Archive pour le Tag 'surtout'

Football -France -Tunisie: surtout le naufrage de Deschamps

Football -France -Tunisie: surtout le naufrage de Deschamps

À l’inverse de la plupart des entraîneurs, Deschamps semble dormir pendant les matchs. En effet, il quitte rarement le banc et se contente la plupart du temps d’observer quand les autres managers ne cessent de réajuster la stratégie de leur équipe et de remobiliser leurs joueurs. Une attitude qui nous a valu une véritable humiliation de la part d’une Tunisie très accrocheuse qui jouait sa qualification. L’équipe de France a été ridicule pendant une grande partie du match sauf quand Deschamps s’est enfin décidé à faire entrer des cadres.

On peut légitimement se demander quelle idée folle a traversé l’esprit du sélectionneur de présenter une équipe pratiquement entièrement nouvelle et sans vraie expérience internationale. Pire, il a mis les joueurs à des postes le plus souvent inconnus d’eux. L’impression générale était que la Tunisie jouait contre une équipe de juniors.

L’argument d’une qualification déjà réalisée avant le match ne tient pas. En effet, on ne gère pas un groupe de cette manière. Cette défaite pourrait en effet porter un coup à la dynamique de succès. Ce match n’a strictement rien apporté sur la valeur des remplaçants. Aucun n’a réussi à émerger de ce désastre.

La cohérence aurait que l’entraîneur garde une ossature de titulaires avec remplacement progressif par des nouveaux joueurs en fonction du score et de la prestation. Rien de tout cela. Quand Dechamps s’est enfin décidé à faire entrer des cadres, il était trop tard. Il faudrait que l’entraîneur cesse ce type d’improvisation surtout en plaçant des joueurs qui ne sont pas réellement à leur poste. Il faudrait aussi qu’il se réveille à temps quand visiblement l’équipe n’est pas dans le rythme. Ce n’est pas 10 minutes de la fin d’un match qu’un entraîneur doit réagir.Il faudrait aussi qu’ils ne passe pas passivement une grande partie des matchs sur le banc et qu’il réagisse. aussi

Si par malheur, la France devait être rapidement éliminée des phases suivantes, le maintien de Dechamps à la tête de l’équipe de France pourrait être mis en cause.

Twitter surtout très menacé par son patron, Elon Musk

Twitter surtout très menacé par son patron, Elon Musk

Nombre de très grandes entreprises dans la publicité finance le réseau Twitter s’interrogent sur leur politique de communication sur un réseau de plus en plus contestée. En cause, les propos provocateurs, excentriques et contradictoires du milliardaire Elon Musk. L’intéressé qui se veut libertiarien est un anarchiste capitaliste qui revendique une totale liberté d’expression avec tous ses excès. Ainsi envisage-t-il de rétablir le compte de Trump.

Ainsi parmi ses contradictions, Musk , champion de la vérité, est aussi le champion de la lutte contre les syndicats et le champion des licenciements. Ainsi vient-il de décider de mettre à la porte de Twitter nombre de salariés y compris dans la direction.

Une action collective a d’ores et déjà été lancée en parallèle devant le tribunal fédéral de San Francisco, annonce Bloomberg. La loi fédérale interdit notamment aux grandes entreprises de procéder à des licenciements massifs sans préavis d’au moins 60 jours. Sur Twitter, l’avocate Lisa Bloom a indiqué que l’entreprise, si elle ne respectait pas ce préavis, s’exposerait à une amende-jour de 500 dollars par salarié ainsi que l’obligation de verser des arriérés de salaires.

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk est visé par des plaintes pour licenciements abusifs. Son autre entreprise, Tesla, est aussi poursuivie pour avoir enfreint la loi fédérale après le licenciement de 500 salariés en juin dernier. Le délai de 60 jours de préavis n’avait pas été respecté. Un procès qu’Elon Musk avait jugé « insignifiant » auprès de Bloomberg

L’image de Twitter qui n’est pas déjà très flatteuse risque encore de se détériorer et c’est pourquoi de grandes sociétés internationales envisagent de ne plus apporter leur manne financière au réseau.

Elon Musk a promis de former un conseil de modération des contenus, et de prendre quelques semaines avant d’éventuellement réautoriser certaines personnes bannies – comme Donald Trump – à revenir sur
Les marques, qui représentent 90% des revenus de la plateforme, craignent en effet que la libéralisation des règlements de modération des contenus prônée par Elon Musk ne rende le réseau inhospitalier.

Le géant américain de l’agro-industrie General Mills a suspendu ses dépenses publicitaires sur Twitter, un signe supplémentaire de l’inquiétude des annonceurs face à la vision ambiguë d’Elon Musk, le nouveau propriétaire de la plateforme, en matière de modération des contenus. Le constructeur automobile General Motors avait indiqué avoir arrêté temporairement de payer pour des publicités sur Twitter. Jeudi, le Wall Street Journal a affirmé que Mondelez international (le fabricant des biscuits Oreo), Pfizer et Audi (Volkswagen) avaient pris des décisions similaires.
Les annonceurs, qui représentent 90% des revenus de la plateforme, craignent que la libéralisation des règlements de modération des contenus prônée par Elon Musk ne rende la plateforme Contre-productive. La plupart des marques préfèrent éviter toute association avec des contenus non consensuels.

Mais ni les annonceurs ni de nombreuses ONG ne semblent pour l’instant convaincus. Un collectif de près de 50 associations de défense de la démocratie et de lutte contre la désinformation a adressé une lettre ouverte aux 20 plus gros annonceurs sur Twitter, dont Coca-Cola, Google et Disney, les exhortant à menacer Elon Musk de cesser toute publicité sur la plateforme s’il mettait en place son projet «visant à saper la sécurité de la marque et les standards de la communauté, dont la liquidation de la modération de contenus».

Mercredi, Elon Musk a demandé dans un sondage à ses 113 millions d’abonnés si les annonceurs devraient «soutenir la liberté d’expression» ou «le politiquement correct». Déjà une consultation en elle-même très populiste.

Voitures électriques: surtout chinoises !

Voitures électriques: surtout chinoises !

Avec beaucoup de méconnaissance et de légèreté, les responsables européens et français sont en train de se jeter dans les bras de la Chine concernant la voiture électrique. Macron a d’ailleurs reconfirmé récemment l’arrêt de la commercialisation des voitures à moteur thermique en 2035.

Le problème c’est que l’Europe ne maîtrise pas la filière électrique automobile. La quasi-totalité des batteries viennent et viendront de la Chine. Bien d’autres composants entrent aussi dans la fabrication des automobiles européennes et proviennent aussi de Chine au total la Chine maîtrise la moitié au moins des chaînes de valeur. En outre ce pays est capable de commercialiser ses propres voitures électriques beaucoup plus compétitives et d’un coup inférieur de 30 à 40 % par rapport aux voitures européennes.

L’autre problème concerne la question de la disponibilité d’une électricité réellement décarbonées. Ce qui suppose une capacité de production et des équipements suffisants. Il y a aussi le caractère écologique de l’automobile qui n’est avérée selon l’Adem que pour les petits véhicules compte tenu notamment de la lourdeur des véhicules électriques- (un poids mort de 300 à 400 kg pour les batteries qu’il faudra par ailleurs recycler).

Enfin il y a la question centrale d’utilisation pour l’automobiliste et de la future fiscalité sur les véhicules électriques pour remplacer les anciennes taxes sur le carburant qui alimente le budget général.

Grève générale mardi : une participation surtout de fonctionnaires et assimilés

Grève générale mardi : une participation surtout de fonctionnaires et assimilés

Plusieurs syndicats salariés et étudiants appellent à une journée d’action nationale interprofessionnelle mais en vérité la participation sera surtout limitée aux salariés fonctionnaires assimilés ( EDF, SNCF, RATP, hôpitaux etc.) Avec cependant la présence minoritaire de salariés du secteur pétrolier et quelques autres. On enregistrera la présence des organisations de l’ultra gauche la CGT, FO, Solidaires et la FSU, accompagnés des organisations de jeunesse Fidl, Unef, MNL et la Vie lycéenne.

Les branches historiques seront donc au rendez-vous. À commencer par la SNCF et la RATP. «Nous demandons aux syndicats d’organiser des assemblées générales de site le 18 et nous ne nous interdisons aucun scénario pour la conduite de l’action», a indiqué jeudi à l’AFP le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun. Sud-Rail, troisième syndicat représentatif à la SNCF, a également appelé à la mobilisation, voire à la grève reconductible.

Il y aura aussi la participation des salariés de la la RATP où les salaires ont déjà été augmentés en moyenne de 5,2% sur l’année 2022, selon la direction de la Régie. L’appel concerne également les chauffeurs routiers où la CGT est très minoritaire.

Des préavis ont aussi été déposés pour les trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière) par L’UFSE-CGT, premier syndicat du secteur. En plus de vouloir montrer «leur soutien plein et entier à la grève des travailleuses et travailleurs des industries pétrolières», la fédération demande 10% d’augmentation du point d’indice tout de suite, son indexation sur l’inflation et le rejet de la réforme des retraites.

Fiscalité: Des passoires à caractère surtout politique

Fiscalité: Des passoires à caractère surtout politique

Seules six niches fiscales sur 471 vont être modifiées dans le prochain projet de loi de finances, malgré les problèmes que ces dérogations peuvent causer. Une question plus politique qu’économique. Par Éric Pichet, Kedge Business School

Notons que cet article ne traite pas de la niche fiscale officieuse qui consiste en une domiciliation fictive dans un paradis fiscal à Monaco, en Belgique ou ailleurs. NDLR

Avec un déficit public attendu à plus de 5 % du PIB l’an prochain et le refus affiché du gouvernement d’augmenter la pression fiscale, la rationalisation des quelque 471 niches fiscales recensées à ce jour devrait constituer, tout comme la lutte contre la fraude, une priorité. En effet, ces exonérations représentent un manque à gagner de l’ordre de 83 milliards par an (hors CICE en voie d’extinction) soit 25 % des recettes budgétaires de 340 milliards, ou encore près de 4 % du PIB.
Or le PLF 2023 ne prévoit qu’un minuscule toilettage de six petites niches, dont cinq sans aucune incidence budgétaire. Pourquoi tant de frilosité à s’attaquer à ce chantier à l’heure où des économistes expliquent qu’elles constituent, pour certaines, un facteur de creusement des inégalités ? Il est vrai qu’il s’agit d’une question politiquement toujours sensible, comme l’illustre l’image reprise régulièrement par les politiques : « devant chaque niche (fiscale), il y a un gros chien »…

Dans notre Théorie générale des dépenses socio-fiscales, nous qualifions de niche, ou de dépense socio-fiscale :
« Toute disposition, législative, réglementaire ou administrative, dont la mise en œuvre entraîne pour les administrations publiques une perte de recettes, qui peut être remplacée par une dépense budgétaire et qui accorde, directement ou indirectement, à une catégorie de contribuables, un allégement de ses prélèvements obligatoires par rapport à ce qui serait résulté de l’application de la norme issue des principes généraux du droit et appliqué au segment spécifique de référence considéré. »
Si les avantages fiscaux ciblés destinés à favoriser tel ou tel groupe social (comme le clergé ou la noblesse sous l’Ancien Régime) sont aussi anciens que l’impôt, les niches fiscales ont officiellement pour objet d’inciter les contribuables à des comportements vertueux (comme le dispositif Pinel pour favoriser le logement neuf ou la réduction d’impôt sur le revenu pour les dons aux œuvres).

Cependant, la prolifération de ces niches fiscales génère de nombreux effets pervers économiquement (en biaisant la concurrence), socialement (en minant le principe d’égalité devant l’impôt), politiquement (en contribuant à créer un état de clientélisme voire de corruption nuisible à l’État de droit) et même environnementalement.
Quelles niches éliminer ?

Pour réduire le manque à gagner pour l’État, le ministre de l’Économie Francis Mer avait décidé en 2003 de s’attaquer au maquis des niches. Depuis, le législateur a mis en place diverses stratégies pour contenir leur expansion comme l’éphémère « règle du gage » de 2009 qui n’autorisait leur création ou leur extension qu’en compensation de la suppression d’une niche de même coût.
Pour l’impôt sur le revenu, un autre moyen de réduire le coût des niches de l’impôt sur le revenu a été le plafonnement global initié sous la présidence de François Hollande au 1er janvier 2013, actuellement de 10 000 euros par foyer (mais qui fait lui-même l’objet de dérogations, par exemple pour les Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel ou les monuments historiques).

Comment réduire le coût des dépenses fiscales ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons proposé une méthode de gestion des niches fiscales fondée sur une série de six filtres successifs. Ces six critères évaluent d’abord leur légitimité (ainsi l’ancienneté d’une niche n’est jamais un critère pertinent de conservation et l’effet d’aubaine toujours un critère d’élimination), leur utilité, leur pertinence (le dispositif bénéficie-t-il aux contribuables ou est-il capté par des intermédiaires ?), leur efficacité (en prenant en compte tous les coûts, y compris ceux de sa gestion par le fisc), leur substituabilité (est-il possible de remplacer la mesure par une simple subvention moins coûteuse ?) et enfin l’acceptabilité sociale de sa disparition, une question éminemment politique.

Cette méthodologie valide par exemple le maintien de la niche fiscale la plus coûteuse, à savoir le crédit d’impôt recherche (CIR, 7,4 milliards en 2022) bien qu’elle soit la plus critiquée par la littérature qui estime généralement qu’il serait préférable d’augmenter à due concurrence le budget des organismes de recherche publique et des universités.
Or, s’il ne fait aucun doute que la recherche fondamentale apporte à très long terme des innovations révolutionnaires insoupçonnables à leurs prémices et de très forte valeur ajoutée, il est tout aussi incontestable que les entreprises sont les mieux placées pour orienter un type de recherche appliquée qui leur sera profitable à moyen et long terme.
In fine, ce dispositif unique au monde complète sans s’y opposer la recherche publique et offre un avantage compétitif très fort au pays : il s’avère donc parfaitement légitime.

La deuxième grande niche fiscale, pour un coût de 4,9 milliards d’euros par an en 2022, concerne le crédit d’impôt de 50 % des charges salariales (plafonnées à 12 000 euros par an) pour emploi d’un salarié à domicile. En réalité, il s’agit plutôt d’une simple modalité pratique de calcul de l’impôt, une mesure de simplification qui traite le foyer fiscal comme une micro-entreprise employant un ou plusieurs salariés, et dont les charges salariales doivent logiquement s’imputer sur le revenu global du foyer.

À supposer même qu’on ne la considère pas comme partie intégrante du système fiscal, cette niche fiscale apparaît dans tous les cas légitime au nom de la création d’emploi et de la lutte contre le travail au noir. En revanche, le maintien de la troisième niche par son coût est beaucoup plus discutable. Il s’agit de l’abattement pour frais professionnels (sic) de 10 % dont bénéficient les retraités. Cet abattement, plafonné à 3 912 euros en 2021, coûte 4,2 milliards d’euros par an. Cette niche, par nature régressive puisqu’elle ne profite qu’aux foyers imposables, n’a bien entendu aucune légitimité. À défaut de la supprimer – ce qui paraît politiquement suicidaire étant donné le poids des retraités dans l’électorat, une solution en période de retour de l’inflation pourrait être d’en bloquer le plafond ad vitam aeternam pour en réduire progressivement son coût pour l’État.

Enfin, dans un souci d’équité, il serait juste de transformer la réduction d’impôt des dons aux associations (qui pèse 1,6 milliard d’euros par an) en un véritable crédit d’impôt, qui permettrait ainsi à tous les donateurs, y compris les plus modestes, de bénéficier d’un avantage fiscal actuellement réservé, de manière inique, aux seuls contribuables imposables soit 44 % des foyers fiscaux.
D’une manière générale, il serait souhaitable dans un souci d’équité de poursuivre la tendance initiée depuis deux décennies de privilégier les réductions d’impôt sur le revenu des personnes physiques aux déductions du revenu imposable. Comme le soulignait le rapport de l’Assemblée nationale de 2008 sur les niches :
« Le propre des mesures d’assiette est de conduire à un avantage en impôt dépendant du taux marginal d’imposition (plus la tranche est élevée, plus il y a de dispositifs d’abattement) à un avantage en impôt croissant, toutes choses étant égales par ailleurs, avec le revenu du contribuable, à rebours du principe à valeur constitutionnelle posé par l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. »

Notre méthodologie d’identification puis de régulation des dépenses fiscales est fondée sur un solide cadre théorique global et sur une logique rigoureuse et claire. Pour l’appliquer, la principale difficulté restera in fine la capacité de la société et de l’électorat à accepter leur réduction ou leur suppression. C’est sans doute la raison pour laquelle, pour éviter les sujets sensibles, le gouvernement a opté pour le statu quo sur les niches fiscales dans le PLF 2023. Mais cette stratégie attentiste est déjà confrontée à de nombreux amendements demandant des suppressions de niches fiscales dans le débat parlementaire actuellement en cours.
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Par Éric Pichet, Professeur et directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier, Kedge Business School
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Des passoires fiscales à caractère surtout politique

Des passoires fiscales à caractère surtout politique

Seules six niches fiscales sur 471 vont être modifiées dans le prochain projet de loi de finances, malgré les problèmes que ces dérogations peuvent causer. Une question plus politique qu’économique. Par Éric Pichet, Kedge Business School

Notons que cet article ne traite pas de la niche fiscale officieuse qui consiste en une domiciliation fictive dans un paradis fiscal à Monaco, en Belgique ou ailleurs. NDLR

Avec un déficit public attendu à plus de 5 % du PIB l’an prochain et le refus affiché du gouvernement d’augmenter la pression fiscale, la rationalisation des quelque 471 niches fiscales recensées à ce jour devrait constituer, tout comme la lutte contre la fraude, une priorité. En effet, ces exonérations représentent un manque à gagner de l’ordre de 83 milliards par an (hors CICE en voie d’extinction) soit 25 % des recettes budgétaires de 340 milliards, ou encore près de 4 % du PIB.
Or le PLF 2023 ne prévoit qu’un minuscule toilettage de six petites niches, dont cinq sans aucune incidence budgétaire. Pourquoi tant de frilosité à s’attaquer à ce chantier à l’heure où des économistes expliquent qu’elles constituent, pour certaines, un facteur de creusement des inégalités ? Il est vrai qu’il s’agit d’une question politiquement toujours sensible, comme l’illustre l’image reprise régulièrement par les politiques : « devant chaque niche (fiscale), il y a un gros chien »…

Dans notre Théorie générale des dépenses socio-fiscales, nous qualifions de niche, ou de dépense socio-fiscale :
« Toute disposition, législative, réglementaire ou administrative, dont la mise en œuvre entraîne pour les administrations publiques une perte de recettes, qui peut être remplacée par une dépense budgétaire et qui accorde, directement ou indirectement, à une catégorie de contribuables, un allégement de ses prélèvements obligatoires par rapport à ce qui serait résulté de l’application de la norme issue des principes généraux du droit et appliqué au segment spécifique de référence considéré. »
Si les avantages fiscaux ciblés destinés à favoriser tel ou tel groupe social (comme le clergé ou la noblesse sous l’Ancien Régime) sont aussi anciens que l’impôt, les niches fiscales ont officiellement pour objet d’inciter les contribuables à des comportements vertueux (comme le dispositif Pinel pour favoriser le logement neuf ou la réduction d’impôt sur le revenu pour les dons aux œuvres).

Cependant, la prolifération de ces niches fiscales génère de nombreux effets pervers économiquement (en biaisant la concurrence), socialement (en minant le principe d’égalité devant l’impôt), politiquement (en contribuant à créer un état de clientélisme voire de corruption nuisible à l’État de droit) et même environnementalement.
Quelles niches éliminer ?

Pour réduire le manque à gagner pour l’État, le ministre de l’Économie Francis Mer avait décidé en 2003 de s’attaquer au maquis des niches. Depuis, le législateur a mis en place diverses stratégies pour contenir leur expansion comme l’éphémère « règle du gage » de 2009 qui n’autorisait leur création ou leur extension qu’en compensation de la suppression d’une niche de même coût.
Pour l’impôt sur le revenu, un autre moyen de réduire le coût des niches de l’impôt sur le revenu a été le plafonnement global initié sous la présidence de François Hollande au 1er janvier 2013, actuellement de 10 000 euros par foyer (mais qui fait lui-même l’objet de dérogations, par exemple pour les Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel ou les monuments historiques).

Comment réduire le coût des dépenses fiscales ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons proposé une méthode de gestion des niches fiscales fondée sur une série de six filtres successifs. Ces six critères évaluent d’abord leur légitimité (ainsi l’ancienneté d’une niche n’est jamais un critère pertinent de conservation et l’effet d’aubaine toujours un critère d’élimination), leur utilité, leur pertinence (le dispositif bénéficie-t-il aux contribuables ou est-il capté par des intermédiaires ?), leur efficacité (en prenant en compte tous les coûts, y compris ceux de sa gestion par le fisc), leur substituabilité (est-il possible de remplacer la mesure par une simple subvention moins coûteuse ?) et enfin l’acceptabilité sociale de sa disparition, une question éminemment politique.

Cette méthodologie valide par exemple le maintien de la niche fiscale la plus coûteuse, à savoir le crédit d’impôt recherche (CIR, 7,4 milliards en 2022) bien qu’elle soit la plus critiquée par la littérature qui estime généralement qu’il serait préférable d’augmenter à due concurrence le budget des organismes de recherche publique et des universités.
Or, s’il ne fait aucun doute que la recherche fondamentale apporte à très long terme des innovations révolutionnaires insoupçonnables à leurs prémices et de très forte valeur ajoutée, il est tout aussi incontestable que les entreprises sont les mieux placées pour orienter un type de recherche appliquée qui leur sera profitable à moyen et long terme.
In fine, ce dispositif unique au monde complète sans s’y opposer la recherche publique et offre un avantage compétitif très fort au pays : il s’avère donc parfaitement légitime.

La deuxième grande niche fiscale, pour un coût de 4,9 milliards d’euros par an en 2022, concerne le crédit d’impôt de 50 % des charges salariales (plafonnées à 12 000 euros par an) pour emploi d’un salarié à domicile. En réalité, il s’agit plutôt d’une simple modalité pratique de calcul de l’impôt, une mesure de simplification qui traite le foyer fiscal comme une micro-entreprise employant un ou plusieurs salariés, et dont les charges salariales doivent logiquement s’imputer sur le revenu global du foyer.

À supposer même qu’on ne la considère pas comme partie intégrante du système fiscal, cette niche fiscale apparaît dans tous les cas légitime au nom de la création d’emploi et de la lutte contre le travail au noir. En revanche, le maintien de la troisième niche par son coût est beaucoup plus discutable. Il s’agit de l’abattement pour frais professionnels (sic) de 10 % dont bénéficient les retraités. Cet abattement, plafonné à 3 912 euros en 2021, coûte 4,2 milliards d’euros par an. Cette niche, par nature régressive puisqu’elle ne profite qu’aux foyers imposables, n’a bien entendu aucune légitimité. À défaut de la supprimer – ce qui paraît politiquement suicidaire étant donné le poids des retraités dans l’électorat, une solution en période de retour de l’inflation pourrait être d’en bloquer le plafond ad vitam aeternam pour en réduire progressivement son coût pour l’État.

Enfin, dans un souci d’équité, il serait juste de transformer la réduction d’impôt des dons aux associations (qui pèse 1,6 milliard d’euros par an) en un véritable crédit d’impôt, qui permettrait ainsi à tous les donateurs, y compris les plus modestes, de bénéficier d’un avantage fiscal actuellement réservé, de manière inique, aux seuls contribuables imposables soit 44 % des foyers fiscaux.
D’une manière générale, il serait souhaitable dans un souci d’équité de poursuivre la tendance initiée depuis deux décennies de privilégier les réductions d’impôt sur le revenu des personnes physiques aux déductions du revenu imposable. Comme le soulignait le rapport de l’Assemblée nationale de 2008 sur les niches :
« Le propre des mesures d’assiette est de conduire à un avantage en impôt dépendant du taux marginal d’imposition (plus la tranche est élevée, plus il y a de dispositifs d’abattement) à un avantage en impôt croissant, toutes choses étant égales par ailleurs, avec le revenu du contribuable, à rebours du principe à valeur constitutionnelle posé par l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. »

Notre méthodologie d’identification puis de régulation des dépenses fiscales est fondée sur un solide cadre théorique global et sur une logique rigoureuse et claire. Pour l’appliquer, la principale difficulté restera in fine la capacité de la société et de l’électorat à accepter leur réduction ou leur suppression. C’est sans doute la raison pour laquelle, pour éviter les sujets sensibles, le gouvernement a opté pour le statu quo sur les niches fiscales dans le PLF 2023. Mais cette stratégie attentiste est déjà confrontée à de nombreux amendements demandant des suppressions de niches fiscales dans le débat parlementaire actuellement en cours.
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Par Éric Pichet, Professeur et directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier, Kedge Business School
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Chauffage: La sobriété surtout pour les pauvres

Chauffage: La sobriété surtout pour les pauvres

 Selon un projet de recherche, ceux qui déclarent préférer le confort thermique plutôt que de réaliser des économies d’énergie gagnent 7 965 euros de plus par an que la moyenne des ménages. Par Dorothée Charlier, Université Savoie Mont Blanc

 

Canicule, feux de forêt, guerre en Ukraine… Après un été 2022 marqué par une actualité énergétique intense, il est temps de s’interroger sur la conduite à tenir pour faire face au changement climatique. À ce sujet, le Laboratoire sur les inégalités mondiales souligne que :

« 10 % des plus fortunés sont responsables de 48 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre mondiales, tandis que les 50 % les plus pauvres ne sont responsables que de 12 % au total. »

Face à ce constat et à l’hiver qui se rapproche, on peut donc s’interroger sur les comportements de consommation des ménages les plus aisés, alors qu’une polémique a déjà éclaté ces dernières semaines au sujet de l’utilisation des jets privés.

Si on se base sur une abondante littérature en économie, on a tendance à trouver une relation positive entre le niveau de revenu et la consommation d’énergie. Cette relation positive peut être associée à plusieurs phénomènes, qui va d’une augmentation de la température de confort en hiver à l’achat de nouveaux équipements consommateurs d’électricité.

Par exemple, des études ont montré qu’une préférence déclarée pour le confort thermique pouvait se traduire par une hausse de la consommation d’énergie entre 8 % et 10 % selon les différentes estimations. Le niveau de revenu pourrait ainsi être perçu comme un indicateur pour évaluer un niveau spécifique de confort et de taux d’équipement.

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De plus, les ménages les plus aisés, qui vivent souvent dans des maisons individuelles récentes et qui peuvent ajuster leur température de chauffage, ont tendance à consommer plus que ce que leur diagnostic de performance énergétique indique, comme nous l’avons relevé dans un article de recherche publié en 2021.

En approfondissant cette relation entre niveau de revenu et poids de la consommation énergétique (en se basant sur des données françaises récentes récoltées dans le cadre du projet de recherche PEPSI), nous obtenons que ceux qui déclarent préférer le confort thermique plutôt que de réaliser des économies d’énergie gagnent 7 965 euros de plus par an que la moyenne des ménages.

Si on regarde plus en détail, le lien entre la température moyenne de chauffage en hiver dans les pièces à vivre et le niveau de revenu ), on constate que les ménages qui se chauffent en dessous de 19 °C gagnent relativement moins que les ménages qui peuvent maintenir une température adéquate.

Il en va de même pour ceux qui se chauffent à plus de 25 °C, mais ces derniers sont parfois dans l’incapacité de pouvoir ajuster leur température (en général, les ménages qui ne sont pas en mesure de pouvoir régler leur température de chauffage vivent dans des logements plus anciens et gagnent 4016 euros de moins par an).

En outre, parmi les ménages qui se chauffent à moins de 19 °C en hiver, ils sont plus des trois quarts à déclarer se restreindre.

Par ailleurs, si on considère que les ménages vivant dans les logements dotés de la meilleure étiquette énergétique (et qui ont donc moins besoin d’énergie pour se chauffer), notés A, ont un revenu moyen supérieur de 13 000 euros par rapport à ceux qui vivent dans des logements notés G, on remarque également que les ménages les plus aisés dépensent nettement plus en facture d’électricité et de chauffage, ce qui semble réaffirmer une préférence avérée pour le confort thermique et l’utilisation d’appareils électroménagers

Après « le deuxième été le plus chaud observé en France depuis au moins 1900 avec un écart de +2,3 °C par rapport à la moyenne 1991-2020 » en 2022 selon Météo France, on peut donc s’interroger sur l’évolution des dépenses d’électricité des ménages français dans les années à venir.

En effet, d’une façon générale, le taux d’équipement des ménages en système de rafraichissement augmente depuis 2020. Ce sont particulièrement les ménages propriétaires (75 % des détenteurs de système de refroidissement en 2020), souvent chef d’entreprise, indépendant ou cadre et résidants en maison individuelle qui entretiennent cette hausse (60 %).

Cette tendance risque désormais de s’accentuer si l’on veut pouvoir assurer le confort thermique et le bien-être de chacun. Il va donc être plus que nécessaire de trouver des solutions pérennes pour assurer le confort thermique d’hiver et d’été en veillant à ne pas creuser les inégalités.

Si les innovations technologiques permettront probablement de limiter le poids des consommations sur le climat, une solution consiste également à poursuivre les efforts dans l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments tout en veillant à informer les ménages les plus aisés du poids de leur consommation sur le climat.

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Par Dorothée Charlier, Maîtresse de conférences en économie de l’énergie et de l’environnement, Université Savoie Mont Blanc.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Grande démission : surtout pour les métiers de terrain mal considérés

Grande démission : surtout pour les métiers de terrain

L’ouverture de la saison estivale 2022 a été marquée par une véritable pénurie de recrutement parmi les métiers terrains, hautement recherchés au moment des vacances d’été, pour faire face à l’afflux touristiques. Bon nombre d’établissements, qu’il s’agisse de la restauration, du retail ou encore des officines, ont été handicapés voire paralysés par le manque de personnel. Par Olivier Severyns, Fondateur et CEO de Snapshift ( dans la Tribune )

Depuis le mois de mai, pas un jour ne s’est écoulé sans qu’un nouveau gérant ou patron ne partage son désarroi et sa difficulté à recruter. Malgré les prises de parole répétitives et les diverses tentatives pour créer de l’attractivité, des milliers de postes saisonniers sont restés vacants un peu partout en France.

Alors que tout laissait à penser que la saison estivale cette année serait, pour la première fois depuis deux ans, synonyme d’activité économique forte, de tourisme de masse et de recettes similaires à celles des saisons antérieures à la crise du Covid-19, il semblerait que le spectre de la grande démission a fini par réellement frapper l’Hexagone.

Si le phénomène a été décortiqué et analysé Outre Atlantique pour tenter de comprendre la source du mal et les raisons qui attisent ce fléau, en France les travailleurs et salariés ont surtout été pointés du doigt. Jugés tour à tour d’idéalistes, d’hédonistes, de profiteurs ou de pantouflards, la plupart des voix qui se sont élevées ont souvent affirmé que les Français ne voulaient plus travailler.

Tandis que la saison touche à sa fin et que la problématique du recrutement de masse est momentanément derrière nous, il est grand temps de tirer quelques enseignements et de réfléchir à des solutions pérennes. La désillusion des salariés, appartenant majoritairement à des équipes terrains, est bel et bien réelle. Or celles et ceux qui ne croient plus à ce qu’on leur propose pourraient continuer de se désengager et devenir plus nombreux. Les difficultés à trouver de la main d’œuvre vont alors perdurer et s’intensifier.

En tant que patrons et managers, il est grand temps de prendre la mesure de cette vague d’absentéisme et de nous interroger sur les conditions de travail proposées. Aujourd’hui il n’y a pas de remise en question réelle de ce que nous offrons aux équipes terrain, or trop souvent les habitudes restent inflexibles et les méthodes inchangées.

Selon une étude publiée le 22 juin par la Dares, Direction statistique du ministère du Travail, 71% des entreprises ont actuellement des difficultés à recruter mais seulement 15% des employeurs estiment que cette pénurie est liée aux conditions de travail proposées. Le milieu de l’hôtellerie-restauration est finalement le secteur le plus conscient du phénomène, les employeurs sont 24% à reconnaître que leur problème de recrutement provient des conditions de travail.

Ces chiffres montrent à quel point le fossé entre employeur et équipe terrain se creuse et dans quelle mesure nous avons besoin d’une prise de conscience généralisée.

Si le manque de profils qualifiés et le niveau de salaire sont des freins véritablement existants, nous devons être une plus large majorité à affirmer que le problème vient aussi des conditions de travail, qui ne sont parfois plus acceptables et doivent être reconsidérées.

La désertification de certains secteurs est liée au manque de considération et à une sous valorisation permanente. Force est de constater que des méthodes de travail âgées de plus de 20 ans existent encore, tandis que les perspectives d’évolution et les innovations sont trop souvent absentes de l’équation.

En tant qu’ancien opérationnel de la restauration, auparavant gérant de 5 établissements, j’ai moi-même été confronté à la difficulté de conserver des équipes ainsi qu’aux limites d’un système et d’un fonctionnement papier-crayon. Nous parlons sans cesse de nouvelles technologies, de progrès, d’innovation, plus récemment de Métavers, alors que certaines professions n’ont toujours pas accès à un ordinateur et à des outils digitaux dignes de ce nom.

La revalorisation de certains métiers et l’attractivité de secteurs entiers passeront obligatoirement par une mise à jour des méthodes et des outils. Ces métiers terrain sont les grands oubliés de la transformation digitale. Alors qu’ils représentent 80% de la main-d’œuvre mondiale, seuls 1% des investissements en technologie les concernent !

Aujourd’hui ces travailleurs sont totalement déconnectés de tout écosystème digital dans leur quotidien professionnel, ce qui crée un sentiment d’exclusion. Revaloriser ces métiers passera aussi par l’inclusivité digitale et par la nouvelle expérience que l’employeur sera en capacité de proposer.

Il existe déjà des solutions tangibles qui donneront de nouveau aux salariés l’envie de faire partie d’une équipe, de recréer un sentiment d’appartenance et d’améliorer les conditions de travail.

Ce nouveau quotidien s’illustre par la modulation du temps de travail avec des plannings mieux gérés et plus de visibilité, qui permettent de trouver un équilibre positif entre vie professionnelle et vie privée. Pour regagner la confiance des équipes, une meilleure prise en compte des heures supplémentaires est également une évolution nécessaire et facile à imaginer dans le cadre d’un dispositif numérique efficace.

Enfin mettre en place des outils digitaux c’est aussi réduire les marges d’erreurs humaines pour une gestion de paie, RH et administrative plus fluide qui, in fine améliore considérablement les relations et la communication en interne.

Oui les métiers terrain ont aussi besoin du digital pour exercer correctement et c’est une erreur dans ce monde post-Covid de penser que ces secteurs doivent rester inchangés. Leurs conditions de travail, dépourvues de toute technologie et de toute amélioration en termes d’innovation, seront un fléau à long terme si nous n’investissons pas davantage en faveur de ceux qui représentent 80% de la main d’œuvre mondiale.

Olivier Severyns

Grande démission : Surtout une quête de sens

Grande démission : Surtout une quête de sens

 

Le brown-out désigne une forme d’épuisement professionnel résultant d’une perte de sens : pourquoi faire ce que je fais ? En quoi et à qui est-ce utile ?… Un syndrome plus insidieux que le burn-out, parce que plus difficile à déceler, et pour lequel la crise sanitaire a joué un rôle certain d’amplificateur. Par Jérôme Crest, CEO cofondateur de Holivia et Nathan Guichard-Marsal, psychologue.( La Tribune)

 

Certains signes ne trompent pas : la hausse spectaculaire de la demande pour les bilans de compétences, le nombre croissant de reconversions professionnelles, les démissions en cascade dans certains secteurs… Ces signes du temps témoignent de la volonté des travailleurs de trouver du sens à ce qu’ils font. Cette volonté n’est certes pas nouvelle, mais la crise sanitaire lui a donné de la largeur d’épaules. Le climat d’incertitude des deux dernières années, les confinements successifs, ainsi que l’expérience soudaine et massive du télétravail ont conduit chacun et chacune à une forme d’introspection professionnelle, à « faire le point ».

Parce que la quête de sens est partout, la perte de sens a fait son coming out. On met des mots sur des maux et l’on s’autorise à parler émotions, doutes, désarroi : comprendre le « brown-out », dans un monde du travail où le sens n’est plus secondaire, c’est-à-dire subordonné au salaire ou au statut, est essentiel pour les organisations qui ont à cœur de favoriser le bien-être de leurs collaborateurs. L’expression « brown-out » renvoie à une baisse de courant dans un circuit électrique : baisse de tension qui se manifeste par une démission mentale chez le salarié qui ne comprend plus son rôle dans l’entreprise, l’utilité de sa fonction, voire de son métier. Il continue à effectuer sa tâche, mais sans entrain, sans motivation, mécaniquement, et jusqu’à la rupture, si rien n’est fait.

 

Seulement voilà : le « brown-out » est insidieux et difficile à identifier, tant pour ceux et celles qui en souffrent que pour les organisations. C’est pourquoi il faut s’interroger à la fois sur les mécanismes qui y conduisent et sur les moyens d’accompagner les salariés en perte de sens. Là encore, il y a des signes qui doivent alerter (repli sur soi, humeur morose, cynisme, désinvolture, désengagement…) et des outils à mettre en place pour prendre au quotidien le pouls de ses équipes et favoriser une parole libérée de la crainte du jugement. La communication et la réflexion autour du bon interlocuteur (manager, personnel RH, membre d’un CSE, psychologue) sont capitales : on ne sort pas de la spirale du « brown-out » sans une main tendue et une oreille attentive.

De fait, la question du sens est en elle-même bien difficile à appréhender. Un salarié qui ne perçoit plus sa valeur, ou celle de son travail, soit parce qu’il n’en tire aucune reconnaissance, soit parce que la tâche elle-même lui paraît dénuée d’intérêt ou d’utilité pour l’entreprise, a besoin de temps et de recul. Soit il parvient à réduire la dissonance entre le sentiment de sa propre valeur et la valeur qu’il donne à son travail, et se réengage, soit la dissonance est trop grande et il vaut mieux partir.

Bien sûr, quitter son emploi est plus facile à dire qu’à faire : mais quand on le peut, ce grand saut dans le vide est salutaire en ce qu’il oblige à reconsidérer son parcours et sa place, ses besoins, ses envies. C’est le temps propice au changement, le temps d’un second souffle professionnel où s’épanouir est le premier critère, dans un autre métier, une autre entreprise, ou même en créant la sienne. Il s’agit d’aller vers soi et ce qu’on veut vraiment, d’interroger sa raison d’être. Comme disait Mark Twain :

« Les deux jours les plus importants de votre vie sont le jour où vous êtes né et le jour où vous comprendrez pourquoi. »

 

Enfin, la perte de sens résulte parfois de l’incapacité, pour le salarié, à comprendre le dessein général auquel il participe. Sa fonction ne fait pas sens parce qu’on ne s’est pas donné la peine de lui expliquer comment elle bâtit de la valeur et pourquoi elle est importante.

Beaucoup de collaborateurs sont trop dans l’opérationnel et pas assez dans la stratégie : on leur parachute une ambition sans préciser en quoi ils constituent un maillon essentiel de la chaîne qui permet de la toucher du doigt. Or dans ce monde post-covid (espérons-le !), où chacun a revu ses priorités et où il n’est plus question de « perdre sa vie à la gagner », les entreprises ne peuvent plus faire l’économie d’une vision et d’une raison d’être claires, irriguant chacune de leurs strates et ne laissant personne sur le bord de la route, sans direction. On n’a jamais le bon vent quand on ignore vers quel port tendre.

Jérôme Crest et Nathan Guichard-Marsal

La Russie surtout humiliée par le démantèlement de l’URSS

La Russie surtout humiliée par le démantèlement de l’URSS

 

A la suite des propos d’Emmanuel Macron, le professeur de science politique Thomas Lindemann revient, dans une tribune au « Monde », sur le concept d’humiliation et ce qu’il signifie dans les relations internationales.

 

Les appels du président Macron à ne pas humilier la Russie, prononcés devant le Parlement européen de Strasbourg et plus récemment le 3 juin, ont suscité de vives polémiques, l’accusant en particulier de se tromper de victime. Au-delà de la critique moralisatrice, certains estiment aussi qu’éviter l’humiliation est contre-productif et susceptible de conforter les fantasmes de grandeur russe.

Si l’usage du concept d’humiliation par le président français peut être qualifié de flou, ses critiques se méprennent souvent en pensant que tout le conflit se joue sur le champ de bataille économique par des sanctions. La première erreur consiste à croire que l’humiliation est nécessairement subjective et, dans le cas de la Russie, inséparable d’ambitions impérialistes.

S’il est vrai que l’humiliation peut être définie comme un écart important entre l’image revendiquée par un protagoniste et celle qu’il reçoit en retour, elle se définit le plus souvent de manière intersubjective en tant que violation de standards de comportements prêtés à un certain type de protagoniste.

Pour savoir si la Russie a été dépréciée dans son rang, il faut se référer aux normes en vigueur dans le système international. Certains rites ont pour fonction de protéger la « face » des acteurs sur la scène internationale. Ainsi, si l’égalité de souveraineté proclamée est une fiction westphalienne, elle permet néanmoins aux acteurs même peu puissants de faire bonne figure sur la scène domestique. Dans les faits, l’ex-URSS a été déchue de son rang de manière vertigineuse pour une grande puissance après la guerre froide.

La Russie contemporaine n’exerce en effet pas de responsabilités à la hauteur de son potentiel de puissance. Sa position est rarement déterminante au sein du Conseil de sécurité des Nations unies : ainsi, des opérations militaires majeures telles que l’intervention au Kosovo (1999) et les guerres contre l’Irak (2003) et la Libye (2011) ont été décidées en traitant la Russie comme quantité négligeable.

En outre, l’élargissement de l’OTAN aux pays de l’Est, également acté sans concertation majeure avec la Russie, constitue un précédent historique. Pour la première fois, un pays s’est trouvé confronté à un ensemble dont le potentiel militaire lui était quinze fois supérieur. Le président Poutine ne cesse cependant d’affirmer que la Russie demeure une grande puissance et qu’elle possède – à la différence des Occidentaux – des qualités d’abnégation et de sacrifice, discours qui semble toujours populaire dans l’opinion publique.

Crise environnementale : surtout un choix politique

 Crise environnementale : surtout un choix politique

 

La destruction de l’environnement relève avant tout de choix politiques, et n’a pas grand-chose à voir avec les afflux de dopamine dans le cortex des individus, dénonce dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

 

La crise environnementale ? Ce serait à cause de notre cerveau. Pas notre faute à nous, non. Celle de l’enchevêtrement de neurones que nous avons entre les oreilles. Le changement climatique, le saccage et la surexploitation des océans, l’industrialisation de l’agriculture et de l’élevage, l’effondrement de la biodiversité commune, la destruction des habitats naturels, la prolifération du plastique : tout cela serait déterminé par nos structures cérébrales profondes. A la faveur de quelques ouvrages publiés récemment, cette petite musique berce ces jours-ci la conversation publique.

Le coupable serait le striatum, niché sous le cortex, modelé par des centaines de milliers d’années d’évolution pour faire pétiller de plaisir notre cerveau à chaque comportement susceptible de garantir la survie et celle de l’espèce : manger, copuler, s’élever dans la hiérarchie sociale, glaner des informations nouvelles et surprenantes… Tout cela sans limite, jusqu’à l’excès. Jusqu’à la destruction de la biosphère et du climat. L’homme serait ainsi programmé pour se comporter en espèce invasive, pour n’être en somme, vis-à-vis de son environnement, guère autre chose qu’un parasite dans la charpente.

Il est indéniable que, ces dernières années, les travaux menés en psychologie cognitive et en neurosciences ont permis d’explorer – dans une certaine mesure – les ressorts cérébraux des choix individuels (encore que la portée et l’interprétation de certains de ces résultats soient fortement débattues). Mais faire de ces mécanismes une cause dominante du destin des sociétés revient simplement à nier à peu près toutes les connaissances accumulées par les sciences humaines et sociales.

La destruction de l’environnement ne découle pas d’une somme de décisions et d’arbitrages individuels sur le temps que l’on passera sous la douche, sur la quantité de viande que l’on mangera dans la semaine ou sur le nombre de déplacements en avion que l’on s’autorisera dans l’année. Elle relève avant tout de choix politiques qui contribuent à construire et faire fonctionner les structures économiques et sociales, et n’a pas grand-chose à voir avec les afflux de dopamine dans les cerveaux des individus.

Il est bien sûr probable que le système économique que nous avons bâti tire parti de notre fonctionnement cérébral pour générer toujours plus de croissance et détruire toujours plus vite l’environnement, mais qui est alors « responsable » : les individus (équipés de leur cerveau), ou plutôt les choix politiques qui induisent le fonctionnement de l’économie ?

Environnement : la transition écologique est surtout un enjeu économique

Environnement : la transition écologique est surtout un enjeu économique

La transition peut réussir à condition de réunir quatre préalables : taxer le pétrole, assurer l’efficacité énergétique, sortir du mythe du bien commun et repenser la filière nucléaire, estime, dans une tribune au « Monde », l’énergéticien Gilles David.

 

La situation est grave, et les perspectives sombres. Le temps est compté avant le point de non-retour et le chaos. C’est en tout cas ce que beaucoup affirment dès que le sujet de la transition énergétique est abordé.

Pourtant, être un entrepreneur lucide et investi dans les « cleantech » [technologies propres] donne une vision autre de la réalité. Le sérieux et la complexité des enjeux ne doivent pas empêcher un optimisme lucide. Car, loin d’une foi aveugle dans la technologie et la science, c’est l’histoire qui nous ramène à la mesure et la raison.

En effet, si la crise énergétique et existentielle que nous traversons est d’une intensité inédite, elle n’en est pas moins une nouvelle réplique des secousses récurrentes que connaît notre monde en matière d’énergie. Moulins à vent et à eau ont ainsi permis, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, à l’industrie européenne de produire farine, papier et… armes. A cette date, presque toutes les chutes d’eau en France sont équipées.

En Angleterre, ce sont les besoins croissants en énergie qui provoquèrent, aux XVIIe et XVIIIsiècles, une grave pénurie de bois et l’émergence du charbon, d’abord pour remplacer le bois dans les cheminées, les hauts-fourneaux et les fours à verre et ensuite pour remplacer les barrages, grâce à la machine à vapeur. C’est aussi la crise pétrolière de 1973 – et la forte hausse des tarifs du pétrole – qui a conduit le nucléaire à remplacer le pétrole dans notre pays. Le nucléaire n’aurait pas connu un tel développement sans cette crise.

En réalité, les avancées énergétiques se sont toujours faites pour des raisons d’abord économiques. La transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux n’échappe pas à cette règle. Elle se fera si les conditions économiques d’un marché de la production d’énergie sans CO2 et l’efficacité énergétique sont réunies. Elle réussira si elle est technologique, libérale et régulée par des politiques visionnaires.

A l’échelle de l’homme, l’énergie disponible est illimitée. Entre le soleil, le vent, la géothermie, les combustibles fossiles ou le nucléaire, le problème n’est pas la raréfaction de l’énergie. Le problème est celui de son coût de production, de son stockage et de ses externalités. L’énergie n’est pas gratuite.

Elle coûte en capital et en main-d’œuvre. Pour produire de l’énergie, il convient donc de mobiliser du capital, de disposer de moyens humains ainsi que de conditions de marché permettant de vendre la production. La question est d’abord économique et non physique.

Action écologique internationale depuis 50 ans : surtout du bla-bla

Action écologique internationale depuis 50 ans : surtout du bla-bla

 

L’historien Christophe Bonneuil rappelle, dans une tribune au « Monde », que la réduction du poids des combustibles fossiles et de leurs effets néfastes sur le climat a été inscrite à l’agenda politique international dès 1972.

 

Il y a cinquante ans, le 16 juin 1972, se clôturait à Stockholm la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, premier sommet onusien de la Terre, avant celui de Rio, en 1992. Alors que les questions environnementales n’étaient guère mentionnées dans la Charte des Nations unies de 1945, l’« environnement » et la possibilité que les modèles de développement humain altèrent l’habitabilité de la planète se voyaient érigés en enjeu global.

Que se passe-t-il à l’approche de la conférence de Stockholm pour que « l’environnement global » soit dans toutes les bouches et que l’écologie mette des millions de personnes dans les rues (20 millions en avril 1970 lors du premier « Jour de la Terre ») ? Avec un PIB mondial multiplié par 2,5 et des échanges mondiaux quadruplant entre 1950 et 1970, la transformation massive des armements et des modes de production, d’échange et de consommation malmène déjà l’habitat terrestre. La guerre froide a déjà généré des dizaines de milliers de mètres cubes de déchets nucléaires. Le basculement vers un système énergétique à dominante pétrolière a multiplié la consommation d’énergie par 16 au XXe siècle et favorisé l’urbanisation, le règne de l’automobile, une agriculture motorisée et chimiquement perfusée. Les polluants menacent les équilibres des forêts, des océans, des zones humides et altèrent le cadre de vie et la santé des urbains. Surtout, dans un contexte de détente Est-Ouest, d’anti-impérialisme (guerre du Vietnam, luttes postcoloniales, mouvement des droits civiques) et de radicalisation de la jeunesse, les aspirations des sociétés et les horizons des diplomates ont changé.

Quatre synthèses majeures participent à la visibilité croissante des enjeux écologiques : le livre Printemps silencieux (1962), de la biologiste américaine Rachel Carson (1907-1964) ; le rapport « Restaurer la qualité de notre environnement » remis en 1965 à la Maison Blanche ; le rapport Meadows sur les « limites à la croissance » de 1972 ; le livre Only One Earth (« une seule Terre »), commandé par l’ONU à Barbara Ward et René Dubos, pour poser les bases du sommet de Stockholm.

Deux des 109 recommandations finales du sommet de Stockholm prônent une vigilance sur les « activités pour lesquelles il existe un risque appréciable d’effets sur le climat ». Si le réchauffement climatique n’est encore qu’un des nombreux problèmes, avec les pollutions, les marées noires, l’urbanisation incontrôlée, les déchets, les limites des ressources, les dégâts des pesticides, qui s’agrègent pour former le concept d’« environnement global », il n’en est pas moins présent. Le rôle des produits de combustion dans l’effet de serre est connu depuis le début du XXe siècle, mais il faut attendre le milieu des années 1950 pour que la teneur croissante de l’atmosphère en CO2 soit surveillée. Les services géologiques des Etats-Unis annoncent, à la fin des années 1950, une montée des océans déjà en cours. En 1967, les premiers modèles 3D du climat prévoient un net réchauffement planétaire : + 0,5 °C entre 1970 et l’an 2000, puis entre + 2 et + 4 °C au cours du XXIe siècle.

Transition énergétique : la question est surtout économique

Transition énergétique : la question est surtout économique

 

La transition peut réussir à condition de réunir quatre préalables : taxer le pétrole, assurer l’efficacité énergétique, sortir du mythe du bien commun et repenser la filière nucléaire, estime, dans une tribune au « Monde », l’énergéticien Gilles David.

 

La situation est grave, et les perspectives sombres. Le temps est compté avant le point de non-retour et le chaos. C’est en tout cas ce que beaucoup affirment dès que le sujet de la transition énergétique est abordé.

Pourtant, être un entrepreneur lucide et investi dans les « cleantech » [technologies propres] donne une vision autre de la réalité. Le sérieux et la complexité des enjeux ne doivent pas empêcher un optimisme lucide. Car, loin d’une foi aveugle dans la technologie et la science, c’est l’histoire qui nous ramène à la mesure et la raison.

En effet, si la crise énergétique et existentielle que nous traversons est d’une intensité inédite, elle n’en est pas moins une nouvelle réplique des secousses récurrentes que connaît notre monde en matière d’énergie. Moulins à vent et à eau ont ainsi permis, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, à l’industrie européenne de produire farine, papier et… armes. A cette date, presque toutes les chutes d’eau en France sont équipées.

En Angleterre, ce sont les besoins croissants en énergie qui provoquèrent, aux XVIIe et XVIIIsiècles, une grave pénurie de bois et l’émergence du charbon, d’abord pour remplacer le bois dans les cheminées, les hauts-fourneaux et les fours à verre et ensuite pour remplacer les barrages, grâce à la machine à vapeur. C’est aussi la crise pétrolière de 1973 – et la forte hausse des tarifs du pétrole – qui a conduit le nucléaire à remplacer le pétrole dans notre pays. Le nucléaire n’aurait pas connu un tel développement sans cette crise.

En réalité, les avancées énergétiques se sont toujours faites pour des raisons d’abord économiques. La transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux n’échappe pas à cette règle. Elle se fera si les conditions économiques d’un marché de la production d’énergie sans CO2 et l’efficacité énergétique sont réunies. Elle réussira si elle est technologique, libérale et régulée par des politiques visionnaires.

A l’échelle de l’homme, l’énergie disponible est illimitée. Entre le soleil, le vent, la géothermie, les combustibles fossiles ou le nucléaire, le problème n’est pas la raréfaction de l’énergie. Le problème est celui de son coût de production, de son stockage et de ses externalités. L’énergie n’est pas gratuite.

Elle coûte en capital et en main-d’œuvre. Pour produire de l’énergie, il convient donc de mobiliser du capital, de disposer de moyens humains ainsi que de conditions de marché permettant de vendre la production. La question est d’abord économique et non physique.

Guerre en Ukraine : Protéger surtout les plus faibles en Europe

Guerre en Ukraine : Protéger surtout les plus faibles en Europe

Afin de renforcer le budget européen sur fond de conflit en Ukraine, les eurodéputés socialistes Sylvie Guillaume et Pedro Marques, dans une tribune au « Monde », proposent d’instaurer une taxe sur les transactions financières et une autre sur les bénéfices exceptionnels des grandes multinationales.

 

La guerre russe contre l’Ukraine entraînera inévitablement un choc économique sévère d’une ampleur incertaine dans l’Union européenne (UE). La hausse rapide des prix des denrées alimentaires et de l’énergie touche les Européens les plus vulnérables, aggravant la pauvreté énergétique et dégradant les conditions de vie.

Les prévisions économiques présentées par la Commission européenne illustrent clairement l’impact négatif de la guerre sur notre économie – la croissance ralentit considérablement et l’inflation atteint des niveaux jamais vus depuis l’introduction de la monnaie unique.

Ce sombre tableau exige une action immédiate. Nous, les socialistes et démocrates, qui luttons depuis longtemps pour une Europe plus juste, sommes déterminés à prendre la tête des efforts visant à protéger les citoyens européens, en particulier les personnes les plus vulnérables, contre les ondes de choc de la guerre.

Nous le devons aux Ukrainiens. Si nous ne restons pas forts et unis, nous ne serons pas en mesure de les aider. Nous le devons à nos citoyens, car nous leur avons promis de défendre nos valeurs. L’absence de réponse européenne aux récentes crises financière et migratoire nous a enseigné une leçon douloureuse : seuls les populistes et les forces destructrices profitent de l’inaction de l’UE.

Jusqu’à présent, la Commission a choisi de parler des sanctions et de la reconstruction de l’Ukraine. Ce sont des priorités très importantes, mais, pour conserver le soutien des Européens, mener à bien ces priorités et empêcher la montée du populisme, nous devons aussi protéger les citoyens des répercussions de la guerre ; c’est le sens de la résolution du Parlement européen adoptée au mois de mai, avec plusieurs objectifs et idées concrets. Nous demandons à la Commission européenne et aux Etats membres de l’UE de les prendre en compte immédiatement et d’en faire une priorité claire.

La première chose à faire est de conserver un maximum de flexibilité dans les règles budgétaires européennes aussi longtemps que nécessaire pour permettre une réponse efficace à l’évolution de la situation économique. Cela est possible grâce à la « clause de sauvegarde générale », qui permet de déroger transitoirement aux règles budgétaires européennes en cas de récession économique majeure.

L’UE a introduit cette clause avec la réforme budgétaire de 2011 en réponse à la crise financière, mais elle ne l’a activée qu’en mars 2020 afin de permettre aux gouvernements de réagir à la pandémie de Covid-19.

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