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Chômage : une baisse très relative

Chômage : une baisse très relative

 

Pour résumer en avril comme sur un an,  le chômage de ceux qui sont sans aucune activité a légèrement diminué mais globalement il a progressé si l’on intègre les petits boulots de quelques jours par mois. Notons par ailleurs que les statistiques de pôle emploi ne prennent en compte que les chômeurs officiels et ignorent  ce qu’on appelle « le halo » du chômage qui concerne environ 1,5 millions de personnes actives qui ne sont pas inscrites et qui ne recherchent pas véritablement d’emploi pour différentes raison. Certes on recommence à créer des emplois dans le secteur marchand avec un solde positif mais c’est bien évidemment insuffisant. En cause une croissance autour de 1,4 % quand il faudrait 2,5 % au moins pour commencer à apurer de manière significative le solde du chômage. -D’après pôle emploi, le chômage ce serait retourné à la baisse en avril en France métropolitaine, repassant sous le seuil des 3,5 millions d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A qu’il avait franchi à la hausse le mois précédent, selon les données publiées mercredi par le ministère du Travail. Mais les effectifs cumulés des catégories A, B et C, qui représentent l’ensemble des inscrits tenus de rechercher un emploi, ont progressé et atteint un nouveau pic, à 5,535 millions. Selon ces chiffres des inscrits à Pôle emploi, les premiers publiés depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, le 7 mai, les effectifs de l’opérateur public de l’emploi en catégorie A ont augmenté de près de 550.000 personnes sur la durée du quinquennat de son prédécesseur, François Hollande. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) a reculé de 1,0% le mois dernier pour s’établir à 3.471.800, soit 36.300 de moins qu’à fin mars. Cette évolution n’efface qu’en partie la progression de mars, qui avait représenté la plus forte hausse mensuelle depuis septembre 2013, avec 43.700 inscrits supplémentaires.  Sur un an, le nombre de demandeurs de catégorie A recule de 1,3% mais le total des inscrits dans les catégories A, B et C augmente de 2,3%. Les effectifs de la catégorie D – notamment soutenus par plan de 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi annoncé par l’ex-président de la République début 2016 et qui a depuis été prolongé jusqu’à mi-2017 – ont diminué de 2,6% le mois dernier et bondissent de 8,7% sur un an.

Sondage législatives : En marche très largement en tête, LR et FN à égalité, le PS en voie de disparition

Sondage  législatives : En marche très  largement en tête, LR et FN à égalité, le PS en voie de disparition

 

Selon l’institut Harris Interactive, La République En Marche accentue son avance avec 32 % d’intentions de vote (+3) pour ses candidats au premier tour du scrutin qui se déroulera dimanche 11 juin, devant Les Républicains (LR) et le Front national (FN) qui perdent chacun un point (19%).  La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon recueille quant à elle 15% d’intentions de vote, accusant une chute d’un point en une semaine, et le Parti socialiste allié au Parti radical de gauche 6% (-1), selon cette enquête pour France Télévisions. Les candidats d’Europe Écologie-Les Verts et les souverainistes de Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, sont crédités de 3% d’intentions de vote, ceux du Parti communiste de 2% et ceux de l’extrême gauche (LO ou NPA) de 1%.

Enquête réalisée en ligne du 15 au 17 mai (avant la présentation du nouveau gouvernement) auprès de 4.598 personnes inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 0,7 à 1,6 point. Les intentions de vote ne constituent pas une prévision de résultat. Elles donnent une indication des rapports de force et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage.

Un gouvernement très provisoire pour gagner les élections

Un gouvernement très provisoire pour gagner les élections

Le premier gouvernement d’Emmanuel Macon n’a pas pour objet de gérer la France mais de gérer la campagne électorale pour les législatives afin de donner une majorité de progrès au nouveau président de la république. Du coup le casting s’intéressera moins aux compétences qu’au profil médiatique des ministres susceptibles de conforter la majorité présidentielle. À l’issue des législatives, un nouveau gouvernement sera formé et il faudra prévoir des changements de postes, des départs et des arrivées sauf sans doute sur les grands ministères régaliens à savoir l’intérieur, les affaires étrangères et les finances. Le nouveau gouvernement est donc déjà condamné.   Ce gouvernement resserré « sera rassembleur de compétences », a précisé Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre mardi soir. Les ministres ne devraient pourtant pas faire long feu. « C’est une coutume républicaine : le gouvernement démissionne traditionnellement après les élections législatives . Il est normal que le premier gouvernement ne dure que quelques semaines.  . Edouard Philippe, qui sera en première ligne pour cette bataille, ne s’en est d’ailleurs pas caché : le gouvernement devra « donner une majorité de progrès » au président de la République. Les ministres ont quelques semaines pour surtout afficher les grandes orientations à venir. De toute manière on ne pourra gouverner en légiférant faute d’assemblée nationale. Peut-être prendra-t-on quelques décrets concernant des lois déjà votées. Du coup on peut même s’interroger sur la véritable utilité d’un nouveau gouvernement qui ne peut faire voter aucune nouvelle disposition législative

 

Présidentielles 2017 : Des évaluations économiques très approximatives

Présidentielles 2017 : Des  évaluations économiques très approximatives

 

 

L’évaluation financière des mesures économiques et sociales préconisées par les principaux candidats paresse parer relativement approximative précisément parce que les modalités de ces mesures sont elles-mêmes assez floues. Notamment concernant les réductions de dépenses annoncées la plupart du temps relativement sous-estimé. En outre la difficulté provient du fait qu’il est difficile d’évaluer les interactions de mesures forcément interactives dont beaucoup présentent des caractères systémiques. Exemple quand on prévoit des dépenses supplémentaires qui généreront une augmentation de la fiscalité qui viendra amputer le pouvoir d’achat des ménages voir la capacité d’investissement des entreprises. Autre exemple quand on prévoit d’augmenter des salaires qui viendra amputer la compétitivité dans la croissance et l’emploi .  l’Institut Montaigne   a notamment évalué les nouvelles dépenses et les économies présentées par les programmes. Il en ressort qu’il ne croit pas aux réductions de dépenses annoncées. Sur les 60 milliards prévus par Emmanuel Macron, il n’en retient que 35 crédibles. Marine Le Pen, elle, n’en a renseigné que 1,6 milliard. Et sur les 100 milliards de François Fillon, seuls 66 sont retenus par l’institut. Selon le sondage Elabe réalisé pour Les Échos et l’Institut Montaigne, c’est Emmanuel Macron qui inspire la plus confiance pour «assurer les conditions favorables à une économie dynamique et à la création d’emplois». Mais l’extension de l’assurance-chômage aux démissionnaires et aux indépendants doit par exemple entraîner des changements de comportements complexes à évaluer. L’Institut Montaigne en estime le coût à 4,8 milliards d’euros par an, COE-Rexecode à 3,8 milliards et l’équipe Macron à… 2,5 milliards. Autre exemple: le coût du remboursement à 100 % des lunettes, prothèses auditives et dentaires est délicat à mesurer, faute de connaître la part prise en charge par la Sécu et les complémentaires santé. La facture brute à terme va de 5 milliards par an selon l’iFrap, à 4 milliards pour COE-Rexecode. La mesure de non-remplacement de 500.000 fonctionnaires de François Fillon est, elle, retenue dans son intégralité par l’iFrap. L’Institut Montaigne estime, de son côté, que la moitié est réalisable. Du coup, ce dernier ne garde que 50% des économies prévues sur ce poste dans son chiffrage. Notons aussi la subjectivité de certains instituts proches de tel ou tel candidat.

Un débat télé présidentiel : très confus

Un débat télé  présidentiel : très confus

Comme c’était prévu le débat des 11 candidats a surtout été marqué par une grande confusion voir une grande cacophonie. Certes,  cette obscurité aura été éclairée quelque fois par des éclairs de lucidité notamment de petits candidats qui forcément  profitaient de l’occasion pour se mettre en vedette exceptée sans doute Cheminade et Lasalle  un peu extraterrestres. Asselineau,  Dupont Aignant  mais surtout Poutou et  Nathalie Arthaud ont tiré leur épingle  du jeu en critiquant notamment Le Pen et Fillon.   Punchlines, fausses colères et bons mots, c’est tout ce qu’on pouvait  attendre d’un débat à 11 ; Un débat organisé surtout pour engranger l’argent de la pub avec le succès du débat à 5 sur la Une (plus de 10 millions de téléspectateurs). Les candidats avaient une minute pour exposer leurs vues sur les réformes nécessaire pour transformer  le pays.   Il ne fallait sans doute pas s’attendre à des merveilles concernant la qualité démocratique du débat télévisé entre les 11 candidats. En cause, d’abord la forme même du débat qui se réduit  surtout à une juxtaposition d’interventions et se prête mal à l’échange. Le temps imparti à chaque candidat une minute à une minute 30 favorise aussi la caricature. Comment en effet développer la problématique d’un thème dans un laps de temps aussi court. Du coup on se contente  comme souvent des éléments de langage, c’est-à-dire des sortes de formules choc pour marquer l’opinion comme dans un spot publicitaire. Si le débat à 2 est déjà difficile, à 11 il devient presque impossible. L’exercice relève alors davantage du stand-up que du débat démocratique.  La caricature et le simplisme caractérise un propos qui n’a pas pour objet de faire réfléchir mais de séduire voire de conforter les peurs, les craintes voire la haine. Evidemment on a e on a encore eu droit à  l’auto proclamation de Le Pen  candidate du peuple  pourtant riche héritière et qui se met à labri de la justice grâce à son immunité parlementaire. Une situation clairement dénoncée par Poutou qui n’a pas non plus ménagé Fillon. . Il y aura eu surtout la promesse de raser gratis demain qui fait toujours recette chez les naïfs. Enfin le concours de celle ou celui qui se montrera le plus français, une sorte de concours miss France sauf chez Macron, Poutou et Artaud qui pour uen fois se retrouvaient t -pour des motifs différents- sur le même argument. Bref  un spectacle télévisé regardé  mais dont la théâtralisation avait  à voir avec un contenu réellement démocratique et enrichissant.

Sortie de l’euro : un coût très sous-estimé de 30 milliards par an

Sortie de l’euro : un coût très sous-estimé de 30 milliards par an

 

Le gouverneur de la Banque de France considère que la sortie de l’euro par la France se traduirait par un coût  élevé pour l’économie et des finances publiques françaises. Il avance le chiffre de 30 milliards supplémentaires par an  pour le coût de la dette. Un  chiffre sans doute assez approximatif et très sous-estimé. En effet on estime qu’une monnaie nationale subirait une dévaluation de l’ordre de 20 % par rapport à l’euro ( ce que reconnaît même le Front National mais sans indiquer les conséquences pour le pouvoir d’achat et les finances publiques). Mécaniquement la dette augmenterait d’autant à moins que les créanciers n’acceptent que la France fassent partiellement  défaut sur une partie de l’endettement comme en Grèce. Mais dès lors  compte tenu des risques les taux d’intérêt s’envoleraient bien au-delà des 1,5 % d’augmentation qu’évoque le gouverneur de la Banque de France. La France ne peut vivre sans emprunter non seulement pour rembourser les intérêts de la dette mais aussi pour assurer le fonctionnement de l’État ( budget, retraite, sécu, Unedic notamment). Sans parler de grandes entreprises en graves difficultés financières comme EDF ou la SNCF. On sait par exemple que le seul budget présente un déficit de l’ordre de 3 % par an. Un déficit qu’il faut bien combler en empruntant 60 milliards supplémentaires. Par ailleurs, il est clair que les différentes mesures complètement démagogiques proposées par le Front national créeraient un climat d’instabilité qui provoquerait une hausse considérable des taux d’intérêt. Du coup, l’estimation du gouverneur de la Banque de France paraît complètement sous-estimée. Certes l’évaluation est difficile mais il faudrait parler plutôt de 300 milliards la première année et non de 30 milliards.  L’euro est « une arme dans la compétition internationale », a déclaré lundi François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, indiquant qu’une sortie de la monnaie unique se traduirait par un coût élevé pour les finances publiques françaises.  « Si nous étions tout seuls (…), nous serions désarmés face à la spéculation des marchés financiers (…) et face aux pressions américaines sur le dollar », a affirmé le banquier central, interrogé sur France Inter sur les conséquences d’une éventuelle sortie de l’euro, défendue notamment par la candidate du Front National à l’élection présidentielle, Marine Le Pen. Sans l’euro, le financement de la dette publique française coûterait plus de 30 milliards d’euros d’intérêts supplémentaires par an, a également avancé M. Villeroy de Galhau, qui montait au créneau pour défendre l’existence de la monnaie unique, mise sur les rails par le Traité de Maastricht qui fête cette année ses 25 ans. Ce montant représente « l’équivalent du budget annuel de Défense de la France, ce budget que l’on veut renforcer. (…) Donc l’euro, c’est une forme de protection », a-t-il argué. Enfin, « les taux d’intérêt, depuis que nous avons l’euro, ont baissé d’environ 1,5% », a-t-il défendu, rappelant leur importance dans la fixation de ceux des prêts immobiliers et des crédits aux entreprises.

EDF : une augmentation de capital très hypothétique

EDF : une augmentation de capital très hypothétique

Une opération qui devrait être réalisée au cours du premier trimestre après avoir été reculée « en raison de conditions de marché favorable » . La question est de savoir si effectivement ces conditions se sont aujourd’hui améliorées. On vise une augmentation de capital de 4 milliards dont l’essentiel risque d’être assuré à hauteur de 3 milliards par l’État. De toute manière cette augmentation de capital sera bien insuffisante pour faire face à la situation financière catastrophique de l’électricien.  L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme.  Du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France comme dans le monde. La situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. En clair EDF ne pourra  affronter  seule  ces défis même avec une augmentation régulière du prix de l’électricité  (il est prévu une augmentation moyenne de 2,5 % par an  pendant plusieurs années) ou par des seules suppressions d’effectifs. Ce que confirmait le patron d’EDF dans une interview du JDD.  « . En France, nos parts de marché reculent, donc on ne doit pas prendre de retard. Notre dette est élevée et nous devons faire des arbitrages sur nos activités futures. Nous n’avons plus les moyens de tout garder à l’étranger, ou de tout construire seuls ». En clair EDF attend une recapitalisation rapide de l’Etat qui tarde (3  milliards) et un appui d’investisseurs pour l’instant très dubitatifs sur la rentabilité de l’entreprise.  Le groupe a toutefois précisé mercredi que l’opération serait réalisée d’ici à la fin du premier trimestre 2017, si les conditions de marché le permettent. « Elle n’a pas pour l’instant été réalisée parce que nous n’avions pas un contexte permettant de la réaliser », a dit Jean-Bernard Lévy lors d’une conférence de presse organisée à l’issue d’un Comité stratégique de filière nucléaire présidé par le secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue. « Pour qu’une augmentation de capital fonctionne bien, il faut qu’un certain nombre de feux soient au vert (…), que nous ayons rempli une certain nombre de conditions. Pour l’instant ces conditions n’ont pas été remplies », a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

 

Très haut débit : une facture de 35 milliards pas de 20 ! (cour des comptes)

Très haut débit : une facture de 35 milliards pas de 20 !  (cour des comptes)

Encore un projet dément poussé surtout par les lobbies des travaux publics, les opérateurs télécoms et les élus locaux en mal d’affichage. Le très haut débit constitue certes uen avancée technologique considérable mais il ne couvrira que les zones très denses où les opérateurs pourront faire du chiffre. Pour le reste du territoire, il faudra attendre. Notons que certains ne disposent pas de connexion internet et-ou  une couverture très partielle du mobile. Du coup, il conviendrait sans doute d’équiper prioritairement les zones peu denses avec des technologies performantes mais moins coûteuses par exemple à partir de la technologie 5g (mais qui suppose aussi la couverture des territoires concernés). la 5G fait suite à la 4G, à l’heure actuelle encore à ses balbutiements. Elle équivaut à la cinquième génération du standard de la téléphonie mobile au niveau mondial, et sa mise en place n’est pas prévue avant de nombreuses années. Cette nouvelle génération permettra d’atteindre l’ultra haut débit via son forfait mobile 5G : il ne s’agira donc plus de HD (haute définition) mais de UHD (ultra haute définition). Les consommateurs pourront ainsi regarder des films en streaming très haute définition sans la moindre difficulté, même en 3D. Le débit théorique de 1,056 Gbps (contre 75 Mbps pour la 4G) est évoqué. 1 Gbps équivalent à 1024 Mbps, c’est donc un réseau théoriquement 14 fois plus rapide que la 4G actuellement en cours de développement et déjà réputée très rapide   Le raccordement de tous les frais au câble haut débit paraît uen folie à la cour des comptes. La Cour des comptes considère que les évaluations faites par l’exécutif pour raccorder la totalité des Français ne sont pas du tout réalistes. Ce n’est pas 20 milliards d’euros que le plan coûtera à la nation mais 34,9 milliards, soit 75 % de plus. Le plan France Très Haut Débit, lancé en 2013 par le gouvernement de François Hollande, fixe à 2022 l’échéance pour atteindre le seuil des 100 % de foyers en très haut débit. L’essentiel (80 %) devra être couvert en fibre optique, tandis que le reste sera composé d’autres technologies (DSL sur cuivre, câble coaxial). Pourquoi une telle différence ? Le gouvernement n’aurait pas inclus dans son addition le coût du raccordement final de l’abonné. Or, estiment les magistrats de la Cour des comptes, celui-ci va coûter 4,5 milliards d’euros dans les zones d’initiatives privées, ce qui porte la note à 24,5 milliards. Et à cette somme, il faut ajouter le coût du raccordement et du déploiement dans les réseaux d’initiatives publiques. « L’absence de cofinancement privé pour la construction des réseaux d’initiative publique nécessite un concours des collectivités territoriales d’environ 6,5 milliards d’euros jusqu’en 2022, très supérieur aux prévisions. Une impasse de financement de 12 milliards d’euros des réseaux d’initiative publique est à prévoir au-delà de cette échéance », écrit la Cour dans un communiqué. Or, « au-delà de 2022, il resterait à déployer et à raccorder près de 7 millions de prises optiques » prévient la juridiction financière et le secteur privé ne risque pas d’être d’une grande aide. En conséquence, ce sont surtout les territoires et l’État qui devront mettre la main à la poche. On serait donc très loin de l’évaluation initiale de 20 milliards d’euros pour le plan France Très Haut Débit. Aux dépenses supplémentaires que la Cour des comptes prévoit, il faut aussi ajouter un retard dans la mise en place des réseaux télécoms de demain. « La France accuse un retard important dans le déploiement du très haut débit en raison de ses caractéristiques géographiques et d’une moindre réutilisation des infrastructures existantes », regrette l’institution de Didier Migaud.  Si « l’objectif intermédiaire de couverture de 50 % du territoire en très haut débit dès 2017 sera atteint », celui concernant la « couverture à 100 % des logements en très haut débit fixe à horizon 2022 et à 80 % en fibre optique paraît compromise », écrit la Cour. Seule solution, d’après elle, pour tenir les objectifs du plan : en revoir l’ambition et les contours. Les magistrats financiers « recommandent à cet égard de revoir les objectifs du Plan France très haut débit, en particulier en augmentant l’objectif de recours aux technologies alternatives à fibre optique jusqu’à l’abonné, parmi lesquelles figurent aux termes de votre rapport la montée en débit, les réseaux hertziens terrestres et satellitaires ». Bref, pour du très haut débit, il n’y a pas forcément besoin de fibre, suggèrent-ils. Enfin, si le très haut débit permet d’atteindre des débits de 30 mégabits par seconde (selon les seuils fixés par la Commission européenne), la Cour estime que tout le monde n’a en réalité pas besoin d’une telle vitesse pour profiter de la très grande majorité de ce qu’a à offrir Internet. Pour le grand public, une connexion à 10 Mbit/s est déjà plus que satisfaisante. « Seul un développement significatif d’usages grand public fortement consommateurs de bande passante justifierait un déploiement rapide et généralisé du très haut débit pour tous. En effet, l’atteinte d’un bon haut débit pour tous (de l’ordre de 10 mégabits par seconde) permet de satisfaire l’essentiel des besoins des particuliers compte tenu du manque de visibilité actuelle sur les futures applications ».

États-Unis: croissance très ralentie

États-Unis: croissance très ralentie 

Net ralentissemenet de la croissance aux Etats-Unis au quatrième trimestre, du coup la croissance en 2016 des États-Unis sera voisine de celle de l’Europe. La croissance économique des États-Unis a en effet nettement décéléré au 4ème trimestre, décevant les attentes des analystes, et se révèle apathique sur l’ensemble de 2016, selon la première estimation du département du Commerce publiée vendredi. D’octobre à décembre, le Produit intérieur brut (PIB) américain a crû de 1,9% en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières. Les analystes s’attendaient à une expansion de 2,2% après celle de 3,5% au 3e trimestre. Sur l’année, le PIB de la première économie mondiale n’a progressé que de 1,6% en 2016 après une hausse de 2,6% en 2015. Ce faible rythme d’expansion, égal à celui de 2011, est le plus médiocre depuis 2009, année où l’économie américaine avait connu une récession (-2,8%). La décélération de la croissance au 4ème trimestre a reflété une chute des exportations (-4,3%), au plus bas depuis début 2015, associée à une accélération des importations (+8,3%), qui pèsent sur le PIB. Les dépenses de consommation, qui tirent traditionnellement l’expansion économique des Etats-Unis, ont marqué le pas, ne progressant plus que de 2,5% contre 3% au trimestre d’avant. C’est leur plus faible rythme de croissance depuis le 1er trimestre. Au quatrième trimestre, les acteurs économiques avaient noté un attentisme avec la fin d’une campagne électorale très disputée et pleine d’incertitudes suivie d’une période de transition avant l’investiture du nouveau président républicain Donald Trump. Les dépenses de l’État fédéral sont retombées dans le rouge, reculant de 1,2%. Pour 2017, la Fed prévoit une expansion modérée de 2,1% tandis que le FMI table sur 2,3%.

Affaire Tapie : Christine Lagarde très bousculée lors de son procès

Affaire Tapie : Christine Lagarde très bousculée lors de son procès

A l’occasion de son procès dans l’affaire Tapie Christine Lagarde a été très bousculée avoir affirmé  « qu’elle n’était pas très au courant, qu’elle ne savait pas, qu’elle avait peut-être été manipulée, qu’elle avait quand même essayé de faire de son mieux, qu’elle était prise par d’autres dossiers, qu’elle ne lisait pas toutes les notes qui lui étaient adressées etc. » Bref la démonstration que soit Christine Lagarde était complètement incompétente ou alors quelle  est complice (  les deux n’étant pas incompatibles) car  refuse de dire d’où viennent les pressions qui l’ont conduit à accepter un arbitrage controversé accordant  403 millions d’euros, avec les intérêts, à l’homme d’affaires Bernard Tapie pour solder son litige avec l’ancienne banque publique Crédit lyonnais sur la revente d’Adidas. Quarante-cinq millions lui sont alloués à titre de préjudice moral. Pourtant, le compromis d’arbitrage qui avait été validé par la ministre des Finances, début octobre 2007, ne prévoyait pas une telle indemnisation. Quand la sentence est prononcée, « ma réaction, c’est la consternation », a déclaré mardi Christine Lagarde, au deuxième jour de son procès. « J’ai été choquée, surprise, stupéfaite. » « Mais puisque vous n’avez jamais entendu parler de préjudice moral, pourquoi ne pas consulter vos services à ce sujet-là? », l’interroge alors la présidente de la Cour, Martine Ract Madoux. Et de souligner que le préjudice moral accordé à des parents pour la mort d’un enfant est de l’ordre de 30.000 à 50.000 euros, soit bien en deçà de celui accordé aux époux Tapie, cette somme échappant par ailleurs à l’impôt.  »C’est quand même un coup de poing dans l’estomac, ça doit vous faire réagir », insiste la présidente. « Ça n’est pas le dossier unique sur lequel je consacre toute mon énergie et mon temps », tente d’expliquer la patronne du FMI. «  Mais face à elle, la présidente de la CJR et des parlementaires s’étonnent qu’elle n’ait pas pris connaissance de certaines notes alarmistes de ses services, ni relu un communiqué « sensible » du ministère affirmant, de manière erronée, que « la plus grande part de l’indemnité arrêtée par la sentence retournera(it) aux caisses publiques ». « C’est le mode de fonctionnement du cabinet », se contente-t-elle de répondre. Lundi, au premier jour de son procès, la banquière du monde n’a pas exclu d’avoir été « abusée » dans cette affaire. Le PDG d’Orange Stéphane Richard, qui était alors son directeur de cabinet, est soupçonné, dans le cadre de l’enquête principale sur l’arbitrage désormais entaché de soupçons de fraude, de lui avoir « dissimulé » des éléments « essentiels » du dossier, ce qu’il conteste. Il sera entendu mercredi matin. « Je n’ai aucune raison à l’époque de remettre en cause la confiance que j’ai dans l’équipe avec (laquelle) je travaille », a déclaré Christine Lagarde. « Je ne sais pas travailler dans un rapport de défiance, j’espère que ça n’est pas de la négligence. » Pourtant, ses déclarations donnent « le sentiment profond (qu’elle) a été désinformée », estime une parlementaire membre du tribunal. « Votre désinformation accable Stéphane Richard », ajoute-t-elle. « Je ne sais pas s’il y a eu abus, et je ne sais pas quel est le périmètre de ceux qui ont été abusés », lui répond Christine Lagarde, avant d’ajouter : « Je n’ai reçu aucune instruction, ni du président de la République, ni du Premier ministre. »

Taux aux Etats-Unis : une annonce probable très nuisible à l’Europe

Taux aux Etats-Unis : une annonce probable très nuisible à l’Europe

 

Il est probable que la fête FED va décider une hausse des taux mercredi. Une hausse des taux sans doute relativement modeste (vraisemblablement 0,25 %)  mais qui va amorcer un changement de tendance. Un changement de tendance qui sera nécessairement contagieux et qui risque d’affecter négativement la croissance d’une Europe qui connaît déjà une activité relativement molle. Mais les États-Unis ont toujours choisi de privilégier leur propre intérêt en utilisant le dérapage budgétaire et la baisse des taux comme levier pour relancer la croissance. Aujourd’hui la croissance est là aux États-Unis, la différence de progression du PIB est supérieure à 1 % entre l’activité américaine et l’activité européenne. Un niveau d’activité aux États-Unis qui permet par ailleurs de créer maintenant de manière significative de nouveaux emplois. La situation est toute autre en Europe qui est engluée dans la croissance molle et le chômage même si on constate une petite amélioration en 2016. Amélioration qui pourrait être de courte durée avec des perspectives moins favorables en 2017 la conséquence du relèvement des taux aux États-Unis se traduira par un relèvement du cout  de l’argent. Première conséquence les pays européens déjà corsetés par les objectifs budgétaires vont voir augmenter le coût de leur endettement et donc réduire encore leur train de vie au moment précis où au contraire il conviendrait de relancer les investissements. Pour les entreprises comme pour les ménages le coût de l’argent sera également plus élevé et affectera leur capacité d’investissement et de consommation avec un impact négatif sur l’activité générale.  Cette hausse, la première en un an, devrait rester minime, de l’ordre d’un quart de point de pourcentage (0,25%), portant le taux directeur entre 0,50% et 0,75%. Le taux interbancaire au jour le jour évolue actuellement dans la fourchette de 0,25% à 0,50% depuis décembre 2015 après presque sept ans de politique à taux zéro pour soutenir la reprise.

Réforme Fillon remboursement maladie : des évaluations très approximatives

Réforme Fillon remboursement maladie : des  évaluations très approximatives

 

Les évaluations des conséquences du plan Fillon relative à l’assurance maladie sont forcément approximatives comme le sont les propositions du vainqueur de la primaire de droite. La Mutualité française fédère 650 mutuelles, c’est-à-dire la quasi-totalité des mutuelles en France  à sans doute souhaité se placer dans le débat en cours mais en minimisant d’une certaine manière les conséquences financières pour les assurés. D’après la ministre de la santé le cout représenterait environ 300 € par mois pour les ménages alors  que la Mutualité française l’estime aussi à 300 € mais par an et par personne,  soit autour de 1300 € par an pour un couple avec deux enfants. Une différence qui varie de 100 à 300 € mensuels environ. Il y a dans ce calcul plus qu’approximatif sans doute la volonté des mutuelles de relativiser l’impact financier afin de jouer un plus grand rôle dans la couverture des risques maladie. Les mutuelles jouent évidemment un rôle important et positif mais ce sont aussi des superstructures aux motivations existentielles qui ne sont pas elle non plus comme la sécu exempte de critiques en matière de gestion. La fédération nationale de la mutuelle Mutualité française aurait sans doute mieux fait d’être plus prudente vis-à-vis de son calcul de coin de table. En effet son acceptation tacite de transfert financier de la gestion des risques de certaines maladies pourrait la contraindre à augmenter de manière assez considérable les cotisations. D’un point de vue des superstructures mutualistes on peut se réjouir de devenir une sorte de sécurité sociale bis mais les mutuelles en sous-estimant les conséquences financières risquent d’être acculées  à de graves difficultés. Et pour les résoudre d’être obligées d’imposer un très fort relèvement des cotisations qui pourraient aller jusqu’au doublement du montant actuel. D’où les interrogations quant à la pertinence de l’évaluation de la Mutualité française. En effet  la fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) évalue à 20 milliards d’euros le coût supplémentaire pour les ménages français de l’application du programme de François Fillon en matière de déremboursement de certains soins. Le candidat de la droite propose de concentrer l’assurance maladie sur le remboursement des affections graves ou de longue durée et de laisser le reste à la charge des patients ou de leurs assurances complémentaires. La FNMF se fonde sur un scénario selon lequel la Sécurité sociale couvrirait les dépenses hospitalières et celles qui relèvent du régime des affections de longue durée mais cesserait de rembourser les soins de ville ne relevant pas de ce régime. Selon ses calculs, l’économie réalisée par la Sécurité sociale s’élèverait alors à 20 milliards d’euros par an. « Cela permettrait, avec le retour à l’équilibre de la Sécurité sociale, une baisse de 15,6 milliards d’euros soit de la dette sociale (…) soit des prélèvements obligatoires », écrit la FNMF sur son site internet. « Mais 20 milliards d’euros, c’est aussi la somme supplémentaire que les ménages ou leurs complémentaires santé devraient alors prendre à leur charge », ajoute-t-elle. Elle estime que cela représenterait en moyenne un coût supplémentaire de 300 euros par personne et par an, soit 1.200 euros pour un couple

Pétrole : un accord encore très vague de l’OPEP

Pétrole : un accord encore très vague de l’OPEP

LOPEP réduirait un peu sa production mais l’accord est encore assez flou car il ne détermine pas les quotas de plusieurs pays pas tellement disposés à diminuer leur volume comme par Exemple l’Irak. En outre l’OPEP ne représente plus que 33% de la production globale. L’OPEP produit environ 33,6 millions de barils par jour (bpj) actuellement, un volume qui devrait donc être réduit de 1,2 million de bpj à partir de janvier. Principal contributeur à l’effort collectif, le royaume saoudien devrait réduire ses pompages d’un peu moins de 500.000 bpj pour les ramener à 10,06 millions. Ses alliés du Golfe (Emirats arabes unis, Koweït et Qatar) réduiraient les leurs de 300.000 bpj. L’OPEP a conclu mercredi le premier accord de réduction de sa production depuis 2008, un compromis qui aura nécessité des mois de pourparlers et au final un effort particulier de l’Arabie saoudite ainsi que des concessions à l’Iran pour tenter de faire remonter les cours. La Russie, qui ne fait pas partie du cartel, participera elle aussi à la réduction de l’offre excédentaire mondiale, du jamais vu depuis 15 ans. La réduction de production annoncée correspond au bas de la fourchette prévue par l’accord préliminaire conclu à Alger en septembre. L’accord de mercredi prévoit en outre une contribution de certains pays extérieurs à l’OPEP au soutien aux cours du brut. Ryad insistait depuis longtemps sur le fait qu’il n’y aurait pas d’accord de limitation de la production sans les pays hors-OPEP. Le président qatari de l’organisation a indiqué que ces pays avaient accepté de réduire leur production de 600.000 bpj au total, dont une contribution de 300.000 bpj de la Russie. Une baisse totale de 1,8 million de bpj des pays de l’OPEP et hors-OPEP représente près de 2% de la production mondiale et contribuerait à écouler les excédents qui ont fait plonger le cours du baril par rapport à ses pics de 115 dollars à la mi-2014. L’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, également hors-OPEP, ont fait savoir dans le passé qu’ils pourraient réduire aussi. L’OPEP a suspendu l’adhésion de l’Indonésie au cartel dans la mesure où le pays, importateur net, ne pourrait pas abaisser sa production. Reste à savoir si cet accord déjà fragile sera respecté.

Cop 22 climat : « Un retrait des Etats-Unis très grave »

Cop 22 climat : « Un retrait des Etats-Unis très grave »

Dans une interview au JDD Ségolène Royal considère que le retrait des Etas -Unis serait grave pour le climat mais relativise la position de Trump.

 

 

La victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine a secoué le sommet climat. Comment l’avez-vous vécue?
Une immense déception bien sûr. D’autant que, avec environ 1 million de voix d’avance, Hillary Clinton est l’élue du peuple, contrairement à ce qu’affirme la propagande qui utilise les résultats pour opposer peuple et élite. Et puis, depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, c’est la première fois dans l’histoire des négociations sur le climat que le leader d’un grand pays affirme aussi violemment son climato-scepticisme. C’est une rupture.

L’accord de Paris est-il irréversible?
Un retrait des États-Unis, qui représentent 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), serait symboliquement très grave. Mais l’accord de Paris resterait malgré tout applicable puisqu’on serait toujours, avec les autres pays l’ayant ratifié, au-dessus des 55% d’émissions de GES nécessaires pour son entrée en vigueur. Quant à une dénonciation par Washington de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), je n’y crois pas. Quand George Bush a refusé de ratifier le protocole de Kyoto, il n’a pas pour autant dénoncer la convention-cadre de Rio.

 

Popularité : remontée très modeste de Valls

Popularité : remontée très modeste de Valls

20% d’opinions favorables  au lieu de 18 % pour Valls et  13% contre 14% Pour Hollande selon un sondage Yougov pour le Huffington Post et iTélé publié ce vendredi. Pas suffisant sans doute pour un faire de Valls un candidat sérieux pour 2017. Manuel Valls profite du désamour persistant des Français pour François Hollande. Alors qu’ils sont moins nombreux (13% contre 14% auparavant) à vouloir que le président de la République se représente, le Premier ministre voit croître sa cote de popularité avec 20% d’opinions favorables (+2 points). Avec 16% de sondés jugeant son action favorable et 81% (+4) d’un avis contraire, François Hollande paye manifestement la sortie du livre confidence Un président ne devrait pas dire ça…Symbole de cette rupture, même au sein de sa propre majorité, il perd 9 points d’opinions favorables chez les sympathisants du Parti socialiste, à 42%. À l’inverse, Manuel Valls voit se stabiliser les opinions négatives sur son action, puisque les sondés restent 74% à être de cet avis. Chez les proches du PS, le Premier ministre gagne même en popularité, avec 51% d’opinions favorables. En revanche, le chef du gouvernement (12%) figure derrière Emmanuel Macron (23%) en tant que meilleur candidat de la gauche modérée pour les Français, mais devant Arnaud Montebourg (10%).

(Avec RTL)

Manifs policiers : un plan très partiel

Manifs  policiers : un plan très partiel

Après les différentes manifestations de policiers le directeur général de la police nationale a annoncé un plan qui sera rendu public d’ici une semaine. Mais un plan très partiel qui porte sur les  équipements et sur la remise en cause de certaines tâches notamment les missions statiques devant des bâtiments publics et sensibles qui relèvent de missions de vigiles. Rien par contre sur la revalorisation du métier et sur la réforme du code pénal. Or c’est  sur ce dernier point que portent  notamment les revendications des policiers ;  à savoir : une meilleure protection pour les représentants de l’ordre public aussi des sanctions lourdes pour les délinquants.   »Je vais doter les policiers d’un armement plus sophistiqué avec le renouvellement du vieux pistolet-mitrailleur qui sera remplacé par une arme longue plus moderne », annonce Jean-Marc Falcone, le directeur de la police, parmi d’autres mesures de son « plan de sécurité publique ». « Les flash-balls vont être remplacés par un lanceur de balles de défense plus précis et adapté aux missions. Nous allons aussi moderniser le système radio et développer plus rapidement et plus massivement les tablettes connectées au réseau et disponibles sur le terrain », ajoute-t-il. Jean-Marc Falcone, qui avait attisé la colère des manifestants en saisissant l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) au début de la mobilisation, s’engage également à revoir certaines tâches mal tolérées par les fonctionnaires. « Dès lundi, avec l’ensemble des préfets, nous allons mettre à plat les charges dites indues. A partir de la semaine prochaine, les policiers de l’Essonne seront libérés des missions de protection de personnalités », déclare-t-il. (Avec Reuters)

Calais : évacuation très politique

Calais : évacuation très politique

 

 

Les évacuations de la jungle de Calais revêtent un caractère éminemment politique. La droite l’exige pour conforter ses positions concernant l’immigration. La gauche quant à elle est contrainte de faire un geste pour montrer qu’elle bouge sur le sujet.L’évacuation de cette évacuation risque de ressembler à un déplacement provisoire sans réel objectif est sans moyen à la hauteur de l’enjeu. De quoi s’agit-il ? De déplacer de l’ordre de  10 000 personnes. Or pour l’instant les pouvoirs publics officiellement non recensés que de l’ordre de 7500 migrants dans 1300 mineurs isolés. Ces migrants doivent être dirigés vers des centres d’accueil et d’orientation qui sont pour la plupart sous dimensionnés et répartis dans toute la France. La question centrale relative aux migrants de Calais c’est que leur seul objectif est de se rendre en Angleterre et non de demeurer sur le territoire français. Du coup tout au plus dans un premier temps une moitié seulement de cette population pourra être provisoirement accueillie et l’autre moitié va ce reconstituer dans la région de Calais à quelques kilomètres des anciens camps. La vérité si il n’y a pas de solution tant que l’Angleterre n’acceptera pas d’accueillir des migrants nullement disposés à retourner chez eux. La « jungle » de Calais, une opération à risque que le ministère de l’Intérieur dit d’ailleurs pleinement assumer dans une perspective « résolument humanitaire », commencera lundi matin, selon l’arrêté publié vendredi. Théoriquement on a donc prévu un grand plan pour gérer ce mouvement de population. Mais compte tenu des difficultés personne ne peut dire quand réellement la zone de Calais sera réellement vidée de ses migrants. L’évacuation risque donc d’être assez symbolique est très étalée dans le temps. Cela d’autant plus qu’on ne sait même pas qu’elles sont les moyens mis en œuvre voir qui seraient nécessaire. Il faut aussi prévoir de fortes résistances sur place avec de possibles risques d’affrontement. En attendant A partir de lundi, tous se verront proposer une offre de mise à l’abri « en fonction de leur profil » (familles, hommes seuls, mineurs et personnes vulnérables). Après une répartition dans un grand hangar organisé « comme une gare routière », les volontaires, qui pourront choisir entre deux régions, seront conduits, en bus, vers des Centres d’accueil et d’orientation (CAO). Quelque 7.500 places ont été mises à disposition dans environ 450 CAO à travers le pays. Les mineurs isolés resteront, eux, dans un centre situé juste à côté du campement, en attendant que leur procédure aboutisse, que ce soit au Royaume-Uni ou en France. Quant au démantèlement en tant que tel, il débutera mardi avec les premières opérations de nettoyage et de ramassage des déchets, puis se fera en parallèle des évacuations. « C’est une opération à risque qu’on assume de faire », dit-on place Beauvau. L’autre grande inconnue est celle de « l’après-Calais », qui n’est pour l’instant pas réglée. « Calais restera toujours Calais, il faut donc imaginer la suite », reconnaît-on place Beauvau, où l’ont dit travailler sur cette question. « Il faut trouver le dispositif convenablement dimensionné (pour) éviter la reconstitution d’un campement. »

(Avec Reuters)

Premier débat à droite : des candidats très coincés

 

Premier débat à droite : des candidats très coincés

 

 

Ce que l’on retiendra sans doute de ce premier débat c’est qu’il fut relativement insipide. En fait on n’a rien appris de nouveau de chacun des prétendants. Des prétendants par ailleurs très tendus surtout Sarkozy.  ligotés aussi par le format de l’émission qui leur laissait le plus souvent une minute ou 30 secondes pour s’exprimer globalement,  les participants sont parvenus à éviter la foire d’empoigne avec cependant des attaques  personnelles parfois très durs. D’une certaine manière les deux principaux candidats à savoir Sarkozy et Juppé se sont neutralisés et le rapport de force finale est en faveur du maire de Bordeaux d’après les sondages les plus autres candidats ont tenté d’exister notamment Fillon qui a tenté de se singulariser avec le radicalisme de ses positions. Copé lui a contesté la légitimité de ceux  qui ont été mis en examen, il visait évidemment d’abord Sarkozy mais aussi Juppé.  Lemaire et  NKM ont trop voulu se montrer comme des prétendants hors système avec des propositions un peu hors-sol,  finalement poisson  à Puteaux a tire son épingle du jet du jeu en se faisant connaître. Bref comme il fallait s’y attendre ce spectacle médiatique n’est pas de nature à apporter des éclairages très pertinents et surtout nouveaux sur les positions des un et des autres en matière économique notamment les orientations sont parues assez confuses. Au total un débat assez conventionnel et qui a plutôt ennuyé.  Alain Juppé, favori des sondages, et Nicolas Sarkozy, pour qui il devient urgent d’enrayer une dynamique défavorable, ont décliné une partition connue. Pour le maire de Bordeaux, un « Etat fort » à même de remettre la France sur la voie du « plein emploi » et de l’ »optimisme », pour l’ancien président « une France de l’action » succédant à « la France du bavardage » dans une « alternance forte, énergique, immédiate, concrète » au service de « la majorité silencieuse ». Dans ces deux registres éprouvés, les deux hommes se sont neutralisés, Alain Juppé optant stratégiquement pour une prudente réserve, Nicolas Sarkozy, crispé tout au long de l’exercice, pour un volontarisme rappelant les campagnes de 2007 et 2012. Ce sont les « outsiders » qui ont ménagé surprise et intérêt, notamment le plus méconnu d’entre eux, le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson, crédité de 0,5% à 2% dans les sondages, qui a marqué sans complexe ses différences, sur le revenu universel, la laïcité ou les fichés S. La seule femme candidate, Nathalie Kosciusko-Morizet, a ravi à Bruno Le Maire, emprunté, le privilège de la nouveauté en invitant les électeurs à refuser la « nostalgie »: « Le recyclage, ça marche pour les déchets, pas pour les idées ». « Passez à autre chose », a déclaré pour sa part l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Bruno Le Maire qui s’est efforcé difficilement de déclarer hors-jeu « le clan des redoublants », pour reprendre une expression de son porte-parole Damien Abad. « Si vous voulez continuer comme avant, vous avez tout ce qu’il faut sur ce plateau », a-t-il lancé en préambule, à quelque distance des pupitres d’Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. « On a gouverné ensemble pendant cinq ans », leur a rappelé l’ancien président au début des échanges. Le député de l’Eure dispute à François Fillon la place de troisième homme dans le scrutin, sans précédent à droite, des 20 et 27 novembre. Marquant sa singularité, notamment par la radicalité de ses propositions économiques et sa position isolée sur le dossier syrien, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui se défie des sondages, a appelé à déjouer les pronostics. « Ce que ce débat a montré ce soir, c’est qu’il n’y a pas deux candidats qui ont déjà gagné le premier tour de la primaire », a-t-il dit en conclusion. La palme de l’offensive, au risque parfois de l’agressivité, revient à Jean-François Copé, crédité de 2% dans les sondages les plus flatteurs, qui a joué son va-tout en décochant plusieurs traits à Nicolas Sarkozy, à sa droite, auquel il ne pardonne pas de l’avoir mis en cause dans l’affaire Bygmalion. D’emblée, le député-maire de Meaux, qui dirigea la majorité à l’Assemblée sous Nicolas Sarkozy, s’en est pris à celui-ci en l’accusant de ne pas avoir honoré ses engagements. « Il y a dix ans, en 2007, j’avais comme des millions de Français espéré en la rupture que proposait Nicolas Sarkozy pour notre pays (…). Cette rupture, malheureusement on l’a pas faite », a-t-il lancé d’entrée. Nicolas Sarkozy, qui a dit par la suite avoir été « fair-play » pour pouvoir « rassembler » à l’avenir, est sorti de ses gonds lorsque Jean-François Copé lui a reproché ainsi qu’à François Fillon, qui a « la mémoire qui flanche », d’avoir été défavorables à la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. « C’est nous les députés qui l’avons faite passer ». « Ce n’est pas toi qui nous l’a imposée, tu étais bien incapable d’imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit », a répliqué Nicolas Sarkozy. La tension a été palpable lors de l’évocation des affaires judiciaires qui plombent la droite depuis des décennies. A Bruno Le Maire, qui souhaite que les prétendants à un mandat électif dévoilent leur casier judiciaire, Alain Juppé, condamné en 2004 pour prise illégale d’intérêts, a lancé : « Je tiens mon casier judiciaire à la disposition de Bruno. » « Aujourd’hui, les Français ont la décision au bout de leur bulletin de vote, s’ils estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m’éliront pas », a-t-il dit. Nicolas Sarkozy, échaudé par les déclarations liminaires de François Fillon sur l’exemplarité politique, a lâché, à propos de sa formule — « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen? » –: « Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent ». Jean-François Copé a enfoncé le clou sur l’affaire Bygmalion, dans laquelle il a été blanchi et pour laquelle Nicolas Sarkozy est mis en examen, en renvoyant chaque candidat à sa « conscience ». François Fillon, la voix étranglée par l’émotion, a dû pour sa part à nouveau démentir avoir demandé à l’actuel secrétaire général de l’Elysée de « ruiner judiciairement » Nicolas Sarkozy. « Ce n’était pas un combat de boxe, on pouvait s’expliquer, il y a eu des moments d’émotion (…) moi ça m’a plu (…) C’était propre », a voulu résumer Nicolas Sarkozy à des journalistes après le débat, où il a difficilement dissimulé son irritation. Le débat a porté sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité, ainsi que les questions économiques. Même si leurs programmes ont pour axe commun une politique libérale au profit des entreprises, les candidats se sont affrontés sur les 35 heures, les mesures fiscales, les retraites. « Je ne serai pas le Martine Aubry de droite. C’est-à-dire qu’on a eu une obsédée des 35 heures, on ne va pas être des obsédés des 39 heures », a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy à l’adresse de François Fillon et Alain Juppé qui prônent, dans des modalités différentes, un allongement de la durée hebdomadaire du travail. Au chapitre de l’immigration, Alain Juppé, qui a défendu sans emphase son concept contesté d’identité « heureuse », et Nicolas Sarkozy, critiqué pour avoir invoqué la lignée des « Gaulois », ont été critiqués par les « petits » candidats. « Entre l’identité heureuse et l’identité gauloise, il y a une troisième voie qui est l’identité républicaine », a dit par exemple Nathalie Kosciusko-Morizet. (Avec Reuters)

 

Alstom Belfort : une solution très politique, provisoire et incongrue

Alstom Belfort : une solution très politique, provisoire et incongrue

 

 

C’est à l’évidence une solution très politique qui va être annoncée pour sauver Alstom Belfort pour résumer on va commander 15 rames TGV et leurs 3o motrices pour circuler sur des lignes aujourd’hui secondaires par rapport à la grande vitesse. Les lignes ou circulent des trains inter cités dont la vitesse maximale ne dépasse pas 200 km/h et souvent contrainte de circuler à 150 voir nettement moins compte tenu de l’état déplorable des infrastructures. En résumé des TGV c’est pour rouler à 320 et qui ne dépasseront pas les 150 km heures en moyenne. Il est clair que ces lignes inter cités avaient besoin d’un coup de jeune puisque la moyenne d’âge du matériel est de 34 ans (notamment les anciens corail). Mais la priorité aurait dû concerner la réhabilitation des infrastructures constellées de ralentissements justifiés par le mauvais état de la voie. Une solution donc assez incongrue d’autant plus que c’est  l’Etat lui-même qui achète le matériel sans même savoir par avance qui va exploiter ces lignes (la SNCF ou d’autres puisque les lignes inter cités vont être ouvertes à la concurrence). Il faudra que l’État loue un très bas prix ces TGV inadaptés aux lignes desservies s’il veut trouver des opérateurs candidats pour exploiter des lignes en perte de vitesse. En bref c’est le contribuable qui paiera. La solution est provisoire mais  elle peut assurer le plan de charge pendant environ deux ans ;  au-delà la problématique va se reposer. En effet ce qui est en cause c’est l’avenir du transport ferroviaire, de son environnement, c’est-à-dire de la politique des transports caractérisés par la plus grande incohérence depuis 30 ans sauf en milieu urbain. La cohérence se situe surtout dans l’intervention financière de l’État en matière de matériel alors qu’il devrait concentrer son action sur la gestion et le financement des infrastructures comme pour la route. De ce point de vue,  la réintégration de la gestion des infrastructures dans la récente réforme de la SNCF constitue une aberration d’autant plus qu’on a oublié de traiter la question du financement et de la dette. Bien entendu cette solution sera bien accueillie par les salariés de Belfort, elle permettra de sauvegarder l’emploi pendant un moment mais l’avenir de la filière ferroviaire n’étant  pas réglé les mêmes problèmes ce poseront d’ici quelques années pour Alstom et pas simplement à Belfort. Le plan de sauvetage du site Alstom de Belfort, qui sera présenté aujourd’hui mardi par le secrétaire d’Etat à l’Industrie, comprend une commande publique de 16 rames TGV et de leurs 32 motrices, cela représente un coût de près de 500 millions d’euros, dont on ignore à ce stade comment il sera financé   Ce site sera par ailleurs transformé par Alstom en centre européen de la maintenance ferroviaire, soit un investissement de 70 millions d’euros. Le groupe y produira aussi à l’avenir des autobus électriques.

Belfort Projet Alstom : très ambigu ?

Belfort Projet Alstom : très ambigu ?

 

 

 

Un projet pour le moins ambigu et qui risque d’être remis en cause par les réalités économiques et juridiques. Le projet repose surtout sur la promesse de faire commander des rames TGV par la SNCF. Or cette commande de la SNCF à Alstom est très hypothétique. D’abord pour des raisons juridiques, la SNCF est condamnée à faire des appels d’offres où la concurrence sera rude. Elle ne peut passer commande directement Alstom  sans cet appel d’offres. Notons que la France et Alstom se satisfont généralement de la procédure d’appel d’offres qui permet et c’est heureux à Alstom de vendre du matériel ferroviaire au monde entier. Le projet repose cependant sur des commandes notamment de TGV destinés en particulier à la future ligne Paris Milan dont l’ouverture théorique devrait intervenir en 2030 mais plus vraisemblablement en 2035 notamment particulier pour des raisons techniques. Quant au TGV du futur, ce n’est pas pour demain car il faut remettre  en cause la conceptualisation technique et commerciale  beaucoup trop coûteuse pour le client. La SNCF n’a nul besoin de rames supplémentaires par rapport aux commandes engagées, elle n’a surtout pas les moyens financiers. Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, qui est à l’économie ce que McDo est à la gastronomie pense cependant que son projet est pertinent. Mais faute de remise à plat de la situation de la SNCF ! ( un endettement de plus de 40 milliards !Une paille), de la politique des transports et de son articulation avec la politique industrielle, le plan   du ministre de l’industrie risque de ressembler simplement à des promesses susceptibles de tenir jusqu’à élection présidentielle  Le gouvernement veut donner l’impression de  préserver l’activité du site de fabrication de locomotives de Belfort, dont la direction du groupe a annoncé le 7 septembre le transfert en Alsace en raison d’un carnet de commandes insuffisant pour les prochaines années. Le sort du site de Belfort, où 400 emplois directs sont en jeu, s’est invité dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2017. Ce dossier fait écho à l’échec du sauvetage des hauts-fourneaux de Florange (Moselle), devenu pour une partie de la gauche le symbole de l’impuissance du pouvoir socialiste. Le gouvernement mise notamment sur la fourniture par Alstom de rames de TGV à la SNCF pour la liaison Paris-Turin-Milan et sur plusieurs appels d’offres en cours. « La solution sera trouvée pour maintenir une activité », a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, interrogé par BFM TV et RMC. « Les choses avancent et le ministre pourrait s’exprimer la semaine prochaine », renchérissait-on mercredi matin dans l’entourage du secrétaire d’Etat à l’Industrie. On attend avec impatience cette expression du ministre sur le dossier Alstom qui pourrait bien ressembler à celui de Florange.

 

Alstom Belfort : nouveau Florange ?

Un nouveau Florange, pourquoi ? D’abord parce que les promesses sont comme celles de Florange faites dans un environnement électoral, donc la démagogie l’emporte sur les réalités économiques. Il est illusoire de penser que la SNCF peut commander des locomotives ou des TGV à Alstom. D’abord parce qu’elle n’en n’a pas besoin car malheureusement son trafic se tasse ensuite parce que juridiquement c’est impossible. La SNCF doit passer par des appels d’offres européens. Ce n’est pas l’Etat français qui en décide, et les appels d’offres répondent aux règles européennes de la concurrence. La dernière fois, la région Ile-de-France avait passé commande au Canadien Bombardier, la SNCF de son côté a commandé du matériel à l’Allemagne. Inversement Alstom vent ses productions au monde entier. Il faudrait donc poser la problématique avec un peu de pertinence. Quelques éléments d’explication :

 

Le gouvernement pas informé ?

 

Ce que dit en particulier le ministre de l’industrie. Faux, car l’État est actionnaire c’est même le premier actionnaire, il a même deux représentants au conseil d’administration. De hauts fonctionnaires sans doute « compétents » (dixit Montebourg qui n’y connait rien) mais très discrets. Comme dans la plupart des autres sociétés où l’État participe au capital. Bref des fonctionnaires qui ne connaissent pas grand-chose de la production voire même de l’économie et qui sont en outre bichonnés par les entreprises.

 

La situation était imprévisible ?

 

Faux. On connaît la situation du ferroviaire en général, de la SNCF en particulier qui perd des parts de marché partout y compris sur le créneau de la grande vitesse depuis des années et des décennies car  la compétitivité du train est insuffisante. Du coup le train est trop cher d’au moins 30 %.

 

La faute à Alstom ?

 

Vrai et faux à la fois. Pendant des années, l’entreprise Alstom a bien profité des généreux marchés de la grande vitesse en France car il n’y avait pas de concurrence. Du coup on a conçu des TGV bien trop chers. Depuis les années 70, la concurrence devient plus difficile. Il faut même accepter de délocaliser des productions pour arracher des marchés étrangers

 

 

Macron  responsable ?

 

Oui mais pas plus que les autres ministres de l’économie : Montebourg, Moscovici, les ministres de droite. À peu près tous convaincus que l’État n’avait pas à mettre son nez dans les stratégies industrielles et que le marché était suffisant. Mais nombre de fleurons de l’industrie n’existeraient pas si l’État n’avait pas impulsé les innovations industrielles : Airbus, Ariane, les centrales nucléaires, les télécoms, le numérique, la construction navale, le TGV etc. Notons que Giscard, le visionnaire, s’est même opposé en 1971 au projet grande vitesse quand il était ministre des finances (projet dit CO3))

 

Le TGV trop cher ?

 

Vrai, pour le client potentiel le train est beaucoup trop cher, le TGV en particulier. Ce qui explique la baisse en tout cas le tassement de la fréquentation. La responsabilité incombe au gouvernement qui a laissé se développer une politique des transports incohérente. La responsabilité incombe à la SNCF au coût d’exploitation exorbitant du fait de la politique des transports, de son endettement abyssal (40 milliards) et du laxisme de sa gestion.

 

Peut-on sauver durablement Alstom ?

 

Non, sans projet de lignes nouvelles en France et sans nouvelle conceptualisation technique et commerciale du TGV.   On peut gonfler le carnet de commandes pour quelques années mais la problématique se reposera rapidement faute de d’incapacité à mettre en œuvre une autre politique des transports, faute d’exiger d’énormes efforts de compétitivité de la part de la SNCF afin de rendre le train plus attractif et faute d’un allégement de la fiscalité qui plombe les coûts de production en particulier pour les marchés étrangers. On ne peut sauver Alstom si la vitrine ferroviaire française demeure obsolète et notamment si on renonce à tout projet de nouvelle ligne, comme c’est prévu. Avant d’acheter un train à grande vitesse les acheteurs potentiels venaient en France observer la technique en exploitation réelle.

La technique ferroviaire est-elle obsolète ?

 

Vrai et faux. Pour le transport de fret on conçoit des matériels d’une durée de vie d’au moins 50 ans quand le principal concurrent à savoir la route remplace ses camions tous les cinq ans bénéficiant ainsi des progrès techniques notamment énergétiques. En 30 ans évolution camion : Consommation GO – 40%.  Emissions Gazeuses: divisées par 5 à 10 n Vitesse moyenne : +50% n Puissance moyenne des moteurs dans les mêmes véhicules: + 200%. Le renouvellement des trains pour le transport de personnes est plus rapide mais encore bien insuffisant.

 

Les débats sur Alstom sont-ils clairs et pertinents

 

Non, ils sont d’abord trop pollués par le climat préélectoral qui rend la problématique encore plus obscure. Dans les médias faute de temps et de connaissances on traite l’écume des choses. Parfois on a recours à des pseudos experts, on voit peu de véritables économistes du transport. Pourtant il y en a par exemple au laboratoire d’économie des transports qui dépend de Lyon 2, dans d’autres lieux d’études et de recherches. La plupart des débats sont du niveau des discussions de bistrot.

 

Existe-t-il une concertation pour discuter de l’avenir d’Alstom ?

 

Oui et non. Il y a bien sûr des structures de concertation interne mais comme dans toutes les entreprises la discussion entre la direction et les partenaires sociaux portent surtout sur des crottes de chat. La faute aux directions aussi aux syndicats gauchistes. La concertation plus large sur l’avenir du ferroviaire, sur la politique des transports a été réduite à la portion congrue. L’observatoire économique des transports du ministère qui était largement ouvert aux acteurs intéressés a été replacé sous la tutelle du conseil général des ponts (qui rebaptisé avec de l’eau verte), même chose pour le conseil national des transports, pour les conseils régionaux des transports,  pour les observatoires régionaux des transports, pour la recherche.

Les cars  Macron vont-ils tuer le train

 

Pas complètement mais les lignes Inter cités risquent de disparaître progressivement. Le TGV y compris est menacé (mais le concurrent le plus important c’est l’automobile). Le prix des cars  Macron est actuellement dérisoire, cela ne durera pas, les prix augmenteront après la stabilisation du secteur. Mais le car  restera nettement moins cher que le train est surtout que le TGV. Cela permet aux couches modestes de voyager. Sur la tendance, le TGV sera de plus en plus réservé aux couches moyennes relativement aisées

 

 

 

 

 

 

 

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