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Rôle des syndicats dans les mouvements sociaux

Rôle des syndicats dans les mouvements sociaux

Stéphanie Matteudi-Lecocq, enseignante, chercheuse au LEREDS, analyse le poids des syndicats dans les mouvements sociaux.

Un article intéressant mais qui n’apporte guère d’enrichissements nouveaux vis-à-vis des mutations sociales structurelles qui pèsent sur l’action des syndicats et qui a notamment permis aux syndicats réformistes de devenir largement majoritaires dans le pays. .NDLR



Entre grève préventive chez TotalEnergies, grève inédite chez EDF et dans les centrales nucléaires, marche contre la vie chère de la France insoumise, recours aux réquisitions et au 49.3, la France automnale est le théâtre de nouvelles contestations sociales. Dans ce dialogue social tendu, les syndicats tentent de rester visibles.
Chez TotalEnergies, après l’annonce des « super profits » au deuxième trimestre 2022 et du nouveau salaire de Patrick Pouyanné (+52 % d’augmentation, soit un salaire de 5.944.129 €),la fédération CGT de la chimie appelle à la grève à compter du 27 septembre auprès des raffineries du groupe TotalEnergies et exige d’ouvrir des négociations sur les salaires avec une augmentation salariale de 10 % pour lutter contre l’inflation galopante. Les Négociations annuelles obligatoires (NAO), rendez-vous mis en place chaque année depuis les lois Auroux de 1982 pour renégocier les salaires, les conditions de travail et le partage de la valeur, connaissent un bouleversement depuis deux ans, non seulement dans la réouverture des négociations en milieu d’année mais également dans l’importance que reprend la question salariale.

Les cinq raffineries suivent le mouvement avec les deux raffineries du groupe Esso filiale d’ExxonMobil. Pourtant, au sein du groupe Esso, un accord majoritaire a déjà été trouvé entre la direction, la CFE-CGC et la CFDT et les augmentations salariales validées à l’inverse de TotalEnergies qui souhaitait ouvrir les négociations qu’à compter du mois de novembre. La fédération de la CGT de la chimie, la plus contestataire de la confédération, voit là le moyen de bloquer le pays et d’envoyer un message fort aux militants six mois avant le congrès de cette confédération où Philippe Martinez, l’actuel secrétaire général, devrait être remplacé…..

Si la grève préventive au sein des raffineries permet de bloquer le pays, cette action militante de la CGT a pour avantage de créer un rapport de force pour exiger d’entamer les négociations, ce qui fut le cas au sein du groupe TotalEnergies.

Confortées par l’arrêté préfectoral du préfet du Nord sur le site de TotalEnergies de Mardyck (Dunkerque) imposant les réquisitions de quelques salariés, la direction du groupe, qui ne souhaitait pas négocier sous la contrainte des blocages a profité de ce pas en avant du gouvernement pour rouvrir le dialogue et proposer l’ouverture des négociations le jeudi 13 octobre de 20h à 3h du matin. Il aura fallu sept heures pour inverser le rapport de force et conforter la culture de la négociation plutôt que celle de la contestation.

Dans ce contexte, le débat ne se faisait plus à l’extérieur de l’entreprise par le blocage des raffineries, ni dans les médias, mais à la table des négociations entre la direction du groupe TotalEnergies et les coordinateurs syndicaux de la CFDT, CFE-CGC et CGT. Quelques heures plus tard, la CGT ayant claqué la porte face à l’impossibilité de prendre en compte ses revendications a repris son action contestataire. Elle a ainsi tenté de faire converger les luttes des autres bastions syndicaux (Énergie, Transports, Enseignements, fonction publique) là où le taux de syndicalisation dépasse les 10 %). Les syndicats réformistes (CFDT – CFE-CGC) du groupe TotalEnergies, majoritaires au sein de l’entreprise s’engageaient sur un accord majoritaire, représentant plus de la moitié des salariés et devenaient acteurs du changement.

Comme nous le constatons cependant dans nos travaux, l’équilibre fragile entre la culture de la négociation et celle de la contestation pourrait désormais mener à la disparition des syndicats.
L’exemple des groupes Esso et TotalEnergies est intéressant à plus d’un titre. D’abord parce qu’il démontre que tous les sujets ne se traitent pas dans la rue, que la question des salaires, des conditions de travail et du partage de la valeur sont des thèmes qui se régulent in fine, au niveau des branches professionnelles et en entreprise par la négociation d’accords.

Ensuite, si le mouvement de grève ne s’est pas arrêté tout de suite alors que le débat NAO était clos et la CGT perdante sur l’exigence des 10 % d’augmentation, continuer à bloquer le pays signifiait prendre le risque de subir d’autres réquisitions et perdre le rapport de force. En revanche, la poursuite de la grève a permis, localement cette fois, par la négociation du protocole de fin de conflit, de négocier sur l’amélioration des conditions de travail pour apaiser les tensions avant de reprendre le travail.
Un mouvement qui a fait des petits

Plus récemment, la grève chez EDF, au niveau des centrales nucléaires, crée un nouveau rapport de force en rendant impossible la constitution des réserves d’énergie qu’il faudra aller chercher ailleurs qu’en France.

Quel est alors l’intérêt de ce mouvement alors qu’un accord vient d’être signé sur les rémunérations dans la branche professionnelle ? En effet, trois syndicats représentatifs du secteur de l’énergie – la CGT, FO et CFDT – ont signé un accord portant sur les augmentations salariales dans la branche des industries électriques et gazières (IEG). Cet accord prévoit une augmentation générale du salaire national de base de 3,3 % en deux temps, avec une rétroactivité de 1 % au 1er juillet 2022 et le solde de 2,3 % au 1er janvier 2023. Il s’agit là d’en rajouter et de créer le rapport de force sur les négociations qui s’ouvrent localement dans chaque entreprise.
Le mouvement de la CGT dans les raffineries a donné un nouvel élan dans certaines sections syndicales d’entreprise. Des mouvements peu visibles mais qui envoient des signaux forts aux entreprises en cette période d’élections professionnelles notamment là où la CGT est présente.

Le pluralisme syndical à la française permet-il encore de construire un rapport de force ?
Si des thèmes salariaux normalement négociés au sein des entreprises ont permis de bloquer le pays, qu’en sera-t-il des thèmes plus généraux comme le chômage et les retraites ?
Ces sujets à forts enjeux contestataires où les syndicats unis peuvent peser dans le rapport de force lors des réformes nous invitent à la vigilance et au débat si nous voulons être à l’abri de nouveaux mouvements de grande ampleur dès janvier 2023.

Malgré un contexte international de crise économique, de guerre en Ukraine, malgré une priorité énergétique et climatique à défendre, les organisations syndicales, en pleine campagne électorale de renouvellement de leurs instances représentatives dans le secteur public et privé, restent arc-boutées sur leurs pratiques militantes d’antan : la grève/la négociation, les syndicats contestataires (dans quelques bastions)/les syndicats réformistes.

Or, en parallèle de leurs différentes revendications, les salariés semblent de moins en moins convaincus de la force de frappe de leurs syndicats.
Se réinventer pour ne pas mourir.

Une période d’élections professionnelles s’ouvre dans les secteurs publics et privés et c’est une occasion pour les syndicats de se remettre en cause en organisant un rapport de force intelligible pour peser dans le paysage politique, économique, social et désormais climatique.

Ainsi, en développant différemment leur pouvoir d’influence, en travaillant sur de nouvelles formes d’engagement militant, en s’associant avec des ONG, en déployant leur force dans les déserts syndicaux grâce au pouvoir des réseaux et de la digitalisation, en participant aux différentes concertations proposées par le gouvernement et les institutions (CNR, CESE), en défendant la question du paritarisme sur les questions de chômage et de retraite, les syndicats pourraient peser à nouveau dans le dialogue social, économique et politique et créer un rapport de force plus puissant et continu. Cela souligne aussi un besoin d’adaptation du syndicalisme à un contexte politique particulièrement agité.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Conflits à Edf : un accord salarial avec les syndicats

Conflits à Edf : un accord salarial avec les syndicats

Alors qu’environ la moitié des centrales nucléaires sont à l’arrêt du fait d’opérations d’entretien retardées, des mouvements de grève affectaient notamment les centrales arrêtées et menaçaient évidemment la production électrique de la France qui déjà est contrainte d’importer de l’électricité.

Commencé le 13 septembre, le mouvement de grève s’est étendu au fil des semaines, jusqu’à toucher ce vendredi matin 12 centrales sur les 18 que compte le parc nucléaire français.
À l’occasion de négociations, direction d’EDF a proposé 5 % d’augmentation pour les bas salaires jusqu’aux agents de maîtrise . L’encadrement s’est vu proposer 2,5 % d’augmentation accompagnés de primes dont le montant reste à finaliser. Les quatre syndicats représentatifs (CGT, FO, CFDT et CFE-CGC) ont jusqu’au jeudi 27 octobre pour valider cet accord. Ce qui correspond à une deuxième étape, après un accord de branche sur des augmentations dans les industries électriques et gazières, signé lundi par la CGT, la CFDT et FO, mais non par la CFE-CGC.

Les syndicats ont sans doute bien fait de donner un accord de principe à cette proposition de la direction. En effet le risque de coupures de l’électricité aurait pu certainement retourner l’opinion contre des salariés qui ne sont pas les plus désavantagés. Et par ailleurs compte tenu de la situation financière catastrophique d’EDF, ces augmentations seront payées par l’usager et où le contribuable.

Edf- Nucléaire : un accord salarial avec les syndicats

Edf- Nucléaire : un accord salarial avec les syndicats

Alors qu’environ la moitié des centrales nucléaires sont à l’arrêt du fait d’opérations d’entretien retardées, des mouvements de grève affectaient notamment les centrales arrêtées et menaçaient évidemment la production électrique de la France qui déjà est contrainte d’importer de l’électricité.

Commencé le 13 septembre, le mouvement de grève s’est étendu au fil des semaines, jusqu’à toucher ce vendredi matin 12 centrales sur les 18 que compte le parc nucléaire français.
À l’occasion de négociations, direction d’EDF a proposé 5 % d’augmentation pour les bas salaires jusqu’aux agents de maîtrise . L’encadrement s’est vu proposer 2,5 % d’augmentation accompagnés de primes dont le montant reste à finaliser. Les quatre syndicats représentatifs (CGT, FO, CFDT et CFE-CGC) ont jusqu’au jeudi 27 octobre pour valider cet accord. Ce qui correspond à une deuxième étape, après un accord de branche sur des augmentations dans les industries électriques et gazières, signé lundi par la CGT, la CFDT et FO, mais non par la CFE-CGC.

Les syndicats ont sans doute bien fait de donner un accord de principe à cette proposition de la direction. En effet le risque de coupures de l’électricité aurait pu certainement retourner l’opinion contre des salariés qui ne sont pas les plus désavantagés. Et par ailleurs compte tenu de la situation financière catastrophique d’EDF, ces augmentations seront payées par l’usager et où le contribuable.

Santé : la formation des internes dans les déserts médicaux contestée par la confédération des syndicats médicaux français !

Santé : la formation des internes dans les déserts médicaux contestée par la confédération des syndicats médicaux français !

 

Le gouvernement envisage que la dernière année de formation des internes s’exerce dans les déserts médicaux. Il faut noter qu’immédiatement la confédération des syndicats médicaux français a pris une position très corporatiste pour contester cette proposition

 

« Si cela devait déboucher sur envoyer des internes, dans des zones où il n’y a personne, ils arrêteront médecine« , a alerté samedi 24 septembre sur franceinfo Luc Duquesnel, médecin généraliste en Mayenne et président des généralistes de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), alors que le gouvernement souhaite mettre en place une quatrième année d’internat supplémentaire pour les étudiants de médecine générale en les incitant à la réaliser dans des déserts médicaux.

franceinfo : Que pensez-vous de cette idée avancée par le ministre de la Santé ?

Luc Duquesnel : Une quatrième année d’internat, entre autres pour les médecins généralistes, mais aussi pour les autres spécialités médicales, cela doit être une année professionnalisante. Cela veut donc dire que l’on ne va pas envoyer ces médecins là où il n’y a plus médecins depuis deux ou trois ans dans les déserts médicaux. C’est une année de formation. Ils sont toujours internes. Dans des zones avec une faible démographie médicale, ils devront être accueillis dans des maisons médicales, dans des maisons de santé pluri-professionnelles. C’est indispensable. Quand j’étais interne, si on m’avait lâché tout seul dans une campagne, j’aurais choisi un autre métier où j’aurais été médecin salarié ou médecin hospitalier. Il ne s’agit pas de les mettre en danger. On a besoin d’être entouré par d’autres collègues. Je tiens à rappeler que les déserts médicaux, ce ne sont pas que les zones rurales. Paris est un désert médical en médecins généralistes. Donc ce sont aussi les zones urbaines.( !)

Donc est-ce que cette quatrième année est une bonne idée ?

Non. Je pense que c’est mal présenté. Et la façon dont certains élus en parlent, ils ont l’impression que dans leur village, où il n’y a plus de médecins depuis trois ans, on va avoir tout d’un coup un interne en quatrième année qui va débarquer chez eux. Non, cela ne doit pas être ça, très clairement. Par contre, il y a des zones où l’on manque énormément de médecins. Durant cette année professionnalisante, ils doivent être entourés d’un ou deux médecins. C’est aussi permettre aux territoires de s’organiser. Mais si cela devait déboucher sur envoyer des internes, qui ne sont pas encore médecins, dans des zones où il n’y a personne, ils arrêteront médecine.

Que faut-il faire pour trouver une solution à ces déserts médicaux ?

La situation démographique d’aujourd’hui est le fruit de décisions qui sont prises depuis 35 ou 40 ans par des hommes politiques. Ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, veulent de la coercition, qui nous ont amenés dans la situation où l’on est aujourd’hui. D’un autre côté, la situation n’est pas acceptable en termes d’accès aux soins. Ces internes, beaucoup d’entre eux n’ont travaillé qu’à l’hôpital. Il faut leur montrer ce que c’est que d’être médecin en ambulatoire, la médecine libérale. Donc cette quatrième année doit permettre de travailler avec d’autres médecins dans des zones à faible démographie médicale et de découvrir ce qu’est l’exercice libéral. Après ça, il y a plein d’autres solutions. C’est aussi travailler avec d’autres professionnels de santé, avec des infirmières de pratiques avancées, embaucher des assistants médicaux. On sait très bien que pour les dix ou treize ans à venir, le nombre de médecins va encore continuer à diminuer. Donc, cela veut dire modifier nos organisations professionnelles pour prendre en charge plus de patients, parce que la situation actuelle en termes d’accès aux soins n’est plus acceptable

Le Pen aussi chez les sympathisants des syndicats !

Le Pen aussi chez les sympathisants des syndicats !

 

Preuve que les anciens clivages sociologiques sont de moins en moins pertinents, des sympathisants des syndicats traditionnellement opposés à l’extrême droite commencent à voter pour Marine Le Pen. Selon l’enquête réalisée par Harris Interactive à l’issue du 1er tour de la Présidentielle auprès de 6500 personnes inscrites sur les listes électorales, plus d’un sympathisant sur cinq d’un syndicat de salariés a déposé ce dimanche dans l’urne un bulletin Marine Le Pen. Précisément 21%, soit 8 points de plus qu’en 2017.

La percée de la candidate d’extrême droite est particulièrement nette à la CGT où elle a séduit désormais 22% des militants, contre 15% il y a 5 ans, mais également chez FO (31% aujourd’hui, versus 24% en 2017) et à la CFTC (29%, contre 14% le 23 avril 2017). Plus surprenant, Marine Le Pen a également séduit ce dimanche 15% des sympathisants CFDT, soit deux fois plus qu’il y a 5 ans.

Ces résultats interpellent quand on connaît la position des principaux syndicats de salariés, CFDT et CGT en tête dont la lutte contre l’extrême droite fait partie de l’ADN, à l’égard du Rassemblement national

Manif des syndicats gauchistes : une mobilisation insignifiante

Manif des syndicats gauchistes : une mobilisation insignifiante

 

La participation à la grève et aux manifestations du jeudi 27 janvier a été tellement insignifiante que très peu de médias en rendent compte.

« Plus de 150 000 » personnes se seraient mobilisées lors de 170 manifestations et rassemblements, selon la CGT. En faite nettement moins que la moitié.

À Paris , la participation était très faible, quelques milliers de personnes. A Marseille,  2 500, selon la préfecture de police .

A Lyon, environ 1 500 personnes, selon la police, ont aussi défilé dans un froid glacial à la mi-journée, avec des messages comme : « c’est notre travail qui crée les richesses », tandis qu’ils étaient 1 500, selon la police, à Rennes, 2 500, selon les syndicats.

A Lille, plusieurs centaines de personnes se sont également réunies, sous la bruine, tandis qu’à Calais, les manifestants étaient 150 à 200.

A Strasbourg, plusieurs centaines de personnes (600 selon la préfecture, 700 selon les organisateurs) manifestaient aussi dans l’après-midi, et environ 500 à Besançon, derrière une banderole « Notre pouvoir d’achat part en fumée. Ras le bol ! ». Les manifestants étaient quelque 600 à Dijon, tandis qu’en Corse la mobilisation était faible, avec environ 150 personnes à Bastia, selon les autorités.

Les syndicats déplorent qu’il n’y ait eu aucun « coup de pouce » au smic au cours du quinquennat, au-delà des augmentations automatiques, ni de relèvement du point d’indice pour les fonctionnaires. Ils demandent une augmentation du smic et du point d’indice et, plus généralement, de tous les salaires, allocations et pensions de retraite, dans un contexte de forte inflation (+ 2,8 % sur un an en décembre) et de dividendes record.

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, est lui aussi favorable à la revalorisation des salaires. « Heureusement qu’il y a eu la puissance publique pour financer l’économie pendant cette période. Le patronat, il faut qu’il comprenne que, maintenant, il faut rendre un peu », a-t-il affirmé jeudi sur Europe 1. Mais le premier syndicat français ne joindra pas ses forces à l’intersyndicale jeudi, car « le fourre-tout ne marche pas ». En outre, la CFDT n’apprécie guère le radicalisme des syndicats gauchistes.

Les syndicats gauchistes encore en grève ce jeudi

Les syndicats gauchistes encore en grève ce jeudi

C’est tout juste si l’appel des syndicats gauchistes pour encore une nouvelle grève ce jeudi a fait l’objet d’une information dans les médias. Et pour cause, la participation risque d’être complètement insignifiante  et même ridicule. D’une certaine manière,  c’est toujours le même scénario assez pitoyable. Le mouvement syndical quand il est uni réussit parfois une mobilisation assez significative puis les syndicats gauchistes décident de renouveler et de renouveler sans cesse la même recette. Résultat tout finit en eau de boudin avec une participation indigne qui insulte le syndicalisme et le tue à petit feu.( Notons que c’est la même stratégie d’échec qui a été choisi dans le milieu hospitalier récemment).

On comprend certes les motifs de mécontentement notamment ceux découlant de la hausse de l’inflation mais ce n’est pas des mouvements ultra minoritaires manipulés par les gauchistes qu’on parviendra à persuader les Français de se lancer dans des stratégies aussi aventureuses que la grève à répétition plus politique que syndicale.

Les syndicats gauchistes auraient décidé de tuer le syndicalisme qu’il ne s’y prendrait pas autrement. D’ailleurs aujourd’hui dans le contexte syndical français, ce sont les syndicats réformistes qui sont devenus majoritaires.

Baisse des tarifs EDF : les syndicats demandent une compensation

Baisse des tarifs EDF : les syndicats demandent une compensation

Les représentants syndicaux des salariés au conseil d’administration d’EDF  réclament que l’Etat compense « intégralement » le coût des mesures de réduction de tarif pour le groupe.

« (…) nous demandons à l’Etat actionnaire de compenser intégralement le coût du soutien provisoire demandé à EDF » pour limiter la hausse des prix de l’électricité, ajoutent-ils, jugeant que « d’évidence, EDF vend à perte » sa production électrique nucléaire.

« Nous refusons que ce soit le Groupe EDF qui assume, seul, encore et toujours, les risques de marché alors que c’est aussi lui seul qui assume tous les risques industriels. »

À noter qu’aux difficultés financières d’EDF s’ajoutent des problèmes d’entretien qui paralyse plusieurs réacteurs Actuellement, sur les 56 réacteurs du parc nucléaire français, cinq sont ainsi à l’arrêt à cause de problèmes de corrosion identifiés ou soupçonnés sur un circuit de sécurité, plus autant à l’arrêt pour d’autres raisons.

Ces cinq réacteurs représentent à eux seuls environ 12% de la capacité nucléaire française. Cela a conduit EDF à revoir en baisse sa prévision de production nucléaire jeudi soir. Ces arrêts non prévus accroissent un peu plus la tension sur la sécurité d’approvisionnement électrique cet hiver en France, alors que la disponibilité du parc est déjà faible avec au total 10 réacteurs arrêtés.

À noter que plusieurs sont également liés au report d’entretien de certaines centrales du fait de la crise sanitaire.

SNCF: Nouvelles grèves des syndicats pour tuer l’entreprise et le service public

SNCF: Nouvelles grèves des syndicats pour tuer l’entreprise et le service public 

 

 

 

La SNCF est évidemment engluée dans une situation économique , financière et concurrentielle  inextricable. En clair, elle ne cesse de perdre des parts de marché sur tous les créneaux, accuse une crise financière sans fin et se trouve maintenant affrontée à une concurrence anarchique ( réciproquement la SNCF va concurrencer les autres réseaux des pays étrangers !).

C’est encore le moment choisi par les syndicats pour appeler à une nouvelle grève pendant les vacances de Noël.

En fait, les syndicats sont engagés dans une fuite en avant gauchiste pilotée par Sud rail. Un mouvement qui va concerner essentiellement les agents de conduite et les contrôleurs et qui évidemment va porter une nouvelle atteinte à l’image d’une entreprise complètement cangrenée par la gréviculture , le gauchisme et l’irresponsabilité.

On voudrait tuer définitivement l’entreprise et le service public  qu’on ne s’y prendrait pas autrement avec comme horizon un jour une société recroquevillée sur quelques activités que le corporatisme irresponsable n’aura encore pas réussi à étrangler complètement.

Cette grève en pleine période pandémique va surtout porter atteinte à l’intérêt des usagers. Le paradoxe c’est que parallèlement la SNCF est engagée dans la voie d’une libéralisation qui va autoriser la concurrence pour la circulation des TGV et permettre à cette concurrence de pénétrer largement les TER via les appels d’offres.

Les syndicats font la démonstration de leur incompétence même à conduire un mouvement syndical dans l’intérêt des cheminots, de l’entreprise et des clients. L’histoire retiendra sans doute qu’ils ont largement contribué à saboter leur outil de travail, à le déconsidérer et à persuader les pouvoirs publics de tuer progressivement une entreprise ingérable.

Le gauchisme syndical a déjà largement favorisé la disparition du transport ferroviaire de messagerie, puis la quasi extinction du transport de fret ; il pourra se glorifier d’avoir largement participé à l’extinction du transport SNCF de personnes

 

 

Nouvelles grèves des syndicats pour tuer la SNCF

 

Nouvelles grèves des syndicats pour tuer la SNCF

 

 

La SNCF est évidemment engluée dans une situation économique , financière et concurrentielle  inextricable. En clair, elle ne cesse de perdre des parts de marché sur tous les créneaux, accuse une crise financière sans fin et se trouve maintenant affrontée à une concurrence anarchique ( réciproquement la SNCF va concurrencer les autres réseaux des pays étrangers !).

C’est encore le moment choisi par les syndicats pour appeler à une nouvelle grève pendant les vacances de Noël.

En fait, les syndicats sont engagés dans une fuite en avant gauchiste pilotée par Sud rail. Un mouvement qui va concerner essentiellement les agents de conduite et les contrôleurs et qui évidemment va porter une nouvelle atteinte à l’image d’une entreprise complètement cangrenée par la gréviculture , le gauchisme et l’irresponsabilité.

On voudrait tuer définitivement l’entreprise qu’on ne s’y prendrait pas autrement avec comme horizon un jour une société recroquevillée sur quelques activités que le corporatisme irresponsable n’aura encore pas réussi à étrangler complètement.

Cette grève en pleine période pandémique va surtout porter atteinte à l’intérêt des usagers. Le paradoxe c’est que parallèlement la SNCF est engagée dans la voie d’une libéralisation qui va autoriser la concurrence pour la circulation des TGV et permettre à cette concurrence de pénétrer largement les TER via les appels d’offres.

Les syndicats font la démonstration de leur incompétence même à conduire un mouvement syndical dans l’intérêt des cheminots, de l’entreprise et des clients. L’histoire retiendra sans doute qu’ils ont largement contribué à saboter leur outil de travail, à le déconsidérer et à persuader les pouvoirs publics de tuer progressivement une entreprise ingérable.

Le gauchisme syndical a déjà largement favorisé la disparition du transport ferroviaire de messagerie, puis la quasi extinction du transport de fret ; il pourra se glorifier d’avoir largement participé à l’extinction du transport SNCF de personnes

 

 

Manif du 5 décembre des syndicats gauchistes : une participation ridicule

Manif du 5 décembre des syndicats gauchistes : une participation ridicule

 

 

 

Une nouvelle fois les syndicats gauchistes comprenant La CGT, la FSU, Solidaires et Force ouvrière, d’une part, et l’Unef, l’UNL, la Fidl et le MNL, d’autre part,

n’ont réussi à mobiliser qu’environ 80 000 personnes d’après le ministère de l’intérieur, le double d’après leurs propres chiffres. De toute façon, une participation insignifiante qui a rarement fait l’objet d’un compte rendu dans les médias. Ou comment dévaloriser encore un peu plus un syndicalisme rongé par l’individualisme tout autant que par des organisations complètement irresponsables.

 

Des organisations qui se complaisent dans les mouvements ultra minoritaires et qui discréditent chaque jour un peu plus le rôle qu’elle devrait pourtant. À noter que les syndicats majoritaires en France aujourd’hui à savoir la CFDT, la CFTC, l’UNSA et la CGC ont refusé de s’associer à cette journée fourre-tout  qui mélange les salaires, l’emploi, les retraites, le service public et les revendications catégorielles. Bref comme déjà depuis des années pour ces organisations, un syndicalisme de contestation dont le but n’est pas d’obtenir des résultats concrets pour les salariés. Si cette manifestation avait pour objet de montrer publiquement la grande faiblesse mouvement social actuelle alors elle a atteint son but.

 

Manif du 5 décembre des syndicats gauchistes : une participation ridicule

 

Manif du 5 décembre des syndicats gauchistes : une participation ridicule

 

 

 

Une nouvelle fois les syndicats gauchistes comprenant La CGT, la FSU, Solidaires et Force ouvrière, d’une part, et l’Unef, l’UNL, la Fidl et le MNL, d’autre part,

n’ont réussi à mobiliser qu’environ 80 000 personnes d’après le ministère de l’intérieur, le double d’après leurs propres chiffres. De toute façon, une participation insignifiante qui a rarement fait l’objet d’un compte rendu dans les médias. Ou comment dévaloriser encore un peu plus un syndicalisme rongé par l’individualisme tout autant que par des organisations complètement irresponsables.

 Des organisations qui se complaisent dans les mouvements ultra minoritaires et qui discréditent chaque jour un peu plus le rôle qu’elle devrait pourtant. À noter que les syndicats majoritaires en France aujourd’hui à savoir la CFDT, la CFTC, l’UNSA et la CGC ont refusé de s’associer à cette journée fourre-tout  qui mélange les salaires, l’emploi, les retraites, le service public et les revendications catégorielles. Bref comme déjà depuis des années pour ces organisations, un syndicalisme de contestation dont le but n’est pas d’obtenir des résultats concrets pour les salariés. Si cette manifestation avait pour objet de montrer publiquement la grande faiblesse mouvement social actuelle alors elle a atteint son but.

Syndicats : confiance en hausse mais toujours minoritaire

Syndicats : confiance en hausse mais toujours minoritaire

 

La confiance dans les syndicats remonte mais il y a encore des progrès à faire ! Selon Le baromètre annuel sur le dialogue social réalisée en juin par le Cevipof, le laboratoire de recherche de Sciences Po, fait ressortir un léger regain de confiance inédit pour les syndicats. En effet, 4 salariés sur 10 affirment leur faire «très confiance» ou «plutôt confiance». Un niveau qui dépasse le record atteint en 2010, en pleine mobilisation contre la réforme Woerth des retraites, et les scores de la précédente décennie (28 % en 2013 et 29 % en 2017). À noter quand même qu’une majorité exprime toujours sa défiance envers les syndicats, qui demeurent en «queue de peloton» des organisations peu appréciées, ne devançant d’une courte tête que les médias, les réseaux sociaux et les partis politiques.

5 octobre : une journée de mobilisation par les syndicats d’extrême-gauche

5 octobre : une journée de mobilisation par les syndicats d’extrême-gauche

Ce sont surtout les syndicats d’extrême-gauche qui participeront à une journée de mobilisation le 5 octobre à l’initiative de la CGT. On retrouvera en particulier FO, de FSU, de Solidaires (Sud) et des organisations de jeunesse (Unef, UNL, Fidl, MNL) . Par contre les syndicats réformistes n’y participeront pas notamment la CFDT premier syndicat de France, la CFTC et la CGC

Les principales revendications seront assez générales et devraient couvrir notamment l’emploi, la protection sociale et la défense des droits d’une jeunesse particulièrement fragilisée par la crise et les salaires. Une sorte de journée fourre-tout à caractère autant politique que syndical.

La guerre des syndicats de magistrats contre Dupond-Moretti

La guerre des syndicats de magistrats contre Dupond-Moretti 

 

Le professeur de droit Olivier Beaud estime que la mise en examen du garde des sceaux met en lumière « la volonté quasi-impérialiste des magistrats de contrôler la vertu des gouvernants »(Le Monde extrait).

 

Tribune. 

 

Sans surprise, Eric Dupond-Moretti, actuel garde des sceaux, a été mis en examen, vendredi 16 juillet, par la Cour de justice de la République (CJR) pour prise illégale d’intérêts du fait d’actes commis dans l’exercice de ses fonctions. Les médias ont plutôt tendance à présenter l’affaire comme si l’actuel ministre était le « méchant » gouvernant qui s’acharnerait sur les « bons » magistrats en faisant mener sur eux – c’est-à-dire des membres du Parquet national financier (PNF) – des enquêtes administratives, ou en diligentant des poursuites disciplinaires afin d’assouvir une sorte de vengeance personnelle. Selon cette version commune, l’actuel ministre se trouverait pris dans un conflit d’intérêts, dont la traduction pénale serait la prise illégale d’intérêts. Cette thèse vient d’être avalisée par la commission d’instruction de la CJR.


En réalité, on peut lire les faits de façon opposée, ce qu’on va faire ici. Alors qu’il était encore avocat, M. Dupond-Moretti a fait l’objet d’un « espionnage » de la part du PNF pour la seule raison qu’il était le collègue et l’ami de l’avocat de Nicolas Sarkozy. Obsédé par l’idée de trouver la « taupe » qui aurait informé l’ancien président de la République qu’il était écouté dans l’affaire « Bismuth », les magistrats du PNF ont décidé de rechercher les coups de téléphone (au moyen des fadettes) que donnaient tous les amis ou collègues avocats de Me Herzog.

Les avocats ont bel et bien été « espionnés » pour une affaire à laquelle ils étaient totalement étrangers. Le rapport de l’inspection générale de la justice n’a certes pas conclu à l’illégalité de la procédure envers ces avocats, mais a énuméré une série impressionnante de dysfonctionnements de la part du PNF dont l’image ne ressort pas grandie d’un tel rapport.

Faut-il rappeler que, dans un Etat de droit, même si on est un magistrat, on n’espionne pas des avocats, sauf exceptions très précises ? Ce mépris des droits des avocats par certains magistrats en dit long sur la situation faite en France aux droits de la défense et à la profession d’avocat.

Il ressort d’une telle lecture des faits que M. Dupond-Moretti, ainsi que tous les autres avocats, a été la victime d’un zèle excessif de certains magistrats. Mais, à la différence des autres avocats, il a osé porter plainte contre de tels agissements. C’est seulement plus tard qu’il a été nommé ministre. On ne voit pas pourquoi il aurait refusé d’être garde des sceaux au seul motif de ce différend avec le Parquet national financier ni pourquoi un avocat ne pourrait pas devenir le garde des sceaux. Robert Badinter l’a été, pourquoi pas M. Dupond-Moretti ?

Réforme d’EDF : une campagne d’information auprès des maires par les syndicats

Réforme d’EDF : une campagne d’information auprès des maires par les syndicats

 

Les syndicats s’opposent à l’éclatement reprises en trois nouvelles sociétés. Ils craignent en particulier la privatisation dEnedis.  En France, la distribution de l’électricité est un service public sous monopole. Enedis est ainsi le gestionnaire de 95% du réseau de distribution d’électricité français. Mais il n’est pas le propriétaire de ce réseau. Celui-ci appartient aux collectivités locales, qui en concèdent la gestion à Enedis. L’entreprise régulée a ainsi la charge, via des contrats de concession, d’exploiter, de développer et d’entretenir plus d’un million de kilomètres de lignes électriques.

Dans  le futur EDF imaginé par l’exécutif et la direction du groupe, Enedis serait logé dans un EDF Vert, nouvelle entité dont une partie minoritaire du capital (environ 35%) serait privatisée. Pour les instances représentatives du personnel, cette opération mènera inévitablement à « la privatisation d’Enedis et à la financiarisation de la distribution de l’électricité ».

Elles craignent un traitement à deux vitesses et une remise en cause de la péréquation tarifaire. Modèle solidaire qui assure un traitement et un prix identiques pour un client qui habite une zone rurale (où les coûts de raccordement et d’acheminement sont plus élevés) et pour un client qui réside dans une grande métropole.

Assurance chômage : mise en cause au Conseil d’État par les syndicats

Assurance chômage : mise en cause au Conseil d’État par les syndicats

 

 

Les syndicats vont déposer ensemble un recours devant la justice administrative contre le décret du 30 mars. «On n’a pas rédigé de recours commun car chaque organisation a sa ligne, mais nos avocats iront symboliquement ensemble pour montrer notre opposition commune. Ce n’est pas l’ultime espoir mais on compte beaucoup dessus», affirme Michel Beaugas (FO).

 

Les syndicats déposeront à la fois un référé suspension et une saisine sur le fond. Les juges auront un mois pour se prononcer sur la suspension et éventuellement ensuite quatre mois pour examiner le fond. Pour étayer leurs recours, les syndicats ont fait tourner les ordinateurs en multipliant les «cas types» de «ruptures d’égalité» entre demandeurs d’emploi générées par la modification au 1er juillet du calcul du salaire journalier de référence (SJR), le cœur de la réforme.

 

«Comme il y a déjà eu une annulation de cette mesure en novembre par le Conseil d’État et une rectification par le gouvernement derrière, on a été obligés d’approfondir, on a bien gratté le décret», résume Michel Beaugas.

 

Un décret qui a créé des inégalités notamment en matière de périodes d’indemnisation inhabituelles (activité partielle, congés maternité, maladie…). Pour éviter ces «effets non voulus», la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a rédigé un peu à la va-vite un décret rectificatif qui prévoit de compter ces périodes «comme si le salaire avait été à son niveau habituel». Une prise en compte qui juridiquement semble assez fragile.

Si le gouvernement ne renonce pas, «l’une des dernières réformes du quinquennat s’attaquera donc aux travailleurs précaires, en réduisant leurs droits et en fragilisant leur situation sociale», ont dénoncé dans une tribune au Monde plusieurs responsables syndicaux et associatifs, dont Laurent Berger (CFDT) et Philippe Martinez (CGT).

Surmonter l’antagonisme entre actionnaires et syndicats

Surmonter l’antagonisme entre actionnaires et syndicats

 

Philippe Latorre est cofondateur d’un fonds dédié aux PME françaises, et aujourd’hui conseil en particulier auprès des salariés. Il cosigne avec Christian Pierret l’essai Le nouveau contrat sociall’entreprise après la crise.

Les entreprises devraient, selon vous, être le lieu privilégié du renouveau de la société. L’Etat a-t-il perdu ce rôle ?

Les crises des Gilets jaunes et du coronavirus ont paradoxalement vu naître une demande pour plus d’Etat. La solution aux inégalités que les Gilets jaunes dénonçaient devait venir de l’Etat, censé les protéger, et non des entreprises où sont créées les richesses. La focale s’est déplacée. Ce ne sont plus les usines qui sont occupées comme en 1968, mais les ronds-points du domaine public. La pandémie de coronavirus a vu les Etats occuper le devant de la scène par les financements importants qu’ils maîtrisent. Il est pourtant indéniable que l’Etat est peu à peu évincé sur le plan économique et politique par des entreprises internationales qui font aujourd’hui société. Des Gafam hyperpuissants à la PME locale, l’entreprise voit son rôle et sa place évoluer dans les débats de société : inégalités, climat, innovation, santé… Les défis auxquels elles sont confrontées dépassent le seul sujet du résultat net et de l’intérêt des actionnaires financiers ou familiaux. Ce n’est plus au Parlement que se forment, se transforment et s’opposent les seuls conflits structurants des sociétés en mouvement, mais dans les entreprises. Elles se transforment en objet politique.

Quelle place pour l’Etat dans ce nouveau paradigme ?

Il faut trouver un nouvel équilibre entre les deux. L’entreprise ne doit pas décider de tout. Sa responsabilité, et celle de ses dirigeants, est de se consacrer à sa stratégie, ses clients et aux relations avec ses salariés. Tout cela dans le respect des lois qui encadrent son activité. L’État doit, de son côté, se plier à la logique d’objectifs et de résultats pour restaurer l’efficacité de son action. Il doit ensuite jouer son rôle d’arbitre en imposant des contraintes capables de faire bouger les lignes publiques et privées. C’est particulièrement vrai concernant les sujets environnementaux, sanitaires ou de libre concurrence. Sinon, les entreprises vont s’arroger des responsabilités complétées par une communication adaptée qui leur donneront une légitimité pour respecter des contraintes toutes relatives là où l’Etat aurait dû leur imposer des normes obligatoires. L’Etat et les entreprises doivent parvenir à un compromis et devenir partenaires dans une sorte d’hybridation culturelle qui permettra à la norme étatique d’être traduite par l’éthique de l’entreprise.

«Il faut que la France parvienne à surmonter cet antagonisme qui oppose depuis trop longtemps syndicats et actionnaires»

Les entreprises sont de plus en plus attendues sur le sujet de la RSE ou de l’ESG. Si le « E », les thématiques environnementales, sont de plus en plus traitées, peut-on dire la même chose du « S », le volet social ?

Les thématiques sociales restent traitées à l’échelle de l’égalité hommes-femmes, du handicap… Même s’il s’agit d’un progrès fondamental, elles laissent de côté d’autres sujets tout aussi essentiels : le partage de l’argent et du pouvoir. Ils sont pourtant plus que jamais d’actualité dans un contexte de crise qui touche durement les salariés. Premiers visés par les plans sociaux et la flexibilité imposée par la situation, ils n’obtiendront aucun des avantages des actionnaires ou des dirigeants lors de la reprise de la croissance. Cette reconnaissance, seules les entreprises, qui créent la richesse à laquelle ils contribuent, sont en mesure de leur offrir. Leur place nouvelle dans la société s’accompagne de devoirs et de responsabilités. Elles doivent devenir « cohésives », associer les salariés au capital de la société et leur redonner du pouvoir par l’accès à la gouvernance. Il faut que la France parvienne à surmonter cet antagonisme qui oppose depuis trop longtemps syndicats et actionnaires.

Pourquoi qualifiez-vous de « rupture » cette idée de l’actionnariat partagé dans les entreprises, alors que la France en est leader européen avec près de 110 milliards d’euros de capital détenu par les salariés ?

Ce chiffre est plus modeste qu’il n’y paraît. La participation est en réalité concentrée dans quelques très grandes entreprises ou celles où l’Etat est actionnaire. Les PME et ETI familiales associent peu : sur les 250 LBO réalisés chaque année en France, une dizaine seulement associe les salariés. L’actionnariat salarié se réduit donc à celui des entreprises du CAC40. Notre ambition dépasse de beaucoup un simple élargissement de ce système. Il nous faut nous inspirer de ce qui se fait de mieux aux Etats-Unis où le capital est très partagé, et dans les pays scandinaves ou en Allemagne où jusqu’à 30% à 50% des membres des conseils sont des salariés. L’actionnariat partagé doit être généralisé aux ETI et PME, afficher un objectif volontariste avec 12% minimum de capital partagé et au moins un ou deux représentants pour les entreprises de plus de 500 salariés. Il ne s’agit pas seulement de partager de la valeur, mais du pouvoir. Les salariés ont beaucoup de choses à apporter à leurs entreprises : s’ils en ont les compétences, il y a un vrai intérêt. Cela suscitera de l’engagement, donnera du sens à leur travail, tout en permettant au débat politique de reprendre des couleurs et au débat économique d’être meilleur. Le curseur du pouvoir doit passer plus loin de l’Etat, et plus près de l’entreprise.

Moins d’Etat, plus d’entreprise… Le slogan n’est pas neuf. Qu’est ce qui changerait dans le compromis que vous proposez ?

Notre démarche va au-delà d’un congrès du Medef ou du refrain gaulliste « capital travail ». On se place dans une logique sociale-démocrate rénovée. Il nous faut revenir à l’essence de la Constitution française qui, reprenant le préambule de la Constitution du 1946, propose l’instauration d’une « démocratie économique et sociale », en affirmant que « tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises ». Les actionnaires oscillent encore beaucoup entre crainte et paresse sur ces sujets. Les actionnaires financiers restent pragmatiques. Ils voient que tout cela est dans le sens de l’histoire, et si cela permet de consolider un business plan ou de sécuriser un projet, ils en deviendront les promoteurs.

Comment analysez-vous la révocation d’Emmanuel Faber, PDG de Danone, première « entreprise à mission » cotée au monde ?

On a encore peu de recul sur l’impact de son départ. Il faudra attendre la prochaine assemblée générale pour apprécier la manière dont la nouvelle direction va se positionner sur le sujet de la RSE et de l’entreprise à mission. Le profit à court terme sera-t-il vainqueur ou bien la révocation d’Emmanuel Faber n’est-elle qu’un ajustement par rapport à un dirigeant, considéré par ailleurs défaillant, qui ne remet pas en cause le projet d’entreprise à mission ? Il est toujours difficile de cerner l’instrumentalisation de la RSE par les dirigeants. Danone a par exemple commencé à publier en 2019 un bénéfice net par action (BNPA) décarboné. Une initiative à saluer et séduisante pour les investisseurs. Elle fait certes baisser le bénéfice par action en 2019 de 3,89 à 2,39 euros mais elle transforme une faiblesse en force. Car si les actionnaires jugent le bénéfice de Danone insuffisant par rapport à celui de ses concurrents, ils pourront apprécier la progression de celui ajusté du coût carbone dans un groupe qui accomplit des efforts pour réduire son empreinte et se présenter en modèle mondial. Si intérêt de l’entreprise et lutte généreuse pour le climat ne sont pas incompatibles, on trouve parfois des contradictions. Il ne faut cependant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Même si le rapport Notat-Senard a été très édulcoré avec la loi Pacte, les débats qu’il pose vont contribuer à la construction du futur. Les discours autour de la RSE et de l’ESG sont une étape importante. Ils posent les jalons de l’évolution vers une entreprise plus cohésive en familiarisant les esprits des jeunes générations qui accéderont plus tard à des postes de dirigeants à ces idées, essentielles pour le renouveau d’un contrat social en phase avec son époque.

Projet Hercule EDF : la seule contestation par les syndicats ne suffit pas

Projet Hercule EDF : la seule contestation par les syndicats ne suffit pas

Dans une tribune au « Monde », Hervé Desbrosses, ancien délégué syndical d’EDF, reproche aux syndicats qui contestent la restructuration de l’électricien de ne pas proposer de solution aux problèmes rencontrés par l’entreprise.

Tribune.

 

Depuis des mois, sur fond de négociations entre le gouvernement et la Commission européenne, les médias relatent le projet de restructuration d’EDF, le projet Hercule, qui alimente un conflit social entre les organisations syndicales et la direction du groupe. A l’approche d’un possible épilogue entre l’Etat français et la Commission européenne, quels enseignements peut-on tirer de ce conflit entre les quatre organisations syndicales représentatives et la direction d’EDF ?

Pour mieux se faire entendre, les organisations syndicales réunies en intersyndicale s’opposent radicalement à ce projet, mais le front uni se referme, tel un piège, sur les syndicats les plus progressistes qui la composent. Or, il serait utile qu’au moins une d’entre elles propose sa vision du contexte actuel et apporte ses solutions pour l’entreprise, en dehors de tout procès d’intention instruit par une intersyndicale parfois peu nuancée.

Aussi légitime qu’elle soit pour ses opposants, la contestation au projet ne peut être l’unique posture pour des organisations syndicales, elles doivent aussi énoncer des alternatives plausibles à la réforme proposée par la direction ou, à tout le moins, l’amender. Or il n’en est rien à ce jour. L’avenir du syndicalisme ne se trouve-t-il pas dans des positions étayées et une vision équilibrée de l’économie et du social ?

Cette synthèse entre efficacité économique et protection sociale, quelle organisation l’endossera pour réunir les 70 % à 80 % de salariés silencieux ces dernières semaines à leurs collègues grévistes, mais dont tous sont dans l’attente d’un véritable projet pour le groupe auquel ils sont fortement attachés ?

Le constat est pourtant clair : sous-rémunération de la production nucléaire, endettement endémique, investissements importants à réaliser, décrochage possible par rapport aux concurrents sur les relais de croissance actuels et à venir… : ce sont ces constats qui s’imposent, alors qu’EDF est incontestablement un fleuron industriel et le plus à même d’accompagner la centaine de pays visant la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Les solutions profitables pour l’entreprise et les salariés seraient évidemment d’augmenter le prix de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), qui est resté inchangé depuis près de dix ans et qui représente un quart du volume de la production annuelle d’EDF. Tout aussi profitable serait un accord avec la Commission européenne visant à solder le contentieux des concessions hydrauliques en les arrimant définitivement au groupe.

300 millions d’euros pour les médecins hospitaliers: indécent ( syndicats)

300 millions d’euros pour les médecins hospitaliers: indécent ( syndicats)

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a proposé lundi 29 juin aux syndicats une enveloppe de 300 millions d’euros pour revaloriser les salaires des médecins hospitaliers. Une somme annoncée par le ministre dans le cadre du Ségur de la santé, et jugée très insuffisante par les organisations représentatives, qui revendiquaient sept milliards d’euros.

Selon des sources syndicales, les 300 millions proposés par Olivier Véran comprendraient des hausses de salaires ciblées sur le début et la fin de carrière des praticiens hospitaliers, ainsi qu’une revalorisation de plusieurs primes (engagement de service public exclusif, garde des week-ends et jours fériés).

Le temps de travail additionnel (heures supplémentaires des praticiens hospitaliers) serait lui aussi revalorisé. Pour réduire la place de l’intérim, une prime territoriale renforcée serait accordée aux praticiens faisant des remplacements dans un même groupement hospitalier. Ces mesures ne concernent pas les internes et les étudiants en médecine, dont la situation sera traitée à part, ont précisé les syndicats.

A l’issue de la réunion, plusieurs syndicats de médecins hospitaliers ont fait part de leur déception, jugeant l’enveloppe promise par le ministre « très insuffisante » et  »ridicule par rapport aux besoins ». Les personnels non médicaux se sont en effet vu promettre six milliards d’euros dans le cadre du Ségur de la santé. Ils sont toutefois beaucoup plus nombreux (1,2 million de salariés dans la fonction publique hospitalière, contre moins de 100 000 pour les praticiens hospitaliers).

« On nous a annoncé ça comme une grande avancée sociale. Mais nous, on est stupéfaits : ce n’est pas une douche froide, c’est une douche glaciale », a réagi auprès de l’AFP Jean-François Cibien, vice-président d’Action praticiens hôpital (APH). « L’hôpital public a un gros problème d’attractivité et n’arrive pas à retenir les jeunes. Si on ne fait rien, le taux de fuite va devenir énorme, et on n’y arrivera pas », a-t-il prévenu.

Pour un autre responsable syndical, le montant proposé est « nul » au regard des « 100 000 médecins, pharmaciens, odontologistes » concernés. « C’est inadmissible », s’emporte un troisième, qui compte sur une « prochaine réunion jeudi matin » avec le ministre pour corriger le tir. « D’ici là, on appelle tous à la grève pour demain », ajoute-t-il, en référence à la journée d’action nationale organisée par la plupart des syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa) et collectifs hospitaliers (Inter-Hôpitaux, Inter-Urgences, Inter-Blocs).

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