Archive pour le Tag 'syndicats'

Journée d’action des syndicats : faible mobilisation

Journée d’action des syndicats : faible mobilisation

 

 

Finalement la journée d’action des syndicats ce mardi n’aura pas mobilisé davantage de monde que lors  du 5 février. Pourtant cette fois le mouvement était lancé non seulement par la CGT mais aussi par FO ainsi que Solidaires, la FSU, l’Unef et l’UNL. Le nombre de grévistes a été relativement insignifiant sauf 10 à 15 % parfois dans l’enseignement et le nombre de manifestants se situe dans une fourchette de 131 000 pour le ministère de l’intérieur et de 350 000 pour la CGT. À Paris, 17.500 personnes ont battu le pavé, selon le pointage du cabinet indépendant Occurrence pour un collectif de médias, contre 50.000 selon la centrale de Montreuil. Une journée d’actions également peu suivie en province avec 5000 manifestants – dont 200 «gilets jaunes» – enregistrés à Marseille par la police, 5000 à Lyon, 4200 à Bordeaux ou 2500 à Montpellier. Le faible succès de cette opération tient sans doute au caractère un peu tout des revendications qui concernaient des salariés, les retraités, les lycéens et les étudiants. Les syndicats majoritaires (notamment la CFDT) avait refusé de se joindre à cette journée. Après ce  relatif échec, se pose évidemment l’avenir des syndicats dont l’audience ne cesse de diminuer tant en ce qui concerne la syndicalisation que la participation aux mouvements revendicatifs nationaux. La responsabilité n’en incombe peut-être pas entièrement aux syndicats mais aussi au patronat et au gouvernement qui ont tendance à faire l’impasse sur ces corps intermédiaires. Ce qui d’une certaine façon alimente les mouvements spontanés comme ceux des gilets jaunes. Pas sûr cependant qu’on y gagne en démocratie et en efficacité économique et sociale.

Martinez (CGT) critique la candidature de Laurent Berger comme président de la confédération européenne des syndicats

Martinez (CGT)  critique la candidature de Laurent Berger comme président de la confédération européenne des syndicats

Encore une querelle syndicale interne à la France avec la contestation du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez vis-à-vis la candidature unique de son homologue de la CFDT, Laurent Berger, à la présidence de la Confédération européenne des syndicats. Il y a quelque chose d’un peu surréaliste dans cette contestation. Certes on pourrait concevoir plusieurs candidatures mais il y a une très forte majorité de la ligne réformiste en Europe pour soutenir Laurent Berger. Cela d’autant plus que Laurent Berger a permis à la CFDT de devenir le premier syndicat en France aussi bien dans le public que dans le privé. Notons aussi que pendant très longtemps la CGT a adhéré à l’organisation internationale FSM d’obédience communiste. Après la chute du mur de Berlin nombre de syndicats ont rejoint la confédération européenne des syndicats. La CGT a fait longtemps de la résistance mais pour des questions de représentativité a bien été contrainte elle aussi de rejoindre en 1999 la confédération européenne des syndicats. Le problème c’est que Philippe Martinez aurait souhaité un président plus contestataire, de nature politique et qui ne recherche pas un compromis gagnant -gagnant entre les partenaires économiques. Bref une ligne syndicale en retard de 50 ans sur l’histoire et qui explique largement le dépérissement de la CGT. En outre la CGT s’est faite une réputation de pourrir les mouvements sociaux en les prolongements le plus longtemps possible afin d’épuiser les forces. Bref une stratégie irresponsable et improductive. À l’inverse la CFDT se refuse à toute politisation et a pour objectif central d’obtenir des résultats notamment au terme des conflits sociaux. Bref une ligne réformiste qui se pose à une orientation encore à caractère révolutionnaire tel que la soutient le parti communiste et surtout maintenant les gauchistes. Le sujet est sensible au sein de la CGT où une frange plus radicale de la base milite pour se désengager de la CES, jugée “réformiste” et “soumise au Grand capital européen et à la Commission européenne”. On croirait entendre le discours de Georges marchais, ancien secrétaire général du parti communiste !

Gilets jaunes : syndicat de citoyens ou parti politique ? La question qui pourrait faire éclater le mouvement

Gilets jaunes : syndicat de citoyens ou parti politique ? La question qui pourrait faire  éclater le mouvement

Au-delà de la participation, ce qui pourrait affaiblir voire faire éclater les  gilets jaunes c’est l’objectif même du mouvement. On a vu par exemple ce week-end à Marseille « une coordination « gilets jaune mouvement » se réunir avec un objectif  de transformation en parti politique. Une perspective contestée par une centaine d’autres gilets jaunes qui ne veulent surtout pas mettre les doigts dans la politique. Du coup, la coordination « gilets jaune mouvement » a dû se rabattre sur un objectif de coordination et de recueil des revendications. Pour l’instant, il semble se dégager deux  tendances. Une tendance visant à construire une sorte de mouvement des citoyens, une forme de syndicat destiné à faire émerger les revendications et à faire des propositions. Une autre tendance vise à transformer les gilets jaunes en organisation politique. Deux démarches finalement très opposées. Pour schématiser une mouvance à caractère surtout sociale, une autre à caractère plutôt politique. La transformation des gilets jaunes en organisation politique n’est pas sans danger dans la mesure où nécessairement les gilets jaunes pour influencer la politique seront contraints de passer des alliances, des compromis voir des compromissions avec d’autres forces (sans parler d’éventuelles dérives personnelles). Bref passer du statut de contestation à celui de gestion. Reste aussi à savoir si le mouvement est en capacité de dégager des responsables à la hauteur de cette ambition politique. Pour l’instant ce n’est pas le cas car tous ceux qui se sont exprimés ont montré leurs limites. La plupart des leaders affichent  en effet leur inexpérience sociale aussi leur insuffisance de maîtrise de la problématique socio-économique globale voire sociétale.  Il y a évidemment l’attitude du gouvernement qui n’est pas favorable à la poursuite du mouvement avec notamment des mesures judiciaires qui risquent d’en décourager plusieurs. Cela d’autant plus que les violences certes très minoritaires portent un discrédit sur les gilets jaunes. L’opinion publique pourrait de ce fait progressivement se retourner de ces formes de protestation.  Bref cet acte 8 de la mobilisation pourrait bien être l’un des  derniers sous forme de manifestation même si fondamentalement le mécontentement, la colère vont demeurer et sans doute resurgir sous une forme ou sous une autre à l’occasion de certaines réformes voulues par le gouvernement.

Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton

  • Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton
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  • il y a quelques jours la CFDT est  devenue officiellement  le premier syndicat français,  privé et public confondus. Le résultat d’un long travail d’une cinquantaine d’années pour bâtir une stratégie ayant pour objet d’aboutir à des résultats et non de se  limiter à la protestation souvent stérile voire de nature politicienne. Pour autant, cela implique désormais des responsabilités nouvelles pour cette organisation dont la communication voire les propositions ne sont pas à la hauteur de ce que représente aujourd’hui un premier syndicat. Certes récemment, Laurent Berger a proposé une forme de Grenelle pour structurer la négociation sur les revendications économiques et sociales des gilets jaunes. Une nouvelle fois, il n’a reçu que mépris d’un gouvernement qui depuis sa mise en place s’est efforcé de tuer toutes les organisations intermédiaires. Une volonté délibérée de la part de Macron Le boomerang est revenu en pleine figure car il y a évidemment nécessité de transformer un mécontentement en revendication crédible. Jusque-là les gilets jaunes ont surtout fait émerger des besoins, souvent très légitimes mais ces besoins n’ont pas été transformés en demandes revendicatives cohérentes. Le cahier de doléances des gilets jaunes ressemble plutôt à une auberge espagnole, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de l’hétérogénéité sociologique des participants à ce mouvement, des différences idéologiques aussi, sans parler du manque d’expérience sociale des intéressés. La CFDT en tant que syndicat devrait recentrer son action dans le champ social des entreprises et en particulier mettre l’accent sur la question du pouvoir d’achat qui domine et de très loin les autres revendications. Il faut partir de ce pouvoir d’achat pour faire un lien cohérent avec la politique fiscale et énergétique. Il serait temps aussi de réclamer avec une autre force une participation des salariés à la gestion des entreprises, comme en Allemagne. L’objectif étant de permettre aux deux parties (patronale et syndicale) de comprendre  les problématiques respectives   Ce n’est pas la proposition d’un grand débat type grand bazar qui peut faciliter la cohérence d’une plate-forme revendicative négociable. On ne pourra pas revenir sur ce grand débat dont on sait qu’il ne peut pas aboutir à grand-chose sauf sur des queues de cerises. Parallèlement, la CFDT se doit donc de cogner un peu plus fort sur la table afin d’imposer des vrais négociations structurées sur des thèmes syndicaux majeurs comme le pouvoir d’achat. Pas forcément en passant par des journées interprofessionnelles caractérisées par des manifs dans la rue mais par des impulsions par branches qui permettent de s’adapter aux réalités économiques et sociales de chaque secteur, voire de chaque région Il est temps que la CFDT prenne conscience de son nouveau rôle, se fasse entendre pour ne pas participer à ce phénomène pathétique de  l’extinction progressive du syndicalisme.

 

Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton

 

Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton

 

 

On a appris il y a quelques jours que la CFDT était devenue officiellement  le premier syndicat français,  privé et public confondus. Le résultat d’un long travail d’une cinquantaine d’années pour bâtir une stratégie ayant pour objet d’aboutir à des résultats et non de se  limiers à la protestation souvent stérile voire de nature politicienne. Pour autant, cela implique désormais des responsabilités nouvelles pour cette organisation dont la communication voire les propositions ne sont pas à la hauteur de ce que représente aujourd’hui un premier syndicat. Certes récemment , Laurent Berger a proposé une forme de Grenelle pour structurer la négociation sur les revendications économiques et sociales des gilets jaunes. Une nouvelle fois, il n’a reçu que mépris d’un gouvernement qui depuis sa mise en place s’est efforcé de tuer toute les organisations intermédiaires. Une volonté délibérée de la part de Macron Le boomerang est revenu en pleine figure car il y a évidemment nécessité de transformer un mécontentement en revendication crédible. Jusque-là les gilets jaunes ont surtout fait émerger des besoins, souvent très légitimes mais ces besoins n’ont pas été transformés en demandes revendicatives cohérentes. Le cahier de doléances des gilets jaunes ressemble plutôt à une auberge espagnole, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de l’hétérogénéité sociologique des participants à ce mouvement, des différences idéologiques aussi sans parler du manque d’expérience sociale des intéressés. La CFDT en tant que syndicat devrait recentrer son action dans le champ social des entreprises et en particulier mettre l’accent sur la question du pouvoir d’achat qui domine et de très loin les autres revendications. Il faut partir de ce pouvoir d’achat pour faire un lien cohérent avec la politique fiscale et énergétique. Il serait temps aussi de réclamer avec une autre force une participation des salariés à la gestion des entreprises, comme en Allemagne.  Ce n’est pas la proposition d’un grand débat type grand bazar qui peut faciliter la cohérence d’une plate-forme revendicative négociable. On ne pourra pas revenir sur ce grand débat dont on sait qu’il ne peut pas aboutir à grand-chose sauf sur des queues de cerises. Parallèlement, la CFDT se doit donc de cogner un peu plus fort sur la table afin d’imposer des vrais négociations structurées sur des thèmes syndicaux majeurs comme le pouvoir d’achat. Pas forcément en passant par des journées interprofessionnelles caractérisées par des manifs dans la rue mais par des impulsions par branches qui permettent de s’adapter aux réalités économiques et sociales de chaque secteur, voire de chaque région Il est temps que la CFDT prenne conscience de son nouveau rôle, se fasse entendre pour ne pas participer à ce phénomène pathétique de  l’extinction progressive du syndicalisme.

Siemens/Alstom: Les syndicats contre l’ UE

 

 

 

La folie ultralibérale de l’Union économique pourrait bien amputer le nouveau groupe issu de Siemens et Alstom à se couper une partie des bras. En effet l’Europe voudrait que ce groupe se débarrasse de certaines activités en raison de la position dominante qu’il pourrait occuper. La vérité est toute autre ; il n’est même pas certain que ce groupe réussisse tellement la concurrence est rude en particulier en provenance de la Chine, du Canada et d’autres zones. Par ailleurs,  il faut surtout noter que le marché ferroviaire mondial est aujourd’hui assez peu porteur en raison de l’ampleur des investissements que les sociétés d’exploitation ont du mal à financer. Pour résumer l’Union économique se tire d’emblée une balle dans le pied en voulant fusiller une alliance qui n’a même pas encore fait la preuve de sa réussite A la fin du mois d’octobre, les autorités de la concurrence de l’Union européenne ont envoyé une liste de griefs concernant le projet. Bruxelles s’est donné jusqu’au 28 janvier pour rendre son avis. La Commission, qui a ouvert une enquête approfondie sur ce dossier en juillet, a dit craindre que ce mariage, annoncé en septembre 2017, ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation.“Nous regardons de près quels produits devront, le cas échéant, être cédés”, déclare Jürgen Kerner, membre à la fois du conseil de surveillance de Siemens et du comité exécutif d’IG Metall, un des plus importants syndicats allemands, dans un communiqué cité par Der Spiegel. Les travailleurs “n’accepteront pas que des futures technologies ou des sites entiers” sortent du périmètre du groupe, ajoute-t-il. En fusionnant leurs activités ferroviaires Siemens et Alstom entendent contrer les visées du groupe public chinois CRRC en Europe. Les concurrents des groupes français et allemand estiment que, s’ils sont autorisés à se rapprocher, il n’y aura plus aucune place pour eux sur le marché européen. “Le fait que des concurrents mondiaux ont pour ainsi dire un pied en Europe” n’est “jamais pris en compte” par la Commission européenne »

Soutien des syndicats de transport aux gilets jaunes ?

Soutien des syndicats de transport aux gilets jaunes ?

 

 

 

Troisième organisation du secteur des transports, FO-UNCP appelle, « en solidarité avec le mouvement citoyen +gilets jaunes+, (…) tous ses militants, adhérents et sympathisants à participer et organiser toutes actions visant à revendiquer l’augmentation du pouvoir d’achat », a indiqué le syndicat dans un bref communiqué.  »On appelle à venir renforcer les mouvements existants », a précisé Patrice Clos, son responsable. Le secteur, qui regroupe les chauffeurs routiers, les ambulanciers, les transporteurs de fonds ou les déménageurs, compte quelque 700.000 salariés, a-t-il indiqué à l’AFP. Dans le cas où la mobilisation ne porterait pas ses fruits, FO-UNCP pourrait aller plus loin, a prévenu M. Clos. « Si le gouvernement continue à mépriser nos concitoyens, on verra si on passe à l’étape supérieure, c’est-à-dire l’appel à la grève », a-t-il averti. La CFDT, premier syndicat dans le secteur du transport et de la logistique devant la CGT, doit décider mercredi si elle se joint au mouvement des « gilets jaunes ». Fin octobre, elle avait dit soutenir « le mouvement de mécontentement citoyen sur l’augmentation du carburant et la taxation complémentaire des retraites ». La CFTC Transports, 4e organisation de ce secteur, évoque une décision d’ici à la fin de la semaine.
 

Syndicats : après le mépris une tentative de séduction

Syndicats : après le mépris une tentative de séduction

 

Pendant près d’un an le gouvernement a manifesté le plus grand mépris à l’égard des syndicats. Non seulement il les a ignorés mais il a tenté d’écraser et d’humilier la CGT. Certes les syndicats ne sont pas sans défauts. Eux aussi ressemblent à des superstructures un peu coupé du réel tant du point de vue économique que sociale. Ils sont cependant indispensables comme outil de médiation à moins d’adhérer pour une démocratie monarchique qui privilégie les relations directes entre le pouvoir central et les salaries. Une pratique bien connue dans les dictatures mais sans doute peu adaptée aux usages et à la sociologie française. Du coup, le gouvernement doit maintenant faire avaler sa difficile réforme des retraites et celle aussi de l’assurance chômage. Pour faire passer la pilule fera sans doute quelques concessions aux syndicats notamment sur les contrats de travail court  L’objectif est d’arriver à un diagnostic commun sur le recours aux contrats de courte durée qui doit servir de base à la lettre de cadrage de la prochaine négociation sur la nouvelle convention de l’assurance chômage. Emmanuel Macron, qui a souhaité avancer ces négociations – elles étaient prévues pour fin 2019, début 2020 -, a fait savoir aux partenaires sociaux que la lutte contre la précarité (recours abusif aux contrats courts) et la “permittence” (cumul emploi-chômage) devait être une de leurs priorités. Au sein de l’exécutif, on se défend de changer de méthode. “Il y a toujours eu un fil de discussion extrêmement intense (avec les partenaires sociaux), que ce soit sur les réformes globales ou sectorielles”, a déclaré une source à l’Elysée. Mais on dit tout de même “entrer dans une nouvelle phase”. Le gouvernement, qui a voulu construire un modèle de “flexisécurité” à la française en cette première année du quinquennat, compte maintenant bâtir un “Etat-providence du 21e siècle”. Toujours le m^me décalage entre le 18ème et le 21è siècle ! Pour cela, il a besoin du soutien des corps intermédiaires. “On est à un moment où on doit mettre en oeuvre les réformes. On a besoin qu’il y ait la mobilisation de tous (…) partenaires sociaux, entreprises, territoires, associations”, dit cette source de l’Elysée. Pour l’équipe du cabinet de la ministre du Travail, ce soutien est d’autant plus important qu’il soit crucial pour permettre au pays de diminuer le taux de chômage. Emmanuel Macron s’est donné pour objectif durant la campagne de l’amener à 7% d’ici 2022. “Si on n’est pas capable de réduire le chômage au moment où il y a une forte croissance avec une forte demande de travail des entreprises, quand ça va redescendre, ça va être très compliqué. Il faut absolument être capable d’y répondre maintenant”, avait déclaré un proche de Muriel Pénicaud au moment de voter le projet de loi réformant la formation professionnelle et l’assurance chômage. Le problème c’est que contrairement à ce qu’affirment Muriel et Nico la ministre du travail dans une période de forte croissance. En effet cette croissance fixée par le gouvernement à 2 % va retomber de 1,5 %. C’est-à-dire à un niveau où il n’est plus possible de dégager un solde positif de création d’emplois

Macron se raccroche aux syndicats pour sauver sa popularité

Macron se raccroche aux syndicats pour sauver sa popularité

 

Difficile de comprendre ce virage annoncé de Macron dans ses relations avec les corps intermédiaires que sont les partenaires sociaux (syndicats et patrons). Jusque là Macron n’a pas consulté grand monde (sinon évidemment les très grands patrons qui l’ont porté au pouvoir). Malheureusement, les résultats tardent  à venir, pire nombre de réformes sont contestées dans leur efficacité et dans leur mode d’élaboration. Pour parler clair dans l’euphorie de son élection, Macron a délibérement marché sur le ventre des syndicats. Aujourd’hui la popularité du chef de l’état est menacée, 60% considèrent qu’il n’est pas un bon président. Il se voit donc contraint de se raccrocher aux branches de ces corps intermédiaires (qui ne sont certes pas sans défaut)  qu’il a tellement snobés. Pour l’instant,  le rapprochement de Macron est de pure forme. Cependant dans deux dossiers particulièrement explosifs il aura besoin des partenaires sociaux  pour éviter l’explosion sociale à savoir la réforme des retites et l’indemnisation du chômage. Pour expliquer son virage Macron peine à convaincre quand il affirme : ‘ »Dans la première année de mandat, il fallait débloquer certaines situations, je suis allé vite, c’était ma volonté, je l’assume et maintenant je passe dans une autre séquence où je vais – entre guillemets – avoir besoin de m’appuyer sur les partenaires sociaux, sur les corps intermédiaires’”, a-t-il dit à des journalistes. Puisse-t-il mettre un peu moins de « je, je » partout pour y substituer non point un « nous royal » mais un « nous » démocrate et républicain.

Accord Opel- syndicats

Accord Opel- syndicats

 

Il n’y aura pas de suppression d’emplois comme le craignaient les syndicats mais des efforts salariaux en compensation du maintien de l’emploi et des investissements. Bref un accord à l’allemande pour  PSA, qui a racheté l’an dernier Opel à General Motors pour 2,6 milliards de dollars (2,26 milliards d’euros environ), vise un retour à la profitabilité d’Opel à l’horizon 2020. Les salariés des sites de production allemands de Rüsselsheim, Kaiserslautern, Eisenach, Dudenhofen et Bochum auront leur emploi garanti jusqu’à l’été 2023 et les investissements seront budgétés pour chaque site, selon un communiqué commun de la société, des comités d’entreprises et du syndicat IG Metall.

Mépriser les syndicats : une lourde erreur de Macron

Mépriser les syndicats : une lourde erreur de Macron

 

On conviendra sans difficulté que les syndicats ne sont pas sans défaut. Ils sont peu représentatifs et finalement pèsent peu sur les orientations économiques et sociales. Pour autant,  leur rôle est utile voire indispensable en tant que moyens d’intermédiation entre les salariés, l’Etat et le patronat. De très nombreux accord signés dans les entreprises et avec le gouvernement en témoignent. Macron se comporte vis-à-vis des syndicats comme avec l’opposition politique, c’est la stratégie du bulldozer. Macron a écrasé l’opposition, il veut écraser les syndicats. Pour preuve ses provocations permanentes au lieu de rechercher l’apaisement. La mort programmée des syndicats classiques n’est pas une hypothèse à écarter  mais il faudra aussi en mesurer les conséquences car comme en politique les « résistants » se réfugieront dans la radicalité de mouvements extrêmes. Des mouvements à la fois très corpos  et beaucoup plus durs.  Pas sûr que l’économie et la société toute entière y gagnent. En outre, il est dangereux  de vouloir humilier un adversaire. Au contraire, comme en Allemagne, tout devrait militer pour la recherche de compromis via la négociation. Ce qui supposerait d’associer davantage les syndicats à la gestion afin qu’ils s’approprient davantage la problématique économique macro ou micro. Au total la stratégie de Macron constitue une sorte de machine à fabriquer du mécontentement et  de la radicalité. On est loin de la promesse de réunir les différentes composantes du pays. La jeunesse de Macron  et posture un peu hors sol sont largement responsable de cette situation conflictuelle qui va à terme miner le climat socio-économique.

Ecraser les syndicats : une lourde erreur de Macron

Ecraser les syndicats : une lourde erreur de Macron

 

On conviendra sans difficulté que les syndicats ne sont pas sans défaut. Ils sont peu représentatifs et finalement pèsent peu sur les orientations économiques et sociales. Pour autant,  leur rôle est utile voire indispensable en tant que moyens d’intermédiation entre les salariés, l’Etat et le patronat. De très nombreux accord signés dans les entreprises et avec le gouvernement en témoignent. Macron se comporte vis-à-vis des syndicats comme avec l’ opposition politique, c’est la stratégie du bulldozer. Macron a écrasé l’opposition, il veut écraser les syndicats. Pour preuve ses provocations permanentes au lieu de rechercher l’apaisement. La mort programmée des syndicats classiques n’est pas une hypothèse à écarter  mais il faudra aussi en mesurer les conséquences car comme en politique les « résistants » se réfugieront dans la radicalité de mouvements extrêmes. Des mouvements à la fois très corpos  et beaucoup plus durs.  Pas sûr que l’économie et la société toute entière y gagnent. En outre, il est dangereux  de vouloir humilier un adversaire. Au contraire, comme en Allemagne, tout devrait militer pour la recherche de compromis via la négociation. Ce qui supposerait d’associer davantage les syndicats à la gestion afin qu’ils s’approprient davantage la problématique économique macro ou micro. Au total la stratégie de Macron constitue une sorte de machine à fabriquer du mécontentement et  de la radicalité. On est loin de la promesse de réunir les différentes composantes du pays. La jeunesse de Macron  et posture un peu hors sol sont largement responsable de cette situation conflictuelle qui va à terme miner le climat socio-économique.

Grève unitaire des fonctionnaires: avec tous les syndicats le 22 mai

Grève unitaire des fonctionnaires: avec tous les syndicats le 22 mai

L’appel  lancé par l’intersyndicale FO, CGT, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP est maintenant soutenu par la CFDT et l’UNSA.   Après la journée du 22 mars, à laquelle la CFDT et l’Unsa ne s’étaient pas jointes, ce sera la troisième journée de mobilisation dans la fonction publique depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron.  Les organisations syndicales de la Fonction dénoncent le projet de réforme de la fonction publique et appellent à défendre leur pouvoir d’achat. Le gouvernement prévoit la suppression de 120.000 fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat dans le cadre de son projet de réforme plan Action publique 2022. Il entend aussi “dynamiser” le dialogue social en touchant aux instances représentatives du personnel, favoriser le recours aux contractuels, introduire une rémunération au mérite et faciliter la mobilité des fonctionnaires – en mettant notamment en place un plan de départs volontaires. Le gouvernement a ouvert le bal des concertations en abordant le chantier du dialogue social. L’ensemble des organisations syndicales ont dénoncé une absence de dialogue. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, a assuré qu’il n’y avait pas de “logique purement budgétaire”. Ces discussions doivent s’étaler sur un an, selon lui.  Les prochaines séances de négociation promettent ainsi d’être particulièrement tendues. Trois groupes de travail en multilatérale et une réunion de conclusion sont programmés en mai et juin. Des «bilatérales» auront également lieu avec chaque organisation, précise-t-on à Bercy. Les trois autres chantiers seront abordés respectivement à partir de la fin avril, fin mai puis juin: recours accru aux contractuels, rémunération plus individualisée et accompagnement renforcé des évolutions de carrière. « Nous avons écouté avec attention le président de la République et nous avons noté son silence sur la fonction publique », a indiqué Luc Ferré, le secrétaire général de l’Unsa. « Ce dernier n’aborde les services publics, que sous « l’angle budgétaire », a-t-il critiqué. « Nous considérons aujourd’hui qu’il est important d’agir avec l’ensemble des agents, comme nous l’avions estimé le 10 octobre, pour peser sur le gouvernement, alors que des discussions s’ouvrent », a ajouté Luc Ferré, en faisant référence à la concertation ouverte fin mars entre les syndicats de la fonction publique, les représentants d’employeurs et le gouvernement. Ces discussions « n’ont pas pour l’instant montré une réelle ouverture du gouvernement », a-t-il déploré.  Les relations entre les syndicats de la fonction publique et le gouvernement sont tendues depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et les annonces successives de la suppression de 120.000 postes au cours du quinquennat, du report d’un an du plan de revalorisation des carrières des fonctionnaires (PPCR) conclu sous le gouvernement précédent, du gel du point d’indice servant au calcul de la rémunération des agents publics et de la réinstauration du jour de carence (paiement du salaire à partir du deuxième jour d’arrêt maladie).

“REPRENDRE le contrôle des QUARTIERS”(Syndicats de police)

“REPRENDRE le contrôle des QUARTIERS”(Syndicats  de police)

Pendant que certains partis instrumentalisent le terrible attentat de Thèbes près de Carcassonne, les syndicats de police reviennent sur des points fondamentaux à savoir l reprise en main des quartiers hors de l’Etat de droit qui ont favorisé l’islam radical et violent. Ils récusent aussi les mesures simplistes. Cela d’autant plus que l’insuffisance de moyens est flagrant. Pour surveiller correctement environ 5000 fichés S, il faudrait 250 000 policiers là où on en compte de l’ordre de 15 000. Les leçons que donne l’opposition passent difficilement.  Pour le secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police, Yves Lefebvre, Laurent Wauquiez est d’autant moins bien placé pour donner des leçons qu’il “a fait partie d’un gouvernement qui, entre 2007 et 2012, a désagrégé le renseignement”.

Quant à Manuel Valls, “il marche sur la tête” en prônant une rétention administrative de certains fichés S dans des centres qui ne sont pas faits pour cela, a-t-il déclaré à Reuters. “Ce n’est pas la fiche S qui nous permettra de lutter contre le terrorisme, c’est reprendre pied dans les quartiers”, a-t-il ajouté. Reconquête que le gouvernement veut engager grâce au déploiement d’une police de sécurité du quotidien. Le tueur de Trèbes, Radouane Lakdim, venait d’un quartier de Carcassonne devenu une zone de non-droit, souligne ce policier. Denis Jacob, secrétaire général d’Alternative Police-CFDT, dénonce pour sa part la nouvelle polémique déclenchée par les attentats de vendredi dernier autour des fiches S. “Certains élus (…) de droite comme de gauche oublient qu’ils ont été aux affaires ces 20 dernières années avec de multiples réformes du renseignement !” a-t-il dit à Reuters. “Le risque zéro n’existe malheureusement pas.” Il n’en juge pas moins nécessaire de renforcer la circulation des informations entre les différents services et de s’interroger sur la création d’une seule et grande direction du renseignement regroupant l’ensemble des entités existantes. Quant à Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa-Police, il fait valoir que les forces de l’ordre ne seront jamais assez nombreuses pour surveiller en permanence les 4.000 à 5.000 fichés S jugés potentiellement dangereux.

Gouvernement-syndicats : ça se durcit

Gouvernement-syndicats : ça se durcit

D’une  certaine façon ça se durcit aussi bien coté gouvernement que coté syndicats. Des syndicats qui reprochent de plus en plus au gouvernement de passer en force par dessus la tête des partenaires sociaux .  C’est vrai avec les menaces d’Etatisation de l’assurance chômage, avec les menaces de la ministre du travail sur les résultats de la négociation de la formation permanente ou encore avec  de la SNCF avec les éventuelles ordonnances. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, déçue du projet d‘accord auquel les partenaires sociaux sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi sur la formation professionnelle, a annoncé quelques heures plus tard qu‘elle présenterait mardi prochain un texte “big bang” sur le sujet. La même journée, jeudi, le secrétaire d‘Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner a évoqué la “possibilité” de légiférer par ordonnances pour réformer le secteur ferroviaire, provoquant la colère des syndicats de la SNCF et une menace de grève. Muriel Pénicaud a poursuivi vendredi en invitant les organisations syndicales à penser à “l‘intérêt général” sur l‘assurance chômage, au lendemain de l‘accord a minima conclu par les partenaires sociaux. Echaudés par les annonces de la ministre, ces derniers ont conditionné leur signature à l‘engagement de l‘Etat d‘en “respecter tous les termes”. “Ce que nous avions dit aux partenaires c‘est: sur ce sujet-là, vous négociez. Après, il y a une autre responsabilité qui est complémentaire, c‘est celle du gouvernement et du Parlement, de dire la loi, de faire la loi”, a dit Muriel Pénicaud sur RTL lors d‘une visite du siège des Compagnons du Devoir et du Tour de France, à Paris.

Syndicats cheminots : changer de paradigme ou disparaître

Syndicats cheminots : changer de paradigme ou disparaître

Le rapport Spinetta n’est pas en soi une oeuvre très originale, il ratisse toutes les idées émises depuis 50 ans, même les plus usée, pour tenter de sauver la grande maison. Exemple la fermeture des lignes, un changement de statut juridique ou la réduction de effectifs. La fermeture des lignes et des dessertes est pratiquée depuis des décennies (abandon de ligne, réduction de dessertes ou transfert sur des cars empruntant la route). La très grande majorité des cantons ne sont plus desservis par le rail. La réduction des effectifs est uen vieille recettes puisque les cheminots sont passés de 500 000 avant guerre  à 150 000 aujourd’hui.  Même chose pour le statut juridique. La SNCF a déjà connu le statut de société  anonyme et cela n’a pas empêchée déficit et dette. Pour autant la réforme de l’ entreprise est indispensable, urgente même,  dans l’intérêt collectif, de la SNCF et des cheminots eux- mêmes.  La question est de savoir si les syndicats (et une  grande partie des cheminots) sont capables de changer de paradigmes, en clair de passer d’un problématique corpo à une  problématique économique et sociétale. Pour les syndicats corpos, la ligne de défense s’articule autour du triptyque indissociable : défense du statut- défense de la SNCF- défense du service public. Un amalgame entre la nature de l’intérêt général,  l’entreprise chargée de l’assurer et les conditions sociales des salariés. Bref la stratégie syndicale des années 50. Or il convient évidemment d’intégrer l’évolution de la mobilité, l’aménagement du territoire, le enveloppement durable aussi  les impératifs incontournables de gestion et de qualité. . Pas sûr que CFDT et UNSA exceptées (et encore) les syndicats soient prêts à prendre la hauteur qui convient, à faire preuve des compétences  nécessaires  pour aborder de manière responsable et constructive la modernisation du rail. Il y a même de fortes chances pour qu’ils se réfugient derrière les slogans éculés et simplificateur d’un  service public dont le contenu se réduit à un service corpo. Coté gouvernement,  il faudra aussi être moins simplificateur car la situation de la SNCF est aussi grandement due aux contradictions de l’Etat. Un vrai débat sera donc  nécessaire entre usagers, Etat, et cheminots. Pas une petite consultation à la va vite.

 

 

Syndicats SNCF : moins de permanents ?

Syndicats SNCF : moins de permanents ?

 

 

 

À la SNCF il y a des permanents officiels dont le temps est totalement consacré aux tâches syndicales. Le nombre de permanents accordés à chaque organisation dépend de sa représentativité. Mais il y a surtout les permanents officieux c’est-à-dire ce qui seront élus à un titre ou à un autre dans une instance représentative du personnel et qui en cumulant les temps accordés à chaque élu deviennent pour beaucoup de permanents officieux. Rien qu’en Ile-de-France, l’entreprise ferroviaire compte 6 CE avec 70 élus plus leurs suppléants et un millier de délégués du personnel titulaire et suppléants et 84 CHSCT où siègent 468 élus, rappelle Les Échos. Mais avec la réforme du code du travail la SNCF comme les autres entreprises va être contraintes de fusionner des instances représentatives du personnel. Du coup le nombre de délégués élus va diminuer et les temps globaux de délégation également. Un obstacle cependant,  comme la SNCF est désormais organisée par branche d’activité la réduction du nombre de représentants du personnel sera moins affectée que si la SNCF était restée une entité juridique unique. Une ordonnance réformant le code du Travail va donc  bouleverser la pratique du dialogue social à la SNCF. Validé par l’Assemblée nationale la semaine dernière, ce texte a acté la fusion au sein du comité social et économique (CSE), des anciens comités d’entreprises (CE), délégués du personnel (DP) et comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Cette fusion fera, par effet de rebond, baisser nettement le nombre d’élus du personnel, notamment dans les entreprises de plus de 3.000 salariés qui compte de multiples instances de par leur organisation en région. À ce titre, la SNCF constitue sans doute un cas d’école avec ses 30 comités d’établissement (CE) et ses 600 CHSCT, au niveau national.  Selon le projet de décret d’application de l’ordonnance, transmis fin octobre 2017 aux partenaires sociaux, une entreprise de 3.000 salariés n’aurait plus que 25 élus dans son CSE, contre 28 auparavant dans ses instances séparées (-3 élus). La différence serait de 10 élus pour une entreprise de 5.250 salariés (29 élus contre 39 avant), de 20 élus pour une entreprise de 8.500 salariés (33 élus contre 53 avant), et de 26 élus pour les entreprises de 10.000 salariés (35 élus contre 61 avant).  Le total des heures dévolues à l’exercice d’un mandat syndical et à la participation aux IRP, représentent 2200 emplois équivalents temps plein, soit 1,5% du total des 150.000 salariés employés par l’entreprise ferroviaire, selon le quotidien économique.

Avenir service public : des syndicats boycottent la concertation

 Avenir service public : des syndicats boycottent la concertation

Des syndicats ont décidé de boycotter la concertation relative à l’avenir du service public. Les syndicats CGT, FO et Solidaires de la fonction publique ont annoncé lundi qu’ils se retiraient des « groupes de travail » sur l’organisation d’une consultation des agents et des usagers concernant les missions de service public, qu’ils qualifient de « mascarade». En fait une nouvelle fois certains syndicats amalgament  le champ du service public, les moyens de l’assumer et les conditions sociales des fonctionnaires. Trois sujets qu’il convient de distinguer. La première priorité est en effet de savoir ce qui relèvent ou pas de l’intérêt général, ensuite de rechercher les moyens les plus efficaces d’assurer ces missions publiques, enfin de discuter des statuts et plu généralement des conditions sociales et non l’inverse. Sinon évidemment on tombe dans le corporatisme habituel. L’amalgame entre défense des fonctionnaires et défense du concept de service public aboutit au poujadisme le plus éculé. Témoin l’argumentaire de ces syndicats : qui contestent «  les  objectifs budgétaires de réduction de la dépense publique » et condamne par avance le  comité d’experts chargé d’identifier des « réformes structurelles et des économies significatives et durables » dans les administrations publiques. Le ministre des Comptes publics chargé de la fonction publique Gérald Darmanin a indiqué que cette grande réflexion commune était pourtant  indispensable en début de quinquennat. « Il s’agit de faire les choses dans le bon ordre: définir d’abord ce vers quoi nous voulons aller, c’est-à-dire réfléchir aux missions, puis allouer ensuite les moyens adaptés à cette ambition », a réaffirmé le ministère. De son côté, la CFE-CGC a annoncé dans un communiqué qu’elle boycottait une réunion prévue lundi au ministère avec les syndicats sur les modalités et le calendrier de la consultation. Pour elle, le gouvernement « s’enlise depuis de longs mois dans une posture rigide de pseudo-dialogue social », qui « dénote un mépris intolérable des agents ». « Ce sur quoi on appelle à la vigilance, c’est sur ce qui suivra », estime en revanche la CFDT, qui entend continuer, comme la FSU et l’Unsa, d’assister aux « réunions d’information » prévues par le gouvernement. « Aucune des actions (consultation, comité d’experts) ne se substitue au dialogue social », a ajouté Mylène Jacquot.

Travailleurs détachés : position commune des syndicats

Travailleurs détachés : position commune des syndicats

 

Le Comité de Dialogue Social Européen et International (CDSEI), qui regroupe la CFDT, la CGT, Force ouvrière, la CFTC et la CFE-CGC, veulent uen égalité de traitement entre détachés et travailleurs locaux. L‘intersyndicale souhaite notamment que les conventions collectives, absentes de la précédente directive, s‘appliquent aux travailleurs détachés. Ils espèrent aussi une égalité de traitement entre travailleurs dans la définition d‘un salaire minimum. Les syndicats proposent qu‘une durée maximale soit actée mais selon eux, “les débats actuels sur cette durée (6-12 ou 24 mois) sont secondaires car ils oublient le fait que la moyenne des détachements est de toute façon inférieure”. ils souhaitent aussi que les frais de transport, les frais d’hébergement et de nourriture, frais inhérents au détachement, soient “payés au travailleur détaché par son employeur en plus de sa rémunération et au niveau des prix pratiqués dans le pays d’accueil”. Né d‘une directive de 1996, le principe des “travailleurs détachés” permet à des salariés de pays membres de travailler dans un autre pays de l‘Union à titre temporaire et de bénéficier du “noyau dur” des droits en vigueur dans leur pays d‘accueil, dont le salaire minimum. Mais ils paient leurs cotisations sociales dans leur pays d‘origine, ce qui entraîne des accusations de “dumping” social, provoquant un vif débat en France qu‘Emmanuel Macron a pris en compte en réclamant des garanties fortes à ses partenaires. La nouvelle directive sur le détachement des travailleurs pourrait être adoptée fin octobre, avant que la Bulgarie, principale opposante à une révision, ne prenne la présidence de l‘UE le 1er janvier 2018.

Routiers: accord entre syndicats et patronat

Routiers: accord entre syndicats et patronat

 

Un accord a été trouvé entre les organisations patronales et les organisations syndicales de salariés à propos des primes.  Les primes  de déplacement et de nuit feront désormais partie intégrante des salaires minimaux des routiers, domaine du Code du travail qui, selon les ordonnances, ne peut être négocié qu‘au niveau de la branche. Elles ne pourront donc pas être revues à la baisse par des accords d‘entreprise, comme le craignaient les organisations syndicales, qui réclament le maintien des prérogatives des branches alors que le nouveau Code du travail accorde la primauté aux accords d‘entreprise sur ces thèmes. “C‘est une utilisation habile de la loi. La branche a utilisé le levier dont elle disposait pour reprendre le dessus sur ce thème”, a estimé Virginie Devos, associée au cabinet d‘avocats August Debouzy. Un avis que partage Guy Groux, directeur de recherches associé au Cevipof de Sciences Po. “On a une adaptation des accords de branche par rapport aux accords d‘entreprise et c‘est ce que souhaitait le gouvernement”, a-t-il dit à Reuters.  Du côté des gauchistes aussi bien à la CGT qu’à  FO on en tire la conclusion qu’il est possible de contourner les ordonnances. Notons cependant que la rémunération des routiers présente un caractère spécifique eu égard à l’importance des primes. En réalité il serait impossible de recruter des chauffeurs-routiers notamment de longue distance sans l’existence de ces primes. En effet les chauffeurs-routiers seraient rémunérés autour du SMIC. Ces primes sont en réalité un élément constitutif du salaire. Dans d’autres branches,  il est très rare que les primes atteignent une telle somme, il est tout aussi rare  que ces primes constituent un élément déterminant pour le choix d’un métier.  Pour Jean Grosset, directeur de l‘observatoire du dialogue social de la fondation Jean Jaurès et ancien secrétaire général adjoint du syndicat UNSA, le gouvernement n‘avait effectivement que peu d‘options à sa disposition. “Le fait d‘arriver à un accord entre patronat et salariés, c‘est une réussite de dialogue social. C‘est précisément le message que le gouvernement veut faire passer. Il devait l‘accepter”, a-t-il dit à Reuters. Pour l‘ancien syndicaliste, “il aurait été trop risqué d‘aller à l’épreuve de force” sachant que les organisations syndicales de routiers disposent d’“un moyen de pression terrible” en bloquant les transports.

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