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Guerre en Ukraine: le jeu trouble de la Chine contre l’occident

Guerre en Ukraine: le jeu trouble de la Chine

 Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Chine refuse de condamner les agissements de la Russie. Alice Ekman, spécialiste de l’Asie, décrypte le positionnement de Pékin et revient sur les liens étroits que les deux pays ont tissés ces dernières années ( L’Opinion)

 

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, la Chine marche sur des œufs : elle tâche de ne pas apparaître complètement liée à la Russie tout en ne la lâchant pas. « Cependant, la Russie reste son partenaire stratégique important et elle a réaffirmé la solidité de cette relation au niveau officiel ces dernières semaines », ajoute Alice Ekman, analyste responsable de l’Asie à l’Institut des études de sécurité de l’Union européenne.

A la veille des Jeux Olympiques d’hiver de Pékin en février, les deux pays avaient proclamé un partenariat stratégique « sans limites ». Les deux pays ont noué en quelques années des liens étroits.

Alice Ekman, analyste responsable de l’Asie à l’Institut des études de sécurité de l’Union européenne : « La Chine comme la Russie n’aiment pas trop le mot d’alliance et, de fait, elles n’ont pas signé de traité d’alliance de sécurité comme certains pays l’ont fait. C’est-à-dire que si la Chine ou la Russie sont attaquées, elles ne se sont pas engagées mutuellement à se défendre militairement. Ceci dit, leur rapprochement est significatif et continu, notamment depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Beaucoup d’analystes estimaient qu’il s’agissait d’un mariage de raison, c’est-à-dire que la Russie se serait tournée vers la Chine par pragmatisme et tout simplement pour contourner les sanctions occidentales et trouver des débouchés économiques et pouvoir continuer à exporter ses hydrocarbures. »

Mais le rapprochement entre la Chine et la Russie va bien au-delà des relations économico-énergétiques.

Alice Ekman : « Concrètement, la Chine et la Russie ont conduit un certain nombre d’exercices militaires conjoints, au cours des huit dernières années. Elles développent des équipements militaires conjointement, par exemple un système d’alerte anti-missile. Et puis, aussi, elles renforcent leur coordination et leur coopération au sein des organisations multilatérales telles que l’ONU mais aussi l’organisation de coopération de Shanghai avec cette volonté, à terme, de marginaliser l’Occident ou en tout cas de construire une nouvelle forme de gouvernance qui ne serait plus dominée par ce qu’elles considèrent être les occidentaux, donc les Etats-Unis et les Européens.

Et on note, bien sûr, une convergence conceptuelle et idéologique entre Pékin et Moscou, entre Vladimir Poutine et Xi Jinping qui se sont rencontrés plus de 35 fois depuis 2013. Une convergence de vue sur, finalement, le nouvel ordre mondial et le fait que l’Occident serait selon eux responsable des principaux troubles mondiaux. Et on voit depuis le début de la crise en Ukraine que la Chine n’a cessé de réaffirmer de différentes façons son partenariat avec la Russie.

Malgré cette coopération sans limite, la Chine reste en retrait depuis le début de l’invasion russe en Ukraine.

Alice Ekman : « La Chine refuse de condamner la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. La Chine, aussi, refuse officiellement de parler d’invasion ou de guerre, ou en tout cas elle a utilisé très rarement le mot de guerre. Elle réaffirme que, selon elle, les intérêts de sécurité de la Russie sont légitimes et elle appelle, ce qui est intéressant à analyser, les Etats-Unis et l’Otan, à être à la table des négociations, c’est-à-dire, à terme, à accorder des concessions à la Russie. Au niveau officiel, la Chine se positionne clairement du côté de la Russie même si elle n’est pas satisfaite de la situation de guerre en Ukraine. Elle a du évacuer plus de 6 000 ressortissants chinois, elle avait des liens économiques non négligeables avec l’Ukraine.

Cependant, la Russie reste son partenaire stratégique important et elle a réaffirmé la solidité de cette relation au niveau officiel ces dernières semaines. Aujourd’hui, les Etats-Unis et l’Union européenne attendent que la Chine condamne officiellement les agissements de la Russie. Ce n’est clairement pas l’agenda chinois, la diplomatie chinoise ne souhaite pas répondre à ces pressions. »

Car le positionnement de Pékin à l’égard de la Russie répond à des objectifs de long terme.

Alice Ekman : « La Chine mise, à terme, sur un nouveau rapport de force avec l’Occident où, finalement, elle formerait avec la Russie un pôle anti-occidental dans les organisations internationales telles que l’ONU, mais pas uniquement, dans d’autres organisations internationales. Et à terme, elle essaierait, en tout cas c’est l’objectif, de fédérer plusieurs pays autour de ses positions pour, finalement, continuer à promouvoir ses normes, ses standards et ses intérêts économiques et technologiques, notamment dans une dimension alternative. »

La Chine pourrait notamment tenter de promouvoir Cips, son alternative à Swift, le système de virements bancaires international.

Alice Ekman : « Cips reste aujourd’hui une norme alternative qui ne fait pas référence, en tout cas pas rapport à Swift et le nombre de membres de ce système. Mais clairement, à terme, la Chine espère promouvoir des normes alternatives et, dans le contexte actuel, plusieurs pays qui font déjà face à des sanctions, on pense bien sûr à la Russie mais aussi à l’Iran, à la Corée du Nord, à la Syrie, pourraient être intéressés par les alternatives chinoises et commercer de plus en plus par ce biais et renforcer leur coopération, pas uniquement économique, mais aussi technologique puisque les deux sont de plus en plus liées. Donc les gains potentiels pour la Chine seraient des gains de long terme très hypothétiques. »

Le pari que fait la Chine pourrait cependant s’avérer coûteux ; aussi bien d’un point de vue économique qu’en termes d’image.

Alice Ekman : « Les coûts sont potentiellement très importants parce que la Chine reste très dépendante des marchés américains et européens. La Chine reste une puissance exportatrice. L’Union européenne et les Etats-Unis sont, de loin, les premiers partenaires commerciaux de la Chine, devant la Russie. Et dans ce contexte-là, si les entreprises chinoises faisaient face, à court terme, – et c’est fort probable – à des sanctions secondaires, forcément, la Chine ferait face à des conséquences économiques significatives. Tout simplement parce que de nombreuses entreprises chinoises sont présentes à la fois sur les marchés américains, européens et russes, et les coûts d’un prolongement des relations commerciales avec la Russie seraient très importants.

Donc elle a des coûts potentiellement en termes économiques. Elle peut faire face aussi à des coûts en termes d’image qui ne sont pas négligeables puisque la Chine, refusant de condamner les agissements de la Russie, se positionne, finalement, par rapport à l’Union européenne de manière totalement divergente. »

Mais pour cette spécialiste, les conséquences économiques ne suffiraient pas à infléchir la position de la Chine.

Alice Ekman : « De mon point de vue, il est peu probable que la position de la Chine évolue significativement à moyen, long terme. Pour être concrète, il est peu probable que la Chine condamne les agissements de la Russie, que la Chine appelle à adopter des sanctions contre la Russie. Ce scénario me paraît improbable compte tenu du renforcement des relations bilatérales depuis 2014 et puis des positions officielles russes et chinoises actuellement.

Par contre, la Chine pourrait accuser le coup, économiquement, avec les sanctions touchant la Russie et les sanctions secondaires touchant les entreprises chinoises. Mais encore une fois, le calcul n’est pas qu’économique dans le positionnement de la Chine, il est aussi géostratégique, conceptuel et idéologique. La Chine et la Russie partagent une certaine vision du monde, un très fort ressentiment anti-occidental et anti-Otan qui se manifeste encore dans les déclarations officielles récentes. Dans ce contexte-là, le politique et l’idéologie continueront, de mon point de vue, à guider un renforce

L’hommage troublé à Samuel Paty : enquête à Strasbourg

L’hommage troublé à Samuel Paty : enquête à Strasbourg

Selon des informations du quotidien régional Les Dernières Nouvelles d’Alsace lors des échanges entourant la minute de silence en hommage à Samuel Paty, deux adolescents auraient tenu des propos laissant entendre qu’ils justifiaient l’assassinat du professeur, a confirmé le parquet.

Par ailleurs, deux autres incidents ont également été signalés à la justice, concernant cette fois des enfants de 8 et 9 ans, et scolarisés dans des écoles primaires. Une «évaluation sociale par les services du département» du Bas-Rhin a été ordonnée, a précisé le parquet de Strasbourg.

 

Le passé trouble de Mohamed Abdeslam, le frère des deux tueurs

Le passé trouble de Mohamed Abdeslam, le frère des deux tueurs

Le soir des attentats, le frère des deux tueurs de la fratrie Abdeslam, Mohamed s’est largement expliqué dans les médias pour affirmer qu’il était complètement étranger aux attentats et que sa vie témoignait de son comportement de citoyen modèle. La vérité est moins belle puisqu’on apprend 15 jours après les événements tragiques que Mohamed a lui aussi connu un parcours de délinquant pour des actes graves et répétés. Du coup ses déclarations de transparence et de vérité se trouvent  gravement entachées  par l’oubli relatif de son passé. Cela n’en fait pas forcément un coupable mais des interrogations sur les liens avec les deux tueurs sont légitimes. Après sa garde à vue, Mohamed Abdeslam s’était en effet vigoureusement défendu. «J’étais accusé d’actes terroristes (…) mais en aucun cas je n’ai été lié de près ou de loin à une intervention à Paris. Je suis employé communal depuis dix ans, je n’ai jamais eu de problème avec qui que ce soit. Les gens de la commune savent de quoi je suis capable et de quoi je ne suis pas capable. Je n’ai jamais eu d’ennuis avec la justice. J’avais un alibi. (…) Nous sommes une famille ouverte qui n’a jamais eu de problème avec la justice. Mes parents sont sous le choc de la tragédie. Mes deux frères sont normaux, je n’ai jamais rien remarqué», avait-il déclaré Le problème est qu’il a menti. Car il a déjà eu affaire à la justice de son pays. Selon plusieurs médias belges, en 2005, quelques ambulanciers avaient été suspectés de détrousser les défunts lors des transferts vers la morgue ou le funérarium. Le plus souvent, il s’agissait de dépouilles mortelles de personnes âgées. Quatorze braquages post-mortem ont ainsi été recensés.  En 2010, sept personnes ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel dans cette affaire dite des «ambulanciers charognards». Parmi elles, Mohamed Abdeslam, alors âgé de 18 ans, sera condamné par défaut à une peine de deux ans de prison avec sursis. Nathalie Gallant, son avocate, a réagi auprès du journal La Dernière Heure, indiquant que son « client a été jugé par défaut. Il a encore la possibilité de faire opposition et reste donc présumé innocent. De plus, les faits remontent à plus de dix ans.» Mohamed Abdeslam a tenté d’éteindre l’incendie auprès de la RTBF, le groupe audiovisuel public belge. Le jeune homme, qui s’exprime très bien face aux caméras, a évoqué une époque où il «ne réfléchissait pas trop». «C’est une affaire qui date de plus de 11 ans et des faits commis à l’âge de 18 ans. J’étais encore un jeune garçon immature et pas très responsable», se défend-il, parlant d’une «grosse erreur de jeunesse».  Le frère de Salah et Brahim Abdeslam prétend ne plus avoir jamais fait parler de lui sur le plan judiciaire.

 




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