs, les politiques, les agriculteurs et les représentants de la charcuterie, pour simplifier les normes. Mais attention pas celles sur l’emploie des pesticides mais sur le lait cru ou sur les questions de l’agriculture de proximité. Les personnes que j’ai vues étaient en grande partie syndiquées à la FNSEA. Ils ont quitté le syndicat majoritaire car ils ne comprenaient pourquoi ce dernier ne s’intéressait pas aussi à eux. Il peut défendre aussi cette agriculture alternative. Sans nos élevages, on aura plus nos paysages.

Comment expliquez-vous la crise actuelle?

Je crois que Xavier Beulin ne se rend pas compte de la fronde à l’intérieur de ses troupes qui ne sentent plus représentés par lui. Ou alors, il ne veut pas voir la situation en face. Ce qui m’angoisse vraiment c’est la détresse dans laquelle se trouve le monde paysan actuellement. Je suis catastrophé, on sent un désarroi qui est démentiel. Et à côté de cela on a un manque de vision politique pour un secteur qui est crucial pour la France.

Que pensez-vous de l’attitude de Stéphane Le Foll face à cette crise?

Il n’est pas la hauteur des enjeux. Par ailleurs sa réaction au lendemain de la visite nocturne surprise dominicale des agriculteurs m’a énormément choqué. Ils ne l’ont pas molesté, il a réagi comme si en face de lui, il avait à faire à des gueux. Il n’y a plus de pilote a bord.




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