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Royaume-Uni: le recul des travaillistes

 Royaume-Uni: le recul des travaillistes  

 

Pour Denis McShane, ancien ministre travailliste, son parti est doublement fragilisé par un leadership faible et une base ouvrière évanescente

 

 

Comment expliquez-vous les résultats décevants du Labour lors de l’élection législative partielle dans son fief de Hartlepool, ainsi qu’en Ecosse ?

Le Parti travailliste a d’abord fait une grande erreur en organisant la législative partielle le même jour que les élections régionales. Il ne faut pas oublier que c’était une circonscription conservatrice jusque dans les années 1950 et que le candidat du Parti du Brexit qui avait emporté 10000 voix en 2019 ne se présentait pas. Résultat, il y a eu un report de voix et Johnson a pu parader à Hartlepool. Quant à l’Ecosse, tous les partis classiques, conservateur comme travailliste, ont subi une déroute. Le Labour a enregistré toutefois un score remarquable au Pays de Galles et continue de contrôler neuf des 12 grandes villes anglaises dont Londres, la capitale. Je crains que le Labour ne connaisse le même sort que le Parti social-démocrate allemand et nombre de ses homologues européens et qu’avec la perte de son électorat ouvrier, il ne dépasse plus les 25% des voix. Cela permet de participer à des coalitions comme dans les pays nordiques, en Espagne ou en Italie, mais pas de connaître de grandes victoires comme celle de Mitterrand il y a quarante ans. Les syndicats ouvriers (mineurs, sidérurgistes, etc.) qui ont soutenu le parti pendant plus d’un siècle ont perdu massivement leurs adhérents (le taux de syndicalisation est tombé de 32,4% en 1995 à 23 % en 2019) avec la désindustrialisation.

C’est une question de leadership ?

La période où le Labour a été dirigé par Jeremy Corbyn (2015-2020) a été désastreuse. Son successeur, Keir Starmer, est un avocat, entré en politique dans sa cinquantaine, sans expérience de terrain, et le parti continue d’être divisé. Les frondeurs sont toujours là. Ils refusent de reconnaître que Corbyn n’était pas l’homme de la situation et pensent que l’avenir se trouve dans la gauche radicale. Le Parti travailliste a toujours été trop gentil avec ses leaders. Ce n’est pas le cas des conservateurs qui n’hésitent pas à virer leurs dirigeants lorsqu’ils perdent une élection. Même Margaret Thatcher a été remerciée en son temps !

Tout semble aussi glisser sur Boris Johnson : les scandales, la gestion de la pandémie…

Comme partout, les électeurs sont devenus cyniques. Ils ne se font pas trop d’illusions sur leurs dirigeants. Et le dernier scandale sur la coûteuse rénovation de sa résidence du 10 Downing street avec des fonds publics n’est pas très sérieux. Comme dit le philosophe grec Héraclite, « le caractère d’un homme définit son destin ». Et c’est le talon d’Achille de Boris Johnson. Il n’est pas fait pour diriger une nation qui est, aujourd’hui, totalement divisée.

Le Scottish national party de Nicola Sturgeon va-t-il pouvoir imposer la tenue d’un référendum ?

Nicola Sturgeon est avocate, quelqu’un de très prudent. Elle sait que l’Ecosse ne peut pas se permettre de perdre un second référendum sur l’indépendance après l’échec de 2014. C’en serait terminé pour un siècle. Le SNP n’a pas obtenu la majorité absolue – ce qui est quasiment impossible avec le système électoral – mais le parti Vert qui a gagné des sièges est aussi favorable à l’indépendance. Donc, la majorité des Ecossais est clairement pour un référendum. Quand? Avec quelle question ? Johnson a fermé la porte pour l’instant. Ce qui va aider Nicola Sturgeon qui va jouer le peuple écossais contre l’arrogance nationaliste.




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