Archive pour le Tag 'territoires'

Débat Suez-Veolia : les territoires veulent être associés

Débat Suez-Veolia : les territoires veulent être associés

 

De manière assez légitime les représentants des collectivités locales souhaite être associées à la perspective de regroupement de Veolia et Suez. En effet, les clients principaux de Veolia et de Suez sont des collectivités locales qui éventuellement auront à subir les conséquences néfastes d’un regroupement qui renforcera la position hégémonique des sociétés citées et subiront vraisemblablement la hausse des prix des services délégués.

 

C’est en effet la question d du coût des services qui est en cause dans la mesure où les grandes sociétés de services environnementaux peuvent facilement imposer leurs conditions à des collectivités bien armées techniquement et financièrement pour juger de la pertinence des prix. Dans une tribune publiée par Le Point, des sénateurs, maires et présidents de collectivités s’inquiètent des conséquences de l’opération sur les services publics de l’eau et des déchets. Ils demandent à l’Etat de prendre son temps. L’AMF a aussi tenu a alerté sur certains points de la fusion.

 

En tant que « garants de l’accès de tous, à des conditions abordables, à ces services essentiels », ces élus estiment avoir le devoir de d’assurer qu’une telle opération « ne se fasse pas au détriment des usagers et contribuables, des collectivités locales et de l’emploi », expliquent-ils.

Les territoires condamnés à la métropolisolation ?

Les territoires condamnés à la métropolisolation ?

 

 

Pour ne pas avoir employé le mot province , le Premier ministre a sacrifié à la mode en lui  substituant le mot territoire qu’il a prononcé 25 fois dans son discours de politique générale au Parlement.  Un mot qui pour autant ne remet pas en cause le processus de concentration urbaine en cours. En effet dans ces territoires la mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

 

 

 

 

 

 

 

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

 

 

 

Réarmer les territoires : le slogan lancé par Castex. Il n’y a guère que quelques dizaines d’années voire plus récemment qu’on se gave de cette expression à la mode : les territoires; sans doute pour ne pas dire région, département, contrées ou pire province qui sent trop la cambrousse. La province : Un mot condamné par la morale décentralisatrice; le problème c’est que le concept de territoire ne suffit pas à décrire la géographie économique, sociale ou tout simplement humaine pas plus qu’à l’aménager

 

En fait,  il y a bien sûr l’hypertrophie de la capitale où tout se décide toujours. Mais il y a cet objectif de métropolisation . C’est-à-dire cette volonté de réduire population et activités dans l’espace de 10 à 15 grandes métropoles. Les autres territoires ne représentent plus grand-chose. Mais pour les besoins de la cause qui consiste à discréditer le centralisme étatique français, on procède par un amalgame . C’est  la France en deux parties : d’un côté la région parisienne de l’autre les territoires.

Comme si les territoires étaient homogènes. Autre remarque, a-t-on fait un bilan un peu pertinent de la fameuse décentralisation engagée depuis Deferre ? Un bilan social, économique et même politique. Dans la plupart des cas,s’ installent en effet des sortes de baronnies transmissibles d’ailleurs à l’intérieur des familles politiques. Des baronnies sitôt  mises en place qui  ont construit ces luxueux hôtels de département, de région de communautés avec pléthore de services et de personnels.

Rien n’a réellement été supprimé ni même beaucoup décentralisé par contre on a empilé les structures aussi les mandats de ce petit peuple d’élus qui se partagent le fromage de la notoriété voire des finances.( 4 à 5000 € mensuels à chaque vice  président de communauté urbaine, plus évidemment d’autres petites indemnités,)… et jusqu’à une quinzaine de vice présidents par communauté urbaine !)

Prônant une nouvelle étape de la décentralisation, Jean Castex a commencé par annoncer des créations d’emplois dans les services départementaux de l’État. Première observation faut-il vraiment des créations d’emplois y compris en les localisant dans les fameux territoires. Deuxième observation, le flou artistique du contenu de ce que pourrait être un nouvel épisode de décentralisation.

Les territoires à toutes les sauces

Les territoires à toutes les sauces

 

 

 

Réarmer les territoires : le slogan lancé par Castex. Il n’y a guère que quelques dizaines d’années voire plus récemment qu’on se gave de cette expression à la mode : les territoires sans doute pour ne pas dire région, département, contrées ou pire province qui sent trop la cambrousse. Un mot condamné par la morale décentralisatrice; le problème c’est que le concept de territoire ne suffit pas à décrire la géographie économique, sociale ou tout simplement humaine.

En fait,  il y a bien sûr l’hypertrophie de la capitale où tout se décide toujours. Mais il y a cet objectif de métropolisation . C’est-à-dire cette volonté de réduire population et activités dans l’espace de 10 à 15 grandes métropoles. Les autres territoires ne représentent plus grand-chose. Mais pour les besoins de la cause qui consiste à discréditer le centralisme étatique français, on procède par un amalgame . Cest  la France en deux parties : d’un côté la région parisienne de l’autre les territoires.

Comme si les territoires étaient homogènes. Autre remarque, a-t-on fait un bilan un peu pertinent de la fameuse décentralisation engagée depuis Deferre ? Un bilan social, économique et même politique. Dans la plupart des cas,s’ installent en effet des sortes de baronnies transmissibles d’ailleurs à l’intérieur des familles politiques. Des baronnies sitôt  mises en place qui  ont construit ces luxueux hôtels de département, de région de communautés avec pléthore de services et de personnels.

Rien n’a réellement été supprimé ni même beaucoup décentralisé par contre on a empilé les structures aussi les mandats de ce petit peuple d’élus qui se partagent le fromage de la notoriété voire des finances.( 4 à 5000 € mensuels à chaque vice  président de communauté urbaine, plus évidemment d’autres petites indemnités,)… et jusqu’à une quinzaine de vice présidents par communauté urbaine !)

Prônant une nouvelle étape de la décentralisation, Jean Castex a commencé par annoncer des créations d’emplois dans les services départementaux de l’État. Première observation faut-il vraiment des créations d’emplois y compris en les localisant dans les fameux territoires. Deuxième observation, le flou artistique du contenu de ce que pourrait être un nouvel épisode de décentralisation.

Des territoires désirables

Des territoires désirables

 

Plusieurs experts de l’urbanisme proposent de réinvestir des territoires depuis longtemps abandonnés voire désertifiés avant la crise sanitaire  Par Valérie Fournier, présidente de la Fédération des entreprises sociales pour l’habitat (ESH), Benoit Quignon, directeur général de SNCF Immobilier et François Rieussec, président de l’Union nationale des aménageurs chroniuedans la tribune). Bref la redécouverte d’un aménagement du territoire qui ne se résume pas à la sur urbanisation autour de 12 à 15 grandes métropoles. Reste que certaines idées du type transformation de parking en zone agricole urbaine peuvent laisser penser que les intéressés n’ont pas pratiqué  pourra pratiquer le jardinage depuis longtemps. . Les idées ne sont pas nouvelles, globalement elles sont assez juste humainement et écologiquement, il ne manque que cette volonté de valoriser tout le territoire en le rendant humain et vivable pour tous et toutes espèces. Reste que l’étude est quand même marqué d’une volonté de combler rapidement une crise du logement pas aussi urgent que cela peut paraître à l’échelle du territoire. Mais cela repose la problématique de l’aménagement et de l’urbanisme.

 

« L’hiver et le printemps 2020 resteront dans l’esprit des Français comme une période exceptionnelle à l’image des grandes pandémies séculaires ponctuant l’histoire de l’humanité.

La pandémie a questionné nos modes de vie et nos façons de penser notre environnement. A chacun sa réponse : délocalisation géographique, télétravail, activité partielle, hyperactivisme connecté, huis clos familiaux, cocooning, engagement solidaire, circuits courts … les réactions ont été multiples, inventives, parfois « contournantes », souvent expérimentales.

Si, les Français ont majoritairement jugé leur logement « bien adapté au confinement » c’est surtout en zone rurale et grâce à l’existence d’un espace extérieur[1]. Rien ne se fera donc plus comme avant. Ou plutôt, rien ne doit plus jamais se faire comme avant, si nous voulons construire un monde plus vivable et plus désirable. La pandémie a aussi profondément transformé les façons de faire, il a fallu faire face et faire front ! Et nous l’avons fait. Nous avons accepté l’incertitude, l’incontrôlable. Nous avons fait avec ce que nous avions et en acceptant de changer très vite les règles. Dès maintenant, nous devons repartir de ce que nous avons appris.

Habitat, cadre de vie, mobilités, approvisionnement, travail, enseignement, santé, convivialité … que pouvons-nous proposer aujourd’hui pour demain et comment devons-nous le construire en faisant de cette crise une chance, d’une époque « pandémique » un brassage d’innovations et en objectivation d’attentes essentielles ?

Aider les maires bâtisseurs à réinvestir les territoires

Entre autres enseignements, la crise sanitaire a montré une nouvelle fois la valeur des territoires dans un pays riche de sa diversité. Nous croyons en une échelle de décision et d’action qui valorise le local (les quartiers) au centre de la décision/action (via les élus locaux) au sein d’un écosystème (les territoires), étroitement connectée à l’hinterland (arrière-pays) et aux centres de décisions nationaux grâce aux lignes de TGV, mais aussi largement ouvert sur le monde.

Cela nécessite de flécher des projets et ne pas disperser la dynamique, remotiver la gouvernance locale, aider les maires bâtisseurs à réinvestir les territoires. Pourquoi pas en bonifiant, par exemple, les dotations des communes engagées sur des projets structurants pour l’avenir de leur territoire tel que le logement social. Pourquoi pas en incitant les Français à réinvestir encore plus sur les territoires.

 

En matière de foncier, il nous faut sortir d’une conception trop schématique et d’injonctions contradictoires (zone tendue/détendue), de l’éclatement par dispersion. Retrouver de la densité mais avec des projets qui donnent du sens aux territoires (logements désirés, mobilités douces l’écologie). Plus que jamais, nos programmes doivent être multifonctionnels, hybrides et réversibles. Ils doivent intégrer le besoin d’équilibre à l’échelle d’un quartier, prendre en compte l’obligation d’équité des territoires et de frugalité, proposer une offre de logements variée, abordable pour tous et désirée. Et bien sûr, répondre aux impératifs de l’écologie, de la biodiversité et de la santé. Les Eco-quartiers délivrés depuis 10 ans pour promouvoir une ville durable et résiliente tentent de répondre à ces exigences. Mais pour qu’il y ait rapidement des projets, il faut que la planification et les PLU puissent les autoriser. Pourquoi un porteur de projet ne pourrait-il pas porter les études de secteur d’un PLU pour en accélérer l’étude de modification.

Le confinement nous a fait expérimenter à grande échelle et en accéléré, la nécessité d’être agile, à distance. Poussons cet avantage en assouplissant les règles administratives et en dématérialisant ce qui peut l’être. Signer un acte notarié avec comparution à distance, instruire un permis de façon dématérialisée, autoriser le permis déclaratif à son dépôt et le vérifier pendant le délai de recours, autoriser la réalisation de permis d’aménager par tranches et la délivrance des permis de construire dès l’obtention d’un permis d’aménager purgé de tous recours, autoriser des destinations transitoires et/ou hybrides… autant de pratiques et de pistes qui doivent devenir maintenant la norme pour professionnaliser les démarches et raccourcir les délais.

Cette agilité – que nous appelons de nos vœux pour la sphère administrative – doit aussi d’ailleurs devenir le principe d’actions des acteurs de l’aménagement du territoire que nous sommes. Le confinement a accéléré l’expérimentation, montré que face à la nécessité on peut arriver à trouver des solutions qui inspirent les usages de demain. Les acteurs du logement et de la ville, les aménageurs disposent des outils, passons aux projets.

Accélérons sur notre lancée : transformer un parking souterrain vide en site d’agriculture urbaine et relocaliser une production de champignon (La Caverne, Paris 18ème), installer dans des bâtiments vacants un tiers-lieux, une salle de concert expérimental ou de l’hébergement d’urgence, retrouver un usage solidaire aux locaux inutilisés en pied d’immeuble… voici la preuve tangible que l’aménagement agile a déjà ses lettres de noblesse et qu’au-delà de l’expérimentation, il doit devenir une solution durable et frugale généralisée pour construire des territoires désirables.

Nous faisons face à une crise massive. Nous devons nous remonter les manches pour agir vite et bien. L’enjeu est autant d’atténuer les effets de la crise économique que de redonner confiance et de bâtir un modèle de vie, avec des besoins et les moyens de les satisfaire, dans un environnement contraint, à protéger. Le retour à l’aménagement du territoire doit fournir l’infrastructure de la mutation sociétale en cours, l’outil spatial des relations en recompositions, le cadre du dialogue entre la nature et le possible local.

[1] Etude BNP Paribas Real Estate, Mai 2020

Eoliennes: la condamnation économique et démographique pour 50 ans des territoires

Eoliennes: la condamnation  économique et démographique   pour 50 ans des territoires

 

Les éoliennes peuvent évidemment participer à la montée en charge des énergies renouvelables. Avec des limites toutefois compte tenu de leur caractère intermittent et de l’impossibilité de la stocker ( on peut l’utiliser par exemple pour la fabrication de l ‘hydrogène). La plupart du temps l’énergie est réinjectée dans le réseau général ( ou simplement perdue) et de toute façon doit être compensée par des sources souvent polluantes pour faire face à l’intermittence. Or au lieu de mettre en place un plan d’implantation des éoliennes à l’échelle nationale, on a choisi la stratégie du mitage du territoire. Un mitage qui dépend uniquement de la volonté des promoteurs ( qui savent être très persuasifs alors que la plupart revendront les éoliennes dès leur mise en exploitation sans aviser les propriétaires; ce qui changera les termes du contrat; sans parler de l’évolution du mode de tarification imposé de l’Etat comme on l’a vu pour le solaire); cela dépend aussi des élus locaux et surtout des propriétaires de terrains. La première priorité comme l’a déjà indiqué la ministre de l’écologie Élisabeth Bornes serait de définir une planification nationale avec des importations sur des zones suffisamment désertiques au lieu de les placer seulement à 500 m des habitations et de miner ainsi tout le territoire. Des territoires dont l’avenir économique sera  compromis pour une cinquantaine d’années. Première conséquence, celle de la valeur du patrimoine foncier qui va s’écrouler. En général, on considère que la perte de valeur se situe autour de 30 % d’emblée. Une perte qui peut évoluer en hausse  avec l’augmentation du dimensionnement du projet. Or quand des activités économiques s’implantent ,que des particuliers investissent dans des résidences, ils incluent évidemment la valeur de revente. Or cette valeur de revente et impactée dans un rayon de 10 à 15 km ( la hauteur des éoliennes peut varier de 100 à 180 m et donc affecter la valeur potentielle du foncier) . Or pour vivre, une localité a besoin d’activités économiques, de services et de résidents. Trois dimensions qui fonctionnent de manière systémique. Or le mitage actuel constitue une vraie machine à refouler activités économiques et résidences particulières. Cela pour une durée de 50 ans environ. Pendant 20 ans, l’éolienne pourra être en exploitation. Ensuite elle sera revendue à ce qu’on appelle des soldeurs qui tenteront d’en tirer encore parti avec un entretien minimum ou sans entretien du tout. Se posera après la question du démantèlement dont le coût sera au minimum de 500 000 €. Eu égard à ce montant, il est vraisemblable que les héritiers des anciens  propriétaires (qui auront profité de la manne) refuseront l’héritage et que la responsabilité et le coût du démantèlement reviendront à la collectivité. Contrairement à d’autre pays qui choisi d’implanter les éoliennes dans des zones très désertiques entre parenthèses (États-Unis, Afrique, Australie etc.). la France a choisi d’en mettre un peu partout surtout dans des territoires déjà économiquement défavorisés. Là où la perspective d’éolienne permet de trouver des pavillons pour 50 000 euros ! Pour faire bref , à terme ces territoires sont condamnés à devenir de véritables déserts économiques et humains et pour longtemps… à l’heure de la relocalisation .

Eoliennes: la mort économique pour 50 ans des territoires

Eoliennes: la mort économique pour 50 ans des territoires

 

Les éoliennes peuvent évidemment participer à la montée en charge des énergies renouvelables. Avec des limites toutefois compte tenu de leur caractère intermittent et de l’impossibilité de la stocker ( on peut l’utiliser par exemple pour la fabrication de l ‘hydrogène). La plupart du temps l’énergie est réinjectée dans le réseau général ( ou simplement perdue) et de toute façon doit être compensée par des sources souvent polluantes pour faire face à l’intermittence. Or au lieu de mettre en place un plan d’implantation des éoliennes à l’échelle nationale, on a choisi la stratégie du mitage du territoire. Un mitage qui dépend uniquement de la volonté des promoteurs ( qui savent être très persuasifs alors que la plupart revendront les éoliennes dès leur mise en exploitation sans aviser les propriétaires; ce qui changera les termes du contrat; sans parler de l’évolution du mode de tarification imposé de l’Etat comme on l’a vu pour le solaire); cela dépend aussi des élus locaux et surtout des propriétaires de terrains. La première priorité comme l’a déjà indiqué la ministre de l’écologie Élisabeth Bornes serait de définir une planification nationale avec des importations sur des zones suffisamment désertiques au lieu de les placer seulement à 500 m des habitations et de miner ainsi tout le territoire. Des territoires dont l’avenir économique sera  compromis pour une cinquantaine d’années. Première conséquence, celle de la valeur du patrimoine foncier qui va s’écrouler. En général on considère que la perte de valeur se situe autour de 30 % d’emblée. Une perte qui peut évoluer avec l’augmentation du dimensionnement du projet. Or quand des activités économiques s’implantent ,que des particuliers investissent dans des résidences, ils incluent évidemment la valeur de revente. Or cette valeur de revente et impactée dans un rayon de 10 à 15 km ( la hauteur des éoliennes peut varier de 100 à 180 m et donc affecter la valeur potentielle du foncier) . Or pour vivre une localité a besoin d’activités économiques, de services et de résidents. Trois dimensions qui fonctionnent de manière systémique. Or le mitage actuel constitue une vraie machine à refouler activités économiques et résidences particulières. Cela pour une durée de 50 ans environ. Pendant 20 ans l’éolienne pourra être en exploitation. Ensuite elle sera revendue à ce qu’on appelle des soldeurs qui tenteront d’en tirer encore parti avec un entretien minimum ou sans entretien du tout. Se posera après la question du démantèlement dont le coût sera au minimum de 500 000 €. Eu égard à ce montant, il est vraisemblable que les héritiers des anciens  propriétaires (qui auront profité de la manne) refuseront l’héritage et que la responsabilité et le coût du démantèlement reviendra à la collectivité. Contrairement à d’autre pays qui choisi d’implanter les éoliennes dans des zones très désertiques entre parenthèses (États-Unis, Afrique, Australie etc.). la France a choisi d’en mettre un peu partout surtout dans des territoires déjà économiquement défavorisés. Là où la perspective d’éolienne permet de trouver des pavillons pour 50 000 euros ! Pour faire bref , à terme ces territoires sont condamnés à devenir de véritables déserts économiques et humains et pour longtemps… à l’heure de la relocalisation .

Coronavirus : la redécouverte des territoires ?

Coronavirus : la redécouverte des territoires ?

Par Anne Albert-Cromarias, Groupe ESC Clermont et Alexandre Asselineau, Burgundy School of Business suggère que la pandémie permettra peut-être une redécouverte des territoires tellement la concentration urbaine a montré ses contradictions. (Papier dans la tribune

 

« Mi-mars, un mois plus tard donc, nous avons assisté à un véritable exode des habitants des grandes métropoles face à la menace du Covid-19. Notamment (mais pas seulement), 17% des Parisiens auraient ainsi fui la capitale, anticipant (plus ou moins) l’enfer présumé du confinement à venir dans la promiscuité et les difficultés d’une grande ville.

Les conséquences supposées (puis avérées) du confinement sur la vie quotidienne ont incité ces urbains à préférer des coins du territoire plus tranquilles, où l’on bénéficie d’air pur et de logements plus vastes, parfois de jardins ou de la nature environnante, où associer l’indispensable « distanciation sociale » et l’approvisionnement en denrées de première nécessité est plus aisé.

L’assaut des résidences secondaires s’est avéré réel, posant par ailleurs de vraies questions sur le plan sanitaire à l’origine d’un accueil parfois plus que réservé des autochtones …

Cet exode met surtout en exergue, en lien avec notre propos, les atouts avérés, mais si peu encouragés, des territoires ruraux sur la grande ville.

Le télétravail comme révélateur

Cette longue période de confinement impose à nombre d’entre nous de lâcher prise sur le quotidien ou, à tout le moins, de le réinventer. Chacun voit ses habitudes chamboulées et l’organisation du travail est, pour presque tous, inédite.

Près de 9 millions de travailleurs français seraient aujourd’hui au chômage partiel, et environ 45% de la population active ne travaillerait plus, si l’on rajoute les salariés en arrêt maladie (notamment pour garde d’enfants).

Pour ceux qui peuvent poursuivre leur activité, le télétravail prend un essor totalement inenvisageable il y a seulement encore quelques semaines. Il restait en effet relativement anecdotique dans des entreprises encore frileuses à l’idée de devoir lâcher la pointeuse, et pas nécessairement revendiqué non plus par des salariés attachés au lien social procuré par la présence sur le lieu de travail. Aujourd’hui, 5,1 millions de personnes seraient concernées en France.

Cela ouvre des perspectives nouvelles dans une économie de la connaissance, fortement tertiaire et digitalisée. Certes, tout n’est pas rose, loin de là, et les difficultés à télétravailler sont nombreuses, surtout lorsque l’on a de jeunes enfants ou que l’on ne dispose ni d’un matériel adapté ni d’un wifi adéquat.

Cependant, les entreprises s’aperçoivent que les collaborateurs, même à distance et malgré les difficultés et le stress du confinement qu’il ne faut en aucun cas négliger, peuvent aussi rester engagés et performants. Quant aux managers, dans le même temps, ils découvrent une nouvelle facette à leur activité, nécessitant de privilégier la confiance, l’autonomie et la priorisation plus précise des missions, dans leurs objectifs et leurs contenus. Autant d’éléments positifs que les experts du management appellent de leurs voeux depuis longtemps.

D’ailleurs, au-delà de la situation sanitaire actuelle, espérons-le exceptionnelle, un télétravail choisi, partiel, et bien organisé, peut présenter de nombreux avantages. À l’heure où l’urgence des enjeux climatiques et environnementaux devient criante, il peut générer des externalités positives : baisse significative des temps et des coûts de transports, des embouteillages et de la pollution induite, réduction du stress, optimisation du temps de travail et de l’utilisation des locaux de l’entreprise, etc. Et, avec le travail à domicile rendu possible, on peut choisir d’habiter un peu plus loin de la grande ville …

Réhabiliter les territoires ruraux

D’une façon générale, en cette période de crise sanitaire sans précédent, plus d’échappatoire. L’heure est à la remise en cause des fonctionnements obsolètes ou inefficaces qu’on ne questionne jamais tant les habitudes sont ancrées, par routine, par manque de temps, par mimétisme et parce que, au fond, c’est confortable.

On est loin, désormais, d’un raisonnement selon lequel « hors métropole, point de salut ». La crise du Covid-19 l’a non seulement annoncé, mais aussi prouvé. Nos modes de vie modernes, privilégiant un entassement des populations sur des surfaces toujours plus petites, sont peut-être même, pour partie, raisons de la pandémie actuelle. Mais plus sûrement, et de longue date, d’une large panoplie de problèmes sociaux.

Cette crise pourrait donc constituer le point de départ d’une politique d’aménagement du territoire et de développement des campagnes radicalement nouvelle et différente. Outre un travail accru de décentralisation, deux conditions préalables nous semblent néanmoins indispensables.

D’une part, et l’essor sans précédent du télétravail l’a bien montré, il s’agirait d’accélérer le déploiement du haut débit dans les territoires ruraux, pour mettre fin aux inégalités territoriales dans ce domaine aussi.

D’autre part, le crise pourrait inciter à organiser le désenclavement des territoires. Les infrastructures de transport « propres » en sont un élément clé, et doivent être réinvesties. Le train constitue probablement l’option la plus rationnelle, parce que moins coûteuse et surtout moins polluante, d’autant plus si le train à hydrogène se développe enfin.

À condition, là aussi, de réduire drastiquement les inégalités territoriales qui restent très fortes, comme en atteste par exemple la carte isochrone de la SNCF mesurant les temps de trajet des principales villes françaises au départ de Paris.

La crise sanitaire majeure que nous traversons est – aussi – le signe qu’il nous faut nous transformer. Et cette transformation, qui sera institutionnelle, économique, sociale, environnementale, ne peut passer que par une mutation radicale de notre rapport aux métropoles et aux territoires.

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Par Anne Albert-Cromarias, Enseignant-chercheur HDR, management stratégique, Groupe ESC Clermont et Alexandre Asselineau, Directeur de la Recherche BSB, enseignant-chercheur en Stratégie et Management stratégique, Burgundy School of Business

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Confinement impossible dans les territoires perdus de la République

Confinement impossible dans les territoires perdus de la République

ce que révèle Linda Kebbab (Unité SGP Police-FO) dans une interview au Figaro.

 


-Certains «territoires perdus» sont d’ordinaire peu enclins à respecter l’Etat de droit. Dans certains de ces quartiers, les réseaux sociaux rapportent des images de heurts avec les forces de l’ordre, qui tentent d’intervenir pour faire appliquer les règles de confinement. Les mesures d’urgence y sont-elles moins observées qu’ailleurs?

Linda KEBBAB. - Malheureusement, dans certains quartiers une partie des habitants ne prend pas la mesure de la situation, alors qu’il en va de la santé de leurs proches. Quotidiennement, les policiers sont confrontés à des refus de confinement de bandes habituées à agresser les forces de l’ordre. Maintien du trafic de stupéfiants, activités crapuleuses qui augmentent sur la voie publique, ou tout simplement rejet de l’autorité de l’État… Plusieurs guet-apens (des voitures sont mises à feu, des commerces dévalisés…) ont été enregistrés avec à chaque fois des agressions contre les pompiers et les policiers qui interviennent. À l’heure où nous parlons, je suis avisée d’un énorme caillassage contre mes collègues à Clichy-sous-Bois. Intenable!

À Clichy-sous-Bois, un policier a été mordu pour avoir demandé à un habitant de respecter le confinement.

Les policiers et gendarmes se retrouvent alors au contact de populations qui risquent de les infecter?

Évidemment, plus le contact est inévitable, plus le risque augmente. À Clichy-sous-Bois, un policier a été mordu pour avoir demandé à un habitant de respecter le confinement, près de Lyon d’autres en surnombre ont approché les policiers – dépourvus de masques – et les ont obligés à quitter les lieux au risque de se faire cracher dessus…

L’état-major du 93 a transmis la consigne suivante aux agents déployés sur le terrain: en cas de refus d’une personne de respecter le confinement et si elle est verbalisée plusieurs fois, ordre est donné de l’interpeller pour «mise en danger de la vie d’autrui». Nous le devons pour assurer la protection de la population, mais évidemment cela nous obligera à être encore plus au contact d’un potentiel porteur du virus. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu, d’ailleurs non sans difficulté, parfois sous les outrages de certains habitants depuis leurs fenêtres.

Le déploiement des forces de l’ordre pour faire respecter le confinement conduit-il à démobiliser certains effectifs en charge de la sécurité quotidienne des Français, rendant certaines portions du territoire moins sûres qu’avant?

Le ministère ne semblait pas avoir anticipé, nous avons donc dès dimanche, alors que l’annonce d’un confinement était une évidence à venir, saisi le ministre par courrier et lui avons demandé d’adapter l’organisation des services vers le plus urgent. Les tribunaux tournant désormais au ralenti, c’était une mesure nécessaire. Néanmoins il est vrai qu’il y ait déjà une perception de hausse des délits sur la voie publique tels que les vols ou dégradations de voitures, mais aussi les cambriolages des résidences principales délaissées par leurs propriétaires pour les secondaires. Il est beaucoup trop tôt pour dire si ce phénomène va s’inscrire dans la durée ou sera détectable sur les futures statistiques.

Les policiers se concentrent sur le secours aux personnes.

Lassés de ne pas pouvoir accomplir leurs missions dans des quartiers où l’insécurité chronique exige une attention de tous les instants, les policiers qui connaissent très bien leurs interlocuteurs, se concentrent sur le secours aux personnes – car le confinement est un facteur d’augmentation des violences ou conflits intrafamiliaux – et trouvent progressivement des solutions pour concilier lutte contre la criminalité et confinement à faire respecter. C’est aussi dans ce but que l’état-major du 93 a pu prendre cette initiative compréhensible

Economie France : le massacre de l’industrie et des territoires

Economie France : le massacre de l’industrie et des territoires

En fait la France a connu un véritable massacre de son industrie . En même temps, cet écroulement de l’industrie a vidé nombre de territoires de leur substance économique. Une sorte de processus irréversible de désaménagement du territoire. Le résultat d’un manque général de compétitivité, d’une insuffisance de l’offre technique aussi des visions illusoires de certains experts qui pensaient que la France se transformerait complètement dans des activités de services commercialisant des productions fabriquées à l’étranger. Le problème, c’est que ces productions ont bien été délocalisées mais que les pays de production se sont réappropriés la commercialisation et la valeur ajoutée tout en progressant en technicité. Dans le même temps, la France perdait certaines compétences techniques et certaines qualifications. 4/5 des zones d’emploi que compte la France ont subi des destructions d’emploi dans le secteur industriel entre 2009 et 2015. Le déclin industriel français ne date pas d’hier.

 

Au niveau national, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée entre 1980 et 2018  a clairement chuté pour passer de 29% à 16% selon de récentes données de la Banque mondiale. En parallèle, l’industrie a détruit près de 2,2 million d’emplois, réduisant ces effectifs de 43% sur la même période, selon de récents chiffres cités par l’Observatoire français des conjonctures économiques dans l’ouvrage consacrée à  »L’économie française en 2020″. En outre, le poids de l’emploi industriel dans l’emploi marchand est passé de 29,2% en 1980 à 14,6% en 2018.

Résultat, en 2017, le niveau de production de l’industrie manufacturière française est inférieur de 13% à son pic de la fin 2000. Pire, il est inférieur de 12% à celui du début des années 90, il y près de 30 ans ! Il a fallu tout ce temps pour que l’on prenne conscience de l’exigence d’une politique de l’offre.

 

L’appareil industriel a ainsi connu « sa pire chute d’activité depuis la Seconde Guerre mondiale, perdant près de 10% de sa valeur ajoutée au cours des années 2008-2009″, ajoutent les économistes de l’observatoire rattaché à Sciences-Po Paris. Outre les délocalisations massives vers des pays à bas coût, de nombreux industriels ont  externalisé une partie de leurs services chez des sous-traitants implantés dans le tertiaire. La branche des services aux entreprises a connu une expansion majeure depuis le début des années 1980.

 

« Les activités scientifiques, et techniques, services administratifs et de soutiens ont crée de plus de 2,8 millions d’emplois, soit une hausse de 181%, sous l’effet notamment du recentrage des activités industrielles sur leur coeur de métier », soulignent les auteurs de l’ouvrage précité.

 

L’un des enseignements important de cette étude est que la variation de l’emploi industriel est d’abord déterminée par des conditions macroéconomiques favorables. La composante nationale explique environ 52% des variations locales de l’emploi dans l’industrie. Les chercheurs citent entre autres la productivité dans l’industrie, la concurrence internationale ou les structures de dépenses des consommateurs.

En outre, les conditions locales peuvent également être des facteurs déterminants pour la santé de l’emploi dans des territoires fortement industrialisés. La qualité des infrastructures de transport, le prix du foncier, la disponibilité de la main d’oeuvre, le climat, la géographie, la présence d’établissements d’enseignement supérieur ou de centres de recherche sont cités par les économistes. L’effet local comme la forte spécialisation sectorielle explique des variations d’emploi dans 122 zones d’emploi (environ 40% de l’échantillon ).  »Les zones à effet local positif se retrouvent le plus souvent à l’ouest, dans le sud et en Rhône-Alpes, tandis que celles qui présentent un effet local négatif sont majoritairement localisées dans le nord et le centre de la France » expliquent les auteurs de la note.

Le gouvernement a lancé en novembre 2018 le dispositif des 144 territoires d’industrie bénéficiant d’un appui spécifique de l’Etat et des collectivités locales. Sous la coupole du Grand Palais, le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné de plusieurs ministres, avait lancé en grande pompe cette initiative au moment du salon de l’industrie du futur devant un parterre de chefs d’entreprise et de décideurs.

Un an après, la conjoncture s’est fortement dégradée. La plupart des grandes économies de la zone euro frôlent les récessions techniques dans le secteur industriel. Et si la France tente de résister en raison justement d’un poids plus faible de l’industrie et d’une moindre exposition au ralentissement du commerce mondial, les dernières enquêtes de conjoncture n’annoncent pas de perspectives vraiment optimistes. La plupart des instituts de statistiques ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance de l’économie française pour 2020.

Automobiles : pas le choix pour de nombreux territoires

Automobiles : pas le choix pour de nombreux territoires

Jean Coldefy, expert en mobilité, explique dan une  tribune au Monde que nombre de Français n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur automobile pour se rendre au travail entre collectivités pour développer les offres de transport collectif.

 

Tribune. Alors que se déroulent du 1er au 3 octobre les « journées de la mobilité », ce sujet émerge de plus en plus au cœur des enjeux des élections municipales dans les grandes villes. Mais, paradoxalement, alors que le pays sort à peine de sa plus grande crise sociale depuis cinquante ans, le message envoyé par la ville-centre est « bannissons la voiture ! ». Affirmer que la suppression de la voiture serait le seul horizon de la politique de mobilité, c’est aller un peu vite en besogne.

 

C’est oublier que la voiture a permis de desserrer la contrainte financière du marché du logement, en allant chercher plus loin ce qui n’était plus disponible à proximité, même si aujourd’hui cette solution a trouvé sa limite : le prix des logements a été multiplié par trois en vingt ans dans les villes-centres et contamine les périphéries de proche en proche. C’est l’inadéquation du marché de l’immobilier avec les besoins et la localisation des emplois qui ont induit une décorrélation entre habitat et emplois avec son lot de pollution et d’émissions de CO2. 80 % des trajets sont réalisés en voiture pour accéder aux agglomérations.

Avec la gentrification au centre et le blocage de l’urbanisation dans les communes de proche périphérie, c’est, in fine, une moindre mixité sociale et un allongement des distances domicile-travail que le jeu des acteurs a induites. Ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler tous les jours n’ont, pour la plupart, tout simplement pas le choix. L’absence d’alternatives à la voiture solo depuis les périphéries génère des flux de véhicules saturant les réseaux routiers aux heures de pointe.

Le sentiment d’iniquité est ainsi très fort : les habitants des périphéries et zones rurales à faibles revenus – dont 70 % des dépenses sont contraintes par le logement et l’énergie (enquête Ipsos de 2018 auprès de 11 000 ménages) – reçoivent très mal les leçons d’écologie de ceux qui peuvent utiliser moins souvent la voiture parce qu’ils habitent dans la ville-centre : on ne peut que les comprendre.

Il faut tout de même rappeler que Paris dispose du système de transport en commun le plus dense du monde avec une station de métro tous les 300 mètres : c’est pour cela que les Parisiens utilisent très peu leur voiture, et non pas parce qu’ils auraient un comportement moral plus vertueux que les autres. Les deux tiers du trafic dans Paris et 80 % sur le périphérique ne sont pas le fait d’habitants de Paris (enquête ménage déplacement Ile-de- France)…..»

Macron, le fossoyeur des territoires ruraux

Macron, le fossoyeur des territoires ruraux

 

 

La désertification du territoire n’est pas nouveau  mais d’une certaine manière Macron l’a accéléré en privilégiant le développement des métropoles, des startups du numérique et la mondialisation notamment dans le cadre de nouveaux accords commerciaux. Dans le même temps,  il a contribué à affaiblir les petites villes et à transformer nombre de territoires ruraux en déserts économiques. Il a aussi délaissé l’économie classique notamment l’industrie enfin il veut soumettre l’ensemble de l’économie notamment l’agriculture a encore davantage de concurrence de la part de pays qui ne respectent pas  les règles environnementales, sociales sanitaires. Du coup on peut sérieusement douter de la pertinence du projet d’action pour la ruralité qui va présenter le premier ministre ce vendredi. Un programme de 173 mesures pour répondre au malaise des campagnes. Disparition des petits commerces, déserts médicaux, éloignements des services publics, difficultés d’accès à Internet ou aux réseaux téléphoniques… autant de maux qui avaient contribué à nourrir la colère des populations rurales et leur ressentiment à l’encontre du président de la République et de son gouvernement.

«C’est un point d’étape majeur en faveur des territoires ruraux, assure-t-on à Matignon. C’est la première fois que nous avons un plan aussi large.» Élaboré à partir d’un rapport confié à cinq élus et parlementaires experts de la ruralité, le plan d’action du gouvernement est une sorte de cadeau à l’attention des habitants des campagnes et des maires ruraux.

On y trouve des projets de loi en cours d’élaboration, des mesures déjà en œuvre mais dont l’exécutif souhaite accélérer ou amplifier l’application, des propositions nouvelles et des dispositifs déjà existants. Le projet de loi sur l’engagement dans la vie locale côtoie l’accélération du recrutement de médecins en «zones sous-denses». Le permis de conduire à 1 euro dans les territoires ruraux apparaît à côté de la création de nouvelles licences IV pour lutter contre les fermetures de cafés et de restaurants. L’amélioration de l’accueil des personnes âgées en milieu rural est citée avec la défense des petites lignes ferroviaires. Le tout est agrémenté d’un volet environnemental, nouvelle priorité du chef de l’État.

Un plan ruralité extrêmement dense mais qui donne toutefois l’impression que le gouvernement a rempaqueté un ensemble de mesures déjà connues en agrémentant le tout de quelques nouveautés. Bref, une sorte de programme ramasse tout  qui a surtout des visées électorales pour notamment contrecarrer l’effet désastreux mouvement des gilets jaunes.

 

Macron, le fossoyeur des territoires ruraux

Macron le fossoyeur des territoires ruraux

 

 

La désertification du territoire n’est pas nouveau  mais d’une certaine manière Macron l’a accéléré en privilégiant le développement des métropoles, des startups du numérique et la mondialisation notamment dans le cadre de nouveaux accords commerciaux. Dans le même temps,  il a contribué à affaiblir les petites villes et à transformer nombre de territoires ruraux en déserts économiques. Il a aussi délaissé l’économie classique notamment l’industrie enfin il veut soumettre l’ensemble de l’économie notamment l’agriculture a encore davantage de concurrence de la part de pays qui ne respectent pas  les règles environnementales, sociales sanitaires. Du coup on peut sérieusement douter de la pertinence du projet d’action pour la ruralité qui va présenter le premier ministre ce vendredi. Un programme de 173 mesures pour répondre au malaise des campagnes. Disparition des petits commerces, déserts médicaux, éloignements des services publics, difficultés d’accès à Internet ou aux réseaux téléphoniques… autant de maux qui avaient contribué à nourrir la colère des populations rurales et leur ressentiment à l’encontre du président de la République et de son gouvernement.

«C’est un point d’étape majeur en faveur des territoires ruraux, assure-t-on à Matignon. C’est la première fois que nous avons un plan aussi large.» Élaboré à partir d’un rapport confié à cinq élus et parlementaires experts de la ruralité, le plan d’action du gouvernement est une sorte de cadeau à l’attention des habitants des campagnes et des maires ruraux.

On y trouve des projets de loi en cours d’élaboration, des mesures déjà en œuvre mais dont l’exécutif souhaite accélérer ou amplifier l’application, des propositions nouvelles et des dispositifs déjà existants. Le projet de loi sur l’engagement dans la vie locale côtoie l’accélération du recrutement de médecins en «zones sous-denses». Le permis de conduire à 1 euro dans les territoires ruraux apparaît à côté de la création de nouvelles licences IV pour lutter contre les fermetures de cafés et de restaurants. L’amélioration de l’accueil des personnes âgées en milieu rural est citée avec la défense des petites lignes ferroviaires. Le tout est agrémenté d’un volet environnemental, nouvelle priorité du chef de l’État.

Un plan ruralité extrêmement dense mais qui donne toutefois l’impression que le gouvernement a rempaqueté un ensemble de mesures déjà connues en agrémentant le tout de quelques nouveautés. Bref, une sorte de programme ramasse tout  qui a surtout des visées électorales pour notamment contrecarrer l’effet désastreux mouvement des gilets jaunes.

 

Une Agence nationale de la cohésion des territoires : pour quoi faire ?

Une  Agence nationale de la cohésion des territoires : pour quoi faire ?

 

 

 

A priori, Il paraît pour le moins curieux de créer une agence nationale (ANCT, Agence nationale de la cohésion des territoires ) pour favoriser le développement et la cohérence des territoires. On sait que la France souffre d’une centralisation extrême et que la responsabilité des structures locales demeure réduite. D’ailleurs sur deux nombreux champs d’activité économique, sociaux  ou sociétaux, c’est encore le préfet qui décide en dernier ressort. Une différence de taille avec peut se passer dans d’autres pays comparables comme l’Allemagne ou encore l’Espagne. En France, on crée une administration étatique supplémentaire pour favoriser le développement local. Une curieuse manière de favoriser la décentralisation. De toute manière l’agence demeurera sous la tutelle de l’État ;  pire, le préfet sera le représentant local de l’agence. L’ANCT se veut «un guichet unique» vers lequel pourront se tourner les élus locaux, porteurs de projets, qui se retrouvent souvent à l’heure actuelle dans «un maquis administratif», selon Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires. La future agence englobera le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), l’Agence du numérique et l’Établissement public d’aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux (Epareca). Pour la gouvernance de l’agence, le Sénat avait instauré la parité entre représentants de l’Etat et élus locaux, mais l’Assemblée a rétabli la majorité pour l’Etat. Au Palais Bourbon, les élus Libertés et territoires ont redit leur mécontentement quant à un «schéma jacobin» et ont voté majoritairement contre la proposition de loi, tout comme les élus PCF et LFI. Socialistes et LR se sont abstenus, jugeant qu’elle n’était «pas à la hauteur des ambitions et des attentes des élus locaux», tandis que députés LREM, MoDem et UDI se sont prononcés pour.

Territoires abandonnés: les enjeux

  • Territoires abandonnés: les enjeux

Nombre de territoires sont menacés de désertification avec la mode de la métropolisation. . Dans nombre de petites communes, il y a déjà longtemps qu’il n’existe pratiquement plus de services publics et le dernier qui semblait devoir résister, à savoir la Poste, disparaît aussi. En cause évidemment,  un  aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres et qui conduit le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois et en services. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040-2050,  certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si localement on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être). . Parallèlement on doit aussi s’interroger sur le concept même de service public, son coût, son fonctionnement et son financement ; en effet, si le rythme de suppression des  services s’accélère, c’est notamment pour des raisons socio-économiques évoquées précédemment mais aussi à cause d’un coût que la collectivité a du mal à assumer. Ce coût explique largement que le pays détienne le double record du monde de prélèvement obligatoire et de dépenses publiques par rapport au PIB. Un record qui porte atteinte à la compétitivité donc aussi à l’emploi. Dans son acception un peu générale, la tendance est forte d’assimiler service public, secteur  public voire statut des personnels. Trois notions pourtant à distinguer. La première découle du champ régalien de l’État (ou plus généralement des collectivités)  lequel mériterait sans doute d’être mieux défini, sans doute plus restreint et en même temps mieux assumé.  Certaines tâches doivent être toujours être assumés par l’État directement mais sans nécessairement gérer directement la logistique. La deuxième confusion concernant le service public vise le statut des personnels. Si on peut comprendre par exemple  que les infirmières ou ASH soient fonctionnaires, c’est plus discutable pour les jardiniers, les menuisiers, et autres comptables. Le problème c’est qu’on résume souvent la problématique des conditions de travail par exemple du personnel des hôpitaux à celle des infirmières. La troisième dimension du service public est liée à la structure juridique qui l’effectue. Or rien n’indique que l’intérêt général doive être exclusivement assumé par le secteur public. De nombreuses fonctions d’intérêt général sont en effet exercées notamment  par voie de délégation à des organisations parapubliques ou privées (santé, transport, formation etc.) Du coup, l’amalgame des trois définitions conduit souvent en fait à masquer une défense corporatiste et coûteuse du service public qui au total porte atteinte à la qualité, à l’accessibilité et à la compétitivité de ce service. Faute de cela non seulement tout service public disparaîtra des petites communes mais nombre de fonctions d’intérêt général vont aussi s’étioler dans les petites et moyennes villes (les hôpitaux par exemple).  La problématique n’est pas simple, le service public pour certaines de ses activités constitue un atout indiscutable pour le progrès social mais aussi économique, il n’en demeure pas un  boulet financier qui hypothèque son avenir. Avant d’envisager cette réforme du service public, il sera nécessaire au préalable de procéder à une évaluation qualitative et quantitative des contenus, du fonctionnement et du coût. L’évaluation qualitative est indispensable car ce n’est par la même chose par exemple en terme d’accessibilité d’avoir la possibilité d’obtenir un rendez vous au bout de 15  jours ou au bout de 5 mois chez un cardiologue ou un ophtalmologue. Autre exemple, Ce n’est pas non plus la même chose de disposer en permanence de la 4G en téléphonie mobile et de recevoir des SMS le lendemain de leur émission dans le zones blanches ou mal couvertes. Enfin, le traitement est différent quand il suffit de  faire 500 m pour retirer 100 euros à la Poste ou de faire 40 kms.

Territoires abandonnés : des cadeaux aux maires pour calmer la colère

Déserts économiques : des cadeaux aux maires pour calmer la colère

 

À défaut de vraie revitalisation des territoires abandonnés, le gouvernement va passer de la pommade aux maires afin notamment de garantir « une véritable formation, une protection juridique et un accompagnement professionnel et familial ». Bref au lieu de soigner les déserts économiques, on va d’abord orienter les soins en direction des élus y compris en envisageant une amélioration de leurs conditions matérielles. Bref un peu comme si pour résoudre les problèmes économiques de la France, on commençait  par améliorer les conditions de vie et de travail des députés. Par ailleurs des groupes de travail sur l’avenir des territoires seront mises en place, aussi des conférences d’élus. Bref des rapports et du bla-bla en perspective alors que l’urgence serait à la fois de redynamiser le tissu économique et les services publics. Il s’agira notamment faciliter l’exercice du mandat d’élu local et de valoriser l’expérience politique dans un parcours professionnel ainsi que d’accompagner vers la reconversion. Autre exemple de cette fausse réanimation des territoires délaissés. Les préfets de région animeront avec les préfets de département et les chefs de service régionaux de l’État  »une instance dédiée aux réorganisations des implantations de services publics ». Notons que Macron avait pourtant déclaré que pas une école et pas un service public ne pourrait être supprimé sans l’avis du maire ! En France le centralisme fait confondre sans doute les responsabilités de l’administration et de l’élu, sans parler de la confusion entre les intérêts de cet élu et ce de la collectivité.

 

Territoires ruraux : un oligarque pour mener la réforme

Territoires ruraux : un oligarque pour mener la réforme

Le gouvernement a choisi un vrai rural pour s’occuper de la réforme des territoires en voie de désertification. C’est le député (LREM) de la 2e circonscription d’Indre-et-Loire, Daniel Labaronne, qui  a été choisi par le Premier ministre pour mettre en place «  l’agenda rural ». L’intéressé est effectivement maire d’une petite commune mais en réalité, ce fonctionnaire professeur d’université a déjà pas mal de kilomètres au compteur comme politicien. Voilà déjà presque 40 ans qu’il court après un mandat électoral à Tours  et dans  des petites localités. Plutôt de gauche il s’est maintenant converti au libéralisme macronien, une évolution classique avec l’âge et la crainte de voir s’éloigner toute perspective de destin national. On peut légitimement s’interroger sur ce concept d’agenda rural qui ne signifie pas grand-chose. Macron a parlé de ruralité, de décentralisation et de différenciation mais sans donner de contenu assez à ces définitions. La vérité c’est que dans ces zones rurales le tissu économique disparaît progressivement. D’abord Le tissu agricole qui génère de moins en moins d’emplois, ensuite le tissu industriel et artisanal qui justement permettait de fixer les populations. Et pour couronner le tout la disparition progressive des services publics à commencer par la poste ou les mairies elles-mêmes. À la fin, ce sont des commerces qui ferment leurs portes. C’est la grande logique de la concentration urbaine avec à son apogée : la métropole isolation. On voit donc mal ce que pourrait apporter un n’agenda rural. Pour porter sur quel champ d’activité économique, sur quel champ d’intérêt général. En outre on confond les territoires ruraux proches de grandes villes qui en fait sont les nouvelles banlieues avec les territoires ruraux éloignés de des grands centres urbains. Dans ces territoires, mêmes les médecins généralistes disparaissent et quand on construit une maison de santé cela n’augmente pas le nombre de praticiens. Déjà missionné par la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault sur ce sujet, le parlementaire y travaille depuis fin mars avec les présidents des associations des maires ruraux de France (AMRF) Vanik Berberian et Nouvelles Ruralités Patrice Joly, ainsi qu’avec les maires (UDI) Pierre Jarlier et (LREM) Cécile Gallien.

Aménagement des territoires et Internet : pas pour les zones rurales isolées !

Aménagement des territoires et  Internet : pas pour les zones rurales isolées !

 

Les associations de collectivité entendent protester contre les obstacles mis au développement du haut débit notamment à travers des difficultés de financement. Il semble en effet se confirmer que le haut débit sera surtout développé dans les zones denses et que pour le reste les collectivités devront faire appel à des opérateurs et à  des financements privés. Ces collectivités ne devraient pas être surprises car récemment le premier ministre a clairement fait entendre que le câble était destiné aux zones denses et que pour le reste il y aura la possibilité d’utiliser d’autres technologies comme le satellite aux frais  de l’utilisateur avec une allocation de leurs 150 € (ce qui est très loin de couvrir les frais d’installation). Aussi d’utiliser la technique de téléphonie 5G. La promesse de relier chaque Français au câble d’ici 2022 paraît donc complètement illusoire. D’où la protestation des associations :

« Bon nombre de collectivités qui ont fait le choix des RIP (qui permet de solliciter le guichet France très haut débit)  ne peuvent toujours pas accéder aux financements promis par l’État depuis 2017, fustigent-elles dans leur communiqué. Elles sont entravées aujourd’hui dans la poursuite de leurs projets. L’État répète à longueur de temps que les collectivités ont le choix. Les associations les représentants confirment hélas ce qu’elles disent depuis plus d’un an : elles n’ont le choix qu’entre un Amel et un Amel. »

Or les collectivités ont la dent dure contre ce dispositif, sur lequel l’Etat compte pour économiser des deniers publics – puisque dans ce cas, les réseaux sont entièrement financés par le secteur privé.

« Quant aux Amel, qui étaient censés faire faire des économies d’argent public et accélérer les déploiements FttH [fibre jusqu'à l'abonné, NDLR], les territoires concernés sont aujourd’hui dans l’expectative, poursuit le communiqué. Le Premier ministre, qui devait valider les premiers AMEL au début de l’été 2018, n’en a encore signé aucun. Pire, seuls deux avis – assortis de nombreuses réserves – ont été rendus par l’Arcep [le régulateur des télécoms, NDLR] sur les sept Amel officiellement recensés. Les collectivités qui ont positivement répondu pour certaines depuis huit mois se voient abandonnées en rase campagne – sans que l’on sache précisément ce qui bloque – sans calendrier ni perspectives. »

En conséquence, les associations de collectivités « demandent que dans un court délai, l’Etat annonce un calendrier engageant de réouverture du guichet France THD à court terme d’une part, et d’autre part l’arrêt immédiat de la promotion active du dispositif des Amel tant que le Premier Ministre n’aura pas exprimé sa décision s’agissant des sept premiers dossiers en souffrance ». Elles craignent que si la situation reste comme telle, de nombreux territoires se retrouveront sans Internet à très haut débit d’ici à 2022. Ce qui sonnerait l’échec de l’objectif du gouvernement d’apporter à cette date une connexion ultra-rapide à tous les Français.

 

Revitaliser les territoires oubliés (Jean Viard)

Revitaliser les territoires oubliés (Jean Viard)

 

Une interview du  sociologue Jean Viard pour revitaliser les territoires oubliés (hors métropoles) parue dan la Tribune ;(extraits)

 

Quel diagnostic portez-vous sur la crise des « Gilets jaunes » et qu’attendez-vous du « Grand débat national »?

JEAN VIARD - La partie de la population en révolte est essentiellement constituée du monde rural en voie de désertification, et du grand périurbain, un monde pavillonnaire, haut lieu de la réussite des Trente Glorieuses. Territoires populaires, actifs et retraités confondus. Ce grand débat devrait mettre en valeur le fait que personne n’a de projet pour ces territoires où vit la majorité de la population dans nos grands pays développés.

Sur les ronds-points se trouvent les petits-enfants et les enfants de ceux qui ont quitté la campagne après-guerre, ou sont arrivés en France dans la première moitié du siècle dernier, et qui ont voulu continuer à maîtriser leurs destins en s’installant dans le monde pavillonnaire. La révolution numérique et la pression écologique ont marginalisé leurs projets qui se retrouvent à contretemps. Ils sont en manque d’espérance, de « désir d’avenir » comme le disait Ségolène Royal lors de sa campagne à l’élection présidentielle en 2007. Les politiques publiques n’ont jamais réfléchi à un projet pour ces urbains-là, je les appelle des « extras urbains ». Et cela est vrai en France comme aux États-Unis ou en Angleterre.

Dans les grandes métropoles, la politique est incarnée par de grands élus. Là, rien. Les millions d’habitants de ces territoires ont de trop nombreux élus mais qui ne sont pas à l’échelle de la société moderne de mobilité et de communication. D’ailleurs, les « gilets jaunes » les ignorent. Pourquoi n’a-t-on jamais créé de grandes surfaces de services publics avec La Poste, les impôts, des centres culturels… comme on a créé 12 000 grandes surfaces commerciales et 50 000 ronds-points ? Pourquoi la carte démocratique n’a-t-elle pas accompagné celle du commerce ? Pourquoi avoir tué les centres des petites villes avec un trop-plein de grandes surfaces et gardé toutes ces micro-communes et ces micro-écoles dans un empilement coûteux et illisible ?

Or, la révolution écologique sera d’abord locale, liée aux situations particulières des territoires et des régions. La révolution écologique doit être girondine pour être efficace et unifier par un haut débit généralisé pour être tous sur la Toile. Produire de l’énergie, taxer l’essence, fixer le Smic, réorganiser le territoire à l’échelle des bassins de vie… sont les enjeux prioritaires devant nous. Le jacobinisme ne sait pas porter la révolution écologique. La taxe carbone l’a démontré. Il faudrait que sorte de ce débat une révolution de la pensée du territoire non métropolitain. Là est la vraie crise de notre modèle démocratique.

Je crois à la densification du périurbain, à sa réorganisation démocratique, au choix à faire, territoire par territoire, de se réorganiser autour d’une grande surface ou d’une ville moyenne. Favorisons la création de valeur en densifiant les zones pavillonnaires. Il faut sacraliser les terres arables et au lieu de leur prendre 1100 hectares par semaine, mettre en vente 1 100 hectares des zones pavillonnaires existantes en enrichissant les petits propriétaires dont le terrain est trop grand… La densification du périurbain peut en effet être une solution en ce sens.

Dans le rural profond, que certains quittent, renforçons les résidences secondaires pour créer de la richesse par le foncier. Le coût exorbitant du foncier et des loyers en France est une des causes majeures de la paupérisation des milieux populaires. Si le grand débat arrive à casser les certitudes technocratiques et le carcan communal actuel, alors il peut être utile. Et une démocratie locale rénovée et participative pourra alors remonter vers le national. Sinon, la démocratie directe nationale ne pourra qu’être antidémocratique.

Comment définiriez-vous la réciprocité des territoires ?

Nous vivons un moment d’accélération fulgurante des mutations sociales et spatiales. Le territoire non-métropolitain a un sentiment profond d’abandon, et ce partout dans le monde. Là où il y avait une relation plus égale il y a encore dix ans, les métropoles ont pris une telle avance que les autres lieux ont l’impression d’être dans l’ombre. Rien qu’en termes de PIB, les dix métropoles françaises pèsent 61 %. Si la situation est plus équilibrée en termes de consommation et de démographie, le sentiment de déséquilibre, lui, se renforce. Là est sans doute la nouvelle frontière de l’affrontement politique dans nos sociétés.

Avant, disons avant 1789, nous étions dans une société d’ordres et de paroisses, puis nous sommes passés à une société de classes sociales et de quartiers. Chaque fois, il y avait des logiques congruentes de métiers, de lieux, de liens sociaux et de convictions. Aujourd’hui, les élites sont hypermobiles et souvent birésidentes, les ouvriers, les employés sont massivement devenus propriétaires dans le périurbain, et l’ancien « quartier ouvrier » est devenu « quartier » tout court de métissage et d’arrivants, tenu par la politique dite « de la ville ». Nos systèmes politiques de structuration par classes, et imaginaires de classes et conflits de classe, se sont alors profondément défaits. Le peuple avec ses règles et ses codes est redevenu foule - comme disait Victor Hugo - une foule mobile, individualisée.

Dix ans après la crise de 2008, les élites qui y ont conduit le monde sont disqualifiées, les peuples se vengent. Et cette foule rue dans les brancards, refuse les compétences reconnues, rejette les élites et cherche des leaders qui lui ressemblent ou, en tout cas, font semblant de lui ressembler. L’incompétence peut alors devenir un atout. Je pense à l’Italie ou à Trump. Cela vient de ce que nous nous trouvons face à une immense redistribution des systèmes d’appartenance sociétaux, culturels et politiques qui est la base des phénomènes « populistes » que nous observons partout. Mais cette redistribution est accélérée par la sortie de crise qui pousse à un « puissant dégagisme » et en même temps, en dix ans, la révolution numérique et collaborative a créé de nouveaux clivages, éloigné les métropoles du reste des sociétés et concentré la richesse à l’intérieur de celles-ci. La crise de 2008 ne peut être pensée sans la création de Twitter en 2007 qui marque vraiment la numérisation du monde. Quatre milliards d’humains y sont aujourd’hui connectés ! Partout on tente de casser « le vieux monde ». Dans une société où le travail ne représente plus que 10 % de la vie (au lieu de 40 % il y a un siècle) les liens « sociaux » sont devenus minoritaires face à toutes les autres appartenances (de quartiers, d’origines, de croyances, pratiques sociétales, sportives, sexuelles…). La fin du modèle de la ville sédentaire et industrielle a mis la société en mobilité, en discontinuité, bouleversant les lieux et les liens. Des systèmes « archaïques », comme ceux reposant sur une religion, ont même parfois repris le dessus. L’islam revendique sa juste place, les diversités sexuelles ou culturelles également.

Comment, dans ce cas, faire en sorte que les territoires se parlent ?

D’abord il faut faire le diagnostic de la fin de la société précédente, celle des classes et des quartiers par classe. Après, il faut comprendre les appartenances par familles-tribus, origines, croyances et mener des politiques pour redonner du sens politique aux lieux : penser un droit à la métropole pour chacun, multiplier les communes dans les grandes métropoles. Je plaide, ainsi, pour que Le Mirail, cité au cœur de Toulouse qui compte 60. 000 habitants, devienne une commune indépendante, et ce, afin qu’elle se structure par le politique et ses élus, obtienne un commissariat de police, une caserne de pompiers…

De même, tous les étudiants devraient travailler un à deux jours par semaine. C’est dépassé d’apprendre les codes du travail à la sortie des études. Dans la vraie vie, 92 % des premiers CDI se décrochent à 28 ans et le premier bébé arrive à 30 ans. D’autant qu’entre 1968 et 2018, nous sommes passés de 600 .000 à 3 millions d’étudiants. Je plaide donc pour que ce groupe central, âgé de 16 à 26 ans, bénéficie d’un revenu universel. Cela recrée une unité – le voyage étant intégré au projet – et, surtout, cela permet aux jeunes de rentrer dans le film.

Dans un monde fini, où il n’y a plus de terrains à conquérir, et en même temps,  une société très mobile et interconnectée, une égalité des territoires est-elle possible ?

La politique a toujours été l’art de gérer les frontières. Dorénavant, elle s’occupe du temps et du futur : l’écologie, l’espérance de vie… C’est pourquoi je suis contre l’égalité des territoires, car je ne sais pas ce que cela signifie. En revanche, il faut répondre à l’égalité des attentes. La ville de Metz, où je me trouvais dernièrement, est à proximité de l’Allemagne, de la Belgique et du Luxembourg, mais n’a pas de façade maritime. Cette ville doit donc accepter de créer un lien avec le Sud, par exemple avec des vols low-cost. Il faut penser la rencontre de Haussmann, du Club Med et de la culture Jack Lang. La culture doit en effet sortir des monuments et aller dans la rue. Dans le Var, Draguignan l’avait compris en demandant aux chauffeurs de transports scolaires de travailler un soir par semaine pour emmener les gamins au théâtre, en boîte de nuit ou au stade Vélodrome. Pensons Nuit blanche, Fête de la Musique  !

Les Trente Glorieuses avaient construit un modèle de stabilité mariage-CDI-propriété. Nous sommes entrés dans une société de mobilité fondée sur la discontinuité choisie. Car plus la vie s’allonge, plus nous pouvons à tout instant changer de vie, de convictions, de lieux, d’amour ou d’emploi. Il faut initier les plus fragiles à cette mobilité tout en gardant le « sac-à-dos social » afin qu’ils conservent leurs droits et avantages acquis. En parallèle, les retraités sont devenus le cœur du lien social, car ils tiennent les associations, les solidarités familiales et les communes. Sans eux, nos sociétés se déferaient.

Il y a de moins et moins de paysans, mais toujours plus d’agriculture 2.0 et de fermes urbaines, de même que la nature est réintroduite en ville avec la végétalisation des bâtiments. Le sursaut rural va-t-il trouver son salut en ville en lui apportant de la nourriture et de l’énergie ?

L’avenir de la planète n’est pas le jardin d’Eden où un couple se dispute la pomme d’Adam. L’agriculture urbaine c’est bien, mais au maximum cela représentera, d’après les spécialistes, 3% de nos besoins. La première chose à faire est de sanctuariser les terres arables et d’arrêter de les consommer comme terre à bâtir. Il faut  les sacraliser et les rendre inconstructibles, car elles nous nourrissent et produisent de l’énergie, de l’air comme de l’eau. L’agriculture.com, que j’appelle de mes vœux, est une agriculture hypertechnologique qui est capable de préserver les équilibres de la nature.

Et entre terres arables et métropoles, se situe la France à mettre en chantier et en projet, la France dite périphérique et les banlieues, construites suite à la décolonisation et en réponse à l’industrialisation. Il faut penser « le quartier » comme passage, et le renommer, comme dans le reste du monde, « faubourg » qui a vocation à devenir un quartier de ville ou à fabriquer les urbains de demain. Et il faut trouver un modèle écologique à la France périphérique qui est le cœur de la France du travail, avec la maison Phénix et les deux voitures qui roulent au diesel. Il faut densifier et inventer le pavillon à énergie positive pour faire rouler les voitures. Les rêves populaires doivent devenir nos rêves plutôt que de les rejeter, car nous avons changé de modèle. Si vous sanctuarisez légalement les territoires agricoles, le périurbain n’aura pas d’autre choix que de se densifier.

Mon modèle est : la maison indépendante en énergie avec une éolienne sur le toit qui recharge votre véhicule électrique. Les jardins domestiques produisent déjà près de 40 % des fruits et des légumes consommés. En effet, le week-end, cet habitant cultive son potager, se déplace moins car, en plus de ses activités culturelles, sportives ou spirituelles, il reçoit chez lui. C’est ce que j’appelle « la civilisation du barbecue », la civilisation du lien social.

Vous proposez d’ailleurs de créer des offices fonciers agricoles régionaux pour assurer une retraite décente à ces populations…

Il faut créer de la valeur en dehors des métropoles. Tout propriétaire de maison individuelle devrait pouvoir construire un studio au fond de son jardin sans permis à condition qu’il accueille un étudiant ou vende la moitié de son terrain. Et pareillement nous ne pourrons protéger les terres arables qu’en créant de la valeur.

Par conséquent, séparons la question de l’avenir du paysan de celle de la terre et s’il n’y a pas de repreneurs, prenons ces terres en viagers publics. Si un champ n’a pas de paysan, que soient menées des expériences ou des expérimentations. Il existe d’ailleurs déjà des endroits où des jeunes encadrés par un tuteur s’activent sur quelques hectares. La survie de l’humanité impose de sauver la terre arable. Ce serait formidable en termes de biodiversité et de bien commun. 50% de la terre française est une terre arable. C’est indispensable pour la survie alimentaire et énergétique de notre pays.

Jean Viard, né en 1949 à Metz, est sociologue et directeur de recherches au Centre de recherche politiques de Sciences-Po Paris (CEVIPOF). Spécialiste des temps sociaux (vacances, 35 heures), de l’aménagement du territoire (agriculture) et des comportements politiques, il dirige Les Editions de l’Aube, chez lui à La Tour-d’Aigues.

Richard Ferrand veut réorganiser les territoires : au secours !

Richard Ferrand veut réorganiser les territoires : au secours !

 

Le sulfureux Richard Ferrand actuellement président de l’Assemblée nationale veut réformer l’organisation de la république dans les territoires. Cela avec de nouveaux pouvoirs de commandement pour les préfets et sous-préfets. Bref une sorte de recentralisation locale pour l’État. Pour équilibrer,  Richard Ferrand propose de donner la liberté aux collectivités locales pour leur donner toute liberté de s’organiser. Et de proposer une France à la carte où  les communes pourraient se regrouper si elles en éprouvent l’envie de même pour les départements. Bref, une jolie pagaille en perspective dans un millefeuille administratif et politique déjà complètement incohérent. Pas étonnant de la part heureux Richard Ferrand qui a tendance à confondre l’intérêt général et son intérêt personnel. . On se souvient que le tribunal de Brest avait enterré l’affaire Ferrand  notamment aux motifs de la prescription de certaines infractions. Pas vraiment un blanchiment!  Justement. L’association Anticor conteste la prescription des faits qui ont permis de classer sans suite le dossier. L’association a donc  déposé plainte pour relancer l’enquête sur le chef de file des députés LREM. Elle vise à obtenir la désignation – quasi-automatique – d’un magistrat pour enquêter sur l’affaire du bien immobilier acquis par la compagne de Richard Ferrand et loué aux Mutuelles de Bretagne, dont il était alors le directeur général. La plainte porte sur des faits présumés de « prise illégale d’intérêts », et recel et complicité de ce délit.  Le parquet de Brest avait annoncé le 13 octobre le classement de l’enquête, au regard notamment de la prescription de cette éventuelle infraction. « Nous attendons l’ouverture d’une instruction, pour qu’il y ait un procès, car nous ne sommes pas d’accord avec l’analyse du procureur de la République de Brest », a déclaré Jean-Christophe Picard, président de l’association. Après le classement sans suite, Anticor s’est tourné vers le pôle financier de Paris en raison de sa compétence nationale sur les affaires « d’une grande complexité ». Dans un des volets de l’affaire, un possible délit de prise illégale d’intérêts, le procureur de Brest Jean-Philippe Récappé reconnaissait que le parquet « aurait pu envisager l’ouverture d’une information judiciaire ». Mais il s’est avéré que « l’infraction éventuelle » était « prescrite » depuis le 19 juin 2015, selon les règles de prescription (trois ans) alors en vigueur, avait-il expliqué. Richard Ferrand, soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, s’est toujours défendu de tout conflit d’intérêts. Dans l’affaire en question, révélée par le Canard enchaîné, Richard Ferrand, 55 ans, est soupçonné d’avoir profité de sa fonction pour favoriser sa compagne, l’avocate Sandrine Doucen, à l’époque où il était directeur général (1998-2012) des Mutuelles de Bretagne et élu local PS. En 2011, cet organisme à but non lucratif, qui cherchait à louer des locaux pour installer un centre de soins à Brest, avait choisi la proposition d’une société civile immobilière (SCI) appartenant à 99 % à Sandrine Doucen, parmi trois offres. Un bien acquis pour un prix de 375 000 euros, « financé » par les loyers versés par les Mutuelles de Bretagne, selon la plainte d’Anticor. Un petit boni de l’ordre de 800 000 euros pour la compagne de Ferrand qui a sûrement envie aussi de placer la justice sous l’autorité des préfets !

 

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