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Transition écologique : Une insuffisance débat démocratique

 Transition écologique : Une insuffisance débat démocratique

 

Chantal Jouanno,  présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) s’inquiète, dans une tribune au « Monde », d’une régression du droit à être informé et à participer à l’élaboration de projets touchant à l’environnement.

 

Tribune.

La France est une pionnière de la démocratie. L’aspiration démocratique des personnes qui vivent dans nos territoires est une constante que les taux d’abstention aux élections ne doivent pas masquer. La citoyenneté est vivace et nous devons nous en réjouir, y compris lorsqu’elle s’exprime en pétitions ou en cortèges.

Notre vie démocratique ne se résume pas au temps de l’élection. L’un des acquis majeurs de ces dernières décennies est le droit de toute personne de participer à l’élaboration des projets qui touchent son environnement. Cette avancée, conquise dans les années 1990, est issue d’une initiative citoyenne, lorsque des personnes concernées par le projet de TGV Méditerranée ont auto-organisé leur débat public, réclamant aux responsables de partager les informations et d’entendre leurs arguments.

 

Depuis cette époque, les citoyennes et les citoyens doivent être associés aux décisions liées à leur environnement proche, comme la création de parcs éoliens, d’autoroutes, d’usines de traitement des déchets… Les responsables de ces projets ont l’obligation d’informer le public de leur existence et de débattre de leur opportunité. Ce droit est inscrit dans notre Constitution à l’article 7 de la Charte de l’environnement. La Commission nationale du débat public (CNDP), institution indépendante de l’Etat, est chargée de le défendre et de le mettre en œuvre.

Depuis trente ans, il était une constante que ce droit soit progressivement étendu et renforcé. Mais ce mouvement continu connaît depuis quelques années des reculs importants, qu’il convient d’additionner pour en mesurer la portée.

La liste de ces reculs – dénoncés par la CNDP, la Compagnie nationale des commissaires enquêteurs, l’Autorité environnementale, les associations environnementales ou les acteurs de la participation – s’allonge par touches successives. Depuis trois ans, les enquêtes publiques, qui permettent au public de s’informer sur le projet et de formuler des observations auprès d’un tiers indépendant, sont de par la loi progressivement remplacées par des consultations 100 % numériques, ce qui exclut de fait 14 % de la population française qui n’ont pas accès au numérique et se trouvent ainsi privés de leurs droits.

D’autres régressions sont désormais également inscrites dans la loi. Un décret publié cet été divise par deux le délai pendant lequel le public peut demander qu’une concertation soit organisée. Il augmente aussi les seuils à partir desquels les responsables d’un projet ont l’obligation de saisir la CNDP pour le soumettre à débat.

Transition écologique: La question du financement

Transition écologique: La question du financement

 

Alors qu’ils vantent une société moins inégalitaire, un rapport apaisé à la nature et une consommation sans gaspillage, les candidats à la primaire écologiste restent en revanche coupablement évasifs sur le financement de leurs propositions.( une papier du Monde , extrait )

 

Qui va payer le coût de la transition écologique ? Longtemps considérée comme différable, la question est devenue centrale pour les Etats, qui se retrouvent aujourd’hui au pied du mur. Pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, les dirigeants européens n’ont plus d’autre choix que d’agir vite et fort.

Deux voix se sont récemment élevées pour prévenir que les toutes prochaines années ne seront pas un chemin bordé de roses. Dans la revue Le Grand Continent, l’économiste Jean Pisani-Ferry pronostique un « choc d’offre négatif » : des équipements vont disparaître, des usines fermer, des salariés perdre leur emploi. Pour compenser cette perte, un volume important d’investissements va devoir être engagé, ce qui aura pour effet mécanique de réduire la part de la consommation dans la croissance.

 

Les finances publiques, déjà largement sollicitées par la crise sanitaire, vont être de nouveau mises à rude épreuve en raison du montant des compensations sociales à établir : les unes seront nécessaires pour atténuer l’impact social des restructurations, les autres pour lisser l’impact de la forte hausse du prix de l’énergie sur les dépenses contraintes (logement, transports). Ces dernières pèsent déjà considérablement dans le budget des ménages les plus modestes.

Alors que l’espoir d’une adaptation progressive de notre modèle de croissance a longtemps fait illusion, l’idée d’un ajustement brutal émerge, ce dont prend acte une seconde voix, celle de Daniel Cohn-Bendit. Dans un récent entretien aux Echos, l’écologiste s’exclame, non sans malice : « Si les Verts pouvaient parler vrai, ils diraient : Votez pour nous, et tout sera plus difficile !’’ »

La primaire des écologistes, qui va départager cinq candidats d’ici au 29 septembre, montre à quel point ce langage de vérité est difficile à assumer. De Yannick Jadot à Sandrine Rousseau en passant par Delphine Batho, Eric Piolle et Jean-Marc Governatori, tous s’emploient à populariser une utopie. Avec plus ou moins de nuances, ils vantent une société plus inclusive, moins inégalitaire, plus humaine, garantissant une meilleure qualité de vie, un rapport apaisé à la nature, une bonne alimentation et une consommation sans gaspillage.

Aucun ne lésine sur le montant des dépenses (éducation, culture, santé, aides sociales et augmentations salariales…). Tous restent en revanche coupablement évasifs sur le financement de leurs propositions : la taxe carbone, impôt indispensable à la transition écologique, mais insoutenable dans sa forme actuelle, reste en suspens. Depuis le mouvement des « gilets jaunes », elle fait figure d’épouvantail.

L’emprunt et la mise à contribution des nantis sont en revanche largement mis en avant. Or, si les possibilités de recours au premier existent, elles sont obérées par le niveau très élevé de l’endettement public, auquel il faudra tôt ou tard s’attaquer. Quant au slogan « Faire payer les riches », il reste électoralement payant, mais ne permettra pas de financer la totalité des dizaines de milliards d’euros de dépenses promises.

Entre le parler-vrai et la promesse d’un monde qui chante, les écologistes ont choisi l’option la plus facile, mais pas la plus éclairante. L’angle mort qu’ils cultivent sur le financement de la transition écologique renvoie aux difficultés qu’ils éprouvent à questionner l’efficacité des politiques sociales actuelles au regard des nouveaux enjeux. Elles témoignent aussi de leur gêne à définir clairement les termes du nouveau contrat social dans une société vieillissante, où les dettes à l’égard de la jeunesse ne cessent de s’accumuler. Plus l’exercice de vérité sera différé, plus le choc sera rude.

Transition écologique: il temps de passer à la phase concrète

Transition écologique: il temps de passer à la phase concrète

Philippe Mudry estime qu’il est en d’aller au-delà des approches macro environnementales pour passer au concret ( dans l’Opinion)

 

Pour illustrer l’urgence climatique, pouvait-on imaginer été plus convaincant ? Coincé sous une cloche de chaleur, l’Ouest américain n’a été plusieurs semaines qu’un vaste brasier ; et tandis que le Sud de l’Europe voyait ses forêts dévorées par les flammes, des inondations sans précédent stupéfiaient par leur ampleur l’Allemagne et le Bénélux, impuissants malgré leur richesse. Partout, l’actualité est rythmée par les événements extrêmes, révélant crûment l’impréparation des Etats comme des simples citoyens. Il ne suffit pas de couler dans le bronze de la loi européenne l’obligation de neutralité carbone d’ici 2050, et de proclamer des objectifs datés pays par pays, pour affronter efficacement le péril. Encore faut-il que la société suive. Les entreprises s’y mettent à peine ; quant aux citoyens, leur en donne-t-on les moyens ? Assurément pas !

Pour l’heure, qui sait que, comme le souligne l’économiste Jean Pisani-Ferry, « la transition écologique va être brutale, bien plus que l’on imaginait » ? Quelle publicité a-t-elle été faite du rapport Blanchard-Tirole, deux des plus éminents économistes mondiaux, sur le coût réel de la transition et ses conséquences sociales (lire notre chronique du 30 juin) ? La vérité est que, pour user de la terminologie des économistes, si les travaux macro-climatiques abondent, leurs applications « micro » manquent largement. Dès lors, chacun espère qu’il pourra s’accommoder progressivement de la contrainte climatique, à grands coups d’aides financières à une « transition verte » parée de toutes les vertus.

 

 Or comme élus grecs ou allemands l’ont constaté douloureusement, c’est toute la politique d’aménagement territoriale, de construction et d’investissements publics qui est à revoir, de fond en comble et sans délai aucun ! Pour chaque citoyen, les choix à anticiper sont tout aussi proches, radicaux et globaux. De nombreux investissements domestiques, effectués aujourd’hui sans information suffisante, seront obsolètes demain. Quel impact du climat sur ma propriété ? Quelle chaudière acheter, et à quel horizon ? Quand changer ma voiture et avec quelles caractéristiques ? Quelles modifications envisager dans mon mode de logement ? de travail ? d’assurances ? d’épargne ? Quelles augmentations à prévoir, dont personne ne parle mais auquel chacun se doute qu’il n’échappera pas : coût des grands services publics, des taxes carbone ou autres impôts-climat ?

Gageons qu’une bonne part de la persistante sur-épargne actuelle n’a d’autre cause que l’inquiétude non exprimée des Français devant la transition à financer, dont aucun politique n’a le courage de parler sérieusement, écologistes compris. S’il veut y mettre un frein, le gouvernement serait bien inspiré d’élaborer un plan d’information massif et détaillé, une feuille de route pratique et citoyenne, relevant les étapes et les investissements à prévoir, les erreurs à ne plus commettre, et sans sous-estimer les sujets fiscaux qui fâchent. Pourquoi le haut-commissariat au Plan, dont c’est la mission après tout, ne trouverait-il pas dans une « coordination prospective » des efforts nationaux matière à un travail de fond sur le combat climatique, qui brille toujours par son absence au bilan de François Bayrou ?

Transition écologique: Passer à la phase concrète

Transition écologique: Passer à la phase concrète

Philippe Mudry estime qu’il est en d’aller au-delà des approches macro environnementales pour passer au concret ( dans l’Opinion)

 

Pour illustrer l’urgence climatique, pouvait-on imaginer été plus convaincant ? Coincé sous une cloche de chaleur, l’Ouest américain n’a été plusieurs semaines qu’un vaste brasier ; et tandis que le Sud de l’Europe voyait ses forêts dévorées par les flammes, des inondations sans précédent stupéfiaient par leur ampleur l’Allemagne et le Bénélux, impuissants malgré leur richesse. Partout, l’actualité est rythmée par les événements extrêmes, révélant crûment l’impréparation des Etats comme des simples citoyens. Il ne suffit pas de couler dans le bronze de la loi européenne l’obligation de neutralité carbone d’ici 2050, et de proclamer des objectifs datés pays par pays, pour affronter efficacement le péril. Encore faut-il que la société suive. Les entreprises s’y mettent à peine ; quant aux citoyens, leur en donne-t-on les moyens ? Assurément pas !

Pour l’heure, qui sait que, comme le souligne l’économiste Jean Pisani-Ferry, « la transition écologique va être brutale, bien plus que l’on imaginait » ? Quelle publicité a-t-elle été faite du rapport Blanchard-Tirole, deux des plus éminents économistes mondiaux, sur le coût réel de la transition et ses conséquences sociales (lire notre chronique du 30 juin) ? La vérité est que, pour user de la terminologie des économistes, si les travaux macro-climatiques abondent, leurs applications « micro » manquent largement. Dès lors, chacun espère qu’il pourra s’accommoder progressivement de la contrainte climatique, à grands coups d’aides financières à une « transition verte » parée de toutes les vertus.

 

 Or comme élus grecs ou allemands l’ont constaté douloureusement, c’est toute la politique d’aménagement territoriale, de construction et d’investissements publics qui est à revoir, de fond en comble et sans délai aucun ! Pour chaque citoyen, les choix à anticiper sont tout aussi proches, radicaux et globaux. De nombreux investissements domestiques, effectués aujourd’hui sans information suffisante, seront obsolètes demain. Quel impact du climat sur ma propriété ? Quelle chaudière acheter, et à quel horizon ? Quand changer ma voiture et avec quelles caractéristiques ? Quelles modifications envisager dans mon mode de logement ? de travail ? d’assurances ? d’épargne ? Quelles augmentations à prévoir, dont personne ne parle mais auquel chacun se doute qu’il n’échappera pas : coût des grands services publics, des taxes carbone ou autres impôts-climat ?

Gageons qu’une bonne part de la persistante sur-épargne actuelle n’a d’autre cause que l’inquiétude non exprimée des Français devant la transition à financer, dont aucun politique n’a le courage de parler sérieusement, écologistes compris. S’il veut y mettre un frein, le gouvernement serait bien inspiré d’élaborer un plan d’information massif et détaillé, une feuille de route pratique et citoyenne, relevant les étapes et les investissements à prévoir, les erreurs à ne plus commettre, et sans sous-estimer les sujets fiscaux qui fâchent. Pourquoi le haut-commissariat au Plan, dont c’est la mission après tout, ne trouverait-il pas dans une « coordination prospective » des efforts nationaux matière à un travail de fond sur le combat climatique, qui brille toujours par son absence au bilan de François Bayrou ?

Pour une transition énergétique plus rapide

Pour une transition énergétique plus rapide

L’économiste Adrien Fabre rend compte, dans une tribune au « Monde »(Extrait), des propositions sur le climat récemment formulées par la Commission européenne.

TRIBUNE

 

Le 14 juillet, la Commission européenne a proposé un plan historique en vue de la neutralité climatique de l’Union européenne (UE) en 2050 : « Fit for 55 ». Par ce nom accrocheur, qu’on pourrait traduire par « prête pour 55 », la Commission fait savoir qu’elle a un plan exhaustif et cohérent pour atteindre l’objectif intermédiaire de réduire les émissions européennes [de gaz à effet de serre] de 55 % en 2030 par rapport à 1990, soit un rythme quatre fois plus intense qu’avant 2020.

Pour atteindre cet objectif, la Commission compte capitaliser sur les politiques existantes, et en renforcer l’ambition.

Les normes d’émissions de CO2 sur les véhicules neufs seront abaissées, jusqu’à atteindre zéro en 2035. A cette date, un constructeur qui vendra des véhicules en moyenne aussi polluants que les ventes actuelles (108 g/km de CO2 en 2020) devra s’acquitter d’une pénalité de 10 000 euros par véhicule.


Le système d’échange de quotas d’émissions (SEQE) couvrant les émissions industrielles (y compris les centrales électriques) sera complété par un mécanisme d’ajustement aux frontières. En soumettant les importateurs au prix du carbone européen, il évitera que la production européenne soit remplacée par des importations venant de pays sans régulation des émissions.

Périmètre critiquable

Un nouveau SEQE couvrira les combustibles fossiles destinés au chauffage et au transport. Ses recettes serviront à protéger les ménages vulnérables et à les aider à remplacer leurs équipements. En tout, les SEQE plafonneront 70 % des émissions à un niveau compatible avec l’objectif. Chaque Etat membre sera tenu de réduire ses émissions non industrielles selon une cible assignée dans un souci d’équité, ce qui plafonnera les émissions restantes par des quotas échangeables entre Etats.

L’UE se refuse à accorder des transferts substantiels à l’Afrique et à l’Asie du Sud, alors que ces pays en font légitimement la condition de leur décarbonation

Enfin, les émissions aériennes et maritimes seront stabilisées à leur niveau actuel malgré une augmentation du trafic, en divisant par trois le contenu carbone des carburants d’ici à 2050. Pour plus de détails sur les mesures prévues, voir « Le Green Deal est-il un bon deal ? », version longue de cette tribune.

Malgré toutes ces mesures, quand on aspire à une société soutenable et juste le plus vite possible, le « Green Deal » [« pacte vert »] peut décevoir. Face à l’option plus soutenable de la sobriété, il privilégie la société de consommation. Son périmètre est critiquable : la cible de - 55 % exclut les émissions aériennes et maritimes liées aux destinations hors UE ; au lieu de porter sur l’empreinte carbone, la cible ne concerne que les émissions territoriales de l’UE, et ne pose donc pas de limites sur les émissions importées.

Transition énergétique de l’automobile :un fiasco environnemental et économique?

Transition énergétique de l’automobile :un fiasco environnemental et économique?

 

La question peut se poser de la stratégie de transition énergétique de l’automobile. Dans les pays développés, c’est autour de 2030 que devrait être interdite la vente de véhicules neufs thermiques. Autant dire qu’on trouvera encore en circulation de nombreux véhicules anciens à moteur à explosion qu’en 2050 au moins. La limite de 2030 -2040 ne concernent en effet que les véhicules neufs. En moyenne en France , la durée de vie d’un véhicule et de 11 ans, il s’agit évidemment d’une moyenne care certains véhicule peuvent durer une vingtaine d’années quand d’autres sont détruits avant 10 ans.

En clair, on dispose d’une trentaine d’années pour opérer une véritable transition écologique. Alors il n’est pas certain que la transition via la voiture électrique à batteries constitue la meilleure solution. Les véhicules électriques pour leur production et leur utilisation sont également polluantes. Ce n’est qu’à partir de -60 000 km qu’elles deviennent moins polluantes par rapport aux moteurs thermiques.

La question se pose donc de savoir s’il ne faudrait pas envisager tout de suite une transition vers l’hydrogène en faisant l’impasse sur la voiture électrique au très lourd de batteries polluantes. Sur le plan économique, la transition sera sans doute dramatique pour les constructeurs et les salariés du secteur. On considère général qu’il faut trois fois moins de personnel pour construire  une voiture électrique sans parler de la durée des véhicules qui elle, pourrait doubler. À noter aussi la dimension sociale. En effet compter pour les véhicules électriques actuels un prix trois fois supérieur à celui d’un véhicule thermique.  

Au Royaume-Uni Boris Johnson a fixé à 2030 l’interdiction des ventes de nouveaux véhicules essence et diesel au Royaume-Uni, dans le cadre d’une « révolution industrielle verte » se voulant créatrice d’emplois. D’autres pays ont pris les devants à travers le monde: Singapour comme Israël interdiront les moteurs à combustion en 2030. Le gouvernement nippon compte interdire les ventes de véhicules neufs à essence ou diesel d’ici le milieu des années 2030. Seuls les véhicules électrifiés (incluant toutefois les véhicules hybrides, dont Toyota est le champion mondial) seront autorisés sur le marché neuf. En Chine on prévoit que l’électrique sera dominant d’ici 2025 mais aucune date précise n’a été retenu pour l’interdiction du thermique Quelques pays émergents se sont également positionnés, alors que les ventes de voitures neuves y restent faibles et que les voitures électriques sont chères à l’achat. L’Inde, qui prévoit une explosion de ses ventes d’automobiles mais souffre d’une forte pollution atmosphérique, vise 30% de ventes électriques en 2030, selon l’AEIA. Dans les pays pauvres, l’électrique est socialement inaccessible;  pour l’essentiel, le parc se compose de voitures d’occasion thermique en provenance des pays développés.

En Europe, la Commission européenne souhaite voir s’accélérer la transition électrique dans les transports, avec la neutralité carbone en ligne de mire pour 2050. Après avoir forcé les constructeurs à réduire leurs émissions de CO2, Bruxelles a proposé le 14 juillet de viser une interdiction à la vente des voitures essence et diesel en 2035. Cette interdiction concernerait également les hybrides, contrairement au projet de Joe Biden.

Transition énergétique de l’automobile : un fiasco environnemental et écologique ?

Transition énergétique de l’automobile :un fiasco environnemental et écologique ?

 

La question peut se poser de la stratégie de transition énergétique de l’automobile. Dans les pays développés, c’est autour de 2030 que devrait être interdite la vente de véhicules neufs thermiques. Autant dire qu’on trouvera encore en circulation de nombreux véhicules anciens à moteur à explosion qu’en 2050 au moins. La limite de 2030 -2040 ne concernent en effet que les véhicules neufs. En moyenne en France , la durée de vie d’un véhicule et de 11 ans, il s’agit évidemment d’une moyenne care certains véhicule peuvent durer une vingtaine d’années quand d’autres sont détruits avant 10 ans.

En clair, on dispose d’une trentaine d’années pour opérer une véritable transition écologique. Alors il n’est pas certain que la transition via la voiture électrique à batteries constitue la meilleure solution. Les véhicules électriques pour leur production et leur utilisation sont également polluantes. Ce n’est qu’à partir de -60 000 km qu’elles deviennent moins polluantes par rapport aux moteurs thermiques.

La question se pose donc de savoir s’il ne faudrait pas envisager tout de suite une transition vers l’hydrogène en faisant l’impasse sur la voiture électrique au très lourd de batteries polluantes. Sur le plan économique, la transition sera sans doute dramatique pour les constructeurs et les salariés du secteur. On considère général qu’il faut trois fois moins de personnel pour construire  une voiture électrique sans parler de la durée des véhicules qui elle, pourrait doubler. À noter aussi la dimension sociale. En effet compter pour les véhicules électriques actuels un prix trois fois supérieur à celui d’un véhicule thermique.  

Au Royaume-Uni Boris Johnson a fixé à 2030 l’interdiction des ventes de nouveaux véhicules essence et diesel au Royaume-Uni, dans le cadre d’une « révolution industrielle verte » se voulant créatrice d’emplois. D’autres pays ont pris les devants à travers le monde: Singapour comme Israël interdiront les moteurs à combustion en 2030. Le gouvernement nippon compte interdire les ventes de véhicules neufs à essence ou diesel d’ici le milieu des années 2030. Seuls les véhicules électrifiés (incluant toutefois les véhicules hybrides, dont Toyota est le champion mondial) seront autorisés sur le marché neuf. En Chine on prévoit que l’électrique sera dominant d’ici 2025 mais aucune date précise n’a été retenu pour l’interdiction du thermique Quelques pays émergents se sont également positionnés, alors que les ventes de voitures neuves y restent faibles et que les voitures électriques sont chères à l’achat. L’Inde, qui prévoit une explosion de ses ventes d’automobiles mais souffre d’une forte pollution atmosphérique, vise 30% de ventes électriques en 2030, selon l’AEIA. Dans les pays pauvres, l’électrique est socialement inaccessible;  pour l’essentiel, le parc se compose de voitures d’occasion thermique en provenance des pays développés.

En Europe, la Commission européenne souhaite voir s’accélérer la transition électrique dans les transports, avec la neutralité carbone en ligne de mire pour 2050. Après avoir forcé les constructeurs à réduire leurs émissions de CO2, Bruxelles a proposé le 14 juillet de viser une interdiction à la vente des voitures essence et diesel en 2035. Cette interdiction concernerait également les hybrides, contrairement au projet de Joe Biden.

 

Transition énergétique : le rôle de l’interconnexion électrique

Transition énergétique : le rôle de l’interconnexion électrique

  Parmi les leviers d’action, les interconnexions de réseaux électriques vont jouer un rôle essentiel pour la neutralité carbone, estime Jean-Pierre Bouquet, maire de Vitry-le-François.(l’Opinion, extrait)

 

Bien que les énergies renouvelables occupent une place croissante, la transition énergétique s’avère encore trop timide face aux objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015.

Afin d’atteindre les objectifs fixés par la France, dont la réduction de la consommation d’électricité fossile produite par combustion du charbon, du gaz naturel ou du pétrole, il apparaît nécessaire d’accélérer les efforts en matière de transition énergétique , en misant sur les perspectives induites par les énergies renouvelables.

La montée en puissance de ces énergies d’ici 2028 ne pourra s’accomplir sans l’adaptation du réseau intérieur de transport d’électricité, représentant un coût de 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2035, en plus de l’investissement dans le réseau de distribution.

Parmi les leviers d’action essentiels de la transition écologique se détachent les interconnexions de réseaux électriques qui ont joué un rôle clé dans l’histoire des systèmes d’énergie électrique et vont jouer un rôle essentiel pour la neutralité carbone. Les considérations environnementales doivent recevoir autant d’intérêt dans la planification énergétique en général que les questions techniques, politiques et économiques.

Les interconnexions ont un faible impact sur leur environnement, tant en mer que sur terre. Plus encore les impacts des interconnexions de réseaux sur la biodiversité sont très faibles et bien en deçà des installations existantes, à l’instar des usines ou des centrales. Elles permettent de réduire la perturbation du sol et de la végétation, les zones de défrichement, les modifications des microclimats et la vulnérabilité des communautés tant animales que végétales.

Cette faible modification de l’environnement permet, en retour, d’accroître de manière significative la survie des espèces endémiques des habitats concernés par ces installations. Les interconnexions participent pleinement à la transition écologique et permettent de réduire l’impact sur la biodiversité, en évitant la construction de nouvelles installations de production, épargnant ainsi des habitats naturels entiers.

En outre, dans la mesure où l’interconnexion remplace la production d’électricité fossile, il en résulte une réduction de l’impact carbone de la production nationale d’électricité et de sa contribution au changement climatique.

Les avantages environnementaux des interconnexions électriques sont donc indéniables, en témoignent la réduction et/ou l’évitement des émissions de polluants atmosphériques, la réduction de la pollution de l’eau, la réduction des déchets solides et dangereux et des incidences sur l’utilisation des sols.

Les interconnexions électriques s’inscrivent pleinement parmi les technologies d’énergie renouvelable respectueuses de l’environnement, tant de la faune et de la flore, que des hommes. Elles favorisent également la production décentralisée d’électricité par la coopération qu’elle induit entre les territoires, plus encore entre les pays, et permet, en outre, de tenir compte des infrastructures existantes. Dès lors, les interconnexions permettent de donner une dimension plus prosaïque encore à la transition énergétique. Très prometteuse, l’utilisation de cette technologie va et doit s’intensifier dans les années à venir.

Jean Pierre Bouquet est maire de Vitry-le-François et président délégué des Ecomaires. 

L’impasse de la transition écologique

L’impasse de la transition écologique

Jean-Baptiste Fressoz, historien, c onsidère que la transition écologique n’a pas réellement commencé en cause notamment l’incompréhension du fonctionnement de l’appareil de production et le décalage entre discours apocalyptiques et Mesures creuses. Aujourd’hui, « le climatoscepticisme est marginal en France et plutôt cantonné à des franges de l’extrême droite. Ce n’est plus une question de compréhension du réchauffement climatique », relève Jean-Baptiste Fressoz. « Le problème, c’est qu’on ne sait pas faire tourner l’économie sans énergie fossile pour l’instant. » A la complexité scientifique des mécaniques du climat, a succédé  »l’incompréhension des bases matérielles de l’économie », explique-t-il. C’est elle qui vient contraindre l’émergence de solutions pour stopper cette menace que l’on sait pourtant imminente.

« On reste persuadé que l’innovation va permettre d’effectuer la transition, mais c’est parce qu’on ne comprend pas très bien comment fonctionnent la sidérurgie, les cimenteries, la production d’engrais, l’agriculture… et surtout les mécanismes de diffusion des techniques, son rythme et sa lenteur. La transition n’a pas eu lieu, elle n’a pas même pas commencé », met-il en garde. « Historiquement, nous n’avons jamais connu de véritables transitions énergétiques. La tâche qui nous attend est complètement inouïe. C’est quelque chose qu’on n’a jamais fait. »

Jean-Baptiste Fressoz relève ainsi une inadéquation entre « à la fois un discours très apocalyptique et un discours très incantatoire et assez creux, que l’on retrouve dans les grandes messes climatiques, où les pays font des promesses dont on sait bien qu’elles ne seront pas tenues. » Le problème est actuel, connu, « mais on ne se donne pas les moyens ». 

Environnement–La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

Environnement–La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

La publicité promet de respecter la transition écologique !

  • La publicité promet de respecter la transition écologique !
  • Les responsables économiques de la publicité affirment vouloir s’engager dans une voie qui respecte beaucoup mieux la transition écologique. Il serait temps de mettre un peu d’éthique et de cohérence en effet bien par exemple quand on ne cesse d’affirmer que telle ou telle production est verte alors qu’elle est souvent grise voire noire.
  • Exemple , ces producteurs d’électricité notamment comme Engie  qui ne cesse de promettre une électricité 100 % verte y comprise aux particuliers alors qu’il n’existe qu’un réseau de distribution dont 98 % est constitué d’une électricité d’origine nucléaire pour les distributeurs dépendants d’EDF, d’Engie  ou d’autres.
  • Par contre, une électricité à 98 % aussi sans carbone. Et c’est cet absence de carbone qui peut la rendre verte. Mais aucun distributeur n’a le droit d’affirmer que son électricité 100 % verteet en plus renouvelable. Il s’agit d’une escroquerie pure et simple. Ces derniers mois, les ministères de l’Économie, de la Transition écologique et de la Culture ont confié à Agathe Bousquet et à Arnaud Leroy, président de l’Agence de l’environnement (Ademe), la mission de réfléchir au cadre collectif qui permettra à la filière de basculer vers une publicité plus engagée sur le plan sociétal et plus vertueuse pour contribuer à la transition écologique.

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

APL : une mauvaise transition de la réforme

APL : une mauvaise transition de la réforme

Sur le fond on peut comprendre que les les allocations logement soient calculées sur les revenus les plus récents. Le problème est celui de la transition qui va bousculer les deux tiers des bénéficiaires

 

Plus de cinq mois après la mise en oeuvre de la réforme des allocations logement , au 1er janvier, son impact n’est quasiment pas documenté. Le sujet est pourtant crucial pour les 5,93 millions de ménages qui bénéficient des APL . Après le RSA, c’est la deuxième prestation qui contribue le plus à réduire la pauvreté en France .

Les APL ont été « contemporanéisées » en janvier: les droits sont désormais calculés sur la base des ressources des douze derniers mois et non plus celles d’il y a deux ans. De plus, les montants sont révisés chaque trimestre et non plus annuellement. Sur longue période , la situation devrait s’améliorer pour les bénéficiaires mais pour l’année en cours la rupture avec les anciennes modalités va créer de graves difficultés financières pour certains. Surtout avec les perturbations liée à la situation sanitaire.

Transition énergétique: Intégrer la contrainte du temps

 Transition énergétique: Intégrer la contrainte du temps

 

L’historien Jean-Baptiste Fressoz , chercheur au CNRS, rappelle, dans une chronique au Monde, que les promesses de « l’économie hydrogène » étaient déjà brandies il y a cinquante ans.

 

Chronique.

« Mr. Hydrogen » : c’est le surnom, mi-narquois, mi-admiratif, dont Cesare Marchetti avait été affublé à l’International Institute for Applied Systems Analysis (Iiasa), cet important institut de prospective situé non loin de Vienne que le savant atomiste italien rejoint en 1974, porteur d’une vision, sa vision : celle d’une « économie hydrogène ».

M. Marchetti, aujourd’hui âgé de 94 ans, est surtout connu pour un projet technologique grandiose, celui des « îles énergétiques » : bâtir les centrales atomiques au milieu des océans afin d’approvisionner le monde en hydrogène. Ce projet partait du constat suivant : le nucléaire devait conquérir d’autres marchés que celui de l’électricité et donc produire un carburant liquide pouvant se substituer au pétrole.

Les coûts importaient peu. Dans les années 1970, beaucoup pensent que le pétrole est en phase terminale : le nucléaire deviendrait par la force des choses compétitif, et même indispensable, fournissant une énergie inépuisable grâce aux surgénérateurs.

 

Cesare Marchetti ne cessera de défendre ce projet. D’abord au sein du programme Euratom, où il occupe des postes importants, auprès de la multinationale américaine General Electric, qu’il conseille en matière de prospective, et surtout à travers de nombreux articles et conférences. En 1974, quand se tient à Miami le premier colloque international sur l’économie hydrogène, il fait figure de père fondateur. Un Journal of Hydrogen Energy est créé dans la foulée, dont Cesare Marchetti publie le manifeste.

Les premiers volumes de cette revue sont fascinants tant on y retrouve les promesses actuelles de l’économie hydrogène, la fin des fossiles, la pile à combustible, les électrolyseurs, les pipelines, l’hydrogène comme vecteur énergétique du futur, etc. On discute par exemple beaucoup d’avions à hydrogène, dont les ingénieurs de Lockheed dessinent les élégants fuselages. Après le choc pétrolier, M. Marchetti fait figure de prophète. Le président du Japan Atomic Energy Research Institute l’invite à présenter ses projets au plus haut niveau.

Les perspectives sont grandioses : des centrales atomiques construites sur des atolls du Pacifique produiraient de l’hydrogène par craquage thermique de l’eau (plus efficace que l’électrolyse) ; l’hydrogène serait exporté par une flotte de cryotankers ; le Japon deviendrait l’Arabie saoudite du XXIe siècle. Quant aux déchets radioactifs, en attendant la fusion, on s’en débarrasserait par auto-enfouissement : par leur propre chaleur, ils s’enfonceraient dans le socle basaltique des atolls…

Mali : le colonel Goïta président autoproclamé de la transition

Mali : le colonel Goïta président autoproclamé de la transition

La cour constitutionnelle à la botte des militaires a adoubée colonel Goïta comme président de la transition  L’arrêt stipule que le vice-président de la transition, le colonel Goïta, «exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme», et qu’il portera «le titre de président de la transition, chef de l’Etat».

 

La Cour constitutionnelle déclare. «En raison de la vacance de la présidence de la transition, il y a lieu de dire que le vice-président de la transition assume les prérogatives, attributs et fonctions de président de la transition, chef de l’Etat», écrit-elle.

Le colonel Goïta, homme fort du Mali a fait arrêter le président en exercice et le premier ministre. Il semble bien que les militaires au Mali soient davantage préoccupés à faire des coups d’Etat qu’à combattre les terroristes laissant à la force barkhane le soin de s’en occuper !

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