Archive pour le Tag 'syndicats'

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Rencontre Hollande-syndicats : pour un changement de cap en Europe

Rencontre Hollande-syndicats : pour un changement de cap en Europe

 

 

La rencontre, qui a lieu à la demande de Bernadette Ségol, numéro un de la CES, s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation européenne « contre l’austérité » et pour exiger du Conseil européen qui se réunira les 27 et 28 juin et aura pour thème le social, d’intégrer la « dimension sociale » de l’Europe dans sa gouvernance.  Pour appuyer leur démarche, Thierry Lepaon (CGT), Laurent Berger (CFDT), Philippe Louis (CFTC), Luc Bérille (Unsa) appellent à un rassemblement à 13H00 place de l’Alma (VIIIe arrondissement). Il s’agira de la première mobilisation commune depuis le 14 novembre de la CGT et de la CFDT qui sont en froid.  Le leader de FO, Jean-Claude Mailly, présent à l’Elysée, n’appelle pas à cette action.  L’initiative intervient sur fond d’explosion du chômage et à la veille de la conférence sociale chargée de lancer la concertation sur la réforme des retraites et où les syndicats se rendent en ordre dispersé.  Mais, pour le leader de la CGT, la demande d’un « contrat social pour l’Europe » qui « donne la priorité aux droits sociaux et rejette toute concurrence vers le bas en matière de droit du travail », est « un point de convergence » entre les syndicats français.  La CGT, la CFDT la CFTC, l’Unsa et la CES ont cosigné une tribune pour « appeler à arrêter les coupes budgétaires dans les dépenses publiques » et « prendre des dispositions urgentes pour l’augmentation des salaires et de l’investissement », a indiqué lundi M. Lepaon.  Selon lui, « il faut un changement de cap radical qui tourne le dos aux politiques d’austérité menées partout en Europe ».  Les récentes grèves, des « avertissements » au gouvernement   »Le messages que nous portons c’est que l’Europe doit prendre des mesures qui vont dans le sens de la croissance, alors que l’atonie menace tous les pays, même l’Allemagne », souligne de son côté auprès de l’AFP Marcel Grignard, membre de la direction de la CFDT.  Il rappelle que sur les quelque 120 milliards d’euros de fonds alloués l’an dernier au pacte européen de croissance, « pas même la moitié » n’a été utilisée.  Le président Hollande a lui-même dénoncé dimanche soir sur M6 « des politiques d’austérité très dures » dans certains pays européens et a affirmé qu’il allait demander au sommet de l’UE « une évaluation du pacte de croissance » qui avait été ajouté sur sa demande l’an dernier au traité budgétaire.  L’Europe doit aussi « avancer pour limiter la concurrence sociale », avec des « standards minima sociaux » et notamment « un mécanisme de salaire minimum » dans tous les pays, estime M. Grignard.  Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa, relève qu’ »il y a une limite objective à la situation française », en raison des déficits et de la dette, « mais il faut un appui au niveau européen ». La demande adressée au président de la République est « d’appuyer une politique visant à un plan d’investissement européen pour relancer la croissance ».  Pour la CGT, les récentes grèves et mobilisations en France sont autant « d’avertissements » au gouvernement. Elle rappelle le « succès » de la grève des aiguilleurs du ciel qui s’opposaient à la libéralisation du contrôle aérien en Europe et la mobilisation des cheminots contre une réforme du ferroviaire qui « répond aux exigences libérales de Bruxelles ».  De son côté, Jean-Claude Mailly affirme que « les gouvernements ont accepté la logique » de Bruxelles, « y compris le gouvernement français, quand il a accepté de ne pas renégocier le traité » budgétaire européen.  D’ailleurs, pour FO, les pistes avancées par le rapport de la commission Moreau pour une réforme des retraites « s’inscrivent dans la logique d?austérité recommandée par la Commission européenne ».

 

Plan restructuration PSA : voté par les syndicats

Plan restructuration PSA : voté par les syndicats

La restructuration de PSA Peugeot Citroën a été approuvée lundi à une très large majorité par les syndicats du constructeur automobile, a déclaré à Reuters un représentant de la CFTC. Confirmant leur vote favorable de mars, les organisations syndicales réunies en comité central d’entreprise ont donné leur aval, par 18 voix sur 20, aux mesures d’accompagnement concernant les salariés des usines d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et de Rennes (Ille-et-Vilaine). Cinq syndicats ont voté pour, la CGT a voté contre, a précisé Franck Don. Neuf mois après son annonce, PSA peut désormais enclencher le plan social qui prévoit la fermeture du site d’Aulnay en 2014 et une forte réduction d’effectif à Rennes, la justice ayant rejeté vendredi deux recours des syndicats contre le plan. Dans un communiqué, le groupe a annoncé que des comités d’établissement allaient être organisés « dans les jours qui viennent sur l’ensemble des sites concernés » et que les mobilités internes ou externes pourraient commencer à l’issue de ces comités. Une majorité d’organisations syndicales a également voté le plan de départs volontaires qui concerne cette fois les effectifs de structure (R&D, services commerciaux et administratifs) sur l’ensemble des sites français du groupe. Selon la CFTC, il a été approuvé par 15 voix, la CGT ayant voté contre tandis que la CFDT s’est abstenue. Au total, PSA entend supprimer 8.000 emplois en 2013 et 2014 en France, dont environ 3.000 à Aulnay, 1.400 à Rennes et 3.600 à travers les structures du groupe, afin d’endiguer ses pertes financières et ajuster ses capacités de production à un marché européen en berne.

Renault: compétitivité, réponse maintenant des syndicats

Renault: compétitivité, réponse maintenant des syndicats  

Négociations terminées, aux syndicats de se prononcer chez Renault sur l’accord de compétitivité. Compte tenu de l’engagement de ne fermer aucun site, la signature de syndicats est désormais envisageable et le projet d’accord assez équilibré. « Si nous arrivons à un accord, la mise en œuvre des mesures proposées nous fera gagner environ 300 euros par voiture produite en France », dit-il. En dépit d’un recul de son chiffre d’affaires de 3,2%, le deuxième constructeur automobile français a réussi à se maintenir dans le vert en 2012 alors que le marché est en berne.  Alors que le texte du projet doit être remis mercredi aux syndicats, avant une signature éventuelle dans les prochaines semaines, la direction a réitéré mardi ses engagements en cas de réussite de l’accord: aucune fermeture d’usines en France, 8.260 suppressions de postes d’ici 2016 (7.500 suppressions d’emplois nettes) sans recourir à un plan social ni à un plan de départs volontaires, attribution à des usines françaises de 80.000 véhicules supplémentaires venant de partenaires (qui pourraient être Nissan et Daimler), maintien des activités cœur de métier (ingénierie et tertiaires) en France.  La direction s’est engagée, en cas d’accord, à « assurer un niveau de production minimum de 710.000 véhicules par an à l’horizon 2016, dont 110.000 à l’usine de Flins, qui bénéficierait de la localisation de versions de Clio IV à forte valeur ajoutée ».  Le projet d’accord complet sera présenté mercredi aux syndicats. Le texte devrait ensuite être présenté pour consultation au comité central d’entreprise et dans les comités d’entreprise des filiales concernées (à la mi-mars, selon une source syndicale), « préalable à la signature entre les organisations syndicales et le président du groupe Renault, Carlos Ghosn », a indiqué la direction, selon qui « cette signature pourrait intervenir dans les prochaines semaines ».  Sous la pression de syndicats qui exigeaient des engagements écrits sur les volumes de production, la direction avait indiqué que des productions de versions conduite à droite de Clio IV actuellement assurées par le site de Bursa (Turquie) seraient rapatriées et qu’une partie de la production assurée par le site de Caccia au Portugal, serait transférée à Cléon.  Après avoir également accepté que le déplacement de salariés d’un site à un autre se fasse uniquement sur la base du volontariat, la direction est revenue mardi sur certains points de la politique salariale. Elle a ainsi renvoyé aux négociations annuelles la question des augmentations salariales pour 2014 et 2015.  La semaine dernière, alors que les négociations peinaient à trouver une issue favorable, le PDG de Renault, Carlos Ghosn, avait proposé de différer à fin 2016 le paiement de 30% de la part variable de sa rémunération de l’an passé, en cas d’accord (en 2011, la part variable de son salaire était de 1,59 million d’euros et la part fixe de 1,23 million). « Il ne s’est pas engagé sur plusieurs années, alors on ne voit pas pourquoi les salariés devraient en faire autant », a relèvé Dominique Chauvin, délégué central CFE-CGC.  Comme FO, le syndicat de cadre (majoritaire dans le groupe) ne s’est pas engagé mardi, voulant sonder les équipes, et faire étudier le texte de projet d’accord par des juristes avant de se prononcer.  La CGT a appelé les salariés à « exprimer leur point de vue ». Dans un communiqué, la centrale dénonce cet accord, qu’elle qualifie de « nouvelle régression sociale », ainsi que « la délocalisation et externalisation des métiers déclarés non coeur de métier à l’ingénierie » avec 2.500 suppressions dans l’ingénierie de Renault. Il n’existe donc aucune contrepartie aux reculs sociaux imposés par cet accord », estime la CGT.  La CFDT a jugé de son côté dans un communiqué le projet d’accord « globalement équilibré », le syndicat précisant qu’il arrêterait sa position sur la signature « après consultation de ses équipes ».  Pour être validé, l’accord doit être signé par au moins deux syndicats représentant 30% des salariés. La CFE-CGC dispose de 29,7% des voix des salariés devant la CGT (25,2%°), la CFDT (19,1%) et FO (15,6%).

 

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Accord patronat syndicats : deux mesures phares

Accord patronat syndicats : deux mesures phares

‘L’accord n’est pas réellement historique car la France part de loin en matière de négociation et de ce point de vue c’est une avancée méthodologique qui vaut mieux que la loi. Sur le fond, deux mesures sont surtout à retenir d’une part la complémentaire santé obligatoire, d’autre part la possibilité pour les entreprises de baisser les salaires en période de réduction d’acticité et d’augmenter la durée du travail su le carnet de commandes l’exige.  Du point de vue des entreprises, il y a donc  la possibilité de s’adapter à l’activité, notamment, en période difficile, de pouvoir baisser les salaires, ou en période de forte activité, de pouvoir augmenter le temps de travail. Cela introduit vraiment en France un élément de flexibilité interne, alors que la rigidité actuelle était clairement un frein à l’embauche. A terme, cela pourrait remettre en cause progressivement la dualité du marché français du travail, entre CDI et CDD. Cette mesure peut changer le fonctionnement du marché du travail.  Pour les  salariés, la mesure la plus importante est la généralisation de la complémentaire santé pour tous. Au plus tard au 1er janvier 2016, toutes les entreprises devront proposer une mutuelle collective et prendre la moitié du coût en charge. La mesure pourrait concerner 3,5 millions de personnes, soit 40% des salariés. C’est la concession la plus importante faite par le patronat puisqu’on estime qu’elle coûtera entre 2 et 4 milliards d’euros par an. Cela va réduire les inégalités entre salariés des grandes entreprises et salariés des petites entreprises ou au statut précaire.

 

Accord patronat-syndicats : un équilibre flexibilité-nouveaux droits

Accord patronat-syndicats : un équilibre flexibilité-nouveaux droits

Généralisation des complémentaires santés : aujourd’hui, 3,5 millions de personnes (40% des salariés) doivent payer seuls les frais d’une complémentaire santé car ils ne bénéficient pas d’une couverture via leur entreprise. L’accord prévoit qu’au plus tard, le 1er janvier 2016, l’employeur prenne en charge la moitié de ces frais. Les salariés des petites entreprises sont les principaux concernés, pour un coût estimé à 2,9 milliards d’euros. La portabilité de cette couverture pour les salariés perdant leur emploi sera porté de 9 à 12 mois. Les négociations dans les branches professionnelles, visant à ce que les salariés bénéficient d’une couverture collective, s’ouvriront avant le 1er avril.

Création de «droits rechargeables» à l’assurance chômage : cette disposition, d’un coût estimé à un milliard d’euros, permettra aux demandeurs d’emploi qui reprennent un travail avant la fin de leur période d’indemnisation de «conserver le reliquat de tout ou partie de leurs droits aux allocations-chômage non utilisés» en cas de nouvelle perte d’emploi. Jusqu’ici, à chaque période de chômage, les demandeurs d’emploi repartaient à zéro. Ce volet ne devrait pas voir le jour avant l’an prochain.

CDD courts surtaxés: dès le 1er juillet, les cotisations employeurs à l’assurance chômage seront portées de 4 à 7% pour les contrats d’une durée inférieure à un mois, à 5,5% pour ceux d’une durée comprise entre un et trois mois et à 4,5% pour les CDD dits d’usage. Ne sont pas concernés «les CDD de remplacement» et les contrats saisonniers. En échange, un CDI conclu pour l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans sera exonéré de cotisations d’assurance chômage pendant trois mois (quatre mois pour une entreprise de moins de 50 salariés). L’intérim n’est pas concerné non plus par la sur cotisation mais l’accord prévoit la mise en place d’un CDI pour les salariés de ce secteur.

Création d’un compte personnel de formation : tout salarié, même s’il se retrouve au chômage, pourra bénéficier de ce compte qu’il pourra conserver tout au long de sa vie professionnelle et ce, quel que soit son parcours.

Droit à une période de mobilité volontaire sécurisée : réservé aux entreprises de plus de 300 salariés, ce droit permettra aux salariés de plus de deux ans d’ancienneté, qui souhaitent «découvrir un emploi dans une autre entreprise», de conserver pendant deux ans leurs droits dans leur société d’origine. L’accord de l’employeur, qui peut refuser deux fois, est nécessaire. Les conditions du retour devront être précisées dans un avenant au contrat.

Représentation des salariés au conseil d’administration : elle concernera les entreprises dont les effectifs totaux, appréciés à l’échelle mondiale, sont au moins égaux à 10.000 salariés ou à 5.000 appréciés à l’échelle de la France. Les représentants des salariés choisis siègeront «avec voix délibérative». Le projet d’accord prévoit aussi la création au sein des entreprises d’une base de données unique mise à jour régulièrement pour faciliter l’information des instances représentatives du personnel.

Du côté des entreprises

Accords de maintien dans l’emploi : ces derniers doivent permettre aux entreprises confrontées à de «graves difficultés conjoncturelles» de négocier des baisses du temps de travail et des salaires en échange d’un maintien des effectifs. Leur durée ne pourra dépasser deux ans. Ils requièrent l’accord individuel de chaque salarié. En cas de refus, la rupture de son contrat de travail sera assimilée à un licenciement économique. Par ailleurs, une négociation sur l’activité partielle pour simplifier le recours à celle-ci sera lancée dans les deux semaines.

Sécurisation des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE): l’accord prévoit que ces plans fassent l’objet d’un accord collectif avec des syndicats majoritaires ou, à défaut, soient homologués par l’administration. Les délais fixés par l’accord seront «préfixés, non susceptibles de suspension ou de dépassement».

Contentieux avec les salariés : l’accord pousse à la conciliation prud’homale pour les contestations de licenciement, avec la possibilité d’une indemnité forfaitaire calculée en fonction de l’ancienneté du salarié. Les délais de prescription pour une contestation en justice portant sur l’exécution ou la rupture d’un contrat de travail sont ramenés de cinq à deux ans.

Expérimentation du contrat de travail intermittent : ce contrat, qui existe déjà dans certaines professions (les moniteurs de ski par exemple), sera expérimenté sans passer par un accord de branche dans de nouveaux secteurs (industrie du chocolat, formation hors langues étrangères et vêtements de sport et de loisirs) et un bilan-évaluation sera effectué avant fin 2014.

Mobilité interne à l’initiative des entreprises : elle ne sera plus liée à un plan de sauvegarde de l’emploi et fera l’objet d’une négociation triennale. Les mobilités envisagées seraient proposées aux salariés dans la limite d’un éloignement de 50 kilomètres ou quarante-cinq minutes. Elles ne peuvent en aucun cas entraîner une diminution du niveau de rémunération ou de la classification du salarié. Le refus par ce dernier n’entraîne pas son licenciement pour motif économique, mais pour motif personnel ouvrant droit à des mesures de reclassement telles qu’un bilan de compétence ou un abondement du compte personnel de formation.

 

Emploi: accord syndicats- patronat

Emploi: accord syndicats- patronat

 

Après Trois mois de négociations, syndicats et patronats ont conclu un accord vendredi Destiné à offrir plus de souplesse aux entreprises et davantage de protection aux salariés, cet accord « marque l’avènement d’une culture du compromis après des décennies d’une philosophie de l’antagonisme social », s’est félicitée Laurence Parisot, présidente du Medef.  Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a lui aussi salué « un accord ambitieux » estimant que l’emploi était le « gagnant ».  Ce qu’on a obtenu n’est pas la perfection » mais « je donnerai un avis positif la semaine prochaine à mon bureau confédéral », a affirmé de son côté Joseph Thouvenel (CFTC).  Pour Marie-Françoise Leflon (CFE-CGC), « l’accord est équilibré ».  Pour être ratifié, un accord national interprofessionnel ne doit pas rencontrer l’opposition de plus de deux des cinq syndicats.  La CGT et FO se sont quant à elle clairement opposées au texte: « l’accord est inacceptable de notre point de vue », a déclaré Agnès Le Bot (CGT), qui a prévenu que « la partie n’était pas finie ».   »C’est un jour sombre pour les droits des salariés », a estimé Stéphane Lardy (FO) dénonçant un texte qui « renforce la précarité » et une négociation qui a « loupé sa cible ».  Alors que les discussions piétinaient depuis le 4 octobre, le patronat (Medef, CGPME, UPA) a ouvert la voie au compromis vendredi matin en lâchant du lest sur la taxation de certains CDD, casus belli des syndicats.  Cette mesure figurait parmi les engagements du candidat Hollande, et dans la feuille de route du gouvernement pour lutter contre la précarité, alors que le recours aux CDD de moins d’un mois a explosé (+88% entre 2000 et 2010).  Côté flexibilité, figurent notamment l’encadrement des accords permettant de baisser salaires et/ou temps de travail en cas de difficulté, des mesures pour faciliter et « déjudiciariser » les licenciements et la possibilité de restructurer sans plan social via une mobilité obligatoire.  En contrepartie, de nouveaux droits sont octroyés aux salariés et aux chômeurs: généralisation d’une complémentaire santé, limitation des temps partiels ou encore droits rechargeables à l’assurance-chômage.  A défaut de compromis « historique » réclamé par François Hollande avant fin 2012, l’exécutif attendait un « accord ambitieux », considérant cette réforme comme primordiale pour lutter contre le chômage, qui touche 3,13 millions de Français. La France, scrutée par les agences de notation et Bruxelles, est l’un des derniers pays en Europe à engager une telle réforme.  Ce compromis conforte également le chef de l’Etat, qui a érigé le dialogue social en moteur de réformes. Cet accord intervient cinq ans jour pour jour après celui sur la modernisation du marché du travail, à l’origine de la rupture conventionnelle, qui a mis fin depuis à plus d’un million de CDI.  Depuis l’échec de 1984, il n’y avait pas eu de nouvelle tentative de réformer en profondeur le marché du travail.

Les syndicats de Florange chez Ayrault pour dénoncer un accord d’amateurs

Les syndicats de Florange chez Ayrault pour dénoncer un accord d’amateurs

 

« Un accord d’amateurs entre Mittal et le gouvernement » que dénonce les syndicats notamment la CFDT. De fait, comme sur beaucoup d’autres dossiers le gouvernement révèle son incompétence économique qui s’ajoute au cynisme. Pas étonnant dans ce gouvernement de fonctionnaires qui n’ont qu’un rapport très approximatif avec les réalités économiques. Le contenu de l’accord conclu avec le gouvernement, tel qu’il a été dévoilé mardi par Le Monde, a confirmé leur scepticisme sur les investissements prévus par ArcelorMittal. Sur les 180 millions d’euros promis pour le site lorrain, moins d’un tiers concernerait des investissements stratégiques.  Le reste se décompose notamment entre « le flux d’investissements courants » et « la maintenance exceptionnelle ».  Le document consulté par le quotidien confirme également « la mise sous cocon » des installations de la phase à chaud (production d’acier brut, qui comprend les hauts-fourneaux), qui seront arrêtées « en toute sécurité à l’issue de la procédure légale ».  Cet arrêt programmé des installations est combattu par les syndicats qui estiment, qu’il rendra impossible de remettre sur la table l’option d’un repreneur pour Florange.  Enfin, l’accord confirme que des activités de « packaging » (acier destiné à l’emballage alimentaire) seront transférées du site de Basse-Indre (Loire-Atlantique) vers celui de Florange. Le Premier ministre avait lui-même confirmé cette information, tout en démentant tout accord secret avec ArcelorMittal privilégiant le site de Basse-Indre.  Les syndicalistes de Florange, interrogés par l’AFP, n’ont pas semblé surpris par ces nouvelles informations.   »Nous depuis le début on sait que c’est un marché de dupes, nos inquiétudes sont confirmées », a expliqué Jean Mangin (CGT). « C’est ce qu’on avait déduit » vendredi, a également déclaré Walter Broccoli (FO), estimant que Mittal « continue à détruire l’outil de travail ».   »Le gouvernement a fait une grosse erreur », et la rencontre de mercredi avec M. Ayrault, « c’est l’occasion de le lui dire », a poursuivi M. Broccoli.  Edouard Martin, délégue CFDT, a quant à lui estimé sur France Info que l’accord était « d’un amateurisme à rougir ».  Quant aux salariés du site de Basse-Indre, dans la région de Nantes, ils ont fait part de leur inquiétude pour leur avenir après la confirmation d’un transfert d’activité vers Florange, même si ce dernier est prévu sans suppressions d’emplois.  Sur la question des investissements promis par ArcelorMittal, le chef de file des députés PS Bruno Le Roux a annoncé qu’un « comité de suivi » verrait le jour au sein de l’Assemblée nationale.  Ce comité sera « ouvert à tous les groupes politiques » et devra « vérifier que les engagements qui ont été pris soient tenus », a-t-il précisé, à l’issue d’une réunion de son groupe à laquelle assistait le Premier ministre.  Depuis vendredi, syndicats et responsables politiques – y compris au sein du gouvernement – ne cachent pas leurs doutes face à l’accord annoncé par Matignon, qui avait mis l’accent sur le fait qu’il n’y aurait pas de plan social à Florange.  La ministre de la Culture Aurélie Filippetti, élue de Moselle, a ainsi estimé mardi qu’il n’y avait « pas de confiance » dans la parole de l’industriel Lakshmi Mittal, ajoutant qu’il faudrait en revenir à une solution de reprise si « les engagements n’étaient pas tenus ».  Le Front de gauche (FG) a dénoncé mardi « un marché de dupes avec Mittal », qu’il a qualifié de « diable de l’acier » et a réaffirmé « la nécessité d’une nationalisation » du site.  Ce scénario avait été envisagé par le gouvernement, et défendu par Arnaud Montebourg, dans la perspective de la recherche d’un repreneur, avant d’être écarté.  Plusieurs médias ont fait état du nom du repreneur qu’avait évoqué le ministre du Redressement productif avant l’annonce de l’accord avec Mittal. Il s’agirait selon eux de Bernard Serin, le président du FC Metz (National de football), et surtout président de CMI, un groupe notamment spécialisé dans la sidérurgie et basé à Seraing en Belgique.

Patronat et syndicats : les contrats de travail courts en cause

Patronat et syndicats : les contrats de travail courts en cause

Jeudi soir, le Medef a fait parvenir aux syndicats de nouvelles propositions contenant quelques avancées par rapport au texte présenté il y a un mois. Celui-ci avait soulevé l’ire des syndicats. Désormais, l’organisation présidée par Laurence Parisot propose en particulier des améliorations relatives à l’indemnisation du chômage à la fin d’un contrat de travail de courte durée. Mais le patronat ne veut toujours pas entendre parler de taxation accrue des contrats court, comme l’envisagent le gouvernement et les syndicats. Aujourd’hui pourtant, 3 salariés sur 4 décrochant un contrat de travail signent un engagement de moins d’un mois. Les temps partiels imposés eux, touchent les femmes à 80 %. Les syndicats réclament donc des dispositifs qui responsabilisent les employeurs. Ils voudraient en particulier que les patrons voient leurs cotisations chômage varier en fonction de la durée des contrats. Avec comme objectif de décourager le recours abusif aux contrats courts. Mais cette question a exposé au grand jour les tensions entre le Medef et la CGPME : si le premier s’est dit prêt à travailler sur la taxation des emplois précaires, la seconde organisation patronale ne veut pas en entendre parler : les PME sont, en effet, de grosses utilisatrices et pourvoyeuses de contrats courts … Elles veulent donc un compromis qui prenne en compte leurs spécificités. Les patrons de PME veulent bien d’un accord sur la sécurisation de l’emploi « mais pas à n’importe quel prix« .

Grève générale le 14 novembre contre la politique du gouvernement

Grève générale le 14 novembre contre la politique du gouvernement

La CGT, la CFDT, la FSU, l’Unsa et Solidaires veulent exprimer «leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession» et «qui ne font qu’aggraver les déséquilibres et créer des injustices». Cette union de circonstance, entre la CFDT qui a soutenu, seule, la ratification du traité européen et les quatre autres organisations, qui réclamaient l’inverse, est en réalité à visée purement nationale. Cette journée de mobilisation aura en effet lieu deux jours avant que la négociation sur la sécurisation de l’emploi ne rentre véritablement dans le dur avec la présentation d’un premier projet global de texte patronal. Ce «club des cinq» - auquel FO et la CFTC ont refusé de se joindre - entend faire pression sur François Hollande pour qu’il choisisse enfin le camp des salariés contre celui des patrons, comme le répète à l’envi Bernard Thibault. «Dans un contexte de crise sans précédent, il n’est pas question de risquer de fragiliser encore un peu plus la santé financière des entreprises, alors que de nombreuses TPE et PME-PMI sont au bord de l’asphyxie, s’alarme Carole Couvert, de la CFE-CGC. Une journée de manifestations et de grèves dans tout le pays sera de nature à paralyser notre économie déjà bien mise à mal».

 

Jean-Marc Ayrault : première réunion le 29 mai des syndicats et organisations patronales

Jean-Marc Ayrault : première réunion le 29 mai des syndicats et organisations patronales

« Il n’est pas question de faire des shows, des sommets sociaux qui durent une heure ou deux, où chacun s’exprime, on repart et il ne se passe rien », a assuré le chef du gouvernement.   »Ensuite, avec l’ensemble de ces organisations, il y aura une conférence de la méthode que je présiderai et qui définira comment nous allons nous y prendre pour préparer la grande conférence sociale qui aura lieu avant le 14 juillet » sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail, les retraites, a précisé M. Ayrault.  Ce « calendrier » social sera présenté mercredi par M. Ayrault en Conseil des ministres.  Le Premier ministre a également jugé mercredi sur RTL qu’une cohabitation à l’issue des élections législatives de juin « serait la pire des choses », ajoutant qu’il fait confiance « au bon sens » des Français. « J’irai là où c’est nécessaire, là où il faut convaincre les Français qu’il faut donner au président de la République une majorité large, cohérente, solide » à l’Assemblée nationale, a dit le chef de gouvernement. Pour lui, « la cohabitation, dans la période que nous connaissons, serait la pire des choses ».  Comme on lui demandait s’il fallait une majorité absolue pour les seuls socialistes, il a répondu : « il faut une majorité qui soit conforme aux orientations votées par les Français le 6 mai ». « Je fais confiance au bon sens des Français, au sens politique des Français », a-t-il dit. Ils ont voté à « plus de 80% à l’élection présidentielle. C’est dire à quel point ils prennent cette élection au sérieux ».   »Beaucoup me l’ont dit, y compris des Français qui n’ont pas voté pour François Hollande au second tour : on veut que vous réussissiez le redressement dans la justice », a assuré M. Ayrault.  Concernant le retour à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, le Premier ministre a « souhaité » mercredi que le décret soit pris « dans les trois semaines ». Interrogé sur RTL, il a précisé que « très vite, et je souhaite dans les trois semaines, l’engagement qui a été pris par le président de la République François Hollande de corriger et de supprimer une injustice » qui pesait sur les personnes ayant commencé à travailler tôt, soit respecté.  Le chef du gouvernement n’a pas donné de précision sur les contours précis du décret, indiquant que la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine avait commencé à discuter avec les organisations syndicales. Il a simplement indiqué que les périodes de chômage, maladie, pouvaient « être prises en compte » comme c’est le cas déjà dans le dispositif carrières longues.   »Nous pouvons travailler sur cette base », a-t-il dit, en ajoutant que « le gouvernement tranchera ».   »Je prendrai mes responsabilités aussi au vu du coût. Nous avons évalué le coût de cette mesure à un milliard d’euros, nous l’avons financée (…). Il faut rester dans l’épure. Il ne s’agit pas d’augmenter le coût de cette mesure », a-t-il dit. Le décret doit instaurer pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein s’ils ont cotisé 41 ans. M. Ayrault a évalué à « 100.000″ le nombre de personnes concernées la première année.

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