Archive pour le Tag 'technologies'

Technologies-Quel intérêt de la 5G ?

Technologies-Quel intérêt de la 5G ?

Le consultant Hadrien Gautrot souligne dans le Monde  le principe de dépossession et de centralisation qui préside aux usages potentiels de cette technologie de télécommunication.

Tribune.

 

Depuis plusieurs mois, la 5G attise les passions : sur la santé, l’écologie, les données personnelles… Ce débat qui aurait pu être une querelle d’experts, de normes et de standards est devenu un sujet de société. Et c’est une bonne nouvelle. Car la 5G aura une influence sur nos vies. Elle rendra possibles, nous promet-on, la voiture autonome, la ville intelligente, l’industrie 4.0, et plus généralement l’Internet des objets : l’interconnexion de toute chose.

La connexion fait gagner du temps, de l’espace et de la matière. Pourtant, la connexion signifie aussi l’externalisation de la décision

La 5G optimisera l’utilisation des ressources. La voiture autonome, par exemple, fluidifiera le trafic, réduira la mortalité et passera moins de temps au garage qu’une automobile traditionnelle. La connexion fait gagner du temps, de l’espace et de la matière. Pourtant, la connexion signifie aussi l’externalisation de la décision. Des mains du conducteur, celle-ci repose désormais sur un réseau d’objets – serveurs, véhicules, mobilier urbain, etc. La délocalisation de décisions humaines vers des supports externes est l’une des promesses de la 5G.


Le frigo qui commande des yaourts avant que vous ayez fini le dernier pot ou la brosse à dents qui réserve une visite chez le dentiste, c’est précisément le déplacement d’une volonté vers un dispositif. L’externalisation entraîne du confort mais elle donnera le pouvoir aux propriétaires des systèmes de décision. Ces décisionnaires prendront en charge des composantes de plus en plus importantes de l’existence, à l’image des plates-formes numériques dont les algorithmes nous affectent aujourd’hui en tant que lecteurs, consommateurs, électeurs, etc.

Un rapport exclusivement fonctionnel

Le premier symptôme de la dépossession, c’est la fin de la propriété individuelle. Le passage d’une économie de la possession à une économie de l’usage aura de nombreux effets collatéraux. D’abord le rapport aux objets sera profondément modifié. Il sera utilitaire avant d’être affectif. Nos meubles, voitures, vêtements prolongent notre identité et servent de supports à nos souvenirs. Bien qu’automatisés, les objets du quotidien ne seront plus « animés » comme leurs prédécesseurs.

Nouvelles technologies- Quel intérêt de la 5G ?

Nouvelles technologies- Quel intérêt de la 5G ?

Le consultant Hadrien Gautrot souligne dans le Monde  le principe de dépossession et de centralisation qui préside aux usages potentiels de cette technologie de télécommunication.

Tribune.

 

Depuis plusieurs mois, la 5G attise les passions : sur la santé, l’écologie, les données personnelles… Ce débat qui aurait pu être une querelle d’experts, de normes et de standards est devenu un sujet de société. Et c’est une bonne nouvelle. Car la 5G aura une influence sur nos vies. Elle rendra possibles, nous promet-on, la voiture autonome, la ville intelligente, l’industrie 4.0, et plus généralement l’Internet des objets : l’interconnexion de toute chose.

La connexion fait gagner du temps, de l’espace et de la matière. Pourtant, la connexion signifie aussi l’externalisation de la décision

La 5G optimisera l’utilisation des ressources. La voiture autonome, par exemple, fluidifiera le trafic, réduira la mortalité et passera moins de temps au garage qu’une automobile traditionnelle. La connexion fait gagner du temps, de l’espace et de la matière. Pourtant, la connexion signifie aussi l’externalisation de la décision. Des mains du conducteur, celle-ci repose désormais sur un réseau d’objets – serveurs, véhicules, mobilier urbain, etc. La délocalisation de décisions humaines vers des supports externes est l’une des promesses de la 5G.


Le frigo qui commande des yaourts avant que vous ayez fini le dernier pot ou la brosse à dents qui réserve une visite chez le dentiste, c’est précisément le déplacement d’une volonté vers un dispositif. L’externalisation entraîne du confort mais elle donnera le pouvoir aux propriétaires des systèmes de décision. Ces décisionnaires prendront en charge des composantes de plus en plus importantes de l’existence, à l’image des plates-formes numériques dont les algorithmes nous affectent aujourd’hui en tant que lecteurs, consommateurs, électeurs, etc.

Un rapport exclusivement fonctionnel

Le premier symptôme de la dépossession, c’est la fin de la propriété individuelle. Le passage d’une économie de la possession à une économie de l’usage aura de nombreux effets collatéraux. D’abord le rapport aux objets sera profondément modifié. Il sera utilitaire avant d’être affectif. Nos meubles, voitures, vêtements prolongent notre identité et servent de supports à nos souvenirs. Bien qu’automatisés, les objets du quotidien ne seront plus « animés » comme leurs prédécesseurs.

 

Nouvelles technologies-L’avenir: la zéro G

Nouvelles technologies-L’avenir: la zéro G

Le patron de Sigfox, Ludovic Le Moan dans un entretien accordé à La Tribune dit tout le mal qu’il pense de la 5G et explique ce que serait la zéro G.

 

Pourquoi avoir publié votre livre intitulé « Zéro G » en ce début d’année, alors que l’actualité des télécommunications en 2020 est accaparée par l’émergence de la 5G ? Quel message avez-vous voulu faire passer à travers celui-ci ?

Ludovic Le Moan - J’ai voulu écrire ce livre et le nommer de cette façon non pas en prétendant que c’est l’opposé de la 5G. Pour moi, cette technologie consiste à permettre d’avoir plus de capacité haut débit dans des lieux où il y a beaucoup de monde, c’est cela ma définition de la 5G, le reste n’est que de la foutaise. Je ne dis pas qu’il ne faut pas de 5G, mais à l’opposé du spectre, il y a des besoins de frugalité et dans mon livre, je démontre que la zéro G c’est la frugalité. Le secteur des télécommunications pourrait être un domaine de réflexion pour continuer à progresser sans pour autant pousser les curseurs dans le rouge. Je ne suis pas dans la décroissance joyeuse, mais l’idée est d’instaurer une réflexion frugale dans le développement de l’économie.

La zéro G peut être un moyen d’apporter un progrès social, environnemental et dans la souveraineté. Ce dernier aspect est la plus grande menace que la France peut avoir. Si nous laissons quelques années, quand on observe la puissance des GAFA et des Chinois, nous ne sommes pas très loin de devenir demain dépendants de ces deux forces-là. Plus que gagner de l’argent, je démontre comment on peut faire pour avoir une alternative.

Vous venez de l’aborder : ce terme de  »frugalité » revient des dizaines de fois au cours des 170 pages de votre ouvrage. Est-ce un choix volontaire et assumé ? Pourquoi cette insistance ?

La frugalité et la zéro G, pour moi, c’est ni plus ni moins qu’adapter les moyens aux besoins. Ma priorité est celle-ci : répondre à un besoin par le bon moyen. Quand on dit qu’il faut la 5G pour tout le monde, honnêtement je ne suis pas d’accord. Alors que la Terre brûle, je ne me casse pas la tête, après la 4, je fais la 5 en mettant plus de débit parce que cela se vend bien. Les consommateurs mangent cela en achetant les derniers smartphones et écrans. Cela fonctionne depuis la nuit des temps, avec un marketing de plus en plus puissant. Est-ce que c’est que nous voulons ? Pour moi, la réponse est non.

Nous pouvons créer des choses utiles dans le domaine de la santé par exemple, issues d’une réflexion profonde. la zéro G, ,  un réseau mondial bas débit, qui ne consomme quasiment pas d’énergie … »

Faut il croire en la 0G? d’après wi6labs.com/

Regardez tout autour de vous. Je suis quasiment sûr que vous n’allez pas mettre beaucoup de temps à trouver une antenne dédiée à la téléphonie mobile. Cette technologie qui vous oblige à avoir un abonnement et une carte SIM  nécessite d’avoir un grand nombre d’antennes pour pouvoir couvrir le réseau. On peut donc douter que les infrastructures de téléphonie mobile puissent un jour équiper les réseaux de millions de capteurs.

Les alternatives:

Le réseau maillé consiste à avoir une série de capteurs qui, s’écoutant les uns les autres, peuvent faire passer les messages d’un voisin vers l’autre. Le but du jeu est de joindre un point A à un point B en passant par le chemin le plus court ou le plus rapide. Ces réseaux peuvent être performants mais sont énergivores car ils nécessitent une écoute quasi permanente du réseau par les capteurs. (Réseau mesh). Des travaux sont tout de même à l’étude pour améliorer les performances, notamment énergétiques (6Tisch et 802.15.5)

Le réseau en étoile via la 0G (versus 2G, 3G ou 4G) fait le pari que nous pouvons faire autrement pour gérer les réseaux de capteurs. La technologie Long Range offre de bonnes performances en terme de portée et permet donc de pouvoir utiliser des réseaux de type étoile.(Réseau Etoile). Seul un récepteur est à l’écoute de sa tribu de capteurs. De cette manière le capteur ne se réveille que lorsqu’il est nécessaire de le faire, simplement si une information est à transmettre.

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Nouvelles technologies–L’avenir: la zéro G ?

Nouvelles technologies–L’avenir: la zéro G

Le patron de Sigfox, Ludovic Le Moan dans un entretien accordé à La Tribune dit tout le mal qu’il pense de la 5G et explique ce que serait la zéro G.

 

Pourquoi avoir publié votre livre intitulé « Zéro G » en ce début d’année, alors que l’actualité des télécommunications en 2020 est accaparée par l’émergence de la 5G ? Quel message avez-vous voulu faire passer à travers celui-ci ?

Ludovic Le Moan - J’ai voulu écrire ce livre et le nommer de cette façon non pas en prétendant que c’est l’opposé de la 5G. Pour moi, cette technologie consiste à permettre d’avoir plus de capacité haut débit dans des lieux où il y a beaucoup de monde, c’est cela ma définition de la 5G, le reste n’est que de la foutaise. Je ne dis pas qu’il ne faut pas de 5G, mais à l’opposé du spectre, il y a des besoins de frugalité et dans mon livre, je démontre que la zéro G c’est la frugalité. Le secteur des télécommunications pourrait être un domaine de réflexion pour continuer à progresser sans pour autant pousser les curseurs dans le rouge. Je ne suis pas dans la décroissance joyeuse, mais l’idée est d’instaurer une réflexion frugale dans le développement de l’économie.

La zéro G peut être un moyen d’apporter un progrès social, environnemental et dans la souveraineté. Ce dernier aspect est la plus grande menace que la France peut avoir. Si nous laissons quelques années, quand on observe la puissance des GAFA et des Chinois, nous ne sommes pas très loin de devenir demain dépendants de ces deux forces-là. Plus que gagner de l’argent, je démontre comment on peut faire pour avoir une alternative.

Vous venez de l’aborder : ce terme de  »frugalité » revient des dizaines de fois au cours des 170 pages de votre ouvrage. Est-ce un choix volontaire et assumé ? Pourquoi cette insistance ?

La frugalité et la zéro G, pour moi, c’est ni plus ni moins qu’adapter les moyens aux besoins. Ma priorité est celle-ci : répondre à un besoin par le bon moyen. Quand on dit qu’il faut la 5G pour tout le monde, honnêtement je ne suis pas d’accord. Alors que la Terre brûle, je ne me casse pas la tête, après la 4, je fais la 5 en mettant plus de débit parce que cela se vend bien. Les consommateurs mangent cela en achetant les derniers smartphones et écrans. Cela fonctionne depuis la nuit des temps, avec un marketing de plus en plus puissant. Est-ce que c’est que nous voulons ? Pour moi, la réponse est non.

Nous pouvons créer des choses utiles dans le domaine de la santé par exemple, issues d’une réflexion profonde. la zéro G, ,  un réseau mondial bas débit, qui ne consomme quasiment pas d’énergie … »

Faut il croire en la 0G? d’après wi6labs.com/

Regardez tout autour de vous. Je suis quasiment sûr que vous n’allez pas mettre beaucoup de temps à trouver une antenne dédiée à la téléphonie mobile. Cette technologie qui vous oblige à avoir un abonnement et une carte SIM  nécessite d’avoir un grand nombre d’antennes pour pouvoir couvrir le réseau. On peut donc douter que les infrastructures de téléphonie mobile puissent un jour équiper les réseaux de millions de capteurs.

Les alternatives:

Le réseau maillé consiste à avoir une série de capteurs qui, s’écoutant les uns les autres, peuvent faire passer les messages d’un voisin vers l’autre. Le but du jeu est de joindre un point A à un point B en passant par le chemin le plus court ou le plus rapide. Ces réseaux peuvent être performants mais sont énergivores car ils nécessitent une écoute quasi permanente du réseau par les capteurs. (Réseau mesh). Des travaux sont tout de même à l’étude pour améliorer les performances, notamment énergétiques (6Tisch et 802.15.5)

Le réseau en étoile via la 0G (versus 2G, 3G ou 4G) fait le pari que nous pouvons faire autrement pour gérer les réseaux de capteurs. La technologie Long Range offre de bonnes performances en terme de portée et permet donc de pouvoir utiliser des réseaux de type étoile.(Réseau Etoile). Seul un récepteur est à l’écoute de sa tribu de capteurs. De cette manière le capteur ne se réveille que lorsqu’il est nécessaire de le faire, simplement si une information est à transmettre.

Nouvelles technologies– »Intelligence artificielle : renaissance de l’expérience humaine « !

Nouvelles technologies– »Intelligence artificielle : renaissance de l’expérience humaine « !

Un plaidoyer pour  l’intelligence artificielle par Gianmarco Monsellato, Avocat, Ancien dirigeant de Deloitte-Taj, Senior Partner Deloitte dans l’Opinion . Une vision quand même un peu réductrice du champ de l’intelligence artificielle et en même temps un peu excessive voire caricaturale.

 

Tout est écrit. Le futur peut se lire dans l’interprétation des données à notre disposition, des signes que la nature nous donne. Ces conclusions ne viennent pas d’une entreprise technologique du XXIe siècle mais des alchimistes du XVe. Serions-nous en train de vivre un retour en arrière, assisterions-nous à une nouvelle forme de pensée magique sous le couvert du vocabulaire technologique ? Les professions d’expertises et notamment les services professionnels pourraient être tentés de le croire tant leur fin, ou leur mutation complète, est souvent annoncée à cause de l’essor de l’IA. A quoi bon des experts, lorsqu’un algorithme peut vous donner toutes les réponses à vos questions ? Et pourtant…

L’IA découle de la rencontre entre la technique des algorithmes, qui n’est pas nouvelle, une masse de données immense grâce à internet, et des puissances de calcul en augmentation exponentielle. Elle constitue une formidable capacité à calculer des corrélations entre des données apparemment indépendantes, permettant de mettre en lumière des liens de causalités jusque-là ignorés. Grâce au « machine learning », les algorithmes améliorent la pertinence de leurs résultats en éliminant les corrélations aboutissant à des conclusions hors contexte, autrement dit absurdes pour un humain.

Pour les professions d’expertise (consultants, avocats, juges, auditeurs…), l’IA permet de disposer rapidement d’une analyse précise et exhaustive des précédents dans toutes leurs dimensions. Ce qui avant devait être effectué par des collaborateurs durant un temps assez long et avec un taux d’inexactitude non négligeable est désormais rapidement disponible, sans erreur et de manière exhaustive. Sur le plan du droit, l’IA permet de disposer d’analyses de précédents d’une profondeur sans équivalent, réduisant à néant le risque d’erreur ou d’omission. Elle apporte ainsi une sécurité juridique sans faille. A tel point que certaines Cours suprêmes de pays de Common Law travaillent sur des projets d’IA pour effectuer toute la préparation analytique au jugement.

Par construction, une IA ne fait que répéter le passé. Le présupposé fondateur des études de corrélation est de croire que les phénomènes passés ont vocation à se répéter dans le futur

Pour puissante qu’elle soit, l’IA n’en demeure pas moins entravée par des limites indépassables. En premier lieu, elle est sujette aux biais. Puisqu’elle traite des données existantes, ces conclusions reflètent nécessairement les a priori présents dans l’historique des environnements analysés. Plus un biais, ou une erreur de jugement sur le plan moral, a été répété de manière insidieuse dans le passé, plus il influencera les analyses de corrélations et donc les conclusions de l’IA. En second lieu, toutes les corrélations ne se valent pas. Certaines identifient des liens entre données qui sont de fausses causalités uniquement créées par la répétition non signifiante de certains aléas, ce que les mathématiciens arabes du Moyen Age ont appelé « hasard ». Enfin, par construction, une IA ne fait que répéter le passé. Le présupposé fondateur des études de corrélation est de croire que les phénomènes passés ont vocation à se répéter dans le futur. Ce qui va à l’encontre de l’aspiration humaine à la créativité qui n’est rien d’autre que le refus du déterminisme.

 

Est-ce à dire alors que l’IA serait un faux savoir à renier au même titre que l’alchimie de la fin du Moyen Age ? Bien sûr que non, ne fût-ce que parce que certains parmi les plus grands savants à l’origine de la Renaissance étaient aussi des alchimistes. Il faut en revanche l’utiliser pour ce qu’elle est sans lui prêter des capacités qu’elle ne peut avoir.

L’IA permet dès aujourd’hui, et encore plus demain, à tous les métiers de savoir, de bénéficier d’analyses techniques de plus grande qualité et plus rapidement que par le passé. Pour autant que l’on sache s’en servir. Les collaborateurs qui auparavant effectuaient les recherches techniques doivent désormais se concentrer sur le fonctionnement de l’IA pour corriger ses biais ou a minima les comprendre pour en nuancer les conclusions. Quant à ceux qui sont en position de décider, ou de conseiller, ils doivent considérer les conclusions de l’IA pour ce qu’elles sont : une vision du passé appliquée au futur, qui ne peut appréhender l’intelligence des situations si importante à la qualité de la prise décision.

C’est la responsabilité du conseil, de l’avocat ou de l’auditeur, de comprendre que décider c’est créer l’avenir et non pas répéter le passé. L’expérience permet de savoir quand il est nécessaire de s’écarter des chemins déjà tracés, ou quand une évidence provenant du passé deviendrait une erreur si elle était projetée dans le futur. Les plus grandes évolutions juridiques créatrices des droits fondamentaux qui fondent nos sociétés n’auraient jamais été possibles si les jugements ou décisions avaient été rendues par des IA, justement par ce que ces évolutions sont le fruit de décisions qui ont voulu rompre avec ce qui existait déjà.

En réalité, l’IA met sur le devant de la scène l’importance de la qualité de la prise de décision, fruit de l’expérience et de la volonté créatrice. Elle valorise la qualité du jugement humain. Et elle nous renvoie à un texte fondateur de la culture occidentale. Dans l’Odyssée, Ulysse connaît le jugement des dieux et le déterminisme qu’il impose. Il choisit de s’en départir et de tracer son propre chemin, dans un voyage qui ne cesse de nous inspirer 3 000 ans après. Finalement, le principal mérite de l’IA est de nous rappeler que nous sommes humains.

Gianmarco Monsellato, Avocat, Ancien dirigeant de Deloitte-Taj, Senior Partner Deloitte

Nouvelles Technologies: : lancement de plus de 3 000 satellites par Amazon

Nouvelles Technologies: : lancement de plus de 3 000 satellites par Amazon

 

Un projet pharaonique d’Amazon qui pourrait accélérer la domination américaine dans le numérique et rendre caduques des projets comme le câble ou la 5G dans le mobile.  Avec le lancement de 3000 satellites, le projet d’Amazon visera les  Etats-Unis, puis dans le monde entier, et pourrait alimenter des réseaux sans-fils et 5G. Le projet ciblera en priorité les foyers, ainsi que les écoles, hôpitaux, entreprises et d’autres organisations, et pourra rétablir les télécommunications en cas de catastrophe naturelle. Plusieurs entreprises se sont déjà positionnés sur le créneau de l’internet depuis l’espace.

Une constellation. Amazon a obtenu l’approbation des autorités américaines pour déployer une constellation de 3 236 satellites en orbite basse, afin de fournir de l’internet à haut débit partout dans le monde. Le géant du commerce en ligne va investir 10 milliards de dollars dans ce projet baptisé Project Kuiper, a-t-il annoncé.

 

« Nous avons entendu tellement d’histoires récemment sur les personnes qui ne peuvent pas travailler ou étudier parce qu’ils n’ont pas d’internet fiable à la maison », a déclaré Dave Limp, vice-président d’Amazon.  »Kuiper va changer cette situation. Nos 10 milliards d’investissements vont créer des emplois et les infrastructures américaines vont nous aider à combler le fossé », a-t-il estimé.

Ces annonces interviennent alors que le mastodonte SpaceX du milliardaire américain Elon Musk a déjà déployé la constellation Starlink, qui compte quelque 300 satellites en orbite et ambitionne d’en lancer jusqu’à 42 000. En Europe, le gouvernement britannique, associé au conglomérat indien Bharti, a été choisi comme repreneur de l’opérateur de satellites en faillite Oneweb, qui porte un projet similaire.

 

Technologies numériques – L’enjeu de la dépendance

Technologies numériques – L’enjeu de la dépendance

 

Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, université de Bruxelles, et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Louvain, université de Louvain insiste sur l’enjeu de la dépendance numérique dans la directive européenne

 

« C’est une directive qui avait fait parler d’elle à l’époque et qui est remise sur le métier : la directive NIS (Network Information Security). C’était la première directive de cybersécurité à l’échelle de l’Union européenne. Elle s’appliquait aux industries critiques des Etats membres : énergie, transport, banques, marché, santé, distribution d’eau mais aussi, sur internet, les places de marché, les outils de recherche sur le net et les clouds. Cette directive oblige les entités qui lui sont soumises à rapporter les incidents de sécurité majeurs (mais n’est-ce pas déjà alors trop tard ?) aux autorités de chaque pays. Bien avant l’échéance prévue, la Commission a décidé d’ouvrir une consultation, visiblement, lit-on entre les lignes, pour renforcer sa portée et ses effets : le Covid-19 est passé par là et a montré encore plus notre dépendance numérique extrême face à un évènement qui n’a rien de digital.

Cette consultation vise, c’est clair, les problèmes rencontrés par la mise en pratique de cette directive. Le principal est la manière dont chaque Etat membre a décidé d’identifier ses opérateurs de services essentiels, ceux qui, au sein de chaque industrie, tombent sous les obligations de cette directive. Autre problème : ces opérateurs sont obligés, Etat membre par Etat membre, de suivre des obligations parfois divergentes en termes de sécurité et de rapportage des incidents. Pour les entreprises actives sur un ou plusieurs Etats, cela vire au cauchemar. Trop de liberté sur les critères de désignation n’a-t-elle pas été laissée aux Etats nationaux?

La Commission a trois options en tête, dans sa consultation :

-  Harmoniser l’identification des opérateurs de services essentiels mais sous forme légère, de lignes directrices et recommandations, sans plus.

-  Imposer cette harmonisation et les règles à appliquer tout en étendant la portée de la directive à d’autres acteurs et ce, en clarifiant par endroits la directive (en espérant que cela donne moins de marges de manœuvre aux Etats membres).

-  Remplacer cette directive par un autre régime plus contraignant avec des règles précises, détaillées, toujours en élargissant les secteurs soumis à la directive.

Parcourons la consultation. La première question vise les objectifs de la directive : améliorer les cyber-capacités des Etats membres, augmenter la coopération et promouvoir une culture de sécurité à travers tous les secteurs vitaux pour l’économie et la société et ce, au niveau européen. La directive a-t-elle bien eu comme valeur ajoutée d’apporter des règles plus efficaces à un niveau européen sachant que les cyberattaques ne connaissent pas de frontières ? Plus intéressant sont les secteurs additionnels auquel la Commission pense pour étendre cette directive : les administrations publiques (jusqu’à quel niveau, local, préfecture, national ?), l’alimentation (distribution : on a vu son importance pendant le Covid-19), le secteur manufacturier, la chimie, le traitement des eaux, les réseaux sociaux (en quoi est-il essentiel, entre nous ?) et les data centers (dont beaucoup d’entreprises en attente d’une migration vers le cloud dépendent encore).

La question est aussi posée pour rapporter plus que les incidents sérieux de sécurité (ceux qui ont eu un impact sur la sécurité). Faut-il aller plus loin, faut-il rapporter aussi les tentatives chez l’un mais qui pourraient réussir chez un autre ? Il suffit de voir comme un rançongiciel peut frapper plusieurs entreprises en même temps, comme la vague qui a atteint MMA entre autres. La Commission se demande aussi si le partage des informations sur des incidents qui ont un impact sur la continuité des services essentiels fonctionne bien entre Etats membres via les CSIRT (Computer Security Incident Response Team). Et si les CSIRT remplissent leur autre rôle d’apporter un support technique lors d’un incident, comme le fait si bien l’ANSSI. Vu l’importance grandissante de l’ICT et de l’internet, faut-il inclure d’autres secteurs et sous-secteurs et faut-il diminuer le seuil de notification des incidents ?

La Commission est aussi préoccupée que les petites et moyennes entreprises sont laissées en dehors du champ de la directive. On le comprend : ce sont les talons d’Achille. Les attaques peuvent commencer par ces entités et se propager vers les plus grandes entreprises qu’elles fournissent et auxquelles elles sont interconnectées. Un effort énorme de sensibilisation et de formations est ici nécessaire.

 

Les opérateurs de services essentiels purement IT (place de marché, moteurs de recherche, clouds) ne sont pas soumis à une régulation ex-ante mais ex-post de la part des Etats membres. Ces derniers ne peuvent vérifier que ces fournisseurs de services numériques essentiels ne remplissent leurs obligations qu’après coup. N’est-ce pas un traitement trop favorable ? La justification est que ces fournisseurs sont forcément actifs sur plusieurs pays et il y aurait cacophonie si chaque Etat membre voulait imposer ses propres règles.

Quand notifier ?

La notification des incidents est-elle efficace se demande ensuite la Commission : les entreprises ont -elles une bonne compréhension de ce qu’est un incident et quand il doit être rapporté ? Est-ce que les critères et les seuils ne diffèrent-ils pas trop par Etat membre? Les Etats membres arrivent-ils à imposer la directive dans les faits ?

Les forums d’échange d’information entre Etats membres sont-ils suffisants via le réseau des CSIRT et le groupe de coopération ? Enfin, la cohérence entre la directive NIS et les autres instruments de l’Union européenne en la matière ne se contredisent-ils pas ? Il y a aussi des forums tels que les PPP et les Sectorial Information Sharing and Analysis Centres (ISACs) qui remplissent déjà ce rôle.

Plus subtil est le partage des vulnérabilités qu’un fabricant de produits ou de services ICT pourrait s’engager à faire et le fait déjà souvent : cela ne serait-il pas plus efficace car ce serait avant même qu’un hacker ne pense à en faire un vecteur d’attaque ? Certains Etats membres ont mis en place, note la Commission, une politique de partage de telles vulnérabilités. Elle songe à l’inclure dans la directive ?

La consultation est ouverte jusqu’au 2 octobre 2020. Elle n’aborde bizarrement pas l’IoT. On sait que la Commission vise aussi à mesurer l’efficacité de chaque Etat membre sur les ressources dédicacées en cyber sécurité et la capacité de mitiger la croissance des menaces de sécurité. La directive devait être transposée pour le 9 mai 2018. Le manque de transposition avait compliqué les tentatives d’harmonisation et la supervision des fournisseurs de services essentiels numériques. Ils étaient notifiés dans le pays où se trouvait le quartier général. Si ce pays trainait dans la transposition, cet opérateur n’avait aucune obligation.

On comprend fort bien que la Commission a décidé de rattraper le retard. Mais ne faut-il dès maintenant imaginer une autre nouvelle version ? C’est l’option 3.

Technologies- Internet haut débit : lancement de plus de 3 000 satellites par Amazon

Technologies-  Internet haut débit : lancement de plus de 3 000 satellites par Amazon

 

Avec le lancement de 3000 satellites, le projet d’Amazon visera les  Etats-Unis, puis dans le monde entier, et pourrait alimenter des réseaux sans-fils et 5G. Le projet ciblera en priorité les foyers, ainsi que les écoles, hôpitaux, entreprises et d’autres organisations, et pourra rétablir les télécommunications en cas de catastrophe naturelle. Plusieurs entreprises se sont déjà positionnés sur le créneau de l’internet depuis l’espace.

Une constellation. Amazon a obtenu l’approbation des autorités américaines pour déployer une constellation de 3 236 satellites en orbite basse, afin de fournir de l’internet à haut débit partout dans le monde. Le géant du commerce en ligne va investir 10 milliards de dollars dans ce projet baptisé Project Kuiper, a-t-il annoncé, jeudi 30 juillet, lors de la publication de très bons résultats trimestriels.

 

« Nous avons entendu tellement d’histoires récemment sur les personnes qui ne peuvent pas travailler ou étudier parce qu’ils n’ont pas d’internet fiable à la maison », a déclaré Dave Limp, vice-président d’Amazon.  »Kuiper va changer cette situation. Nos 10 milliards d’investissements vont créer des emplois et les infrastructures américaines vont nous aider à combler le fossé », a-t-il estimé.

Ces annonces interviennent alors que le mastodonte SpaceX du milliardaire américain Elon Musk a déjà déployé la constellation Starlink, qui compte quelque 300 satellites en orbite et ambitionne d’en lancer jusqu’à 42 000. En Europe, le gouvernement britannique, associé au conglomérat indien Bharti, a été choisi comme repreneur de l’opérateur de satellites en faillite Oneweb, qui porte un projet similaire.

 

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.): la menace d’un contrôle social généralisé

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.): la menace d’un contrôle social généralisé

 

Les récents aveux de Facebook devant le congrès américain concernant le suivi permanent de ces utilisateurs autant que le système d’évaluation de chaque chinois par le régime communiste permet de nourrir des interrogations sur la menace d’un contrôle social généralisé. On sait que les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense.  Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes encore plus sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les chinois bâtissent un puissant système pour noter le comportement citoyen tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun ,les déplacements, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

 

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés sans même qu’ils en soient très conscients . Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers la modification  des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain, il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger;  si les nouvelles technologies  ne sont pas régulées, de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

 

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

 

Nouvelles technologies: la menace d’un contrôle social généralisé

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.): la menace d’un contrôle social généralisé

On sait que les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense.  Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes encore plus sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les chinois bâtissent un puissant système pour noter le comportement citoyen tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun ,les déplacements, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés sans même qu’ils en soient très conscients . Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers la modification  des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain, il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger;  si les nouvelles technologies  ne sont pas régulées, de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

Nouvelles technologies: Le risque de dérives anti démocratiques

 

Nouvelles technologies: Le risque de dérives anti démocratiques

Les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense. Une note sociétale est attribuée à chaque chinois par le pouvoir central.   Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes encore plus sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les Chinois ont bâtis un puissant système pour noter tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés  sans même qu’ils en soient très confiants. Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers l’évolution des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger, si les nouvelles technologies  ne sont pas contrôlées de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

Le risque d’un contrôle social généralisé par les nouvelles technologies

 

Le risque d’un contrôle social généralisé par les nouvelles technologies  

Les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense. Chaque chinois  est suivi et noté ! Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes très  sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les chinois disposent d’un puissant système pour noter tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés sans même qu’ils en soient très conscients. Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers la modification  des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs  à leur service. Mais demain, il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger. Si  les nouvelles technologies  ne sont pas régulées, de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. . Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

 

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.): le risque d’un contrôle social généralisé

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.):

le risque d’un contrôle social généralisé

On sait que les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense. Chaque chinois  est suivi et noté ! Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes très  sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les chinois bâtissent un puissant système pour noter tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés sans même qu’ils en soient très conscients. Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers la modification  des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain, il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger, si les nouvelles technologies  ne sont pas régulées, de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. . Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

 

Nouvelles technologies, il n’y a pas que les start-up du numérique !

Nouvelles technologies, il n’y a pas que les start-up du numérique !

Bruno Arabian, Consultant sur le secteur des technologies de santé à l’agence Ulysse Communication constate dans la Tribune l’absence frustrante des biotechnologies et des technologies médicales de la “start-up nation

La liste des Next40 lancée le 18 septembre ne compte aucun entrepreneur de la biotech ou des technologies médicales. Comme si les start-up du numérique incarnaient à elles seules, aux yeux des politiques, l’innovation en France, dénonce Bruno Arabian, consultant en communication du secteur des « Health Techs »

Tribune.

 

 « Le 18 septembre, le président de la République a mis en scène la « start-up nation » et le lancement de Next40, la liste des quarante start-up « à fort potentiel ». La Banque publique d’investissement (BPI) va mobiliser 5 milliards d’euros pour l’innovation. Les dirigeants de start-up du numérique sont aux anges, les banquiers, investisseurs et communicants du numérique le sont tout autant. Car pour la French Tech et notre président, l’innovation en France se limite exclusivement au numérique.

Mais cette belle journée a tout d’un « frichti 3.0 » entre amis. Car pour les représentants d’autres pans entiers de l’innovation en France, cela ressemble plus à un dîner de cons auquel ils n’ont même pas été conviés. C’est notamment le cas du secteur « Health Tech » (biotechnologies et technologies médicales).

Comment accepter l’idée qu’aucune des sociétés des sciences de la vie – dont chacun des fleurons possède plus de brevets que les sélectionnés du Next40 – ne soit de la fête et ne dispose du fameux tampon « future licorne » ?

Certaines ont pourtant levé plusieurs centaines de millions d’euros – le montant des tours de table est pourtant un marqueur primordial pour le milieu de la French Tech. D’autres sont même cotées au Nasdaq, Mecque mondiale de l’innovation. Cette absence est d’autant plus frustrante que la BPI dispose de nombreuses études bien documentées sur le sujet !

 « Le secteur biotech/medtech est encore jeune en France. Il faut lui laisser du temps ! » : C’est l’explication, maintes fois entendue dans les couloirs ministériels. Mais elle est historiquement fausse : ce secteur est né en 1977 à Toulouse, avec Cayla, ou avec Transgene à Strasbourg en 1979… bien avant la naissance des américains Amgen ou Gilead, devenus entre-temps des géants de l’industrie pharmaceutique mondiale.

Pour les représentants d’autres pans entiers de l’innovation en France, cela ressemble plus à un dîner de cons auquel ils n’ont même pas été conviés. C’est notamment le cas du secteur Health Tech …… »

Nouvelles technologies (5G, intrenet, console etc.): le risque d’un contrôle social généralisé

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.): le risque d’un contrôle social généralisé

On sait que les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense.  Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes encore plus sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les chinois bâtissent un puissant système pour noter tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés sans même qu’ils en soient très confiants. Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers la modification  des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain, il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger, si les nouvelles technologies  ne sont pas régulées, de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. . Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

 

Nouvelles technologies: Le risque d’un contrôle social généralisé

Nouvelles technologies: Le risque d’un contrôle social généralisé

On sait que les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense.  Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes encore plus sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les Chinois bâtissent un puissant système pour noter tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandée sans même qu’ils en soient très confiants. Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers l’évolution des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger, si les nouvelles technologies  ne sont pas contrôlées de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. . Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

 

 

 

Les technologies et/ou l’écologie

les technologies et/ou  l’écologie

 

Cécile Philippe, Institut Molinari, pose la question de la compatibilité de la sciences avec l’avenir de la planète s’appuyant notamment sur deux ouvrages de Yuval Noah Harari (Sapiens et Homo Deus )

 

 

« Comment les êtres humains en sont-ils arrivés à contrôler toute la planète ? A cette question, Yuval Noah Harari – auteur des deux best-sellers Sapiens et Homo Deus - répond : en coopérant. Nombre d’experts et scientifiques partagent ce point de vue, et en particulier les économistes. Mais comme le rappelle Paul Seabright dans La société des inconnus, ce niveau de coopération entre individus qui ne partagent aucun gène est miraculeux. Alors, comment, selon l’auteur, Homo Sapiens parvient-il à coopérer à de tels niveaux ? En se racontant des histoires, en développant des croyances, des crédos, des dogmes auxquels croient suffisamment de personnes par l’intermédiaire de rituels, de rites et de sacrifices. Ces croyances créent un ciment entre les personnes, une communauté qui sape les bases de la méfiance et crée au contraire celle de la confiance. Ces croyances sont au cœur du fonctionnement de nos sociétés humaines. Ce sont elles que Harari examine dans son troisième livre car qu’il s’agisse du nationalisme, du libéralisme, du communisme, de la religion, toutes, selon lui, sont en manque de légitimité auprès du public. Aucune ne serait en mesure de répondre aux grands défis du 21e siècle et cela tient sans doute au fait que l’univers fonctionne sur des faits concrets et tangibles. Il est important aujourd’hui de se reconstruire une histoire davantage en phase avec ces faits scientifiques, cette réalité aussi prosaïque soit-elle, en particulier celle de la souffrance qu’on subit ou fait subir. Le projet de Harari dans ce nouvel opus est particulièrement ambitieux et peut-être même complètement irréaliste. Il est néanmoins très stimulant pour quiconque se pose des questions essentielles sur la vie : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Comment organiser nos sociétés pour assurer la pérennité de tous ? En quoi croire ? Comment départager les croyances que nous avons ? Certaines sont-elles plus pertinentes que d’autres ? Les questions d’ordre épistémologique que se pose l’auteur sont, selon moi, les plus importantes de l’ouvrage. Car au-delà des scénarios futuristes proposés par Harari, une de ses prémisses essentielles est que les êtres humains, sans renoncer à se raconter des histoires, peuvent choisir celles qui se fondent sur la réalité telle qu’elle est le mieux décrite par la science. Cette dernière a l’avantage de ne pas cacher ses zones d’ombre. En principe non dogmatique, la science accepte ses erreurs et progresse par l’observation de la réalité. L’auteur ne renonce donc pas à la vérité mais propose aux lecteurs qu’elle se fonde sur la science plutôt que sur nos émotions dont nous sommes les esclaves, faute d’avoir à ce jour passé le temps nécessaire à mieux les comprendre. Sur cette base, Harari raconte ce qu’il pense être une histoire possible du futur des êtres humains. Il invite ses lecteurs à se rassembler autour de celle-ci dans l’espoir d’incliner le cours possible des événements. Pour lui, les grands défis du 21e siècle sont écologiques et technologiques. Le changement climatique est une catastrophe en sursis, tout comme l’est le progrès technologique, en particulier la rencontre entre la puissance de calcul (infotech) et les recherches biologiques (la biotech). Harari consacre de nombreuses pages aux risques que présente le défi technologique. Pour lui, le développement de l’intelligence artificielle pourrait faire émerger de nouvelles espèces. Des « superhumains » pourraient concentrer tout le pouvoir dans leurs mains et un jour ne plus vouloir subvenir aux besoins de la majorité des autres humains devenus « inutiles ». Au sujet de la destruction d’emplois, son opinion est qu’elle pourrait être majeure à terme. Car les êtres humains n’ont pas d’autres compétences que physiques et cognitives, domaines dans lesquels l’IA munie de capteurs pourrait être plus efficace que les humains. D’autant plus que l’IA a des avantages proprement non humains comme la connectivité (intégration dans un réseau flexible) et l’actualisation en instantané (absence de problèmes de communication entre les différents points du réseau). Or, l’intelligence artificielle se développe à grande vitesse dans les mains de quelques grandes institutions parce que les individus abandonnent leurs données personnelles sans se rendre compte de leur valeur et parce qu’il n’existe aucun système pour faire payer la donnée. Ils ne réalisent pas que lorsque quelque chose est gratuit, c’est qu’ils sont probablement eux-mêmes le produit. Le déplacement de l’autorité des humains vers les algorithmes va certes améliorer nos vies. Dans les domaines de la santé et du transport, cela semble évident mais il faut être conscient de ce que l’on perd : notre capacité à nous orienter, par exemple, faute d’utiliser notre sens d’orientation. Tout ce que l’on n’utilise pas se perd et si l’IA prend de plus en plus de décisions à notre place (emploi, partenaire, etc.), on perdra aussi notre capacité à prendre des décisions. En gros, l’IA supérieure dans de nombreux domaines risque de nous rendre stupide, en plus de créer de nouvelles castes. Ce sont là des défis majeurs auxquelles les grands systèmes de croyances actuels n’ont pas de réponse, qu’il s’agisse des religions, du nationalisme, du capitalisme, etc. Harari conclut que ces grands défis ne peuvent pas se régler au niveau national et que la résurgence actuelle du nationalisme est une voie sans issue. Il faut envisager de les régler au niveau global et il regarde ce qui se passe au niveau de l’Union européenne avec intérêt. Pour ce qui est des défis personnels, il cherche à nous convaincre de l’importance qu’il y a à ne pas confondre intelligence et conscience, phénomène à propos duquel on ne sait pas grand-chose sauf qu’il est notre capacité à ressentir des émotions. Ces émotions promettent d’être la cible de toutes les convoitises de la part des entreprises, des gouvernements et des scientifiques et on ferait mieux d’apprendre à ne plus en être les esclaves. D’où son dernier chapitre consacré à la méditation. Elle permet de mieux connaître et comprendre ses émotions, pour éviter notamment de réagir au quart de tour dès lors qu’on ressent l’une ou l’autre et donc d’être manipulé par elles. Evidemment, ce projet est peut-être irréaliste. Certains, comme le psychologue et économiste Daniel Kahneman, doutent de notre capacité à contrôler nos émotions. Mais les réflexions de Yuval Noah Harari ont le grand mérite de stimuler les nôtres à propos de l’avenir de l’espèce Homo Sapiens. »

(*) « 21 leçons pour le 21e siècle«  par Yuval Noah Harari, Albin Michel, septembre 2018.

Questions épistémologiques : les technologies et/ou l’écologie

Questions épistémologiques : les technologies et/ou  l’écologie

 

Cécile Philippe, Institut Molinari, pose la question de la compatibilité de la sciences avec l’avenir de la planète s’appuyant notamment sur deux ouvrages de Yuval Noah Harari (Sapiens et Homo Deus ) 

 

 

« Comment les êtres humains en sont-ils arrivés à contrôler toute la planète ? A cette question, Yuval Noah Harari – auteur des deux best-sellers Sapiens et Homo Deus - répond : en coopérant. Nombre d’experts et scientifiques partagent ce point de vue, et en particulier les économistes. Mais comme le rappelle Paul Seabright dans La société des inconnus, ce niveau de coopération entre individus qui ne partagent aucun gène est miraculeux. Alors, comment, selon l’auteur, Homo Sapiens parvient-il à coopérer à de tels niveaux ? En se racontant des histoires, en développant des croyances, des crédos, des dogmes auxquels croient suffisamment de personnes par l’intermédiaire de rituels, de rites et de sacrifices. Ces croyances créent un ciment entre les personnes, une communauté qui sape les bases de la méfiance et crée au contraire celle de la confiance. Ces croyances sont au cœur du fonctionnement de nos sociétés humaines. Ce sont elles que Harari examine dans son troisième livre car qu’il s’agisse du nationalisme, du libéralisme, du communisme, de la religion, toutes, selon lui, sont en manque de légitimité auprès du public. Aucune ne serait en mesure de répondre aux grands défis du 21e siècle et cela tient sans doute au fait que l’univers fonctionne sur des faits concrets et tangibles. Il est important aujourd’hui de se reconstruire une histoire davantage en phase avec ces faits scientifiques, cette réalité aussi prosaïque soit-elle, en particulier celle de la souffrance qu’on subit ou fait subir. Le projet de Harari dans ce nouvel opus est particulièrement ambitieux et peut-être même complètement irréaliste. Il est néanmoins très stimulant pour quiconque se pose des questions essentielles sur la vie : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Comment organiser nos sociétés pour assurer la pérennité de tous ? En quoi croire ? Comment départager les croyances que nous avons ? Certaines sont-elles plus pertinentes que d’autres ? Les questions d’ordre épistémologique que se pose l’auteur sont, selon moi, les plus importantes de l’ouvrage. Car au-delà des scénarios futuristes proposés par Harari, une de ses prémisses essentielles est que les êtres humains, sans renoncer à se raconter des histoires, peuvent choisir celles qui se fondent sur la réalité telle qu’elle est le mieux décrite par la science. Cette dernière a l’avantage de ne pas cacher ses zones d’ombre. En principe non dogmatique, la science accepte ses erreurs et progresse par l’observation de la réalité. L’auteur ne renonce donc pas à la vérité mais propose aux lecteurs qu’elle se fonde sur la science plutôt que sur nos émotions dont nous sommes les esclaves, faute d’avoir à ce jour passé le temps nécessaire à mieux les comprendre. Sur cette base, Harari raconte ce qu’il pense être une histoire possible du futur des êtres humains. Il invite ses lecteurs à se rassembler autour de celle-ci dans l’espoir d’incliner le cours possible des événements. Pour lui, les grands défis du 21e siècle sont écologiques et technologiques. Le changement climatique est une catastrophe en sursis, tout comme l’est le progrès technologique, en particulier la rencontre entre la puissance de calcul (infotech) et les recherches biologiques (la biotech). Harari consacre de nombreuses pages aux risques que présente le défi technologique. Pour lui, le développement de l’intelligence artificielle pourrait faire émerger de nouvelles espèces. Des « superhumains » pourraient concentrer tout le pouvoir dans leurs mains et un jour ne plus vouloir subvenir aux besoins de la majorité des autres humains devenus « inutiles ». Au sujet de la destruction d’emplois, son opinion est qu’elle pourrait être majeure à terme. Car les êtres humains n’ont pas d’autres compétences que physiques et cognitives, domaines dans lesquels l’IA munie de capteurs pourrait être plus efficace que les humains. D’autant plus que l’IA a des avantages proprement non humains comme la connectivité (intégration dans un réseau flexible) et l’actualisation en instantané (absence de problèmes de communication entre les différents points du réseau). Or, l’intelligence artificielle se développe à grande vitesse dans les mains de quelques grandes institutions parce que les individus abandonnent leurs données personnelles sans se rendre compte de leur valeur et parce qu’il n’existe aucun système pour faire payer la donnée. Ils ne réalisent pas que lorsque quelque chose est gratuit, c’est qu’ils sont probablement eux-mêmes le produit. Le déplacement de l’autorité des humains vers les algorithmes va certes améliorer nos vies. Dans les domaines de la santé et du transport, cela semble évident mais il faut être conscient de ce que l’on perd : notre capacité à nous orienter, par exemple, faute d’utiliser notre sens d’orientation. Tout ce que l’on n’utilise pas se perd et si l’IA prend de plus en plus de décisions à notre place (emploi, partenaire, etc.), on perdra aussi notre capacité à prendre des décisions. En gros, l’IA supérieure dans de nombreux domaines risque de nous rendre stupide, en plus de créer de nouvelles castes. Ce sont là des défis majeurs auxquelles les grands systèmes de croyances actuels n’ont pas de réponse, qu’il s’agisse des religions, du nationalisme, du capitalisme, etc. Harari conclut que ces grands défis ne peuvent pas se régler au niveau national et que la résurgence actuelle du nationalisme est une voie sans issue. Il faut envisager de les régler au niveau global et il regarde ce qui se passe au niveau de l’Union européenne avec intérêt. Pour ce qui est des défis personnels, il cherche à nous convaincre de l’importance qu’il y a à ne pas confondre intelligence et conscience, phénomène à propos duquel on ne sait pas grand-chose sauf qu’il est notre capacité à ressentir des émotions. Ces émotions promettent d’être la cible de toutes les convoitises de la part des entreprises, des gouvernements et des scientifiques et on ferait mieux d’apprendre à ne plus en être les esclaves. D’où son dernier chapitre consacré à la méditation. Elle permet de mieux connaître et comprendre ses émotions, pour éviter notamment de réagir au quart de tour dès lors qu’on ressent l’une ou l’autre et donc d’être manipulé par elles. Evidemment, ce projet est peut-être irréaliste. Certains, comme le psychologue et économiste Daniel Kahneman, doutent de notre capacité à contrôler nos émotions. Mais les réflexions de Yuval Noah Harari ont le grand mérite de stimuler les nôtres à propos de l’avenir de l’espèce Homo Sapiens. »

(*) « 21 leçons pour le 21e siècle«  par Yuval Noah Harari, Albin Michel, septembre 2018.

Impact des nouvelles technologies sur l’emploi : des incertitudes surtout

Impact des nouvelles technologies sur l’emploi : des incertitudes surtout

 

 

 

Une interview toujours intéressante sur RTL sur l’impact des nouvelles technologies. Un impact contenant forcément de nombreuses incertitudes puisque en particulier 50 % des produits et services qui seront consommés d’ici une trentaine d’années sont aujourd’hui inconnu.

 

« Ce que je constate c’est que l’on entend tout et son contraire de la part des économistes », estime Gaspard Koenig, président du think-tank libéral GenerationLibre. « Il n’y a pas à avoir peur. Que l’emploi change, c’est normal, c’est l’évolution de la société. Se dire qu’il n’y aura plus d’emplois dans le futur est tout à fait erroné et fait monter une angoisse inutile« , poursuit-il. « À chaque rupture technologique il y a eu les même réactions de panique, et à chaque fois il y a eu une création très forte de nouveaux emplois que l’on ne peut pas anticiper ».

Hakim El Karoui, auteur de l’étude « Les classes moyennes face à la transformation digitale » est beaucoup plus mesuré. « On entend sur la robotisation ce qu’on entendait il y a dix ans sur la mondialisation et le libre-échange, qui devait créer de l’ouverture, des emplois et des opportunités. Dix ans après, la conclusion est complexe. La mondialisation s’est révélée formidable en Chine et plutôt catastrophique dans les pays occidentaux« . Pour lui, « la numérisation, c’est un peu la même chose. Il y a à la fois des opportunités extraordinaires mais aussi un vrai  risque pour l’emploi des classes moyennes », explique-t-il.

Mais quels emplois seraient menacés ? Dans l’étude qu’il a menée, Hakim El Karoui estime, après avoir décomposé 702 emplois, que 40% d’entre eux seraient potentiellement automatisables. « Dans les usines surtout, mais aussi dans le domaine de la médecine, où un nouveau logiciel se révèle plus performant que les docteurs pour diagnostiquer 90% des cancers du poumon ». Selon le spécialiste, le journalisme est également concerné, puisqu’il existe des machines capables d’écrire des articles pour raconter un match de football ou encore une élection.  Pour Gaspard Koenig, « c’est un progrès qu’il n’y ait plus de caissières au supermarché. De même que dans le domaine de la santé, les médecins s’occuperont de moins en moins de tâches administratives qui entourent le rapport au patient pour devenir un véritable accompagnateur ».
En conclusion pour Hakim El Karoui, « il ne faut pas avoir peur de la transformation mais il faut essayer pour une fois d’anticiper de deux manières : d’abord concernant les métiers qui vont disparaître, il faut former ceux qui seront verront leur emploi changer dans 5 ans. Mais il faut également anticiper pour les systèmes de formation initiale, c’est-à-dire dans les universités et les grandes écoles. Aujourd’hui, elles forment à des emplois qui n’existeront plus quand les jeunes sortiront sur le marché du travail ».

Débat toujours intéressant mais qui n’apporte pas vraiment d’éclairage nouveau sur la problématique dont il faut bien reconnaître la complexité. Ceci étend dans l’histoire des révolutions techniques majeures sont déjà venu bousculer les processus de production et les emplois entraînant de grandes mutations en matière de qualification.

 




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