Archive pour le Tag 'traçage'

Traçage épidémie: dépendra de l’adhésion et des moyens

Traçage épidémie: dépendra de l’adhésion et des moyens

L’épidémiologiste Daniel Lévy-Bruhl explique dans le monde que le succès de l’opération traçage de l’épidémie dépendra surtout des moyens mis en œuvre d’autant de l’adhésion de l’opinion publique. (Interview dans le Monde)

Les Français s’interrogent beaucoup sur les critères retenus pour classer leur département en vert ou en rouge. Pour apprécier la circulation du virus en France, pourquoi avoir choisi les « passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 » ?

Nous sommes dans une période où il n’y a pas de confirmation systématique du diagnostic de Covid-19 par un test. Les tests sont réservés essentiellement aux cas graves, aux personnes qui risquent de développer des complications. Dans certains départements, nous avons des données en quantité suffisante et donc précises sur le nombre et le taux de diagnostics positifs, mais pas dans tous. Le nombre de passages aux urgences nous donne par contre une bonne appréciation de la dynamique épidémique dans les différents départements.

Ce ne sont pas les mêmes indicateurs que nous utiliserons pour le suivi de la situation épidémiologique après le déconfinement. A partir de la semaine prochaine, nous utiliserons les résultats des tests pratiqués sur tous les « cas évocateurs » de Covid-19, une catégorie plus large que les « cas suspects », qui inclut les personnes présentant des symptômes peu spécifiques.

Le gouvernement s’est fixé comme objectif d’identifier 75 % des cas contacts. Cet objectif vous paraît-il atteignable alors que les « brigades » commencent tout juste à se mettre en place ?

Des moyens importants sont mobilisés pour cela, mais il est difficile de dire si cet objectif pourra ou non être atteint. Tout dépend de la capacité des plates-formes de « contact tracing » à être pleinement opérationnelles, mais aussi de l’adhésion de la population au dispositif.

« Traçage StopCovid : attention aux apprentis sorciers « 

« Traçage StopCovid : attention aux  apprentis sorciers  »

Antonio Casilli ,Sociologue, Paul-Olivier Dehaye, Mathématicien, Jean-Baptiste Soufron, Avocat critiquent fortement l’ outil de surveillance enregistrant toutes nos interactions humaines ( dans une tribune au « Monde ».)

Le mardi 28 avril, les parlementaires français seront amenés à voter sur StopCovid, l’application mobile de traçage des individus imposée par l’exécutif. Nous souhaitons que, par leur vote, ils convainquent l’exécutif de renoncer à cette idée tant qu’il est encore temps. Non pas de l’améliorer, mais d’y renoncer tout court. En fait, même si toutes les garanties légales et techniques étaient mises en place (anonymisation des données, open source, technologies Bluetooth, consentement des utilisateurs, protocole décentralisé, etc.), StopCovid serait exposée au plus grand des dangers : celui de se transformer sous peu en « StopCovid Analytica », une nouvelle version du scandale Cambridge Analytica [siphonnage des données privées de dizaines de millions de comptes Facebook].

L’affaire Cambridge Analytica, révélée au grand jour en 2018, avait comme point de départ les travaux de chercheurs de l’université anglaise. Une application appelée « Thisisyourdigitallife », présentée comme un simple quiz psychologique, avait d’abord été proposée à des utilisateurs de la plate-forme de microtravail Amazon Mechanical Turk. Ensuite, ces derniers avaient été amenés à donner accès au profil Facebook de tous leurs contacts. C’était, en quelque sorte, du traçage numérique des contacts avant la lettre.
 

 

 

Des « Brigades » de traçage pour contrôler le déconfinement

 

A la sortie du confinement, il y aura les tests, l’isolement des malades, mais aussi leur traçage. Cette stratégie ne passe pas seulement par la mise en place d’une application numérique (qui est envisagée) mais aussi par l’action de professionnels.  »Les Coréens ont une brigade de 20.000 personnes pour traquer les contacts, a noté la semaine dernière devant le Sénat le professeur Delfraissy, président du conseil scientifique.. Il y a de l’humain derrière le numérique. Mais ça, on ne l’a pas en France! Si on ne l’a pas, une application numérique ne marchera pas. » Le président du Conseil scientifique recommande donc de mettre en place une brigade « de peut-être 30.000 personnes ». « S’il n’y a pas d’humain, on va se planter », a-t-il averti.

La méthode du « tracing » est indissociable des tests. Une fois qu’un malade est testé positif, il faut être capable de retrouver toutes les personnes avec lesquelles il a été en contact pour les tester, et le cas échéant les isoler, à leur tour. L’application numérique (Stop Covid), telle qu’est est prévue pour le moment en France, ne donnerait pas aux autorités de santé l’identité des personnes malades. Elle servirait juste à avertir une personne ayant téléchargé volontairement l’application qu’elle a croisé une personne dépistée positive. Un complément humain est donc indispensable.

La stratégie du « contact tracing » a déjà été déployée au moment du stade 2 de l’épidémie et a permis de limiter la propagation de l’épidémie des Contamines-Montjoie. En Haute-Savoie, les épidémiologistes de Santé publique France avaient ainsi réussi à retrouver toutes les personnes ayant été en contact direct avec le premier malade, à les isoler et à éteindre le cluster épidémique. Cette tactique a néanmoins échoué avec le rassemblement évangéliste de Mulhouse.

A deux semaines du déconfinement, on n’en sait toutefois pas beaucoup plus sur le nombre précis de personnes qui pourrait composer cette brigade de traçage.

 

« Stopcovid »: le traçage par smartphone bientôt en œuvre

« Stopcovid »: le traçage par  smartphone bientôt en œuvre

 

Il est probable que le traçage par mobile s’effectuera sur la base du volontariat pour ne pas mettre en péril  les libertés individuelles. Le principe du traçage est de prévenir les personnes en contact avec des désinfectés afin de les inviter à se faire tester. “Le gouvernement a décidé de lancer le projet StopCovid afin de développer une application qui pourrait limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission”, indique le secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O dans un entretien accordé avec le ministre de la Santé Olivier Véran au Monde.

“L’idée serait de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même, et si besoin d’être pris en charge très tôt, ou bien de se confiner”, explique-t-il.

“Le principe serait simple : l’application est installée volontairement ; lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique”, ajoutent-ils. “Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique.”

A l’heure actuelle, “aucune décision n’est prise” et cela dépendra de “si les scientifiques nous disent que cela peut nous aider à lutter contre la propagation de l’épidémie”, prévient de son coté Olivier Véran.

L’Elysée avait ouvert la porte à l’utilisation du numérique pour lutter contre le coronavirus – qui a fait plus de 10.000 morts en France selon le dernier bilan – en annonçant la mise en place d’un comité qui serait chargé de conseiller Emmanuel Macron notamment sur les pratiques de “backtracking”.

Lors d’une audition devant des députés, le Premier ministre Edouard Philippe avait précisé le 1er avril dernier que tout traçage numérique se ferait sur la base du volontariat, une manière de rassurer les défenseurs des libertés individuelles qui ont multiplié les mises en garde.




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