Archive pour le Tag 'travail'

« L’insertion Sociale et sociétale par le travail »

« L’insertion Sociale et sociétale par le travail »

 

Spécialistes du travail et des ressources humaines, Bruno Dupuis et Franck Morel donnent dans l’Opinion l’exemple de déficients cognitifs salariés en usine, et suggèrent son extension aux décrocheurs scolaires ou aux accidentés de la vie.

 

La crise sanitaire met en évidence la vulnérabilité professionnelle des personnes fragiles mais aussi l’importance d’investir dans les compétences et de soutenir le travail. Plus que jamais, nous avons besoin d’alimenter le « journal des bonnes nouvelles ». Nous souhaitons témoigner d’une expérience dans laquelle nous nous sommes investis alors que nous étions conseillers ministériels et qui mérite d’être valorisée.

Reconnue d’utilité publique pour ses travaux scientifiques sur le travail manuel dans le développement des personnes, la Fondation Amipi- Bernard Vendre forme et emploie en continu 750 personnes atteintes de déficiences cognitives dans ses six usines de production apprenantes et inclusives (UPAI) de câblage électrique. Celles-ci ont embauché 600 personnes depuis 2014, et évité ainsi 34 millions de dépenses publiques certaines – d’autres estimations indiquent 65 millions d’euros.

Il s’agit de développer, par le travail manuel et des apprentissages adaptés, les capacités de personnes souffrant de déficiences cognitives mais pouvant travailler dans cette activité précise. Des recherches ont montré que ces activités de fabrication industrielles stimulaient la plasticité du cerveau. La raison d’être de la Fondation est de développer, à l’aide de programmes fondés sur les neurosciences, les compétences des personnes considérées comme éloignées de l’emploi afin de leur permettre de s’insérer dans une entreprise dite normale et, dans la vie, d’acquérir une véritable autonomie.

Cette activité dépend du soutien public et des clients, usines françaises du secteur automobile qui ont fait le choix de s’engager dans une politique de responsabilité sociétale et environnementale et acceptent raisonnablement de payer plus cher une partie de la production confiée, au lieu de la délocaliser dans des pays à bas coûts. Cet approvisionnement local a aussi pour avantage de répondre au défi d’une économie moins carbonée.

Lien social. Le neuropsychiatre Jean-Michel Oughourlian, qui a relaté son expérience d’immersion dans ces usines (Le travail qui guérit l’individu, l’entreprise, la société, Plon, 2018), explique que la quasi-totalité des collaborateurs handicapés concernés a répondu choisir le travail plutôt que de rester chez soi avec un revenu identique de 120% du smic. Le travail ne se limite pas à l’obtention d’un salaire mais constitue ce lien social irremplaçable qui permet de sortir de l’isolement, d’avoir un rôle dans la société, de se valoriser et d’être valorisé.

Le travail « guérit » l’individu mais aussi la société. Le non-travail représente un coût significatif pour la collectivité, y compris par les répercussions médicales observées sur une large partie des personnes inactives, notamment la perte de l’estime de soi, et par les répercussions sur le plan sociétal, avec un risque de désocialisation.

Ce modèle vertueux soutient la réindustrialisation, la redynamisation de nos territoires et forme des personnes en capacité de travailler. Il pourrait utilement être étendu à d’autres publics éloignés de l’emploi – décrocheurs, accidentés de la vie…

Pour cela, il est nécessaire d’encourager la politique RSE des entreprises en leur donnant les moyens et les conditions d’accroître leur compétitivité sans délocaliser. C’est une politique d’avenir que celle du choix du travail et du sens.

Bruno Dupuis est consultant RH et en stratégie sociale, ancien conseiller du ministre du Travail. Franck Morel est avocat (Flichy Grangé), ancien conseiller social du Premier ministre et de plusieurs ministres.

Chômage : la progression masquée par le travail partiel

Chômage : la progression masquée par le travail partiel

Il est clair que les chiffres de pôle emploi sont complètement faussés pour dénombrer le nombre de chômeurs du faîte du travail partiel qui concerne plus de 2 millions de salariés indemnisés partiellement.

23 000 demandeurs d’emplois en catégorie A supplémentaires, soit une hausse de 0,6% par rapport à janvier a été constatés par le ministère. Celle-ci touche l’ensemble des tranches d’âges, jeunes, médians, comme séniors.

Le nombre de chômeurs en catégories B et C (activité réduite) est en baisse de 0,9% (- 28 000 personnes). Toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d’emploi est en légère hausse en France (hors Mayotte), de 2 700 personnes pour atteindre les 6,7 millions. Sur un an, par rapport à la même période en 2020, le chômage a augmenté de 9,5%.

Dégradation. Cette hausse mensuelle pourrait s’expliquer, selon la Dares, par l’augmentation du nombre de ruptures conventionnelles homologuées. Ces dernières ont bondi de 1,7% en février, pour un total de 35 800. Depuis le début de l’année, les chiffres du chômage sont inconstants. Ils avaient baissé de 0,9% en janvier (pour la catégorie A, soit – 34 600 personnes).

Un statut du détenu travailleur mais avec quel travail ?

Un  statut du détenu travailleur mais avec quel travail ?

Le ministre a annoncé la création d’un code du travail du détenu ce qui constitue une avancée sociale. Le seul problème c’est que d’administration pénitentiaire manque cruellement de travail pour tous les détenus et beaucoup sont condamnés au désœuvrement. De toute manière cela ne vaut que pour les longues peines.

«Je vais mettre en place un contrat de travail. Il ne peut pas y avoir de décalage entre la prison et le reste de la société, ou alors on considère que la prison est une société à part», a affirmé le ministre de la Justice dans l’émission Zone interdite sur M6. En fait compte-tenu de la grande misère des équipements pénitentiaires le gouvernement répond de manière uniquement réglementaire. La situation pénitentiaire exigerait des investissements considérables pour offrir à chaque détenu une possibilité d’emploi. À défaut d’investissement, on devra se contenter d’un texte de loi qui n’est pas inutile bien au contraire mais très insuffisant.

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Le texte prévoit également que le gouvernement puisse légiférer par ordonnance pour permettre «l’ouverture de droits sociaux aux personnes détenues, dès lors qu’ils sont utiles à leur réinsertion et notamment les droits à l’assurance-chômage, vieillesse, maladie et maternité et maladie professionnelle et accident du travail».

« Drame social » : les fonctionnaires refusent la durée légale de travail !

« Drame social » : les fonctionnaires refusent la durée légale de travail !

 

Un véritable « drame social » chez les fonctionnaires parisiens qui vont être contraints de respecter la réglementation sur le travail et qui risquent de perdre huit jours de congé. Le nouveau régime pour les employés de mairie prévoit 1607 heures de travail par an. 

À périmètre constant, les effectifs des agents de la ville de Paris sont très précisément passés de 49 872 en 2014 à 50 447 en 2019. Soit une augmentation annuelle de 0,23 %, et de 1,15 % sur cinq ans.

C’est l’usage   dans la fonction publique locale de ne pas respecter la réglementation . Cette tolérance ajoutée aux conditions de travail généralement particulièrement confortables laisse penser qu’il y a sans doute deux  mondes dans l’économie. Celui de travailleurs protégés qui bénéficient de conditions sociales particulièrement soft par rapport au monde privé qui connaît à la fois la précarité et les exigences croissantes de la productivité .

La  mairie de Paris a rappelé que les dispositions relatives au temps de travail étaient «d’application obligatoire» et que le temps de travail «ne pourra plus être inférieur à 1607 heures» sauf pour les agents qui travaillent la nuit ou le week-end. «Nous n’avons pas le choix de mettre en œuvre la loi, mais nous avons la possibilité d’en définir certaines des modalités d’application, .

 

Le dialogue social est crucial et doit être le plus ouvert et le plus fructueux possible (…) pour trouver des modalités de mise en œuvre (de la loi) qui préservent les conditions de travail des agents.» Il a également ajouté que «l’histoire des progrès sociaux (était) aussi une histoire de compromis». De son côté, la maire de Paris Anne Hidalgo a simplement précisé qu’un nouveau cadre serait défini après dialogue social, cadre qui devra «être conforme au règlement».

Durée du travail : la plus faible en France avec 630 heures par an

Durée du travail : la plus faible en France avec 630 heures par an

En France d’après François Lenglet, on travaille 630 heures par an et par habitant. C’est-à-dire que quand on prend l’ensemble des heures travaillées en France sur une année, et qu’on divise ce chiffre par la totalité de la population française, 67 millions, tous les habitants du pays, quel que soit leur âge, les bébés comme les vieillards, on arrive à 630 heures.

Selon l’OCDE, qui publie le classement, la France est le pays où cette quantité de travail par habitant est la plus faible. L’Espagne est à 697 heures par habitant, l’Allemagne est à 722 heures, le Royaume-Uni à 808, les États-Unis à 826, la Suisse à 943, la Corée à plus de 1.000. Il n’y a guère que la Turquie et la Belgique qui s’approchent de nous, à 637 heures par an et par habitant.

Cela explique bon nombre de nos difficultés. 630 heures par an, c’est à peu près quatre mois de travail à temps plein. Quatre mois, c’est un tiers de l’année, qui en compte douze. Ça veut dire que pour avoir l’équivalent d’un seul temps plein, il faut trois Français. Vous me suivez ? Ou bien, dit autrement, et c’est ça qui est sidérant, pour chaque Français qui travaille à temps plein, il y en a deux qui ne travaillent pas.

C’est cela, l’incroyable réalité française. Sur chaque actif repose le revenu d’un jeune, qui ne travaille pas encore, et d’un senior, qui ne travaille plus, les deux vivant de la redistribution directe ou indirecte des richesses produites par la personne en activité.

 

Ça veut dire qu’une charge considérable repose sur les épaules de chaque actif ! C’est exactement cela. Une charge qui est la plus forte de tous les pays de l’OCDE. Cela se matérialise bien sûr par le niveau des prélèvements et des charges sociales, qui est aussi le plus élevé de l’OCDE ou presque. 

Et ça explique nos problèmes de financement de retraite, la base sur laquelle nous prélevons les cotisations, c’est-à-dire la quantité de travail, n’est pas assez grande. Et ça explique notre dette publique : la quantité de travail fournie, de richesses créées, n’est pas suffisante pour financer le niveau de vie de tous les Français sans recourir au déficit, c’est-à-dire à l’emprunt.

Paresseux les Français ?

Non, on pourrait même dire le contraire. C’est extraordinaire d’arriver à un tel niveau de vie avec aussi peu de travail, même si on prend en compte le déficit, ca veut dire que les Français actifs sont parmi les salariés les plus productifs du monde.

Comment cette dernière place dans le classement s’explique-t-elle ? Parce que les Français ont l’une des durées hebdomadaires les plus courtes du monde, avec les 35 heures. Qu’ils ont aussi des carrières parmi les plus courtes du monde, avec des départs à la retraite plus précoces qu’ailleurs. Et parce que le nombre d’actifs au travail est, en proportion, plus faible qu’ailleurs, à cause du chômage de masse que connaît la France.

 

 

Dans ce cas, avec une moyenne de 630 heures par an, la France se classe bien dernière. Elle se situe même loin derrière la Corée ou le Luxembourg, qui occupe cette fois le haut du classement avec plus de 1.000 heures travaillées et par habitant. Mais, comme le reconnaît Antoine Goujard, cette statistique présente un biais.

 

Elle prend en compte les enfants et les personnes âgées, population qui ne travaille pas. « En outre, l’espérance de vie et la part des plus de 65 ans sont en France plus élevées que dans certains pays membres, décrypte Antoine Goujard. Donc, mécaniquement, ça diminue le temps de travail par habitant. »

Le temps de travail : la faiblesse de la France ?

Le temps de travail : la faiblesse de la France ?

D’après par Antoine Goujard, Bureau France, Département économique de l’OCDE, les Français, qu’ils soient salariés ou non salariés, travaillent en moyenne moins chaque année que dans la moyenne des pays de l’OCDE, avec 1526 heures travaillées pour 1751 dans la moyenne des pays de l’OCDE en 2016. Cet écart a été relativement stable sur les 20 dernières années . Issues de la comptabilité nationale, ces données sur les heures travaillées représentent le nombre total d’heures effectivement travaillées par an divisées par le nombre de personnes en emploi (salariés et/ou travailleurs indépendants) par an. Les heures effectives comprennent les heures de travail à plein temps, temps partiel et pour les personnes ayant un travail irrégulier, les heures supplémentaires payées ou non, les heures dues à un travail additionnel, et excluent le temps effectivement non travaillé pour jours fériés, et les congés pour raisons diverses et heures chômées pour des raisons techniques ou économiques, grèves et autres mouvements sociaux, compensation chômage ou autres raisons.

Ce sont surtout ces jours non-travaillés qui expliquent la différence en heures annuelles de la France par rapport aux autres pays de l’OCDE. Les heures travaillées dans une semaine habituelle sont en France en ligne avec la moyenne de l’OCDE. Les travailleurs français, salariés ou indépendants, effectuent 37,2 heures par semaine habituelle (i.e. excluant les congés et autres absences) pour 37,3 en moyenne dans l’OCDE (Figure 2, Panneau A). Certes, les salariés à temps plein travaillent moins en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE lors d’une semaine habituelle, à 38,9 heures hebdomadaires pour 40,1 dans l’OCDE . Cependant, le nombre de travailleurs à temps partiel ou irréguliers est inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE et le temps de travail sur une semaine habituelle des salariés à temps partiel est plus important en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE .

Outre, le temps de travail des actifs occupés, il est essentiel de considérer les périodes de chômage et d’inactivité. L’emploi est nettement plus faible en France que dans les autres pays de l’OCDE : le taux d’emploi total (le ratio du nombre de personnes employées par la population de 15 à 64 ans) s’élèvait à 65,6% au quatrième trimestre 2018, inférieur de trois points à la moyenne OCDE. L’emploi est tiré à la baisse par le faible emploi des jeunes et des personnes agées de plus de 55 ans ). Alors que 80,8% des personnes entre 25 et 54 ans travaillent en France pour 78,6% dans l’ensemble de l’OCDE, seuls 30,5% des 15-24 ans sont en emploi pour 42% dans l’OCDE. Pour les 55-64 ans c’est seulement 52,6% des Français qui sont en emploi, pour 61,7% en moyenne dans le reste de l’OCDE. Les statistiques sont similaires pour le taux de participation au marché du travail, ce qui suggère un problème d’employabilité plutôt que de découragement, en lien avec les compétences relativement faibles d’une part importante de la population (OCDE, 2019).

La France a du mal à intégrer les jeunes dans l’emploi, notamment les moins qualifiés, et presqu’autant à maintenir dans l’emploi les plus de 54 ans. Pour les plus jeunes, la faiblesse des taux d’emploi s’explique principalement par des difficultés ciblées d’intégration au marché du travail. Le taux de scolarisation des 20-29 ans (20,4 %) est inférieur à la moyenne de l’OCDE (28,6 %) et les taux d’emploi en sortie d’étude sont beaucoup plus faibles que dans la moyenne des pays Européens pour les moins qualifiés (Boone et Goujard, 2019). Pour les plus de 54 ans, la durée du travail est faible alors que l’espérance de vie, notamment en bonne santé, est élevée, d’où la question du financement des retraites. On travaille moins longtemps sur le cycle de vie en France qu’ailleurs dans l’OCDE : l’âge effectif de sortie du marché du travail est le second plus bas de tous les pays de l’OCDE pour les hommes et le septième plus bas pour les femmes (Figure 3, panneau B). L’âge effectif de sortie du marché du travail prend en compte tous ceux qui sortent de la population active au-delà de 40 ans, y compris pour des raisons d’inactivité ou d’invalidité.

En raison des faiblesses du marché du travail, un taux d’emploi moins élevé chez les jeunes et les plus de 54 ans, des difficultés d’intégration au marché du travail des moins qualifiés, et de cet âge de retrait du marché du travail faible, la durée de cotisation au système de retraite est actuellement plus faible qu’ailleurs en Europe (la durée de cotisation nécessaire pour recevoir une retraite à taux plein est cependant appelée à augmenter progressivement de 41 ans et 2 trimestres en 2019 pour atteindre 43 ans en 2035 pour les générations nées en ou après 1973). En 2017, les Français partant en retraites ont en moyenne travaillé 34,5 années avant la retraite contre 35,6 dans l’Union Européenne (à 27) (Commission Européenne, 2018), alors même que l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé sont élevées. La durée de de vie passée à la retraite est ainsi parmi les plus élevées de l’OCDE, à 25 ans soit 5 ans de plus que la moyenne de l’OCDE.

En conclusion, la faiblesse relative du temps de travail  en France provient à la fois de choix de société et d’un mauvais fonctionnement du marché du travail. Les congés élevés, l’âge d’ouverture des droits et les autres paramètres du système de retraite rentrent dans la première catégorie. La question est de savoir si ces choix sont finançables et s’ils ne se font pas au détriment d’autres objectifs. Il s’agit donc avant tout de choix politiques. L’autre source de la faiblesse relative du temps de travail tient aux insuffisances du marché du travail, comme les difficultés d’insertion des jeunes et moins jeunes et les discriminations à l’emploi, le temps partiel subi, sans compter la persistance d’un chômage élevé.

Augmenter le temps de travail en France nécessite donc une stratégie globale. En premier lieu, il est urgent d’agir pour l’emploi des jeunes, seniors et moins qualifiés , c’est-à-dire faciliter l’accès à la formation professionnelle et améliorer la qualité de celle-ci, ainsi que développer davantage l’apprentissage et l’accompagnement, en lien avec les réformes en cours. Réduire les recours excessifs aux contrats courts permettrait aussi de favoriser le développement des CDI et de limiter la récurrence de certains épisodes de chômage. En second lieu, même si l’âge de départ à la retraite est un choix de société, les coûts d’un départ précoce tant pour les individus (retraites plus basses) que pour la société (renoncement à d’autres projets collectifs) peuvent être très élevés. Revoir les pénalités et primes de retraite en fonction de l’âge de départ permettrait que ces coûts soient mieux intégrés dans les choix individuels. Aligner les paramètres des différents systèmes de retraites améliorerait aussi significativement la lisibilité du système et la mobilité de la main-d’œuvre, en ligne avec la réforme engagée.

Bibliographie

Boone, L. and A. Goujard (2019), La France, les inégalités et l’ascenseur social. https://oecdecoscope.blog/2019/02/25/la-france-les-inegalites-et-lascenseur-social/.

Commission Européenne (2018), “The 2018 Ageing Report – Economic & Budgetary Projections for the 28 EU Member States (2016-2070)”, Institutional Paper, No 79, https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/economy-finance/ip079_en.pdf

OCDE (2014), Vieillissement et politiques de l’emploi : France 2014 – Mieux travailler avec l’âge, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/9789264206847-fr.

OCDE (2019), Études économiques de l’OCDE : France 2019, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/10f0135f-fr

Droit du Travail: Apple punit son sous-traitant en Inde

Droit du Travail: Apple punit son sous-traitant en Inde

Apple a décidé de prendre des sanctions vis-à-vis d’une entreprise en Inde où les ouvriers se sont révoltés contre le non-paiement de leurs salaires. Il est clair que cette affaire ne renforce pas l’image de marque d’Apple. En effet en Inde , la moyenne le salaire et de l’ordre de 354 €, il peut parfois atteindre jusqu’à 500 € mensuels. Dans l’

usine d’iPhone de Wistron située dans l’Etat de Karnataka, près de Bangalore, les salaires n’étaient pas versés et les heures supplémentaires non comptées.

Selon les premiers résultats d’une enquête interne menée par Apple, le sous-traitant n’a pas respecté le Code de conduite des fournisseurs de l’entreprise californienne.

Il n’a pas su, notamment, mettre en place de procédures appropriées de gestion du temps de travail et de suivi des présences, ce qui a mené à des retards dans les paiements des salaires des travailleurs en octobre et en novembre.

Dans un communiqué publié samedi, Wistron a admis que certains travailleurs n’avaient pas été payés correctement.

“La police a arrêté 149 personnes suite à l’incident, selon un officier de police. La mise a sac avait fait perdre des millions de dollars au sous-traitant taïwanais.

Wistron est l’un des premiers fournisseurs internationaux de la firme à la pomme. En Inde, il produit des iPhone 7 ainsi que des iPhone SE de deuxième génération. Notons que certains iPhones peuvent être vendus 1000 € et même davantage.

Elisabeth Borne (ministre du Travail): une interview typique d’une technocrate ministre !

Elisabeth Borne (ministre du Travail): une interview typique d’une technocrate ministre !

 

 

Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion.

 

Elisabeth Borne (ministre du Travail): à donné une interview dans le journal l’Opinion qui caractérise bien le flou artistique d’une technocrate investie récemment dans la politique. Dans cette interview , on trouve tout,  , le contraire aussi. Une sorte de positionnement de type radical-socialiste de la IVe République. ou  de « en même temps ».

Interview

La crise a-t-elle favorisé le dialogue social ?

Elle l’a revivifié. Dès le début de la crise, les partenaires sociaux ont fait preuve d’esprit de responsabilité. Lors du premier confinement, 9 000 accords de reprise d’activité ont été signés. Aujourd’hui, on compte 6 500 accords sur l’activité partielle de longue durée (APLD) dans les branches et les entreprises. Syndicats et patronat négocient également sur des sujets de plus long terme : ils sont parvenus à un accord sur le télétravail, signé par trois organisations patronales et quatre syndicales. Ils se sont entendus également sur la santé au travail. L’Etat est aussi dans la coconstruction avec eux. Par exemple, avec le dispositif Transitions collectives qui gardera sa pertinence au-delà de la crise actuelle.

Quel en est le principe ?

Certains secteurs, comme la restauration collective, sont frappés par la crise ; d’autres sont en tension comme les métiers du soin, le BTP, le digital. L’Etat va prendre en charge la rémunération et la formation des salariés pour leur permettre de passer d’un secteur à l’autre et d’éviter des périodes de chômage. A hauteur de 100 % pour les entreprises de moins de 300 salariés, de 70 % pour celles dont les effectifs sont compris entre 300 et 1 000 ; et de 40 % au-delà. L’idée est de faire jouer la mobilité professionnelle plutôt que géographique : on ne va pas demander aux salariés de partir à l’autre bout du pays.

Sur des réformes importantes comme l’assurance-chômage, il est important d’aller au bout de la concertation, mais s’il n’y a pas un accord, l’Etat prendra ses responsabilités

Ne tombe-t-on pas dans le biais français d’un dialogue social à trois, avec l’Etat, et non pas à deux, entre patronat et syndicats ?

Ce n’est pas du tout ma conception des choses. Quand nous avons établi l’agenda social, en juillet, nous avons retenu des thèmes de concertation entre les seuls partenaires sociaux, dès lors qu’ils sont les mieux placés pour les mener. C’est le cas pour le télétravail ou la santé au travail pour lesquels ils viennent de signer des accords. Il existe également des champs de coconstruction comme celui sur la mobilité professionnelle. Enfin, sur des réformes importantes comme l’assurance-chômage, il est important d’aller au bout de la concertation, mais s’il n’y a pas un accord, l’Etat prendra ses responsabilités.

Faut-il accoutumer l’opinion à la sortie du « quoi qu’il en coûte » et comment le faire en douceur ?

En France, l’Etat a joué un rôle majeur pour amortir le choc économique et social de la crise. Mais il ne pourra pas indéfiniment poursuivre son soutien aux entreprises. Ainsi nous allons faire évoluer les principes de la prise en charge de l’activité partielle [ou chômage partiel]. Les secteurs faisant l’objet de fermeture administrative continueront à être pris en charge à 100 %. Pour les secteurs protégés (tourisme, aéronautique, événementiel, etc.), le taux de 100 % sera maintenu au moins jusqu’à fin janvier. Ensuite, nous distinguerons parmi ces activités, celles qui peuvent repartir rapidement, comme les restaurants qui devraient retrouver immédiatement leur clientèle, et celles qui ont besoin de temps pour la remise en route, comme les organisateurs de salons. Le taux de prise en charge sera adapté à chacun. Pour tous les autres secteurs, le taux restant à la charge des entreprises (15 %) sera maintenu en janvier, ensuite on passera à 40 %, ce qui était initialement prévu pour novembre. Mais toutes les entreprises ont la possibilité de négocier des accords d’APLD, avec un reste à charge limité à 15 %. C’est le bon outil d’autant qu’il comprend un volet formation permettant de renforcer les compétences des salariés.

La crise n’a-t-elle pas fait apparaître la réalité du travail au noir, privant certains travailleurs de filets de sécurité ?

La perte de petits jobs, de l’économie informelle ou pas, à cause de la crise a aggravé la précarité. Durant le premier confinement, on a assisté à un effondrement des missions d’intérim, des contrats courts. En octobre, les embauches en CDD de moins d’un mois sont inférieures de 25 % à ce qu’elles étaient l’an dernier. L’aide exceptionnelle de 900 euros que nous avons mis en place pour les contrats courts, permet de répondre aux travailleurs qui alternent en temps normal ces contrats et les périodes de chômage. Il est vrai que ces protections n’existent pas pour les personnes qui vivent de l’économie informelle, qui apparaît de fait encore plus fragilisante.

Les principes demeurent : il faut inciter les entreprises à sortir des contrats courts à répétition ; la crise montre à quel point c’est pénalisant pour les salariés. Et il faut qu’il soit toujours plus rémunérateur de travailler plutôt que d’être demandeur d’emploi

Quelles sont les réformes sociales à faire aboutir d’ici à la fin du quinquennat ?

Il faut rappeler celles que nous avons faites comme la formation professionnelle et l’apprentissage, et leur succès : nous allons battre le record de 2019 pour le nombre d’apprentis. Je souhaite que nous allions au bout de la réforme de l’assurance-chômage, en tenant compte du nouveau contexte. Nous allons revenir vers les partenaires sociaux avec des propositions plus précises. Mais les principes demeurent : il faut inciter les entreprises à sortir des contrats courts à répétition ; la crise montre à quel point c’est pénalisant pour les salariés. Et il faut également qu’il soit toujours plus rémunérateur de travailler plutôt que d’être demandeur d’emploi.

Les retraites ?

La crise n’a pas réduit la pertinence de la réforme qui permet de mieux prendre en compte les carrières hachées : le système actuel pénalise notamment les travailleurs de la deuxième ligne. Cette réforme doit se faire dans le dialogue social. En juillet, nous avions dit que la discussion devait reprendre à la fin de cette année ou au début de la suivante. Il faut ajuster ce calendrier en fonction des urgences du moment, faire preuve de pragmatisme. La réforme de l’assurance-chômage est prioritaire. Ensuite, sur les retraites, il faut parvenir à trouver un chemin avec les partenaires sociaux. On ne peut pas traiter tous les sujets en même temps.

Faut-il à la fois réformer le système de retraites et en rétablir l’équilibre financier ?

Quand on veut faire les deux en même temps, on est mal compris. Les événements nous l’ont montré. Nous n’allons pas mettre la question de la dette sous le tapis, mais il s’agit d’une problématique globale. Il faut distinguer ce qui relève des effets directs de la Covid-19, avec une baisse générale des recettes, des questions structurelles comme nous l’avons dit, en juillet, avec les partenaires sociaux.

Traiterez-vous le sujet financier avant la fin du quinquennat ?

Il faut d’abord en prendre la mesure et tenir compte du climat social, du climat psychologique du pays comme l’a dit le président de la République. Le sujet des retraites n’est pas celui dont les partenaires sociaux me parlent le plus spontanément ! Nous avons une urgence commune, sortir de la crise sanitaire, économique et sociale, et protéger les emplois.

Pour les jeunes, par exemple, nous avons fait le choix de privilégier l’activité et l’insertion professionnelles. C’est plus efficace qu’un RSA jeunes

Et l’ambition réformatrice du Président ?

Nous n’avons pas arrêté les réformes, nous avons beaucoup innové dans cette crise, y compris avec des dispositifs durables. Pour les jeunes, par exemple, nous avons fait le choix de privilégier l’activité et l’insertion professionnelles. C’est plus efficace qu’un RSA jeunes. Tous ont désormais droit à un accompagnement, avec l’APEC, Pôle emploi ou une mission locale. Ces parcours vers l’emploi permettent aux jeunes de bénéficier d’un soutien financier quand ils en ont besoin.

Vous intervenez, le 12 décembre, devant Territoires de progrès. Pour porter quel message ?

Territoires de progrès [une initiative de macronistes venus de la gauche] regroupe des gens dont je partage la sensibilité sur nombre de sujets, comme la nécessité d’avoir un dialogue apaisé, avec les territoires, avec les partenaires sociaux. Je le fais depuis le début du quinquennat. Je souhaite aussi porter deux convictions fortes : agir pour l’égalité des chances et l’émancipation par le travail, c’est ce qu’on fait pour les jeunes. Aucun ne doit être empêché d’accéder à l’emploi ou à une formation parce qu’il a des problèmes financiers. Ou avec les emplois francs qui favorisent l’embauche des personnes venues des quartiers prioritaires.

Assumez-vous une sensibilité de gauche ?

Oui. Même si de gauche, on ne sait plus très bien ce que cela veut dire. Si c’est Jean-Luc Mélenchon, non. Je crois à l’égalité des chances, à l’émancipation par le travail, à l’attention portée aux plus fragiles. Je crois aussi que l’économie, c’est important, et qu’il faut soutenir les entreprises pour créer des emplois. C’est une dimension forte de l’action du Président, il est nécessaire que cela se sache et se voie.

On reproche aux ministres qui viennent de la gauche, comme vous et Florence Parly, de ne pas faire entendre suffisamment leur voix…

Dans mes fonctions, je fais entendre et je montre ce à quoi je crois. Territoires de progrès est aussi une façon d’affirmer cette sensibilité.

Cinq ans après l’accord de Paris sur le climat, l’ancien président français ne cache pas sa déception sur France 2 et dans «Le Monde» jeudi 10 décembre. Il appelle les Européens, qui se réunissent à Bruxelles, à réagir et «à montrer l’exemple»

Élisabeth Borne au ministère du Travail !

Élisabeth  Borne au ministère du Travail !

 

 

On attendait peu déjà la nomination d’Élisabeth Borne  au ministère de l’environnement où  elle n’a pas fait œuvre de grande originalité. On l’attendait sans doute moins encore au ministère du travail où elle succède à Muriel Pénicaud ancienne DRH qui connaissait bien l’entreprise. C’est différent pour Élisabeth Borne. Certes l’intéressé montre sa fidélité au chef de l’État ,ne fait jamais le moindre écart verbal mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’a guère d’épaisseur politique. Elle n’a pas non plus grande expérience économique pour avoir fait à peu près toute sa carrière dans l’administration ou les entreprises nationalisées.

Pourtant  c’est sans doute ce ministère qui sera en pointe dans la tentative de redressement du pays. Un pays qui aura rapidement à gérer entre 1 million et 1 million et demi de chômeurs et qui tentera de relancer une économie assommée par la crise et les mesures administratives par ailleurs pas toujours cohérentes. Son premier travail sera donc de gérer l’immense vague de plans sociaux comportant des milliers et des milliers de licenciements auxquels vont d’ailleurs s’ajouter les 700 000 nouveaux jeunes candidats à l’emploi dès la rentrée.

La première priorité sera de gérer cette catastrophe sociale caractérisée par l’explosion du chômage et consécutivement une baisse moyenne du pouvoir d’achat. L’État a déjà pris des mesures pour amortir les effets de la paralysie de la production pendant plusieurs mois avec le dispositif de chômage partiel. Il faudra sûrement en revoir les modalités ( les discussions ont commencé (notamment sur  la durée car certains secteurs ne pourront pas se redresser avant plusieurs années). Le gouvernement a déjà prévu de modifier les droits dans ce domaine (six mois de travail sur les 24 derniers depuis le 1er novembre contre quatre sur 28 avant), il reste flou sur deux mesures prévues au 1er septembre : le nouveau calcul de l’allocation pour ceux, souvent précaires, qui alternent contrats courts et chômage d’une part et la dégressivité après six mois pour les hauts salaires d’autre part.

La question du financement global système de chômage sera forcément posée. D’autres équilibres sociaux seront aussi en cause comme celui de l’ASSEDIC ou de la sécurité sociale. Il faut ajouter à cela que le chef de l’État donne l’impression de vouloir remettre sur le tapis l’affaire de la réforme des retraites. Un dossier particulièrement brûlant tellement les positions sont opposées. La grande question étant notamment de savoir si ce projet va intégrer ou non la prolongation de l’âge de départ en retraite.

 

La Convention citoyenne rejette les 28 heures de travail !!!

 

 

Il s’agit de la première des 150 mesures soumises à l’adoption des membres à être rejetée  et qui nous a sans doute évité le ridicule. 

. Beaucoup d’intervenants se sont notamment inquiétés des conséquences économiques de la mesure et de l’image qu’une adoption donnerait de leurs travaux.

«C’est totalement déconnecté de la réalité et c’est indéfendable dans le contexte actuel. Et cette mesure discrédite totalement la convention, c’est donner le bâton pour se faire battre. Si c’est proposé, ça sera rejeté et ça aura juste discrédité notre travail,» jugeait ainsi Mélanie (en séance, les membres de la convention ne sont mentionnés que par leurs prénoms).

«Le partage c’est beau mais avec la crise actuelle c’est pas possible. J’ai travaillé toute ma vie 50 heures par semaine en élevant seule deux enfants. C’est toujours les mêmes qui travaillent moins, toujours les mêmes qui travaillent plus et pour des salaires minables,» lançait de son côté Marie-Hélène en refusant la mesure. «C’est hors mandat par rapport à la diminution des gaz à effet de serre», jugeait de son côté Lionel, tandis que d’autres abondait : «Il faudrait une convention citoyenne séparée sur le travail».

«Le télétravail avant c’était un ovni, personne n’imaginait ça. Mais l’application de cette mesure ça n’est pas dans six mois, c’est dans dix ans, il faut se projeter et réfléchir», répondait Sylvie pour défendre la mesure. «On peut être d’accord ou ne pas être d’accord, mais ça n’est pas à vous de dire qu’on va avoir l’air de guignols», lançait Annie. «On a voulu dire que le modèle et le système ne nous conviennent pas, alors osons».

«Temps de travail: un effort de guerre collectif». (Viviane Chaine-Ribeiro)

«Temps de travail: un effort de guerre collectif». (Viviane Chaine-Ribeiro)

Pour l’ancienne présidente du Syntec, la question du temps de travail peut être reposée ( tribune dans l ‘Opinion) Notons cependant que la législation permet maintenant de trouver des accords de branche et  pour s’adapter en fonction des réalités locales et sectorielles.

Viviane Chaine-Ribeiro.

 

« Sans parler de l’attitude irresponsable de la CGT, mais pour répondre à la réaction des syndicats y compris la CFDT réformiste, il va bien falloir parler du temps de travail. Et ce, à plusieurs titres.

Il n’est pas question du monde d’avant, ni du monde d’après. Il n’est pas question d’une affirmation du président du Medef. Il n’est pas question d’exploitation ou de faire porter l’effort de la reprise uniquement sur « les travailleurs » – et d’ailleurs lesquels ? Travailleurs non salariés (TNS), les indépendants, artisans, commerçants… ne sont pas défendus par ces mêmes organisations syndicales.

Bref, il n’est pas question du « libéralisme qui vaincra ». Ce n’est pas une guerre d’idéologie, ce sera une bataille pour retrouver une économie qui tourne, qui crée de la richesse et donc de l’emploi et du pouvoir d’achat, qui s’adapte à un environnement hostile et qui relance aussi bien l’offre que la demande. Tout ceci ne peut pas venir uniquement de soutiens publics et de mises sous perfusion des secteurs économiques. Tout le monde doit prendre sa part et pas seulement pour le bien du capitalisme, mais exactement comme le masque vous protège mais protège aussi les autres : les secteurs qui vont pousser vont aider les autres secteurs et donc les autres travailleurs à avancer.

Le travail cause de la pandémie et du changement climatique) ? Marc Guyot et Radu Vranceanu)

Le  travail  cause de la  pandémie  et du  changement climatique) ? Marc Guyot et Radu Vranceanu)

 

 

 

 

Chronique de Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs d’économie à l’ESSEC dans la Tribune

 

Le déconfinement et la reprise progressive de l’activité dans un grand nombre de domaines a également touché la production de manifestes indiquant la direction que l’humanité doit prendre une fois la crise résolue. La lecture du document « Démocratiser l’entreprise pour dépolluer la planète » est édifiante

 

Celui publié dernièrement par Le Monde et d’autres journaux internationaux ce vendredi 15 mai - Démocratiser l’entreprise pour dépolluer la planète - atteint des sommets à la hauteur de la période que nous vivons. Ses respectables auteurs, tous universitaires reconnus dans leur domaine de spécialisation propre, affirment que l’exploitation des travailleurs dans les entreprises et l’économie de marché sont non seulement la cause du changement climatique mais également celle de la crise du coronavirus. Dès lors, leur proposition pour vaincre le virus et stopper le changement climatique est l’emploi garanti pour tous et la co-représentation des travailleurs dans les conseils d’administration. Bien qu’ils dénomment « green deal » cette proposition, on ne voit pas immédiatement en quoi l’emploi garanti à vie ou l’autogestion pourraient contribuer à stopper la pandémie et diminuer les émissions de dioxyde de carbone.

On y apprend par ailleurs que c’est la soumission de l’hôpital aux lois du marché qui est la cause du nombre élevé de décès dus au coronavirus. Le ministère de la Santé, les ARS et le haut personnel de direction de ces places fortes de l’interventionnisme d’Etat apprécieront. On doit donc déduire en corolaire que les relativement bonnes performances des hôpitaux et des systèmes de santé allemand ou sud-coréen proviennent d’une meilleure résistance à l’économie de marché.

En reprenant un concept ancien, présent dans une littérature très spécifique, les auteurs dénoncent la « marchandisation » du travail, qui, selon eux, ne doit pas être vendu et échangé comme une marchandise ordinaire. Pour les rassurer, nous leur recommandons la lecture des 3.500 pages du code du travail français et particulièrement celle des mille et une règles qui fixent le salaire minimum, la durée maximale du travail, la durée minimale, les congés, la couverture sociale, les modalités de négociation, les sanctions pour licenciement abusif, les droits de chômeurs, etc. Sans considération pour la protection du travail propre à notre pays, ils demandent donc la création d’une garantie d’emploi pour tous, financée en Europe par… la BCE. La suggestion d’un tel transfert de dépenses directement sur la banque centrale rejoint celles des grands partis populistes qui rêvent encore d’un retour aux monnaies nationales et d’une monétisation des dépenses sociales, en tout dédain du risque d’inflation. Cette proposition risque de recevoir un accueil particulièrement froid chez nos amis allemands.

Conscient peut-être que leurs propositions ne sont pas franchement nouvelles, les auteurs du manifeste proposent néanmoins du neuf en matière de novlangue. Les employés ne sont plus des travailleurs mais des « investisseurs en travail ». Les auteurs insistent également sur le fait que les humains au travail ne sont pas des ressources. Faudra-t-il débaptiser dans l’urgence les départements des ressources humaines dans toutes les infâmes entreprises et leur trouver un nom novlangue moins attentatoire à leur dignité ? Nous attendons la position de la ministre du Travail ex-directrice des ressources humaines d’une grande entreprise présumée maltraitante.

En cherchant bien dans le manifeste, il est néanmoins possible de trouver des points sur lesquels il est possible d’être d’accord. Il est dit que les personnels essentiels qui ont travaillé pendant la période de confinement ont témoigné de la dignité du travail et de l’absence de banalité de leurs fonctions. Nous appuyons sans réserve ces paroles qui par ailleurs sont approuvées par 100% des Français.

De notre côté nous estimons que la crise révèle la nécessité d’une révision en profondeur de l’organisation de notre système de soin dont la faille essentielle n’est pas dans les moyens alloués mais dans le gaspillage de ceux-ci du fait d’une centralisation extrême qui a montré encore une fois ses limites. Nous partageons également l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique mais nous estimons que l’objectif de limitation de l’augmentation des températures à 2 degrés en 2050, tel qu’il a été défini par les accords de Paris, peut être atteint par un déploiement courageux de la taxe carbone et par le développement de l’énergie renouvelable tiré par l’innovation technologique et la finance verte.

 

158 députés se réveillent LREM réclament « une réforme de la santé au travail » !

158 députés LREM réclament « une réforme de la santé au travail »!

 

Après avoir soutenu le dégraissage du système sanitaire global, par parenthèse qui ne date cependant pas d’hier, les députés de la république en marche se réveillent. Non pas pour remettre sur la table l’organisation et le financement du système sanitaire mais pour se pencher sur le créneau partiel de la santé au travail. La réflexion n’est pas  inutile mais ce n’est sans doute pas la priorité des priorités. On se demande même si ce n’est pas une mesure de diversion. Ci-dessous la pétition des 158 députés de la république en marche. À noter que les propositions sont suffisamment générales pour ne pas hypothéquer les éventuelles mesures que pourrait prendre le gouvernement.. Tout cela sent un peu la précipitation et le flou, sans doute aussi une tentative de réconciliation avec une opinion publique de plus en plus critique.

« La crise sanitaire que nous traversons place les enjeux de santé au travail au premier plan. Personnels soignants, travailleurs sociaux, chauffeurs routiers, logisticiens, caissières, agriculteurs, éboueurs, personnels d’entretien, et bien d’autres encore, ont forcé notre admiration en étant sur le terrain durant l’épidémie. Les protéger est alors apparu comme une priorité. Dans cette nouvelle étape qu’est le déconfinement, protéger les travailleurs est un préalable à tout espoir de poursuite d’activité, et par répercussion, de relance économique.

Avec une difficulté néanmoins, celle de parvenir à rassurer les salariés quant à leur exposition au risque et les employeurs inquiets de voir leur responsabilité pénale engagée, sur un risque nouveau complexe à prévenir. Malgré un réseau de professionnels publics et privés de qualité pour accompagner les entreprises, force est de constater que le manque de coordination, de lisibilité et la complexité du système les fait perdre en efficacité. La crise sanitaire du covid-19 n’a fait que mettre en exergue ces dysfonctionnements observés de longue date. Ainsi, les entreprises se sont trouvées seules et désemparées durant plusieurs jours, ce qui dans un climat anxiogène, a contribué à pénaliser le maintien de l’activité économique dans certains secteurs.

Nous, députés de la majorité, estimons que le temps est venu de faire de la France l’un des pays les plus performants et innovants en Europe en matière de prévention dans le domaine de la santé au travail. C’est un véritable contrat de transformation que nous devons proposer aux partenaires sociaux. Nous sommes prêts à porter une grande réforme de la santé au travail, à laquelle nous souhaitons attribuer 3 ambitions :

La première, est de faire de la santé au travail une priorité de la stratégie nationale de santé. Nous voulons que l’entreprise devienne un lieu de prévention dans la vie quotidienne, par des actions concrètes telles que des campagnes de vaccination sur le lieu de travail pour en faciliter l’accès aux salariés ou agents qui le souhaitent, et le développement de la pratique sportive au travail.

La seconde ambition est de doter la France d’un système d’acteurs de santé au travail plus efficace et tourné vers la prévention. La pénurie de médecins du travail doit être compensée par la montée en puissance d’équipes pluridisciplinaires, la création d’un diplôme d’infirmier en santé au travail en pratiques avancées, et le déploiement de la télémédecine. La nouvelle instance qu’est le comité social et économique (CSE) doit être garante d’une démarche de prévention intégrée à la stratégie de l’entreprise, et du suivi de sa mise en œuvre.

La troisième ambition que nous attribuons à cette réforme de santé au travail, est de prévenir l’usure professionnelle en faisant un lien étroit entre l’exposition aux risques et les parcours professionnels proposés aux travailleurs. Et au-delà, nous appelons à ce que le travail soit véritablement accessible aux plus vulnérables d’entre-nous : personnes en situation de handicap ou porteuses de maladie chronique. Personne ne doit rester au bord de la route parce qu’il a subi un cancer, une pathologie chronique ou un accident grave. Le travail doit s’adapter et offrir des perspectives à chacun d’entre nous, quels que soient les accidents de la vie qu’il a rencontrés.

A l’aube d’une nouvelle ère dans laquelle l’humain doit être au cœur des politiques publiques, nous croyons dans l’entreprise tournée vers la performance globale, équilibrant les enjeux humains, économiques et environnementaux, une entreprise porteuse de sens et d’avenir dans laquelle le travail émancipe et protège. »

« Macron veut se réinventer » : il y aura du travail !

« Macron veut se réinventer » : il y aura du travail !

« Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et sachons nous réinventer, moi le premier », a déclaré Emmanuel Macron, au cours de son allocution télévisée. Notons par exemple que Macron a aussi évoqué le gros mot de » planification ». Pas étonnant quand on constate que 90 % ou presque de la production pharmaceutique française a été délocalisée en Asie. Est-ce qu’on peut demeurer dubitatif quant à la capacité de Macron de se réinventer lui le produit de la finance qui n’a cessé de favoriser l’industrie financière au détriment de l’industrie de production.

Lui qui n’a cessé d’engager des réformes inégalitaires. Macron  Ultra libéral mondialiste s’imagine peut-être maintenant un régulateur d’un système économique devenu fou. Bref, Macron tente de revêtir le manteau du socialiste éphémère qu’il fut. Éphémère et superficiel quand on sait par exemple qui est responsable de la liquidation d’Alstom énergie à General Electric qui nous rend désormais dépendant des États-Unis y compris en matière de défense.

Macron ne peut se réinventer sinon la finance le lâchera. C’est la finance qu’il a porté au pouvoir et c’est pourquoi il lui a renvoyé l’ascenseur. En outre contrairement à l’idée répandue Macon n’est nullement expert en économie, il n’a aucune formation dans ce domaine, c’est un littéraire, un bavard comme on en forme à l’ENA mais qui n’entretient que les relations approximatives avec les réalités économiques et sociales.

Bref c’est un incompétent qui pour se réinventer aurait besoin de passer une petite dizaine d’années dans le monde réel socio économique.

France: congés payés et temps de travail en cause

France: congés payés et temps de travail en cause

 

 

Il est clair  que les congés payés et le temps de travail risquent d’être mis en discussion pour compenser les énormes pertes d’activité pendant les périodes de confinement et de déconfinement progressif. Pour l’instant officiellement la baisse de l’activité serait de l’ordre de 6 % concernant le PIB . Une estimation sans doute sous-évalué car les perturbations vont durer sans doute jusqu’à la fin de l’année. L’hypothèse de croissance serait t plutôt autour d’une diminution du PIB de la de 12 à 15 %- Une baisse de richesse nationale qui va provoquer une masse de défaillance avec son cortège de chômage. On prévoit un chômage de 20 % au lieu de 8 % 2019.

À moins évidemment de rattraper le temps perdu, au moins une partie car nombre d’activités sont déjà mortes comme dans le tourisme, la restauration, le transport et autres services. Par ailleurs, la crise de l’offre sera suivie d’une crise de la demande faite du chômage et de la baisse moyenne du pouvoir d’achat. Le président du Medef Geoffroy Roux de Bezieux estime donc , dans une interview publiée samedi dans Le Figaro, qu’il faudra à l’issue de la crise engendrée par l’épidémie de coronavirus se poser la question “du temps de travail, des jours fériés et des congés payés” pour accompagner la reprise économique. Des dispositions spécifiques pourraient être prises pour un temps équivalent à celui du traitement de la pandémie.

“L’important, c’est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d’effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020”, déclare le président de la première organisation patronale française.

“C’est la création de richesses qui permettra d’augmenter l’assiette des impôts et donc les recettes, et ainsi de rembourser la dette accumulée pendant la crise”, ajoute-t-il.“Ensuite, il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire”, juge le patron des patrons. Reste à savoir si les acteurs sociaux pourront négocier utilement ou se résoudront de fait à une gestion bureaucratique d’Etat?

Pas de dividendes: la ministre du travail d’accord avec le CFDT

Pas de dividendes: la ministre du travail d’accord avec le CFDT

“Je comprends la démarche de la CFDT et avec Bruno Le Maire ( ndlr, le ministre de l’Economie), nous pensons que, pour commencer, pour les entreprises où l’Etat est actionnaire, même minoritaire, on va leur demander de ne pas verser de dividendes en tout cas à des particuliers, à des individus”, a-t-elle dit sur CNews en réponse à une question sur la demande de la confédération syndicale de suspendre le versement des dividendes cette année.

“Je crois que dans ce contexte, tout le monde doit montrer que le partage de la valeur, c’est aussi une solidarité et donc c’est la démarche qu’on va pousser”, a-t-elle ajouté.

L’Etat dispose notamment de participations dans ADP, Airbus, Air France-KLM, EDF, Engie, Eramet, la FDJ, Orange, Renault, Safran et Thales.

Le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, a déclaré que le groupe avait besoin d’un peu de temps avant de se prononcer sur ce sujet.

“Les questions posées autour du dividende sont de bonnes questions. Laissons au conseil d’administration le temps d’absorber toutes les informations venant du groupe et de prendre dans ce domaine la décision qui nous paraîtra la plus sage”, a-t-il déclaré sur BFM Business.

L’absence de dividende priverait l’Etat d’importantes recettes. Pour Engie, dont il détient une participation 23,6%, l’abandon du dividende représenterait ainsi un manque à gagner de quelque 461 millions d’euros pour Bercy.

Une radiographie floue du marché du travail en 2019

Une radiographie floue du marché du travail en 2019

Une nouvelle fois l’INSEE tende de justifier ses chiffres de la baisse du chômage qui serait passé de 9,4 % en 2007 à 9 % en 2018. En ,une diminution de l’ordre de 300 000. Le problème, c’est que pendant le même temps les chômeurs non comptabilisés à savoir ceux qui ne sont pas inscrits demeurent à  un niveau considérable. En dépit de quelques signaux positifs, beaucoup de personnes souhaitant travailler sans pour autant être au chômage au sens du BIT se retrouvent dans le halo. Selon les dernières estimations de l’Insee, elles seraient 1,6 million sur les 11,6 millions d’inactifs. Ce qui est loin d’être négligeable.

Une étude de l’Insee rendue publique ce jeudi 20 février et intitulée « Une photographie du marché du travail en 2019 » dresse un panorama éclairant sur la situation des actifs occupés, des chômeurs, des indépendants. L’économie française comptait 29,2 millions de personnes dans la population active en 2019. Sur ce total, 26,8 millions ont un emploi et 2,5 millions sont au chômage.

Le chômage a poursuivi sa baisse en 2019 pour s’établir à 8,4% de la population active au sens du bureau international du travail (BIT) contre 9% en 2018 et 9,4% en 2017. Malgré une embellie ces dernières années, le chômage n’a toujours pas retrouvé son niveau antérieur à la crise de 2008.

. Pour les 15-24 ans, ce taux s’élève à 19,6% contre 7,8% pour les 25-49 ans et 6,3% chez les plus de 50 ans. Quant au chômage de longue durée (supérieur à un an), il concerne 3,4% de la population active. Chez les jeunes, il s’établit à 4,9% de la population active contre 3% chez les 25-49 ans et 3,7% chez les 50 ans et plus. Lorsque les plus de 50 ans se retrouvent au chômage après un licenciement ou un départ, retrouver un emploi peut se transformer en véritable calvaire.

Par catégorie socioprofessionnelle, il existe également de fortes disparités. Le taux de chômage a atteint 15,5% pour les actifs ayant le brevet et 5,1% pour les diplômés de l’enseignement supérieur. Concernant les professions, il frappe avant tout les ouvriers avec un taux bien supérieur à la moyenne (12,4%). Pour les employés, ce taux s’élève à 9,2%. Enfin, les cadres connaissent une situation de quasi plein emploi avec un chômage à 3,9%.

En parallèle, la part des salariés en CDD ou intérim a légèrement diminué l’année dernière pour atteindre 11,5% contre 11,9% en 2019. Là encore, la flexibilité accrue sur le marché du travail et la grande crise de 2008 ont accéléré les embauches en CDD ou en contrat intérimaire.. Enfin, les derniers chiffres de l’organisme de statistiques indiquent que la part des indépendants a augmenté entre 2018 et 2019, passant de 11,6% à 12,1%. Depuis le début des années 80, la part des indépendants a clairement baissé au regard des données fournies par l’organisme de statistiques malgré la montée en puissance des microentreprises depuis une dizaine d’années.

L’autre fait marquant est la hausse spectaculaire de la part des cadres dans la population active. Rien qu’entre 2018 et 2019, cette part a gagné un point pour s’établir à 19,3%. Et sur quatre décennies, cette catégorie a presque triplé pour atteindre un sommet l’année dernière. Cette évolution peut s’expliquer en partie par une hausse des personnes qualifiées dans la population active,

Retraites et pénibilité : agir sur la conception du travail »

Retraites et pénibilité : agir sur la conception du travail »

Une réforme qui ne prend pas en compte la pénibilité pour fixer un âge de départ ne peut être juste et équitable, pointe, dans une tribune au « Monde », un collectif de quatre ergonomes.

Tribune

 

. Equipé d’un voice-picking donneur d’ordres [système permettant la préparation de commandes guidée par reconnaissance vocale], ce travailleur d’un entrepôt, ouvrier des temps modernes, soulève huit tonnes par jour. Ce n’est pas assez. Son mal de dos ne cède pas, il doit quitter son emploi. Cette caissière, elle, ne soulève « que » cinq tonnes par jour en horaires coupés, à un rythme effréné et en souriant : c’est la règle. Lui est cadre. Il travaille tard le soir, la nuit, les fins de semaine, cherchant à faire correspondre les indicateurs de performance et les résultats de ses équipes. Ça ne colle pas toujours, il ne dort plus, le corps lâche, c’est le burn-out. Pour cette aide-soignante en gérontologie, transmettre son métier aux nouvelles devient insoutenable, sauf à transmettre du sale boulot. Pas assez de temps, pas assez d’effectifs.

Du misérabilisme ? Non, le quotidien d’un grand nombre d’actifs. Une réforme des retraites sans prendre en compte les réalités du travail, sans politique incitative pour un travail soutenable ne peut être juste et équitable. Un travail soutenable, c’est un travail qui n’expose pas à des nuisances, ne crée pas de pathologies persistantes, n’évince ni les plus vieux, ni les plus jeunes, ni ceux ayant des problèmes de santé. Un travail qui repose sur la confiance dans l’intelligence de celles et ceux qui le font. Un travail soutenable, c’est aussi celui qui assure les conditions d’un parcours professionnel durable, qui produit de la valeur économique et sociale, en plus d’en avoir aux yeux de ceux qui le font. Le chantier est certes audacieux, mais pas hors de portée.

Le taux de chômage des plus de 50 ans a triplé entre 2008 et 2019 et parmi les 60-64 ans, ceux qui perçoivent l’allocation adulte handicapé ont augmenté de 192 % depuis 2010 ; selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du travail, 40 % des personnes interrogées disent ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu’à 60 ans ou jusqu’à l’âge de la retraite. La probabilité de mourir avant 60 ans chez les hommes ouvriers est deux fois plus élevée que chez les hommes cadres (13 % contre 6 %). L’espérance de vie sans incapacité entérine ces inégalités.

Agir sur les causes de ces injustices sociales, c’est agir sur la conception du travail, ce que défend l’ergonomie. Notre pays est doté d’organismes publics, d’acteurs de la prévention, de chercheurs en santé au travail, détenteurs de connaissances et de méthodes, qui ne demandent qu’à être pris au sérieux. Se priver de leurs éclairages, au-delà des apports essentiels des enquêtes nationales de la Dares, et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) paraît surréaliste.

Un rapport des gauchistes Solidaires ( sud) dénonce les conditions de travail des agents des finances publiques ! De quoi rire !

Un rapport des gauchistes  Solidaires ( sud) dénonce les conditions de travail des agents des finances publiques ! De quoi rire !

 

 

Il y a sans doute matière à rire mais aussi à pleurer avec ce rapport des gauchistes de Solidaires, premier syndicat à la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Un rapport repris par l’AFP sans doute en mal d’information et rediffusé dans les médias. Certes des agents des finances publiques travaillent comme dans d’autres secteurs, ceux  en contact avec le public peuvent être affrontés à des conflits. Mais de là à parler de souffrance ,de dégradation de la santé, il y a un pas qui permet d’atteindre le ridicule. Le plus burlesque c’est évidemment la présence de ce syndicat – en même temps  révolutionnaire- chez les fonctionnaires chargés de la gestion fiscale. Un peu le monde à l’envers.

On ne fera croire à personne que la misère des conditions sociales des agents des impôts ressemble à celle des mineurs d’ il y a 40 ou 50 ans. Finalement l’organisation gauchiste aux fondements trotskistes qui prônent la révolution s’est surtout implanté dans les secteurs très protégés de l’administration et des entreprises publiques. Et la stratégie révolutionnaire sert surtout à dissimuler le caractère corporatiste tout autant parfois que la paresse et l’incompétence.

Extrait du rapport

 

« Le syndicat gauchiste Tire la sonnette d’alarme. Hausse de 25% des situations de souffrance au travail entre 2011 et 2018, de 20% de la perte de confiance dans l’administration depuis 2017: les conditions de travail ne cesseraient de se dégrader dans les finances publiques. Le rapport assure que les réorganisations successives devant adapter les structures aux suppressions d’emplois se sont traduites par « un stress permanent », « une perte de confiance » des agents qui « restent très attachés à rendre un service public de qualité ».

« Depuis 2011 le nombre d’agents qui ont exprimé une situation de souffrance au travail est passé de 2.578 à 3.212, soit une hausse de 25%. Ceux ayant témoigné de violence au travail sont passés de 315 à 412, soit une hausse de 31% », précise l’enquête, qui synthétise plusieurs données dont un baromètre annuel interne à la DGFiP et des témoignages d’agents et de médecins. Par ailleurs, 76% des agents se disent « pessimistes » concernant leur propre avenir au sein de la DGFiP contre 55% en 2016.

Un rapport de la médecine de prévention en 2018 cité par le syndicat évoque « une charge de travail trop importante », « des injonctions paradoxales », un « manque de soutien technique et hiérarchique » notamment. Il recense une hausse de 20% des congés non-pris depuis 2015 équivalant à « 7.000 emplois équivalents temps plein (ETP) » et estime à « 260 ETP » le nombres d’heures supplémentaires non récupérées en 2018.

Une « crise sans précédent de confiance » selon l’un des auteurs, Vincent Drezet, qui déplore des « réformes brutales se succédant sans bilan, au sein d’une population vieillissante (50 ans de moyenne d’âge) qui pose la question du renouvellement des cadres ». Principale administration du ministère de l’Economie et des Finances, la DGFiP emploie environ 110.000 agents et a perdu 40.000 postes depuis 2002, 25.000 depuis 2008. Le ministère des Comptes publics a prévu la suppression de 5.800 postes supplémentaires entre 2020 et 2022 à Bercy, dont 4.800 sur son périmètre.

Le gouvernement prévoit de multiplier des « points de contact » dans les territoires ruraux et périurbains (maisons de service public, agents itinérants voire bus…) qui prendraient le relais des centres des finances publiques actuels. Ce nouveau réseau territorial est qualifié de « leurre » par les syndicats, qui dénoncent aussi la privatisation ou le transfert de certaines missions de la DGFiP, comme le recouvrement de l’impôt par les buralistes. »

Temps de travail: un handicap économique en plus de la détérioration de la valeur travail

Temps de travail: un handicap économique  en plus de la détérioration de la valeur travail

Le temps de travail en France  en 2018, selon les chiffres de l’OCDE, en moyenne annuelle est de 1520 heures de travail contre 1734 pour l’ensemble des pays de l’Organisation. L’Hexagone apparaît comme un des pays développés où la durée de travail est la plus faible. Selon une note de la Direction générale du Trésor, publiée en juin 2019, la France se distingue par un nombre élevé de jours de congés, mais aussi par des travailleurs qui entrent plus tard et sortent plus tôt du marché de l’emploi. En France, le taux d’emploi des seniors reste faible, à 52%, alors que dans les pays de l’OCDE, 61% des personnes âgées de 55 à 64 ans sont encore en emploi. la rance ne s’est jamais relevé des 35 heure s qui non seulement ont plombé la compétitivité mais surtout ont durablement installée dans le pays la mortifère mode des RTT., c’est à dire l’avilissement de la valeur travail. Presque mécaniquement la France a perdu de l’ordre de 10% de compétitivité avec les 35 heures. On retrouve toujours ce différentiel avec l’Allemagne. Un écart qui s’ajoute notamment à la faiblesse de l’offre  industrielle de la France .

Le passage aux 35 heures a largement plombé la performance économique du pays. La réduction du temps de travail qui a permis de passer brutalement de 39 heures à 35 heures aurait officiellement créé entre 300 et 400 000 emplois. On oublie cependant d’indiquer que la perte de compétitivité elle a largement contribué à supprimer entre 1 et 1.5 million d’emplois. Parallèlement, la RTT aurait entraîné la création de 53.000 emplois entre 2002 et 2005 dans le secteur public, essentiellement à l’hôpital, pour un coût de quelque 2 milliards en 2005; Une situation qui a complètement désorganisé l’ hôpital et dont on subi encore les conséquences aujourd’hui. .

La balance commerciale de la France est déficitaire depuis près de 15 ans. En fait depuis l’application des 35 heures au début des années 2000. En moyenne le déficit commercial tourne autour de 50 à 60 milliards par an.

Evolution et situation globale de la balance commerciale française

Le creusement du déficit extérieur provient notamment de la détérioration du déficit manufacturier et de l’alourdissement de la facture énergétique. De fait, la valeur des exportations françaises augmente moins rapidement que les importations (voir graphique ci-dessus à droite). Alors que le solde commercial (exportations moins importations) de la France était globalement équilibré durant les années 1990, la situation s’est progressivement dégradée pour aboutir à un déficit commercial (importations supérieures aux exportations) supérieur à 80 milliards d’euros en 2012 ou encore d’environ 60 milliards en 2018.

 

Traditionnellement, la stratégie française était d’abandonner les productions à faible valeur ajoutée et intensifs en main d’œuvre peu qualifiée (typiquement le textile-habillement) pour se spécialiser dans les industries du savoir à forte valeur ajoutée. L’un des postulats sous-jacent à cette stratégie était que les pays émergents, auxquels étaient laissées les activités à faible valeur ajoutée, resteraient cantonnés à ce rôle dans un contexte d’entrée dans un monde post-industriel dans lequel la France pourrait faire preuve de son « génie » (au sens propre du terme) national, et ainsi créer de la valeur. Or, et à supposer que cette situation se soit réalisée, force est de constater que l’environnement administratif, légal et fiscal n’a pas réussi à rendre possible cette montée en puissance de la compétitivité française sur laquelle pèse trop de contraintes. Et ce n’est pas la mode des seules startups numériques qui peuvent suppléer à cette situation.

 

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