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France 2 Tapie : un grand numéro de cirque !

France 2 Tapie : un grand numéro de cirque !

De toute évidence ce n’est pas dans l’émission d’infos de Pujadas que Tapie devrait passer mais   dans « le plus grand cabaret du monde »  de Sébastien. Quel numéro de cirque, la gouaille, le baratin, la fausse colère, l’agressivité, la grossièreté, l’injure,  la vulgarité, la compassion même pour son propre sort. Pujadas était visiblement largué par un Tapie soudainement  guéri de sa défaillance de santé lors de sa garde à vue. Sans doute un effet de la réouverture de la grotte de Lourdes après les inondations. Et quelle argumentation juridique : il avait mis un « e » à Estoup ( Estoupe) donc il ne le connait pas !! C’est à coup sûr le meilleur camelot de France et s’il n’y avait pas eu l’injure de la fin d’interview ‘ « vous vous foutez de ma gueule » Pujadas lui aurait sans doute acheté un aspirateur ; un Pujadas, il faut le dire, comme d’habitude un peu léger lorsqu’il s’agit de débats économiques ou politiques. Tapie qui affirme tout simplement être victime d’un complot Une preuve, on le même pas remercié pour la victoire de la coupe du monde de foot en 1998 dont il s’attribue les mérites ! Vraiment du grand art ; pas de l’info, non du cirque, du théâtre, du guignol, du vrai spectacle vivant, spectacle de rue, de trottoir même.  alors  Bernard Tapie, mis en examen pour « escroquerie en bande organisée », a donc  jugé lundi que c’était l’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy qui était « dans les faits » visé par l’enquête sur l’arbitrage en sa faveur dans son litige avec le Lyonnais. »On a essayé de l’accrocher. C’est lui qu’on visait dans les faits », a affirmé sur France 2 M. Tapie.  Qui a pris la décision de recourir à l’arbitrage? « Mme Lagarde », ministre de l’Economie de l’époque, rétorque Bernard Tapie.  Quant à Nicolas Sarkozy, il n’est certes « pas pensable, aucunement, qu’il n’ait pas donné son feu vert », « mais entre donner son feu vert et donner son accord donc, ou être à la manœuvre… », a-t-il ajouté.  Interrogé sur ses visites à l’Elysée à l’époque, M. Tapie a démenti qu’elles aient eu l’arbitrage pour objet, affirmant n’en avoir « jamais » parlé à M. Sarkozy. « Moi, M. Sarkozy, je peux le voir 30 fois, pas une fois je vais lui parler de l’arbitrage », a lancé M. Tapie, se targuant par ailleurs de son amitié avec l’actuelle garde des Sceaux Christiane Taubira.  Il a toutefois concédé avoir pu aborder le sujet avec les conseillers de l’ex-chef de l’Etat, à leur demande. L’enquête a notamment montré que le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, était intervenu dans le dossier. Cet ancien ministre de l’Intérieur devrait être rapidement entendu par les enquêteurs.  Les juges d’instruction soupçonnent l’arbitrage, grâce auquel M. Tapie s’était vu octroyer 403 millions d’euros pour solder le litige sur la vente d’Adidas, d’avoir été truqué au profit de l’homme d’affaires de 70 ans.  Ils ont mis en examen cinq personnes dans ce qu’ils interprètent comme une « escroquerie en bande organisée ».   Outre Bernard Tapie et son avocat Maurice Lantourne, sont poursuivis un des trois arbitres ayant rendu la sentence, Pierre Estoup, l’ex-président du Consortium de réalisations (CDR, organisme sous tutelle de l’Etat chargé du passif du Crédit Lyonnais) Jean-François Rocchi, et Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy.  La patronne du Fonds monétaire international (FMI) avait échappé fin mai à une mise en examen, en sortant avec le statut de témoin assisté de son audition par le Cour de justice de la République (CJR).  L’homme d’affaires a soutenu ne pas connaître l’un des arbitres, Pierre Estoup, le premier des cinq à avoir été mis en examen pour escroquerie en bande organisée.  Il en a voulu pour preuve le fait d’avoir fait une faute dans une dédicace d’un de ses livres en 1998, en l’adressant à M. « Estoupe ». « Il y a 14 ou 15 ans, je ne savais pas qui c’était Estoup » , a dit M. Tapie, qui explique cette dédicace par le fait qu’à l’époque, en prise avec la justice, il avait appris que le magistrat l’avait défendu « dans un environnement qui (lui) était hostile ».  Pour l’homme d’affaires, l’enquête se résume à un « complot » le visant et « il n’y a rien » dans le dossier.   »Tellement je suis certain qu’il n’y a pas eu de magouille, j’ai proposé l’ensemble des actions de toutes les holdings en garantie avec caution et des holdings et de moi-même », a encore dit M. Tapie, qui avait promis d’annuler l’arbitrage si l’enquête révélait « la moindre entourloupe ».  Si Bernard Tapie a jugé « excessivement rare » la durée de 96 heures de garde à vue qu’il a subie, il a estimé qu’elle avait été « moins difficile à vivre » que l’ »acharnement » médiatique dont il se dit victime.

 

Tapie victime d’ un complot !!

Tapie victime d’ un complot !!

Après sa garde à vue et sa mise en examen pour escroquerie en bande organisée, Bernard Tapie s’est exprimé lundi soir sur le plateau de France 2 sur l’affaire Adidas-Crédit Lyonnais. « Ça a été très difficile, chaque jour, chaque heure, chaque journal télévisé », raconte-t-il d’abord. « Je n’avais jamais vu un tel acharnement », accuse encore l’homme d’affaire, qui règle déjà ses comptes avec les journalistes dans son livre paru mercredi dernier. « J’ai souffert beaucoup de ça », confie-t-il aussi.  Il dit devoir défendre son « dossier sans laisser continuer de planer toutes ces erreurs et toutes ces omissions ».  Quant à ses liens flous avec Pierre Estoup, l’un des trois juges arbitres qui a rédigé la sentence arbitrale dont il a bénéficié à propos de la vente d’Adidas, Bernard Tapie maintient ses propos selon lesquels il ne le connaît pas. « Je peux simplement vous dire : il y a 14 ou 15 ans , je ne savais pas qui c’était », dit-il. « Il ne me connaissait, je ne le connaissais pas », répète encore l’ancien ministre. Pour preuve, il raconte avoir commis une faute d’orthographe dans l’écriture du nom de Pierre Estoup, lors qu’il lui a dédicacé un de ses livres : « Je le connais tellement pas que j’ai écrit Estoup avec un ‘e’ à la fin. » Et d’insister : « Je vous confirme de nouveau que la relation qui va être prouvée avec Pierre Estoup est nulle. » Très véhément, Bernard Tapie s’en est pris à de multiples reprises au journaliste David Pujadas, qui l’interrogeait. « Arrêtez de raconter ce que vous ne savez pas! », a-t-il imploré. « Je vous garantie que vous dites des choses qui ne sont pas vraies », a encore lancé l’ancien homme d’affaires dans de grands gestes. « Si vous m’invitez pour lire les journaux, je vous laisse tout seul avec vos journaux! », s’est encore emporté Bernard Tapie. Qui a pris cette décision de l’arbitrage? « Madame Lagarde », a-t-il répondu laconiquement en référence à l’ancienne ministre de l’Economie. Quant au rôle de Nicolas Sarkozy, Bernard Tapie se dit persuadé qu’ »on a essayé de l’accrocher, c’est lui qu’on visait dans les faits ». « Il n’est pas pensable, aucunement, que (Nicolas Sarkozy) n’ait pas donné son feu vert. Il a forcément donné son feu vert », a encore dit Bernard Tapie.  »Toutes mes visites à l’Elysée, je les ai faites en passant par la porte, sans rien cacher », a-t-il assuré. « Monsieur Sarkozy, je peux le voir trente fois et pas une fois parler de l’arbitrage. » Pourquoi se sent-il persécuté? Le réponse de Bernard Tapie est sans détour : « Vous vous foutez de ma gueule! », lance-t-il à David Pujadas. Et d’asséner : « Oui monsieur, c’est un complot! » Bernard Tapie justifie sa théorie par une anecdote qui remonte à 1998 : « Je vais vous l’expliquer, c’est très simple. Le soir de la victoire de la Coupe du monde de foot, qui a été gagnée par une équipe dans laquelle il y avait plus de la moitié qui était des Marseillais, j’ai essayé d’avoir une invitation pour la finale (…) J’ai pas eu le droit à une invitation. Et Didier Deschamps, quand on lui remet le trophée, la première déclaration il dit  ’cette Coupe du monde on la doit à Bernard Tapie’. Il y a deux France, Monsieur, celle de ceux qui ont le droit, et celle de ceux qui n’ont pas le droit ». (JDD)

 

Tapie : fin de garde à vue et mise en examen ?

Tapie : fin  de garde à vue et mise en examen ?

On voit mal comment Tapie pourrait échapper à la mise en examen dès lors que certains protagonistes l’ont été au motif d’escroquerie en bande organisée ; or il est le principal bénéficiaire de cette opération. Ou alors la justice va se ridiculiser une fois de plus. Les enquêteurs l’interrogent sur l’arbitrage rendu en 2008 dans son conflit avec le Crédit Lyonnais. La garde à vue de l’homme d’affaires, qui a démarré lundi matin, a été prolongée mercredi de 48 heures.  Depuis lundi, Bernard Tapie, 70 ans, dort à l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu, à deux pas du palais de justice, qui dispose d’une salle spécialisée, la salle Cusco, pouvant accueillir des gardés à vue nécessitant une surveillance médicale.  Quatre jours de garde à vue sont possibles lorsque l’enquête porte sur des soupçons de « bande organisée », comme dans l’affaire de l’arbitrage.  Outre M. Tapie, les enquêteurs avaient placé en garde à vue mardi son avocat, Me Maurice Lantourne, et lundi Jean Bruneau, ancien président de l’association des petits porteurs BTF (Bernard Tapie Finances).Ce dernier, âgé de 73 ans, a cependant été libéré jeudi soir sans poursuites. « Ce n’est que justice, ses déclarations n’ont révélé aucun élément permettant de le mettre en cause », a commenté à l’AFP son avocat Me Jean Tamalet.  A la fin de leur garde à vue, MM. Tapie et Lantourne seront soit déférés et présentés aux juges d’instruction en vue d’une mise en examen, soit convoqués à une date ultérieure, soit remis en liberté.  Dans cette affaire, les juges d’instruction soupçonnent l’arbitrage – au terme duquel M. Tapie s’était vu accorder 403 millions d’euros en 2008 – d’avoir été biaisé à son profit.  Les enquêteurs cherchent notamment à comprendre comment M. Tapie a plaidé sa cause à l’Élysée et à Bercy, et quels pouvaient être ses éventuels liens avec les arbitres.  Ils soupçonnent Me Lantourne d’avoir eu des relations professionnelles avec l’un des arbitres, Pierre Estoup, et de ne pas en avoir fait état au moment de l’arbitrage, comme l’exige la loi.  M. Estoup a été le premier mis en examen dans le dossier, pour « escroquerie en bande organisée », suivi de Stéphane Richard, PDG d’Orange et ex-directeur de cabinet de l’ancienne ministre de l’Économie et actuelle patronne du FMI Christine Lagarde, et Jean-François Rocchi, ancien patron du CDR (Consortium de réalisation, chargé du passif du Crédit Lyonnais).  Et les enquêteurs devraient prochainement entendre l’ancien secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, dont le rôle dans l’orchestration de l’arbitrage a , selon les témoignages, été central.  Avant sa convocation, Bernard Tapie s’était dit « serein », déclarant même à Europe 1 avec sa gouaille et son franc parler habituels « n’avoir rien à foutre » de ce rendez-vous.  Bloqué dans sa chambre-prison, l’ancien chanteur devenu ministre puis comédien, qui a déjà connu les barreaux des prisons de la Santé et de Luynes (Bouche-du-Rhône), a manqué la sortie de son livre, « un scandale d’État, oui! », paru jeudi (Ed. Plon), qui exonère Nicolas Sarkozy de toute responsabilité dans l’arbitrage en sa faveur.  L’ancien président « n’a pas cherché à m’aider. Il n’a pas provoqué l’arbitrage », « Il n’a pas donné d’instructions en ma faveur à quiconque. Mais il ne s’est pas opposé à la procédure permettant de sortir d’un litige qui datait de 1995″, écrit l’homme d’affaires.  Et de raconter: « A la fin de l’été 2012 (…), tout va bien. Et puis, le jeudi 24 janvier, c’est le coup de tonnerre: mon domicile est perquisitionné (…). C’est reparti pour un tour ». Débutée en 2011, l’enquête sur l’arbitrage controversé s’était soudain accélérée.   »Une fois de plus je vais me battre. Comme d’habitude », prévient M. Tapie dans son livre, affirmant « non, je n’ai pas volé l’argent qui m’a été finalement attribué. (…) Non, je n’ai pas coûté un sou au contribuable à qui j’ai, au contraire rapporté beaucoup ». Et pour lui, pas de doute, derrière cette affaire, c’est Nicolas Sarkozy que les juges cherchent à atteindre, avait-il confié à l’AFP.

 

Crédit Lyonnais : garde à vue de Tapie prolongée

Crédit Lyonnais :  garde à vue de Tapie prolongée

Depuis lundi matin, l’homme d’affaires est entendu par la brigade financière. Sa garde à vue a été prolongée, elle peut durer jusqu’à 96 heures. A l’issue, il pourrait être mis en examen pour complicité ou recel d’escroquerie, si les magistrats estiment qu’il y a des indices concordants. Un de ses avocats, Maurice Lantourne, est également en garde à vue.  L’enquête s’intéresse à des faits présumés d’escroquerie en bande organisée. Si les magistrats estiment qu’il y a des indices concordants sur sa participation à une présumée escroquerie, il pourrait être mis en examen pour complicité ou recel de ce délit.  Mardi après-midi, on a également appris de source judiciaire qu’un des avocats de Tapie, Me Maurice Lantourne, était lui aussi placé en garde à vue. Pour la seconde fois : après la première garde à vue, fin mai, aucune charge n’avait été retenue à son encontre. Mais les révélations se sont multipliées ces derniers jours, sur les liens jusque-là cachés entre Pierre Estoup et Maurice Lantourne… Pour l’heure, trois personnes ont été mises en examen : l’ex-juge arbitre Pierre Estoup, l’ex-directeur de cabinet de la ministre, et actuel PDG d’Orange, Stéphane Richard, l’ex-président du CDR Jean-François Rocchi. Christine Lagarde n’a été placée que sous le statut de témoin assisté. Et l’on a appris incidemment que François Pérol, ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée, a été entendu la semaine dernière, sans être placé en garde à vue. On se dit que Claude Guéant, ex-secrétaire général de l’Elysée, devrait suivre prochainement.

Tapie dédouane Sarkozy

Tapie dédouane  Sarkozy

Bernard Tapie réaffirme, dans un ouvrage à paraître jeudi chez Plon, que Nicolas Sarkozy n’a pas provoqué le recours à l’arbitrage pour solder son contentieux avec le Consortium de réalisation (CDR, créé pour solder l’héritage du Crédit Lyonnais), en 2008. « L’ancien président n’a pas cherché à m’aider. Il n’a pas provoqué l’arbitrage », dit l’homme d’affaires dans ce nouveau livre qui tourne, en bonne partie, autour de sa bataille avec l’ancienne banque publique, longue de près de vingt ans.   »Il n’a pas donné d’instructions en ma faveur à quiconque. Mais il ne s’est pas opposé à la procédure permettant de sortir d’un litige qui datait de? 1995. C’est tout », précise-t-il au sujet de l’arbitrage, qui lui a attribué 403 millions d’euros.  Il reconnaît s’être entretenu avec Nicolas Sarkozy « de nombreuses fois, à peu près tous les deux mois, avant, pendant et après qu’il soit président de la République ». « Sans être intimes ou proches, nous avons échangé », consent-il seulement.  Quant à l’arbitrage, l’ancien ministre livre un nouveau détail de la répartition de la somme qui lui a été attribuée.Il affirme avoir reçu, au final, les 45 millions d’euros liés à l’indemnisation du préjudice moral et 47 millions via sa société Groupe Bernard Tapie, soit environ 92 millions d’euros au total.   »Non, je n’ai pas volé l’argent qui m’a finalement été attribué. (…) Non, je n’ai pas coûté un sou au contribuable à qui j’ai au contraire rapporté beaucoup », déclare le copropriétaire de Groupe Hersant Media (GHM), qui a passé mercredi sa troisième nuit d’affilée en garde à vue.  Il estime ainsi que la somme que lui a attribué le tribunal arbitral est sensiblement inférieure au préjudice subi à l’occasion de la vente de l’équipementier sportif Adidas, en 1993, au bénéfice du Crédit Lyonnais, alors banque publique.  Par ailleurs, l’homme d’affaires rappelle également que le Lyonnais et ses filiales ont perçu d’importantes charges financières versées par les sociétés de Bernard Tapie avant leur placement en redressement judiciaire.  Les circonstances de l’arbitrage font l’objet d’une information judiciaire, qui a mené, ces dernières semaines, à la mise en examen de trois personnes: l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, Stéphane Richard, l’ancien président du CDR, Jean-François Rocchi et l’un des trois juges du tribunal arbitral, Pierre Estoup.  Au sujet de ce dernier, Bernard Tapie affirme qu’ »il était particulièrement qualifié, malgré les insinuations des sites de désinformation Médiapart et Bakchich, pour siéger au tribunal arbitral ».

 

Tapie ( toujours raffiné):  » Rien à foutre d’être convoqué »

Tapie ( toujours raffiné):  » Rien à foutre d’être convoqué »

 

Alors qu’il est convoqué ce lundi à la brigade financière de Paris pour y être interrogé sur l’arbitrage qui lui a permis d’empocher 403 millions d’euros , Bernard Tapie affiche son assurance et cultive toujours un langage directe et pour le moins imagé.  Interrogé par Europe 1, l’homme d’affaires affiche en effet une certaine distance par rapport à cette convocation : « Qu’est-ce que vous croyez ? Des rendez-vous comme celui là, j’en ai eu sept avec Eva Joly. Résultat : six non lieu et une relaxe », argumente-t-il, avant de conclure, avec ce phrasé qu’on lui connaît : « même système, même procédure, j’en ai rien à foutre… » « Sur le fond, je ne suis pas inquiet. Je me demande bien ce qu’ils peuvent trouver » explique-t-il encore en justifiant cet optimisme par le silence de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée : « S’il y avait quelque chose à trouver, François Pérol aurait parlé la semaine dernière », affirme encore Bernard Tapie. L’opportunité d’un recours contre l’arbitrage sera parallèlement examinée mardi et mercredi lors des conseils d’administration du Consortium de réalisation (CDR), l’organisme chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, et de l’Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), qui assurait la tutelle du CDR. « Les représentants de l’Etat auront bien sûr les instructions qui conviennent, je ne peux pas en dire plus », a déclaré dimanche le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, dans l’émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-I>Télé-Le Parisien.

 

Tapie : scandale d’Etat de Mitterrand à Sarkozy

 Tapie : scandale d’Etat de Mitterrand à Sarkozy

Laurent Mauduit*

 

Mis en difficulté avec l’affaire Cahuzac, les socialistes ont trouvé avec le scandale Tapie une opportunité de contre-attaque pour dénoncer l’affairisme qui avait cours sous le précédent quinquennat. En chœur, tous les hiérarques de la Rue de Solferino dénoncent donc à qui mieux mieux cette « affaire d’Etat ».  Ils se font un malin plaisir de souligner qu’elle va nécessairement éclabousser Nicolas Sarkozy, à l’origine des instructions qui ont conduit au désormais célèbre arbitrage et aux 403 millions d’euros perçus sans doute indûment par Bernard Tapie.  Au risque de jouer les rabat-joie, il faut pourtant dire les choses telles qu’elles sont : les dignitaires socialistes n’ont aucune raison de tirer la couverture à eux et de s’attirer les mérites de ce spectaculaire épilogue judiciaire qui est en train de se jouer, avec la mise en examen de l’un des arbitres pour «escroquerie en bande organisée».  D’abord parce qu’ils n’ont pas joué les premiers rôles dans la bataille pour que la vérité finisse par émerger – le président du MoDem, François Bayrou, a manifesté une pugnacité autrement plus remarquable. Et puis, surtout, les socialistes ont une part de responsabilité dans cette histoire stupéfiante, qu’il est opportun de ne pas oublier.  En quelque sorte, Bernard Tapie fait le pont entre les aspects les plus sombres du mitterrandisme et les traits les plus saillants du sarkozysme. Ou, si l’on préfère, c’est un formidable révélateur de l’affairisme qui avait cours sous le premier, et qui s’est encore accentué sous le second. L’histoire de Bernard Tapie peut en effet se résumer à ce sidérant raccourci : le scandale, c’est sous François Mitterrand qu’il a commencé, et c’est sous Nicolas Sarkozy qu’il s’est achevé.  Sa bonne fortune, c’est, de fait, sous le second septennat de François Mitterrand que Bernard Tapie a commencé à la connaître. D’abord parce que les socialistes ont pris à l’époque la responsabilité de le présenter sous les traits d’un entrepreneur modèle, au point de faire de lui un ministre, alors qu’il n’était qu’un aventurier sans trop de scrupule de la vie financière, jouant en permanence sur le registre du populisme.  Mais il y a encore beaucoup plus grave que cela. C’est que Bernard Tapie a tiré financièrement avantage de cette courte échelle que lui ont faite les socialistes. L’homme d’affaires se présente en effet souvent en victime et fait valoir qu’il aurait été floué par le Crédit lyonnais lors de la revente du groupe Adidas, mais la vérité est tout autre. S’il n’avait pas été protégé par François Mitterrand, il n’aurait jamais profité des bonnes grâces du Crédit lyonnais, qui était à l’époque une banque nationalisée.

 

On oublie trop souvent que Bernard Tapie n’a jamais engagé le moindre argent personnel – pas un seul centime - lors de sa prise de contrôle, en juillet 1990, du groupe Adidas : c’est la banque publique qui a financé l’opération, en lui faisant un prêt de 1,6 milliard de francs sur deux ans ; prêt que Bernard Tapie n’a jamais été capable de rembourser. Or, deux ans plus tard, après déjà bien des péripéties, si la banque, à l’époque dirigée par Jean-Yves Haberer, avait été un établissement normal ; si l’Elysée n’avait pas fait comprendre que Bernard Tapie était sous sa protection et allait bientôt redevenir ministre, l’histoire se serait arrêtée là.

Le Crédit lyonnais aurait fait jouer les nantissements dont il disposait sur les titres Adidas de Bernard Tapie, et il n’y aurait pas eu de litige commercial les années suivantes. Et il n’y aurait pas eu non plus d’arbitrage seize ans plus tard.

En somme, Bernard Tapie a profité d’un traitement de faveur indigne d’une démocratie, en 1992, parce qu’il était l’un des protégés de François Mitterrand. Et c’est grâce à cela, sans jamais avoir investi le moindre sou dans Adidas, qu’il a pu, longtemps après, intriguer dans les coulisses du pouvoir sarkozyste.

 

A bon droit, on peut donc juger sévèrement cette histoire d’arbitrage, dont Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde ont pris l’initiative en 2007. Très sévèrement, surtout si la justice arrive à étayer ce qui est aujourd’hui sa suspicion, à savoir que toute la procédure n’a été, en réalité, qu’une invraisemblable «escroquerie», conduite par une «bande organisée» qui pourrait avoir des ramifications jusqu’à l’intérieur même de l’Etat.

Mais il ne faut donc pas perdre de vue que ce scandale trouve sa source dans d’autres dérives, celles qu’ont connues les socialistes au début des années 90. Epoque passablement glauque ! C’étaient les «années-fric», les années de «l’argent fou», éclaboussées par une cascade de scandales, du délit d’initiés de Pechiney-Triangle jusqu’aux détournements d’Elf.  De cette époque lointaine, où Bernard Tapie était le protégé de l’Elysée, il reste d’ailleurs des traces. Car, aujourd’hui encore, quelques socialistes lui sont restés fidèles et défendent sa cause. A commencer par le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui intrigue en permanence en sa faveur.  En quelque sorte, Bernard Tapie est un trait d’union entre deux époques détestables, où la démocratie était anémiée et l’affairisme, prospère. En sommes-nous vraiment sortis ?

* laurent.mauduit@mediapart.fr

 

Tapie : une affaire d ‘Etat mais félicitations à Richard (Montebourg) !

Tapie : une affaire d ’Etat mais félicitations à Richard (Montebourg) !

Comprenne qui pourra mais Montebourg n’est pas à une contradiction près. Pour lui, Tapie c’est une affaire d’Etat mais il félicité Stéphane Richard pour sa gestion d’Orange. Stéphane Richard a eu une action positive à la tête du groupe Orange, a jugé dimanche le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, ajoutant que François Hollande s’apprêtait à donner la position de l’Etat sur son maintien à la tête de l’opérateur. « En l’état, je considère qu’il a apporté des éléments positifs. Il a apaisé l’entreprise », a déclaré M. Montebourg, interrogé lors de l’émission Le Grand Jury, RTL, LCI et Le Figaro.  M. Montebourg a une nouvelle fois démenti avoir déclaré qu’en cas de mise en examen il serait difficile pour M. Richard de rester à son poste, comme le rapportait le quotidien Le Monde. « Quand j’ai découvert qu’on me prêtait ces propos, j’ai donc exprimé au Monde mon courroux », a-t-il dit.  Le ministre a par ailleurs indiqué que François Hollande allait donner la position de l’Etat sur le maintien à son poste de M. Richard « dans quelques minutes ou quelques heures », alors que le président de la République devait s’exprimer en soirée dans l’émission Capital sur M6.  Le JDD et le site internet du quotidien Le Monde affirment que Stéphane Richard va être maintenu à la tête de l’opérateur Orange lors du conseil d’administration prévu lundi après-midi, grâce au soutien de l’Etat.  Stéphane Richard, l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, a été mis en examen cette semaine pour « escroquerie en bande organisée » dans l’enquête sur l’arbitrage dont a bénéficié en 2008 Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais.   »Je crois que nous sommes en face d’une affaire d’Etat », a dit M. Montebourg, à propos de ce dossier.   »Il y a une escroquerie en bande organisée et je lis les journaux et j’apprends que la bande organisée se réunit à l’Elysée (…) Alors moi, je me pose la question: qui est le chef de bande? Mais je n’ai pas la réponse, la justice ne l’a pas encore désigné », a ajouté le ministre, interrogé sur le rôle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire.

 

Affaire Tapie : Borloo , ancien avocat de Tapie, à l’origine de l’arbitrage

Affaire Tapie : Borloo , ancien avocat de Tapie, à l’origine de l’arbitrage

C’est un nouveau pavé dans la marre. L’ex-ministre du Budget Alain Lambert (2002-2004) a affirmé jeudi sur BFMTV que Jean-Louis Borloo lui avait parlé « d’arbitrage en 2002″ pour mettre un terme au contentieux sur la vente d’Adidas entre l’homme d’affaires Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. Dans cette interview, Alain Lambert (ex-UMP) raconte une conversation tenue en 2002 avec Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Ville et lui-même. « A l’occasion du café qui précède chaque Conseil des ministres, Jean-Louis Borloo me suggère de rencontrer Bernard Tapie en me précisant qu’un contentieux existe entre Bernard Tapie et Bercy et qu’il y a pour l’Etat un risque financier et que la solution de la transaction serait meilleure », affirme l’ex-ministre du Budget. « Je dis que je ne connais pas le sujet et qu’il faut que ce soit l’administration qui traite avec le contribuable », poursuit le président du Conseil général de l’Orne. « Cet arbitrage, l’idée en est venue apparemment en 2007. Moi j’en parle avec lui en 2002, 5 ans avant », relève-t-il, en ajoutant aussitôt : « Je ne sais pas du tout si, en 2007, il (Borloo) a été dans la boucle ou pas. » Alain Lambert fait valoir que « l’administration considérait que l’intérêt de l’Etat était de continuer la procédure ». « L’administration fiscale », a-t-il insisté, « considérait qu’elle pouvait gagner devant les juridictions et elle n’avait aucun doute ». Jean-Louis Borloo, qui avait été l’avocat d’affaires de Tapie dans les années 1980, avait pourtant assuré sur RTL le 30 mai ne pas avoir « de commentaire à faire sur un dossier que je n’ai même jamais lu ». « Je ne connais pas ce dossier, je l’ai entendu par la presse exclusivement », avait ajouté le président de l’UDI.

 

Arbitrage Tapie : on se rapproche de Sarkozy

Arbitrage Tapie : on se rapproche  de Sarkozy

 

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé jeudi que l’Etat préparait un recours contre cet arbitrage, une démarche qui est de son « devoir », de l’avis de François Bayrou. Le président du Modem a en effet dénoncé « une manoeuvre » de gens qui « avaient décidé avant l’arbitrage ce que serait (son) résultat ».  Une source proche de l’enquête a indiqué jeudi à l’AFP que M. Richard, poursuivi pour « escroquerie en bande organisée », avait affirmé aux enquêteurs que Bernard Tapie était présent en 2007 à une réunion à l’Elysée destinée à mettre en place cette procédure plutôt que de s’en remettre à la justice, dans son litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d’Adidas.  M. Richard alors directeur de cabinet de la ministre de l’Economie Christine Lagarde, et Jean-François Rocchi, alors patron du Consortium de réalisation (CDR) chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, assistaient également à cette réunion avec François Pérol et Claude Guéant. MM. Rocchi et Richard ont été mis en examen mercredi, après Pierre Estoup, l’un des trois juges du tribunal arbitral qui avait octroyé 403 millions d’euros à Bernard Tapie.  Mme Lagarde, qui fait l’objet d’une enquête de la cour de justice de la République (CJR), a échappé à une mise en examen en étant placée sous statut de témoin assisté. Un statut provisoire qui peut à tout moment évoluer, y compris vers une mise en examen, note un connaisseur du dossier.  Les enquêteurs soupçonnent son directeur de cabinet Stéphane Richard d’avoir joué un rôle clé dans la mise en place de l’arbitrage. Interrogé par la brigade financière durant 48H00, M. Richard leur a ouvert une piste : l’arbitrage a été décidé directement à l’Elysée, sous la houlette de son secrétaire général Claude Guéant et du secrétaire général adjoint François Pérol.  M. Richard a raconté avoir été « convoqué » à l’Elysée par Claude Guéant le 24 ou 25 juillet 2007, a indiqué à l’AFP la source proche de l’enquête. Jean-François Rocchi avait reçu la même convocation à cette réunion dont l’objet n’avait pas été précisé, a ajouté cette source.  Claude Guéant a alors tranché: « Nous allons faire l’arbitrage », a rapporté M. Richard aux enquêteurs. Lui-même et M. Rocchi ont raconté avoir été « surpris », à leur arrivée de se retrouver face à MM. Guéant, Pérol et Tapie, comprenant alors que la réunion avait pour enjeu l’arbitrage.  Contacté par l’AFP, l’entourage de M. Richard n’a pas souhaité faire de commentaire. L’avocat de M. Rocchi, Me Jean-Alain Michel, n’a voulu « ni confirmer ni infirmer » l’information. M. Richard avait indiqué la semaine dernière à l’AFP avoir participé à une réunion de « validation » de l’arbitrage à l’Elysée, sans mentionner M. Tapie.  Ce dernier a multiplié les interviews, laissant entendre qu’il avait pu effectivement prendre part à une telle rencontre. S’il a expliqué à l’AFP « ne pas se souvenir de cette réunion à cette date », il a jugé que sa participation « pour expliquer (sa) position » lui paraîtrait « un processus logique ».  Mais une telle réunion, « six mois avant l’arbitrage », n’était pas une « réunion de validation » mais une « réunion d’information », a-t-il argumenté.  Qui a pris la décision ? L’homme d’affaires, dont l’enquête a montré qu’il avait eu plusieurs rendez-vous à l’Elysée avec Nicolas Sarkozy, ne répond pas. Mais dans un entretien au Parisien, il glisse: « Rien ne s’est fait en catimini. Et ni Stéphane Richard, ni Christine Lagarde, ni Claude Guéant n’avaient le pouvoir de décider. »  Placé au coeur de l’affaire, Claude Guéant, devrait être prochainement convoqué par les enquêteurs qui ont déjà perquisitionné son cabinet et son domicile. « Le prochain, c’est Guéant, c’est sûr », craint un responsable de l’UMP. Contacté par l’AFP, M. Guéant n’a pas donné suite.  L’actuel président de la BPCE, François Pérol, se défend d’avoir joué un rôle: « Il n’a pas travaillé à l’Elysée sur ce dossier-là. C’était traité à Bercy », assure un proche du dossier.  Très incertain, le maintien de M. Richard à la tête d’Orange sera décidé en début de semaine prochaine. M. Rocchi a de son côté démissionné de son poste de PDG du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique de l’Etat.

 

Affaire Tapie : Ayrault  » recours contre l’arbitrage » ; enfin !

Affaire Tapie : Ayrault  » recours contre l’arbitrage » ; enfin !

Il aura fallu un an à Ayrault pour comprendre mais c’est fait, ce qui ne l’empêche pas de dire des banalités terrifiantes !  Il donc prépare le recours en révision de l’arbitrage. « Nous contestons, nous continuons à contester un arbitrage qu’il y avait entre l’Etat et Mr Tapie », a déclaré le Premier Ministre au Journal du Dimanche et à France Inter. Ajoutant : « Je suis en totale cohérence avec ce que j’ai fait en tant que président de groupe. S’il y a un contentieux, je ne tranche pas sur le fond mais sur le principe c’est très important s’agissant des intérêts de l’Etat, des intérêts des contribuables. » « Sur le principe c’est très important qu’on n’utilise pas des méthodes qui semblent contraires aux principes de la République. C’est la logique et c’est la suite des choses », a complété Jean-Marc Ayrault. Mis en examen mercredi, Stéphane Richard doit-il quitter la présidence d’Orange? « L’Etat a déjà dit que le conseil d’administration devait se réunir », a rappelé le Premier ministre au Journal du Dimanche, avant de préciser : « Ce n’est pas le gouvernement qui le convoque, nous sommes actionnaires minoritaires. Nous attendons qu’il se réunisse pour examiner la situation nouvelle. Je ne vais pas ici contester les compétences de Mr Richard, je défends par principe les intérêts de l’entreprise et les intérêts de l’Etat. » Quand on demande à Jean-Marc Ayrault si Bernard Tapie devra à termes rendre l’argent, sa réponse se veut neutre : « Il faut repartir à zéro dans un autre cadre juridique, qu’on revienne à la justice ordinaire. » Pour le Premier ministre, « s’il est dû quelque chose à Mr Tapie, il n’y a pas de raison qu’il en soit privé », mais, a-t-il insisté, « dans un cadre juridique ordinaire, pour qu’il n’y ait aucune contestation, qu’on ne donne pas l’impression qu’il y ait eu un privilège. Car c’est comme ça que les Français le ressentent. » Jean-Marc Ayrault estime en effet qu’un « citoyen de base victime d’un préjudice moral touche quelques milliers d’euros ». « Là, les sommes sont considérables. Ça a choqué et je le comprends donc il faut rétablir la justice. »

 

Tapie : « j’ai de bonnes idées pour la politique »; à 400 millions, on peut !

Tapie : «  j’ai  de bonnes idées pour la politique » , à 400 millions on peut !

Bernard Tapie a choisi de s’exprimer ce jeudi. Dans un entretien accordé à l’agence de presse Reuters, l’homme d’affaires revient sur les points qui font polémique depuis plusieurs jours. Et surtout sur un point, livré par Stéphane Richard, le PDG d’Orange, et ancien chef de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l’Économie : sa présence en juillet 2007 à une réunion très importante à l’Élysée. « S’il l’a dit, c’est que c’est vrai« , affirme Bernard Tapie. Une forme d’aveu. Lors de cette réunion, qui « précédait de six mois la décision définitive d’arbitrage« , étaient notamment présents Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Élysée, et Jean-François Rocchi, ex-président du Consortium de réalisation (CDR). Ce dernier a été mis en examen, comme Stéphane Richard, pour escroquerie en bande organisée. Pour Charles de Courson, député UDI de la Marne, qui s’est toujours montré hostile à la procédure d’arbitrage, cette prise de parole montre que Bernard Tapie commence à sentir « le danger« . Selon Bernard Tapie, qui s’est vu accorder quelques mois après cette réunion 403 millions d’euros pour solder son conflit avec le Crédit Lyonnais, vient également au secours de Christine Lagarde. Selon lui, elle a souhaité à l’époque avoir un « grand nombre de consultations, d’avis et d’expertises » pour peser « les avantages et inconvénients » d’un arbitrage. La médiation avait échoué peu avant. Dans cette affaire, les enquêteurs souhaitent également savoir pourquoi Bernard Tapie et Nicolas Sarkozy se sont rencontrés à plusieurs reprises à cette époque. « J’ai vu le président de la République avant qu’il soit président tous les trois mois environ [...] Qu’est-ce qui explique [la proximité] que j’avais avec François Mitterrand et avec plein de gens de gauche et plein de gens de droite. C’est simplement parce que je suis dans un univers que j’aime bien et pour lequel j’ai eu de bonnes idées« . Quant à l’organisation, étonnante, de cette fameuse réunion à l’Élysée, et non pas à Bercy au ministère de l’Économie : « Je n’ai pas choisi l’endroit où on souhaitait me recevoir« . Le gouvernement français a annoncé ce jeudi matin qu’il entendait déposer un recours en révision pour faire annuler l’arbitrage, très contesté.

 

Tapie était à l’Elysée pour son propre arbitrage !

 

Tapie était à  l’Elysée pour son propre arbitrage !

Mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » dans cette affaire, Stéphane Richard, l’actuel PDG d’Orange a expliqué, durant sa garde à vue de 48 heures, avoir été « convoqué » à une réunion à l’Élysée par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, le 24 ou 25 juillet 2007. Stéphane Richard a précisé que Bernard Tapie était présent lors de cette réunion cruciale destinée à mettre en place la procédure d’arbitrage dans le litige qui l’opposait alors au Crédit Lyonnais à propos de la vente d’Adidas. Interrogé à ce sujet par Reuters, l’homme d’affaires a répondu : « S’il l’a dit, c’est que c’est vrai », soulignant qu’une telle rencontre « précédait de six mois la décision définitive d’arbitrage », qui lui a accordé 403 millions d’euros. Prié de dire pourquoi cette rencontre se serait déroulée à l’Elysée, et non à Bercy, Bernard Tapie répond : « Je n’ai pas choisi l’endroit où on souhaitait me recevoir. » Jean-François Rocchi, président du Consortium de réalisation (chargé de liquider le passif du Crédit Lyonnais), également mis en examen, avait reçu la même convocation à cette réunion dont l’objet n’avait pas été précisé. Claude Guéant a indiqué : « nous allons faire l’arbitrage », a rapporté Stéphane Richard aux enquêteurs. Lui-même et Jean-François Rocchi leur ont tous deux dit que Bernard Tapie était présent à cette réunion, de même que le secrétaire général adjoint, François Pérol. Selon des sources proches de l’enquête, Bernard Tapie aurait par ailleurs rencontré à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy pendant cette période. Mais l’ancien ministre de François Mitterrand rétorque dans une interview à Reuters qu’il voyait l’ex-chef de l’Etat régulièrement depuis longtemps. »J’ai vu le président de la République avant qu’il soit président tous les trois mois environ. Ça, c’est avant qu’il soit président, pendant qu’il est président et depuis qu’il n’est plus président. » Prié d’expliquer cette proximité, il répond : « Qu’est-ce qui explique celle que j’avais avec François Mitterrand et avec plein de gens de gauche et plein de gens de droite. C’est simplement parce que je suis dans un univers (politique) que j’aime bien et pour lequel j’ai eu de bonnes idées. » « Si François Hollande me demande de venir le voir, j’irai le voir ».  Le gouvernement français a annoncé jeudi qu’il entendait déposer un recours en révision pour faire annuler l’arbitrage favorable à l’homme d’affaires.

 

Affaire Tapie : scandale d’Etat de Mitterrand à Sarkozy

Affaire Tapie : scandale d’Etat de Mitterrand à Sarkozy

Laurent Mauduit*

 

Mis en difficulté avec l’affaire Cahuzac, les socialistes ont trouvé avec le scandale Tapie une opportunité de contre-attaque pour dénoncer l’affairisme qui avait cours sous le précédent quinquennat. En chœur, tous les hiérarques de la Rue de Solferino dénoncent donc à qui mieux mieux cette « affaire d’Etat ».  Ils se font un malin plaisir de souligner qu’elle va nécessairement éclabousser Nicolas Sarkozy, à l’origine des instructions qui ont conduit au désormais célèbre arbitrage et aux 403 millions d’euros perçus sans doute indûment par Bernard Tapie.  Au risque de jouer les rabat-joie, il faut pourtant dire les choses telles qu’elles sont : les dignitaires socialistes n’ont aucune raison de tirer la couverture à eux et de s’attirer les mérites de ce spectaculaire épilogue judiciaire qui est en train de se jouer, avec la mise en examen de l’un des arbitres pour «escroquerie en bande organisée».  D’abord parce qu’ils n’ont pas joué les premiers rôles dans la bataille pour que la vérité finisse par émerger – le président du MoDem, François Bayrou, a manifesté une pugnacité autrement plus remarquable. Et puis, surtout, les socialistes ont une part de responsabilité dans cette histoire stupéfiante, qu’il est opportun de ne pas oublier.  En quelque sorte, Bernard Tapie fait le pont entre les aspects les plus sombres du mitterrandisme et les traits les plus saillants du sarkozysme. Ou, si l’on préfère, c’est un formidable révélateur de l’affairisme qui avait cours sous le premier, et qui s’est encore accentué sous le second. L’histoire de Bernard Tapie peut en effet se résumer à ce sidérant raccourci : le scandale, c’est sous François Mitterrand qu’il a commencé, et c’est sous Nicolas Sarkozy qu’il s’est achevé.  Sa bonne fortune, c’est, de fait, sous le second septennat de François Mitterrand que Bernard Tapie a commencé à la connaître. D’abord parce que les socialistes ont pris à l’époque la responsabilité de le présenter sous les traits d’un entrepreneur modèle, au point de faire de lui un ministre, alors qu’il n’était qu’un aventurier sans trop de scrupule de la vie financière, jouant en permanence sur le registre du populisme.  Mais il y a encore beaucoup plus grave que cela. C’est que Bernard Tapie a tiré financièrement avantage de cette courte échelle que lui ont faite les socialistes. L’homme d’affaires se présente en effet souvent en victime et fait valoir qu’il aurait été floué par le Crédit lyonnais lors de la revente du groupe Adidas, mais la vérité est tout autre. S’il n’avait pas été protégé par François Mitterrand, il n’aurait jamais profité des bonnes grâces du Crédit lyonnais, qui était à l’époque une banque nationalisée.

 

On oublie trop souvent que Bernard Tapie n’a jamais engagé le moindre argent personnel – pas un seul centime - lors de sa prise de contrôle, en juillet 1990, du groupe Adidas : c’est la banque publique qui a financé l’opération, en lui faisant un prêt de 1,6 milliard de francs sur deux ans ; prêt que Bernard Tapie n’a jamais été capable de rembourser. Or, deux ans plus tard, après déjà bien des péripéties, si la banque, à l’époque dirigée par Jean-Yves Haberer, avait été un établissement normal ; si l’Elysée n’avait pas fait comprendre que Bernard Tapie était sous sa protection et allait bientôt redevenir ministre, l’histoire se serait arrêtée là.

Le Crédit lyonnais aurait fait jouer les nantissements dont il disposait sur les titres Adidas de Bernard Tapie, et il n’y aurait pas eu de litige commercial les années suivantes. Et il n’y aurait pas eu non plus d’arbitrage seize ans plus tard.

En somme, Bernard Tapie a profité d’un traitement de faveur indigne d’une démocratie, en 1992, parce qu’il était l’un des protégés de François Mitterrand. Et c’est grâce à cela, sans jamais avoir investi le moindre sou dans Adidas, qu’il a pu, longtemps après, intriguer dans les coulisses du pouvoir sarkozyste.

 

A bon droit, on peut donc juger sévèrement cette histoire d’arbitrage, dont Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde ont pris l’initiative en 2007. Très sévèrement, surtout si la justice arrive à étayer ce qui est aujourd’hui sa suspicion, à savoir que toute la procédure n’a été, en réalité, qu’une invraisemblable «escroquerie», conduite par une «bande organisée» qui pourrait avoir des ramifications jusqu’à l’intérieur même de l’Etat.

Mais il ne faut donc pas perdre de vue que ce scandale trouve sa source dans d’autres dérives, celles qu’ont connues les socialistes au début des années 90. Epoque passablement glauque ! C’étaient les «années-fric», les années de «l’argent fou», éclaboussées par une cascade de scandales, du délit d’initiés de Pechiney-Triangle jusqu’aux détournements d’Elf.  De cette époque lointaine, où Bernard Tapie était le protégé de l’Elysée, il reste d’ailleurs des traces. Car, aujourd’hui encore, quelques socialistes lui sont restés fidèles et défendent sa cause. A commencer par le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui intrigue en permanence en sa faveur.  En quelque sorte, Bernard Tapie est un trait d’union entre deux époques détestables, où la démocratie était anémiée et l’affairisme, prospère. En sommes-nous vraiment sortis ?

* laurent.mauduit@mediapart.fr

 

Affaire Tapie : « l’arbitrage, une manipulation »

Affaire  Tapie : « l’arbitrage, une manipulation »

« L’étau se resserre et l’ affaire va continuer à se développer dans cette direction ». Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit Lyonnais de 1993 à 2003, a réagi jeudi matin sur Europe 1 à la mise en examen de Stéphane Richard et Jean-François Rocchi pour « escroquerie en bande organisée » dans le cadre de l’enquête.   »Je ne me réjouis pas des malheurs judiciaires de Stéphane Richard. J’ai connu les mêmes problèmes dans ma vie professionnelle et j’ai toutes les raisons d’être attaché à la présomption d’innocence », a souligné Jean Peyrelevade. « Mais, au-delà des personnes, les juges ont probablement la conviction que cet arbitrage a été une manipulation. C’est également ma conviction », a-t-il conclu.

 

Tapie : « le thermomètre de la corruption française » (Benoît Bartherotte, Sud ouest)

Tapie : «  le thermomètre de la corruption française »  (Benoît Bartherotte, Sud ouest)

 

Tapie, Mittérand, Sarkosy, Lagarde, le juge Estoup, Richard le PDG d’Orange, Boorloo, le Crédit Lyonnais quelques uns des protagonistes du sacandale d’Etat dont certaisn aspects sont confirmés par un proche de Tapie. Richard,l e Girondin Benoît Bartherotte qui a lancé, en 1996, l’offensive juridique des petits porteurs d’actions du groupe Tapie. Une action qui relancé Bernard Tapie.  Dans les années 80, le Girondin Benoît Bartherotte dirigeait la maison de haute couture Jacques Esterel. C’est à ce moment-là qu’il fait la connaissance de Bernard Tapie. Un homme avec lequel il n’a jamais voulu s’associer mais dont il n’ignore rien du parcours. Pour la première fois, Benoît Bartherotte raconte comment il a conçu en 1996 l’offensive juridique des petits porteurs d’actions du groupe Tapie qui a remis en selle Bernard Tapie.

 

Sud Ouest. Comment avez-vous rencontré Bernard Tapie ?

Benoît Bartherotte. La première fois que j’ai entendu parler de lui, c’était à la fin des années 70, par le journaliste économique Emmanuel de La Taille. Il voulait que je connaisse deux hommes qui, selon lui, « avaient de l’avenir » : Alain Juppé et Bernard Tapie ! En 1984, pour faire plaisir à Mitterrand, Tapie avait repris la maison de couture Grès. La société dirigée par la célèbre Mme Grès, proche de la sœur de Danièle Mitterrand, battait de l’aile. Moi, j’étais le président et le créateur de la maison de couture Jacques Esterel, que le milliardaire rouge Jean-Baptiste Doumeng m’avait transmise et que j’avais relevée.

Tapie n’avait pas le profil « haute couture ». Cela a très vite tourné à la catastrophe ! Un jour, je reçois un coup de fil : « Allô, c’est Tapie ! Tu ne veux pas reprendre Grès ? Tu as sorti Doumeng de l’ornière, tu vas me tirer de là parce que je suis en train de me couvrir de ridicule sous les projecteurs ! » Tapie était déjà un incroyable marchand de cravates. Il m’a promis monts et merveilles pour me convaincre. Je lui ai fait mettre sur papier les promesses qu’il m’avait faites. Dès qu’il a fallu les tenir, les problèmes ont commencé.

Le début d’une longue histoire ?

Je n’ai jamais voulu m’associer avec lui. Bernard Tapie est extrêmement malin, drôle. Parfois plus agréable que les gens qui le pourfendent, mais il lui manque seulement quelques principes moraux ! S’il avait eu ces principes, avec l’incroyable énergie qui est la sienne et ses indéniables qualités, il aurait pu faire des choses extraordinaires. Je dis souvent qu’il est resté malheureusement le thermomètre qui permet de mesurer l’état de déliquescence et de corruption de la société française.

Pourquoi avoir volé à son secours ?

Au début des années 90, je m’étais associé avec le groupe Lexmar pour tenter de sauver les chantiers navals de La Ciotat, avec l’appui de la majorité des Bouches-du-Rhône, de la CGT et du Parti communiste. Bernard Tapie était l’homme lige d’un gouvernement qui s’opposait déjà à toute solution industrielle. Nous ne nous sommes pas épargnés. Mais, quand il s’est retrouvé en prison, il a demandé que je vienne le voir. Il n’était plus rien. Pour permettre à la justice de le faire sortir plus tôt, j’avais convaincu le réalisateur Pascal Thomas de s’engager à le prendre sur un tournage. La situation était objectivement insupportable.
Les journalistes et tous les profiteurs qui l’avaient encensé lui marchaient sur la gueule alors qu’il était à terre. Le nouveau patron du Crédit lyonnais, Jean Peyrelevade, avait même l’arrogance de faire passer des publicités dans le journal ou l’on voyait le dossier Tapie émerger d’une poubelle ! Alors que cette banque publique avait fait tout et n’importe quoi avec l’argent du contribuable, y compris camoufler les profits dus aux Français dans des paradis fiscaux.

Tapie a-t-il été victime du Crédit lyonnais ?

Incontestablement ! Mais pas dans le sens où on l’explique en ce moment. Nous sommes dans une période où Mitterrand laisse les banques publiques, gardiennes de l’épargne des Français, se transformer en banques d’affaires : du socialisme « fashion ». Pour se lancer dans des opérations risquées, les banques cherchent les hommes qui ont le profil. Tapie est l’un d’eux, sûrement le plus voyant, mais il y en a d’autres et on peut vous les citer ! Pour racheter Adidas, Tapie n’a pas d’argent. C’est une filiale de la banque publique, la SDBO, qui va lui avancer une partie de la somme et organiser le tour de table. Lorsque Bernard Tapie revend, c’est le Crédit lyonnais qui rachète l’entreprise, via ses filiales planquées dans des paradis fiscaux. Les plus-values réalisées ensuite lors de la cession d’Adidas à Robert-Louis Dreyfus seront donc encaissées dans les paradis fiscaux. La banque est à la manoeuvre à chaque étape. Mais comme il s’agit de l’argent des contribuables, ça ne peut se faire que de manière déguisée. Et comme d’habitude. Les pertes aux Français, les profits à l’étranger.

Lorsqu’il découvre le pot aux roses, comment réagit Tapie ?

Il est furieux ! Complètement coincé, il a perdu ses droits civiques, il ne peut rien faire. Mais je vais glisser un grain de sable dans la machine en créant l’association des petits porteurs… Je vais chercher Jean Bruneau, un petit actionnaire de Bernard Tapie Finance (BTF) et convaincs ce véritable pitbull d’en devenir le président. Tout s’est préparé chez moi, au Cap-Ferret ! Nous nous présentons devant le tribunal de commerce de Paris. La partie adverse s’attend à voir débarquer un petit avocat de Clermont-Ferrand. Surprise : j’ai fait venir Me Vergès aux côtés de mon ami bordelais, Me Boerner. Le 7 novembre 1996, le Lyonnais a ainsi été condamné à payer des centaines de millions de francs ! La justice avait introduit une échelle de grandeur : pour chaque action BTF, tant de préjudice. Tapie aura su saisir l’aubaine en demandant que l’on applique ce coefficient multiplicateur à son portefeuille.

Du coup, la sentence n’est pas illogique, selon vous…

Elle est logique mais scandaleuse : les turpitudes du Lyonnais ne font pas la vertu de Tapie, car contrairement aux petits porteurs, ce n’est pas son argent que Tapie avait risqué dans Adidas, mais surtout celui du contribuable : c’était le Crédit lyonnais qui avait avancé la majeure partie des capitaux !

Et pourtant, il a empoché le gros lot ?

En 2007, le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy, on l’a tous vu exulter : « ça y est, j’ai les sous ! » Il semblait sûr de lui, l’avenir a prouvé qu’il avait raison, mais à court terme.
 

Comment a-t-il pu convaincre l’état d’avoir recours à cette procédure d’arbitrage privé qui lui a permis d’empocher le pactole ?

Nous savons que les voix du Seigneur sont impénétrables, mais tel que je le connais, il aura su promettre un arrangement électoral, comme par exemple se présenter à une élection pour bloquer la gauche à un moment décisif. Le problème aujourd’hui ne viendrait-il pas du fait que le contrat n’a pas été rempli ?

 

Affaire Tapie : Stéphane Richard envoyé devant les juges

Affaire Tapie : Stéphane Richard envoyé devant les  juges

Il fallait s’y attendre Le patron d’Orange est coincé, ou bien il avoue avoir agi seul et il est alors coupable de négligence ou bien il a reçu des ordres de l’Elysée et il est complice. Le patron d’Orange Stéphane Richard va donc être présenté aux juges d’instruction ce mercredi 12 juin. Il sera entendu dans le cadre de l’enquête sur l’arbitrage ayant mis fin au litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais.  Stéphane Richard, patron d’Orange, et Jean-François Rocchi, ex-président du Consortium de réalisation (CDR) vont être présentés ce mercredi 12 juin aux juges d’instruction chargés de l’enquête sur l’arbitrage ayant mis fin au litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais en vue d’une possible mise en examen. L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, quand elle était ministre de l’Economie, et l’ancien dirigeant de la structure chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais étaient entendus depuis lundi matin en garde à vue sur leur rôle dans la décision de recourir à cet arbitrage. Cette garde à vue s’est achevée ce mercredi matin 12 juin.

Tapie arnaque l’Urssaf de 3,8 millions d’euros

Tapie arnaque l’Urssaf  de 3,8 millions d’euros

L’Urssaf va devoir faire le deuil d’une créance de 3,8 millions d’euros sur Bernard Tapie après avoir été déboutée par la Cour de cassation, a indiqué à l’AFP son avocat, Me Maurice Lantourne, confirmant une information du Canard enchaîné. Lorsqu’il était président de l’Olympique de Marseille, Bernard Tapie s’était porté caution du club envers l’Urssaf des Bouches-du-Rhône. En 1995, le club avait été mis en redressement judiciaire et l’Urssaf avait déclaré une créance de 3,76 millions d’euros envers Bernard Tapie au titre de son statut de caution. Mais Bernard Tapie lui-même et ses sociétés ayant été mis en liquidation, également en 1995, la créance n’avait pu être honorée. Depuis, à la faveur de l’arbitrage rendu en 2008 dans le cadre du contentieux avec le Consortium de réalisation (CDR), Bernard Tapie et ses sociétés ont obtenu 403 millions d’euros. Dès lors, l’Urssaf des Bouches-du-Rhône a fait valoir sa créance auprès des liquidateurs des sociétés de Bernard Tapie. Pour déterminer si la créance était effectivement exigible, les liquidateurs et Bernard Tapie ont demandé que soit nommé un mandataire, chargé de représenter les intérêts de l’OM devant la justice.  L’Urssaf a tenté de contester cette nomination jusque devant la Cour de cassation, qui l’a déboutée. Le tribunal de commerce de Marseille examinera donc cette créance en présence du mandataire. Mais, selon Me Lantourne, la créance n’est plus exigible, car l’Urssaf a omis de la confirmer auprès du liquidateur en temps et en heure. « Il est certain qu’il n’y a pas eu de créance définitive », a-t-il indiqué, confirmant l’information du Canard enchaîné. Si la décision était confirmée par le tribunal de commerce de Marseille, l’Urssaf, et donc l’Etat, se verraient contraints de renoncer à 3,8 millions d’euros, au bénéfice de Bernard Tapie. La date de l’audience n’a pas encore été fixée, a indiqué Me Lantourne.

 

Arbitrage Tapie: l’étau se resserre autour de Stéphane Richard

Arbitrage Tapie: l’étau se resserre autour de  Stéphane Richard

Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de  Lagarde va devoir choisir sa ligne de défense, ou bien le ministère des finances a décidé seul de l’arbitrage et il est alors responsable comme Lagarde ou bien c’est l’Elysée qui a transmis les instructions ; dans les deux cas sa position est particulièrement délicate ; l’enjeu c’est, outre la variété sur  scandale d’Etat (45 millions pour le seul préjudice moral à Tapie) c’est aussi le maintien de Stéphane Richard à la tête de Orange. L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard, va livrer lundi à la police ses explications sur son rôle et la responsabilité du ministère de l’Economie dans la décision de recourir en 2007 à un arbitrage pour mettre fin au contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. Les juges d’instruction du pôle financier de Paris enquêtent sur l’arbitrage qui a permis à l’homme d’affaires d’obtenir en juillet 2008 403 millions d’euros pour solder le litige sur la vente d’Adidas.  Ils cherchent à savoir si cet arbitrage a été entaché d’irrégularité et s’attachent pour cela à démonter la chaine de prises de décision ayant conduit au choix de recourir à un tribunal privé. Ils étudient en particulier le mode de désignation des arbitres et la décision du gouvernement de ne pas contester cet arbitrage malgré des soupçons d’irrégularité.  M. Richard, patron de l’opérateur Orange, devrait être entendu en détail sur le rôle de Bercy et de l’Elysée.  Il n’y a eu « ni ordre, ni instruction, ni pression particulière » de l’Elysée pour aller à l’arbitrage, a affirmé à plusieurs reprises à l’AFP l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, l’actuelle patronne du FMI, qui était ministre de l’Economie à l’époque.  Selon le Canard Enchaîné, M Richard a soutenu le contraire au journal satirique, évoquant une « instruction » transmise par Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, lors d’une réunion en 2007 avec lui-même et Jean-François Rocchi, président du Consortium de réalisation (CDR), la structure chargée de solder le passif du Crédit lyonnais.  M. Rocchi doit également être entendu lundi par les policiers, selon une source proche de l’enquête, tout comme devrait l’être Bernard Scemama, président à l’époque des faits de l’EPFR, l’établissement qui exerçait la tutelle du CDR.  Cette audition intervient à un moment crucial dans l’enquête des juges qui ont récemment mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » l’un des trois juges du tribunal arbitral, Pierre Estoup.  Concernant M. Richard, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg a été cité par Le Monde comme ayant déclaré que le patron d’Orange devrait démissionner de son poste s’il était mis en examen. Le ministre a démenti avoir tenu ces propos qualifiés de « choquant » dimanche par la présidente du Medef Laurence Parisot.  Sur la prise de décision concernant l’arbitrage, M. Richard a confirmé à l’AFP une « réunion de validation » avec M. Guéant, mais affirmé que l’idée émanait des liquidateurs des sociétés de Bernard Tapie et avait été relayée par M. Rocchi. Lors de la rencontre, « il est apparu clairement que la solution de l’arbitrage était validée par le président de la République (Nicolas Sarkozy) qui n’en a jamais fait mystère », a-t-il dit.  Depuis 2008, Christine Lagarde a toujours revendiqué la responsabilité de l’arbitrage et la décision de renoncer à en demander l’annulation. Elle a été placée récemment sous le statut de témoin assisté dans l’enquête la visant conduite par la Cour de justice de la République.

 

Affaire Tapie: Christine Lagarde épargnée pour raison d’Etat

 

Affaire Tapie: Christine Lagarde épargnée pour raison d’Etat

Il est clair que la France ne souhaitait pas la mise en examen de Christine Lagarde car le pays aurait été ridiculisé au plan international pour la seconde fois après l’affaire DSK ; En outre la France pourrait avoir besoin du FMI compte tenu de sa situation financière très délicate ; Du coup C. Lagarde pourra peser pour inciter l’Europe à une politique monétaire beaucoup plus accommodante. La raison d’Etat a prévalu dans ce scandale  politico-financier. Christine Lagarde a donc été placée vendredi sous le statut de témoin assisté par les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR) dans l’enquête sur le règlement en 2008 du litige avec Bernard Tapie après la vente d’Adidas.  Elle échappe donc à la mise en examen, le statut de témoin assisté étant intermédiaire entre celui de témoin et de mis en examen.  Le FMI évoquera « dans les prochains jours » la situation de sa directrice générale, après lui avoir apporté sa confiance « à plusieurs reprises », a annoncé l’institution.   »Mon statut de témoin assisté n’est pas une surprise pour moi puisque j’ai toujours agi dans l’intérêt de l’Etat et conformément à la loi », a déclaré à la presse la patronne du Fonds monétaire international (FMI) à l’issue de deux jours d’audition par la CJR.   »Mes explications ont permis d’apporter une réponse aux doutes qui avaient été soulevés concernant les décisions que j’avais prises à l’époque », a dit Mme Lagarde, qui a annoncé qu’elle rentrait à Washington « poursuivre (sa) mission à la tête du FMI et rendre compte » au conseil d’administration du Fonds.  Mme Lagarde, ministre de l’Economie de 2007 à 2011, s’est expliquée pendant environ 24 heures sur deux jours sur son rôle dans la décision de s’en remettre à un tribunal arbitral qui a octroyé 403 millions d’euros, intérêts compris, à l’homme d’affaires en juillet 2008.  L’enquête visant l’ancienne ministre avait été ouverte en août 2011 pour « complicité de faux et complicité de détournement de fonds publics ».  Prié de dire si elle agirait aujourd’hui de la même façon qu’en 2007-08, l’avocat de Christine Lagarde, Me Yves Repiquet, a répondu sur BFM TV: « compte tenu des éléments dont elle disposait à l’époque, oui ». En revanche, à la lumière des éléments dont elle dispose désormais, « pas forcement maintenant », a-t-il ajouté.  Christine Lagarde « reste bien sûr à la disposition de la justice », a-t-il encore déclaré, mais « pour le moment c’est une phase qui est derrière nous et nous ne pouvons que nous en réjouir ».  L’enquête de la CJR se poursuit et les magistrats peuvent décider à tout moment de modifier le statut de la patronne du FMI, selon l’évolution des investigations.  L’ex-ministre de l’Economie a toujours justifié le choix de l’arbitrage par la volonté de mettre fin à une procédure, selon elle longue et coûteuse.  Le choix d’un arbitrage, décidé dans son principe quand Jean-Louis Borloo était ministre de l’Economie en mai 2007, a été entériné par Christine Lagarde en septembre/octobre 2007 par des instructions écrites données aux représentants de l’Etat dans le conseil d’administration de l’EPFR.  L’EPFR est l’entité publique contrôlant le Consortium de réalisation,(CDR) la structure gérant le passif du Crédit Lyonnais qui a payé l’indemnisation de M. Tapie.  Interrogée par les députés en 2008, elle avait répété avoir pris elle-même cette décision tout comme celle de ne pas former un recours contre cet arbitrage. Il s’agissait, selon elle, d’une décision prise sans ordre de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.  Pourtant, au printemps 2011, le procureur général de la Cour de Cassation, à l’époque Jean-Louis Nadal, avait saisi la CJR, n’épargnant pas Mme Lagarde.  Il lui reprochait d’avoir recouru à un arbitrage privé alors qu’il s’agissait de deniers publics, d’avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres et d’avoir fait modifier le protocole initial pour y intégrer la notion de préjudice moral – ce qui avait permis aux époux Tapie de toucher 45 millions d’euros.  Il avait aussi épinglé le choix de ne pas avoir exercé de recours contre cet arbitrage controversé, alors que plusieurs spécialistes l’y avaient encouragée.  Mercredi, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, avait déclaré que le gouvernement envisageait un recours contre la décision d’arbitrage, en fonction des développements de l’enquête. Parallèlement, le rôle d’autres personnalités – hauts fonctionnaires, membres des cabinets ministériels – dans cet arbitrage est au coeur d’une enquête conduite par trois juges d’instruction à Paris.

 

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