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Macron, un « séducteur indifférent , dénué de tout affect » ( son mentor, Jean-Pierre Jouyet)

Macron, un « séducteur indifférent , dénué de tout affect »  ( son mentor, Jean-Pierre Jouyet)

Dans ses Mémoires, l’ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Hollande revient notamment sur sa relation avec Emmanuel Macron, dont il a été le mentor, et dénonce les « errements du nouveau monde ».

 

Livre.

 

Il a servi quatre présidents et évolué pendant quarante ans au cœur du pouvoir. Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, ami intime de François Hollande, mentor d’Emmanuel Macron, Jean-Pierre Jouyet, 66 ans, a vidé les carnets qu’il a noircis tout au long d’une carrière politico-administrative au plus haut niveau, pour écrire ses Mémoires, intitulés L’Envers du décor.

Ce fils de notaire normand, ayant cumulé les plus beaux postes de la République – du Trésor à l’ambassade de France à Londres en passant par la Caisse des dépôts –, se décrit « en contraire de Machiavel », doté d’une « spontanéité, parfois excessive », et d’une « indécrottable candeur ». Au sein du microcosme, l’ancien secrétaire général de l’Elysée (2014-2017) a en effet toujours eu la réputation de dire, parfois sans filtre, ce qu’il pensait, loin de l’habituelle langue de bois technocratique. Il ne se censure pas davantage ici.

C’est avec son « ancien protégé », dont il dit avoir été très proche (« De 2005 à 2007, je vis une véritable lune de miel avec Emmanuel Macron », écrit-il), qu’il se montre le plus sévère. Avec une amertume, teintée de tristesse, Jean-Pierre Jouyet conte un amour déçu : il a accompagné « Emmanuel » vers les sommets, en le présentant à François Hollande d’abord, puis en appuyant sa nomination à Bercy en 2014, avant de se faire snober par le jeune président, qui n’a soudain plus jugé utile de répondre à ses SMS. Un « mur de silence », constate l’auteur, avant de poursuivre : « Je suis passé en l’espace de 24 heures du statut de mentor à celui d’infréquentable (…) devenu gênant, encombrant. »

Macron, un « séducteur indifférent » « dénué de tout affect »

Car « derrière le fervent disciple », Jouyet n’avait « pas vu pointer le nouveau roi », qui multipliait pourtant les « dîners fins » à Bercy avec le « Tout-Paris », quand il était ministre de l’économie. « J’ai parlé avec Emmanuel. Tout va s’arranger. Il n’a pas l’intention de démissionner », rassure-t-il François Hollande à l’été 2016, quelques jours avant la démission de l’ambitieux ministre. « Jean-Pierre, je ne te remercierai jamais assez pour tes conseils », ironise le chef de l’Etat, quand il est mis devant le fait accompli.

A posteriori, Jouyet s’en veut d’avoir succombé au charme de ce jeune inspecteur des finances brillant qui n’est au fond qu’un « séducteur indifférent », juge-t-il : « dénué de tout affect », Macron « utilise les armes de la séduction pour valoriser son propre ego ». « J’ai depuis ouvert les yeux et remarqué l’écart qui existe chez lui entre la parole et les actes », écrit encore l’ex-numéro deux de l’Elysée, qui critique l’« immobilisme agité » du jeune président.

(Article du Monde)

Pas d’imposture du « tout électrique »( Olivier Durin)

Pas d’imposture du « tout électrique »( Olivier Durin)

 

Parce qu’elle remet en cause la place des énergies fossiles, la nouvelle réglementation dérange certains acteurs, qui dénoncent une imposture « tout électrique ». La RE 2020 n’a pourtant pour autre ambition que celle de faire émerger une filière plus résiliente et respectueuse de l’environnement. Par Olivier Durin, rédacteur en chef du site « Le Monde de l’énergie ». 

chronique dans la Tribune

C’est une révolution attendue de longue date : après plusieurs reports, la réglementation environnementale 2020, plus connue sous le nom de RE 2020, devrait prendre effet en juillet 2021. Fruit d’une réflexion collective menée par les acteurs de la filière construction et le gouvernement, le nouveau texte de référence nourrit d’immenses espoirs, alors que le changement climatique nous rappelle chaque jour qu’il est temps d’agir.

En France, le bâtiment pèse très lourd dans la balance carbone. À lui seul, il représente près de la moitié (45 %) de l’énergie consommée et 30% des émissions de gaz à effet de serre. Pour atteindre les objectifs environnementaux fixés par l’accord de Paris, le secteur doit, comme celui des transports et de l’industrie, impérativement se réformer. Les choix que nous ferons seront déterminants pour l’avenir : une construction sortie de terre aujourd’hui aura un impact énergétique et environnemental durant les 50 prochaines années. Pour placer le bâtiment dans une trajectoire de sobriété, il était urgent de repenser nos modes de construction ainsi que nos usages énergétiques pour des logements plus durables et plus confortables. Ce changement de paradigme a donné naissance à la RE 2020.

Lire aussi : Rénovation énergétique des bâtiments : oui… mais pas n’importe comment !

Cette dernière va au-delà des simples considérations thermiques et énergétiques, telles que retenues dans les précédentes réglementations. Elle considère le bâtiment dans tout son cycle de vie, et prend en compte l’indispensable critère carbone. Une dimension totalement absente de la RT 2012 en vigueur aujourd’hui. D’où l’évolution de sémantique : il n’est plus simplement question d’une réglementation « thermique », mais bien d’une réglementation « environnementale ».

Comme c’est généralement le cas de toute innovation, la RE 2020 a suscité bon nombre de résistances et de controverses. Quoi de plus normal, après tout, tant elle remet en cause les pratiques en vigueur, celles-là même qui ont fait du bâtiment un des secteurs les plus polluants à ce jour. En cause, notamment, l’utilisation d’énergies fossiles (gaz et fioul) pour la fabrication des matériaux et surtout l’alimentation des systèmes de chauffage, qui mobilise plus de 80 % des émissions de CO2 des bâtiments résidentiels et tertiaires.

L’adaptation à l’urgence climatique, la véritable ambition de la RE 2020

Se sentant menacées, certaines voix s’élèvent et tentent de peser de tout leur poids pour freiner une dynamique bel et bien engagée. Et de dénoncer l’électrification à tout va du bâtiment. Car l’un des bénéficiaires notoires de la RE 2020 n’est autre que l’électricité, largement décarbonée en France. L’explication est alors toute trouvée : c’est un coup du vilain lobby du nucléaire, qui veut assurer son avenir.

Emprunter ces « lunettes » revient à complètement passer à côté de la véritable ambition de cette réglementation, qui pourrait faire de l’Hexagone un des pays les plus avancés en matière de modes de construction durables. Après le Royaume-Uni peut-être, qui a tout bonnement interdit le gaz dans les logements neufs à partir de 2025. Rappelons donc que la RE 2020 priorise aussi l’emploi de matériaux bio-sourcés, le recours au bois, aux réseaux de chaleur et à l’électricité renouvelable et décarbonée, la mise en place de techniques d’isolation performantes et de systèmes de récupération et de stockage d’énergie, etc. Elle répond à la problématique de réchauffement climatique, en mettant au premier plan le concept de confort d’été, pour éviter la surchauffe des logements en périodes de canicule.

Au-delà des querelles de clocher et des combats idéologiques, ne perdons pas non plus de vue que l’instauration de la RE 2020 va aussi de pair avec un effort global d’efficacité énergétique. Une préoccupation partagée par les entreprises comme les citoyens. Un nombre croissant d’outils est désormais à la portée de tous, pour une meilleure maîtrise des consommations d’énergie. Citons par exemple les systèmes de chauffage/climatisation performants de type pompes à chaleur, les compteurs intelligents, les offres d’autoconsommation individuelles et collectives ou encore les contrats de performance énergétique. C’est en combinant la RE 2020 à ces usages innovants que des progrès tangibles pourront être obtenus et que nous serons au rendez-vous des objectifs climatiques que nous nous sommes engagés à atteindre.

 

Stratégie France défense : un ou deux porte-avions ou…. rien du tout !

Stratégie France défense  : un ou deux porte-avions ou…. rien du tout !

Noé Hirsch, analyste dans le secteur de la Défense et fondateur fondé d’East is Red, considère que la France doit tenir compte de la mise en service d’un second porte-avions chinois pour définir la suite du Charles De Gaulle. La question est de  savoir si la France disposera de deux porte-avions pour assurer la continuité maritime, d’un seul,  voire de rien du tout.( article de la Tribune -extraits)

 

« Le 17 décembre dernier, la livraison d’un second porte-avion, baptisé Shandong, à la marine chinoise, le premier de fabrication entièrement nationale, marquait un nouvelle avancée dans la volonté chinoise de développer une marine capable d’asseoir sa suprématie régionale en étendant sa capacité de projection en haute mer.

Si sa mise en service a fait grand bruit dans la presse chinoise, le nouveau porte-avion, équipé d’un simple STOBAR (dispositif permettant de faire décoller les aéronefs grâce à un tremplin), fait pâle figure face à son concurrent le Charles de Gaulle (équipé d’une catapulte – dite CATOBAR, qui fonctionne à vapeur), sans parler de l’USS Gerald R. Ford (le CVN-78), le nouveau porte-avion américain livré en 2017 et dont le premier déploiement est prévu pour cette année. Ce dernier est doté d’une toute nouvelle catapulte électromagnétique (EMALS), qui permet de projeter à moindre coût énergétique à une fréquence plus importante. Le Gerald R. Ford vient par ailleurs d’entamer une série de tests à la mer dans l’objectif de certifier la compatibilité du pont d’envol aux différents aéronefs, du drone à l’avion de chasse, qui seront amenés à opérer à partir de sa catapulte.

Consciente, comme l’énonçait Sir Walter Raleigh, que la domination mondiale repose sur le commerce, que commande le contrôle des mers, la Chine cherche à protéger ses « routes de la soie maritimes », ainsi que l’approvisionnement en matière première du pays (80% du pétrole chinois importé transite par la mer, en particulier à travers le détroit de Malacca). Mais elle veut également imposer son contrôle sur la mer de Chine, une zone turbulente, peuplée d’îlots, de récifs et d’atolls que chevauchent les revendications de la plupart des acteurs de la région. Pékin, qui y convoite les ressources halieutiques et énergétiques, se montre insatiable : son tracé de revendication dit « en langue de buffle » y englobe sans partage la quasi-totalité des terres émergées, au préjudice des pays riverains (Japon, Vietnam, Philippines…). Cette intransigeance, qui vise également à sécuriser un espace pour les sous-marins lanceurs l’engins (SNLE) chinois, menace gravement la paix régionale au point que le Global Times, porte-parole de l’aile gauche du gouvernement de Pékin, n’hésitait pas à publier : « en mer de Chine, la guerre est inévitable ».

… la nécessité d’une présence militaire française crédible dans la région ne se réduit pas à la défense des ZEE nationales. La Chine viole le droit international de la mer par une politique du fait accompli et une militarisation des récifs contestés (quitte à les agrandir, au détriment de l’environnement) ; elle boycotte également les décisions de justice qui lui sont défavorables, comme celle de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye de 2016 donnant raison aux Philippines sur la question de souveraineté des îles Paracels et Spratley. Enfin, sa flotte ambitionne d’inclure au moins 3 porte-avions supplémentaire dans les dix ans. Au regard des volontés d’expansion de Pékin, et de son manque d’égard vis-à-vis de la souveraineté des Etats et du droit international, il semble indispensable de disposer des outils de possibilité d’un rapport de force, à commencer par la question du porte-avion, premier moyen de projection de puissance….. la question est donc : nous doterons-nous d’une disponibilité opérationnelle permanente en construisant deux porte-avions capables de se relayer dans l’année (un sistership) ? Où nous préparons-nous à entériner notre impuissance dans cette région du monde ? »

Covid: le mur avec le Mexique a tout arrêté ! d’après Trump

Covid: le mur avec le Mexique a tout arrêté ! d’après Trump

 

 

 

 

D’après Trump, le mur   entre les États-Unis et le Mexique les 3000 km. Le fameux mur n’en couvre qu’une partie. Certes cela a compliqué la tâche de l’immigration clandestine mais cela ne l’a pas ralentie de manière significative contrairement ce que raconte Trump.

« C’est le mur le plus puissant (…) qui soit au monde, il bénéficie d’une technologie incroyable », a expliqué le président américain lors d’une table-ronde à Yuma pour marquer le cap des 200 miles (322 kilomètres). Donald Trump a insisté sur le fait que ce mur était « infranchissable » à moins de disposer « d’une échelle extraordinairement longue ».

Donald Trump a en particulier assuré que cet édifice controversé était utile pour lutter contre l’immigration clandestine mais s’était aussi révélé très efficace pour lutter contre la propagation du Covid-19. « Il a arrêté le Covid, il a tout arrêté » a-t-il ainsi répété.

 

 

Elections américaines : « danger, Donald Trump prêt à tout !»

Elections américaines : « danger, Donald Trump prêt à tout !»

William Kristol, dissident républicain , s’inquiète dans une interview à l’opinion des réactions potentiellement destructrices de Trump à l’occasion des élections présidentielles

 

Comment voyez-vous la campagne présidentielle avec son dernier rebondissement : la mort de Ruth Bader Ginsburg et la volonté de Donald Trump de nommer rapidement un juge remplaçant à la Cour suprême ?

Ce type d’événement politique est totalement imprévisible. Cela peut basculer en faveur de l’un ou l’autre parti. C’est vraiment un joker… Nous nous trouvons dans une situation où nous avons un président sortant incompétent, dont le taux d’approbation est à un plus bas quasi-historique, qui est à la traîne de 6 à 7 points dans les sondages derrière Joe Biden – ce qui est prévisible – et, parallèlement, la période est folle avec la pandémie de coronavirus, Donald Trump qui met déjà en cause le résultat des élections, le ministre de la Justice qui critique son ministère… C’est un curieux mélange pour une élection et je pense que le pire est encore à venir. Nous avons un président qui doute de la légitimité du scrutin et qui est prêt à tout. Les semaines à venir vont être difficiles.

Il bénéficie encore de l’appui d’une base solide représentant environ 40% de la population américaine…

Il semble qu’il y ait un créneau pour la démagogie, la contestation et le nationalisme. Cela se voit un peu partout dans le monde, ces dernières années. Il y a une réaction à la crise économique, à la globalisation, à l’immigration… Nous, Américains, pensions que nous étions différents des autres face à ce genre de phénomène. Mais ce n’est pas le cas.

Quels sont vos principaux reproches à l’égard de Donald Trump ?

Son refus de reconnaître l’Etat de droit et la Constitution, ainsi que la mise en danger des normes démocratiques. Nous avons un système solide qui peut résoudre nombre de problèmes, que cela soit des conflits sociaux ou des brutalités policières, notamment parce que les gouverneurs disposent de beaucoup de pouvoirs : nous ne sommes pas un pays centralisé, ce qui limite la corruption. Mais nous avons un président qui encourage la confrontation au lieu de calmer le jeu. C’est ce qui le distingue de ses prédécesseurs. Face aux extrêmes des deux bords, il y a une voie centrale de gouverner qu’il devrait encourager.

Même sa politique au Moyen-Orient, région que vous connaissez bien, ne trouve pas grâce à vos yeux?

Le rapprochement initié entre Israël et les émirats du Golfe est une bonne chose mais je ne pense pas que ce soit stratégiquement fondamental, comparé aux accords de Camp David de 1978, conclus avec l’Egypte. Ce sont des pays qui n’ont jamais fait la guerre à Israël. Quant à sa politique de sanctions contre l’Iran, j’y suis favorable mais sans l’appui des alliés européens, ce n’est pas efficace.

Vous considérez-vous comme un républicain ? Quelle est la différence entre votre organisation Defending democracy together et celle des opposants de Trump réunis dans The Lincoln project ?

Je vais voter pour Joe Biden mais je fais partie des républicains opposés à Trump. Il a fait tellement de mal à ce parti et aux idées conservatrices, en l’entraînant sur une voie populiste et autoritariste. Ce n’est pas sain. C’est une situation désastreuse. Nous avons des différends tactiques avec le Lincoln project mais nous sommes complémentaires. Ils sont plus agressifs à l’égard de Donald Trump avec leurs vidéos , afin de le faire réagir, de lui faire perdre son calme, ce qui est bien. Nous avons une approche différente. Nous visons plus particulièrement les électeurs républicains pour qu’ils parlent à ceux qui avaient voté pour Trump en 2016, afin de les convaincre de changer d’avis.

Ne craignez-vous pas que Joe Biden soit l’otage de l’aile gauche de son parti ?

Un peu mais c’est le dernier survivant ! C’est un centriste, un modéré. Il a évité les pièges posés par l’aile gauche de son parti comme cette idée de limiter le financement de la police. Je pense que sa politique étrangère sera des plus classiques même si je suis en désaccord avec elle sur certains points, mais je crois qu’il va restaurer l’image des Etats-Unis. Dans un pays aussi polarisé que le nôtre, il mène une bonne campagne.

Économie et Coronavirus : « Ce que nous ne savons tout simplement pas ! »

Économie et Coronavirus : « Ce que nous  ne savons tout simplement pas ! »

Dans une tribune au « Monde », Annie Cot, historienne de la pensée économique rappelle que la prétention à prévoir ce que sera notre avenir collectif fait, depuis trois siècles, l’objet de débats épistémologiques.

Tribune.

 

 La pandémie bouscule les économistes. Sauront-ils nous aider à appréhender l’incertitude de notre avenir collectif ? La question plonge ses racines dans des débats anciens sur la possibilité même de penser un futur incertain.

Le hasard, le risque et l’aléa deviennent des objets de la pensée économique européenne à partir du XVIIe siècle. Les calculs mathématiques de probabilités proposés par Blaise Pascal (1623-1662) et Pierre de Fermat (1601-1665) sont rapidement appliqués à des questions très concrètes : prévisions démographiques, jeux de hasard, taux des rentes viagères…

Mais ce recours aux probabilités suscite des interrogations philosophiques. En 1739, le philosophe et économiste écossais David Hume (1711-1776) défend qu’il est logiquement impossible de passer d’une accumulation de séries statistiques – photographie du passé – à l’énoncé d’une loi universelle propre à prédire le futur. Ce « problème de l’induction » concerne directement les calculs de probabilités : toute prédiction de l’avenir inférée d’une répétition d’événements passés relèverait d’une pensée coutumière et paresseuse – d’un « pari imprudent » –, et non d’une démarche logique rigoureuse.

A quelques exceptions près – Richard Cantillon (1680-1734), Jean-Baptiste Say (1767-1832), qui font du risque le ressort du profit de l’entrepreneur –, les économistes du XVIIIe siècle ne se saisissent pas de la question du risque. Depuis ses origines, la théorie économique définit son horizon épistémologique à partir de la physique, non des mathématiques ou de la philosophie. C’est donc la mécanique du XIXe siècle qui conduit les économistes à fonder leurs modèles sur une conception déterministe et causale de l’équilibre, qui ne prend en compte ni les anticipations ni le risque.

Le début du XXe siècle modifie cette perspective : les théories de la relativité et des quanta suscitent l’intérêt des économistes pour l’incertitude et la prévision d’un avenir risqué. Il y a exactement un siècle, en 1921, l’économiste américain Frank Knight (1885-1972) pose les fondements analytiques des théories économiques contemporaines de l’incertitude en opposant le risque, que l’on peut mesurer en termes de probabilités, à l’incertitude radicale, qui se caractérise par l’impossibilité de la prévoir ou de la mesurer.

 

Coronavirus Espagne : très forte hausse, 400 000 cas en tout

Coronavirus Espagne : très forte hausse,  400 000 cas en tout

400 000 cas diagnostiqués, ont annoncé les autorités. Il s’agit d’une augmentation de plus de 19 300 par rapport à vendredi .

Nombre de ces nouveaux cas datent en fait des jours précédents, mais les régions, compétentes en matière de santé, ne les ont signalés au gouvernement central que ce week-end, a déclaré Fernando Simón, directeur du centre des urgences sanitaire au ministère de la Santé.

Il a insisté sur l’augmentation des cas à Madrid, la région où le plus grand nombre de cas ont été diagnostiqués au cours de la semaine écoulée, plus de 13 400.

. La pandémie a fait 28 872 morts dans le pays, l’un des plus touchés en Europe.

Démocratie-Les ayatollahs de tout poil menacent la République

Démocratie-Les ayatollahs de tout poil menacent la République

 

 

L’époque est à la radicalité dans les différentes chapelles qui constituent les extrêmes de la société. Il y a bien sûr les vrais ayatollahs religieux qui orientent et dirigent certaines minorités actives dans les banlieues dont certaines sont transformées en ghettos où aucun service public ne peut pénétrer sans dommage. Mais d’une certaine manière, il y a aussi les ayatollahs civils. Ceux  de l’extrême gauche qui rêvent  encore du grand jour, de la révolution, des nationalisations et plus globalement de l’étatisation dans tous les domaines. Bref la résurgence d’un communisme qui ne dit pas vraiment son nom. On compte évidemment aussi les ayatollahs de l’extrême droite animé par la drogue  du nationalisme et du rejet de tout ce qui est étranger.Bref le retour du racisme et de l’enfermement dans les frontières.

 Les ayatollahs sont aussi présents dans d’autres champs économiques et sociétaux. Ainsi au plan économique, il y a les ayatollahs de l’ultra libéralisme qui pensent  que le marché peut résoudre toutes les questions économiques, sociales, environnementales et sociétales. Voir à cet égard leurs réactions idiotes vis-à-vis de la réhabilitation de politiques prospectives dans le cadre du plan. Comment peut-on espérer que le marché pourra résoudre des questions économiques, technologiques ou sociétales qui doivent s’inscrire dans une perspective de 30 à 40 ans . Comment penser sérieusement que la marchandisation de la société est  le remède à tous nos maux.

Autre champ d’exercice de certains ayatollahs : celui de l’écologie. Eux  aussi très radicaux et complètement imperméables non seulement aux différences des autres mais aussi aux réalités. Des ayatollahs écolos bobos qui veulent changer tout de suite y compris si cela doit conduire à la misère sociale des millions de chômeurs. Bref une société de plus en plus éclatée et composée de sortes de sectes qui se replient sur elles , refusent même le débat, l’existence d’autres points de vue. Un terrain favorable pour l’installation un jour de l’anarchie ou d’une forme de dictature. L’urgence est sans doute aujourd’hui au réapprentissage démocratique, à la tolérance et  au dialogue , préalables essentiels pour faire société moderne.

Vers le tout-numérique?

 Vers le tout-numérique?

Dans une tribune au « Monde », le spécialiste du management Jean-Philippe Bootz estime que la crise sanitaire n’a été qu’un accélérateur de tendances vers le tout numérique

Tribune.

 

Au moment où Airbus supprime quelque 15 000 postes, où l’automobile est à la peine, où la pharmacie et les télécoms annoncent des plans sociaux, quel avenir en France pour les emplois industriels ?

Notre étude, lancée avant la crise sanitaire, dans le cadre du nouvel Observatoire des futurs de Strasbourg, a permis de construire plusieurs scénarios possibles à l’horizon 2030, tenant compte tout à la fois des progrès technologiques, des risques associés, mais aussi des choix politiques effectués. Une étude prospective éclairante dans les temps d’incertitude actuels.

Premier constat : la pandémie a bon dos et ne constitue qu’un accélérateur de tendances.

En l’absence d’intervention politique volontariste, le scénario qui apparaît comme le plus probable est celui d’une désindustrialisation continue, avec à la clé un chômage de masse. Seules des usines hyperrobotisées demeurent sur le territoire français en 2030, avec un petit nombre de salariés de haut niveau assurant la maintenance et la recherche et développement… en attendant que l’intelligence artificielle (IA) prenne le relais.

Les plates-formes sont les maîtres du jeu économique. Elles s’approvisionnent partout dans le monde et monopolisent les ventes de services (qui se sont substituées à la vente de biens), avec des techniques de tracking des consommateurs de plus en plus efficaces et des livraisons toujours plus rapides. Les consommateurs hyperconnectés, autant que précarisés, louent et échangent en continu les dernières nouveautés en s’appuyant sur les recommandations de leurs communautés de marque.

Cette perspective d’un passage au « tout-numérique » s’est très probablement rapprochée avec le confinement que nous venons de vivre. Achats en ligne, téléchargements de films, télétravail et téléenseignement… les consommateurs et les entreprises sont plus connectés qu’ils ne l’ont jamais été.

Ce qui augmente aussi le risque que survienne notre second scénario, celui d’un monde en proie à une cybercriminalité de grande envergure, avec une multiplication des piratages informatiques, des vols de données personnelles et stratégiques, un écroulement de la valeur des cryptomonnaies.

Dans ce scénario noir, beaucoup d’épargnants qui en 2030 utilisaient ces nouvelles monnaies au quotidien se retrouvent ruinés. La pauvreté augmente en flèche. Dans un contexte de crise économique majeure et de repli identitaire, l’Union européenne se désagrège et les Etats prennent le relais en tentant de sauver les emplois.

 

Coronavirus La France : 30.165 décès en tout

Coronavirus La France : 30.165 décès en tout

Un total de 30.165 décès, 12 de moins que la veille, tandis que 584 cas supplémentaires de contaminations ont été recensés, ont annoncé les services du ministère de la Santé.

La baisse du bilan des morts est dû à un “retraitement des données relatives aux décès en établissements sociaux et médico-sociaux”, a précisé la Direction générale de la santé.

Au total, dans ces établissements, essentiellement des Ehpad, 10.516 personnes sont mortes du Covid-19, la maladie provoquée par le coronavirus, soit 25 de moins que dans le précédent bilan, et 19.649 sont décédées dans des hôpitaux.

Le nombre de personnes contaminées en France s’établit désormais à 177.338.

Le nombre de personnes hospitalisées en raison du Covid-19 a baissé de 107 à 6.482, tout comme le nombre de patients en réanimation, qui a reculé de 12 à 455.

Coronavirus France : 25 morts 24 heures ,30.177 en tout mais clusters en hausse

Coronavirus France : 25 morts  24 heures ,30.177 en tout mais clusters en hausse

 

La situation concernant le nombre de morts  et d’infectés soignés s’améliore toujours mais la circulation du virus augmente sous l’effet notamment de la croissance de la mobilité en période de vacances aussi du fait que les mesures barrière sont assez peu respectées sur les lieux de villégiature. 30.177 morts en France, soit 25 de plus que dans le dernier bilan fourni vendredi, a annoncé lundi la direction générale de la santé (DGS).

Le nombre de personnes hospitalisées pour une infection au Covid-19, la maladie provoquée par le coronavirus, continue de baisser, à 6.589, soit 99 de moins que vendredi, tout comme le nombre de cas graves traités en réanimation, à 467, 10 de moins que vendredi.

La DGS souligne cependant que “la circulation du virus est en augmentation sur le territoire national” comme en témoignent “une hausse du nombre de recours à SOS médecins, des passages aux urgences, du nombre de clusters et des hospitalisations”.

Le port du masque dans les espaces publics clos est obligatoire depuis ce lundi en France.

Coronavirus France : 170.000 cas en tout mais tendance au laxisme

Coronavirus France : 170.000 cas en tout mais tendance au laxisme

 

Les tendances de l’épidémie sont toujours bonnes, le nombre de cas diminue. Les autorités s’inquiètent cependant d’un certain laxisme & vis-à-vis du non-respect des gestes barrières et du développement de clusters. Un laxisme pourrait faire craindre une remontée à la hausse des statistiques d’ici quelques semaines. 14 nouveaux décès ont  été constatés dans les hôpitaux, indique la Direction générale de la santé (DGS) dans son point quotidien.

Les données des Ehpad et autres établissements médico sociaux seront mises à jour mercredi.

Le nombre de patients hospitalisés pour une infection au Covid-19 poursuit sa baisse, à 7.177 contre 7.297 mercredi, soit 120 de moins. Le nombre de cas graves en réanimation continue également de refluer, à 512 contre 529 mercredi (-17).

Le nombre total de cas est quant à lui passé de 169.473 mercredi à 170.094 jeudi, selon Santé publique France.

Intervention Macron : tout ça pour ça !

Intervention Macron  : tout ça pour ça !

 

 

Il est clair que les éditorialistes ont du mal ce matin à dégager les grandes lignes politiques que Macron s’est efforcé de développer lors  de son allocution.  Bien entendu, l’intention était claire surtout ne pas déplaire à des Français au moment où la cote de popularité du chef de l’Etat ne cesse de s’effriter par rapport à celle du Premier ministre. En ligne de mire évidemment, les perspectives de la campagne électorale de 2002. Donc il fallait assurer les Français. Ce que Macron a fait en parlant surtout du confinements qui plait à beaucoup notamment à ceux dont l’activité a été paralysées , l’emploi menacé ou les voyages empêchés. Pour le reste, quelques considérations sur les libertés, le rôle de la police. Curieusement aussi la réouverture des écoles le 22 juin alors que la saison scolaire est pratiquement terminée. Pour l’essentiel, c’est-à-dire la nature de la crise, son ampleur, ses conséquences et ses modalités, il faudra encore attendre.  e président a clairement signifié qu’il entendait s’exprimer à ce sujet au mois de juillet. Évidemment des propos qui risquent d’être moins plaisants car il faudra bien parler un jour ou l’autre de cette facture de 500 milliards qu’il faudra bien rembourser d’une manière ou d’une autre par l’inflation, la dévaluation ou les deux sans parler de la fiscalité. Macron, s’est en fait contenté de reprendre de façon très allusive les sujets de préoccupation des Français qui transparaissaient dans les sondages en évitant surtout de les contrarier cela sans doute pour faire écho à la cote montante  du Premier ministre. Pas d’annonce ,non plus sur le plan politique tout juste une petite annonce sur ce que pourrait être une nouvelle phase de décentralisation. De quoi peut-être relancer le bâtiment car chaque phase de décentralisation s’est traduite par la construction d’hôtels pour les élus et leurs services sans parler des coûts de fonctionnement. Bref un discours ne pas dire grand-chose.

« La voiture autonome ,l’alibi voiture tout court »

« La voiture autonome ,l’alibi voiture tout court »

 

Il est probable que le « véhicule du futur » sous couvert d’écologie,(la voiture dite ( renforce surtout les dynamiques d’extension urbaine, la bétonisation et ralentisse en réalité l’indispensable transition, analyse l’historien Jean-Baptiste Fressoz dans sa chronique.

Chronique.

Les vols spatiaux habités, les avions supersoniques ou les robots humanoïdes appartiennent à un futur qui, à force d’avoir été annoncé, paraît aujourd’hui terriblement démodé. Les critiques d’art ont un mot pour désigner cette nostalgie du futur des années 1950-1960 : le « rétrofuturisme ».

A voir l’enthousiasme déclenché par la fusée Space X — révolutionnaire au sens où elle réédite un exploit soviétique remontant à plus d’un demi-siècle —, ce genre est très en vogue aux Etats-Unis. Mais si les rêves de colonisation spatiale d’Elon Musk ou ceux de « Space Force » chers à Donald Trump prêtent à sourire, le rétrofuturisme a une influence plus insidieuse en France. Il suffit d’écouter le récent discours d’Emmanuel Macron sur le « véhicule du futur » pour s’en convaincre.

La voiture autonome, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, appartient pleinement à l’imaginaire rétrofuturiste : les industriels annoncent son arrivée à l’horizon d’une ou deux décennies depuis bientôt cent ans. Dans les années 1930, les couvertures des magazines américains de science populaire montrent déjà des familles heureuses filant dans des voitures sans pilote.

Plus qu’un objet de fantasme enfantin, la voiture autonome fut au départ un argument défensif dans une grande bataille qui visait à imposer la voiture en ville. Aux Etats-Unis, l’automobile, qui devient un moyen de transport de masse, commence aussi à tuer massivement : pas moins de 200 000 victimes entre 1920 et 1930, surtout des piétons et, parmi eux, beaucoup d’enfants. Des défilés gigantesques dans les grandes villes américaines réclament le bannissement de « l’écraseuse ». A Baltimore, on inaugure un monument aux enfants écrasés (Peter Norton, Fighting Traffic. The Dawn of Motor Age in the American City, MIT Press, 2008).

Au même moment, l’industrie automobile et celle du pétrole font miroiter à la population une solution : ce sera la voiture autonome. Des prototypes sont développés avec des systèmes de guidage par ondes radio ou par signaux électromagnétiques. Parallèlement à ces essais, le battage médiatique commence : films, articles, livres sur le sujet se multiplient.

L’un des points d’orgue de cette campagne fut l’exposition universelle de Chicago de 1939. On pouvait y admirer le « Futurama » : une maquette de 3 000 m 2 mettant en scène la ville du futur, dont les artères larges de quatorze voies, vides d’humains, étaient parcourues par des voitures autonomes. (Fabian Kröger, « Automated Driving in Its Social, Historical and Cultural Contexts », Springer, 2016).

 

«L’Illusion dangereuse qu’un expert peut tout et se saisir de n’importe quel problème »

 «L’Illusion dangereuse qu’un expert peut tout et se saisir de n’importe quel problème »

Le professeur d’HEC Thomas Paris craint, dans une tribune au « Monde » que réfléchir aux « défis de l’avenir » à travers des cadres macroéconomiques éloignées du quotidien de la réalité des acteurs est voué à l’échec

 

Tribune. Qu’elle a fière allure, la commission réunie par le président de la République pour le conseiller sur les enjeux du climat, des inégalités et de la démographie ! Prix Nobel français et internationaux, Massachusetts Institute of Technology (MIT), étoiles montantes de la recherche en économie… Rutilante comme une légion romaine. Toute la science économique est représentée. Toute ? Non. Un petit village…

Ne nous égarons pas. Il faut applaudir la démarche, qui concrétise une déclaration volontaire du Président en pleine crise du Covid-19 : « Il nous faudra […] interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour. »

Sans contester la qualité des membres de cette commission, force est de constater un manque. Ces brillants économistes partagent une culture et une approche communes, laquelle fait la part belle à la modélisation et aux catégories macroscopiques, que ce soient des indicateurs statistiques ou des formes de relations entre acteurs. Ne manque ainsi à l’appel que… le réel, ou tout au moins la capacité à le prendre en compte sans la médiation d’un cadre économique.

La crise des « gilets jaunes » alertait sur les limites d’une prise en compte simplifiée du réel par les pouvoirs publics. La mise entre parenthèses des corps intermédiaires et le coup de balai aux députés historiques avaient coupé le lien avec deux voies de lecture fine de la société. Certains ministères, privilégiant les statistiques au détriment des études, ont perdu leur capacité à comprendre leurs domaines d’intervention.

En découlent des réactions de stupéfaction, comme celle des acteurs de la culture qui ont pu s’étonner, alors que le président de la République venait d’annoncer un quasi-plan Marshall pour ce secteur, du manque de prise en compte des réalités. Soutenir les intermittents, très bien, mais, ont-ils dit, la culture n’est pas faite que d’intermittents…

La crise du Covid-19 a engendré un brouhaha médiatique, sur le plan sanitaire puis sur le terrain économique où mille et un commentateurs y sont allés à coup de sentences, de vérités, de solutions. Quand la prise de recul et la prudence paraissaient nécessaires, s’est imposée l’occupation de l’espace.

La crise est inédite, les enjeux complexes. Ils méritent une réflexion approfondie, ils méritent de comprendre comment elle se pose pour les acteurs sur le terrain, comment les individus réagissent au quotidien, comment les entreprises, petites et grandes, s’adaptent à la situation et comment ils revoient leur manière de travailler. Ce sont ces innombrables microdécisions qui construisent l’avenir.

Dette: tout le monde va payer!

Dette: tout le monde va payer!

 

Finalement rares sont les secteurs qui n’ont pas été directement ou indirectement s du Coron virus. Rares dans les secteurs qui ne réclament pas un plan d’aide. Il faudra évidemment payer la facture de la crise sanitaire qui va prolonger le déficit de la sécurité sociale pendant au moins 10 ans.

 

Parallèlement engager un plan énorme de soutien au secteur économique, limiter la vague de défaillance d’abord sans doute aux entreprises symboliques mais aussi le moment venu aux PME qui fournissent le plus le plus gros contingent de main-d’œuvre et qui sont le plus souvent les plus fragiles financièrement surtout quand des mesures administratives limitent encore leurs activités. D’une manière ou d’une autre, en empruntant ou en faisant tourner la planche à billets, on va augmenter considérablement la masse monétaire par rapport à la richesse nationale et le moment venu se produiront des ajustements monétaires via les parités qui auront pour conséquence de tirer l’inflation par le haut. De toute manière dans nombre d’activités si les prix n’ont pas encore évolué à la hausse par contre  les coûts eux se sont envolés du fait  de charges fixes mais aussi d’une baisse de la demande.

La question est de savoir qui va payer une facture qui pourrait bien au total se situer entre 500 milliards  ( déjà annoncée pour les mesures prises par le ministre de l’économie) et 1000 milliards ( autour de 250 milliards de pertes de richesse nationale avec la baisse de croissance auxquels il faudra ajouter l’indispensable plan social pour supporter 1 à 2 millions de chômeurs supplémentaires sans parler du soutien au pouvoir d’achat des ménages.

La question de se pose de savoir qui va payer. La réponse est simple: tout le monde, plus ou moins évidemment. Il y a évidemment les épargnants notamment les plus modestes dont les revenus ne sont pas réévalués compte tenu de l’inflation réelle. Les autres aussi. Et bien sûr tous les ménages à travers l’inflation qui va sans doute s’envoler des que la reprise commencera à être un peu significative. Tout dépendra en faite du rapport entre la richesse nationale et la masse monétaire. Si le décalage s’accroît encore entre ces deux termes, c’est l’inflation assurée. C’est-à-dire une sorte de prélèvement obligatoire qui ne dit pas son nom.

 

Coronavirus France : 28 000 morts en tout, tendance à la baisse

Coronavirus France : 28 000 morts en tout, tendance à la baisse

 

 

28.022 morts en tout. Ces décès se répartissent désormais en 17.714 morts (+125) dans les hôpitaux et 10.308 (-342) dans les établissements sociaux et médico-sociaux, essentiellement les Ehpad.

Le nombre de cas confirmés de contamination au nouveau coronavirus depuis le début de l’épidémie a augmenté de 524 à 143.427.

Le nombre de personnes hospitalisées en raison de leur contamination continue en revanche de baisser, notamment dans les services de réanimation, qui traitent 1.894 cas graves, soit 104 de moins que lundi. Cette statistique baisse de manière continue depuis un pic à 7.148 patients en réanimation le 8 avril.

Au total, 18.468 personnes sont aujourd’hui hospitalisées en raison du COVID-19, contre 19.015 lundi, et près de 100.000 l’ont été depuis le début de l’épidémie, a précisé Jérôme Salomon.

Le directeur général de la santé s’est exprimé au cours d’une conférence de presse pour la première fois depuis le début du déconfinement le 11 mai dernier, afin de donner des conseils concrets sur le dépistage pour les personnes craignant d’être malades et sur les mesures de prudence à adopter pour éviter une reprise de l’épidémie.

Avant le long week-end de l’Ascension, Jérôme Salomon a notamment incité les Français à porter le masque même chez eux lorsqu’ils reçoivent des amis, en plus des gestes barrières comme la distanciation physique et le lavage des mains.

 

 

Coronavirus États-Unis :1.680 morts 24 heures, 87.500 en tout

Coronavirus États-Unis :1.680 morts 24 heures, 87.500 en tout

 

87.493 morts, c’est désormais le nombre de morts liés au coronavirus aux Etats-Unis. Et 1680 morts en 24 heures

« Coronavirus : pourtant, on avait tout prévu!» (Jean-François Daguzan)

« Coronavirus : pourtant, on avait tout prévu!» (Jean-François Daguzan) 

 

Arnaud Danjean remettant la Revue stratégique de 2017 à la ministre des Armées, Florence Parly.

 

Jean-François Daguzan, vice-président de l’Institut Choiseul,  l’ancien directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) ironise dans l’Opinion sur les stratégies de prévisions qu’on peut résumer par : trop peu ,trop tard!

 

 

« Une vidéo virale de Bill Gates nous révèle sa « prophétie » sur la venue prochaine d’une pandémie à large spectre. Des observateurs rappellent que les rapports ouverts de la CIA sous le timbre du National Intelligence Council (NIC), avaient, dès 2008, mis en garde sur la même menace.

Face à cette lucidité étrangère, il nous faudrait en déduire, qu’une fois de plus, la France n’a rien vu. Or, le curieux, plongeant le nez dans les vieux grimoires, constatera – et peut-être est-ce là le drame – qu’il n’en est rien. Ce ne sont pas les capacités d’anticipation de la France qui sont en cause. Non seulement tout avait été prévu, mais tout avait été minutieusement organisé pour répondre à une pandémie.

Cinq fois dans son histoire récente, notre pays s’est livré à un exercice collectif sur l’analyse des dangers pesant sur notre pays avec les Livres blancs sur la Défense et la Sécurité nationale, rebaptisés Revue stratégique à partir de 2017.

Dès 1994, la notion de « risques naturels et technologiques majeurs » s’impose à l’action de l’Etat, tandis qu’à partir de 2008, les Livres blancs prennent en compte « propagation d’agents microbiens » en invoquant la résilience : « C’est en effet un devoir pour l’Etat de se préparer à répondre aux situations dans lesquelles pourraient être mis en cause la vie de la population ou le fonctionnement régulier de la vie économique, sociale ou institutionnelle du pays. Cela suppose une organisation des pouvoirs publics conçue dès le temps de paix pour prendre en compte les hypothèses du temps de crise. La résilience suppose aussi d’organiser la coopération entre l’Etat et les collectivités territoriales, pour la complémentarité des moyens, et entre l’Etat et les entreprises privées dans les secteurs stratégiques (énergie, communication, santé, alimentation). »

« L’accroissement de la mobilité de la population favorise l’extension des aires de diffusion de certaines maladies, ainsi que la propagation rapide et à grande échelle de virus à l’origine d’épidémies diverses »

En 2013 : « Le risque existe notamment d’une nouvelle pandémie hautement pathogène et à forte létalité résultant, par exemple, de l’émergence d’un nouveau virus » « La probabilité des risques d’origine naturelle, sanitaire (pandémie massive) est plus difficile à évaluer, mais leur impact peut être majeur. C’est pour l’Etat une obligation que d’y faire face. » « Notre aptitude à faire face aux crises majeures sera d’autant plus grande qu’il aura été possible de les anticiper, et, ainsi, de préparer la réponse à y apporter. »

La Revue stratégique de 2017, ajoutait : « L’accroissement de la mobilité de la population favorise l’extension des aires de diffusion de certaines maladies, ainsi que la propagation rapide et à grande échelle de virus à l’origine d’épidémies diverses. » « Le risque d’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou échappant à un laboratoire de confinement est réel. »

On constate ainsi que, dès 2008, la perspective d’un risque sanitaire majeur de type pandémique avait parfaitement été identifiée et des éléments de réponse proposés. Plus encore, entre 2002 et 2008, la France avait mis en place un efficace dispositif pour répondre au risque de terrorisme biologique de masse, tels que l’avaient fait redouter les attaques à l’anthrax aux Etats-Unis et l’apparition de l’épidémie de Sras. La force du système avait été de traiter dans un même ensemble terrorisme et pandémie. Un rapport d’information du Sénat décrit, dès 2003, cette problématique.

Le terrorisme biologique et chimique a fait l’objet de plans détaillés (Biotox, Piratox) ; la lutte contre les pandémies aussi : « le Plan national de prévention et de lutte pandémie grippale » produit par le SGDN en 2009. Ce document décrit avec une précision clinique tout ce que l’Etat, les infrastructures, les entreprises et la population en France et à l’étranger, doivent faire pour affronter efficacement une pandémie de grande ampleur.

Parmi les mesures majeures, le plan prévoyait « la constitution de stocks nationaux de produits de santé et de matériels de protection ». En 2011, le directeur général de la santé, Didier Houssin, écrit que, à partir de 2006, « dans le cadre de la préparation à une pandémie grippale, l’Etat a acquis et stocké 1 milliard de masques chirurgicaux et près de 700 millions de masques FFP2 ».

« Dix ans d’impéritie ont suffi à détruire un système éprouvé pour faire face à un risque largement anticipé. C’est aux morts que nous devrons rendre des comptes et à ceux que la crise aura ruinés »

 Alors, comment en est-on arrivé à se trouver si largement démunis dix plus tard ? On peut avancer quelques réponses qui transcendent toutes les particularités politiques et même les continents.

Premier constat : le politique déteste le temps long. Rien ne résiste longtemps à la pression du court terme. Autre terrible règle de la sociologie du pouvoir : « l’effet soufflé ». Face aux crises, l’Etat met en place des mesures et des moyens performants qui tiendront le temps que la crise retombe. Celle-ci passée, les priorités sont ailleurs. Le troisième est la recherche du « zéro stock ». Pour limiter les coûts, les ciseaux de Bercy vont couper ce qui n’est pas d’utilité immédiate. Cette logique se retrouve dans les domaines les plus divers, comme munitions ou la poudre pour les armées. On ajoutera la dilution de la responsabilité, la peur du ridicule, l’arrogance, la sous-estimation volontaire de la menace, les mensonges au chef et enfin, le pire, la peur de décider. Le tout menant impitoyablement au « trop peu, trop tard. »

Dix ans d’impéritie ont suffi à détruire un système éprouvé pour faire face à un risque largement anticipé. C’est aux morts que nous devrons rendre des comptes et à ceux que la crise aura ruinés. L’histoire jugera alors si l’Etat a failli à son impérieuse obligation de s’être préparé à faire face. »

Jean-François Daguzan, est vice-président de l’Institut Choiseul. Il est l’ancien directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Coronavirus: hôtellerie, restauration et tourisme, l’effondrement de tout un secteur

Coronavirus: hôtellerie, restauration et tourisme, l’effondrement de tout un secteur

 

Si des perspectives de réouverture  pour certaines activités sont envisagées par contre on est loin de voir le bout du tunnel pour tout ce qui concerne l’hôtellerie, la restauration ou le tourisme. Au mieux des décisions pourraient être annoncé pour le milieu de l’été. Mais des décisions à effet différé qui n’auront guère d’impact sur la saison estivale et même la fin de l’année. La conséquence pourrait être une vague sans précédent de défaillances qui affectant 20 à 30 % du secteur. Aucun secteur ne peut en effet résister à une période de paralysie de six à neuf mois.

La mise en quarantaine de ces activités aura des conséquences sur les secteurs économiques amont et aval (par exemple sur les producteurs agricoles, le commerce et l’artisanat et les services). La vérité, c’est que les pouvoirs publics sont complètement démunis pour faire face à cette crise. En effet les propositions d’aide sous forme de prêts ou de décalage dans le temps de la fiscalité ne sont pas à la hauteur des enjeux. L’enjeu aujourd’hui, c’est la mort de nombre ces entreprises . Même si les pouvoirs publics décidaient de la reprise pour ces activités, les clients ne seraient sans doute pas rapidement au rendez-vous compte- tenu des risques sanitaires potentiels.

Les attentes de la filière, qui emploie un million de salariés, sont fortes: les acteurs du tourisme et de la restauration espèrent notamment l’exemption du paiement des taxes et impôts locaux en 2020, l’annulation des loyers pour six mois, la prolongation des mesures en faveur du chômage partiel des salariés et la prise en charge, au moins partielle, des pertes d’exploitation. Les mesures qui seront décidées dans le cadre de ce plan de soutien spécial s’ajouteront aux dispositifs généraux déjà mis en oeuvre par le gouvernement.

Pour aider cafés et restaurants, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) et la maire PS de Lille Martine Aubry ont réclamé jeudi au gouvernement «une véritable stratégie», plaidant notamment pour «la création par l’Etat d’un fonds d’investissements dédié» et pour des «mesures immédiates» de soutien.

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