Archive pour le Tag 'Transition'

Page 7 sur 13

La publicité promet de respecter la transition écologique !

  • La publicité promet de respecter la transition écologique !
  • Les responsables économiques de la publicité affirment vouloir s’engager dans une voie qui respecte beaucoup mieux la transition écologique. Il serait temps de mettre un peu d’éthique et de cohérence en effet bien par exemple quand on ne cesse d’affirmer que telle ou telle production est verte alors qu’elle est souvent grise voire noire.
  • Exemple , ces producteurs d’électricité notamment comme Engie  qui ne cesse de promettre une électricité 100 % verte y comprise aux particuliers alors qu’il n’existe qu’un réseau de distribution dont 98 % est constitué d’une électricité d’origine nucléaire pour les distributeurs dépendants d’EDF, d’Engie  ou d’autres.
  • Par contre, une électricité à 98 % aussi sans carbone. Et c’est cet absence de carbone qui peut la rendre verte. Mais aucun distributeur n’a le droit d’affirmer que son électricité 100 % verteet en plus renouvelable. Il s’agit d’une escroquerie pure et simple. Ces derniers mois, les ministères de l’Économie, de la Transition écologique et de la Culture ont confié à Agathe Bousquet et à Arnaud Leroy, président de l’Agence de l’environnement (Ademe), la mission de réfléchir au cadre collectif qui permettra à la filière de basculer vers une publicité plus engagée sur le plan sociétal et plus vertueuse pour contribuer à la transition écologique.

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

APL : une mauvaise transition de la réforme

APL : une mauvaise transition de la réforme

Sur le fond on peut comprendre que les les allocations logement soient calculées sur les revenus les plus récents. Le problème est celui de la transition qui va bousculer les deux tiers des bénéficiaires

 

Plus de cinq mois après la mise en oeuvre de la réforme des allocations logement , au 1er janvier, son impact n’est quasiment pas documenté. Le sujet est pourtant crucial pour les 5,93 millions de ménages qui bénéficient des APL . Après le RSA, c’est la deuxième prestation qui contribue le plus à réduire la pauvreté en France .

Les APL ont été « contemporanéisées » en janvier: les droits sont désormais calculés sur la base des ressources des douze derniers mois et non plus celles d’il y a deux ans. De plus, les montants sont révisés chaque trimestre et non plus annuellement. Sur longue période , la situation devrait s’améliorer pour les bénéficiaires mais pour l’année en cours la rupture avec les anciennes modalités va créer de graves difficultés financières pour certains. Surtout avec les perturbations liée à la situation sanitaire.

Transition énergétique: Intégrer la contrainte du temps

 Transition énergétique: Intégrer la contrainte du temps

 

L’historien Jean-Baptiste Fressoz , chercheur au CNRS, rappelle, dans une chronique au Monde, que les promesses de « l’économie hydrogène » étaient déjà brandies il y a cinquante ans.

 

Chronique.

« Mr. Hydrogen » : c’est le surnom, mi-narquois, mi-admiratif, dont Cesare Marchetti avait été affublé à l’International Institute for Applied Systems Analysis (Iiasa), cet important institut de prospective situé non loin de Vienne que le savant atomiste italien rejoint en 1974, porteur d’une vision, sa vision : celle d’une « économie hydrogène ».

M. Marchetti, aujourd’hui âgé de 94 ans, est surtout connu pour un projet technologique grandiose, celui des « îles énergétiques » : bâtir les centrales atomiques au milieu des océans afin d’approvisionner le monde en hydrogène. Ce projet partait du constat suivant : le nucléaire devait conquérir d’autres marchés que celui de l’électricité et donc produire un carburant liquide pouvant se substituer au pétrole.

Les coûts importaient peu. Dans les années 1970, beaucoup pensent que le pétrole est en phase terminale : le nucléaire deviendrait par la force des choses compétitif, et même indispensable, fournissant une énergie inépuisable grâce aux surgénérateurs.

 

Cesare Marchetti ne cessera de défendre ce projet. D’abord au sein du programme Euratom, où il occupe des postes importants, auprès de la multinationale américaine General Electric, qu’il conseille en matière de prospective, et surtout à travers de nombreux articles et conférences. En 1974, quand se tient à Miami le premier colloque international sur l’économie hydrogène, il fait figure de père fondateur. Un Journal of Hydrogen Energy est créé dans la foulée, dont Cesare Marchetti publie le manifeste.

Les premiers volumes de cette revue sont fascinants tant on y retrouve les promesses actuelles de l’économie hydrogène, la fin des fossiles, la pile à combustible, les électrolyseurs, les pipelines, l’hydrogène comme vecteur énergétique du futur, etc. On discute par exemple beaucoup d’avions à hydrogène, dont les ingénieurs de Lockheed dessinent les élégants fuselages. Après le choc pétrolier, M. Marchetti fait figure de prophète. Le président du Japan Atomic Energy Research Institute l’invite à présenter ses projets au plus haut niveau.

Les perspectives sont grandioses : des centrales atomiques construites sur des atolls du Pacifique produiraient de l’hydrogène par craquage thermique de l’eau (plus efficace que l’électrolyse) ; l’hydrogène serait exporté par une flotte de cryotankers ; le Japon deviendrait l’Arabie saoudite du XXIe siècle. Quant aux déchets radioactifs, en attendant la fusion, on s’en débarrasserait par auto-enfouissement : par leur propre chaleur, ils s’enfonceraient dans le socle basaltique des atolls…

Mali : le colonel Goïta président autoproclamé de la transition

Mali : le colonel Goïta président autoproclamé de la transition

La cour constitutionnelle à la botte des militaires a adoubée colonel Goïta comme président de la transition  L’arrêt stipule que le vice-président de la transition, le colonel Goïta, «exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme», et qu’il portera «le titre de président de la transition, chef de l’Etat».

 

La Cour constitutionnelle déclare. «En raison de la vacance de la présidence de la transition, il y a lieu de dire que le vice-président de la transition assume les prérogatives, attributs et fonctions de président de la transition, chef de l’Etat», écrit-elle.

Le colonel Goïta, homme fort du Mali a fait arrêter le président en exercice et le premier ministre. Il semble bien que les militaires au Mali soient davantage préoccupés à faire des coups d’Etat qu’à combattre les terroristes laissant à la force barkhane le soin de s’en occuper !

Pour une transition énergétique et une justice sociale

Pour une  transition énergétique et une justice sociale 

 

Faut-il autoriser l’Allemagne à indemniser à coups de milliards d’euros les industriels du charbon ? Plus que les grandes entreprises elles-mêmes, ce sont les travailleurs et les habitants des régions touchées par la transition qui doivent être soutenus, estime Mounir Satouri, député européen (EELV) dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

Le débat fait rage dans les couloirs de Berlin et de Bruxelles. Faut-il autoriser l’Allemagne à indemniser à coups de milliards d’euros les industriels du charbon ? Ce pays a en effet décidé, en 2020, de créer un fonds d’indemnisation de 40 milliards d’euros pour accompagner la fermeture de ses 120 centrales à charbon à l’horizon 2038.

Mais ce n’est pas tout. Plus de 4 milliards d’euros supplémentaires pourraient être versés aux énergéticiens pour compenser cette sortie du charbon, comme le géant RWE, qui a affiché un résultat net de 1,21 milliard d’euros en 2020. La Commission européenne vient d’ouvrir une enquête sur ces indemnisations, faisant part de ses doutes quant à leur justification.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Climat : l’ambition européenne revue à la hausse

L’enjeu d’une sortie des énergies fossiles est indiscutable. Mais plus que les grandes entreprises elles-mêmes, ce sont les travailleurs et les habitants des régions impactées par cette transition que les budgets nationaux et européens doivent soutenir dès à présent. Pour les écologistes, la sortie des énergies fossiles doit s’accompagner d’une transformation en profondeur alliant transition énergétique et justice sociale.

Aides passéistes

Si de grosses enveloppes servent simplement à indemniser des industriels aveuglés pendant des décennies par la rentabilité des énergies polluantes, et à les renflouer pour leur permettre de retourner dans la grande lessive du capitalisme sauvage, nous aurons raté le coche.

Une transition accaparée par les grands industriels ne servirait qu’à reculer pour mieux sauter, en blanchissant les responsables d’un siècle de pollution et de gaspillage énergétique

Ces aides d’Etats passéistes ne peuvent se targuer d’être les politiques de transformation. Socialement, celles-ci sont cosmétiques. Plus qu’un accompagnement, c’est bien d’un changement de modèle économique et social que nous avons besoin, bénéficiant aux territoires et à leurs habitants plus qu’aux actionnaires des grands groupes énergétiques polluants.

C’est ce principe de « transformation juste » que je défends aux côtés des grandes ONG environnementales et sociales au Parlement dans le cadre des travaux sur le Green Deal européen. La mise en place du fonds de transition juste, permettant d’accompagner les territoires marqués par une histoire industrielle forte, doit ouvrir la voie vers davantage de politiques publiques sociales et redistributives, comme l’a souhaité la commission des affaires sociales du Parlement européen.

Birmanie :La Chine demande de revenir à une «transition démocratique»

Birmanie :La Chine demande de revenir à une «transition démocratique»

 

La Chine rejette l’idée d’imposer des sanctions aux militaires birmans qui «ne feraient qu’aggraver la situation» et prône de «revenir à une transition démocratique dans ce pays», a déclaré mercredi 31 mars l’ambassadeur chinois à l’ONU, Zhang Jun, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

«Si la Birmanie sombrait dans des turbulences prolongées, ce serait une catastrophe pour ce pays et la région dans son ensemble», a aussi déclaré l’ambassadeur dont les propos ont été rapportés par un communiqué de la mission chinoise.

La transition écologique en panne ?

La transition écologique en panne ?

 

Patrick Criqui, directeur de recherche émérite au CNRS et à l’Université Grenoble Alpes, et Carine Sebi, professeure associée et coordinatrice de la Chaire « Energy for Society » à la Grenoble École de Management (GEM), font le point sur la transition écologique en France.( the conversation)

 

Alors que le tribunal administratif de Paris vient de reconnaître dans le cadre de « l’Affaire du siècle«  une « carence fautive » de l’État face au changement climatique, la transition énergétique est aujourd’hui présentée comme « en panne ». En tous cas, insuffisante par rapport aux engagements pris, notamment avec l’Accord de Paris. Et pourtant la France a beaucoup œuvré pour la conclusion de cet accord. Et elle dispose d’une feuille de route détaillée pour la décarbonation de son économie : la stratégie nationale bas carbone. Suite à la publication en 2018 du rapport 1,5 °C du GIEC, cette stratégie a été revue pour marquer l’adoption de l’objectif plus ambitieux de « neutralité carbone » en 2050. Pour atteindre cette neutralité, la France devra diviser par 6 ses émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990).

Comment expliquer cet écart à la fois entre les intentions et les actes et entre les actes et les résultats concrets? Est-ce par manque de vision, de volonté politique, de moyens, ou d’adhésion des citoyens? Est-ce encore parce que, comme l’avancent certains, les lobbys industriels feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour freiner cette transition qui menacerait leurs modèles d’activité et leurs profits? La réalité est, comme toujours, plus complexe!

Les « quatre piliers » de la transition

Toutes les explications déjà avancées ont sans doute une part de vérité. Mais ce serait facilité, ou paresse, que de s’arrêter là et de ne pas examiner avec plus de soin les leviers de la transition, mais aussi les difficultés rencontrées et les défis à relever.

Pour les difficultés, on pourrait les résumer en reprenant le titre de l’ouvrage du sociologue Michel Crozier paru en 1979 : on ne change pas la société par décret. Pour les solutions, il y a tout lieu de penser qu’il n’y a aucune formule miracle, ni du côté des options à mettre en œuvre, ni de celui des moyens à mobiliser par les politiques publiques.

Il faut cesser par exemple d’opposer solutions technologiques et solutions comportementales : le débat entre « technophiles » et « comportementalistes » est certainement plus paralysant qu’utile. Le défi climatique est tellement difficile à relever qu’il demandera ET des changements de comportement ET des innovations technologiques ET des améliorations des institutions pour la gouvernance de la transition.

Exclure une de ces options serait le plus sûr moyen de rater la cible.

Toutes les études de prospective explorant les voies de la « décarbonation profonde » des économies concourent pour identifier quatre leviers principaux : la sobriété, l’efficacité, la décarbonation de l’énergie et, enfin, les « transferts d’usage » – soit le remplacement des équipements alimentés aux énergies fossiles par ceux utilisant de l’électricité ou des gaz décarbonés.

Pilier 1 : la sobriété, nécessaire, mais non suffisante

C’est pour faire face aux chocs pétroliers que les premières mesures de sobriété énergétique ont été avancées dans les années 70. Les citoyens étaient incités – voire contraints – à réduire leurs consommations via des changements de comportement.

C’était l’époque de la « chasse au gaspi » et des campagnes de l’Agence française de la maîtrise de l’énergie (Ademe) demandant aux automobilistes de réduire l’allure et aux habitants de mettre un pull ! Plus tard dans les années 2000, avec la conscience grandissante de la nécessité de réduire la consommation d’énergie pour lutter contre le réchauffement climatique, la sobriété énergétique gagne de l’importance. En France, c’est notamment l’association NegaWatt qui popularise ce concept.

La sobriété énergétique regroupe à la fois des comportements individuels (porter un pull plutôt que surchauffer en hiver son logement à 21 ou 22 degrés) et collectifs (aménagement des territoires en faveur des mobilités douces). Elle concerne tous les secteurs, peut s’appliquer par différents moyens avec plus ou moins d’intensité. Elle suppose un effort d’information et d’éducation important, permettant de limiter les gaspillages et de réaliser, au passage, des économies financières.

La généralisation de ces comportements n’est toutefois pas sans poser problème : tout le monde ne souhaite pas ou ne peut pas être sobre par un simple effort de volonté.

Il y a ceux qui sont dans une situation de précarité. Dans les situations les plus extrêmes, certains ménages sont contraints à sous-chauffer leur logement ou à limiter leurs déplacements. Il y a aussi ceux qui n’ont pas les moyens techniques de devenir plus sobres en énergie. Pensons à la dépendance à l’automobile de beaucoup des gilets jaunes. Enfin une partie de la population ne souhaite pas faire ces efforts et préfère le confort du statu quo.

Pilier 2 : l’efficacité à la rescousse!

Si la sobriété énergétique permet de réduire les consommations énergétiques par des changements de comportements, l’efficacité énergétique y parvient grâce à des améliorations technologiques, à niveau de confort inchangé. Tout comme la sobriété, elle concerne tous les secteurs.

Pour reprendre l’exemple précédent du chauffage, l’installation d’une chaudière performante, permettra, moyennant investissement, de réduire les consommations sans pour autant modifier la température de chauffe du logement. Les scénarios de l’Ademe indiquent que si « partout et toujours » les équipements les plus efficaces étaient employés, alors nous obtiendrions une très forte réduction des consommations énergétiques.

Mais les potentiels mobilisables ne sont pas toujours les potentiels théoriques et l’efficacité énergétique rencontre aussi des difficultés d’application et de résultats.

L’isolation des parois peut par exemple représenter un investissement très important avec, parfois, un faible retour sur investissement, ce qui limite son application.

Plus important peut-être : lorsque les mesures sont appliquées, les gains énergétiques sont souvent compensés par des gains dits de confort : « Le logement est mieux isolé et, à facture égale, il y fait plus chaud… on va enfin pouvoir se chauffer correctement! »

Il faut alors parvenir à combiner les actions de sobriété et d’efficacité énergétique pour obtenir des résultats significatifs. Et reconnaître l’importance d’une offre énergétique décarbonée…

Pilier 3 : « en même temps », décarboner les énergies

Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C comme le préconisent les experts du GIEC dans leur rapport de 2018, il faut viser la neutralité carbone mondiale, soit l’équilibre entre les émissions résiduelles et les absorptions de carbone induites par l’homme dans les forêts, les sols ou des réservoirs souterrains. Et cela peu après le milieu du siècle.

La France et l’Europe ont fixé cet objectif dès 2050. Il impose clairement de changer du tout au tout nos sources d’énergie en remplaçant quasi totalement les énergies fossiles par des énergies non carbonées.

Parmi ces dernières, les énergies éolienne et solaire ont aujourd’hui « le vent en poupe ». Elles sont abondantes, mais présentent l’inconvénient d’être intermittentes. Cette variabilité naturelle, pour des énergies transformées en électricité, pose le problème de l’adéquation en permanence entre l’offre et la demande sur le réseau.

Il existe d’autres sources renouvelables « pilotables » (c’est-à-dire produisant « à la demande »), comme l’hydraulique et la biomasse. Elles sont utiles, mais présentent des limites en matière de capacités : le potentiel hydraulique est largement équipé en France, la production des bioénergies entre en compétition avec l’agriculture pour l’utilisation des sols ou le maintien des forêts.

Il faut donc explorer de nouveaux systèmes technologiques qui permettront de stocker, en grande quantité et de manière intersaisonnière, voire interannuelle, les “énergies renouvelables variables” lorsqu’elles sont en excédent. Et elles seront d’autant plus souvent excédentaires que les capacités installées seront importantes. Les stations de pompage, les batteries (y compris celles des véhicules électriques), l’hydrogène et le méthane de synthèse constituent les principales « briques technologiques » à explorer.

Ces systèmes énergétiques du futur constituent un élément central dans le débat entre les tenants d’un futur 100% renouvelables et ceux qui maintiennent que le nucléaire constitue un atout maître pour la décarbonation à long terme des systèmes énergétiques. Cela parce que c’est une source d’énergie bas carbone, dense et pilotable.

Mais pour ce faire, le nucléaire devra retrouver des conditions de compétitivité économique qui ont été perdues avec les premiers réacteurs de troisième génération. Ceux-ci pourront-ils être optimisés ou l’avenir viendra-t-il de l’innovation et des nouveaux concepts – les petits réacteurs modulaires ou encore la « quatrième génération » avec les réacteurs à sels fondus?

Le débat sur l’équilibre à trouver entre renouvelables et nucléaire s’inscrit dans de multiples dimensions : le rapport des potentiels renouvelables à la demande totale ; les coûts des différentes options de production, et de plus en plus des dispositifs associés (stockage, électrolyseurs pour produire de l’hydrogène, usines de gaz de synthèse) ; la question de la sûreté des installations et des déchets. Enfin, dans une perspective internationale, on ne peut ignorer les enjeux industriels de la maîtrise des différentes technologies.

Pilier 4 : s’assurer que les usages sont adaptés aux énergies de demain

Dans tous les cas, les équipements chez l’utilisateur devront être adaptés pour consommer principalement de l’électricité et du gaz décarboné.

C’est particulièrement le cas du transport terrestre qui représente aujourd’hui en France le premier secteur pour les émissions de CO2. Pour les véhicules légers utilisés principalement pour de courts trajets quotidiens et qui restent de nombreuses heures à l’arrêt, la conversion du parc de véhicules thermiques vers l’électrique a commencé, et elle devra s’accélérer. Elle permettra par ailleurs de stocker, via les batteries des véhicules, de l’énergie renouvelable intermittente.

Concernant les trajets de plus longue distance et/ou pour des véhicules plus lourds, la conversion du parc vers des véhicules à « hydrogène » équipés de piles à combustible, constitue une solution… à condition évidemment que l’hydrogène soit produit à partir d’une électricité elle-même décarbonée.

La difficulté est ici de savoir comment synchroniser le développement de ces nouvelles solutions énergétiques, d’une part avec le déploiement des énergies renouvelables, d’autre part avec le développement des infrastructures de recharge ou, pour l’hydrogène, de transport-distribution.

Le timing des différents investissements doit absolument être maîtrisé, au risque de perdre des technologies dans la « vallée de la mort des innovations ».

Dans le cas de la mobilité hydrogène, le projet Zero Emission Valley en Auvergne Rhône-Alpes fait précisément le pari du développement en phase de la production d’hydrogène vert et du déploiement des bornes de recharge pour les véhicules compatibles.

« Que fleurissent les cent fleurs! » (Mao Tse Toung)

S’il est clair que la transition passe par le désinvestissement des énergies fossiles, qui permettra de dégager d’énormes potentiels de financement, l’investissement dans les solutions décarbonées doit aujourd’hui rester diversifié.

Car aucun des quatre piliers ne constitue en lui-même une « balle en argent » qui permettrait de terrasser les énergies fossiles! Répétons-le : aucune technologie n’apporte de solution miracle, car chacune se heurte à des contraintes d’acceptabilité, de potentiel, d’économie, de fiabilité ou de sécurité.

Les quatre piliers ne peuvent donc constituer que des éléments complémentaires dans un « bouquet » de solutions.

C’est bien de ce point de vue qu’il faut se garder de l’opposition entre les tenants de « la sobriété au-dessus de tout » (les comportementalistes) et les tenants de « la technologie avant tout » (les technophiles). Devant l’urgence qui augmente et les difficultés rencontrées, seules des stratégies mobilisant tous les moyens, dans un équilibre efficace, mais adaptatif, peuvent conduire à un (relatif) succès.

Transition énergétique: à quels coûts ?

Transition énergétique: à quels coûts ?

 

L’économiste , Patrick Artus minimise, dans sa chronique au Monde , l’ampleur des investissements nécessaire à l’abandon des énergies fossiles ( mais aussi les rendements énergétiques NDLR), mais insiste sur la nécessité d’une redistribution entre gagnants et perdants.

 

Chronique. Quelles seront les conséquences de la transition énergétique en Europe, en supposant que cette dernière réussisse à se placer sur la trajectoire compatible avec une hausse de la température de la planète de 1,5 °C à 1,7 °C à la fin du siècle ? Nombre d’économistes s’inquiètent du montant des investissements nécessaires et des effets de la hausse du prix de l’énergie due au passage aux énergies renouvelables.

Le scénario envisagé est celui d’une neutralité carbone en Europe en 2050, avec la disparition des émissions nettes de CO2 à cette date. En 2019, les émissions de CO2 de la zone euro sont 20 % plus basses qu’en 1990, et 23 % plus basses en 2020. Mais rappelons qu’elles devraient être plus basses de 55 % en 2030.

D’ici à 2050, l’Europe devra avoir à peu près fait disparaître la consommation de charbon et avoir réduit de 85 % sa consommation de pétrole et de 55 % sa consommation de gaz naturel. Les émissions résiduelles de COdevront être compensées par la capture-stockage ou la réutilisation de carbone. Toutes ces diminutions de l’utilisation des énergies fossiles doivent être remplacées par des énergies renouvelables.

Si l’on cumule de 2012 à 2050 le besoin d’investissement en énergie solaire photovoltaïque, en éolien onshore et offshore, en stockage de l’électricité par fabrication d’hydrogène vert (électrolyse de l’eau), en capture et stockage du carbone, on parvient pour l’Europe à un besoin d’investissement de 1 500 milliards d’euros constants de 2020, soit 50 milliards d’euros par an – environ 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) européen.

Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie, ces investissements dans la production d’énergie renouvelable représentent environ le tiers des investissements totaux nécessaires pour la transition énergétique, le reste étant l’isolation des bâtiments, le matériel de transport, les réseaux électriques.

Au total, l’investissement nécessaire serait donc de 1,2 point de PIB pendant trente ans, ce qui est en réalité faible par rapport à l’épargne disponible dans la zone euro (environ 25 % du PIB, en hausse de 2 points de PIB depuis vingt ans), et ne devrait pas poser de problème de financement, d’autant plus que l’union monétaire dégage un excédent d’épargne extérieur.

Second faux problème : la perte de pouvoir d’achat. La transition énergétique doit être en effet considérée comme une relocalisation industrielle : la zone euro va remplacer des importations d’énergie fossile (qui représentent 2,5 % du PIB pour un prix du pétrole à 50 dollars le baril) par une production domestique d’énergie renouvelable.

Les sciences face à la transition écologique (fondation Hulot)

Les  sciences face à la transition écologique (fondation Hulot)

Dans cet ouvrage publié chez Odile Jacob, une trentaine de scientifiques, membres de la Fondation Nicolas Hulot, mettent en garde contre les usages contestables qui peuvent être faits du discours et de l’autorité scientifiques pour servir des intérêts économiques.( Le Monde)

Livre.

 

 Jamais la science n’a été aussi présente dans l’espace public, son capital symbolique capté de toutes parts, sa prestigieuse caution âprement revendiquée par les responsables politiques, les capitaines d’industrie, les lobbyistes ou les organisations militantes. Et pour cause : l’activité scientifique nourrit autant l’innovation technique et la croissance qu’elle permet d’évaluer l’impact – bénéfique ou délétère – de tout l’éventail des activités humaines sur la santé ou l’environnement. On le voit avec la crise due au Covid-19 : la science a pris tant de place qu’elle se confond parfois avec le politique, semblant indiquer au pouvoir la seule ligne de crête praticable pour affronter une menace.

 « La » science ? Le conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) a judicieusement préféré parler « des » sciences, au pluriel. Pour ses vingt ans d’existence, cet aréopage d’une trentaine de scientifiques engagés signe un ouvrage qui interroge la place des sciences dans une société supposée entamer une transition écologique.

Diversité de disciplines

Au reste, le conseil scientifique de la FNH n’aurait guère pu parler de « la » science, sans se trouver légèrement à contre-emploi. Parmi les membres du conseil, on trouve en effet des philosophes, des économistes, des climatologues, des historiens, des écologues, des mathématiciens ou encore des juristes. Et même un astrophysicien. Cette diversité de disciplines et donc de sensibilités scientifiques donne à l’ouvrage son originalité, et toute la profondeur de son analyse.

Y sont explorés, dans six chapitres largement autonomes, les rôles que peuvent jouer l’acquisition et la transmission du savoir dans la transition écologique – bien que celle-ci, omniprésente dans les discours, demeure encore largement absente des politiques publiques.

Le premier de ces rôles est bien sûr celui de l’expertise et de la consolidation des connaissances acquises. Avec, comme exemple majeur, celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le célèbre panel de scientifiques qui, depuis la fin des années 1980, rassemble et synthétise l’ensemble du savoir disponible sur le changement climatique. Et fixe le consensus scientifique sur lequel l’action politique peut – ou pourrait – s’appuyer.

Mais les auteurs n’en restent pas à cet exemple qui, à lui seul, donnerait de l’activité scientifique une image par trop idéale, comme si la connaissance nécessaire à l’action faisait toujours l’objet de consensus apaisés, projetant sur la société une rationalité bienfaisante. Au contraire : le conseil de la FNH met aussi en garde sur les usages contestables qui peuvent être faits du discours et de l’autorité scientifiques, notamment par le détournement du doute méthodique par des intérêts économiques contrariés. Car le doute, disent en substance les auteurs, s’il est l’un des moteurs de la démarche scientifique, peut aussi s’avérer un frein puissant et entraver la prise de décision, en instrumentalisant les incertitudes inhérentes à l’acquisition de toute connaissance.

Transition énergétique: De la dépendance du pétrole à celle des métaux rares !

Transition énergétique: De la dépendance du pétrole à celle des métaux rares !

 

Les pays membres de l’Opep+ sont parvenus à un accord mardi soir concernant la production de brut du cartel et de la Russie en février. Cette production sera augmentée à la marge au cours des deux prochains mois. L’équilibre du marché reste très fragile alors que l’économie mondiale navigue à vue. D’autres défis guettent la planète énergétique, insiste Benjamin Louvet, responsable des gestions sur matières premières chez OFI AM.(Interview dans l’opinion)

Dans quel état est le marché pétrolier aujourd’hui ?

Parler d’incertitude devient une banalité, mais elle si forte que l’Opep a décidé de se réunir tous les mois pour tenter de piloter le marché, c’est inédit. Autour de 50 dollars le baril de brent aujourd’hui, l’offre et la demande sont à peu près équilibrées. La demande est restée soutenue pour deux raisons : en 2020, la Chine a importé davantage de pétrole qu’en 2019, elle a profité des prix faibles pour constituer des stocks importants. Les raffineurs mondiaux ont aussi transformé beaucoup de brut. Cela ne va pas durer, on voit déjà la demande chinoise ralentir. Du côté de l’offre, le pétrole libyen revient sur le marché, avec environ 1,3 million de barils d’exportation par jour. A très court terme, les risques sont plutôt baissiers sur les prix. La grande question est de savoir à quel rythme l’économie mondiale repartira. Dans le transport aérien, les Etats-Unis ont enregistré le week-end dernier un record de passagers depuis le début de la pandémie, à 50 % du taux normal. On reste loin du monde d’avant… Sans parler de la faiblesse des vols internationaux et des reconfinements en cours en Europe. La visibilité à six mois est nulle.

«La République Démocratique du Congo représente 60 % de la production mondiale de cobalt. Et 80 % du cobalt mondial est raffiné en Chine. Ce qui crée une dépendance à l’égard de deux pays compliqués, chacun dans son registre»

Entre la variable d’ajustement que constitue le pétrole de schiste américain et les efforts mondiaux de transition énergétique, est-on à l’abri d’un krach à la hausse sur les prix du brut ?

Les puits de pétrole de schiste s’épuisent rapidement : au bout de douze à dix-huit mois, ils enregistrent une baisse moyenne de 70 % de leur production. Il faut donc continuellement en forer de nouveaux pour maintenir le niveau de production. Or le nombre d’équipes de forage et de fracturation sur le terrain a plongé aux Etats-Unis. Le pays produit actuellement un peu plus de 11 millions de barils/jour. Les experts les plus pessimistes pensent qu’on peut tomber entre 6 et 7 millions de barils/jour au troisième trimestre, avant de remonter progressivement.

Par ailleurs, les investissements mondiaux dans le secteur pétrolier ont fondu autour de 350 milliards de dollars l’an, alors que l’équilibre du marché suppose un peu plus de 500 milliards d’investissements annuels. De deux choses l’une : soit la crise actuelle nous incite à être demain plus économe en énergies fossiles. Dans ce cas le réveil de l’économie post-pandémie ne provoquera pas de flambée des cours. Soit le monde repart sur le thème « business as usual ». Il apparaîtra alors clairement que les investissements des 4-5 dernières années ont été insuffisants pour assurer la consommation mondiale. Avant la crise, cette consommation était de l’ordre de 100 millions de barils/jours. Nous sommes retombés à 92,7 millions de barils/jour. Si, comme on l’imaginait avant la crise, la demande devait atteindre 105 millions de barils/jour en 2025, ce serait un énorme problème.

La transition énergétique ne va donc pas réduire rapidement notre dépendance aux énergies fossiles ?

Ce sera forcément progressif. La transition énergétique fait surtout basculer le monde d’une dépendance aux énergies fossiles à une dépendance aux métaux, ce qui va poser deux problèmes. Le premier est géopolitique, les producteurs de pétrole ne sont pas producteurs de métaux. Il va falloir repenser notre réseau diplomatique à l’égard de pays clé comme la République Démocratique du Congo, le Chili, l’Argentine, l’Australie, la Chine bien sûr… Le deuxième problème touche à la disponibilité : le monde dispose-t-il de suffisamment de métaux, et peut-on les produire assez vite ?

C’est-à-dire ?

Prenons l’exemple du cuivre. On le retrouve dans toutes les technologies liées à la transition énergétique, des alternateurs d’éoliennes (ils pèsent entre 400 kg et 4 tonnes suivant la taille de l’éolienne) à la voiture électrique, qui consomme jusqu’à quatre fois plus de cuivre qu’une voiture normale. L’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (Ifpen) estime que dans le cadre d’un développement de transition énergétique, on pourrait en 2050, avoir consommé la quasi-totalité des réserves de cuivre trouvées sur la planète en 2010. Le monde pourrait ne plus disposer de cuivre dans trente ans en dépit de taux de recyclage élevés. C’est une première source d’inquiétude. Suite à cette étude, l’Ifpen est allé visiter les gros producteurs de cuivre, le Chili notamment. Il a alors précisé que cette projection intégrait une hausse de 4,5 % de la production annuelle de cuivre du pays. Ce à quoi le Chili a répondu qu’il était incapable d’atteindre un tel taux de croissance. Comme pour le pétrole, le problème est donc double : la taille du réservoir, et la taille du robinet qui permet d’exploiter ce réservoir. Dans le cas du cuivre, cela peut entraîner des tensions très importantes de nature à faire échouer une transition énergétique.

«Le nickel est aussi sous tension. 60 % à 65 % des réserves seront consommées en 2050, et cela risque d’être plus rapide pour le nickel de type 1 utilisé dans la voiture électrique»

Le cuivre est le métal le plus stratégique de la transition énergétique ?

L’argent est le meilleur conducteur d’électricité au monde. Sur un indice de conductibilité allant de 0 à 63, l’argent est à 62. Il permet notamment de transporter les électrons dans les panneaux solaires. On estime qu’en 2019, les besoins de l’industrie photovoltaïque ont représenté à eux seuls 12 % de la production mondiale d’argent. Or les experts de la société S&P Global anticipent que l’industrie solaire pourrait quadrupler dans le monde d’ici à 2030. Certes, on dispose de gros stocks d’argent qu’on pourra mobiliser, mais a minima cela entraînera une tension sur les prix.

Autre métal stratégique, le cobalt que l’on retrouve dans les batteries NMC notamment. A court terme, il n’y a pas de tension à ceci près que la République Démocratique du Congo représente 60 % de la production mondiale. Et que 80 % du cobalt mondial est raffiné en Chine. Ce qui crée une dépendance à l’égard de deux pays compliqués, chacun dans son registre. Le nickel est aussi sous tension. 60 % à 65 % des réserves seront consommées en 2050, et cela risque d’être plus rapide pour le nickel de type 1 utilisé dans la voiture électrique.

Quel est votre métal « joker » pour 2021 ?

Le platine est en train de retrouver l’intérêt des investisseurs car il est indispensable dans les technologies de l’hydrogène. Aujourd’hui, on l’utilise essentiellement pour fabriquer des pots catalytiques pour les voitures diesel, à hauteur de 5 à 7 grammes par véhicule. C’est 20 à 25 grammes dans la pile à combustible d’un véhicule à hydrogène, et c’est pour cela – entre autres – que la technologie coûte cher. Si l’on veut développer l’hydrogène vert, il faut faire de l’électrolyse de l’eau. Les meilleures électrodes qui existent pour réaliser ce type d’opérations à grande échelle sont en platine. L’Europe a l’air de vouloir accélérer dans ce domaine, peut-être les Etats-Unis aussi avec Joe Biden. Cela pourrait générer un regain de consommation du platine, sachant que 70 % à 80 % de la production mondiale sont le fait d’un seul pays : l’Afrique du sud. Pour toutes ces raisons, les matières premières vont se retrouver sur le devant de la scène, et pour longtemps.

On parle souvent du monopole de la Chine sur les terres rares…

Les terres rares sont davantage utilisées dans l’industrie que dans les technologies de transition énergétique. En France, par exemple, 90 % des éoliennes onshore n’en utilisent pas ou très peu. Par ailleurs, si la Chine a le monopole de ces métaux, c’est qu’on a bien voulu lui laisser. Leur exploitation est coûteuse et surtout polluante. On pourrait tout à fait relancer la production en cas de besoin, y compris en France. Mais il faudrait assumer les problèmes environnementaux.

Des entreprises « poids lourds » pourraient-elles damer le pion à des Etats pour assurer leurs approvisionnements en métaux ?

Tesla, Volkswagen, beaucoup d’industriels signent des contrats de longue durée avec des producteurs pour assurer leur développement. De là à damer le pion à un Etat… L’histoire nous montre que les Etats-Unis ont su manier les lois antitrust pour démanteler des grands groupes, pétroliers notamment, et reprendre le pouvoir quand ils l’estimaient nécessaire.

« Comment réussir la transition écologique »

« Comment réussir la transition écologique »

 «  La politique n’est pas qu’une affaire de plomberie, c’est aussi une affaire de poésie  », clame la députée du Nord, Valérie Petit, qui appelle dans le journal l’opinion à convoquer les sentiments des Français pour réussir la transition écologique.

 

 

 

Chronique dans le Monde

 

Ce n’est ni une preuve scientifique, ni un discours politique qui ont fait de moi une écologiste convaincue, c’est une émotion, celle que nous ressentons face au spectacle grandiose et vibrant de la nature. Celle que narrent les astronautes qui ont contemplé la planète bleue depuis l’espace, celle que nous éprouvons sous un ciel étoilé, face à l’océan, dans les profondeurs de la forêt ou dans le regard d’un animal aimé. Une émotion presque magique, pour ne pas dire mystique, qui nous fait nous sentir tout petits mais connectés à quelque chose d’immense. Elle nous procure joie, gratitude, mais aussi le sens de nous-même et de notre responsabilité dans le « miracle » du vivant, ce « grand tout » que forment ensemble l’humain et la nature.

Adolescente née dans une cité bétonnée, je rêvais de fuir dans la forêt : quand enfin, j’emménageais près d’un petit bois, j’y passais des heures, seule ou avec mes camarades, dans une petite cabane faite de branchages. Le bruissement des arbres, le chant des oiseaux, le frémissement du vivant tout autour, me procuraient un sentiment d’émerveillement, presqu’une transcendance. J’en ressortais invariablement avec un sentiment de liberté et de plénitude personnelle, en même temps que de responsabilité immense vis-à-vis de ce cadeau qu’est, non pas seulement la nature, mais notre connexion avec elle.

De la forêt noire de Baden-Baden à la forêt magique de Paimpont, des châtaigniers majestueux de Virginie aux pins sacrés du mont Hua shan : depuis cette époque, je n’ai cessé de répondre à l’appel de la forêt, de la wilderness (nature sauvage) comme l’appellent les Américains. Plus tard, pour soutenir mon engagement politique et garder la trace de cette émotion, j’ai fait tatouer sur mon avant-bras, le symbole d’Artémis, déesse du monde sauvage, assorti de cette citation de l’écologiste libertaire H. D. Thoreau : « Toutes les bonnes choses sont libres et sauvages ».

« Pour changer sa manière de vivre, il faut bien plus que de bonnes raisons, il faut de bonnes émotions. Le cœur a des raisons que la raison politique ne peut plus ignorer, au risque d’échouer. »

Car l’émotion, dont l’étymologie signifie « se mettre en mouvement », est un puissant moteur de l’action. Cette émotion aussi puissante que singulière, que nous éprouvons au contact de la nature, les chercheurs l’appellent awe (la révérence). Les travaux récents de la psychologie positive montrent qu’elle n’est pas seulement source de bien-être physique et de joie : elle donne également du sens à nos vies et contribue à notre épanouissement individuel. Plus étonnant, elle nous pousse également à des comportements plus altruistes et plus responsables, notamment à l’endroit de l’environnement et du vivant.

« Libre et sauvage ». Dès lors, l’awe apparaît comme la réponse émotionnelle à cette question politique décisive : « Pourquoi, alors même que nous avons tous conscience de l’urgence climatique, ne sommes-nous pas capables collectivement d’accepter de changer nos modes de vie ? » Tout simplement, parce que les émotions négatives ou la contrainte imposée de l’extérieur ne suffisent pas pour lever les freins au changement comme le peut une émotion forte et positive qui meut chacun de l’intérieur.

Pour changer sa manière de vivre, il faut bien plus que de bonnes raisons, il faut de bonnes émotions. Le cœur a des raisons que la raison politique ne peut plus ignorer, au risque d’échouer. Si nous voulons que chaque citoyen, soit un acteur actif, libre et responsable de la transition écologique, nous devons aussi réensauvager les cœurs.

Osons dès lors un discours à contre-courant de l’époque, si prompt à craindre les émotions presque autant que la liberté de les exprimer : pour embarquer librement les Français dans la transition écologique, et faire de celle-ci une aventure personnelle aussi bien qu’une réussite collective, nous devrions aussi susciter une adhésion « libre et sauvage » à l’écologie, faire de celle-ci une émotion politique positive fondée sur la reconnexion avec la nature et le sauvage au quotidien.

Hausse des ambitions de l’Accord de Paris, loi Climat, Green Deal européen, One Planet Summit, COP15 sur la biodiversité, COP26 sur le climat : l’année 2021 sera la chance, enfin donnée, à une transformation écologique de notre économie et de notre société. Nous ne convaincrons pas les Français avec un discours politique nourrit uniquement de technique et de science. Car, comme le soulignent les scientifiques de l’émotion, il faut du plaisir, du sens et de la liberté pour persévérer. Et pour cela nous avons besoin d’émotions fortes et positives.

Il se trouve que la nature, qui n’en finit plus d’être généreuse avec l’homme, est aussi pourvoyeuse de ressources émotionnelles. Car la nature et la planète ne gisent pas mortes à nos pieds. Le vivant n’a pas dit son dernier mot. Nous ne devons pas « réparer la planète » comme des mécaniciens dépourvus d’âmes. Nous devons, avec force d’émotion, nous « unir au vivant » et coopérer pour organiser la résilience, localement et globalement.

Le travail entamé par l’Union internationale pour la conservation de la nature sur le développement des solutions basées sur la nature est exemplaire de ce nouveau paradigme : la biodiversité n’est pas un trésor perdu qu’il faut protéger, c’est un allié, avec qui il nous faut travailler en confiance et en intelligence pour notre bénéfice mutuel.

«Gandhi disait, à propos du changement, que l’on commence par se changer soi, puis autour de vous les gens changent et à la fin c’est le monde qui est transformé. Cessons donc, d’infantiliser les Français, et de leur dire quoi faire pour cocher la bonne case de l’écologie»

Il ne s’agit pas de dire à chacun de retourner vivre dans les bois ! Il ne s’agit pas non plus de tenir un discours romantique déconnecté du réel. Il s’agit d’abord de reconnaître, la place de l’émotion et du sens, dans l’engagement des individus au quotidien ; de faire de l’écologie une émotion politique nationale, positive, et qui résonne chez chacun.

Empreinte émotionnelle. Il s’agit ensuite de faire de cette émotion et de la reconnexion quotidienne à la nature, une grande cause nationale et un objectif pour tous les acteurs publics pourvoyeurs d’expériences et d’engagements au quotidien. La psychologue de l’environnement Lisa Garnier propose ainsi de permettre à chacun de nous de devenir un « pisteur » de la nature sauvage au quotidien. Et ce, afin de multiplier la force de ce lien émotionnel qui, en même temps qu’il nous lie à la nature, nous relie à nous-mêmes et aux autres.

Il s’agit enfin, de rappeler que cette émotion ne peut donner son plein potentiel de mise en mouvement que si elle s’accompagne de liberté individuelle : liberté de ressentir, liberté de s’exprimer, liberté d’imaginer, liberté de s’associer et liberté pour chacun de fabriquer sa propre transition. Gandhi disait, à propos du changement, que l’on commence par se changer soi, puis autour de vous les gens changent et à la fin c’est le monde qui est transformé. Cessons donc d’infantiliser les Français et de leur dire quoi faire pour cocher la bonne case de l’écologie. Donnons plutôt la capacité et la liberté de cultiver son jardin.

Ainsi, si le Président veut réussir le tournant écologique en s’appuyant sur les citoyens, son seul rôle, à présent, devrait être de narrer le récit de l’aventure à venir, et de faire de l’écologie et de la nature une grande émotion politique. Car c’est aussi de l’empreinte émotionnelle que nous saurons imprimer dans le cœur des Français que dépendra l’avenir de notre empreinte carbone ! La politique n’est pas qu’une affaire de plomberie, c’est aussi une affaire de poésie.

Valérie Petit est députée (Agir) du Nord.

2021 : une année de transition au plan économique

2021 : une année de transition au plan économique

 

2021 se présente comme une année de transition et non l’année de rétablissement total de la croissance perdue. Il faudra attendre au moins la fin de 2022 pour cela. En fait,  on va commencer à rattraper les pertes d’activité dues à la crise sanitaire en 2021. En Europe le redémarrage risque d’être plus lent qu’ailleurs. En Chine, la croissance est nettement repartie à la hausse. Devraient suivre les États-Unis qui auront soutenu leur économie avec un appui financier à hauteur de 15 % du PIB. En Europe on est plus près de 5 % excepté pour l’Allemagne à 9 % du PIB.

Pour retrouver le niveau de fin 2019, il faudra quatre trimestres aux États-Unis, contre neuf en zone euro, évalue le groupe Rothschild. Attention, prévient Christopher Dembik, «la reprise sera très hétérogène en zone euro car le chômage reste important. La zone sud va rester durablement sinistrée». Le fonds européen de 750 milliards d’euros représente un levier conséquent, dont l’Italie et l’Espagne sont les premiers bénéficiaires. «Mais les principaux montants n’arriveront pas avant 2023 et 2024», précise l’économiste.

 

Ce qui risque de plomber l’atmosphère notamment le moral des acteurs économiques, c’est l’annonce du grand bon des faillites notamment au cours du second semestre 2021. Un grand bon qui mécaniquement va provoquer une forte hausse du chômage. Par exemple en France après environ la destruction de 800 000 emplois en 2020, il faudra en ajouter au moins 1 million en 2021. Les consommateurs, les ménages et les investisseurs risquent dans ces conditions de se montrer encore prudents en 2021.

 

Le gouvernement français a dû d’ailleurs revoir à la baisse sa prévision de croissance pour 2021 à +6%. Une performance atteignable « s’il n’y a pas de troisième confinement et si on a une reprise économique relativement régulière à partir du premier trimestre », prévient Patrick Artus, économiste en chef de Natixis. Sinon, « tout sera différent: ça voudra dire qu’il faudra attendre 2024 pour retrouver le niveau de PIB d’avant la crise, le chômage va monter beaucoup plus haut, les faillites d’entreprises aussi », ajoute-t-il.

BNP : se centrer sur la transition écologique

BNP : se centrer sur la transition écologique

Le banquier Jean-Laurent Bonnafé, président d’Entreprise de BNP Paribas estime que les entreprises et les banques ont un rôle central dans la transition écologique (interview dans la Tribune)

 

Jean-Laurent Bonnafé, en tant que président d’Entreprise pour l’Environnement, cinq ans après l’accord de Paris, quel bilan tirez-vous de l’action des entreprises à l’égard de la question climatique ?

Clairement, au risque de surprendre certains, ce sont les entreprises qui ont fait le plus de chemin depuis 2015 sur la voie de l’objectif zéro carbone en 2050. Leur accélération vers la transition énergétique a caractérisé ces cinq dernières années. Dans tous les secteurs, par vagues successives, pas de façon linéaire, les entreprises se sont engagées. Des bascules s’organisent, secteur par secteur, sujet par sujet. Et si elles n’étaient pas au centre des engagements à l’origine, elles sont aujourd’hui au centre des réalisations.

Délivrer la transition énergétique, cela passe par des offres de services, de techniques, de technologies que seules les entreprises peuvent concevoir. C’est le propre des entreprises de se donner des jalons et de s’y tenir. C’est dans la génétique des entreprises. Cela peut parfois sembler imparfait ou insuffisamment rapide, mais le résultat est qu’il y a de réelles avancées. Aux Etats-Unis, si Tesla émerge, c’est que des investisseurs se disent qu’on a besoin de financer cette voiture électrique. Sinon ils ne l’auraient pas soutenu à bout de bras en prenant autant de risques. L’innovation est un fait d’entreprises et d’entrepreneurs de capitaux privés.

Les parties prenantes des entreprises, notamment les salariés contribuent activement à ces changements. Dans un monde, où les espaces privés et professionnels sont de plus en plus entremêlés, plus personne n’envisage de travailler dans une entreprise qui agirait de façon contraire à ses valeurs personnelles.

Ceux qui sont en retard, ce sont les Etats. Ils ont conscience qu’il faut agir, mais cela nécessite des décisions politiques impopulaires…

Les Etats portent ou conduisent des politiques publiques qui peuvent reposer sur des incitations d’ordre financière, fiscale ou de règlementation sectorielle. Ils peuvent aussi mobiliser des leviers comme l’éducation du plus jeune âge jusqu’aux filières spécialisées, ou encore le soutien à la recherche publique ou l’innovation. Il faut aussi souligner l’engagement parfois déterminant des collectivités territoriales, notamment les villes et les agglomérations.

La COP21 a vu la défection de certains pays, comme les Etats-Unis d’Amérique. Vous croyez en leur retour dans l’accord de Paris ?

Oui, c’est ce qui semble se confirmer et c’est une excellente nouvelle.

EDF demande des moyens supplémentaires pour la transition écologique

 EDF demande des moyens supplémentaires pour la transition écologique

le PDG d’EDF , Jean-Bernard Lévy , considère que l’Europe-France y compris-  n’a rien fait de significatif en matière de politique énergétique pour aller dans le sens de l’accord de Paris sur le climat et le réchauffement climatique. Il remet en cause le système actuel de régulation et demande des moyens supplémentaires.

 

« Nous n’avons pas assez de moyens, même en multipliant les investissements dans la transition énergétique, nous aimerions bien faire beaucoup mieux, faire beaucoup plus, aller beaucoup plus vite », a-t-il dit lors d’un événement sur le thème de l’innovation organisé par EDF.

« Nous sommes assez bloqués dans cette démarche par le système dans lequel nous sommes aujourd’hui, un système de régulation qui a été mis en place il y a une bonne dizaine d’années (…) sans tenir compte, en aucune façon, du fait que nous produisons de l’électricité décarbonée », a-t-il ajouté en évoquant la subsistance de formes de subventions aux énergies fossiles dans de nombreux pays d’Europe.

Le PDG d’EDF a estimé que les objectifs d’efficacité énergétique devaient s’accompagner d’une prise en compte des objectifs de décarbonation et a redit son souhait que des taxes carbone efficaces soient enfin décidées au niveau de l’Union européenne ou de ses Etats-membres, cinq ans après l’accord de Paris sur le climat et le réchauffement climatique.

« Qu’a-t-on fait ces cinq dernières années dans les instances communautaires pour mettre en place des actions concrètes allant dans le sens des accords de Paris ? Il me semble qu’on vient de perdre cinq ans. »

Jean-Bernard Lévy a également estimé que le financement de la transition énergétique n’imposait pas des hausses de prix pour les consommateurs.

« Il faut modifier le prix relatif des énergies entre elles (…), il faut que la politique de la fiscalité évolue – peut-être pas trop brutalement, parce que l’épisode des Gilets jaunes aura laissé des traces – de façon à organiser les choses en fonction d’un objectif climatique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, ce n’est pas le cas en France et ce n’est pas le cas en Europe (…) »

Le projet de réorganisation d’EDF, nommé Hercule, doit lui permettre d’améliorer ses capacités d’investissement et de financement à travers notamment une sanctuarisation de son parc nucléaire français et une ouverture du capital de ses activités dans les renouvelables.

Les syndicats s’y opposent toutefois fermement en faisant valoir qu’il constituerait un premier pas vers un démantèlement et une privatisation d’EDF, avec des menaces pour l’emploi.

1...56789...13



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol