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Chauffage: La sobriété surtout pour les pauvres

Chauffage: La sobriété surtout pour les pauvres

 Selon un projet de recherche, ceux qui déclarent préférer le confort thermique plutôt que de réaliser des économies d’énergie gagnent 7 965 euros de plus par an que la moyenne des ménages. Par Dorothée Charlier, Université Savoie Mont Blanc

 

Canicule, feux de forêt, guerre en Ukraine… Après un été 2022 marqué par une actualité énergétique intense, il est temps de s’interroger sur la conduite à tenir pour faire face au changement climatique. À ce sujet, le Laboratoire sur les inégalités mondiales souligne que :

« 10 % des plus fortunés sont responsables de 48 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre mondiales, tandis que les 50 % les plus pauvres ne sont responsables que de 12 % au total. »

Face à ce constat et à l’hiver qui se rapproche, on peut donc s’interroger sur les comportements de consommation des ménages les plus aisés, alors qu’une polémique a déjà éclaté ces dernières semaines au sujet de l’utilisation des jets privés.

Si on se base sur une abondante littérature en économie, on a tendance à trouver une relation positive entre le niveau de revenu et la consommation d’énergie. Cette relation positive peut être associée à plusieurs phénomènes, qui va d’une augmentation de la température de confort en hiver à l’achat de nouveaux équipements consommateurs d’électricité.

Par exemple, des études ont montré qu’une préférence déclarée pour le confort thermique pouvait se traduire par une hausse de la consommation d’énergie entre 8 % et 10 % selon les différentes estimations. Le niveau de revenu pourrait ainsi être perçu comme un indicateur pour évaluer un niveau spécifique de confort et de taux d’équipement.

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De plus, les ménages les plus aisés, qui vivent souvent dans des maisons individuelles récentes et qui peuvent ajuster leur température de chauffage, ont tendance à consommer plus que ce que leur diagnostic de performance énergétique indique, comme nous l’avons relevé dans un article de recherche publié en 2021.

En approfondissant cette relation entre niveau de revenu et poids de la consommation énergétique (en se basant sur des données françaises récentes récoltées dans le cadre du projet de recherche PEPSI), nous obtenons que ceux qui déclarent préférer le confort thermique plutôt que de réaliser des économies d’énergie gagnent 7 965 euros de plus par an que la moyenne des ménages.

Si on regarde plus en détail, le lien entre la température moyenne de chauffage en hiver dans les pièces à vivre et le niveau de revenu ), on constate que les ménages qui se chauffent en dessous de 19 °C gagnent relativement moins que les ménages qui peuvent maintenir une température adéquate.

Il en va de même pour ceux qui se chauffent à plus de 25 °C, mais ces derniers sont parfois dans l’incapacité de pouvoir ajuster leur température (en général, les ménages qui ne sont pas en mesure de pouvoir régler leur température de chauffage vivent dans des logements plus anciens et gagnent 4016 euros de moins par an).

En outre, parmi les ménages qui se chauffent à moins de 19 °C en hiver, ils sont plus des trois quarts à déclarer se restreindre.

Par ailleurs, si on considère que les ménages vivant dans les logements dotés de la meilleure étiquette énergétique (et qui ont donc moins besoin d’énergie pour se chauffer), notés A, ont un revenu moyen supérieur de 13 000 euros par rapport à ceux qui vivent dans des logements notés G, on remarque également que les ménages les plus aisés dépensent nettement plus en facture d’électricité et de chauffage, ce qui semble réaffirmer une préférence avérée pour le confort thermique et l’utilisation d’appareils électroménagers

Après « le deuxième été le plus chaud observé en France depuis au moins 1900 avec un écart de +2,3 °C par rapport à la moyenne 1991-2020 » en 2022 selon Météo France, on peut donc s’interroger sur l’évolution des dépenses d’électricité des ménages français dans les années à venir.

En effet, d’une façon générale, le taux d’équipement des ménages en système de rafraichissement augmente depuis 2020. Ce sont particulièrement les ménages propriétaires (75 % des détenteurs de système de refroidissement en 2020), souvent chef d’entreprise, indépendant ou cadre et résidants en maison individuelle qui entretiennent cette hausse (60 %).

Cette tendance risque désormais de s’accentuer si l’on veut pouvoir assurer le confort thermique et le bien-être de chacun. Il va donc être plus que nécessaire de trouver des solutions pérennes pour assurer le confort thermique d’hiver et d’été en veillant à ne pas creuser les inégalités.

Si les innovations technologiques permettront probablement de limiter le poids des consommations sur le climat, une solution consiste également à poursuivre les efforts dans l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments tout en veillant à informer les ménages les plus aisés du poids de leur consommation sur le climat.

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Par Dorothée Charlier, Maîtresse de conférences en économie de l’énergie et de l’environnement, Université Savoie Mont Blanc.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Grande démission : surtout pour les métiers de terrain mal considérés

Grande démission : surtout pour les métiers de terrain

L’ouverture de la saison estivale 2022 a été marquée par une véritable pénurie de recrutement parmi les métiers terrains, hautement recherchés au moment des vacances d’été, pour faire face à l’afflux touristiques. Bon nombre d’établissements, qu’il s’agisse de la restauration, du retail ou encore des officines, ont été handicapés voire paralysés par le manque de personnel. Par Olivier Severyns, Fondateur et CEO de Snapshift ( dans la Tribune )

Depuis le mois de mai, pas un jour ne s’est écoulé sans qu’un nouveau gérant ou patron ne partage son désarroi et sa difficulté à recruter. Malgré les prises de parole répétitives et les diverses tentatives pour créer de l’attractivité, des milliers de postes saisonniers sont restés vacants un peu partout en France.

Alors que tout laissait à penser que la saison estivale cette année serait, pour la première fois depuis deux ans, synonyme d’activité économique forte, de tourisme de masse et de recettes similaires à celles des saisons antérieures à la crise du Covid-19, il semblerait que le spectre de la grande démission a fini par réellement frapper l’Hexagone.

Si le phénomène a été décortiqué et analysé Outre Atlantique pour tenter de comprendre la source du mal et les raisons qui attisent ce fléau, en France les travailleurs et salariés ont surtout été pointés du doigt. Jugés tour à tour d’idéalistes, d’hédonistes, de profiteurs ou de pantouflards, la plupart des voix qui se sont élevées ont souvent affirmé que les Français ne voulaient plus travailler.

Tandis que la saison touche à sa fin et que la problématique du recrutement de masse est momentanément derrière nous, il est grand temps de tirer quelques enseignements et de réfléchir à des solutions pérennes. La désillusion des salariés, appartenant majoritairement à des équipes terrains, est bel et bien réelle. Or celles et ceux qui ne croient plus à ce qu’on leur propose pourraient continuer de se désengager et devenir plus nombreux. Les difficultés à trouver de la main d’œuvre vont alors perdurer et s’intensifier.

En tant que patrons et managers, il est grand temps de prendre la mesure de cette vague d’absentéisme et de nous interroger sur les conditions de travail proposées. Aujourd’hui il n’y a pas de remise en question réelle de ce que nous offrons aux équipes terrain, or trop souvent les habitudes restent inflexibles et les méthodes inchangées.

Selon une étude publiée le 22 juin par la Dares, Direction statistique du ministère du Travail, 71% des entreprises ont actuellement des difficultés à recruter mais seulement 15% des employeurs estiment que cette pénurie est liée aux conditions de travail proposées. Le milieu de l’hôtellerie-restauration est finalement le secteur le plus conscient du phénomène, les employeurs sont 24% à reconnaître que leur problème de recrutement provient des conditions de travail.

Ces chiffres montrent à quel point le fossé entre employeur et équipe terrain se creuse et dans quelle mesure nous avons besoin d’une prise de conscience généralisée.

Si le manque de profils qualifiés et le niveau de salaire sont des freins véritablement existants, nous devons être une plus large majorité à affirmer que le problème vient aussi des conditions de travail, qui ne sont parfois plus acceptables et doivent être reconsidérées.

La désertification de certains secteurs est liée au manque de considération et à une sous valorisation permanente. Force est de constater que des méthodes de travail âgées de plus de 20 ans existent encore, tandis que les perspectives d’évolution et les innovations sont trop souvent absentes de l’équation.

En tant qu’ancien opérationnel de la restauration, auparavant gérant de 5 établissements, j’ai moi-même été confronté à la difficulté de conserver des équipes ainsi qu’aux limites d’un système et d’un fonctionnement papier-crayon. Nous parlons sans cesse de nouvelles technologies, de progrès, d’innovation, plus récemment de Métavers, alors que certaines professions n’ont toujours pas accès à un ordinateur et à des outils digitaux dignes de ce nom.

La revalorisation de certains métiers et l’attractivité de secteurs entiers passeront obligatoirement par une mise à jour des méthodes et des outils. Ces métiers terrain sont les grands oubliés de la transformation digitale. Alors qu’ils représentent 80% de la main-d’œuvre mondiale, seuls 1% des investissements en technologie les concernent !

Aujourd’hui ces travailleurs sont totalement déconnectés de tout écosystème digital dans leur quotidien professionnel, ce qui crée un sentiment d’exclusion. Revaloriser ces métiers passera aussi par l’inclusivité digitale et par la nouvelle expérience que l’employeur sera en capacité de proposer.

Il existe déjà des solutions tangibles qui donneront de nouveau aux salariés l’envie de faire partie d’une équipe, de recréer un sentiment d’appartenance et d’améliorer les conditions de travail.

Ce nouveau quotidien s’illustre par la modulation du temps de travail avec des plannings mieux gérés et plus de visibilité, qui permettent de trouver un équilibre positif entre vie professionnelle et vie privée. Pour regagner la confiance des équipes, une meilleure prise en compte des heures supplémentaires est également une évolution nécessaire et facile à imaginer dans le cadre d’un dispositif numérique efficace.

Enfin mettre en place des outils digitaux c’est aussi réduire les marges d’erreurs humaines pour une gestion de paie, RH et administrative plus fluide qui, in fine améliore considérablement les relations et la communication en interne.

Oui les métiers terrain ont aussi besoin du digital pour exercer correctement et c’est une erreur dans ce monde post-Covid de penser que ces secteurs doivent rester inchangés. Leurs conditions de travail, dépourvues de toute technologie et de toute amélioration en termes d’innovation, seront un fléau à long terme si nous n’investissons pas davantage en faveur de ceux qui représentent 80% de la main d’œuvre mondiale.

Olivier Severyns

Grande démission : Surtout une quête de sens

Grande démission : Surtout une quête de sens

 

Le brown-out désigne une forme d’épuisement professionnel résultant d’une perte de sens : pourquoi faire ce que je fais ? En quoi et à qui est-ce utile ?… Un syndrome plus insidieux que le burn-out, parce que plus difficile à déceler, et pour lequel la crise sanitaire a joué un rôle certain d’amplificateur. Par Jérôme Crest, CEO cofondateur de Holivia et Nathan Guichard-Marsal, psychologue.( La Tribune)

 

Certains signes ne trompent pas : la hausse spectaculaire de la demande pour les bilans de compétences, le nombre croissant de reconversions professionnelles, les démissions en cascade dans certains secteurs… Ces signes du temps témoignent de la volonté des travailleurs de trouver du sens à ce qu’ils font. Cette volonté n’est certes pas nouvelle, mais la crise sanitaire lui a donné de la largeur d’épaules. Le climat d’incertitude des deux dernières années, les confinements successifs, ainsi que l’expérience soudaine et massive du télétravail ont conduit chacun et chacune à une forme d’introspection professionnelle, à « faire le point ».

Parce que la quête de sens est partout, la perte de sens a fait son coming out. On met des mots sur des maux et l’on s’autorise à parler émotions, doutes, désarroi : comprendre le « brown-out », dans un monde du travail où le sens n’est plus secondaire, c’est-à-dire subordonné au salaire ou au statut, est essentiel pour les organisations qui ont à cœur de favoriser le bien-être de leurs collaborateurs. L’expression « brown-out » renvoie à une baisse de courant dans un circuit électrique : baisse de tension qui se manifeste par une démission mentale chez le salarié qui ne comprend plus son rôle dans l’entreprise, l’utilité de sa fonction, voire de son métier. Il continue à effectuer sa tâche, mais sans entrain, sans motivation, mécaniquement, et jusqu’à la rupture, si rien n’est fait.

 

Seulement voilà : le « brown-out » est insidieux et difficile à identifier, tant pour ceux et celles qui en souffrent que pour les organisations. C’est pourquoi il faut s’interroger à la fois sur les mécanismes qui y conduisent et sur les moyens d’accompagner les salariés en perte de sens. Là encore, il y a des signes qui doivent alerter (repli sur soi, humeur morose, cynisme, désinvolture, désengagement…) et des outils à mettre en place pour prendre au quotidien le pouls de ses équipes et favoriser une parole libérée de la crainte du jugement. La communication et la réflexion autour du bon interlocuteur (manager, personnel RH, membre d’un CSE, psychologue) sont capitales : on ne sort pas de la spirale du « brown-out » sans une main tendue et une oreille attentive.

De fait, la question du sens est en elle-même bien difficile à appréhender. Un salarié qui ne perçoit plus sa valeur, ou celle de son travail, soit parce qu’il n’en tire aucune reconnaissance, soit parce que la tâche elle-même lui paraît dénuée d’intérêt ou d’utilité pour l’entreprise, a besoin de temps et de recul. Soit il parvient à réduire la dissonance entre le sentiment de sa propre valeur et la valeur qu’il donne à son travail, et se réengage, soit la dissonance est trop grande et il vaut mieux partir.

Bien sûr, quitter son emploi est plus facile à dire qu’à faire : mais quand on le peut, ce grand saut dans le vide est salutaire en ce qu’il oblige à reconsidérer son parcours et sa place, ses besoins, ses envies. C’est le temps propice au changement, le temps d’un second souffle professionnel où s’épanouir est le premier critère, dans un autre métier, une autre entreprise, ou même en créant la sienne. Il s’agit d’aller vers soi et ce qu’on veut vraiment, d’interroger sa raison d’être. Comme disait Mark Twain :

« Les deux jours les plus importants de votre vie sont le jour où vous êtes né et le jour où vous comprendrez pourquoi. »

 

Enfin, la perte de sens résulte parfois de l’incapacité, pour le salarié, à comprendre le dessein général auquel il participe. Sa fonction ne fait pas sens parce qu’on ne s’est pas donné la peine de lui expliquer comment elle bâtit de la valeur et pourquoi elle est importante.

Beaucoup de collaborateurs sont trop dans l’opérationnel et pas assez dans la stratégie : on leur parachute une ambition sans préciser en quoi ils constituent un maillon essentiel de la chaîne qui permet de la toucher du doigt. Or dans ce monde post-covid (espérons-le !), où chacun a revu ses priorités et où il n’est plus question de « perdre sa vie à la gagner », les entreprises ne peuvent plus faire l’économie d’une vision et d’une raison d’être claires, irriguant chacune de leurs strates et ne laissant personne sur le bord de la route, sans direction. On n’a jamais le bon vent quand on ignore vers quel port tendre.

Jérôme Crest et Nathan Guichard-Marsal

La Russie surtout humiliée par le démantèlement de l’URSS

La Russie surtout humiliée par le démantèlement de l’URSS

 

A la suite des propos d’Emmanuel Macron, le professeur de science politique Thomas Lindemann revient, dans une tribune au « Monde », sur le concept d’humiliation et ce qu’il signifie dans les relations internationales.

 

Les appels du président Macron à ne pas humilier la Russie, prononcés devant le Parlement européen de Strasbourg et plus récemment le 3 juin, ont suscité de vives polémiques, l’accusant en particulier de se tromper de victime. Au-delà de la critique moralisatrice, certains estiment aussi qu’éviter l’humiliation est contre-productif et susceptible de conforter les fantasmes de grandeur russe.

Si l’usage du concept d’humiliation par le président français peut être qualifié de flou, ses critiques se méprennent souvent en pensant que tout le conflit se joue sur le champ de bataille économique par des sanctions. La première erreur consiste à croire que l’humiliation est nécessairement subjective et, dans le cas de la Russie, inséparable d’ambitions impérialistes.

S’il est vrai que l’humiliation peut être définie comme un écart important entre l’image revendiquée par un protagoniste et celle qu’il reçoit en retour, elle se définit le plus souvent de manière intersubjective en tant que violation de standards de comportements prêtés à un certain type de protagoniste.

Pour savoir si la Russie a été dépréciée dans son rang, il faut se référer aux normes en vigueur dans le système international. Certains rites ont pour fonction de protéger la « face » des acteurs sur la scène internationale. Ainsi, si l’égalité de souveraineté proclamée est une fiction westphalienne, elle permet néanmoins aux acteurs même peu puissants de faire bonne figure sur la scène domestique. Dans les faits, l’ex-URSS a été déchue de son rang de manière vertigineuse pour une grande puissance après la guerre froide.

La Russie contemporaine n’exerce en effet pas de responsabilités à la hauteur de son potentiel de puissance. Sa position est rarement déterminante au sein du Conseil de sécurité des Nations unies : ainsi, des opérations militaires majeures telles que l’intervention au Kosovo (1999) et les guerres contre l’Irak (2003) et la Libye (2011) ont été décidées en traitant la Russie comme quantité négligeable.

En outre, l’élargissement de l’OTAN aux pays de l’Est, également acté sans concertation majeure avec la Russie, constitue un précédent historique. Pour la première fois, un pays s’est trouvé confronté à un ensemble dont le potentiel militaire lui était quinze fois supérieur. Le président Poutine ne cesse cependant d’affirmer que la Russie demeure une grande puissance et qu’elle possède – à la différence des Occidentaux – des qualités d’abnégation et de sacrifice, discours qui semble toujours populaire dans l’opinion publique.

Crise environnementale : surtout un choix politique

 Crise environnementale : surtout un choix politique

 

La destruction de l’environnement relève avant tout de choix politiques, et n’a pas grand-chose à voir avec les afflux de dopamine dans le cortex des individus, dénonce dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

 

La crise environnementale ? Ce serait à cause de notre cerveau. Pas notre faute à nous, non. Celle de l’enchevêtrement de neurones que nous avons entre les oreilles. Le changement climatique, le saccage et la surexploitation des océans, l’industrialisation de l’agriculture et de l’élevage, l’effondrement de la biodiversité commune, la destruction des habitats naturels, la prolifération du plastique : tout cela serait déterminé par nos structures cérébrales profondes. A la faveur de quelques ouvrages publiés récemment, cette petite musique berce ces jours-ci la conversation publique.

Le coupable serait le striatum, niché sous le cortex, modelé par des centaines de milliers d’années d’évolution pour faire pétiller de plaisir notre cerveau à chaque comportement susceptible de garantir la survie et celle de l’espèce : manger, copuler, s’élever dans la hiérarchie sociale, glaner des informations nouvelles et surprenantes… Tout cela sans limite, jusqu’à l’excès. Jusqu’à la destruction de la biosphère et du climat. L’homme serait ainsi programmé pour se comporter en espèce invasive, pour n’être en somme, vis-à-vis de son environnement, guère autre chose qu’un parasite dans la charpente.

Il est indéniable que, ces dernières années, les travaux menés en psychologie cognitive et en neurosciences ont permis d’explorer – dans une certaine mesure – les ressorts cérébraux des choix individuels (encore que la portée et l’interprétation de certains de ces résultats soient fortement débattues). Mais faire de ces mécanismes une cause dominante du destin des sociétés revient simplement à nier à peu près toutes les connaissances accumulées par les sciences humaines et sociales.

La destruction de l’environnement ne découle pas d’une somme de décisions et d’arbitrages individuels sur le temps que l’on passera sous la douche, sur la quantité de viande que l’on mangera dans la semaine ou sur le nombre de déplacements en avion que l’on s’autorisera dans l’année. Elle relève avant tout de choix politiques qui contribuent à construire et faire fonctionner les structures économiques et sociales, et n’a pas grand-chose à voir avec les afflux de dopamine dans les cerveaux des individus.

Il est bien sûr probable que le système économique que nous avons bâti tire parti de notre fonctionnement cérébral pour générer toujours plus de croissance et détruire toujours plus vite l’environnement, mais qui est alors « responsable » : les individus (équipés de leur cerveau), ou plutôt les choix politiques qui induisent le fonctionnement de l’économie ?

Environnement : la transition écologique est surtout un enjeu économique

Environnement : la transition écologique est surtout un enjeu économique

La transition peut réussir à condition de réunir quatre préalables : taxer le pétrole, assurer l’efficacité énergétique, sortir du mythe du bien commun et repenser la filière nucléaire, estime, dans une tribune au « Monde », l’énergéticien Gilles David.

 

La situation est grave, et les perspectives sombres. Le temps est compté avant le point de non-retour et le chaos. C’est en tout cas ce que beaucoup affirment dès que le sujet de la transition énergétique est abordé.

Pourtant, être un entrepreneur lucide et investi dans les « cleantech » [technologies propres] donne une vision autre de la réalité. Le sérieux et la complexité des enjeux ne doivent pas empêcher un optimisme lucide. Car, loin d’une foi aveugle dans la technologie et la science, c’est l’histoire qui nous ramène à la mesure et la raison.

En effet, si la crise énergétique et existentielle que nous traversons est d’une intensité inédite, elle n’en est pas moins une nouvelle réplique des secousses récurrentes que connaît notre monde en matière d’énergie. Moulins à vent et à eau ont ainsi permis, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, à l’industrie européenne de produire farine, papier et… armes. A cette date, presque toutes les chutes d’eau en France sont équipées.

En Angleterre, ce sont les besoins croissants en énergie qui provoquèrent, aux XVIIe et XVIIIsiècles, une grave pénurie de bois et l’émergence du charbon, d’abord pour remplacer le bois dans les cheminées, les hauts-fourneaux et les fours à verre et ensuite pour remplacer les barrages, grâce à la machine à vapeur. C’est aussi la crise pétrolière de 1973 – et la forte hausse des tarifs du pétrole – qui a conduit le nucléaire à remplacer le pétrole dans notre pays. Le nucléaire n’aurait pas connu un tel développement sans cette crise.

En réalité, les avancées énergétiques se sont toujours faites pour des raisons d’abord économiques. La transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux n’échappe pas à cette règle. Elle se fera si les conditions économiques d’un marché de la production d’énergie sans CO2 et l’efficacité énergétique sont réunies. Elle réussira si elle est technologique, libérale et régulée par des politiques visionnaires.

A l’échelle de l’homme, l’énergie disponible est illimitée. Entre le soleil, le vent, la géothermie, les combustibles fossiles ou le nucléaire, le problème n’est pas la raréfaction de l’énergie. Le problème est celui de son coût de production, de son stockage et de ses externalités. L’énergie n’est pas gratuite.

Elle coûte en capital et en main-d’œuvre. Pour produire de l’énergie, il convient donc de mobiliser du capital, de disposer de moyens humains ainsi que de conditions de marché permettant de vendre la production. La question est d’abord économique et non physique.

Action écologique internationale depuis 50 ans : surtout du bla-bla

Action écologique internationale depuis 50 ans : surtout du bla-bla

 

L’historien Christophe Bonneuil rappelle, dans une tribune au « Monde », que la réduction du poids des combustibles fossiles et de leurs effets néfastes sur le climat a été inscrite à l’agenda politique international dès 1972.

 

Il y a cinquante ans, le 16 juin 1972, se clôturait à Stockholm la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, premier sommet onusien de la Terre, avant celui de Rio, en 1992. Alors que les questions environnementales n’étaient guère mentionnées dans la Charte des Nations unies de 1945, l’« environnement » et la possibilité que les modèles de développement humain altèrent l’habitabilité de la planète se voyaient érigés en enjeu global.

Que se passe-t-il à l’approche de la conférence de Stockholm pour que « l’environnement global » soit dans toutes les bouches et que l’écologie mette des millions de personnes dans les rues (20 millions en avril 1970 lors du premier « Jour de la Terre ») ? Avec un PIB mondial multiplié par 2,5 et des échanges mondiaux quadruplant entre 1950 et 1970, la transformation massive des armements et des modes de production, d’échange et de consommation malmène déjà l’habitat terrestre. La guerre froide a déjà généré des dizaines de milliers de mètres cubes de déchets nucléaires. Le basculement vers un système énergétique à dominante pétrolière a multiplié la consommation d’énergie par 16 au XXe siècle et favorisé l’urbanisation, le règne de l’automobile, une agriculture motorisée et chimiquement perfusée. Les polluants menacent les équilibres des forêts, des océans, des zones humides et altèrent le cadre de vie et la santé des urbains. Surtout, dans un contexte de détente Est-Ouest, d’anti-impérialisme (guerre du Vietnam, luttes postcoloniales, mouvement des droits civiques) et de radicalisation de la jeunesse, les aspirations des sociétés et les horizons des diplomates ont changé.

Quatre synthèses majeures participent à la visibilité croissante des enjeux écologiques : le livre Printemps silencieux (1962), de la biologiste américaine Rachel Carson (1907-1964) ; le rapport « Restaurer la qualité de notre environnement » remis en 1965 à la Maison Blanche ; le rapport Meadows sur les « limites à la croissance » de 1972 ; le livre Only One Earth (« une seule Terre »), commandé par l’ONU à Barbara Ward et René Dubos, pour poser les bases du sommet de Stockholm.

Deux des 109 recommandations finales du sommet de Stockholm prônent une vigilance sur les « activités pour lesquelles il existe un risque appréciable d’effets sur le climat ». Si le réchauffement climatique n’est encore qu’un des nombreux problèmes, avec les pollutions, les marées noires, l’urbanisation incontrôlée, les déchets, les limites des ressources, les dégâts des pesticides, qui s’agrègent pour former le concept d’« environnement global », il n’en est pas moins présent. Le rôle des produits de combustion dans l’effet de serre est connu depuis le début du XXe siècle, mais il faut attendre le milieu des années 1950 pour que la teneur croissante de l’atmosphère en CO2 soit surveillée. Les services géologiques des Etats-Unis annoncent, à la fin des années 1950, une montée des océans déjà en cours. En 1967, les premiers modèles 3D du climat prévoient un net réchauffement planétaire : + 0,5 °C entre 1970 et l’an 2000, puis entre + 2 et + 4 °C au cours du XXIe siècle.

Transition énergétique : la question est surtout économique

Transition énergétique : la question est surtout économique

 

La transition peut réussir à condition de réunir quatre préalables : taxer le pétrole, assurer l’efficacité énergétique, sortir du mythe du bien commun et repenser la filière nucléaire, estime, dans une tribune au « Monde », l’énergéticien Gilles David.

 

La situation est grave, et les perspectives sombres. Le temps est compté avant le point de non-retour et le chaos. C’est en tout cas ce que beaucoup affirment dès que le sujet de la transition énergétique est abordé.

Pourtant, être un entrepreneur lucide et investi dans les « cleantech » [technologies propres] donne une vision autre de la réalité. Le sérieux et la complexité des enjeux ne doivent pas empêcher un optimisme lucide. Car, loin d’une foi aveugle dans la technologie et la science, c’est l’histoire qui nous ramène à la mesure et la raison.

En effet, si la crise énergétique et existentielle que nous traversons est d’une intensité inédite, elle n’en est pas moins une nouvelle réplique des secousses récurrentes que connaît notre monde en matière d’énergie. Moulins à vent et à eau ont ainsi permis, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, à l’industrie européenne de produire farine, papier et… armes. A cette date, presque toutes les chutes d’eau en France sont équipées.

En Angleterre, ce sont les besoins croissants en énergie qui provoquèrent, aux XVIIe et XVIIIsiècles, une grave pénurie de bois et l’émergence du charbon, d’abord pour remplacer le bois dans les cheminées, les hauts-fourneaux et les fours à verre et ensuite pour remplacer les barrages, grâce à la machine à vapeur. C’est aussi la crise pétrolière de 1973 – et la forte hausse des tarifs du pétrole – qui a conduit le nucléaire à remplacer le pétrole dans notre pays. Le nucléaire n’aurait pas connu un tel développement sans cette crise.

En réalité, les avancées énergétiques se sont toujours faites pour des raisons d’abord économiques. La transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux n’échappe pas à cette règle. Elle se fera si les conditions économiques d’un marché de la production d’énergie sans CO2 et l’efficacité énergétique sont réunies. Elle réussira si elle est technologique, libérale et régulée par des politiques visionnaires.

A l’échelle de l’homme, l’énergie disponible est illimitée. Entre le soleil, le vent, la géothermie, les combustibles fossiles ou le nucléaire, le problème n’est pas la raréfaction de l’énergie. Le problème est celui de son coût de production, de son stockage et de ses externalités. L’énergie n’est pas gratuite.

Elle coûte en capital et en main-d’œuvre. Pour produire de l’énergie, il convient donc de mobiliser du capital, de disposer de moyens humains ainsi que de conditions de marché permettant de vendre la production. La question est d’abord économique et non physique.

Guerre en Ukraine : Protéger surtout les plus faibles en Europe

Guerre en Ukraine : Protéger surtout les plus faibles en Europe

Afin de renforcer le budget européen sur fond de conflit en Ukraine, les eurodéputés socialistes Sylvie Guillaume et Pedro Marques, dans une tribune au « Monde », proposent d’instaurer une taxe sur les transactions financières et une autre sur les bénéfices exceptionnels des grandes multinationales.

 

La guerre russe contre l’Ukraine entraînera inévitablement un choc économique sévère d’une ampleur incertaine dans l’Union européenne (UE). La hausse rapide des prix des denrées alimentaires et de l’énergie touche les Européens les plus vulnérables, aggravant la pauvreté énergétique et dégradant les conditions de vie.

Les prévisions économiques présentées par la Commission européenne illustrent clairement l’impact négatif de la guerre sur notre économie – la croissance ralentit considérablement et l’inflation atteint des niveaux jamais vus depuis l’introduction de la monnaie unique.

Ce sombre tableau exige une action immédiate. Nous, les socialistes et démocrates, qui luttons depuis longtemps pour une Europe plus juste, sommes déterminés à prendre la tête des efforts visant à protéger les citoyens européens, en particulier les personnes les plus vulnérables, contre les ondes de choc de la guerre.

Nous le devons aux Ukrainiens. Si nous ne restons pas forts et unis, nous ne serons pas en mesure de les aider. Nous le devons à nos citoyens, car nous leur avons promis de défendre nos valeurs. L’absence de réponse européenne aux récentes crises financière et migratoire nous a enseigné une leçon douloureuse : seuls les populistes et les forces destructrices profitent de l’inaction de l’UE.

Jusqu’à présent, la Commission a choisi de parler des sanctions et de la reconstruction de l’Ukraine. Ce sont des priorités très importantes, mais, pour conserver le soutien des Européens, mener à bien ces priorités et empêcher la montée du populisme, nous devons aussi protéger les citoyens des répercussions de la guerre ; c’est le sens de la résolution du Parlement européen adoptée au mois de mai, avec plusieurs objectifs et idées concrets. Nous demandons à la Commission européenne et aux Etats membres de l’UE de les prendre en compte immédiatement et d’en faire une priorité claire.

La première chose à faire est de conserver un maximum de flexibilité dans les règles budgétaires européennes aussi longtemps que nécessaire pour permettre une réponse efficace à l’évolution de la situation économique. Cela est possible grâce à la « clause de sauvegarde générale », qui permet de déroger transitoirement aux règles budgétaires européennes en cas de récession économique majeure.

L’UE a introduit cette clause avec la réforme budgétaire de 2011 en réponse à la crise financière, mais elle ne l’a activée qu’en mars 2020 afin de permettre aux gouvernements de réagir à la pandémie de Covid-19.

Société-La France face aux crises : surtout une urgence de réflexion

Société-La France face aux crises : surtout une urgence de réflexion

 

 

Face aux différentes crises et à leur ampleur, la France semble se complaire dans une sorte d’état second qui lui permet de s’affranchir des réalités. D’une certaine manière, l’environnement électoral a en grande partie annihilé les capacités d’analyse et des compréhensions des principaux enjeux actuels.

De ce point de vue , sitôt les élections législatives passées, le retour aux réalités risque d’être brutal. Le danger est- comme souvent- que le pouvoir acculé risque agir dans la précipitation autant que dans l’incohérence ajoutant des contradictions à celles qu’il convient déjà  de résoudre.

 

Pour prétendre surmonter  les différentes crises qui nous affectent en particulier la hausse de l’inflation, la baisse de la croissance, la crise du système sanitaire, la décomposition de l’État et la crise démocratique, il ne suffira pas de solliciter les vieilles recettes d’antan où l’opium des idéologies obsolètes;  L’urgence est surtout d’abord à la réflexion, à l’échange , à la compréhension enfin à la délibération pour trouver des compromis. Et non pas au schématisme et à  l’affrontement stérile.

 

Malheureusement la plupart des grands médias, confrontés à la détérioration de leur modèle économique font peu de place aux réflexions de fond pour sacrifier au spectaculaire, à l’immédiat et à l’accessoire.

 

L’urgence serait pourtant de solliciter les forces intellectuelles et d’expertise pour contribuer à sortir le pays de sa léthargie et de son simplisme quand ce n’est pas de son populisme.

Ces forces existent encore faudrait-il ne pas les étouffer et leur donner l’occasion d’exister notamment médiatiquement y compris et peut-être surtout quand elles expriment  des points de vue, des sensibilités des approches différentes. C’est précisément cette différence qui caractérise une démocratie et son caractère progressiste à condition évidemment d’accepter le débat et de rechercher la délibération et le compromis.

La France face aux crises : surtout une urgence de réflexion

La France face aux crises : surtout une urgence de réflexion

 

 

Face aux différentes crises et à leur ampleur, la France semble se complaire dans une sorte d’état second qui lui permet de s’affranchir des réalités. D’une certaine manière, l’environnement électoral a en grande partie annihilé les capacités d’analyse et des compréhensions des principaux enjeux actuels.

De ce point de vue , sitôt les élections législatives passées, le retour aux réalités risque d’être brutal. Le danger est- comme souvent- que le pouvoir acculé risque agir dans la précipitation autant que dans l’incohérence ajoutant des contradictions à celles qu’il convient déjà  de résoudre.

 

Pour prétendre surmonter  les différentes crises qui nous affectent en particulier la hausse de l’inflation, la baisse de la croissance, la crise du système sanitaire, la décomposition de l’État et la crise démocratique, il ne suffira pas de solliciter les vieilles recettes d’antan où l’opium des idéologies obsolètes;  L’urgence est surtout d’abord à la réflexion, à l’échange , à la compréhension enfin à la délibération pour trouver des compromis. Et non pas au schématisme et à  l’affrontement stérile.

 

Malheureusement la plupart des grands médias, confrontés à la détérioration de leur modèle économique font peu de place aux réflexions de fond pour sacrifier au spectaculaire, à l’immédiat et à l’accessoire.

 

L’urgence serait pourtant de solliciter les forces intellectuelles et d’expertise pour contribuer à sortir le pays de sa léthargie et de son simplisme quand ce n’est pas de son populisme.

Ces forces existent encore faudrait-il ne pas les étouffer et leur donner l’occasion d’exister notamment médiatiquement y compris et peut-être surtout quand elles expriment  des points de vue, des sensibilités des approches différentes. C’est précisément cette différence qui caractérise une démocratie et son caractère progressiste à condition évidemment d’accepter le débat et de rechercher la délibération et le compromis.

Crises et France : surtout une urgence de réflexion

 

 

 

Face aux différentes crises et à leur ampleur, la France semble se complaire dans une sorte d’état second qui lui permet de s’affranchir des réalités. D’une certaine manière, l’environnement électoral a en grande partie annihilé les capacités d’analyse et des compréhensions des principaux enjeux actuels.

De ce point de vue , sitôt les élections législatives passées, le retour aux réalités risque d’être brutal. Le danger est- comme souvent- que le pouvoir acculé risque agir dans la précipitation autant que dans l’incohérence ajoutant des contradictions à celles qu’il convient déjà  de résoudre.

 

Pour prétendre surmonter  les différentes crises qui nous affectent en particulier la hausse de l’inflation, la baisse de la croissance, la crise du système sanitaire, la décomposition de l’État et la crise démocratique, il ne suffira pas de solliciter les vieilles recettes d’antan où l’opium des idéologies obsolètes;  L’urgence est surtout d’abord à la réflexion, à l’échange , à la compréhension enfin à la délibération pour trouver des compromis. Et non pas au schématisme et à  l’affrontement stérile.

 

Malheureusement la plupart des grands médias, confrontés à la détérioration de leur modèle économique font peu de place aux réflexions de fond pour sacrifier au spectaculaire, à l’immédiat et à l’accessoire.

 

L’urgence serait pourtant de solliciter les forces intellectuelles et d’expertise pour contribuer à sortir le pays de sa léthargie et de son simplisme quand ce n’est pas de son populisme.

Ces forces existent encore faudrait-il ne pas les étouffer et leur donner l’occasion d’exister notamment médiatiquement y compris et peut-être surtout quand elles expriment  des points de vue, des sensibilités des approches différentes. C’est précisément cette différence qui caractérise une démocratie et son caractère progressiste à condition évidemment d’accepter le débat et de rechercher la délibération et le compromis.

Équipe gouvernementale: surtout des technos fonctionnaires

Équipe gouvernementale: surtout des technos fonctionnaires 

 

Le président Macron  est évidemment un produit de l’ENA. Le vice président officieux ,c’est-à-dire le secrétaire général de l’Élysée Alexis kohler de l  ‘Elysée, ami de Macron, sort aussi de l’ENA. La nouvelle première ministre est un produit des psychorigides ingénieurs des ponts ( longtemps opposés à toute prise en compte environnementale)  et a fait toute sa carrière dans le public. Son propre directeur de cabinet a aussi été nourri au lait de l’État.

Aurélien Rousseau, énarque également, a été en effet nommé directeur de cabinet d’Elisabeth Borne, la nouvelle Première ministre. Une belle équipe de fonctionnaires pour moderniser une France engluée dans la paperasserie administrative et la fiscalité.

Comme transgression,  en fait mieux

Présidentielle : des élections surtout pour éliminer

Présidentielle : des élections surtout pour éliminer


42 % des électeurs de Macon ont surtout voté pour éliminer Le Pen . D’où un résultat assez ambigu et qui n’a pas été célébré dans une grande allégresse. Plutôt un sentiment d’insatisfaction. Pour preuve 56 % des électeurs souhaitent que Macron perde les élections législatives ! Une sorte de de rééquilibrage des pouvoirs car il est vraisemblable qu’il n’y aura pas d’état de grâce d’après le directeur général de l’IFOP. Pour le directeur général de l’Ifop, «avec une telle fracturation» des électeurs, «il n’y aura pas d’état de grâce» pour Emmanuel Macron

 

 

Emmanuel Macron a remporté dimanche soir l’élection présidentielle avec 58,5% des voix face à Marine Le Pen (41,5%), selon les dernières estimations de votre institut. Que dire de son score ?

Il y avait une sorte de barre symbolique des 55 %. En dépassant ce seuil, Emmanuel Macron aura marginalisé Marine Le Pen et pourra compter sur l’effet de souffle post présidentielle. Un rapport de force plus serré aurait alimenté le procès en illégitimité auquel ont eu droit tous les Présidents élus depuis 2012. Emmanuel Macron est le premier Président à être élu sous la Ve République hors période de cohabitation, au suffrage universel direct, c’est historique. Il a bénéficié de meilleurs reports que prévu, avec 42 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui ont voté pour lui et 13 % qui se sont tournés vers Le Pen.

Macron Présidentielle 2022 : 42% des électeurs surtout anti Lepen

Macron Présidentielle 2022 : 42% des électeurs  surtout anti Lepen

 

 

 

La victoire de Macron est incontestable tellement elle est large en même temps qu’elle demeure ambiguë. En effet les deux tiers des électeurs de Macron ont surtout du voté contre Le Pen. Les véritables adhésions à Macron ne représentent qu’un peu plus de 20 %.

Une nouvelle fois un président va se croire élu pour appliquer son programme alors que le résultat est surtout dû à ceux qui voulaient empêcher la victoire de Marine Le pen . Après la réélection du président-candidat, 46% des personnes interrogées disent ressentir des « sentiments négatifs », selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo.

Parmi les Français qui ont voté Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle et ont permis sa victoire dimanche 24 avril, 42% l’ont choisi « avant tout pour faire barrage à Marine Le Pen », selon un sondage* Ipsos-Sopra Steria pour Radio France, France Télévisions, France 24, les chaînes parlementaires et Le Parisien-Aujourd’hui en France. D’après cette même enquête, plus de la moitié de ces électeurs (58%) l’ont fait parce qu’ils considèrent « avant tout qu’il ferait un bon président de la République ».

 

À la suite de cette réélection d’Emmanuel Macron, 46% des sondés ressentent des « sentiments négatifs ». Ils sont 20% à éprouver de la « déception », 18% à exprimer de la « colère » et 8% décrivent de la « peur ». Autre réaction exprimée : 34% des personnes interrogées disent ressentir des « sentiments positifs », dont 20% de « soulagement », 10% d‘ »espoir » et 4% de « joie ». Elles sont 20% à se dirent « indifférentes » à ce résultat.

Invités à s’exprimer sur ce qu’ils attendent désormais du président réélu, 57% des Français souhaitent qu’il « rassemble »« même si cela signifie de remettre à plus tard certaines réformes ». Près de huit Français sur dix (77%) d’entre eux s’attendent d’ores et déjà à « des troubles et des tensions dans le pays au cours des prochains mois », selon cette enquête Ipsos-Sopra Steria.

Matières premières : Une guerre surtout spéculative

Matières premières : Une guerre surtout spéculative

 

L’expert Didier Julienne dénonce, dans une tribune au « Monde », l’incapacité des pouvoirs publics à concevoir une politique de souveraineté minière et métallurgique, au-delà des risques actuels, plus spéculatifs que réels.

 

Tribune.

 

 Pas un jour ne se passe sans que, en boomerang des sanctions contre la Russie, des déclarations anxiogènes pointent une future « guerre des métaux », une disette de « métaux rares » qui frapperaient nos industries. Les stocks mondiaux sont déjà bas en raison de la reprise postpandémie et alors que l’Ukraine, qui représente environ 9 % des importations européennes d’acier (en 2021) et exporte du fer et des ferroalliages, voit son infrastructure logistique et certaines de ses capacités métallurgiques et minières pulvérisées par les bombes. Cette chorale « pro-pénurie », véritable cinquième colonne minant notre volonté de combattre, espère que ce qu’une sanction a fait, une annulation de la sanction le défasse. Mais il faudrait au préalable que de grands changements interviennent à la tête de la Russie…

En réalité, en temps de guerre ou pas, les producteurs de matières premières ont toujours autant besoin de leurs clients que l’inverse. L’Occident sanctionne donc en fonction de ses intérêts : la production électrique des Etats-Unis dépend à hauteur de 20 % de l’uranium russe, le gaz russe est indispensable à l’Europe, le nickel et le palladium russe sont essentiels aux deux. Jusqu’à présent, aucune de ces matières premières n’est concernée par les sanctions. La logistique, les usines et les mines russes sont intactes, peu de livraisons physiques de métaux russes manquent à l’appel, à l’exception d’un peu d’alumine et d’acier et de celles liées aux effets indirects des sanctions sur les prix du fret maritime et des assurances de transport.

Dans une vraie guerre, il n’y a plus de « grands métaux » abondants ou de « petits métaux » critiques, puisque tous sont stratégiques. Et il existe plusieurs outils pour pallier d’éventuelles pénuries, si tant est qu’existe une volonté politique de les activer.

Premièrement, les prix peuvent être réglementés. Le chinois Tsingshan, premier producteur mondial de nickel, avait utilisé des produits dérivés pour vendre à terme la future augmentation de sa production sur le marché des métaux de Londres, le London Metal Exchange (LME). Des investisseurs avaient acheté ses positions, assurant ainsi la liquidité du marché. Mais entre le 24 février et le 8 mars, le cygne noir de l’invasion russe, la spéculation et la panique ont quadruplé les prix du nickel, sans guère de liens avec les fondamentaux du marché – offre, demande, coût de production. Les vendeurs faisaient face à des pertes abyssales, les fonds d’investissement à des profits colossaux. Le risque d’une crise financière systémique s’ajoutant à la guerre en Ukraine, le LME a tout simplement annulé les prix du 8 mars. Le contrôle d’un prix excessif par élimination de l’obstacle – ici l’investisseur – est courant en économie de guerre.

Stopper surtout l’achat de pétrole russe

Stopper surtout l’achat de pétrole russe

 

L’expert de l’énergie Cédric Philibert plaide, dans une tribune au « Monde », pour l’arrêt de l’achat de pétrole russe, plus souple à mettre en œuvre que l’embargo sur le gaz.

 

Tribune.

Les exportations de pétrole et de produits pétroliers ont représenté en 2019, c’est-à-dire bien avant l’envolée récente du prix des hydrocarbures, quasiment la moitié du total des exportations nettes de la Russie, en valeur. Le gaz naturel n’en représentait que 7 %, soit sept fois moins, à peine plus d’ailleurs que le charbon (5 %).

Les dirigeants européens semblent paralysés par notre dépendance au gaz russe comme des lapins aveuglés par les phares d’une voiture, incapables de faire un pas de côté. Bien sûr, il faut diminuer au plus vite notre dépendance au gaz russe, dans l’urgence, sans exclusive et par tous les moyens : sobriété, fournisseurs alternatifs, énergies alternatives.

Mais un embargo complet resterait compliqué pour nombre de pays européens, dépendants du gaz russe à 55 % (Allemagne) et plus pour l’Autriche, les pays Baltes, la Hongrie, la Finlande, la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque et d’autres, même si des économistes allemands ont calculé un coût maximal de 3 % du produit intérieur brut pour leur pays (« What If ? The Economic Effects for Germany of a Stop of Energy Imports From Russia », ECONtribute Policy Brief n° 028).

 

Or, s’il s’agit avant tout d’arrêter de financer la sale guerre de Poutine en Ukraine, ce sont d’abord les importations de pétrole russe qu’il faut frapper. Les dockers de Stanlow, en Angleterre, l’ont bien compris et ont refusé de décharger le pétrole russe d’un navire battant pavillon allemand [le 5 mars], non concerné par l’interdiction faite aux navires russes. Réduire les importations de pétrole russe de 15 % est aussi efficace que décréter un embargo total sur le gaz russe, et infiniment plus facile pour les Européens.

Pas tout à fait pourtant, et il faut viser plus, bien plus. En effet, la relation réciproque entre l’Europe et la Russie sur le gaz est déterminée par l’ouverture ou la fermeture de pipelines, une rigidité seulement atténuée par l’usage d’un petit nombre de terminaux méthaniers accueillant le gaz liquide importé d’ailleurs.

Le pétrole, lui, est nettement plus flexible. Mais cela est vrai pour les deux camps : de même que les Européens les plus dépendants de la Russie aujourd’hui peuvent trouver d’autres fournisseurs de pétrole, les Russes peuvent plus vite trouver d’autres acheteurs pour leur pétrole que pour leur gaz.

En théorie du moins. Car, dès aujourd’hui, le pétrole russe est en panne d’acheteurs, et doit diminuer son prix de 20 % à 25 % pour trouver preneur – notamment en Chine, qui augmente actuellement ses stocks malgré les prix élevés, comme si elle s’attendait à une aggravation durable de la situation.

Ukraine: Poutine craint surtout la contagion démocratique et économique

Ukraine: Poutine craint surtout la contagion démocratique et économique

 

Au-delà des revendications territoriales se cachent d’autres enjeux concernant les velléités guerrières de Poutine. Certes ici ou là , Poutine revendique quelques  territoires ne serait-ce que pour entretenir en permanence un climat conflictuel. Il paraît cependant évident qu’il ne pourra pas annexer un jour l’Ukraine territoire notoirement trop grand pour être contrôlé.

 

La véritable inquiétude et l’ obsession de Poutine , c’est que les pays voisins viennent contaminer la Russie à la fois par leur réussite démocratique mais aussi leur réussite économique  ( cas par exemple des pays baltes ou encore de la Pologne). Faut-il rappeler que la Russie parvient à demeurer une puissance militaire encore très importante  au plan mondial mais s’enfonce au contraire sur le terrain économique dans tous les domaines.

 

Ce que craint Poutine fondamentalement , c’est la mises en cause de son propre régime et de sa dictature.  

Puissante militairement, la Russie reste un pays sous-développé. Un seul exemple le salaire médian atteint autour de 500 € en Russie. Autre exemple la Russie dépend technologiquement des importations et accuse un retard scientifique dans beaucoup de domaines. Par exemple encore dans le domaine de la santé où le taux de vaccination dépasse à peine 30 %.

L’objectif de Poutine serait non pas de reconstituer l’impossible empire soviétique mais de mettre en place des états tampons comme la Biélorussie qui empêchent  de faire la comparaison avec les ex pays de l’Est actuellement en plein développement.

 

 

Russie : des sanctions surtout financières

Russie : des sanctions surtout financières

Les sanctions concernant la Russie pour l’instant essentiellement financières;  il s’agit de l’exclure des dispositifs de financement internationaux occidentaux.

Des sanctions aussi pour frapper au porte-monnaie des oligarques qui bien entendu ont mis à l’abri leurs fortunes à l’étranger et en particulier au Royaume-Uni.. Le secteur bancaire est également visé: «nous mettons en place des sanctions de blocage total contre deux grandes institutions financières russes, VEB (la banque publique de développement Vnesheconombank) et leur banque militaire», déclaré Biden.

 De  nouvelles attaques contre l’Ukraine pourraient entraîner des sanctions contre les grandes banques Sberbank et VTB. Des contrôles à l’exportation qui arrêteraient le flux de composants high-tech vers la Russie sont également un «élément-clé de nos potentielles sanctions», a-t-il dit, qualifiant les mesures de «vraiment puissantes, parce que nous parlons d’une technologie cruciale, dont la Russie a besoin pour diversifier son économie».

 Enfin, l’hôte de la Maison-Blanche a assuré avoir «travaillé avec l’Allemagne pour (s’)assurer que Nord Stream 2 n’avancera pas, comme je l’ai promis». L’Allemagne a en effet annoncé mardi la suspension du projet de gazoduc Nord Stream 2 reliant les deux pays, et qui n’avait pas encore été mis en service.

Russie-Poutine craint surtout la contagion démocratique et économique

Poutine craint surtout la contagion démocratique et économique

 

Au-delà des revendications territoriales se cachent d’autres enjeux concernant les velléités guerrières de Poutine. Certes ici ou là , Poutine revendique quelques  territoires ne serait-ce que pour entretenir en permanence un climat conflictuel. Il paraît cependant évident qu’il ne pourra pas annexer un jour l’Ukraine territoire notoirement trop grand pour être contrôlé.

La véritable inquiétude et l’ obsession de Poutine , c’est que les pays voisins viennent contaminer la Russie à la fois par leur réussite démocratique mais aussi leur réussite économique  ( cas par exemple des pays baltes ou encore de la Pologne). Faut-il rappeler que la Russie parvient à demeurer une puissance militaire encore très importante  au plan mondial mais s’enfonce au contraire sur le terrain économique dans tous les domaines.

Ce que craint Poutine fondamentalement , c’est la mises en cause de son propre régime et de sa dictature.  

Puissante militairement, la Russie reste un pays sous-développé. Un seul exemple le salaire médian atteint autour de 500 € en Russie. Autre exemple la Russie dépend technologiquement des importations et accuse un retard scientifique dans beaucoup de domaines. Par exemple encore dans le domaine de la santé où le taux de vaccination dépasse à peine 30 %.

L’objectif de Poutine serait non pas de reconstituer l’impossible empire soviétique mais de mettre en place des états tampons comme la Biélorussie qui empêchent  de faire la comparaison avec les ex pays de l’Est actuellement en plein développement.

 

 

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