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Guerre en Ukraine : Biden s’engage progressivement vers une guerre totale

Guerre en Ukraine : Biden s’engage progressivement vers une guerre totale

 

 

L’activisme américain dans le conflit en Ukraine, marqué ces derniers jours sur le terrain par des livraisons massives d’armes lourdes comme au niveau de la rhétorique, ravive les questions, souligne dans sa chronique Gilles Paris, éditorialiste au « Monde ».

 

La visite à Kiev est devenue, deux mois après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, un marqueur politique occidental. Elle met en valeur ceux qui y sont les bienvenus, comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et sanctionne les responsables dont le comportement passé a été jugé trop accommodant avec la Russie de Vladimir Poutine. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui n’a pas été considéré comme le bienvenu par son homologue Volodymyr Zelensky, en a fait l’amère expérience.

La speaker (présidente) démocrate de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi, est à ce jour la plus haute représentante de son pays à l’avoir effectuée le 30 avril, moins d’une semaine seulement après la visite conjointe, tout aussi significative, du secrétaire d’Etat Antony Blinken et du secrétaire à la défense Lloyd Austin. Sur place, le premier avait évoqué une nouvelle aide massive américaine. Elle a été concrétisée le 28 avril avec l’annonce par le président Joe Biden d’un plan massif de 33 milliards de dollars (environ 31 milliards d’euros), dont les deux tiers consacrés à des approvisionnements en armes.

Le revirement est total après le choc créé aux Etats-Unis par l’évacuation mal préparée et mal exécutée des forces américaines encore présentes sur le sol afghan, en août 2021. Ce fiasco avait été considéré comme le résumé dévastateur de deux décennies de guerres sans fin, en Afghanistan puis en Irak. Malgré l’humiliation infligée par les talibans, comparable à celle provoquée par la chute de Saïgon, en 1975, personne aux Etats-Unis n’en avait pourtant remis en cause le principe. Le pays, disait-on, était fatigué de faire la guerre.

Un peu plus de sept mois plus tard, un tout autre état d’esprit règne à Washington. Après des premières semaines extrêmement prudentes de la part de l’administration de Joe Biden quant à l’ampleur du soutien qu’elle pouvait consentir, il est alimenté par une résilience ukrainienne inattendue, ainsi que par les résultats discutables obtenus par l’armée russe.

Plusieurs ressorts expliquent cet activisme américain. Le premier relève de l’évidence : il est plus facile de s’enrôler dans une guerre par procuration, sans que la vie d’un seul soldat américain soit en jeu sur ce théâtre d’opérations. Le second n’est pas moins important. Pour la première fois sans doute depuis longtemps, les Etats-Unis sont convaincus d’être inattaquables et d’avoir l’histoire pour eux. Enfin, un soutien décisif peut permettre de restaurer en partie un crédit mis à mal par la déroute essuyée à Kaboul.

Pas de risques de guerre totale ?

Pas de risques de   guerre totale ?

 

 

Depuis le 24 février, ce que nous racontent les marchés financiers peut paraitre anecdotique. Et en vérité, ça l’est. Que la bourse s’écroule ne devrait pas nous émouvoir. Mais, il se trouve que la bourse ne s’écroule pas. Karl Eychenne, stratégiste et économiste. reconnaît toutefois que cette relative sérénité repose davantage sur une opinion que sur une réelle connaissance.

 

En Europe, les marchés d’actions ont récupéré tout ou presque de ce qu’ils avaient perdu depuis le début du conflit. Aux États-Unis, c’est encore mieux puisque les marchés sont en hausse de près de 5 % depuis cette date. Finalement, seuls les marchés émergents semblent encore sonnés par la déflagration, le marché russe ayant été carrément fermé. Que faut-il penser de cette suffisance des marchés d’actions alors que l’Europe tutoie le néant ?

Imaginons que les prix des actifs financiers nous disent quelque chose d’intelligent, on en déduit alors que les investisseurs ne semblent pas inquiets quant à l’évolution du conflit en cours. Certes, il y eut bien ce moment de stupeur au début du conflit, avec des marchés d’actions perdant près de – 10 % en une semaine. Puis très vite, les investisseurs ont décidé que les marchés n’iraient pas plus bas, rachetant les actifs financiers qu’ils avaient vendu. En clair, l’escalade n’a jamais semblé être le scénario retenu par les investisseurs. Pourquoi ?

Il ne faut jamais prêter une attention excessive à ce qui se cache dans le prix d’un actif financier. Les marchés sont un observatoire et non pas un conservatoire, on ne doit pas chercher à en déduire de grandes vérités à partir de grandes théories. Le risque de surinterprétation y est aussi fréquent que chez le critique d’art contemporain.

Il faut dire que l’on trouve de tout dans le prix d’un actif financier : des anticipations, des émotions, et bien entendu un peu beaucoup d’irrationalité. Dès lors, la résilience des marchés d’actions face à l’évènement reçoit plusieurs interprétations possibles : force tranquille du sachant, effroi de l’ignorant, hébétude de l’imbécile heureux. Difficile de choisir quel est le bon visage de l’investisseur. De la même façon, le visage du penseur laisse toujours planer un doute : est-il en train de méditer ou de somnoler ? Jules Renard avait bien une petite idée :

« il ne disait rien, mais on savait qu’il pensait des bêtises ».

Faisons l’hypothèse de l’investisseur qui pense. Celui qui fait des anticipations rationnelles par exemple, il ne connait pas la fin de l’histoire, mais il la déduit : « si l’on applique toutes ces sanctions économiques, la Russie va bien finir par plier, et le conflit sera terminé. » On a affaire alors à un investisseur de type Laplacien, qui prétend connaitre la trajectoire de la bourse de manière déterministe, juste parce qu’il connait les conditions initiales du problème. Cet investisseur déduit que l’escalade du conflit ne peut pas avoir lieu, car la Russie pliera avant. Fort de sa démonstration il anticipe alors que les marchés d’actions ne vont pas rester à peigner la girafe : les marchés doivent repartir vers le haut, ce qu’ils font effectivement.

Pas si naïf que cela en vérité. Il faut dire que la finance théorique propose un peu le même genre de raisonnement. En cas de crise sévère, l’investisseur serait fondé de vendre ses actions, car elles sont devenues extrêmement volatiles. Cela dit, il n’en vendra pas trop finalement, car la meilleure protection contre une baisse du marché… c’est de le détenir.

On ne rit pas, cette pirouette intellectuelle suppose que toute baisse du marché génère ce que l’on appelle des conditions favorables à son rebond (John Cochrane : Portfolios for long-term investors). Une crise fait baisser le prix courant, mais ne fait pas baisser le prix « final ». Ce prix final c’est celui qui reflète la valeur intrinsèque de l’action, sa vraie valeur en quelque sorte. Dès lors, vous produisez un potentiel de performance significatif entre le prix courant qui a baissé, et le prix final qui lui est resté stable. Il suffit juste d’être patient afin de laisser le temps au prix courant de converger vers le prix final, tout cela à condition bien entendu que la guerre totale n’ait pas lieu, sinon le prix courant n’aura jamais le temps de converger vers le prix final…

Ainsi donc, l’extrême complaisance des marchés d’actions face au tragique ne semble pouvoir se justifier que parce que le pire est écarté de l’horizon des possibles. Le pire ne peut advenir. Donc, il n’adviendra pas.

Mais l’Histoire de la finance n’est pas très sympathique avec l’argument de l’investisseur qui pense. Au mieux elle lui reconnaitra qu’il pense mal. Au pire, elle avancera que la probabilité de l’hypothèse de l’investisseur stupide « confine de façon extraordinaire à la certitude », pour paraphraser Orest Chwolson ce physicien russe des années 30. Plus élégamment, une autre Histoire de la finance se contentera de dire qu’il est bien difficile de séparer le bon grain de l’Ivrée : on ne sait pas si c’est l’investisseur qui est stupide, ou le modèle appliqué pour tester la stupidité de l’investisseur (tests d’hypothèses jointes).

Nous concernant, ces toutes dernières remarques signifient que la relative sérénité des marchés d’actions durant ce conflit ne peut être attribuée avec certitude à de l’hébétude de l’investisseur, mais que cela y ressemble quand même pas mal.

Cela dit, même si la confiance affichée par les marchés fait tiquer, on peut au moins leur reconnaitre une certaine forme de cohérence dans leurs propos. Ainsi, on remarquera que la hiérarchie des rendements observés sur les différentes classes d’actifs est assez cohérente avec l’intuition. Par exemple, les marchés d’actions américains se sont bien mieux comportés que les marchés européens davantage exposés au conflit. En termes de choix de valeurs, il y eut une préférence nette pour les valeurs de l’énergie (pétrole, gaz…) au détriment des valeurs bancaires et de l’automobile jugées les plus vulnérables. Enfin, les investisseurs ont cherché à se débarrasser de leurs obligations gouvernementales, dans un scénario où l’inflation galopante, la vraie cette fois, pouvait amener les Banques Centrales à durcir davantage leurs politiques monétaires.

Ainsi donc, à partir du moment où vous acceptez la prémisse de non fin du monde, tout le reste se déduit naturellement et semble assez cohérent. Faut-il accepter cette prémisse ? Oui, semble indiquer la relative sérénité affichée par les marchés. Mais comme nous l’avons vu, cette sérénité ressemble davantage à une opinion qu’à une réelle connaissance.

Une nuance dont le philosophe Theodor Adorno avait déjà relevé les méfaits :

« L’opinion s’approprie ce que la connaissance ne peut atteindre pour s’y substituer. Elle élimine de façon trompeuse le fossé entre le sujet connaissant et la réalité qui lui échappe ».

Ukraine : la Russie choisit la guerre totale

Ukraine : la Russie choisit la guerre totale

 

Directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales), l’historien Thomas Gomart, auteur notamment de Guerres invisibles (Tallandier, « Texto », 2021), analyse la stratégie de Vladimir Poutine et ses répercussions sur les équilibres mondiaux. (Le Monde)


L’invasion de l’Ukraine est-elle une « guerre totale » différente des autres conflits qui ont secoué l’est de l’Europe depuis la fin de la guerre froide ?

Sur le plan strictement militaire, elle vise à créer le « choc et l’effroi ». C’est un tournant en raison de l’ampleur des moyens militaires et de la conduite politique de la guerre. Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, puissance nucléaire et spatiale de tout premier plan, la Russie agresse l’Ukraine dans sa totalité, huit ans après avoir annexé la Crimée et déstabilisé le Donbass.

Depuis 2014, la Russie conduit principalement des guerres invisibles, c’est-à-dire sous le niveau de la guerre, par des moyens indirects. Ce qui la caractérise désormais, c’est la combinaison entre l’hybridité – cyber à haute dose, désinformation, opérations spéciales, coercition militaire, tout en jouant la diplomatie – et l’invasion mécanisée à grande échelle de son voisin.

Vladimir Poutine menace « de conséquences comme il n’en a jamais vu dans son histoire » tout pays qui se mettrait en travers de sa route. Ce faisant, le président russe délivre un message nucléaire explicite, mais attire aussi notre attention vers l’espace ou la haute mer.

 

Le risque est-il réel ?

 

Evidemment. Tout d’abord pour les Ukrainiens, qui jouent la survie de leur Etat, et leur indépendance. Ensuite, cette guerre a déjà de multiples effets, notamment de modifier la grammaire nucléaire. Pour la France, l’arme nucléaire est fondamentalement une arme de non-emploi. Or, les doctrines nucléaires d’autres pays, comme la Russie, évoluent depuis plusieurs années en envisageant des formes de bataille nucléaire, c’est-à-dire d’éventuels usages tactiques de l’arme. Cela doit aussi nous conduire à penser latéralement, c’est-à-dire envisager « ces choses que personne n’a jamais connues » évoquées par Vladimir Poutine.

 

En novembre 2021, la Russie a, par un tir de missile, détruit en orbite l’un de ses vieux satellites pour montrer qu’elle était prête désormais à la guerre dans ou via l’espace exo-atmosphérique. Ainsi, montre-t-elle son refus de voir son territoire scanné en permanence par les Occidentaux. Quelles seraient les conséquences de la destruction d’un nombre X de satellites qui nous rendrait aveugles et sourds ? Quelles seraient les conséquences de la coupure de, par exemple, 20 % des câbles sous-marins par où transitent les données ? On ne le sait pas.

 

La Russie dans une logique de guerre totale

Directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales), l’historien Thomas Gomart, auteur notamment de Guerres invisibles (Tallandier, « Texto », 2021), analyse la stratégie de Vladimir Poutine et ses répercussions sur les équilibres mondiaux.

L’invasion de l’Ukraine est-elle une « guerre totale » différente des autres conflits qui ont secoué l’est de l’Europe depuis la fin de la guerre froide ?

Sur le plan strictement militaire, elle vise à créer le « choc et l’effroi ». C’est un tournant en raison de l’ampleur des moyens militaires et de la conduite politique de la guerre. Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, puissance nucléaire et spatiale de tout premier plan, la Russie agresse l’Ukraine dans sa totalité, huit ans après avoir annexé la Crimée et déstabilisé le Donbass.

Depuis 2014, la Russie conduit principalement des guerres invisibles, c’est-à-dire sous le niveau de la guerre, par des moyens indirects. Ce qui la caractérise désormais, c’est la combinaison entre l’hybridité – cyber à haute dose, désinformation, opérations spéciales, coercition militaire, tout en jouant la diplomatie – et l’invasion mécanisée à grande échelle de son voisin. Vladimir Poutine menace « de conséquences comme il n’en a jamais vu dans son histoire » tout pays qui se mettrait en travers de sa route. Ce faisant, le président russe délivre un message nucléaire explicite, mais attire aussi notre attention vers l’espace ou la haute mer.

Evidemment. Tout d’abord pour les Ukrainiens, qui jouent la survie de leur Etat, et leur indépendance. Ensuite, cette guerre a déjà de multiples effets, notamment de modifier la grammaire nucléaire. Pour la France, l’arme nucléaire est fondamentalement une arme de non-emploi. Or, les doctrines nucléaires d’autres pays, comme la Russie, évoluent depuis plusieurs années en envisageant des formes de bataille nucléaire, c’est-à-dire d’éventuels usages tactiques de l’arme. Cela doit aussi nous conduire à penser latéralement, c’est-à-dire envisager « ces choses que personne n’a jamais connues » évoquées par Vladimir Poutine.

En novembre 2021, la Russie a, par un tir de missile, détruit en orbite l’un de ses vieux satellites pour montrer qu’elle était prête désormais à la guerre dans ou via l’espace exo-atmosphérique. Ainsi, montre-t-elle son refus de voir son territoire scanné en permanence par les Occidentaux. Quelles seraient les conséquences de la destruction d’un nombre X de satellites qui nous rendrait aveugles et sourds ? Quelles seraient les conséquences de la coupure de, par exemple, 20 % des câbles sous-marins par où transitent les données ? On ne le sait pas.

Présidentielle : pour une transparence totale des comptes de campagne

Présidentielle : pour une transparence totale des comptes de campagne

 

Dans une tribune au « Monde », les deux responsables d’associations anticorruption, Patrick Lefas et Elise Van Beneden, estiment que l’élection est fragilisée par les menaces qui pèsent sur sa sincérité.

 

Tribune.

 

Alors que la plupart des candidats à la présidentielle sont désormais déclarés, à l’exception d’Emmanuel Macron, président en exercice dont la candidature ne fait cependant guère de doute, ce scrutin majeur de la Ve République est fragilisé par les menaces qui pèsent sur sa sincérité, c’est-à-dire sur l’égalité des conditions de la compétition, tant pour le financement des campagnes électorales que pour l’accès aux médias audiovisuels.

L’affaire Bygmalion est un symbole criant de cette vulnérabilité. Comment parler de confiance citoyenne quand il est encore si facile de contourner les règles du jeu, la Constitution interdisant par exemple à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) de contrôler les dépenses des partis politiques alors qu’eux-mêmes sont autorisés à financer les campagnes de leurs candidats ?

Comment ne pas s’inquiéter pour notre démocratie si un candidat élu et, dès lors, protégé par son immunité présidentielle devait voir ses comptes de campagne invalidés ?

Comment accepter qu’un petit nombre de donateurs finance une grande part des dépenses d’un candidat en bénéficiant d’une réduction fiscale de 66 % dans la limite de 20 % de leur revenu imposable ? [Les dons consentis par chaque personne à un ou plusieurs partis ne peuvent pas excéder 7500 euros.]

Comment ne pas s’interroger sur la manière dont les médias interprètent l’équité des temps de parole pendant les campagnes électorales, dans le respect du pluralisme des courants d’idées et d’opinions ?

Nous, associations agréées contre la corruption et les atteintes à la probité, avons formulé des propositions pour supprimer les angles morts du financement des campagnes présidentielles :

  • Renforcement des pouvoirs d’investigation, des moyens et de l’indépendance de la CNCCFP ;
  • Mise en place d’un contrôle en temps réel, pendant la campagne, des comptes de campagne des candidats et extension de ce contrôle aux comptes des partis politiques qui les soutiennent ;
  • Accès public aux comptes de campagne sans limite de durée ;
  • Extension des droits de partie civile des associations anticorruption dans les procès liés au financement de la vie politique.

Nous n’avons pas été entendues. Les mesures adoptées par les lois du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique ont posé d’utiles garde-fous, mais n’ont pas traité l’essentiel.

Il est crucial d’ouvrir une réflexion sur les pouvoirs à conférer au Conseil constitutionnel de manière à prononcer l’inéligibilité du candidat élu en cas de manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, comme c’est le cas pour les élections législatives.

 

École : en grève quasi totale demain

École : en grève quasi totale demain

 

La paralysie risque d’être quasi totale demain suite à l’appel des syndicats d’enseignants qui protestent surtout contre la complexité et l’inefficacité du protocole Covid.

Majoritaire dans le primaire, le Snuipp-FSU a lancé vendredi dernier un appel à la grève nationale pour le 13 janvier afin d’«obtenir les conditions d’une école sécurisée sous Omicron». Il a été rejoint par la plupart des autres syndicats enseignants, SE-Unsa, Snes-FSU, Snalc, CGT Educ’action, SUD Éducation, FO et le Sgen-CFDT.

«Non seulement le protocole actuel ne protège pas les élèves, les personnels et leurs familles mais de plus il désorganise complètement l’école. Ainsi, contrairement aux affirmations gouvernementales répétées, ce n’est pas l’école qui est ouverte mais une forme de  »garderie »», dénonce le Snuipp-FSU.

Selon le syndicat, «dans les conditions actuelles, les élèves ne peuvent pas apprendre correctement, leur nombre étant très fluctuant et l’enseignement hybride entre présentiel et distanciel impossible à mettre en œuvre». Le Snuipp-FSU pointe aussi «le non-remplacement des enseignants et enseignantes malades qui devient intenable».

Ainsi, il dit qu’il «mettra tout en œuvre pour que le gouvernement entende enfin la colère des personnels. Après le 13 janvier, si besoin, il proposera de nouvelles mobilisations unitaires face au mépris gouvernemental, pour la sécurité sanitaire de l’école et le nécessaire recrutement de personnels». «Cette colère des personnels n’est pas un épiphénomène conjoncturel mais prend racine à la fois dans l’incapacité doublée d’incompétence à gérer la crise sanitaire à l’école et aussi plus globalement dans la politique éducative conduite depuis cinq ans qui abîme l’école et méprise les personnels», assure le syndicat.

Amazonie: Jusqu’à la destruction totale

Amazonie: Jusqu’à la destruction totale

Dans un grand entretien au « Monde », l’archéologue Stéphen Rostain explique à quel point l’Amazonie a été transformée par les Amérindiens durant des millénaires, et pourquoi cet héritage, qui s’est discrètement inscrit dans le paysage, est ignoré, afin de poursuivre l’exploitation de ces territoires jusqu’à leur destruction.
Stéphen Rostain est archéologue. Directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans le laboratoire Archéologie des Amériques, il a longtemps vécu et travaillé en Guyane et en Equateur, où il a dirigé plusieurs programmes interdisciplinaires et internationaux. Ses travaux ont radicalement changé le regard que l’on avait sur le monde précolombien d’Amazonie. Il s’est particulièrement intéressé à l’analyse du paysage à travers une approche faisant appel à l’écologie historique. Sous ses dehors sauvages, l’Amazonie est en fait une terre « domestiquée », rappelle-t-il.Baroudeur empruntant le plus souvent des chemins accidentés, imprévus, Stéphen Rostain est l’auteur d’une trentaine de livres pour moitié scientifiques et l’autre moitié à destination du grand public. Ses ouvrages les plus récents sont Amazonie, l’archéologie au féminin (Belin, 2020), qui a reçu le Grand Prix du livre d’archéologie, et La Forêt vierge d’Amazonie n’existe pas (Le Pommier, 268 pages, 23 euros), paru cette année. Il revient pour Le Monde sur son engagement et sa profonde admiration pour ces peuples amérindiens qui ont toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel. Un milieu qui fait face, insiste-t-il, à une destruction systématique menée, depuis trois siècles, par les sociétés occidentales.

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Passe sanitaire dans les centres commerciaux : une confusion totale

Passe sanitaire dans les centres commerciaux : une confusion totale

. On ne peut pas dire que le conseil d’État ait beaucoup clarifié la situation relative aux conditions de contrôle du pass sanitaire dans les centres commerciaux. On peut même dire que les réticences du conseil d’État apportent davantage de confusion que de clarification. Dans son avis rendu lundi, le Conseil d’Etat souligne donc que la présentation d’un pass sanitaire dans les centres commerciaux est « susceptible de concerner tout particulièrement l’acquisition de biens de première nécessité, notamment alimentaires ». Le gouvernement a annoncé dés hier soir vouloir maintenir l’obligation de présenter un pass sanitaire dans certains centres commerciaux dont la taille sera définie par décret, en tenant compte de l’avis du Conseil d’Etat sur le sujet, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. « Le pass pourra être requis dans les centres commerciaux dès lors que sera garanti l’accès aux biens de première nécessité à l’échelle du territoire », a indiqué M. Attal qui reprend ainsi textuellement l’avis du conseil d’État déjà confus mais sans l’éclairer aucunement.

Cette dernière déclaration a ajouté à la confusion générale sur l’application des mesures et suscité la colère des représentants des centres commerciaux qui ont dénoncé lundi soir l’ »énorme imbroglio » induit par les annonces gouvernementales autour du pass sanitaire qui s’imposera ou pas en fonction de la présence à proximité de commerces de première nécessité.

Camions diesel: Interdiction totale au Royaume-Uni dès 2040 !

 Camions diesel: Interdiction totale au Royaume-Uni dès 2040 !

Alors que l’Europe dans le cadre de son plan climat s’apprête à interdire la production des seules automobiles à moteur thermique à partir de 2035, le Royaume-Uni annonce l’interdiction totale de circulation des camions diesels à partir de 2040. Notons que pour l’Europe pour l’instant l’interdiction à partir de 2035 concerne la production et non la totalité de la circulation automobile thermique.

Boris Johnson en difficulté sur le plan économique et politique s’investit donc particulièrement sur les questions environnementales pour redorer son blason. Ainsi par exemple a-t-il fixé déjà la conversion totale du parc automobile britannique faire l’électrique des 2027.

Ces annonces du Royaume-Uni sont aussi à mettre en lien avec le fait que le Royaume-Uni hébergera la COP26 en novembre et que Boris Johnson veut se montrer plus vert que l’Europe.De toute manière ces annonces paraissent particulièrement prématurées pour des questions pratiques et techniques. Mais pour Boris Johnson ce qui compte le plus souvent ces davantage l’effet d’annonce que le contenu même de ses propres orientations. 

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Régionales : faillite totale de l’État pour l’envoi des plis électoraux

Régionales : faillite totale de l’État pour l’envoi des plis électoraux

 

Dans de nombreuses régions les électeurs potentiels ont dû se passer de l’information officielle concernant les élections régionales et départementales. En cause, le fait que la distribution habituellement assurée par la Poste a cette foie été sous-traitée à un exploitant incapable de remplir sa mission.

 

Une carence d’État qui a pu peser sur une élection locale vis-à-vis de laquelle nombre d’électeurs ne comprenne pas grand-chose quant aux compétences respectives des départements et des régions. Pas plus qu’ils ne connaissent d’ailleurs leur représentant  dans la circonscription où ils votent.

 

On se demande pour quelle raison avoir retiré cette mission à la Poste qui sans doute est l’administration la plus compétente compte tenue du maillage de son réseau de distribution. Sans doute pour quelques sous à la demande d’un énarque qui a voulu faire du zèle lors du dépouillement d’un appel d’offres ?

 

Pour cette simple raison, le vote mériterait d’être annulé car les électeurs ne sont pas à égalité devant l’information surtout lorsqu’il s’agit d’une échéance ou pas un électeur sur 10 n’est en capacité d’indiquer de façon même approximative les responsabilités respectives du département et de la région.

 

De ce point de vue les élections locales sont proches de la caricature aussi bien dans leur déroulement quantique qu’en ce qui concerne la participation par rapport aux inscrits et encore pire par rapport à la totalité du corps électoral potentiel incluant les non-inscrits. Le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a été auditionné cette semaine par la commission des Lois du Sénat au sujet des dysfonctionnements constatés au 1er tour et il le sera de nouveau mardi par la commission des Lois de l’Assemblée nationale.

La condamnation des « boites noires » sur les voitures relève de l’irresponsabilité totale

La condamnation des « boites noires » sur les voitures relève de l’irresponsabilité totale

«La voiture n’est pas qu’un instrument de liberté, c’est aussi l’occasion de déployer un esprit d’autonomie», estime le philosophe et universitaire américain Matthew Crawford , passionné de mécanique qui condamne l’installation de boîtes noires sur les voitures. Visiblement l’intéressé comme la plupart d’ailleurs des grands médias qui évoquent le sujet ignorent totalement que ces boîtes dites noires ne sont pas inspirées de l’aviation mais des poids-lourds. En effet le chronotachygraphe–désormais numérique–existe depuis des dizaines et des dizaines d’années et permet de suivre les conditions de conduite pendant toute la durée du parcours. C’est  de cette manière que les poids-lourds et les autocars ont pu devenir les véhicules les plus sûrs de la circulation automobile.

 

Les propos de l’universitaire américain sont d’une irresponsabilité désarmante. Pour preuve cette déclaration dans le Figaro:

Matthew CRAWFORD. - Comme dans tant d’autres domaines, la sécurité permet de justifier ce qui finit par être un transfert de souveraineté à une entreprise technocratique qui, en général, ne répond de rien démocratiquement. Comme d’habitude, on le justifie en évoquant les moins honnêtes d’entre nous. Il y a des conducteurs imprudents et incompétents. Mais en faire la base d’une règle générale, c’est proposer une vision irréellement basse des capacités humaines. C’est un genre d’infantilisation qui s’installe.

 

 

Europe de la défense : une illusion totale

Europe de la défense : une illusion totale

 

Le rapport deux députées Natalia Pouzyreff (LREM) et Michèle Tabarot (LR) sur la politique de défense met en évidence le fiasco total voir l’hypocrisie dans ce domaine. En clair , l’Europe se veut une des grandes puissances mondiales qui compte mais sans défense commune laissant un peu chaque pays décider de ses relations diplomatiques voire militaires. L’exemple le plus édifiant étant sans doute l’affaire de la présence de la France au Mali et de la force Barkhane. La France est en effet de plus en plus isolée et les moyens complètement insignifiants au regard de l’immensité du territoire à couvrir (10 fois plus que la France avec 5000 militaires !).

Nombre de pays en plus se satisfont parfaitement du bouclier américain et ne font rien développer une industrie européenne de l’armement «  : les acquisitions d’armements auprès des États-Unis se sont multipliées, en contradiction avec plusieurs engagements de la CSP ( Coopération structurée permanente (CSP), et le respect des engagements opérationnels se heurte aux réticences des États-membres.

Société-La remise en cause totale de notre système de santé

Société-La remise en cause totale de notre système de santé

 

La pandémie du coronavirus a causé déjà des milliers de morts en France, et son pic est encore loin d’être atteint. On s’aperçoit soudain que notre système de santé recèle de graves faiblesses. Constat de Claude Sicard, économiste et consultant international.

Nos hôpitaux manquent gravement de respirateurs, nous n’avons que très peu de masques pour satisfaire les besoins des personnels exposés, et les personnels hospitaliers sont totalement débordés. Par ailleurs, notre industrie est incapable de produire ne serait ce que les tests de dépistage du virus, et nous n’avons pas de fabricant de respirateurs alors que les Allemands en ont deux et les Suisses un, qui est le plus réputé mondialement. Aussi, Martin Hirsch, le directeur de l’Assistance publique et des hôpitaux de Paris s’est-il vu obligé de lancer, le 25 mars dernier, un appel angoissé à l’aide, indiquant que la situation était alarmante : « Je n’ai plus qu’une visibilité de 3 jours seulement », a-t-il averti.

Jusqu’ici, les Français s’étaient laissés bercer par l’idée que notre système de santé était l’un des meilleurs du monde, et les enquêtes d’opinion montraient, effectivement, que le public était tout à fait satisfait de la qualité des soins dans notre pays.

Un sondage Odexa effectué en mai 2019,par exemple, indiquait que parmi les personnes ayant eu à fréquenter ces deux dernières années un hôpital, le taux de satisfaction atteignait 86 %. Et, dans la population, en général, le service de santé français, dans cette même enquête, se révélait jouir d’une très bonne image, le taux de satisfaction étant de 71 % pour le secteur public, et de 77 % pour le secteur privé.

Face donc à la crise actuelle, les faiblesses de notre système de santé apparaissent soudain au grand jour. Déjà, d’ailleurs, depuis le mois de mai 2019, avons-nous pu assister à de nombreuses grèves des personnels soignants dans les hôpitaux, et tout particulièrement dans les services d’urgence de nombreux établissements publics. Et l’on a vu, récemment, mille chefs de service ont démissionné de leur fonction d’encadrement pour protester contre l’absence de réponse à leurs revendications. La Cour des comptes, elle même, dans un rapport de février 2019, n’avait pas manqué de lancer, de son côté, un cri d’alarme disant que notre système de santé est « à bout de souffle ». Ainsi donc, Emmanuel Macron, à l’occasion de sa visite, le 25 mars à Mulhouse à l’hôpital de campagne installé en urgence par l’armée dans le parking de l’hôpital Emile Muller, s’est il vu obligé d’annoncer, pour calmer les inquiétudes, le lancement prochain d’« un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières ». Marcel Gauchet, dans un excellent article dans Le Figaro du 26 mars, nous dit : « Toute les crises ont un effet de loupe », et il s’interroge : « Sommes nous, réellement, parmi les meilleurs du monde ? Nous l’avons été, mais nous ne le sommes probablement plus ».

Il nous faut donc voir par où pèche notre système de santé, un système qui se trouve complètement débordé aujourd’hui par l’épidémie du coronavirus. Et il nous faut, pour cela, effectuer quelques comparaisons avec des pays voisins, car on ne peut pas raisonner d’une manière abstraite : nous retiendrons, pour cela, quatre pays proches de nous, deux ayant un PIB/tête sensiblement inférieur au nôtre, et deux qui se trouvent soit au même niveau, cas de la Grande-Bretagne, soit légèrement au-dessus, cas de l’ Allemagne.

Les dépenses de santé en France

Généralement, les économistes, pour caractériser les dépenses de santé des pays, retiennent le ratio « Dépenses santé/PIB », et l’on a, alors, les chiffres suivants :

Dépenses de santé/PIB

Espagne : 9,1 %

Italie : 9,0 %

France : 11,1 %

Grande-Bretagne : 9,9 %

Allemagne : 11,0 %

Il nous parait plus judicieux de corréler les dépenses de santé des pays avec les PIB/tête, et c’est ce que montre le graphique ci-dessous où les dépenses par habitant sont celles données par l’OCDE pour 2018 :

Corrélation PIB/capita-dépenses de santé/tête (US$)

 

 

Cette approche présente le mérite de pouvoir définir une norme, celle-ci étant donnée par l’équation de la droite de corrélation. On voit sur ce graphique que nos dépenses de santé par personne se trouvent nettement au dessus de la droite de régression, et son équation indique que nous avons un excès dépenses qui se monte à 8,9 % , ce qui représente au niveau national la somme de 23 milliards d’euros.

Le nombre de lits

De nombreuses statistiques existent sur le nombre de lits d’hôpitaux par pays :nous retiendrons les données de l’OCDE :

Nombre de lits/1.000 habitants

Espagne : 2,5

Italie : 3,0

France : 6,5

Grande-Bretagne : 2,3

Allemagne : 8,0

La France n’est donc pas en sous équipement à cet égard. Dans les pays pauvres, on en est à seulement 2 lits pout mille habitants. Mais dans les pays plus riches que nous les chiffres ne sont guère différents : la Suisse qui est le pays le plus riche d’Europe, en est à 4,2 seulement.

La France et l’Allemagne constituent des cas à part : ce sont des pays où les soins hospitaliers tiennent une place très importante dans leur système de soins.

La consommation de médicaments

Nous nous en référerons, ici aussi, aux données de l’OCDE :

Consommation de médicaments /personne (2017)

(En US $ )

Espagne : 403,8

Italie : 527,7

France  : 502,0

Grande-Bretagne : 403,8

Allemagne : 596,6

L’Allemagne qui est le pays le plus riche de ceux figurant sur ce tableau est à un niveau supérieur au nôtre. La France se situe, elle, sensiblement à sa place, dans cette comparaison. Dans les pays pauvres comme la Turquie ou le Chili on en est à une consommation de 200 à 230 euros par habitant, mais dans les pays plus riches que nous les consommations ne sont pas supérieures à la nôtre : la Suède en est à 484,9 dollars, et la Norvège à 501,5 dollars.

Toutefois, dans le cas de la France, il existe une particularité : la consommation d’antibiotiques est anormalement élevée, avec 30,3 g pour 1 000 habitants, contre 14,1 g pour l’Allemagne, et 19,6 g pour la Grande-Bretagne. Les Pays-Bas, quant à eux, en sont à 10,4 g seulement pour 1 000 habitants.

Les personnels de santé

Les données, en ce qui concerne les personnels de santé, sont suivies régulièrement par l’OCDE. Elles sont les suivantes :

Personnel pour 10 000 habitants

Médecins                       Infirmiers                   Dentistes

Espagne                         33                                    76                                    5

Italie                               37                                     72                                    6

France                            34                                     80                                    7

Grande-Bretagne           23                                    128                                  10

Allemagne                      34                                      80                                    8

 

La France parait être tout à fait dans la norme ; en Grande-Bretagne, il y aurait donc pénurie de médecins, et cela expliquerait le ratio élevé d’infirmiers ou autres assistants médicaux. Quant aux pays pauvres, ils en sont à 12 à 15 médecins pour 10 000 habitants, et à 25 personnels infirmiers pour 10 000 habitants.

Les équipements de pointe

On dispose de peu de données dans ce domaine, et nous avons relevé les suivantes :

IRM                                    Capacité d’accueil en soins intensifs

(Année 2015)                                   (Nb de lits/100.000 hab)

Espagne                     737                                                          10,0

Italie                        1 715                                                           12,5

France                        836                                                          12,0

Grande-Bretagne       467                                                           7,0

Allemagne              2 747                                                           30,0

 

En 2018, en France, le nombre d’équipements en IRM avait certes progressé, et l’on en était arrivé à 960 appareils ; en scanners, selon les dernières statistiques connues, on en était à 1.103 appareils en France, contre 2.023 en Italie, et 2.866 en Allemagne. La France, et davantage encore la Grande-Bretagne, apparaissent donc comme des pays fortement sous-équipés ; l’Allemagne, par contre, est remarquablement dotée.

Les hôpitaux

Les statistiques en cette matière, sont très diverses, et seulement une comparaison avec l’ Allemagne parait possible :

Nombre d’hôpitaux         Nombre de lits         Nombre de lits/hôpital

France                         3 044                        450 000                        148

Allemagne                  1 400                        640 000                          457

 

Dans le cas de la France, il faut faire une séparation entre le secteur privé et le secteur public :

Capacité hospitalière

Secteur Public                                                     60 %

Secteur privé lucratif                                           20 %

Secteur privé non lucratif                                    15 %

Autres                                                                   5 %

______

Total                                   100

Dans le secteur privé la taille des hôpitaux est généralement plus faible que dans le secteur public, et en introduisant cette distinction on aboutit pour le secteur public à une moyenne de 247 lits par hôpital. Mais cette moyenne n’est pas très significative car elle est la résultante de tailles très diverses dans les hôpitaux publics : il existe, en effet, 320 petits hôpitaux publics locaux qui auraient en moyenne 70 à 80 lits seulement, avec une structure comportant, par exemple, 14 lits médicaux,23 lits en SSR (soins de suite de réadaptation) et 36 lits en ULSD (Unité de soins de longue durée).

Par comparaison avec l’Allemagne, la France se caractérise donc par un plus grand nombre d’hôpitaux, mais des hôpitaux beaucoup plus petits, avec les inconvénients que cela entraîne en matière d’équipements de pointe à multiplier, et de frais de gestion. La proximité se paye par un sous équipement, et, au plan des personnels, par des effectifs globalement excédentaires mais mal répartis, plus, pour couronner le tout, des frais de gestion élevés (23 % supérieurs à la moyenne européenne).

La difficile situation financière des hôpitaux publics

La situation financière des hôpitaux publics en France est préoccupante, mais les personnels médicaux paraissent l’ignorer. Ils réclament toujours plus de moyens et dénoncent une « gestion comptable » de la santé en France : il est vrai que les 35 heures de Martine Aubry ont causé dans les hôpitaux publics beaucoup de dégâts. Depuis 2006, les comptes d’exploitation des hôpitaux publics présentent régulièrement des résultats négatifs, et, ces dernières années, il s’est agi de pertes considérables qui ont oscillé entre 600 et 800 millions d’euros chaque année.

Déficit annuel des hôpitaux publics (millions €)

2016 : 529

2017 : 850

2018 : 650

2019 : 900

 

Aussi la dette des hôpitaux publics s’élève-t-elle maintenant à 30 milliards d’euros, et elle coûte en frais financiers 850 millions d’euros chaque année.

Les investissements ont ainsi dangereusement chuté : ils ne sont plus à présent que de 2,5 à 3 milliards par an, alors que les charges d’amortissement s’élèvent à 6 milliards d’euros. Le flux d’investissement annuel est donc totalement insuffisant pour maintenir l’ensemble du dispositif en état correct de fonctionnement, et les directeurs d’hôpitaux s’en inquiètent, à juste titre. Ils ne cessent de tirer la sonnette d’alarme, estimant qu’il leur faudrait investir environ 8 % du chiffre d’affaires, soit 7 à 7,5 milliards d ’euros chaque année.

A propos de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, où il était demandé au secteur hospitalier une économie de 800 millions d’euros, Fréderic Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré : « Dans les faits, on va vers une mort lente de l’hôpital ».

L’Etat s’est donc finalement engagé à alléger la dette colossale des hôpitaux publics en en prenant à sa charge un tiers, soit 10 milliards d’euros, ce qui va quelque peu soulager les comptes d’exploitation de ces établissements.

Un besoin urgent de remise en cause du système hospitalier français

Le président de la fédération hospitalière française a déclaré dans une interview récente sur une radio : « On est à l’os ». Il est demandé, sans cesse, aux directeurs d’hôpitaux de faire des économies, mais sans que l’on s’attaque aux problèmes de fond qui sont de trois ordres : la structure du parc des hôpitaux en France, le statut des personnels, et le système de facturation des activités. Aussi, les quelques économies qui ont été faites (7 milliards d’euros en dix ans) n’y ont rien changé.

Au plan de la structure, tout d’abord : il y a beaucoup trop d’hôpitaux, et donc bon nombre d’entre eux sont de trop petits hôpitaux. Ils seraient à fermer, mais c’est extrêmement difficile, politiquement, car la population réagit vivement dès que l’on annonce la fermeture d’un hôpital de proximité. En Allemagne, on est passé de 2 258 hôpitaux en 1997 à 1 400 actuellement, et la fondation Bertelsmann considère qu’il faudrait en fermer 600, ce qui amènerait la moyenne à 800 lits/hôpital. Et certains spécialistes voudraient aller encore plus loin. Ainsi, en Belgique, Paul Otreppe, président de la Fédération belge des directeurs d’hôpitaux, a déclaré : « Pour être efficace, un hôpital doit avoir 2 000 lits ». L’hôpital Pompidou, à Paris, en a 1 452.

Le problème de la structure du réseau est donc fondamental, mais, au niveau du gouvernement, on n’ose pas l’aborder.

Au plan du statut des personnels, on sait qu’il s’agit du statut de la « Fonction publique hospitalière », un statut donc de fonctionnaire, avec les rigidités que cela représente pour les directeurs d’hôpitaux qui sont contraints de respecter les règles très strictes qui régissent ces personnels : mutation d’un poste à un autre très difficile, interdiction de licencier, progression des salaires à l’ancienneté, etc….

Au plan de la facturation des soins, enfin : le système en vigueur est, depuis 2004, celui de la tarification à l’acte (T2A), et il s’y rajoute chaque année des dotations forfaitaires (DAC) pour tenir compte de services particuliers rendus par ces types d’hôpitaux : recherche, enseignement…. Certains professionnels proposent d’abandonner ce système pour passer à un système qu’ils appellent le « système de parcours de soins ».

La tâche est donc immense, et vouloir s’attaquer à la reforme de notre système hospitalier sera aussi difficile et perturbant que l’est, actuellement, le chantier de la reforme du système des retraites. Peut être la crise du coronavirus pourrait-elle être l’occasion à saisir pour s’attaquer aux problèmes de fond qui sont à régler pour faire fonctionner correctement notre système hospitalier public. Il s’agit de 52 % des soins dans notre pays.

On sait que les Allemands, de leur côté, sont parvenus à régler sereinement leur problème : ils ont privatisé les hôpitaux déficitaires et laissé les Länder gérer les hôpitaux, c’est à dire réalisé en douceur une réelle décentralisation. Il y eut même un CHU qui fut privatisé, en 2005, racheté par le groupe Rhön Klinikum AG. Le secteur public a été ramené ainsi de 40,7 % du marché en 1997 à 23,8 % actuellement.

Claude Sicard
Economiste, consultant international

La remise en cause totale de notre système de santé

La remise en cause totale de notre système de santé

 

La pandémie du coronavirus a causé déjà des milliers de morts en France, et son pic est encore loin d’être atteint. On s’aperçoit soudain que notre système de santé recèle de graves faiblesses. Constat de Claude Sicard, économiste et consultant international.

Nos hôpitaux manquent gravement de respirateurs, nous n’avons que très peu de masques pour satisfaire les besoins des personnels exposés, et les personnels hospitaliers sont totalement débordés. Par ailleurs, notre industrie est incapable de produire ne serait ce que les tests de dépistage du virus, et nous n’avons pas de fabricant de respirateurs alors que les Allemands en ont deux et les Suisses un, qui est le plus réputé mondialement. Aussi, Martin Hirsch, le directeur de l’Assistance publique et des hôpitaux de Paris s’est-il vu obligé de lancer, le 25 mars dernier, un appel angoissé à l’aide, indiquant que la situation était alarmante : « Je n’ai plus qu’une visibilité de 3 jours seulement », a-t-il averti.

Jusqu’ici, les Français s’étaient laissés bercer par l’idée que notre système de santé était l’un des meilleurs du monde, et les enquêtes d’opinion montraient, effectivement, que le public était tout à fait satisfait de la qualité des soins dans notre pays.

Un sondage Odexa effectué en mai 2019,par exemple, indiquait que parmi les personnes ayant eu à fréquenter ces deux dernières années un hôpital, le taux de satisfaction atteignait 86 %. Et, dans la population, en général, le service de santé français, dans cette même enquête, se révélait jouir d’une très bonne image, le taux de satisfaction étant de 71 % pour le secteur public, et de 77 % pour le secteur privé.

Face donc à la crise actuelle, les faiblesses de notre système de santé apparaissent soudain au grand jour. Déjà, d’ailleurs, depuis le mois de mai 2019, avons-nous pu assister à de nombreuses grèves des personnels soignants dans les hôpitaux, et tout particulièrement dans les services d’urgence de nombreux établissements publics. Et l’on a vu, récemment, mille chefs de service ont démissionné de leur fonction d’encadrement pour protester contre l’absence de réponse à leurs revendications. La Cour des comptes, elle même, dans un rapport de février 2019, n’avait pas manqué de lancer, de son côté, un cri d’alarme disant que notre système de santé est « à bout de souffle ». Ainsi donc, Emmanuel Macron, à l’occasion de sa visite, le 25 mars à Mulhouse à l’hôpital de campagne installé en urgence par l’armée dans le parking de l’hôpital Emile Muller, s’est il vu obligé d’annoncer, pour calmer les inquiétudes, le lancement prochain d’« un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières ». Marcel Gauchet, dans un excellent article dans Le Figaro du 26 mars, nous dit : « Toute les crises ont un effet de loupe », et il s’interroge : « Sommes nous, réellement, parmi les meilleurs du monde ? Nous l’avons été, mais nous ne le sommes probablement plus ».

Il nous faut donc voir par où pèche notre système de santé, un système qui se trouve complètement débordé aujourd’hui par l’épidémie du coronavirus. Et il nous faut, pour cela, effectuer quelques comparaisons avec des pays voisins, car on ne peut pas raisonner d’une manière abstraite : nous retiendrons, pour cela, quatre pays proches de nous, deux ayant un PIB/tête sensiblement inférieur au nôtre, et deux qui se trouvent soit au même niveau, cas de la Grande-Bretagne, soit légèrement au-dessus, cas de l’ Allemagne.

Les dépenses de santé en France

Généralement, les économistes, pour caractériser les dépenses de santé des pays, retiennent le ratio « Dépenses santé/PIB », et l’on a, alors, les chiffres suivants :

Dépenses de santé/PIB

Espagne : 9,1 %

Italie : 9,0 %

France : 11,1 %

Grande-Bretagne : 9,9 %

Allemagne : 11,0 %

Il nous parait plus judicieux de corréler les dépenses de santé des pays avec les PIB/tête, et c’est ce que montre le graphique ci-dessous où les dépenses par habitant sont celles données par l’OCDE pour 2018 :

Corrélation PIB/capita-dépenses de santé/tête (US$)

 

 

Cette approche présente le mérite de pouvoir définir une norme, celle-ci étant donnée par l’équation de la droite de corrélation. On voit sur ce graphique que nos dépenses de santé par personne se trouvent nettement au dessus de la droite de régression, et son équation indique que nous avons un excès dépenses qui se monte à 8,9 % , ce qui représente au niveau national la somme de 23 milliards d’euros.

Le nombre de lits

De nombreuses statistiques existent sur le nombre de lits d’hôpitaux par pays :nous retiendrons les données de l’OCDE :

Nombre de lits/1.000 habitants

Espagne : 2,5

Italie : 3,0

France : 6,5

Grande-Bretagne : 2,3

Allemagne : 8,0

La France n’est donc pas en sous équipement à cet égard. Dans les pays pauvres, on en est à seulement 2 lits pout mille habitants. Mais dans les pays plus riches que nous les chiffres ne sont guère différents : la Suisse qui est le pays le plus riche d’Europe, en est à 4,2 seulement.

La France et l’Allemagne constituent des cas à part : ce sont des pays où les soins hospitaliers tiennent une place très importante dans leur système de soins.

La consommation de médicaments

Nous nous en référerons, ici aussi, aux données de l’OCDE :

Consommation de médicaments /personne (2017)

(En US $ )

Espagne : 403,8

Italie : 527,7

France  : 502,0

Grande-Bretagne : 403,8

Allemagne : 596,6

L’Allemagne qui est le pays le plus riche de ceux figurant sur ce tableau est à un niveau supérieur au nôtre. La France se situe, elle, sensiblement à sa place, dans cette comparaison. Dans les pays pauvres comme la Turquie ou le Chili on en est à une consommation de 200 à 230 euros par habitant, mais dans les pays plus riches que nous les consommations ne sont pas supérieures à la nôtre : la Suède en est à 484,9 dollars, et la Norvège à 501,5 dollars.

Toutefois, dans le cas de la France, il existe une particularité : la consommation d’antibiotiques est anormalement élevée, avec 30,3 g pour 1 000 habitants, contre 14,1 g pour l’Allemagne, et 19,6 g pour la Grande-Bretagne. Les Pays-Bas, quant à eux, en sont à 10,4 g seulement pour 1 000 habitants.

Les personnels de santé

Les données, en ce qui concerne les personnels de santé, sont suivies régulièrement par l’OCDE. Elles sont les suivantes :

Personnel pour 10 000 habitants

Médecins                       Infirmiers                   Dentistes

Espagne                         33                                    76                                    5

Italie                               37                                     72                                    6

France                            34                                     80                                    7

Grande-Bretagne           23                                    128                                  10

Allemagne                      34                                      80                                    8

 

La France parait être tout à fait dans la norme ; en Grande-Bretagne, il y aurait donc pénurie de médecins, et cela expliquerait le ratio élevé d’infirmiers ou autres assistants médicaux. Quant aux pays pauvres, ils en sont à 12 à 15 médecins pour 10 000 habitants, et à 25 personnels infirmiers pour 10 000 habitants.

Les équipements de pointe

On dispose de peu de données dans ce domaine, et nous avons relevé les suivantes :

IRM                                    Capacité d’accueil en soins intensifs

(Année 2015)                                   (Nb de lits/100.000 hab)

Espagne                     737                                                          10,0

Italie                        1 715                                                           12,5

France                        836                                                          12,0

Grande-Bretagne       467                                                           7,0

Allemagne              2 747                                                           30,0

 

En 2018, en France, le nombre d’équipements en IRM avait certes progressé, et l’on en était arrivé à 960 appareils ; en scanners, selon les dernières statistiques connues, on en était à 1.103 appareils en France, contre 2.023 en Italie, et 2.866 en Allemagne. La France, et davantage encore la Grande-Bretagne, apparaissent donc comme des pays fortement sous-équipés ; l’Allemagne, par contre, est remarquablement dotée.

Les hôpitaux

Les statistiques en cette matière, sont très diverses, et seulement une comparaison avec l’ Allemagne parait possible :

Nombre d’hôpitaux         Nombre de lits         Nombre de lits/hôpital

France                         3 044                        450 000                        148

Allemagne                  1 400                        640 000                          457

 

Dans le cas de la France, il faut faire une séparation entre le secteur privé et le secteur public :

Capacité hospitalière

Secteur Public                                                     60 %

Secteur privé lucratif                                           20 %

Secteur privé non lucratif                                    15 %

Autres                                                                   5 %

______

Total                                   100

Dans le secteur privé la taille des hôpitaux est généralement plus faible que dans le secteur public, et en introduisant cette distinction on aboutit pour le secteur public à une moyenne de 247 lits par hôpital. Mais cette moyenne n’est pas très significative car elle est la résultante de tailles très diverses dans les hôpitaux publics : il existe, en effet, 320 petits hôpitaux publics locaux qui auraient en moyenne 70 à 80 lits seulement, avec une structure comportant, par exemple, 14 lits médicaux,23 lits en SSR (soins de suite de réadaptation) et 36 lits en ULSD (Unité de soins de longue durée).

Par comparaison avec l’Allemagne, la France se caractérise donc par un plus grand nombre d’hôpitaux, mais des hôpitaux beaucoup plus petits, avec les inconvénients que cela entraîne en matière d’équipements de pointe à multiplier, et de frais de gestion. La proximité se paye par un sous équipement, et, au plan des personnels, par des effectifs globalement excédentaires mais mal répartis, plus, pour couronner le tout, des frais de gestion élevés (23 % supérieurs à la moyenne européenne).

La difficile situation financière des hôpitaux publics

La situation financière des hôpitaux publics en France est préoccupante, mais les personnels médicaux paraissent l’ignorer. Ils réclament toujours plus de moyens et dénoncent une « gestion comptable » de la santé en France : il est vrai que les 35 heures de Martine Aubry ont causé dans les hôpitaux publics beaucoup de dégâts. Depuis 2006, les comptes d’exploitation des hôpitaux publics présentent régulièrement des résultats négatifs, et, ces dernières années, il s’est agi de pertes considérables qui ont oscillé entre 600 et 800 millions d’euros chaque année.

Déficit annuel des hôpitaux publics (millions €)

2016 : 529

2017 : 850

2018 : 650

2019 : 900

 

Aussi la dette des hôpitaux publics s’élève-t-elle maintenant à 30 milliards d’euros, et elle coûte en frais financiers 850 millions d’euros chaque année.

Les investissements ont ainsi dangereusement chuté : ils ne sont plus à présent que de 2,5 à 3 milliards par an, alors que les charges d’amortissement s’élèvent à 6 milliards d’euros. Le flux d’investissement annuel est donc totalement insuffisant pour maintenir l’ensemble du dispositif en état correct de fonctionnement, et les directeurs d’hôpitaux s’en inquiètent, à juste titre. Ils ne cessent de tirer la sonnette d’alarme, estimant qu’il leur faudrait investir environ 8 % du chiffre d’affaires, soit 7 à 7,5 milliards d ’euros chaque année.

A propos de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, où il était demandé au secteur hospitalier une économie de 800 millions d’euros, Fréderic Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré : « Dans les faits, on va vers une mort lente de l’hôpital ».

L’Etat s’est donc finalement engagé à alléger la dette colossale des hôpitaux publics en en prenant à sa charge un tiers, soit 10 milliards d’euros, ce qui va quelque peu soulager les comptes d’exploitation de ces établissements.

Un besoin urgent de remise en cause du système hospitalier français

Le président de la fédération hospitalière française a déclaré dans une interview récente sur une radio : « On est à l’os ». Il est demandé, sans cesse, aux directeurs d’hôpitaux de faire des économies, mais sans que l’on s’attaque aux problèmes de fond qui sont de trois ordres : la structure du parc des hôpitaux en France, le statut des personnels, et le système de facturation des activités. Aussi, les quelques économies qui ont été faites (7 milliards d’euros en dix ans) n’y ont rien changé.

Au plan de la structure, tout d’abord : il y a beaucoup trop d’hôpitaux, et donc bon nombre d’entre eux sont de trop petits hôpitaux. Ils seraient à fermer, mais c’est extrêmement difficile, politiquement, car la population réagit vivement dès que l’on annonce la fermeture d’un hôpital de proximité. En Allemagne, on est passé de 2 258 hôpitaux en 1997 à 1 400 actuellement, et la fondation Bertelsmann considère qu’il faudrait en fermer 600, ce qui amènerait la moyenne à 800 lits/hôpital. Et certains spécialistes voudraient aller encore plus loin. Ainsi, en Belgique, Paul Otreppe, président de la Fédération belge des directeurs d’hôpitaux, a déclaré : « Pour être efficace, un hôpital doit avoir 2 000 lits ». L’hôpital Pompidou, à Paris, en a 1 452.

Le problème de la structure du réseau est donc fondamental, mais, au niveau du gouvernement, on n’ose pas l’aborder.

Au plan du statut des personnels, on sait qu’il s’agit du statut de la « Fonction publique hospitalière », un statut donc de fonctionnaire, avec les rigidités que cela représente pour les directeurs d’hôpitaux qui sont contraints de respecter les règles très strictes qui régissent ces personnels : mutation d’un poste à un autre très difficile, interdiction de licencier, progression des salaires à l’ancienneté, etc….

Au plan de la facturation des soins, enfin : le système en vigueur est, depuis 2004, celui de la tarification à l’acte (T2A), et il s’y rajoute chaque année des dotations forfaitaires (DAC) pour tenir compte de services particuliers rendus par ces types d’hôpitaux : recherche, enseignement…. Certains professionnels proposent d’abandonner ce système pour passer à un système qu’ils appellent le « système de parcours de soins ».

La tâche est donc immense, et vouloir s’attaquer à la reforme de notre système hospitalier sera aussi difficile et perturbant que l’est, actuellement, le chantier de la reforme du système des retraites. Peut être la crise du coronavirus pourrait-elle être l’occasion à saisir pour s’attaquer aux problèmes de fond qui sont à régler pour faire fonctionner correctement notre système hospitalier public. Il s’agit de 52 % des soins dans notre pays.

On sait que les Allemands, de leur côté, sont parvenus à régler sereinement leur problème : ils ont privatisé les hôpitaux déficitaires et laissé les Länder gérer les hôpitaux, c’est à dire réalisé en douceur une réelle décentralisation. Il y eut même un CHU qui fut privatisé, en 2005, racheté par le groupe Rhön Klinikum AG. Le secteur public a été ramené ainsi de 40,7 % du marché en 1997 à 23,8 % actuellement.

Claude Sicard
Economiste, consultant international

Vaccination : : une impréparation totale des pouvoirs publics

Vaccination : : une impréparation totale des pouvoirs publics

Philippe Juvin est professeur de médecine, chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou et maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine); il dénonce dans une interview à l’Opinion l’impréparation totale des pouvoirs publics concernant la vaccination..

La France a réalisé 70 vaccinations en quarante-huit heures, contre 21 500 en Allemagne. Le gouvernement justifie ce rythme par la défiance de la population. Est-ce une explication pertinente ?

Toute vaccination repose sur deux éléments clés : la confiance des patients et une logistique très au point. Prétendre que l’on va lentement parce que les gens n’ont pas confiance, c’est prendre le problème à l’envers. Les autorités gouvernementales avaient plusieurs semaines pour bâtir cette confiance. Il est frappant de voir qu’elles ne présentent la vaccination que par ses côtés négatifs et ses risques. Il n’y a pas en France le début d’une campagne officielle expliquant les avantages et inconvénients du vaccin ! Les gens qui souhaitent ne pas se faire vacciner doivent le faire sur des arguments scientifiques, pas par ignorance. Or l’exécutif se nourrit de cette défiance, objective, pour dire « on n’y va pas ». Sans tenter d’y remédier. Cela pose aussi la question de l’exemplarité. Pourquoi le Premier ministre ou le ministre de la Santé ne se vaccinent-ils pas publiquement ? Les dirigeants peuvent se mettre en scène pour rassurer, comme Joe Biden aux Etats-Unis. Chez nous, ils se reposent sur Mauricette dans son Ehpad. C’est une erreur.

Cela suffirait-il ? Selon les enquêtes, près de 60% des Français ne souhaitent pas se faire vacciner…

Il faut distinguer les « antivax », minoritaires, des gens qui ne sont pas assez informés. Ceux-là, il faut aller les chercher en mettant sur la table les arguments, en toute transparence. L’enjeu de société est de ne plus avoir à choisir entre sa santé et sa liberté. Aujourd’hui, une part de la liberté de tous est sacrifiée et la Covid-19 continue de faire des morts. La vaccination est la seule manière de sortir des confinements successifs et du risque de contamination, mais cela n’est pas clairement politiquement assumé. D’où la défiance.

«Le premier pays qui va sortir de la crise avec une part significative de sa population vaccinée aura un avantage compétitif considérable»

Selon le gouvernement, le recueil du consentement prend du temps. Aurait-il pu être anticipé, alors que la Haute autorité de santé n’a rendu son avis que le 24 décembre ?

C’est une fausse explication. Tout acte médical doit être précédé du consentement éclairé du patient : le médecin explique la situation au malade. C’est une règle absolue. Mais nulle part il est dit qu’il faut une procédure lourde et un document écrit — une signature ne constituant pas même en droit la preuve d’un consentement éclairé. Le protocole actuel est à la fois une complication française et un alibi pour justifier notre retard qui est lié à notre absence d’organisation. Car, même en passant par là, cela n’explique pas l’écart abyssal entre les 70 vaccinations en France et les 21 500 en Allemagne, les 4 800 au Danemark ou les 2 000 en Pologne, pour ne citer que les pays européens qui ont commencé à vacciner dimanche. Et trois semaines de mise en route d’ici mi-janvier, c’est aussi plusieurs milliers de morts si l’épidémie reprend. Ce sont des arguties masquant le fait que l’exécutif n’est pas capable d’organiser une vaccination de masse. Il ne s’est pas préparé.

L’exécutif a annoncé l’achat de 200 millions de doses au total. Comment expliquer l’écart entre sa communication offensive sur l’approvisionnement et sa prudence extrême aujourd’hui ?

C’est la logistique qui est défaillante. Nous vivons depuis février une crise logistique et d’organisation. Mi-novembre, l’Allemagne préparait ses vaccinodromes pour sa population générale, alors que nous en sommes à distribuer le vaccin au compte-gouttes dans une vingtaine d’Ehpad. Des membres du comité scientifique s’inquiétaient déjà le mois dernier que la logistique ne suive pas. Supercongélateurs, personnels qui administrent le vaccin, organisation de la deuxième injection : tout cela fait défaut. L’exécutif a décidé de s’appuyer sur l’administration centrale plutôt que sur des logisticiens de métier, sur l’armée ou sur les collectivités territoriales. Aux Etats-Unis, la vaccination est organisée par un général et en Allemagne, par les Länder. Emmanuel Macron a-t-il voulu faire oublier les échecs sur les masques et les tests, et accrocher coûte que coûte une victoire à son drapeau en décrétant que l’administration de l’Etat parviendrait à organiser la vaccination des Français ? En tout cas, les Allemands ont une stratégie vaccinale, nous pas. Pareil sur les publics cibles. Vacciner seulement les personnes âgées en première phase est une erreur ; il faudrait inclure les soignants de première ligne. Nous revenons à nos grands défauts du printemps. Le premier pays qui va sortir de la crise avec une part significative de sa population vaccinée aura un avantage compétitif considérable, et je crains que nous soyons déjà en train de courir derrière.

Glyphosate: Interdiction totale en Europe fin 2022 ? (Macron)

Glyphosate: Interdiction totale  en Europe fin 2022 ? (Macron)

 

 

Sans doute pour cacher ses tergiversations par rapport à l’interdiction du phosphate en France, Macron propose maintenant l’extension de cet interdiction à toutes l’union européenne. Or il n’est pas certain du tout que certains Etats rejoignent la proposition de Macron. Une manière pour le président de la république français de se défausser sur l’Europe.

 

Le 27 novembre 2017, Emmanuel Macron assurait vouloir interdire le glyphosate « d’ici trois ans ». Trois ans plus tard, la France en est loin : selon le ministère de l’Ecologie, la baisse de son utilisation n’est que de « 50% ces dernières années ».

Entre temps, en 2019, le chef de l’Etat était revenu sur ses propos, estimant que cette promesse n’était « pas faisable », faute d’alternatives. A l’heure où les associations et élus écologistes, ainsi qu’une partie de la majorité, s’apprêtent à se rappeler au bon souvenir du chef de l’Etat, Emmanuel Macron veut se montrer offensif et déporter le débat sur le plan européen.

D’une certaine manière ces aussi la preuves que le gouvernement français ne peut s’engager seul dans cette voie sans mettre en cause l’avenir de certaines filières agricoles.

Interdiction totale du glyphosate en Europe fin 2022 ? (Macron)

Interdiction totale du glyphosate en Europe fin 2022 ? (Macron)

 

 

Sans doute pour cacher ses tergiversations par rapport à l’interdiction du phosphate en France, Macron propose maintenant l’extension de cet interdiction à toutes l’union européenne. Or il n’est pas certain du tout que certains Etats rejoignent la proposition de Macron. Une manière pour le président de la république français de se défausser sur l’Europe.

 

Le 27 novembre 2017, Emmanuel Macron assurait vouloir interdire le glyphosate « d’ici trois ans ». Trois ans plus tard, la France en est loin : selon le ministère de l’Ecologie, la baisse de son utilisation n’est que de « 50% ces dernières années ».

Entre temps, en 2019, le chef de l’Etat était revenu sur ses propos, estimant que cette promesse n’était « pas faisable », faute d’alternatives. A l’heure où les associations et élus écologistes, ainsi qu’une partie de la majorité, s’apprêtent à se rappeler au bon souvenir du chef de l’Etat, Emmanuel Macron veut se montrer offensif et déporter le débat sur le plan européen.

D’une certaine manière ces aussi la preuves que le gouvernement français ne peut s’engager seul dans cette voie sans mettre en cause l’avenir de certaines filières agricoles.

Dictature totale de la Chine sur Hong Kong

 

Dictature totale de la Chine sur Hong Kong

 À juste titre dans un édito du Monde s’inquiète de l’installation de fait  d’une dictature totale, économique, politique et sociétale de la Chine sur le territoire de Hong Kong. C’est évidemment une provocation interne pour renforcer encore pouvoir de la dictature communiste à l’intérieur de la Chine mais aussi vis-à-vis de tous les territoires proches que la Chine convoite et ou  veut contrôler davantage. Le risque d’une telle décision est évidemment considérable non seulement sur le plan économique mais aussi démocratique et politique. L’Occident-et notamment la France- ne pourra longtemps faire semblant d’ignorer un problème qui se résume en fait à une tentative d’hégémonie agressive politique et économique des Chinois non seulement en Chine mais aussi à l’extérieur.

« La loi dite « sur la sécurité nationale » imposée par Pékin, en criminalisant les atteintes à son pouvoir, viole la Constitution de Hongkong, selon laquelle le territoire doit se doter lui-même d’une telle législation en consultant sa population. Elle porte un coup fatal à la déclaration conjointe sino-britannique de 1984, qui garantissait, par un traité déposé à l’ONU, le haut degré d’autonomie de Hongkong durant cinquante ans. Elle impose par la force ce que les Hongkongais redoutaient, et ce contre quoi ils étaient descendus dans la rue en masse l’an dernier : des lois susceptibles d’envoyer en prison à vie des citoyens pour « subversion, sécession, terrorisme et collusion avec l’étranger ». Une brèche sinistre de non-droit dans le système judiciaire local, calqué sur la common law britannique.

La crainte des Hongkongais est nourrie par la farce tragique que constitue en Chine une justice qui, en sept ans de règne de Xi Jinping, a usé et abusé des délits de subversion, ou d’autres lois d’atteinte à l’ordre public, dans un mépris grossier à la fois de ses propres procédures, de sa Constitution et des droits à la défense. Le tout au nom de la suprématie absolue du Parti communiste et du rejet assumé des valeurs universelles, les deux principales composantes de la « pensée de Xi Jinping ».

La Chine s’était pourtant accommodée pendant vingt-trois ans du statut quasi démocratique de sa « région administrative spéciale ». Elle commence aujourd’hui à la phagocyter, montrant un appétit et une impatience qui reflètent sa spectaculaire montée en puissance économique, militaire et stratégique, et l’orgueil démesuré qui en résulte.

Ce ne sont pas les rares appels à l’indépendance de Hongkong lancés lors du mouvement de protestation de 2019, dans sa très grande majorité attaché à l’autonomie actuelle, que Pékin veut punir, mais les insultes proférées à son encontre, sous forme d’emblèmes ou de drapeaux souillés, ainsi que les tentatives des militants pour obtenir l’assistance des Etats-Unis et même celle de l’ancien colonisateur britannique.

Obsédé par la « sécurisation » du système politique et du parti, Xi Jinping considère que la guerre commerciale lancée par l’administration Trump et l’offensive des parlementaires américains contre les atteintes aux droits de l’homme, notamment au Xinjiang, ont augmenté les risques pour une Chine qui doit, selon lui, « prendre une place centrale sur la scène mondiale ». Il s’agit pour lui de crever l’abcès que constituait la protestation à Hongkong.

Le Covid-19 a fourni une occasion inattendue en permettant d’y interdire les manifestations et d’agir alors que les frontières sont fermées. Que les Etats-Unis et l’Europe affrontent les effets dévastateurs du virus est du pain bénit pour le dirigeant chinois, qui abreuve la population du récit de ses succès contre l’épidémie. La Chine, en imposant sa loi à Hongkong précisément au moment où elle est mise en cause pour sa politique sanitaire et son rôle de prédatrice dans la mondialisation, défie le monde occidental et prend un chemin inquiétant. »

Coronavirus : une irresponsabilité totale des Etats

Coronavirus : une irresponsabilité totale des Etats

A peu près tous les Etats européens ont fait preuve d’un manque de prévoyance et   d’une irresponsabilité totale vis-à-vis du Coronavirus d’abord sous-estimé voir nié  ensuite en affirmant que la situation était contrôle. La commission européenne rend compte de cet immobilisme et de l’impréparation des Etats qui n’ont même pas jugé utile de demander une aide européenne alors que les moyens à leur disposition étaient  dérisoires par rapport à l’enjeu. La Commission européenne a estimé la semaine dernière que les capacités normales de production et d’approvisionnement des Vingt-Sept ne pouvaient répondre qu’à 10% de la demande en équipements de protection et autres appareils médicaux.

Les pénuries sont largement dues à la violence et à l’ampleur de la pandémie qui frappe la quasi-totalité de la planète. Mais les gouvernements européens ont peut-être aggravé leur situation en surestimant leurs capacités à répondre à la crise sanitaire. Ainsi, le 5 février, lors d’une réunion à huis clos, un responsable de la Commission déclare à des diplomates européens: “Les choses sont sous contrôle.”

Deux semaines auparavant, la Chine a ordonné le confinement de près de 60 millions d’habitants de la province du Hubei. C’est pratiquement l’équivalent de la population de l’Italie. Un peu moins que la France.“Il y a un fort degré de préparation dans les Etats membres, la plupart ont mis des mesures en place” pour détecter le coronavirus et traiter le Covid-19, poursuit ce responsable, d’après un document confidentiel.

Cet optimisme découle des prise de position d’experts en question de santé publique des Vingt-Sept lors de réunions préalables. C’est le cas le 31 janvier, lorsque des représentants des ministères de la Santé indiquent à la Commission qu’ils n’ont pas besoin d’aide pour acquérir des équipements médicaux.

“Aucun pays n’a à ce jour demandé un soutien pour se procurer des contre-mesures additionnelles”, peut-on lire dans les minutes de cette réunion. Quatre pays seulement mettent en garde: si la situation se dégrade en Europe, ils pourraient avoir besoin d’équipements de protection. Leurs noms n’apparaissent pas dans le document. Sollicité par Reuters, un porte-parole de la Commission européenne a souligné mercredi que l’exécutif européen avait proposé dès janvier la possibilité de soutenir les Etats membres.

Il a fallu attendre un mois pour que, le 28 février, la Commission lance au nom des Vingt-Sept un premier appel d’offres pour l’achat de masques, de gants, de lunettes et de blouses de protection. L’Italie compte alors 888 cas confirmés de contamination par le SARS-CoV-2 et 21 décès au niveau national; en France, le ministre de la Santé, Olivier Véran, fait état de 19 cas supplémentaires, portant le total à 57 contaminations.

D’après un document confidentiel, aucune offre n’a été reçue sur cet appel. Parallèlement, les Européens ont également assuré que leur personnel de santé avait été bien formé pour prendre en charge les patients atteints du Covid-19.

Le gouvernement italien n’a pourtant ordonné que le 24 février le port de masques de protection pour les soignants s’occupant des cas suspects. Jusqu’à cette date, il ne s’agissait que d’une recommandation, montrent des documents officiels. Aujourd’hui, près de 10.000 médecins, infirmières ou aide-soignants ont déjà été contaminés en Italie, représentant plus de 9% du nombre total de cas confirmés.

Les Etats ont aussi surévalué leurs systèmes de santé.

“Les capacités de diagnostic sont en place, et plusieurs pays ont commencé à tester la population”, notent des experts en santé publique réunis une nouvelle fois, le 4 février. Ce n’est qu’en mars que les gouvernements européens commencent à saisir réellement la gravité de la situation.

Ainsi, la nécessité d’un achat commun de respirateurs artificiels est pour la première fois soulevée lors d’une réunion d’experts le 13 mars. Et un appel d’offres européen est lancé le 17 par la Commission.

Mais dans l’ensemble, les Etats membres ont plutôt recours à des initiatives nationales comme la fermeture des frontières ou la mise en place de barrières commerciales contre l’exportation d’équipements médicaux vers leurs voisins.

Mi-février, le risque que les capacités des établissements de santé soient dépassées par le nombre de malades est classé dans la catégorie “faible à modéré” par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’agence européenne spécialisée dans les maladies infectieuses s’appuie alors sur les données que lui font remonter les autorités nationales.

Coronavirus: l’incohérence totale des interdictions de rassemblement

Coronavirus: l’incohérence totale des interdictions de rassemblement

 

Alors qu’il y a encore beaucoup d’inconnues concernant le Corona virus notamment son mode de propagation voire sa mutation possible. Le gouvernement de manière très anarchique multiplie les contradictions à propos des rassemblements. Ainsi par exemple vient-il de décider brutalement que l’’interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes en milieu clos restera en vigueur jusqu’au 15 avril et non jusqu’au 31 mai comme l’avait dans un premier temps décidé le gouvernement, montre un arrêté publié samedi dans le Journal officiel. On se demande bien pourquoi on avance d’un mois et demi la suppression de l’interdiction. De toute manière certains rassemblements sportifs sont aussi curieusement autorisés là ou  évidemment la promiscuité est également très importante. L’l'argumentation du ministre de la santé est complètement incohérente :

“La situation sanitaire et les modalités d’organisation de la prévention contre la propagation du virus conduisent à fixer au 15 avril 2020 l’échéance initiale des mesures prévues (…) s’agissant de l’interdiction des rassemblements”, dit l’une des dispositions de l’arrêté signé par le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Les autorités françaises avaient annoncé la semaine dernière ces mesures de restriction pour freiner la propagation du coronavirus qui ont conduit à l’annulation de plusieurs manifestations, comme le semi-marathon de Paris ou le salon international de l’immobilier Mipim, programmé à Cannes du 10 au 13 mars.

La vérité sans doute c’est que le gouvernement est coincé entre ses préoccupations sanitaires vis-à-vis de l’opinion publique inquiète de la propagation du virus est la protection du business de certaines manifestations. Aucune autorité scientifique sérieuse ne peut en effet affirmer aujourd’hui que la décroissance de l’épidémie commencera 15 avril au lieu du 31 mai. Ce mélange sulfureux de préoccupations sanitaires avec la gestion de la communication du gouvernement est assez pitoyable.

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