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Campagne de tests massifs dans trois grandes villes

Campagne de tests massifs dans trois grandes villes 

Trois métropoles vont faire l’objet de campagnes de dépistage massif à savoir Lille, Saint-Etienne et Le Havre.. «L’idée, c’est de dire: on va essayer sur une aire urbaine de tester massivement, pour mieux connaître cette maladie, quels sont les quartiers (…), les populations, (…) les lieux de vie les plus concernés», a expliqué mercredi le premier ministre Jean Castex, sur RMC-BFMTV, citant en exemple des opérations de ce type menées en Slovaquie et dans la ville anglaise de Liverpool.

 

«Enfin, les autorités ont vu la lumière. Que de temps perdu», a réagi l’épidémiologiste Catherine Hill, qui défend cette stratégie depuis des mois et fait partie des dix scientifiques qui ont récemment rédigé une note en ce sens. Dans ce document, transmis à l’Elysée, ils préconisent pas moins qu’un dépistage national, soit 60 millions de personnes en deux semaines, en commençant par une expérience pilote dans la métropole européenne de Lille.

Tests rapides de dépistage en pharmacie et chez les généralistes

Tests rapides de dépistage en pharmacie et chez les généralistes

Des  tests antigéniques rapides lisibles en 25 minutes, bientôt disponible pharmacie et  chez les généralistes.

Le kit de test coûte « 4,5 à 8 euros hors taxe, plus la marge du grossiste et du pharmacien »,, au total un test d’un prix autour de 10 €. Mais la profession souhaiterait une rémunération supplémentaire de leur de 20 €. La question est aussi organisationnelle car les pharmacies vont avoir à gérer la vaccination ordinaire contre la grippe.

 

TESTS : Olivier Véran constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

TESTS : Olivier Véran  constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

 

Il y a quelque chose de surréaliste dans les propos du ministre de la santé qui constate un dysfonctionnement total du système de test mais qui renvoie la responsabilité de l’organisation aux laboratoires. Demain ça ira mieux a-t-il déclaré. Pourtant les solutions sont possibles comme par exemple les tests groupés et le filtrage des candidats aux tests selon des critères médicaux précis.

Le problème c’est qu’on manque cruellement de machines d’analyse, de produits et même de personnel pour faire les tests. Comme pour les masques la pagaille et l’improvisation font office de politique La « priorisation » des tests de dépistage du coronavirus « ne fonctionne plus » face à l’augmentation de la « pression sanitaire », car les patients symptomatiques et les cas contacts représentent désormais à eux seuls « un nombre conséquent » de tests à réaliser, a reconnu jeudi le ministre de la Santé au Sénat.

Le ministre de la santé reconnaît les carences mais n’indique aucune stratégie. Notons que la prescription médicale obligatoire avait été supprimée mi-juillet.

Scandale des tests de dépistage : la crise analysée par un généraliste de terrain

Scandale des tests de dépistage : la crise analysée par un généraliste de terrain

 

Sur le site du quotidien du médecin, un  généraliste dénonce le scandale des tests et de la stratégie en général vis-à-vis du Coronavirus. Généraliste à Tourcoing, le Dr Bertrand Legrand n’a jamais cessé de recevoir des patients à son cabinet tout au long de l’épidémie de coronavirus. De cette expérience de médecin de terrain, il a tiré un ouvrage qui paraîtra le 20 août prochain : « Journal d’un médecin au temps du Coronavirus » (Éditions L’Archipel). Il y raconte son quotidien de soignant pendant les mois de février à mai, comment il en est venu à remettre en question ses pratiques médicales, parfois à l’encontre des recommandations officielles, pour lutter contre la maladie.

Pourquoi ce livre ?
Dr BERTRAND LEGRAND – C’est le fruit d’un travail avec Jan Laarman avec qui j’ai créé Vitodoc [service de prise de rendez-vous en ligne, NDLR]. Il s’agit vraiment d’un journal de bord. Je me suis astreint à donner mon émotion au jour le jour, mais aussi à écrire mes réflexions sur le moment : comment j’ai adapté ma pratique au cabinet au fil du temps en fonction de la compréhension qu’on avait de la maladie, pourquoi je suis sorti des clous à un moment donné : j’ai pris l’initiative de tester mes patients contre la doctrine et je n’étais pas d’accord sur les masques…

Vous avez été très critique sur la gestion de la crise par le gouvernement. Que leur reprochez-vous ?
D’être systématiquement en retard. En relisant ce journal de bord, je me suis rendu compte du décalage énorme qu’il y avait entre ce que nous, les médecins, constations sur le terrain, en particulier dans les zones de clusters, et les prises de décision des autorités. Sur les masques par exemple, je me rappelle avoir eu une discussion avec un responsable politique qui était persuadé que j’avais plusieurs centaines de masques à ma disposition alors que je n’en avais qu’une cinquantaine. Sur les tests c’est pareil. Au début, on me disait que c’était complètement crétin de tester les patients en aléatoire, alors que maintenant on en est à faire des centres de dépistage où on teste tout ce qui passe !

Vous aviez fait très tôt, vous, le choix de tester vos patients ?
Oui. Dès le mois d’avril, j’ai réalisé des tests Covid au cabinet. C’est grâce à cela qu’on a détecté des clusters, en testant des gens qui ne l’auraient pas été si on avait suivi la doctrine ! Aujourd’hui, tout le monde voit le scandale des masques parce que c’est très visible et c’est facile à comprendre. Mais le vrai scandale, c’est probablement les tests. Au début de l’épidémie, les autorités ont fait le choix de tester les patients symptomatiques. En ciblant uniquement cette population, on est passé à côté de nombreux cas qui ont propagé le virus. Il fallait tester massivement dès le départ. Et ce n’est pas en créant des centres de dépistage, comme on avait fait les vaccinodromes pour la grippe H1N1, qu’on y arrivera. Il faut donner aux médecins libéraux les moyens de le faire dans leur cabinet.

Mais au début de l’épidémie, la France manquait de tests, non ?
C’est faux. En réalité, on n’en a jamais manqué. Il suffisait de faire du pooling* [mise en commun d’échantillons prélevés chez plusieurs personnes et testés en une seule fois, NDLR]. Avec cette technique, on passe de 700 000 PCR par semaine à 7 millions ! C’est la solution utilisée en Chine, en Corée du sud, en Islande… Pourquoi on ne l’a pas fait en France ? Parce qu’on n’a pas su remettre en question nos pratiques et changer notre doctrine.

Plusieurs dizaines de médecins sont décédés du Covid. Le gouvernement a-t-il une responsabilité ou est-ce que cela fait partie des risques du métier ?
Le gouvernement a une responsabilité. Dans la convention qu’on signe avec l’Assurance-maladie, il est notre employeur et il est à ce titre en charge de nous fournir les équipements de protection. Force est de constater qu’il en a été incapable.

Comment avez-vous vécu cette période en tant que médecin ? Avez-vous été contaminé ?
Non. J’ai toujours travaillé. J’ai fait le choix de consulter sans rendez-vous pour répondre tout de suite à la demande des patients. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais du monde au cabinet. J’ai mis en place un serveur téléphonique pour être capable de traiter tous les appels. J’avais plus de 120 appels par jour au cabinet. On a supprimé la salle d’attente. Les gens attendaient dehors. Très tôt on a investi pour mettre en place des mesures de sécurité. On a même aménagé des préaux individuels à l’extérieur pour permettre aux patients de se protéger en cas de pluie !

Et la télémédecine ?
On en a fait très peu, et essentiellement pour les patients chroniques. Et quand on le faisait, c’était par téléphone. Pour une raison bien simple : à part les trentenaires et quarantenaires, les gens ne savaient pas utiliser la vidéo… La télémédecine, c’est très bien en théorie. En pratique, c’est beaucoup moins simple à mettre en œuvre.

Quelles leçons tirez-vous de cette crise ?
Qu’il faut sans cesse se remettre en question, s’interroger sur nos acquis et nos certitudes. On a bien vu pendant l’épidémie, face à un virus inconnu, qu’il fallait adapter nos pratiques. Et ce n’est pas parce qu’un infectiologue énonce une certitude qu’il faut le croire sur parole. Je suis aussi très attaché à garder mon indépendance de médecin. Si vous avez une hiérarchie, une tutelle, vous êtes paralysé et vous ne faites plus rien.


*Pooling: La mise en commun d’échantillons sanguins prélevés chez plusieurs personnes, avant le test, permet de diagnostiquer la présence du virus SARS-CoV-2 au sein de ce groupe et de passer ainsi à un dépistage de masse. En pratique, les échantillons de plusieurs individus sont ainsi regroupés et testés ensemble dans un seul tube. Ce n’est que si le résultat du pool est positif que les échantillons sont ensuite testés individuellement. Lorsque le taux d’infection est faible et que seules quelques personnes sont infectées, les tests en pool peuvent augmenter ainsi considérablement la capacité de test et permettre d’identifier des cas index « disséminés » et asymptomatiques.  

Coronavirus: le scandale de la politique des tests

Coronavirus: le scandale de la politique des tests

 

La France revit avec la question des tests le même scandale qu’avec le port du masque. Un port du masque jugé inutile au début de la crise et maintenant qui va devenir obligatoire partout et comme le meilleur rempart au virus. Un revirement complet non seulement du gouvernement mais aussi de la plupart des « experts » , ces responsables d’institutions qui passent davantage de temps dans les réunions qu’avec les malades ou même qui n’en voient pratiquement plus jamais. Leurs prises de position aussi très contradictoires sur les traitements ont clairement fait apparaître des intérêts corporatistes et même des intérêts personnels tout court. Nombre de médecins de terrain (hôpitaux et où libéraux) ont dénoncé cette médiatisation éhontée de pseudo avis scientifique. Après les polémiques sur le masque, puis sur les traitements c’est maintenant au tour des tests.

Là encore gouvernement et chapeau à plumes des institutions médicales disent à peu près tout et le contraire concernant la cible des tests, leur intérêt et même les procédures. “Il ne faut pas tester tout le monde, il faut tester autour des clusters”, a dit  l’épidémiologiste Didier Pittet, président de la mission d’évaluation de l’exécutif sur la gestion de la crise du COVID-19 formée par le président Emmanuel Macron, mercredi sur Europe 1.

À l’inverse des médecins de terrain préconisent le dépistage massif en préconisant notamment un changement de méthode et en utilisant la méthode du pooling* qui permet de tester 10 fois plus de monde.

Les services de santé effectuent 576.000 tests par semaine, selon les dernières données fournies par le ministère de la Santé, contre 200.000 à la fin du confinement en mai.

Avec la méthode du pooling,  on pourrait tester 5 millions de personnes par semaine.

Interrogé mercredi par Reuters, le ministère a assuré que sa stratégie visant notamment à dépister les malades asymptomatiques fonctionnait, tout en reconnaissant qu’elle avait entraîné des “problèmes localisés”.

Le conseil scientifique a estimé mardi que les difficultés actuelles ne provenaient “pas d’un défaut de capacité de tests, mais de difficultés d’organisation”, invitant le gouvernement à “préciser” sa stratégie pour éviter une deuxième vague de contamination à l’automne.

La stratégie en vue de la rentrée est en cours d’élaboration et tiendra compte de tous les avis, a-t-on répondu au ministère de la Santé.


*Pooling, de quoi s’agit-il ? La mise en commun d’échantillons sanguins prélevés chez plusieurs personnes, avant le test, permet de diagnostiquer la présence du virus SARS-CoV-2 au sein de ce groupe et de passer ainsi à un dépistage de masse. En pratique, les échantillons de plusieurs individus sont ainsi regroupés et testés ensemble dans un seul tube. Ce n’est que si le résultat du pool est positif que les échantillons sont ensuite testés individuellement. Lorsque le taux d’infection est faible et que seules quelques personnes sont infectées, les tests en pool peuvent augmenter ainsi considérablement la capacité de test et permettre d’identifier des cas index « disséminés » et asymptomatiques.  

 

Coronavirus : après les masques, le scandale du manque de tests

Coronavirus : après les masques, le scandale du manque de tests

« Nous n’allons pas tester tous les Français, ça n’aurait aucun sens, mais toutes les personnes présentant des symptômes. » avait  déclaré de manière très confuse le président de la république lors d’une intervention télévisée. Une affirmation complètement idiote car le dépistage massif constitue l’un des moyens de repérer et d’isoler les personnes malades.

C’est ce qui s’ est  pratiqué massivement dans plusieurs pays en Corée par exemple mais aussi plus près de nous en Allemagne. Il est vrai qu’en Allemagne on avait  réalisé 500 000 tests par semaine quand la France était  à peine capable d’en faire 70 000. La vérité c’est que la stratégie française s’aligne sur la situation de pénurie de tests.

C’est précisément cette absence de masques et de tests qui ont sans doute justifié de prolonger le confinement . Depuis le déconfinement, la philosophie a changé officiellement on a décidé de pratiquer largement les tests. Des tests qui globalement ne manquent plus mais qui ne peuvent pas être réalisés en fonction des besoins, faute de matériel surtout de personnel. Normalement les résultats d’un test doivent parvenir dans les 24 48 heures. Pour certains candidats potentiellement symptomatiques, il faut parfois attendre jusqu’à 15 jours pour cet examen. Finalement, la même inadaptation française que pour les masques au début de la crise sanitaire.

Sibeth Ndiaye ( porte parole du gouvernement): de médailles .. à défaut de masques et de tests …et de rémunération

Sibeth Ndiaye ( porte parole du gouvernement):  de médailles .. à défaut de masques et de tests …et de rémunération

A défaut de masques et de tests ( et de rémunération) qui manquent encore  pour lutter efficacement contre la crise sanitaire, la porte-parole du gouvernement propose une distribution massive de médailles. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a défendu dimanche la création d’une « médaille de l’engagement » pour « récompenser tous ceux qui ont contribué à l’effort dans la lutte contre le coronavirus », malgré les critiques de plusieurs soignants qui veulent des rémunérations correctes et non des médailles.

Une « médaille de l’engagement face aux épidémies » avait été créée après l’épidémie de choléra en 1884 avant de disparaître au début des années 1960. L’annonce de sa « réactivation », mercredi, à l’issue du conseil des ministres, avait suscité la raillerie ou la colère de nombreux soignants.

La fiabilité des tests PCR en cause

La fiabilité des tests PCR en cause

 

Des interrogations sérieuses naissent de la fiabilité des tests PCR. Première observation, en dépit des intentions de procéder à des tests plus massifs, la plupart de la population ne pourra être soumise à cet examen. Par ailleurs, les PCR pourraient laisser passer jusqu’à 30 % d’infectées considérées comme négatifs alors qu’ils sont positifs. Ajoutons à cela que les tests de sanguin (sérologiques), eux, peuvent révéler la présence d’anticorps mais on ne sait pas encore si cela constitue une protection pour l’avenir, dans quelle mesure et pour combien de temps.

Pour ce qui le concerne, le test PCR a un taux élevé de «faux négatifs». C’est-à-dire que des personnes réellement infectées seront diagnostiquées comme non porteuses du virus. Ce taux d’erreur peut être significatif. Selon des données chinoises, jusqu’à 30 personnes sur 100 atteintes d’un coronavirus pourraient avoir un résultat négatif.

 

Covid-19 : « Pourquoi un tel retard dans l’administration de tests ? »

Covid-19 : « Pourquoi  un tel retard dans l’administration de tests ? »

Gilbert J. Fournié, ancien directeur de recherche à l’Inserm, s’étonne dans le Monde que le gouvernement n’ait toujours pas publié une carte des tests. Le dépistage est pourtant l’un des six prérequis définis par le conseil scientifique pour la sortie du confinement.

Tribune.

 

Pourquoi la troisième carte de France promise par le gouvernement, celle des tests, n’a-t-elle pas encore été publiée ? Cette question se fonde sur des faits établis et connus de tous. Certains pays ont mieux géré le problème de l’infection due au coronavirus que d’autres.

La mesure « constante » des pays qui ont le mieux géré l’épidémie est la réalisation à grande échelle des tests de diagnostic de l’infection virale (connus du grand public sous la dénomination de RT-PCR) pour le dépistage des personnes infectées, le traçage des contacts, la recherche de l’infection chez ces contacts et l’isolement de toutes les personnes infectées.

Dans ce contexte, il est intéressant de considérer le point où en est la France. La sortie du confinement est programmée pour le 11 mai, si les six prérequis définis par le conseil scientifique (CS) sont respectés (Avis n° 6 du conseil scientifique Covid-19 – 20 avril 2020). La stratégie que le CS propose en préliminaire de ses recommandations repose en particulier et avant tout sur « l’identification des cas probables… et l’identification des contacts des cas diagnostiqués permettant… un isolement en cas de positivité, y compris pour les personnes asymptomatiques ».

C’est la stratégie suivie dès le début de la pandémie, par les pays qui ont le mieux géré l’épidémie (Corée du Sud, Singapour, Taïwan, Japon en particulier), c’est-à-dire qui déplorent le moins de morts par million d’habitants (5 décès/million d’habitants pour la Corée du Sud, par exemple). Le confinement, imposé en France par l’évolution de l’épidémie (plus de 300 décès/million d’habitants, saturation des capacités médicales), n’a été dans ces pays asiatiques qu’une mesure appliquée secondairement.

 

Il n’est pas besoin d’être un éminent épidémiologiste des maladies infectieuses pour comprendre l’importance d’une telle stratégie, quelle que soit la situation à laquelle on est confronté à un instant donné en fonction de l’évolution de la situation. C’est le cas de la France à la sortie du confinement et c’est le premier prérequis « imposé » par le conseil scientifique : « Identification et isolement des cas et des contacts : stratégie test et Isolement ». 

A cet égard, à un moment où le gouvernement communique largement sur la marche à suivre, le silence (assourdissant) sur ce sujet dans les médias et la non-parution de la carte des tests pose une question essentielle : ce prérequis sera-t-il rempli ? »

 

Tests de dépistage : contestés par des biologistes

Tests de  dépistage : contestés par des biologistes

On sait que la France est particulièrement en retard en matière de dépistage. Il y a longtemps que l’Allemagne pratique des tests de massifs à hauteur de 500 à 700 000 par semaine tandis que la France atteint péniblement 200 000. Pour rattraper ce retard, Le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré que les autorités sanitaires seraient en mesure de mener au moins 700.000 tests par semaine à partir du 11 mai. Le problème c’est que les biologistes estiment n’être pas en capacité de disposer des moyens pour réaliser un tel objectif. Une contestation du plan quantitatif mais aussi sur le plan qualitatif avec de fortes interrogations sur la fiabilité des tests PCR.

Les 700.000 tests évoqués par le gouvernement sont des tests RT-PCR (reverse transcription polymerase chain reaction) qui visent à établir si un patient est contaminé par le SARS-CoV-2, et non des tests sérologiques qui recherchent l’immunité développée par les anciens malades, dont le développement est en cours.

“La question des 700.000 tests par semaine, je ne sais pas si c’est raisonnable”, a dit à Reuters François Blanchecotte, président national du Syndicat des biologistes (SDB), un des représentants des laboratoires médicaux privés.

“Le facteur limitant, ça va être les préleveurs, d’avoir des gens pour prélever à une telle échelle, sept jours sur sept”, a-t-il souligné.

Les scientifiques s’inquiètent depuis le début de l’épidémie de COVID-19 du nombre de “faux négatifs”, des résultats de tests qui apparaissent comme négatifs alors que la personne est en réalité infectée. Ce nombre risque encore d’augmenter si les prélèvements ne sont pas correctement réalisés.

Le gouvernement n’a pas précisé comment ces tests seraient répartis entre laboratoires privés et structures hospitalières publiques. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a assuré mercredi sur France Info qu’ils seraient tous réalisés “par des gens qui sont formés”.

Lionel Barrand, président du syndicat des jeunes biologistes médicaux (SJBM), s’inquiète aussi de la disponibilité des composants nécessaires aux tests PCR, en particulier des réactifs indispensables dont une partie doit être importée, notamment de Chine.

“Est ce qu’on sera suffisamment approvisionné en réactifs et écouvillons?”, s’interroge-il.

“Ce que nous constatons auprès des fournisseurs, c’est qu’on est toujours en tension au niveau national”, a-t-il déclaré à Reuters. “On pourrait théoriquement doubler nos capacités et être à 500.000 tests (par semaine) mais il nous faut suffisamment de réactifs et d’écouvillons.”

Le ministère de la Santé a assuré à ce sujet à Reuters que le gouvernement avait pris ses précautions.

“L’Etat a fait des démarches auprès des grands fournisseurs internationaux pour sécuriser des volumes d’approvisionnements – notamment en réactifs – pour les mois qui viennent, afin de répondre aux besoins de l’ensemble des laboratoires, publics et privés”, a-t-il assuré.

Les autorités sanitaires ont listé jusqu’à présent une quarantaine de types de réactifs que les laboratoires sont autorisés à utiliser. Ces réactifs sont produits aussi bien par des PME françaises que par des géants du secteur pharmaceutique comme le Suisse Roche ou l’Américain Abbott Laboratories.

Pour Lionel Barrand, l’autre source d’inquiétude est l’extrême diversité des symptômes du COVID-19, allant d’une légère fièvre et d’un simple mal de tête à une toux sévère, une perte de goût et d’odorat ou une détresse respiratoire.

“Est-ce que 500.000 ou 700.000 tests suffiront demain vu la variabilité des symptômes? C’est le grand sujet d’inquiétude. Si tous les patients qui ont un petit symptôme viennent se faire dépister, le système craquera.”

Masques, tests: l’incompétence du gouvernement (Ruffin)

Masques, tests: l’incompétence du gouvernement (Ruffin)

Pour François Ruffin, député de la France insoumise, ce qui caractérise le gouvernement ^, c’est son incompétence totale.  » Invité de BFMTV ce dimanche soir, François Ruffin, député de La France insoumise de la Somme, n’a pas mâché ses mots à l’encontre du gouvernement, critiquant en particulier la politique actuelle de tests, qu’il juge « très flottante ».

Selon l’élu insoumis, la France ne « sera pas prête à avoir des tests massivement pour le 11 mai », s’inquiète-t-il à notre antenne, estimant que le confinement a été un  »temps d’attente et d’attentisme et non pas un temps de préparation ».

Citant l’exemple de l’Islande, de la Corée du Sud ou de l’Allemagne, des pays qui ont massivement testé leur population, il dénonce la situation en France où « les laboratoires vétérinaires ont passé trois semaines à dire, on est là, on est prêt à tester. »

Pour le député, ce n’est pas la faute « de lourdeurs administratives » mais celle d’une  »nullité gouvernementale »:

« Il faut appeler un chat, un chat. Alors que l’OMS disait tester, tester, tester. On a eu une doctrine, de la part du ministre de la Santé et du président, qui est devenue très flottante. Comme on n’a pas de tests, on va dire qu’on n’en a pas besoin », dénonce François Ruffin.

Et de poursuivre:

« Pourquoi ils sont nuls? Parce qu’ils ne savent pas diriger l’économie, ils ne veulent pas la diriger. Ils croient que la main invisible des marchés va produire des tests et des masques en série. Mais ça ne marche pas comme ça. Il y a des moments où l’économie a besoin d’être dirigée », a-t-il martelé.

Coronavirus : trois mois après toujours pas de masque et de tests

Coronavirus : trois mois après toujours pas de masques et de tests

 

 

Il y a exactement trois mois que les premiers symptômes du Corona virus sont apparus en France. Et depuis trois mois on est toujours à la recherche des masques des tests et autre matériel médical. En fait, il est fort probable que le virus ait commencé à circuler en France début janvier. En Chine c’est à la mi-novembre que le Coron virus a fait son apparition. Dans la plupart des pays, on a commencé par nier l’existence même de la maladie, pour ensuite la minimiser enfin pour la reconnaître avec de un à trois mois de retard. Le pire c’est que quatre mois après l’apparition de la pandémie en France, les autorités avec l’appui complaisant de chapeaux à plumes de la médecine persistent en affirmant que le masque n’est pas d’une utilité prioritaire. Pour preuve Macron se baladait encore avec son entourage dans un supermarché en Bretagne cette semaine sans masque.

C’était le 24 janvier dernier, la ministre de la Santé de l’époque Agnès Buzyn confirme que la France, à son tour, présente des cas de coronavirus. Ce jour-là, les autorités évoquent trois patients hospitalisés au CHU de Bordeaux et à l’hôpital parisien Bichat qui étaient rentrés de Chine après avoir séjourné à Wuhan, la grande ville chinoise où cette nouvelle infection est apparue en décembre. L’un de ces malades âgé de 80 ans, arrivé en France le 23 janvier, va décédé le 14 février. Il s’agit du premier décès lié au coronavirus sur le sol français.

Le 24 janvier, puis le 8 février à Contamines-Montjoie en Haute-Savoie, puis le 25 février à Crépy-en-Valois ou à Creil dans l’Oise…. les cas se multiplient. A l’époque, on parle de « cluster », c’est-à-dire un regroupement de cas de covid-19 dans un territoire limité. Dans les jours qui ont suivi, il n’est plus possible pour les autorités d’établir les chaînes de contaminations, la France passe au stade 2: les cas se multiplient pour atteindre au moins 160.000 cas confirmés dans l’hexagone. Une chronologie qui pourrait ne pas être si évidente.

. La Chine, premier foyer de l’épidémie, a elle annoncé son premier mort le 11 janvier. Pourtant, le premier cas de Covid-19 sur le territoire est signalé à Wuhan dès le 17 novembre, selon le South China Morning Post. L’Organisation mondiale de la santé indiquait en janvier que les premiers cas lui ont été signalés le 31 décembre par la Chine. 

Coronavirus : après les masques, le scandale du manque de tests

Coronavirus : après les masques, le scandale du manque de tests

 

« Nous n’allons pas tester tous les Français, ça n’aurait aucun sens, mais toutes les personnes présentant des symptômes. » a déclaré de manière très confuse le président de la république lors de son intervention télévisée. Une affirmation complètement idiote car le dépistage massif constitue l’un des moyens de repérer et d’isoler les personnes malades.

C’est ce qui est  pratiqué massivement dans plusieurs pays en Corée par exemple mais aussi plus près de nous en Allemagne. Il est vrai qu’en Allemagne on réalise 500 000 tests par semaine quand la France est à peine capable d’en faire 70 000. La vérité c’est que la stratégie française s’aligne sur la situation de pénurie de tests.

C’est précisément cette absence de masques et de tests qui ont sans doute justifié de prolonger le confinement jusqu’au 31 mai car la France ne dispose pas des moyens de combattre avec efficacité le virus. La comparaison des chiffres avec l’Allemagne est terrible. L’Allemagne ne compte en effet que de leurs 3000 à 4000 morts tandis que la France a largement dépassé les 15 000 morts. La preuve que le système sanitaire allemand est beaucoup plus efficace, aussi beaucoup mieux géré que le système bureaucratique français.

Coronavirus : les tests massifs en Islande limitent les victimes

Coronavirus : les tests massifs en Islande limitent les victimes  

Alors que macro encore affirmée lors de sa dernière intervention télévisée que les tests massifs n’auraient aucun sens, l’Islande démontre au contraire que le dépistage limite le nombre de victimes d’après France Info. Au total, 10% de la population a été testée, ce qui fait de l’île la championne du monde du dépistage par habitants, de loin. Elle a ainsi testé dix fois plus que la Corée du Sud (10 tests pour 1 000 habitants, selon le site Our World in Data), un autre pays montré en exemple en la matière.

. Ce dépistage massif a manifestement aidé à freiner la circulation du virus, en permettant de repérer des personnes infectées et contagieuses, mais qui n’avaient pas de symptômes ou qui pensaient avoir un rhume bénin ou une grippe.

Chaque personne dont le test était positif devait s’isoler chez elle jusqu’à 10 jours après la fin de la fièvre ou jusqu’à un test négatif, et toutes les personnes qui avaient été en contact avec elles devaient se placer en quarantaine pendant deux semaines. Si elles n’avaient pas été testées, les personnes atteintes par le virus sans le savoir ne se seraient sans doute pas isolées et auraient contaminé d’autres habitants.

L’Islande a détecté actuellement 1 720 cas sur 364 000 habitants, ce qui est proportionnellement élevé par rapport à d’autres pays qui ne testent que les patients hospitalisés. Pourtant, le pays ne compte que huit morts, ce qui, rapporté à la population, est dix fois moins important qu’en France. On peut donc conclure que plus on teste la population, moins il y a de morts.

Ces tests livrent quatre informations intéressantes. D’abord, une proportion élevée de personnes ayant eu un résultat positif, soit 43%, n’avaient pas de symptômes (ou pas encore). Une nouvelle preuve que les porteurs asymptomatiques et présymptomatiques sont nombreux. D’où la nécessité de tester massivement la population afin que ces derniers se confinent au maximum pour éviter de contaminer le reste de la population.

Ensuite, les analyses montrent que dans un premier temps, ce sont probablement les Islandais revenant d’Italie et d’Autriche qui ont ramené le virus chez eux. Puis il semble que ce soit, en partie, des voyageurs revenant du Royaume-Uni, avant que ce pays-là ne soit déclaré zone à risque… Ce qui suggère que le coronavirus circulait assez tôt chez les Britanniques.

L’étude met également en évidence que les femmes sont moins susceptibles d’être positives au Covid-19 que les hommes, que ce soit au sein des personnes symptomatiques (11 % contre 16,7 % pour les personnes de sexe masculin) ou dans le groupe de dépistage non ciblé (0,6 % contre 0,9 %).

Elle montre enfin que, parmi les personnes testées présentant des symptômes, les enfants de moins de 10 ans ont deux fois moins de tests positifs que les personnes plus âgées : 6,7% contre 13,7%. La différence est encore plus forte chez les individus sans symptômes ou avec des symptômes bénins : dans ce groupe, aucun enfant de moins de 10 ans n’a été testé positif (sur 800 testés) contre 0,8% des 10 ans et plus.

Des tests sanguins inefficaces ?

Des tests sanguins inefficaces ?

 

La campagne de test sérologique ( analyse du sang)  est à peine commencée et déjà soumise à des critiques. Théoriquement il ne s’agit pas de découvrir la présence du Coronavirus mais celle d’anticorps qui ont permis à l’organisme de résister à une présence passagère du virus. Le problème, c’est que la plupart des personnes sont asymptomatiques dont beaucoup avec  une présence virale relativement légère qui entraîne de la même manière une réponse légère d’anticorps. Des anticorps qui ne pourraient pas alors résister à une future attaque virale forte. En clair les intéressés seraient vulnérables à une nouvelle attaque du virus.

A la différence du test (souvent pratiqué par voie nasale) qui détecte la présence du virus dans l’organisme, ce test sérologique consiste en une prise de sang qui vérifie la présence d’anticorps. Et donc si le patient a été infecté par le virus, même sans le savoir. Mais des inconnues demeurent encore sur l’efficacité de cette méthode sur laquelle comptent beaucoup les autorités.

Plusieurs entreprises ont déjà mis au point un prototype de test, simple à utiliser car il suffira de se prélever une goutte de sang au bout du doigt pour vérifier la présence d’anticorps. Le résultat sera inscrit directement dessus en quelques minutes. De même, certains laboratoires proposent déjà d’effectuer des prises de sang pour savoir si l’on a eu le virus ou non. Mais à ce jour, leur fiabilité scientifique n’est pas encore établie. Il faut pour cela que ces tests reçoivent le feu vert des autorités sanitaires, via un centre national de référence.

L’enjeu est donc aujourd’hui de vérifier d’abord cette conformité, notamment la sensibilité de la détection et la qualité des réactifs utilisés. Cette tâche reviendra aux laboratoires de l’institut Pasteur à Paris et de l’université d’Aix-Marseille, qui disposent de tests de référence, expliquait cette semaine Jean-François Delfraissy. Gare donc aux tests commerciaux qui se dispenseront de cette validation.

« Nous ne pouvons pas être 100% sûrs qu’un test qui détecte des anticorps implique que la personne est immunisée », même si c’est le cas « dans la grosse majorité des maladies infectieuses », prévenait début avril à l’AFP le Dr Andrew Preston, de l’université de Bath (Angleterre).

L’immunisation contre un virus est temporaire, comme c’est le cas pour la grippe ou les autres coronavirus. S’agissant de ces derniers, cette durée d’immunisation peut durer plusieurs années. Reste donc à connaître celle du SARS-CoV-2

 

Coronavirus : Édouard Philippe conteste le nombre de tests allemands

  • Coronavirus : Édouard Philippe conteste le nombre de tests allemands
  • Alors qu’actuellement la France réalise seulement 60 000 tests par semaine, l’Allemagne ,elle, atteint 300 à 500 000. La campagne de tests est massive en Allemagne et expliquerait que la proportion de décès est très inférieure à celle de la France. Il faut dire que la politique allemande est très volontariste et que le pays peut s’appuyer sur une industrie pharmaceutique très puissante. Du coup interrogé sur la question, le Premier ministre essaye de s’en sortir en mettant en cause les chiffres allemands. Notons que c’est une argumentation aussi fallacieuse qui a justifié pendant longtemps le fait que les pouvoirs publics ne recommandaient pas le port de masques et même le déconseillaient . On peut facilement retrouver les déclarations officielles du Premier ministre, du directeur général de la santé et du ministre de la santé affirmant cette contrevérité pourtant mortelle.
  • Ce n’est qu’après le 23 février que les pouvoirs publics ont commencé à changer leur discours considérant que le masque pouvait être utile. La vérité c’est qu’on a choisi une argumentation de pénurie correspondant à la pénurie de masques qu’on avait oubliés de renouveler. le premier ministre Edouard Philippe est notamment revenu sur la campagne de dépistage du coronavirus outre-Rhin. Interrogé sur le sujet des 500.000 tests par semaine réalisés en Allemagne, le chef du gouvernement a cependant exprimé ses doutes.
  •  «Je suis prudent sur l’ensemble des chiffres, non pas du tout parce que je croirais à la malveillance ou à la malhonnêteté de nos amis allemands», a-t-il commencé, ajoutant : «Je ne sais pas forcément comment ils construisent leurs chiffres. Quand l’Allemagne dit qu’elle procède à 500.000 tests par semaine, est-on absolument certain qu’elle procède à 500.000 tests par semaine, ou qu’elle se fixe l’objectif de… ou qu’elle pourrait techniquement procéder à… ?». «Il peut y avoir un décalage entre la réalité de ce qui est fait et l’ambition ou l’objectif affichés», a encore expliqué le Premier ministre; un premier ministre incapable de toute façon d’expliquer l’énorme décalage de la pratique des tests mais qui n’a quand même pas osé comme pour les masques en critiquer l’intérêt comme précédemment.

Une urgence : produire des tests de dépistage» ( Christian Gollier)

Une urgence : produire des tests de dépistage»  ( Christian Gollier)

 

Christian Gollier directeur général de la Toulouse School of Economics, dont il est à l’origine avec Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014,  estime urgent de produire massivement des tests  de dépistage. Il prône une économie de guerre et revient sur les enjeux. ( interview de l’Opinion)

L’intervention de l’Etat pour soutenir l’économie paralysée par la crise du coronavirus est-elle justifiée ?

Oui, il s’agit d’un choc exogène – contrairement à celui de 2008 – supporté par les ménages et les entreprises ; il a des conséquences sanitaires, pensons aux malades et aux morts, mais aussi économiques. On demande à chacun un effort qui bénéficiera à tous. Il est donc raisonnable que ce sacrifice soit porté par la communauté dans son ensemble, c’est-à-dire par l’Etat. Si l’on regarde la situation sous le voile de l’ignorance sans savoir qui est qui, fonctionnaire ou restaurateur, tout le monde voudrait bénéficier de la protection de l’Etat, alors que les restaurateurs sont beaucoup plus exposés que les premiers. La solidarité a posteriori de l’Etat fonctionne comme une assurance a priori. Ce partage de risque est socialement désirable, et seul l’Etat peut l’organiser. D’autant plus que, contrairement aux crises précédentes, il n’y a pas de coupables.

C’est la grande différence avec 2008 ?

Oui, en 2008 s’est posé le problème de l’aléa moral : quand vous savez que vous êtes assuré, vous faites moins d’efforts. Prenons un exemple extrême : on ne va pas assurer les étudiants contre le risque d’échec aux examens en fin d’année car ils seraient moins incités à travailler. En 2008, les grandes institutions financières savaient qu’en cas de difficultés, elles seraient secourues par les Etats au nom du too big to fail. Cela a provoqué un énorme débat public, mêlant économie, politique et morale. Nous n’avons aucune raison de donner une leçon ou de punir les restaurateurs, les commerçants et la myriade de PME obligés de fermer boutique. La solidarité est ici un devoir moral autant qu’une politique économiquement utile. De même, en 2011, les Européens du nord ont voulu que les Grecs paient pour leur mauvaise gestion. Et on a failli faire exploser la zone euro pour cela. Aujourd’hui, il n’y a pas d’aléa moral, l’Italie est frappée de plein fouet. Cela aurait pu être un autre pays.

Cela rend les coronabonds plus acceptables par les Allemands que les eurobonds ne l’étaient en 2012 ?

L’idée d’un emprunt de l’Union européenne pour financer la socialisation des pertes est plus acceptable en effet. On pourrait objecter que certains pays pourraient en profiter pour relâcher leurs efforts, mais l’intensité de cet aléa moral est bien moindre qu’il ne l’était en 2008.

Que doivent faire les Etats, que doivent-ils éviter ?

Socialiser les pertes, c’est transférer les pertes de revenu au budget de l’Etat. Reporter le paiement des taxes et charges sociales n’est qu’un emplâtre. En revanche, il faut massivement utiliser la mise au chômage temporaire des salariés et indépendants désœuvrés. Nous avons la chance en Europe d’avoir des systèmes d’assurance-chômage qui fonctionnent bien. Il faut aussi compenser les entreprises qui ont des coûts fixes importants.

La nationalisation est-elle un bon outil ?

Seulement pour les entreprises au bord de la faillite. Nous avons une belle institution, les marchés financiers, dont le rôle est d’absorber une partie des risques d’entreprendre. Moyennant quoi les actionnaires en tirent des bénéfices considérables, les bonnes périodes équilibrant les mauvaises. Sur l’ensemble du XXe siècle aux Etats-Unis, le rendement des actions s’est élevé à 6 % par an, en réel. C’est considérable ! Parallèlement à mon collègue de Harvard, Robert Barro, j’ai montré que cette forte prime de risque ne peut s’expliquer que par la possibilité d’événements extrêmes mais improbables, comme la crise de 1929, les deux guerres mondiales, ou la crise sanitaire actuelle. Il est donc légitime qu’en période de crise, les actionnaires boivent la tasse comme c’est le cas actuellement avec des chutes boursières de 30 à 40 %. Jusqu’à présent, les marchés boursiers ont bien joué leur rôle d’absorbeur de pertes. Mais les fonds propres sont maintenant laminés. L’Etat doit prendre le relais si on veut garder nos activités économiques.

Aux yeux de l’économiste, le confinement est-il justifié ?

Il faut faire une analyse coûts/bénéfices. Réduire la production pendant deux mois de moitié, cela implique une chute du PIB de 8 % sur l’année. En y ajoutant les retards au rallumage, on tourne autour d’une perte de 300 milliards d’euros (pour un PIB de 2 400 milliards). Le bénéfice attendu du confinement, ce sont des morts évités. Combien de personnes ? Certains épidémiologistes estiment que sans confinement, 70 % de la population serait touchée, avec un taux de mortalité de 2 %. Appliqué à une population de 66 millions de personnes, cela aboutit à un million de morts au total.

Comment comparer un million de morts à 300 milliards de pertes ? Qu’on le veuille ou non, une telle question nécessite de donner une valeur à la vie humaine. On fait tous les jours des arbitrages entre pouvoir d’achat et espérance de vie, en entretenant notre voiture ou en se soignant. Nos comportements révèlent donc cette valeur, que les études économiques situent autour de 3 millions d’euros pour une vie entière en bonne santé, chiffre établi en 2013 par les services de l’Etat sous la direction d’Emile Quinet. C’est cette valeur qui a poussé l’Etat à réduire la vitesse à 80 km/h sur nos routes malgré son coût en termes de perte de temps. Un million de vies perdues en l’absence de confinement correspond à 300 000 vies entières, et donc à 900 milliards d’euros. Comparés aux 300 milliards de coût économique du confinement, ces estimations confirment l’utilité sociale du confinement.

Je suis un peu surpris que le président de République, qui a été très martial, n’ait pas parlé d’économie de guerre. C’est une priorité absolue

Comment sort-on du confinement ?

Là encore, on emprunte la même démarche, coûts/bénéfices. Si vous libérez une personne sans dépistage du virus, vous engendrez un risque de mortalité supplémentaire que les épidémiologistes peuvent mesurer et que les économistes peuvent traduire en un coût équivalent monétaire. Vous pouvez alors comparer celui-ci avec la création de valeur engendrée par sa remise au travail. Il faut procéder par type de profession. Si on pouvait dépister systématiquement, le calcul serait très favorable à un déconfinement plus précoce, en remettant au travail toutes les personnes indemnes. Il faut donc pousser au maximum la production de tests.

Mais nous sommes face à une pénurie de tests, comment faire ?

En décembre 1942, Roosevelt déclare la guerre à l’Allemagne et au Japon, et en quelques mois, il transforme l’économie américaine en économie de guerre. Les usines de voitures se mettent à fabriquer des avions. Je suis un peu surpris que le président de République, qui a été très martial, n’ait pas parlé d’économie de guerre. C’est une priorité absolue, il faut que l’Etat mobilise l’ensemble des acteurs économiques capables de produire de manière massive des tests de dépistage pour redémarrer le plus rapidement l’économie sans risquer une deuxième vague d’infection.

Faut-il développer le traçage de la population ?

Si l’on déconfine sans disposer de tests à grande échelle, il est crucial de pouvoir déterminer les contacts d’une personne infectée. Les techniques liées à l’utilisation des téléphones portables permettent de récupérer ces données. Cela pose des questions éthiques, notamment pour la défense de la vie privée. Mais le bénéfice social est immense. Je comprends que la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés] peut avoir des difficultés à mener des analyses économiques sur les conséquences de ses décisions. Néanmoins, il serait malvenu ici de ne pas faire le calcul coût/bénéfices, à condition de savoir évaluer le coût des atteintes à la vie privée. Nous devons avoir un débat public sur nos valeurs, entre vie humaine et vie privée.

Peut-on reprocher aux pouvoirs publics de ne pas avoir anticipé la crise, notamment en matière de moyens de réanimation ?

Je trouve que la critique consistant à dire : « Nous n’avons pas assez de respirateurs » est injustifiée. L’argent public est rare, et les besoins immenses. Chaque euro public dépensé doit créer un maximum de valeur sociale. Il faut calculer la valeur d’un lit d’urgence supplémentaire en tenant compte de la probabilité que ce lit ne soit pas utilisé. Compte tenu de la faible fréquence des crises sanitaires, il n’est pas anormal que la limite de capacité soit atteinte dans les événements extrêmes. C’est vrai en santé comme pour les services d’incendie ou de déneigement, par exemple. De même, il est facile de critiquer a posteriori, ces commandes massives de vaccins et masques durant la crise du H1N1. Ils auraient été utiles si la crise s’était développée en intensité.

Ce sont deux situations inverses et vous dites à chaque fois qu’il est difficile de critiquer les politiques. N’est-ce pas les exonérer de toute responsabilité ?

Absolument pas. L’évaluation des politiques publiques est capable de tenir compte de ces incertitudes. On peut déterminer une politique optimale de capacité d’urgence scientifiquement fondée.

Que nous apprend cette crise sur nous-mêmes ?

Les Etats, la France en particulier, confrontés à un risque majeur, sont capables de se mobiliser, de transformer en quelques instants notre façon de vivre ensemble. C’est à comparer à un autre risque majeur, le changement climatique, de pareille ampleur, mais plus étalé dans le temps. Pourquoi ne pas faire pour l’environnement ce que nous faisons contre le virus ?

Peut-être que le sentiment d’urgence n’est pas le même ?

Il est vrai que les efforts ne feraient sentir leurs fruits que dans vingt ou quarante ans. C’est la tragédie des horizons, qui fait que nous n’avons rien fait pour le climat depuis trente ans.

Les tests sont essentiels contrairement à ce que dit le gouvernement (Cécile Philippe)

Les tests sont essentiels contrairement à ce que dit le gouvernement (Cécile Philippe)

 

 

Les tests ne sont pas prioritaires, d’après les autorités françaises. Pourtant, il ne sera pas possible de relâcher ce confinement strict, sans risquer de voir l’épidémie s’envoler à nouveau dans des pays épuisés. Une chronique de Cécile Philippe, Institut économique Molinari.( Dans la Tribune) .

 

« L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’époumone à répéter que la capacité à faire des tests à grande échelle est une priorité. Dans conférence de presse lundi 16 mars (8.20), le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus affirme : « Nous avons un message simple pour tous les pays du monde : testez, testez, testez ». Il ajoute qu’il est impossible de se battre à l’aveugle contre ce virus.  Or, on continue à entendre en France que les tests ne sont pas prioritaires. Ce raisonnement à courte vue est inadapté à la longue crise sanitaire et économique à laquelle nous devons faire face. Si on veut que le confinement, coûteux mais nécessaire, auquel des millions d’individus se soumettent actuellement soit utile, il faut plus de tests. Ils sont indispensables pour préparer activement le moment où il sera possible de relâcher ce confinement strict, sans risquer de voir l’épidémie s’envoler à nouveau dans des pays épuisés. D’un point de vue économique, cela signifie qu’allouer des moyens à cet objectif a du sens. Certains acteurs, comme le laboratoire Roche, ont heureusement compris l’importance de cette démarche. Il faut aussi que les politiques en fassent une priorité. A l’heure qu’il est, cela ne semble pas encore être le cas.

Aujourd’hui, le pays qui semble gérer la crise sanitaire de manière la plus efficace est la Corée du sud. Comme je l’ai expliqué dans plusieurs articles, les Coréens étaient prêts à l’éventualité d’une épidémie depuis leur expérience du MERS en 2015. Aux premiers signes, ils ont dégainé leur arsenal de tests. Bravo à eux. Trop tard pour nous ? Pas si vite. Il est probable que la Corée du sud aura moins de décès qu’ailleurs et moins de dommages collatéraux, car ils n’ont pas eu besoin de mettre leur économie à l’arrêt. Mais ne nous y trompons pas : leur capacité de tests leur est tout aussi utile aujourd’hui qu’au début. Elle permet, au fur et à mesure du déploiement de l’épidémie, de maintenir la contagion sous contrôle. C’est une stratégie à long terme. Et c’est ce dont nous avons impérativement besoin, le plus rapidement possible dans nos pays européens, pour tenir dans la durée.

Les mesures de confinement actuelles sont nécessaires pour limiter, autant que possible, la saturation du système de santé. En effet, le covid-19 est bien plus consommateur de lits d’hôpitaux que n’importe quel autre virus. Comme l’expliquent Nicholas Nassim Taleb et Joseph Norman, des mesures coûteuses sont impératives pour ne pas saturer le système de soins. Taleb et Normann prennent l’image de la salle de cinéma en feu, dont il faut sortir en urgence et qui n’est dotée que d’une petite porte. La petite porte aujourd’hui, c’est celle du système des soins intensifs. On ne pourra pas la passer tous ensemble. Rester confinés chacun chez soi limite la propagation du virus. C’est un geste qui, indépendamment de l’obligation, relève de la responsabilité individuelle. C’est aussi une marque de respect vis-à-vis des soignants et des autres en général.

Ce confinement n’est cependant pas viable à long terme puisque nos économies sont en partie à l’arrêt. Il va falloir, à un moment donné, se remettre à travailler. Pour ce faire nous devrons ressortir, en courant le risque qu’une nouvelle vague de contamination conduise à nouveau au confinement. C’est le scénario évoqué par le professeur en médecine Neil Ferguson, inspirant nombre de prises de décision récentes.

A défaut de pouvoir tabler sur une immunité de groupe, la meilleure planche de salut est probablement le vaccin. Or, les nombreuses équipes de chercheurs qui travaillent sur la mise au point de vaccins, misent sur un horizon incompressible de 18 mois. Il faudra pouvoir attendre jusque-là, à savoir remettre progressivement nos économies en marche dès lors que les mesures de confinement auront ralenti l’engorgement des services de santé. Pour que ces mesures de confinement soient vraiment utiles, il faut que nos pays soient en ordre de bataille pour tester les individus de façon massive lorsqu’elles cesseront. Ce sera crucial pour garder la contagion sous contrôle, sans recourir aux mesures drastiques que nous subissons actuellement. Comme les Coréens, nous pourrons réserver le confinement aux malades, au lieu de l’appliquer de façon aveugle faute de pouvoir discriminer. Nous pourrons reprendre nos activités, diverses et variées, indispensables au fonctionnement de nos sociétés.

Un gage de confiance

Cette capacité de test est un gage de confiance dans des économies gagnées par la défiance que suscite une épidémie. Comme le rappelle Paul Seabright dans La société des inconnus, notre niveau de coopération entre individus ne partageant pas de liens du sang est presque miraculeux. Dans le monde animal, il est inhabituel entre espèces. L’espèce humaine est tout à la fois extrêmement sociale et extrêmement antisociale. Ces tendances opposées nous sont tout aussi naturelles l’une que l’autre. Fort heureusement, nous arrivons généralement à surmonter nos instincts naturels dans la plupart des cas. Cependant, dans une situation d’épidémie, l’autre devient un danger. Par conséquent, il devient crucial de trouver un moyen de reconstruire cette confiance. La pratique de tests à grande échelle est de nature à redonner cette confiance et préserver le lien social.

Les tests sont aussi cruciaux pour minimiser les risques pris par ceux qui sont quotidiennement en première ligne pour la collectivité. Bien sûr, le confinement n’a rien de drôle. Il faut jongler entre le télétravail, les enfants, le rangement, l’hygiène etc. Mais cela reste facile par rapport aux praticiens s’exposant dans les laboratoires, les cabinets médicaux, les hôpitaux, les installations nucléaires et stratégiques ou les chaines d’alimentation assurant notre survie au quotidien. Nous sommes de plus en plus nombreux à exprimer la reconnaissance qui leur est due, comme l’illustrent les séances d’applaudissements à la nuit tombée. Ces applaudissements seront peu de chose s’ils ne sont pas accompagnés des moyens permettant d’éviter une nouvelle phase de saturation à l’issue de la période de confinement. Il ne faudrait pas que ceux en première ligne, perdent confiance ou s’épuisent faute de support.

Par conséquent, et contrairement à ce que l’on entend trop souvent, il n’est évidemment pas trop tard. Il est de la première importance de tester les gens à grande échelle. Des nouvelles très positives arrivent du laboratoire Roche, qui vient de développer un test automatisé dix fois plus rapide. Le déploiement de cette innovation technique implique de lever les contraintes pesant sur les laboratoires de ville qui, à l’heure actuelle, ne sont pas en capacité de tester massivement de façon sécurisée. Il faut qu’ils puissent faire les tests sans risquer de contaminer leur clientèle et leur personnel. Il faut qu’ils puissent se protéger et donc disposer de matériel : combinaisons, gants, masques, matériel de désinfection. Spontanément, des entreprises comme LVMH et Pernod Ricard ont proposé leur services, mais à ce stade tous les éléments permettant de déployer des tests à grande échelle ne sont pas en place. Alors que certains parlent déjà de mise en jeu des responsabilités politiques, il est temps de corriger cette anomalie en nous dotant des armes dont nous avons besoin dans ce combat pour notre survie à tous. »

 

La banque de France annonce des tests de résistance au risque climatique

La banque de France  annonce des tests de résistance au risque climatique

 

Les banques sont forcément exposées au risque climatique puisque ce sont elles qui le plus souvent avancent les fonds nécessaires pour les investissements d’énergies y compris polluantes. Le retour financier est assuré par les profits réalisés sur la matière première. Le problème, c’est que la rentabilité de cette première matière première pourrait bien chuter brutalement soit du fait de sa rareté, soit du fait de son coût ou les deux combinés. Dans une étude intitulée « la colossale empreinte carbone des banques françaises« , publiée ce jeudi 28 novembre, les ONG Oxfam France et Les Amis de la Terre évaluent l’empreinte carbone de ces groupes (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE) en y ajoutant les émissions de gaz à effet de serre issues de leurs activités de financement et d’investissement des énergies fossiles pour aboutir à un total de plus de 2 milliards de tonnes de CO2 en 2018.

« L’empreinte carbone des banques françaises représente au total 4,5 fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière. À elles seules, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale émettent chacune plus que le territoire français, compromettant l’objectif de contenir le réchauffement global sous la barre de 1,5 °C », affirment les deux ONG.

L’intention de la Banque de France est  de soumettre les organismes de financement de l’énergie à des tests de résistance climatique. Les banques et les compagnies d’assurances françaises vont être soumises l’an prochain à des tests de résistance au risque climatique, a annoncé vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Les investisseurs exercent une pression croissante sur les grandes entreprises afin qu’elles réduisent leur exposition aux secteurs les plus nocifs, dans le cadre des engagements pris en 2015 lors de l’accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique.

En France, les banques et les assureurs sont également sous la pression des organes de tutelles à ce sujet, la loi française obligeant depuis 2016 toutes les institutions financières à publier leurs risques climatiques.

« Nous allons procéder l’année prochaine à des tests de résistance au risque climatique pour les banques et les assurances françaises », a déclaré François Villeroy de Galhau, lors d’une conférence sur la finance verte, à Paris.

« Ce seront des étapes très importantes pour évaluer le type de risques climatiques qui apparaissent déjà dans les bilans des banques et des assureurs », a-t-il ajouté.

Dans un entretien accordé à La Croix, il invite par ailleurs les banques et les compagnies d’assurances à réduire leur exposition au secteur du charbon.

« Il est indispensable que le risque lié au financement de centrales à charbon diminue vite dans le bilan des banques françaises », a déclaré François Villeroy de Galhau au quotidien.

La Société générale et Axa ont annoncé cette semaine qu’ils entendaient sortir complètement de l’industrie du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et 2040 dans le reste du monde.

BNP Paribas avait annoncé une décision similaire la semaine précédente, en décidant l’arrêt complet de ses financements du charbon en 2030 dans les pays de l’Union Européenne, et en 2040 pour le reste du monde.

Tests scolaires : décevants

Tests scolaires : décevants

 

 

Il n’est pas étonnant que les syndicats corpos des enseignants contestent avec force les tests effectués par le ministère de l’éducation dans le primaire. En effet, ces tests font apparaître des résultats catastrophiques dans pratiquement toutes les matières de base. D’autres évaluations montraient que plus de 30 % des élèves ne maîtrisaient pas suffisamment le français et les mathématiques lors de leur entrée en sixième. Par ailleurs dans les classements internationaux la France se situe en queue de peloton pour une économie moderne. Très critiquées par les syndicats d’enseignants, ces nouvelles évaluations en français et en mathématiques ont été lancées le 17 septembre pour plus de 1,6 million d’écoliers de CP et CE1.Selon des résultats provisoires, « 23% des élèves en début de CP ont des difficultés à reconnaître les lettres et le son qu’elles produisent » et « 8% ont des difficultés à reconnaître les nombres dictés », indique le ministre. »Concernant les élèves en début de CE1, 30% lisent moins de 30 mots par minute, alors que l’objectif national est de 50 mots. Un élève sur deux (49%) a des difficultés en calcul mental et 47% ont des soucis pour résoudre des problèmes », poursuit M. Blanquer.

Pour le ministre, des « difficultés sociales et familiales peuvent expliquer certains retards, notamment dans le langage ». « C’est à l’école d’apporter à cet enfant ce que sa famille n’a pas pu lui donner. On ne doit laisser aucun élève de côté », argue-t-il. Répondant aux reproches de certains syndicats sur l’efficacité de ces tests et le risque qu’ils stressent les écoliers, le ministre assure qu’ils sont « un levier pour leur réussite ». « Ils n’ont pas été créés pour faire échouer les élèves, mais dans un esprit de bienveillance », insiste M. Blanquer. Ne pas répondre à toutes les questions n’est « pas un signe d’échec », affirme-t-il.

 

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