Archive pour le Tag 'syndicats'

Syndicats : confiance en hausse mais toujours minoritaire

Syndicats : confiance en hausse mais toujours minoritaire

 

La confiance dans les syndicats remonte mais il y a encore des progrès à faire ! Selon Le baromètre annuel sur le dialogue social réalisée en juin par le Cevipof, le laboratoire de recherche de Sciences Po, fait ressortir un léger regain de confiance inédit pour les syndicats. En effet, 4 salariés sur 10 affirment leur faire «très confiance» ou «plutôt confiance». Un niveau qui dépasse le record atteint en 2010, en pleine mobilisation contre la réforme Woerth des retraites, et les scores de la précédente décennie (28 % en 2013 et 29 % en 2017). À noter quand même qu’une majorité exprime toujours sa défiance envers les syndicats, qui demeurent en «queue de peloton» des organisations peu appréciées, ne devançant d’une courte tête que les médias, les réseaux sociaux et les partis politiques.

5 octobre : une journée de mobilisation par les syndicats d’extrême-gauche

5 octobre : une journée de mobilisation par les syndicats d’extrême-gauche

Ce sont surtout les syndicats d’extrême-gauche qui participeront à une journée de mobilisation le 5 octobre à l’initiative de la CGT. On retrouvera en particulier FO, de FSU, de Solidaires (Sud) et des organisations de jeunesse (Unef, UNL, Fidl, MNL) . Par contre les syndicats réformistes n’y participeront pas notamment la CFDT premier syndicat de France, la CFTC et la CGC

Les principales revendications seront assez générales et devraient couvrir notamment l’emploi, la protection sociale et la défense des droits d’une jeunesse particulièrement fragilisée par la crise et les salaires. Une sorte de journée fourre-tout à caractère autant politique que syndical.

La guerre des syndicats de magistrats contre Dupond-Moretti

La guerre des syndicats de magistrats contre Dupond-Moretti 

 

Le professeur de droit Olivier Beaud estime que la mise en examen du garde des sceaux met en lumière « la volonté quasi-impérialiste des magistrats de contrôler la vertu des gouvernants »(Le Monde extrait).

 

Tribune. 

 

Sans surprise, Eric Dupond-Moretti, actuel garde des sceaux, a été mis en examen, vendredi 16 juillet, par la Cour de justice de la République (CJR) pour prise illégale d’intérêts du fait d’actes commis dans l’exercice de ses fonctions. Les médias ont plutôt tendance à présenter l’affaire comme si l’actuel ministre était le « méchant » gouvernant qui s’acharnerait sur les « bons » magistrats en faisant mener sur eux – c’est-à-dire des membres du Parquet national financier (PNF) – des enquêtes administratives, ou en diligentant des poursuites disciplinaires afin d’assouvir une sorte de vengeance personnelle. Selon cette version commune, l’actuel ministre se trouverait pris dans un conflit d’intérêts, dont la traduction pénale serait la prise illégale d’intérêts. Cette thèse vient d’être avalisée par la commission d’instruction de la CJR.


En réalité, on peut lire les faits de façon opposée, ce qu’on va faire ici. Alors qu’il était encore avocat, M. Dupond-Moretti a fait l’objet d’un « espionnage » de la part du PNF pour la seule raison qu’il était le collègue et l’ami de l’avocat de Nicolas Sarkozy. Obsédé par l’idée de trouver la « taupe » qui aurait informé l’ancien président de la République qu’il était écouté dans l’affaire « Bismuth », les magistrats du PNF ont décidé de rechercher les coups de téléphone (au moyen des fadettes) que donnaient tous les amis ou collègues avocats de Me Herzog.

Les avocats ont bel et bien été « espionnés » pour une affaire à laquelle ils étaient totalement étrangers. Le rapport de l’inspection générale de la justice n’a certes pas conclu à l’illégalité de la procédure envers ces avocats, mais a énuméré une série impressionnante de dysfonctionnements de la part du PNF dont l’image ne ressort pas grandie d’un tel rapport.

Faut-il rappeler que, dans un Etat de droit, même si on est un magistrat, on n’espionne pas des avocats, sauf exceptions très précises ? Ce mépris des droits des avocats par certains magistrats en dit long sur la situation faite en France aux droits de la défense et à la profession d’avocat.

Il ressort d’une telle lecture des faits que M. Dupond-Moretti, ainsi que tous les autres avocats, a été la victime d’un zèle excessif de certains magistrats. Mais, à la différence des autres avocats, il a osé porter plainte contre de tels agissements. C’est seulement plus tard qu’il a été nommé ministre. On ne voit pas pourquoi il aurait refusé d’être garde des sceaux au seul motif de ce différend avec le Parquet national financier ni pourquoi un avocat ne pourrait pas devenir le garde des sceaux. Robert Badinter l’a été, pourquoi pas M. Dupond-Moretti ?

Réforme d’EDF : une campagne d’information auprès des maires par les syndicats

Réforme d’EDF : une campagne d’information auprès des maires par les syndicats

 

Les syndicats s’opposent à l’éclatement reprises en trois nouvelles sociétés. Ils craignent en particulier la privatisation dEnedis.  En France, la distribution de l’électricité est un service public sous monopole. Enedis est ainsi le gestionnaire de 95% du réseau de distribution d’électricité français. Mais il n’est pas le propriétaire de ce réseau. Celui-ci appartient aux collectivités locales, qui en concèdent la gestion à Enedis. L’entreprise régulée a ainsi la charge, via des contrats de concession, d’exploiter, de développer et d’entretenir plus d’un million de kilomètres de lignes électriques.

Dans  le futur EDF imaginé par l’exécutif et la direction du groupe, Enedis serait logé dans un EDF Vert, nouvelle entité dont une partie minoritaire du capital (environ 35%) serait privatisée. Pour les instances représentatives du personnel, cette opération mènera inévitablement à « la privatisation d’Enedis et à la financiarisation de la distribution de l’électricité ».

Elles craignent un traitement à deux vitesses et une remise en cause de la péréquation tarifaire. Modèle solidaire qui assure un traitement et un prix identiques pour un client qui habite une zone rurale (où les coûts de raccordement et d’acheminement sont plus élevés) et pour un client qui réside dans une grande métropole.

Assurance chômage : mise en cause au Conseil d’État par les syndicats

Assurance chômage : mise en cause au Conseil d’État par les syndicats

 

 

Les syndicats vont déposer ensemble un recours devant la justice administrative contre le décret du 30 mars. «On n’a pas rédigé de recours commun car chaque organisation a sa ligne, mais nos avocats iront symboliquement ensemble pour montrer notre opposition commune. Ce n’est pas l’ultime espoir mais on compte beaucoup dessus», affirme Michel Beaugas (FO).

 

Les syndicats déposeront à la fois un référé suspension et une saisine sur le fond. Les juges auront un mois pour se prononcer sur la suspension et éventuellement ensuite quatre mois pour examiner le fond. Pour étayer leurs recours, les syndicats ont fait tourner les ordinateurs en multipliant les «cas types» de «ruptures d’égalité» entre demandeurs d’emploi générées par la modification au 1er juillet du calcul du salaire journalier de référence (SJR), le cœur de la réforme.

 

«Comme il y a déjà eu une annulation de cette mesure en novembre par le Conseil d’État et une rectification par le gouvernement derrière, on a été obligés d’approfondir, on a bien gratté le décret», résume Michel Beaugas.

 

Un décret qui a créé des inégalités notamment en matière de périodes d’indemnisation inhabituelles (activité partielle, congés maternité, maladie…). Pour éviter ces «effets non voulus», la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a rédigé un peu à la va-vite un décret rectificatif qui prévoit de compter ces périodes «comme si le salaire avait été à son niveau habituel». Une prise en compte qui juridiquement semble assez fragile.

Si le gouvernement ne renonce pas, «l’une des dernières réformes du quinquennat s’attaquera donc aux travailleurs précaires, en réduisant leurs droits et en fragilisant leur situation sociale», ont dénoncé dans une tribune au Monde plusieurs responsables syndicaux et associatifs, dont Laurent Berger (CFDT) et Philippe Martinez (CGT).

Surmonter l’antagonisme entre actionnaires et syndicats

Surmonter l’antagonisme entre actionnaires et syndicats

 

Philippe Latorre est cofondateur d’un fonds dédié aux PME françaises, et aujourd’hui conseil en particulier auprès des salariés. Il cosigne avec Christian Pierret l’essai Le nouveau contrat sociall’entreprise après la crise.

Les entreprises devraient, selon vous, être le lieu privilégié du renouveau de la société. L’Etat a-t-il perdu ce rôle ?

Les crises des Gilets jaunes et du coronavirus ont paradoxalement vu naître une demande pour plus d’Etat. La solution aux inégalités que les Gilets jaunes dénonçaient devait venir de l’Etat, censé les protéger, et non des entreprises où sont créées les richesses. La focale s’est déplacée. Ce ne sont plus les usines qui sont occupées comme en 1968, mais les ronds-points du domaine public. La pandémie de coronavirus a vu les Etats occuper le devant de la scène par les financements importants qu’ils maîtrisent. Il est pourtant indéniable que l’Etat est peu à peu évincé sur le plan économique et politique par des entreprises internationales qui font aujourd’hui société. Des Gafam hyperpuissants à la PME locale, l’entreprise voit son rôle et sa place évoluer dans les débats de société : inégalités, climat, innovation, santé… Les défis auxquels elles sont confrontées dépassent le seul sujet du résultat net et de l’intérêt des actionnaires financiers ou familiaux. Ce n’est plus au Parlement que se forment, se transforment et s’opposent les seuls conflits structurants des sociétés en mouvement, mais dans les entreprises. Elles se transforment en objet politique.

Quelle place pour l’Etat dans ce nouveau paradigme ?

Il faut trouver un nouvel équilibre entre les deux. L’entreprise ne doit pas décider de tout. Sa responsabilité, et celle de ses dirigeants, est de se consacrer à sa stratégie, ses clients et aux relations avec ses salariés. Tout cela dans le respect des lois qui encadrent son activité. L’État doit, de son côté, se plier à la logique d’objectifs et de résultats pour restaurer l’efficacité de son action. Il doit ensuite jouer son rôle d’arbitre en imposant des contraintes capables de faire bouger les lignes publiques et privées. C’est particulièrement vrai concernant les sujets environnementaux, sanitaires ou de libre concurrence. Sinon, les entreprises vont s’arroger des responsabilités complétées par une communication adaptée qui leur donneront une légitimité pour respecter des contraintes toutes relatives là où l’Etat aurait dû leur imposer des normes obligatoires. L’Etat et les entreprises doivent parvenir à un compromis et devenir partenaires dans une sorte d’hybridation culturelle qui permettra à la norme étatique d’être traduite par l’éthique de l’entreprise.

«Il faut que la France parvienne à surmonter cet antagonisme qui oppose depuis trop longtemps syndicats et actionnaires»

Les entreprises sont de plus en plus attendues sur le sujet de la RSE ou de l’ESG. Si le « E », les thématiques environnementales, sont de plus en plus traitées, peut-on dire la même chose du « S », le volet social ?

Les thématiques sociales restent traitées à l’échelle de l’égalité hommes-femmes, du handicap… Même s’il s’agit d’un progrès fondamental, elles laissent de côté d’autres sujets tout aussi essentiels : le partage de l’argent et du pouvoir. Ils sont pourtant plus que jamais d’actualité dans un contexte de crise qui touche durement les salariés. Premiers visés par les plans sociaux et la flexibilité imposée par la situation, ils n’obtiendront aucun des avantages des actionnaires ou des dirigeants lors de la reprise de la croissance. Cette reconnaissance, seules les entreprises, qui créent la richesse à laquelle ils contribuent, sont en mesure de leur offrir. Leur place nouvelle dans la société s’accompagne de devoirs et de responsabilités. Elles doivent devenir « cohésives », associer les salariés au capital de la société et leur redonner du pouvoir par l’accès à la gouvernance. Il faut que la France parvienne à surmonter cet antagonisme qui oppose depuis trop longtemps syndicats et actionnaires.

Pourquoi qualifiez-vous de « rupture » cette idée de l’actionnariat partagé dans les entreprises, alors que la France en est leader européen avec près de 110 milliards d’euros de capital détenu par les salariés ?

Ce chiffre est plus modeste qu’il n’y paraît. La participation est en réalité concentrée dans quelques très grandes entreprises ou celles où l’Etat est actionnaire. Les PME et ETI familiales associent peu : sur les 250 LBO réalisés chaque année en France, une dizaine seulement associe les salariés. L’actionnariat salarié se réduit donc à celui des entreprises du CAC40. Notre ambition dépasse de beaucoup un simple élargissement de ce système. Il nous faut nous inspirer de ce qui se fait de mieux aux Etats-Unis où le capital est très partagé, et dans les pays scandinaves ou en Allemagne où jusqu’à 30% à 50% des membres des conseils sont des salariés. L’actionnariat partagé doit être généralisé aux ETI et PME, afficher un objectif volontariste avec 12% minimum de capital partagé et au moins un ou deux représentants pour les entreprises de plus de 500 salariés. Il ne s’agit pas seulement de partager de la valeur, mais du pouvoir. Les salariés ont beaucoup de choses à apporter à leurs entreprises : s’ils en ont les compétences, il y a un vrai intérêt. Cela suscitera de l’engagement, donnera du sens à leur travail, tout en permettant au débat politique de reprendre des couleurs et au débat économique d’être meilleur. Le curseur du pouvoir doit passer plus loin de l’Etat, et plus près de l’entreprise.

Moins d’Etat, plus d’entreprise… Le slogan n’est pas neuf. Qu’est ce qui changerait dans le compromis que vous proposez ?

Notre démarche va au-delà d’un congrès du Medef ou du refrain gaulliste « capital travail ». On se place dans une logique sociale-démocrate rénovée. Il nous faut revenir à l’essence de la Constitution française qui, reprenant le préambule de la Constitution du 1946, propose l’instauration d’une « démocratie économique et sociale », en affirmant que « tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises ». Les actionnaires oscillent encore beaucoup entre crainte et paresse sur ces sujets. Les actionnaires financiers restent pragmatiques. Ils voient que tout cela est dans le sens de l’histoire, et si cela permet de consolider un business plan ou de sécuriser un projet, ils en deviendront les promoteurs.

Comment analysez-vous la révocation d’Emmanuel Faber, PDG de Danone, première « entreprise à mission » cotée au monde ?

On a encore peu de recul sur l’impact de son départ. Il faudra attendre la prochaine assemblée générale pour apprécier la manière dont la nouvelle direction va se positionner sur le sujet de la RSE et de l’entreprise à mission. Le profit à court terme sera-t-il vainqueur ou bien la révocation d’Emmanuel Faber n’est-elle qu’un ajustement par rapport à un dirigeant, considéré par ailleurs défaillant, qui ne remet pas en cause le projet d’entreprise à mission ? Il est toujours difficile de cerner l’instrumentalisation de la RSE par les dirigeants. Danone a par exemple commencé à publier en 2019 un bénéfice net par action (BNPA) décarboné. Une initiative à saluer et séduisante pour les investisseurs. Elle fait certes baisser le bénéfice par action en 2019 de 3,89 à 2,39 euros mais elle transforme une faiblesse en force. Car si les actionnaires jugent le bénéfice de Danone insuffisant par rapport à celui de ses concurrents, ils pourront apprécier la progression de celui ajusté du coût carbone dans un groupe qui accomplit des efforts pour réduire son empreinte et se présenter en modèle mondial. Si intérêt de l’entreprise et lutte généreuse pour le climat ne sont pas incompatibles, on trouve parfois des contradictions. Il ne faut cependant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Même si le rapport Notat-Senard a été très édulcoré avec la loi Pacte, les débats qu’il pose vont contribuer à la construction du futur. Les discours autour de la RSE et de l’ESG sont une étape importante. Ils posent les jalons de l’évolution vers une entreprise plus cohésive en familiarisant les esprits des jeunes générations qui accéderont plus tard à des postes de dirigeants à ces idées, essentielles pour le renouveau d’un contrat social en phase avec son époque.

Projet Hercule EDF : la seule contestation par les syndicats ne suffit pas

Projet Hercule EDF : la seule contestation par les syndicats ne suffit pas

Dans une tribune au « Monde », Hervé Desbrosses, ancien délégué syndical d’EDF, reproche aux syndicats qui contestent la restructuration de l’électricien de ne pas proposer de solution aux problèmes rencontrés par l’entreprise.

Tribune.

 

Depuis des mois, sur fond de négociations entre le gouvernement et la Commission européenne, les médias relatent le projet de restructuration d’EDF, le projet Hercule, qui alimente un conflit social entre les organisations syndicales et la direction du groupe. A l’approche d’un possible épilogue entre l’Etat français et la Commission européenne, quels enseignements peut-on tirer de ce conflit entre les quatre organisations syndicales représentatives et la direction d’EDF ?

Pour mieux se faire entendre, les organisations syndicales réunies en intersyndicale s’opposent radicalement à ce projet, mais le front uni se referme, tel un piège, sur les syndicats les plus progressistes qui la composent. Or, il serait utile qu’au moins une d’entre elles propose sa vision du contexte actuel et apporte ses solutions pour l’entreprise, en dehors de tout procès d’intention instruit par une intersyndicale parfois peu nuancée.

Aussi légitime qu’elle soit pour ses opposants, la contestation au projet ne peut être l’unique posture pour des organisations syndicales, elles doivent aussi énoncer des alternatives plausibles à la réforme proposée par la direction ou, à tout le moins, l’amender. Or il n’en est rien à ce jour. L’avenir du syndicalisme ne se trouve-t-il pas dans des positions étayées et une vision équilibrée de l’économie et du social ?

Cette synthèse entre efficacité économique et protection sociale, quelle organisation l’endossera pour réunir les 70 % à 80 % de salariés silencieux ces dernières semaines à leurs collègues grévistes, mais dont tous sont dans l’attente d’un véritable projet pour le groupe auquel ils sont fortement attachés ?

Le constat est pourtant clair : sous-rémunération de la production nucléaire, endettement endémique, investissements importants à réaliser, décrochage possible par rapport aux concurrents sur les relais de croissance actuels et à venir… : ce sont ces constats qui s’imposent, alors qu’EDF est incontestablement un fleuron industriel et le plus à même d’accompagner la centaine de pays visant la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Les solutions profitables pour l’entreprise et les salariés seraient évidemment d’augmenter le prix de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), qui est resté inchangé depuis près de dix ans et qui représente un quart du volume de la production annuelle d’EDF. Tout aussi profitable serait un accord avec la Commission européenne visant à solder le contentieux des concessions hydrauliques en les arrimant définitivement au groupe.

300 millions d’euros pour les médecins hospitaliers: indécent ( syndicats)

300 millions d’euros pour les médecins hospitaliers: indécent ( syndicats)

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a proposé lundi 29 juin aux syndicats une enveloppe de 300 millions d’euros pour revaloriser les salaires des médecins hospitaliers. Une somme annoncée par le ministre dans le cadre du Ségur de la santé, et jugée très insuffisante par les organisations représentatives, qui revendiquaient sept milliards d’euros.

Selon des sources syndicales, les 300 millions proposés par Olivier Véran comprendraient des hausses de salaires ciblées sur le début et la fin de carrière des praticiens hospitaliers, ainsi qu’une revalorisation de plusieurs primes (engagement de service public exclusif, garde des week-ends et jours fériés).

Le temps de travail additionnel (heures supplémentaires des praticiens hospitaliers) serait lui aussi revalorisé. Pour réduire la place de l’intérim, une prime territoriale renforcée serait accordée aux praticiens faisant des remplacements dans un même groupement hospitalier. Ces mesures ne concernent pas les internes et les étudiants en médecine, dont la situation sera traitée à part, ont précisé les syndicats.

A l’issue de la réunion, plusieurs syndicats de médecins hospitaliers ont fait part de leur déception, jugeant l’enveloppe promise par le ministre « très insuffisante » et  »ridicule par rapport aux besoins ». Les personnels non médicaux se sont en effet vu promettre six milliards d’euros dans le cadre du Ségur de la santé. Ils sont toutefois beaucoup plus nombreux (1,2 million de salariés dans la fonction publique hospitalière, contre moins de 100 000 pour les praticiens hospitaliers).

« On nous a annoncé ça comme une grande avancée sociale. Mais nous, on est stupéfaits : ce n’est pas une douche froide, c’est une douche glaciale », a réagi auprès de l’AFP Jean-François Cibien, vice-président d’Action praticiens hôpital (APH). « L’hôpital public a un gros problème d’attractivité et n’arrive pas à retenir les jeunes. Si on ne fait rien, le taux de fuite va devenir énorme, et on n’y arrivera pas », a-t-il prévenu.

Pour un autre responsable syndical, le montant proposé est « nul » au regard des « 100 000 médecins, pharmaciens, odontologistes » concernés. « C’est inadmissible », s’emporte un troisième, qui compte sur une « prochaine réunion jeudi matin » avec le ministre pour corriger le tir. « D’ici là, on appelle tous à la grève pour demain », ajoute-t-il, en référence à la journée d’action nationale organisée par la plupart des syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa) et collectifs hospitaliers (Inter-Hôpitaux, Inter-Urgences, Inter-Blocs).

Nouveaux dispositifs de chômage partiel : le non du patronat et des syndicats

Nouveaux dispositifs de chômage partiel : le non du patronat et des syndicats

l’Etat ne veut rembourser aux employeurs que 85% des sommes versées aux salariés (au lieu de 100% durant le confinement). Par ailleurs l’Etat et l’Unedic prendraient en charge 90% des sommes versées aux salariés qui ne travaillent plus qu’à 60%. De dispositifs rejetés unanimement par les patrons

A partir de septembre, le chèque sera moins important. Lors de leurs discussions avec le ministère du Travail, cette semaine, les partenaires ­sociaux ont vu rouge. Ils comptent alerter Emmanuel Macron, qui devrait les rencontrer le 19 juin.

Deux nouveaux outils sont sur sa table : le premier a vocation à remplacer le dispositif d’activité partielle actuel et à aider les entreprises dont le plan de charge est affecté ponctuellement. En cas de difficultés passagères, elles pourront être soutenues pour une durée de trois mois, renouvelable trois fois. Mais l’Etat ne les couvrirait plus qu’à hauteur de 80%. Soit un reste à charge de 20%. Les entreprises paieraient des cotisations, ce qui n’était pas le cas avant. Les salariés, eux, ne toucheraient plus que 72% de leur rémunération nette (contre 84% aujourd’hui), et ce jusqu’à 4,5 smics.

« Le gouvernement se dit qu’en étant moins généreux des deux côtés il luttera contre les effets pervers du chômage partiel, souligne un syndicaliste. Sauf que c’est des licenciements économiques qu’il va récolter! » Devant l’Association des journalistes de l’information sociale, tous les partenaires sociaux ont pointé, jeudi, les risques consécutifs de hausse du chômage et de paupérisation. « Baisser l’indemnisation des salariés, c’est une folie », a dénoncé Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

Second dispositif qui suscite l’ire des syndicats : l’ »activité réduite pour le maintien en emploi ». L’ »Arme », selon son acronyme, mise sur la flexibilité du travail pour passer un cap difficile. En cas de baisse d’activité atteignant jusqu’à 40% maximum, l’Etat et l’Unedic prendraient en charge 90% des sommes versées aux salariés qui ne travaillent plus qu’à 60%. Les entreprises devront donc sortir les 10% restants… Les travailleurs percevraient 84% de leur salaire net. Bref au total salaire pourrait durer par exemple pendant deux ans

 

 

Prime automobile Allemagne : le SPD et les syndicats allemands s’opossent

Prime  automobile Allemagne : le SPD et les syndicats allemands s’oposent

D’un certain point de vue l’Allemagne connaît déjà les contradictions du jour d’avant et du jour d’après avec l’opposition entre les syndicats qui veulent privilégier la vente de voitures classiques et le SPD lui qui est hostile à l’encouragement des véhicules diesels et essence. Une problématique qu’on retrouvera sans doute dans de nombreux pays dans la mesure où la transition entre l’avant et l’après parer particulièrement complexe et ne peut s’inscrire dans le temps après examen détaillé de chaque filière. Des responsables syndicaux ont critiqué l’hostilité du SPD envers une prime à l’achat pour les véhicules diesel et essence. La formation de gauche, très proche du mouvement syndical, a bloqué cette mesure lors des négociations du plan de relance de 130 milliards d’euros. Les représentants des salariés craignent des conséquences pour l’emploi.

Jörg Hoffmann condamne un positionnement « guidé par la démoscopie ». En effet, la nouvelle direction du SPD défend une adaptation de sa politique industrielle aux enjeux climatiques. Elle entend ainsi reconquérir un électorat séduit par les écologistes. Les Verts allemands dépassent le SPD depuis plusieurs mois déjà dans les sondages d’intention de vote. Le verdissement de la ligne du SPD fait l’objet de controverse en interne depuis plusieurs années déjà. Quand il était vice-chancelier et président du parti entre 2013 et 2017, Sigmar Gabriel avait appelé ses troupes à « ne pas être plus écologistes que les Verts ». Il a bloqué nombre de mesures nuisant à l’emploi minier.

La dispute sur la prime pour l’automobile n’est pas le premier accroc entre le SPD et le monde syndical, très proche allié de la social-démocratie. En libéralisant le marché du travail, l’agenda 2010 de Gerhard Schröder avait conduit à une première crise profonde entre les deux grandes composantes de la gauche allemande.

Réouverture des écoles : pas sérieux pour les syndicats

Réouverture des écoles : pas sérieux pour les syndicats

Il paraît évident que l’annonce par le président de la république concernant crèches, écoles, collèges et lycées qui rouvriront « progressivement » à partir du 11 mai, correspond surtout à un objectif économique. Mais sûrement pas un objectif sanitaire car on sait que si les enfants sont peu atteints par le Coronavirus, ce sont les principaux vecteurs de transmission. Il paraît curieux donc de rouvrir les écoles et dans le même temps de laisser les cafés, les restaurants et autres lieux de rassemblement fermé. Autre contradiction le faite que l’enseignement supérieur, lui, ne reprendra pas avant l’automne,.

Selon l’entourage d’Emmanuel Macron, cette annonce d’une réouverture progressive a été dictée par « l’envie de lutter contre les inégalités sociales et d’aider à la reprise du travail ». Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a à de nombreuses reprises évoqué le risque de voir se creuser les inégalités en raison de la fermeture des écoles.

« C’est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai car on nous dit que tous les lieux publics sont fermés, les cinémas, les salles de spectacle, mais pas les écoles, alors que l’on sait que c’est un lieu de haute transmission, de haute contamination, il y a un manque de précaution, ça paraît être en contradiction totale avec le reste », a réagi Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

« Il va y avoir une forte incompréhension de la part des enseignants, on a l’impression d’être sacrifié sur l’autel de l’économie », a-t-elle dit. « Reprendre dans un mois, comme si de rien n’était, ce n’est pas possible, car il n’y aura pas plus de gens immunisés, les enfants vont être ensemble à l’école, sans gestes barrière possibles, et ensuite aller dans les familles, chez les grands-parents, cela ne paraît pas du tout raisonnable », a ajouté Francette Popineau.

Coronavirus: Quatre syndicats de PSA pour un accord de crise

Coronavirus: Quatre syndicats de PSA pour  un accord de crise

L’accord de PSA préfigure sans doute les accords qui seront passés non seulement dans l’automobile mais dans l’ensemble de l’économie. Il s’agit évidemment de renforcer les mesures sanitaires mais aussi d’adapter le calendrier y compris en limitant le nombre de jours de congés pendant l’été et en convertissant des congés pour compenser le manque à gagner des jours de chômage partiel. Il est clair que plus le confinement va s’étaler et plus la mise en cause des congés d’été sera posée. Une réserve toutefois: le secteur automobile en plus de la crise sanitaire  affronte  une crise structurelle caractérisée par une très forte baisse de la demande. La réduction des périodes de congé pour l’ensemble des salariés court de l’été pourrait peser aussi sur la demande. Force ouvrière, la CFE-CGC, la CFDT et la CFTC ont décidé de parapher l’accord qui restera en vigueur jusqu’au 31 octobre prochain.

“Cet accord (…) illustre la qualité du dialogue social dans notre groupe, qui permet de protéger la santé et la sécurité des salariés, tout en préservant la pérennité de l’entreprise”, a déclaré le directeur des ressources humaines de PSA, Xavier Chéreau, cité dans un communiqué.

La CGT a décidé de son côté de ne pas signer le texte. Dans un tract, le syndicat dénonce un “hold-up sur les congés payés d’été” des salariés, estimant que le groupe devrait faire plutôt appel aux intérimaires, et regrette que les actionnaires ne participent pas à l’effort collectif en renonçant à tout ou partie de leur dividende.

Contrairement à d’autres grands groupes du secteur, PSA a maintenu sa proposition de verser 1,1 milliard d’euros de dividendes à ses actionnaires, qui devront se prononcer le 25 juin prochain en assemblée générale sur ce point.

L’accord qui entre en vigueur immédiatement comporte un volet sur des mesures sanitaires renforcées afin de garantir la sécurité des sites industriels lorsque le travail reprendra. Toutes les usines européennes d’assemblage de véhicules et les activités commerciales de PSA sont à l’arrêt depuis le 16 mars.

“Cette démarche adaptée à la diversité des environnements de travail de chacun des sites de PSA en France permet de préparer les conditions garantissant la préservation de la santé des salariés”, peut-on lire dans le document que Reuters a pu consulter.

Plusieurs syndicats ne veulent pas entendre parler d’un redémarrage des usines avant que le pays n’ait passé le pic de l’épidémie ou qu’il ne soit entré dans la phase du déconfinement.

L’accord prévoit aussi un dispositif de solidarité permettant de compléter la rémunération des salariés en chômage partiel grâce au prélèvement de jours de congés chez ceux qui bénéficient d’un maintien de leur salaire, ainsi qu’à une contribution volontaire du groupe.

PSA pourra également adapter son calendrier de travail “aux évolutions difficilement prévisibles du marché automobile”, avec une liberté sur chaque site dans la programmation des congés, notamment pendant la période estivale.

Conformément aux ordonnances du gouvernement, le constructeur pourra imposer la prise de six jours de congés pendant la période d’activité partielle à compter de la signature de l’accord.

Chaque usine pourra aussi limiter exceptionnellement la prise de congés pendant l’été, habituellement une période calme dans la production de véhicules.

Les sites d’assemblage disposeront ainsi d’une souplesse pour rattraper le retard accumulé depuis la mi-mars, à condition que la demande pour les voitures qu’ils produisent soit au rendez-vous et que chaque salarié bénéficie d’au moins deux semaines de vacances – 12 jours ouvrables consécutifs – entre le 1er juillet et le 31 août.

Des locaux de la CFDT agressés par les staliniens des syndicats radicaux

Des locaux de la CFDT agressés  par les staliniens des syndicats radicaux

 

Plusieurs locaux CFDT ont encore été agressés , signe que le  gauchisme envahit depuis déjà des années certaines organisations . Des militants clairement sur des idéologies, marxistes, communistes et/ou anarchistes. Une sorte de cocktail entre populisme, radicalité et stalinisme. L’inspiration est aussi  léniniste avec le totem de la suprématie des assemblée générales de grévistes  comme moyen suprême  de la démocratie syndicale. Le problème, c’est que ces assemblées générales ne sont sollicitées que pour prolonger la grève, rarement pour la décider. Et quand bien même elles le seraient,  elles ne représentent  au mieux que 5 % à 10 % des salariés. Quand la grève se prolonge et que la mobilisation diminue, ne restent  alors que les plus radicaux qui préconisent alors  des mouvements de plus en plus durs mais de moins en moins suivis. Cette gestion de la démocratie syndicale par les assemblées générales est une escroquerie léniniste.

 

 Derrière, il y a bien sûr le rôle du parti communiste qui jusqu’à une période récente dirigeait la CGT par exemple. Pour les gauchistes de Sud ( solidaires), c’est l’ancienne ligue  communiste révolutionnaire (LCR)  qui fournit la garde avancée de la classe ouvrière. Sud est clairement la courroie de transmission de la ligue communiste révolutionnaire appelée aujourd’hui nouveau parti anticapitaliste (NPA). Cette garde avancée tente de noyauter les organisations syndicales.

 

Elle a été éjectée de la CFDT pour le plus grand bien de cette organisation qui est devenue le premier syndicat de France. Nombre de gauchistes tentent  de noyauter la CGT ou encore FO. Le gauchisme n’a jamais réussi à percer au plan politique réunissant tout au mieux quelques pour cent des voix. Du coup, il s’est investi dans les organisations syndicales contribuant largement à son discrédit du fait des actions complètement irresponsables qu’il propose. Pire les méthodes trotskistes contestent la démocratie syndicale notamment celle des organisations réformistes alors que ces dernières sont devenues majoritaires en France depuis le déclin de la CGT.

Retrait de l’âge pivot à 64 ans : une victoire pour les syndicats réformistes

Retrait de l’âge pivot à 64 ans : une victoire pour les syndicats réformistes

Indéniablement,  il s’agit d’une victoire pour les syndicats réformistes avec ce retrait de l’âge pivot à 64 ans. Une victoire qui d’ailleurs rejoint l’opinion des Français concernant la réforme des retraites puisque d’après le dernier sondage IFOP 60 % des sondés étaient opposés à cette disposition. Ce retrait est toutefois suspendu  à la nécessité de trouver un rééquilibrage financier- justement ce que la CFDT demandait  avec une conférence de financement à laquelle le premier ministre a également été contraint d’adhérer. Après plus d’un mois de contestation sociale, le Premier ministre Edouard Philippe a donc reculé, dans une lettre adressée aux partenaires sociaux et  a annoncé  le retrait d’un âge pivot à 64 ans du projet de réforme des retraites, une mesure présentée comme un gage de “confiance” aussitôt saluée par la CFDT et l’Unsa.

Cette annonce, qui survient au lendemain d’une rencontre à Matignon entre le chef du gouvernement et les partenaires sociaux, pourrait permettre à l’exécutif de renouer, au moins temporairement, le lien avec les syndicats réformistes, favorables à son projet de “système universel à points” mais qui avaient fait du maintien de l’âge pivot un casus belli.

Le projet de loi prévoira “que le futur système universel comporte un âge d’équilibre” mais “pour démontrer ma confiance envers les partenaires sociaux et ne pas préjuger de l’issue de leurs travaux concernant les mesures à prendre pour atteindre l’équilibre en 2027, je suis disposé à retirer du projet de loi la mesure de court terme que j’avais proposée, consistant à converger progressivement à partir de 2022 vers un âge d’équilibre de 64 ans en 2027”, écrit Edouard Philippe.

Dans cette lettre, , le chef du gouvernement annonce son intention de s’en remettre concernant l’équilibre du système à la “conférence sur le financement”, voulue par la CFDT, qui sera animée par Jean-Jacques Marette, ancien directeur général de l’Agirc-Arrco et qui rendra ses conclusions d’ici fin avril.

“Si comme je l’espère un accord intervient au sein de la conférence d’ici fin avril, le Parlement pourra en tenir compte lors de la seconde lecture et le gouvernement prendra une ordonnance transcrivant cet accord dans la loi”, souligne-t-il.

“Dans l’hypothèse où un accord ne pourrait intervenir, le gouvernement prendra par ordonnance les mesures nécessaires pour atteindre l’équilibre 2027 et financer les nouvelles mesures de progrès social”, prévient-il comme pour habiller son. Recul

L’annonce du retrait de la mention de l’âge pivot à 64 ans – âge qui devra être atteint pour toucher une retraite à taux plein avec un système de bonus-malus – a été aussitôt saluée par l’Unsa, qui a évoqué dans un communiqué “une avancée majeure” et qui a estimé que les échanges pouvaient “enfin démarrer”.

“Nous avons obtenu le retrait de l’âge pivot, une victoire pour la CFDT !”, s’est de son côté félicité le numéro un de la CFDT, Laurent Berger sur Twitter. “Nous allons maintenant poursuivre notre action pour un système de retraite plus juste et solidaire”.

Dans un communiqué, sa centrale “salue le retrait de l’âge pivot du projet de loi, retrait qui marque la volonté de compromis du gouvernement” et annonce qu’elle va “poursuivre les discussions dans le cadre proposé pour répondre aux interrogations qui demeurent sur le futur régime universel.”

Cette annonce de reprise de dialogue ne devrait toutefois pas se traduire par un arrêt immédiat des perturbations dans les transports, la CGT et FO continuant de réclamer le retrait pur et simple de ce projet de réforme qui prévoit de fusionner les 42 régimes existants en un seul régime à points.

Edouard Philippe a réussi l’exploit de faire l’unité des syndicats contre lui

Edouard Philippe a réussi l’exploit   de faire l’unité des syndicats  contre lui  

 

 

On peut considérer que le gouvernement a réussi un exploit assez extraordinaire. En effet pendant environ 18 mois des négociations approfondies et ont été menées avec le haut commissaire  des retraites, Jean-Paul Delevoye . Finalement, il semblait dégager une sorte de consensus sur les grands axes de la réforme. Jusqu’au jour où d’une part Macron et Édouard Philippe ont mis leurs gros sabots dans le plat d’une réforme dont ils ignorent tout. On se souvient que Macron pourtant dans sa campagne électorale avait indiqué qu’il ne toucherait surtout pas à l’âge de la retraite ni au niveau des pensions. Pourtant à peine le rapport Delevoye  élaboré, Macon a procédé un peu comme avec le rapport Borloo en le considérant avec distance voire avec mépris. C’est ainsi qu’il a déclaré que ce rapport n’était qu’un départ et non un aboutissement mettant ainsi en cause bon nombre d’accords après  la longue négociation qui les avait permis. Édouard Philippe a parachevé le travail de démolition en ajoutant la question des dimensions paramétriques à une réforme qui devait dans un premier temps se concentrer essentiellement sur le système même. En rajoutant des éléments paramétriques aux aspects systémiques, Édouard Philippe a créé une grande pagaille dans le débat. Comme d’habitude Macron  a commis la maladresse de s’asseoir sur les principales dispositions difficilement négociées avec Jean-Paul Delevoye. Bilan de toute cette opération: alors que l’hypothèse d’une réforme potentiellement acceptable par les partenaires sociaux se dessinait aujourd’hui le pouvoir a favorisé l’émergence d’un front syndical totalement uni pour contester les orientations du gouvernement , organisant  en même temps la chienlit dans le  pays. Comme mode de gouvernance on fait mieux !  D’ores et déjà les jours d’Édouard Philippe sont certainement comptés. On pourra retenir de son passage qu’après déjà le lamentable épisode des gilets jaunes , il aura participé à créé un mouvement des gilets rouges- Les organisations réformistes CFDT, UNSA et CFTC ont en effet rejoint mercredi le front syndical contre le projet gouvernemental sur l’avenir des retraites, signant l’échec d’Edouard Philippe à déminer la contestation en dépit des concessions annoncées dans la journée par le Premier ministre sur le fond de la réforme.

General Motors accuse Fiat de corruption des syndicats !

General Motors accuse Fiat de corruption des syndicats !  

 

 

Aux  Etats Unis tout est bon pour défendre les intérêts locaux. Cette fois curieusement General Motors -dont les intérêts coïncident  souvent avec ceux des Etats-Unis accusent Fiat d’avoir corrompu les syndicats en leur faisant accepter des conditions d’emploi dégradées, ce qui aux yeux de GM constitue  une distorsion de concurrence. On a un peu de peine à croire que GM se soit en convertit en avocat des pauvres salariés de Fiat. Il s’agit en fait d’une réplique au projet de regroupement entre Fiat Chrysler et PSA. Un projet qui pourrait bien faire du nouveau groupe l’un des plus puissants du secteur automobile mondial. General Motors a effet porté plainte mercredi aux Etats-Unis contre Fiat Chrysler pour racket, accusant son rival de corruption lors de ses négociations avec le syndicat UAW (United Auto Workers) afin d’obtenir des avantages indus sur les salaires et les conditions de travail.

Le premier constructeur américain, qui chiffre le préjudice en milliards de dollars, a promis de réclamer des “dommages substantiels” et de réinvestir aux Etats-Unis les sommes ainsi obtenues afin de soutenir l’emploi. Craig Glidden, avocat de GM, a déclaré que cette plainte n’avait rien à voir avec le projet de fusion entre FCA et PSA, qui débouchera, s’il aboutit, à la naissance du quatrième groupe automobile mondial.

Cette affirmation n’a pas convaincu le constructeur italo-américain, qui a répliqué par communiqué en accusant son concurrent de se livrer là à une manoeuvre destinée à parasiter les discussions en cours avec PSA. “Nous sommes très surpris par cette plainte, à la fois du fait de son contenu et du moment choisi”, peut-on lire dans ce communiqué. “Nous ne pouvons qu’imaginer qu’il s’agit de perturber le projet de fusion avec PSA ainsi que nos négociations avec le syndicat UAW (également en cours-NDLR).”

Fiat Chrysler et PSA ont annoncé fin octobre leur fusion programmée, qui doit leur permettre de faire face aux nouveaux enjeux environnementaux et au durcissement de la réglementation. Selon GM, la plainte découle d’une enquête fédérale sur l’UAW et FCA, encore à l’instruction, et de ses propres investigations.

En clair, le groupe américain accuse son rival d’avoir corrompu le puissant syndicat, entre 2009 et 2015, afin de verser des salaires moins élevés et pouvoir recourir davantage à des travailleurs intérimaires, moins bien payés.

Les «Gilets jaunes» appellent piteusement à rejoindre les syndicats

Les «Gilets jaunes» appellent piteusement à rejoindre les syndicats

 

On se souvient que les gilets jaunes sans doute enivrés par le taux de participation aux premières manifestations et par le soutien de l’opinion publique avait brutalement rejeté toute perspective de rapprochement avec les syndicats. Des responsables syndicaux avaient même été expulsés des manifestations. Depuis, du fait de leaders complètement irresponsables, le mouvement des gilets jaunes est allé  de dérive en dérive pour ne plus concerner que quelques centaines de participants. Du coup, c’est piteusement que les gilets jaunes invitent maintenant leurs sympathisants à rejoindre l’action décidée par les syndicats le 5 décembre. C’est aussi piteusement qu’ils ont adressé une demande d’audience à Macron après avoir là aussi craché sur les représentants qui ont essayé de négocier avec les pouvoirs publics. Il ne reste plus des gilets jaunes qu’une poignée d’ anarcho gauchistes et de populistes complètement irresponsables et qui ont tué leur propre mouvement. Le pire,  c’est que non seulement ils appellent  à rallier les syndicats mais sur les propres revendications des gilets jaunes comme si ces derniers étaient une organisation syndicale alors que c’est davantage un mouvement politique avec comme revendication première l’illusoire RIC.  Les «gilets jaunes» réunis depuis vendredi pour leur Assemblée des assemblées à Montpellier ont donc voté ce dimanche une proposition pour rejoindre la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites, a constaté une journaliste de l’AFP. Cet appel a été adopté à une écrasante majorité lors d’un vote à main levée, en séance plénière.

 

«L’Assemblée des assemblées de Montpellier appelle les  »gilets jaunes » à être au cœur de ce mouvement, avec leurs propres revendications et aspirations, sur leurs lieux de travail ou sur leurs ronds-points, avec leurs gilets bien visibles !» poursuit le communiqué.

«Le 5 décembre est une date importante que nous attendons tous depuis très longtemps», a réagi Séverine 54 ans, une des «gilets jaunes». «Notre mouvement est parti de la base et nous avons impulsé une radicalité pour que les gens ne se laissent pas faire», a-t-elle poursuivi.

Les «gilets jaunes» ont également annoncé que la prochaine Assemblée des assemblées se tiendra à Toulouse, à une date pour l’instant encore indéterminée. Depuis vendredi et jusqu’à dimanche, quelque 600 «gilets jaunes» représentant 200 délégations de ronds-points sont réunis dans un musée désaffecté de Montpellier, pour évoquer la suite de leur mouvement, presque un an après le début de leur mobilisation, le 17 novembre 2018.

Durant cette Assemblée des assemblées, un autre appel, dont le texte a été posté sur Twitter, propose notamment à des «actions contre les profiteurs de tous ordres» (en ouvrant les péages, par exemple), «contre les violences sociales, policières et judiciaires», et «aux côtés de la population», à l’occasion de l’anniversaire du mouvement. Un blocage du périphérique parisien est également envisagé.

Ce samedi, seulemenet  centaines de «gilets jaunes» ont encore défilé dans plusieurs villes de France, pour leur 51e samedi de mobilisation.

Journée d’action des syndicats : faible mobilisation

Journée d’action des syndicats : faible mobilisation

 

 

Finalement la journée d’action des syndicats ce mardi n’aura pas mobilisé davantage de monde que lors  du 5 février. Pourtant cette fois le mouvement était lancé non seulement par la CGT mais aussi par FO ainsi que Solidaires, la FSU, l’Unef et l’UNL. Le nombre de grévistes a été relativement insignifiant sauf 10 à 15 % parfois dans l’enseignement et le nombre de manifestants se situe dans une fourchette de 131 000 pour le ministère de l’intérieur et de 350 000 pour la CGT. À Paris, 17.500 personnes ont battu le pavé, selon le pointage du cabinet indépendant Occurrence pour un collectif de médias, contre 50.000 selon la centrale de Montreuil. Une journée d’actions également peu suivie en province avec 5000 manifestants – dont 200 «gilets jaunes» – enregistrés à Marseille par la police, 5000 à Lyon, 4200 à Bordeaux ou 2500 à Montpellier. Le faible succès de cette opération tient sans doute au caractère un peu tout des revendications qui concernaient des salariés, les retraités, les lycéens et les étudiants. Les syndicats majoritaires (notamment la CFDT) avait refusé de se joindre à cette journée. Après ce  relatif échec, se pose évidemment l’avenir des syndicats dont l’audience ne cesse de diminuer tant en ce qui concerne la syndicalisation que la participation aux mouvements revendicatifs nationaux. La responsabilité n’en incombe peut-être pas entièrement aux syndicats mais aussi au patronat et au gouvernement qui ont tendance à faire l’impasse sur ces corps intermédiaires. Ce qui d’une certaine façon alimente les mouvements spontanés comme ceux des gilets jaunes. Pas sûr cependant qu’on y gagne en démocratie et en efficacité économique et sociale.

Martinez (CGT) critique la candidature de Laurent Berger comme président de la confédération européenne des syndicats

Martinez (CGT)  critique la candidature de Laurent Berger comme président de la confédération européenne des syndicats

Encore une querelle syndicale interne à la France avec la contestation du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez vis-à-vis la candidature unique de son homologue de la CFDT, Laurent Berger, à la présidence de la Confédération européenne des syndicats. Il y a quelque chose d’un peu surréaliste dans cette contestation. Certes on pourrait concevoir plusieurs candidatures mais il y a une très forte majorité de la ligne réformiste en Europe pour soutenir Laurent Berger. Cela d’autant plus que Laurent Berger a permis à la CFDT de devenir le premier syndicat en France aussi bien dans le public que dans le privé. Notons aussi que pendant très longtemps la CGT a adhéré à l’organisation internationale FSM d’obédience communiste. Après la chute du mur de Berlin nombre de syndicats ont rejoint la confédération européenne des syndicats. La CGT a fait longtemps de la résistance mais pour des questions de représentativité a bien été contrainte elle aussi de rejoindre en 1999 la confédération européenne des syndicats. Le problème c’est que Philippe Martinez aurait souhaité un président plus contestataire, de nature politique et qui ne recherche pas un compromis gagnant -gagnant entre les partenaires économiques. Bref une ligne syndicale en retard de 50 ans sur l’histoire et qui explique largement le dépérissement de la CGT. En outre la CGT s’est faite une réputation de pourrir les mouvements sociaux en les prolongements le plus longtemps possible afin d’épuiser les forces. Bref une stratégie irresponsable et improductive. À l’inverse la CFDT se refuse à toute politisation et a pour objectif central d’obtenir des résultats notamment au terme des conflits sociaux. Bref une ligne réformiste qui se pose à une orientation encore à caractère révolutionnaire tel que la soutient le parti communiste et surtout maintenant les gauchistes. Le sujet est sensible au sein de la CGT où une frange plus radicale de la base milite pour se désengager de la CES, jugée “réformiste” et “soumise au Grand capital européen et à la Commission européenne”. On croirait entendre le discours de Georges marchais, ancien secrétaire général du parti communiste !

Gilets jaunes : syndicat de citoyens ou parti politique ? La question qui pourrait faire éclater le mouvement

Gilets jaunes : syndicat de citoyens ou parti politique ? La question qui pourrait faire  éclater le mouvement

Au-delà de la participation, ce qui pourrait affaiblir voire faire éclater les  gilets jaunes c’est l’objectif même du mouvement. On a vu par exemple ce week-end à Marseille « une coordination « gilets jaune mouvement » se réunir avec un objectif  de transformation en parti politique. Une perspective contestée par une centaine d’autres gilets jaunes qui ne veulent surtout pas mettre les doigts dans la politique. Du coup, la coordination « gilets jaune mouvement » a dû se rabattre sur un objectif de coordination et de recueil des revendications. Pour l’instant, il semble se dégager deux  tendances. Une tendance visant à construire une sorte de mouvement des citoyens, une forme de syndicat destiné à faire émerger les revendications et à faire des propositions. Une autre tendance vise à transformer les gilets jaunes en organisation politique. Deux démarches finalement très opposées. Pour schématiser une mouvance à caractère surtout sociale, une autre à caractère plutôt politique. La transformation des gilets jaunes en organisation politique n’est pas sans danger dans la mesure où nécessairement les gilets jaunes pour influencer la politique seront contraints de passer des alliances, des compromis voir des compromissions avec d’autres forces (sans parler d’éventuelles dérives personnelles). Bref passer du statut de contestation à celui de gestion. Reste aussi à savoir si le mouvement est en capacité de dégager des responsables à la hauteur de cette ambition politique. Pour l’instant ce n’est pas le cas car tous ceux qui se sont exprimés ont montré leurs limites. La plupart des leaders affichent  en effet leur inexpérience sociale aussi leur insuffisance de maîtrise de la problématique socio-économique globale voire sociétale.  Il y a évidemment l’attitude du gouvernement qui n’est pas favorable à la poursuite du mouvement avec notamment des mesures judiciaires qui risquent d’en décourager plusieurs. Cela d’autant plus que les violences certes très minoritaires portent un discrédit sur les gilets jaunes. L’opinion publique pourrait de ce fait progressivement se retourner de ces formes de protestation.  Bref cet acte 8 de la mobilisation pourrait bien être l’un des  derniers sous forme de manifestation même si fondamentalement le mécontentement, la colère vont demeurer et sans doute resurgir sous une forme ou sous une autre à l’occasion de certaines réformes voulues par le gouvernement.

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