Archive pour le Tag 'Turquie'

Turquie : le dialogue ou les sanctions pour l’union européenne

Turquie : le dialogue ou les sanctions pour l’union européenne

 

Le sommet des sept pays européens a voulu éviter de tomber dans la provocation d’Erdogan confronté t à une très grave crise économique et sociale et à une perte de crédibilité politique dans son pays. Du coup, il sollicite le nationalisme turc avec des opérations commandos de recherche de pétrole dans des eaux très disputées. L’union européenne va donc privilégier le dialogue sur recommandation des sept pays européens concernés. À défaut d’acceptation de ce dialogue par la Turquie alors des sanctions économiques seront envisagées Dans le communiqué publié à l’issue du sommet, les Sept (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Malte et Chypre)réaffirment leur « plein soutien et (leur) entière solidarité avec Chypre et la Grèce face aux atteintes répétées à leur souveraineté et à leurs droits souverains ainsi qu’aux mesures agressives prises par la Turquie. »

« Nous soutenons que si la Turquie ne progresse pas sur la voie du dialogue et ne met pas un terme à ses activités unilatérales, l’UE est prête à élaborer une liste de mesures restrictives supplémentaires qui pourraient être évoquées lors du Conseil européen des 24 et 25 septembre 2020″, ajoutent-ils.

A l’ouverture du sommet, Emmanuel Macron avait estimé que la Turquie n’était « plus un partenaire » en Méditerranée orientale, tout en exprimant son « souhait profond » de réengager un « dialogue fécond » avec Ankara, malgré ses activités de forage « inacceptables ».

Il avait par ailleurs déploré que la Turquie ait signé des « accords inacceptables avec le gouvernement d’entente libyen niant les droits légitimes de la Grèce ».

« Nous devons, nous Européens, être clairs et fermes avec le gouvernement du président Erdogan qui aujourd’hui a des comportements inadmissibles », a-t-il ajouté.

« J’espère que les discussions de cet après-midi nous permettront d’avancer sur une position commune et mon souhait profond est de réengager un dialogue fécond avec la Turquie. »

 

Avec la Turquie, le dialogue oui mais pas sous la menace (Kyriakos Mitsotakis )

Avec la Turquie, le dialogue oui mais pas sous la menace  (Kyriakos Mitsotakis )

Le premier ministre grec souligne, dans une tribune au « Monde », que face à une Turquie toujours plus agressive, des intérêts stratégiques européens vitaux sont en jeu, et appelle Ankara à discuter des droits respectifs des deux pays en Méditerranée orientale.

« Lorsqu’ils cherchent à prédire l’avenir, les politologues se tournent souvent vers le passé, vers l’histoire partagée. La relation qui existe entre mon pays, la Grèce, et son voisin, la Turquie, ne fait pas exception. L’histoire nous enseigne qu’il y a des raisons d’être optimiste, mais aussi des sujets de vive préoccupation. Aujourd’hui, la question de savoir ce que l’avenir nous réserve – conflit ou coopération – n’a jamais revêtu une telle importance.

Quand j’ai pris mes fonctions de premier ministre en juillet 2019, je faisais preuve d’un optimisme prudent. Rien ne m’empêchait de croire que la Grèce et la Turquie ne pourraient pas devenir amies.

Après tout, nombre de mes prédécesseurs avaient réussi à surmonter des obstacles qui semblaient insurmontables. Des dirigeants comme Elefthérios Venizélos (1864-1936), mon grand-oncle, qui avait déjà signé un accord de paix et d’amitié avec Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) en 1930. Bien entendu, les relations ont été tendues depuis cette époque, mais il y a eu davantage de bons jours que de mauvais.

Bâtir des ponts pour la Turquie en Europe

Lors de notre rencontre à l’automne 2019, j’ai dit au président turc Recep Tayyip Erdogan que nous étions destinés par la géographie à être voisins et que, en tant que tels, nous devions coexister, afin de vivre paisiblement l’un à côté de l’autre. J’ai mis un point d’honneur à tendre la main de l’amitié et de la coopération. J’ai parlé de dialogue ouvert, d’une volonté de progrès et de ma volonté d’agir en tant que bâtisseur de ponts pour la Turquie en Europe.

Hélas, les choses n’ont pas vraiment pris la tournure que j’espérais. Depuis cette première rencontre, la Turquie est apparue non pas tant comme une partenaire que comme une provocatrice. Fin 2019, le président Erdogan a signé un accord maritime illégal avec une partie qui se livre à une guerre civile sanglante en Libye. Etant donné que la Turquie et la Libye n’ont pas de côtes se faisant face ou adjacentes, l’accord a été déclaré nul et non avenu par la majorité de la communauté internationale et des experts en droit, et comme étant en violation des droits souverains de pays tiers, y compris de la Grèce.

Turquie a pris des mesures concertées afin d’encourager et de faciliter les tentatives désespérées des migrants de pénétrer en Grèce. Nous avons défendu notre frontière avec le soutien de nos partenaires de l’Union européenne (UE). Notre message collectif était clair : les frontières de la Grèce sont également les frontières de l’UE, et nous les protégerons. »

Turquie : sanctions de l’UE pour ses actions de déstabilisation en Méditerranée

Turquie : sanctions de l’UE pour ses actions de déstabilisation en Méditerranée

 

La Turquie semble engagée dans un processus de déstabilisation en Méditerranée en prétextant la recherche d’hydrocarbures dans des zones très contestées.  Il s’agit pour la Turquie d’exister davantage sur les marchés énergétiques mais aussi pour le président Erdogan de réveiller le sentiment nationaliste, cela pour faire oublier la grave crise économique et politique dont il est responsable. En outre, la popularité d’Erdogan et de son clan est maintenant largement hypothéquée et cela se vérifie dans les élections

Josep Borrell, Haut représentant aux Affaires étrangères, a donc déclaré que l’UE était prête à sanctionner des navires turcs, à leur interdire l’accès à des ports européens ou à couper leur approvisionnement. Des sanctions pourraient également viser l’économie turque.

“Nous pourrions aller vers des mesures ciblant des activités sectorielles (…) dans lesquelles l’économie turque est connectée à l’économie européenne”, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.

Pour autant, Josep Borrell et le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas ont souligné que l’UE voulait d’abord donner une chance au dialogue pour tenter d’apaiser les tensions entre la Grèce et la Turquie, qui sont toutes deux membres de l’Otan.

Ankara est également engagée dans des discussions formelles en vue d’une adhésion à l’UE mais cette procédure est également menacée et pourrait être suspendue en guise de sanction, selon des diplomates européens.

Deux diplomates européens de haut rang ont précisé à Reuters que les ministres des Affaires européennes s’étaient accordés pour laisser le dernier mot aux chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, qui doivent se réunir pour deux jours à Bruxelles, fin septembre.

“Rien ne sera décidé avant le Conseil européen de septembre”, a déclaré l’un d’eux, tout en précisant que la Turquie pourrait aussi bénéficier d’un accès élargi au marché européen et à ses 450 millions de consommateurs si elle cessait ses opérations de prospection d’hydrocarbures.

Athènes et Ankara se disputent la souveraineté d’une zone de Méditerranée orientale riche en hydrocarbures.

Le lancement d’opérations turques de prospection sismique il y a deux semaines, avec le déploiement du navire Oruç Reis dans une zone située entre la Crète et Chypre, a exacerbé les tensions dans la région, la Grèce jugeant cette initiative illégale car empiétant sur son domaine sous-marin.

Turquie : pour une alliance stratégique étroite entre la Grèce et la France

Turquie : pour une  alliance stratégique étroite entre la Grèce et la France

Notis Marias, professeur des Institutions de l’Union européenne, Université de Crète-Grèce, ex-député au Parlement Européen (2014-2019) et ex-député au Parlement Grec (2012-2014) souhaite une alliance entre la Grèce et la France contre la Turquie dans la Tribune.

 

 

« Le président de la République française, Emmanuel Macron, a avec courage réitéré, lors de sa récente rencontre avec Angela Merkel à Brégançon, l’engagement de la France aux côtés des forces de la paix et de la stabilité dans la Méditerrané orientale. La Grèce et Chypre comme aussi la Libye sont des victimes du révisionnisme de l’Histoire que le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan essaie d’imposer par le chantage, la force ou la « négociation forcée ». La doctrine de M. Erdogan se base sur la révision du traité de Lausanne de 1923, proposition publiquement avancée déjà par lui-même en décembre 2017.

La France et la Grèce sont des alliées historiques dont les intérêts en termes de sécurité régionale convergent tout autant plus dans la conjoncture actuelle. Le nouveau « pivot asiatique » des Etats-Unis a créé un vide géopolitique dans la région du Proche-Orient. Un vide que des forces comme la Turquie essayent de combler. Néanmoins, la Méditerranée est un espace stratégique pour l’Europe et M. Erdogan est bien au courant de cela. Des forces comme la France et la Grèce avec leurs actions protègent les intérêts de toute l’Europe dans la région. »

Méditerranée: la Turquie provoque

Méditerranée: la Turquie provoque

Il est clair que Erdogan cherche la provocation après ses déboires économiques et politiques. Il compte en effet sur une résurgence du nationalisme pour ressouder une opinion aujourd’hui très divisée et très critique à son égard. Dans une notice maritime (Navtex) publiée jeudi, la marine turque a indiqué qu’elle mènerait des «exercices de tir» le 1er et le 2 septembre au large d’Iskenderun, dans une zone située au nord-est de l’île de Chypre. Malgré les appels à la désescalade, des manoeuvres militaires rivales, incluant d’un côté des navires de guerre turcs et américains, et de l’autre des bâtiments grecs, chypriotes, français et italiens, ont eu lieu mercredi en Méditerranée orientale.

La découverte d’importants gisements gaziers ces dernières années a aggravé des disputes anciennes entre la Grèce et la Turquie leurs frontières maritimes. «Nous continuerons ces activités (de recherche d’hydrocarbures) aussi longtemps que ce sera nécessaire. Il n’y a pas de date limite», a affirmé jeudi le ministre turc de la Défense Hulusi Akar dans un entretien à l’agence de presse étatique turque Anadolu.

Hulusi Akar a par ailleurs accusé jeudi la France de contribuer à l’escalade en Méditerranée orientale en déployant des avions de guerre à Chypre pour exprimer son soutien à Athènes. «Le temps des caïds est révolu. Vous n’avez aucune chance d’obtenir quoi que ce soit de nous en agissant de la sorte», a-t-il affirmé. Akar a en outre appelé la Grèce à un dialogue direct avec la Turquie. «Nos voisins grecs devraient savoir qu’ils ne pourront rien obtenir en appelant les pays comme la France (…) Nous, les Turcs et les Grecs, devons résoudre nos problèmes nous-mêmes par le dialogue».


Gaz en Turquie : une découverte historique ?

Gaz en Turquie : une découverte historique ?

Intox  ou réalité, en tous cas Erdogan annonce que la Turquie a découvert l’un des plus grands gisements de gaz en mer Noire. La Turquie consomme chaque année entre 45 et 50 milliards de mètres cubes de gaz naturel, presque entièrement importé. Cela représente environ 11 milliards d’euros, selon l’autorité régulatrice des marchés énergétiques (EPDK). La découverte annoncée vendredi «n’est pas mal du tout, mais cela ne change pas la donne non plus», a relativisé sur Twitter Ozgur Unluhisarcikli, directeur du bureau à Ankara de l’institut américain German Marshall Fund.

«Bien que relativement modeste par rapport à d’autres gisements de gaz naturel dans le monde, celui-ci va aider la Turquie à réduire sa facture énergétique», a souligné le cabinet Capital Economics dans une note. «Cela dit, il y a des raisons d’être prudent. Il faudra du temps pour installer les infrastructures nécessaires à l’extraction du gaz», a-t-il ajouté.

Le président Erdogan avait suscité l’attente en affirmant mercredi qu’il annoncerait vendredi une «grande nouvelle». Les marchés ont cependant semblé quelque peu déçus, certaines fuites dans la presse jeudi ayant mentionné un volume de gaz plus de deux fois supérieur à celui annoncé vendredi.

UE: une discussion « sans tabou » avec la Turquie ?

UE: une discussion « sans tabou » avec la Turquie ?

La France estime que l’Union européenne doit ouvrir une “discussion de fond sans tabou ni naïveté” sur ses relations avec la Turquie, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

Les relations entre Paris et Ankara se sont dégradées ces dernières semaines, notamment sur le conflit en Libye ou les explorations turques de gisements gaziers en Méditerranée orientale.

Visiblement la France ne parvient pas à entamer de véritables négociations quant au partage  du pouvoir à intérieure  de la Libye. La France est accusée par la Turquie (soutenue par la Russie ) d’aider une  faction et la même accusation est  portée contre la France concernant l’autre tendance. Pas sûr que l’union européenne se sorte mieux de ce bourbier que la France elle-même car s’il y a des intérêts économiques, il y a aussi des intérêts géo stratégiques soutenus notamment par la Russie. “La France estime indispensable que l’Union européenne ouvre très vite une discussion de fond, sans tabou, sans naïveté sur les perspectives de la relation future de l’UE avec Ankara et que l’UE défende fermement ses propres intérêts car elle en a les moyens”, a déclaré Jean-Yves Le Drian lors de la séance des questions au gouvernement devant le Sénat.

“Il faut des clarifications sur le rôle que la Turquie entend jouer en Libye où j’estime que nous assistons à une syrianisation de la Libye puisque l’intervention militaire de la Turquie se fait par des supplétifs syriens”, a-t-il poursuivi.

La Turquie, qui soutient en Libye le gouvernement d’entente nationale, a estimé mardi qu’Emmanuel Macron souffrait de “trous de mémoire” dans le dossier libyen.

Plongée dans le chaos depuis 2011, la Libye est divisée en deux camps rivaux entre le gouvernement d’entente nationale (GEN) dirigé par Fayez el Sarraj, qui siège à Tripoli et qui est reconnu par la communauté internationale, et un gouvernement parallèle soutenu par le maréchal Khalifa Haftar, dans l’Est.

Le 25 juillet 2017, une réunion interlibyenne sous l’égide du gouvernement français se tient au château de La Celle, en présence du président de la République, Emmanuel Macron, et du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian ; la réunion se conclut par la signature d’un accord entre Fayez el-Sarraj et le maréchal Haftar qui s’engagent à un cessez-le-feu en Libye19. Le 17 décembre 2017, deux ans après la signature des accords de Skhirat, le maréchal Haftar affirme que le mandat du Conseil présidentiel, reconnu par la communauté internationale, mais qu’il n’a jamais reconnu, a pris fin20.

Considéré comme l’homme fort de l’Est libyen, il retourne fin 2017 la situation politique à son avantage, ses forces contrôlant une grande partie du pays, au détriment du gouvernement d’entente nationale.

 

Ces deux camps sont soutenus officiellement ou officieusement par des puissances régionales – la Turquie pour le GEN et la Russie, l’Egypte ou encore les Emirats arabes unis pour le maréchal Haftar.

La Turquie agressive en Libye,

La Turquie agressive  en Libye

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La Turquie (appuyée par la Russie)  joue un « jeu dangereux » en Libye, a estimé lundi Emmanuel Macron, exhortant une nouvelle fois tous les parties prenantes au conflit à la “responsabilité” et réclamant la fin des ingérences étrangères et des “actes unilatéraux”.

 

“La France et la Tunisie demandent ensemble que les belligérants cessent le feu et tiennent leur engagement de reprendre la négociation engagée dans le cadre des Nations unies en vue de restaurer la sécurité de tous, de procéder à la réunification des institutions libyennes et d’engager la reconstruction au bénéfice de tous les Libyens”, a déclaré le chef de l’Etat français à la presse à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kaïs Saïed à l’Elysée.

“C’est un chemin difficile qui nécessite que chacun fasse preuve de responsabilité, que cessent les ingérences étrangères et les actes unilatéraux de ceux qui prétendent gagner de nouvelles positions à la faveur de la guerre”, a-t-il poursuivi.

“J’ai déjà eu l’occasion de dire très clairement au président Erdogan, je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye aujourd’hui un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements pris lors de la conférence de Berlin”, a-t-il ajouté.

La Turquie intervient militairement en Libye en soutien au gouvernement d’entente nationale (GEN), reconnu par la communauté internationale, face à l’offensive du maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen.

Ce soutien turc, qui s’ajoute à l’appui de Moscou à Khalifa Haftar, fait grincer des dents et suscite l’inquiétude de l’Onu et des pays engagés ces dernières années dans la médiation visant à sortir le pays du chaos et à aboutir à un cessez-le-feu durable entre les deux camps rivaux.

La tension est notamment montée d’un cran ces derniers jours entre Ankara et Paris, les deux s’accusant mutuellement de contribuer à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays divisé en deux et plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.( où par parenthèse la France aurait bien fait de s’abstenir!)

 

La Turquie (appuyée par la Russie)  joue un « jeu dangereux » en Libye, a estimé lundi Emmanuel Macron, exhortant une nouvelle fois tous les parties prenantes au conflit à la “responsabilité” et réclamant la fin des ingérences étrangères et des “actes unilatéraux”.

 

“La France et la Tunisie demandent ensemble que les belligérants cessent le feu et tiennent leur engagement de reprendre la négociation engagée dans le cadre des Nations unies en vue de restaurer la sécurité de tous, de procéder à la réunification des institutions libyennes et d’engager la reconstruction au bénéfice de tous les Libyens”, a déclaré le chef de l’Etat français à la presse à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kaïs Saïed à l’Elysée.

“C’est un chemin difficile qui nécessite que chacun fasse preuve de responsabilité, que cessent les ingérences étrangères et les actes unilatéraux de ceux qui prétendent gagner de nouvelles positions à la faveur de la guerre”, a-t-il poursuivi.

“J’ai déjà eu l’occasion de dire très clairement au président Erdogan, je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye aujourd’hui un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements pris lors de la conférence de Berlin”, a-t-il ajouté.

La Turquie intervient militairement en Libye en soutien au gouvernement d’entente nationale (GEN), reconnu par la communauté internationale, face à l’offensive du maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen.

Ce soutien turc, qui s’ajoute à l’appui de Moscou à Khalifa Haftar, fait grincer des dents et suscite l’inquiétude de l’Onu et des pays engagés ces dernières années dans la médiation visant à sortir le pays du chaos et à aboutir à un cessez-le-feu durable entre les deux camps rivaux.

La tension est notamment montée d’un cran ces derniers jours entre Ankara et Paris, les deux s’accusant mutuellement de contribuer à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays divisé en deux et plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.( où par parenthèse la France aurait bien fait de s’abstenir!)

Syrie : un sommet enfin entre Russie France, Turquie et Allemagne

Syrie : un sommet enfin entre Russie France, Turquie et Allemagne

 

Une avancée significative avec la perspective d’une rencontre envisagée par la Russie avec la Turquie, l’Allemagne et la France. Il est clair que la situation devient de plus en plus explosive dans certaines zones de la Syrie victime de la concurrence guerrière de grands pays alors que le terrorisme n’est pas encore maîtrisé. Une situation invivable notamment dans la  province syrienne d’Idlib . Parallèlement, la Turquie qui s’est aussi invitée dans un conflit complexe demande une aide humanitaire des populations complètement coincées et isolées. La Russie envisage cependant l’organisation d’un sommet sur la Syrie avec la Turquie, la France et l’Allemagne, a déclaré vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel se sont entretenus par téléphone jeudi avec le président russe Vladimir Poutine pour lui demander de contribuer à faire cesser les combats dans la province syrienne d’Idlib, où ils craignent une grave crise humanitaire.

“L’éventualité d’organiser un sommet est en cours de discussion. Il n’y a aucune décision ferme à ce sujet pour l’instant. (Mais) si les quatre dirigeants le jugent nécessaire, nous n’excluons pas la possibilité d’une telle rencontre”, a dit Dmitri Peskov à la presse.

Turquie: Erdogan battu à Istanbul

Turquie: Erdogan battu à Istanbul

Double défaite aux municipales à Istanbul Erdogan celle de son candidat largement battu par le concurrent laïc. Une défaite politique mais aussi personnelle que Erdogan a été maire de cette ville. Recep Tayyip Erdogan avait prévenu ses partisans en août 2017. «Si nous calons à Istanbul, nous trébucherons en Turquie. Mais si nous tenons fermement Istanbul, alors aucune force ne pourra nous détruire, ni en Turquie, ni dans le monde.» Il est encore beaucoup trop tôt pour prédire l’avenir politique du chef de l’État, au pouvoir depuis 17  ans, mais ses craintes se sont confirmées: dimanche soir, son Parti de la justice et du développement (AKP) a «calé» à Istanbul. L’ancien premier ministre Binali Yildirim, candidat de l’AKP à la Mairie de la plus grande ville turque, a échoué face à l’opposant Ekrem Imamoglu, que peu de Stambouliotes connaissaient il y a six mois. Selon des résultats non officiels, alors que la quasi-totalité des bulletins avaient été dépouillés dimanche, ce dernier l’emportait avec 54 % des suffrages, contre 45,1 % pour son rival.

«C’est une nouvelle page, un nouveau début pour Istanbul, a lancé Ekrem Imamoglu à l’annonce des résultats. Toute la Turquie a gagné et bientôt, croyez-moi, tout le monde le ressentira», a promis l’opposant, dans un message aux électeurs du parti au pouvoir et à son candidat, Binali Yildirim, qui venait de le féliciter depuis le siège stambouliote de l’AKP. Recep Tayyip Erdogan lui a emboîté le pas, saluant laconiquement «la manifestation de la volonté nationale».

Pour le parti du président, la défaite est d’autant plus dure que c’est la deuxième en deux mois. Lors d’un premier vote, le 31 mars, Ekrem Imamoglu avait dominé le scrutin de 13.729  voix dans une mégapole de 10,5 millions d’électeurs. Arguant d’irrégularités, Recep Tayyip Erdogan avait pesé de tout son poids pour obtenir un nouveau vote, qu’il comptait bien gagner. Ce fut une erreur tactique, peut-être la plus lourde de sa carrière politique. Non seulement l’AKP a perdu, mais l’écart s’est considérablement creusé entre les deux  scrutins. Ekrem Imamoglu triomphe, cette fois-ci, avec plus de 770.000  voix d’avance.

Turquie: grosse défaite grosse défaite pour le dictateur Erdogan

Turquie: grosse défaite grosse défaite pour le dictateur Erdogan

Après avoir perdu le scrutin municipal de la capitale Ankara, Erdogan le dictateur turc serait en passe de perdre d’autres villes importantes comme la symbolique Istanbul. La preuve que nombre de turcs sont avides de démocratie et ne soutiennent pas ce dictateur nationaliste aux visions étriquées et sectaires. Selon les résultats partiels du scrutin municipal de ce week-end, la coalition politique du président islamo-conservateur serait, aussi, en passe de perdre Istanbul. Un véritable camouflet pour le chef de l’État: c’est ici même que l’enfant du quartier populaire de Kasimpasa bâtit sa carrière politique quand il y remporta la mairie en 1994.

Alors que sa coalition avec les ultranationalistes du MHP a également perdu d’autres grandes villes comme Antalya et Adana, le chef de l’État turc a dû se résigner à reconnaître à demi-mot sa défaite. «Même si notre peuple a renoncé à la mairie, il a confié les quartiers à l’AKP», a-t-il déclaré lors d’un discours devant ses sympathisants, tout en ajoutant que son parti ferait appel des résultats si besoin. Une façon de sauver la face: des semaines durant, l’homme fort du pays s’est lancé corps et âme dans ce scrutin en enchaînant les meetings à travers le pays – une centaine en 50 jours! -, et en tentant d’électriser les foules à renfort de tubes sulfureux chantés en direct.  Accusant les adversaires de l’AKP de «liens avec le terrorisme», il a fait de cette campagne particulièrement agressive une affaire personnelle en menaçant par leur nom ses opposants de longue date, tout en promettant de garantir la «survie de la nation». Par crainte d’un vote sanction en pleine récession économique – la première en dix ans -, il s’est également employé, en vain, à masquer la crise en faisant déployer des tentes à Ankara et à Istanbul, pour y faire vendre des fruits et légumes à prix cassés. «Erdogan a pris un risque en transformant ce scrutin en une élection nationale […] Cette défaite va être considérée comme la sienne», confie à l’AFP Berk Esen, professeur associé à l’université Bilkent, à Ankara.

 

 

 

 

La Turquie n’est pas la Chine, donc pas de concession (Trump)

La Turquie n’est pas la Chine, donc pas de concession (Trump)

 

 

 

Donald Trump ne semble pas du tout inquiet par la tension des relations entre la Turquie et les États-Unis. Il faut dire que la Turquie n’est pas la Chine et que le commerce entre les deux pays est relativement marginal d’un point de vue américain. Il en va différemment pour la Turquie. Du coup Donald Trump n’entend rien concéder à propos de la libération du pasteur emprisonné pour  terrorisme. D’une certaine manière le président américain agit avec la Turquie comme avec l’Iran en utilisant l’arme de l’asphyxie économique. Cette fois les effets  risquent d’être catastrophiques pour un petit pays comme la Turquie. Avant même le différend concernant l’emprisonnement du pasteur, la Turquie  connaissait des difficultés financières. La première conséquence de cette situation est l’affaiblissement considérable de la monnaie turque qui a perdu presque la moitié de sa valeur en quelques mois et qui risque de voir l’inflation s’envoler surtout depuis que les agences de notation ont nettement dégradé le pays. Le président américain a décidé de doubler les droits de douane sur l’acier et l’aluminium turcs importés aux Etats-Unis, ce à quoi Ankara a répliqué la semaine dernière en relevant les tarifs douaniers sur l’importation de plusieurs catégories de produits américains. “Je ne suis pas du tout inquiet. Je ne suis pas inquiet. C’est la chose appropriée à faire”, a déclaré Trump, interrogé par Reuters sur les conséquences potentiellement négatives que ces droits de douane pourraient avoir sur d’autres économies.

Turquie : les agences de notation baissent la note

Turquie : les agences de notation baissent la note

 

Conséquence de la crise financière (la monnaie a perdu 40 % de sa valeur en quelques mois) les agences de notation baissent la note de la Turquie. En clair cela signifie que la Turquie devra emprunter à des taux plus élevés ce que précisément Erdogan refusaient de faire. À cela s’ajoute évidemment les sanctions prises récemment par les États-Unis suite à l’emprisonnement d’un pasteur américain. S&P a rétrogradé la Turquie de B+ contre BB-, tout en maintenant une perspective stable, tandis que Moody’s a abaissé sa note de Ba2 à Ba3 et l’a assortie d’une perspective négative. S&P précise dans un communiqué qu’elle anticipe désormais une contraction de l’économie du pays en 2019 et que les risques économiques sont “aggravés par l’absence de réaction politique rapide et efficace” des autorités turques. Elle n’ajoute que le nouveau modèle récemment présenté par le gouvernement turque manque de propositions précises. S&P, dont les notes sont en territoire spéculatif à partir de BB, souligne en outre les risques de sanctions américaines et l’instabilité régionale du pays. Moody’s pointe de son côté la fragilisation des institutions publiques turques et le fait que cet affaiblissement rend plus imprévisible la politique économique et monétaire du pays et de moins en moins probable un “atterrissage en douceur” de l’économie dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis.

L’agence souligne que l’effondrement de la livre turque, qui a perdu 40% de sa valeur par rapport au dollar depuis le début de l’année, et plus généralement des conditions financières moins favorables, sont susceptibles d’alimenter l’inflation et de mettre un frein à la croissance de la Turquie. Moody’s rappelle enfin les inquiétudes pour l’indépendance de la Banque centrale turque et juge que l’écart entre ses objectifs en matière d’inflation et le “manque de volonté” politique pour les atteindre porte atteinte à sa crédibilité.

Turquie: une crise financière qui peut en entraîner d’autres

Turquie: une crise financière  qui peut en entraîner d’autres

Certains marchés émergents pourraient bien être entraînés dans la tourmente.  La livre turque, a perdu 19% face au dollar sur la seule journée de vendredi, est en première ligne, d’autres devises émergentes sont également dans la tourmente. En une semaine, le rand sud-africain et le rouble russe ont perdu 8% face au billet vert, évoluant tous deux à leur plus bas depuis deux ans lundi matin. Même tendance pour le réal brésilien (-4%) et le peso argentin qui a cédé près de 6% depuis lundi dernier. Face à l’euro, la chute est également à peu près similaire. L’effet domino de cette crise américano-turque révèle surtout le niveau de vulnérabilité des économies émergentes envers le dollar et l’euro, et plus généralement face aux investisseurs étrangers. La roupie indienne a par exemple atteint le plus bas niveau historique face au dollar mardi matin. La fin de la politique monétaire américaine accommodante pénalise en première ligne ces pays qui se financent sur les marchés internationaux pour soutenir leur croissance et leur développement, révélant leurs fragilités internes. Les investisseurs étrangers préfèrent alors se déplacer sur le marché américain, plus rémunérateur et délaissent les marchés émergents. Ce mécanisme crée un cercle vicieux : la devise locale perd du terrain face au dollar, le coût des importations augmente alors mécaniquement et avec lui l’inflation ce qui ne fait qu’encourager les investisseurs étrangers à reprendre leur mise.

Turquie dans l’UE : Merkel dit définitivement non

Turquie dans l’UE : Merkel dit définitivement non

De manière encore beaucoup plus nette que Macron, la chancelière allemande dit définitivement non à l’entrée de la Turquie dans l’union européenne. De toute manière, tous les experts étaient persuadés que cette entrée devenait de plus en plus hypothétique avec la dictature qu’installe Erdogan en Turquie. Un Erdogan qui avait même déclaré être prêt à organiser un référendum dans son propre pays pour légitimer sa rupture avec l’union économique. Il n’aura pas besoin de le faire puisque Merkel vient d’annoncer la couleur. Compte tenu des dérives anti démocratiques en Turquie c’est définitivement non pour l’entrée dans l’union économique. De toute manière les négociations étaient depuis longtemps au point mort elles ont commencé en 2005 et non jamais réellement progressé pour envisager sérieusement une candidature. Juridiquement il faudra cependant que Bruxelles se prononce officiellement mais avec la prise de position sans équivoque de Merkel l’union économique européenne devrait suivre. Les propos de la chancelière marquent donc un net durcissement de la position du gouvernement allemand, alors que les sujets de discorde et de tension entre Berlin et Ankara s’accumulent depuis quelque temps. L’Allemagne accuse le pouvoir turc d’avoir mis en détention plusieurs de ses ressortissants, qui possèdent aussi pour certains la nationalité turque, pour des raisons politiques. Elle a déjà pris des sanctions économiques à la suite de ces arrestations. Mais jusqu’ici Berlin avait évité d’aller jusqu’à demander la fin des négociations d’adhésion. Une issue, qui si elle devait être décidée, constituerait un point de non-retour dans les relations avec la Turquie. La chancelière a dit vouloir adopter une « position tranchée » à l’égard du président Erdogan : « De toute façon, avec lui, j’ai l’habitude. »

 

Macron demande à Erdogan la libération du journaliste détenu en Turquie

 Macron demande à Erdogan la libération du journaliste détenu en Turquie

Alors que 130 journalistes sont déjà en prison en Turquie que de centaines de milliers de turcs ont été arrêtés et ou destitués, Emmanuel Macron a demandé, ce dimanche, à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan «la libération rapide» de Loup Bureau, le journaliste français de 27 ans, incarcéré depuis le 26 juillet, à Sirnak au sud-est de la Turquie et «son retour en France», selon un communiqué de l’Elysée. Le chef de l’Etat, qui s’est entretenu par téléphone avec le président turc, «lui a demandé, au-delà de l’amélioration obtenue des conditions de détention, sa libération rapide et son retour en France». «Les deux présidents sont convenus que les contacts se poursuivent, également au niveau ministériel, pour trouver, dans les meilleurs délais, une issue positive», précise le communiqué de la présidence.  Le président français avait fait part le 15 août, lors d’un entretien téléphonique, de sa «préoccupation» à son homologue turc, avec lequel il était convenu de s’entretenir à nouveau cette semaine à ce sujet. Vendredi, une demande de libération de Loup Bureau a été rejetée par le juge qui l’avait mis en examen, a indiqué à l’AFP son avocat.  Cette demande de libération avait été déposée début août auprès du juge qui avait mis en examen et placé le jeune homme de 27 ans en détention provisoire le 1er août, pour soupçon d’appartenance à «une organisation terroriste armée», avait précisé Martin Pradel, un des avocats français du journaliste. «Le rejet de sa remise en liberté est synonyme d’un autre mois passé derrière les barreaux et l’obligation d’une intervention du chef de l’Etat pour espérer une libération», avait réagi de son côté le comité de soutien à Loup Bureau, sur sa page Facebook. Jeudi, un rassemblement de soutien au journaliste avait été organisé à Paris et une pétition en faveur de sa libération a reçu près de 28.000 signatures. Le père de Loup Bureau avait alors déclaré attendre «une nouvelle prise de parole de M. Macron» en regrettant de ne recevoir «aucune information de la part du Quai d’Orsay». Loup Bureau, qui a notamment collaboré avec les chaînes TV5 Monde, Arte et le site Slate, a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation «terroriste» par Ankara) ont été trouvées en sa possession.

Nouvelle purge en Turquie : plus de 7.000 personnes limogées en une journée

Nouvelle purge en Turquie : plus de 7.000 personnes limogées en une journée

Vendredi 14 juillet, plus de 7.000 policiers, soldats et membres de ministères ont été limogés dans le pays. Des limogeages qui suppriment toute rémunération, tout droit à la retraite et à retrouver du travail. C’est 7000 limogés s’ajoute au 100 000 qui ont déjà été décidés par Erdogan depuis la tentative de coup d’état.  En tout, 4.000 magistrats ont été radiés et l’armée turque, la deuxième de l’Otan, est affaiblie, avec le limogeage – jusqu’au décret de vendredi – d’au moins 150 généraux. Depuis les États-Unis, où il vit, Fethullah Gülen a dénoncé un « putsch abject ». Il a également fustigé la « persécution sans précédent » contre son mouvement « Hizmet » (« Service » en turc), ajoutant : « Malheureusement, dans la foulée de cette tragédie, on a porté atteinte à bien trop d’innocents. Illégalement limogés, arrêtés, emprisonnés et même torturés. Tous sous l’ordre du gouvernement ». Il a également accusé le « gouvernement de mener une chasse aux sorcières pour éliminer quiconque est considéré comme déloyal au président Erdogan et à son régime ».

Turquie : Erdogan de plus en plus vers la dictature

Turquie : Erdogan de plus en plus vers la dictature  

 

Jean Marcou, directeur des Relations internationales de Sciences Po Grenoble et spécialiste de la Turquie estime que les purges et le renforcement du pouvoir d’Erdogan conduisent le pays vers la dictature (interview le Figaro)

 

Un an après la tentative de coup d’État, comment a évolué la Turquie sur le plan politique?

Jean MARCOU - Depuis le 15 juillet 2016, la Turquie a glissé vers une situation d’autoritarisme extrêmement sévère. Le coup d’État a servi de point de départ à de grandes purges dans pratiquement toutes les institutions, que ce soit l’armée, la police, la justice, l’éducation ou encore la presse. Des purges qui se font presque sans justification ou sous des prétextes douteux. Il y a actuellement un reformatage de l’État et de la société turque qui se combine à un phénomène de transformation politique, avec, notamment une forte centralisation du pouvoir. Tayyip Erdogan a su utiliser le coup d’État à son profit pour renforcer ses propres pouvoirs. Le putsch a désarmé l’opposition et le président turc en a profité pour accélérer certaines réformes en gestation. Il a également personnalisé un peu plus le pouvoir.

La Turquie est-elle encore un pays de droit et qu’en est-il de la liberté d’expression alors que de nombreux médias ont été contraints de fermer?

Formellement, un certain nombre de droits demeure même si certains sont très altérés. En ce qui concerne la liberté d’expression, il y a un fort phénomène d’intimidation de l’opposition. Il reste des journaux d’opposition comme le Cumhuriyet, qui est de tendance kémaliste. Mais beaucoup de journalistes ou d’intellectuels qui ont collaboré avec ce journal ont été arrêtés, placés en garde à vue et pour certains incarcérés. Toutefois cette situation est antérieure au putsch. Le rédacteur en chef Can Dündar, avait été interpellé en 2015 au moment de la révélation de l’affaire de camion du MIT, les services de renseignement turcs. C’est une pratique malheureusement courante en Turquie. La presse et les médias ne sont pas les seuls touchés par le recul des libertés. Plus de 2000 personnes ont été poursuivies pour «insultes au président». Il y a également eu, dans le cadre de l’état d’urgence, la levée des immunités parlementaires. Un droit pourtant fondamental dans un régime démocratique.

 

Quel impact le putsch a-t-il eu sur les relations de la Turquie avec les grandes puissances comme l’Europe ou les États-Unis?

Les relations entre la Turquie et l’Europe ont clairement pâti de la dérive démocratique qui a suivi la tentative de coup d’État. On se rappelle qu’en avril, au moment du référendum sur le renforcement des pouvoirs d’Erdogan, le pays a eu plusieurs conflits notamment avec l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore l’Autriche. En effet, cela posait problème que des membres du gouvernement turcs viennent rencontrer la diaspora turque. Plus récemment, Erdogan a voulu organiser des meetings avec ses partisans en marge du G20 qui se tenait à Hambourg. Mais l’Allemagne a refusé. Avec les États-Unis c’est un peu différent. Les relations entre les deux pays étaient très dégradées sous l’administration Obama, notamment parce qu’il n’a pas voulu extrader l’opposant Fethullah Gülen, considéré par Erdogan comme un initiateur du putsch. Avec l’élection de Trump, Erdogan a eu de réels espoirs mais ils ne l’ont pas extradé non plus. Cependant, sur les questions humanitaires et de respect de droits, la nouvelle administration est beaucoup moins vigilante, ce qui arrange Tayyip Erdogan.

 

Pour le futur, peut-on imaginer la Turquie s’enfoncer dans cette situation d’autoritarisme?

Le grand rendez-vous est fixé en 2019. Ce sont les élections présidentielle et législatives qui décideront de l’avenir du pays. Si elles sont favorables à Erdogan, cela lui permettra d’appliquer les réformes prévues par le référendum d’avril dernier. En mai, il est déjà redevenu leader du Parti de la justice et du développement (AKP). Ce qui fait de lui un leader politique en plus d’être le président d’un régime parlementaire.

L’opposition pourra-t-elle faire barrage à la main mise d’Erdogan et de l’AKP? Peut-être. La «marche pour la justice» organisée le 9 juillet a rassemblé plusieurs dizaines de milliers d’opposants. Ça a surpris tout le monde alors qu’on croyait l’opposition fragilisée depuis la tentative de coup d’État. C’est un avertissement auquel vont répondre les partisans d’Erdogan. De grandes manifestations sont déjà prévues pour fêter l’échec du putsch.

 

Turquie: Macron pour un rapide de Depardon en France

Turquie: Macron pour un  rapide de Depardon en France

 

« Le président de la République a fait à nouveau part de sa préoccupation concernant la situation du photographe français », indique l’Elysée, il a « réexprimé sa demande de voir rentrer le plus vite possible M. Depardon en France ». Emmanuel Macron a encore  demandé samedi au président turc Recep Tayyip Erdogan que le photographe français Mathias Depardon puisse rentrer en France « le plus vite possible », a annoncé samedi la présidence française. De même source, on indique que le sort du photographe, détenu en Turquie depuis son arrestation le 8 mai, a été abordé par le chef de l’Etat au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue turc. Emmanuel Macron avait déjà évoqué la situation de Mathias Depardon avec Recep Tayyip Erdogan en marge d’un sommet de l’Otan le 25 mai et le photographe a pu recevoir depuis deux visites consulaires dans sa prison. Les deux dirigeants ont d’autre part discuté des dossiers syrien et libyen, sur lesquels ils avaient déjà eu des échanges à Bruxelles. Toujours selon l’Elysée, ils ont aussi évoqué le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, le président turc rappelant son engagement dans cet accord.

Adhésion Turquie : les députés européens pour la suspension

Adhésion Turquie : les députés européens pour la suspension

Ce vendredi 28 avril, les ministres européens des Affaires étrangères sont réunis à Malte pour discuter des relations avec la Turquie. Le 26 avril, le commissaire Johannes Hahn avait rencontré les eurodéputés sur cette question. À l’ouverture du débat, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a enjoint la Turquie de respecter les droits fondamentaux, qui sont à la base de la construction européenne.  Il a souligné que « l’Europe [n'était] pas un continent islamophobe et qu’elle ne [fermait] pas la porte à la population turque ». Le député allemand Manfred Weber (CSU), dirigeant du Parti populaire européen (PPE) déclarait ainsi : « Il est temps de changer notre relation avec la Turquie. Une pleine intégration du pays dans l’UE n’est pas réaliste. Nous devons mettre fin à cette hypocrisie. » De nombreux eurodéputés ont fait part de leurs préoccupations concernant la façon dont le référendum turc, qui soutenait l’extension des pouvoirs présidentiels, a été organisé. Ils ont qualifié ce référendum d’« injuste ». D’après eux, il est temps de réévaluer les relations entre l’UE et la Turquie et d’ouvrir un nouveau chapitre. Si certains eurodéputés n’envisage pas que la Turquie puisse devenir un membre à part entière de l’UE, d’autres pensent qu’il suffirait de suspendre les négociations afin de laisser au pays la possibilité de changer le cours des événements. Kati Piri, une députée néerlandaise (PvdA) qui surveille de près la situation en Turquie, a critiqué l’idée de donner plus de pouvoir à Recep Tayyip Erdoğan. D’après certains critiques, une telle mesure mettra la démocratie en péril et étouffera la liberté d’expression en Turquie. « Avec une telle constitution, la Turquie ne pourra jamais devenir membre de l’UE. Il est donc inutile de continuer les discussions sur l’intégration. Si les changements constitutionnels entrent en vigueur tels quels, l’UE devrait officiellement suspendre les pourparlers d’adhésion », a indiqué l’eurodéputée du groupe S&D. D’autres membres du Parlement ont partagé son point de vue, affirmant que l’UE devait à présent forger une relation différente avec la Turquie en matière de commerce, de sécurité et d’immigration. « Ce sera peut-être une relation plus complexe, mais au moins elle sera plus honnête. Plus prudente. Plus critique. Elle se concentrera davantage sur la coopération et non plus sur l’objectif lointain d’une adhésion à l’UE », a déclaré pour sa part Syed Kamall, un conservateur britannique (CRE). Kati Piri a précisé qu’il n’y aurait aucune suspension tant que la « constitution autoritaire » n’entrerait pas en vigueur, soit après les prochaines élections turques, en 2019. D’après des représentants politiques à Bruxelles, le président turc pourrait faire entrer les réformes en vigueur rapidement pour augmenter ses pouvoirs, même s’il a assuré qu’il n’en était pas question pour l’instant. La plupart des législateurs européens ont reconnu que la candidature de la Turquie à l’adhésion européenne devrait seulement être suspendue et pas complètement annulée.

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