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« L’ asile sur le territoire français doit devenir une exception »

« L’ asile sur le territoire français doit devenir une exception »

Patrick Stefanini est un spécialiste de l’immigration. Ex-préfet de région, conseiller d’Etat, il a traité ce dossier notamment auprès de Robert Pandraud ou Brice Hortefeux. Dans son livre Immigration, ces réalités qu’on nous cache (Robert Laffont), il explique, dans l’Opinion ,  la France a perdu, contrairement à ses voisins européens, le contrôle de la situation et propose ses solutions pour y remédier.

Dès que l’on évoque la question de la maîtrise des flux migratoires, nombre de responsables français chargent l’Union européenne. Or, c’est une des surprises de votre livre, vous affirmez qu’elle est plutôt efficace…

En tout cas, je n’accepte pas qu’on charge l’Union européenne en lui faisant porter la responsabilité de tous les maux, et ce, d’abord pour des raisons institutionnelles. L‘UE définit les conditions communes de délivrance des visas et les critères selon lesquels les ressortissants de pays tiers peuvent pénétrer sur le territoire européen, mais le contrôle des frontières extérieures est de la responsabilité de chaque Etat membre. Donc quand l’Italie laisse entrer sur son territoire un Tunisien sans droit ni titre, qui commettra par la suite un attentat à Nice, c’est de la responsabilité des autorités italiennes, mais pas européennes. Les responsables politiques de droite comme de gauche ont voulu l’Acte unique et la libre circulation des ressortissants européens. Or, il n’était pas matériellement possible de la réserver à ces seuls derniers. Pour contrôler dans ce cadre les flux migratoires des non-européens, on a imaginé des accords, comme Schengen et Dublin, mais, comme on était pressé d’aboutir, on a mis en place la libre circulation sans attendre que ces accords soient vraiment entrés en application. On a mis la charrue avant les bœufs ! Malgré cette faute originelle, l’Union européenne progresse à grandes enjambées. On le voit avec Frontex. Il reste malgré tout du chemin à parcourir. Le 30 novembre, lors d’une visioconférence, les ministres de l’Intérieur de l’espace Schengen ont pointé les failles qui demeurent. On sait que 20 % des personnes qui pénètrent sur le territoire européen ne sont pas sérieusement contrôlées puisqu’ils ne font l’objet d’aucun « passage fichier ». Il faut donc plus de Schengen plutôt que des slogans anti-européens faciles qui buteraient sur la réalité, car les Français et les autres Européens sont attachés à la libre circulation. Et plus de Schengen, cela veut dire des Etats membres qui contrôlent vraiment leurs frontières extérieures, des moyens supplémentaires pour Frontex et une meilleure coopération entre Etats membres par exemple à la frontière franco-italienne.

Lorsque le Parlement légifère sur les conditions de séjour des ressortissants étrangers, il ne traite, il faut le savoir, que de 50 % des étrangers qui entrent en France. Les étrangers issus des pays couverts par ces accords bilatéraux ne sont pas concernés par les modifications de la loi

Pourquoi la France a-t-elle perdu le contrôle de sa politique migratoire ?

Il y a deux raisons majeures. La première est que la France reste plus attractive que les autres pays européens au niveau de son système de protection sociale. Les étrangers le savent, cela les attire en France. Alors que la demande d’asile qui avait fortement progressé en 2015-2016 dans nombre de pays d’Europe y est revenue à son niveau d’avant 2015, en France, c’est l’inverse. Partout la crise des migrants a été maîtrisée, sauf chez nous. En 2019, on a dénombré en France 132 000 demandeurs d’asile, un niveau jamais atteint depuis notre adhésion à la Convention de Genève. Les demandeurs d’asile savent aussi que, même si leur demande est rejetée, l’Etat sera incapable de les éloigner. La seconde raison est que nous sommes une ancienne puissance coloniale et que l’immigration en provenance de nos ex-colonies (l’Algérie, la Tunisie, le Maroc…) pèse très lourd. Nous sommes en effet liés par des accords bilatéraux signés avec elles à l’époque de leur indépendance et sans limitation de durée. Lorsque le Parlement légifère sur les conditions de séjour des ressortissants étrangers, il ne traite, il faut le savoir, que de 50 % des étrangers qui entrent en France. Les étrangers issus des pays couverts par ces accords bilatéraux ne sont pas concernés par les modifications de la loi. C’est pourquoi je propose que chacun de ces accords fasse l’objet d’un bilan, dont le Parlement pourrait se charger. Tel accord bilatéral participe-t-il encore de l’intérêt de la France ? Si la réponse est non, il faut le renégocier et, si cette perspective est refusée par l’Etat partenaire, le dénoncer.

En la matière, comment jugez-vous la politique d’Emmanuel Macron ? Vous écrivez qu’avec 18 906 éloignements forcés en 2019, c’est lui qui a fait le mieux…

J’essaie de porter un jugement objectif. Il reste que cette question de l’immigration ne fait pas partie du logiciel du président de la République. Ni sa formation, ni ses activités professionnelles antérieures ne l’ont beaucoup conduit à s’y intéresser. Il a aussi été prisonnier du schéma libéral selon lequel l’immigration est une chance pour l’économie française. Au début de son quinquennat, il a délégué ce sujet à Gérard Collomb. Au ministère de l’Intérieur, celui-ci n’a pas fait une mauvaise loi mais c’est une loi sans souffle, une loi de technicien. Elle n’est pas à la dimension du problème. L’actuelle majorité devra remettre l’ouvrage sur le métier et inscrire une nouvelle loi éventuelle dans une perspective plus large, en lien étroit avec une stratégie diplomatique qui fasse de la maîtrise des flux migratoires une priorité.

Que pensez-vous de la proposition de Nicolas Sarkozy de mettre en place « un moratoire de courte durée » et de fermer les frontières afin de discuter avec les forces politiques des solutions à mettre en place pour stopper les flux migratoires ?

Nicolas Sarkozy a un grand mérite : il a été le seul Président à porter une vraie vision stratégique de l’immigration. Il est donc légitime sur le sujet. L’idée de réunir tous les partis politiques et de partager un diagnostic commun est excellente, mais un peu théorique. Par ailleurs, je me méfie de l’expression de « moratoire ». Je ne crois pas qu’on puisse, d’un coup d’un seul, suspendre l’application de tous les accords conclus avec d’autres pays. Et puis, qu’y a-t-il après le moratoire ? C’est peut-être une formule qui claque dans un meeting ou une interview, mais nous avons surtout besoin de freiner l’immigration, notamment familiale, avec détermination et dans la durée. L’ampleur de la crise économique et sociale provoquée par la pandémie doit nous conduire à un profond aggiornamento de notre politique migratoire.

Xavier Bertrand propose un référendum pour ajouter à l’article 34 de la Constitution : « La loi peut limiter les flux migratoires.» Qu’en pensez-vous ?

C’est le principe même des quotas. On sait que leur instauration exige une modification de la Constitution. J’y suis très favorable.

Je propose que le dépôt de la demande d’asile se fasse à l’étranger ou à la frontière du territoire français. Il faut que la demande déposée en France devienne une exception, instruite selon une procédure accélérée, car plus la décision intervient dans un délai raisonnable, plus l’éloignement, s’il est nécessaire, se fait facilement

Pour mener à bien « l’aggiornamento » que vous évoquez, vous avancez quelques mesures spectaculaires. Vous proposez que les demandeurs d’asile se voient affecter un département de résidence et que la zone géographique au sein de laquelle ils peuvent se déplacer soit limitée…

Concernant les demandeurs d’asile, ma première proposition est de mettre fin au fait accompli de la demande d’asile, c’est-à-dire au fait que la quasi-totalité d’entre eux attendent d’être parvenus sur le territoire français pour déposer leur demande, sachant que l’examen va en être long et qu’ils ont toutes les chances de rester en France. Je propose donc que le dépôt de la demande d’asile se fasse à l’étranger ou à la frontière du territoire français. Il faut que la demande déposée en France devienne une exception, instruite selon une procédure accélérée, car plus la décision intervient dans un délai raisonnable, plus l’éloignement, s’il est nécessaire, se fait facilement. Ensuite, il faudrait que nous fassions comme les Allemands en ne laissant pas les étrangers libres de choisir leur lieu de résidence. En France, le laisser-faire crée une concentration géographique des immigrés sur deux ou trois régions avec, dans certains territoires, des tensions dangereuses au sein de la société.

Deuxième proposition : vous voudriez que l’Union européenne finance en Espagne, Italie, Grèce, dans les îles qui sont leurs frontières maritimes, des zones internationales où les migrants verraient leur demande traitée…

En mars 2016, Angela Merkel s’est retrouvée seule, avec un François Hollande aux abonnés absents, pour négocier, au nom de l’Union européenne, un accord avec la Turquie par lequel celle-ci s’engageait à contrôler les sorties de son territoire et à reprendre les migrants passés en force en Grèce. Elle a ainsi posé, dans l’urgence, un garrot sur un flux qui menaçait de submerger la Grèce et l’Allemagne qui était sa véritable destination. Mais, ce faisant, l’UE s’est mise entre les mains d’Erdogan qui exerce depuis un chantage migratoire. J’ajoute qu’en Grèce, comme en Italie, les migrants sont aujourd’hui accueillis sur des îles dans des conditions indignes. Il faut en finir avec cette situation. Je propose d’installer dans ces îles des bâtiments en dur, où les conditions d’accueil seront correctes. Les migrants y séjourneraient le temps que leur dossier fasse l’objet d’une décision définitive, dans une sorte de zone internationale et sans pouvoir rejoindre le continent si leur demande est rejetée. C’est une idée préférable à celle des hot spots, qu’Emmanuel Macron avait imaginé installer en Libye et qu’il a abandonnée. La priorité absolue doit être de mieux contrôler nos frontières extérieures. Cela ne veut pas dire rejeter les gens à la mer, mais traiter rapidement leur cas, près de l’endroit où ils accostent.

Vous souhaitez aussi que notre aide au développement soit revue de A à Z…

Oui. Elle marche sur la tête. 90 % des migrants interpellés placent de la République, l’autre lundi, viennent d’Afrique subsaharienne. Or notre aide aux pays pauvres a diminué entre 2010 et 2017 ! L’AFD (Agence française de développement) qui en a la charge, préfère faire des prêts plutôt que des dons. Au lieu d’aider en priorité le Burkina Faso, le Mali ou le Niger, elle aide la Turquie, la Chine, l’Inde, y compris dans des secteurs où ces pays sont en compétition avec nous ! C’est surréaliste.

La quasi-totalité du territoire en 4G !!!

La quasi-totalité du territoire en 4G !!!

 

Officiellement presque la totalité du couvercle territoire serait couverte en 4G. En tout cas , c’est  l’intention des pouvoirs publics et la promesse des opérateurs. Ce que ne disent pas les intéressés,  c’est de savoir si c’était une couverture permanente temporaire voire quasi inexistante. Ce qui est souvent le cas dans les zones peu denses où on dispose effectivement de la 4G  mais à certains moments et en fonction des conditions météo.

Il faut souvent aller par exemple près de la cabane du jardin à 30 m de la maison pour obtenir du réseau. Pourtant à l’occasion d’un premier bilan du « New Deal Mobile », l’Arcep, chargée de la vérification de la tenue de ces engagements, a annoncé mardi que 96% du territoire était aujourd’hui couvert en 4G par au moins un opérateur, un chiffre en hausse de sept points par rapport au 1er janvier 2018.

«La logistique et l’aménagement du territoire»

«La logistique et l’aménagement du territoire»

 

 

Cécile Tricault, Directrice Générale Europe du Sud de Prologis, rappelle dans la Tribune le rôle essentiel de la logistique dans l’aménagement du territoire. Une réflexion intéressante sur l’enjeu de la gestion des flux de biens mais qui devrait prendre en compte davantage les différentes typologies de zones urbaines y compris les zones moins denses où le coût du dernier kilomètre n’est pas moins important

 

 

La crise sanitaire a rappelé à quel point la logistique remplit une fonction essentielle dans l’activité économique mais aussi dans le système de soin. Elle est une infrastructure indispensable pour l’aménagement du territoire et joue dans les villes un rôle de poumon. Bien organisée et intégrée, la logistique permet ainsi à la ville de respirer en proposant un approvisionnement régulier permettant à l’activité économique de se développer. Mais ce constat n’est pas ou plus intuitif aujourd’hui : avec l’essor du e-commerce et l’augmentation des flux de transports et de livraison, elle est parfois perçue comme créatrice de nuisances (trafic, congestion et pollution…) pour les Franciliens et les Français. C’est justement en créant des entrepôts urbains, ces points de consolidation, que l’on organisera mieux les flux en les optimisant, et qu’on réduira ces nuisances.

Aujourd’hui, l’essor de la logistique urbaine doit apparaître comme une solution : créer le bon maillage logistique sur le dernier kilomètre, pour livrer de manière optimale, à la bonne heure, par le bon moyen et au bon prix, sachant que 20 % du coût de la chaîne de livraison est concentré sur le dernier kilomètre. Nous sommes convaincus que la logistique urbaine constitue une réponse à ces nouveaux usages. Complémentaire de la grande logistique, elle rapproche l’activité logistique des bassins de vie et de consommation autour des villes denses, souvent les plus gourmandes en approvisionnement. Pour permettre sa mise en œuvre, la filière doit se construire en réseau et former un écosystème faisant appel à une pluralité d’acteurs. Ils pourront ainsi déployer un maillage territorial pertinent et efficace, des portes des métropoles jusqu’aux paliers des Français.

Nul ne conteste aujourd’hui l’accroissement des besoins en logistique, induisant naturellement une demande accrue en surfaces d’entrepôts afin de faire face à ces nouvelles exigences et éviter que les flux n’augmentent que ce soit en « grande logistique » (livraison depuis les pays limitrophes, par exemple) ou en zone urbaine (camions). Et ça tombe bien, car ça crée de l’emploi !

Prologis, actif en France depuis 23 ans, est l’un des acteurs de ce réseau. Nous sommes un partenaire local et territorial des collectivités et des entreprises, avec un réel engagement au sein des communautés : 31 700 personnes travaillent chaque jour dans les 120 entrepôts Prologis en France[1].

Si les acteurs de la logistique se sont mis en ordre de marche pour servir ces ambitions, la logistique urbaine reste encore le parent pauvre de l’aménagement du territoire. En effet, le secteur reste aujourd’hui une activité moins rémunératrice face aux marchés du résidentiel ou du tertiaire et à ce titre apparaît comme un actif oublié des stratégies de développement des métropoles. Par ailleurs, focalisés sur les services essentiels que sont les écoles, hôpitaux, commerces, logements, bureaux etc…les acteurs publics ont oublié que pour les faire fonctionner, la logistique est indispensable au même titre que l’électricité, l’eau ou les égouts. Exclue des réflexions autour des infrastructures collectives, la logistique urbaine reste en flux tendu et son optimisation ne va pas de soi. C’est encore plus regrettable quand on connaît le dynamisme de la filière : en mars 2019, le secteur transport et logistique comptait 1,9 millions d’emplois et 540 000 postes seront à pourvoir d’ici 2022.

Elle est pourtant un atout plus que valorisant pour les métropoles. En réhabilitant et en modernisant des zones péri-urbaines parfois dévitalisées, en requalifiant des friches abandonnées, on crée un cercle vertueux. On réduit les kilomètres restant jusqu’au consommateur, on fait naître un bassin d’emploi dynamique et on participe à la rénovation urbaine. Mais pour se rapprocher des habitants et des zones de consommation, les coûts sont doublés voire triplés. Il faut donc associer des services nouveaux à la logistique pour amortir l’investissement. L’intégrer à des programmes immobiliers mixtes logistiques et commerciaux est, par exemple, une solution.

Une chose est sûre, la transformation demandée de la filière ne se fera pas sans une réflexion commune avec les pouvoirs publics, notamment en vue d’unifier les réglementations pour améliorer la livraison du dernier kilomètre dans toutes les communes.

[1] Paris, Le Havre, Orléans, Lille, Lyon et Marseille

Aménagement du territoire : la folie de la métropolisation

Aménagement du territoire : la folie de la métropolisation

 

 

La crise sanitaire qui se développe surtout dans les grandes métropoles refaits émerger la question de l’aménagement du territoire. La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

 

 

Aménagement territoire Stopper l’urbanisme étouffant

Aménagement territoire Stopper l’urbanisme étouffant

 

 

 

Pour lutter contre la vulnérabilité des sociétés industrielles mise en évidence par la pandémie de Covid-19, l’essayiste, Agnès Sinaï,   propose,dans une tribune au « Monde », d’endiguer la course à la démesure engagée par les métropoles, et de permettre une « déconcentration démographique ».

 

Tribune.

 

De Wuhan au Grand Paris, les métropoles sont engagées dans une course à la démesure. Cette fuite en avant s’apparente à l’image de la Reine rouge, dans Alice au pays des merveilles, qui court pour rester à la même place : produire toujours plus d’algorithmes pour actionner des véhicules autonomes gorgés de data plutôt qu’organiser des transports low-tech ; construire des villes dites « intelligentes », irriguées par la 5G, au prix d’une surveillance de masse orwellienne ; dépenser toujours plus d’énergie pour servir les actionnaires de l’économie financière plutôt qu’investir dans les services publics et la culture ; maintenir à tout prix une croissance absurde quitte à dévaster le socle du vivant.

Signal d’alarme

C’est cette course folle – que l’épidémie mondiale de Covid-19 remet profondément en question – qu’il faut interrompre. La propagation du virus est un marqueur du dépassement des limites et des seuils écologiques, mais aussi de l’imbrication des établissements humains dans la chaîne du vivant. Nos cités gigantesques reposent, pour leur approvisionnement, sur un vaste système de transport mondial de marchandises, créé grâce à des carburants bon marché. Il s’agit là d’un urbanisme de la congestion.

La vision d’un Grand Paris toujours plus étendu au nom de la compétitivité, aux proportions inhumaines et aux réseaux saturés, va se heurter à des vulnérabilités croissantes. Car la pandémie actuelle est la manifestation inquiétante d’une rétroaction, le signal d’alarme d’un dysfonctionnement plus vaste et plus sourd qui pourrait emporter dans le chaos nos sociétés industrielles aussi assoiffées d’énergie qu’inégalitaires. Certaines dépendances fortes – comme la dépendance au pétrole pour l’automobile et le transport de marchandises – sont susceptibles de provoquer un effondrement futur du système. Il faudrait réduire, par anticipation, ces vulnérabilités.

Mettre fin à la démesure

L’imaginaire métropolitain doit donc être relayé par un nouveau paradigme, fondé sur la déconcentration démographique et sur le développement de réseaux de production locaux. Il est impératif de redimensionner les échelles, de mettre fin à la démesure par de nouvelles formes de politiques territoriales ancrées dans le soin des paysages et œuvrant au retour de la diversité du vivant, en prévision des bouleversements climatiques à venir. L’urbanisation a atteint son seuil maximal de contre-productivité – comme en témoigne, avec le confinement du printemps, la proportion non négligeable d’habitants de la région francilienne qui en est partie de sa propre initiative. Il s’agit du début d’un phénomène de contre-exode urbain qui pourrait se poursuivre et s’accentuer au cours de la seconde moitié du XXIe siècle. Une révolution anthropologique posturbaine est en train d’émerger.

Aménagement du territoire : la folie de la métropolisation

 

Aménagement du territoire : la folie de la métropolisation

 

 

La crise sanitaire qui se développe surtout dans les grandes métropoles refaits émerger la question de l’aménagement du territoire. La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

 

 

Territoire zéro chômeur : une fiction

Territoire zéro chômeur : une fiction

Il est évident que le concept de zéro chômeur constitue une utopie séduisante. Mais d’une manière ou d’une autre, il faut bien rémunérer les sans-emploi visés et en finalité créer les conditions économiques pour qu’ils trouvent un emploi durable. De toute manière, l’idée même de zéro chômeur n’a aucun sens car même en période de très forte croissance, il existe toujours un chômage résiduel de l’ordre de 4 %. Par contre, il est évidemment important de renforcer les dispositifs d’insertion, de formation et de revitalisation économique. L’évaluation du dispositif expérimental zéro chômeur montre que le coût n’est pas de 6000 € mais de 25 000 € et qu’il n’assure pas de réinsertion durable. Professeur d’économie à Sciences Po,  Pierre Cahuc dénonce, dans une tribune au « Monde », les arguments des promoteurs en faveur de l’extension du dispositif de lutte contre le chômage, actuellement en discussion au Parlement

Tribune. La chronique « Territoire zéro chômeur : pour la généralisation d’un dispositif d’utilité sociale », publiée le 19 septembre dans « Le Monde », plaide pour la généralisation du dispositif d’utilité sociale « Territoires zéro chômeur de longue durée » qui fait l’objet d’un projet de loi actuellement en débat au Parlement, en reprenant à son compte les arguments de ses promoteurs.

Cette initiative crée des entreprises à but d’emploi (EBE) dont la finalité est d’embaucher en CDI des chômeurs de longue durée, rémunérés au smic, afin de répondre à des besoins non satisfaits, car peu rentables. Leurs activités ne doivent pas concurrencer l’emploi existant. L’expérimentation concerne 10 territoires, qui emploient environ 800 personnes. Le projet de loi propose de l’étendre à 50 territoires supplémentaires.

La chronique soutient tout d’abord que le coût de ce dispositif est somme toute modique, de l’ordre de 6 000 euros annuels par équivalent temps plein. Cette évaluation est étonnante : deux rapports, rédigés par l’inspection générale des finances et l’inspection générale des affaires sociales (pages 28 et 35) d’une part, et un comité scientifique d’autre part, montrent que le coût annuel net d’un emploi créé par ce dispositif s’élève à 25 000 euros et non 6 000 euros.

Le texte affirme aussi qu’il faut tenir compte de « la valeur proprement incalculable que représentent la dignité et l’utilité retrouvées » grâce à l’accès à l’emploi des personnes qui en sont durablement exclues. On ne peut qu’être d’accord : la privation d’emploi est une atteinte à la dignité, source de souffrance, dont les effets délétères sur la santé et l’espérance de vie sont bien documentés.

Il n’y a aucun doute sur ce sujet. Il faut donc financer des dispositifs qui accompagnent vers l’emploi. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut donner de véritables emplois avec des perspectives d’avenir. Et c’est là que le bât blesse avec cette expérimentation, qui suppose qu’obtenir un emploi rémunéré à vie au Smic est suffisant pour retrouver sa dignité.

30 % du territoire mal couvert en téléphone mobile de qualité?

30 % du territoire mal couvert en téléphone mobile de qualité?

Officiellement le territoire couvert à 99 % par la téléphonie mobile. En fait, la qualité est très différente selon qu’on est couvert par la 2G, la 3G ou la 4 G. Ce concept de couverture est très approximatif car dans nombre de régions, il peut varier en qualité jusqu’à devenir inexistant selon notamment les conditions météorologiques. En réalité, 30 % du territoire est mal couvert. Cette couverture est à distinguer du taux de possession des smartphones et autres téléphones mobiles qui atteint 95 %. « On observe néanmoins un léger ralentissement de la croissance du taux de pénétration du smartphone depuis 2016″, note une étude, ce qui laisserait entendre que « cet équipement entre dans sa phase de maturité, caractérisée par une évolution plus lente dans les prochaines années ».

Cette stabilisation s’explique notamment par le fait que les personnes âgées de 70 ans et plus détentrices d’un autre type de téléphone « ne voient pas forcément l’utilité d’un smartphone par rapport à un téléphone mobile ‘classique’ », ce qui limite l’accès à de nouveaux consommateurs. Un peu moins de la moitié (44%) de cette tranche d’âge est équipée.

Le Baromètre numérique souligne que la taille de l’agglomération de résidence joue sur le taux d’équipement en smartphone et que les disparités entre les communes plus petites et les grandes pourraient « potentiellement s’expliquer par des différences dans la qualité du réseau Internet mobile ». Il est clair qu’on ne voit pas l’intérêt d’un Smartphone dans les zones où on a déjà de la peine à recevoir de simples communications téléphoniques. Le développement de la 5G devrait encore accroître les inégalités dans la mesure où le nombre d’antennes devra être multiplié par trois par rapport à la situation présente. Un investissement qui sera forcément privilégié dans les zones denses.

Désaménagement du territoire : Orange veut fermer le réseau cuivre

Désaménagement du territoire : Orange veut fermer le réseau cuivre

Un nouveau scandale d’aménagement du territoire se prépare avec la confirmation par Orange de son intention de liquider le réseau cuivre. Un réseau qui n’est déjà pas entretenu et dont souvent les fils tiennent des poteaux ou qui traînent par terre. La patronne d’Orange France réitère son intention de mettre un terme à l’exploitation du réseau cuivre qui rend possible les liaisons Internet dans une grande partie de la France qui ne peut disposer d’autres moyens.

 Cela vise la France profonde désertifiée, c’est-à-dire géographiquement la plus grande partie du territoire. Des zones qui ne sont déjà pas raccordées à la téléphonie mobile ou qui le sont de manière très irrégulière. Pour la 5G par exemple il faudra attendre. De la même manière,  la desserte par le câble n’est pas pour demain. Elle est  promise dans les départements mais se bornera à atteindre seulement les zones agglomérées. Pour schématiser les zones peu denses n’auront donc plus aucun moyen pendant un temps d’accéder à Internet puisque le réseau cuivre aura été abandonné, que les antennes 5 G seront absentes  ( nota : il faudra trois fois plus compte-tenu de la technologie) et que le câble restera virtuel.

 Une nouvelle preuve du désaménagement du territoire au profit de la sur urbanisation dans des métropoles devenues d’ailleurs invivables tant sur le plan environnemental que sur le plan sociétal.

Territoire zéro chômeur : conception et calculs erronés »

Territoire zéro chômeur : conception et calculs erronés »

Professeur d’économie à Sciences Po,  Pierre Cahuc dénonce, dans une tribune au « Monde », les arguments des promoteurs en faveur de l’extension du dispositif de lutte contre le chômage, actuellement en discussion au Parlement

Tribune. La chronique « Territoire zéro chômeur : pour la généralisation d’un dispositif d’utilité sociale », publiée le 19 septembre dans « Le Monde », plaide pour la généralisation du dispositif d’utilité sociale « Territoires zéro chômeur de longue durée » qui fait l’objet d’un projet de loi actuellement en débat au Parlement, en reprenant à son compte les arguments de ses promoteurs.

Cette initiative crée des entreprises à but d’emploi (EBE) dont la finalité est d’embaucher en CDI des chômeurs de longue durée, rémunérés au smic, afin de répondre à des besoins non satisfaits, car peu rentables. Leurs activités ne doivent pas concurrencer l’emploi existant. L’expérimentation concerne 10 territoires, qui emploient environ 800 personnes. Le projet de loi propose de l’étendre à 50 territoires supplémentaires.

La chronique soutient tout d’abord que le coût de ce dispositif est somme toute modique, de l’ordre de 6 000 euros annuels par équivalent temps plein. Cette évaluation est étonnante : deux rapports, rédigés par l’inspection générale des finances et l’inspection générale des affaires sociales (pages 28 et 35) d’une part, et un comité scientifique d’autre part, montrent que le coût annuel net d’un emploi créé par ce dispositif s’élève à 25 000 euros et non 6 000 euros.

Le texte affirme aussi qu’il faut tenir compte de « la valeur proprement incalculable que représentent la dignité et l’utilité retrouvées » grâce à l’accès à l’emploi des personnes qui en sont durablement exclues. On ne peut qu’être d’accord : la privation d’emploi est une atteinte à la dignité, source de souffrance, dont les effets délétères sur la santé et l’espérance de vie sont bien documentés.

Il n’y a aucun doute sur ce sujet. Il faut donc financer des dispositifs qui accompagnent vers l’emploi. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut donner de véritables emplois avec des perspectives d’avenir. Et c’est là que le bât blesse avec cette expérimentation, qui suppose qu’obtenir un emploi rémunéré à vie au Smic est suffisant pour retrouver sa dignité.

Aménagement du territoire: La ville demain….. à la campagne !

Aménagement du territoire:  La ville demain….. à la campagne !

 

« On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur » avait déclaré le célèbre humoriste Alphonse Allais. Une boutade évidemment mais pourtant qui devrait être pris en compte pour rééquilibrer de manière plus humaine et plus environnementale des villes devenues impossibles vivre . Des villes à la croissance dite endogène, c’est-à-dire qui rendent marchands produits et services, contraignent  à travailler pour se payer y compris des prestations plus ou moins utiles et ainsi contribuer à l’augmentation du PIB  : la croissance endogène . À l’inverse dans des villes moins importantes, les besoins sont plus réduits et les échanges également moins marchands.

Certes une ville doit pouvoir disposer d’un minimum d’équipement, d’infrastructures dans le domaine économique, social, culturel, sociétal ou de la santé. Pour autant, cela ne doit pas déboucher sur la nécessité par exemple de supprimer la totalité des établissements hospitaliers pour  les concentrer sur un seul lieu du département. On comprend qu’avec les  sciences et les nouvelles thérapies,  il soit nécessaire de disposer d’équipements de plus en plus sophistiqués mais toutes les pathologies ne nécessitent  pas ces  équipement aussi lourds, aussi coûteux également.

De la même manière rien ne condamne les villes à une extension économique incontrôlée avec multiplication des bureaux, des usines, des ateliers, des services au même endroit . Là aussi tout est question d’équilibre , la cité  a besoin d’un équipement minimum et non d’une concurrence effrénée de marques qui n’ont d’autre but que d’inciter à la dépense des ménages. Au plan culturel, d’énormes efforts ont été réalisé, par beaucoup de villes, reste que le lieu central de production et de promotion demeure Paris.

Même s’il y a quelques contre-exemples, la réussite se concrétise à Paris. Le modèle culturel peut-être évidemment différent en volume, en nature et en fréquence selon les localités mais la culture peut exister aussi ailleurs qu’à Paris ou dans les grandes métropoles. Il n’y a sans doute pas de taille idéale pour la ville mais ce qui est certain c’est qu’à partir de 50 à 100 1000 habitants la vie en général devient complexe , génère des coûts, des pertes de temps, dégrade l’environnement et d’une façon plus générale le cadre de vie. Comment comprendre qu’avec les moyens de liaison existants aujourd’hui il ne soit pas possible d’envisager un retournement complet de cette mode de la sur urbanisation source par ailleurs d’un endettement mortel puisqu’il faut compter en moyenne à Paris pour le même logement qu’en province un cout quatre fois supérieur. Du capital mort qui n’alimente que la spéculation (pour preuve la percée d’RNB). Peut-être pas des villes à la campagne mais des villes et campagnes qui  rétablissent des liens de bio diversité et de façon générale d’équilibre favorable au développement de la vie de tous et de tous. Avec aussi des villages en réseaux non condamnés à devenir des réserves d’Indiens.

L’industrie et l’aménagement du territoire: deux grands absents

L’industrie et l’aménagement du territoire:  deux grands absents

il y a longtemps que le ministère de l’aménagement du territoire a disparu de l’horizon ministériel. En clair d’ailleurs,  on a renoncé à tout concept d’harmonisation et de répartition des activités économiques et démographiques sur le territoire. Inutile puisque l’objectif était jusque-là de concentrer 80 % de la population dans une quinzaine de métropoles. Cela au nom de la concurrence internationale entre grandes villes et du fameux concept de croissance exogène qui impose aux habitants de payer produits et services pour encourager la frénésie de consommation, bref pour alimenter le business. À commencer par le business de l’immobilier ou un appartement dans les grandes métropoles coûte quatre à cinq fois le prix de celui dans  une petite ville.

Or aujourd’hui compte tenu de la rapidité des échanges d’informations, rien n’interdirait à mieux répartir les activités, les services et les résidences. Deuxième grande vide constaté au sein du gouvernement et des précédents : celui de l’industrie. Une industrie qui a perdu rapidement des  million d’emplois sans doute du fait de la responsabilité des acteurs économiques dans la délocalisation généralisée mais aussi du peu d’intérêt des pouvoirs publics pour la souveraineté nationale en matière industrielle.

 

Résultats en 30 ans on a perdu 2 millions d’emplois ! Bercy a pris le pouvoir à la place de l’ancien ministère de l’industrie et raisonne forcément à très court terme pour  équilibrer  le budget quitte à accélérer la vente du patrimoine matériel comme immatériel. ( Pour être clair les chercheurs par exemple qui foutent le camp). Il n’y aura  sans doute pas de jour d’après avec une transition immédiate et brutale mais plutôt une phase progressive vers une meilleure maîtrise de la souveraineté nationale intégrant tout aussi progressivement les préoccupations environnementales voire sociales et sociétales. A condition de prendre en compte notamment en compte  l’aménagement du territoire et en discuter avec les acteurs professionnels et locaux

Le fait que le président de la république se charge lui-même par exemple du dossier automobile est significatif de l’extrême centralisation du pouvoir technocratique, pouvoir par ailleurs de plus en plus théocratique.

 

Les deux grands ministères absents: l’industrie et l’aménagement du territoire

Les deux grands ministères absents: l’industrie et l’aménagement du territoire

il y a longtemps que le ministère de l’aménagement du territoire a disparu de l’horizon ministériel. En clair d’ailleurs,  on a renoncé à tout concept d’harmonisation et de répartition des activités économiques et démographiques sur le territoire. Inutile puisque l’objectif était jusque-là de concentrer 80 % de la population dans une quinzaine de métropoles. Cela au nom de la concurrence internationale entre grandes villes et du fameux concept de croissance exogène qui impose aux habitants de payer produits et services pour encourager la frénésie de consommation, bref pour alimenter le business. À commencer par le business de l’immobilier ou un appartement dans les grandes métropoles coûte quatre à cinq fois le prix de celui dans  une petite ville.

Or aujourd’hui compte tenu de la rapidité des échanges d’informations, rien n’interdirait à mieux répartir les activités, les services et les résidences. Deuxième grande vide constaté au sein du gouvernement et des précédents : celui de l’industrie. Une industrie qui a perdu rapidement des  million d’emplois sans doute du fait de la responsabilité des acteurs économiques dans la délocalisation généralisée mais aussi du peu d’intérêt des pouvoirs publics pour la souveraineté nationale en matière industrielle.

Résultats en 30 ans on a perdu 2 millions d’emplois ! Bercy a pris le pouvoir à la place de l’ancien ministère de l’industrie et raisonne forcément à très court terme pour  équilibrer  le budget quitte à accélérer la vente du patrimoine matériel comme immatériel. ( Pour être clair les chercheurs par exemple qui foutent le camp). Il n’y aura  sans doute pas le jour d’après avec une transition immédiate et brutale mais plutôt une phase progressive vers une meilleure maîtrise de la souveraineté nationale intégrant tout aussi progressivement les préoccupations environnementales voire sociales et sociétales. A condition de prendre en compte notamment en compte  l’aménagement du territoire.

Le fait que le président de la république se charge lui-même par exemple du dossier automobile est significatif de l’extrême centralisation du pouvoir technocratique, pouvoir par ailleurs de plus en plus théocratique.

Désertification du territoire : la folie de la métropolisation

Désertification  du territoire : la folie de la métropolisation

 

 

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet,  l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois  en effet se  concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie.

Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduit le reste à la désertification.

 

La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier.

Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu, une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans).

 

L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

 

La 5G : pour tout le territoire ?

La 5G : pour tout le territoire

 

 

Évidemment on peut douter de l’objectif de couvrir l’ensemble du pays par la 5G. En effet, de  nombreues zones peu denses n’ont même pas accès à la 3G ou à la G. Et certains n’ont accès à rien du tout. Les  d’enchères pour l’attribution pour les  fréquences 5G. vont cepedant bientôt être attribuées par l’ARCEP. Le lancement commercial est attendu pour 2020. Le gouvernement exige qu’aucune zone, y compris rurale, ne soit délaissée. Un vœu pieux car  l’autorisation d’exploiter la 5G n’aura pas pour objectif  premier d’aménager le territoire, ce sera surtout l’occasion pour le gouvernement de contribuer à désendetter le pays via des enchères financières. C’est un peu le paradoxe puisque cette technologie était promise à tous précisément pour lutter contre la désertification du territoire et procéder à l’aménagement plus harmonieux. Récemment, le premier ministre a d’ailleurs été clair, ce sera la même philosophie pour le câble. Plus question de permettre l’accès au câble pour tous les Français, seules les zones densifiées pourront être câblées. Concernant la nouvelle technologie de téléphonie 5G, la priorité sera aussi aux zones très denses. En effet les enchères financières vont contraindre les opérateurs à prioriser les territoires les plus rentables pour amortir leurs droits d’acquisition. Il y a « un objectif d’équilibre des recettes pour l’Etat », a affirmé la ministre. « Sur ce point, l’enjeu est de trouver le juste milieu avec l’ampleur des investissements à réaliser par les opérateurs », a-t-elle ajouté. L’équation est simple sur le papier, mais ô combien délicate à définir : si le gouvernement ponctionne trop d’argent aux opérateurs, ceux-ci investiront moins dans les réseaux. Autrement dit, dans ce cas, les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free déploieront leurs antennes et infrastructures de manière prioritaire dans les territoires les plus denses (car les plus rentables), au risque de trop délaisser les zones rurales et les territoires les moins peuplés.

Désertification du territoire accentuée avec le câble et la 5G !

Désertification du territoire accentuée avec le câble et la 5G !

 

Alors qu’on avait promis la révolution sur tout le territoire avec les outils numériques et la nouvelle norme de 5G, on  risque en fait  d’accroître encore des distorsions de situation entre les zones agglomérées et les zones plus isolées. Pour preuve déjà nombreux de villages sont peu ou pas couverts par la technologie de téléphonie mobile 3G  et 4G. Quand à la connexion ultrarapide de l’Internet, elle est souvent défectueuse voire totalement absente compte tenu notamment de l’état déplorable des lignes téléphoniques. L’idée était que le câble promis à tous partout pourrait combler ces inégalités. Or le Premier ministre vient d’annoncer clairement que le câble ne sera pas raccordé à la totalité des résidences. 10 à 15 % pourraient en être exclus. Il en sera de même pour la 5G qui  va aussi concerner   en priorité les grandes métropoles puis les zones agglomérées mais pas l’habitat dispersé.  Le mythe de la fibre pour tous est donc en train de s’effondrer. C’était pourtant la promesse tant des élus nationaux que des élus locaux. Mais une promesse qui aurait constitué un véritable gouffre financier et sur lequel est revenu le Premier ministre qui a précisé que nombre de hameaux a fortiori de maisons isolées ne seront pas reliés au câble. Ils seront desservis par Internet via d’autres solutions notamment par satellite, par boucle locale radio ou encore la technique 5G. Ces ruraux devront en fait se débrouiller par eux-mêmes. On leur accordera un chèque de 150 € par foyer. Officiellement il s’agit de 6 % des Français qui ne pourront pas être accordés au haut débit par la fibre. Dans les faits ce pourrait être davantage autour de 10 % à 15% des Français. Pas question de promettre à toutes les communes la fibre (soit un débit de 30 mégabits/seconde) mais plutôt d’y déployer un débit d’environ 8 mégabits/seconde via des solutions alternatives. Deux solutions technologiques sont proposées. La première consiste à installer une antenne pour raccorder une boucle locale radio (THD radio, Wi-Fi, Wimax). Cette alternative est proposée par des sociétés comme la PME toulousaine Alsatis. L’autre solution nécessite le déploiement d’une parabole sur le toit du particulier pour capter Internet par satellite. Ce service est distribué par Europasat et Nordnet (une filiale d’Orange). Édouard Philippe a rappelé lors de son discours qu’Eutelsat va lancer en 2019 et 2020 deux satellites supplémentaires pour renforcer la couverture sur le territoire. 

Aménagement du territoire : la folie de la métropolisation

 Aménagement du territoire : la folie de la métropolisation

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

 

Aménagement du territoire : la désertification en cours

 

Aménagement du territoire : la désertification encours

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2016. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

Aménagement du territoire : une dizaine de métropoles et la désertification ailleurs

Aménagement du territoire : une dizaine  de métropoles et la désertification ailleurs

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

Aménagement du Territoire- : ras le bol de l’ «ultracentralisation»

Aménagement du Territoire- : ras le bol de l’ «ultracentralisation»

On ne peut que se réjouir sans doute de cette nouvelle association qui tente de réunir le maximum d’élus locaux pour protester contre l’hyper centralisation du pays qui conduit notamment à la désertification d’une grande partie du territoire. Cette association a raison de constater que l’approche exclusivement technocratique va réduire le pays à quelques métropoles qui concentrera rapidement plus de 80 % des activités économiques et de la population. Bref un véritable massacre de l’aménagement du territoire une nouvelle association qui comprend   Régions de France, associations d’élus locaux, maires de France (AMF) et départements de France (ADF) viennent de créer une nouvelle structure, parrainée par le président du Sénat Gérard Larcher : Territoires unis.  « Notre pays meurt à petit feu de son ultracentralisation ! La France ne peut se résumer à quelques métropoles, est-il dit dans cet   »appel de Marseille » signé par 1.200 élus locaux. La décentralisation est une chance. C’est le modèle qui permet de rapprocher les décisions et les investissements. Nous ne sommes pas des opérateurs de l’État, nous demandons un agenda partagé des réformes et une concertation sincère entre l’État et les collectivités. L’avalanche des normes et des réglementations sur les communes doit cesser. ».

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