Archive pour le Tag 'terreur'

Afghanistan : Les talibans installent un climat de terreur

Afghanistan : Les talibans installent un climat de terreur

D’après des O.N.G. les talibans installent un climat de terreur. Leur  rapport documente une « litanie » de violations des droits humains : intimidation et répression des femmes, des défenseurs des droits de l’homme, représailles contre les fonctionnaires de l’ancien gouvernement, atteintes à la liberté d’expression. Basé notamment sur une dizaine de témoignages directs, le rapport couvre une période allant du 15 août, date de la chute de Kaboul aux mains des talibans, au 12 septembre.

« Conséquence du climat de peur engendré par la prise de pouvoir des talibans, de nombreuses Afghanes portent aujourd’hui la burka, s’abstiennent de sortir de chez elles sans un tuteur masculin et cessent certaines activités pour éviter violences et représailles », selon le rapport.

Covid: une crise qui répand la terreur

 

Covid:  une crise qui répand la terreur

 

Le grand intellectuel Marcel Gauchet  tire un premier bilan des choix faits par les autorités pour faire face à l’épidémie et de la façon dont les Français les ont vécus. Défaut de discussion politique, dysfonctionnements de l’administration sanitaire, affaiblissement des scientifiques auront notamment marqué, à ses yeux, cette année de pandémie.

« Le XXIe siècle ne sera pas une promenade de santé ​», disiez-vous en 2017. Comment va la France, un an après le début de la crise sanitaire ?

Elle est assommée. Elle a connu un choc énorme, elle ne comprend toujours pas très bien ce qui lui arrive, elle ne sait pas trop à quel saint se vouer. Elle ne sent pas une direction claire se dessiner devant elle. Ce n’est pas simplement une question de dirigeants, c’est qu’on a rarement été dans une telle situation d’incertitude. C’est le paradoxe de cette épidémie : ce n’est pas la peste noire, elle n’a pas créé la terreur, mais elle nous laisse dans une profonde inquiétude vis-à-vis de ce qui peut advenir à partir d’une situation à laquelle, globalement, la masse de la population est résignée.

L’inquiétude porte sur « que sera demain ? »

Oui. Ce n’est pas une maladie dramatique, mais on est dans une situation d’incompréhension exacte de ce qui se passe. C’est l’inconnu. Face à une épidémie de choléra, on sait comment faire, on a les instruments. Là, on ne sait pas bien. Et pour l’immense majorité de la population, c’est une maladie abstraite. Certes, elle peut vous tomber dessus, mais la grande masse de la population vit sans même connaître de gens qui ont eu la Covid. C’est lointain et en même temps anxiogène au possible, pas seulement en fonction du risque de tomber malade, mais de ce qu’il peut résulter de la mise à l’arrêt de la vie sociale

Durant la crise, le Parlement est devenu une chambre d’enregistrement, la présidentialisation du régime s’est accrue. La démocratie libérale a-t-elle montré ses limites ?

C’est le choix du Président et je pense que c’est une erreur politique. Il me semble que si les différentes options face à cette maladie (confinement, couvre-feu, démarches diverses) avaient pu être discutées publiquement, dans un contexte où l’opinion était mobilisée, on aurait gagné beaucoup d’apaisement et aussi de sentiment de mieux maîtriser la situation. Il y aurait eu moins de passivité inquiète dans la population. Le traitement politique n’a pas été le bon.

«Il y a eu un déshabillage des autorités en tout genre dans cette crise sanitaire. Les autorités politiques flottaient dans le plus grand flou tout en jouant une autorité surfaite, à la mesure même de leur incertitude»

On a infantilisé les Français?

Oui, de la part de gens qui, en plus, n’ont pas d’autorité pour parler. Il y a eu un déshabillage des autorités en tout genre dans cette crise sanitaire. Les autorités politiques flottaient dans le plus grand flou tout en jouant une autorité surfaite, à la mesure même de leur incertitude. Une vraie discussion publique aurait été salutaire, au risque de perdre un peu de temps, mais on en a perdu beaucoup de toute façon. Ce n’était pas sur les plateaux de télé qu’il fallait discuter, mais au Parlement.

Les scientifiques ont-ils pris le pouvoir pendant cette crise?

Pas vraiment. Les plus naïfs d’entre eux ont tenté le coup d’Etat, dans l’idée qu’on allait enfin confier la décision aux gens qui s’y connaissent, mais cela n’a pas été probant. Je crois que l’autorité de la science, et de la science médicale plus précisément, en a pris un sérieux coup dans l’esprit des populations au cours de cette crise.

Parce qu’ils se contredisaient?

Pas seulement, aussi parce qu’ils étaient démentis par les faits. Il y a deux sortes de science : il y a la science faite, sur laquelle tout le monde est d’accord. Et puis il y a la science à faire face à l’inconnu. Cela nous a valu une leçon d’épistémologie en direct: les gens ont découvert que les scientifiques, face à l’inconnu, pataugeaient autant qu’eux, sauf qu’ils ont eux des moyens d’affronter l’inconnu, que vous ou moi n’avons pas. Du coup, l’effet fâcheux, c’est d’avoir accrédité l’idée que finalement, même sur le connu, ils n’en connaissent pas tant que ça. Je pense qu’il y aura un dégât considérable de l’autorité des scientifiques dans la société.

L’administration a été défaillante à plusieurs reprises, sur les masques, les tests ou la campagne de vaccination. Quelle leçon en tirer ?

Il est acquis que l’administration sanitaire ne coupera pas à un sérieux examen de son organisation, de ses procédures, de sa manière de fonctionner. En revanche, le ministère des Finances a su mettre sur pied en un temps record un dispositif d’indemnisation des entreprises efficace. Le tableau est contrasté : il y a des pans entiers d’administration qui dysfonctionnent, d’autres qui sont performants… C’est d’ailleurs cela qui complique tous les bilans sur la bureaucratie française : cela demande une analyse très fine.

«Ce qui a été vécu par beaucoup comme persécutif, ce sont ces formulaires absurdes. Mais cela ne mettait pas en cause des libertés fondamentales, ça mettait la gestion de ces libertés sous un contrôle pénible»

«​ Les libertés ont été réduites, mais jamais à des niveaux non conformes à nos standards ​», a dit Emmanuel Macron mercredi en Conseil des ministres. Partagez-vous ce constat ?

Globalement, oui. Il ne faut pas confondre liberté et encadrement bureaucratique de cette liberté. Ce qui a été vécu par beaucoup comme persécutif, ce sont ces formulaires absurdes. Mais cela ne mettait pas en cause des libertés fondamentales, ça mettait la gestion de ces libertés sous un contrôle pénible. Une liberté fondamentale nous est restée, et nous en avons fait grand usage : la liberté de parole. Cette crise a été l’occasion d’une grande conversation civique. En général, dans les pays autoritaires, on commence par supprimer la liberté de critiquer le gouvernement, c’est plus sûr. Nous avons eu la possibilité de protester contre les atteintes aux libertés, y compris en exagérant un peu.

La société a tout de même dû accepter, durant le premier confinement, au nom de l’urgence sanitaire, de ne plus rendre visite aux aînés, de ne plus honorer ses morts…

C’était une aberration. Cela fait partie des erreurs d’appréciation qui ont été commises. L’action publique a péché dans ce premier confinement par absence de sens concret de l’humanité. Heureusement, la protestation collective a ramené le gouvernement à de meilleurs sentiments.

«L’illusion serait de penser que le keynésianisme radical a gagné à tout jamais. Je n’en crois rien»

Le « ​quoi qu’il en coûte ​» macronien signe-t-il la fin du néolibéralisme ou s’agit-il d’une parenthèse ?

L’idée que l’époque du « free lunch », comme diraient les économistes, est arrivée, me paraît une fiction totale. C’est une parenthèse, qui ne permet pas de tirer des conclusions pour la suite. Et la suite risque d’être sévère. L’illusion serait de penser que le keynésianisme radical a gagné à tout jamais. Je n’en crois rien.

Les contraintes dans lesquelles nous allons retomber ne vont-elles pas être plus difficiles à accepter, maintenant que l’on a connu « ​l’argent magique ​» ?

Oui et non, car la population ne manque pas de bon sens. L’idée que la création monétaire illimitée est la réponse à tous les maux de l’humanité, que nous aurions trouvé la martingale d’un univers sans contrainte où il suffit d’imprimer de la monnaie, c’est magnifique, mais je doute que ce jour de la fin de l’histoire soit arrivé. Je suis même convaincu du contraire.

On a quand même vu le revenu universel revenir dans le débat…

Evidemment, on a vu toutes les démagogies refleurir ! De l’écologie la plus collapsologique jusqu’aux libertaires radicaux rejetant toutes les contraintes. Pourquoi pas le revenu universel ? Ce que l’on a vécu est d’ailleurs un épisode de revenu universel, d’une certaine manière. Mais que cet état temporaire accrédite l’idée de façon définitive, je ne le crois pas.

«Le refus des aventures constituent un barrage, dont je ne vois pas que l’extrême droite soit capable de le franchir, sauf catastrophe liée à l’issue de la crise»

Le choix d’approvisionnement européen en vaccins est-il un succès ?

Je ne crois pas. Cela n’a fait que montrer ce qu’on sait très bien : l’Union européenne est une machine extrêmement lourde, à laquelle il ne faut pas demander de répondre à des situations d’urgence. Les gens qui plaident pour la subsidiarité ont à mon sens trouvé là un très bon argument empirique.

A qui profiteront tous ces morts ? L’extrême droite est-elle aux portes du pouvoir ?

J’ai peine à le croire. Elle est très haute. Mais ce qu’a montré cette crise sanitaire, c’est que la prudence est profondément ancrée dans les têtes, et c’est ce qui a fait que la population s’est accommodée d’une situation très pénible pour beaucoup. Je crois que cette prudence, ce refus des aventures constituent un barrage, dont je ne vois pas que l’extrême droite soit capable de le franchir, sauf catastrophe liée à l’issue de la crise. Nous sommes dans des pays dont le défaut est l’inertie, mais la vertu est la prudence. Je crois que la peur du saut dans l’inconnu constitue le vrai plafond de verre pour l’extrême droite

SCIENCES PO GRENOBLE: encore de profs supposés Islamophobes victimes de terreur

SCIENCES PO GRENOBLE: encore de profs supposés Islamophobes  victimes de terreur

 

insidieusement l’islamo gauchisme pourtant non reconnu officiellement par la science pénètre l’université. En fait, une terreur qui s’installe à l’égard de ceux  qui ne se plient pas au discours radical et verbeux de certains sociologues. Discours d’ailleurs pseudo scientifique qui s’enivre de concepts fumeux SUR FOND DE SEMANTIQUE SOPHISTE. Ainsi deux enseignants de l’institut d’études politiques IEP de Grenoble sont accusés d’ Islamophobie et de dénonciation publique..

Les deux enseignants sont encore visés par des accusations d’islamophobie à l’Institut d’études politiques IEP de Grenoble font l’objet de mesures de protection susceptibles d’être renforcées, a déclaré ce lundi le ministre de l’Intérieur en déplacement à Gannat dans l’Allier.

Si cette évaluation « démontre qu’il y a un danger particulier », les deux enseignants « seront – évidemment il faudrait qu’ils l’acceptent – protégés par la police personnellement », a-t-il affirmé. « En attendant cette évaluation, des mesures sont prises pour les protéger » car « chacun dans ce pays doit pouvoir être protégé par la République lorsqu’il est mis en accusation », selon lui.

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Une enquête pour « injure publique » et « dégradation » a été ouverte par le parquet de Grenoble après un collage d’affiches jeudi à l’entrée de l’IEP sur lesquelles on pouvait lire: « Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue », avec les noms de ces deux professeurs.

L’islamo gauchisme se répand et se radicalise d’autant plus qu’il ne concerne qu’une partie de plus en plus réduite d’une petite élite activiste. Exactement le même phénomène que lors des luttes sociales avec la radicalisation qui croit d’autant plus que la mobilisation diminue. Même chose pour la société française qui a tendance à se droitiser car  trop déçue de la gauche tandis que des minorités agissantes s’enferment dans les discours de plus en plus extrémistes d’extrême-gauche.

« On ne peut pas opposer la liberté à la terreur »

« On ne peut pas opposer la liberté à la terreur »

Après le choc provoqué par les attentats, on a assisté à des « glissements » problématiques, comme l’idée d’empêcher l’expression d’un point de vue critique sur la publication de caricatures de la religion, s’inquiètent les juristes Manon Altwegg-Boussac et Patricia Rrapi, dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 Le choc provoqué par l’attentat est celui d’une société confrontée à un acte de terreur : la décapitation d’un enseignant. Le temps de la douleur n’est pas celui des subtilités quand face à l’horreur, amplifiée par l’attentat de Nice, chacun retrouve quelque sens dans les lieux, l’école, les principes, la liberté, l’action. Après le silence de l’émotion, quelques glissements dans la précipitation politico-médiatique nous ont paru suffisamment problématiques pour en dire quelques mots.

On oppose la liberté à la terreur

Le premier concerne la manière dont la liberté est présentée en réaction à la terreur. La liberté que l’on oppose à la terreur ne peut être placée qu’à un niveau très fondamental, celui du principe même de la liberté. La terreur n’a que faire du débat politico-juridique autour des limites de la liberté d’expression. Qu’un acte de violence extrême soit revendiqué par son auteur comme la conséquence de la présentation des caricatures du prophète Mahomet ne change rien à sa nature : l’atrocité physique neutralise toute rationalité.

Un glissement, parfois invisible, doit être évacué : celui qui pourrait laisser entendre qu’un tel acte, la décapitation, découle d’un point de vue sur les limites à la liberté d’expression, alors même que, comme toute terreur, il anéantit, par l’instigation de la peur, toute discussion. Le registre n’est pas le même.

Les notions juridiques, vecteurs de valeurs

Le deuxième concerne le débat politico-juridique autour de la liberté d’expression. La société démocratique discute en permanence des contenus et des limites de l’expression devant les instances politiques, devant les juges, les médias, dans la presse, dans les classes et amphithéâtres, et ce jusque dans le cercle familial et amical. La publication dans la presse des caricatures de la religion, tout comme la possibilité de leur critique, fait partie de cette discussion. Le choix de principe d’une société démocratique, qui est celui de la liberté d’expression, a pour idéal d’éviter d’ériger en valeur absolue des contenus. Que nous soyons convaincus que telle ou telle limite est absolue ou que tel ou tel contenu est l’essence même d’une expression libre n’y change rien. Les notions juridiques ne sont pas immuables, elles sont les vecteurs de choix politiques et de valeurs.

Chine: le retour de la terreur et de la dictature maoïste

Chine: le retour de la terreur et de la dictature maoïste

 

 

On a beaucoup parlé du conflit qui oppose Hong Kong à Pékin mais on parle moins des opérations de nettoyage ethnique sur lesquels le parti communiste chinois met une chape de plomb. Comme sous Mao, le processus de sinisation vise à tuer tout particularisme culturel, démocratique ou religieux. Non seulement la dictature s’amplifie en Chine mais ce pays durcit sa diplomatie pour nier toute entrave à la démocratie n’hésitant pas à comparer le problème des gilets jaunes  en France avec les 2 millions de Ouighours emprisonnés dans des camps ! Les occidentaux s’offusquent mais mollement car des intérêts commerciaux sont en jeu. Pour vendre des Airbus ou des centrales nucléaires, on peut passer sur les libertés individuelles et collectives et même sur la répression et  les tortures . Rien ne fera changer le régime chinois sinon des menaces économiques car la chine veut aussi exporter son régime politique !

Par contre, la Chine sera nécessairement sensible  à des représailles économiques puisqu’elle inonde la monde de son industrie manufacturière polluante.  La dictature communiste chinoise se rapproche de plus en plus du modèle maoïste  avec d’une part son système d’évaluation civique de chaque citoyen,  d’autre part la répression de tous les opposants. sans parler de son président élu maintenant à vie . Par exemple ,  d’après des organisations de défense des droits de l’homme, plus de deux  millions de musulmans sont détenus au Xinjiang dans des camps de rééducation politique.

La même démarche que le maoïsme qui a fait près de 70 millions de morts en temps de paix . Tel est le stupéfiant record détenu par Mao (1893-1976), « le suprême despote totalitaire », selon Simon Leys. Cependant, le portrait du « grandiose pilote, grandiose chef, grandiose général en chef, grandiose maître à penser, suprêmement bienaimé président Mao » orne toujours les murs de la Cité interdite et les foules continuent de défiler dans l’affreux mausolée coffre-fort qui abrite sa momie. Un cas unique parmi les dictateurs du XXe siècle. L’Histoire a jugé Hitler et Staline ; « pour Mao, le verdict est encore en suspens », selon Federico Rampini, auteur de « l’ombre de Mao » (éd. Robert Laffont).

Pékin récuse ce chiffre des Ouigours emprisonnés aujourd’hui  dans les camps et évoque des « centres de formation professionnelle » destinés à lutter contre la radicalisation islamiste, en réaction à une série d’attentats sanglants attribués ces dernières années à des militants ouïghours.

La France a appelé ce mercredi la Chine à cesser ses « détentions arbitraires de masse » au Xinjiang (nord-ouest), où plus d’un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, seraient détenus dans ce que Pékin présente comme des « centres de formation professionnelle ». « Nous appelons les autorités chinoises à mettre un terme aux détentions arbitraires de masse dans des camps », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères au point de presse électronique quotidien du Quai d’Orsay.

« Nous invitons la Chine, outre la fermeture des camps d’internement, à inviter la Haut-commissaire aux Droits de l’Homme (de l’ONU, Michelle Bachelet) et les experts des procédures spéciales dans les meilleurs délais afin de rendre compte de manière impartiale de la situation », a ajouté le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Une nouvelle fuite de documents officiels chinois a jeté une lumière crue sur les « centres de formation professionnelle » où seraient détenus près de  2  million de musulmans. Ces documents, obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et publiés dimanche par 17 organes de presse à travers le monde, détaillent les règlements draconiens régissant les sites de détention installés au Xinjiang, vaste région du nord-ouest de la Chine à majorité musulmane.

 

 

La terreur des algorithmes ?

La terreur des algorithmes ?

 

Les algorithmes font peur au point que certains pensent que l’intelligence artificielle pourrait prendre le pas sur l’espèce humaine. Pourtant les algorithmes ne sont pas nouveaux mais ils sont aujourd’hui servis par la croissance de la puissance quasi exponentielle des ordinateurs. Il s’agit d’une évolution technologique considérable mais comme tout progrès technique tout dépendra de la manière dont il sera utilisé pour servir l’homme ou au contraire l’asservir.  Serge Abiteboul, auteur du livre « Le temps des algorithmes », veut propose d’abord une vulgarisation des connaissances dans une interview à la tribune. Laurent Alexandre de son coté évalue les conséquences possibles.

Qu’est-ce qu’un algorithme ?

Serge Abiteboul : Un algorithme est une « recette » qui permet de résoudre un problème à l’aide d’opérations logiques. C’est un concept très ancien qui prend tout son sens avec l’informatisation de la société. Les algorithmes sous-tendent les programmes informatiques qui permettent aux ordinateurs d’effectuer toutes sortes de tâches complexes.

Pourquoi les algorithmes sont-ils parfois présentés comme menaçants ?

Serge Abiteboul : Ils sont perçus comme une menace parce qu’on ne les comprend pas ! Cela tient au fait que l’on n’apprend pas assez l’informatique à l’école.

Faut-il apprendre le code informatique à l’école primaire ?

Serge Abiteboul : Oui ! Il faut apprendre le code et, plus encore, il faut apprendre à comprendre les ordinateurs. Le débat actuel sur l’apprentissage de la programmation à l’école est idiot. L’apprentissage de l’informatique à l’école est indispensable même – et surtout – si l’on n’a pas l’intention de devenir programmeur.

Faut-il craindre que le robot prenne le travail de l’homme ?

Serge Abiteboul : Les ordinateurs et les robots assistent de plus en plus l’homme dans son travail, y compris dans des métiers hautement qualifiés comme la médecine ou la justice, mais il n’est pas question qu’ils remplacent complètement ces professionnels. La question est de savoir comment on partage les bénéfices du travail des robots, afin que cela ne profite pas seulement aux propriétaires de robots.

 

 

 

Laurent Alexandre, autre grand spécialiste  affirme ainsi : « Les algorithmes ne vont pas nécessairement nous tuer mais ils créent une situation révolutionnaire. L’IA (Intelligence artificielle) va nous faire basculer vers une autre civilisation où le travail et l’argent pourraient disparaître. L’IA est longtemps restée un sujet de science-fiction. Elle est désormais une simple question de calendrier : l’explosion des capacités informatiques (la puissance des serveurs informatiques a été multipliée par un milliard en trente et un ans) rend probable l’émergence d’une IA supérieure à l’intelligence humaine dans les prochaines décennies… Certains craignent qu’une super IA devienne hostile. Le fondateur de DeepMind exclut ce scénario pour encore plusieurs décennies, mais faut-il pour autant être rassuré ? Est-il raisonnable d’apprendre aux machines à tromper, dominer, dépasser les hommes ? Est-il sage de leur apprendre à cacher leurs intentions, à déployer des stratégies agressives et manipulatrices comme le jeu de go ? Nick Bostroom, spécialiste de NBIC, défend l’idée qu’il ne peut y avoir qu’une seule espèce intelligente dans une région de l’univers. Toute espèce intelligente (biologique ou artificielle) ayant comme premier objectif sa survie, on peut craindre que l’IA se prémunisse contre notre volonté de la museler en cachant ses intentions agressives dans les profondeurs du web. Nous ne pourrions même pas comprendre ses plans : certains coups d’AlphaGo, la machine qui a battu en mars 2016 le meilleur joueur de go du monde, ont été d’abord perçus comme de graves erreurs, alors qu’il s’agissait de coups géniaux, témoins d’une stratégie subtile dépassant l’entendement humain… Nous sommes déjà dans un monde algorithmique. AlphaGo marque le tout début des victoires sur l’homme de l’IA : quasiment aucune activité humaine n’en sortira indemne… D’ici 2030, plus aucun diagnostic médical ne pourra être fait sans système expert… L’analyse complète de la biologie d’une tumeur représente, par exemple, 20.000 milliards d’informations… Google X, le laboratoire secret, met au point un système de détection ultraprécis des maladies par des nanoparticules qui vont aussi générer une quantité monstrueuse d’informations… Watson, le système expert d’IBM, est capable d’analyser en quelques instants des centaines de milliers de travaux scientifiques pour comprendre une mutation cancéreuse là où il faudrait trente-huit ans au cancérologue en travaillant jour et nuit pour un seul patient… Les leaders de l’économie numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon) ainsi qu’IBM et Microsoft seront sans doute les maîtres de cette nouvelle médecine. »

 




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