Archive pour le Tag 'Tunisie'

Tunisie : dérive autoritaire du pouvoir

Tunisie : dérive autoritaire du pouvoir


L’essayiste Hatem Nafti dénonce, dans une tribune au « Monde », l’arrestation de l’avocat Ahmed Souab, dernier exemple en date du dévoiement, par les autorités tunisiennes, du système judiciaire à des fins répressives.

Dans la matinée du 21 avril, des policiers de la brigade antiterroriste ont arrêté l’avocat Ahmed Souab à son domicile, à Tunis. Cet ancien juge administratif est accusé, entre autres, d’avoir proféré des menaces de mort à l’égard de magistrats. Les autorités tunisiennes évoquent une vidéo où l’on voit Souab dénoncer les multiples vices de procédure dans l’affaire dite « du complot contre la sûreté de l’Etat », où il représente certains prévenus. Evoquant les pressions de l’exécutif sur les juges, Ahmed Souab s’est pourtant contenté d’utiliser une expression imagée que l’on pourrait traduire par « avoir une épée de Damoclès sur la tête ».

Au cours du week-end suivant, des influenceurs proches du président Kaïs Saïed ont organisé une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux. Le parquet, de son côté, a décidé de poursuivre Souab au motif de « menaces », d’« association de malfaiteurs terroriste », de « subornation de magistrat » et de « propagation de fausses nouvelles ». Compte tenu du caractère dérogatoire de la loi antiterroriste, Souab ne pourra accéder à son avocat qu’au terme des quarante-huit premières heures d’une garde à vue qui peut durer jusqu’à deux semaines.

Le profil atypique d’Ahmed Souab explique l’ampleur des réactions à son arrestation. Ancien juge administratif, l’homme de 68 ans est un habitué des médias. Loin de la réserve habituelle de ses confrères, il n’hésite pas à adopter des positions tranchées, avec un sens de l’humour qui en fait un « bon client » des plateaux politiques. Dans un débat public de plus en plus contraint, la voix de Souab dénonce les dérives du pouvoir et décrypte avec pédagogie les atteintes aux droits humains.

La vidéo incriminée est extraite d’une conférence de presse qui s’est tenue le 18 avril, à l’issue du procès de l’affaire dite « du complot contre la sûreté de l’Etat ». Après l’abstention record des élections législatives de janvier 2023, le pouvoir s’est lancé dans une chasse aux opposants, et multiplie les violences à l’égard des populations migrantes. Le 11 février 2023, l’ancien responsable social-démocrate Khayam Turki est le premier à avoir fait l’objet d’une interpellation, dans laquelle le président Saïed a admis avoir été impliqué. Plusieurs autres arrestations ont lieu durant les heures et les jours suivants, et l’implication du chef de l’Etat dans l’affaire devient publique.

Tunisie: La démocratie en prison

Tunisie: La démocratie en prison

 

On ne fait pas dans la dentelle dans les pays qui ont du mal avec la démocratie. Récemment,  c’était vrai au Venezuela le vrai vainqueur est menacé de prison. Même chose aussi en Tunisie où l’un des candidats à l’élection du 6 octobre a également été placé en détention provisoire. Le problème c’est que le modèle russe illibéral semble faire école dans certains pays qui voient maintenant des vertus dans des formes de dictatures.

 

Le candidat à l’élection présidentielle du 6 octobre en Tunisie, Ayachi Zammel, a été placé en détention provisoire mercredi, dans le cadre d’une enquête pour des soupçons de «falsification de parrainages», ont annoncé ses avocats. Cette décision intervient aprèsl’exclusion de la course de trois autres candidats, considérés comme des rivaux sérieux du président sortant, Kais Saied – en lice pour un second mandat – par l’Autorité électorale (Isie) en début de semaine.

Le président Saied, élu démocratiquement en 2019, est accusé de dérive autoritaire depuis un coup de force le 25 juillet 2021 par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs.

Il fait partie des trois candidats retenus dans une liste «définitive» dévoilée lundi par l’Isie, aux côtés de M. Saied et de Zouhair Maghzaoui, 59 ans, un ancien député de la gauche panarabiste. La justice reproche à M. Zammel d’avoir enfreint les règles sur les parrainages, comme les trois candidats écartés par l’Isie malgré la décision la semaine passée du Tribunal administratif de les réintégrer dans la course présidentielle.

Abdellatif Mekki, ancien dirigeant du mouvement islamo-conservateur Ennahdha, Mondher Zenaïdi, ancien ministre du régime Ben Ali, et Imed Daïmi, conseiller de l’ex-président Moncef Marzouki, également proche d’Ennahdha avaient été disqualifiés le 10 août avec 14 autres postulants notamment pour manque de parrainages suffisants.

 

Europe : 1 milliard à la Tunisie pour freiner l’immigration

Europe : 1 milliard à la Tunisie pour freiner l’immigration

Pour faire face à la crise économique grave, l’Union européenne a proposé « un renforcement du partenariat » avec la Tunisie à travers un programme incluant une possible aide financière de long terme de 900 millions d’euros et une aide additionnelle de 150 millions à injecter « immédiatement » dans le budget.

Ursula von der Leyen a indiqué avoir proposé un programme en cinq points, incluant aussi un soutien à la lutte contre l’immigration clandestine et a souhaité la signature d’un accord entre la Tunisie et l’UE d’ici au prochain sommet européen à la fin du mois. Ce programme prévoit notamment un renforcement des investissements en Tunisie, en particulier dans le numérique et les énergies renouvelables ainsi qu’une extension à la Tunisie du programme européen d’échanges d’étudiants Erasmus, doté d’une enveloppe de 10 millions d’euros. L’un des volets importants du « package » européen concerne la lutte contre le « business cynique » de l’immigration clandestine, pour laquelle l’UE fournira « cette année à la Tunisie 100 millions d’euros pour le contrôle de ses frontières, la recherche et sauvetage » de migrants, a indiqué Ursula von der Leyen.

« Il est de notre intérêt commun de renforcer notre relation et d’investir dans la stabilité et la prospérité, c’est pour cela que nous sommes là », a-t-elle déclaré, disant agir au nom de la « Team Europe » et qui était accompagnée dans sa visite par les Premiers ministres d’Italie, Giorgia Meloni, et des Pays-Bas, Mark Rutte. Affirmant que l’Union européenne est le « premier partenaire commmercial et premier investisseur » en Tunisie, la présidente de la Commission a rappelé que l’Europe a « soutenu le parcours de la Tunisie dans la démocratie depuis 2011 (et la Révolution qui a renversé le dictateur Zine El Abidine Ben Ali, ndlr), une route longue et difficile ».

Le pays nord-africain, très endetté (80% du PIB), est en difficiles pourparlers avec le FMI pour un nouveau prêt de près de deux milliards de dollars. Les discussions achoppent sur le refus du président Saied de réformes comme la restructuration de la centaine d’entreprises publiques surendettées et la levée des subventions étatiques à des produits de base comme les carburants.

Dernier rebondissement et très mauvaise nouvelle pour le pays, dans la nuit de samedi à dimanche, l’agence de notation Fitch a baissé d’un cran la note de la Tunisie la passant de CCC+ à CCC-, à cause des délais dans les négociations pour obtenir un nouveau prêt du Fonds monétaire international (FMI).

Cette dégradation de la note de l’endettement à long terme du pays « reflète l’incertitude autour de la capacité de la Tunisie à réunir des fonds suffisants pour répondre à ses besoins financiers conséquents », a expliqué Fitch dans un communiqué. La Tunisie faisait déjà partie des émetteurs présentant des risques réels de non-remboursement, selon l’institution. « Notre principal scénario table sur un accord entre la Tunisie et le FMI d’ici la fin de l’année, mais c’est beaucoup plus tard que nous ne l’attendions auparavant et les risques restent élevés », a précisé Fitch. L’agence rappelle que le budget du gouvernement dépend de plus de 5 milliards de dollars de fonds externes (10% du PIB) des financements qui ne seront pas débloqués tant qu’il n’y aura pas d’accord avec le FMI.

Football -France -Tunisie: surtout le naufrage de Deschamps

Football -France -Tunisie: surtout le naufrage de Deschamps

À l’inverse de la plupart des entraîneurs, Deschamps semble dormir pendant les matchs. En effet, il quitte rarement le banc et se contente la plupart du temps d’observer quand les autres managers ne cessent de réajuster la stratégie de leur équipe et de remobiliser leurs joueurs. Une attitude qui nous a valu une véritable humiliation de la part d’une Tunisie très accrocheuse qui jouait sa qualification. L’équipe de France a été ridicule pendant une grande partie du match sauf quand Deschamps s’est enfin décidé à faire entrer des cadres.

On peut légitimement se demander quelle idée folle a traversé l’esprit du sélectionneur de présenter une équipe pratiquement entièrement nouvelle et sans vraie expérience internationale. Pire, il a mis les joueurs à des postes le plus souvent inconnus d’eux. L’impression générale était que la Tunisie jouait contre une équipe de juniors.

L’argument d’une qualification déjà réalisée avant le match ne tient pas. En effet, on ne gère pas un groupe de cette manière. Cette défaite pourrait en effet porter un coup à la dynamique de succès. Ce match n’a strictement rien apporté sur la valeur des remplaçants. Aucun n’a réussi à émerger de ce désastre.

La cohérence aurait que l’entraîneur garde une ossature de titulaires avec remplacement progressif par des nouveaux joueurs en fonction du score et de la prestation. Rien de tout cela. Quand Dechamps s’est enfin décidé à faire entrer des cadres, il était trop tard. Il faudrait que l’entraîneur cesse ce type d’improvisation surtout en plaçant des joueurs qui ne sont pas réellement à leur poste. Il faudrait aussi qu’il se réveille à temps quand visiblement l’équipe n’est pas dans le rythme. Ce n’est pas 10 minutes de la fin d’un match qu’un entraîneur doit réagir.Il faudrait aussi qu’ils ne passe pas passivement une grande partie des matchs sur le banc et qu’il réagisse. aussi

Si par malheur, la France devait être rapidement éliminée des phases suivantes, le maintien de Dechamps à la tête de l’équipe de France pourrait être mis en cause.

Foot mondial-France -Tunisie: D’abord le naufrage de Déchamps

Foot mondial-France -Tunisie: D’abord le naufrage de Deschamps

La France a subi une véritable humiliation de la part d’une Tunisie très accrocheuse qui jouait sa qualification. L’équipe de France a été ridicule pendant une grande partie du match sauf quand Des champs s’est enfin décidé à faire entrer des cadres.

On peut légitimement se demander quelle idée folle a traversé l’esprit du sélectionneur de présenter une équipe pratiquement entièrement nouvelle et sans vraie expérience internationale. Pire, il a mis les joueurs à des postes le plus souvent inconnus d’eux. L’impression générale était que la Tunisie jouait contre une équipe de juniors.

L’argument d’une qualification déjà réalisée avant le match ne tient pas. En effet, on ne gère pas un groupe de cette manière. Cette défaite pourrait en effet porter un coup à la dynamique de succès. Ce match n’a strictement rien apporté sur la valeur des remplaçants. Aucun n’a réussi à émerger de ce désastre.

La cohérence aurait que l’entraîneur garde une ossature de titulaires avec remplacement progressif par des nouveaux joueurs en fonction du score et de la prestation. Rien de tout cela. Quand Dechamps s’est enfin décidé à faire entrer des cadres, il était trop tard. Il faudrait que l’entraîneur cesse ce type d’improvisation surtout en plaçant des joueurs qui ne sont pas réellement à leur poste. Il faudrait aussi qu’il se réveille à temps quand visiblement l’équipe n’est pas dans le rythme. Ce n’est pas 10 minutes de la fin d’un match qu’un entraîneur doit réagir.Il faudrait aussi qu’ils ne passe pas passivement une grande partie des matchs sur le banc et qu’il réagisse. aussi

Si par malheur, la France devait être rapidement éliminée des phases suivantes, le maintien de Dechamps à la tête de l’équipe de France pourrait être mis en cause.

Les spectateurs, les téléspectateurs et les supporters ont passé une après-midi épouvantable en plus en essuyant les sifflets permanents de supporters tunisiens bien peu sportifs et qui n’ont pas eux aussi été à la hauteur de l’enjeu sur ce plan.

Tunisie: Un ras-le-bol vis-à-vis de l’islam politique

 Tunisie: Un ras-le-bol vis-à-vis de l’islam politique

 

Pour l’écrivaine Emna Belhaj Yahia, l’accueil réservé au coup de force du président Kaïs Saïed témoigne d’un « profond ras-le-bol à l’égard de l’islam politique qui a gouverné pendant dix ans » .(Le monde, extrait)

 

Tribune.

Mon pays, lieu de vie et de fragilités. En ce moment, il est secoué et attire l’attention du monde. Lorsqu’on est sur la corde raide, on souhaite qu’il y ait le plus de lumière possible pour ne pas trébucher. Je me pose donc des questions et j’essaye de comprendre.

La veille de l’opération menée par le chef de l’Etat tunisien, le 25 juillet au soir, dans quelle situation se trouvait le pays, dans quel contexte étions-nous en train d’évoluer et que pouvions-nous entrevoir de notre futur immédiat ? Nous étions au milieu d’un long processus de dégradation qui, avec la débâcle socio-économique et sanitaire, annonçait un désastre proche dont nul ne savait le visage qu’il prendrait. De déboire en blocage, en échec recommencé, nous tournions en rond jusqu’au vertige, les aiguilles de la montre tournaient aussi et le temps jouait contre nos intérêts vitaux que des dirigeants politiques sans crédibilité ne semblaient pas pressés de défendre.

 

Enlisé dans la crise, tout le monde cherchait l’issue, imaginait les scénarios, personne ne trouvait. De la cacophonie, oui, mais de vision claire, point ! Asphyxiés, nous refusions de mourir et ne voyions pas comment faire pour survivre. Soudain, Kaïs Saïed ouvre une porte sur l’inconnu. L’inconnu et la dose d’air qui pourrait, éventuellement, s’y trouver. Seule cette éventualité-là explique la joie qui a suivi, celle d’un peuple qui n’en pouvait plus de suffoquer. Joie exprimant l’instinct de vie d’un corps social meurtri, victime de politiciens dont la médiocrité n’a d’égale que l’arrogance. Porte sur l’inconnu au sens fort, ouverte par un homme qui aime à s’entourer de mystère. Autant de chances offertes que de pièges et de gouffres. Incertitudes, attente qui dure encore

Toutefois, à mes yeux, aujourd’hui, une certitude : nous avons acquis, nous Tunisiens qui venons de traverser la décennie post-révolution, une petite expérience politique, heurtée et chaotique certes, mais expérience quand même. Acquis, entre autres, le droit de nous interroger, de choisir. Et là, je pense à ces grands choix civilisationnels vers lesquels on a pris l’habitude de s’orienter sous l’effet des rapports de forces internationaux et de l’évolution même de nos sociétés.

Je fais référence ici à l’islam politique – ou islamisme – et à la place qu’il devrait prendre dans la construction de la démocratie. C’est précisément à ce sujet que la décennie écoulée nous a ouvert les yeux sur ce que ce courant porte en lui, sur la tutelle qu’il peut exercer sur une société pour la faire marcher à contresens, la figer dans des schémas dits « identitaires », justifiant l’immixtion dans la conscience individuelle, la soumission à un diktat drapé de religiosité et de fidélité au passé ancestral.

Politique–Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Politique–Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Pour Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur de Tunisie à l’Unesco, Kaïs Saïed a usé légalement de ses prérogatives présidentielles pour défendre le pays contre l’entrisme islamiste.( Le Figaro extrait)

« À l’issue d’une journée de manifestations massives de Tunisiens exaspérés par les turpitudes d’Ennahdha, en ce jour mémorable et hautement symbolique, la fête de la proclamation de la République le 25 juillet 1957, grâce à la lutte menée par le père de l’indépendance Habib Bourguiba, le président Kaïs Saïed a pris des décisions qui feront date dans l’histoire du seul et dernier pays arabe encore gouverné par des théocrates déguisés en démocrates, que certains idiots utiles de l’islamo-gauchisme en France considèrent comme des islamistes «modérés», ou des démocrates musulmans, ou encore des «islamo-conservateurs». Autant de casuistiques terminologiques pour récuser un fait historique, idéologique et politique incontestable, à savoir que l’islamisme, des Frères musulmans jusqu’à Daech et en passant par al-Qaida, puise dans la même doctrine théocratique, totalitaire et terroriste dont la naissance remonte à 1928 en Égypte. Comme l’avait si bien dit ici même dans Le Figaro le président Al-Sissi.. »

Tunisie : démocratie ou dérive autoritaire

Tunisie : démocratie ou dérive autoritaire

Si le président Kaïs Saïed a bénéficié du soutien populaire, son incapacité à répondre aux demandes sociales qu’il a encouragées pourrait l’entraîner vers une dérive autoritaire, analyse l’historienne et politiste Sophie Bessis dans une tribune au « Monde ».(extrait)

Tribune

 

 

 

Est-ce dû à la centralité de l’idée constitutionnelle dans son histoire politique depuis plus d’un siècle et demi ? Il semble en tout cas que la Tunisie se soit spécialisée dans une modalité particulière de prise du pouvoir, celle du coup d’Etat constitutionnel. L’ex-président Ben Ali y avait eu recours pour renverser le vieux leader Habib Bourguiba, le 7 novembre 1987.

Trente-quatre ans et une révolution plus tard, c’est également en invoquant la Constitution que le président Kaïs Saïed a réalisé, le dimanche 25 juillet, un coup de force en s’accaparant, en vertu d’une lecture très personnelle de l’article 80 de la Loi fondamentale, la totalité du pouvoir. Avec le feu vert de l’armée, il concentre désormais entre ses mains les fonctions exécutive, législative et judiciaire que la Constitution de 2014 avait pris soin de séparer, et même de fragmenter en ce qui concerne l’exécutif.

 

La question est désormais de savoir s’il s’agit d’une panne passagère dans la construction chaotique mais obstinée de la démocratie tunisienne ou d’un coup d’arrêt durable donné à cette dernière. M. Saïed attendait en fait impatiemment de franchir le Rubicon. Depuis son élection, en octobre 2019, il n’a cessé de vouloir étendre ses prérogatives et d’appeler à une modification de la Constitution qui donnerait le pouvoir au peuple dont il se réclame.

L’occasion de passer à l’acte lui a été fournie par la descente aux abîmes d’une classe politique ayant fait depuis la révolution de 2011, mais surtout depuis deux ans, la preuve de son incapacité à relever les défis posés par un pays en pleine déconfiture politique, économique et sociale.

De fait, M. Saïed a bénéficié d’un alignement des planètes exceptionnellement favorable pour passer à l’acte. Le parti islamiste Ennahda a été totalement discrédité par ses pratiques clientélistes et prébendières et un exercice du pouvoir qu’il monopolise pratiquement depuis octobre 2011. Centré sur ses seuls intérêts, celui-ci a provoqué en moins de dix ans un rejet radical dont témoignent les saccages qu’ont subis ses locaux un peu partout dans le pays, y compris dans ses fiefs, lors des manifestations du 25 juillet. Il était donc facile pour le chef de l’Etat de lui donner le coup de grâce.

Les classes populaires, épuisées par l’augmentation du coût de la vie, la permanence d’un chômage de masse, l’extension de la corruption, auxquelles est venue s’ajouter la gravité de la crise sanitaire, écœurées par le comportement de ses élus et sensibles à la rhétorique populiste du chef de l’Etat, ne pouvaient par ailleurs qu’approuver son intention déclarée de mettre fin à la gabegie.

Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Tunisie: L’enjeu est de sauver le pays de l’emprise islamiste

Pour Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur de Tunisie à l’Unesco, Kaïs Saïed a usé légalement de ses prérogatives présidentielles pour défendre le pays contre l’entrisme islamiste.( Le Figaro extrait)

 

« À l’issue d’une journée de manifestations massives de Tunisiens exaspérés par les turpitudes d’Ennahdha, en ce jour mémorable et hautement symbolique, la fête de la proclamation de la République le 25 juillet 1957, grâce à la lutte menée par le père de l’indépendance Habib Bourguiba, le président Kaïs Saïed a pris des décisions qui feront date dans l’histoire du seul et dernier pays arabe encore gouverné par des théocrates déguisés en démocrates, que certains idiots utiles de l’islamo-gauchisme en France considèrent comme des islamistes «modérés», ou des démocrates musulmans, ou encore des «islamo-conservateurs». Autant de casuistiques terminologiques pour récuser un fait historique, idéologique et politique incontestable, à savoir que l’islamisme, des Frères musulmans jusqu’à Daech et en passant par al-Qaida, puise dans la même doctrine théocratique, totalitaire et terroriste dont la naissance remonte à 1928 en Égypte. Comme l’avait si bien dit ici même dans Le Figaro le président Al-Sissi.. »

Tunisie: crise sanitaire et politique

Tunisie: crise sanitaire et politique

 

 

La crise sanitaire sans précédent en Tunisie a contraint le président, Kaïs Saïed,  à suspendre les travaux du Parlement et les fonctions du chef de gouvernement. Le président a en outre annoncé lever l’immunité parlementaire des députés et promis de poursuivre les personnes impliquées dans des affaires judiciaires. Une grande partie de la population semble souhaiter un tsunami politique changer le système paralysé par les internes et qui nuit notamment à la gestion de la crise sanitaire.. Des locaux et symboles du parti islamiste ont été pris pour cible.  La Tunisie souffre en particulier d’un affrontement permanent entre le chef chef du Parlement Rached Ghannouchi – aussi chef de file d’Ennahdha -, parti islamiste, et le président Saïed, qui paralyse les pouvoirs publics. Beaucoup reprochent aussi au gouvernement son manque d’anticipation et de coordination face à la crise sanitaire, qui a laissé la Tunisie à court d’oxygène. Avec ses près de 18.000 morts pour 12 millions d’habitants, le pays a l’un des pires taux de mortalité officiels au monde dans cette pandémie.

Tunisie : la répression comme avenir

Tunisie : la répression comme avenir

Ecrivains, cinéastes, politiques, universitaires… Des personnalités du monde de la culture, de la politique et de la recherche, originaires de dix-neuf pays, dénoncent dans une tribune au « Monde » la répression qui s’est abattue lors des récentes manifestations contre les violences policières en Tunisie.

Tribune

 

En Tunisie, ces derniers jours, une répression aveugle et des vagues d’arrestations se sont abattues sur des centaines de jeunes des quartiers populaires dans de nombreuses villes à travers tout le pays. Ces jeunes qui subissent une paupérisation croissante ne font que réclamer ce qui, il y a dix ans, a donné lieu à la « révolution pour la dignité », à savoir leur droit au travail, à la liberté, à la justice et à l’égalité.

Nous, personnalités, organisations, associations et syndicats, de par le monde – du Maghreb et d’Europe, en particulier –, exprimons notre indignation et notre solidarité. Nous rappelons, avec force, au gouvernement tunisien qu’il est tenu de respecter les principes consacrés par la Constitution de 2014 qui font obligation à l’Etat tunisien de respecter la dignité de ses citoyens. Nous condamnons le recours aux mauvais traitements, à la torture et aux procédures judiciaires expéditives.

Nous considérons que l’absence de toute remise en cause des choix économiques et sociaux de l’ancien régime de la part des gouvernements tunisiens qui se sont succédé depuis 2011 n’a fait qu’appauvrir davantage la population, particulièrement les catégories sociales précaires, et a contraint des milliers de jeunes et d’adultes à des petits boulots précaires, alimentant ainsi les circuits de l’économie informelle ou de l’extrémisme religieux. Une telle situation ne pouvait qu’aboutir à la confrontation avec le pouvoir qui, aujourd’hui encore et de nouveau, ne répond à leur désarroi et à leurs revendications légitimes que par la répression.

Ces mouvements des jeunes Tunisiennes et Tunisiens sont révélateurs non seulement de l’impasse économique et sociale dans laquelle le gouvernement tunisien a plongé la société, mais aussi de l’indifférence de l’Union européenne et des gouvernements qui la composent, en maintenant la dette qui pèse sur le pays. Plus que jamais, il est nécessaire d’abroger cette dette et de donner des perspectives à la jeunesse tunisienne de vivre et travailler au pays.

Au nom de notre attachement aux principes de justice et de liberté pour tous les peuples, et au droit de la jeunesse à une vie digne et décente, nous appelons le gouvernement tunisien à libérer toutes les personnes injustement arrêtées et à prendre des mesures correspondant aux aspirations du peuple tunisien et aux objectifs de sa révolution.

Nous appelons également toutes celles et tous ceux épris de démocratie, de liberté et de justice en Europe et de par le monde à faire pression sur les autorités tunisiennes afin que la révolution de 2011 ne se transforme pas en un cauchemar où les pratiques répressives du passé tiendraient lieu de réponse aux aspirations légitimes du peuple tunisien.

Tunisie : manif pour la liberté

Tunisie : manif pour la liberté

 

Les manifestations de la liberté se réveillent en Tunisie. Elles sont parties de régions défavorisées et  visaient à l’origine à dénoncer les inégalités mais elles portent de plus en plus sur les arrestations et les soupçons de maltraitance des personnes interpellées, rejetés par le ministère de l’Intérieur.

« Nous n’accepterons pas que la Tunisie devienne une caserne. Nous demandons au président d’intervenir et de protéger les libertés », a dit une manifestante, Naima Selmi.

Les manifestants ce samedi s’en sont pris en particulier au parti islamiste modéré Ennahda, pilier des coalitions successives depuis le renversement de Zine ben Ali en 2011, reprenant le slogan scandé 10 ans plus tôt: « Le peuple veut la chute du régime ».

L’assassinat de Chokri Belaïd le 6 février 2013, attribué à un cellule islamiste radicale, avait déclenché une crise politique et entraîné de vastes manifestations au cours desquelles Ennahda avait déjà été pris pour cible.

Terrorisme : la peine de mort en Tunisie

Terrorisme : la peine de mort en Tunisie

Rédigée à la suite des attentats survenus à Sousse le 26 juin dernier, la nouvelle loi antiterroriste adoptée par le Parlement tunisien dans la nuit de vendredi, prévoit entre autres la peine de mort pour crime terroriste ainsi que la possibilité de maintenir un suspect en garde à vue pendant quinze jours sans avocat.  Un texte drastique controversé, qui fait la fierté de la majorité mais provoque la colère des ONG qui estiment qu’il porte atteinte aux libertés individuelles.   Le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Ennaceur, a évoqué un « effort extraordinaire » pour renforcer la sécurité en Tunisie. Le pays s’inquiète tout particulièrement des djihadistes qui s’infiltrent dans le pays à partir de la Libye voisine où Daech a profité du chaos ambiant – deux gouvernements et deux parlements se disputent le pouvoir – pour établir une présence. La Tunisie a d’ailleurs annoncé avoir commencé à ériger un mur et un fossé le long de sa frontière avec la Libye, qui court sur 168 km.  La transition vers la démocratie s’est faite de façon plutôt pacifique en Tunisie, depuis le soulèvement de 2011, mais le pays doit désormais faire face à une insurrection islamiste. Le mois dernier, 39 touristes, principalement britanniques, ont trouvé la mort dans un attentat dans la station balnéaire de Sousse. En mars, au musée du Bardo à Tunis, deux hommes ont tué 21 touristes étrangers et un policier tunisien.  Ces deux attentats ont été revendiqués par le groupe Etat islamique.

 

 

Laurent Fabius passera ses vacances en Tunisie pour « montrer l’exemple »…il ferait mieux de les passer en France

Laurent Fabius passera ses vacances en Tunisie pour « montrer l’exemple »…il ferait mieux de les passer en France

Curieux pour une ministre chargé désormais du commerce extérieur d’aller passer ses vacances à l’étranger. D’autant que la France est la première destination mondiale des touristes. Nombre de français n’iront pas ‘ l’étranger, même en Tunisie (au moins 50%) à du faiat de l’austérité . Ministre des Affaires étrangères, du Tourisme et du Commerce extérieur, Laurent Fabius pourra bientôt ajouter « ambassadeur du tourisme tunisien » à ses nombreuses casquettes. L’ancien premier ministre a en effet promis de passer ses vacances en Tunisie afin de « montrer l’exemple ». « La Tunisie a fait un grand chemin, il lui reste encore à décider de sa loi électorale et à voter. Mais pour le reste, la Constitution est à bien des égards exemplaire et il y a une pacification », estime-t-il. Laurent Fabius a par ailleurs promis une « mobilisation de la France et de l’Europe » pour que le pays poursuive ses progrès « sur les plans économique et sécuritaire ». Le Premier ministre tunisien se rendra en France, mardi 29 avril. Medhi Jomaa effectuera un séjour de deux jours au cours duquel il doit rencontrer François Hollande, Manuel Valls et Laurent Fabius.  Les vacances tunisiennes du ministre des Affaires étrangères lui permettront peut-être de faire oublier son séjour polémique de l’été 2013. Laurent Fabius avait passé quelques jours en Tanzanie alors que les membres du gouvernement, exception faite des Ultramarins, avaient pour consigne de rester à moins de deux heures de Paris.

Tunisie : manifestation contre le gouvernement

Tunisie : manifestation contre le gouvernement

 Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi soir dans le centre de Tunis pour réclamer le départ du gouvernement dirigé par les islamistes, manifestation d’opposition la plus importante depuis le début de la crise politique dans le pays il y a deux semaines. L’opposition, en colère après deux assassinats dans ses rangs, réclame la démission du gouvernement d’Ali Larayedh, issu du parti islamiste Ennahda, ainsi que la dissolution de l’Assemblée constituante qui a pratiquement terminé de rédiger le projet de constitution et la nouvelle loi électorale. Les chefs de file de l’opposition sont galvanisés par l’exemple de l’Egypte, où le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a été déposé le 3 juillet par l’armée malgré sa large victoire électorale un an plus tôt. La Tunisie traverse sa crise la plus grave depuis le renversement du régime autoritaire du président Zine el Abidine ben Ali, crise renforcée par une instabilité croissante due aux attaques de plus en plus fréquentes des activistes islamistes. Ce rassemblement de mardi intervient près de deux semaines après l’assassinat, le 25 juillet, du député laïque Mohamed Brahmi et six mois jour pour jour après le meurtre de Chokri Belaïd, autre grande figure de l’opposition laïque. « Le peuple veut la chute du régime », criait la foule rassemblée mardi sur la place Bardo, reprenant le slogan popularisé lors de la chute de Ben Ali en 2011. Samedi soir, une manifestation en faveur du gouvernement avait réuni 150.000 personnes selon ses organisateurs. Mardi, les manifestants étaient très nombreux mais pas autant que ceux de la manifestation des pro-Ennahda, selon les estimations d’un journaliste de Reuters sur place. Dans un autre mouvement surprise, le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC) a annoncé la suspension des travaux de la chambre mardi soir, au tout début de la manifestation. Il a dit que l’Assemblée ne se réunirait plus tant qu’il n’y aurait pas l’ouverture d’un dialogue entre le gouvernement et l’opposition laïque. Moustapha ben Jaafar, dont le parti Ettakatol est membre de la coalition au pouvoir, a expliqué sa décision au nom des intérêts du pays « dans le but de garantir sa transition vers la démocratie ». Cette suspension est un « coup d’Etat inacceptable » de Mustafa Ben Jaafar a déclaré Nejib Mrad, membre de l’ANC appartenant à Ennahda, à la chaîne de télévision Al Moutaouassit. À minuit passé, les manifestants continuaient d’affluer par centaines. Des feux d’artifices ont été lancés. Des élus d’opposition sont montés sur une estrade dressée au milieu de la foule, en faisant le signe de la victoire. Ils ont été acclamés. L’imam de la mosquée Zaitouna, située dans la vieille ville, est également monté sur la scène pour lire des versets du Coran. Les dirigeants de l’opposition espèrent ainsi envoyer un message clair : ils sont contre Ennahda, pas contre l’islam. « Dieu est grand », a crié la foule en réponse à l’imam. « Nous ne bougerons pas tant qu’ils (Ennahda) ne nous laisseront pas tranquilles », affirme Warda Habibi, une manifestante. « Nous n’avons pas eu peur de Ben Ali et nous n’avons pas peur de Ghannouchi. » Lundi, le président d’Ennahda, Rachid Ghannouchi, a exclu le départ du Premier ministre et la dissolution de l’ANC dans un entretien accordé à Reuters, mais il s’est dit favorable à la tenue d’un référendum et à des discussions avec ses adversaires. Commentant la foule réunie mardi soir place Bardo, Mongy Rahoui, un dirigeant Front populaire, une coalition de partis d’opposition, a déclaré : « Ces foules par légion sont une réponse à Ghannouchi et nous lui disons que nous sommes prêts pour un référendum (…) Nous sommes ceux avec la légitimité de la rue. Votre légitimité est une contrefaçon. » Parallèlement, la police a fort à faire avec la montée de violences attribuées aux islamistes depuis l’assassinat de Brahimi. Mardi soir, la police a abattu un activiste islamiste à Raoued, une banlieue de Tunis, a-t-on appris auprès du ministère de l’Intérieur. D’après l’agence de presse officielle Tap, il a été tué par des policiers de la brigade antiterrorisme qui l’avaient pris en chasse et sur lesquels il a ouvert le feu. Dimanche, un militant islamiste a été tué par la police à Tunis et quatre autres arrêtés. Le 29 juillet, huit militaires avaient été tués par des activistes près de la frontière algérienne.

 

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