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Le «tout formation» inefficace contre le chômage ?

Le «tout formation» inefficace contre le chômage ?

 

France Stratégie, estime les plans massifs de formation ont eu peu de prise sur le chômage. Il faut d’abord préciser que le statut de France stratégie est un peu bizarre puisqu’il s’agit d’un organisme d’étude indépendant mais qui en fait dépend du  Premier ministre. Sur le fond maintenant on ne peut affirmer que les plans massifs de formation ne sont pas efficaces contre le chômage car tout dépend du contenu de cette formation. S’il  s’agit d’une formation bidon ou d’une formation uniquement théorique,  il est clair qu’il y ait des chances pour que les chômeurs ainsi formés soient mal adaptés au marché du travail. Certes François Hollande avait développé nombre de plans de formation mais dont l’objectif était surtout de faire baisser les statistiques du chômage et pas forcément de réinsérer ceux  qui cherchent  de l’emploi. La seule formation valable est celle qui articule des concepts théoriques avec une expérience dans l’entreprise. Par contre il est vrai que la course à la diplômite ne prépare pas forcément les étudiants  à s’insérer professionnellement. Il faut dire que l’université délivre nombre de diplômes plus ou moins ésotériques qui ne peuvent conduire qu’à un poste dans la fonction publique. L’élévation du niveau de diplôme «ont eu peu de prise sur le taux de chômage», constate France Stratégie dans un rapport publié jeudi, qui préconise d’abandonner le «tout formation». Le document rappelle que «les politiques en faveur de la formation professionnelle se sont multipliées» au cours des dernières décennies. Il cite à l’appui «les plans de formation des demandeurs d’emploi (plans 30.000, 100.000, 500.000), les préparations opérationnelles à l’emploi collectives ou individuelles (POE) ou encore les emplois d’avenir (EAV) pour les jeunes, qui intègrent une dimension de formation obligatoire». En France, «44% des travailleurs ont un niveau de diplôme qui ne correspond pas à l’emploi qu’ils occupent, 31% sont surqualifiés et 14% sont sous-qualifiés», constate France Stratégie. De plus, «42% des travailleurs ont une spécialité de formation qui ne correspond pas à l’emploi qu’ils occupent». En fait, la profession exercée est étroitement liée à la spécialité de formation pour seulement un emploi sur trois. Ces professions requièrent la possession d’une spécialité et d’un niveau de diplôme spécifique, par exemple en médecine ou en droit. Ce sont aussi des métiers traditionnels historiquement liés à l’artisanat (menuisier, plombier, boulanger) ou des emplois qui exigent des compétences techniques spécifiques (réparation automobile ou comptabilité).  Ainsi, il apparaît que la formation est le premier critère de recrutement pour «seulement 46% des entreprises, contre 60% pour l’expérience professionnelle ou 64% pour des compétences transversales comme la polyvalence ou la capacité d’adaptation», note le rapport. France Stratégie préconise donc de sortir de la logique du «tout formation» et invite les acteurs institutionnels -Régions, État, Pôle emploi, partenaires sociaux- à mieux prendre en compte «les spécificités des métiers et des secteurs d’activité

Politique économique de Macron : les Français approuvent mais pas tout

Politique économique de Macron : les Français approuvent mais pas tout

 

Un sondage très partiel qui démontrent que certaines mesures sont approuvées mais pas d’autres. La plus significative est sans doute celle qui consiste à soutenir la limitation du déficit public. Reste à savoir si les Français seront d’accord avec les différentes mesures de mise en œuvre de cet objectif. En effet, s’il ne faut pas toucher  à l’armée, à la santé, à l’éducation, au crédit des collectivités locales, à l’agriculture et à l’environnement, il reste peu de secteurs constituant des gisements d’économie ! En attendant, la plupart des grandes annonces économiques du gouvernement sont approuvées par les Français, selon un sondage Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne, mais la baisse de cinq euros des aides au logement est largement contestée. Trois Français sur quatre jugent ainsi que la nationalisation temporaire des chantiers navals de Saint-Nazaire, tout comme la volonté affichée par l’exécutif de limiter le déficit à 3% du PIB sont de bonnes décisions. La suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, qui provoque l’inquiétude des élus locaux qui bénéficient des 22 milliards d’euros que cet impôt rapporte chaque année, est approuvée par 65% des personnes interrogées. De même, l’annonce du Premier ministre, Edouard Philippe, de reporter de la mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu à 2019, contre 2018 comme prévu par le précédent gouvernement, est soutenue par 61% des Français. Au contraire, près de deux Français sur trois critiquent la baisse de cinq euros des aides publiques au logement (APL) qui touchera plus de six millions d’allocataires dès le mois d’octobre. Pour un tiers des personnes interrogées, c’est même une « très mauvaise décision ». Selon l’enquête, la politique la plus contestée est la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Pour 66%, c’est une mauvaise décision.  L’enquête a été réalisée en ligne les 1er et 2 août, auprès d’un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Education : les syndicats déjà contre tout !

 

 

Education : les syndicats déjà contre tout !

 

Comme d’habitude les syndicats corpo gauchiste font savoir aux nouveaux ministres de l’éducation qu’ils sont contre toute réforme  Il conteste l’urgence des propositions annoncées par Jean-Michel Blanquer et  présenté jeudi au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) une série de décrets visant à mettre en place plusieurs mesures dès la rentrée de septembre prochain. « Encore une fois, les enfants, les parents, les enseignants, les agents territoriaux, les élus locaux vont être victimes de choix politiques pris à la va-vite sans négociations », regrette la CGT des Services publics, dans un communiqué. Même son de cloche du côté de la gauche visant association des parents d’élèves FCPE : « Nous ne comprenons pas cette urgence. Il est question de défaire ce qui vient d’être fait », déplore Liliana Moyano, présidente de la FCPE. La représentante des parents d’élèves siège au CSE, qui est une instance uniquement consultative, et compte ne pas voter les décrets du ministre. Pourtant le bilan est dramatique puisque va 20 à 30 % des élèves de CM2 ne maîtrisent pas correctement les fondamentaux.  Plus de 4 millions d’enfants sont scolarisés à l’école élémentaire, la quasi-totalité l’ont d’ailleurs été dès leur troisième anniversaire. L’enseignement y est gratuit est obligatoire, mais son niveau décline depuis plusieurs décennies. En moyenne, sur une même dictée, un élève de CM2 en 2017 fait 8 fautes de plus qu’en 1987. Résultat, selon le Ministère, 38% des élèves ne maitrisent pas les savoirs fondamentaux à leur entrée au collège, même si le phénomène ne touche pas tous les enfants uniformément. En effet, d’après la dernière enquête présentée par le Programme International de Suivi des Acquis (PISA), l’école est aussi le lieu où se creusent les inégalités. L’écart entre les enfants issus des milieux populaires et ceux nés dans un environnement plus favorisé est par ailleurs l’un des plus importants des 72 pays interrogés. Au centre de l’opposition, le calendrier imposé par Jean-Michel Blanquer, alors que la  Le programme d’Emmanuel Macron prévoit notamment d’autoriser les communes à choisir si elles le souhaitent de continuer d’appliquer la réforme des rythmes scolaires, qui a instauré une semaine de 4,5 jours en primaire. Cependant Le SNUipp-FSU, principal syndicat des professeurs des écoles et opposé à la semaine de 4,5 jours, a annoncé qu’il allait voter le décret sur les rythmes scolaires, mais précise que ce vote « ne constitue nullement un blanc-seing à la politique éducative du gouvernement ». « Le SNUipp-FSU n’est pas dupe d’un décret pressé par le calendrier électoral. Il se préoccupe de cette précipitation qui impose aux écoles, aux familles et aux collectivités locales des modifications importantes de la semaine scolaire à trois mois de la rentrée scolaire », déplore le syndicat dans un communiqué. « Ce décret orchestre également un désengagement de l’État dans le domaine du périscolaire sans se préoccuper de la situation de l’emploi de milliers de personnels territoriaux. » En plus de revenir sur les rythmes scolaires, Jean-Michel Blanquer a annoncé jeudi vouloir lancer dès cet été des stages pour les enfants arrivant au collège ainsi que la possibilité pour les collégiens de faire leurs devoirs à l’école après les heures de cours. « On aura recours à des professeurs volontaires payés en heures supplémentaires et à des assistants d’éducation (NDLR : les surveillants) dont le statut évoluera pour qu’ils deviennent de véritables assistants pédagogiques », a-t-il précisé dans le Parisien. Le ministre de l’Education compte aussi créer dès cette année environ 2.000 classes de CP de seulement 12 élèves dans les zones REP+, tout en assurant que « le taux d’encadrement des autres classes ne sera pas dégradé ». Si les syndicats reconnaissent que cette mesure va dans le bon sens, l’agenda du ministre « déstabilise », dit la présidente de la FCPE.

Brexit: Teresa May pourrait refuser tout accord

Brexit: Teresa May pourrait refuser tout accord

 

D’une certaine manière, Teresa May rejoint le camp des durs chez les conservateurs et déclare qu’elle pourrait tout simplement refuser tout accord avec l’union européenne si ce dernier lui paraît trop défavorable aux intérêts britanniques. Le différend porte surtout sur le calendrier. L’union économique veut d’abord négocier la rupture et ses conséquences financières. Bref l’Europe veut faire payer une facture de plusieurs dizaines de milliards au Royaume uni avant d’engager les conditions de la future négociation concernant les échanges commerciaux. Inversement La Première ministre britannique fait un préalable de cette négociation commerciale. C’est seulement si les conditions de cette négociation commerciale lui paraient satisfaisantes qu’elle acceptera ensuite de payer une facture.  pour l’instant, le bras-de-fer est entamée. En cause surtout les sélections tant au Royaume-Uni qu’en Allemagne qui ont tendance à favoriser les positions les plus radicales dans les deux camps. Notons que la position allemande est largement appuyée par la France ; Du coup,  La Première ministre britannique Theresa May a répété lundi qu’elle était prête à quitter la table des négociations sur le Brexit sans avoir obtenu d’accord avec l’Union européenne si les conditions d’un accord ne sont pas satisfaisantes pour la Grande-Bretagne. « Nous serons là pour négocier l’accord qui convient mais comme je l’ai dit aucun accord vaut mieux qu’un mauvais accord. Nous devons être prêts à nous désengager », a-t-elle déclaré lundi sur la chaîne de télévision Sky News.

 

 

Le choc de confiance préalable à tout

Le choc de confiance préalable à tout

 

Dans une  récente interview à la Tribune, Anne-Marie Idrac qui pourrait jouer un rôle important dans le prochain gouvernement, considérait  que la France avait besoin d’un choc de confiance.  Une confiance qui pourrait dynamiser la croissance et rendre les plus faciles à opérer « Il y a un énorme déficit d’explication. Pour la sécurité, l’environnement, le numérique, la défense de nos intérêts, il faut une Europe plus forte. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un choc de confiance. Les Français y sont prêts. Et c’est ce qu’Emmanuel Macron va leur apporter. » déclarait l’ancienne ministre des transports. Cette confiance bénéficie d’un bon alignement des planètes d’abord parce que la conjoncture est meilleure depuis avril après un premier trimestre assez décevant un peu partout dans le monde. Ensuite parce que l’élection de Macron a bénéficié d’un accueil très favorable de la part des principaux chefs d’État notamment de ceux  qui se trouve ainsi rassurés quant à l’avenir de l’union européenne. Cette confiance pourrait être de nature a boosté la croissance qui ainsi peut-être atteindre 2 % en 2017 au lieu des 1,3 % prévus. Or faire progresser le PIB de 1 % c’est  rendre réellement possible l’inversion du chômage par la création nette d’emplois dans le secteur privé. 1 % de croissance en plus c’est aussi le moyen de limiter les déséquilibres des comptes publics. Si la plupart des chefs d’entreprise sont convaincus de la logique économique il conviendra cependant de persuader ceux qui doutent et  ils sont nombreux. L’objectif est de  permettre l’appropriation  de la problématique des mutations en cours, de nos forces et de nos faiblesses des réformes à faire pour moderniser le pays. D’une certaine façon, la véritable urgence est peut-être dans la capacité à expliquer la complexité d’un monde en pleine transformation. Les élections législatives offrent peut- être l’opportunité de contribuer à ce travail d’explication car malheureusement les présidentielles ont été trop étouffées par les affaires et les outrances voire la vulgarité.

« Le vieux front républicain tout pourri » : la rhétorique d’une fascho vulgaire

 « Le vieux front républicain tout pourri » : la rhétorique d’une  fascho vulgaire

Jusque là peu ont dénoncé la grossièreté et surtout la vulgarité des propos de Marine Le Pen comme si elle bénéficiait d’uen sorte d’immunité intellectuelle et morale (comme l’immunité parlementaire dont elle use pour ne pas se rendre aux convocations de la justice). Finalement les observateurs se sont habitués à la rhétorique de marchande  de poissons et d’une certaine manière’ ont cautionnée. .Une rhétorique simpliste du type » plus c’est gros plus ça passe » et un vocabulaire de bistrot pour incarner la candidate du peuple qui a cependant un peu de mal à faire oublier qu’elle est la riche héritière de Jean-Marie Le Pen. Héritière du nom mais aussi du parti en infraction avec toutes les règles démocratiques et héritière de l’immense fortune de Jean-Marie Le Pen. Comme candidate du peuple, sociologiquement il y a plus pointu. Le vieux front républicain tout pourri est  cependant un principe essentiel dans nos sociétés modernes, il vise à préserver la démocratie et à s’opposer à toute dictature et pouvoir fascisant et raciste.  « Le vieux front républicain tout pourri, dont plus personne ne veut, que les Français ont dégagé avec une violence rare, essaie de se coaliser autour de M. Macron. J’ai presque envie de dire tant mieux ! » , a en effet lancé Mme Le Pen, en visite sur un marché à Rouvroy (Pas-de- Calais). Un marché elle n’a passé que 15 minutes, dommage car c’est là sa vraie place avec son vocabulaire provocateur, indigne et vulgaire. On n’en vient évidemment à regretter le père coutumier lui aussi d’incartades scandaleuses  mais au moins cultivé même si les fondements idéologiques de Jean-Marie Le Pen sont encore davantage condamnables.  Ceci étant,  il est bien difficile d’identifier  avec précision la philosophie de Marine Le Pen qui s’appuie en même temps sur l’étatisme gauchisant de Philippot et la réaction  fascisante de groupuscules d’extrême droite. Des contradictions qui ne semblent ne pas troubler l’’ame de Marine Le Pen dont l’état se nourrit surtout du pouvoir, de l’argent et de la haine.

Présidentielle : remettre en cause les 3% de déficit public et même tout concept de déficit !

Présidentielle : remettre en cause les 3% de déficit public et même tout concept de déficit ! 

Nombre de candidat à l’extrême gauche  Hamon, Mélenchon y compris et de l’extrême droite contestent  l’objectif des 3 % de déficit maximal pour le public défini par Bruxelles. Par parenthèse,  il faut signaler que cet objectif était inventé par un Français et avait été  proposé par la France ! Au-delà c’est  la mise en cause du  concept de déficit évidemment pour mieux s’affranchir des contraintes d’équilibre et financer  toutes les promesses faites sans tenir compte la croissance et des recettes fiscales encore moins de l’accumulation des déficits. Certes une gestion rigoureuse des équilibres financiers ne constitue pas l’objet premier d’une politique économique mais c’est une voie de passage obligé car de toute façon un jour ou l’autre il faut bien rembourser les dérives financières. Ce que fait déjà la France puisque le remboursement de la dette constitue le premier poste budgétaire, environ 125 milliards en 2016. Comme en 2015. Autant de moyens financiers qui ne peuvent être utilisé par exemple pour l’investissement destiné à la modernisation économique du pays. Une somme importante pourtant insuffisante pour réduire la dette  qui représente 100 % de la richesse annuelle soit environ 30 000 € par habitant ! En clair il s’agit de distribuer la richesse nationale alors qu’elle n’a pas encore été produite Selon les derniers chiffres de l’INSEE, le déficit public atteint 3,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2016, en légère baisse, tandis que la dette s’élève de son côté à 96% du PIB. Des données statistiques encore éloignées des critères de Maastricht établis en 1992.  La présidente du FN règle la question en quittant l’Union européenne et l’euro pour que la France retrouve sa souveraineté. Elle rejette à ce titre la règle européenne des 3%. Bien entendu elle fait l’impasse sur les conséquences catastrophiques d’un retour au franc qui se caractériserait par la ruine des épargnants et la baisse des salaires réels et des pensions content tenu de la dérive de l’inflation et de l’envol des taux. Une baisse immédiate de l’ordre de  20 %. Ce qui n’empêche pas la candidate du Front National de prévoir en plus un grand nombre de dépenses supplémentaires, en matière régalienne, fiscale, sociale et économique. Elle entend ainsi «rendre 40 milliards d’euros aux Français». Mais elle entend combattre les «mauvaises dépenses publiques» sur l’immigration, l’UE et la fraude. «60 milliards d’euros d’économies en cinq ans» selon le programme frontiste, sans tellement plus de précisions. Le FN partage avec Jean-Luc Mélenchon le principe d’augmenter le déficit public pour mieux le réduire ensuite. Benoît Hamon souhaite «imposer un moratoire sur le pacte budgétaire européen». «L’austérité est inefficace et contribue à augmenter la dette», se justifie le candidat socialiste qui précise que «ce moratoire durera jusqu’à l’approbation d’un pacte de stabilité réformé». Néanmoins, le député des Yvelines est de plus en plus mesuré sur la remise en cause des 3%.  Le candidat de la France insoumise estime que «la dette n’est pas le problème». A un moment il a même proposé de ne plus la rembourser avant de se raviser en proposant «une conférence européenne sur les dettes souveraines débouchant sur des moratoires, une baisse des taux d’intérêt, des rééchelonnements et annulations partielles» et «faire racheter la dette publique par la Banque centrale».

 

Croissance : tout juste comme en 2016 ?

Croissance : tout juste comme en 2016 ?

L’INSEE brosse un tableau relativement optimiste pour la croissance en 2017 mais se limite au premier semestre (plus 0, 3%  au premier trimestre et plus 0,5 au second. L’activité devrait ainsi retrouver « un rythme comparable à celui de ses voisins, après trois années de croissance plus faible que celle de la zone euro », souligne l’Insee dans ce document trimestriel, qui ne délivre pas à ce stade de prévision de croissance annuelle. Mais avec de tels chiffres, le prochain président héritera à la mi-2017 d’un « acquis de croissance » de 1,1 %, soit autant que sur l’ensemble de 2016, souligne l’Insee. Autrement dit, même en cas de croissance nulle au deuxième semestre, l’économie française enregistrerait une hausse de cette ampleur sur l’ensemble de l’année. Ces prévisions « confirment que l’hypothèse du gouvernement d’une croissance de 1,5 % en 2017 est sérieuse », s’est félicité dans un communiqué le ministre de l’Economie et des Finances Michel Sapin. De son côté, le taux de chômage, qui s’est replié à 9,7 % fin 2016 (10 % en France entière), reculerait à 9,5 % (9,8 %) au 1er trimestre 2017, avant de se stabiliser. L’indicateur, mesuré selon les normes du Bureau international du travail (BIT), retrouverait ainsi un niveau plus observé depuis le troisième trimestre 2012. Plusieurs facteurs expliquent la confiance de l’Insee dans la progression de l’activité dans l’Hexagone, qui avait connu une embellie au cours des trois derniers mois de 2016 après deux trimestres nettement plus moroses. D’une part, « le climat des affaires s’est encore amélioré depuis décembre, ce qui est propice à de nouvelles dépenses d’investissement des entreprises », a expliqué lors d’une conférence de presse Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture de l’Insee. Celles-ci devraient augmenter de 0,9 % au premier trimestre, favorisées en particulier par le dispositif de suramortissement qui prend fin en avril, puis ralentir à +0,5 % au cours des trois mois suivants. Reste cependant une interrogation celle du pouvoir d’achat qui devrait être grignoté à la fois par la remontée de l’inflation et par la hausse de la pression fiscale. Du coup, INSEE prévoit un tassement de la consommation des ménages au premier et deuxième trimestre. Tassement qui serait compensé au second semestre par un recours plus important à l’épargne. Une hypothèse qui pourrait toutefois être hypothéquée par les incertitudes concernant l’environnement politique.

 

Simplification/entreprises: tout reste à faire

Simplification/entreprises: tout reste à faire

Les sénateurs ne sont guère convaincus du mini plan de simplification décidée par le gouvernement. Et malgré les efforts du gouvernement, qui a annoncé 463 mesures de simplification depuis 2012, le résultat laisse à désirer, estiment les sénateurs.  »L’effectivité des mesures est loin d’être assurée (43 % des mesures annoncées par le Conseil de la simplification ne sont pas effectives), du fait d’une volonté politique défaillante du gouvernement, voire de blocages systémiques dus à la résistance de ceux à qui profite la complexité ou à l’inquiétude liée au changement », indiquent-ils. Effectivement le chaque qui avait été annoncé par François Hollande en mars 2013 n’a pas donné les résultats escomptés. En fait comme d’habitude ce micro choc de simplification ressemble à une auberge espagnole où chaque ministère a bien voulu mettre dans le pot commun de la simplification quelques  dispositions dont la plupart sont anecdotiques même si certaines peuvent être utiles. Ce ne sont pas quelques centaines de mesures qui peuvent être à la hauteur de l’enjeu. Le véritable problème c’est que la France est engluée dans dispositif réglementaire indémêlable qui découle des 10 500 lois et 130 000 décrets existants (record mondial) qui définissent les millions de contraintes auxquelles sont soumis entreprises et particuliers (il faut aussi prendre en compte la réglementation relevant de la responsabilité des collectivités territoriales.) Pourquoi une telle complexité ? Simplement parce que le pays compte trop de fonctionnaires inutiles qui comblent leur vide existentiel en imposant chaque jour de nouvelles réglementations. Une bureaucratie française qui s’ajoute en outre à celle de Bruxelles (de la France). Le caractère dérisoire du fameux choc de simplification se vérifie à la lecture des mesures prises. Au chapitre de la construction, le gouvernement propose par exemple d’autoriser les promoteurs à livrer des logements sans évier si l’acquéreur est d’accord,  Les entreprises funéraires n’auront plus besoin de mentionner leur statut ni leur capital dans leurs dépliants publicitaires. Les professionnels de la collecte du sperme des chevaux n’auront plus besoin d’une licence mais d’un simple « enregistrement conditionné par la détention du diplôme nécessaire à l’exercice de cette activité (…) ». : les millions d’automobilistes seront heureux d’apprendre qu’il sera possible de « simplifier, fusionner et dématérialiser les formulaires du permis de conduire » à partir du quatrième trimestre 2016. Tout choc  de simplification sera impossible tant que les fonctionnaires inutiles seront maintenus en fonction. La complexité administrative qui leur permet de vivre et de se développer est telle que les politiques d’abord n’y comprennent rien, ensuite sont incapables de la maîtriser.

 

 

PSG foot : tout changer

PSG foot : tout changer

 

Il se pourrait bien comme cela se murmure que l’émir du Qatar propriétaire du PSG opère une véritable révolution au sein du club parisien. Un club parisien en proie au doute le plus total et qui affiche des performances indigentes au regard de son statut, de ses moyens financiers et du salaire de ses joueurs. Rappelons que le salaire moyen d’un joueur professionnel de football en ligue 1 est de 50 000 € mensuels, ce qui est déjà considérable voire scandaleux au regard du salaire d’autres sportifs professionnels.  les joueurs du club parisien affichent un salaire en moyenne de leurs de 500 000 € par mois. Au-delà de ces chiffres qui montrent déjà le décalage entre les moyens financiers et la qualité du jeu. Il faudrait sans doute changer le président  qui visiblement n’a qu’une connaissance approximative du football et dont les derniers recrutements se sont révélés à la fois coûteux et catastrophiques. Aussi changer d’entraîneur car visiblement le coach actuel ne parvient à faire progresser aucun joueur pire ils contribuent à dégrader leurs potentiels de leur jeu. Il faudra sans doute aussi remodeler sérieusement cette équipe qui ce caractérise maintenant par une défense très fébrile, une attaque particulièrement maladroite et un milieu très inégal ou émerge seulement le seul joueur de classe internationale incontestée l’italien Verratti. Des erreurs de recrutement, des schémas tactiques discutables, un manque d’engagement et d’opportunisme qui conduit cette équipe à l’ambition européenne a se faire battre par des équipes aussi modestes que Guingamp ou Montpellier. La crise pourrait bien éclater si tôt après le match contre Barcelone en ligue des champions si le PSG produit face aux grands clubs espagnols la même prestation qu’il livre en ligue 1 ;  la correction pourrait être très sévère.

Sondage bilan Hollande : la loi Taubira c’est tout

Sondage bilan Hollande : la loi Taubira c’est tout

Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro, seule la loi Taubira recueille le soutien d’une majorité des Français (58%) (Aussi la création de la BPI (55%)). Il ne restera donc pas grand-chose de positif dans le bilan de François Hollande. 78% des Français jugent le bilan de François Hollande négativement. La sévérité à son égard traverse l’ensemble du corps électoral. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle de 2012 sont ainsi 81% à juger de façon négative son bilan et 94% pour ceux de Nicolas Sarkozy. Plus grave: ses propres électeurs émettent eux aussi majoritairement (51%) un jugement défavorable. «Ce résultat explique l’impasse de François Hollande face à une candidature en vue de 2017, analyse Bruno Jeanbart, directeur général d’OpinionWay. Ce sera aussi un élément important pour les candidats à la primaire. Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon ont été premier ministre ou ministres de François Hollande. Ils devront régler la question du bilan du quinquennat devant l’opinion.». De la même manière, 81% des sondés interrogés par OpinionWay estiment que Hollande n’a pas été fidèle à ses promesses de campagne. Là aussi, ses électeurs du premier tour sont majoritaires (57%) à ne pas juger leur candidat fidèle. Et pour expliquer ce jugement, les Français imputent ce non-respect des promesses au fait qu’elles étaient «non réalisables» pour 40% d’entre eux, que le candidat Hollande «n’avait pas l’intention de les tenir» (38%) et 21% seulement parce que «la situation économique l’en a empêché». «Ce résultat peut être vu comme une alerte aux différents candidats de la gauche, prévient Bruno Jeanbart. Les Français, comme l’a montré la primaire de la droite, sont très attentifs à la faisabilité des programmes.». Dans le détail, seule la lutte contre le terrorisme recueille l’approbation de 50% des Français. L’environnement (48%), la sécurité (41%), l’immigration (21%), la lutte contre le chômage (16%) ou le pouvoir d’achat (13%) sont en revanche loin de faire l’unanimité. Plus ennuyeux pour Hollande qui en a tiré les conséquences, certains domaines où la gauche est censée être la plus crédible comme la protection sociale, la justice ou l’éducation sont jugés très négativement. Finalement, la mesure qui réunit une large majorité large de Français (58%) est la loi Taubira sur le mariage pour tous

 

Primaire à droite : tout le monde s’est planté

Primaire à droite : tout le monde s’est planté

Inutile de tourner autour du pot, tout le monde s’est  planté aussi bien les observateurs que les sondeurs. Au mieux on prévoyait que des trois principaux candidats seraient très proches les uns des autres. En cause sans doute,  la difficulté des sondeurs pour élaborer un échantillon représentatif alors qu’on ne connaissait ni la composition ni le nombre des votants. Mais il ne s’agit pas seulement d’un problème méthodologique mais sans doute aussi d’une réaction aux  analyses et orientations des médias. D’une certaine manière c’est la troisième surprise électorale. Il y a d’abord eu le brexit dont la plupart prévoyait le rejet, ensuite l’élection de Trump  maintenant la très large victoire de Fillon au premier tour des primaires de la droite. Du coup,  il faut se demander si les sélecteurs manifestent aussi un certain rejet de l’opinion des dominante des médias sans doute un peu trop enfermés dans leur cercle parisien et loin des préoccupations réelles de la société. Rien ne dit qu’il n’y aura pas d’autres surprises de ce type. En effet il faut prévoir désormais que les médias vont annoncer que Fillon est pratiquement certain d’être président de la république. Or l’affaire est encore loin d’être pliée avec l’impact que pourrait avoir le scores d’abord de Marine Le Pen mais aussi de Mélenchon, de Macron  voir pourquoi pas d’un autre. Le score de Fillon révèle en tout cas un énorme besoin de démocratie dans le pays qui d’une certaine façon se rebelle contre la pensée dominante.

Valls : qu’est qui nous sépare ? … tout !

Valls : qu’est qui nous sépare ? … tout !

 

Curieux cet appel un peu tardif de Valls à ses principaux concurrents pour 2017. Il demande à Philippetti, Macron, Montebourg et Hamon ce qui les sépare. Ils feraient mieux de leur demander ce qui les unit, répond : rien !  En effet qu’y a-t-il de commun entre des crypto marxistes, des nationalistes, des sociaux démocrates et des libéraux. C’est d’ailleurs l’éternel problème du parti socialiste qui n’a jamais été capable de clarifier sa ligne idéologique et s’en est surtout toujours sorti avec des compromis bâtards qui évidemment n’ont pu résister à l’épreuve de la gestion.  du coup l’appel de Valls apparaît un peu désespéré car rien ne pourra réconcilier désormais les différentes personnalités qu’il évoque. D’autant plus que Manuel Valls lui-même a pris un malin plaisir à les démolir précisément pour faire éclater le parti socialiste. Manuel Valls a cependant lancé samedi un appel au rassemblement de la gauche en direction d’Aurélie Filippetti, Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron et Benoît Hamon, en leur demandant : « qu’est-ce qui nous sépare ? ». « Bien sûr, je connais nos débats et nos désaccords ».  »Je demande à Arnaud (Montebourg), Emmanuel (Macron), Benoît (Hamon), Aurélie (Filippetti) : qu’est ce qui nous sépare? », s’est interrogé le Premier ministre lors d’un discours prononcé à Tours devant des militants socialistes, nuançant ainsi son analyse d’il y a huit mois sur les « positions irréconciliables à gauche ».  »Bien sûr, je connais nos débats et nos désaccords, et il faut les assumer », a-t-il poursuivi. « Mais qu’est-ce qui nous rapproche d’abord ? D’avoir gouverné ensemble dans l’intérêt du pays et de partager des combats pour l’égalité (…) et des valeurs, celles de la République », a-t-il ajouté.- en oublianat que les personnalités avaient quitté le gouvernement justement pour des désaccords fondamentaux avec lui.  . Manuel Valls a insisté sur l’urgence de réunir cette gauche de gouvernement dans la perspective d’une présidentielle, qui s’annonce très difficile.  »La gauche est la seule force capable de rassembler largement les Français au-delà des camps habituels. Ce sera l’enjeu du second tour. Nous devons y être, rien n’est acquis », a martelé le chef du gouvernement. « Nous devons donc réagir, réagir vite, réagir pour cesser de subir, réagir maintenant pour ne pas mourir demain », a-t-il lancé. « Unité d’abord, loyauté ensuite, courage enfin ».  »Mon rôle, c’est de rassembler », a lancé celui que plusieurs socialistes voient comme le candidat idéal pour la présidentielle.  »Unité d’abord, loyauté ensuite, courage enfin », a-t-il conclu avant d’appeler les militants à être « fiers. De ce que nous avons fait. Et de ce que nous devons encore faire pour la France et pour les Français ».

La vraie dynamique de Juppé : « tout sauf Sarkozy »

La vraie dynamique de Juppé : « tout sauf Sarkozy »

 

On  ne peut pas dire qu’il y ait véritablement une adhésion à la candidature d’Alain Juppé, c’est plutôt par défaut que les Français choisissent le maire de Bordeaux qui bénéficie d’une dynamique qui repose sur le « tout sauf Sarkozy. On objectera que le phénomène de choix par défaut n’est pas nouveau, il avait joué en faveur de Mitterrand par rapport à Giscard, en faveur de Chirac par rapport à Jospin et Le Pen, à Sarkozy par rapport à Ségolène Royal. À défaut d’offre politique satisfaisante,  on élimine ce qu’on ne veut pas voir arriver au pouvoir. D’où d’ailleurs des contradictions fondamentales dans ces élections. . En effet l’élu se croit investi pour appliquer son programme alors qu’en réalité c’est le refus des orientations de l’adversaire qui l’ont fait élire. Pas vraiment une adhésion consciente.  D’après l’Obs, 39% expliquent que leur vote serait un moyen d’empêcher Nicolas Sarkozy de remporter la primaire, et 28% iront aux urnes afin d’éviter un second tour Sarkozy-Le Pen au second tour de la présidentielle. 10% d’entres eux le feront car ils apprécient Alain Juppé. « Il y a des déçus du ‘hollandisme’ qui, parfois, avaient voté pour Sarkozy précédemment. S’ils veulent venir vers nous, ils sont les bienvenus », avait appelé Alain Juppé lors du premier débat de la primaire, appuyant sur son rôle de rassembleur.  Une attitude que combat le PS à travers les déclarations de ses cadors, à l’image de son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, qui avait déclaré au Figaro : « Alain Juppé aux primaires, c’est Marine Le Pen aux législatives« . Une tentative de diabolisation de celui qui constitue une menace pour la gauche en vue de la présidentielle. Julien Dray et Najat Vallaud-Belkacem ont eux aussi exprimé leur souhait de ne pas voir les électeurs de gauche se rendre aux urnes pour choisir le candidat du camp opposé, au risque de fausser le résultat. Un point de vue partagé par Nicolas Sarkozy qui refuse de s’adresser à eux, dénonçant « parjure », « compromission » et « déloyauté » à longueurs de discours.

Le Cice a sauvé ou créé « probablement » 50.000 ou 100.000 emplois….. ou rien du tout

Le Cice a sauvé ou créé « probablement » 50.000  ou  100.000 emplois….. ou rien du tout

 

 

Très libéral pendant toute une période pour servir les intérêts de Valls, France Stratégie tourne à gauche dans le cadre de la campagne électorale ; Exemple l’évaluation du CICE. Encore une évaluation tout à fait fantaisiste d’un organisme (France Stratégie, ancien commissariat au plan)  rattaché au Premier ministre. Une évaluation fortement teintée politiquement puisqu’elle conclut que le CICE aurait soit sauvé, soit créé 50 000 à 100 000 emplois. Notons d’abord l’ampleur de la fourchette qui démontre à l’évidence qu’il s’agit de calcul de coin de table destiné surtout à montrer l’efficacité du CICE. De toute manière,  ces types d’évaluation reposent le plus souvent sur la méthode du doigt mouillé. Scientifiquement il est impossible de mesurer avec précision l’effet  d’une mesure économique tout simplement parce qu’on ne dispose pas d’une période de référence. Pour être pertinen, t il faudrait en effet comparer la même période sans CICE avec la même période avec CICE. Tout ce qu’on sait  que ce fameux CICE,  mal ciblé et mal ficelé ( il a peu profité aux PME ),  constituait quand même une mesure de baisse de la fiscalité. Une baisse de fiscalité qui a forcément contribué à améliorer la trésorerie des entreprises et en même temps l’emploi. Le reste est littérature car il est impossible de faire un chiffrage des mesures.  L’effet baisse du coût du travail du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi a permis de sauver ou de créer 50.000 à 100.000 postes en France au cours des deux première années de son existence, selon les approximations  du comité de suivi du Cice. Le rapport est un empilement de bla-bla avec chiffres et graphiques mais qui ne répondent pas avec pertinence à la question de son impact réel sur l’emploi ; témoin les précautions oratoire sur l’  évaluation.  « Deux grandes questions méthodologiques émergent de ce bilan annuel. La première est de savoir dans quelle mesure le CICE doit être appréhendé comme une réduction du coût du travail. L’analyse détaillée de ses mécanismes opérationnels et de la perception qu’en ont les acteurs économiques conduit à s’interroger sur la pertinence de son assimilation à une baisse du coût du travail. Le fait que les entreprises semblent le destiner en priorité à l’investissement renforce cette interrogation. Ce point sera important pour la démarche d’évaluation car celle-ci devra déterminer de quelle manière le CICE a pu affecter l’emploi : principalement via un effet direct de la réduction du coût du travail, à l’instar des allègements généraux de cotisations sociales ? Ou plutôt en conséquence de ses effets sur les comportements d’investissement et de fixation des prix ? La deuxième question est de savoir si les écarts entre les montants estimés de CICE sur la base des données sociales et les montants comptabilisés fiscalement résultent de différences de comportement entre entreprises. L’enjeu sera par ailleurs de savoir si c’est la créance, et son anticipation, qui affectent les décisions économiques, ou si les effets de trésorerie prédominent »

 

Autre précaution oratoire du rapport de 2016 :

«  Le comité de suivi du Cice admet que des incertitudes pèsent sur l’évaluation de l’impact de ce dispositif. » Il estime cependant, sans doute au pif, que le Cice « a conduit à une amélioration sensible des marges des entreprises » et juge « probable un effet direct de l’ordre de 50.000 à 100.000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014. » La commission des finances du Sénat avait dressé dans un rapport rendu public en juillet un bilan très mitigé du Cice, jugé trop complexe et à l’efficacité incertaine pour un coût budgétaire élevé.

(vivent les sciences économiques !)

Le Cice a sauvé ou créé 50.000 à 100.000 emplois….. ou rien du tout

Le Cice a sauvé ou créé 50.000 à 100.000 emplois….. ou rien du tout

 

 

Très libéral pendant toute une période pour servir les intérêts de Valls, France Stratégie tourne à gauche dans le cadre de la campagne électorale ; Exemple l’évaluation du CICE. Encore une évaluation tout à fait fantaisiste d’un organisme (France, ancien commissariat au plan)  rattaché au Premier ministre. Une évaluation fortement teintée politiquement puisqu’elle conclut que le CICE aurait soit sauvé, soit créé 50 000 à 100 000 emplois. Notons d’abord l’ampleur de la fourchette qui démontre à l’évidence qu’il s’agit de calcul de coin de table destiné surtout à montrer l’efficacité du CICE. De toute manière ces types d’évaluation reposent le plus souvent sur la méthode du doigt mouillé. Scientifiquement il est impossible de mesurer avec précision l’effet  d’une mesure économique tout simplement parce qu’on ne dispose pas d’une période de référence. Pour être pertinent il faudrait en effet comparer la même période sans CICE avec la même période avec CICE. Tout ce qu’on sait  que ce fameux CICE,  mal ciblé et mal ficelé,  constituait quand même une mesure de baisse de la fiscalité. Une baisse de fiscalité qui a forcément contribué à améliorer la trésorerie des entreprises et en même temps l’emploi. Le reste est littérature car il est impossible de faire un chiffrage des mesures.  L’effet baisse du coût du travail du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi a permis de sauver ou de créer 50.000 à 100.000 postes en France au cours des deux première années de son existence, selon les approximations  du comité de suivi du Cice. Le rapport est un empilement de bla-bla avec chiffres et graphiques mais qui ne répondent pas avec pertinence à la question de son impact réel sur l’emploi ; témoin les précautions oratoire sur l’  évaluation.  « Deux grandes questions méthodologiques émergent de ce bilan annuel. La première est de savoir dans quelle mesure le CICE doit être appréhendé comme une réduction du coût du travail. L’analyse détaillée de ses mécanismes opérationnels et de la perception qu’en ont les acteurs économiques conduit à s’interroger sur la pertinence de son assimilation à une baisse du coût du travail. Le fait que les entreprises semblent le destiner en priorité à l’investissement renforce cette interrogation. Ce point sera important pour la démarche d’évaluation car celle-ci devra déterminer de quelle manière le CICE a pu affecter l’emploi : principalement via un effet direct de la réduction du coût du travail, à l’instar des allègements généraux de cotisations sociales ? Ou plutôt en conséquence de ses effets sur les comportements d’investissement et de fixation des prix ? La deuxième question est de savoir si les écarts entre les montants estimés de CICE sur la base des données sociales et les montants comptabilisés fiscalement résultent de différences de comportement entre entreprises. L’enjeu sera par ailleurs de savoir si c’est la créance, et son anticipation, qui affectent les décisions économiques, ou si les effets de trésorerie prédominent »

 

Autre précaution oratoire du rapport de 2016 :

«  Le comité de suivi du Cice admet que des incertitudes pèsent sur l’évaluation de l’impact de ce dispositif. » Il estime cependant, sans doute au pif, que le Cice « a conduit à une amélioration sensible des marges des entreprises » et juge « probable un effet direct de l’ordre de 50.000 à 100.000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014. » La commission des finances du Sénat avait dressé dans un rapport rendu public en juillet un bilan très mitigé du Cice, jugé trop complexe et à l’efficacité incertaine pour un coût budgétaire élevé.

(vivent les sciences économiques !)

«Tout pour la France» : le catalogue électoral de Sarkozy

 «Tout pour la France» : le catalogue électoral de Sarkozy

 

Comme c’est la tradition dans son livre « tout pour la France » Sarkozy arrose les différentes catégories sociaux professionnelles mais sans grande idée nouvelle et surtout sans grande réforme à la hauteur des enjeux. Bref du bricolage pour séduire et du déjà-vu.

 

LE TRAVAIL

• Il prône le rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées. «Oui, nous rétablirons la liberté de donner des heures supplémentaires et nous confirmerons leur défiscalisation, car il s’agit d’un cercle vertueux que celui qui permet de gagner plus lorsqu’on travaille davantage», explique Nicolas Sarkozy.

• Il souhaite également, pour chaque entreprise, la liberté de négocier le temps de travail, à la condition de rémunérer le temps de travail supplémentaire. «Il s’agira d’un choix libre et responsable. Il n’y aura plus une durée unique du travail hebdomadaire. […] Il n’existera que deux conditions», explique l’ancien chef de l’État. La première: obtenir l’accord des salariés de l’entreprise, via référendum en l’absence d’accord avec les représentants syndicaux. La seconde: concernant la rémunération, «cela sera donc 35 heures payées 35, 36 payées 36, 37 payées 37… Je sais que, dans ma famille politique, certains ne partagent pas cette idée, et souhaitent que les salariés restent payés pour 35 heures, même s’ils passent à plus de 35 heures par semaine. J’y suis totalement opposé: je suis toujours un fervent partisan du travailler plus pour gagner plus, pas pour gagner moins.»

• Les entreprises bénéficieront en outre d’un nouveau barème de charges incitatif: «Martine Aubry avait mis en place un système perverti: moins on travaillait, plus il y avait d’allégement de charges. Je souhaite la procédure inverse, plus on travaillera, plus il y aura d’allégements de charges», défend Nicolas Sarkozy.

• Il invite aussi à une refondation du dialogue social dans l’entreprise, avec la suppression du monopole syndical de présentation des candidats au 1er tour d’une élection. Le délégué syndical, pour être nommé, devra avoir été élu préalablement lors d’une élection professionnelle.

Il propose de supprimer «purement et simplement» le seuil de 11 salariés pour les délégués du personnel. Et invite à une fusion de l’ensemble des instances de représentation du personnel au-delà de 50 salariés. Le compte pénibilité serait aussi supprimé.

• Il incite par ailleurs à étendre la loi sur le service minimum à d’autres secteurs d’activité: transports aériens, énergie (centrales nucléaires).

SUR LA FISCALITÉ

• Nicolas Sarkozy, qui accorde une place cruciale, dans son programme économique, à la fiscalité, prévoit la suppression de l’ISF, malgré un coût de 4,5 milliards d’euros. Mais, il faut choisir, assure-t-il, entre l’Europe et l’ISF: «L’Europe ou l’ISF? On peut, en effet, vouloir un impôt spécifique pour les plus riches, mais, dans ce cas, il faut sorti de l’Europe».

• Une baisse «immédiate, dès juillet 2017, de 10 % de l’impôt sur le revenu» est également au menu. «Je veux dire à tous ceux qui, dans ma famille politique, ne croient pas possible cette baisse d’impôt, qu’il y aurait une grande incohérence pour nous à dénoncer les augmentations d’impôts socialistes alors que nous sommes dans l’opposition et à les conserver une fois revenus au pouvoir», insiste Nicolas Sarkozy.

 Non-taxation des successions des classes moyennes

«Il est normal de pouvoir transmettre en franchise [d'impôts] son patrimoine à ses enfants», estime-t-il. «Si je suis élu, je souhaite que nous reprenions le système allemand, avec cette règle simple: pas de taxation des successions en ligne directe jusqu’à 400 000 €» par part.

 Les transmissions d’entreprise doivent être favorisées

«La transmission d’entreprise fera l’objet d’une exonération de 85%, voire d’une exonération totale, si l’activité est maintenue pendant cinq ans au minimum, avec le maintien de la majorité des emplois correspondant.»

 Exonération des charges au niveau du SMIC et doublement du CICE

«Je souhaite une exonération totale des charges au niveau du SMIC, qui diminuerait pour s’annuler progressivement à 1,6 SMIC. Cette mesure sera couplée à la transformation du fameux CICE, tellement complexe que la plupart des petits chefs d’entreprise le qualifient d’usine à gaz, en une véritable baisse de charges, permanente, gravée dans le marbre, intégralement ciblée sur les bas salaires.» «Voilà pourquoi je souhaite doubler le montant des sommes aujourd’hui dédiées au CICE. Il s’agira donc de pas moins de 34 milliards d’euros.»

«La suppression de toutes les charges patronales sur les salaires versés à un emploi à domicile au niveau du SMIC permettra de lutter contre le travail au noir» et «cet effort pour les familles sera de l’ordre de 1 milliard d’euros et représentera une baisse de 20% du coût payé par la famille», précise Nicolas Sarkozy.

FONCTION PUBLIQUE

• Le temps de travail sera augmenté. Toutes les fonctions publiques feront au moins 35 heures par semaine. Pour l’État, le temps de travail passera à 37h, payées 37.

Nicolas Sarkozy n’oublie pas la nécessaire réduction des effectifs : il annonce une reprise de l’effort de réduction de l’emploi public, d’au moins 300 000 emplois en 5 ans, forces de sécurité exonérées

RETRAITE

• Passage de l’âge de la retraite à 63 ans en 2020 puis 64 ans en 2025. 64 donc, et pas 65. Parce que «65 ans soulèvera tellement d’opposition que le Président qui voudra le mettre en place négociera en contrepartie un calendrier de mise en œuvre lointain, sans compter toutes les contreparties multiples qui seront concédées pour faire accepter aux Français l’âge de 70 ans pour ceux qui n’auront pas tous leurs trimestres», lit-on dans «Tout pour la France».

TRAVAIL LE DIMANCHE

• «Je suis partisan de la liberté de travailler le dimanche, à condition que les salariés soient mieux payés que durant les jours de semaine, et que cela soit sur la base du volontariat». «Le cadre que je mettrai en place consistera à donner la possibilité au chef d’entreprise de consulter directement ses salariés par référendum pour passer outre l’opposition syndicale», prévient Nicolas Sarkozy.

DROIT DU TRAVAIL

• Il ne s’agit pas, assure le candidat à la présidentielle, de «donner un permis de licencier à n’importe quel moment et à n’importe quelle situation», mais la condition de réorganisation de l’entreprise doit permettre le licenciement économique. Les indemnités de licenciement économiques seront plafonnées et barémisées, en encadrant les délais de recours et de contentieux.

SOLIDARITÉ

 L’État, prévient Nicolas Sarkozy, reprendra le pilotage de l’UNEDIC, lourdement déficitaire, pour rétablir ses finances. «Ce paritarisme […] l’une des causes de l’immobilisme français.»

• La dégressivité des indemnités chômage sera de – 20% au bout de 12 mois, puis – 20% au bout de 18 mois.

• L’obligation d’accepter une offre raisonnable d’emploi, sous peine de suspension, sera davantage contrôlée.

• Sera créée une aide sociale unique fusionnant le RSA, l’aide au logement et la prime d’activité, plafonnée à 75% du SMIC.

DÉPENSES PUBLIQUES

• Il est impératif, selon Nicolas Sarkozy, de «réduire nos dépenses publiques de 100 milliards d’euros sur le prochain quinquennat, pour pouvoir financer dans le même temps la baisse des prélèvements obligatoires et la réduction de notre endettement public.»

FISCALITÉ DE L’ÉPARGNE

• «Les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières seront soumis, sur option, à un prélèvement forfaitaire libératoire au taux unique de 26% tout compris. Ce prélèvement couvrira donc non seulement l’impôt sur le revenu, mais aussi les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.). Les revenus fonciers seront quant à eux soumis à un prélèvement forfaitaire libératoire sur option de 33,3%, là aussi prélèvements sociaux inclus.» (p113)

• Les plus-values immobilières redeviendront exonérées à partir de 15 ans (contre 22 ans partiellement et 30 ans totalement).

UBÉRISATION

• À propos des taxis: «ceux qui ont, dans un passé récent, acheté une licence […] devront être progressivement indemnisés».

 

(Le Figaro)

 

Qu’attendre La loi Travail : rien du tout ! (Guillaume Sarlat)

Qu’attendre La loi Travail : rien du tout ! (Guillaume Sarlat)

Guillaume Sarlat est polytechnicien et inspecteur des Finances, il dénonce la démarche et l’efficacité de la loi travail dans une interview au Figaro.

 

Depuis trois semaines, le projet de loi du gouvernement dit «loi Travail» fait l’actualité politique et économique en France. Il faut dire que le scénario est riche et les acteurs hauts en couleur. Un texte qui fuite sous différentes versions avant qu’il ne soit formellement présenté. Une Ministre qui ne connaît pas très bien le droit du travail. Une concertation précipitée et organisée à chaud. Un conseiller de la Ministre qui démissionne de son cabinet parce qu’il est opposé au texte. Des négociations avec un syndicaliste étudiant encore en licence à 27 ans. Un rétropédalage en urgence sur l’utilisation du 49-3, puis sur une partie du texte lui-même…

Avec la perspective des présidentielles, la question qui accapare les débats est: est-ce que cette séquence est bonne pour François Hollande? En apparence non. Comme souvent depuis 4 ans, c’est l’amateurisme et l’impréparation qui dominent à première vue, sur un projet de loi pourtant présenté comme majeur. Mais à l’analyse, le bilan pour François Hollande est plus positif qu’il n’y paraît.

 

Ce projet de loi lui permet de faire diversion.

D’abord, ce projet de loi lui permet de faire diversion. François Hollande s’était engagé à inverser la courbe de chômage et à ne se représenter en 2017 que s’il y parvenait. Or il est maintenant clair qu’il n’y aura pas d’inflexion dans la dynamique du chômage d’ici à l’élection présidentielle: l’économie française ne crée pas assez d’emplois. Grâce au rapport de Robert Badinter et d’Antoine Lyon-Caen sur le droit du travail, François Hollande a replacé le débat sur un terrain qu’il maîtrise: la loi. Il pourra dire qu’il a agi jusqu’au dernier moment contre le chômage, même si les résultats n’ont pas été là.

Ensuite, ce projet de loi affaiblit la position des Républicains. En baissant massivement les charges sociales sur les bas salaires avec le CICE puis le pacte de responsabilité et de solidarité, Hollande avait déjà emprunté aux Républicains l’une de leurs mesures économiques phares. Avec la simplification du droit du Travail, c’est leur deuxième priorité économique qu’Hollande fait sienne, condamnant les candidats aux primaires de la droite à se prononcer ces derniers jours en faveur de la loi Travail.

Ce projet de loi renforce également la position de François Hollande en cas de primaire à gauche car Manuel Valls et Emmanuel Macron, ses deux seuls concurrents sérieux, soutiennent ce projet de loi et donc sont engagés à ses côtés.

Enfin, en réduisant le 14 mars la portée du texte par rapport à ses premières versions, François Hollande peut se targuer d’avoir tenu compte de l’opinion des Français: dans les sondages portant sur la première mouture du texte, deux personnes interrogées sur trois disaient en effet y être défavorables. Ce nouveau texte permettra aux soi-disant «frondeurs» du Parti Socialiste et aux partenaires sociaux, en mal de soutiens et de mobilisation, de sauver la face en disant qu’ils ont obtenu des concessions. Et il permettra à François Hollande de dire qu’il réforme la France sans la brutaliser, ce qui pourra être utile le moment venu face à Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou Marine Le Pen.

Ce projet de loi est donc sans doute un bon coup tactique pour Hollande. Certes. Mais la question à se poser est plutôt: est-ce une bonne réforme pour l’économie française et les Français?

Qu’y a-t-il dans cette loi finalement? Diverses mesures qui viennent diminuer les droits des salariés, notamment sur le temps de travail, les heures supplémentaires, les congés ou encore la mécanique des accords avec le patronat, où les accords d’entreprises devraient désormais primer sur les accords de branches ; la création d’un référendum d’entreprise ; et un recours plus facile au licenciement économique, les difficultés des entreprises étant désormais appréciées au plan national. Le plafonnement obligatoire des indemnités de licenciement, déjà censuré dans le cadre de la loi Macron par le Conseil constitutionnel, a en revanche été retiré du projet de loi.

Que peut-on attendre de cette loi pour la croissance et l’emploi en France ? En pratique très peu de choses, voire rien du tout.

Que peut-on attendre de cette loi pour la croissance et l’emploi en France? En pratique très peu de choses, voire rien du tout.

Si la croissance faible et le chômage de masse en France provenaient d’un problème de compétitivité-prix, cela se saurait. Ces dernières années l’économie française a en effet bénéficié de 30 milliards d’exonérations de charges sociales supplémentaires sur les bas salaires, d’un pétrole à 30$, d’un euro autour de 1,1$ et d’une liquidité de la BCE chaque jour plus abondante. Sans que cela permette de créer des emplois en France. On imagine mal que des assouplissements marginaux du temps de travail ou des congés y arrivent.

La loi Travail n’est malheureusement qu’une nouvelle étape dans la politique low cost / low innovation en place depuis plusieurs dizaines d’années en France.

Les exonérations de charges sur les bas salaires ont été le pilier de cette politique depuis 1993 et les allègements Balladur, suivis des allègements Juppé en 1996, Aubry entre 1998 et 2002, Fillon entre 2003 et 2005, et bien sûr l’apothéose avec François Hollande et le CICE (2012) puis le pacte de responsabilité et de solidarité (2013).

Difficile désormais d’aller plus loin en matière d’exonérations de charges sociales sur les bas salaires, avec un budget de 50 milliards d’euros (premier budget des dépenses publiques, devant l’enseignement scolaire) et des charges sociales patronales désormais nulles au niveau du SMIC depuis le 1er janvier 2015.

C’est donc la déconstruction du droit du Travail qui a pris le relais dans la politique low cost / low innovation. Le droit du Travail était déjà moins protecteur qu’on ne peut le penser, notamment parce qu’il permet de contourner les droits offerts aux contrats à durée indéterminée (CDI) par les contrats de stagiaires et de CDD (contrats à durée déterminée, utilisables en cas de «surcroît d’activité» sans que celui-ci soit nécessairement exceptionnel). Et en 2008 Sarkozy a introduit la rupture conventionnelle et assoupli les règles d’organisation du temps de travail. Puis Hollande a assoupli le recours aux CDD en 2015 en autorisant deux renouvellements.

Ces politiques low cost / low innovation sont les piliers du libéralisme à la française, ce modèle très favorable aux grands groupes qui leur permet de se concentrer sur l’optimisation à court terme de leurs coûts, aux détriments des PME et des salariés, et de transférer tous leurs coûts sociaux à un Etat Samu social hypertrophié et inefficace.

Agir pour le Travail en France, c’est donc sortir de ce libéralisme à la française, en finir avec l’irresponsabilité sociale des acteurs économiques et notamment des grands groupes, et l’inefficacité des acteurs publics.

Les mesures d’une loi pour le Travail seraient donc bien différentes de la «loi Travail» qui nous est proposée aujourd’hui.

Une loi pour le Travail responsabiliserait les entreprises. D’abord en créant des contre-pouvoirs aux patrons, seuls maîtres à bord dans les entreprises. Ceci passe par le développement d’un véritable actionnariat salarié, aujourd’hui réduit à des dispositifs de défiscalisation et de rétention des cadres sans participation aux décisions de l’entreprise, et par une réforme de la gouvernance des entreprises françaises, aujourd’hui totalement déséquilibrée en faveur du patronat.

Ensuite, en responsabilisant les entreprises spécifiquement sur leurs comportements d’employeur, avec une modulation des cotisations sociales en fonction des impacts pour la collectivité de leurs politiques sociales: turnover, formations, licenciements etc.

Une loi pour le Travail moderniserait également les services publics liés à l’emploi.

L’inefficacité notoire de l’AFPA et de Pôle Emploi devrait conduire à s’interroger sur l’existence même non pas des services publics de la formation continue ou du placement, mais des opérateurs publics qui en ont la charge.

Et la complexité des règles fiscales et sociales devrait inviter à considérer un système de prélèvements plus simple, où les exonérations seraient l’exception et non la règle, pour une transparence et une facilité d’utilisation plus grandes, notamment pour les PME.

Les politiques, dont François Hollande et son gouvernement, sont tellement bien installés, depuis si longtemps et avec tellement de confort dans le libéralisme à la française qu’on ne peut rien attendre d’eux.

Il est également peu probable que le salut vienne des syndicats. Certes ils ont proposé il y a quelques jours dans la négociation une taxation des CDD pour responsabiliser les entreprises. L’objectif est bon, mais malheureusement la mesure est mauvaise: le fait d’utiliser des CDD n’est pas un mal en soi, si c’est justifié. Et ils ont également proposé que la «garantie jeunes», le nom d’emprunt du RMI jeunes créé par François Hollande, soit généralisée, dans la plus pure logique de l’Etat Samu social…

Avec ou sans la loi Travail, avec ou sans réélection de François Hollande, les politiques low cost / low innovation, la croissance faible et le chômage de masse ont donc encore de beaux jours devant eux…

 

 

Un nouveau permis de conduire tout aussi bidon

Un nouveau permis de conduire tout aussi bidon

À partir d’avril on connaîtra une nouvelle réforme du permis de conduire tout aussi bidon. L’objectif officiel de cette réforme applicable  à partir d’avril est de réduire les coûts et les délais d’attente. Un coup particulièrement excessif pour les jeunes puisqu’il se situe entre 1500 et 2 000 €. L’attente, elle, pourrait être diminuée ; elle est aujourd’hui d’environ 100 jours soit le double de la moyenne européenne. Pour cela on envisage une externalisation des examens y compris en ayant recours par exemple à la Poste. Sur le fond cela ne changera pas grand-chose et le permis sera toujours aussi inadapté à la préparation à la conduite. En effet connaître la réglementation ou le maniement des instruments de conduite ne suffit pas. Il y a déjà des dizaines et des dizaines d’années que l’ancien pilote de course Jean-Pierre Beltoise avait préconisées que l’examen pratique soit effectué sur circuit afin de mesurer les compétences à la gestion des risques. D’une certaine manière on peut donc considérer cette réforme comme du bricolage. Pour preuve des modifications complètement anecdotiques voir surréalistes. En effet À compter du 18 avril prochain, la nouvelle banque de photos destinée aux examens du code sera soumise aux candidats. Ce toilettage qui permet de dépoussiérer ce stock ancien intègre de nouveaux clichés avec vues aériennes mais aussi, et c’est nouveau, des vidéos. Par ailleurs, le volume des diapositives augmente passant de 700 aujourd’hui à 1015. Compte tenu de l’enjeu la l’enseignement concernant la sécurité routière devrait être intégrée dans le processus de formation des élèves  et cet enseignement sanctionné par un diplôme gratuit. Ne resterait alors à la charge du candidat conducteur que le coût de l’épreuve pratique à passer dans les conditions proches du réel. Avec la loi moi qu’on va peut-être gagner en rapidité mais pas forcément en qualité. La loi Macron prévoit en effet de redéployer les inspecteurs du permis de conduire pour essayer de le diviser par deux. C’est pourquoi l’examen du code de la route et du permis poids lourds pourra être confié à des organismes privés agréés, comme La Poste. Selon le gouvernement, cet aménagement va permettre de libérer 170000 places.  À compter du 1er juin, le candidat au code paiera 30 euros. 

Des forces d’intervention rapides dans tout le pays ?

Des forces d’intervention rapides dans tout  le pays ?

 

Le ministre de l’Intérieur propose que   »les forces d’intervention rapide, celles du GIGN en ce qui concerne la gendarmerie, du Raid et de la BRI en ce qui concerne la police nationale, soient réparties (…) de manière à ce que la totalité du territoire national soit couvert par la présence de ces forces ».  Il a demandé au directeur général de la gendarmerie nationale Denis Favier, au directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone, et au préfet de police de Paris Michel Cadot de « réfléchir à la mise en place d’un schéma d’emploi qui permettrait d’atteindre notamment cet objectif », a précisé son entourage. Le ministre avait déjà annoncé le 11 janvier l’implantation de quatre nouvelles antennes régionales du GIGN, des pelotons d’intervention interrégionaux de gendarmerie (PI2G). Ils seront basés à Nantes, Tours, Reims et Mayotte. « Le niveau de menace est au moins aussi élevé » que le 13 novembre ou en janvier 2015, a estimé Bernard Cazeneuve. Il suffit de « regarder l’actualité pour constater que chaque jour au cours de la semaine qui vient de s’écouler, des violences, des attentats, des tentatives de crimes motivés par des considérations terroristes, ont eu lieu en France, au Burkina Faso, en Turquie ».

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