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États-Unis: croissance très ralentie

États-Unis: croissance très ralentie 

Net ralentissemenet de la croissance aux Etats-Unis au quatrième trimestre, du coup la croissance en 2016 des États-Unis sera voisine de celle de l’Europe. La croissance économique des États-Unis a en effet nettement décéléré au 4ème trimestre, décevant les attentes des analystes, et se révèle apathique sur l’ensemble de 2016, selon la première estimation du département du Commerce publiée vendredi. D’octobre à décembre, le Produit intérieur brut (PIB) américain a crû de 1,9% en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières. Les analystes s’attendaient à une expansion de 2,2% après celle de 3,5% au 3e trimestre. Sur l’année, le PIB de la première économie mondiale n’a progressé que de 1,6% en 2016 après une hausse de 2,6% en 2015. Ce faible rythme d’expansion, égal à celui de 2011, est le plus médiocre depuis 2009, année où l’économie américaine avait connu une récession (-2,8%). La décélération de la croissance au 4ème trimestre a reflété une chute des exportations (-4,3%), au plus bas depuis début 2015, associée à une accélération des importations (+8,3%), qui pèsent sur le PIB. Les dépenses de consommation, qui tirent traditionnellement l’expansion économique des Etats-Unis, ont marqué le pas, ne progressant plus que de 2,5% contre 3% au trimestre d’avant. C’est leur plus faible rythme de croissance depuis le 1er trimestre. Au quatrième trimestre, les acteurs économiques avaient noté un attentisme avec la fin d’une campagne électorale très disputée et pleine d’incertitudes suivie d’une période de transition avant l’investiture du nouveau président républicain Donald Trump. Les dépenses de l’État fédéral sont retombées dans le rouge, reculant de 1,2%. Pour 2017, la Fed prévoit une expansion modérée de 2,1% tandis que le FMI table sur 2,3%.

Affaire Tapie : Christine Lagarde très bousculée lors de son procès

Affaire Tapie : Christine Lagarde très bousculée lors de son procès

A l’occasion de son procès dans l’affaire Tapie Christine Lagarde a été très bousculée avoir affirmé  « qu’elle n’était pas très au courant, qu’elle ne savait pas, qu’elle avait peut-être été manipulée, qu’elle avait quand même essayé de faire de son mieux, qu’elle était prise par d’autres dossiers, qu’elle ne lisait pas toutes les notes qui lui étaient adressées etc. » Bref la démonstration que soit Christine Lagarde était complètement incompétente ou alors quelle  est complice (  les deux n’étant pas incompatibles) car  refuse de dire d’où viennent les pressions qui l’ont conduit à accepter un arbitrage controversé accordant  403 millions d’euros, avec les intérêts, à l’homme d’affaires Bernard Tapie pour solder son litige avec l’ancienne banque publique Crédit lyonnais sur la revente d’Adidas. Quarante-cinq millions lui sont alloués à titre de préjudice moral. Pourtant, le compromis d’arbitrage qui avait été validé par la ministre des Finances, début octobre 2007, ne prévoyait pas une telle indemnisation. Quand la sentence est prononcée, « ma réaction, c’est la consternation », a déclaré mardi Christine Lagarde, au deuxième jour de son procès. « J’ai été choquée, surprise, stupéfaite. » « Mais puisque vous n’avez jamais entendu parler de préjudice moral, pourquoi ne pas consulter vos services à ce sujet-là? », l’interroge alors la présidente de la Cour, Martine Ract Madoux. Et de souligner que le préjudice moral accordé à des parents pour la mort d’un enfant est de l’ordre de 30.000 à 50.000 euros, soit bien en deçà de celui accordé aux époux Tapie, cette somme échappant par ailleurs à l’impôt.  »C’est quand même un coup de poing dans l’estomac, ça doit vous faire réagir », insiste la présidente. « Ça n’est pas le dossier unique sur lequel je consacre toute mon énergie et mon temps », tente d’expliquer la patronne du FMI. «  Mais face à elle, la présidente de la CJR et des parlementaires s’étonnent qu’elle n’ait pas pris connaissance de certaines notes alarmistes de ses services, ni relu un communiqué « sensible » du ministère affirmant, de manière erronée, que « la plus grande part de l’indemnité arrêtée par la sentence retournera(it) aux caisses publiques ». « C’est le mode de fonctionnement du cabinet », se contente-t-elle de répondre. Lundi, au premier jour de son procès, la banquière du monde n’a pas exclu d’avoir été « abusée » dans cette affaire. Le PDG d’Orange Stéphane Richard, qui était alors son directeur de cabinet, est soupçonné, dans le cadre de l’enquête principale sur l’arbitrage désormais entaché de soupçons de fraude, de lui avoir « dissimulé » des éléments « essentiels » du dossier, ce qu’il conteste. Il sera entendu mercredi matin. « Je n’ai aucune raison à l’époque de remettre en cause la confiance que j’ai dans l’équipe avec (laquelle) je travaille », a déclaré Christine Lagarde. « Je ne sais pas travailler dans un rapport de défiance, j’espère que ça n’est pas de la négligence. » Pourtant, ses déclarations donnent « le sentiment profond (qu’elle) a été désinformée », estime une parlementaire membre du tribunal. « Votre désinformation accable Stéphane Richard », ajoute-t-elle. « Je ne sais pas s’il y a eu abus, et je ne sais pas quel est le périmètre de ceux qui ont été abusés », lui répond Christine Lagarde, avant d’ajouter : « Je n’ai reçu aucune instruction, ni du président de la République, ni du Premier ministre. »

Taux aux Etats-Unis : une annonce probable très nuisible à l’Europe

Taux aux Etats-Unis : une annonce probable très nuisible à l’Europe

 

Il est probable que la fête FED va décider une hausse des taux mercredi. Une hausse des taux sans doute relativement modeste (vraisemblablement 0,25 %)  mais qui va amorcer un changement de tendance. Un changement de tendance qui sera nécessairement contagieux et qui risque d’affecter négativement la croissance d’une Europe qui connaît déjà une activité relativement molle. Mais les États-Unis ont toujours choisi de privilégier leur propre intérêt en utilisant le dérapage budgétaire et la baisse des taux comme levier pour relancer la croissance. Aujourd’hui la croissance est là aux États-Unis, la différence de progression du PIB est supérieure à 1 % entre l’activité américaine et l’activité européenne. Un niveau d’activité aux États-Unis qui permet par ailleurs de créer maintenant de manière significative de nouveaux emplois. La situation est toute autre en Europe qui est engluée dans la croissance molle et le chômage même si on constate une petite amélioration en 2016. Amélioration qui pourrait être de courte durée avec des perspectives moins favorables en 2017 la conséquence du relèvement des taux aux États-Unis se traduira par un relèvement du cout  de l’argent. Première conséquence les pays européens déjà corsetés par les objectifs budgétaires vont voir augmenter le coût de leur endettement et donc réduire encore leur train de vie au moment précis où au contraire il conviendrait de relancer les investissements. Pour les entreprises comme pour les ménages le coût de l’argent sera également plus élevé et affectera leur capacité d’investissement et de consommation avec un impact négatif sur l’activité générale.  Cette hausse, la première en un an, devrait rester minime, de l’ordre d’un quart de point de pourcentage (0,25%), portant le taux directeur entre 0,50% et 0,75%. Le taux interbancaire au jour le jour évolue actuellement dans la fourchette de 0,25% à 0,50% depuis décembre 2015 après presque sept ans de politique à taux zéro pour soutenir la reprise.

Réforme Fillon remboursement maladie : des évaluations très approximatives

Réforme Fillon remboursement maladie : des  évaluations très approximatives

 

Les évaluations des conséquences du plan Fillon relative à l’assurance maladie sont forcément approximatives comme le sont les propositions du vainqueur de la primaire de droite. La Mutualité française fédère 650 mutuelles, c’est-à-dire la quasi-totalité des mutuelles en France  à sans doute souhaité se placer dans le débat en cours mais en minimisant d’une certaine manière les conséquences financières pour les assurés. D’après la ministre de la santé le cout représenterait environ 300 € par mois pour les ménages alors  que la Mutualité française l’estime aussi à 300 € mais par an et par personne,  soit autour de 1300 € par an pour un couple avec deux enfants. Une différence qui varie de 100 à 300 € mensuels environ. Il y a dans ce calcul plus qu’approximatif sans doute la volonté des mutuelles de relativiser l’impact financier afin de jouer un plus grand rôle dans la couverture des risques maladie. Les mutuelles jouent évidemment un rôle important et positif mais ce sont aussi des superstructures aux motivations existentielles qui ne sont pas elle non plus comme la sécu exempte de critiques en matière de gestion. La fédération nationale de la mutuelle Mutualité française aurait sans doute mieux fait d’être plus prudente vis-à-vis de son calcul de coin de table. En effet son acceptation tacite de transfert financier de la gestion des risques de certaines maladies pourrait la contraindre à augmenter de manière assez considérable les cotisations. D’un point de vue des superstructures mutualistes on peut se réjouir de devenir une sorte de sécurité sociale bis mais les mutuelles en sous-estimant les conséquences financières risquent d’être acculées  à de graves difficultés. Et pour les résoudre d’être obligées d’imposer un très fort relèvement des cotisations qui pourraient aller jusqu’au doublement du montant actuel. D’où les interrogations quant à la pertinence de l’évaluation de la Mutualité française. En effet  la fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) évalue à 20 milliards d’euros le coût supplémentaire pour les ménages français de l’application du programme de François Fillon en matière de déremboursement de certains soins. Le candidat de la droite propose de concentrer l’assurance maladie sur le remboursement des affections graves ou de longue durée et de laisser le reste à la charge des patients ou de leurs assurances complémentaires. La FNMF se fonde sur un scénario selon lequel la Sécurité sociale couvrirait les dépenses hospitalières et celles qui relèvent du régime des affections de longue durée mais cesserait de rembourser les soins de ville ne relevant pas de ce régime. Selon ses calculs, l’économie réalisée par la Sécurité sociale s’élèverait alors à 20 milliards d’euros par an. « Cela permettrait, avec le retour à l’équilibre de la Sécurité sociale, une baisse de 15,6 milliards d’euros soit de la dette sociale (…) soit des prélèvements obligatoires », écrit la FNMF sur son site internet. « Mais 20 milliards d’euros, c’est aussi la somme supplémentaire que les ménages ou leurs complémentaires santé devraient alors prendre à leur charge », ajoute-t-elle. Elle estime que cela représenterait en moyenne un coût supplémentaire de 300 euros par personne et par an, soit 1.200 euros pour un couple

Pétrole : un accord encore très vague de l’OPEP

Pétrole : un accord encore très vague de l’OPEP

LOPEP réduirait un peu sa production mais l’accord est encore assez flou car il ne détermine pas les quotas de plusieurs pays pas tellement disposés à diminuer leur volume comme par Exemple l’Irak. En outre l’OPEP ne représente plus que 33% de la production globale. L’OPEP produit environ 33,6 millions de barils par jour (bpj) actuellement, un volume qui devrait donc être réduit de 1,2 million de bpj à partir de janvier. Principal contributeur à l’effort collectif, le royaume saoudien devrait réduire ses pompages d’un peu moins de 500.000 bpj pour les ramener à 10,06 millions. Ses alliés du Golfe (Emirats arabes unis, Koweït et Qatar) réduiraient les leurs de 300.000 bpj. L’OPEP a conclu mercredi le premier accord de réduction de sa production depuis 2008, un compromis qui aura nécessité des mois de pourparlers et au final un effort particulier de l’Arabie saoudite ainsi que des concessions à l’Iran pour tenter de faire remonter les cours. La Russie, qui ne fait pas partie du cartel, participera elle aussi à la réduction de l’offre excédentaire mondiale, du jamais vu depuis 15 ans. La réduction de production annoncée correspond au bas de la fourchette prévue par l’accord préliminaire conclu à Alger en septembre. L’accord de mercredi prévoit en outre une contribution de certains pays extérieurs à l’OPEP au soutien aux cours du brut. Ryad insistait depuis longtemps sur le fait qu’il n’y aurait pas d’accord de limitation de la production sans les pays hors-OPEP. Le président qatari de l’organisation a indiqué que ces pays avaient accepté de réduire leur production de 600.000 bpj au total, dont une contribution de 300.000 bpj de la Russie. Une baisse totale de 1,8 million de bpj des pays de l’OPEP et hors-OPEP représente près de 2% de la production mondiale et contribuerait à écouler les excédents qui ont fait plonger le cours du baril par rapport à ses pics de 115 dollars à la mi-2014. L’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, également hors-OPEP, ont fait savoir dans le passé qu’ils pourraient réduire aussi. L’OPEP a suspendu l’adhésion de l’Indonésie au cartel dans la mesure où le pays, importateur net, ne pourrait pas abaisser sa production. Reste à savoir si cet accord déjà fragile sera respecté.

Cop 22 climat : « Un retrait des Etats-Unis très grave »

Cop 22 climat : « Un retrait des Etats-Unis très grave »

Dans une interview au JDD Ségolène Royal considère que le retrait des Etas -Unis serait grave pour le climat mais relativise la position de Trump.

 

 

La victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine a secoué le sommet climat. Comment l’avez-vous vécue?
Une immense déception bien sûr. D’autant que, avec environ 1 million de voix d’avance, Hillary Clinton est l’élue du peuple, contrairement à ce qu’affirme la propagande qui utilise les résultats pour opposer peuple et élite. Et puis, depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, c’est la première fois dans l’histoire des négociations sur le climat que le leader d’un grand pays affirme aussi violemment son climato-scepticisme. C’est une rupture.

L’accord de Paris est-il irréversible?
Un retrait des États-Unis, qui représentent 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), serait symboliquement très grave. Mais l’accord de Paris resterait malgré tout applicable puisqu’on serait toujours, avec les autres pays l’ayant ratifié, au-dessus des 55% d’émissions de GES nécessaires pour son entrée en vigueur. Quant à une dénonciation par Washington de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), je n’y crois pas. Quand George Bush a refusé de ratifier le protocole de Kyoto, il n’a pas pour autant dénoncer la convention-cadre de Rio.

 

Popularité : remontée très modeste de Valls

Popularité : remontée très modeste de Valls

20% d’opinions favorables  au lieu de 18 % pour Valls et  13% contre 14% Pour Hollande selon un sondage Yougov pour le Huffington Post et iTélé publié ce vendredi. Pas suffisant sans doute pour un faire de Valls un candidat sérieux pour 2017. Manuel Valls profite du désamour persistant des Français pour François Hollande. Alors qu’ils sont moins nombreux (13% contre 14% auparavant) à vouloir que le président de la République se représente, le Premier ministre voit croître sa cote de popularité avec 20% d’opinions favorables (+2 points). Avec 16% de sondés jugeant son action favorable et 81% (+4) d’un avis contraire, François Hollande paye manifestement la sortie du livre confidence Un président ne devrait pas dire ça…Symbole de cette rupture, même au sein de sa propre majorité, il perd 9 points d’opinions favorables chez les sympathisants du Parti socialiste, à 42%. À l’inverse, Manuel Valls voit se stabiliser les opinions négatives sur son action, puisque les sondés restent 74% à être de cet avis. Chez les proches du PS, le Premier ministre gagne même en popularité, avec 51% d’opinions favorables. En revanche, le chef du gouvernement (12%) figure derrière Emmanuel Macron (23%) en tant que meilleur candidat de la gauche modérée pour les Français, mais devant Arnaud Montebourg (10%).

(Avec RTL)

Manifs policiers : un plan très partiel

Manifs  policiers : un plan très partiel

Après les différentes manifestations de policiers le directeur général de la police nationale a annoncé un plan qui sera rendu public d’ici une semaine. Mais un plan très partiel qui porte sur les  équipements et sur la remise en cause de certaines tâches notamment les missions statiques devant des bâtiments publics et sensibles qui relèvent de missions de vigiles. Rien par contre sur la revalorisation du métier et sur la réforme du code pénal. Or c’est  sur ce dernier point que portent  notamment les revendications des policiers ;  à savoir : une meilleure protection pour les représentants de l’ordre public aussi des sanctions lourdes pour les délinquants.   »Je vais doter les policiers d’un armement plus sophistiqué avec le renouvellement du vieux pistolet-mitrailleur qui sera remplacé par une arme longue plus moderne », annonce Jean-Marc Falcone, le directeur de la police, parmi d’autres mesures de son « plan de sécurité publique ». « Les flash-balls vont être remplacés par un lanceur de balles de défense plus précis et adapté aux missions. Nous allons aussi moderniser le système radio et développer plus rapidement et plus massivement les tablettes connectées au réseau et disponibles sur le terrain », ajoute-t-il. Jean-Marc Falcone, qui avait attisé la colère des manifestants en saisissant l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) au début de la mobilisation, s’engage également à revoir certaines tâches mal tolérées par les fonctionnaires. « Dès lundi, avec l’ensemble des préfets, nous allons mettre à plat les charges dites indues. A partir de la semaine prochaine, les policiers de l’Essonne seront libérés des missions de protection de personnalités », déclare-t-il. (Avec Reuters)

Calais : évacuation très politique

Calais : évacuation très politique

 

 

Les évacuations de la jungle de Calais revêtent un caractère éminemment politique. La droite l’exige pour conforter ses positions concernant l’immigration. La gauche quant à elle est contrainte de faire un geste pour montrer qu’elle bouge sur le sujet.L’évacuation de cette évacuation risque de ressembler à un déplacement provisoire sans réel objectif est sans moyen à la hauteur de l’enjeu. De quoi s’agit-il ? De déplacer de l’ordre de  10 000 personnes. Or pour l’instant les pouvoirs publics officiellement non recensés que de l’ordre de 7500 migrants dans 1300 mineurs isolés. Ces migrants doivent être dirigés vers des centres d’accueil et d’orientation qui sont pour la plupart sous dimensionnés et répartis dans toute la France. La question centrale relative aux migrants de Calais c’est que leur seul objectif est de se rendre en Angleterre et non de demeurer sur le territoire français. Du coup tout au plus dans un premier temps une moitié seulement de cette population pourra être provisoirement accueillie et l’autre moitié va ce reconstituer dans la région de Calais à quelques kilomètres des anciens camps. La vérité si il n’y a pas de solution tant que l’Angleterre n’acceptera pas d’accueillir des migrants nullement disposés à retourner chez eux. La « jungle » de Calais, une opération à risque que le ministère de l’Intérieur dit d’ailleurs pleinement assumer dans une perspective « résolument humanitaire », commencera lundi matin, selon l’arrêté publié vendredi. Théoriquement on a donc prévu un grand plan pour gérer ce mouvement de population. Mais compte tenu des difficultés personne ne peut dire quand réellement la zone de Calais sera réellement vidée de ses migrants. L’évacuation risque donc d’être assez symbolique est très étalée dans le temps. Cela d’autant plus qu’on ne sait même pas qu’elles sont les moyens mis en œuvre voir qui seraient nécessaire. Il faut aussi prévoir de fortes résistances sur place avec de possibles risques d’affrontement. En attendant A partir de lundi, tous se verront proposer une offre de mise à l’abri « en fonction de leur profil » (familles, hommes seuls, mineurs et personnes vulnérables). Après une répartition dans un grand hangar organisé « comme une gare routière », les volontaires, qui pourront choisir entre deux régions, seront conduits, en bus, vers des Centres d’accueil et d’orientation (CAO). Quelque 7.500 places ont été mises à disposition dans environ 450 CAO à travers le pays. Les mineurs isolés resteront, eux, dans un centre situé juste à côté du campement, en attendant que leur procédure aboutisse, que ce soit au Royaume-Uni ou en France. Quant au démantèlement en tant que tel, il débutera mardi avec les premières opérations de nettoyage et de ramassage des déchets, puis se fera en parallèle des évacuations. « C’est une opération à risque qu’on assume de faire », dit-on place Beauvau. L’autre grande inconnue est celle de « l’après-Calais », qui n’est pour l’instant pas réglée. « Calais restera toujours Calais, il faut donc imaginer la suite », reconnaît-on place Beauvau, où l’ont dit travailler sur cette question. « Il faut trouver le dispositif convenablement dimensionné (pour) éviter la reconstitution d’un campement. »

(Avec Reuters)

Premier débat à droite : des candidats très coincés

 

Premier débat à droite : des candidats très coincés

 

 

Ce que l’on retiendra sans doute de ce premier débat c’est qu’il fut relativement insipide. En fait on n’a rien appris de nouveau de chacun des prétendants. Des prétendants par ailleurs très tendus surtout Sarkozy.  ligotés aussi par le format de l’émission qui leur laissait le plus souvent une minute ou 30 secondes pour s’exprimer globalement,  les participants sont parvenus à éviter la foire d’empoigne avec cependant des attaques  personnelles parfois très durs. D’une certaine manière les deux principaux candidats à savoir Sarkozy et Juppé se sont neutralisés et le rapport de force finale est en faveur du maire de Bordeaux d’après les sondages les plus autres candidats ont tenté d’exister notamment Fillon qui a tenté de se singulariser avec le radicalisme de ses positions. Copé lui a contesté la légitimité de ceux  qui ont été mis en examen, il visait évidemment d’abord Sarkozy mais aussi Juppé.  Lemaire et  NKM ont trop voulu se montrer comme des prétendants hors système avec des propositions un peu hors-sol,  finalement poisson  à Puteaux a tire son épingle du jet du jeu en se faisant connaître. Bref comme il fallait s’y attendre ce spectacle médiatique n’est pas de nature à apporter des éclairages très pertinents et surtout nouveaux sur les positions des un et des autres en matière économique notamment les orientations sont parues assez confuses. Au total un débat assez conventionnel et qui a plutôt ennuyé.  Alain Juppé, favori des sondages, et Nicolas Sarkozy, pour qui il devient urgent d’enrayer une dynamique défavorable, ont décliné une partition connue. Pour le maire de Bordeaux, un « Etat fort » à même de remettre la France sur la voie du « plein emploi » et de l’ »optimisme », pour l’ancien président « une France de l’action » succédant à « la France du bavardage » dans une « alternance forte, énergique, immédiate, concrète » au service de « la majorité silencieuse ». Dans ces deux registres éprouvés, les deux hommes se sont neutralisés, Alain Juppé optant stratégiquement pour une prudente réserve, Nicolas Sarkozy, crispé tout au long de l’exercice, pour un volontarisme rappelant les campagnes de 2007 et 2012. Ce sont les « outsiders » qui ont ménagé surprise et intérêt, notamment le plus méconnu d’entre eux, le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson, crédité de 0,5% à 2% dans les sondages, qui a marqué sans complexe ses différences, sur le revenu universel, la laïcité ou les fichés S. La seule femme candidate, Nathalie Kosciusko-Morizet, a ravi à Bruno Le Maire, emprunté, le privilège de la nouveauté en invitant les électeurs à refuser la « nostalgie »: « Le recyclage, ça marche pour les déchets, pas pour les idées ». « Passez à autre chose », a déclaré pour sa part l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Bruno Le Maire qui s’est efforcé difficilement de déclarer hors-jeu « le clan des redoublants », pour reprendre une expression de son porte-parole Damien Abad. « Si vous voulez continuer comme avant, vous avez tout ce qu’il faut sur ce plateau », a-t-il lancé en préambule, à quelque distance des pupitres d’Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. « On a gouverné ensemble pendant cinq ans », leur a rappelé l’ancien président au début des échanges. Le député de l’Eure dispute à François Fillon la place de troisième homme dans le scrutin, sans précédent à droite, des 20 et 27 novembre. Marquant sa singularité, notamment par la radicalité de ses propositions économiques et sa position isolée sur le dossier syrien, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui se défie des sondages, a appelé à déjouer les pronostics. « Ce que ce débat a montré ce soir, c’est qu’il n’y a pas deux candidats qui ont déjà gagné le premier tour de la primaire », a-t-il dit en conclusion. La palme de l’offensive, au risque parfois de l’agressivité, revient à Jean-François Copé, crédité de 2% dans les sondages les plus flatteurs, qui a joué son va-tout en décochant plusieurs traits à Nicolas Sarkozy, à sa droite, auquel il ne pardonne pas de l’avoir mis en cause dans l’affaire Bygmalion. D’emblée, le député-maire de Meaux, qui dirigea la majorité à l’Assemblée sous Nicolas Sarkozy, s’en est pris à celui-ci en l’accusant de ne pas avoir honoré ses engagements. « Il y a dix ans, en 2007, j’avais comme des millions de Français espéré en la rupture que proposait Nicolas Sarkozy pour notre pays (…). Cette rupture, malheureusement on l’a pas faite », a-t-il lancé d’entrée. Nicolas Sarkozy, qui a dit par la suite avoir été « fair-play » pour pouvoir « rassembler » à l’avenir, est sorti de ses gonds lorsque Jean-François Copé lui a reproché ainsi qu’à François Fillon, qui a « la mémoire qui flanche », d’avoir été défavorables à la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. « C’est nous les députés qui l’avons faite passer ». « Ce n’est pas toi qui nous l’a imposée, tu étais bien incapable d’imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit », a répliqué Nicolas Sarkozy. La tension a été palpable lors de l’évocation des affaires judiciaires qui plombent la droite depuis des décennies. A Bruno Le Maire, qui souhaite que les prétendants à un mandat électif dévoilent leur casier judiciaire, Alain Juppé, condamné en 2004 pour prise illégale d’intérêts, a lancé : « Je tiens mon casier judiciaire à la disposition de Bruno. » « Aujourd’hui, les Français ont la décision au bout de leur bulletin de vote, s’ils estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m’éliront pas », a-t-il dit. Nicolas Sarkozy, échaudé par les déclarations liminaires de François Fillon sur l’exemplarité politique, a lâché, à propos de sa formule — « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen? » –: « Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent ». Jean-François Copé a enfoncé le clou sur l’affaire Bygmalion, dans laquelle il a été blanchi et pour laquelle Nicolas Sarkozy est mis en examen, en renvoyant chaque candidat à sa « conscience ». François Fillon, la voix étranglée par l’émotion, a dû pour sa part à nouveau démentir avoir demandé à l’actuel secrétaire général de l’Elysée de « ruiner judiciairement » Nicolas Sarkozy. « Ce n’était pas un combat de boxe, on pouvait s’expliquer, il y a eu des moments d’émotion (…) moi ça m’a plu (…) C’était propre », a voulu résumer Nicolas Sarkozy à des journalistes après le débat, où il a difficilement dissimulé son irritation. Le débat a porté sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité, ainsi que les questions économiques. Même si leurs programmes ont pour axe commun une politique libérale au profit des entreprises, les candidats se sont affrontés sur les 35 heures, les mesures fiscales, les retraites. « Je ne serai pas le Martine Aubry de droite. C’est-à-dire qu’on a eu une obsédée des 35 heures, on ne va pas être des obsédés des 39 heures », a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy à l’adresse de François Fillon et Alain Juppé qui prônent, dans des modalités différentes, un allongement de la durée hebdomadaire du travail. Au chapitre de l’immigration, Alain Juppé, qui a défendu sans emphase son concept contesté d’identité « heureuse », et Nicolas Sarkozy, critiqué pour avoir invoqué la lignée des « Gaulois », ont été critiqués par les « petits » candidats. « Entre l’identité heureuse et l’identité gauloise, il y a une troisième voie qui est l’identité républicaine », a dit par exemple Nathalie Kosciusko-Morizet. (Avec Reuters)

 

Alstom Belfort : une solution très politique, provisoire et incongrue

Alstom Belfort : une solution très politique, provisoire et incongrue

 

 

C’est à l’évidence une solution très politique qui va être annoncée pour sauver Alstom Belfort pour résumer on va commander 15 rames TGV et leurs 3o motrices pour circuler sur des lignes aujourd’hui secondaires par rapport à la grande vitesse. Les lignes ou circulent des trains inter cités dont la vitesse maximale ne dépasse pas 200 km/h et souvent contrainte de circuler à 150 voir nettement moins compte tenu de l’état déplorable des infrastructures. En résumé des TGV c’est pour rouler à 320 et qui ne dépasseront pas les 150 km heures en moyenne. Il est clair que ces lignes inter cités avaient besoin d’un coup de jeune puisque la moyenne d’âge du matériel est de 34 ans (notamment les anciens corail). Mais la priorité aurait dû concerner la réhabilitation des infrastructures constellées de ralentissements justifiés par le mauvais état de la voie. Une solution donc assez incongrue d’autant plus que c’est  l’Etat lui-même qui achète le matériel sans même savoir par avance qui va exploiter ces lignes (la SNCF ou d’autres puisque les lignes inter cités vont être ouvertes à la concurrence). Il faudra que l’État loue un très bas prix ces TGV inadaptés aux lignes desservies s’il veut trouver des opérateurs candidats pour exploiter des lignes en perte de vitesse. En bref c’est le contribuable qui paiera. La solution est provisoire mais  elle peut assurer le plan de charge pendant environ deux ans ;  au-delà la problématique va se reposer. En effet ce qui est en cause c’est l’avenir du transport ferroviaire, de son environnement, c’est-à-dire de la politique des transports caractérisés par la plus grande incohérence depuis 30 ans sauf en milieu urbain. La cohérence se situe surtout dans l’intervention financière de l’État en matière de matériel alors qu’il devrait concentrer son action sur la gestion et le financement des infrastructures comme pour la route. De ce point de vue,  la réintégration de la gestion des infrastructures dans la récente réforme de la SNCF constitue une aberration d’autant plus qu’on a oublié de traiter la question du financement et de la dette. Bien entendu cette solution sera bien accueillie par les salariés de Belfort, elle permettra de sauvegarder l’emploi pendant un moment mais l’avenir de la filière ferroviaire n’étant  pas réglé les mêmes problèmes ce poseront d’ici quelques années pour Alstom et pas simplement à Belfort. Le plan de sauvetage du site Alstom de Belfort, qui sera présenté aujourd’hui mardi par le secrétaire d’Etat à l’Industrie, comprend une commande publique de 16 rames TGV et de leurs 32 motrices, cela représente un coût de près de 500 millions d’euros, dont on ignore à ce stade comment il sera financé   Ce site sera par ailleurs transformé par Alstom en centre européen de la maintenance ferroviaire, soit un investissement de 70 millions d’euros. Le groupe y produira aussi à l’avenir des autobus électriques.

Belfort Projet Alstom : très ambigu ?

Belfort Projet Alstom : très ambigu ?

 

 

 

Un projet pour le moins ambigu et qui risque d’être remis en cause par les réalités économiques et juridiques. Le projet repose surtout sur la promesse de faire commander des rames TGV par la SNCF. Or cette commande de la SNCF à Alstom est très hypothétique. D’abord pour des raisons juridiques, la SNCF est condamnée à faire des appels d’offres où la concurrence sera rude. Elle ne peut passer commande directement Alstom  sans cet appel d’offres. Notons que la France et Alstom se satisfont généralement de la procédure d’appel d’offres qui permet et c’est heureux à Alstom de vendre du matériel ferroviaire au monde entier. Le projet repose cependant sur des commandes notamment de TGV destinés en particulier à la future ligne Paris Milan dont l’ouverture théorique devrait intervenir en 2030 mais plus vraisemblablement en 2035 notamment particulier pour des raisons techniques. Quant au TGV du futur, ce n’est pas pour demain car il faut remettre  en cause la conceptualisation technique et commerciale  beaucoup trop coûteuse pour le client. La SNCF n’a nul besoin de rames supplémentaires par rapport aux commandes engagées, elle n’a surtout pas les moyens financiers. Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, qui est à l’économie ce que McDo est à la gastronomie pense cependant que son projet est pertinent. Mais faute de remise à plat de la situation de la SNCF ! ( un endettement de plus de 40 milliards !Une paille), de la politique des transports et de son articulation avec la politique industrielle, le plan   du ministre de l’industrie risque de ressembler simplement à des promesses susceptibles de tenir jusqu’à élection présidentielle  Le gouvernement veut donner l’impression de  préserver l’activité du site de fabrication de locomotives de Belfort, dont la direction du groupe a annoncé le 7 septembre le transfert en Alsace en raison d’un carnet de commandes insuffisant pour les prochaines années. Le sort du site de Belfort, où 400 emplois directs sont en jeu, s’est invité dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2017. Ce dossier fait écho à l’échec du sauvetage des hauts-fourneaux de Florange (Moselle), devenu pour une partie de la gauche le symbole de l’impuissance du pouvoir socialiste. Le gouvernement mise notamment sur la fourniture par Alstom de rames de TGV à la SNCF pour la liaison Paris-Turin-Milan et sur plusieurs appels d’offres en cours. « La solution sera trouvée pour maintenir une activité », a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, interrogé par BFM TV et RMC. « Les choses avancent et le ministre pourrait s’exprimer la semaine prochaine », renchérissait-on mercredi matin dans l’entourage du secrétaire d’Etat à l’Industrie. On attend avec impatience cette expression du ministre sur le dossier Alstom qui pourrait bien ressembler à celui de Florange.

 

Alstom Belfort : nouveau Florange ?

Un nouveau Florange, pourquoi ? D’abord parce que les promesses sont comme celles de Florange faites dans un environnement électoral, donc la démagogie l’emporte sur les réalités économiques. Il est illusoire de penser que la SNCF peut commander des locomotives ou des TGV à Alstom. D’abord parce qu’elle n’en n’a pas besoin car malheureusement son trafic se tasse ensuite parce que juridiquement c’est impossible. La SNCF doit passer par des appels d’offres européens. Ce n’est pas l’Etat français qui en décide, et les appels d’offres répondent aux règles européennes de la concurrence. La dernière fois, la région Ile-de-France avait passé commande au Canadien Bombardier, la SNCF de son côté a commandé du matériel à l’Allemagne. Inversement Alstom vent ses productions au monde entier. Il faudrait donc poser la problématique avec un peu de pertinence. Quelques éléments d’explication :

 

Le gouvernement pas informé ?

 

Ce que dit en particulier le ministre de l’industrie. Faux, car l’État est actionnaire c’est même le premier actionnaire, il a même deux représentants au conseil d’administration. De hauts fonctionnaires sans doute « compétents » (dixit Montebourg qui n’y connait rien) mais très discrets. Comme dans la plupart des autres sociétés où l’État participe au capital. Bref des fonctionnaires qui ne connaissent pas grand-chose de la production voire même de l’économie et qui sont en outre bichonnés par les entreprises.

 

La situation était imprévisible ?

 

Faux. On connaît la situation du ferroviaire en général, de la SNCF en particulier qui perd des parts de marché partout y compris sur le créneau de la grande vitesse depuis des années et des décennies car  la compétitivité du train est insuffisante. Du coup le train est trop cher d’au moins 30 %.

 

La faute à Alstom ?

 

Vrai et faux à la fois. Pendant des années, l’entreprise Alstom a bien profité des généreux marchés de la grande vitesse en France car il n’y avait pas de concurrence. Du coup on a conçu des TGV bien trop chers. Depuis les années 70, la concurrence devient plus difficile. Il faut même accepter de délocaliser des productions pour arracher des marchés étrangers

 

 

Macron  responsable ?

 

Oui mais pas plus que les autres ministres de l’économie : Montebourg, Moscovici, les ministres de droite. À peu près tous convaincus que l’État n’avait pas à mettre son nez dans les stratégies industrielles et que le marché était suffisant. Mais nombre de fleurons de l’industrie n’existeraient pas si l’État n’avait pas impulsé les innovations industrielles : Airbus, Ariane, les centrales nucléaires, les télécoms, le numérique, la construction navale, le TGV etc. Notons que Giscard, le visionnaire, s’est même opposé en 1971 au projet grande vitesse quand il était ministre des finances (projet dit CO3))

 

Le TGV trop cher ?

 

Vrai, pour le client potentiel le train est beaucoup trop cher, le TGV en particulier. Ce qui explique la baisse en tout cas le tassement de la fréquentation. La responsabilité incombe au gouvernement qui a laissé se développer une politique des transports incohérente. La responsabilité incombe à la SNCF au coût d’exploitation exorbitant du fait de la politique des transports, de son endettement abyssal (40 milliards) et du laxisme de sa gestion.

 

Peut-on sauver durablement Alstom ?

 

Non, sans projet de lignes nouvelles en France et sans nouvelle conceptualisation technique et commerciale du TGV.   On peut gonfler le carnet de commandes pour quelques années mais la problématique se reposera rapidement faute de d’incapacité à mettre en œuvre une autre politique des transports, faute d’exiger d’énormes efforts de compétitivité de la part de la SNCF afin de rendre le train plus attractif et faute d’un allégement de la fiscalité qui plombe les coûts de production en particulier pour les marchés étrangers. On ne peut sauver Alstom si la vitrine ferroviaire française demeure obsolète et notamment si on renonce à tout projet de nouvelle ligne, comme c’est prévu. Avant d’acheter un train à grande vitesse les acheteurs potentiels venaient en France observer la technique en exploitation réelle.

La technique ferroviaire est-elle obsolète ?

 

Vrai et faux. Pour le transport de fret on conçoit des matériels d’une durée de vie d’au moins 50 ans quand le principal concurrent à savoir la route remplace ses camions tous les cinq ans bénéficiant ainsi des progrès techniques notamment énergétiques. En 30 ans évolution camion : Consommation GO – 40%.  Emissions Gazeuses: divisées par 5 à 10 n Vitesse moyenne : +50% n Puissance moyenne des moteurs dans les mêmes véhicules: + 200%. Le renouvellement des trains pour le transport de personnes est plus rapide mais encore bien insuffisant.

 

Les débats sur Alstom sont-ils clairs et pertinents

 

Non, ils sont d’abord trop pollués par le climat préélectoral qui rend la problématique encore plus obscure. Dans les médias faute de temps et de connaissances on traite l’écume des choses. Parfois on a recours à des pseudos experts, on voit peu de véritables économistes du transport. Pourtant il y en a par exemple au laboratoire d’économie des transports qui dépend de Lyon 2, dans d’autres lieux d’études et de recherches. La plupart des débats sont du niveau des discussions de bistrot.

 

Existe-t-il une concertation pour discuter de l’avenir d’Alstom ?

 

Oui et non. Il y a bien sûr des structures de concertation interne mais comme dans toutes les entreprises la discussion entre la direction et les partenaires sociaux portent surtout sur des crottes de chat. La faute aux directions aussi aux syndicats gauchistes. La concertation plus large sur l’avenir du ferroviaire, sur la politique des transports a été réduite à la portion congrue. L’observatoire économique des transports du ministère qui était largement ouvert aux acteurs intéressés a été replacé sous la tutelle du conseil général des ponts (qui rebaptisé avec de l’eau verte), même chose pour le conseil national des transports, pour les conseils régionaux des transports,  pour les observatoires régionaux des transports, pour la recherche.

Les cars  Macron vont-ils tuer le train

 

Pas complètement mais les lignes Inter cités risquent de disparaître progressivement. Le TGV y compris est menacé (mais le concurrent le plus important c’est l’automobile). Le prix des cars  Macron est actuellement dérisoire, cela ne durera pas, les prix augmenteront après la stabilisation du secteur. Mais le car  restera nettement moins cher que le train est surtout que le TGV. Cela permet aux couches modestes de voyager. Sur la tendance, le TGV sera de plus en plus réservé aux couches moyennes relativement aisées

 

 

 

 

 

 

 

Projet Alstom le 30 septembre : très ambiguë

Projet Alstom le   30 septembre : très ambiguë

Un projet pour le moins ambigu et qui risque d’être remis en cause par les réalités économiques et juridiques. Le projet repose surtout sur la promesse de faire commander des rames TGV par la SNCF. Or cette commande de la SNCF à Alstom est très hypothétique. D’abord pour des raisons juridiques, la SNCF et condamnée à faire des appels d’offres où la concurrence sera rude. Elle ne peut passer commande directement Alstom  sans cet appel d’offres. Notons que la France et Alstom se satisfont généralement de la procédure d’appel d’offres qui permet et c’est heureux à Alstom de vendre du matériel ferroviaire au monde entier. Le projet repose cependant sur des commandes notamment de TGV destinés en particulier à la future ligne Paris Milan dont l’ouverture théorique devrait intervenir en 2030 mais plus vraisemblablement en 2035 notamment particulier pour des raisons techniques. La SNCF n’a nul besoin de rames supplémentaires par rapport aux commandes engagées, elle n’a surtout pas les moyens financiers. Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, qui est à l’économie ce que McDo est à la gastronomie pense cependant que son projet est pertinent. Mais faute de remise à plat de la situation de la SNCF ! ( un endettement de plus de 40 milliards !Une paille), de la politique des transports et de son articulation avec la politique industrielle, le plan   du ministre de l’industrie risque de ressembler simplement à des promesses susceptibles de tenir jusqu’au élection présidentielle  Le gouvernement veut donner l’impression de  préserver l’activité du site de fabrication de locomotives de Belfort, dont la direction du groupe a annoncé le 7 septembre le transfert en Alsace en raison d’un carnet de commandes insuffisant pour les prochaines années. Le sort du site de Belfort, où 400 emplois sont en jeu, s’est invité dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2017. Ce dossier fait écho à l’échec du sauvetage des hauts-fourneaux de Florange (Moselle), devenu pour une partie de la gauche le symbole de l’impuissance du pouvoir socialiste. Le gouvernement mise notamment sur la fourniture par Alstom de rames de TGV à la SNCF pour la liaison Paris-Turin-Milan et sur plusieurs appels d’offres en cours. « La solution sera trouvée pour maintenir une activité », a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, interrogé par BFM TV et RMC. « Les choses avancent et le ministre pourrait s’exprimer la semaine prochaine », renchérissait-on mercredi matin dans l’entourage du secrétaire d’Etat à l’Industrie. On attend avec impatience cette expression du ministre sur le dossier Alstom qui pourrait bien ressembler à celui de Florange

Syrie : Accord USA/Russie très virtuel

Syrie : Accord USA/Russie très virtuel

 

Le nouvel accord concernant la Syrie passée entre les États-Unis et la Russie risque lui aussi de demeurer virtuel rien n’a encore changé. Il faut dire que la situation n’est pas simple car les guerriers sont multiples : les djihadistes bien sûr,  l’armée officielle de la Syrie, qui combat tout autant les djihadistes que les ressortissants syriens rebelles, des rebelles dans certains sont modérés, d’autres aussi radicalisés,  sectaires et sanguinaires que ceux de l’état islamique. Bref un véritable bourbier.  Les Etats-Unis et la Russie ont cependant conclu samedi un accord destiné à raviver les négociations de paix en Syrie sans parvenir toutefois à convaincre l’opposition qui doute que le texte permette de mettre fin aux combats, alors que les affrontements s’intensifient à Alep, dans le nord du pays. L’accord conclu sous l’égide de Moscou et Washington prévoit l’instauration d’une trêve dans tout le pays, lundi au coucher du soleil, une amélioration des conditions de travail des organisations humanitaires et l’élaboration d’un plan ciblant les groupes islamistes. Quelques heures à peine après l’annonce de la conclusion de l’accord, l’armée syrienne attaquait les positions tenues par les rebelles à Alep, les forces gouvernementales s’efforçant de gagner le maximum de terrain possible avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Cette opération de l’armée se heurte toutefois à la résistance des rebelles qui ont annoncé prévoir une contre-offensive. « Il y a des combats sur tous les fronts du sud d’Alep, mais les affrontements les plus violents se produisent à Amiryah », a déclaré à Reuters le capitaine Abdoul Salam Abdoul Razak, porte-parole des Brigades Nour al Dine al Zinki. Les combats ont fait des dizaines de milliers de morts depuis cinq ans à Alep, ancien poumon économique de la Syrie et cible tant des insurgés, dont certains sont soutenus par les Occidentaux, que des forces gouvernementales, appuyées par la Russie et l’Iran. L’opposition, de son côté, ne cache pas son scepticisme. Elle rappelle que les derniers accords de ce genre n’ont pas été respectés, accusant notamment Damas et Moscou d’avoir poursuivi les bombardements. Les rebelles modérés de l’Armée syrienne libre (ASL) ont ainsi déclaré samedi qu’il y avait peu de chances que le nouvel accord de paix USA-Russie ait un véritable impact sur le cours du conflit tandis que l’opposition réunie au sein du HCN faisait elle aussi part de ses doutes. Fares al Bayouch, qui dirige la Division du Nord de l’ASL, a déclaré que la Russie et la Syrie n’avaient pas respecté le dernier accord et que les chances de réussite de la nouvelle trêve étaient identiques à celles de la précédente. Le porte-parole des Brigades Nour al Dine al Zinki, groupe qui fait aussi partie de l’ASL, a de son côté dit redouter que l’accord donnerait l’occasion à l’armée syrienne de reprendre des forces et d’envoyer à Aelp des milices supplémentaires soutenues par l’Iran. Le Haut comité syrien des négociations (HCN), créé fin 2015 en Arabie saoudite, a expliqué ne pas avoir reçu de copie de l’accord et dit qu’il ne réagirait qu’une fois que ses membres auront été consultés. En plus des combats à Alep, des bombardements ont été signalés à Idlib où des avions présentés comme russes ont visé un marché très fréquenté, faisant de nombreuses victimes, a-t-on appris auprès d’habitants et de l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

(Avec Reuters)

Ménages : baisse d’impôts très hypothétique (Valls)

Ménages : baisse d’impôts très hypothétique  (Valls)

Valls a réitéré la promesse de faire baisser les impôts des ménages mais à condition que la croissance progresse de 1,7 % en 2017. Une condition qui rend très hypothétique la promesse fiscale. En effet pour la plupart des instituts économiques la France aura bien du mal à atteindre +1,3 % pour le PIB en 2017. Du coup l’annonce de Valls ressemble à une promesse de coiffeur. «Nous avons fait baisser l’impôt sur le revenu depuis que je suis premier ministre. Dans mon discours de politique générale, j’avais dit que nous baisserions de cinq milliards l’impôt sur le revenu. Nous y sommes et nous allons poursuivre la baisse de l’impôt sur le revenu», a déclaré Valls sur BFM, tout en rappelant que «l’impôt est nécessaire (…) si nous voulons une armée forte, l’école de la République, les hôpitaux publics». Fait nouveau: le premier ministre ne conditionne pas cette future baisse des impôts à une croissance de 1,7% l’an prochain. C’était pourtant la condition fixée en juin dernier par François Hollande. «Si (…) la croissance était de 1,7% en 2017, ce geste fiscal, qui ne pourrait être supérieur à 2 milliards d’euros, viendrait s’ajouter aux allégements accordés depuis 2014 et qui ont d’ores et déjà concerné 12 millions de contribuables», avait-il précisé. Le président de la République avait par ailleurs précisé que la mesure concernerait les classes moyennes. De leur côté, toutes les entreprises bénéficieront d’une baisse de l’impôt sur les sociétés à 28% en 2020 contre 33,3% aujourd’hui pour la grande majorité d’entre elles, a confirmé Manuel Valls. Pour les PME, la mesure doit figurer dans le projet de Budget pour 2017. Cette baisse portera sur «une partie importante de leurs bénéfices», a indiqué Manuel Valls, renvoyant à une présentation plus détaillée par les ministres des Finances et du Budget «dans quelques jours». «L’objectif, c’est que l’entrée en vigueur soit la plus simple pour les sociétés», affirme le chef du gouvernement. Manuel Valls a aussi profité de l’occasion pour se féliciter des chiffres du chômage dévoilés hier par Pôle emploi. Après deux mois à la hausse, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A a baissé à fin juillet. «Ça baisse et ça va dans le bon sens, note le premier ministre. Ce qui est marquant c’est que l’économie française crée de nouveaux de l’emploi. Les entreprises françaises ont créé 140.000 emplois au cours de ces derniers mois. C’est le fruit d’une croissance vigoureuse et de tous les dispositifs adoptés qui ont donné plus de possibilités d’investissement», affirme-t-il. Manuel assure toutefois ne pas oublier que «nous vivons avec un chômage de masse, en dessous de 10% de la population active». Le premier ministre a notamment insisté sur «l’une des mesures qui marchent le mieux»: l’aide à la première embauche dans les PME qui prévoit un versement de 4000 euros sur les deux premières années suivant l’embauche. «Ça marche bien. Elles embauchent en CDI (…) Regardons les choses objectivement. Il y a des résultats, ils vont dans le bon sens. Il faut poursuivre les réformes et les dispositifs de soutien». Une note publiée par le Trésor cette semaine émet cependant quelques réserves sur la mesure. Si elle devrait permettre de créer 60.000 emplois supplémentaires d’ici à la fin d’année 2016, «à terme, la prime étant temporaire, l’impact sur le niveau d’emploi s’annulerait à horizon (de) cinq ans», précise l’institution qui souligne également son coût pour les finances publiques.

(Avec AFP)

Banques européennes : des fonds propres très insuffisants

Banques européennes : des fonds propres très insuffisants

« Les banques européennes ne disposent pas des fonds suffisants pour compenser les pertes attendues en cas de nouvelle crise financière », dit l’institut allemand de recherches économiques ZEW dans un communiqué. Professeur de finances au sein de cet institut, Sascha Steffen a collaboré avec des chercheurs de la Stern School of Business, l’école de commerce de l’Université de New York et de l’Université de Lausanne pour effectuer des tests de résistance avec les méthodes employées par la Fed en 2016 et par l’Autorité bancaire européenne (ABE) en 2014 afin de comparer les besoins en capitaux et les niveaux d’endettement des établissements étudiés. Avec la méthode de la Fed, ces 51 banques européennes affichent un déficit cumulé de fonds propres de 123 milliards d’euros, avec en tête de liste Deutsche Bank (19 milliards), Société Générale (13 milliards) et BNP Paribas (10 milliards). Les deux banques françaises ont des capitalisations boursières nettement supérieures à ces manques théoriques, respectivement de 26 milliards et 55 milliards d’euros pour Société Générale et BNP Paribas. La situation est différente pour Deutsche Bank, dont la capitalisation boursière est inférieure à 17 milliards d’euros. Pour Sascha Steffen, l’Europe serait bien inspirée de suivre l’exemple des mesures prises aux Etats-Unis après la crise financière internationale de 2008. « Les USA ont tiré leurs propres conclusions et mis en œuvre des mesures globales pour la recapitalisation du secteur bancaire américain dès 2008″, dit-il. « Le manque de volonté politique signifie que cela n’a toujours pas été fait en Europe. »

(Avec Reuters)

États-Unis : très net tassement de la croissance

États-Unis : très net tassement de la croissance

 

On attendait 2, 6 % mais selon des données publiées vendredi par le département du Commerce, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté seulement de 1,2% en rythme annualisé sur la période avril-juin.  En outre, la hausse du PIB du premier trimestre a été révisée à la baisse, à +0,8%, contre +1,1% précédemment estimé. En cause notamment la variation des stocks. Le total des stocks accumulés par les entreprises a reculé de 8,1 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, soit sa première baisse depuis le troisième trimestre 2011, alors qu’il avait augmenté de 40,7 milliards au premier trimestre. Hors les stocks, qui ont amputé le PIB de 1,16 point de pourcentage, la croissance du deuxième trimestre ressort en effet à 2,4%. La consommation des ménages, qui représente plus des deux tiers de l’activité économique américaine, a bondi de 4,2% sur le deuxième trimestre, soit sa progression la plus soutenue depuis le dernier trimestre 2014. Même s’il est peu probable que la hausse de la consommation des ménages se poursuive à un tel rythme, elle devrait néanmoins rester vigoureuse d’ici la fin de l’année au vu de l’amélioration du marché du travail, de l’augmentation du prix des logements et d’un taux d’épargne plus élevé. D’autre part, la croissance de l’activité manufacturière dans la région de Chicago a ralenti moins que prévu en juillet après avoir progressé le mois précédent à son rythme le plus soutenu depuis 18 mois, montre l’enquête mensuelle auprès des directeurs d’achat. L’indice PMI de Chicago est resté pour le deuxième mois de suite au-dessus de la barre des 50, qui sépare la croissance de la contraction de l’activité économique, en ressortant à 55,8 ce mois-ci contre 56,8 en juin et 49,3 en mai. Les économistes interrogés par Reuters avaient anticipé un indice à 54,0.

(Avec Reuters)

Perspectives croissance : des patrons pas très optimistes

Perspectives croissance  : des patrons pas très optimistes

 

Des perspectives de croissance moins favorables en 2016, des effectifs maintenus, une érosion des investissements et de la Recherche & Développement, une baisse de moral, c’est ce qui ressort des réponses de 269 dirigeants d’entreprises interrogées pour la 16ème édition du baromètre des Scale-Up réalisé par CroissancePlus, réseau d’entrepreneurs, et Astorg Partners, gérant de fonds LBO. L’avis de ces entreprises, qui ont réalisé au minimum 2 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2015, est indispensable pour mesurer les grands indicateurs , concernant leurs activités, leurs investissements, le recrutement, les financements et le niveau de confiance.

• Croissance

Sur les six premiers mois de l’année 2016, l’activité des entreprises est conforme aux objectifs pour 47% des entrepreneurs interrogés, inférieure aux objectifs pour 31% et supérieure aux objectifs pour 22%.

Comme en 2015, c’est la stratégie commerciale qui demeure le principal levier de croissance (42% – 1 point depuis novembre 2015). Vient ensuite le positionnement sur de nouveaux marchés (30%, +4 points), puis le recrutement de compétences (29%).

Pour les six prochains mois, 48% des personnes interrogées pensent que l’activité de leur entreprise sera en hausse tandis que 40% l’imaginent stable et 10% en baisse.

• Emploi

Côté emploi, 37% des entreprises ont embauché au cours des six derniers mois (-3 points), 49% ont maintenu leurs objectifs et 14% les ont réduits. Dans les six prochains mois, 63% des patrons interrogés comptent maintenir leurs effectifs, 32% souhaitent les augmenter et 5% les diminuer. Parmi ceux qui veulent embaucher, 25% souhaitent 1 à 9 personnes en plus et 7% au moins 10 personnes dans les six mois qui arrivent. Mais pour ces entrepreneurs, la mesure encourageante pour atteindre ces objectifs est d’alléger la fiscalité (84%), de baisser le coût du travail (75%), de donner plus de liberté dans l’organisation du travail (62%) donner plus d’importance à la négociation au niveau de l’entreprise (62%). Autant de mesures qui font penser que la loi travail, telle qu’elle avait été écrite initialement, aurait permis des avancées significatives pour les entrepreneurs.

• Investissements

L’équipement et l’appareil productif (machines) (40%) ainsi que la communication et la commercialisation (29%) ou la formation du personnel (26%) sont les domaines dans lesquels les patrons prévoient d’augmenter leurs investissements dans les six prochains mois. Encore une fois, la mesure qui leur permettrait d’investir davantage est un allègement de la fiscalité (89%), puis l’accès au financement bancaire des marchés (67%) et la création d’un crédit d’impôt numérique pour aider les entreprises dans leur digitalisation (53%).

• Innovation

La plupart des entreprises n’investissent pas (41%) en Recherche & Développement. 34% d’entre elles investissent 1 à 5 % de leur chiffre d’affaires (CA). A peine 5% investissent plus de 20% de leur CA. En moyenne, 5,5% du CA est investi en innovation en mai et juin 2016.

•Confiance

En ce qui concerne les perspectives du premier semestre 2016, les entreprises sont plutôt confiantes pour elles-mêmes (83%), pour leur secteur d’activité (67%). En revanche, elles sont sceptiques sur l’économie française (72%), sur l’économie européenne (61%) tout comme sur l’économie mondiale (56%). Et elles ne font plutôt pas confiance au gouvernement…

 

• Opinions politiques

D’ailleurs, s’il fallait voter pour un candidat socialiste les patrons éliraient d’abord Emmanuel Macron (41%), Manuel Valls (8%), François Hollande ou Martine Aubry (3%), puis Arnaud Montebourg (1%). 35% des personnes interrogées ne veulent aucune de ces personnalités et 9% ne se prononcent pas. Pour les candidats de droite, c’est Alain Juppé qui passe en première position (18%), puis François Fillon (15%), Nicolas Sarkozy (11%), Bruno Le Maire (10%), Xavier Bertrand (3%), Nathalie Kosciusko-Morizet (3%). 31% des patrons ne veulent aucune de ces personnalités et 9% ne se prononcent pas. Les entrepreneurs se positionnent peu ou alors, le candidat qui parviendra à offrir un avenir plus radieux aux entreprises n’existe pas (encore).

 

‘(Croissance plus)

Plan d’investissement Juncker : très symbolique

Plan d’investissement Juncker : très symbolique

 

Le plan Juncker sur les investissements visait surtout à satisfaire la France sans se fâcher avec l’Allemagne qui en refusait le principe. En fait ce plan mobilise réellement 7 milliards par an entre  2015 et 2017, 7 milliards qui avec différents effets de levier devaient d’après la commission européenne aboutir à la mobilisation de l’ordre de 100 milliards par an. Mais à ce jour 10 milliards seulement sont engagés sur des  projets réellement signés. Tout au plus dans le meilleur des cas ce plan Juncker concernera à peine 1%  des investissements européens, autant dire pas grand-chose Ce plan, lancé officiellement en juin 2015 et dans les faits dès avril, prévoit de mobiliser sur trois ans 315 milliards d’euros d’investissement. Pour cela, 21 milliards d’euros d’argents publics, issu du budget européen et des réserves de la Banque européenne d’investissement sont mobilisés. Ces 21 milliards sont utilisés comme garanties pour financer des projets, par l’intermédiaire de la BEI, à hauteur de 60 milliards d’euros. La Commission calcule ensuite que ces 60 milliards d’euros de projets génèrent au total 5 fois plus d’investissements, soit 315 milliards d’euros entre 2015 et 2017. Selon les chiffres de la Banque européenne d’investissement (BEI), le « total des investissements liés aux opérations approuvées au titre du Fonds européen d’investissement stratégique (FEIS)», le véhicule financier qui valide les projets, s’élèvent à 115,7 milliards d’euros au 19 juillet 2016. Il s’agit de fonds « approuvés » qui vont donc se déployer dans l’avenir et qui doivent encore être signés. Le financement des projets signés ne s’élèvent aujourd’hui qu’à 10,9 milliards d’euros. En outre surtout compte tenu des modalités de financement les projets annoncés par Juncker auraient de toute façon été décidée car il s’agit surtout d’une opération de transfert de financement. La prétention de Jean-Claude Juncker d’être à l’origine d’une reprise de l’investissement ne saurait donc tenir.  En France, l’investissement public des collectivités locales est en chute libre depuis deux ans pour permettre au déficit des administrations de passer sous les 3 % du PIB. En Espagne ou au Portugal, on va demander de « nouveaux efforts » pour éviter des sanctions et on se dit prêt à Bruxelles à geler des fonds structurels, donc des investissements européens dans ces pays… Au Portugal, au premier semestre, l’investissement public a chuté de 19,5 %. Ce qu’on donne (un peu) d’une main, on l’ôte donc de l’autre. Dans le même temps, on n’exige nullement de l’Allemagne plus d’investissement public pour réduire son excédent courant de 8 %, supérieur à ce que Bruxelles tolère normalement. Or, compte tenu du déficit d’investissement, tous les efforts devraient se conjuguer. Sinon, l’impact même du plan Juncker s’en voit réduit : il a une fonction partielle de compensation du sous-investissement public, non un effet d’entraînement.

Critique du CICE par le sénat : un rapport très « politique »

Critique du CICE par le sénat : un rapport très politique

 

 

 

Un rapport à charge et  très politique de la sénatrice communiste qui traduit un manque de compétence économique aussi un manque de sérieux de la part du Sénat qui nous a habitué à des rapports autrement pertinents. S’il est clair que le CICE (Entré en vigueur le 1er janvier 2013) présente de graves insuffisances en matière de ciblage (certains secteurs qui en ont bénéficié n’étant pas soumis à la concurrence internationale et certaines PME n’en ayant pas assez profité) par contre la condamnation du dispositif paraît particulièrement excessive. Le dispositif  permet aux entreprises d’alléger leur masse salariale pour les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Son taux était de 4% en 2014. Il a grimpé à 6% cette année et culminera à 7% l’année prochaine, comme l’a récemment annoncé François Hollande, le chef de l’Etat.  En s’ajoutant aux allègements de charges sur les bas salaires, le CICE a permis l’allègement de la masse salariale des entreprises, réduisant le coût du travail. La sénatrice communiste considère que le CIC.E. n’a pas renforcé la compétitivité notamment du secteur manufacturier. Difficile de l’affirmer car les fait de ce type de mesure ne peut se faire sentir qu’à moyen et long terme,  en outre il est toujours complexe de procéder à l’évaluation pour ce type de mesure. Le CICE. a permis de restaurer certaines marges et au-delà de renforcer les capacités d’investissement. Ce n’est qu’après la restauration des marges et des capacités d’investissement qu’on peut éventuellement constater des effets  sur l’emploi. Ces effets se mesurent  au nombre d’emplois créés mais aussi au nombre d’emplois maintenus. Le rapport de la sénatrice communiste considère que le crédit d’impôt n’a permis de maintenir que 125 000 emplois. Là encore toute estimation ne peut être qu’approximative et la critique paraît peu pertinente. Il faut cependant observer une critique assez juste concernant les bénéficiaires du CIC.E. qui a surtout profité aux grandes entreprises. Par ailleurs, selon le Sénat, les ETI et les grandes entreprises sont les entreprises qui ont bénéficié en majorité du CICE. Elles représentent respectivement 22,8% et 30,2% des créances. Or, l’emploi se crée surtout dans les PME, PME qui ne « pèsent » que 32,7% des créances. Le rapport de la sénatrice constate que le CICE a constitué une aubaine critiquable pour les  entreprises en difficulté en rendant possible une amélioration de la trésorerie. Il faudrait faire observer à la sénatrice que cette amélioration de trésorerie n’a été possible que grâce à de meilleures marges, marges rendues possibles avec la baisse des charges. La sénatrice reprend à son compte les critiques des frondeurs du PS et de l’extrême gauche qui considèrent  que le CICE est donc un cadeau sans contrepartie fait aux entreprises. Le rapport critique  le coût exorbitant de ce dispositif. Celui-ci est estimé à environ 20 milliards d’euros pour les finances publiques à l’horizon 2020. Pour l’instant, le montant des créances pour les exercices 2013, 2014 et 2015 s’élève à 48 milliards d’euros. C’est la plus importante dépense fiscale de l’Etat, très loin devant le crédit impôt recherche dont le coût annuel avoisine les 6 milliards d’euros. «  Sachant qu’il n’y a jamais eu d’étude d’impact de ce dispositif, la décision de relever de 6% à 7% le taux du CICE est dans ce contexte risquée pour les finances publiques  », conclut la sénatrice qui s’interroge sur l’avenir de ce dispositif. En novembre 2015, François Hollande indiquait que le CICE serait transformé en un allègement de charges, conformément au souhait de Louis Gallois en 2012. En réalité ce rapport constitue une critique en règle du concept même de réduction de la fiscalité portant sur les charges sociales. Rien de surprenant si l’on tient compte manque de compétences d’une sénatrice, ancienne institutrice, qui n’entretient qu’un lien approximatif avec la problématique économique.

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