Archive pour le Tag 'terrorisme'

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Avenir Afrique : une pauvreté favorable au populisme et au terrorisme

Avenir Afrique : une pauvreté favorable au populisme et au terrorisme


Face à l’assèchement des liquidités auquel est confronté un nombre croissant de pays du continent, l’économiste bissau-guinéen plaide, dans une tribune au « Monde », pour une réforme systémique.

Les effets de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, imposée de manière unilatérale par le président américain Donald Trump alors que le monde subissait encore les conséquences de la crise financière des subprimes de 2008-2009, ont eu un fort impact sur les pays africains. Les principales exportations du continent sont les matières premières. Lorsque la demande ralentit, le commerce génère moins de revenus pour les économies qui comptent sur ces entrées plus que sur tout autre apport de capitaux externes, y compris les investissements, les envois de fonds de la diaspora ou l’aide publique au développement.

La plupart des pays africains ont pour priorité le respect des obligations extérieures plutôt que les réformes internes et la satisfaction des besoins sociaux. Compte tenu de la faiblesse de leurs recettes fiscales, il leur est difficile de compenser une forte variation des revenus externes. Pour toutes ces raisons, la croissance en 2019, avec une hausse du PIB de 3,4 % , s’est révélée inférieure au record de 5 % enregistré en moyenne par an au cours de la décennie précédente. C’était déjà un signe inquiétant.

Lorsque, en mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de Covid-19 pouvait être considérée comme une pandémie, l’Afrique était unanimement perçue comme la région la moins préparée pour faire face aux conséquences dévastatrices qui en découleraient. Heureusement, les prédictions alarmistes se sont révélées exagérées, l’énorme résilience de la population africaine ayant été sous-estimée. Cependant, la situation financière déjà fragile s’est détériorée immédiatement.

Les pays africains ont vu le service de la dette libellé en devises augmenter en raison de la dépréciation de leurs devises. Les marges budgétaires déjà limitées ont été consommées par les réponses d’urgence à la pandémie. Les confinements ont paralysé les économies et la demande extérieure de matières premières s’est évaporée. Des plans de relance ont été rapidement mis en place par les économies les plus riches, parfois jusqu’à 10 % de leur PIB, mais l’Afrique n’a pu mobiliser que 68 milliards de dollars en 2020 (64 milliards d’euros) et 62 milliards de dollars supplémentaires en 2021, soit moins de 2 % de son PIB. Le service de la dette a commencé à devenir problématique.

Avenir Afrique : un sous-développement favorable au populisme et au terrorisme

Avenir Afrique : un sous-développement favorable au populisme et au terrorisme


Face à l’assèchement des liquidités auquel est confronté un nombre croissant de pays du continent, l’économiste bissau-guinéen plaide, dans une tribune au « Monde », pour une réforme systémique.

Les effets de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, imposée de manière unilatérale par le président américain Donald Trump alors que le monde subissait encore les conséquences de la crise financière des subprimes de 2008-2009, ont eu un fort impact sur les pays africains. Les principales exportations du continent sont les matières premières. Lorsque la demande ralentit, le commerce génère moins de revenus pour les économies qui comptent sur ces entrées plus que sur tout autre apport de capitaux externes, y compris les investissements, les envois de fonds de la diaspora ou l’aide publique au développement.

La plupart des pays africains ont pour priorité le respect des obligations extérieures plutôt que les réformes internes et la satisfaction des besoins sociaux. Compte tenu de la faiblesse de leurs recettes fiscales, il leur est difficile de compenser une forte variation des revenus externes. Pour toutes ces raisons, la croissance en 2019, avec une hausse du PIB de 3,4 % , s’est révélée inférieure au record de 5 % enregistré en moyenne par an au cours de la décennie précédente. C’était déjà un signe inquiétant.

Lorsque, en mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de Covid-19 pouvait être considérée comme une pandémie, l’Afrique était unanimement perçue comme la région la moins préparée pour faire face aux conséquences dévastatrices qui en découleraient. Heureusement, les prédictions alarmistes se sont révélées exagérées, l’énorme résilience de la population africaine ayant été sous-estimée. Cependant, la situation financière déjà fragile s’est détériorée immédiatement.

Les pays africains ont vu le service de la dette libellé en devises augmenter en raison de la dépréciation de leurs devises. Les marges budgétaires déjà limitées ont été consommées par les réponses d’urgence à la pandémie. Les confinements ont paralysé les économies et la demande extérieure de matières premières s’est évaporée. Des plans de relance ont été rapidement mis en place par les économies les plus riches, parfois jusqu’à 10 % de leur PIB, mais l’Afrique n’a pu mobiliser que 68 milliards de dollars en 2020 (64 milliards d’euros) et 62 milliards de dollars supplémentaires en 2021, soit moins de 2 % de son PIB. Le service de la dette a commencé à devenir problématique.

Avenir Afrique : dette et sous-développement ouvrent la porte au populisme et au terrorisme

Avenir Afrique : dette et sous-développement ouvrent la porte au populisme et au terrorisme


Face à l’assèchement des liquidités auquel est confronté un nombre croissant de pays du continent, l’économiste bissau-guinéen plaide, dans une tribune au « Monde », pour une réforme systémique.

Les effets de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, imposée de manière unilatérale par le président américain Donald Trump alors que le monde subissait encore les conséquences de la crise financière des subprimes de 2008-2009, ont eu un fort impact sur les pays africains. Les principales exportations du continent sont les matières premières. Lorsque la demande ralentit, le commerce génère moins de revenus pour les économies qui comptent sur ces entrées plus que sur tout autre apport de capitaux externes, y compris les investissements, les envois de fonds de la diaspora ou l’aide publique au développement.

La plupart des pays africains ont pour priorité le respect des obligations extérieures plutôt que les réformes internes et la satisfaction des besoins sociaux. Compte tenu de la faiblesse de leurs recettes fiscales, il leur est difficile de compenser une forte variation des revenus externes. Pour toutes ces raisons, la croissance en 2019, avec une hausse du PIB de 3,4 % , s’est révélée inférieure au record de 5 % enregistré en moyenne par an au cours de la décennie précédente. C’était déjà un signe inquiétant.

Lorsque, en mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de Covid-19 pouvait être considérée comme une pandémie, l’Afrique était unanimement perçue comme la région la moins préparée pour faire face aux conséquences dévastatrices qui en découleraient. Heureusement, les prédictions alarmistes se sont révélées exagérées, l’énorme résilience de la population africaine ayant été sous-estimée. Cependant, la situation financière déjà fragile s’est détériorée immédiatement.

Les pays africains ont vu le service de la dette libellé en devises augmenter en raison de la dépréciation de leurs devises. Les marges budgétaires déjà limitées ont été consommées par les réponses d’urgence à la pandémie. Les confinements ont paralysé les économies et la demande extérieure de matières premières s’est évaporée. Des plans de relance ont été rapidement mis en place par les économies les plus riches, parfois jusqu’à 10 % de leur PIB, mais l’Afrique n’a pu mobiliser que 68 milliards de dollars en 2020 (64 milliards d’euros) et 62 milliards de dollars supplémentaires en 2021, soit moins de 2 % de son PIB. Le service de la dette a commencé à devenir problématique.

Afrique : dette et sous-développement ouvrent la porte au populisme et au terrorisme

Afrique : dette et sous-développement ouvrent la porte au populisme et au terrorisme


Face à l’assèchement des liquidités auquel est confronté un nombre croissant de pays du continent, l’économiste bissau-guinéen plaide, dans une tribune au « Monde », pour une réforme systémique.

Les effets de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, imposée de manière unilatérale par le président américain Donald Trump alors que le monde subissait encore les conséquences de la crise financière des subprimes de 2008-2009, ont eu un fort impact sur les pays africains. Les principales exportations du continent sont les matières premières. Lorsque la demande ralentit, le commerce génère moins de revenus pour les économies qui comptent sur ces entrées plus que sur tout autre apport de capitaux externes, y compris les investissements, les envois de fonds de la diaspora ou l’aide publique au développement.

La plupart des pays africains ont pour priorité le respect des obligations extérieures plutôt que les réformes internes et la satisfaction des besoins sociaux. Compte tenu de la faiblesse de leurs recettes fiscales, il leur est difficile de compenser une forte variation des revenus externes. Pour toutes ces raisons, la croissance en 2019, avec une hausse du PIB de 3,4 % , s’est révélée inférieure au record de 5 % enregistré en moyenne par an au cours de la décennie précédente. C’était déjà un signe inquiétant.

Lorsque, en mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de Covid-19 pouvait être considérée comme une pandémie, l’Afrique était unanimement perçue comme la région la moins préparée pour faire face aux conséquences dévastatrices qui en découleraient. Heureusement, les prédictions alarmistes se sont révélées exagérées, l’énorme résilience de la population africaine ayant été sous-estimée. Cependant, la situation financière déjà fragile s’est détériorée immédiatement.

Les pays africains ont vu le service de la dette libellé en devises augmenter en raison de la dépréciation de leurs devises. Les marges budgétaires déjà limitées ont été consommées par les réponses d’urgence à la pandémie. Les confinements ont paralysé les économies et la demande extérieure de matières premières s’est évaporée. Des plans de relance ont été rapidement mis en place par les économies les plus riches, parfois jusqu’à 10 % de leur PIB, mais l’Afrique n’a pu mobiliser que 68 milliards de dollars en 2020 (64 milliards d’euros) et 62 milliards de dollars supplémentaires en 2021, soit moins de 2 % de son PIB. Le service de la dette a commencé à devenir problématique.

Afrique: Le danger du terrorisme …….et de la Russie

Afrique: Le danger du terrorisme …….et de la Russie

En sus de la guerre en Ukraine, d’autres menaces persistent et continuent de peser sur le territoire français ou celui de nos alliés. Dans ce contexte et malgré des difficultés avec certains pays africains, la France reste engagée de plain-pied contre le terrorisme, notamment au Sahel où elle fait là aussi face à l’expansionnisme russe. Par Gabriel Robin, Directeur de l’agence Monceau / Consultant en intelligence économique. ( la Tribune)

Frappé sur son sol à plusieurs reprises, depuis une dizaine d’années, lors d’attentats dramatiques, la France a douloureusement pris la mesure de la menace terroriste islamiste. Les gouvernements successifs ont ainsi mis en place un arsenal législatif et judiciaire afin d’anticiper et d’agir efficacement contre de potentielles attaques.

En 2017, le gouvernement d’Edouard Philippe faisait ainsi voter la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme qui a institué des mesures prophylactiques de prévention contre ce phénomène, qui étaient autrefois contenues dans l’état d’urgence [1]. Les conflits internationaux comme l’Afghanistan, la Syrie ou la Libye furent des théâtres offrant aux djihadistes une formation guerrière qu’ils ont pu par la suite exporter dans leur pays d’origine. La France est alors intervenue à l’étranger avec l’aide de ses partenaires pour réduire la menace du djihadisme international. Cette lutte, par nature globale, ne peut être menée par la seule France qui compter sur des partenaires crédibles dans le monde occidental comme en Orient et en Afrique.
La France et ses partenaires opérationnels
Depuis le lancement de l’opération Serval au Mali en 2013 jusqu’à l’opération Barkhane dans le reste de Sahel, la France a pu s’appuyer sur ses alliés dans son soutien aux pays du G5 Sahel. Principal but de l’opération : coordonner régionalement la réponse à la menace terroriste. Le rôle de la France consistant à contenir la menace le temps que les armées des pays du G5 (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger, Tchad) deviennent pleinement opérationnelles. Depuis, la progression a été inégale et le Mali a quitté l’organisation, mais cette dernière garde sa pertinence.

Paris sait jouer d’anciennes fidélités pour nouer des relations privilégiées avec des partenaires internationaux de longue date dans la région. Ainsi, le soutien des États-Unis s’est avéré décisif dans le domaine du renseignement opérationnel : les drones de Washington fournissant près de 50% du renseignement des forces françaises. Un appui ayant permis par exemple l’élimination d’Abdelmalek Droukdel émir d’AQMI[2].
Sur un autre plan, plus modeste, mais décisif, les Émirats Arabes Unis ont fourni un appui volontaire à la France. Dès 2017, les EAU ont contribué avec une enveloppe d’un montant de 30 millions d’euros à la force conjointe du G5 Sahel. En 2019, ils ont poussé leur engagement jusqu’à solliciter auprès du Niger l’installation d’une base militaire[3]. Ils s’investissent aussi dans le domaine institutionnel en soutenant la création du Collège de Défense du G5 Sahel. Alignée sur la stratégie française, la fédération émiratie apporte son soutien financier aux projets de développement locaux (Mauritanie, Burkina-Faso, Mali, etc) et à la lutte contre l’Islamisme politique.
Du côté européen, Paris reçoit l’aide de ses partenaires de l’Union via les missions de formations militaires comme EUTM Mali (Allemagne, Espagne) ou bien policière via EUCAP Niger. On note aussi un investissement ponctuel, sur le terrain, d’hélicoptères britanniques et danois. À noter également la présence d’un contingent d’une cinquantaine de soldats estoniens dans le cadre de l’opération Barkhane dès 2019, puis d’une centaine de forces spéciales dans le cadre de la Task Force Takuba, aux côtés d’autres pays européens. Ce qui fait de l’engagement estonien, proportionnellement, l’un des plus significatifs de tous les partenaires européens de la France, témoignant d’une approche proactive nouvelle à destination des pays de l’est voisins de la Russie qui ont un besoin impérieux de protection [4].

Malgré le changement de cap du Mali qui se tourne désormais vers la Russie, la France reste présente dans la région grâce au Niger qui lui fait désormais office de porte-avion [5].
Il est d’ailleurs intéressant de constater que les attaques informationnelles russes contre l’action française en Afrique n’ont pas les effets escomptés. L’expertise et l’efficacité militaires de la France sont toujours appréciées par ses alliés, qui savent pouvoir compter sur sa détermination sans faille dans la lutte contre le terrorisme et la protection d’un espace commun de prospérité.

La coopération dans le contre-terrorisme ne se limite pas au Sahel, malgré le caractère stratégique de la région. En 2014, la France rejoignait la coalition internationale menée par les États-Unis afin de lancer des frappes aériennes coordonnées contre des cibles terroristes en Irak et en Syrie. Paris a pu y jouer un rôle cadre via son opération Chammal par le déploiement d’artillerie lourde, d’avions de chasses et périodiquement du porte-avion Charles de Gaulle. Le succès des frappes françaises doit beaucoup au fructueux partenariat de défense signé en 2009 avec les Emirats Arabes Unis. L’accord prévoit l’établissement d’une base militaire française (toujours en place) et d’une coopération en matière de forces spéciales et de renseignement.

Autant d’aspects qui ont joué un rôle certain lors des opérations. Le volet renseignement s’est d’ailleurs renforcé en 2016, via l’installation, à Abu Dhabi, du Commandement maritime des navires français déployés dans l’océan Indien.

En ce mois de novembre, Europol a aussi annoncé le démantèlement d’un super-cartel de narco-trafiquants européens. Parmi les 49 suspects appréhendés, six cibles prioritaires l’ont été à Dubaï en collaboration avec les autorités émiraties, dont deux ressortissants français. La mocro-mafia néerlandaise dirigée par Ridouan Taghi, le milieu bosnien, le clan Kinahan irlandais, les familles espagnoles de Galice ou encore la mafia de Raffaelle Imperiale étaient impliquées dans ce trafic qui contrôlaient un tiers du marché de la cocaïne en Europe. Les bonnes relations entre les Emirats Arabes Unis et la France ne sont pas étrangères au succès de cette opération policière internationale.

Afrique: Faire face au terrorisme…. et à la Russie

Afrique: Faire face au terrorisme…. et à la Russie

En sus de la guerre en Ukraine, d’autres menaces persistent et continuent de peser sur le territoire français ou celui de nos alliés. Dans ce contexte et malgré des difficultés avec certains pays africains, la France reste engagée de plain-pied contre le terrorisme, notamment au Sahel où elle fait là aussi face à l’expansionnisme russe. Par Gabriel Robin, Directeur de l’agence Monceau / Consultant en intelligence économique. ( la Tribune)

Frappé sur son sol à plusieurs reprises, depuis une dizaine d’années, lors d’attentats dramatiques, la France a douloureusement pris la mesure de la menace terroriste islamiste. Les gouvernements successifs ont ainsi mis en place un arsenal législatif et judiciaire afin d’anticiper et d’agir efficacement contre de potentielles attaques.

En 2017, le gouvernement d’Edouard Philippe faisait ainsi voter la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme qui a institué des mesures prophylactiques de prévention contre ce phénomène, qui étaient autrefois contenues dans l’état d’urgence [1]. Les conflits internationaux comme l’Afghanistan, la Syrie ou la Libye furent des théâtres offrant aux djihadistes une formation guerrière qu’ils ont pu par la suite exporter dans leur pays d’origine. La France est alors intervenue à l’étranger avec l’aide de ses partenaires pour réduire la menace du djihadisme international. Cette lutte, par nature globale, ne peut être menée par la seule France qui compter sur des partenaires crédibles dans le monde occidental comme en Orient et en Afrique.
La France et ses partenaires opérationnels
Depuis le lancement de l’opération Serval au Mali en 2013 jusqu’à l’opération Barkhane dans le reste de Sahel, la France a pu s’appuyer sur ses alliés dans son soutien aux pays du G5 Sahel. Principal but de l’opération : coordonner régionalement la réponse à la menace terroriste. Le rôle de la France consistant à contenir la menace le temps que les armées des pays du G5 (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger, Tchad) deviennent pleinement opérationnelles. Depuis, la progression a été inégale et le Mali a quitté l’organisation, mais cette dernière garde sa pertinence.

Paris sait jouer d’anciennes fidélités pour nouer des relations privilégiées avec des partenaires internationaux de longue date dans la région. Ainsi, le soutien des États-Unis s’est avéré décisif dans le domaine du renseignement opérationnel : les drones de Washington fournissant près de 50% du renseignement des forces françaises. Un appui ayant permis par exemple l’élimination d’Abdelmalek Droukdel émir d’AQMI[2].
Sur un autre plan, plus modeste, mais décisif, les Émirats Arabes Unis ont fourni un appui volontaire à la France. Dès 2017, les EAU ont contribué avec une enveloppe d’un montant de 30 millions d’euros à la force conjointe du G5 Sahel. En 2019, ils ont poussé leur engagement jusqu’à solliciter auprès du Niger l’installation d’une base militaire[3]. Ils s’investissent aussi dans le domaine institutionnel en soutenant la création du Collège de Défense du G5 Sahel. Alignée sur la stratégie française, la fédération émiratie apporte son soutien financier aux projets de développement locaux (Mauritanie, Burkina-Faso, Mali, etc) et à la lutte contre l’Islamisme politique.
Du côté européen, Paris reçoit l’aide de ses partenaires de l’Union via les missions de formations militaires comme EUTM Mali (Allemagne, Espagne) ou bien policière via EUCAP Niger. On note aussi un investissement ponctuel, sur le terrain, d’hélicoptères britanniques et danois. À noter également la présence d’un contingent d’une cinquantaine de soldats estoniens dans le cadre de l’opération Barkhane dès 2019, puis d’une centaine de forces spéciales dans le cadre de la Task Force Takuba, aux côtés d’autres pays européens. Ce qui fait de l’engagement estonien, proportionnellement, l’un des plus significatifs de tous les partenaires européens de la France, témoignant d’une approche proactive nouvelle à destination des pays de l’est voisins de la Russie qui ont un besoin impérieux de protection [4].

Malgré le changement de cap du Mali qui se tourne désormais vers la Russie, la France reste présente dans la région grâce au Niger qui lui fait désormais office de porte-avion [5].
Il est d’ailleurs intéressant de constater que les attaques informationnelles russes contre l’action française en Afrique n’ont pas les effets escomptés. L’expertise et l’efficacité militaires de la France sont toujours appréciées par ses alliés, qui savent pouvoir compter sur sa détermination sans faille dans la lutte contre le terrorisme et la protection d’un espace commun de prospérité.

La coopération dans le contre-terrorisme ne se limite pas au Sahel, malgré le caractère stratégique de la région. En 2014, la France rejoignait la coalition internationale menée par les États-Unis afin de lancer des frappes aériennes coordonnées contre des cibles terroristes en Irak et en Syrie. Paris a pu y jouer un rôle cadre via son opération Chammal par le déploiement d’artillerie lourde, d’avions de chasses et périodiquement du porte-avion Charles de Gaulle. Le succès des frappes françaises doit beaucoup au fructueux partenariat de défense signé en 2009 avec les Emirats Arabes Unis. L’accord prévoit l’établissement d’une base militaire française (toujours en place) et d’une coopération en matière de forces spéciales et de renseignement.

Autant d’aspects qui ont joué un rôle certain lors des opérations. Le volet renseignement s’est d’ailleurs renforcé en 2016, via l’installation, à Abu Dhabi, du Commandement maritime des navires français déployés dans l’océan Indien.

En ce mois de novembre, Europol a aussi annoncé le démantèlement d’un super-cartel de narco-trafiquants européens. Parmi les 49 suspects appréhendés, six cibles prioritaires l’ont été à Dubaï en collaboration avec les autorités émiraties, dont deux ressortissants français. La mocro-mafia néerlandaise dirigée par Ridouan Taghi, le milieu bosnien, le clan Kinahan irlandais, les familles espagnoles de Galice ou encore la mafia de Raffaelle Imperiale étaient impliquées dans ce trafic qui contrôlaient un tiers du marché de la cocaïne en Europe. Les bonnes relations entre les Emirats Arabes Unis et la France ne sont pas étrangères au succès de cette opération policière internationale.

L’Égypte s’est aussi engagée aux côtés de la France contre la menace terroriste pesant sur son territoire. Le chaos libyen a rapidement fait peser sur Le Caire des risques d’incursions djihadistes. La multiplication des attaques sur des postes frontières a contraint le régime de Sissi à prendre position sur le conflit [6]. Des interventions directes sur le sol Lybien ont de mêmes étés officiellement envisagés [7]. Globalement, l’Égypte s’est alignée sur les positions françaises en Lybie, notamment face aux visées de la Turquie. La résolution de la situation dans le pays entraînant des conséquences directes sur le Sahel. L’Égypte est aujourd’hui un allié majeur de la France en méditerranée orientale, non seulement contre les djihadistes, mais aussi contre les manoeuvres néo-impérialistes d’Ankara. En vertu de cette coopération, la Direction du Renseignement Militaire (DRM) a lancé l’opération Sirli en 2016 qui a pour but de surveiller le désert occidental pour y détecter d’éventuelles menaces terroristes venues de Libye et de transmettre les renseignements recueillis aux militaires égyptiens [8]. Dix-neuf frappes ont ainsi été décidées contre des éléments pénétrant le territoire égyptien.
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[1] https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000035932811
[2] https://www.rfi.fr/fr/afrique/20200612-mort-droukdel-aqmi-implication-etats-unis-usa?ref=tw_i
[3] https://mondafrique.com/le-president-issoufou-accueille-une-base-militaire-emiratie-au-niger/

https://www.africaintelligence.fr/afrique-ouest/2019/08/28/le-projet-de-base-emiratie-en-suspens,108369797-bre

[4] https://www.aa.com.tr/fr/afrique/lestonie-décide-de-retirer-ses-forces-déployées-au-mali/2503117
[5] https://www.decryption.fr/le-niger-nouveau-porte-avion-de-la-france-en-afrique/
[6] https://www.bbc.com/afrique/region-53824591
[7] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/21/le-parlement-egyptien-approuve-une-possible-intervention-en-libye_6046815_3212.html
[8] https://egypt-papers.disclose.ngo/fr/chapter/operation-sirli
[9] https://www.revueconflits.com/ces-emirats-unis-a-la-france/

Sondage terrorisme : 76 % des Français toujours inquiets

Sondage terrorisme : 76 % des Français toujours inquiets

Le terrorisme constitue un sujet d’inquiétude pour la plus grande partie des Français.

Selon un sondage Ifop pour le JDD, 76 % d’entre eux estiment que la menace est élevée, alors que 24 % des personnes interrogées pensent le contraire. Il y a peu de différences selon la proximité politique des sondés, même si davantage de personnes proches du Rassemblement national pensent que la menace est élevée (87 %) que celles proches d’Europe Ecologie-Les Verts (63 %).

Mais de façon générale, les Français sont globalement préoccupés par la question globale de la sécurité. D’après un autre sondage de l’institut CSA pour CNEWS, près de 6 Français sur 10 (57 %) considèrent ne pas être suffisamment entendus par le gouvernement pour assurer leur sécurité.

57 % des Français estiment que le gouvernement ne prend pas suffisamment en compte leur sécurité.

Terrorisme: Quel équilibre entre sécurité et liberté

Terrorisme: Quel équilibre entre sécurité et liberté

Contrairement à la doctrine actuelle, ce n’est pas par le déploiement secret de technologies de surveillance toujours plus intrusives mais par davantage de débats politiques et de coopération interservices et interétatiques que la France assurera sa sécurité.

Par Jacques Follorou du Monde

On savait que le procès historique des attentats du 13 novembre 2015, ouvert le 8 septembre 2021, irait au-delà de l’examen des seules responsabilités pénales. Sa durée exceptionnelle, neuf mois, disait déjà que la cour d’assises serait aussi un lieu de compassion et de compréhension d’une violence hors du commun pour la France. Mais se doutait-on que la justice accorderait l’onction de son décorum solennel à une doxa française sécuritaire qui mérite pourtant d’être discutée ?

Le 17 décembre, Patrick Calvar, patron de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) de 2012 à 2017, fut le dernier témoin à passer à la barre avant la trêve des fêtes. Quand ce Breton taiseux, né à Madagascar, s’exprime, il faut toujours tendre un peu l’oreille. Parce qu’il parle à voix basse, mais aussi parce qu’il incarne à bien des égards un discours dominant en matière de politique de sécurité. Or, ce fut le cœur de son audition. Pour lui, si « tout attentat est un échec », les attaques de novembre 2015 posent une autre question : « Voulons-nous plus de liberté ou plus de sécurité ? »

Pour expliquer le manque d’efficacité de 2015, dit-il, il faut pointer les obstacles juridiques qui brident le renseignement humain, notamment en matière d’infiltration de réseaux. Mais surtout, M. Calvar estime que le cadre légal actuel en matière de respect des libertés individuelles revient à se priver de puissants moyens technologiques permettant de déchiffrer les communications ou de surveiller des milliers de suspects en même temps. Ainsi, l’usage de la biométrie aux frontières aurait, assure-t-il, permis d’interdire le territoire européen à Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats.

« Si vous voulez faire un contrôle frontière, il faut de la technologie, là vous aurez des résultats, a-t-il dit. Ces attentats questionnent des choix politiques (…), voulons-nous une société de plus grande surveillance ? Les technologies existent. Mais est-ce que nous voulons un peu moins de liberté ? » Tels seraient donc les termes du problème : moins de liberté pour plus de sécurité. Une équation qui appelle de nombreuses réserves.

Pour François Thuillier, ex-officier d’un service antiterroriste devenu chercheur au Centre d’études sur les conflits, l’efficacité n’est pas qu’une affaire de degré d’intrusion ou de surveillance des populations. « On ne peut pas faire une généralité de la question du contrôle biométrique. La préparation des attentats de novembre 2015 ne réside pas dans le seul franchissement de la frontière par Abaaoud, c’est un ensemble complexe de facteurs. En contrôlant la société, on croit bloquer la menace. Or, le renseignement technique est une fuite en avant qui maintient à distance de la cible, des nuances et des complexités humaines. »

 

Cancel culture et intolérance à Sciences Po: Des étudiants dénoncent la situation de terrorisme intellectuel

Cancel culture et intolérance à Sciences Po: Des étudiants dénoncent la situation de terrorisme intellectuel

Cette tribune a été rédigée par les étudiants suivants: Arthur Alemany (IEP d’Aix-en-Provence), Édouard Bina (IEP de Lyon), Quentin Coton (IEP de Paris et responsable UNI Sciences Po), Maël Dalgliesh (IEP de Paris), Louis Ehr (IEP de Strasbourg), Lou-Anna Roul (IEP de Bordeaux), Axel Roulliaux (IEP de Bordeaux), Merlin Santoro (IEP de Strasbourg).

Nous, étudiants de tous les instituts d’études politiques de France, déplorons la censure, officielle et officieuse, omniprésente dans nos établissements, de la part d’étudiants, d’associations, de professeurs et de l’administration. En outre, nous souhaitons, à notre échelle, alerter sur les dangers de la «cancel culture». Loin d’être un phénomène purement anglo-saxon cantonné aux murs des campus américains, l’esprit communautaire exacerbé de cette enclave intellectuelle hors du monde entend tout régenter.

 

L’objectif ici n’est pas de nous poser en victimes mais bien d’alerter nos concitoyens et nos dirigeants sur les dérives des IEP français qui, ne l’oublions pas, ont vocation à former nos futures élites intellectuelles, politiques et économiques. Les dérives que nous observons actuellement dans l’enceinte des Sciences Po de France s’étendront bientôt à l’ensemble de la vie publique. Ceux qui s’érigent en apprentis censeurs seront demain journalistes, députés, écrivains,«intellectuels», professeurs des universités ; en somme, ils auront la mainmise sur toutes les structures du pouvoir, sur les esprits.

Le procès politique latent qui menace en permanence tout étudiant, professeur ou association s’éloignant de la droite ligne progressiste tacite annonce l’extinction de l’esprit critique. Nombre d’exemples relayés publiquement le démontrent: professeurs accusés d’islamophobie l’an passé, lynchage d’associations comme l’UNI, Le Cercle Mauriac, Le Printemps Républicain ou encore les tentatives d’ostracisme des fondateurs des associations Génération Z ou RN. Ce ne sont pas seulement les étudiants, professeurs, ou associations de droite qui sont visés, mais bien tous ceux qui refusent de se plier à la doxa. Quiconque refuse de se soumettre aux dogmes établis décolonialistes, pro-LGBT, et anti-sexistes se voit insulté et conspué.

Ce progressisme dévoyé et la connivence des acteurs institutionnels qui le choient sont alimentés par les plus grands maux de notre époque: la peur d’être rejeté et la paresse intellectuelle d’une part, la mégalomanie et la victimisation d’autre part. Ce besoin qu’ont les nouveaux censeurs de détenir la vérité, et de justifier leurs échecs personnels par des oppressions présumées du «système», vient légitimer qu’on inflige une correction sociale, voire physique, aux mauvais.

Pour démontrer la connivence que nous dénonçons, il nous faut préciser le procédé classique du camp du «progrès» lorsqu’un intervenant jugé dissident est invité à s’exprimer dans nos murs: une myriade d’associations s’insurgent et alertent l’administration du «danger» imminent de cette intrusion. Notons qu’on trouve à la tête de ces dernières des individus qui se cooptent, d’une homogénéité idéologique sans pareil et qui s’arrogent le droit de parler au nom de toute la communauté estudiantine de nos IEP. Ce petit monde terrorise nos administrations et les enjoint à annuler les conférences sous peine d’opprobre public.

Nos directions, terrifiées et obsédées par l’image publique de leurs établissements respectifs, cèdent souvent, affichant sans aucune honte leur refus de recevoir des pseudo-fascistes dans leurs instituts. Plus subtile, la condescendance inhérente à cette communauté, où les pairs épousent l’onanisme intellectuel, rejette plus volontiers encore ceux qui ne sont pas de leur monde (comprenez ceux qui ne sont pas des urbains bourgeois cosmopolites): Jean Lassalle, incarnation et défenseur du monde rural, député de la Nation, s’est vu injurié publiquement par la direction de Sciences Po Bordeaux.

«Nos camarades viennent nous adresser en aparté leurs encouragements une fois que nous avons pris position et essuyé les crachats»Tribune collective d’étudiants des IEP

Les administrations des IEP refusent de recevoir des individus ne partageant pas les «valeurs» des instituts. Pourtant, ceux-ci ne devraient pas oublier que les valeurs cardinales de leurs établissements sont la réflexion, le débat et la liberté d’expression. Nous rappelons à ce titre que les IEP sont des établissements publics en partie financés par l’État. Le contribuable sera heureux d’apprendre que la majorité de la population n’est pas conforme aux valeurs qu’il finance. Les associations et étudiants qui osent tenir un discours souverainiste, patriote, traditionaliste, sont voués aux gémonies: messages d’insultes, menaces et ostracisme.

Mais, le réel danger est celui de l’autocensure. Chaque attaque ad hominem, chaque accusation calomnieuse, au-delà de la satisfaction qu’elles génèrent en nos opposants, sont autant d’avertissements à l’élève qui oserait émettre une réserve, une nuance. Nos camarades viennent nous adresser en aparté leurs encouragements sur le fond ou la forme une fois que nous avons pris position et essuyé les crachats. Combien aimeraient nous soutenir publiquement, mais ne le peuvent, car on ne dialogue pas avec des «racistes, sexistes, transphobes, LGBT-phobes, islamophobes, homophobes, xénophobes». L’emploi de ces qualificatifs diffamatoires se résume souvent sous l’étiquette de «fasciste».

«Un climat de surveillance généralisée qui pousse au mutisme de tout individu en désaccord»Tribune collective d’étudiants des IEP

Le climat aujourd’hui installé dans les différents instituts d’études politiques est mortifère. Il nous dirige irrémédiablement vers la systématisation du discours progressiste et l’annihilation de toute pensée contraire. Aujourd’hui, il reste enfermé entre nos murs, demain, il sera étendu à l’ensemble du débat public. Nous demandons tout d’abord aux administrations des différents IEP de faire preuve de courage et de cesser de céder aux intimidations des radicaux totalitaires. La place prépondérante prise par les associations féministes et LGBT ces dernières années dans les IEP fait régner un climat de surveillance généralisée qui pousse au mutisme de tout individu en désaccord avec leurs thèses extrémistes pour ne pas se faire taxer à tout va de machistes ou homophobes.

L’attitude sectaire et extrémiste de ces associations de gauche, pseudo-apolitiques, suivies par la foule docile des autres associations sportives ou culturelles, fait régner une aura délétère au sein de la vie étudiante des IEP, et au sein des associations elles-mêmes, dont les membres réfractaires aux idéaux progressistes radicaux sont vite évincés. Traumatisés d’être des «blancs cisgenres hétérosexuels» et donc «privilégiés» et «dominateurs», les professeurs et membres des directions des IEP tracent une voie royale pour les associations LGBT et féministes par besoin de repentance, voire de masochisme.

«Nous croyons au droit à l’offense, au droit de déranger les esprits, à la contradiction, au débat»Tribune collective d’étudiants des IEP

L’existence des associations de sensibilité de droite et le respect de leur bon fonctionnement nous semblent essentiels à la pluralité au sein des IEP. De plus, ceux-ci permettent de rompre quelque peu le microcosme déconnecté de la réalité que les IEP représentent. Le jour où les étudiants des IEP comprendront que les associations de droite ou aux positions hétérodoxes n’ont qu’une seule hâte – pouvoir produire et fournir aux étudiants un œil différent et éclairé, promouvant le débat sur des sujets et thèmes d’actualité – l’ensemble de la communauté de nos établissements respectifs se verra grandie d’un principe essentiel à la démocratie: la contradiction.

Nous croyons au droit à l’offense, au droit de déranger les esprits, à la contradiction, au débat. Nous souhaitons que les instituts d’études politiques, et l’université française plus largement, cessent d’être aussi déconnectés des réalités protéiformes de la France et des Français. Comme disait Mitterrand à Rennes en 1988: «Nous ne sommes pas les bons, ils ne sont pas les méchants même s’ils considèrent qu’ils sont les bons et nous les méchants». Nous demandons à Madame la Ministre Frédérique Vidal et au gouvernement de Monsieur le Premier ministre Jean Castex de prendre des mesures fortes pour permettre à nos IEP et à l’ensemble du monde universitaire de redevenir les espaces de débat et d’émulation intellectuelle qu’ils furent un temps.

Société– Terrorisme : la nouvelle guerre

Société– Terrorisme : la nouvelle guerre

Après avoir retracé son évolution depuis deux siècles, l’historien américain John Albert Lynn II distingue dans son ouvrage les différentes formes du terrorisme. ( Le Monde, extrait)

Sur un sujet aussi vaste et complexe que le terrorisme, il n’existera jamais de livre définitif. Mais certains, rares, s’en approchent. C’est le cas d’Une autre guerre. Histoire et nature du terrorisme, de John A. Lynn II. L’auteur, un des plus grands historiens de la guerre, travaille sur le sujet depuis 2003 et explique, dès l’introduction de son grand œuvre, que celui-ci est « né du choc des événements du 11 septembre 2001 ».

En France, où le sujet est plus ancien – en raison de la vague de terrorisme palestinien, iranien et gauchiste des années 1980, suivie, une décennie plus tard, en 1994-1996, des premiers attentats djihadistes en Occident, liés à la guerre civile algérienne –, mais le traumatisme plus récent – après les attentats de 2015 et des années qui ont suivi –, le terrorisme est devenu synonyme de djihadisme.

Discuté dans les médias et sur la scène politique, le sujet est souvent maltraité, comme si sa capacité à frapper le plus grand nombre autorisait à dire tout et n’importe quoi. A commencer par un ancien premier ministre qui a pu estimer que « comprendre, c’est justifier ». Comment combattre quelque chose que l’on ne comprend pas, que l’on se refuse même à comprendre ?

Là où règne la confusion, l’ouvrage de John A. Lynn II pose des bases théoriques après avoir exposé les différents points de vue, y compris ceux qu’il ne partage pas, donne des exemples historiques, argumente, étaye. Il fait preuve de pédagogie et de pondération là où il importe de garder la tête froide et se présente comme un « exercice d’éducation civique, et, en un sens, d’autodéfense ».

Le livre échappe au piège de la définition du terrorisme au profit d’une description qui offre plus de souplesse analytique. Il propose ainsi six caractéristiques : faire usage de la violence ou de menaces de violence ; s’attaquer aux personnes et aux biens ; frapper des victimes sans défense assimilées à des non-combattants ; chercher à instiller la peur ou provoquer l’indignation au sein du grand public ; faire usage de la violence et de son impact psychologique pour promouvoir des objectifs politiques, sociaux ou culturels.

Là où nombre de spécialistes expliquent que le terrorisme n’est pas une idéologie, mais une méthode, John A. Lynn II adopte une position plus nuancée : certes, le terrorisme est un procédé destiné à obtenir un effet maximal avec peu de moyens, mais c’est aussi une croyance dans cette méthode. Cette mystique – ce qui a fait du terrorisme un « isme » à l’instar de l’anarchisme, du communisme, du fascisme ou du nationalisme – remonte, selon lui, à l’échec des révolutions de 1848 en Europe.

Terrorisme : la nouvelle guerre

Terrorisme : la nouvelle guerre

Après avoir retracé son évolution depuis deux siècles, l’historien américain John Albert Lynn II distingue dans son ouvrage les différentes formes du terrorisme. ( Le Monde, extrait)

Sur un sujet aussi vaste et complexe que le terrorisme, il n’existera jamais de livre définitif. Mais certains, rares, s’en approchent. C’est le cas d’Une autre guerre. Histoire et nature du terrorisme, de John A. Lynn II. L’auteur, un des plus grands historiens de la guerre, travaille sur le sujet depuis 2003 et explique, dès l’introduction de son grand œuvre, que celui-ci est « né du choc des événements du 11 septembre 2001 ».

En France, où le sujet est plus ancien – en raison de la vague de terrorisme palestinien, iranien et gauchiste des années 1980, suivie, une décennie plus tard, en 1994-1996, des premiers attentats djihadistes en Occident, liés à la guerre civile algérienne –, mais le traumatisme plus récent – après les attentats de 2015 et des années qui ont suivi –, le terrorisme est devenu synonyme de djihadisme.

Discuté dans les médias et sur la scène politique, le sujet est souvent maltraité, comme si sa capacité à frapper le plus grand nombre autorisait à dire tout et n’importe quoi. A commencer par un ancien premier ministre qui a pu estimer que « comprendre, c’est justifier ». Comment combattre quelque chose que l’on ne comprend pas, que l’on se refuse même à comprendre ?

Là où règne la confusion, l’ouvrage de John A. Lynn II pose des bases théoriques après avoir exposé les différents points de vue, y compris ceux qu’il ne partage pas, donne des exemples historiques, argumente, étaye. Il fait preuve de pédagogie et de pondération là où il importe de garder la tête froide et se présente comme un « exercice d’éducation civique, et, en un sens, d’autodéfense ».

Le livre échappe au piège de la définition du terrorisme au profit d’une description qui offre plus de souplesse analytique. Il propose ainsi six caractéristiques : faire usage de la violence ou de menaces de violence ; s’attaquer aux personnes et aux biens ; frapper des victimes sans défense assimilées à des non-combattants ; chercher à instiller la peur ou provoquer l’indignation au sein du grand public ; faire usage de la violence et de son impact psychologique pour promouvoir des objectifs politiques, sociaux ou culturels.

Là où nombre de spécialistes expliquent que le terrorisme n’est pas une idéologie, mais une méthode, John A. Lynn II adopte une position plus nuancée : certes, le terrorisme est un procédé destiné à obtenir un effet maximal avec peu de moyens, mais c’est aussi une croyance dans cette méthode. Cette mystique – ce qui a fait du terrorisme un « isme » à l’instar de l’anarchisme, du communisme, du fascisme ou du nationalisme – remonte, selon lui, à l’échec des révolutions de 1848 en Europe.

Terrorisme–Sahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

TerrorismeSahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

Dans une interview publiée jeudi 9 septembre, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, redoute la désintégration des armées étatiques de la région face à la menace djihadiste. Il plaide pour une force africaine pouvant avoir recours à la force. Une initiative bloquée par les Etats-Unis.

 

Antonio Guterres redoute le pire au Sahel. « Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes [au Sahel] peuvent se sentir enthousiasmés par [la prise de pouvoir des talibans] et avoir des ambitions au-delà de ce qu’ils pensaient il y a quelques mois », a précisé le secrétaire général de l’ONU dans une interview, jeudi 9 septembre, rapporte Le Monde.

La menace est notamment un blitzkrieg dans un Etat failli, où les institutions sont frêles. « On voit des armées qui se désintègrent face à eux », indique Antonio Guterres, en précisant : « On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique ». Au Sahel, pour contrer le risque, il est, selon lui, « essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité ». « Le Sahel est le point faible le plus important, qu’il faut soigner. Ce n’est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant il y a des infiltrations en Côte d’Ivoire, au Ghana », précise le secrétaire général de l’ONU.

Antonio Guterres propose donc la mise en place d’« une force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace », rapporte Le Monde. Mais, pour l’heure, Washington refuse cette mise en œuvre, pourtant défendue par Paris.

Ce qui crée une situation de blocage, alors que les Etats-Unis restent le premier contributeur financier de l’ONU. « Il faut que ce blocage se termine. C’est absolument essentiel », estime le secrétaire général de l’ONU, qui tient un ton alarmiste : « Je crains aujourd’hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace. »

Pour autant, dans une interview à l’Opinion, Serge Michaïlof, chercheur à l’Iris, assurait que « la sécurité des pays fragiles ne peut être durablement confiée à des forces étrangères. » « Les priorités sont de reconstruire l’armée, la gendarmerie et la police dans les pays sahéliens », ajoutait-il. Un combat de longue haleine.

Terrorisme–Burkina Faso : trois gendarmes tués et 1500 morts depuis 2015

Terrorisme–Burkina Faso : trois gendarmes tués et 1500 morts depuis 2015

 

Plusieurs gendarmes ont été victimes d’une embuscade au Burkina à la frontière du Niger. Les incidents ne cessent de se développer et on compte 1500 morts dans les attaques terroristes depuis 2015. Parallèlement, plus d’un million de personnes ont été déplacés.

La progression du terrorisme au Sahel est largement favorisée par la très grande faiblesse des pouvoirs politiques combinés à une pauvreté générale. De toute évidence, la force Barkhane surtout alimentée par la France devra être reconsidérée rapidement si on ne veut pas une extension des zones guerrières par exemple en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Depuis le coup d’État au Mali, la force Barkhane a opéré un certain retrait mais la question de son mandat et des conditions de son intervention restent maintenant à préciser. L’objectif étend que le Sahel ne se transforme pas en Afghanistan.

Une vraie guerre au terrorisme ?

Une vraie guerre au terrorisme ?

 

La guerre simplifie la représentation du monde entre « amis » et « ennemis » or l’éradication du terrorisme appelle au contraire des réponses plurielles souligne dans une tribune au « Monde » le chercheur Julien Fragnon

Tribune. Alors que les Etats-Unis s’apprêtent à commémorer les 20 ans des attentats du 11 septembre 2001, en France, débute le procès des attentats du 13 novembre 2015. L’actualité nous offre un écho singulier entre deux attentats qui ont fait réapparaître la « guerre » dans les mémoires collectives respectives.

Alors qu’en septembre 2001, ni le président de la République, Jacques Chirac, ni le premier ministre, Lionel Jospin, n’avaient employé ce terme pour désigner la lutte contre le terrorisme, en 2015, la prudence sémantique n’a pas survécu à la tragédie. La « guerre » est devenue la clé d’interprétation et l’argument principal de la réponse du gouvernement français.

 

Jusqu’alors, cette lutte se caractérisait par sa judiciarisation et le refus de toute forme d’approche militaire. Mais en 2015, l’ampleur du bilan, les images du carnage, les armes utilisées, le type de blessures occasionnées, tout concourt à justifier cette représentation. Politiquement aussi, l’usage du mot guerre prend tout son sens.

Une guerre appelle une réponse militaire. Au Mali dès 2013, puis dans l’ensemble du Sahel aujourd’hui, en Irak ou en Syrie hier, l’armée française mène des actions antiterroristes. En France, plusieurs milliers de soldats de l’opération « Sentinelle » sont déployés dans les rues. Une guerre appelle une mobilisation nationale.

L’union nationale, bien que de plus en plus précaire, est revendiquée après chaque attentat par l’ensemble des partis. Une guerre rogne les libertés individuelles. L’état d’urgence a contribué à une limitation des libertés qui fondent notre démocratie : domination de l’autorité administrative sur le pouvoir judiciaire, restriction de la liberté de circulation ou de réunion, etc.

 

Le recours au lexique guerrier constitue une tentative de réinstaurer de la ritualisation. Pour éviter que le désordre de l’attentat n’entraîne une désaffection des citoyens par la révélation de son impuissance, l’Etat répond par une revendication d’ordre. Si la « guerre » demeure largement métaphorique, dans le sens où elle participe d’une stratégie de dramatisation des visées traditionnelles du discours antiterroriste (unité nationale, fermeté), la rupture sémantique des discours de 2015 justifie une rupture politique.

Cette stratégie de l’exceptionnalité légitime ainsi le recours à des mesures exceptionnelles comme l’état d’urgence. Ce sont ces différentes opportunités que l’emploi du mot guerre offre au pouvoir politique. Toutefois, cet usage comporte aussi des faiblesses, puisqu’il tend à masquer plutôt qu’à révéler la complexité de la situation actuelle. Le problème n’est pas tant dans l’usage du mot guerre que dans la caractérisation précise du type de guerre auquel on doit faire face depuis plusieurs années maintenant.

Après l’Afghanistan, un rebond du terrorisme islamique

Après l’Afghanistan, un rebond du terrorisme islamique

Pour l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, l’Afghanistan va redevenir un lieu d’attraction pour tous les salafistes européens, comme avant le 11 septembre 2001( dans l’Opinion, Extrait)

 

Président de la chambre à la cour d’appel de Versailles après avoir été, entre 2006 et 2015, juge d’instruction s au pôle antiterrorisme du tribunal de grande instance de Pari, Marc Trévidic est l’auteur de Le roman du terrorisme paru chez Flammarion en novembre 2020.

Que vous inspire la découverte de talibans infiltrés parmi les réfugiés accueillis en France ?

La notion de « taliban » est large, entre les différentes factions existantes et tous les chefs tribaux. Il y a des guerres intestines. Certains des réfugiés en question sont sans doute recherchés par leurs propres troupes parce qu’ils ont aidé les forces gouvernementales, qu’ils ont trahi ou pris de l’argent dans la caisse, mais j’imagine mal les talibans en tant qu’organisation vouloir infiltrer des agents dormants en Europe pour l’instant. Je ne vois pas trop leur intérêt, au moins pour les deux ans à venir. Ils devraient se tenir à carreau le temps de prendre totalement les rênes en Afghanistan. On a vu déjà, par le passé, dans le flot des réfugiés venus de Syrie et d’Irak, des terroristes passés successivement par al-Nosra, puis par l’Etat islamique et par Ahrar al-Cham en Syrie qui n’étaient plus dans les bons papiers des cheiks ayant pris le pouvoir. Tous n’en demeurent pas moins des fondamentalistes religieux et de potentiels terroristes.

Faut-il craindre que l’Afghanistan redevienne une base pour les terroristes ?

Toute partie du monde perçue comme une terre de « vrai islam » où l’on applique la charia représente une attraction pour les salafistes-jihadistes européens. Si on leur ouvre la porte, ils vont s’y rendre. Une fois là-bas, le régime en fera ce qu’il veut : les entraîner militairement – pas forcément sous la forme de camps à ciel ouvert comme avant le 11 septembre 2001 –, continuer leur formation idéologique, etc. Ils peuvent servir, à un moment donné, des intérêts stratégiques des talibans ou des pays qui les soutiennent et être envoyés organiser des attentats dans certaines parties du monde. L’idée que des Français vont retourner sur cette terre – il y en a eu un paquet par le passé – et être chapeautés par des extrémistes religieux représente un danger. Cela donne aussi un souffle à l’idéologie qui peut disparaître petit à petit quand il ne se passe rien. On a vu ce qu’avait donné la proclamation du califat avec un exode massif des salafistes européens. Cela étant, l’Afghanistan est un peu moins accessible que la Syrie et l’Irak. Il faut crapahuter pour s’y rendre, il ne suffit pas d’un billet d’avion à 230 euros. Heureusement, on a les moyens d’éviter un exode massif. Cela se fera par petits nombres. Parmi les derniers dossiers que j’ai traités, une demi-douzaine de terroristes dont Mohammed Merah (responsable des tueries de Toulouse et Montauban en 2012) avaient été formés au Waziristan, région tribale à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan.

A quel point le Pakistan est-il impliqué?

C’est un pays ami des talibans. Au moins la moitié de la hiérarchie des services de renseignement pakistanais (l’ISI, qui emploie 800000 personnes et fait la pluie et le beau temps dans le pays) est historiquement proche des chefs talibans. Le Pakistan est toujours partant pour déstabiliser l’Inde, comme on l’a vu par le passé quand al-Qaïda a été utilisé au Cachemire pour des actions terroristes. Tout le monde occidental sait que le Pakistan n’est pas un véritable allié. C’est un Etat très instable disposant de l’arme nucléaire, qu’on laisse agir parce qu’il n’y a pas le choix.

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