Archive pour le Tag 'transformation'

Société-Le monde « merveilleux » de la transformation numérique

Société-Le monde merveilleux de la transformation numérique !

La transformation digitale, un art total estime dans la Tribune Alain Conrard, Président de la Commission Digitale et Innovation du Mouvement des ETI (METI) .
S’il n’y a pas de doute sur les mutations qu’apporte la révolution numérique de là en faire un art total il y a un pas que franchit l’auteur de la Tribune.

À écouter les nombreuses contributions sur le sujet, le numérique pourrait presque se substituer à la pensée humaine en tout cas devenir presque la nouvelle religion, l’idéologie en tout cas une référence de pensée! Des contributions fortement inspirées et dithyrambiques qui glorifient en quelque sorte une révolution technologique de manière totalement excessive .NDLR

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », pensait Lavoisier à la fin du 18e siècle. On pourrait ajouter à cela aujourd’hui que si tout ne se transforme pas, plus rien ne se crée. Et si la transformation a toujours été la manifestation la plus évidente de l’évolution, ce concept est encore plus central dans le cadre de l’univers digital.
Si la transformation digitale était il y a encore très peu de temps le summum de l’évolution liée à la technologie, ce par quoi les entreprises se distinguaient les unes des autres et prenaient des parts de marché au détriment de leurs concurrents, elle est maintenant devenue un prérequis de toute activité productive. Tout le monde est, d’une certaine manière, aujourd’hui à égalité devant cette question. Pourtant, cette transformation numérique ne se résume pas simplement à des changements où une technologie en remplacerait une autre. Pour donner toute sa mesure, pour exprimer toute sa puissance, elle demande avant tout une transformation des cadres de pensée.

Avant d’être une expérience technologique – et pour que ce puisse être pleinement une expérience technologique -, la transformation digitale doit être une expérience de pensée : le digital permet de penser (ou de se représenter) le monde autrement. Et c’est là, dans la perception de ce que la transformation digitale est réellement, et surtout de la puissance dont elle est capable, que se dessine aujourd’hui ce qui fait la différence, donc la réussite, entre une entreprise et une autre.
L’ensemble des activités humaines
Cette prise de conscience consiste avant tout à comprendre la multiplicité des niveaux d’intervention de la transformation digitale, l’interaction entre tous ces niveaux, et le côté global, sans échappatoire possible, de l’opération. Il s’agit de prendre la mesure du gigantesque mouvement qui redéfinit la moindre des activités humaines autour des technologies numériques, et ainsi présente des conséquences en nombres presque incalculables.

Ce déploiement prend deux formes principales. Il y a non seulement le côté global pris par le numérique (l’impact des technologies du numérique et de l’innovation partout sur la planète) ; mais aussi le fait que l’on pense aujourd’hui globalement à travers le numérique
Les visions du monde se dessinent aujourd’hui dans la transformation numérique, et grâce à elle. Elle concerne, presque sans exception, les multiples dimensions de l’expérience humaine en société. En effet, derrière le technologique, elle influe à la fois et en même temps sur l’économique, le social, le sociétal, l’humain, sans oublier l’écologique. Cette transformation, et l’innovation qu’elle manifeste, ont aujourd’hui un impact décisif global dans chacun de ces cinq champs.
Son aire de compétence est intégrale, et sa zone d’intervention globale. On peut ainsi la qualifier d’art total.

L’art a longtemps été relié aux techniques et aux savoir-faire. En effet, « art » vient du latin « ars » dont le sens est celui de métier, de talent, de connaissance technique, de maîtrise de savoir-faire dans des matières multiples. Puis, après de multiples variations, il a pris, depuis les 18ème et 19ème siècles, la signification qu’on lui connait aujourd’hui de création d’œuvres : le beau, l’esthétique ou le disruptif. Le sens du mot a donc évolué du moyen pour obtenir l’œuvre, qu’il avait initialement, jusqu’au résultat final obtenu, qu’il a pris aujourd’hui.
On utilise encore souvent le terme « art » pour dire la maîtrise d’une personne ou d’une pratique. On évoque alors une habileté, comme lorsqu’on parle d’art de la conversation, par exemple.
Pourtant, parler d’art au sujet du numérique n’est pas juste une figure de style. Le numérique est d’autant plus un art qu’il contient en lui-même une dimension esthétique : celle qui nécessite la création d’interfaces (donc visuelles) pour pouvoir être utilisé.

Le numérique a besoin de l’art pour être perçu : une ligne de code n’est pas convaincante, ni même appropriable (elle n’a pas de forme), là où une interface graphique (qui n’est pourtant rien d’autre que la mise en forme de la ligne de code) est parfaitement efficace. Le génie d’Apple en cette matière est de l’avoir compris avant tout le monde dans les années 80 avec Macintosh. Contrairement à la réputation qui lui était faite à l’époque, Macintosh n’était pas un ordinateur réservé aux créatifs, mais un ordinateur capable de favoriser la créativité, quel que soit le secteur. La diffusion de la technologie numérique dans tous les champs d’activité supposait que tout le monde, y compris les non-spécialistes des technologies de l’information, puisse s’y relier. Les interfaces graphiques, donc l’esthétique, ont été le moyen de cette conquête et de cette démocratisation. D’ailleurs, près d’un quart des métiers du numérique est lié à l’artistique, au design.

Le numérique est donc travaillé par l’esthétique de façon centrale. Au point que l’on voit apparaître, avec les NFT par exemple, des formes d’art spécifiques à l’univers digital. Le numérique a permis de créer une nouvelle forme d’art.

Cette révolution technologique a suscité un désir de créativité général, comme si les possibilités qu’elle offre était un défi, non seulement pour les artistes et les créatifs, mais aussi pour toutes les professions, obligées d’innover chacune à leur manière. De ce point de vue, le concept de « design » est l’un des meilleurs marqueurs de la dimension « artistique » du numérique. Il est sorti de sa niche de créatif (la forme des objets industriels) pour nommer, notamment avec le terme de design thinking, un élément relatif aux process et aux modes d’organisation qui doivent eux aussi désormais faire preuve de créativité.
Ainsi, la transformation digitale est d’autant plus un art total qu’elle réunit les deux sens historiques recouverts par le terme « art ». L’une de ses beautés est d’avoir opéré une synthèse originale entre ces deux définitions historiques de l’art que tout semblait pourtant devoir opposer : le beau et la technique/savoir-faire.
Fabriquer son propre monde Avec la numérisation du monde, le numérique est devenu un monde ; ou plus précisément, il est devenu l’équivalent du monde. À travers les univers virtuels, le métavers, les avatars, etc., chacun peut fabriquer son monde, ainsi que son rapport au monde – au point d’ailleurs de pouvoir dans certains cas générer des pathologies d’enfermement dans les univers numériques qui forment autant de mondes parallèles.

Pourtant, si chacun peut créer son propre univers, personne ne devrait oublier que cette création repose sur l’utilisation d’une technologie universelle : celle à disposition de tout le monde. Chacun devrait prendre conscience que son monde, aussi singulier soit-il, passe par la même technologie pour tout le monde. Ceci crée un mélange nouveau entre singularité et universalité tel que l’on n’en n’a encore jamais connu dans l’histoire humaine. En favorisant la création d’objets numériques de toutes sortes par des non spécialistes du codage, le low code-no code va encore accentuer cette singularité/universalité.
Cette non-dualité (être à la fois, et en même temps, parfaitement singulier et intégralement universel) est l’une des caractéristiques les plus fascinantes de l’univers numérique, qui explique sans doute la rapidité de sa conquête du monde.

L’univers digital est une nouvelle frontière au sens où il introduit une porosité entre des mondes autrefois dissociés, des univers professionnels incapables de se parler, faute de pouvoir se comprendre car rendus étanches par la spécificité de leurs langages, et la défense jalouse de leurs savoir-faire. Le numérique est aujourd’hui le langage commun de toute activité humaine. Ainsi, il est un univers qui permet l’association des mondes.

Le numérique couvre à la fois des sujets de surface, assez peu intellectualisés (le côté « entertainment »), et des sujets de grande profondeur intellectuelle (recherche fondamentale).
Pour cette raison, l’adoption est une dimension clé : une transformation est inutile si elle n’est pas adoptée. Peut-on aujourd’hui se passer du numérique dans notre vie personnelle et professionnelle ? Il semble que non. Pourtant, le fait de ne pouvoir faire autrement ne signifie pas nécessairement que l’adhésion est complète. On peut adopter le numérique en le subissant. C’est tout le problème du passage obligé : l’impossibilité de faire l’impasse ne signifie pas pour autant que l’on est d’accord, que l’on en est heureux, que ça améliore le rapport aux autres ou le rapport au monde.

Il y a un bénéfice du progrès, encore faut-il qu’il soit perçu, d’une part, et que l’on y adhère, d’autre part. Ici réside un enjeu de société réel, car l’innovation et la transformation digitale n’ont de sens que si elles participent au bien commun.

Pour la plupart, le numérique est une technologie à laquelle ils n’ont pas accès : ils s’en servent, mais n’ont aucune idée de son fonctionnement, encore moins de ce que sont les grands principes de l’univers numérique (codage binaire, etc.). Puisque la redéfinition est avant tout une chose mentale, la pédagogie est donc essentielle. Elle seule permet la responsabilisation. Un accompagnement pédagogique doit alors être mis en place pour permettre de comprendre les enjeux complexes de l’innovation et de la transformation digitale, et favoriser ainsi leur adoption. En procédant de cette manière, on offrirait aux personnes un autre rapport à cet univers et à ses outils, partout présents en permanence aujourd’hui. On ferait alors un acte civilisationnel important, au sens où la transformation digitale ne serait plus subie passivement, mais accompagnée. Il y a, là encore, une fonction essentiellement politique de la transformation digitale. Et donc, une place essentielle du politique dans cette question.

D’où le rôle majeur de l’éducation – donc de l’Éducation Nationale – pour favoriser l’adoption, mais aussi aiguiser les fonctions critiques, et ceci dès les classes secondaires. En effet, si on attache une logique de la responsabilité au phénomène de la transformation digitale, on la place en position d’être soutenue, mais également questionnée, notamment du point de vue des limites éventuelles à lui imposer. Cette réflexion visant la responsabilité devant l’innovation doit être partagée par le politique et les usagers, mais aussi par les innovateurs eux-mêmes. Ceux-ci doivent assumer leur responsabilité devant l’estimation des conséquences (sociales, économiques, humaines ou écologiques) des avancées qu’ils génèrent.

En tout état de cause, dans une vision humaniste, il est impératif de réduire les excès ainsi que les impasses inévitables d’une vision stérilisante de l’innovation et de la transformation digitale qui, imposées de force (ou en force), ne favoriseraient pas, voire nuiraient, à la qualité des relations humaines.

Au-delà du législateur, il faut imaginer des moyens permettant de fluidifier l’inscription de la transformation digitale dans le social et dans le monde. Car, en raison de son impact global, il ne faut pas que cet art total aux potentialités magnifiques s’engage dans une mauvaise pente en se transformant en pratique totalitaire.
L’innovation est (et doit rester) une science humaine.

Le monde merveilleux de la transformation numérique !

Le monde merveilleux de la transformation numérique !

La transformation digitale, un art total estime dans la Tribune Alain Conrard, Président de la Commission Digitale et Innovation du Mouvement des ETI (METI) .
S’il n’y a pas de doute sur les mutations qu’apporte la révolution numérique de là en faire un art total il y a un pas que franchit l’auteur de la Tribune.

À écouter les nombreuses contributions sur le sujet, le numérique pourrait presque se substituer à la pensée humaine en tout cas devenir presque la nouvelle religion, l’idéologie en tout cas une référence de pensée! Des contributions fortement inspirées et dithyrambiques qui glorifient en quelque sorte une révolution technologique de manière totalement excessive .NDLR

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », pensait Lavoisier à la fin du 18e siècle. On pourrait ajouter à cela aujourd’hui que si tout ne se transforme pas, plus rien ne se crée. Et si la transformation a toujours été la manifestation la plus évidente de l’évolution, ce concept est encore plus central dans le cadre de l’univers digital.
Si la transformation digitale était il y a encore très peu de temps le summum de l’évolution liée à la technologie, ce par quoi les entreprises se distinguaient les unes des autres et prenaient des parts de marché au détriment de leurs concurrents, elle est maintenant devenue un prérequis de toute activité productive. Tout le monde est, d’une certaine manière, aujourd’hui à égalité devant cette question. Pourtant, cette transformation numérique ne se résume pas simplement à des changements où une technologie en remplacerait une autre. Pour donner toute sa mesure, pour exprimer toute sa puissance, elle demande avant tout une transformation des cadres de pensée.

Avant d’être une expérience technologique – et pour que ce puisse être pleinement une expérience technologique -, la transformation digitale doit être une expérience de pensée : le digital permet de penser (ou de se représenter) le monde autrement. Et c’est là, dans la perception de ce que la transformation digitale est réellement, et surtout de la puissance dont elle est capable, que se dessine aujourd’hui ce qui fait la différence, donc la réussite, entre une entreprise et une autre.
L’ensemble des activités humaines
Cette prise de conscience consiste avant tout à comprendre la multiplicité des niveaux d’intervention de la transformation digitale, l’interaction entre tous ces niveaux, et le côté global, sans échappatoire possible, de l’opération. Il s’agit de prendre la mesure du gigantesque mouvement qui redéfinit la moindre des activités humaines autour des technologies numériques, et ainsi présente des conséquences en nombres presque incalculables.
Ce déploiement prend deux formes principales. Il y a non seulement le côté global pris par le numérique (l’impact des technologies du numérique et de l’innovation partout sur la planète) ; mais aussi le fait que l’on pense aujourd’hui globalement à travers le numérique.
Les visions du monde se dessinent aujourd’hui dans la transformation numérique, et grâce à elle. Elle concerne, presque sans exception, les multiples dimensions de l’expérience humaine en société. En effet, derrière le technologique, elle influe à la fois et en même temps sur l’économique, le social, le sociétal, l’humain, sans oublier l’écologique. Cette transformation, et l’innovation qu’elle manifeste, ont aujourd’hui un impact décisif global dans chacun de ces cinq champs.
Son aire de compétence est intégrale, et sa zone d’intervention globale. On peut ainsi la qualifier d’art total.
Art et ars
L’art a longtemps été relié aux techniques et aux savoir-faire. En effet, « art » vient du latin « ars » dont le sens est celui de métier, de talent, de connaissance technique, de maîtrise de savoir-faire dans des matières multiples. Puis, après de multiples variations, il a pris, depuis les 18ème et 19ème siècles, la signification qu’on lui connait aujourd’hui de création d’œuvres : le beau, l’esthétique ou le disruptif. Le sens du mot a donc évolué du moyen pour obtenir l’œuvre, qu’il avait initialement, jusqu’au résultat final obtenu, qu’il a pris aujourd’hui.
On utilise encore souvent le terme « art » pour dire la maîtrise d’une personne ou d’une pratique. On évoque alors une habileté, comme lorsqu’on parle d’art de la conversation, par exemple.
Pourtant, parler d’art au sujet du numérique n’est pas juste une figure de style. Le numérique est d’autant plus un art qu’il contient en lui-même une dimension esthétique : celle qui nécessite la création d’interfaces (donc visuelles) pour pouvoir être utilisé. Le numérique a besoin de l’art pour être perçu : une ligne de code n’est pas convaincante, ni même appropriable (elle n’a pas de forme), là où une interface graphique (qui n’est pourtant rien d’autre que la mise en forme de la ligne de code) est parfaitement efficace. Le génie d’Apple en cette matière est de l’avoir compris avant tout le monde dans les années 80 avec Macintosh. Contrairement à la réputation qui lui était faite à l’époque, Macintosh n’était pas un ordinateur réservé aux créatifs, mais un ordinateur capable de favoriser la créativité, quel que soit le secteur. La diffusion de la technologie numérique dans tous les champs d’activité supposait que tout le monde, y compris les non-spécialistes des technologies de l’information, puisse s’y relier. Les interfaces graphiques, donc l’esthétique, ont été le moyen de cette conquête et de cette démocratisation. D’ailleurs, près d’un quart des métiers du numérique est lié à l’artistique, au design.
Le numérique est donc travaillé par l’esthétique de façon centrale. Au point que l’on voit apparaître, avec les NFT par exemple, des formes d’art spécifiques à l’univers digital. Le numérique a permis de créer une nouvelle forme d’art.

Cette révolution technologique a suscité un désir de créativité général, comme si les possibilités qu’elle offre était un défi, non seulement pour les artistes et les créatifs, mais aussi pour toutes les professions, obligées d’innover chacune à leur manière. De ce point de vue, le concept de « design » est l’un des meilleurs marqueurs de la dimension « artistique » du numérique. Il est sorti de sa niche de créatif (la forme des objets industriels) pour nommer, notamment avec le terme de design thinking, un élément relatif aux process et aux modes d’organisation qui doivent eux aussi désormais faire preuve de créativité.
Ainsi, la transformation digitale est d’autant plus un art total qu’elle réunit les deux sens historiques recouverts par le terme « art ». L’une de ses beautés est d’avoir opéré une synthèse originale entre ces deux définitions historiques de l’art que tout semblait pourtant devoir opposer : le beau et la technique/savoir-faire.
Fabriquer son propre monde Avec la numérisation du monde, le numérique est devenu un monde ; ou plus précisément, il est devenu l’équivalent du monde. À travers les univers virtuels, le métavers, les avatars, etc., chacun peut fabriquer son monde, ainsi que son rapport au monde – au point d’ailleurs de pouvoir dans certains cas générer des pathologies d’enfermement dans les univers numériques qui forment autant de mondes parallèles.

Pourtant, si chacun peut créer son propre univers, personne ne devrait oublier que cette création repose sur l’utilisation d’une technologie universelle : celle à disposition de tout le monde. Chacun devrait prendre conscience que son monde, aussi singulier soit-il, passe par la même technologie pour tout le monde. Ceci crée un mélange nouveau entre singularité et universalité tel que l’on n’en n’a encore jamais connu dans l’histoire humaine. En favorisant la création d’objets numériques de toutes sortes par des non spécialistes du codage, le low code-no code va encore accentuer cette singularité/universalité.
Cette non-dualité (être à la fois, et en même temps, parfaitement singulier et intégralement universel) est l’une des caractéristiques les plus fascinantes de l’univers numérique, qui explique sans doute la rapidité de sa conquête du monde.

L’univers digital est une nouvelle frontière au sens où il introduit une porosité entre des mondes autrefois dissociés, des univers professionnels incapables de se parler, faute de pouvoir se comprendre car rendus étanches par la spécificité de leurs langages, et la défense jalouse de leurs savoir-faire. Le numérique est aujourd’hui le langage commun de toute activité humaine. Ainsi, il est un univers qui permet l’association des mondes.

Le numérique couvre à la fois des sujets de surface, assez peu intellectualisés (le côté « entertainment »), et des sujets de grande profondeur intellectuelle (recherche fondamentale).
Pour cette raison, l’adoption est une dimension clé : une transformation est inutile si elle n’est pas adoptée. Peut-on aujourd’hui se passer du numérique dans notre vie personnelle et professionnelle ? Il semble que non. Pourtant, le fait de ne pouvoir faire autrement ne signifie pas nécessairement que l’adhésion est complète. On peut adopter le numérique en le subissant. C’est tout le problème du passage obligé : l’impossibilité de faire l’impasse ne signifie pas pour autant que l’on est d’accord, que l’on en est heureux, que ça améliore le rapport aux autres ou le rapport au monde.

Il y a un bénéfice du progrès, encore faut-il qu’il soit perçu, d’une part, et que l’on y adhère, d’autre part. Ici réside un enjeu de société réel, car l’innovation et la transformation digitale n’ont de sens que si elles participent au bien commun.

Pour la plupart, le numérique est une technologie à laquelle ils n’ont pas accès : ils s’en servent, mais n’ont aucune idée de son fonctionnement, encore moins de ce que sont les grands principes de l’univers numérique (codage binaire, etc.). Puisque la redéfinition est avant tout une chose mentale, la pédagogie est donc essentielle. Elle seule permet la responsabilisation. Un accompagnement pédagogique doit alors être mis en place pour permettre de comprendre les enjeux complexes de l’innovation et de la transformation digitale, et favoriser ainsi leur adoption. En procédant de cette manière, on offrirait aux personnes un autre rapport à cet univers et à ses outils, partout présents en permanence aujourd’hui. On ferait alors un acte civilisationnel important, au sens où la transformation digitale ne serait plus subie passivement, mais accompagnée. Il y a, là encore, une fonction essentiellement politique de la transformation digitale. Et donc, une place essentielle du politique dans cette question.

D’où le rôle majeur de l’éducation – donc de l’Éducation Nationale – pour favoriser l’adoption, mais aussi aiguiser les fonctions critiques, et ceci dès les classes secondaires. En effet, si on attache une logique de la responsabilité au phénomène de la transformation digitale, on la place en position d’être soutenue, mais également questionnée, notamment du point de vue des limites éventuelles à lui imposer. Cette réflexion visant la responsabilité devant l’innovation doit être partagée par le politique et les usagers, mais aussi par les innovateurs eux-mêmes. Ceux-ci doivent assumer leur responsabilité devant l’estimation des conséquences (sociales, économiques, humaines ou écologiques) des avancées qu’ils génèrent.

En tout état de cause, dans une vision humaniste, il est impératif de réduire les excès ainsi que les impasses inévitables d’une vision stérilisante de l’innovation et de la transformation digitale qui, imposées de force (ou en force), ne favoriseraient pas, voire nuiraient, à la qualité des relations humaines.

Au-delà du législateur, il faut imaginer des moyens permettant de fluidifier l’inscription de la transformation digitale dans le social et dans le monde. Car, en raison de son impact global, il ne faut pas que cet art total aux potentialités magnifiques s’engage dans une mauvaise pente en se transformant en pratique totalitaire.
L’innovation est (et doit rester) une science humaine.

Politique-France 2022 : quelle transformation des politiques publiques

 

Politique-France 2022  : quelle  transformation des politiques publiques

 

OPINION. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique, il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation. Par Olivier Bouet, Directeur EY Consulting secteur public et Guéric Jacquet, Associé EY-Parthenon secteur public (dans la Tribune)

 

Depuis 2017, les initiatives en matière de transformation publique ont été fortes : lancement de la démarche CAP 2022 de refonte des politiques publiques, financement de réformes structurelles via un fonds interministériel de 1 milliard d’euros, lancement d’une stratégie globale de transformation publique, portage au plus haut niveau de l’État… Cela s’est traduit à la fois par la mise en place de réformes d’ampleur (prélèvement à la source, maisons France Service, ENA, mis en place du droit à l’erreur) mais aussi par une appréciation positive historique des services publics, à plus de 51% par les Français en 2020 (Institut Paul Delouvrier).

Pourtant, la crise sanitaire et économique a limité les résultats des réformes : les réductions de postes ont été reportées, le déficit public s’est accru et les difficultés d’exécution des politiques de proximité ont été mises en lumière. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique (gestion de crise, télétravail, plans de relance, articulation entre État et collectivités locales…), il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation publique ambitieux, articulé autour de 5 grands piliers.

Une grande politique de simplification et de dérégulation des normes

En sortie de crise, l’État est appelé à changer de paradigme pour simplifier la vie des Français. La création d’une mission gouvernementale de simplification du stock de lois, règlements et dispositifs, issue de la fusion des nombreux comités et conseils de simplification, pouvant se traduire par exemple en réécrivant les codes existants, ou en pilotant la suppression, par les ministères, de 10% des normes afférentes à leurs domaines d’intervention.

Une transformation digitale massive et qui touche le cœur de métier

Selon nos analyses, pour 3 milliards d’euros investis sur 5 ans, un ROI significatif de 12 milliards d’euros de gains de productivité annuels peut être espéré. Au-delà de l’impact majeur que le numérique a sur les grands métiers de la Fonction publique, les gains de productivité issus du recours aux nouvelles technologies touchent à la fois les fonctions de back-office (RH, IT, finance) et le cœur de métier (enseignement, police, justice…) à l’instar des entreprises privées qui ont engagé ces transformations massives.

L’extension de la dynamique de transformation publique à toutes les fonctions publiques

Après une décennie de réforme de l’administration d’État, il est prioritaire d’inclure les opérateurs de l’État dans l’effort collectif de rationalisation, ou le lancement de de nouveaux programmes de mutualisation entre l’État et les collectivités, sur le modèle des centres de service partagés de fonctions support. D’ailleurs, lorsqu’on interroge les Français sur les dépenses qui pourraient baisser, ils citent pour 50% d’entre eux la masse salariale et les effectifs des collectivités (IFOP- EY-Acteurs Publics, novembre 2022), qui ont atteint 1,9 million d’employés en 2020.

Un nouveau mode de délivrance des services publics par les entreprises et les associations pour réallouer des moyens vers les priorités de politique publique

Réinterroger le périmètre d’intervention de la puissance publique nécessite l’acceptation d’un nouveau mode de délivrance des services publics, par les entreprises et les associations, si ces acteurs peuvent produire des services de meilleure qualité et à moindre coût (via par exemple l’externalisation de fonctions administratives et de contrôle). À l’instar des lois de dérégulation de 2015, il est possible de créer de nouveaux marchés rentables au service de la croissance économique à qualité de service égale, et permettant la réallocation de crédits publics vers les priorités gouvernementales.

Un investissement massif dans les RH pour redonner des perspectives de formation et de carrière aux agents publics

Aujourd’hui, un agent public reçoit en moyenne 30 heures de formation continue par an là où un actif du secteur privé en reçoit 2,5 fois plus. C’est pourquoi il est désormais urgent d’accélérer le programme de formation, notamment dédié aux usages numériques, pour que chaque agent et chaque manager réussisse le tournant de la révolution digitale, et construire un plan de reconversion pour préparer les agents aux métiers et compétences de demain.

En combinant ces piliers à une forte volonté politique, une gouvernance au plus haut niveau et une focalisation des efforts sur quelques sujets clés plutôt que de multiples petites réformes, la transformation publique pourra permettre de rendre des services publics plus efficaces.

Avenir France 2022 : quelle transformation des politiques publiques

Avenir France 2022  : quelle  transformation des politiques publiques

 

OPINION. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique, il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation. Par Olivier Bouet, Directeur EY Consulting secteur public et Guéric Jacquet, Associé EY-Parthenon secteur public (dans la Tribune)

 

Depuis 2017, les initiatives en matière de transformation publique ont été fortes : lancement de la démarche CAP 2022 de refonte des politiques publiques, financement de réformes structurelles via un fonds interministériel de 1 milliard d’euros, lancement d’une stratégie globale de transformation publique, portage au plus haut niveau de l’État… Cela s’est traduit à la fois par la mise en place de réformes d’ampleur (prélèvement à la source, maisons France Service, ENA, mis en place du droit à l’erreur) mais aussi par une appréciation positive historique des services publics, à plus de 51% par les Français en 2020 (Institut Paul Delouvrier).

Pourtant, la crise sanitaire et économique a limité les résultats des réformes : les réductions de postes ont été reportées, le déficit public s’est accru et les difficultés d’exécution des politiques de proximité ont été mises en lumière. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique (gestion de crise, télétravail, plans de relance, articulation entre État et collectivités locales…), il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation publique ambitieux, articulé autour de 5 grands piliers.

Une grande politique de simplification et de dérégulation des normes

En sortie de crise, l’État est appelé à changer de paradigme pour simplifier la vie des Français. La création d’une mission gouvernementale de simplification du stock de lois, règlements et dispositifs, issue de la fusion des nombreux comités et conseils de simplification, pouvant se traduire par exemple en réécrivant les codes existants, ou en pilotant la suppression, par les ministères, de 10% des normes afférentes à leurs domaines d’intervention.

Une transformation digitale massive et qui touche le cœur de métier

Selon nos analyses, pour 3 milliards d’euros investis sur 5 ans, un ROI significatif de 12 milliards d’euros de gains de productivité annuels peut être espéré. Au-delà de l’impact majeur que le numérique a sur les grands métiers de la Fonction publique, les gains de productivité issus du recours aux nouvelles technologies touchent à la fois les fonctions de back-office (RH, IT, finance) et le cœur de métier (enseignement, police, justice…) à l’instar des entreprises privées qui ont engagé ces transformations massives.

L’extension de la dynamique de transformation publique à toutes les fonctions publiques

Après une décennie de réforme de l’administration d’État, il est prioritaire d’inclure les opérateurs de l’État dans l’effort collectif de rationalisation, ou le lancement de de nouveaux programmes de mutualisation entre l’État et les collectivités, sur le modèle des centres de service partagés de fonctions support. D’ailleurs, lorsqu’on interroge les Français sur les dépenses qui pourraient baisser, ils citent pour 50% d’entre eux la masse salariale et les effectifs des collectivités (IFOP- EY-Acteurs Publics, novembre 2022), qui ont atteint 1,9 million d’employés en 2020.

Un nouveau mode de délivrance des services publics par les entreprises et les associations pour réallouer des moyens vers les priorités de politique publique

Réinterroger le périmètre d’intervention de la puissance publique nécessite l’acceptation d’un nouveau mode de délivrance des services publics, par les entreprises et les associations, si ces acteurs peuvent produire des services de meilleure qualité et à moindre coût (via par exemple l’externalisation de fonctions administratives et de contrôle). À l’instar des lois de dérégulation de 2015, il est possible de créer de nouveaux marchés rentables au service de la croissance économique à qualité de service égale, et permettant la réallocation de crédits publics vers les priorités gouvernementales.

Un investissement massif dans les RH pour redonner des perspectives de formation et de carrière aux agents publics

Aujourd’hui, un agent public reçoit en moyenne 30 heures de formation continue par an là où un actif du secteur privé en reçoit 2,5 fois plus. C’est pourquoi il est désormais urgent d’accélérer le programme de formation, notamment dédié aux usages numériques, pour que chaque agent et chaque manager réussisse le tournant de la révolution digitale, et construire un plan de reconversion pour préparer les agents aux métiers et compétences de demain.

En combinant ces piliers à une forte volonté politique, une gouvernance au plus haut niveau et une focalisation des efforts sur quelques sujets clés plutôt que de multiples petites réformes, la transformation publique pourra permettre de rendre des services publics plus efficaces.

France 2022 : quelle transformation des politiques publiques

France 2022  : quelle  transformation des politiques publiques

 

OPINION. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique, il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation. Par Olivier Bouet, Directeur EY Consulting secteur public et Guéric Jacquet, Associé EY-Parthenon secteur public (dans la Tribune)

 

Depuis 2017, les initiatives en matière de transformation publique ont été fortes : lancement de la démarche CAP 2022 de refonte des politiques publiques, financement de réformes structurelles via un fonds interministériel de 1 milliard d’euros, lancement d’une stratégie globale de transformation publique, portage au plus haut niveau de l’État… Cela s’est traduit à la fois par la mise en place de réformes d’ampleur (prélèvement à la source, maisons France Service, ENA, mis en place du droit à l’erreur) mais aussi par une appréciation positive historique des services publics, à plus de 51% par les Français en 2020 (Institut Paul Delouvrier).

Pourtant, la crise sanitaire et économique a limité les résultats des réformes : les réductions de postes ont été reportées, le déficit public s’est accru et les difficultés d’exécution des politiques de proximité ont été mises en lumière. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique (gestion de crise, télétravail, plans de relance, articulation entre État et collectivités locales…), il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation publique ambitieux, articulé autour de 5 grands piliers.

Une grande politique de simplification et de dérégulation des normes

En sortie de crise, l’État est appelé à changer de paradigme pour simplifier la vie des Français. La création d’une mission gouvernementale de simplification du stock de lois, règlements et dispositifs, issue de la fusion des nombreux comités et conseils de simplification, pouvant se traduire par exemple en réécrivant les codes existants, ou en pilotant la suppression, par les ministères, de 10% des normes afférentes à leurs domaines d’intervention.

Une transformation digitale massive et qui touche le cœur de métier

Selon nos analyses, pour 3 milliards d’euros investis sur 5 ans, un ROI significatif de 12 milliards d’euros de gains de productivité annuels peut être espéré. Au-delà de l’impact majeur que le numérique a sur les grands métiers de la Fonction publique, les gains de productivité issus du recours aux nouvelles technologies touchent à la fois les fonctions de back-office (RH, IT, finance) et le cœur de métier (enseignement, police, justice…) à l’instar des entreprises privées qui ont engagé ces transformations massives.

L’extension de la dynamique de transformation publique à toutes les fonctions publiques

Après une décennie de réforme de l’administration d’État, il est prioritaire d’inclure les opérateurs de l’État dans l’effort collectif de rationalisation, ou le lancement de de nouveaux programmes de mutualisation entre l’État et les collectivités, sur le modèle des centres de service partagés de fonctions support. D’ailleurs, lorsqu’on interroge les Français sur les dépenses qui pourraient baisser, ils citent pour 50% d’entre eux la masse salariale et les effectifs des collectivités (IFOP- EY-Acteurs Publics, novembre 2022), qui ont atteint 1,9 million d’employés en 2020.

Un nouveau mode de délivrance des services publics par les entreprises et les associations pour réallouer des moyens vers les priorités de politique publique

Réinterroger le périmètre d’intervention de la puissance publique nécessite l’acceptation d’un nouveau mode de délivrance des services publics, par les entreprises et les associations, si ces acteurs peuvent produire des services de meilleure qualité et à moindre coût (via par exemple l’externalisation de fonctions administratives et de contrôle). À l’instar des lois de dérégulation de 2015, il est possible de créer de nouveaux marchés rentables au service de la croissance économique à qualité de service égale, et permettant la réallocation de crédits publics vers les priorités gouvernementales.

Un investissement massif dans les RH pour redonner des perspectives de formation et de carrière aux agents publics

Aujourd’hui, un agent public reçoit en moyenne 30 heures de formation continue par an là où un actif du secteur privé en reçoit 2,5 fois plus. C’est pourquoi il est désormais urgent d’accélérer le programme de formation, notamment dédié aux usages numériques, pour que chaque agent et chaque manager réussisse le tournant de la révolution digitale, et construire un plan de reconversion pour préparer les agents aux métiers et compétences de demain.

En combinant ces piliers à une forte volonté politique, une gouvernance au plus haut niveau et une focalisation des efforts sur quelques sujets clés plutôt que de multiples petites réformes, la transformation publique pourra permettre de rendre des services publics plus efficaces.

France 2022 : quelle transformation publique

France 2022  : quelle  transformation publique

 

OPINION. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique, il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation. Par Olivier Bouet, Directeur EY Consulting secteur public et Guéric Jacquet, Associé EY-Parthenon secteur public (dans la Tribune)

 

Depuis 2017, les initiatives en matière de transformation publique ont été fortes : lancement de la démarche CAP 2022 de refonte des politiques publiques, financement de réformes structurelles via un fonds interministériel de 1 milliard d’euros, lancement d’une stratégie globale de transformation publique, portage au plus haut niveau de l’État… Cela s’est traduit à la fois par la mise en place de réformes d’ampleur (prélèvement à la source, maisons France Service, ENA, mis en place du droit à l’erreur) mais aussi par une appréciation positive historique des services publics, à plus de 51% par les Français en 2020 (Institut Paul Delouvrier).

Pourtant, la crise sanitaire et économique a limité les résultats des réformes : les réductions de postes ont été reportées, le déficit public s’est accru et les difficultés d’exécution des politiques de proximité ont été mises en lumière. Après une crise sans précédent qui a remis en cause la manière de gérer l’action publique (gestion de crise, télétravail, plans de relance, articulation entre État et collectivités locales…), il est nécessaire de réimaginer la nature d’un quinquennat de transformation publique ambitieux, articulé autour de 5 grands piliers.

Une grande politique de simplification et de dérégulation des normes

En sortie de crise, l’État est appelé à changer de paradigme pour simplifier la vie des Français. La création d’une mission gouvernementale de simplification du stock de lois, règlements et dispositifs, issue de la fusion des nombreux comités et conseils de simplification, pouvant se traduire par exemple en réécrivant les codes existants, ou en pilotant la suppression, par les ministères, de 10% des normes afférentes à leurs domaines d’intervention.

Une transformation digitale massive et qui touche le cœur de métier

Selon nos analyses, pour 3 milliards d’euros investis sur 5 ans, un ROI significatif de 12 milliards d’euros de gains de productivité annuels peut être espéré. Au-delà de l’impact majeur que le numérique a sur les grands métiers de la Fonction publique, les gains de productivité issus du recours aux nouvelles technologies touchent à la fois les fonctions de back-office (RH, IT, finance) et le cœur de métier (enseignement, police, justice…) à l’instar des entreprises privées qui ont engagé ces transformations massives.

L’extension de la dynamique de transformation publique à toutes les fonctions publiques

Après une décennie de réforme de l’administration d’État, il est prioritaire d’inclure les opérateurs de l’État dans l’effort collectif de rationalisation, ou le lancement de de nouveaux programmes de mutualisation entre l’État et les collectivités, sur le modèle des centres de service partagés de fonctions support. D’ailleurs, lorsqu’on interroge les Français sur les dépenses qui pourraient baisser, ils citent pour 50% d’entre eux la masse salariale et les effectifs des collectivités (IFOP- EY-Acteurs Publics, novembre 2022), qui ont atteint 1,9 million d’employés en 2020.

Un nouveau mode de délivrance des services publics par les entreprises et les associations pour réallouer des moyens vers les priorités de politique publique

Réinterroger le périmètre d’intervention de la puissance publique nécessite l’acceptation d’un nouveau mode de délivrance des services publics, par les entreprises et les associations, si ces acteurs peuvent produire des services de meilleure qualité et à moindre coût (via par exemple l’externalisation de fonctions administratives et de contrôle). À l’instar des lois de dérégulation de 2015, il est possible de créer de nouveaux marchés rentables au service de la croissance économique à qualité de service égale, et permettant la réallocation de crédits publics vers les priorités gouvernementales.

Un investissement massif dans les RH pour redonner des perspectives de formation et de carrière aux agents publics

Aujourd’hui, un agent public reçoit en moyenne 30 heures de formation continue par an là où un actif du secteur privé en reçoit 2,5 fois plus. C’est pourquoi il est désormais urgent d’accélérer le programme de formation, notamment dédié aux usages numériques, pour que chaque agent et chaque manager réussisse le tournant de la révolution digitale, et construire un plan de reconversion pour préparer les agents aux métiers et compétences de demain.

En combinant ces piliers à une forte volonté politique, une gouvernance au plus haut niveau et une focalisation des efforts sur quelques sujets clés plutôt que de multiples petites réformes, la transformation publique pourra permettre de rendre des services publics plus efficaces.

Revenir au concept initial d’entreprise pour une transformation durable

Revenir au concept initial d’entreprise pour une transformation durable

La contribution de l’entreprise à la résolution des crises sociale et environnementale nécessite de redéfinir l’« affectio societatis », la volonté d’agir ensemble, des actionnaires, salariés, dirigeants et partenaires extérieurs des entreprises, suggèrent les expertes financières Sandra Bernard-Colinet et Mathilde Lemoine dans une tribune au « Monde ».

Tribune. 

 

La crise sanitaire a renforcé la pression citoyenne pour accélérer la transformation de l’entreprise en acteur responsable des enjeux sociaux et environnementaux. Certains, pour mieux repousser cette pression, mettent en avant la célèbre affirmation de l’économiste américain Milton Friedman selon laquelle la seule responsabilité sociale de l’entreprise consisterait à faire du profit. Mais cette retranscription est tronquée car la phrase se poursuit par « aussi longtemps qu’elle [l’entreprise] respecte les règles du jeu ». Or ce sont précisément les règles du jeu qui ont changé depuis cinquante ans !

Au départ, il n’était pas question pour les sociétés de prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux dans leur gestion. Les règles du jeu s’inscrivaient dans une logique collective de course à la production. Puis cette logique s’est individualisée par la recherche de l’optimisation de la marge bénéficiaire et d’un retour sur capital rapide.

Désormais, les entreprises ont une responsabilité vis-à-vis du monde extérieur. Elle consiste à intégrer volontairement leurs préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et à leurs relations avec les parties prenantes. La transcription qui en a été faite par les acteurs privés fut de traiter ces nouvelles préoccupations comme des risques (industriels, de réputation) ou des opportunités (relais de croissance) pour leur objet social. Même pour ceux qui s’inscrivent dans la lignée friedmanienne, la logique économique et financière doit tenir compte des critères sociaux et environnementaux.

Les crises récentes, celle de 2008 et celle de 2020, ont de nouveau changé les règles du jeu. Il n’est plus question de se focaliser uniquement sur la préservation de la valeur économique de l’entreprise mais de protéger les biens communs, de participer à la restauration, à la préservation et à l’amélioration des socio-écosystèmes. L’entreprise doit définir comment elle contribue de façon active à la résolution des enjeux sociaux et environnementaux dans toute leur complexité. Tel est l’enjeu du débat sur la contribution des entreprises aux objectifs de développement durable définis par les Nations unies, aux objectifs de décarbonation fixés par l’accord de Paris, ou sur la définition de la « raison d’être » des entreprises et du statut d’« entreprise à mission » actés par la loi Pacte d’avril 2019.

Il ne s’agit plus seulement de mesurer les externalités négatives de l’activité de l’entreprise, par exemple en limitant ou en compensant l’impact de la production industrielle sur les émissions de CO2, mais désormais de trouver les méthodes qui permettront de réduire ces émissions quelle que soit l’évolution de l’activité de l’entreprise. Il ne s’agit plus de parler de croissance inclusive tout en délocalisant dans des pays étrangers des activités encore largement bénéficiaires, mais de préserver et développer des filières génératrices d’emplois locaux tout en assurant leur autonomie financière.

Le modèle de l’entreprise ne répond plus uniquement à la logique économique mais s’inscrit dans une dimension plus collective, dont le cœur du réacteur serait les enjeux sociaux et environnementaux. Ce modèle, qui est bien souvent celui d’entreprises familiales indépendantes des marchés financiers, repose sur la volonté implicite ou explicite des partenaires de collaborer sur un pied d’égalité et que les juristes appellent l’affectio societatis, c’est-à-dire l’élément intentionnel indispensable à la formation du lien qui unit les associés. Sa force opérationnelle réside dans sa capacité à fédérer autour d’un projet entrepreneurial les associés mais aussi les salariés, les fournisseurs, les acteurs locaux tout en parvenant à développer une fierté et un sentiment d’appartenance.

L’affectio societatis a perdu de son influence dans les grandes entreprises soumises à la maximisation de leur rentabilité opérationnelle. Il est temps de revenir à l’essence même de la notion d’entreprise : mettre en commun des biens en vue de réaliser et de partager des bénéfices, qui ne doivent plus être seulement économiques, mais aussi sociaux et environnementaux.

Pour y parvenir, le monde de l’entreprise pourrait s’inspirer de certaines pratiques des acteurs du développement et de l’économie sociale et solidaire qui savent donner un sens à leur action, et mener des actions qui ont du sens. Dans son plan-cadre pour l’aide au développement (PNUAD), l’ONU propose ainsi un outil de modélisation de la transformation que l’on souhaite générer sur une population de bénéficiaires et de mesurer la valeur ajoutée de son action. L’objectif est de vérifier le lien de causalité entre l’action engagée et le changement opéré à long terme sur les bénéficiaires.

Par exemple, si l’objectif poursuivi par une entreprise est d’améliorer la santé, il faut d’abord définir les bénéficiaires, c’est-à-dire le pourcentage de femmes ou d’hommes, les classes d’âge, la zone géographique. Il est également nécessaire de choisir l’action à mener : donner des médicaments ? éduquer ? améliorer l’habitat ? la mobilité ? Ensuite, il conviendra de vérifier que les ressources mobilisées sont bien affectées à l’atteinte de l’objectif et à quelle échéance. Une telle méthode a aussi pour vertu de faire reposer l’engagement social de l’entreprise sur une sorte de convention. Entreprendre au-delà de la seule valorisation du capital économique permet de fédérer les différentes parties prenantes pour contribuer à une transformation durable.

Sandra Bernard-Colinet est membre de la Société française des analystes financiers (SFAF) et ancienne conseillère en investissement à impact auprès du haut-commissariat à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale.

Mathilde Lemoine est chef économiste du groupe Edmond de Rothschild

Les enjeux de la transformation de l’agriculture française

Les enjeux de la transformation de l’agriculture française

 

Le président de l’organisation syndicale se penche dans l’Opinion  sur les enjeux de la prochaine PAC, qui couvrira la période se terminant en 2027

 

 

 

 

Les jeunes doivent être la pierre angulaire de la prochaine PAC 2023-2027. C’est très simple : à l’issue, 45% des agriculteurs seront en âge de partir à la retraite. Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Plus que jamais, le renouvellement des générations, en France comme dans le reste de l’Europe, est LE défi de ces prochaines années pour sauvegarder notre capacité à produire mais aussi la vitalité des territoires ruraux ! Je veux y voir une opportunité, un bassin d’emplois et de vocations considérable, et j’aimerais que Bruxelles, mais aussi Paris, y voient la même chose.

Deux options s’offrent à nous : la première est de miser sur un domaine qui recrute, qui nourrit et qui crée du dynamisme local en favorisant le maintien de l’agriculture dans les territoires. Faut-il vraiment citer la deuxième : ne pas être à la hauteur des enjeux, remettre en question notre souveraineté alimentaire et l’opportunité d’une alimentation locale et de qualité.

Parce que nous n’avons plus le choix, pour sauvegarder notre souveraineté alimentaire, les jeunes ont formulé des propositions concrètes pour une politique agricole commune en faveur d’un pacte ambitieux avec les citoyens européens, qui maintienne des hommes nombreux sur les territoires, qui préserve les ressources naturelles et qui protège et rémunère les agriculteurs.

«Pour trois départs à la retraite, seuls deux jeunes s’installent: mettons un coup d’arrêt à cette perdition par un investissement conséquent! Doublons le budget à l’installation»

A l’heure des négociations européennes sur les outils de demain, et à la veille des arbitrages que devra rendre le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, concernant la déclinaison française de la PAC, il est encore temps de prendre les bonnes décisions en faisant le pari de la jeunesse. A commencer par un budget à la hauteur. Aujourd’hui, pour trois départs à la retraite, seuls deux jeunes s’installent : mettons un coup d’arrêt à cette perdition par un investissement conséquent ! Allons-y réellement. Pour les jeunes, doublons le budget à l’installation en passant de 2% à 4% des aides de la PAC. Mais également en ciblant mieux les aides.

Dans un contexte de libéralisation des activités économiques, dont l’agriculture n’est pas épargnée, et pour lutter contre le subventionnement de fonds d’investissement, la concentration des terres, ou encore la rétention des aides – et du foncier –, nous appelons à un meilleur ciblage des soutiens vers les agriculteurs actifs, réellement présents sur les territoires, au service d’une agriculture durable que les citoyens appellent de leurs vœux. Cela ne peut se traduire que par l’élaboration d’une définition stricte de l’actif agricole basée notamment sur un niveau de formation, sur l’acte de production, de gouvernance de l’exploitation, sur des critères de revenu et de temps de travail, et dont les exploitants en âge de bénéficier d’une retraite à taux plein seraient exclus. Pour atteindre ce dernier point et faciliter la transmission des exploitations agricoles, nous attendons du gouvernement qu’il concrétise notamment la revalorisation des retraites à minimum à 85% du smic dans les plus brefs délais.

«Pour que l’agriculture concilie rémunération des agriculteurs et respect des attentes des consommateurs, la PAC doit accompagner la structuration de filières créatrices de valeur»

Nous soutenons une agriculture à visage humain, forte d’exploitations nombreuses, indépendantes et durables, qui maintient des voisins plutôt que des hectares : remettre l’agriculture en « mode projet », redonner une vision de long terme à ce secteur stratégique et essentiel. Pour que l’agriculture concilie rémunération des agriculteurs et respect des attentes des consommateurs, la PAC doit accompagner la structuration de filières créatrices de valeur. Pour cela, nous appelons à un renforcement des soutiens ciblés (aides couplées, aides à l’investissement) qui agissent comme levier pour mieux organiser l’amont agricole, regrouper l’offre, poursuivre la montée en gamme et permettre à chacun d’accéder à une alimentation locale, durable et rémunératrice pour ses artisans.

Enfin la vision de long terme demande de se confronter à l’urgence climatique. En tant que jeunes, nous sommes certainement la première génération d’agriculteurs à pleinement réaliser les évolutions nécessaires face au changement climatique, tout en subissant au quotidien le phénomène. Il est indispensable d’armer les jeunes pour lutter contre le dérèglement climatique et préserver les ressources naturelles, véritable outil de travail des agriculteurs. Cela passe d’abord par l’élaboration de stratégies stables et solides pour accompagner la transition écologique sur le long terme. D’autre part, adossés à une politique d’investissement qui accompagne les changements, les fameux « programmes écologiques » proposés pour la future PAC doivent être appréhendés comme une opportunité. Ils devront permettre la rémunération des pratiques agroécologiques et créer un nouveau débouché économique vertueux, en faveur notamment des énergies renouvelables, du stockage de carbone, de la protection des sols, de l’optimisation des intrants, du bien-être animal, etc.

Les évolutions climatiques imposent aussi de protéger les agriculteurs, premiers touchés par des aléas plus fréquents, plus intenses. Il faudra renforcer les moyens mais réformer les outils existants, en apportant une attention particulière à la prévention et à la formation, pour apporter une réponse efficace et durable aux agriculteurs.

Nous sommes à la fin d’un cycle, ne cherchons pas d’excuses pour la génération actuelle et celle à venir… Les jeunes sont prêts à s’engager, faire face et relever les défis maintenant, mais cela ne pourra se faire que si des actes forts et engagés concrétisent les déclarations politiques.

Samuel Vandaele est président des Jeunes agriculteurs.

Transformation de l’écosystème monétaire ?

Transformation de l’écosystème monétaire ?

 

L’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, observe dans sa chronique, que l’essor du bitcoin et des monnaies complémentaires est le signe tâtonnant d’une sortie de la « monoculture monétaire ».

Chronique. 

 

Certes, c’est pour le moment le bitcoin qui défraie la chronique et, pourtant, les « monnaies » alternatives se sont développées par milliers à travers le monde depuis la crise financière de 2007-2008. Au-delà du bitcoin, qui est un peu dans ce domaine ce que le Minitel a été à l’Internet dans les technologies de l’information, la percée de ces innovations monétaires très diverses exprime les failles du système auquel nous sommes habitués, avec une monnaie, une seule, encastrée dans le crédit bancaire, garantie par la Banque centrale, et à cours légal imposé par l’Etat. Notre écosystème monétaire est en train de se transformer.

On dénombre aujourd’hui, au niveau mondial, près de 1 600 « cryptomonnaies » – et plus de 4 000 monnaies complémentaires. Les cryptomonnaies sont des instruments monétaires numériques, sans autorité centrale, sans intermédiaire financier, reposant sur un protocole informatique d’enregistrement et de validation décentralisée des transactions ; les monnaies complémentaires sont des instruments de paiement utilisables localement sans cours légal.

Les communautés qui les portent sont très diverses : il n’y a pour le moment guère de trait d’union entre les geeks anarcho-libertaires, dont se réclame parfois la communauté bitcoin, et les associations d’économie sociale et solidaire, plus souvent « low tech », qui portent des monnaies locales dans l’espoir de revitaliser un territoire. Mais chacune à sa manière exprime une défiance à l’égard des institutions représentatives de la monnaie (banques, banques centrales, Etats) et une volonté de « réimprimer » ses valeurs en émettant une monnaie dans laquelle elle se reconnaît mieux.

 

 « La monnaie est un symbole, celui de ce je-ne-sais-quoi consubstantiel à l’homme qui fait appartenance à un collectif », écrivent Michel Aglietta et Natacha Valla dans Le Futur de la monnaie (Odile Jacob, 320 pages, 24,90 euros). Peut-être faut-il donc voir dans ces initiatives monétaires le symbole d’un collectif, ou plutôt de collectifs, qui cherche(nt) à se réinventer. 

Ce n’est pas comme substituts à la monnaie officielle – celle qui fait autorité et qu’on appelle la monnaie « fiat » – qu’il faut chercher à en comprendre l’essor, mais plutôt comme des compléments pouvant apporter de la diversité à notre « monoculture monétaire ». C’est ainsi que l’économiste Ariane Tichit présente les monnaies locales complémentaires (« Nos fausses idées sur la monnaie », TEDxClermont, 2014), ou que Bernard Lietaer relève dans Au cœur de la monnaie (Yves Michel, 2013) que la monoculture monétaire – le fait de n’utiliser qu’un seul type de monnaie, aujourd’hui la norme – l’a en fait rarement été au regard de l’histoire longue de la monnaie.

Transformation énergétique des logements : accessible à tous sans condition de revenus

Transformation  énergétique des logements : accessible à tous sans condition de revenus

Après avoir transformé fin 2019 le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) en prime (« Ma Prime Rénov »), tout en excluant les plus riches du dispositif, l’aide sera désormais accessible à l’ensemble des propriétaires occupants ET bailleurs. Ce qui est inédit.

Dans le cadre de la relance de 100 milliards, 2 milliards d’euros seront en effet mobilisés pour soutenir la rénovation globale, la rénovation énergétique des logements pour les propriétaires bailleurs, la rénovation énergétique des logements pour les copropriétés et renforcer le volet « logement » déjà financé par l’Agence nationale de l’Habitat (Anah), le plan « Initiatives Copropriétés » et le programme « Action cœur de ville ». Ce dernier sera prochainement complété d’un plan « petite ville de demain ».

 

Comment évaluer la transformation de la biodiversité

Comment évaluer la transformation  de  la  biodiversité

Le  Club des entreprises pour une biodiversité positive (Club B4B+), appellent dans la Tribune à la mise en place de métriques quantitatives de la biodiversité, d’outils d’évaluation de l’empreinte biodiversité et d’objectifs scientifiques mesurables à tous niveaux pour faire face au déclin alarmant de la biodiversité.

 

La décennie qui s’achève se sera malheureusement soldée par l’échec tragique de la plupart des Objectifs d’Aichi pour la période 2011-2020 [adoptés par les parties à la Convention sur la diversité biologique en octobre 2010, Ndlr] et le constat sans appel de l’Evaluation mondiale de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services éco systémiques (IPBES), qui révélait en mai 2019 que le déclin de la nature se poursuit à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Le Congrès mondial de la Nature, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille, puis la COP15 de la Convention sur la diversité biologique (CDB) en Chine -tous deux reportés au premier trimestre 2021-doivent nous permettre d’entrer dans le temps de la biodiversité.

Nous sommes persuadés que le secteur privé peut et doit jouer un rôle clé dans la concrétisation à la fois de la vision 2050 de la CBD pour « vivre en harmonie avec la nature », et des Objectifs de développement durable (ODD) – en particulier des ODD 14 et 15 concernant la biodiversité. Pour ce faire, et afin qu’advienne le « New Deal » pour la nature et les hommes, il est essentiel que nous mesurions notre impact sur la biodiversité et que nos objectifs en matière de biodiversité soient en capacité de rejoindre les scénarios proposés par la communauté scientifique et retenus par la communauté internationale.

La tonne équivalent CO2 a joué un rôle déterminant dans la prise de conscience des enjeux liés au changement climatique. Cette métrique a constitué un levier incontestable dans la mise en œuvre d’actions d’atténuation du changement climatique. Des métriques comparables, autrement dit des métriques quantitatives décrivant l’état de la biodiversité, largement utilisées et accessibles à tous, consensuelles sur le plan scientifique et pouvant être agrégées ou désagrégées à de multiples niveaux de granularité, sont nécessaires pour répondre efficacement à l’enjeu de la perte de biodiversité. Associées à des analyses qualitatives, de telles métriques sont indispensables aux États, aux entreprises et aux institutions financières désirant évaluer leurs impacts, démontrer des gains de biodiversité et piloter leur action opérationnelle.

Transformation numérique des médias ou disparition

Transformation numérique des médias ou disparition

La question qui se pose est de savoir si les médias classiques  sont capables de se moderniser grâce au numérique, au net  et à l’intelligence artificielle ou  vont disparaître. C’est l’interrogation de la commission européenne qui a rendu public un rapport intitulé « quelle souveraineté médiatique pour l’Europe ». La question comporte des aspects économiques et techniques mais ne traite pas du contenu éditorial. Or l’un des problèmes majeurs des médias classiques provient du fait qu’ils sont désormais dans les mains des financiers. La plupart de ces grands médias se ressemblent  d’ailleurs. Pour l’essentiel ils reprennent les dépêches d’agence, du pouvoir,  des entreprises et autres groupes de pressions. Le travail d’enquête proprement dit et d’analyse est réduit à pas grand-chose. C’est surtout la crédibilité qui est en cause plus encore que le mode de production. Pour s’en persuader il suffit de lire la version Web des journaux qui est le plus souvent d’une grande pauvreté. Sans parler de la reprise systématique des orientations du pouvoir en place aussi bien dans  les médias publics que les médias privés. Pour tout dire du fait des pressions financières ou tout simplement par autocensure, la ligne éditoriale s’aligne sur des intérêts dominants. Pas sûr que le rapport européen et le plan de soutien qui propose soit de nature à sortir les médias classiques de la crise. En tout cas le rapport préconise un soutien financier avec la création d’un fonds européen d’un montant d’un milliard d’euros sur cinq ans, renouvelable. Le but est de financer des médias pour la création de projets innovants basés sur l’IA, la Blockchain ou les neuro-sciences. Le texte incite également à allouer 3% du programme « Horizon Europe » – destiné à la recherche et doté de 100 milliards d’euros – aux médias et industries créatives. L’objectif est de réduire la dépendance aux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui proposent déjà des fonds dans le domaine. Par exemple, Google a lancé en 2015 un appel à projet baptisé « Google News initiative » (anciennement Digital News Initiative). En 2018, le géant américain a sélectionné 98 projets dans 28 pays européens, distribuant 21,2 millions d’euros – ce qui porte à 115,2 millions d’euros le montant total de son financement. Il faut ajouter à cela que les GAFA à sont assez mécontents du concept de droits voisins qui va les contraindre à rétribuer les auteurs d’images et d’articles et en plus d’être responsable de la vérification des droits d’auteur. Du coup chez géant de l’informatique envisage de créer leurs propres informations en ayant notamment recours à l’intelligence artificielle. La bataille du secteur de l’information européenne est donc loin d’être gagnée surtout contre la médiocre qualité de la production actuelle.

Loi Pacte transformation de l’entreprise : une mini réforme

Loi Pacte transformation de l’entreprise : un mini réforme

La loi Pacte qui vise à muscler les PME pour en faire des ETI à l’allemande  risque d’accoucher d’une souris. La reforme très ambitieuse au départ s’est réduite comme peau de chagrin en oubliant surtout l’allégement de la fiscalité quand les grands entreprises, elle,, réussissent par l’optimisation fiscale(en fait l’évasion) à échapper à une bonne partie de l’impôt. Il ya aura cependant des changements pour les seuils  de salariés.

Concernant lesseuils sociaux, le franchissement de 19 à 20 salariés qui impose à toutes les entreprises de nouvelles obligations sociales et fiscales sera supprimé (excepté en matière de handicap) et relevé à 50 personnes. Il n’existera donc plus que trois seuils fixés à 11, 50 et 250 salariés. Le second axe vise le fonds d’innovation normalement financés par la vente d’actions que détient l’Etat. Enfin on va enrichir l’objet social des entreprises avec une définition sociale et environnementale.  Bref certaines mesures qui ne sont pas inutiles mais la question centrale  de l’allègement global de la fiscalité et de la simplification des procédures a été grandement survolée. A noter aussi une procédure d’opposition administrative au brevet sera instaurée, afin de permettre aux petites entreprises de se défendre plus facilement et d’éviter les procédures lourdes en justice. De la même façon, la durée de protection du certificat d’invention sera étendue à dix ans. Par ailleurs certains éléments d’ordre fiscal -comme le pacte Dutreil relatif à la transmission d’entreprise et dont les obligations seront simplifiées- ne figureront pas dans la loi mais dans le PLF 2019. Pourquoi seulement dans une loi annuelle ? Rien ou pas grand-chose sur les synergies entre les grands groupes et les entreprises de taille moyenne pour faciliter l’accès aux marchés extérieurs comme cela se pratique notamment en Allemagne.

 

 

Transformation numérique de l’administration :changer de paradigme et de siècle

Transformation numérique de l’administration :changer de paradigme et de siècle

La critique de la Cour des Comptes vis-à-vis de la diffusion du numérique dans l’administration est sévère. Première observation la vision est encore très insuffisante. Deuxièmement on se borne essentiellement à numériser les procédures existantes alors qu’il conviendrait sans doute de changer l’approche et la nature des procédures. Troisièmement, l’administration pénètre le numérique sur la pointe des pieds avec crainte et confie d’ailleurs l’essentiel des procédures d’information informatisée à la sous-traitance qui évidemment se régale en termes de profit mais aussi de maîtrise. En effet, il manque aussi dans l’administration de sérieuses compétences numériques et au-delà une culture numérique. Enfin chaque administration ou service bricole son propre système dans des délais par ailleurs tellement long qu’ils rendent obsolète la numérisation. Enfin et peut-être surtout les systèmes des différents services et administrations sont incapables de communiquer entre eux. Bref dans leur rapport à la numérisation, l’administration doit changer de paradigme et de siècle. Mais si le rapport valide la stratégie que l’État mène depuis 2011 et a amplifié en 2014, la Cour des comptes estime surtout que cette transformation est trop lente, s’exerce sur un périmètre trop étroit, et doit s’accompagner d’investissements massifs, à la fois humains et financiers. « La démarche doit être amplifiée. Il reste à lever les contraintes fortes qui pèsent sur les administrations et qui ralentissent cette transformation [...] Un important effort de rattrapage doit être réalisé ». Ces contraintes sont bien identifiées : des « choix technologiques anciens » (le logiciel libre n’est pas assez généralisé), « l’externalisation massive » des systèmes d’information de l’État qui a conduit à une « perte de compétences » des agents, et surtout un problème de « culture numérique »: « Il faut faire connaître le potentiel et les méthodes de la transformation digitale au-delà des sphères spécialisées. La révolution numérique ne se réduit pas à la numérisation des procédures existantes ». Ainsi, le rapport note que la stratégie d’État plateforme doit « dépasser la simple dimension technologique » pour « faire évoluer l’action publique vers un modèle reposant sur des « communs numériques » (données, logiciels, services numériques, API) qui s’intègrent pour offrir d’autres services de manière plus agile et réactive« . La Cour déplore l’absence d’état des lieux du recours au logiciel libre, ou encore la difficile mise en place de la plupart des grands projets numériques de l’État. Leur durée (6 ans en moyenne) est estimée « excessive » car elle « s’accommode mal avec le rythme d’évolution des technologies et celui de la rotation des chefs de projet« . Par exemple, le projet le plus ancien, SAIP (le dispositif de protection des populations) est englué depuis… 17 ans (!) alors que l’enjeu est pourtant essentiel pour la sécurité du pays.

Transformation publique : la réforme à l’envers

Transformation publique : la réforme à l’envers

 

Comme il fallait s’y attendre, la première orientation du comité interministériel de la transformation publique a accouché d’une souris. En gros, on va essayer de mieux gérer des personnels et introduire du numérique la gestion des tâches qui s’y prêtent. Un vraie réforme en plus à l’envers ! Pourquoi en effet traiter d’abord du personnel et les conditions de leur gestion alors qu’on n’a pas défini les champs de l’intervention régalienne. Or ce sont ces champs d’intérêt général qui doivent  être précisés de manière prioritaire afin d’éviter ce qui caractérise la France à la fois un étatisme débordant dans tous les champs de la société.  Ce n’est qu’une fois précisées les vrais missions d’intérêt général qu’on peut se poser la question des moyens et non l’inverse. En effet dans certains cas, l’État n’a pas intervenir il n’y a donc pas besoin de moyens humains. Dans d’autres cas une activité peut justifier la tutelle publique mais sans nécessairement justifier le recours à des organismes publics et donc à des fonctionnaires (cas du transport urbain en général). Enfin certains champs d’intérêt général peuvent légitimer voir exiger l’intervention publique mais il faut distinguer les métiers qui peuvent justifier du statut de fonctionnaire et ceux  qui peuvent justifier d’un statut privé (exemple on peut admettre que les infirmières dans un hôpital public soit fonctionnaires mais pourquoi les menuisiers, les cantinières voir certains personnels administratifs). Edouard Philippe a donc annoncé une série de réformes en matière de fonction publique. Les mesures annoncées sont issues des chantiers interministériels sur la rénovation du cadre des ressources humaines,  sur la simplification et la qualité des services et sur la transformation numérique, pour lesquels les ministères ont remis des propositions en décembre. Elles étaient déjà globalement connues. Ainsi sur le volet ressources humaines, le Premier ministre veut « adapter le statut de la fonction publique, l’assouplir pour qu’il redevienne un cadre efficace pour l’action publique ». Quatre axes de travail sont ouverts. D’une part le dialogue social doit être rénové, en diminuant le nombre d’instances de concertation, et en les recentrant sur les questions les plus importantes, sur le modèle de ce qui a été fait avec les ordonnances « Travail »  – voilà qui ne devrait pas rassurer les syndicats.  Le volet de la rémunération va aussi être travaillé, « nous ne sommes pas contre l’automaticité de la rémunération, mais on peut la compléter par des mesures plus incitatives », a résumé le Premier ministre, qui a aussi évoqué la possibilité de mécanismes d’intéressement collectif. A voir comment le dispositif s’articulerait avec le mécanisme du RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel)  Le troisième chantier vise à  réorienter les métiers des agents vers les politiques prioritaires du gouvernement, et à  accompagner leur évolution liée  aux nouvelles technologies. « Nous voulons accompagner les transformations, les reconversions, les mobilités dans la fonction publique, les départs vers le secteur privé », a résumé Edouard Philippe, qui a rappelé que 1,5  milliards ont été budgétés à  cet effet. Gérald Darmanin, le ministre de l’Action des comptes publics, a même évoqué la possibilité d’un plan de départs volontaires pour les agents. Enfin, le gouvernement veut faciliter le recours au contrat  pour les missions qui ne sont pas spécifiques au service public. Sur le second chantier interministériel consacré à la simplification et à la qualité de service, toutes les administrations en relation avec le public devront d’ici 2020 publier des indicateurs de résultats et de qualité de service. Encore une décision à l’envers car avant de définir des indicateurs encore aurait-il fallu préciser la nature du service. Voilà on fait comme dans la police et la gendarmerie en matière de délinquants : on mesure le nom de procès-verbaux pour définir son efficacité!

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