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Une France fracturée dans ses territoires et sa société

Une France  fracturée dans ses territoires et sa société

La victoire d’Emmanuel Macron montre aussi un pays divisé et sans élan. Avec de nombreux défis à relever pour le président réélu. Par Claude Patriat, Université de Bourgogne – UBFC

 

Étrange climat au soir de ce deuxième tour de l’élection présidentielle française : nulle explosion de ferveur, de joie collective, d’enthousiasme ni de violente colère. Comme un profond et grave soupir de soulagement poussé par une large majorité, juste contrebalancé par la déception des vaincus qui ne perdent pourtant pas l’espoir d’une prochaine revanche.

La France a eu peur. La France s’est fait peur. Le front républicain a beau avoir vécu : il reste de nombreux républicains résolus à faire barrage qui ont rejoint le camp d’Emmanuel Macron, l’aidant à remporter une belle victoire, nette et sans appel avec 18 779 641 suffrages. 17 points d’écart séparent les deux candidats, le président sortant emportant 5 482 000 voix de plus que son adversaire.

Dans un pays profondément fracturé, les clivages n’ont pas empêché les reports de jouer leur rôle de rééquilibrage : Emmanuel Macron recueille 8 994 063 de suffrages de plus qu’au premier tour (soit une progression de 92 %), Marine Le Pen, 5 161 391(+63,44 %). Certes, le président sortant n’atteint pas les 139 % de progression de 2017 ; mais on relèvera qu’à cette date, Marine Le Pen n’avait amélioré son score du premier tour que de 34,55 %.

D’où provient alors ce paysage en demi-teinte qui se dessine aujourd’hui ? Le président réélu a lui-même modestement choisi le ton de la modération et assuré le service minimum dans son allocution au champ de Mars : un étonnamment bref discours de remerciements à ses soutiens et à ses électeurs, une réaffirmation de sa volonté de représenter tous les Français. Et une confirmation de sa volonté de changement de méthode : « Cette ère nouvelle ne sera pas la continuité du quinquennat qui s’achève… ».

C’est que ce scrutin, pour historique qu’il soit, n’a pas dissipé les brumes dans lesquelles notre pays est plongé. D’abord, il faut rappeler que pour la troisième fois en 20 ans, l’élection a été acquise contre une candidature d’extrême droite – à la différence de 1981 et 2012, où le sortant avait été battu par un adversaire inscrit dans les valeurs et la tradition républicaines.

Le choix, pour nombre d’électeurs n’était donc pas seulement entre deux projets politiques, mais entre deux visions de la République. Ce qui introduit un biais dans la lecture du résultat et devrait inciter à la prudence quant aux comparaisons hâtives.

Ce choix contraint en forme de refus vient grossir le phénomène de l’abstentionnisme : avec 28 %, son taux augmente de 3 points par rapport au second tour de 2017, et atteint presque le niveau du premier tour de 2002 (28,40 %). Sans toutefois égaler le record de 1969, où il avait été de 31,15 % pour le second tour opposant George Pompidou à Alain Poher. Contrairement, en effet, à ce qu’affirme Jean-Luc Mélenchon, « le plus mal élu des présidents de la République » n’est pas Emmanuel Macron, mais Georges Pompidou qui n’avait obtenu que 37,51 % des inscrits.

Outre son caractère récurrent depuis 20 ans, cette baisse tendancielle de la participation ne pouvait que se confirmer dans une France où l’écrasante majorité des électeurs déclarait depuis cinq ans qu’elle ne voulait plus d’un duel Macron/Le Pen et qui a dû aller boire de nouveau à cette fontaine.

Le rapprochement avec 1969 est d’ailleurs intéressant de ce point de vue : le deuxième tour se déroulait sans candidat de gauche et sous le signe du « bonnet blanc et blanc bonnet » proclamé alors par les communistes.

Autre symptôme de cette sorte de malaise face au vote : la formidable progression des votes blancs et nuls qui augmentent de plus de 286 % entre les deux tours, s’élevant à plus de 3 millions. Et qui viennent s’ajouter en soustraction des exprimés aux 831 974 abstentionnistes supplémentaires.

Concomitant de la relative désaffection des urnes, et venant corroborer la défiance vis-à-vis de la représentation politique, il y a la progression régulière de l’extrême droite. De 17,90 % au premier tour de la présidentielle de 2012, elle passe avec la seule Marine Le Pen à 21,30 % en 2017 avant d’atteindre 33,90 % avec le renfort d’Éric Zemmour ; on passe ainsi la barre remarquable des 30 % au premier tour, et Marine Le Pen finit à 41,46 % au second. On assiste donc à une ascension en forme d’enracinement, confirmée par un irrésistible grignotage du territoire profond.

La cartographie du second tour de l’élection présidentielle confirme l’érosion de territoires auparavant dévolus aux vieux partis de gouvernement. Dans 21 départements continentaux, Marine Le Pen franchit la barre des 50 % : elle consolide ses bastions dans le nord de la France, s’adjugeant le Pas-de-Calais et les trois départements de l’ancienne Picardie (avec un record au-delà de 59 % dans l’Aisne) ; dans l’Est rural également, elle confirme ses points forts (en Haute-Marne et en Haute Saône, par exemple) ; même réussite dans le Sud-Est et le pourtour méditerranéen. On la voit même circonvenir des départements du Sud-Ouest jusque-là rebelle au FN, comme le Tarn-et-Garonne ou le Lot-et-Garonne.

Vu des régions, l’enracinement se confirme : Marine Le Pen est en tête dans toutes les régions d’Outre-mer et en Corse (avec un record en Guadeloupe où elle devance Emmanuel Macron de 39 points !). Elle l’emporte également dans deux régions continentales : Hauts-de-France, où elle devance Emmanuel Macron de 4,5 points, et PACA (+1point). Si le président sortant l’emporte très nettement en Ile-de-France (+47 points) et en Bretagne (+33), l’écart devient plus mince en Bourgogne-Franche-Comté (+5,5), dans le Grand Est (+7) ou en Occitanie (+8).

Tout dans ce résultat laisse à penser que la fracture territoriale et sociale reste entière, et ne laisse guère planer d’illusion sur la possibilité d’un état de grâce pour le président réélu. D’autant qu’à écouter les oppositions, nous sommes entrés dans une nouvelle phase, « l’entre-trois tours ». Voici que des deux côtés du bloc central, on trouve désormais des mérites au respect de la constitution de la Ve République : on semble découvrir que le texte permet le fonctionnement d’un vrai régime parlementaire, où le gouvernement gouverne sous le contrôle du Parlement : étrange et tardive conversion à un fait juridique qu’il y a 20 ans, nous avions analysé à un moment crucial, dans le livre Voter cohabitation ? La fin de la monarchie républicaine.

Car, sous l’épaisse couche de vernis qu’on a superposée au dispositif initial, notre régime politique est un régime parlementaire rationalisé tempéré par un président de la République doté de puissants moyens d’arbitrage. Et voilà donc que l’on se prend à rêver d’une cohabitation, tant décriée naguère, qui permettrait de juguler la toute-puissance présidentielle. Faute de proportionnelle, et compte tenu de la force maintenue des vieux appareils politiques dans les circonscriptions, il va falloir constituer des blocs solides pour pouvoir s’imposer sur l’ensemble du territoire, en surmontant la logique réductrice du scrutin majoritaire.

Jean-Luc Mélenchon s’est déjà clairement engagé dans cet exercice, tandis que Marine Le Pen compte bien constituer à l’Assemblée nationale une force d’opposition à la mesure de son résultat du 24 avril. Dans les deux cas, cela va nécessiter des alliances parfois improbables et une surmobilisation de l’électorat, tant le mode de scrutin en vigueur, bipolaire par nature, s’accommode mal d’un jeu à trois.

Quoiqu’il en soit, les deux prétendants malheureux devront compter avec le délai dont dispose Emmanuel Macron, d’ici les législatives, pour tracer les contours d’une pratique présidentielle élargie, seule susceptible de court-circuiter les tentatives de ses opposants. Là aussi, le chemin est étroit… et le moment est venu de se remémorer la belle phrase de Lessing : « La victoire est un résultat, ce n’est pas une preuve. »

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Par Claude Patriat, Professeur émérite de Science politique Université de Bourgogne, Université de Bourgogne – UBFC.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Revoir la politique des territoires outre-mer

 

Revoir la politique des territoires outre-mer

Par Antoine Joly(Ancien ambassadeur en Amérique latine et dans les caraïbes, ancien délégué à l’action extérieure des collectivités territoriales)

(Le Monde)

 

Tribune.

 

Lors du premier tour de l’élection présidentielle, les territoires d’outre-mer ont majoritairement voté Jean-Luc Mélenchon et, au second tour, Marine Le Pen. Dimanche 24 avril, le résultat en outre-mer a même été exactement l’inverse que le résultat global national : 58 % pour la candidate du Rassemblement national, contre 42 % pour le président sortant. L’outre-mer a-t-il basculé dans l’extrême droite et ses luttes contre les migrations, ou est-elle devenue subitement « insoumise » ?

Le plus vraisemblable est que nos outre-mer sont arrivés à une étape de leur histoire où la relation avec la métropole doit être profondément reformée. Les choix nationaux proposés lors des élections générales françaises ne correspondent plus aux aspirations des citoyens français de l’océan Indien, des Caraïbes ou de l’Amérique du Sud et aux difficultés particulières de ces territoires.

La réponse aux problèmes spécifiques de régions insérées dans un environnement bien différent de la métropole ne peut désormais venir que des territoires eux-mêmes et de leurs habitants. Y compris sur des sujets considérés comme régaliens. On pourrait commencer par les questions de sécurité, de politique migratoire ou de nationalité, ou encore la santé, mais je voudrais dans ce court espace évoquer la politique étrangère.

Il est habituel de dire que nos territoires sont une chance pour la France, porte d’entrée en Amérique latine, aux Caraïbes ou dans l’océan Indien. La réalité est toutefois beaucoup plus contrastée. Le Quai d’Orsay, en laissant largement la main au ministère des outre-mer pour l’intégration régionale de ces territoires, s’est en partie désintéressé d’une diplomatie de proximité, tandis que l’outre-mer se focalise surtout sur les questions de sécurité.

Les élus locaux, quant à eux, légitimes pour porter une ambition régionale, considèrent à raison qu’ils n’en ont pas la compétence constitutionnelle s’agissant de relations avec d’autres Etats, sauf à demander expressément, et à chaque fois, l’autorisation à Paris.

Surtout, la présence de territoires français en Amérique du Sud, dans la Caraïbe ou l’océan Indien donne malgré tout à notre pays dans ces régions l’image d’une nation dont les horloges restent réglées au siècle précédent. Ces territoires aujourd’hui pèsent donc plus sur nos relations internationales dans la zone qu’elles les servent.

Si la Communauté des Caraïbes (Caricom) est si frileuse à accepter les Antilles et la Guyane comme membres associés, c’est en grande partie parce qu’elle a l’impression qu’elle ferait entrer Paris dans cette enceinte plutôt que Cayenne, Fort-de-France ou Pointe-à-Pitre. Pour les mêmes raisons, la France n’est pas membre de l’Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA) par le refus des autres Etats membres, alors que son territoire en recouvre une partie avec la Guyane.

Vue de Paris : »La France des territoires va mieux  » (Eric Lombard, DG de la Caisse des dépôts )

Vue de Paris : »La France des territoires va  mieux  » (Eric Lombard, DG de la Caisse des dépôts )

Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations ouvre dans un livre-témoignage les portes et les fenêtres sur les mutations de la finance au regard de ses quatre ans passés à la tête de l’institution plus que bicentenaire de la rue de Lille. Il affirme que la France des territoires va mieux… sans doute vue de Paris; En effet, globalement nous assistons plutôt un phénomène de désertification du territoire en dehors des grandes métropoles. 

 

La  caisse de dépôt gère notamment une grande partie de l’épargne notamment du livret A rémunéré aujourd’hui à 1 % quand l’inflation a atteint 3 % sur un an en 2021 et qu’elle progressera encore au minimum de 3,5 % sur un an d’ici la moitié de 2022. De quoi faciliter la gestion de la caisse de dépôt au détriment des épargnants  ! NDLR

 

 

 

Vous racontez dans « Au cœur de la finance utile, à quoi sert votre épargne ? », publié ce mois-ci aux Editions de l’Observatoire, votre expérience de quatre années à la tête de la CDC. Ce livre est un appel pour un second mandat à l’issue de la présidentielle ?

ERIC LOMBARD : Ce n’est pas l’objectif de ce livre. J’ai été nommé par le président de la République sur un projet. Si Emmanuel Macron est rééluil faudra penser la suite du projet pour la Caisse. En revanche, j’ai voulu expliquer le rôle de la Caisse des Dépôts, car c’est le Livret A, c’est l’argent des Français et cela nous oblige. Et la CDC a beaucoup changé, j’ai aussi voulu le montrer.

On a coutume de dire qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits…

Quand je suis arrivé, c’était encore vrai pour un directeur général ! Venu du privé, d’une grande entreprise du secteur de l’assurance, j’ai découvert qu’il existait vingt directions qui rapportaient au directeur général, sans compter les présidents de filiales. Tant est si bien qu’il y avait des réunions à près de trente personnes. C’est pourquoi très vite, j’ai poussé pour que nous fassions quelque chose de plus opérationnel regroupant quatre métiers et en créant cinq fonctions transversales. En cinq ans, nous avons triplé le bilan du groupe. De 400 milliards d’euros, il avoisine désormais les 1.200 milliards d’euros, notamment depuis le rapprochement entre CNP et La Poste.

Vous dénoncez dans le livre les dérèglements du capitalisme et la montée des inégalités. La situation s’est aggravée avec la crise du Covid, selon vous ?

Depuis la crise financière de 2008 et au cours de la dernière décennie, on a assisté à un déséquilibre croissant dans la répartition des richesses qui est devenu aujourd’hui massif et constitue selon moi un frein et un danger pour la stabilité économique. Cela vient du fait que la rentabilité du capital est excessive, au regard de celle du travail. L’équilibre social qui a permis les 30 Glorieuses est rompu et les intérêts des managers sont désormais alignés sur le monde de la finance. Les investisseurs financiers ont continué de réclamer des rendements de 8 à 10% dans un monde de taux zéro voire négatifs.

Système de santé : Une crise encore plus grave dans les territoires

Système de santé : Une crise encore plus grave dans les territoires 

Conseillers municipaux en Bretagne, Tugdual Le Lay et Arnaud Platel, respectivement de Génération.s et du PS, dénoncent dans une tribune au « Monde » les inégalités territoriales en matière de santé. Des mesures doivent être prises, les usagers et les soignants le réclament.

 

Tribune.

 

En France, la crise sanitaire est une réalité plus ancienne que le Covid-19. En effet, si cette pandémie met à rude épreuve notre système de santé, celui-ci ne l’a toutefois pas attendue pour connaître ses premières difficultés. Dans nos territoires, nous le constatons depuis un certain temps, l’abnégation des acteurs du soin permet à notre système de santé de tenir, voire de survivre.

D’abord, si nous sommes parvenus à tenir jusque-là et notamment en pleine épidémie, c’est grâce à l’engagement exceptionnel de milliers de femmes et d’hommes, soignants, agents du service public de la santé et de l’ensemble des personnels médicaux. Elles et ils se sont investis sans compter pour contenir, freiner, répondre aux situations les plus urgentes.

Dans nos hôpitaux, les applaudissements de 20 heures n’ont été que de peu d’aide face à la fermeture de lits et la réduction progressive des effectifs, sur fond de dégradation des conditions de travail et de crise des vocations. Au centre hospitalier de Quimper (Finistère), un salarié sur dix (11 % selon les syndicats, 8,9 % pour la direction) est en arrêt maladie quand, toujours selon les syndicats, un à deux postes par service ne sont pas occupés.

Ensuite, c’est grâce à l’action de collectivités territoriales qui résistent encore et toujours à la désertification médicale. Phénomène ancien puisque en France, le nombre de personnes vivant dans une commune avec accès limité à un médecin généraliste est passé de 1 % en 2007, à 7,6 % en 2012 pour atteindre 11,1 %, soit près de 7,5 millions de personnes en 2018Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, cette situation représente une injustice sociale qui frappe d’abord les plus précaires, qui ont « jusqu’à huit fois plus de risques de renoncer à des soins dans les zones très sous-dotées en médecins généralistes ».

Ainsi, en zone rurale, l’espérance de vie des hommes est inférieure de 2,2 années par rapport à ceux vivant en zones urbaines. À Guingamp (Côtes-d’Armor), l’hôpital, sa maternité, ses services d’urgence et ses plateaux techniques relèvent d’une importance stratégique vitale pour un territoire qui dépasse les quelque 3 kmde sa frontière municipale et où l’indice de vieillissement est 63 % supérieur à la moyenne nationale – révélant ainsi un besoin absolu de soins en proximité.

Combien d’entre nous pourraient connaître la situation de cette femme de Laval, transportée à plus de 200 km de chez elle, à Vannes (Morbihan), faute d’avoir pu être admise dans les cinq autres maternités sur sa route ? Enfin, si le système de santé tient encore – en Bretagne singulièrement – c’est parce qu’il participe à l’attractivité de bassins de vie entiers.

 

La redynamisation des territoires oubliés

La redynamisation des territoires oubliés

 

 

 

Un article de l’opinion souligne l’intérêt de redynamiser les territoires oubliés de l’aménagement.

 

Face aux grands défis du moment, la bataille ne se déroule pas dans un espace abstrait nommé France. Elle se livre dans la diversité des territoires, à Lens comme à Saclay, à Figeac comme à Dunkerque. Elle se joue dans les métropoles, mais aussi dans les villes moyennes et dans les territoires ruraux excentrés et d’autant plus imaginatifs », professe Pierre Veltz, auteur de La France des territoires, défis et promesses (L’Aube, 2019). De fait, en brouillant les frontières entre l’industrie, les services et le numérique, démontre cet économiste et sociologue, les nouveaux modèles de développement réarment les territoires. Il décrit par exemple la façon dont la filière émergente centrée sur l’individu, sa santé et son bien-être tout au long de la vie, suscite la création de « systèmes collectifs fortement territorialisés » porteurs d’innovations et d’emplois, dont les contours courent de la relation patient-soignant jusqu’aux acteurs de la prévention et de l’accompagnement social.

Dans ce grand bouillonnement, le rôle de l’Etat est primordial, défend Pierre Veltz. Paris doit aider à la structuration des triangles vertueux « individus-systèmes-territoires » au sein des régions, et les inscrire dans le cadre d’une stratégie nationale afin de limiter les doublons et le saupoudrage des subventions. Il n’est pas le seul à penser qu’il est grand temps de réconcilier les domaines séparés de l’aménagement du territoire et de l’aménagement urbain ou territorial. En abandonnant sa vocation d’Etat stratège, qui fut incarnée par feu la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar) puis par le Commissariat général au Plan, pour le rôle d’Etat facilitateur ou de partenaire, dont témoigne la création en 2019 de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), la puissance publique a perdu en efficacité, déplore l’institut Montaigne.

Retards. La gestion du plan France très haut débit lancé en 2013 illustre les « limites des démarches partenariales ». Celui-ci prévoyait que les 45 % du territoire non rentables pour les opérateurs seraient connectés au très haut débit hertzien d’ici 2022 par les collectivités locales grâce à des fonds publics. Idem pour la fibre optique en 2025. Il aura fallu attendre la crise sanitaire et l’explosion brutale des besoins pour que ses responsables se décident enfin à mettre les moyens pour combler les retards accumulés.

Ainsi, la première des conditions pour préserver ou rétablir la souveraineté des territoires français serait que l’Etat renoue avec les vertus de la gouvernance : « la mise en place de stratégies communes et négociées entre les différents acteurs permet d’offrir une vision englobante » (Institut Montaigne) et de bâtir des programmes d’investissements puissants. L’argent demeure cependant le nerf de la guerre. Après l’occasion un peu ratée du plan de Relance à 100 milliards d’euros (en dépit des mots, sans réelle dimension territoriale), une nouvelle opportunité semble s’ouvrir avec la décision du gouvernement de lui accorder une rallonge de 30 milliards. Outre le renforcement du nucléaire et des énergies renouvelables, l’objectif de ce « plan postCovid », comme l’ont baptisé ses partisans, est de favoriser l’émergence de nouvelles filières industrielles (mobilité verte, hydrogène, biomédicaments, agroécologie, semi-conducteurs, batteries…) sur tout le territoire. Ce qui sous-entend d’encourager aussi les entreprises des métropoles à s’installer dans les territoires et tous leurs acteurs à s’y ancrer dans la durée. Miracle, ses grandes priorités font l’objet d’un consensus chez les experts.

Tant pour une question d’écologie que de pure rationalité économique, tous considèrent qu’il est vital d’améliorer la desserte ferroviaire des villes moyennes. Est-il acceptable au XXIe siècle que le train reliant Saint-Malo à Rennes parcourt ce trajet de 70 km en 50 minutes à la vitesse moyenne de 85 km/h ? Comparé au TGV, ce chantier n’est pas pharaonique. L’aménagement des lignes courtes existantes serait rapide et économique, ainsi que l’esquisse l’arrivée des premières rames hybrides électrique-hydrogène. De même, préconisent-ils un gros coup de pouce au déploiement des réseaux de bornes de recharge électrique et hydrogène pour que les habitants des territoires ne soient pas les derniers équipés en véhicules propres. Idem pour les réseaux de communication numériques. L’Etat a confié la mission aux opérateurs privés d’équiper 90 % du pays d’ici 2025 avec la « 5G », plus performante et dix fois moins consommatrice d’énergie que la « 4G ». Ce n’est pas un hasard si l’Allemagne consacre 5 milliards d’euros de son plan de relance à couvrir les zones excentrées. La « 5G » est un puissant levier pour susciter de nouvelles offres de services (usines robotisées, objets connectés, etc.), redéployer des activités et constituer des grappes d’entreprises, bénéficier de services publics de qualité (téléadministration, télémédecine, formation à distance).

Etoffer. Le consensus existe, enfin, sur la nécessité d’étoffer la carte des établissements de formation supérieure et professionnelle afin de stopper la fuite des étudiants vers les métropoles et susciter l’émergence d’écosystèmes locaux de recherche et d’innovation. Personne ne souhaite vraiment relocaliser des universités dans des petites villes. Il s’agit plutôt d’engendrer au niveau local une offre complémentaire panachant les formations généralistes et spécialisées, en s’inspirant d’exemples probants. Réputée, l’École supérieure des technologies industrielles avancées (Estia), à Bidart, au Pays basque, alimente en ingénieurs une centaine d’entreprises du cru, dont la filière aéronautique. De son côté, l’université de Valenciennes a pris très tôt le virage de la robotique pour répondre à la problématique des industriels du Nord. Une autre solution consisterait à optimiser la fiscalité des nombreuses PME et quelques milliers d’ETI, en commençant par la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), cet impôt prélevé sur les investissements de production, que la France est l’un des derniers pays à conserver, qui plombe la compétitivité des industriels à l’étranger et freine les relocalisations. En allégeant aussi la fiscalité sur les dividendes, ce qui faciliterait la reprise d’entreprises. En France, le taux des transmissions intra-familiales des ETI plafonne par exemple à 17 %. Il s’envole à 56 % en Allemagne et à 69 % en Italie.

Aménagement des « territoires » : la folie de la métropolisation

Aménagement du territoire : la folie de la métropolisation

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

 

Présidentielle: visite des candidats chez les « indigènes des territoires »

Présidentielle: visite des candidats chez les « indigènes des territoires »

 

Ce n’est sans doute pas un hasard si la plupart ont choisi la province pour annoncer leur participation à la présidentielle de 2022. En réalité, il y a un grand changement ; il ne s’agit plus de province, mot tombé dans la désuétude mais de territoires mots plus nobles que campagne, province ou terre éloignée.

 

D’une manière générale et pas seulement en politique, le terme territoire a effacé le mot province. Pour quelle raison scientifique ? Sans doute aucune mais pour des raisons de mode sémantique.

 

En politique, les gilets jaunes sont aussi passés par la et il est de bon ton de marquer la sensibilité provinciale de l’élite politique. Dans les faits malheureusement, la France est caractérisée par une hyper centralisation dans tous les domaines autour de Paris. C’est toujours là que tout se discute, tout se négocie, tout se décide.

 

La province a perdu de son attrait et de sa vigueur avec la désindustrialisation de la France. Elle ne pesait déjà pas lourd par rapport à Paris avant la mondialisation et la décrépitude industrielle française. Le mot territoire n’a guère de sens car il recouvre des réalités très diverses. Il y a une quinzaine de villes françaises de grande dimension.

Une  sorte de super agglo qui regroupe souvent la plus grande partie des habitants de la région et de l’activité économique. Quelques villes moyennes qui survivent avec difficulté grâce à quelques emplois tertiaires, beaucoup de retraités et des activités touristiques. Des petites villes souvent au bord de l’agonie qui progressivement sont privées de tout service public ou presque. Enfin le monde rural complètement désertique et dont l’avenir sera assuré par les résidents secondaires le temps des beaux jours. Seuls quelques vieux indigènes s’entête  à y rester.

 

Mais pour les élites parisiennes qui briguent les voix de tous les Français, hors  le périphérique parisien,  tout est territoire et tout est peuplé d’ indigène qu’il faut bien accepter de visiter pour recueillir leurs suffrages. La visite sera d’ailleurs largement commentée dans la presse locale qui se borne à traiter les faits divers comme les chiens écrasés. Une presse d’ailleurs en voie de disparition tellement le contenu est indigent.

 

Le président de la république lui-même a entamé un immense tour de France qui va durer des mois pour visiter ces indigènes, sorte de gaulois velléitaires qui s’entêtent  à refuser de rejoindre la région parisienne. Pas d’autres solutions donc que de faire une excursion en zone inconnue des territoires pour marquer sa relation féodale aux peuplades provinciales éloignées.

Relance des territoires par la contractualisation ?

Relance des territoires par la contractualisation ?

Caroline Cayeux , présidente de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) explique que la contractualisation pourra servir la relance locale (dans la Tribune, extrait)

 

En ce premier anniversaire du plan « France Relance », l’Agence nationale de la Cohésion (ANCT) des territoires travaille avec le gouvernement et la Commission européenne pour clarifier ce qui relève des 100 milliards d’euros et ce qui relève des fonds structurels européens. Elle co-pilote également avec l’Etat les contrats de relance et de transition écologique (CRTE). Sa présidente, Caroline Cayeux, réélue avec le soutien d’En Marche à la mairie de Beauvais et à la tête du Grand Beauvaisis (Oise) aux municipales de 2020, également présidente de l’association des villes moyennes, fait le point sur ces avancées et en profite pour répondre au rapport des députées (LR) Véronique Louwagie et (LREM) Catherine Kamowski sur la territorialisation de la relance.

Les 222 villes moyennes du programme de revitalisation « Action Cœur de ville » se retrouvent ce mardi lors de rencontres nationales. De quelle manière l’Agence nationale de la cohésion des territoires développe ses programmes d’appui aux territoires ?

CAROLINE CAYEUX : Notre mission consiste à travailler avec et à l’écoute des territoires. Au cœur d’« Action Cœur de ville », la rénovation des bâtiments privés, le renouvellement urbain, le fonds de recyclage des friches et les foncières pour restructurer 6.000 commerces d’ici à 2026 sont autant d’actions de l’Agence nationale de cohésion des territoires.

Plus généralement, nous travaillons à la relocalisation de l’activité industrielle dans le cadre de Territoires d’industrie pour lequel ce sont 540 millions d’euros d’aides accordées pour 1.340 projets ; ce seront au final 700 millions d’euros accordés (550 de l’Etat [réabondés de 150 millions d'euros par le Premier ministre Jean Castex le 6 septembre 2021, Ndlr] et 150 des Régions) . Nous mettons aussi en œuvre l’agenda rural avec notamment un budget de 220 millions d’euros pour les réseaux d’eau potable et d’assainissement .

Revitaliser la démocratie mais aussi l’économie des territoires

Revitaliser la démocratie mais aussi l’économie des territoires

 

A l’heure où le « gouffre démocratique » entre citoyens et élus se creuse davantage, l’association d’édiles appelle, dans une tribune au « Monde », à replacer les élus locaux au cœur des prises de décision.

 

Tribune.

 

 Il est des réformes qui peinent à voir le jour. Dans un vieil Etat jacobin comme le nôtre, celles ayant trait à la décentralisation sont généralement de celles-là. C’est donc avec un intérêt du meilleur aloi que nous avons accueilli le projet de loi du gouvernement dit « 3 DS » [anciennement « 4 D »] – pour différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification de l’action publique locale –, produit de la ténacité, voire de l’obstination, de la ministre chargée de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Une ambition : tirer les leçons de la crise sanitaire en confortant le rôle des élus locaux et en améliorant la collaboration avec les services déconcentrés de l’Etat. Bref, une nouvelle étape de la décentralisation.


Las, il y a loin de la coupe aux lèvres. Certes, nous ne demandions pas un grand soir de la décentralisation – voilà bientôt quarante ans, depuis les lois Defferre, que se multiplient les textes et que se complexifie inéluctablement le trop fameux millefeuille territorial. Non, les collectivités ont besoin de stabilité. Mais si nous ne préconisons pas le grand soir, ce n’est pas pour accepter de nous acheminer à bas bruit vers un petit matin morne, le jaune encore au coin de l’œil.

Alors, que reproche-t-on à ce texte qui vient d’être déposé pour examen au Sénat ? Tout n’est pas à jeter, loin s’en faut. Ainsi, l’initiative visant à encourager les nouvelles formes de participation à la vie politique locale, grâce à l’abaissement des seuils pour faciliter la saisie directe par les citoyens de la collectivité de toute affaire relevant de sa compétence, est à saluer, dans une période où se fait entendre de plus en plus bruyamment la grève des isoloirs. Certaines compétences des collectivités sont par ailleurs renforcées dans les domaines les plus variés : l’environnement, le logement, ou encore la mobilité.

Mais toutes ces avancées, certes bienvenues, font l’impasse sur les dix-huit derniers mois : dix-huit mois de crise au cours desquels les maires ont été en première ligne ; dix-huit mois qui ont vu les maires déployer des trésors d’ingéniosité et d’inventivité pour relever les défis inédits d’ordre sanitaire, économique ou social qui se présentaient à eux ; dix-huit mois enfin au cours desquels les maires ont dû batailler contre les pesanteurs d’un appareil d’Etat hypercentralisé et bureaucratique, le fonctionnement des agences régionales de santé en étant l’exemple le plus frappant.

Téléphone fixe- câble : un abandon total dans les territoires ruraux

Téléphone fixe- câble : un abandon total dans les territoires ruraux

Alors qu’on promet partout le câble, les territoires ruraux devront encore se satisfaire du vieux réseau cuivre souvent suspendu aux branches des arbres ou traînant par terre. Théoriquement les territoires ruraux devraient être essentiellement desservis pour le câble par voie aérienne. On se demande comment puisque souvent c’est la ligne qui soutient les poteaux.

200 élus ruraux dénoncent donc l’abandon total du réseau de téléphone fixe. Le constat est en effet assez lamentable puisque souvent les fils traînent par terre et soutiennent des poteaux brisés. Normalement l’entretien incombe à Orange qui néglige totalement le téléphone fixe des zones rurales. En fait,  Orange compte, substituer le câble au réseau cuivre. Le problème, c’est que cette substitution totale n’interviendra pas au moins avant 2030 et en attendant les zones concernées risquent d’accéder de moins en moins facilement aussi bien au téléphone fixe qu’à Internet.

 

Dans son plan stratégique 2025, le groupe Orange prévoit que le réseau «cuivre» pour la téléphonie fixe sera complètement remplacé par un réseau fibre optique en 2030. Une convention signée entre l’Etat et Orange en 2017 et arrivée à échéance doit laisser sa place à une nouvelle «qui prévoit un accès au haut débit internet en plus de la téléphonie fixe». Le problème est quand ?

Téléphone fixe- cable : un abandon total dans les territoires ruraux

Téléphone fixe- cable : un abandon total dans les territoires ruraux

Alors qu’on promet partout le câble, les territoires ruraux devront encore se satisfaire du vieux réseau cuivre souvent suspendu aux branches des arbres ou traînant par terre. Théoriquement les territoires ruraux devraient être essentiellement desservis pour le câble par voie aérienne. On se demande comment puisque souvent c’est la ligne qui soutient les poteaux.

200 élus ruraux dénoncent donc l’abandon total du réseau de téléphone fixe. Le constat est en effet assez lamentable puisque souvent les fils traînent par terre et soutiennent des poteaux brisés. Normalement l’entretien incombe à Orange qui néglige totalement le téléphone fixe des zones rurales. En fait,  Orange compte, substituer le câble au réseau cuivre. Le problème, c’est que cette substitution totale n’interviendra pas au moins avant 2030 et en attendant les zones concernées risquent d’accéder de moins en moins facilement aussi bien au téléphone fixe qu’à Internet.

 

Dans son plan stratégique 2025, le groupe Orange prévoit que le réseau «cuivre» pour la téléphonie fixe sera complètement remplacé par un réseau fibre optique en 2030. Une convention signée entre l’Etat et Orange en 2017 et arrivée à échéance doit laisser sa place à une nouvelle «qui prévoit un accès au haut débit internet en plus de la téléphonie fixe». Le problème est quand ?

 

Débat Suez-Veolia : les territoires veulent être associés

Débat Suez-Veolia : les territoires veulent être associés

 

De manière assez légitime les représentants des collectivités locales souhaite être associées à la perspective de regroupement de Veolia et Suez. En effet, les clients principaux de Veolia et de Suez sont des collectivités locales qui éventuellement auront à subir les conséquences néfastes d’un regroupement qui renforcera la position hégémonique des sociétés citées et subiront vraisemblablement la hausse des prix des services délégués.

 

C’est en effet la question d du coût des services qui est en cause dans la mesure où les grandes sociétés de services environnementaux peuvent facilement imposer leurs conditions à des collectivités bien armées techniquement et financièrement pour juger de la pertinence des prix. Dans une tribune publiée par Le Point, des sénateurs, maires et présidents de collectivités s’inquiètent des conséquences de l’opération sur les services publics de l’eau et des déchets. Ils demandent à l’Etat de prendre son temps. L’AMF a aussi tenu a alerté sur certains points de la fusion.

 

En tant que « garants de l’accès de tous, à des conditions abordables, à ces services essentiels », ces élus estiment avoir le devoir de d’assurer qu’une telle opération « ne se fasse pas au détriment des usagers et contribuables, des collectivités locales et de l’emploi », expliquent-ils.

Les territoires condamnés à la métropolisolation ?

Les territoires condamnés à la métropolisolation ?

 

 

Pour ne pas avoir employé le mot province , le Premier ministre a sacrifié à la mode en lui  substituant le mot territoire qu’il a prononcé 25 fois dans son discours de politique générale au Parlement.  Un mot qui pour autant ne remet pas en cause le processus de concentration urbaine en cours. En effet dans ces territoires la mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

 

 

 

 

 

 

 

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

 

 

 

Réarmer les territoires : le slogan lancé par Castex. Il n’y a guère que quelques dizaines d’années voire plus récemment qu’on se gave de cette expression à la mode : les territoires; sans doute pour ne pas dire région, département, contrées ou pire province qui sent trop la cambrousse. La province : Un mot condamné par la morale décentralisatrice; le problème c’est que le concept de territoire ne suffit pas à décrire la géographie économique, sociale ou tout simplement humaine pas plus qu’à l’aménager

 

En fait,  il y a bien sûr l’hypertrophie de la capitale où tout se décide toujours. Mais il y a cet objectif de métropolisation . C’est-à-dire cette volonté de réduire population et activités dans l’espace de 10 à 15 grandes métropoles. Les autres territoires ne représentent plus grand-chose. Mais pour les besoins de la cause qui consiste à discréditer le centralisme étatique français, on procède par un amalgame . C’est  la France en deux parties : d’un côté la région parisienne de l’autre les territoires.

Comme si les territoires étaient homogènes. Autre remarque, a-t-on fait un bilan un peu pertinent de la fameuse décentralisation engagée depuis Deferre ? Un bilan social, économique et même politique. Dans la plupart des cas,s’ installent en effet des sortes de baronnies transmissibles d’ailleurs à l’intérieur des familles politiques. Des baronnies sitôt  mises en place qui  ont construit ces luxueux hôtels de département, de région de communautés avec pléthore de services et de personnels.

Rien n’a réellement été supprimé ni même beaucoup décentralisé par contre on a empilé les structures aussi les mandats de ce petit peuple d’élus qui se partagent le fromage de la notoriété voire des finances.( 4 à 5000 € mensuels à chaque vice  président de communauté urbaine, plus évidemment d’autres petites indemnités,)… et jusqu’à une quinzaine de vice présidents par communauté urbaine !)

Prônant une nouvelle étape de la décentralisation, Jean Castex a commencé par annoncer des créations d’emplois dans les services départementaux de l’État. Première observation faut-il vraiment des créations d’emplois y compris en les localisant dans les fameux territoires. Deuxième observation, le flou artistique du contenu de ce que pourrait être un nouvel épisode de décentralisation.

Les territoires à toutes les sauces

Les territoires à toutes les sauces

 

 

 

Réarmer les territoires : le slogan lancé par Castex. Il n’y a guère que quelques dizaines d’années voire plus récemment qu’on se gave de cette expression à la mode : les territoires sans doute pour ne pas dire région, département, contrées ou pire province qui sent trop la cambrousse. Un mot condamné par la morale décentralisatrice; le problème c’est que le concept de territoire ne suffit pas à décrire la géographie économique, sociale ou tout simplement humaine.

En fait,  il y a bien sûr l’hypertrophie de la capitale où tout se décide toujours. Mais il y a cet objectif de métropolisation . C’est-à-dire cette volonté de réduire population et activités dans l’espace de 10 à 15 grandes métropoles. Les autres territoires ne représentent plus grand-chose. Mais pour les besoins de la cause qui consiste à discréditer le centralisme étatique français, on procède par un amalgame . Cest  la France en deux parties : d’un côté la région parisienne de l’autre les territoires.

Comme si les territoires étaient homogènes. Autre remarque, a-t-on fait un bilan un peu pertinent de la fameuse décentralisation engagée depuis Deferre ? Un bilan social, économique et même politique. Dans la plupart des cas,s’ installent en effet des sortes de baronnies transmissibles d’ailleurs à l’intérieur des familles politiques. Des baronnies sitôt  mises en place qui  ont construit ces luxueux hôtels de département, de région de communautés avec pléthore de services et de personnels.

Rien n’a réellement été supprimé ni même beaucoup décentralisé par contre on a empilé les structures aussi les mandats de ce petit peuple d’élus qui se partagent le fromage de la notoriété voire des finances.( 4 à 5000 € mensuels à chaque vice  président de communauté urbaine, plus évidemment d’autres petites indemnités,)… et jusqu’à une quinzaine de vice présidents par communauté urbaine !)

Prônant une nouvelle étape de la décentralisation, Jean Castex a commencé par annoncer des créations d’emplois dans les services départementaux de l’État. Première observation faut-il vraiment des créations d’emplois y compris en les localisant dans les fameux territoires. Deuxième observation, le flou artistique du contenu de ce que pourrait être un nouvel épisode de décentralisation.

Des territoires désirables

Des territoires désirables

 

Plusieurs experts de l’urbanisme proposent de réinvestir des territoires depuis longtemps abandonnés voire désertifiés avant la crise sanitaire  Par Valérie Fournier, présidente de la Fédération des entreprises sociales pour l’habitat (ESH), Benoit Quignon, directeur général de SNCF Immobilier et François Rieussec, président de l’Union nationale des aménageurs chroniuedans la tribune). Bref la redécouverte d’un aménagement du territoire qui ne se résume pas à la sur urbanisation autour de 12 à 15 grandes métropoles. Reste que certaines idées du type transformation de parking en zone agricole urbaine peuvent laisser penser que les intéressés n’ont pas pratiqué  pourra pratiquer le jardinage depuis longtemps. . Les idées ne sont pas nouvelles, globalement elles sont assez juste humainement et écologiquement, il ne manque que cette volonté de valoriser tout le territoire en le rendant humain et vivable pour tous et toutes espèces. Reste que l’étude est quand même marqué d’une volonté de combler rapidement une crise du logement pas aussi urgent que cela peut paraître à l’échelle du territoire. Mais cela repose la problématique de l’aménagement et de l’urbanisme.

 

« L’hiver et le printemps 2020 resteront dans l’esprit des Français comme une période exceptionnelle à l’image des grandes pandémies séculaires ponctuant l’histoire de l’humanité.

La pandémie a questionné nos modes de vie et nos façons de penser notre environnement. A chacun sa réponse : délocalisation géographique, télétravail, activité partielle, hyperactivisme connecté, huis clos familiaux, cocooning, engagement solidaire, circuits courts … les réactions ont été multiples, inventives, parfois « contournantes », souvent expérimentales.

Si, les Français ont majoritairement jugé leur logement « bien adapté au confinement » c’est surtout en zone rurale et grâce à l’existence d’un espace extérieur[1]. Rien ne se fera donc plus comme avant. Ou plutôt, rien ne doit plus jamais se faire comme avant, si nous voulons construire un monde plus vivable et plus désirable. La pandémie a aussi profondément transformé les façons de faire, il a fallu faire face et faire front ! Et nous l’avons fait. Nous avons accepté l’incertitude, l’incontrôlable. Nous avons fait avec ce que nous avions et en acceptant de changer très vite les règles. Dès maintenant, nous devons repartir de ce que nous avons appris.

Habitat, cadre de vie, mobilités, approvisionnement, travail, enseignement, santé, convivialité … que pouvons-nous proposer aujourd’hui pour demain et comment devons-nous le construire en faisant de cette crise une chance, d’une époque « pandémique » un brassage d’innovations et en objectivation d’attentes essentielles ?

Aider les maires bâtisseurs à réinvestir les territoires

Entre autres enseignements, la crise sanitaire a montré une nouvelle fois la valeur des territoires dans un pays riche de sa diversité. Nous croyons en une échelle de décision et d’action qui valorise le local (les quartiers) au centre de la décision/action (via les élus locaux) au sein d’un écosystème (les territoires), étroitement connectée à l’hinterland (arrière-pays) et aux centres de décisions nationaux grâce aux lignes de TGV, mais aussi largement ouvert sur le monde.

Cela nécessite de flécher des projets et ne pas disperser la dynamique, remotiver la gouvernance locale, aider les maires bâtisseurs à réinvestir les territoires. Pourquoi pas en bonifiant, par exemple, les dotations des communes engagées sur des projets structurants pour l’avenir de leur territoire tel que le logement social. Pourquoi pas en incitant les Français à réinvestir encore plus sur les territoires.

 

En matière de foncier, il nous faut sortir d’une conception trop schématique et d’injonctions contradictoires (zone tendue/détendue), de l’éclatement par dispersion. Retrouver de la densité mais avec des projets qui donnent du sens aux territoires (logements désirés, mobilités douces l’écologie). Plus que jamais, nos programmes doivent être multifonctionnels, hybrides et réversibles. Ils doivent intégrer le besoin d’équilibre à l’échelle d’un quartier, prendre en compte l’obligation d’équité des territoires et de frugalité, proposer une offre de logements variée, abordable pour tous et désirée. Et bien sûr, répondre aux impératifs de l’écologie, de la biodiversité et de la santé. Les Eco-quartiers délivrés depuis 10 ans pour promouvoir une ville durable et résiliente tentent de répondre à ces exigences. Mais pour qu’il y ait rapidement des projets, il faut que la planification et les PLU puissent les autoriser. Pourquoi un porteur de projet ne pourrait-il pas porter les études de secteur d’un PLU pour en accélérer l’étude de modification.

Le confinement nous a fait expérimenter à grande échelle et en accéléré, la nécessité d’être agile, à distance. Poussons cet avantage en assouplissant les règles administratives et en dématérialisant ce qui peut l’être. Signer un acte notarié avec comparution à distance, instruire un permis de façon dématérialisée, autoriser le permis déclaratif à son dépôt et le vérifier pendant le délai de recours, autoriser la réalisation de permis d’aménager par tranches et la délivrance des permis de construire dès l’obtention d’un permis d’aménager purgé de tous recours, autoriser des destinations transitoires et/ou hybrides… autant de pratiques et de pistes qui doivent devenir maintenant la norme pour professionnaliser les démarches et raccourcir les délais.

Cette agilité – que nous appelons de nos vœux pour la sphère administrative – doit aussi d’ailleurs devenir le principe d’actions des acteurs de l’aménagement du territoire que nous sommes. Le confinement a accéléré l’expérimentation, montré que face à la nécessité on peut arriver à trouver des solutions qui inspirent les usages de demain. Les acteurs du logement et de la ville, les aménageurs disposent des outils, passons aux projets.

Accélérons sur notre lancée : transformer un parking souterrain vide en site d’agriculture urbaine et relocaliser une production de champignon (La Caverne, Paris 18ème), installer dans des bâtiments vacants un tiers-lieux, une salle de concert expérimental ou de l’hébergement d’urgence, retrouver un usage solidaire aux locaux inutilisés en pied d’immeuble… voici la preuve tangible que l’aménagement agile a déjà ses lettres de noblesse et qu’au-delà de l’expérimentation, il doit devenir une solution durable et frugale généralisée pour construire des territoires désirables.

Nous faisons face à une crise massive. Nous devons nous remonter les manches pour agir vite et bien. L’enjeu est autant d’atténuer les effets de la crise économique que de redonner confiance et de bâtir un modèle de vie, avec des besoins et les moyens de les satisfaire, dans un environnement contraint, à protéger. Le retour à l’aménagement du territoire doit fournir l’infrastructure de la mutation sociétale en cours, l’outil spatial des relations en recompositions, le cadre du dialogue entre la nature et le possible local.

[1] Etude BNP Paribas Real Estate, Mai 2020

Eoliennes: la condamnation économique et démographique pour 50 ans des territoires

Eoliennes: la condamnation  économique et démographique   pour 50 ans des territoires

 

Les éoliennes peuvent évidemment participer à la montée en charge des énergies renouvelables. Avec des limites toutefois compte tenu de leur caractère intermittent et de l’impossibilité de la stocker ( on peut l’utiliser par exemple pour la fabrication de l ‘hydrogène). La plupart du temps l’énergie est réinjectée dans le réseau général ( ou simplement perdue) et de toute façon doit être compensée par des sources souvent polluantes pour faire face à l’intermittence. Or au lieu de mettre en place un plan d’implantation des éoliennes à l’échelle nationale, on a choisi la stratégie du mitage du territoire. Un mitage qui dépend uniquement de la volonté des promoteurs ( qui savent être très persuasifs alors que la plupart revendront les éoliennes dès leur mise en exploitation sans aviser les propriétaires; ce qui changera les termes du contrat; sans parler de l’évolution du mode de tarification imposé de l’Etat comme on l’a vu pour le solaire); cela dépend aussi des élus locaux et surtout des propriétaires de terrains. La première priorité comme l’a déjà indiqué la ministre de l’écologie Élisabeth Bornes serait de définir une planification nationale avec des importations sur des zones suffisamment désertiques au lieu de les placer seulement à 500 m des habitations et de miner ainsi tout le territoire. Des territoires dont l’avenir économique sera  compromis pour une cinquantaine d’années. Première conséquence, celle de la valeur du patrimoine foncier qui va s’écrouler. En général, on considère que la perte de valeur se situe autour de 30 % d’emblée. Une perte qui peut évoluer en hausse  avec l’augmentation du dimensionnement du projet. Or quand des activités économiques s’implantent ,que des particuliers investissent dans des résidences, ils incluent évidemment la valeur de revente. Or cette valeur de revente et impactée dans un rayon de 10 à 15 km ( la hauteur des éoliennes peut varier de 100 à 180 m et donc affecter la valeur potentielle du foncier) . Or pour vivre, une localité a besoin d’activités économiques, de services et de résidents. Trois dimensions qui fonctionnent de manière systémique. Or le mitage actuel constitue une vraie machine à refouler activités économiques et résidences particulières. Cela pour une durée de 50 ans environ. Pendant 20 ans, l’éolienne pourra être en exploitation. Ensuite elle sera revendue à ce qu’on appelle des soldeurs qui tenteront d’en tirer encore parti avec un entretien minimum ou sans entretien du tout. Se posera après la question du démantèlement dont le coût sera au minimum de 500 000 €. Eu égard à ce montant, il est vraisemblable que les héritiers des anciens  propriétaires (qui auront profité de la manne) refuseront l’héritage et que la responsabilité et le coût du démantèlement reviendront à la collectivité. Contrairement à d’autre pays qui choisi d’implanter les éoliennes dans des zones très désertiques entre parenthèses (États-Unis, Afrique, Australie etc.). la France a choisi d’en mettre un peu partout surtout dans des territoires déjà économiquement défavorisés. Là où la perspective d’éolienne permet de trouver des pavillons pour 50 000 euros ! Pour faire bref , à terme ces territoires sont condamnés à devenir de véritables déserts économiques et humains et pour longtemps… à l’heure de la relocalisation .

Eoliennes: la mort économique pour 50 ans des territoires

Eoliennes: la mort économique pour 50 ans des territoires

 

Les éoliennes peuvent évidemment participer à la montée en charge des énergies renouvelables. Avec des limites toutefois compte tenu de leur caractère intermittent et de l’impossibilité de la stocker ( on peut l’utiliser par exemple pour la fabrication de l ‘hydrogène). La plupart du temps l’énergie est réinjectée dans le réseau général ( ou simplement perdue) et de toute façon doit être compensée par des sources souvent polluantes pour faire face à l’intermittence. Or au lieu de mettre en place un plan d’implantation des éoliennes à l’échelle nationale, on a choisi la stratégie du mitage du territoire. Un mitage qui dépend uniquement de la volonté des promoteurs ( qui savent être très persuasifs alors que la plupart revendront les éoliennes dès leur mise en exploitation sans aviser les propriétaires; ce qui changera les termes du contrat; sans parler de l’évolution du mode de tarification imposé de l’Etat comme on l’a vu pour le solaire); cela dépend aussi des élus locaux et surtout des propriétaires de terrains. La première priorité comme l’a déjà indiqué la ministre de l’écologie Élisabeth Bornes serait de définir une planification nationale avec des importations sur des zones suffisamment désertiques au lieu de les placer seulement à 500 m des habitations et de miner ainsi tout le territoire. Des territoires dont l’avenir économique sera  compromis pour une cinquantaine d’années. Première conséquence, celle de la valeur du patrimoine foncier qui va s’écrouler. En général on considère que la perte de valeur se situe autour de 30 % d’emblée. Une perte qui peut évoluer avec l’augmentation du dimensionnement du projet. Or quand des activités économiques s’implantent ,que des particuliers investissent dans des résidences, ils incluent évidemment la valeur de revente. Or cette valeur de revente et impactée dans un rayon de 10 à 15 km ( la hauteur des éoliennes peut varier de 100 à 180 m et donc affecter la valeur potentielle du foncier) . Or pour vivre une localité a besoin d’activités économiques, de services et de résidents. Trois dimensions qui fonctionnent de manière systémique. Or le mitage actuel constitue une vraie machine à refouler activités économiques et résidences particulières. Cela pour une durée de 50 ans environ. Pendant 20 ans l’éolienne pourra être en exploitation. Ensuite elle sera revendue à ce qu’on appelle des soldeurs qui tenteront d’en tirer encore parti avec un entretien minimum ou sans entretien du tout. Se posera après la question du démantèlement dont le coût sera au minimum de 500 000 €. Eu égard à ce montant, il est vraisemblable que les héritiers des anciens  propriétaires (qui auront profité de la manne) refuseront l’héritage et que la responsabilité et le coût du démantèlement reviendra à la collectivité. Contrairement à d’autre pays qui choisi d’implanter les éoliennes dans des zones très désertiques entre parenthèses (États-Unis, Afrique, Australie etc.). la France a choisi d’en mettre un peu partout surtout dans des territoires déjà économiquement défavorisés. Là où la perspective d’éolienne permet de trouver des pavillons pour 50 000 euros ! Pour faire bref , à terme ces territoires sont condamnés à devenir de véritables déserts économiques et humains et pour longtemps… à l’heure de la relocalisation .

Coronavirus : la redécouverte des territoires ?

Coronavirus : la redécouverte des territoires ?

Par Anne Albert-Cromarias, Groupe ESC Clermont et Alexandre Asselineau, Burgundy School of Business suggère que la pandémie permettra peut-être une redécouverte des territoires tellement la concentration urbaine a montré ses contradictions. (Papier dans la tribune

 

« Mi-mars, un mois plus tard donc, nous avons assisté à un véritable exode des habitants des grandes métropoles face à la menace du Covid-19. Notamment (mais pas seulement), 17% des Parisiens auraient ainsi fui la capitale, anticipant (plus ou moins) l’enfer présumé du confinement à venir dans la promiscuité et les difficultés d’une grande ville.

Les conséquences supposées (puis avérées) du confinement sur la vie quotidienne ont incité ces urbains à préférer des coins du territoire plus tranquilles, où l’on bénéficie d’air pur et de logements plus vastes, parfois de jardins ou de la nature environnante, où associer l’indispensable « distanciation sociale » et l’approvisionnement en denrées de première nécessité est plus aisé.

L’assaut des résidences secondaires s’est avéré réel, posant par ailleurs de vraies questions sur le plan sanitaire à l’origine d’un accueil parfois plus que réservé des autochtones …

Cet exode met surtout en exergue, en lien avec notre propos, les atouts avérés, mais si peu encouragés, des territoires ruraux sur la grande ville.

Le télétravail comme révélateur

Cette longue période de confinement impose à nombre d’entre nous de lâcher prise sur le quotidien ou, à tout le moins, de le réinventer. Chacun voit ses habitudes chamboulées et l’organisation du travail est, pour presque tous, inédite.

Près de 9 millions de travailleurs français seraient aujourd’hui au chômage partiel, et environ 45% de la population active ne travaillerait plus, si l’on rajoute les salariés en arrêt maladie (notamment pour garde d’enfants).

Pour ceux qui peuvent poursuivre leur activité, le télétravail prend un essor totalement inenvisageable il y a seulement encore quelques semaines. Il restait en effet relativement anecdotique dans des entreprises encore frileuses à l’idée de devoir lâcher la pointeuse, et pas nécessairement revendiqué non plus par des salariés attachés au lien social procuré par la présence sur le lieu de travail. Aujourd’hui, 5,1 millions de personnes seraient concernées en France.

Cela ouvre des perspectives nouvelles dans une économie de la connaissance, fortement tertiaire et digitalisée. Certes, tout n’est pas rose, loin de là, et les difficultés à télétravailler sont nombreuses, surtout lorsque l’on a de jeunes enfants ou que l’on ne dispose ni d’un matériel adapté ni d’un wifi adéquat.

Cependant, les entreprises s’aperçoivent que les collaborateurs, même à distance et malgré les difficultés et le stress du confinement qu’il ne faut en aucun cas négliger, peuvent aussi rester engagés et performants. Quant aux managers, dans le même temps, ils découvrent une nouvelle facette à leur activité, nécessitant de privilégier la confiance, l’autonomie et la priorisation plus précise des missions, dans leurs objectifs et leurs contenus. Autant d’éléments positifs que les experts du management appellent de leurs voeux depuis longtemps.

D’ailleurs, au-delà de la situation sanitaire actuelle, espérons-le exceptionnelle, un télétravail choisi, partiel, et bien organisé, peut présenter de nombreux avantages. À l’heure où l’urgence des enjeux climatiques et environnementaux devient criante, il peut générer des externalités positives : baisse significative des temps et des coûts de transports, des embouteillages et de la pollution induite, réduction du stress, optimisation du temps de travail et de l’utilisation des locaux de l’entreprise, etc. Et, avec le travail à domicile rendu possible, on peut choisir d’habiter un peu plus loin de la grande ville …

Réhabiliter les territoires ruraux

D’une façon générale, en cette période de crise sanitaire sans précédent, plus d’échappatoire. L’heure est à la remise en cause des fonctionnements obsolètes ou inefficaces qu’on ne questionne jamais tant les habitudes sont ancrées, par routine, par manque de temps, par mimétisme et parce que, au fond, c’est confortable.

On est loin, désormais, d’un raisonnement selon lequel « hors métropole, point de salut ». La crise du Covid-19 l’a non seulement annoncé, mais aussi prouvé. Nos modes de vie modernes, privilégiant un entassement des populations sur des surfaces toujours plus petites, sont peut-être même, pour partie, raisons de la pandémie actuelle. Mais plus sûrement, et de longue date, d’une large panoplie de problèmes sociaux.

Cette crise pourrait donc constituer le point de départ d’une politique d’aménagement du territoire et de développement des campagnes radicalement nouvelle et différente. Outre un travail accru de décentralisation, deux conditions préalables nous semblent néanmoins indispensables.

D’une part, et l’essor sans précédent du télétravail l’a bien montré, il s’agirait d’accélérer le déploiement du haut débit dans les territoires ruraux, pour mettre fin aux inégalités territoriales dans ce domaine aussi.

D’autre part, le crise pourrait inciter à organiser le désenclavement des territoires. Les infrastructures de transport « propres » en sont un élément clé, et doivent être réinvesties. Le train constitue probablement l’option la plus rationnelle, parce que moins coûteuse et surtout moins polluante, d’autant plus si le train à hydrogène se développe enfin.

À condition, là aussi, de réduire drastiquement les inégalités territoriales qui restent très fortes, comme en atteste par exemple la carte isochrone de la SNCF mesurant les temps de trajet des principales villes françaises au départ de Paris.

La crise sanitaire majeure que nous traversons est – aussi – le signe qu’il nous faut nous transformer. Et cette transformation, qui sera institutionnelle, économique, sociale, environnementale, ne peut passer que par une mutation radicale de notre rapport aux métropoles et aux territoires.

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Par Anne Albert-Cromarias, Enseignant-chercheur HDR, management stratégique, Groupe ESC Clermont et Alexandre Asselineau, Directeur de la Recherche BSB, enseignant-chercheur en Stratégie et Management stratégique, Burgundy School of Business

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Confinement impossible dans les territoires perdus de la République

Confinement impossible dans les territoires perdus de la République

ce que révèle Linda Kebbab (Unité SGP Police-FO) dans une interview au Figaro.

 


-Certains «territoires perdus» sont d’ordinaire peu enclins à respecter l’Etat de droit. Dans certains de ces quartiers, les réseaux sociaux rapportent des images de heurts avec les forces de l’ordre, qui tentent d’intervenir pour faire appliquer les règles de confinement. Les mesures d’urgence y sont-elles moins observées qu’ailleurs?

Linda KEBBAB. - Malheureusement, dans certains quartiers une partie des habitants ne prend pas la mesure de la situation, alors qu’il en va de la santé de leurs proches. Quotidiennement, les policiers sont confrontés à des refus de confinement de bandes habituées à agresser les forces de l’ordre. Maintien du trafic de stupéfiants, activités crapuleuses qui augmentent sur la voie publique, ou tout simplement rejet de l’autorité de l’État… Plusieurs guet-apens (des voitures sont mises à feu, des commerces dévalisés…) ont été enregistrés avec à chaque fois des agressions contre les pompiers et les policiers qui interviennent. À l’heure où nous parlons, je suis avisée d’un énorme caillassage contre mes collègues à Clichy-sous-Bois. Intenable!

À Clichy-sous-Bois, un policier a été mordu pour avoir demandé à un habitant de respecter le confinement.

Les policiers et gendarmes se retrouvent alors au contact de populations qui risquent de les infecter?

Évidemment, plus le contact est inévitable, plus le risque augmente. À Clichy-sous-Bois, un policier a été mordu pour avoir demandé à un habitant de respecter le confinement, près de Lyon d’autres en surnombre ont approché les policiers – dépourvus de masques – et les ont obligés à quitter les lieux au risque de se faire cracher dessus…

L’état-major du 93 a transmis la consigne suivante aux agents déployés sur le terrain: en cas de refus d’une personne de respecter le confinement et si elle est verbalisée plusieurs fois, ordre est donné de l’interpeller pour «mise en danger de la vie d’autrui». Nous le devons pour assurer la protection de la population, mais évidemment cela nous obligera à être encore plus au contact d’un potentiel porteur du virus. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu, d’ailleurs non sans difficulté, parfois sous les outrages de certains habitants depuis leurs fenêtres.

Le déploiement des forces de l’ordre pour faire respecter le confinement conduit-il à démobiliser certains effectifs en charge de la sécurité quotidienne des Français, rendant certaines portions du territoire moins sûres qu’avant?

Le ministère ne semblait pas avoir anticipé, nous avons donc dès dimanche, alors que l’annonce d’un confinement était une évidence à venir, saisi le ministre par courrier et lui avons demandé d’adapter l’organisation des services vers le plus urgent. Les tribunaux tournant désormais au ralenti, c’était une mesure nécessaire. Néanmoins il est vrai qu’il y ait déjà une perception de hausse des délits sur la voie publique tels que les vols ou dégradations de voitures, mais aussi les cambriolages des résidences principales délaissées par leurs propriétaires pour les secondaires. Il est beaucoup trop tôt pour dire si ce phénomène va s’inscrire dans la durée ou sera détectable sur les futures statistiques.

Les policiers se concentrent sur le secours aux personnes.

Lassés de ne pas pouvoir accomplir leurs missions dans des quartiers où l’insécurité chronique exige une attention de tous les instants, les policiers qui connaissent très bien leurs interlocuteurs, se concentrent sur le secours aux personnes – car le confinement est un facteur d’augmentation des violences ou conflits intrafamiliaux – et trouvent progressivement des solutions pour concilier lutte contre la criminalité et confinement à faire respecter. C’est aussi dans ce but que l’état-major du 93 a pu prendre cette initiative compréhensible

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