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Élection Présidentielle : Macron, à gauche toute !

Élection  Présidentielle : Macron, à gauche toute !

Pour Macron c’est un peu le sauve-qui-peut. Certes il est arrivé assez nettement en tête mais le problème c’est que sa réserve de voix est nettement moins importante  que celle de Marine Le Pen. En caus,e en particulier l’écroulement des républicains Macron a évidemment compris que le faiseur de rois sera pour cette élection Mélenchon qui a nettement dépassé les 20 %. Certes par idéologie Mélenchon a clairement affirmé qu’il ne voulait pas donner de voix à Marine Le Pen . Le  problème c’ est que les troupes suivent de moins en moins les appareils et leurs dirigeants. Ainsi des études d’opinions montrent que 25 à 30 % des électeurs de Mélenchon pourraient voter pour Le Pen moins par conviction que par détestation de Macron.

 

Du coup Macron multiplie les signes vis-à-vis de la gauche. Il a même cru révéler avoir envoyé un mail à Mélenchon qui par parenthèse n’avait strictement rien à voir avec le second tour des présidentielles. Toujours la même communication de Macron. Comme avec Poutine, l’important est de faire savoir qu’on a communiqué, peu importe le contenu.

 

Sur les retraites Macron semble prêt  à reculer y compris sur la date-butoir des 65 ans. Il envisage même éventuellement d’organiser un référendum. Une belle occasion de favoriser une grande confusion démocratique car on ne répond pas à des questions complexes isolées de leur contexte par un oui ou par un non. Mais sans doute s’agit-il d’un message adressé aux troupes de Mélenchon.  Ce n’est sans doute pas la dernière concession que Macron fera à la gauche. D’autres suivront comme la juste réévaluation des retraites. Le second tour se fera sur le thème social et chacun des deux protagonistes  avant les élections va sans doute promettre encore davantage à cette catégorie quitte d’ailleurs à faire l’impasse sur la dimension financière.

Présidentielle 2022: Macron, à gauche toute !

Présidentielle 2022: Macron, à gauche toute !

Pour Macron c’est un peu le sauve-qui-peut. Certes il est arrivé assez nettement en tête mais le problème c’est que sa réserve de voix est nettement moins importante  que celle de Marine Le Pen. En caus,e en particulier l’écroulement des républicains Macron a évidemment compris que le faiseur de rois sera pour cette élection Mélenchon qui a nettement dépassé les 20 %. Certes par idéologie Mélenchon a clairement affirmé qu’il ne voulait pas donner de voix à Marine Le Pen . Le  problème c’ est que les troupes suivent de moins en moins les appareils et leurs dirigeants. Ainsi des études d’opinions montrent que 25 à 30 % des électeurs de Mélenchon pourraient voter pour Le Pen moins par conviction que par détestation de Macron.

 

Du coup Macron multiplie les signes vis-à-vis de la gauche. Il a même cru révéler avoir envoyé un mail à Mélenchon qui par parenthèse n’avait strictement rien à voir avec le second tour des présidentielles. Toujours la même communication de Macron. Comme avec Poutine, l’important est de faire savoir qu’on a communiqué, peu importe le contenu.

 

Sur les retraites Macron semble prêt  à reculer y compris sur la date-butoir des 65 ans. Il envisage même éventuellement d’organiser un référendum. Une belle occasion de favoriser une grande confusion démocratique car on ne répond pas à des questions complexes isolées de leur contexte par un oui ou par un non. Mais sans doute s’agit-il d’un message adressé aux troupes de Mélenchon.  Ce n’est sans doute pas la dernière concession que Macron fera à la gauche. D’autres suivront comme la juste réévaluation des retraites. Le second tour se fera sur le thème social et chacun des deux protagonistes  avant les élections va sans doute promettre encore davantage à cette catégorie quitte d’ailleurs à faire l’impasse sur la dimension financière.

Politique Présidentielle : Macron, à gauche toute pour le premier tour …. à droite toute pour le second ?

 

Politique Présidentielle  : Macron, à gauche toute pour le premier tour …. à droite toute pour le second ?

 

Pour son seul meeting à l’Arena de la Défense, Macron a opéré un net rééquilibrage à gauche en égrenant à peu près toutes les catégories sociales auxquelles il a promis davantage de considération et de rémunération. De quoi satisfaire les sociaux-démocrates qui croient encore au Père Noël ou qui font semblant d’y croire en espérant surtout une petite place dans le panthéon gouvernemental futur.

C’est le fameux en même temps de Macron  dont on a bien du mal à saisir la ligne stratégique. Ultralibéral un jour et plus ou moins progressistes un autre. Les médias ont quand même remarqué le changement de ton lors de son dernier meeting . Une presse unanime.  »En meeting, Macron se repeint en rouge pour séduire la gauche », titre Libération« Le coup de barre à gauche d’Emmanuel Macron », appuie Le Point« Emmanuel Macron s’adresse à sa gauche et tente de rectifier le récit de sa campagne », embraye Le Monde. Le président sortant, candidat à sa réélection, vient d’orienter subitement sa campagne à gauche toute lors de son seul meeting de campagne, samedi 2 avril.

Macron essaye effectivement de faire oublier la gamelle qu’il traîne depuis son élection comme président des riches, ce qu’il est effectivement si l’on s’en tient aux mesures essentielles prises au cours du quinquennat ( et à ceux qui financent ses campagnes). Mais les virages ne sont sans doute pas terminés pour Macron car lors du second tour,  il lui faudra séduire ceux qui seraient tentés de voter Marine à peine. Du coup, le virage sera sans doute sociétal mais à droite. Là encore Macorn va promettre sans doute de réguler davantage l’immigration, la sécurité, l’ordre dans les banlieues, la lutte contre la drogue et les incivilités. Des terrains qu’il a plutôt négligés aussi.

Présidentielle 2022 : Macon, à gauche toute pour le premier tour …. à droite toute pour le second ?

Présidentielle 2022 : Macron, à gauche toute pour le premier tour …. à droite toute pour le second ?

 

Pour son seul meeting à l’Arena na de la Défense, Macron a opéré un net rééquilibrage à gauche en égrenant à peu près toutes les catégories sociales auxquelles il a promis davantage de considération et de rémunération. De quoi satisfaire les sociaux-démocrates qui croient encore au Père Noël ou qui font semblant d’y croire en espérant surtout une petite place dans le panthéon gouvernemental futur.

C’est le fameux en même temps de Macron  dont on a bien du mal à saisir la ligne stratégique. Ultralibéral un jour et plus ou moins progressistes un autre. Les médias ont quand même remarqué le changement de ton lors de son dernier meeting . Une presse unanime.  »En meeting, Macron se repeint en rouge pour séduire la gauche », titre Libération« Le coup de barre à gauche d’Emmanuel Macron », appuie Le Point« Emmanuel Macron s’adresse à sa gauche et tente de rectifier le récit de sa campagne », embraye Le Monde. Le président sortant, candidat à sa réélection, vient d’orienter subitement sa campagne à gauche toute lors de son seul meeting de campagne, samedi 2 avril.

Macron essaye effectivement de faire oublier la gamelle qu’il traîne depuis son élection comme président des riches, ce qu’il est effectivement si l’on s’en tient aux mesures essentielles prises au cours du quinquennat ( et à ceux qui financent ses campagnes). Mais les virages ne sont sans doute pas terminés pour Macron car lors du second tour,  il lui faudra séduire ceux qui seraient tentés de voter Marine à peine. Du coup, le virage sera sans doute sociétal mais à droite. Là encore Macorn va promettre sans doute de réguler davantage l’immigration, la sécurité, l’ordre dans les banlieues, la lutte contre la drogue et les incivilités. Des terrains qu’il a plutôt négligés aussi.

Mettre la santé au centre de toute décision politique

Mettre la  santé au centre de toute décision politique 

 

Les déterminants sociaux jouent un rôle majeur sur l’état de santé de la population, rappellent, dans une tribune au « Monde », une trentaine de chercheurs, de praticiens de santé publique et d’élus, qui demandent que soit « obligatoire ou au minimum exigible » l’évaluation de l’impact sur la santé des lois et projets en matière d’éducation, de logement ou de transports.

 

Tribune. 

 

Nous, chercheurs, enseignants, professionnels de terrain, décideurs, responsables associatifs, considérons que la santé publique telle qu’elle est mise en œuvre est désormais inadéquate et obsolète. Elle ne répond plus à son objectif de base : la santé pour tous, quel que soient son âge, sa condition sociale, son genre, son niveau d’éducation, son origine…

Les stratégies actuelles de santé publique ne sont que des sparadraps incapables d’endiguer la dégradation de la santé et l’accroissement des inégalités. La protection et le bien-être de toute la population sont des exigences pour tous les responsables politiques, comme le rappelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS, charte de Genève/OMS). Deux axes sont fondamentaux pour orienter une politique de santé publique moderne et efficace.

 

Notre première proposition s’appuie sur des faits. La santé et le développement des enfants sont dépendants de la précarité économique des parents, du type d’éducation, du réseau social les entourant, du logement, du quartier d’habitation, de l’accès aux espaces verts (santé des enfants)Les stratégies les plus efficaces pour améliorer la santé mentale des étudiants résident dans l’organisation des enseignements et leur validation (santé mentale des étudiants).

Les actions les plus efficaces pour minimiser les risques psychosociaux en entreprise portent sur l’organisation du travail, la valorisation des tâches et le type de management (L’Institut équité en santé). Les inégalités de santé se construisent très tôt dans notre propre système éducatif selon le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Les configurations urbaines agissent sur la santé dans ses dimensions sociales, mentales et physiques (le guide OMS). Ces déterminants sociaux jouent un rôle majeur sur l’état de santé de la population et sont à l’origine des inégalités sociales et territoriales de santé (les déterminants sociaux de la santé, OMS).

Or, la politique de santé publique française se contente de « soigner », y compris de manière préventive. Les plans de santé publique par pathologie, les stratégies de prévention principalement informatives, ou encore la centralisation des compétences en santé génèrent une orientation comportementaliste des politiques de santé publique, sans modifier celles qui impactent la santé dès l’enfance : éducation, logement, transports, emploi, ressources, etc.

 

Certes, il existe des dispositifs et instances pour croiser enjeux sanitaires et non sanitaires, tels que la politique de la ville, les contrats locaux de santé, le comité interministériel pour la santé ou encore les commissions de coordination des politiques publiques. Mais ils sont à ce jour insuffisamment efficaces, soit parce que leur périmètre est trop étroit, soit parce qu’ils manquent du statut et/ou de moyens d’agir pour préserver la santé des populations devant les intérêts des secteurs non sanitaires.

Objectif de la Russie : finlandiser toute l’Europe ?

Objectif de la Russie : finlandiser toute l’Europe ?

L’écrivaine finlandaise Sofi Oksanen, devenue l’une des voix les plus influentes et engagées de la scène intellectuelle nordique, raconte, dans une tribune au « Monde », comment le concept de « finlandisation », cette soumission sans occupation à la volonté du puissant voisin russe, a « brouillé la boussole morale » de son pays.

Tribune. Dans les années 1970, quand la télévision de Suède diffusa Une journée d’Ivan Denissovitch, d’après le roman d’Alexandre Soljenitsyne (1962), la Finlande coupa les émetteurs de l’archipel d’Aland pour que les citoyens ne puissent pas regarder ce film, interdit chez nous. En effet, notre commission cinématographique avait refusé le visa d’exploitation à ce drame qui parlait des camps de l’URSS. Motif : « antisoviétisme ».

L’Archipel du goulag [paru en 1973] allait connaître le même sort. Le président et le premier ministre s’opposèrent à sa publication et la maison d’édition finlandaise du lauréat du prix Nobel se soumit docilement à la situation. Pour contourner la censure, la première partie du texte fut publiée en Suède. La diffusion ne fut pas facile en Finlande, où le livre était interdit de bibliothèque et de librairie.

Quelques années plus tard, ma mère, estonienne, arriva en Finlande par le mariage et je naquis dans un pays qui avait conservé son indépendance, mais où la « finlandisation » exerçait partout son influence. Ce concept inventé en Allemagne de l’Ouest désigne la soumission à la volonté du puissant voisin, la Finlande étant alors le seul pays occidental tenu aussi sévèrement dans le poing de fer de l’URSS.

L’emprise concernait non seulement la politique extérieure mais aussi la défense, l’économie, les médias, l’art et la science. Il n’était pas souhaitable que la recherche académique mette le nez dans une économie soviétique se trouvant dans un état catastrophique, et il valait mieux éviter les sujets considérés comme antisoviétiques si l’on souhaitait des perspectives de carrière. Quand la direction des douanes constata que le thon soviétique contenait trois fois plus de mercure que la limite autorisée, on décida que le rapporteur avait interprété la valeur de manière « trop théorique ». De même, la direction des affaires maritimes modifia sa réglementation lorsque la société Teboil, propriété de l’URSS, mit en vente des canots qui ne passaient pas les tests de sécurité.

Mes manuels scolaires nous faisaient croire que l’Estonie avait adhéré à la joyeuse famille soviétique de son plein gré, car l’enseignement se conformait à la ligne historiographique de l’URSS. Tout cela reposait sur l’accord d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle signé en 1948 entre l’Union soviétique et la Finlande, et notre direction de l’enseignement n’y dérogeait pas. Si les problèmes affectant les Etats-Unis avaient leur place dans les livres de géographie, aucun adjectif négatif n’était jamais associé à l’Union soviétique.

Zelensky: « SI L’UKRAINE TOMBE, TOUTE L’EUROPE TOMBERA »

Zelensky: « SI L’UKRAINE TOMBE, TOUTE L’EUROPE TOMBERA »

Le pronostic du président ukrainien paraît particulièrement pessimiste. Peu d’experts européens adhèrent à cette vision très sombre. Reste que personne ne peut accéder à l’imaginaire fou d’un Poutine coupé depuis plusieurs années des réalités sociales et politiques dans son bunker de dictateur

Un appel lancé à ses voisins européens. Le président Volodymyr Zelensky s’est brièvement exprimé ce vendredi, neuf jours après le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Après avoir observé une minute de silence aux soldats morts puis aux civils touchés par le conflit, il s’est adressé aux pays européens et à leurs populations.

« Je vous demande de ne pas être silencieux, de sortir dans la rue, de soutenir l’Ukraine, nos efforts et nos combats. Si l’Ukraine ne tient pas, l’Europe ne tiendra pas », a-t-il déclaré. « Si nous tombons, toute l’Europe tombera ».

« Soutenez notre liberté, parce que cette victoire ce n’est pas seulement contre les militaires russes, c’est la victoire du bien contre le mal », a également estimé Volodymyr Zelensky.

Poutine menace toute l’Ukraine

Poutine menace toute l’Ukraine

Vladimir Poutine a décidé de reconnaître, lundi 21 février, l’indépendance des séparatistes prorusses d’Ukraine, et ordonné à l’armée russe de « maintenir la paix » dans ces territoires. Deux décrets du président russe demandent au ministère de la défense que « les forces armées de la Russie [assument] les fonctions de maintien de la paix sur le territoire » des « républiques populaires » de Donetsk et Louhansk.

Isabelle Mandraud, spécialiste de la Russie et ancienne correspondante à Moscou, a répondu aux questions des lecteurs du Monde .

 

La reconnaissance des républiques séparatistes de l’Ukraine par la Russie peut-elle être comprise comme un acte de guerre ?

C’est un acte conscient, agressif, et prémédité. Une provocation de plus à l’égard de l’Ukraine, pour la pousser à réagir. Et un défi supplémentaire à l’Occident.

Ne faut-il pas plus que la parole de Vladimir Poutine pour acter cette reconnaissance ?

Le pouvoir en Russie est concentré dans les mains d’un seul homme. Alors, oui, la parole de Poutine suffit, même si, formellement, elle sera « habillée » par une décision du Conseil de la Fédération de Russie, comme le prévoit la Constitution russe.

 Concrètement, cette déclaration signifie-t-elle que le Donbass va être annexé par la Russie ? Sous la forme d’une invasion militaire ? Dans quel délai ? L’Ukraine va-t-elle réagir et s’opposer militairement et entrer dans un conflit ?

Pour l’instant, il s’agit de la « reconnaissance » de l’indépendance d’une partie du Donbass, et donc d’une amputation d’une partie du territoire ukrainien. Encore une fois, ce n’est sans doute qu’une étape car c’est toute l’Ukraine qui est dans le viseur du Kremlin.

La réaction de Kiev sera évidemment importante, mais il faut reconnaître que, jusqu’à présent, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est plutôt révélé dans cette crise, en faisant preuve de sang-froid.

 Est-il possible de faire un point sur ce que sont les accords de Minsk, et ce que pourrait signifier leur remise en question ?

Les accords ont pris leurs sources en 2014, puis ont été signés, en septembre 2015, dans la capitale biélorusse – d’où leur nom – avant d’être poursuivis. Ils étaient censés réunir la Russie et l’Ukraine sous le parrainage de la France et de l’Allemagne pour tenter de trouver une solution au conflit, et surtout un cessez-le-feu entre les parties, Kiev d’un côté, les séparatistes prorusses de l’autre, soutenus par Moscou.

Force est de constater, ce soir, que ces accords ont volé en éclats, puisqu’ils posaient comme principe le maintien des territoires autoproclamés autonomes de Louhansk et de Donetsk, dans le giron de l’Ukraine… Le discours de Vladimir Poutine constitue une rupture unilatérale de ces accords.

 Il semble que la Russie ait les moyens militaires d’une invasion et qu’elle souhaite peser sur l’équilibre des forces en Europe notamment vis-à-vis de l’OTAN. Mais que gagnerait-elle concrètement à envahir l’Ukraine (hors zones « séparatistes ») ?

La Russie a modernisé son armée, qui s’est, de surcroît, entraînée en Syrie, donc elle a certainement les moyens. Elle a, lors d’exercices militaires précédents, fait, en outre, la démonstration de capacité logistique (transport de troupes, notamment). Mais peut-elle s’emparer d’un pays de 44 millions d’habitants ? Le doute est permis. La Russie de Vladimir Poutine peut néanmoins créer les conditions d’un désordre durable.

 Après un tel discours, n’est-il pas clair que son seul objectif, in fine, est un changement de régime à Kiev et la vassalisation de l’Ukraine ? Le Donbass n’est qu’une première étape.

Vous avez raison, l’objectif, in fine, de Vladimir Poutine dépasse le cadre de la seule région du Donbass. A plusieurs reprises, le président russe a dit que l’Ukraine, pour lui, n’était « pas un pays ». Le Donbass n’est donc qu’une étape.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés En Ukraine, près du front : « Si vous saviez comme nous avons peur pendant les bombardements »

Dans son discours de ce soir, le chef du Kremlin a d’ailleurs dressé sa liste de griefs contre Kiev, depuis les « réparations » que l’Ukraine n’aurait pas honorées lors de la dissolution de l’URSS jusqu’aux incidents qui se sont produits à Odessa en 2014 et qu’il a promis de « punir ». Une Ukraine indépendante, libre de ses choix, n’est pour lui pas concevable.

Tenant compte de ses très nombreux rappels passés comme quoi son pays était une puissance nucléaire, faisant également ce soir mention de menace nucléaire des Etats-Unis et de l’OTAN en s’établissant en Ukraine, Poutine affiche clairement la couleur s’il en venait à perdre la main au cour du conflit, une guerre nucléaire pourrait-elle éclater à moyen ou même court terme en Europe ?

Espérons que ce ne sera pas le cas ! Même si Vladimir Poutine agite cette menace, notamment en installant des missiles en Biélorussie, comme cela est déjà le cas dans l’enclave russe de Kaliningrad, cela paraît difficilement concevable. Mais c’est évidemment un moyen de pression supplémentaire.

La question que l’on se pose naturellement : y a-t-il un risque que le conflit arrive chez nous, soit dans l’Union européenne (UE) et en Europe occidentale ?

La situation est certes grave, mais l’UE n’est pas en première ligne, du moins pas directement sur le plan militaire. En revanche, l’Ukraine est bien aujourd’hui menacée.

L’OTAN peut-elle aider l’Ukraine si celle-ci appelle à l’aide ?

L’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN. Une intervention directe n’est donc pas envisageable, mais plusieurs pays de l’Alliance ont déjà proposé des équipements et une aide indirecte.

 Si l’armée russe rentre officiellement dans le Donbass, les Occidentaux vont-ils contre-attaquer par les armes ou s’en tenir aux sanctions économiques et diplomatiques ?

Le président américain Joe Biden a été clair sur ce sujet : les Etats-Unis n’enverront pas de soldats sur le terrain. L’OTAN reste aussi dans ses frontières. Il est probable, donc, que les Occidentaux enverront des équipements à l’Ukraine, mais n’interviendront pas directement.

Accepter le plus vite possible la demande de l’Ukraine pour intégrer l’OTAN, est-ce la seule vraie riposte à la décision de Poutine ?

Il existait, jusqu’ici du moins, un consensus parmi les alliés de l’OTAN pour ne pas intégrer l’UKraine afin de pas froisser Moscou – en dépit des promesses qui avaient été faites à la Géorgie et à l’Ukraine en 2008.

Pour le Kremlin, ce n’était manifestement pas suffisant. Vladimir Poutine accélère, car il constate que l’armée ukrainienne s’est elle-même modernisée, sans attendre. Elle a notamment acquis récemment des drones de fabrication turque.

 Les Etats-Unis ont été soudainement très alarmistes, alors même que le président ukrainien disait que la situation n’avait pas changé depuis des mois, et beaucoup plus que d’autres dirigeants européens. A votre avis, quelle en est la raison ?

Les Etats-Unis ont, effectivement, été très alarmistes. Contrairement aux usages, Washington a décidé de rendre publics les renseignements dont le pays dispose, dans le but, sans doute, de priver Vladimir Poutine de l’effet de surprise.Ces renseignements ont été partagés avec ses alliés. Et, contrairement aux déclarations du Kremlin, non seulement les milliers de soldats aux frontières de l’Ukraine n’ont pas été retirés, mais, plus grave, la présence des troupes russes a été prolongée en Biélorussie. Les Etats-Unis ont pris au mot Vladimir Poutine sur la guerre de l’information en rendant publique chaque étape.

 Une fois l’Ukraine soumise est-ce qu’il sera encore politiquement acceptable de continuer à acheter du pétrole et du gaz russe ? Ne va-t-on pas vers un choc pétrolier ?

Un conflit, même indirect avec la Russie, aura effectivement des répercussions sur l’énergie. Plusieurs pays de l’UE sont très dépendants du gaz russe. La question se pose également pour l’Allemagne sur le sort du gazoduc Nord Stream 2, achevé, mais pas encore opérationnel. Sa poursuite devient pour Berlin une question politique, comme la livraison de porte-hélicoptères Mistral l’avait été, toutes proportions gardées, pour la France.

 Quid de la population russe ? Russes et Ukrainiens sont très proches. L’opinion populaire russe pourrait-elle braver Poutine pour éviter une attaque contre leurs « frères » ukrainiens ?

C’est une très bonne question. Le problème est que Vladimir Poutine a éradiqué dans son pays toutes les voix discordantes, non seulement politiques, avec, notamment, l’emprisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, et les poursuites engagées contre ses partisans pour « extrémisme ». Mais il a également mis à terre les voix « civiles ». Je pense en particulier à l’ONG Memorial, cofondée par Andreï Sakharov, aujourd’hui en cours de liquidation, et qui constituait le dernier rempart, selon moi, capable d’un discours critique sur la situation.

Quelles seront les conséquences pour l’Ukraine ?

Elles sont importantes puisqu’elles équivalent à une amputation de son territoire – comme la Géorgie qui a perdu 20 % du sien en 2008. Après la Crimée, annexée en 2014, c’est une autre étape, majeure. Le Kremlin tente de pousser à bout Kiev pour pouvoir intervenir militairement.

Nucléaire: Le moyen de décarboner toute l’économie

Nucléaire: Le moyen de décarboner toute l’économie

Gérard Longuet  rappelle que  L’actualité du prix du gaz nous rappelle avec force qu’au-delà du CO2, le nucléaire c’est aussi l’indépendance énergétique »

 Gérard Longue, Ancien ministre,  sénateur, vice-président de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologique

 

 

 

tribune dans l’Opinion ( extrait)

 

Le nucléaire commande la décarbonation de notre économie, d’abord par l’électrification des usages les plus variés, des transports au chauffage, et, grâce à l’hydrogène issu de l’électrolyse, la décarbonation de nombreux process industriels. Bref, une transition réaliste !

Tout cela, nous le savions à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, et nous l’espérions. Nous espérions la reconnaissance de cette réalité. L’actualité du prix du gaz nous rappelle avec force qu’au-delà du CO2, le nucléaire c’est aussi – et ce fut sa raison d’origine – l’indépendance énergétique.

A cet instant, le gouvernement a deux batailles à livrer s’il veut être crédible en France et dans le monde. D’abord la bataille de la confiance dans la continuité du renouveau nucléaire : pas de savoir-faire renouvelé sans effort durable pour les entreprises partenaires, naturellement. Les 3000 sociétés identifiées ont besoin d’un signal convaincant.

Mais plus encore, il faut mobiliser les jeunes compétences, depuis les physiciens les plus pointus jusqu’aux soudeurs les plus qualifiés, en passant par les économistes les plus avisés. Le nucléaire a besoin de renouveler ses acteurs et de retrouver des savoir-faire. C’est d’abord vrai en France, c’est vrai aussi dans le monde. Un tel engagement personnel qui commande une carrière ne peut et ne doit être remis en cause à chaque quinquennat. Pire encore, à chaque émotion médiatique.

Par exemple, si le prix du gaz relance l’intérêt pour le nucléaire, son éventuelle décrue ne devra pas briser l’effort de relance. En matière de science et de technologie, le « stop and go » est la pire des situations. Je souhaite un choix réaliste, partagé, mais surtout durable. C’est une grande aventure française, car 90% de la valeur ajoutée des équipements est assurée en France même.

La seconde bataille est naturellement celle du marché européen de l’énergie électrique. Il faut l’imaginer différemment. D’abord parce que le choix du mix énergétique est un choix national, éminemment politique. La Commission européenne ne doit pas le fausser. Je comprends parfaitement que certains pays le récusent pour des raisons quasi philosophiques. C’est la crainte du mythe prométhéen ou, plus prosaïquement, la forte densité de population et la difficulté d’accueillir des sites. Mais que ces pays réticents n’interdisent pas ceux qui le souhaitent de poursuivre dans cette voie.

L’organisation du marché de l’électricité doit tenir compte de trois singularités qui ne permettent pas d’en faire un marché unique comme les autres. Si l’électron est le même, son mode de production, de l’éolien maritime à l’usine brûlant du lignite, en passant par le cycle combiné à gaz et naturellement le nucléaire, dépend de choix politiques qui n’obéissent pas vraiment à la logique économique des coûts et des rendements.

L’électron ne se stocke pas, pour l’essentiel : la régulation est très difficile dans le temps, ou alors il faut surinvestir pour satisfaire la « pointe » et donc accepter des sous-utilisations coûteuses ! Les variations de consommation conduisent à des écarts de prix spectaculaires selon les heures et les lieux.

Le prix marginal ne peut pas constituer la pierre d’angle. En effet, l’électricité se transporte mal, et donc le marché qui ne peut se réguler par des stocks ne le peut guère plus par des mutualisations géographiques. Or le marché défini par l’accord européen de Barcelone – Jospin gouvernait – méconnaît cette singularité. Je ne détiens pas le remède miracle, mais il serait fou de garder les mêmes règles qui, en gros, consistent à fixer le prix de l’électron par rapport à l’unité la moins performante qui, en général, est aussi la plus polluante en termes de gaz à effet de serre anthropique.

Deux idées simples me viennent cependant à l’esprit. A l’équilibre offre-demande de court terme, que permet plus ou moins le système actuel, il faut des signaux de long terme pour les investisseurs, qui leur garantissent une contrepartie de leurs risques assumés. Par ailleurs, les très gros consommateurs doivent bénéficier d’achats qui tiennent mieux compte encore du rôle d’ajustement qu’ils jouent. C’est une des conditions de la réindustrialisation.

La présidence française du conseil de l’Union européenne du premier semestre 2022 se prépare aujourd’hui. J’attends, pour donner du crédit à la volonté gouvernementale, que Paris pose des principes de renouveau du marché électrique qui permettent des règles d’investissement stables et loyales : la décarbonation effective, la puissance pilotée et l’indépendance européenne que permet le nucléaire méritent un accord européen qui consoliderait, au service de tous en Europe, l’excellence française dans ce domaine.

Ancien ministre de l’Industrie, Gérard Longuet est sénateur (LR) de la Meuse et premier vice-président de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Euro : un fiasco de Deschamps, Mbappé et de toute l’équipe

  • Euro : un fiasco de Deschamps, Mbappé et de toute l’équipe

 

 

D’une certaine manière, l équipe de France ressemble à l’équipe du PSG capable de n’effectuer qu’un match sur deux et encore. Ainsi pour résumer la campagne européenne on peut convenir que l’équipe de France de foot a joué un seul match correct, celui contre l’Allemagne. Pour les autres, le spectacle a été assez pitoyable.

En cause une nouvelle fois, sans doute l’extraordinaire prudence d’un entraîneur, trop calculateur et qui fonde sa stratégie sur un résultat étriqué mais positif. Le risque c’est évidemment que ce résultat trop étriqué se transforme en défaite. La plupart du temps avec Des champs le spectacle est d’un ennui mortel même si les résultats sont souvent assez positifs.

L’autre grande déception concerne la production de MBappé. L’intéressé a visiblement un problème et son comportement de plus en plus proche de celui de Neymar n’est pas là pour servir les équipes avec lesquels il joue. Lui aussi ne fait qu’un match sur 2 ou 3. Et pour être plus précis encore il commence à avoir le melon.( Témoin par exemple son interminable négociation pour la reconduction ou non de son contrat avec le PSG). 

Cette défaite est d’autant plus lamentable que l’équipe de France cette année avait sans doute le meilleur effectif et d’assez loin. Mais le manque d’engagement, de création et de solidarité a mis bas à des espérance pourtant justifiées.

Cette équipe de France ressemble surtout un groupe de mercenaires, certes talentueux sur le papier, mais pas véritablement à une équipe très motivée . 

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Semi-conducteurs : Toute l’économie mondiale dépendante de Taiwan

Semi-conducteurs : Toute l’économie mondiale dépendante de Taiwan

Un article de Yang Jie, Stephanie Yang et Asa Fitch dans le Wall Street Journal

La plupart des consommateurs n’en ont pas conscience, mais les semi-conducteurs du taïwanais Taiwan Semiconductor Manufacturing (TSMC) sont présents partout.

L’entreprise fabrique la quasi-totalité des puces électroniques les plus sophistiquées, ainsi qu’une bonne partie des semi-conducteurs les plus simples. Ces composants se trouvent dans des milliards de produits faisant appel à l’électronique intégrée, des iPhones aux ordinateurs personnels en passant par les voitures, sans signaler de manière évidente l’identité de leur fabricant. TSMC fournit pourtant les marques qui conçoivent ces produits et jouissent, elles, d’une notoriété mondiale – Apple ou encore Qualcomm.

Ces dernières années, le groupe taïwanais est apparu comme le producteur de semi-conducteurs le plus important au monde, et son influence sur l’économie mondiale est considérable. Fort d’une capitalisation boursière d’environ 550 milliards de dollars, il occupe le onzième rang du classement international des entreprises cotées.

La position dominante de TSMC constitue cependant un facteur de fragilité pour le reste du monde. De plus en plus de technologies nécessitant l’utilisation de puces extrêmement complexes, les semi-conducteurs sont toujours plus nombreux à sortir des usines TSMC et ce, à l’heure où Taïwan cristallise les tensions entre les Etats-Unis et la Chine, Pékin revendiquant la propriété de l’île.

Selon les analystes, il sera difficile pour d’autres fabricants de rattraper le taïwanais dans une activité qui requiert des investissements massifs. Or TMSC ne peut pas produire assez pour satisfaire toute la demande – cette réalité a été mise en lumière par l’actuelle pénurie mondiale de semi-conducteurs, laquelle a ajouté au chaos des goulots d’étranglement, de la hausse des prix finaux et des dispositifs de chômage partiel qui ont notamment affecté le secteur automobile.

Sa technologie est tellement avancée que le groupe fabrique désormais 92 % environ des semi-conducteurs les plus sophistiqués au monde, munis de transistors dont la taille équivaut à moins d’un millième de l’épaisseur d’un cheveu humain

Cette situation n’est pas sans rappeler la dépendance passée de l’ensemble de la planète au pétrole du Moyen-Orient, toute instabilité locale menaçant d’ébranler l’ensemble des secteurs. Les entreprises taïwanaises, petits fabricants compris, ont représenté quelque 65 % des recettes mondiales issues de la production externalisée de semi-conducteurs au premier trimestre 2021, selon la société de recherche spécialisée TrendForce, basée à Taïwan. TMSC a généré 56 % des recettes mondiales.

Dépendre des puces taïwanaises « constitue une menace pour l’économie mondiale », affirmait de son côté récemment la société de recherche Capital Economics.

Cotée à la Bourse de New York, TSMC a annoncé un bénéfice de 17,6 milliards de dollars l’an dernier, pour un chiffre d’affaires d’environ 45,5 milliards.

Sa technologie est tellement avancée, explique Capital Economics, que le groupe fabrique désormais 92 % environ des semi-conducteurs les plus sophistiqués au monde, munis de transistors dont la taille équivaut à moins d’un millième de l’épaisseur d’un cheveu humain. Le reste de la production est assuré par Samsung Electronics. La plupart des quelque 1,4 milliard de processeurs de smartphones au monde sont fabriqués par TSMC.

Le groupe taïwanais produit jusqu’à 60 % des microcontrôleurs nécessaires à l’automatisation des véhicules, selon la société de conseil IHS Markit.

Dans ces composants moins avancés, TSMC évalue sa part de marché à 35 % environ. La porte-parole de l’entreprise Nina Kao a écarté l’idée selon laquelle le monde était trop dépendant de TSMC, compte tenu des nombreux domaines de spécialisation que compte la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs.

Les Etats-Unis, l’Europe et la Chine s’efforcent de réduire leur dépendance vis-à-vis des semi-conducteurs taïwanais. Si les Etats-Unis continuent de dominer le monde dans la conception et la propriété intellectuelle des semi-conducteurs grâce à des géants comme Intel, Nvidia ou Qualcomm, ils ne représentent plus désormais que 12 % de la production mondiale de puces, contre 37 % dans les années 1990, selon le Boston Consulting Group.

Le plan d’infrastructures du président Biden prévoit de consacrer 50 milliards de dollars au renforcement de la production locale de semi-conducteurs. La Chine, de son côté, a fait de son indépendance en la matière l’un des piliers de sa stratégie nationale. L’Union européenne quant à elle vise à produire au moins 20 % des puces mondiales de nouvelle génération en 2030, dans le cadre d’un plan de 150 milliards de dollars dédié aux industries numériques.

En mars, Intel a annoncé l’investissement de 20 milliards de dollars dans la construction de deux nouveaux sites de production aux Etats-Unis. Trois mois auparavant, Bob Swan, qui dirigeait alors le groupe américain, était parti en jet privé à Taïwan pour voir si TMSC pourrait assurer une partie de la fabrication de ses puces les plus récentes, selon des sources proches du dossier – un contrat d’une valeur potentielle de plusieurs milliards de dollars.

Les dirigeants de TSMC étaient prêts à aider Intel, mais pas selon ses termes, et ils n’étaient pas d’accord sur le prix, a précisé l’une des sources. Les négociations n’ont toujours pas abouti, selon celle-ci.

Intel a remercié M. Swan en janvier, le groupe cherchant à réparer des erreurs qui l’ont laissé potentiellement dépendant de TSMC. La capitalisation boursière d’Intel s’élève à 225 milliards de dollars environ, soit la moitié de celle du groupe taïwanais.

Ce dernier se voit également pressé par les Etats-Unis et l’Allemagne d’augmenter ses approvisionnements, dans un contexte de fermetures de sites de production et de pertes de recettes dans l’automobile, le secteur ayant été le premier à souffrir de la pénurie actuelle de semi-conducteurs.

Une rencontre entre fabricants de semi-conducteurs et constructeurs automobiles organisée en mai par l’administration Biden a permis certains progrès, mais l’insatisfaction demeure, les constructeurs automobiles américains estimant ne pas avoir encore obtenu de précisions de la part de TSMC sur la manière dont il compte augmenter sa production, ont indiqué des sources proches du dossier.

TSMC a affirmé qu’il avait pris des mesures sans précédent et accru sa production de microcontrôleurs de 60 % par rapport à 2020.

Une avance difficile à rattraper

Selon les analystes, les grandes tendances du secteur, de même que la culture d’entreprise de TSMC, axée sur la performance, et ses moyens considérables, compliqueront la création à court terme d’une chaîne d’approvisionnement plus diversifiée dans les semi-conducteurs.

Les semi-conducteurs se caractérisent aujourd’hui par une complexité et une intensité en capital telles qu’un producteur qui se laisse distancer peut difficilement rattraper son retard. Des entreprises peuvent consacrer des milliards de dollars et de nombreuses années à tenter de se mettre à niveau, et voir l’horizon s’éloigner toujours davantage.

Une seule usine de fabrication de semi-conducteurs peut coûter jusqu’à 20 milliards de dollars. Un outil essentiel à la production de puces avancées, servant à l’impression de circuits complexes sur silicium, vaut plus de 100 millions de dollars, et sa livraison nécessite plusieurs avions.

Nombre d’analystes estiment que la Chine ne tentera pas de mettre la main sur Taïwan dans un avenir proche dans la mesure où une telle initiative risquerait de perturber ses propres approvisionnements en semi-conducteurs

Les propres projets d’expansion de TSMC coûteront 100 milliards de dollars sur les trois prochaines années, soit près du quart des investissements du secteur dans son ensemble, selon la société de recherche spécialisée VLSI Research.

Les autres pays devraient dépenser au minimum 30 milliards de dollars par an pendant au moins cinq ans pour « avoir des chances raisonnables » de rattraper TSMC et Samsung, selon un récent rapport d’IC Insight, une autre société de recherche.

Les autorités américaines estiment que les risques de conflit ont augmenté après le renforcement par la Chine de ses activités militaires à proximité de Taïwan, un sujet qui a inspiré les remontrances publiques formulées dernièrement par les pays du G7 à l’encontre de Pékin. Cependant, nombre d’analystes estiment que la Chine ne tentera pas de mettre la main sur Taïwan dans un avenir proche dans la mesure où une telle initiative risquerait de perturber ses propres approvisionnements en semi-conducteurs.

Les dirigeants taïwanais voient dans le secteur local des semi-conducteurs un « bouclier de silicium », protégeant l’île contre un conflit ouvert avec la Chine. Le gouvernement taïwanais a multiplié les subventions au secteur ces dernières années, soulignent les analystes.

La porte-parole de TSMC, Mme Kao, a affirmé que la réussite de l’entreprise tenait au fait qu’elle s’était trouvée au bon endroit au bon moment, forte du modèle stratégique adéquat. Si le gouvernement taïwanais a joué un rôle essentiel dans ses investissements initiaux, l’entreprise ne reçoit pas de subventions pour construire des usines, a-t-elle assuré.

Un goût pour le risque

Lorsque Morris Chang a fondé TSMC en 1987 dans l’idée que de nombreuses entreprises décideraient d’externaliser leur production de semi-conducteurs en Asie, le succès était loin d’être garanti.

M. Chang, qui est aujourd’hui âgé de 89 ans et aime jouer au bridge et lire Shakespeare, a passé son enfance en Chine continentale et à Hong Kong avant de rejoindre les Etats-Unis en 1949, où il a étudié à Harvard puis au Massachusetts Institute of Technology. Il a travaillé près de trois décennies aux Etats-Unis, pour l’essentiel chez Texas Instruments.

A la création de TSMC, les géants comme Intel ou Texas Instruments s’enorgueillissaient de concevoir et fabriquer des semi-conducteurs sous leurs propres marques. Le fondateur d’Advanced Micro Devices (AMD), W.J. « Jerry » Sanders III, est connu pour avoir déclaré que pour être pris au sérieux dans le secteur, il fallait avoir ses propres usines de fabrication.

Le gouvernement taïwanais lui ayant apporté la moitié environ de ses financements initiaux, TSMC a ensuite gagné du terrain en se positionnant comme la Suisse des semi-conducteurs. Des entreprises comme Nvidia et Qualcomm ont compris qu’en s’associant à TSMC, elles pouvaient se concentrer davantage sur les activités de conception sans avoir à gérer les difficultés propres à la production, ou s’inquiéter de devoir transférer leurs droits de propriété intellectuelle à un concurrent. AMD a vendu ses sites de fabrication et est devenu le premier client de TSMC, et d’autres grands acteurs du secteur ont suivi son exemple, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une poignée de fabricants.

Chaque nouveau client gagné par TSMC renforçait son trésor de guerre, lui permettant d’investir des montants considérables dans ses capacités de production. « La puissance de ce modèle n’est apparue clairement qu’une fois qu’il a atteint une taille énorme, note David Yoffie, professeur à la Harvard Business School et ancien administrateur d’Intel. A ce moment-là, la donne a changé. »

TSMC a doublé la mise sur la recherche et le développement, même pendant la crise financière mondiale. A l’heure où d’autres réduisaient la voilure, M. Chang a augmenté les investissements du groupe de 42 % en 2009, à 2,7 milliards de dollars, mettant à niveau ses capacités de production à temps pour profiter du boom des smartphones.

Pour honorer la première commande d’Apple, TSMC a dépensé 9 milliards de dollars et mobilisé 6 000 personnes vingt-quatre heures sur vingt-quatre afin de construire un site de fabrication à Taïwan dans un délai record de onze mois. TSMC est aujourd’hui le fournisseur exclusif des principaux processeurs d’iPhones

Le groupe a connu un tournant en 2013, lorsqu’il a commencé à travailler à la production de masse de semi-conducteurs pour les téléphones portables d’Apple, qui est aujourd’hui son client le plus important. Auparavant, Samsung (qui fabrique ses propres smartphones) était le fournisseur exclusif de microprocesseurs pour les iPhones.

Pour honorer la première commande d’Apple, TSMC a dépensé 9 milliards de dollars et mobilisé 6 000 personnes vingt-quatre heures sur vingt-quatre afin de construire un site de fabrication à Taïwan dans un délai record de onze mois. TSMC est aujourd’hui le fournisseur exclusif des principaux processeurs d’iPhones.

En 2014, alors qu’il s’efforçait de concevoir des semi-conducteurs de pointe, le groupe taïwanais a réorganisé son équipe de recherche et développement, 400 ingénieurs répartis en trois équipes se relayant nuit et jour, racontent d’anciens et nouveaux employés. Certains d’entre eux parlent à ce sujet du projet de la « crise de foie » parce qu’ils pensent que le fait d’avoir dû travailler à des heures tardives a endommagé leur foie.

TSMC a beaucoup parié également sur la lithographie extrême ultraviolet (EUV), une technologie qui fait appel à un certain type de laser pour graver des circuits dans des microprocesseurs d’épaisseur inférieure à ce qui était possible auparavant, permettant aux puces de fonctionner plus rapidement.

Intel a été le premier grand investisseur dans cette technologie, y ayant consacré plus de 4 milliards de dollars en 2012. Toutefois, il avait été plus lent que son rival à adopter la lithographie EUV et se montrait sceptique quant à ses capacités. Intel a fini par décider qu’il serait plus sûr de tenter d’améliorer les techniques de lithographie existantes.

De son côté, TSMC a collaboré avec le néerlandais ASML, la seule entreprise aujourd’hui capable de fabriquer des machines qui gravent des semi-conducteurs à l’aide de la lithographie EUV, et a ainsi mis ses concurrents à distance. Peter Wenninck, le directeur général d’ASML, affirme que M. Chang s’est lancé dans ce partenariat il y a cinq ans environ après une conversation de quelques minutes seulement, autour d’un thé, dans son bureau à Taïwan. M. Chang a pris sa retraite en 2018.

En adoptant la technologie EUV, TSMC est devenue l’une des deux seules entreprises, avec Samsung, à produire les semi-conducteurs les plus avancés intégrant les plus petits transistors possibles pour la fabrication des meilleurs smartphones au monde.

Intel a accéléré sa transition vers la lithographie EUV sous la houlette de son nouveau patron, Pat Gelsinger.

Entre deux feux

TSMC dominant de plus en plus le secteur des semi-conducteurs, il est devenu plus difficile pour l’entreprise de rester neutre, notamment lorsque les tensions se sont accrues entre les Etats-Unis et la Chine, deux de ses marchés les plus importants.

Face aux pressions croissantes de Washington sur Pékin, TSMC a suspendu l’an dernier les commandes de Huawei, qui était auparavant son premier client chinois, et s’est engagé à construire une usine de 12 milliards de dollars dans l’Arizona. L’administration Trump a promis 3 milliards de dollars de mesures incitatives, selon deux personnes proches du dossier, mais les financements n’ont pas encore été alloués.

Si l’usine en Arizona contribuera à augmenter la production américaine de semi-conducteurs, elle ne conférera pas d’avance technologique aux Etats-Unis. A son entrée en service en 2024, le site devrait produire des puces de technologie 5 nanomètres. Celles-ci devraient alors se voir dépasser par des puces de technologie 3 nanomètres, qui seront fabriquées par TSMC à Taïwan.

Concernant les microcontrôleurs pour le secteur automobile, TSMC s’est montré contrarié en privé que les constructeurs le pressent de leur accorder la priorité, selon des sources proches du dossier. Au début de la pandémie l’année dernière, les constructeurs automobiles avaient réduit leurs commandes. Lorsque la demande s’est redressée, TSMC avait alloué ses capacités de production à d’autres produits.

Selon les analystes, le groupe n’est guère porté à faire machine arrière. Les semi-conducteurs pour l’automobile, moins lucratifs, ne représentent que 4 % environ de ses recettes.

Devant recourir au chômage partiel et réduire leur production fin 2020 face la pénurie de semi-conducteurs, les constructeurs automobiles allemands ont exhorté le gouvernement à faire pression sur Taïwan. Le ministre allemand de l’Economie, Peter Altmaier, a adressé une lettre aux autorités taïwanaises, les priant de s’assurer que TSMC augmente ses approvisionnements en soulignant que la pénurie de semi-conducteurs risquait de compromettre la reprise économique mondiale.

M. Altmaier a récemment déclaré devant des correspondants étrangers réunis à Berlin que les négociations se poursuivaient, sans toutefois fournir davantage de précisions.

En mai, Audi a mis quelque 10 000 employés au chômage partiel, suspendant la production de certains de ses modèles les plus vendus dans deux usines.

Dimitri Dotis, spécialiste de la marque Audi chez Audi Tysons Corner, un concessionnaire en Virginie, a ainsi résumé la situation dans une note à ses clients : « La quasi-totalité des semi-conducteurs utilisés dans toutes les nouvelles voitures, y compris celles d’Audi, sont fabriqués par TSMC à Taïwan. Ils s’attendent à ce que les goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement durent tout au long de 2022. »

William Boston, Bojan Pancevski et Ben Foldy ont contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)

Traduit à partir de la version originale en anglais

Croissance en France : une toute petite croissance de 0,25 % au deuxième trimestre

Croissance en France : une toute petite croissance de 0,25 % au deuxième trimestre

 

Une toute petite croissance de 0.25 % du PIB au deuxième trimestre, par rapport au premier trimestre qui avait enregistré une hausse de 0,4% indiquent l’INSEE

La croissance a surtout été affectée par l’écroulement de la consommation des ménages.

Moteur de l’économie française, la consommation des ménages se serait également dégradée en avril (-10% par rapport au niveau d’avant-crise).

Au total, sur le deuxième trimestre 2021, le PIB resterait à environ 4% sous le niveau d’avant-crise, en légère progression par rapport au premier trimestre. L’acquis de croissance annuelle devrait être de +4,25% mi-2021.

Le rebond attendu en mai et juin, tous secteurs confondus, reste conditionné au calendrier de déconfinement qui pourrait être remis en question localement en fonction de l’évolution de la situation sanitaire, souligne l’Insee.

Un rebond supplémentaire de la croissance peut être espéré au second semestre, si la situation sanitaire reste maîtrisée, ajoute l’Institut national de la statistique.

La tech française doit rayonner dans toute l’Europe et au-delà

La tech française doit rayonner dans toute l’Europe et au-delà

par Erel Margalit, fondateur de Jérusalem Venture Partners (JVP).

 

Erel Margalit est le fondateur de Jérusalem Venture Partners (JVP), une société israélienne de capital-risque née en 1993 et devenue la cheville ouvrière de la prolifique « start-up nation ». Au travers de plusieurs fonds (1,4 milliard de dollars sous gestion), elle a développé plus de 150 entreprises, dont une douzaine désormais cotées au Nasdaq (Netro, Qlik, CyberArk, Cogent…). Cet éleveur de licornes possède des bureaux à Jérusalem et New York et est en train d’en ouvrir à Paris. Erel Margalit fut également député travailliste de 2013 à 2017 à la Knesset.

En visite à Paris, où il est en train d’installer le siège européen de son fonds d’investissement JVP, Erel Margalit expose les raisons pour lesquelles il voit la France comme une force vive de l’innovation technologique mondiale.

Qu’espérez-vous de l’installation de JVP à Paris ?

Je voudrais créer quelque chose de nouveau. Plus qu’une simple base d’investissement. Un lieu inédit d’émulation où pourraient interagir start-up, entreprises, investisseurs, banques, pouvoirs publics, universités, ONG. Je suis à la recherche des locaux. Je voudrais faire émerger les prochaines licornes de la tech française, que cet endroit rayonne dans toute l’Europe. Certains parient sur Berlin, moi sur Paris. Il y a, en France, des entreprises intéressantes, des idées, des ingénieurs talentueux. Le pays a tout pour devenir un leader de l’innovation ; c’est d’autant plus vrai depuis que Londres s’est éloigné de l’Europe. Je suis israélien, je viens d’un petit pays, qui a compris que les entreprises, pour grandir, devaient penser au-delà des frontières. La France a un marché domestique important, mais elle doit voir plus large. Nous pouvons aider à ce que cela aille plus vite. Nous sommes déjà en train de négocier pour investir dans de jeunes entreprises et de rechercher des investisseurs qui ont envie de financer cet écosystème.

L’intelligence artificielle, la fintech, la cybersécurité, la santé sont, pour vous, cruciaux…

Oui, il y a tant à faire. Pour la cybersécurité, notamment : on le voit, les hôpitaux, les petites villes, sont attaqués. Il faut une réponse concertée. La France et l’Allemagne doivent créer une coopération forte pour se défendre et défendre les populations. Nous avons un savoir-faire et nous pouvons aider. Cela se sait peu, mais c’est déjà ce que nous faisons au Moyen-Orient, avec des collaborations avec les Emirats arabes unis ou l’Arabie saoudite sur des questions de cyberdéfense civile. C’est, au passage, une façon différente, mais efficace, de faire de la diplomatie. Je crois aussi que la tech peut changer notre rapport à la santé. La crise de la Covid, et l’expérience que nous en avons en Israël, démontre que l’on ne peut pas se contenter de se reposer sur de grosses structures. Les technologies de la communication peuvent révolutionner la médecine en rapprochant spécialistes et population, en comblant les fossés sociaux creusés par l’épidémie.

Vous êtes très intéressé par la foodtech et l’agtech, les nouvelles technologies au service de la nourriture et de l’agriculture. Que pensez-vous trouver en France dans ces secteurs ?

Ces deux secteurs sont les prochaines « big things », les premiers leviers d’action face au changement climatique. Il y a plus de potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture que dans le transport. Le système actuel ne fonctionne pas. Il est incompréhensible, à l’échelle de la planète, de détruire de la forêt pour cultiver du maïs destiné au bétail. Les prochaines générations de céréales devront être plus riches en protéines pour réduire le cheptel. Les usages de l’eau à la surface sont globalement inefficaces, alors que l’on pourrait développer des stratégies d’irrigation au goutte-à-goutte infiniment plus pérennes. Les techniques d’intelligence artificielle peuvent permettre de réduire de 95 % les usages de pesticides, avec des pulvérisations ultra-ciblées.

Quelle peut être le rôle de la France dans ces domaines ?

Elle n’a pas conscience qu’elle est la reine mondiale de la nourriture et de l’agriculture et qu’il lui revient d’ouvrir la voie. Il y a dans tout le pays des entreprises fantastiques. Ce qu’elles font pour la transformation alimentaire possède un plus : le cachet français, que le monde a envie d’imiter. La France doit saisir l’étendard et porter cette ambition en Europe, continent qui a compris l’enjeu bien avant les Etats-Unis. La France et l’Italie produisent la meilleure nourriture du monde. Que ces deux pays fassent émerger des leaders mondiaux et le reste de la planète suivra.

Quel accueil recevez-vous ?

Un bon accueil. J’ai rencontré le ministre de la Transition numérique Cédric O, il est curieux, efficace, pragmatique. J’ai aussi rencontré de grandes banques, comme le Crédit agricole, qui est le principal bailleur de fonds du monde agricole et peut être un acteur majeur du changement. Je crois en la France : je n’oublie pas qu’aux débuts de JVP, alors que tout le monde me disait de ne rien en attendre, ce sont des entreprises françaises, Gan et France Télécom, qui ont, parmi les premières, cru en son potentiel et accepté d’investir

Ordinateur quantique : des conséquences pour toute l’industrie

Ordinateur quantique : des conséquences pour toute l’industrie

 

 

 

Les capacités de calcul inédites que promet cette technologie encore en développement vont faire surgir des applications nouvelles, note Nozha Boujemaa, Spécialiste d’IA responsable, membre du réseau d’experts en IA de l’OCDE (ONE AI),  dans le « Monde », qui rappelle que la France dispose de scientifiques de grand talent dans ce domaine.

 

L’infiniment petit ne finit pas de nous surprendre et de nous émerveiller. Au tout début de ma carrière, je construisais à la main des lasers dits à « échos de photons » et c’était magique de voir jaillir une lumière cohérente puissante avec un minimum de maîtrise de physique quantique. L’analogie avec les « échos de spin » dans le domaine magnétique m’a amenée vers l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et ses passionnantes applications en imagerie médicale.

Ces propriétés quantiques de la matière reviennent sur le devant de la scène des sciences et technologies du numérique. Cette dualité « onde-matière », ô combien intrigante tout au long de l’histoire des sciences, stipule qu’une particule est soumise à un principe de dualité qui défie les logiques de l’échelle macroscopique et échappe à l’intuition du monde réel : un objet peut être dans plusieurs états tant qu’on ne l’a pas mesuré (la superposition quantique) ; deux objets peuvent s’influencer à distance sans aucune communication (principe de non-localité ou d’intrication quantique).

 

L’ordinateur d’aujourd’hui fonctionne avec des bits (binary digits) à deux états, 0 et 1. L’informatique quantique fonctionne avec des qubits constitués par des superpositions d’états entre 0 et 1, où N qubits sont équivalents à 2N états. 70 bits quantiques superposés contiennent 270 informations (1 zettabit), ce qui équivaut à toute l’information produite par l’humanité. Cet effet exponentiel a un impact fort sur la quantité de données qui sera gérée en même temps.

On ne maîtrise pas encore la réalisation technologique d’un ordinateur quantique. Le fait même d’observer un système quantique le perturbe et génère des erreurs nécessitant des conditions de stabilisation utilisant des températures de − 273 °C environ avec un matériel de refroidissement très encombrant. Nous ne sommes qu’à l’aube d’une nouvelle ère numérique qui a besoin de progrès technologiques gigantesques (comme pour les premiers transistors).

La réalisation effective de l’ordinateur quantique nous laisse cependant entrevoir une révolution de rupture qui touchera tous les domaines industriels. Ses capacités de traitement de l’information à large échelle pourront par exemple casser tous les codes secrets – on parle déjà de cryptologie post-quantique –, optimiser des parcours en logistique, simuler la mécanique des fluides ou l’écoulement de l’air sur l’aile d’un avion. Les transports bénéficieront évidemment de ces applications. L’informatique quantique s’attaquera à tout ce qui nécessite des calculs intensifs habituellement irréalisables dans des temps raisonnables par un ordinateur binaire limité dans l’exploration informationnelle.


Evidemment, l’intelligence artificielle, qui est l’art et la manière de traiter utilement une quantité importante de données, se verra boostée avec un saut vers des capacités dont on ignore aujourd’hui les limites et les implications dans la vie des humains. Cela a un côté extraordinaire, mais c’est aussi un saut vers l’inconnu, même si l’humanité n’en est pas à sa première aventure fantastique avec des technologies transformantes.

La course vers la suprématie quantique est active chez beaucoup d’acteurs publics et privés dans le monde entier comme Google, IBM, Atos, D-Wave et bien d’autres. Le président de la République a annoncé, début 2021, un plan d’investissement dans le quantique de 1,8 milliard d’euros sur cinq ans. La France dispose des meilleurs spécialistes en physique quantique, dont une bonne représentation sur le plateau de Saclay.

Le chemin vers la réalisation de l’ordinateur quantique sera long mais les technologies développées en cours de route seront elles aussi bénéfiques pour la compréhension de notre monde, avec un impact dans des domaines d’application inattendus.

Présidentielle 2022 : officiellement candidat, Xavier Bertrand refuse toute primaire

Présidentielle 2022 : officiellement candidat, Xavier Bertrand refuse toute primaire

 

Il est clair que Xavier Bertrand a une carte à jouer face à des républicains complètement écartelés entre d’une part l’envie de désigner un candidat, d’autre part de se rallier à Macron en 2022. Xavier Bertrand dispose déjà d’un potentiel de voix respectable. Il vient de déclarer sa candidature ce qui coupe un peu les pieds à son ancien parti les républicains.

Xavier Bertrand est crédité de 14 à 16% des intentions de vote, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour Franceinfo et L’Obs. Le président de la région Hauts-de-France arrive en troisième position, derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen qui arrivent largement en tête avec environ 25% des intentions de vote.

Le président de la région Hauts-de-France souffre d’un déficit de notoriété au niveau national : 33% des sondés affirment ne pas le connaître suffisamment pour dire s’il ferait ou non un bon chef d’Etat. Mais il reste tout de même la troisième personnalité la plus présidentiable parmi  celles testées dans le sondage. 29% des personnes interrogées estiment qu’il ferait un bon président de la République mais 38% estiment le contraire. En ce qui concerne Emmanuel Macron, ils sont 38% à affirmer qu’il ferait un bon président, 56% affirment le contraire. Pour ce qui est de Marine Le Pen, 30% des sondés pensent qu’elle serait une bonne présidente, 62% estiment qu’elle serait une mauvaise présidente.

Ce sondage a été réalisé par Ipsos-Sopra Steria, via internet, entre les 27 et 28 janvier 2021 et sur un échantillon de 1000 personnes inscrites sur les listes électorales et constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

Dans une longue interview au Point, cette semaine, Xavier Bertrand se déclare officiellement «candidat» à la présidentielle. «Oui je serai candidat. Je suis totalement déterminé. Dans la situation actuelle de la France, j’estime que c’est mon devoir», répond-il en déroulant son projet et sa vision. Si le calendrier peut surprendre, «il est temps, juge un de ses proches, que la politique reprenne ses droits».

Comme il l’avait déjà laissé entendre par le passé, Xavier Bertrand indique clairement qu’il ne participera pas à une primaire organisée par LR car ne «souhaite plus (s)’inscrire dans la logique d’un seul parti».

 

Pour le candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron n’a «jamais pris la mesure de ce qu’il arrive» ni de la «France Orange Mécanique» qui s’installe. Un concept que Xavier Bertrand avait déjà utilisé dans Le Figaro dès août 2020 pour expliquer que la sécurité serait, à ses yeux, la grande faillite du quinquennat d’Emmanuel Macron. Dans Le Point, Xavier Bertrand entend durcir la loi en matière de terrorisme pour porter la période de sûreté à 50 ans, plaider pour l’instauration de peines minimales automatiques en cas de condamnation, prôner la révocation du sursis en cas de récidive ou encore demander l’abaissement de la majorité pénale à 15 ans.

 

 

Surtout, pour le candidat à la présidentielle, «l’identité de la France n’est pas négociable». «Je veux que nous soyons fiers d’être Français, de notre histoire, de nos valeurs. Nous devons l’affirmer haut et fort parce que nous avons de bonnes raisons d’être fiers. À ceux qui dénoncent notre modèle, je dis ça suffit !», poursuit-il dans Le Point en s’engageant à «défendre les valeurs de la France». Raison pour laquelle «tout étranger condamné à une peine de prison ferme doit être expulsé automatiquement, aussitôt après l’avoir purgée», précise-t-il.

, Xavier Bertrand entend défendre «l’ordre et la justice». Et face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le candidat à la présidentielle rappelle ses racines populaires. « Je viens du peuple». «Je n’oublie pas d’où je viens. Agent d’assurances à Flavy-le-Martel, ce n’est pas la même chose que banquier d’affaires à Paris ou héritière !», décrit-il.

«   Erdogan n’est pas toute la Turquie »

«   Erdogan n’est pas toute la Turquie »

 

 

Chercheur associé à l’Institut français d’études anatoliennes, situé à Istanbul, Jean-François Pérouse relativise la représentativité d’Erdogan en Turquie  ( interview dans la Croix)

 

 

Ces derniers temps, Recep Tayyip Erdogan a tenu des propos très violents à l’encontre d’Emmanuel Macron et de la France, qu’il traite d’« islamophobe ». Au-delà des mots, quelle est son intention ?

 

Jean-François Pérouse : C’est une réaction épidermique, qui ne s’inscrit pas nécessairement dans une stratégie précise. Reste que vis-à-vis de la population turque, Recep Tayyip Erdogan joue beaucoup sur son aura de leader supposé du monde musulman, qu’il s’est lui-même construite. Dès que possible, il développe une rhétorique passionnelle dans ce registre, un moyen de masquer quelques difficultés internes. C’est habile. Avant les élections, les sondages montrent que cette stature contribue au prestige que les citoyens lui attribuent.

Je découvre

Mais celle-ci relève de l’autopromotion, car le président turc a des relations difficiles avec la plupart des grands pays sunnites, dont l’Arabie saoudite et l’Égypte. Aussi, quand il prétend être la voix du monde musulman, il assigne une identité « généralisante » et réductrice à la Turquie. Il y existe une gamme très large de pratiques, allant de l’islam comme vague composante de la culture familiale et nationale à l’islam comme religion observée avec ses rituels et ses devoirs. Sans oublier que le pays compte aussi des chrétiens, des juifs…

Ces accusations relèvent-elles vraiment de la seule rhétorique ? Elles se sont accompagnées d’un appel au boycott des produits français et ont été suivies par des manifestations de militants nationalistes turcs en France.

J.-F. P. : Cette rhétorique a des effets. Le président turc a une aura incontestable auprès de certaines populations dans des pays musulmans et, en grand populiste, il sait la cultiver. Son émergence dans ce registre a commencé au Forum économique de Davos, en 2009, quand il s’est ouvertement opposé au président israélien de l’époque au nom de la défense de la cause palestinienne. Depuis cette sortie, présentée comme un sursaut du monde musulman, Recep Tayyip Erdogan a fait de l’islamophobie son cheval de bataille en usant d’une rhétorique civilisationnelle qui oppose islam et Occident. Un terme, islamophobie, qu’il n’a jamais autant employé que maintenant. Mais pour éviter de participer à ce retour aux oppositions sommaires, il faut s’employer à ne pas réduire la Turquie à son président.

Quelles réalités faut-il aussi prendre en compte ?

J.-F. P. :Au-delà du président turc, un grand nombre d’acteurs font vivre un autre type de relations avec l’Europe, y compris dans son propre parti et son gouvernement, qui a une politique différente, empreinte de pragmatisme. En témoigne l’importance des relations économiques entre la France et la Turquie. Une grande partie des exportations automobiles turques sont le fait d’un consortium entre le fonds de pension turc Oyak et Renault ! Plus généralement, les économies européenne et turque sont si imbriquées qu’il est impossible de revenir en arrière.

 

Dans ces conditions, comment analyser l’accrochage, en juin, entre une frégate turque et une frégate française en Méditerranée, et les incursions turques dans les eaux grecques ?

J.-F. P. : Ces débordements sont indissociables de la progression du complexe militaro-industriel turc. Ankara veut s’imposer dans la hiérarchie des grands exportateurs d’armement et, pour cette raison, promeut son nouveau matériel militaire, comme ses drones de nouvelle génération, qui ont joué un rôle important en Syrie ou en Azerbaïdjan. C’est un moyen d’appuyer une diplomatie ambitieuse.

L’accord sur les réfugiés entre l’Union européenne et la Turquie (1) ne place-t-il pas les Européens dans une situation de dépendance vis-à-vis d’Ankara ?

J.-F. P. : Très cyniquement, la guerre en Syrie a donné des atouts inespérés à Ankara, notamment sur la question des réfugiés. Lors de crises avec l’UE, on a pu entendre plusieurs fois en Turquie : « Nous allons ouvrir le robinet migratoire. » La menace, bien qu’indécente, est un outil d’influence clé. Comme le retour des djihadistes du terrain syrien. Ankara peut choisir de les laisser circuler ou de coopérer avec les Européens.

Les Européens disposent-ils d’outils équivalents ?

J.-F. P. : Leurs registres d’action n’appartiennent pas à cette logique de représailles. Mais il ne faut pas oublier que la Turquie n’a pas totalement renoncé à intégrer l’UE. Si les négociations d’adhésion sont globalement suspendues, l’UE a toujours la capacité de refermer des chapitres de négociations et de ne pas en ouvrir d’autres. Autre levier, les fonds européens attribués à la Turquie, qui sont assez importants. Pour autant, couper tous les ponts n’aurait aucun sens et reviendrait à jouer contre des liens historiques, de populations, culturels, économiques…

 

Face à la rhétorique de différenciation et les registres identitaires archaïques déployés par Recep Tayyip Erdogan et ceux qui le diabolisent en France, il faut jouer la carte de l’inclusion. On peut valoriser tout ce qu’il y a de commun entre la Turquie et l’Europe et montrer qu’il en va de l’intérêt des deux partenaires de maintenir un lien. Si la Turquie veut rester ce pont vers des mondes avec lesquels l’Europe n’a pas de relations simples, elle ne peut s’exclure d’une relation certes compliquée, mais ancienne. C’est à elle, aujourd’hui, de faire le premier pas. En face, l’Europe doit regarder la société turque dans toute sa diversité et valoriser les convergences.

(1) En mars 2016, l’UE s’engage à verser 6 milliards d’euros à la Turquie qui, en contrepartie, doit contrôler ses frontières et accueillir les migrants ayant quitté son territoire et ayant été refoulés de Grèce.

 

 

Covid-19 : vacciner toute la planète pour éviter la multiplication des variants

Covid-19 : vacciner toute la planète pour éviter la multiplication des variants

 

 

Il y a évidemment une différence de cadencement  dans les processus de vaccination selon qu’il s’agit de pays développés ou  de pays pauvres. Aux États-Unis par exemple on vaccine à hauteur d’un million par jour ( 50 millions de personnes ont déjà été vaccinées) tandis qu’on accorde généreusement quelques milliers de vaccins à quelques paysp auvres  notamment africains.

Le problème évidemment c’est que le virus ne connaît pas les frontières surtout avec la mobilité internationale des personnes. D’où le risque d’un décalage calendaire entre les zones géographiques qui pourraient favoriser la multiplication de nouveaux variants dans les pays pauvres qui viendraient à leur tour contaminer les pays développés Alors qu’un nouveau variant a émergé au Nigeria, le Pr Christian Bréchot, ancien directeur de l’Inserm, a récemment défendu l’idée qu’il faudrait vacciner tout le globe pour ne pas favoriser de nouvelles mutations. Alors que les campagnes de vaccination sont surtout très avancées dans les pays les plus riches de la planète, commet-on une erreur – au-delà de la dimension morale – en favorisant ainsi l’émergence de mutants potentiellement résistants aux vaccins ? À cet égard, faut-il viser une vaccination de toute la planète pour diminuer ce risque des variants ?

« Menace djihadiste dans toutes toute l’Europe de l’Ouest »

  »Menace djihadiste dans toutes toute l’Europe de l’Ouest »

Le chercheur Hugo MICHERON estime que la plupart des pays occidentaux font preuve d’aveuglement face à la menace du phénomène djihadiste, et plus largement islamiste. Pour preuve de nombreux attentats se sont déjà déroulées en France bien sûr mais aussi au Royaume-Uni et en Allemagne. Hier c’était le tour d’une attaque coordonnée dans six lieux différents en Autriche.

Pour l’instant chaque pays européen, c’est un peu le dos rond en  espérant que les crimes islamistes n’affecteront pas son territoire. Or ce terrorisme vise surtout l’Europe qui a fourni d’ailleurs les plus gros contingents de djihadistes à l’État islamique. D’où la nécessité pour Hugo MICHERON d’une réponse coordonnée aujourd’hui complètement absente notamment vis-à-vis des provocations d’Erdogan qui a mis le feu aux poudres et qui d’ailleurs continue en toute impunité par sa présence en Méditerranée orientale dans les eaux grecques. L’interview de Hugo MICHERON dans le Figaro :

Après la décapitation de Samuel Paty, la France a de nouveau été visée par les islamistes à Nice. Pourtant pour vous, plus que notre nation, c’est toute l’Europe de l’Ouest qui est désormais menacée par l’islam radical. Pourquoi faites-vous cette analyse? En quoi ces attentats s’inscrivent-ils une nouvelle géopolitique mondiale?

Hugo MICHERON. - Le djihadisme se construit dans des territoires, dans une géographie, et dans le temps. Il faut considérer qu’il y a une histoire du djihadisme à l’échelle de l’Europe du nord-ouest. Celle-ci s’était révélée avec l’avènement de Daech en 2014, puisque nous avions vu à ce moment-là 5000 Européens (pour 90 % d’entre eux concentrés dans quelques pays d’Europe du Nord-Ouest) partir vers la Syrie ou l’Irak. Il fallait comprendre à cette époque – et cela n’était pas chose aisée – que ces mouvements de convergence de combattants européens vers la Syrie et l’Irak étaient révélés par l’État islamique, mais non créés par celui-ci.

14 Juillet: feux d’artifice, violences urbaines et voitures brûlées dans toute la France

14 Juillet: feux d’artifice, violences urbaines et voitures brûlées dans toute la France

 

 

Traditionnellement on a assisté–parfois d’un peu plus loin– aux feux d’artifice des 13 et 14 juillet. Des moments de convivialité, de joie mais aussi un prétexte pour la violence. En effet encore davantage cette année des débordements, des mises en danger d’autrui et des destructions de matériel ont été signalées. Des biens publics mais aussi des biens privés en ont été les victimes. Celà concerne bien sûr des quartiers sensibles notamment de banlieue et aussi même des centres-villes avec aussi une volonté d’affronter les forces de l’ordre.

Notons d’ailleurs que depuis 2019, le ministère de l’intérieur pour étouffer ce phénomène a décidé de ne plus établir le moindre bilan de ces violences du 14 juillet. Ainsi par exemple on a décidé qu’on ne signalerait plus le nombre de voitures brûlées, un chiffre qui tournait autour de 800 en 2018 et qui sans doute doit aujourd’hui être proche de 1000.

Un phénomène devenu tellement banal que plus personne n’en parle. Un phénomène tellement habituel puisqu’en  moyenne ,pour un jour normal ,une centaine de voitures au moins sont brûlées en France. La presse locale, les élus et autres institutionnels s’entendent largement pour mettre un voile pudique sur un phénomène de société dont ils sont en partie responsable pour leur collusion plus ou moins tacite avec les auteurs de ces délits.

 

Un peu partout en France, les témoignages abondent d’occupants d’appartements ayant essuyé de tels tirs. Une menace d’autant plus présente que les jeunes délinquants ont pris l’habitude de commencer leurs «activités» plusieurs jours avant la fête nationale, à la grande exaspération de beaucoup d’habitants de leurs quartiers.

Les banlieues des grandes villes, en l’occurrence les régions parisienne, lyonnaise et lilloise, ont été les plus touchées. Des voitures ont ainsi été brûlées à Roubaix (Nord). Des feux d’artifice sauvages ont été observés dans plusieurs arrondissements lyonnais. Des feux, incendies de voitures et tirs de mortiers ont eu lieu à Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Vénissieux. À Rillieux-la-Pape, des groupes de jeunes se sont opposés aux forces de l’ordre avec jets de projectiles et ripostes de gaz lacrymogènes.

Mais c’est comme toujours en région parisienne que l’on a déploré le plus grand nombre de faits. Avec, outre le gymnase, un bus incendié à Nanterre dans la cité Pablo-Picasso, connue pour son trafic de drogue. Selon la préfecture des Hauts-de-Seine, «un ou plusieurs individus ont fait sortir un chauffeur de son bus avant de mettre le feu au véhicule». Toujours dans les Hauts-de-Seine, Suresnes et Villeneuve-la-Garenne, marquées par des violences urbaines pendant le confinement, ont notamment été touchées. Comme Saint-Denis, Villetaneuse, Aubervilliers ou Bobigny en Seine-Saint-Denis ou encore les 12e, 14e, 15e, 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris.

 

Coronavirus: AstraZeneca discute déjà du volume de vaccins et du prix avant toute perspective de vaccins.

Coronavirus: AstraZeneca discute déjà du volume de vaccins et du prix avant toute perspective de vaccins.

 

On ne sait pas si les recherches de l’industriel Astra Zeneca aboutiront, en tout cas le directeur général pharmaceutique britannique montre ses qualités d’homme de marketing puisque pratiquement il a déjà entamé des discussions au pour vendre son éventuel vaccin au  Japon, la  Russie, au Brésil et à la Chine sur des contrats d’approvisionnement pour son candidat vaccin contre le coronavirus,. Parallèlement la même industrie pharmaceutique négocie aussi avec l’union européenne jusqu’à 400 millions de doses et cela paraît- il à prix coûtant. (dont on ignore le coût!). De quoi attirer évidemment les capitaux publics et les faire contribuer aux efforts de recherche dont les bénéfices iront au final aux actionnaires. Notons que toutes ces informations sont surtout le fait de dirigeants ou de directeur marketing des grandes industries pharmaceutiques et que les gouvernements comme les vrais laboratoires de recherche indépendants ( il en existent  ) ne se prononcent pas. Et pour cause, la perspective d’un vaccin est peut-être encore lointaine : plusieurs mois, voire plusieurs années si le virus mute. En tout cas, le capitalisme a trouvé la son nouveau champ de développement : la santé et surtout les inquiétudes qu’elle suscite aussi bien chez les patients que parmi les gouvernements.

AstraZeneca, qui a également signé un accord pour fournir à l’Union européenne jusqu’à 400 millions de doses de vaccin à prix coûtant, s’apprête à publier prochainement les résultats de la première phase de tests sur le produit.

Pascal Soriot, directeur général du laboratoire, a indiqué au cours d’une téléconférence que les autorités britanniques de régulation avaient approuvé le lancement de la phase III des tests au vu de résultats des premières études jugés suffisants en terme d’efficacité et de sécurité.

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