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Politique: Erdogan, le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Politique: Erdogan , le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Selon Frédéric Encel, politologue , Erdogan provoque pour cacher ses faiblesses mais pourrait être l’objet de sanctions européennes (interview dans les Echos)

 

Après plusieurs jours de tensions diplomatiques entre Paris et Ankara, le président turc a officiellement appelé ses compatriotes à boycotter les produits français. Pour le maître de conférences à Sciences Po Paris, Frédéric Encel, invité de franceinfo lundi 26 octobre, il s’agit d’un nouveau pallier franchi,  »s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre », estime-t-il. Pour autant, cet appel au boycott ne risque pas d’être suivi par d’autres Etats musulmans, selon Frédéric Encel qui estime que la Turquie s’expose à de lourdes sanctions et « une véritable catastrophe » économique et commerciale. 

 

Est-ce que ce boycott clairement exprimé par Recep Tayyip Erdogan est le signe qu’un nouveau pallier a été franchi ? 

 

Frédéric Encel. Absolument, et je pense que c’est le dernier, parce que s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre. Mais il n’y en aura pas d’autre, il n’y aura pas la guerre. Erdogan le sait très bien, lui qui a replié ses navires de combat lorsqu’un navire français est venu en quelque sorte secourir la Grèce et Chypre quand leurs eaux territoriales ont été bafouées par la Turquie. Je pense que Recep Tayyip Erdogan la joue à la fois sultan et calife. Sa stratégie est de chercher l’ennemi extérieur et de le vilipender de manière extraordinairement violente pour susciter une vague du nationalisme dans son pays.

Ce mouvement de boycott, qui part initialement des réseaux sociaux, ne risque pas d’être suivi par d’autres pays ? 

 

Je pense que cela ne change pas la donne. Il y a environ 80 millions de Turcs sur 1,7 milliard de musulmans. C’est un seul Etat à majorité musulmane sur 57 dans le monde. De plus, les Etats arabes n’apprécient pas particulièrement la Turquie, ils en ont un très mauvais souvenir avec l’Empire ottoman qui a régné sur eux un peu plus de quatre siècles. D’autre part si, officiellement, un Etat quel qu’il soit boycotte des produits français, alors c’est toute l’Union Européenne qui, en vertu des accords fondateurs de l’Union européenne, prendra des sanctions contre cet Etat. Si l’Europe applique des sanctions économiques et commerciales vis-à-vis de la Turquie, ce serait une véritable catastrophe pour la Turquie. Je ne parle pas que de l’Allemagne puisque le volume d’échanges entre la Turquie et l’Union  européenne est plus important que le volume d’échanges entre la Turquie et la Russie, entre la Turquie et les États-Unis.

Recep Tayyip Erdogan a également comparé le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs dans les années 1930 et accuse certains dirigeants de nazisme et de fachisme. Comment analysez-vous ces déclarations ? 

 

C’est très problématique de la part de quelqu’un qui dirige un Etat très officiellement négationniste du génocide arménien. Un Etat dans lequel il y a une répression de plus en plus forte. Sur 193 Etats recensés à l’ONU, la Turquie est le pire en termes de liberté de la presse. Par ces propos, Erdogan cherche à marquer les esprits, et ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois qu’il utilise des termes terribles et outranciers. Le problème c’est que la Turquie est officiellement un allié de la France. Ces propos sont d’autant plus scandaleux que là il y a bien évidemment un outrage à l’Alliance.

L’appel au boycott des produits français peut-il avoir des conséquences sur l’économie ?

 06h51, le 26 octobre 2020 , modifié à 08h17, le 26 octobre 2020

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2:22Les fromages français ont été retirés des rayons des supermarchés au Koweït. © YASSER AL-ZAYYAT / AFP

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Depuis samedi, et suite aux déclarations d’Emmanuel Macron sur les caricatures du prophète Mahomet, les appels au boycott des produits français se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces appels peuvent-ils avoir un impact sur les exportations françaises dans les pays arabes ?

Dans la foulée des déclarations d’Emmanuel Macron, en hommage au professeur Samuel Paty, sur la culture française du dessin et de la caricature, des appels au boycott des produits français ont été lancés sur les réseaux sociaux. Cinq ou six pays musulmans, parmi lesquels la Turquie, le Koweït ou le Qatar, sont concernés. Le Quai d’Orsay a appelé dimanche soir les gouvernements à faire cesser les appels au boycott. Mais quelles conséquences aurait-il sur notre économie s’il était appliqué ? Europe 1 a enquêté.

>> A LIRE AUSSI - Trois questions sur le boycott de produits français par une partie du monde musulman

Posture symbolique

Au Qatar ou au Koweït, les appels au boycott ont pu aboutir au retrait de fromages, de crèmes ou de cosmétiques des rayons de certains supermarchés. Les fromages Kiri et Babybel ont par exemple été ciblés au Koweït.

Si le ministre français du commerce extérieur Franck Riester a évoqué dimanche soir des « impacts impossibles à chiffrer pour le moment », cette mesure est essentiellement symbolique, selon le maître de conférences à Sciences-Pô Frédéric Encel : « C’est tout à fait secondaire sur le plan économique et diplomatique », explique-t-il au micro d’Europe 1, soulignant néanmoins la possibilité d’un effet d’entrainement généré par les réseaux sociaux.

 

« La réalité, c’est l’économie »

De fait, de nombreuses barrières au boycott rendent l’entreprise difficile. En Turquie, où la France exporte essentiellement des produits industriels – notamment Airbus ou pièces pour la construction automobile -  »les habitudes des entreprises sont tellement importantes que ça va au-delà du monde politique », affirme Stéphane Salvetat, secrétaire-général de la Chambre de commerce Franco-Turque. De plus, les exportations de produits industriels avaient nettement baissé l’année dernière, du fait de la crise économique que traverse la Turquie, il est donc difficile d’envisager un nouveau plongeon. « Le monde politique parle souvent fort, mais la réalité, c’est l’économie. »

Concernant les produits alimentaires, certaines particularités du marché rendent le boycott assez improbable. Des groupes saoudiens détiennent ainsi certains entreprises productrices, comme l’usine de Châteaulin dans le Finistère, faisant de l’Arabie saoudite le seul exportateur de poulets français dans les pays arabes. A noter également que l’appel au boycott peut conduire à des sanctions au niveau européen. Or, les pays arabes entretiennent des échanges très importants avec l’Union européenne.

Erdogan veut provoquer le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Erdogan veut provoquer le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Selon Frédéric Encel, politologue , Erdogan provoque pour cacher ses faiblesses mais pourrait être l’objet de sanctions européennes (interview dans les Echos)

 

Après plusieurs jours de tensions diplomatiques entre Paris et Ankara, le président turc a officiellement appelé ses compatriotes à boycotter les produits français. Pour le maître de conférences à Sciences Po Paris, Frédéric Encel, invité de franceinfo lundi 26 octobre, il s’agit d’un nouveau pallier franchi,  »s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre », estime-t-il. Pour autant, cet appel au boycott ne risque pas d’être suivi par d’autres Etats musulmans, selon Frédéric Encel qui estime que la Turquie s’expose à de lourdes sanctions et « une véritable catastrophe » économique et commerciale. 

 

Est-ce que ce boycott clairement exprimé par Recep Tayyip Erdogan est le signe qu’un nouveau pallier a été franchi ? 

 

Frédéric Encel. Absolument, et je pense que c’est le dernier, parce que s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre. Mais il n’y en aura pas d’autre, il n’y aura pas la guerre. Erdogan le sait très bien, lui qui a replié ses navires de combat lorsqu’un navire français est venu en quelque sorte secourir la Grèce et Chypre quand leurs eaux territoriales ont été bafouées par la Turquie. Je pense que Recep Tayyip Erdogan la joue à la fois sultan et calife. Sa stratégie est de chercher l’ennemi extérieur et de le vilipender de manière extraordinairement violente pour susciter une vague du nationalisme dans son pays.

Ce mouvement de boycott, qui part initialement des réseaux sociaux, ne risque pas d’être suivi par d’autres pays ? 

 

Je pense que cela ne change pas la donne. Il y a environ 80 millions de Turcs sur 1,7 milliard de musulmans. C’est un seul Etat à majorité musulmane sur 57 dans le monde. De plus, les Etats arabes n’apprécient pas particulièrement la Turquie, ils en ont un très mauvais souvenir avec l’Empire ottoman qui a régné sur eux un peu plus de quatre siècles. D’autre part si, officiellement, un Etat quel qu’il soit boycotte des produits français, alors c’est toute l’Union Européenne qui, en vertu des accords fondateurs de l’Union européenne, prendra des sanctions contre cet Etat. Si l’Europe applique des sanctions économiques et commerciales vis-à-vis de la Turquie, ce serait une véritable catastrophe pour la Turquie. Je ne parle pas que de l’Allemagne puisque le volume d’échanges entre la Turquie et l’Union  européenne est plus important que le volume d’échanges entre la Turquie et la Russie, entre la Turquie et les États-Unis.

Recep Tayyip Erdogan a également comparé le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs dans les années 1930 et accuse certains dirigeants de nazisme et de fachisme. Comment analysez-vous ces déclarations ? 

 

C’est très problématique de la part de quelqu’un qui dirige un Etat très officiellement négationniste du génocide arménien. Un Etat dans lequel il y a une répression de plus en plus forte. Sur 193 Etats recensés à l’ONU, la Turquie est le pire en termes de liberté de la presse. Par ces propos, Erdogan cherche à marquer les esprits, et ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois qu’il utilise des termes terribles et outranciers. Le problème c’est que la Turquie est officiellement un allié de la France. Ces propos sont d’autant plus scandaleux que là il y a bien évidemment un outrage à l’Alliance.

L’appel au boycott des produits français peut-il avoir des conséquences sur l’économie ?

 06h51, le 26 octobre 2020 , modifié à 08h17, le 26 octobre 2020

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2:22Les fromages français ont été retirés des rayons des supermarchés au Koweït. © YASSER AL-ZAYYAT / AFP

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Depuis samedi, et suite aux déclarations d’Emmanuel Macron sur les caricatures du prophète Mahomet, les appels au boycott des produits français se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces appels peuvent-ils avoir un impact sur les exportations françaises dans les pays arabes ?

Dans la foulée des déclarations d’Emmanuel Macron, en hommage au professeur Samuel Paty, sur la culture française du dessin et de la caricature, des appels au boycott des produits français ont été lancés sur les réseaux sociaux. Cinq ou six pays musulmans, parmi lesquels la Turquie, le Koweït ou le Qatar, sont concernés. Le Quai d’Orsay a appelé dimanche soir les gouvernements à faire cesser les appels au boycott. Mais quelles conséquences aurait-il sur notre économie s’il était appliqué ? Europe 1 a enquêté.

>> A LIRE AUSSI - Trois questions sur le boycott de produits français par une partie du monde musulman

Posture symbolique

Au Qatar ou au Koweït, les appels au boycott ont pu aboutir au retrait de fromages, de crèmes ou de cosmétiques des rayons de certains supermarchés. Les fromages Kiri et Babybel ont par exemple été ciblés au Koweït.

Si le ministre français du commerce extérieur Franck Riester a évoqué dimanche soir des « impacts impossibles à chiffrer pour le moment », cette mesure est essentiellement symbolique, selon le maître de conférences à Sciences-Pô Frédéric Encel : « C’est tout à fait secondaire sur le plan économique et diplomatique », explique-t-il au micro d’Europe 1, soulignant néanmoins la possibilité d’un effet d’entrainement généré par les réseaux sociaux.

 

« La réalité, c’est l’économie »

De fait, de nombreuses barrières au boycott rendent l’entreprise difficile. En Turquie, où la France exporte essentiellement des produits industriels – notamment Airbus ou pièces pour la construction automobile -  »les habitudes des entreprises sont tellement importantes que ça va au-delà du monde politique », affirme Stéphane Salvetat, secrétaire-général de la Chambre de commerce Franco-Turque. De plus, les exportations de produits industriels avaient nettement baissé l’année dernière, du fait de la crise économique que traverse la Turquie, il est donc difficile d’envisager un nouveau plongeon. « Le monde politique parle souvent fort, mais la réalité, c’est l’économie. »

Concernant les produits alimentaires, certaines particularités du marché rendent le boycott assez improbable. Des groupes saoudiens détiennent ainsi certains entreprises productrices, comme l’usine de Châteaulin dans le Finistère, faisant de l’Arabie saoudite le seul exportateur de poulets français dans les pays arabes. A noter également que l’appel au boycott peut conduire à des sanctions au niveau européen. Or, les pays arabes entretiennent des échanges très importants avec l’Union européenne.

La Fed : nouvelle tête de turc de Trump

La Fed : nouvelle tête de turc de  Trump

Donald Trump a une conception très particulière de la politique qui à virer des responsables qui ne sont pas d’accord avec lui. C’est vrai y compris des organismes qui doivent demeurer indépendants. Comme le la banque centrale. La nouvelle cible,  c’est le patron de la Fed par ailleurs nommé par Trump lui-même. Un patron de la Fed auquel il est reproché de ne rien connaître à l’économie: “Le seul problème qu’a notre économie, c’est la Fed. Elle ne sent pas le marché !” a écrit le président des Etats-Unis sur son compte Twitter. “La Fed est comme un golfeur puissant qui n’arrive pas à marquer parce qu’il n’a aucun toucher, il ne sait pas faire un putt !” En fait, ce que reproche le président américain, c’est la hausse programmée des taux d’intérêt qui vont lui poser des difficultés puisque que depuis son arrivée le déficit du budget fédéral ne cesse de s’envoler comme le démontre le tableau ci-après.

Dette de l’État fédéral américain à la fin de l’année fiscale en milliards de $

année fiscale

Dette brute

% du PIB

Dette intra-
gouvernementale

Dette envers
la Réserve Fédérale

Dette détenue
par le public

% du PIB

1940

-50,7

51,6 %

7,9

2,5

40,3

41,1 %

1945

-260,1

114,9 %

24,9

21,8

213,4

94,3 %

1946

-271,0

118,9 %

29,1

23,8

218,1

95,6 %

1950

-256,9

92,1 %

37,8

18,3

200,7

71,9 %

1960

-290,5

54,3 %

53,7

26,5

210,3

39,3 %

1970

-380,9

36,3 %

97,7

57,7

225,5

21,5 %

1980

-909,0

32,5 %

197,1

120,8

591,1

21,1 %

1990

-3 206,3

54,2 %

794,7

234,4

2 177,1

36,8 %

2000

-5 628,7

55,5 %

2 218,9

511,4

2 898,4

28,6 %

2005

-7 905,3

61,3 %

3 313,1

736,4

3 855,9

29,9 %

2006

-8 451,3

61,8 %

3 622,4

768,9

4 060,0

29,7 %

2007

-8 950,7

62,5 %

3 915,6

779,6

4 255,5

29,7 %

2008

-9 986,1

67,7 %

4 183,0

491,1

5 311,9

36,0 %

2009

-11 875,9

82,4 %

4 331,1

769,2

6 775,5

47,0 %

2010

-13 528,8

91,4 %

4 509,9

811,7

8 207,2

55,5 %

2011

-14 764,2

96,0 %

4 636,0

1 664,7

8 463,5

55,0 %

2012

-16 050,9

100,1 %

4 769,8

1 645,3

9 635,8

60,1 %

2013

-16 719,4

101,2 %

4 736,7

2 072,3

9 910,4

60,0 %

2014

-17 794,5

103,2 %

5 014,6

2 451,7

10 328,2

59,9 %

2015

-18 120,1

100,8 %

5 003,4

2 461,9

10 654,7

59,2 %

2016

-19 539,4

105,8 %

5 371,8

2 463,5

11 704,2

63,4 %

2017

-20 205,7

105,4 %

5 540,3

2 465,4

12 200,0

63,6 %

Remarque : de 1942 à 1979, l’année fiscale commence le 1er juillet. À partir de 1979, l’année fiscale commence le 1er octobre.

Selon le FMI, les États-Unis seront le seul pays industrialisé à voir à moyen terme une augmentation de leur endettement public, de 107,8 % du PIB en 2017 à 117 % en 2023, du fait de la réforme fiscale votée par le Parlement sur proposition du président Trump.

Exemption de visa: le chantage turc

Exemption de visa: le chantage turc

 

Cette affaire d’exemption de visas pour les Turcs se rendant dans l’union européenne constitue un véritable chantage. On sait en effet que la plupart des migrants transite par la Turquie qui les laisse partir ensuite vers l’Europe ;  une Turquie qui par ailleurs n’a ni la volonté, ni la capacité de contrôler ses propres frontières. Pourtant la Turquie responsable de l’expédition des migrants a exigé et obtenu l’exemption de visa pour ses ressortissants ; cela contre la promesse de contrôler les flux migratoires vers l’Europe et dlaccepter le retour de ceux qui ne sont pas en situation irrégulière. Une situation qui est aussi le produit de l’incapacité de l’union économique à réguler les flux migratoires en distinguant notamment les réfugiés politiques des réfugiés économiques. Une Europe  qui en quelque sorte sous-traite la gestion du problème à la Turquie. La Turquie qui profite pour mettre un pied dans la porte qui ouvre sur l’union économique et qui au passage obtient le statut d’un véritable État de droit. Certes la problématique n’est pas simple mais les conditions de la négociation avec la Turquie relèvent d’une gestion de gribouille La Commission européenne a demandé mercredi aux gouvernements des Etats membres de l’Union de prendre des mesures pour exempter les ressortissants turcs de visa en contrepartie de l’accord par lequel Ankara s’est engagé à réduire l’afflux de migrants et réfugiés en Europe. La Turquie, qui héberge un grand nombre de réfugiés syriens et dont le territoire sert de point d’embarquement vers les îles grecques, avait menacé de se désengager de l’accord conclu en mars si elle n’obtenait pas la libre circulation promise à ses ressortissants. Malgré les critiques sur la situation des droits de l’Homme en Turquie, la CE invite dans un communiqué les Etats membres et le Parlement européen à valider l’exemption de visa d’ici à la fin du mois de juin.

(Avec Reuters)

Union européenne Turquie: Hollande le turc

Hollande le turc

 

On se demande bien pourquoi Hollande a fait semblant de rassurer la Turquie sur son entrée dans l’union européenne. D’abord cette éventuelle entrée n’est pas pour demain, en Turquie on évoqué 2023 mais en fait il faudra bien compter au moins 10 ans ou 15 ans de plus. Il ya longtemps que Hollande aura disparu de la scéne politique. En outre le processus proposé à savoir referendum en Turquie bien sûr mais aussi en France (et en Autriche pour l’instant) n’est pas sérieux. Jusque là on élargissait « en douce » sans consultation démocratique. Si chaque pays de l’union devait décider unilatéralement un référendum national, ce serait évidemment l’échec assuré. Pour l’élargissement, il faudra donc un nouveau processus avec un référendum, un seul referendum pour toute l’Europe. Finalemenet entre Sarkozy qui ne voulait pas de la Turquie et Hollande qui en veut bien mais avec des conditions intenables, il n’y a guère de différence, sinon l’hypocrisie. François Hollande s’est efforcé lundi de refermer la blessure ouverte dans la relation entre Paris et Ankara par le refus de Nicolas Sarkozy de considérer la Turquie comme un pays susceptible d’adhérer à l’Union européenne. Dès le début de sa visite d’Etat en Turquie, la première depuis 22 ans pour un président français, il a demandé la poursuite du processus chapitre par chapitre, rappelant toutefois que « négociation ne veut pas dire adhésion ». Ce « processus doit se poursuivre » mais « aucune date n’est prévue », a-t-il souligné à l’adresse d’une opinion française hostile à la perspective d’une entrée de la Turquie dans l’UE. Un thème délicat à quatre mois des élections européennes, pour lesquelles les sondages prédisent une poussée de l’extrême droite en France et dans d’autres pays. « Nous ne sommes pas pressés », a souligné pour sa part le président turc Abdullah Gül, pour qui la crise politique que traverse actuellement son pays ne saurait influer sur le processus européen « essentiellement technique ». Pour l’heure, 14 chapitres sur 35 sont ouverts en vue d’une éventuelle adhésion, qui devra faire l’objet le cas échéant d’un référendum en Turquie, mais aussi en France et en Autriche. Selon l’article 88-5 introduit en 2005 dans la Constitution française, parallèlement à l’ouverture des négociations avec la Turquie, toute nouvelle adhésion doit en effet être soumise à une consultation populaire à l’issue plus qu’incertaine. Selon une enquête publiée la semaine dernière dans Valeurs actuelles, 83% des Français sondés sont opposés à l’entrée de la Turquie dans l’Union.

Le printemps turc continue

Le printemps turc continue

 

 

La lutte pour la démocratie ne faiblit pas en Turquie. Toujours aussi déterminés, des milliers de manifestants ont occupé la place Taksim d’Istanbul et le désormais fameux parc Gezi, dont la destruction annoncée a déclenché la plus grave crise politique depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement islamo-conservateur en Turquie en 2002.  De nombreux supporteurs des trois grands clubs rivaux de football de la ville, Galatasaray, Besiktas et Fenerbahçe, sont venus grossir les rangs de la foule, sans que la police n’intervienne.  En revanche à Ankara, la police anti-émeutes, présente en nombre, a violemment dispersé environ 5.000 manifestants réunis sur la place de Kizilay, dans le centre-ville, faisant abondamment usage de gaz lacrymogène.   »Le Premier ministre essaie tous les jours de diviser la population », a déclaré à l’AFP Eroy Dilek, un étudiant en génie mécanique de 21 ans qui manifeste place Taksim. « Nous reviendrons ici tous les jours jusqu’à ce qu’il démissionne ».  Les protestataires reprochent au Premier ministre, leur principale cible, son exercice autoritaire du pouvoir et l’accusent de vouloir islamiser la société turque.  Critiqué dans son pays comme à l’étranger pour la brutalité avec laquelle la police a réprimé la fronde, le gouvernement turc a joué samedi la carte de l’apaisement.   »Le processus (des manifestations) est sous le contrôle du gouvernement, il se normalise et devient de plus en plus raisonnable », a jugé devant la presse le vice-Premier ministre Huseyin Celik. « Nous sommes prêts à répondre à toutes les exigences raisonnables, démocratiques et qui respectent la loi ».  La veille, M. Erdogan lui-même avait adouci le ton très ferme adopté depuis le début de la crise contre les contestataires, souvent qualifiés de « vandales » ou d’ »extrémistes ».   »Nous sommes contre la violence, le vandalisme et les actions qui menacent les autres au nom des libertés », a-t-il déclaré lors d’un forum international à Istanbul, mais « nous accueillons de tout coeur ceux qui viennent avec des exigences démocratiques ».  Lors de la même conférence, le commissaire européen à l’Élargissement, Stefan Füle, a une nouvelle fois dénoncé « le recours excessif à la force » qui « n’a pas sa place dans une démocratie » et appelé M. Erdogan au dialogue.  Piqué au vif, le Premier ministre turc a vivement réagi en dénonçant le « deux poids, deux mesures » des pays occidentaux envers son pays.   »Dans n’importe quel pays d’Europe, lorsqu’il y a une protestation violente contre un projet de démolition de ce genre, croyez-moi, ceux qui sont impliqués subissent une répression plus sévère », a-t-il lancé en citant la Grèce, la France ou l’Allemagne.  Selon le dernier bilan rendu public par le syndicat des médecins turcs, la contestation a causé la mort de deux manifestants et d’un policier et fait 4.785 blessés.  Dans un geste de conciliation envers les manifestants, le maire d’Istanbul, Kadir Topbas, s’est dit prêt samedi à amender le projet urbain à l’origine de la contestation, y excluant « un « centre commercial ou un hôtel ».  Mais il a maintenu la reconstruction à la place du parc d’une caserne ottomane, rappelant que c’était une « promesse électorale ».  Le Premier ministre a lui profité de son samedi pour multiplier les consultations à Istanbul, d’abord avec les instances dirigeantes de son Parti de la justice et du développement (AKP) puis avec le président du Parlement Cemil Ciçek.  Lors de sa réunion, l’AKP a décidé d’organiser dès le week-end prochain deux réunions publiques, le samedi à Ankara et le dimanche à Istanbul, ont rapporté les médias turcs. Il s’agit officiellement de lancer la campagne du parti pour les élections locales de 2014, mais aussi de faire le pendant aux manifestations.  Parfois qualifié de « sultan » par ses détracteurs, M. Erdogan avait profité de son retour du Maghreb, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour faire étalage de sa puissance et du soutien que continue à lui apporter une part importante de l’opinion turque.  Devant des milliers de supporteurs chauffés à blanc venus l’accueillir à l’aéroport d’Istanbul, il avait tenu des propos très fermes contre les manifestants, avant d’appeler ses troupes à rentrer chez elles dans le calme.  Il y a une semaine déjà, le Premier ministre avait agité ce scénario de la confrontation populaire. « S’ils veulent organiser des rassemblements, si c’est un mouvement social, et bien quand ils réuniront 20 personnes, j’en réunirai 200.000″, avait-il averti. « Et quand ils seront 100.000, je mobiliserai un million de membres de mon parti ».

 




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