Archive pour le Tag 'technologie'

Armement : l’Allemagne veut s’approprier la technologie française

Armement : l’Allemagne veut s’approprier la technologie française

 

Rien ne va plus en matière de coopération franco allemande à propos des perspectives de développement du matériel militaire. Deux raisons à cela l’Allemagne préfère se mettre sous l’aile américaine afin de d’éviter des mesures de rétorsion économique contre les exportations allemandes. Seconde raison, l’Allemagne veut s’approprier des technologies militaires sur laquelle la France est en pointe notamment concernant les futurs avions.

 

 

L’Allemagne est en train de détricoter l’ensemble des coopérations avec la France et joue un jeu très inquiétant sur le projet de modernisation de l’hélicoptère de combat Tigre, le Tigre Mk3, qui reste un équipement critique pour l’armée française, et sur le projet du futur avion de patrouille maritime (programme MAWS). Sur ces deux programmes, l’armée allemande lorgne sans état d’âme du côté des Etats-Unis, plus particulièrement du côté de Boeing : des Apache AH-64E à la place des Tigre et des P-8A Poseidon à la place du programme MAWS. Si elle confirmait ses choix américains, l’Allemagne n’en sera pas à sa première déloyauté vis-à-vis de la France (missile MAST-F, observation spatiale…)

Dans le même temps, les industriels français jouent le jeu des équipiers modèles dans les programmes Eurodrone (drone MALE) et MGCS, sous leadership allemand. Ce qui n’est pas vraiment le cas des Allemands dans les négociations dans le cadre du SCAF (Système de combat aérien du futur).

 

Technologie : la Chine vainqueur de la guerre des normes ?

Technologie : la Chine vainqueur de la guerre des normes ?

 

 

Télécoms, transport d’électricité ou intelligence artificielle : celui qui dictera les normes s’offrira une belle longueur d’avance estime un article du Wall Street Journal

 

Les règles qui régiront les technologies liées aux réseaux 5G sont en cours d’élaboration et rendent la question des normes incontournable.

Ampoules électriques, canapés, fenêtres ou routeurs wifi : la quasi-totalité de ce qui se trouve dans une maison doit respecter les normes et les exigences d’un système international conçu pour assurer la qualité et le bon fonctionnement des objets.

Edictées par les Etats-Unis et leurs alliés au fil des décennies, les normes industrielles forment un réseau invisible de règles qui régissent le marché mondial. Aussi banal que cela puisse paraître, cette uniformité est indispensable au commerce international : c’est grâce à elle que les boulons, ports USB et autres conteneurs sont utilisables où que l’on se trouve sur la planète. Ces normes sont le fruit du travail de comités internationaux longtemps dominés par les experts occidentaux.

Mais aujourd’hui, la Chine veut faire entendre sa voix. A la surprise d’une grande partie de l’Occident, Pékin a décidé de consacrer fonds publics et influence politique à la définition des normes relatives à des technologies de pointe allant des télécoms au transport de l’électricité en passant par l’intelligence artificielle.

Véhicules autonomes, villes intelligentes ou Internet des objets : les règles qui régiront la nouvelle génération de technologies liées aux réseaux 5G et rapprocheront encore davantage monde numérique et monde réel sont en cours d’élaboration et rendent la question des normes incontournable

« Dominer les normes techniques qui étayent les technologies de l’information et de la communication et d’autres domaines émergents fait partie intégrante des ambitions de Pékin », affirmait en décembre dernier le rapport annuel de la commission du Congrès chargée de suivre les relations sino-américaines pour les questions d’économie et de sécurité.

Si la Chine s’est lancée à la conquête des normes, c’est pour coiffer l’Occident au poteau, mais aussi pour engranger des profits. En effet, en règle générale, il faut payer une licence pour utiliser les normes liées à des technologies brevetées. Nokia et Qualcomm encaissent ainsi chaque année plusieurs milliards de dollars grâce aux redevances versées par leurs concurrents. Pour Pékin, l’idée serait plutôt de gagner de l’argent en concevant les normes qui vont avec les produits développés par les entreprises chinoises.

Véhicules autonomes, villes intelligentes ou Internet des objets : les règles qui régiront la nouvelle génération de technologies liées aux réseaux 5G et rapprocheront encore davantage monde numérique et monde réel sont en cours d’élaboration et rendent la question des normes incontournable.

De nouveaux domaines, notamment la reconnaissance faciale, touchent les personnes et l’espace public, avec des répercussions plus importantes que par le passé sur la sécurité nationale, a estimé la commission parlementaire.

La Chine défend des normes qui doperont les exportations des entreprises proches de Pékin et favoriseront son dispositif de sécurité nationale, prévient Akira Amari, ancien ministre des Affaires étrangères du Japon qui dirige un groupe de promotion du numérique. « Si les produits chinois sont conçus pour collecter des données, explique-t-il, il faut se dire que tout finira entre les mains du gouvernement chinois. »

Les dirigeants chinois affirment, eux, que Pékin essaie simplement de se frayer un chemin dans un système créé (et longtemps dominé) par l’Occident et qu’en tant que grande puissance économique portée par une forte croissance, elle est tout à fait à sa place.

Le pays devrait dévoiler d’ici peu « China Standards 2035 », un ambitieux projet normatif. Ni l’association chinoise de normalisation ni le gouvernement n’ont répondu aux demandes de commentaires.

« Les normes techniques mondiales sont toujours en cours d’élaboration, a souligné Dai Hong, membre du comité national chinois de gestion de la normalisation, lorsque le projet a été annoncé en 2018. Pour l’industrie et les normes chinoises, c’est l’occasion de surclasser le monde. »

La montée en puissance de Pékin coïncide avec un certain immobilisme des champions historiques des normes. Au sein de l’ISO ou d’entités similaires, les délégations chinoises possèdent deux fois plus de postes de secrétaire qu’il y a dix ans, des rôles qui permettent d’influencer les propositions, les débats et les priorités. Inversement, la vieille garde (Etats-Unis, Allemagne ou Royaume-Uni) a fait du surplace

Ces dernières années, la Chine a plus cherché que l’Occident à faire coïncider normes, nouvelles technologies et intérêts nationaux, estiment des chercheurs et des experts qui observent le développement industriel du pays.

Ce sont ainsi des Chinois qui dirigent quatre organisations internationales de normalisation, dont l’Union internationale des télécommunications, un groupe des Nations unies consacré à la téléphonie et à Internet, et la Commission électrotechnique internationale, groupe sectoriel qui traite d’électronique et d’électricité. Entre 2015 et 2017, c’est aussi un Chinois qui était à la tête de l’Organisation internationale de normalisation, l’entité qui, des baskets aux systèmes de gestion en passant par les huiles essentielles et les sex toys, produit les célèbres « normes ISO ».

La montée en puissance de Pékin coïncide avec un certain immobilisme des champions historiques des normes. Au sein de l’ISO ou d’entités similaires, les délégations chinoises possèdent deux fois plus de postes de secrétaire qu’il y a dix ans, des rôles qui permettent d’influencer les propositions, les débats et les priorités. Inversement, la vieille garde (Etats-Unis, Allemagne ou Royaume-Uni) a fait du surplace.

Les concurrents de l’Europe sont « très actifs dans l’élaboration des normes internationales sur des marchés clés afin de protéger et renforcer leurs avantages compétitifs », a déclaré en juin dernier Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur. Ne pas réagir, c’est risquer de pénaliser « notre compétitivité économique et notre leadership technologique », avait-il ajouté.

Dans les années 1990, l’Allemagne et d’autres économies avancées avaient poussé la Chine à adopter les normes internationales. Mais aujourd’hui, patrons et politiciens chinois ont une maxime : les entreprises de troisième catégorie fabriquent les produits, les entreprises de deuxième catégorie les technologies et les entreprises de première catégorie les normes.

D’après des documents officiels, Pékin et les pouvoirs publics régionaux versent chaque année des aides pouvant aller jusqu’à un million de yuans, soit environ 155 000 dollars, aux entreprises qui participent à l’élaboration des normes internationales au sein de l’ISO ou d’autres entités.

De son côté, le soutien financier de l’Occident à la rédaction des normes (une activité qui peut prendre des années et coûter très cher en recherche et en négociation) est allé en rapetissant. Si rien ne change, « il ne faudra pas s’étonner de jouer en suivant les règles chinoises », prévient ainsi Christoph Winterhalter, directeur général du DIN, l’organisme allemand de normalisation.

Contrairement à son équivalent (public) chinois, le DIN est un organisme privé, essentiellement financé par la vente des normes et les cotisations de ses membres ; l’argent public ne représente que 10 % de son budget.

Rompre avec la tradition

En 2016, à l’occasion d’une réunion du Third Generation Partnership Project (3GPP), la Chine n’a pas caché ses ambitions : Huawei Technologies a demandé l’adoption de la norme que le géant des télécoms privilégiait pour corriger les erreurs lors des transferts de données 5G. La proposition concurrente, émanant de Qualcomm, faisait alors largement consensus.

Mais lors cette réunion de l’organisation qui définit les normes relatives à la 5G, Huawei a décidé que l’heure n’était plus à la déférence. Les débats passionnés se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Les dirigeants de Huawei ont fait savoir à leurs homologues chinois présents lors de la réunion qu’ils comptaient sur leur soutien, raconte Tong Wen, chercheur chez Huawei qui a participé à la manœuvre. « Et, bien sûr, ils ont entendu ces demandes », résume-t-il.

L’impasse s’est soldée par un compromis inédit : les deux normes ont été adoptées.

Dans beaucoup de technologies de nouvelle génération, la Chine mène la danse dans les normes parce qu’elle a aussi une longueur d’avance sur le terrain. Quand les autorités européennes ont lancé un projet de fabrication de batteries au lithium, elles ont été surprises de constater que la Chine était déjà en train d’établir un comité ISO, d’en organiser le secrétariat et d’en nommer les responsables

Un an plus tard, Huawei a proposé un candidat à la direction de l’un des principaux groupes de travail de l’organisation contre celui de Qualcomm. Avant le vote, le président a demandé aux représentants chinois de ne pas prendre leur téléphone dans l’isoloir (ce que font les délégations chinoises lors de certaines réunions à l’ONU).

Il craignait en effet (à raison, puisque cela a été confirmé par des responsables d’autres entreprises) qu’ils ne prennent leur bulletin en photo pour prouver qu’ils avaient bien voté pour le candidat de Huawei, raconte une source proche du dossier. Le porte-parole de Huawei a déclaré que l’entreprise agissait « de façon parfaitement transparente et concertée, dans la lettre comme dans l’esprit du processus normatif ».

Huawei, qui détient plus de brevets 5G que n’importe quel autre groupe, est également celui qui propose le plus de normes au 3GPP, selon la société allemande d’analyse de données IPlytics. Un quart de ses 35 000 propositions ont été approuvées.

« C’est un piège »

En avril, quand la Covid-19 a déferlé sur le monde, les représentants chinois à l’ISO ont présenté un projet de ville high-tech capable de fonctionner en temps de pandémie. Il portait sur les normes de collecte de données locales de type trafic routier ou urgences médicales. Certains représentants se sont demandé si ces propositions ne reflétaient pas plutôt le goût des autorités chinoises pour le recueil de données, raconte une personne ayant assisté à la réunion.

« C’est un piège » », a résumé Akira Amari à l’époque. S’il est validé, le projet permettrait à la Chine « de définir la norme, d’exporter les systèmes et d’utiliser les données de ces systèmes et de les centraliser à Pékin », a-t-il ajouté.

Wan Biyu, scientifique en chef du think tank chinois Smart City Joint Labs à l’origine de la proposition, rejette les accusations d’Akira Amari. Pour lui, les lois nationales de protection des données peuvent empêcher la collecte d’informations personnelles.

Dans beaucoup de technologies de nouvelle génération, la Chine mène la danse dans les normes parce qu’elle a aussi une longueur d’avance sur le terrain. Quand les autorités européennes ont lancé un projet de fabrication de batteries au lithium, elles ont été surprises de constater que la Chine était déjà en train d’établir un comité ISO, d’en organiser le secrétariat et d’en nommer les responsables.

Dans des projets en Indonésie ou au Nigéria, Pékin utilise aussi l’initiative des Nouvelles routes de la soie pour promouvoir les normes chinoises, y compris dans des secteurs ancestraux tels que le ferroviaire ou le transport d’électricité. La Chine propose des subventions pour remporter les contrats puis applique ses propres normes : si les pays qui ont passé commande veulent revenir aux normes internationales, ils devront débourser des sommes colossales, racontent des experts.

En revanche, quand les normes touchent à sa souveraineté, Pékin se montre beaucoup moins enthousiaste. En mars 2019, le comité ISO chargé des systèmes de transcription des langues parlées à travers le monde sur un clavier occidental a reçu un projet de norme pour le cantonais, un dialecte chinois parlé par quelque 65 millions de personnes à Hong Kong et dans le sud-est de la Chine.

Les experts hongkongais l’avaient préparé dans l’idée de protéger l’identité culturelle du territoire. Mais, selon un représentant européen ayant eu connaissance du message, la délégation chinoise s’y est opposée, affirmant que la norme actuelle, qui concerne le mandarin, langue officielle de la Chine, était suffisante.

Lors d’une réunion au Canada, deux mois plus tard, les représentants ont étudié la proposition. Les pro-Hong Kong ont affirmé que, même s’ils s’écrivaient avec des caractères similaires, le cantonais et le mandarin étaient deux langues différentes.

Une délégation chinoise inhabituellement conséquente a, elle, projeté des dizaines de diapositives attaquant frontalement la proposition et agaçant une partie des participants, ont raconté trois sources. Un membre de la délégation chinoise a expliqué au Wall Street Journal que le système de translittération envisagé n’était utilisé qu’à Hong Kong, et pas par les 60 millions de locuteurs cantonais vivant dans le reste de la Chine.

La proposition a obtenu le soutien des Etats-Unis, du Canada et de la Russie, mais a achoppé sur un point administratif. En mai, elle a été soumise une nouvelle fois et, en septembre, le responsable français du comité a confirmé sa validation, étape préalable à l’adoption, ont indiqué des sources.

Peu après, la Russie a retiré son soutien sans fournir d’explications, suspendant l’adoption, au moins de façon temporaire. L’agence russe de normalisation n’a pas donné suite aux demandes de commentaires.

Chieko Tsuneoka et Josh Chin ont contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Traduit à partir de la version originale en anglais

La technologie pour sauver la publicité?

La technologie pour sauver la publicité?

 

 Guillaume Hervet, Professeur associé au département Marketing, Grenoble École de Management, (GEM). ? Estime dans une chronique à la Tribune que le digital peut sauver une publicité actuellement malmenée.

 

Opinion

 

Face au ciblage personnalisé que permet la publicité en ligne, son achat en temps réel et la mesure quasi instantanée de ses résultats, la publicité TV pâtit d’une image vieillotte auprès des annonceurs. En effet, les procédures d’achat de spots, qui peuvent coûter plusieurs milliers d’euros, restent longues (souvent plusieurs semaines), le ciblage quasiment inexistant et les résultats d’impacts très incertains.

Ainsi, en France depuis 2016, année durant laquelle les dépenses en publicité digitale ont dépassé celles de la télévision, la croissance des investissements TV est restée amorphe quand celle de la publicité digitale continuait à augmenter rapidement. La crise a en outre aggravé la situation : sur les 9 premiers mois de l’année 2020, les investissements en publicité TV ont connu une baisse de 17,5 % par rapport à 2019.

Dans ce contexte, le décret sur la publicité télévisée paru au Journal officiel le 5 août 2020 suscite beaucoup d’espoir car le texte autorise désormais la publicité segmentée. Ainsi les régies publicitaires peuvent proposer des options de ciblage plus avancées : elles peuvent par exemple diffuser des publicités différentes durant une émission en fonction des téléspectateurs et de leur zone géographique.

Un mois après la parution du décret, France Télévision lançait son offre de télévision segmentée sous le nom « adressable.tv ». Ce lancement démontre l’enthousiasme des acteurs du secteur qui semblent prêts à développer les technologies nécessaires pour tenter de rivaliser avec les acteurs du digital.

Prendre en compte la concurrence

Mais l’utilisation de ces technologies en télévision présente-t-elle de réels gains en termes d’efficacité ? Pour répondre à cette question, nous avons mené, avec deux collègues professeurs en marketing, une recherche qui visait à tester la possibilité de prendre en compte la concurrence dans la stratégie d’achat, ce qui reste aujourd’hui impossible sur le marché de la télévision et pourrait l’être avec les technologies digitales. Pour cela, nous avons mesuré, sur trois ans et demi, l’impact de quelques 43 000 spots d’une marque donnée et de 45 000 d’un de ses concurrents, à travers l’étude du trafic sur son site web juste après la diffusion.

Il ressort notamment de nos travaux qu’une marque a tout intérêt à adopter une stratégie d’évitement de son concurrent et acheter des spots sur des chaînes où il n’est pas présent. On observe en effet des gains d’efficacité en termes d’impacts dans cette situation. A contrario, cette efficacité se dégrade lorsque les deux concurrents se trouvent sur la même chaîne.

Ces résultats montrent donc que la performance d’une campagne TV est due en partie aux actions de la concurrence. Celles-ci devraient donc être prises en considération lors d’achat de temps d’antenne.

Challenge technologique

Toutefois, la mise en place d’outils pour établir de telles mesures ne va pas de soi pour le média TV. Il nécessite une analyse en temps réel des contenus publicitaires TV diffusés (une technologie déjà existante) mais aussi la possibilité d’acheter en temps réel du temps d’antenne auprès des régies publicitaires.

Si cette dernière technologie existe depuis plusieurs années pour la publicité digitale sous le nom de publicité programmatique, le saut technologique reste à réaliser pour la télévision. L’apparition récente de plates-formes d’achat automatisées de temps d’antenne (sans passer par des agences) constitue cependant une première étape.

Par ailleurs, les collaborations entre les acteurs de la télévision et d’internet se multiplient et la question ne semble plus être « est-ce que l’achat en temps réel sera un jour possible ? » pour la publicité TV mais plutôt « quand sera-t-il disponible ? ».

Une question cruciale. En effet, face aux géants du digital qui offrent toujours plus d’options pour acheter des espaces publicitaires ciblés et pour analyser la performance, il semble indispensable que les acteurs du secteur de la télévision accélèrent à présent leur développement technologique.

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Par Guillaume Hervet, Professeur associé au département Marketing, Grenoble École de Management (GEM).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Aménagement du territoire Zones blanches: les exclus de la technologie

Aménagement du territoire Zones blanches: les exclus de la technologie

 

Pendant qu’on parle de la 5G pour la téléphonie mobile qui doit révolutionner l’économie, nombre de zones ne reçoivent  rien du tout ou bien doivent se contenter de temps en temps de la 3G. La moindre perturbation météorologique isole complètement les relations téléphoniques. Par ailleurs, les liaisons Internet par le réseau cuivre sont de plus en plus hypothétiques du fait de la détérioration lamentable des lignes qui non seulement ne sont pas entretenues mais dont  Orange envisage la destruction et la vente. Dans ces zones, on n’hypothèque guère sur la venue  du câble qui en tout état de cause ne desservira au mieux que le centre des bourgs. Bref,  dans les zones blanches, ni 5G, ni câble ni même Internet régulier. À chaque nouveau plan de développement de la téléphonie, on promet une meilleure couverture. Un plan est ainsi prévu de mieux couvrir la France d’ici 2022. Mais la 5G n’est pas sur le point d’atteindre tout le monde d’autant qu’il faudra 3 fois plus d’antennes. En réalité les investissements sont surtout concentrés sur les zones denses et la désertification du territoire dans ce domaine comme dans d’autres  ne fait que se développer.

Zone blanche: les exclus de la technologie

Zone blanche: les exclus de la technologie

 

Pendant qu’on parle de la 5G pour la téléphonie mobile qui doit révolutionner l’économie nombre de zones ne reçoivent  rien du tout ou bien doivent se contenter de temps en temps de la trois j’ai de la 4G. La moindre perturbation météorologique isole complètement les relations téléphoniques. Par ailleurs les liaisons Internet par le réseau cuivre sont de plus en plus hypothétique du fait de la détérioration lamentable des lignes qui non seulement ne sont pas entretenues mais dont  Orange envisage la destruction et la vente. Dans ces zones, on n’hypothèque guère sur l’avenue du câble qui en tout état de cause ne desservira au mieux que le centre des bourgs. Bref dans les zones blanches, ni 5g, ni câble ni même Internet régulier. À chaque nouveau plan de développement de la téléphonie on promet une meilleure couverture. Un plan est ainsi prévu de mieux couvrir la France d’ici 2022. En réalité les investissements sont surtout concentrés sur les zones denses et la désertification du territoire dans ce domaine comme dans l’autre ne fait que se développer.

Numérique: apprendre à maîtriser la technologie

Numérique: apprendre à maîtriser la technologie

Fondateur de l’Institut Sapiens, Olivier Babeau vient de publier Le nouveau désordre numérique, sous-titré : comment le digital fait exploser les inégalités. Son point de départ est cruel : si la crise de la Covid-19 a consacré le triomphe du numérique, les nouvelles technologies portant l’espoir d’un monde plus égalitaire, « l’espoir est cruellement déçu. ». Il propose d’apprendre à maîtriser les nouvelles technologies dans une interview à l’Opinion.

Vous soutenez que le numérique a accéléré la polarisation du monde. De quelle manière ?

Le XXe siècle a vu un prodigieux mouvement d’égalisation des conditions et l’émergence d’une grande classe moyenne aux Etats-Unis et en Europe. On a pensé que le développement économique créait inévitablement cette égalisation des conditions. C’était un effet d’optique. Cette société où s’épanouissait une grande classe moyenne unificatrice n’était pas une nouvelle ère, mais qu’une courte parenthèse. Les nouvelles technologies dopent la valeur ajoutée du travail très qualifié, mais font baisser la valeur des autres. La classe moyenne disparaît au profit d’une polarisation sociale. Le numérique accélère les différences entre ce que David Goodhart appelle les Anywheres, cosmopolites et mobiles, et les Somewheres, attachés à leur communauté et à leur espace géographique. C’est l’effet Matthieu, connu des économistes par référence à la phrase de l’apôtre : « On donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. »

Le numérique devait pourtant aplanir les inégalités économiques et sociales et renforcer la démocratie. Nous sommes au final dans ce que vous décrivez comme le « siècle des excès ». Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

Quand les technologies arrivent, on a toujours une idée floue de leur usage et de leurs effets sociaux. Quand on a inventé le téléphone, on a d’abord pensé qu’il servirait à écouter des pièces de théâtre à distance ! Le plus dur quand on veut faire de la prospective, c’est d’imaginer la façon dont les technologies sont assimilées et dont elles transforment la société. Il y a un double mouvement : la technologie est transformée par les usages en même temps que la société est changée par les technologies. Jusque dans les années 2010, les conséquences des réseaux sociaux sur la démocratie — l’invasion des imbéciles, l’hystérisation des expressions, la violence des attaques en meute, la prime à l’excès et l’abolition de la nuance — étaient impossibles à imaginer. Dans le monde d’avant ce désordre informationnel, l’information était rare. Et quand on la trouvait, elle était certifiée. Rien ne nous avait préparés à un monde où cette information pouvait être créée par tout le monde. Ce déluge informationnel noie le débat politique.

L’homme s’est bâti sur le dépassement des limites naturelles à notre hubris, notre désir d’excès. Le numérique a donné des moyens nouveaux d’abolir ces barrières

Le numérique portait-il en lui-même les germes de ces biais ?

Le numérique a permis l’accélération et l’intensification de beaucoup de choses, comme la concentration des fortunes : Jacob Fuger, grand banquier Allemand de la fin du XVe siècle, avait amassé un capital équivalent à 177 millénaires de travail pour un ouvrier. C’était impressionnant, mais limité à côté de la fortune de Jeff Bezos qui correspond à plus de 10 millions d’années de travail d’un salarié au smic. L’homme s’est bâti sur le dépassement des limites naturelles à notre hubris, notre désir d’excès. Le numérique a donné des moyens nouveaux d’abolir ces barrières. Jusqu’au XVIIIe siècle, il fallait 15 jours depuis Marseille pour rejoindre Paris, ou deux ans pour faire l’aller-retour vers la Chine. Aujourd’hui, 15 jours est le temps que mettent les trains venant de Chine pour rallier la France. Mais le marché n’est réellement devenu global que le jour où il est devenu numérique. Avec pour conséquence des effets de concentration qui n’existaient pas dans les anciens marchés segmentés, plus petits et dépendants de l’espace.

Le confinement a révélé les écarts en matière d’accès et de maîtrise des technologies. La nouvelle inégalité du XXIe siècle oppose-t-elle les élites technophiles aux populations déconnectées ?

On se rend compte que l’accessibilité de l’information ne profite qu’à une certaine partie de la population. Celle qui a les clés. Après avoir été fondée sur la seule naissance, l’appartenance à l’élite a théoriquement été ouverte aux talents. Mais les codes de la réussite dans le monde numérique sont plus complexes et difficiles à obtenir quand on est issu d’un milieu qui en est éloigné. Les chiffres sont terribles sur l’illectronisme. En 2018, 23 % des Français n’étaient pas à l’aise avec le numérique. La mobilité sociale devient plus difficile à mesure que la fracture cognitive s’aggrave.

Vous soulignez tout de même un paradoxe : dans un monde où l’élite est connectée, la richesse se traduira par un temps d’esprit non connecté…

Dans notre siècle numérique, le vrai luxe sera l’autonomie. La technologie est un formidable serviteur, mais un très mauvais maître. Les entreprises du numérique ont la volonté délibérée de prendre en otage notre attention tout en nous rendant de précieux services. Nous sommes devenus dépendants du shoot de dopamine suscité par les « likes » et les notifications de nos réseaux sociaux. Notre cerveau de chasseur-cueilleur n’a pas été calibré pour cet afflux permanent de sollicitations et de calories. Ses failles sont exploitées avec adresse par les entreprises qui manipulent nos pulsions. La maîtrise de son alimentation est déjà un marqueur social fort : l’épidémie d’obésité que nous connaissons dans tous les pays développés est cruellement liée au niveau social. Désormais, c’est la maîtrise cognitive de soi qui devient cruciale. Les classes sociales supérieures développent une culture d’apprivoisement du numérique à travers le contrôle des écrans qui est paradoxalement la condition d’une utilisation saine.

Avons-nous encore la possibilité d’être libres dans un monde numérique qui a colonisé nos cerveaux ?

Le numérique a aboli la rareté de biens et services autrefois difficiles à obtenir et onéreux. La vidéo et la musique sont disponibles à l’infini et sans effort, comme l’eau ou l’électricité. Dès lors, c’est à nous de fixer une limite à notre consommation. Ce que notre cerveau n’était pas vraiment préparé à faire. Le fondateur de Netflix a dit un jour que son seul concurrent était le sommeil. Où mettre la limite ? Le système lui-même n’en posera jamais : il est réglé pour suivre la plus grande pente de nos désirs. On pensait qu’il suffisait de laisser les gens libres et responsables pour qu’ils prennent des décisions raisonnables. On se rend compte qu’il va surtout falloir beaucoup aider les gens. La Chine a opté pour une solution radicale en interdisant aux mineurs de jouer aux jeux vidéo entre certaines heures et en infligeant de fortes amendes aux jeunes joueurs dépassant les 90 minutes maximum quotidiennes. C’est la solution illibérale par excellence : pour votre bien, l’Etat limite et interdit. Si nous voulons éviter cela, nous devons miser sur la prise de conscience et l’éducation.

Notre cerveau est bien fait. Il élimine ce dont il n’a plus besoin : la mémoire se vide. Nous devons réagir et devenir des spartiates de l’intelligence en plaçant le développement de nos capacités cognitives au cœur de toute notre société

De quelle manière ?

On a besoin que l’école enseigne un nouveau savoir-vivre, au sens plein du terme. Comment maîtriser la technologie pour profiter de ses avantages tout en évitant les dérives cognitives potentielles ? Aujourd’hui, le réflexe, c’est de tout demander à Google. Mais dans ce cas, pourquoi continuer à apprendre ? Notre cerveau est bien fait. Il élimine ce dont il n’a plus besoin : la mémoire se vide. Nous devons réagir et devenir des spartiates de l’intelligence en plaçant le développement de nos capacités cognitives au cœur de toute notre société. La maîtrise de soi doit être complétée par des régulations adaptées. L’Etat doit vous laisser libre, mais aussi vous empêcher de tomber librement dans la servitude. Comme il le fait en interdisant la drogue par exemple. L’action de l’Etat ne doit pas se limiter à essayer de récupérer des miettes fiscales du festin financier des géants du net, ou à ériger d’illusoires remparts censés protéger des acteurs traditionnels. Aguerrir les populations au monde de l’information infinie et affronter les innovations avec courage sont les deux tâches essentielles de l’Etat moderne.

Votre livre dresse un constat assez noir sur l’état actuel du monde et ses perspectives. Etes-vous optimiste concernant l’avenir ?

Je suis optimiste sur la capacité de sursaut et de résilience de nos sociétés à long terme. Mon inquiétude vient plutôt du temps que nous risquons de perdre. Une civilisation mourante finit toujours par accoucher d’une nouvelle civilisation. Mais la traversée des âges obscurs entre les deux peut être plus ou moins longue. Je pense hélas que nous sommes au début d’une de ces phases de métamorphose qui peuvent être très douloureuses, en particulier pour les plus faibles.

Technologie : contraintes au bureau ou à la maison ?

Technologie : contraintes au bureau ou à la maison ?

 

La psychologue Sherry Turkle, spécialiste du Web, estime, dans un entretien au « Monde », que la pandémie, malgré de nombreuses initiatives numériques désintéressées, n’a pas fait disparaître le risque que nous soyons manipulés par des technologies qui cherchent à capter notre attention.

Psychologue et anthropologue, Sherry Turkle occupe la chaire Abby Rockefeller Mauzé d’études sociales des sciences et de la technologie au Massachusetts Institute of Technology (Etats-Unis). Formée à la psychanalyse en France, elle s’est intéressée, dès l’essor de l’ordinateur personnel dans les années 1980, aux relations que nous nouons avec les machines et les robots. Elle est notamment l’autrice de Les Yeux dans les yeux. Le pouvoir de la conversation à l’heure du numérique (Actes Sud, 560 p., 28 €) et de Seuls ensemble. De plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines (L’Echappée, 2015)

Avec la pandémie, le télétravail s’est largement répandu. Si jongler entre vie professionnelle et vie de famille n’est pas toujours facile, ne faut-il pas se réjouir d’être enfin libéré de l’emprise du bureau ?

Votre question soulève plusieurs enjeux. A propos du travail multitâche, il faut rappeler que, malheureusement, nous ne savons pas faire plusieurs choses à la fois. Nous avons l’illusion d’y arriver, particulièrement lorsque nous travaillons à la maison. Mais notre cerveau ne peut faire qu’une tâche à la fois. La recherche est très claire sur un point : à chaque chose que nous ajoutons, notre capacité de concentration diminue, alors que nous avons l’impression d’être de plus en plus efficaces. C’est un tour que nous joue notre cerveau. Pour faire face, la solution la plus simple est de se montrer bienveillant envers soi-même, lorsque les choses à faire s’accumulent, il faut mieux diviser notre temps entre le travail, les enfants, les amis, etc.

Second enjeu, décrire le fait de travailler de la maison comme une libération revient à présenter le bureau comme un endroit qui n’a que des désavantages. Les choses ne sont pas si simples. Travailler à la maison apporte un supplément de flexibilité pour concilier vie professionnelle et vie familiale. Les parents peuvent optimiser leur temps, sachant qu’ils pourront profiter du sommeil des enfants pour se consacrer à leur travail. Sans avoir à se déplacer, on récupère aussi de précieuses minutes que l’on peut employer à des fins personnelles. Mais on risque aussi de voir s’affaiblir notre réseau professionnel, les décisions perdent aussi de leur collégialité et nous sommes moins créatifs. Et n’oublions pas que ce sont les femmes qui, plus que les hommes, paient le prix du travail à distance. Tirons néanmoins profit de cette expérience pour rendre les entreprises plus flexibles et mieux utiliser les technologies, les mettre davantage à notre service plutôt que l’inverse

Technologie «Un risque de corona numérique»

Technologie «Un risque de  corona numérique»

Pierre Bessé , expert en cyberséurité, spécialisé dans le pilotage des risques pour les ETI et les grands groupes notamment du domaine de l’énergie, de l’agroalimentaire ou de l’automobile attire l’attention dans l’Opinion sur les risque d’une cyberattaques d’envergure

Nous sortons à peine d’une période de confinement causée par une pandémie. Et selon vous, nous devons déjà être en alerte sur d’autres risques.

 

Le contexte de la pandémie a amplifié le risque de cyberattaques préexistant. Ce risque n’est pas né avec le Covid-19 et le confinement, il est présent depuis des années, mais il s’est accru avec le travail à distance et sa mise en œuvre dans la précipitation. Les entreprises se sont organisées dans l’urgence. Cela a fonctionné, mais a aussi fragilisé leurs infrastructures tech. Avec la pandémie, le monde a découvert et affronté un péril nouveau. On a dû arrêter l’économie planétaire, créer des pertes financières colossales dont on maîtrise mal encore le chiffrage. Et pourtant, des alertes existaient, que personne n’a vraiment écoutées et prises en compte. Pour les cyberattaques, on est exactement dans le même schéma. Les experts alertent, mais personne n’écoute.

 

Quelle est la réalité de la cybermenace sur nos économies ?

Le risque numérique, cela fait une dizaine d’années qu’il plane. Il s’est accéléré depuis 2017 et le surgissement de Wanna Cry et Petya, des malware qui ont infecté des régions entières. Ils ont, par exemple, causé 240 millions de pertes chez Saint-Gobain, paralysé Renault pendant plusieurs jours et bloqué le système informatique d’hôpitaux en Angleterre. Puis, la vie est revenue à la normale, le temps est passé. Et d’autres attaques ont eu lieu : depuis janvier 2019, on en a dénombré des dizaines, de tous ordres. L’attaque du réseau hydraulique en Israël. Celle de la société de services informatiques Altran qui a été arrêté 28 jours dans 34 pays, son système d’information bloqué, verrouillé de l’extérieur. La société Eurofins a enregistré 70 millions d’euros de pertes après une attaque ciblée par malware. Fleury Michon a vu son cloud pris d’assaut. Bouygues construction a subi une attaque en janvier dernier, elle a laissé 3 200 collaborateurs sans accès aux ressources numériques de l’entreprise. En avril, c’est la chaîne hôtelière Mariott qui a été piratée : 5,2 millions de données clients ont été volées, c’était la deuxième vague d’attaque sur le groupe. La semaine passée, chez Easyjet, des hackers ont siphonné les données de 9 millions de clients, ce qui va probablement valoir au groupe une class action à 20 milliards de dollars aux Etats Unis. Tous ces événements, qui se répètent, s’accélèrent, restent traités par les entreprises comme l’équivalent de la grippe saisonnière chez les humains, avec fatalisme. Pas plus que les gens qui en ont été malades ne se vaccinent préventivement l’année suivante en France contre la grippe qui fait pourtant des morts chaque année, les entreprises ne changent leurs pratiques après une attaque. Elles s’en sortent en dépensant beaucoup mais ne réagissent pas. Le quotidien reprend ses droits. En 2018, nous avons sondé les ETI : 70 % des entreprises reconnaissaient avoir été attaquées, mais seules 30 % en ont tiré des conséquences en investissant pour renforcer la robustesse de leur système ou la formation des équipes. Elles sont à la merci de la menace, bien plus sévère, d’une pandémie numérique.

« Les entreprises et les pouvoirs publics doivent acculturer tous les collaborateurs, et globalement toute la population, afin qu’ils adoptent la posture adaptée »

De quelle nature est la menace ?

Elle pourrait être globale, ou locale, cibler par exemple les réseaux d’eau ou d’électricité, ce sont des scénarios envisagés par les autorités. Elle pourrait venir d’un groupe terroriste, d’un Etat malfaisant. Une cyberattaque ne durerait sans doute pas deux mois et demi, comme le Covid-19, mais dix jours. On s’en sortirait sans doute… Mais les conséquences économiques et sociales pourraient être bien plus violentes que le Covid. Nous n’échapperons pas à un équivalent numérique du Covid-19 et nous devons vite nous servir de ce que nous avons appris pour y faire face. La 5G va accélérer sa survenue. Il y aura 25 milliards objets connectés en 2021 et, en 2029, probablement 150 milliards. Ce sont autant de portes d’entrées et de failles pour la propagation d’un virus.

Face à ce risque cyber, que faut-il faire ? Comment se préparer ?

 

Beaucoup de choses se font déjà, au niveau des Etats, mais il faut faire plus, accélérer la mise en place des procédures de réponse et de réaction. Il faut travailler sur des scénarios pour ne pas être démunis lorsque l’attaque surviendra. L’Etat doit vite construire des systèmes de protection et de résilience, comme c’est le cas pour les pandémies, les attentats terroristes. Des process à déployer en cas d’attaque. En France, l’Ansii, l’agence de sécurité informatique, mobilise de cercles de travail et de réflexion au niveau européen. L’écosystème maritime a créé des cellules, des initiatives multiples face à ce risque émergent. Mais les entreprises et les particuliers ne sont pas du tout dans le coup. Ils ignorent jusqu’à l’existence de la menace. Ils doivent apprendre à se protéger, à protéger leur écosystème numérique. Les entreprises et les pouvoirs publics doivent acculturer tous les collaborateurs, et globalement toute la population, afin qu’ils adoptent la posture adaptée. On a implanté dans notre culture, rapidement, la nécessité du port des masques et l’usage du gel hydroalcoolique ! La cybermenace doit être traitée de la même façon, d’autant que les failles sont, pour beaucoup identifiables (phishing, malware, ransomware). On pourrait mieux prévenir si on formait les populations à la prophylaxie numérique. Il faut ancrer des habitudes sanitaires face aux ordinateurs et aux objets connectés. Même les jeunes générations les ignorent.

 

 

Virus Technologie «Un risque de corona numérique»

Virus Technologie «Un risque de  corona numérique»

Pierre Bessé , expert en cyberséurité, spécialisé dans le pilotage des risques pour les ETI et les grands groupes notamment du domaine de l’énergie, de l’agroalimentaire ou de l’automobile attire l’attention dans l’Opinion sur les risque d’une cyberattaques d’envergure

Nous sortons à peine d’une période de confinement causée par une pandémie. Et selon vous, nous devons déjà être en alerte sur d’autres risques.

Le contexte de la pandémie a amplifié le risque de cyberattaques préexistant. Ce risque n’est pas né avec le Covid-19 et le confinement, il est présent depuis des années, mais il s’est accru avec le travail à distance et sa mise en œuvre dans la précipitation. Les entreprises se sont organisées dans l’urgence. Cela a fonctionné, mais a aussi fragilisé leurs infrastructures tech. Avec la pandémie, le monde a découvert et affronté un péril nouveau. On a dû arrêter l’économie planétaire, créer des pertes financières colossales dont on maîtrise mal encore le chiffrage. Et pourtant, des alertes existaient, que personne n’a vraiment écoutées et prises en compte. Pour les cyberattaques, on est exactement dans le même schéma. Les experts alertent, mais personne n’écoute.

Quelle est la réalité de la cybermenace sur nos économies ?

Le risque numérique, cela fait une dizaine d’années qu’il plane. Il s’est accéléré depuis 2017 et le surgissement de Wanna Cry et Petya, des malware qui ont infecté des régions entières. Ils ont, par exemple, causé 240 millions de pertes chez Saint-Gobain, paralysé Renault pendant plusieurs jours et bloqué le système informatique d’hôpitaux en Angleterre. Puis, la vie est revenue à la normale, le temps est passé. Et d’autres attaques ont eu lieu : depuis janvier 2019, on en a dénombré des dizaines, de tous ordres. L’attaque du réseau hydraulique en Israël. Celle de la société de services informatiques Altran qui a été arrêté 28 jours dans 34 pays, son système d’information bloqué, verrouillé de l’extérieur. La société Eurofins a enregistré 70 millions d’euros de pertes après une attaque ciblée par malware. Fleury Michon a vu son cloud pris d’assaut. Bouygues construction a subi une attaque en janvier dernier, elle a laissé 3 200 collaborateurs sans accès aux ressources numériques de l’entreprise. En avril, c’est la chaîne hôtelière Mariott qui a été piratée : 5,2 millions de données clients ont été volées, c’était la deuxième vague d’attaque sur le groupe. La semaine passée, chez Easyjet, des hackers ont siphonné les données de 9 millions de clients, ce qui va probablement valoir au groupe une class action à 20 milliards de dollars aux Etats Unis. Tous ces événements, qui se répètent, s’accélèrent, restent traités par les entreprises comme l’équivalent de la grippe saisonnière chez les humains, avec fatalisme. Pas plus que les gens qui en ont été malades ne se vaccinent préventivement l’année suivante en France contre la grippe qui fait pourtant des morts chaque année, les entreprises ne changent leurs pratiques après une attaque. Elles s’en sortent en dépensant beaucoup mais ne réagissent pas. Le quotidien reprend ses droits. En 2018, nous avons sondé les ETI : 70 % des entreprises reconnaissaient avoir été attaquées, mais seules 30 % en ont tiré des conséquences en investissant pour renforcer la robustesse de leur système ou la formation des équipes. Elles sont à la merci de la menace, bien plus sévère, d’une pandémie numérique.

« Les entreprises et les pouvoirs publics doivent acculturer tous les collaborateurs, et globalement toute la population, afin qu’ils adoptent la posture adaptée »

De quelle nature est la menace ?

Elle pourrait être globale, ou locale, cibler par exemple les réseaux d’eau ou d’électricité, ce sont des scénarios envisagés par les autorités. Elle pourrait venir d’un groupe terroriste, d’un Etat malfaisant. Une cyberattaque ne durerait sans doute pas deux mois et demi, comme le Covid-19, mais dix jours. On s’en sortirait sans doute… Mais les conséquences économiques et sociales pourraient être bien plus violentes que le Covid. Nous n’échapperons pas à un équivalent numérique du Covid-19 et nous devons vite nous servir de ce que nous avons appris pour y faire face. La 5G va accélérer sa survenue. Il y aura 25 milliards objets connectés en 2021 et, en 2029, probablement 150 milliards. Ce sont autant de portes d’entrées et de failles pour la propagation d’un virus.

Face à ce risque cyber, que faut-il faire ? Comment se préparer ?

Beaucoup de choses se font déjà, au niveau des Etats, mais il faut faire plus, accélérer la mise en place des procédures de réponse et de réaction. Il faut travailler sur des scénarios pour ne pas être démunis lorsque l’attaque surviendra. L’Etat doit vite construire des systèmes de protection et de résilience, comme c’est le cas pour les pandémies, les attentats terroristes. Des process à déployer en cas d’attaque. En France, l’Ansii, l’agence de sécurité informatique, mobilise de cercles de travail et de réflexion au niveau européen. L’écosystème maritime a créé des cellules, des initiatives multiples face à ce risque émergent. Mais les entreprises et les particuliers ne sont pas du tout dans le coup. Ils ignorent jusqu’à l’existence de la menace. Ils doivent apprendre à se protéger, à protéger leur écosystème numérique. Les entreprises et les pouvoirs publics doivent acculturer tous les collaborateurs, et globalement toute la population, afin qu’ils adoptent la posture adaptée. On a implanté dans notre culture, rapidement, la nécessité du port des masques et l’usage du gel hydroalcoolique ! La cybermenace doit être traitée de la même façon, d’autant que les failles sont, pour beaucoup identifiables (phishing, malware, ransomware). On pourrait mieux prévenir si on formait les populations à la prophylaxie numérique. Il faut ancrer des habitudes sanitaires face aux ordinateurs et aux objets connectés. Même les jeunes générations les ignorent.

 

Technologie «Un risque de corona numérique»

Technologie «Un risque de  corona numérique»

Pierre Bessé , expert en cyberséurité, spécialisé dans le pilotage des risques pour les ETI et les grands groupes notamment du domaine de l’énergie, de l’agroalimentaire ou de l’automobile attire l’attention dans l’Opinion sur les risque d’une cyberattaques d’envergure

Nous sortons à peine d’une période de confinement causée par une pandémie. Et selon vous, nous devons déjà être en alerte sur d’autres risques.

Le contexte de la pandémie a amplifié le risque de cyberattaques préexistant. Ce risque n’est pas né avec le Covid-19 et le confinement, il est présent depuis des années, mais il s’est accru avec le travail à distance et sa mise en œuvre dans la précipitation. Les entreprises se sont organisées dans l’urgence. Cela a fonctionné, mais a aussi fragilisé leurs infrastructures tech. Avec la pandémie, le monde a découvert et affronté un péril nouveau. On a dû arrêter l’économie planétaire, créer des pertes financières colossales dont on maîtrise mal encore le chiffrage. Et pourtant, des alertes existaient, que personne n’a vraiment écoutées et prises en compte. Pour les cyberattaques, on est exactement dans le même schéma. Les experts alertent, mais personne n’écoute.

Quelle est la réalité de la cybermenace sur nos économies ?

Le risque numérique, cela fait une dizaine d’années qu’il plane. Il s’est accéléré depuis 2017 et le surgissement de Wanna Cry et Petya, des malware qui ont infecté des régions entières. Ils ont, par exemple, causé 240 millions de pertes chez Saint-Gobain, paralysé Renault pendant plusieurs jours et bloqué le système informatique d’hôpitaux en Angleterre. Puis, la vie est revenue à la normale, le temps est passé. Et d’autres attaques ont eu lieu : depuis janvier 2019, on en a dénombré des dizaines, de tous ordres. L’attaque du réseau hydraulique en Israël. Celle de la société de services informatiques Altran qui a été arrêté 28 jours dans 34 pays, son système d’information bloqué, verrouillé de l’extérieur. La société Eurofins a enregistré 70 millions d’euros de pertes après une attaque ciblée par malware. Fleury Michon a vu son cloud pris d’assaut. Bouygues construction a subi une attaque en janvier dernier, elle a laissé 3 200 collaborateurs sans accès aux ressources numériques de l’entreprise. En avril, c’est la chaîne hôtelière Mariott qui a été piratée : 5,2 millions de données clients ont été volées, c’était la deuxième vague d’attaque sur le groupe. La semaine passée, chez Easyjet, des hackers ont siphonné les données de 9 millions de clients, ce qui va probablement valoir au groupe une class action à 20 milliards de dollars aux Etats Unis. Tous ces événements, qui se répètent, s’accélèrent, restent traités par les entreprises comme l’équivalent de la grippe saisonnière chez les humains, avec fatalisme. Pas plus que les gens qui en ont été malades ne se vaccinent préventivement l’année suivante en France contre la grippe qui fait pourtant des morts chaque année, les entreprises ne changent leurs pratiques après une attaque. Elles s’en sortent en dépensant beaucoup mais ne réagissent pas. Le quotidien reprend ses droits. En 2018, nous avons sondé les ETI : 70 % des entreprises reconnaissaient avoir été attaquées, mais seules 30 % en ont tiré des conséquences en investissant pour renforcer la robustesse de leur système ou la formation des équipes. Elles sont à la merci de la menace, bien plus sévère, d’une pandémie numérique.

« Les entreprises et les pouvoirs publics doivent acculturer tous les collaborateurs, et globalement toute la population, afin qu’ils adoptent la posture adaptée »

De quelle nature est la menace ?

Elle pourrait être globale, ou locale, cibler par exemple les réseaux d’eau ou d’électricité, ce sont des scénarios envisagés par les autorités. Elle pourrait venir d’un groupe terroriste, d’un Etat malfaisant. Une cyberattaque ne durerait sans doute pas deux mois et demi, comme le Covid-19, mais dix jours. On s’en sortirait sans doute… Mais les conséquences économiques et sociales pourraient être bien plus violentes que le Covid. Nous n’échapperons pas à un équivalent numérique du Covid-19 et nous devons vite nous servir de ce que nous avons appris pour y faire face. La 5G va accélérer sa survenue. Il y aura 25 milliards objets connectés en 2021 et, en 2029, probablement 150 milliards. Ce sont autant de portes d’entrées et de failles pour la propagation d’un virus.

Face à ce risque cyber, que faut-il faire ? Comment se préparer ?

Beaucoup de choses se font déjà, au niveau des Etats, mais il faut faire plus, accélérer la mise en place des procédures de réponse et de réaction. Il faut travailler sur des scénarios pour ne pas être démunis lorsque l’attaque surviendra. L’Etat doit vite construire des systèmes de protection et de résilience, comme c’est le cas pour les pandémies, les attentats terroristes. Des process à déployer en cas d’attaque. En France, l’Ansii, l’agence de sécurité informatique, mobilise de cercles de travail et de réflexion au niveau européen. L’écosystème maritime a créé des cellules, des initiatives multiples face à ce risque émergent. Mais les entreprises et les particuliers ne sont pas du tout dans le coup. Ils ignorent jusqu’à l’existence de la menace. Ils doivent apprendre à se protéger, à protéger leur écosystème numérique. Les entreprises et les pouvoirs publics doivent acculturer tous les collaborateurs, et globalement toute la population, afin qu’ils adoptent la posture adaptée. On a implanté dans notre culture, rapidement, la nécessité du port des masques et l’usage du gel hydroalcoolique ! La cybermenace doit être traitée de la même façon, d’autant que les failles sont, pour beaucoup identifiables (phishing, malware, ransomware). On pourrait mieux prévenir si on formait les populations à la prophylaxie numérique. Il faut ancrer des habitudes sanitaires face aux ordinateurs et aux objets connectés. Même les jeunes générations les ignorent.

 

 

Technologie automobile -La voiture totalement autonome : un enfumage

Technologie automobile -La voiture totalement autonome : un enfumage

 

La voiture complètement autonome est un véhicule sans volant (niveau 5 de la technologie). En réalité, on atteint à peine le niveau trois ( conduite sous condition; en fait,  en site protégé.) Pourtant le véhicule autonome a constitué  l’argument publicitaire majeur de firmes automobiles, de certains responsables politiques et de pseudo experts. La perspective de la voiture totalement indépendante se révèle être totalement illusoire tout simplement parce que l’espace viaire  dans lequel elle circule est affectée à plusieurs usages. La vraie voiture autonome s’appelle le métro ou le train ( sans conducteur) dans des sites totalement protégés, c’est-à-dire uniquement affectés à la circulation de ces techniques.

 

 « Le niveau 3 est déjà extrêmement complexe à mettre en œuvre, nous allons nous concentrer dessus pour fournir un niveau de sécurité maximal, explique Klaus Fröhlich, membre du comité de direction de BMW en charge de la R&D, rencontré au CES de Las Vagas.

On peut donc se demander si le concept n’est pas une utopie voire une escroquerie car il pose d’énormes problèmes de sécurité et de responsabilité. Fortement bousculé par l’affaire des émissions polluantes,  le secteur automobile tente de réagir en soulignant le caractère de modernité de l’automobile future. L’objectif est évidemment de peser pour que l’automobile ne soit pas exclue un jour de la ville. On affirme ainsi que l’automobile sera autonome, électrique et connectée. Le patron de Valeo dans une interview au JDD affirmait que cette voiture autonome est même déjà la. Il est évident que la voiture électrique va se substituer au moteur à combustion et que d’ici une dizaine d’années 80 % des véhicules neufs seront électriques voire à hydrogène. La connexion, qui existe déjà, va continuer de s’amplifier. Reste la question de l’autonomie et du partage. Contrairement à ce qu’affirment les lobbies , l’autonomie totale n’est pas pour demain. Pour des raisons de sécurité, la voiture  nécessite notamment des les infrastructures spécifiques finalement un peu comme le métro ou le train. Pour l’instant les navettes mobiles qui existent fonctionnent sur le mode ferroviaire. Les autres qui circulent sur les voies normales présentent un énorme risque.  Reste aussi la question fondamentale de l’automobile partagée qui constitue aussi un enjeu central pour l’industrie automobile. Sachant qu’un véhicule classique passe plus de 95 % de son temps à l’arrêt, il est évident que des formules de mutualisation sous différentes formes seront mises en place. Mais cette mutualisation aura un impact considérable sur le nombre de véhicules fabriqués. Sous prétexte de modernité, le secteur automobile se  tire une balle dans le pied en soutenant l’utopie d’une voiture autonome illusoire sur le plan technique et qui si elle devait se réaliser  provoquerait une crise sans précédant de la branche.

 

Technologie-La voiture totalement autonome : un enfumage technologique

Technologie-La voiture totalement autonome : un enfumage

 

La voiture complètement autonome est un véhicule sans volant (niveau 5 de la technologie). En réalité, on atteint à peine le niveau trois ( conduite sous condition; en fait; en site protégé.) Pourtant le véhicule autonome a constitué  l’argument publicitaire majeur de firmes automobiles, de certains responsables politiques et de pseudo experts. La perspective de la voiture totalement indépendante se révèle être totalement illusoire tout simplement parce que l’espace viaire  dans lequel elle circule est affectée à plusieurs usages. La vraie voiture autonome s’appelle le métro ou le train ( sans conducteur) dans des sites totalement protégés, c’est-à-dire uniquement affectés à la circulation de ces techniques.

 

 « Le niveau 3 est déjà extrêmement complexe à mettre en œuvre, nous allons nous concentrer dessus pour fournir un niveau de sécurité maximal, explique Klaus Fröhlich, membre du comité de direction de BMW en charge de la R&D, rencontré au CES de Las Vagas.

On peut donc se demander si le concept n’est pas une utopie voire une escroquerie car il pose d’énormes problèmes de sécurité et de responsabilité. Fortement bousculé par l’affaire des émissions polluantes,  le secteur automobile tente de réagir en soulignant le caractère de modernité de l’automobile future. L’objectif est évidemment de peser pour que l’automobile ne soit pas exclue un jour de la ville. On affirme ainsi que l’automobile sera autonome, électrique et connectée. Le patron de Valeo dans une interview au JDD affirmait que cette voiture autonome est même déjà la. Il est évident que la voiture électrique va se substituer au moteur à combustion et que d’ici une dizaine d’années 80 % des véhicules neufs seront électriques voire à hydrogène. La connexion, qui existe déjà, va continuer de s’amplifier. Reste la question de l’autonomie et du partage. Contrairement à ce qu’affirment les lobbies , l’autonomie totale n’est pas pour demain. Pour des raisons de sécurité, la voiture  nécessite notamment des les infrastructures spécifiques finalement un peu comme le métro ou le train. Pour l’instant les navettes mobiles qui existent fonctionnent sur le mode ferroviaire. Les autres qui circulent sur les voies normales présentent un énorme risque.  Reste aussi la question fondamentale de l’automobile partagée qui constitue aussi un enjeu central pour l’industrie automobile. Sachant qu’un véhicule classique passe plus de 95 % de son temps à l’arrêt, il est évident que des formules de mutualisation sous différentes formes seront mises en place. Mais cette mutualisation aura un impact considérable sur le nombre de véhicules fabriqués. Sous prétexte de modernité, le secteur automobile se  tire une balle dans le pied en soutenant l’utopie d’une voiture autonome illusoire sur le plan technique et qui si elle devait se réaliser  provoquerait une crise sans précédant de la branche.

«Technologie 5G : plus polluant que le transport aérien !

«Technologie  5G : plus polluant que le transport aérien !

La technologie 5g – et ses applications- sera particulièrement énergivore  et sera responsable d’émissions polluantes supérieures au transport aérien d’après Joachim Renaudin, expert du numérique, ( tribune au « Monde » )

 

Tribune.

 » Le numérique fait plus que jamais partie de nos vies. Regarder un film sur Netflix, jouer à un jeu vidéo sur mobile, travailler en visioconférence… Ces actions du quotidien peuvent paraître anodines, mais leur impact pour la planète est immense. En 2018, le numérique représentait 4 % des émissions de gaz à effet de serre (40 % de plus que le transport aérien) et pourrait doubler sa part d’ici à 2025 ; 55 % de ces émissions liées au numérique proviennent du trafic de données, dopé par l’explosion de la vidéo et du streaming (« Pour une sobriété numérique », The Shift Project, octobre 2018).

Derrière l’aspect intangible du numérique et de ses données stockées dans le cloud se cache évidemment une réalité tout autre, faite de câbles, de serveurs et de terminaux énergivores. Les équipements réseaux comptent pour un tiers de la consommation d’énergie numérique. Sur cette consommation, 15 % seulement de l’énergie utilisée par les réseaux sert effectivement à transférer des données et partager de l’information ; les 85 % restants sont consommés par des équipements en veille, ou à d’autres pertes de chaleur.

Que nous réserve, de ce point de vue énergétique, l’arrivée de la 5G ? Les avis divergent. La plupart des experts s’accordent à dire que la consommation d’énergie des réseaux 5G sera plus efficiente que les générations précédentes. Le PDG de Verizon, qui prêche évidemment pour sa paroisse, prétendait même, lors du Consumer Electronics Show, à Las Vegas en janvier, que « les équipements réseaux et terminaux 5G consommeront 10 % de l’énergie consommée par leurs équivalents 4G ». D’autres travaux de R&D mentionnent une diminution potentielle de 50 % (« What 5G Means for Energy », Chris Bronk, « Energy Realpolitik », 31 mai 2019).

Ce qui est certain, c’est que le cahier des charges du standard 5G impose des niveaux d’efficacité énergétique bien meilleurs que la 4G. Pour ne prendre qu’un seul exemple : la mise en veille plus fine des antennes 5G permettra de réduire par un facteur de 10 la consommation d’électricité en période creuse (soit 80 % du temps), par comparaison avec les systèmes actuels.

Evolution des usages

Mais si cette obligation figure au cahier des charges de la 5G, c’est avant tout pour des raisons économiques : les opérateurs ne veulent pas voir leur facture d’électricité exploser. On peut donc compter sur eux…

Une 5G moins polluante ? Pas si vite… Comme toute innovation technologique importante, la 5G ne remplace pas seulement le standard précédent (4G), elle change et influence le système dans lequel elle s’inscrit. Au-delà de la consommation du réseau, c’est également à l’évolution des usages que ce réseau supporte qu’il faut s’intéresser. »

 

Technologie automobile : enfin une coopération entre le Japon et la France !

  • Technologie automobile : enfin une coopération entre le Japon et la France !

 

 

Il semblerait bien que le Japon ait  compris qu’il valait mieux une coopération technologique avec la France qu’une guerre ouverte à travers Nissan La voiture électrique bien sûre mais aussi l’hydrogène

)  La France de son côté a besoin de se renforcer sur les technologies- La France et le Japon ont donc convenu de partager des informations et d’explorer une coopération plus étroite sur les technologies automobiles des prochaines générations, une démarche pouvant aussi aider à réparer les liens entre Renault et Nissan. Ni le Japon, ni la France ne dispose à un seul des moyens nécessaires pour investir à la hauteur des enjeux dans la voiture de demain. Il y a pourtant urgence car le marché automobile est entré dans une phase baissière inquiétante précisément aussi du fait des interrogations des usagers sur les voitures futures

. Dans un communiqué commun, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire et son homologue japonais Hiroshige Seko disent avoir “réaffirmé le ferme soutien des gouvernements français et japonais à l’alliance Renault et Nissan et ont encouragé les deux entreprises à renforcer la compétitivité de l’alliance”.

Cette alliance a été sérieusement ébranlée par le scandale lié au départ de l’ancien PDG Carlos Ghosn à la fin de l’an dernier. Les deux constructeurs, comme l’ensemble du secteur automobile, sont en outre confrontés à la fois au ralentissement du marché et à la nécessité d’investir massivement dans de nouvelles formes de mobilité.

Les deux ministres, qui ont échangé par téléphone plus tôt dans la journée, ont décidé d’engager des discussions sur une possible coopération renforcée dans les secteurs de la conduite autonome, des batteries électriques, des véhicules électrifiés ou encore des véhicules à hydrogène, technologies au cœur des ruptures à l’œuvre dans l’industrie automobile aujourd’hui.

“Depuis juin, les deux ministères travaillent ensemble à l’organisation de cette coopération industrielle. L’accord de coopération correspondant a été acté ce matin. Il définit le cadre de travail entre les deux parties”, poursuit le communiqué commun.

Développement Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs

Développement  Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs  

Y aura-t-il une technologie 5G  pour les villes et une autre pour les ploucs ? C’est la question qu’on peut se poser en raison du passé mais aussi du futur. Pour le passé, on sait que nombre de zones ne sont pas encore couvertes par la 3G, la 4G ou  ne sont pas couvertes du tout ou alors de temps en temps. Pour le futur, il n’est pas certain que la 5G couvre  rapidement l’ensemble du territoire. On pourrait se contenter pour certaines zones de la 4G améliorée. De toute manière la 5G à très, très  haut débit, celle des 26 GHz, sera réservé aux villes L’attribution va concerner la bande de fréquences des 3,4 à 3,6 GHz. qui permet d’offrir un bon débit couplé à une portée correcte pour couvrir le pays. Mais  autre bande, celle des 26 GHz, sera plus tard attribuée aux opérateurs. Ces fréquences seront essentiellement utilisées dans les villes, car si elles permettent des débits très puissants, leur portée, elle, s’avère faible. Lors de l’attribution de cette bande « cœur », 310 MHz seront proposés aux opérateurs. Une quantité jugée « significative » par l’Arcep.  Pour cette attribution, l’Arcep propose une procédure en deux temps. Le premier permettra aux quatre opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir chacun un bloc d’une taille de 40 à 60 MHz, à prix fixe, lequel sera déterminé par le gouvernement. Des engagements spécifiques seront liés à ces blocs. Les opérateurs devront notamment répondre aux demandes jugées « raisonnables » des industriels désireux de bénéficier de la 5G à certains endroits. Ou encore lancer des offres 5G à usage fixe dans certains territoires peu peuplés. Dans un second temps, les fréquences restantes seront mises aux enchères. Les opérateurs pourront cette fois acquérir plusieurs blocs de 10 MHz, avec un prix de réserve fixé ici aussi par le gouvernement. Tous les opérateurs qui remporteront des fréquences seront soumis à des obligations. Chacun devra notamment déployer 12.000 sites en 5G d’ici à la fin 2025 – ce qui correspond, selon l’Arcep, à une couverture des deux tiers de la population. Pour ne pas réserver la 5G aux grandes villes et éviter une nouvelle fracture numérique, des obligations concernent les territoires ruraux. Ainsi, en 2025, 90% des sites mobiles d’un opérateur devront proposer un débit au moins égal à 240 mégabits par seconde – lequel pourra être atteint soit via la 5G, soit par le biais d’une 4G boostée.  Il faudra au final attendre 2030 pour que tous les sites mobiles des opérateurs proposent a minima un débit de 240 mégabits par seconde.

 

Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs

Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs  

 

Y aura-t-il une technologie 5G  pour les villes et une autre pour les ploucs ? C’est la question qu’on peut se poser en raison du passé mais aussi du futur. Pour le passé, on sait que nombre de zones ne sont pas encore couvertes par la 3G, la 4G ou  ne sont pas couvertes du tout ou alors de temps en temps. Pour le futur, il n’est pas certain que la 5G couvre  rapidement l’ensemble du territoire. On pourrait se contenter pour certaines zones de la 4G améliorée. De toute manière la 5G à très, très  débit, celle des 26 GHz, sera réservé aux villes L’attribution va concerner la bande de fréquences des 3,4 à 3,6 GHz. qui permet d’offrir un bon débit couplé à une portée correcte pour couvrir le pays. Mais  autre bande, celle des 26 GHz, sera plus tard attribuée aux opérateurs. Ces fréquences seront essentiellement utilisées dans les villes, car si elles permettent des débits très puissants, leur portée, elle, s’avère faible. Lors de l’attribution de cette bande « cœur », 310 MHz seront proposés aux opérateurs. Une quantité jugée « significative » par l’Arcep.  Pour cette attribution, l’Arcep propose une procédure en deux temps. Le premier permettra aux quatre opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir chacun un bloc d’une taille de 40 à 60 MHz, à prix fixe, lequel sera déterminé par le gouvernement. Des engagements spécifiques seront liés à ces blocs. Les opérateurs devront notamment répondre aux demandes jugées « raisonnables » des industriels désireux de bénéficier de la 5G à certains endroits. Ou encore lancer des offres 5G à usage fixe dans certains territoires peu peuplés. Dans un second temps, les fréquences restantes seront mises aux enchères. Les opérateurs pourront cette fois acquérir plusieurs blocs de 10 MHz, avec un prix de réserve fixé ici aussi par le gouvernement. Tous les opérateurs qui remporteront des fréquences seront soumis à des obligations. Chacun devra notamment déployer 12.000 sites en 5G d’ici à la fin 2025 – ce qui correspond, selon l’Arcep, à une couverture des deux tiers de la population. Pour ne pas réserver la 5G aux grandes villes et éviter une nouvelle fracture numérique, des obligations concernent les territoires ruraux. Ainsi, en 2025, 90% des sites mobiles d’un opérateur devront proposer un débit au moins égal à 240 mégabits par seconde – lequel pourra être atteint soit via la 5G, soit par le biais d’une 4G boostée.  Il faudra au final attendre 2030 pour que tous les sites mobiles des opérateurs proposent a minima un débit de 240 mégabits par seconde.

 

 

5G : une technologie pour la ville, une autre pour les ploucs

5G : une technologie pour la ville, une autre pour les ploucs  

Y aura-t-il une technologie 5G  pour les villes et une autre pour les ploucs ? C’est la question qu’on peut se poser en raison du passé mais aussi du futur. Pour le passé, on sait que nombre de zones ne sont pas encore couvertes par la 3G, la 4G ou  ne sont pas couvertes du tout ou alors de temps en temps. Pour le futur, il n’est pas certain que la 5G couvre  rapidement l’ensemble du territoire. On pourrait se contenter pour certaines zones de la 4G améliorée. De toute manière la 5G à très, très  débit, celle des 26 GHz, sera réservé aux villes L’attribution va concerner la bande de fréquences des 3,4 à 3,6 GHz. qui permet d’offrir un bon débit couplé à une portée correcte pour couvrir le pays. Mais  autre bande, celle des 26 GHz, sera plus tard attribuée aux opérateurs. Ces fréquences seront essentiellement utilisées dans les villes, car si elles permettent des débits très puissants, leur portée, elle, s’avère faible. Lors de l’attribution de cette bande « cœur », 310 MHz seront proposés aux opérateurs. Une quantité jugée « significative » par l’Arcep.  Pour cette attribution, l’Arcep propose une procédure en deux temps. Le premier permettra aux quatre opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir chacun un bloc d’une taille de 40 à 60 MHz, à prix fixe, lequel sera déterminé par le gouvernement. Des engagements spécifiques seront liés à ces blocs. Les opérateurs devront notamment répondre aux demandes jugées « raisonnables » des industriels désireux de bénéficier de la 5G à certains endroits. Ou encore lancer des offres 5G à usage fixe dans certains territoires peu peuplés. Dans un second temps, les fréquences restantes seront mises aux enchères. Les opérateurs pourront cette fois acquérir plusieurs blocs de 10 MHz, avec un prix de réserve fixé ici aussi par le gouvernement. Tous les opérateurs qui remporteront des fréquences seront soumis à des obligations. Chacun devra notamment déployer 12.000 sites en 5G d’ici à la fin 2025 – ce qui correspond, selon l’Arcep, à une couverture des deux tiers de la population. Pour ne pas réserver la 5G aux grandes villes et éviter une nouvelle fracture numérique, des obligations concernent les territoires ruraux. Ainsi, en 2025, 90% des sites mobiles d’un opérateur devront proposer un débit au moins égal à 240 mégabits par seconde – lequel pourra être atteint soit via la 5G, soit par le biais d’une 4G boostée.  Il faudra au final attendre 2030 pour que tous les sites mobiles des opérateurs proposent a minima un débit de 240 mégabits par seconde.

La cité idéale grâce à la technologie ? (Tony Canadas)

La cité idéale grâce à la technologie ? (Tony Canadas)

 

Tony Canadas, Président de l’association « La Ville Intelligente Citoyenne » reprend le concept   anglais  de Smart City qui  désigne une ville utilisant les technologies de l’information et de la communication pour  améliorer  la qualité des services urbains réduire ses coûts et pense qu’le peut aussi rendre plus la cité lus démocratique et te plus écologique. Reste à savoir cependant si les métropolisation de constitue pas un sérieux obstacle pour la réalisation de cette cité idéale. Article de la Tribune.  

 

« La Smart City de demain ? Au fil des rencontres et des échanges que j’ai pu faire sur ce vaste sujet, je me suis rendu compte que la ville intelligente, astucieuse, créative, économe, celle où chacun aimerait vivre en parfaite harmonie et en toute sécurité, passe par l’implication des citoyens eux-mêmes dans le développement de leur cité.

La technologie qui permet de faciliter la mobilité, réduire les dépenses, ou proposer des services facilitant le quotidien des habitants, ne remplacera jamais les relations humaines, les valeurs de solidarité et de respect de notre environnement. Bref, la révolution numérique et l’internet des objets ne seront qu’une partie des solutions qui pourront rendre le monde meilleur. Pour moi, le territoire ne sera considéré comme intelligent que si l’on place l’humain au centre et non pas la «machine ». Le citoyen devra être plus qu’un consommateur, il devra devenir consommateur du territoire sur lequel il résidera et pourra agir. Nous touchons à la fois à l’écologie, la santé, l’économie, au social, à la culture, à l’éducation et à la communication mais le territoire devra d’abord être humain avec une meilleure approche sur les besoins et usages. La Smart City telle que nous pouvons la définir devra intégrer la technologie pour mieux gérer les ressources et le quotidien des usagers mais également une organisation urbaine plus efficiente et plus vertueuse, avec une qualité environnementale améliorée et une vie démocratique plus participative.
Même si les technologies numériques et les objets connectés s’emparent de territoires où de nouveaux besoins sociaux et environnementaux émergent, le territoire intelligent tel que nous l’entendons devra être un espace urbain, mais pas seulement, plus écologique, plus inclusif, mais aussi plus sûr, un territoire où les citoyens participeront vraiment à la vie de la cité. Un territoire qui se réinvente intelligemment devra commencer par mettre en place tous les outils qui permettront d’impliquer davantage les citoyens dans l’administration du territoire. « Il me paraîtrait inconcevable de le penser sans eux ». Et pour que cette évolution soit pérenne, il sera nécessaire de permettre à chaque citoyen de connaître, d’analyser et d’influer au mieux et surtout avec bienveillance sur les données de son environnement.
Face à la nécessité de repenser nos modèles au-delà de la simple optimisation technique, la convergence du numérique et de l’écologie est sans doute ce que nous pourrions faire de mieux pour réussir l’aménagement des villes et des territoires. Mais la dégradation progressive de notre environnement que nous constatons chaque jour laisse à penser que nous savons peut-être mieux décrire le but à atteindre que tracer le chemin à suivre. En effet, si l’une de ces transitions se caractérise par le but à atteindre, l’autre serait plutôt le chemin à suivre. Et pourtant il semble bien que chacune ait besoin de l’autre pour avancer.
Sauf qu’aujourd’hui les acteurs de ces deux grandes thématiques évoluent dans des sphères isolées, sans réaliser la puissance transformatrice qu’aurait la mise en place d’une véritable confluence. Pour cela, la  convergence des transitions écologique et numérique ne peut pas se limiter qu’à des solutions purement techniques en termes d’optimisation, d’efficience, voire de substitution de ressources. Ces solutions sont certes nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes pour renverser la donne. Ces réorientations nécessaires appellent donc bien à une véritable transformation du système, avec un changement de nos modes de consommation, de production et de vie dans l’objectif de tendre vers des économies plus ambitieuses et donc plus durables dans le temps.

Au service de ces réorientations dont nous serions tous les acteurs, le numérique sera bien plus qu’un simple outil technique. Il pourra être utilisé pour développer de nouvelles façons de travailler, de penser de connaître et d’agir. Il sera l’outil qui permettra d’appuyer des formes novatrices et puissantes de participation, de mobilisation et d’action collective. Il rendra aussi possibles des collaborations inédites, de nouvelles formes d’échanges et de partages ainsi qu’une articulation plus agile entre tous les acteurs du territoire, mais également entre chaque système. Le numérique au service de l’écologie ne se contentera donc plus de réduire sa propre empreinte écologique, même si c’est bien sûr nécessaire. Il intégrera l’écologie dans toutes ses perspectives de développement, et il cherchera délibérément à accélérer la transformation écologique des filières et des systèmes qu’il outillera. Ainsi, la Smart City pourra et devra contribuer à mesurer autrement la richesse, mieux orienter les activités humaines, à organiser le partage et la mutualisation des ressources, à réorganiser des secteurs entiers  autour de ressources renouvelables, à s’orienter au mieux vers  des circuits courts ou « circulaires » et à développer d’autres imaginaires que celui de la consommation… »

Technologie 5G : une révolution à partir de 2020 en Europe (Mariya Gabriel)

Technologie 5G : une révolution à partir de 2020 en Europe (Mariya Gabriel)

Mariya Gabriel, Commissaire européenne chargée de l’Economie et de la Société numériques explique que la technologie 5G va constituer une révolution en Europe pour économie et la vie quotidienne. (Article de la Tribune)

 

« L’Europe vient de franchir une étape cruciale pour façonner une société et une économie digitales qui soient au service des citoyens. Elle vient en effet de trouver un accord politique sur des règles communes pour qu’une technologie essentielle pour l’innovation, la 5G, puisse se développer à partir de 2020. En matière de connectivité aussi, « Europe is back ». La négociation, lancée par le Président Juncker dans le cadre du marché unique du numérique, avait déjà connu un nouvel élan avec la proposition que nous avions faite en octobre dernier d’une « roadmap  du spectre», une feuille de route concrète pour que les entreprises disposent de radiofréquences en quantité suffisante et puissent se préparer au déploiement de la 5G dès 2020. Cette négociation a été longue, difficile, souvent technique et controversée, mais le résultat acquis en vaut la peine. Ce sera un pan important de l’héritage de la Commission Juncker pour assurer que le marché unique du numérique se traduise par des bénéfices concrets pour les citoyens. Revenons sur les enjeux concrets de cette négociation. Partager ses données de santé avec son médecin en étant en voyage, effectuer une opération chirurgicale à distance et bénéficier de médicaments personnalisés, mieux gérer le trafic routier d’une ville en temps réel, se déplacer dans une voiture à conduite automatique ; faire l’expérience de réalité virtuelle, gérer ses applications domotiques depuis son lieu de travail et même localiser son chien ou son chat en temps réel. Le point commun de toutes ces activités s’écrit en deux lettres : 5G. Cette technologie qui permet de communiquer à des vitesses de plus de 10 gigabits par seconde et en temps réel, va révolutionner nos vies, nos sociétés et nos économies. Pour ne prendre qu’un seul exemple, alors qu’il fallait 33 jours pour effectuer le téléchargement pour la séquence d’un génome humain en 2016, il faudra 39 heures avec la 5G. Grâce à cette technologie, ce sont des milliers de nouveaux services, des centaines d’innovations qui exploiteront un internet présent partout, en permanence et en toute chose grâce à l’Internet des objets. Bien évidemment, la compétition mondiale pour maîtriser cette technologie et bénéficier des avantages de précurseur fait rage depuis déjà plusieurs années. Après l’échec relatif de la 4G, l’Europe n’a pas le choix et veut affirmer son ambition : elle doit saisir cette opportunité qui représente plus de 113 milliards d’euros de bénéfices annuels et près de 2,4 millions d’emplois.  Mais le développement de la 5G en Europe repose sur deux conditions préalables. D’abord  avoir accès à une quantité suffisante d’une ressource naturelle qui s’appelle le « spectre » et qui concerne l’attribution de fréquences radio. Ce spectre a une valeur très importante : à l’heure actuelle on estime que la valeur économique des services qui utilisent le spectre représente 500 milliards d’euros par an et 1.000 milliards en 2023. Mais pour développer la 5G il faut que la mise à disposition de ce spectre soit coordonnée au niveau européen, un peu comme nous l’avons fait dans les années 1950 avec le charbon et l’acier. Une action au niveau européen aura assurément  une valeur ajoutée indéniable. Ensuite, il faut créer un environnement règlementaire qui favorise les investissements et la prise de risques dans les licences de fréquence à long terme. A cette fin, les investisseurs ont besoin de prévisibilité et de clarté concernant l’accès à la ressource de fréquences radio: de la même manière qu’il est plus facile d’acheter une maison sur 25 ans que sur 15 ans, les opérateurs ont besoin d’une garantie d’accès à la ressource spectrale sur le long terme pour investir. C’est précisément sur ces deux points que l’Europe vient de progresser de manière cruciale dans le cadre des discussions sur le code des télécommunications. L’accord politique trouvé jeudi soir dernier consacre les derniers éléments qui faisaient encore l’objet de divergences depuis octobre, notamment de la mise à disposition du spectre d’ici 2020,  une visibilité sur 20 ans pour les investissements dans des licences, une coordination des procédures d’allocation et une attribution du spectre en temps opportun.  Cet accord montre que la machine européenne à créer du consensus et à harmoniser dans l’intérêt général des Européens fonctionne efficacement, y compris dans un domaine hautement sensible – celui des ressources naturelles – qui constitue une source de revenus importants pour les Etats membres. Bien évidemment, il reste encore beaucoup  à faire pour finaliser les autres dispositions du code des télécommunications proposées par la Commission en septembre 2016, notamment celles qui permettront de favoriser les co-investissements dans les infrastructures terrestres telles que la fibre.

Mais  je suis confiante, dans la foulée de la vision commune exprimée par les chefs d’Etat et de gouvernement au Sommet numérique de Tallinn en septembre 2017, que nous pourrons finir ces négociations sous Présidence Bulgare du Conseil de l’UE. C’est ensemble que l’Europe pourra être forte. Il est crucial de maintenir un niveau d’ambition élevé afin de conforter notre position de leader mondial. C’est par le biais de tels accords que nous pourrons offrir un avenir meilleur à nos citoyens en Europe non pas après-demain, mais dans un futur  très proche. »

Bitcoin : une bulle qui va éclater mais pas la technologie

Bitcoin : une bulle qui va éclater mais pas la technologie

C’est l’avis  de  KENNETH ROGOFF Professeur à l’université de Harvard  dans un article des Echos. Le Bitcoin vient de perdre brutalement 4000 dollars (actuellement à 14 000 dollars), du coup cette réflexion prend du relief.

 

Extraits :

 

« Certains évangélistes du bitcoin le voient grimper  beaucoup plus haut dans les années qui viennent. Ce qui va se passer ensuite va dépendre, en grande partie, de la manière dont les gouvernements vont réagir. Vont-ils tolérer les systèmes de paiement anonymes qui facilitent l’évasion fiscale et le crime ? Vont-ils créer leurs propres devises numériques ? Une autre question clef est de savoir avec quel degré de réussite les nombreux  concurrents du bitcoin peuvent pénétrer le marché. En principe, il est extrêmement facile de cloner ou d’améliorer la technologie du bitcoin. Ce qui est moins simple est de dupliquer la place de leader atteinte par le bitcoin en termes de crédibilité et dans le grand écosystème d’applications qui s’est construit autour de lui. Pour l’instant, l’environnement réglementaire reste une foire d’empoigne. Le gouvernement chinois, préoccupé par l’utilisation du bitcoin dans la fuite de capitaux et la fraude fiscale, a  récemment interdit les échanges de bitcoins. Le Japon, de son côté, a inscrit le bitcoin comme monnaie légale, dans une apparente tentative de devenir le centre mondial de la technologie financière. Dans la Silicon Valley, les cadres à l’affût investissent à la fois dans le bitcoin et injectent de l’argent dans ses concurrents. Le plus important d’entre eux est  l’ethereum . Son ambition est de grande envergure, comparable à celle d’Amazon. Elle consiste à permettre à ses utilisateurs d’employer la même technologie générale pour négocier et conclure des « contrats intelligents » pour à peu près tout. Au début du mois d’octobre, la capitalisation boursière d’Ethereum s’établissait à 28 milliards de dollars, contre 72 milliards de dollars pour le bitcoin. Ripple, une plate-forme soutenue par le secteur bancaire afin de réduire les coûts de transaction pour les transferts interbancaires et d’outre-mer, se classe loin derrière à 9 milliards de dollars. Derrière les trois premiers se trouvent des douzaines de nouveaux concurrents. La plupart des experts s’accordent à dire que l’ingénieuse technologie derrière les monnaies virtuelles peut avoir de vastes applications dans le domaine de la cybersécurité, qui pose l’un des plus grands défis actuels contre la stabilité du système financier mondial. Pour de nombreux développeurs, l’objectif d’obtenir un mécanisme de paiement meilleur marché et plus sécurisé a supplanté l’ambition du bitcoin de remplacer les dollars. Mais c’est de la folie de penser que le bitcoin sera autorisé à supplanter une monnaie émise par une banque centrale. C’est une chose pour les gouvernements de permettre de petites transactions anonymes avec des monnaies virtuelles. C’en est une autre d’autoriser les paiements anonymes à grande échelle, ce qui pourrait rendre extrêmement difficile la perception des impôts ou le contrôle de l’activité criminelle. Il sera intéressant de voir comment l’expérience japonaise va évoluer. Le gouvernement a indiqué qu’il va surveiller les échanges en bitcoins pour être à l’affût des  activités criminelles et pour recueillir des informations sur les détenteurs de dépôts. Néanmoins, nous pouvons être certains que l’évasion fiscale mondiale va chercher des manières d’acquérir des bitcoins de manière anonyme à l’étranger puis de blanchir son argent par le biais de comptes japonais. En adoptant les monnaies virtuelles, le Japon risque de devenir un paradis fiscal comparable à la Suisse - avec des lois sur le secret bancaire inséparables de la technologie. Si le bitcoin est dépouillé de son quasi-anonymat, il risque d’être difficile de justifier son prix actuel. Va-t-il tomber à zéro si les gouvernements deviennent capables de parfaitement observer les transactions ? Peut-être pas. Même si les transactions en bitcoin nécessitent un montant exorbitant d’électricité, avec quelques améliorations, le bitcoin pourrait encore battre les 2 % de frais des grandes banques sur les cartes de crédit et de débit. Enfin, il est difficile de voir ce qui peut empêcher  les banques centrales de créer leurs propres devises numériques et d’utiliser la réglementation, afin de faire pencher la balance en leur faveur jusqu’à ce qu’elles remportent la partie. La longue histoire des monnaies nous indique que ce que le secteur privé fait innover, l’Etat finit par le réglementer et par se l’approprier. Je n’ai aucune idée du prix que le bitcoin va atteindre au cours des deux prochaines années, mais il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que l’argent virtuel évite un sort semblable. Kenneth Rogoff est professeur d’économie et de sciences politiques à l’université de Harvard. Cet article est publié en collaboration avec Project Syndicate 2017. »

 

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