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Croissance : l’économie française en quasi stagnation

Croissance : l’économie française en quasi stagnation

Dès le troisième trimestre économie française devrait tomber en quasi stagnation. L’Insee a maintenu sa prévision de croissance à 2,6% en 2022. Mais l’inflation et les craintes sur l’approvisionnement en énergie pourraient engendrer un repli d’activité.Le produit intérieur brut (PIB) français devrait donc stagner cet automne

La prévision d’une stagnation du PIB au quatrième trimestre est donc un «scenario intermédiaire» qui inclut «la résilience» de certains indicateurs mais aussi les «craintes associées à d’éventuels arrêts de production» dans l’industrie. L’inflation, contenue en septembre (5,6% sur un an) notamment grâce à la remise à la pompe, devrait diminuer légèrement en octobre puis «repartirait à la hausse» en novembre avec la baisse de la ristourne sur les carburants, pour atteindre 6,4% sur un an en décembre (contre 6,6% prévu précédemment).
Sur l’année, la prévision d’inflation passe de 5,3% à 5,2%, une prévision bien meilleure que pour d’autres pays européens grâce aux «fixations des prix de l’énergie» et aux «politiques publiques mises en place pour limiter les hausses des prix», affirme l’INSEE. La hausse des prix pèse cependant sur le pouvoir d’achat des ménages qui devrait baisser plus que prévu en 2022 (-0,6% selon l’indicateur par unité de consommation, contre -0,5% escompté initialement). Si les mesures de soutien permettent de limiter les prix de l’énergie, c’est l’alimentation qui, depuis septembre, pèse le plus avec une inflation attendue en glissement annuel à près de 12% en fin d’année.

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune)
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

 

COVID France : relative stagnation

COVID France : relative stagnation

Le nombre de malades du Covid-19 dans les services de réanimation était stable ce dimanche, à moins de 5600 patients, après plusieurs jours de lente décrue, selon les chiffres de Santé publique France.

Les services de soins critiques (qui rassemblent réanimation, soins intensifs et surveillance continue) comptaient 5585 patients, dont 173 admis ces dernières 24 heures, contre 5581 samedi. Il y a sept jours, les services de réa comptaient 5958 patients Covid-19.

Depuis la mi-avril, le nombre de malades Covid-19 hospitalisés dans ces services oscillait juste sous la barre des 6000 patients, brièvement atteinte lundi 26 avril (6.001), avant de repartir à la baisse depuis. Un niveau en-deçà du pic de la première vague en avril 2020 (autour de 7000) mais supérieur à celui de la deuxième vague à l’automne (4900).

Le total des patients Covid à l’hôpital était en légère hausse, à 28.818 contre 28.603 la veille, avec 798 nouvelles hospitalisations dans les dernières 24 heures contre 1246 le jour précédent. Dimanche 25 avril, il y a donc sept jours, les hôpitaux accueillaient 30.287 malades.

Un total de 113 malades du Covid sont morts à l’hôpital ces dernières 24 heures contre 195 la veille, portant le nombre de décès à plus de 104.800 depuis le début de l’épidémie au printemps 2020.

Du côté de la vaccination, 15.865.844 personnes ont reçu au moins une injection, dont 6.537.534 ont été complètement vaccinées avec deux doses de vaccin (soit 9,8% de la population totale et 12,4% de la population majeure), indique la Direction générale de la santé (DGS)

Croissance Zone euro: on a frôlé la stagnation

Croissance Zone euro: on a frôlé la stagnation

Pendant que des discours sur la reprise économique s’étalent dans les médias qui ne veulent pas désespérer les acteurs, la réalité des chiffres vient  tempérer  cette optimisme un peu béat voire irresponsable. La vérité c’est que la croissance au quatrième trimestre 2019 dans la zone euro a frôlé la stagnation. La croissance économique dans la zone euro a en effet  ralenti au quatrième trimestre 2019 en raison d’une contraction en France et en Italie et d’une stagnation en Allemagne, montrent les chiffres du produit intérieur brut (PIB) publiés vendredi.

Le PIB des 19 pays ayant adopté la monnaie unique a progressé de 0,1% sur les trois derniers mois de l’année et de 0,9% en rythme annuel, a annoncé Eurostat.

La croissance par rapport au troisième trimestre est conforme au consensus Reuters mais les économistes interrogés par Reuters prévoyaient un chiffre de 1,0% sur un an, conformément à l’estimation rapide donnée fin janvier.

Au troisième trimestre, le PIB de la région avait crû de 0,3%.

Le PIB allemand est resté inchangé sur octobre-décembre , celui de la France s’est contracté de 0,1% et celui de l’Italie a reculé de 0,3%.

Eurostat, l’institut européen de la statistique, a par ailleurs fait état d’une croissance de l’emploi dans la zone euro de 0,3% au quatrième trimestre par rapport au troisième, et de 1,0% sur un an. Le consensus Reuters tablait sur une hausse de 0,1% d’un trimestre sur l’autre et de 0,8% en rythme annuel.

Il n’y a pas lieu d’être optimiste pour 2020 car la croissances européennes va encore diminuer et sera sans doute inférieur à 1 %. En cause, l’accord commercial États-Unis Chine qui aura des conséquences sur l’union européenne. Aussi les mesures des États-Unis pour taxer les produits européens ( exemples  pour l’Airbus, demain pour les voitures allemandes ,le vin, le fromage etc.). S’ajoutent évidemment des conséquences encore impossibles à évaluer du virus chinois qui vient perturber les chaînes d’approvisionnement et donc les processus de production. En outre,  il faut s attendre une baisse supplémentaire de la croissance chinoise qui va se répercuter sur les croissance nationale des pays partenaires dont l’union économique européenne.

Croissance Grande-Bretagne : stagnation

Croissance Grande-Bretagne : stagnation

Les derniers chiffres connus, à savoir ceux du quatrième trimestre montrent une stagnation de l’économie britannique. Certes la tendance baissière des économies a été constatée un peu partout au cours de ce quatrième trimestre mais la tendance est encore plus accentuée au Royaume-Uni. Sans doute en cause, les incertitudes relatives au brexit  ( incertitudes qui sont encore loin d’être éliminées tant que les conditions d’un accord commercial normalement applicable au 1er janvier 2021 ne seront pas élaborées). La croissance du produit intérieur brut (PIB) a donc été nulle en octobre-décembre, ce qui est conforme aux estimations des économistes interrogés par Reuters, après une hausse de 0,4% au troisième trimestre.

En rythme annuel, la croissance de l’économie britannique a atteint 1,1% au quatrième trimestre, soit son plus faible niveau depuis le premier trimestre 2018. Le consensus tablait sur une hausse de 0,8%. Sur le seul mois de décembre, le PIB a avancé de 0,2%.

Les données de l’ONS montrent également que la croissance des dépenses des ménages, qui a contribué à stimuler l’économie britannique pendant la majeure partie de la période qui a suivi le référendum sur le Brexit de 2016, est tombée à son plus bas niveau depuis quatre ans.

Pour l’instant et tout au long de l’année la Grande-Bretagne reste soumise règle européenne et d’un point de vue juridique n’a donc pas eu à subir de modifications concrètes impact en son économie. Le tassement titré est donc surtout à imputer aux questions qui restent en l’état concernant les futures relations entre le Royaume-Uni et l’union européenne. Des futures relations qui vont sans doute susciter d’autres inquiétudes avec les annonces un peu provocatrice de Boris Johnson par exemple relative au port franc à la future réglementation du mouvement des capitaux.

2020- 2021- Vers une stagnation de la croissance (Laurence Boone , OCDE)

2020- 2021- Vers une stagnation de la croissance  (Laurence Boone , OCDE)

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Prospective- Vers une stagnation de la croissance (Laurence Boone , OCDE)

Prospective- Vers une stagnation de la croissance   (Laurence Boone , OCDE)

 

 

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Vers une stagnation de la croissance : (Laurence Boone , OCDE)

Vers une stagnation de la croissance :  (Laurence Boone , OCDE)

La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires

 

Croissance Allemagne : risque de stagnation prolongée

Croissance Allemagne : risque de stagnation prolongée

 

La situation est tellement dégradée en Allemagne que les autorités se félicitent que les indicateurs des affaires soient demeurés stables en octobre augurant d’une toute petite croissance au quatrième trimestre. Mais pour l’année en cours l’activité pourrait frôler la stagnation. En cause évidemment, la structure de l’économie allemande dont la croissance est surtout portée par les exportations. Comme il semble que l’activité mondiale s’installe de manière durable dans la croissance molle, la question se pose de savoir si  l’Allemagne ne devra pas s’accommoder d’une stagnation prolongée pour les années à venir. Pour l’année 2019 l’Allemagne pourrait entrer techniquement en récession après un recul de l’activité sur deux trimestres consécutifs. Il n’y a pas lieu cependant de se réjouir de la situation allemande dans la mesure où l’Allemagne est le principal partenaire commercial de la France et que le poids de l’économie d’outre-Rhin sur la totalité de la zone euro qui, elle, aussi pourrait s’inscrire de manière durable dans une croissance très molle.

 

Pour l’ensemble de la période 1970-2018, en Allemagne on enregistre une moyenne annuelle de 28,35 % de part des exportations dans le PIB.  Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de 210 %. C’est en 2017 qu’on enregistre la valeur la plus élevée (47,05) et c’est en 1972 qu’on enregistre la valeur la plus basse (14,59). Sur la tendance de logue période, sans changement de l’environnement international, les exports aurait atteint de l’ordre de 50 % du PIB.  Pour la France par les exports ne représentent que 16 à 17% du PIB. mais la consommation 55%.

Le climat des affaires en Allemagne est resté stable en octobre et la première économie

 

d’Europe pourrait enregistrer une croissance modérée au quatrième trimestre, a déclaré vendredi l’institut d’études économiques Ifo.

Son indice du climat des affaires est inchangé en octobre à 94,6 alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre en baisse à 94,5, leurs estimations s’échelonnant entre 93,6 et 95,3.

“L’économie allemande est en train de se stabiliser”, a déclaré le président de l’Ifo, Clemens Fuest, cité dans un communiqué. Le produit intérieur brut (PIB) allemand a reculé au deuxième trimestre et de nombreux observateurs s’attendent à une nouvelle baisse au troisième, ce qui ferait entrer la première économie européenne en récession technique, définie par deux trimestre consécutifs de contraction.

Mais Klaus Wohlrabe, économiste de l’Ifo, a déclaré à Reuters que “pour le quatrième trimestre, nous prévoyons une légère expansion”.

La dégradation de l’activité dans le secteur industriel, le plus exposé aux tensions commerciales mondiales, s’est pour l’instant interrompue, a-t-il expliqué tout en notant que “l’incertitude liée au Brexit reste élevée”.

L’indice Ifo mesurant le jugement des chefs d’entreprise interrogés sur la situation actuelle est revenu à 97,8 après 98,6 en septembre mais celui des anticipations est remonté à 91,5 après 90,9.“Le soulagement, malheureusement, n’est pas la même chose qu’un rebond”, commente Carsten Brzeski, économiste d’ING, à propos de ces chiffres.

“Le risque d’un flirt prolongé avec la stagnation reste élevé et avec lui celui d’une japonification de l’économie allemande.”Il fait référence aux propos du vice-président de la Banque centrale européenne Luis de Guindos, qui a jugé récemment que la BCE devait combattre le risque d’une situation comparable à celle que connaît le Japon depuis plus de 20 ans conjuguant une croissance faible ou nulle et des anticipations de stagnation voire de baisse des prix.

Cette situation nourrit les appels adressés au gouvernement allemand en faveur d’un soutien budgétaire à l’économie, en complément des mesures d’assouplissement de la politique monétaire adoptées par la BCE.

Mais la chancelière Angela Merkel et l’alliance conservatrice CDU-CSU réaffirment régulièrement leur volonté de s’en tenir à la politique du “Schwarze Null”, c’est-à-dire de l’équilibre budgétaire.

 

Croissance zone euro : vers la stagnation

Croissance zone euro : vers la stagnation

 

En zone euro, l’industrie notamment manufacturière continue de s’enfoncer dans le rouge, heureusement cela est compensé par la relative bonne tenue des services. Au total cependant l’activité devrait progresser seulement de 0,1 % à 0,2 % au 3èmr trimestre. , c’est-à-dire très proches de la stagnation. On note toutefois une petite amélioration pour l’ensemble de l’activité générale mais pour l’avenir le moral des chefs d’entreprise se dégrade.

 

L’indice des directeurs d’achats (PMI) IHS Markit composite, considéré comme un baromètre fiable de la croissance en zone euro, s’est établit à 51,8, contre 51,5 en juillet, ce qui est supérieur aux attentes des analystes interrogés par Reuters qui prévoyaient 51,2. Il se maintient ainsi au-dessus de la barre de 50 qui sépare croissance et contraction de l’activité. En revanche, le sous-indice composite de la production future, qui mesure l’optimisme des chefs d’entreprises sur leur activité, a reculé à 55,5, un plus bas depuis mai 2013, contre 58,8 en juillet.

“La dynamique de l’économie de la zone euro a peu changé en août. La forte croissance des services a permis de soutenir l’économie malgré la baisse continue du secteur manufacturier”, a déclaré Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit. “Nous prévoyons toujours que le produit intérieur brut n’augmente que de 0,1% à 0,2% sur la base des données PMI du troisième trimestre”, a-t-il ajouté.

A 53,4, l’indice des services est légèrement supérieur aux attentes des analystes, à 53,0, et également en hausse par rapport au mois précédent (53,2).

L’activité manufacturière a subi son septième mois de contraction d’affilée, bien qu’à un rythme moins rapide que le mois précédent. Il est passé de 46,5 en juillet à 47,0, ce qui est là encore supérieur aux prévisions, à 46,2.

Le sous-indice de la production future, qui mesure les anticipations des chefs d’entreprises, a fléchi à 47,8 contre 46,9 en juillet.

 

Le secteur privé allemand a continué de souffrir au mois d’août alors que le secteur manufacturier est resté en récession et que l’activité dans les services a légèrement ralenti, montrent les premiers résultats de l’enquête d’IHS Markit auprès des directeurs d’achat, suggérant que la première économie d’Europe se dirige vers une récession.

L’indice PMI composite, qui intègre les secteurs manufacturier et des services comptant pour plus des deux tiers de l’activité économique allemande, a légèrement progressé, à 51,4 en version “flash” contre 50,9 en juillet. Un chiffre supérieur aux attentes des économistes interrogés par Reuters qui l’attendaient en moyenne à 50,5.Toutefois, Phil Smith chez IHS Markit estime que les données ne sont pas suffisamment solides pour dissiper la menace d’une légère nouvelle contraction du produit intérieur brut au troisième trimestre.

L’économie allemande s’est contractée de 0,1% entre avril et juin en raison d’une chute des exportations, conséquence de la dégradation de la demande étrangère et de la montée des barrières douanières. Les indicateurs de confiance ne semblent pas indiquer une amélioration pour les trois mois de juillet à septembre.

L’indice PMI du secteur manufacturier s’est établi à 43,6, contre 43,2 en juillet, soit légèrement mieux que les prévisions des analystes à 43,0. Celui des services est ressorti à 54,4 contre 54,5 le mois dernier alors que le consensus tablait sur 54,0.

Popularité de Macron : stagnation à 30%

Popularité de Macron : stagnation  à 30%

 

 

Un sondage qui en quelque sorte contredit ceux  des organes de presse (JDD, Paris match et Europe 1 notamment détenus par Bolloré et Lagardère, deux des plus fidèles supporters de Macron. En effet, les médias des deux grands patrons n’avaient cessé d’annoncer une remontée spectaculaire de Macron d’au moins six points depuis le début de l’année. Des sondages sans doute bidonnés  pour faciliter la remontada de Macron. Or dans un récent sondage de BVA pour La Tribune-Orange-RTL,  » les bonnes opinions à l’égard d’Emmanuel Macron continuent de baisser chez les habitants de communes rurales (- 3 pts à 22%) et périurbaines (-6pts à 22%) alors qu’elles progressent chez les habitants de grandes agglomérations (+2pts à 37%) » souligne BVA. (Crédits : Philippe Wojazer)L’enquête mensuelle réalisée par BVA pour La Tribune-Orange-RTL indique que 30% des Français ont une opinion favorable d’Emmanuel Macron contre 31% en janvier. Pas vraiment la preuve que Macon remonte dans tous les sondages. . D’après le dernier baromètre réalisé par BVA pour La Tribune, Orange et RTL, la part des Français ayant une bonne opinion d’Emmanuel Macron se stabilise à 30% contre 31% le mois dernier. A l’opposé, la proportion de répondants ayant un jugement défavorable s’élève à 69%, au même niveau qu’en janvier.

Au classement des personnalités, l’ancien ministre de la Transition écologique et des solidarités, Nicolas Hulot, arrive en tête du podium. 40% des personnes des personnes interrogées souhaitent ainsi que l’ancien présentateur de télévision ait davantage d’influence dans la vie politique française. Arrivent ensuite, Alain Juppé (29%, – 5 points) qui vient d’annoncer sa démission de la mairie de Bordeaux pour rejoindre le Conseil constitutionnel, et le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand (28%). L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy gagne également de la popularité chez les Français avec 27% d’opinions favorables (+3 points). Enfin, Marine Le Pen reste stable dans le dernier baromètre à 26%.

Du côté des partis politiques, Europe-Ecologie-Les Verts figure en tête du classement (45% de bonnes opinions). Loin derrière, le parti écologiste est suivi par République en Marche (33%) et les Républicains (27%). A l’opposé, le parti de Nicolas Dupont-Aignan Debout la France (20%), Générations (15%) de Benoît Hamon ou les Patriotes (13%) de Florian Philippot sont en bas  de tableau.

(*)Méthode : enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 20 au 21 février 2019. Echantillon de 1012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne de référence du ménage et de la personne interrogée, région et catégorie d’agglomération.

Croissance : l’Allemagne tutoie la stagnation

Croissance : l’Allemagne tutoie la stagnation

 

La croissance allemande s’est écroulée au cours du second semestre 2018. Après un recul du PIB au troisième trimestre (-0.2%), l’Allemagne enregistre une toute petite croissance de 0,1 % au quatrième trimestre. Au final, le PIB augmentera seulement de 1,5 % entre parenthèse (comme France) soit presque un point de moins que ce qu’envisageaient les experts en début d’année 2018.

 

L’économie allemande devrait donc avoir enregistré au quatrième trimestre 2018 une croissance de 0,1% environ, ce qui éviterait à la première économie d’Europe une récession technique après la contraction du troisième trimestre, a déclaré jeudi l’institut d’études économiques IfW.  Le produit intérieur brut (PIB) allemand a donc augmenté de 1,5% sur l’ensemble de l’an dernier selon la toute première estimation publiée par l’institut fédéral Destatis. S’il est confirmé, ce chiffre marquera la plus mauvaise performance de l’économie allemande en cinq ans. La croissance de l’Allemagne s’inscrit dans une baisse tendancielle inquiétante pour toute la zone euro y compris pour la France dans la mesure où l’Allemagne est le première partenaire commercial. Pour 2019, l’Allemagne ne prévoit qu’une perspective de croissance de 1 % pour le PIB. En cause évidemment le n’être tassement de la conjoncture internationale en particulier en Chine

Risque de stagnation Weidmann (BCE)

Risque de stagnation  Weidmann (BCE)

Le très orthodoxe Jens Weidmann, président de la Bundesbank., Membre également de la BCE et successeur possible de Draghi s’enfonce en faite dans ses contradictions en suggérant de normaliser la politique monétaire. En clair de remonter les taux d’intérêt même si la conjoncture économique actuelle est médiocre. Cela précisément, indique l’intéressé, pour se redonner des marges de manœuvre et faire face à une situation européenne où la croissance frôlerait la stagnation. En fait le président de la Bundesbank est partagé entre son orthodoxie et son souci de soutenir une Allemagne dont la croissance s’écroule. Pourtant, la faiblesse inattendue de la croissance en Allemagne pourrait, selon de nombreux économistes, conduire la BCE à renoncer pour l’instant à la poursuite de la normalisation de sa politique, voire à annoncer de nouvelles mesures de soutien ans les prochains mois. “Contrairement à notre prévision de décembre, la baisse de la croissance devrait se prolonger cette année”, a dit Jens Weidmann dans un discours prononcé à Mannheim. En fait, l’Allemagne prévoit tout juste 1 % de croissance en 2019, après avoir été pendant plusieurs années le principal moteur économique de la zone euro. Concernant l’ensemble de la zone euro, Jens Weidmann a estimé que la prévision d’inflation pour cette année devrait être revue à la baisse. “Du point de vue d’aujourd’hui, la baisse des cours du pétrole en particulier se traduira par une inflation probablement nettement inférieure cette année à celle prévue en décembre”, a-t-il dit. Il a néanmoins jugé que la banque centrale ne devait pas perdre inutilement du temps avant de normaliser sa politique monétaire, afin de se redonner les moyens nécessaires pour combattre une éventuelle crise à l’avenir. Cette perspective de normalisation risque cependant d’être remise en cause par la conjoncture très déprimée de la zone euro. “Après tout, la politique monétaire a de nouveau besoin de marges de manoeuvre pour réagir à une crise économique inattendue à l’avenir”, a-t-il dit. Finalement un discours assez flou et même contradictoire du président de la banque centrale allemande.

Zone euro : vers la stagnation économique ?

 Zone euro : vers la stagnation économique ?

Il se pourrait bien que la zone euro s’approche de la stagnation en ce début d’année 2019. Une évolution conforme à la baisse tendancielle du moral des entreprises mais aussi des ménages En  zone euro, l’indice Markit PMI manufacturier a reculé en décembre pour le cinquième mois consécutif, à 51,4 contre 51,8 en novembre, un chiffre conforme à l’estimation « flash » publiée le 14 décembre et tout juste supérieur au niveau de 50 qui marque la frontière entre croissance et contraction. Les enquêtes montrent que l’Italie est restée en zone de contraction où elle a été rejointe par la France. En Allemagne comme en Espagne, la croissance du secteur manufacturier a ralenti. En Allemagne, l’’indice PMI pour le secteur manufacturier, est tombé à un plus bas de 33 mois, à 51,5 le mois dernier contre 51,8 en novembre, se rapprochant du seuil des 50 qui sépare une contraction d’une croissance de l’activité. En France en décembre pour la première fois depuis septembre 2016, on constate une  forte baisse de la production selon la version définitive de l’enquête d’IHS Markit publiée mercredi. Globalement en zone euro,  les entrées de commandes ont baissé en décembre à un rythme sans précédent depuis quatre ans, les commandes en souffrance ont reculé pour le quatrième mois d’affilée et les embauches ont été modestes. Dans ce contexte, le degré d’optimisme des entreprises est tombé à son plus bas niveau depuis six ans.

Zone euro : vers la stagnation économique ?

 

Zone euro : vers la stagnation économique ?

Il se pourrait bien que la zone euro s’approche de la stagnation en ce début d’année 2019. Une évolution conforme à la baisse tendancielle du moral des entreprises mais aussi des ménages En  zone euro, l’indice Markit PMI manufacturier a reculé en décembre pour le cinquième mois consécutif, à 51,4 contre 51,8 en novembre, un chiffre conforme à l’estimation « flash » publiée le 14 décembre et tout juste supérieur au niveau de 50 qui marque la frontière entre croissance et contraction. Les enquêtes montrent que l’Italie est restée en zone de contraction où elle a été rejointe par la France. En Allemagne comme en Espagne, la croissance du secteur manufacturier a ralenti. En Allemagne, l’’indice PMI pour le secteur manufacturier, est tombé à un plus bas de 33 mois, à 51,5 le mois dernier contre 51,8 en novembre, se rapprochant du seuil des 50 qui sépare une contraction d’une croissance de l’activité. En France en décembre pour la première fois depuis septembre 2016, on constate une  forte baisse de la production selon la version définitive de l’enquête d’IHS Markit publiée mercredi. Globalement en zone euro,  les entrées de commandes ont baissé en décembre à un rythme sans précédent depuis quatre ans, les commandes en souffrance ont reculé pour le quatrième mois d’affilée et les embauches ont été modestes. Dans ce contexte, le degré d’optimisme des entreprises est tombé à son plus bas niveau depuis six ans.

« Stagnation séculaire » : une imposture (Xerfi Canal)

« Stagnation séculaire » : une imposture (Xerfi Canal)

 

Une analyse Xerfi  diffusée dans de La Tribune considère le concept de   »stagnation séculaire «comme une imposture. Reste qu’on ne peut cependant ignorer la montée de l’endettement mondial (autour de 200% du PIB) qui explique une perspective de croissance molle pour longtemps.

 

« La crise de 2008 a fait ressurgir les doutes sur la soutenabilité de la croissance à long terme, et ressuscité le débat sur la stagnation séculaire : un enlisement dans une croissance molle, voire nulle. Dans ce cas, l’amélioration actuelle ne durera pas. Première question à se poser : la machine à créer de la croissance est-elle véritablement cassée ? Pour répondre à cette question, il faut partir non pas simplement du PIB, mais du PIB par personne en âge de travailler (par convention les 15-64 ans) pour éliminer l’effet démographique. C’est avec cet indicateur qu’il est possible de détecter s’il y a un ralentissement irréversible des moteurs endogènes de croissance. Pour les États-Unis, aucune véritable rupture de tendance n’est décelable. Cette dernière traverse les épisodes d’emballement de bulle et de décélération. In fine, la période post-2008 n’apparaît pas si atypique. Au Japon, le constat est le même. L’accident de 2008 est bien perceptible, comme aux États-Unis, mais la vraie rupture de tendance est celle des années 90. C’est encore plus vrai en Allemagne où aucune inflexion n’est constatée. Et même pour la France, retardataire, il est bien aventureux de diagnostiquer une véritable rupture. Aucune grande cassure manifeste n’apparait donc dans le top 4 des pays avancés, au regard de la longue période. Un constat d’autant plus remarquable lorsque l’on sait la difficulté de plus en plus grande à mesurer le volume des services nouveaux, la progression de la qualité, d’où notre propension à sous-estimer le PIB. Alors que s’est-il réellement passé en 2008 ? Il faut remonter aux fondamentaux de la crise, donc placer le projecteur du côté des États-Unis, pour bien comprendre que c’est d’abord une purge de bilans. L’économie américaine a connu un grand cycle de montée de l’endettement à partir des années 80, alors qu’il avait été d’une grande stabilité durant les 30 années précédentes. Dans l’ordre d’apparition, les entreprises, puis les ménages. Leur endettement dérive sur longue période et atténue les effets d’accordéon du cycle financier des entreprises jusqu’en 2007. Et c’est la violente inversion de ce cycle long à partir de 2007, ajoutée au désendettement des entreprises, qui déstabilise gravement la croissance américaine. Mais sur un délai assez court finalement, car très vite l’Etat va prendre le relais de la sphère privée,  évitant le grand trou d’air de la demande, et permettre ainsi à la croissance de se caler autour de 2%. C’était la condition pour assainir les bilans privés. C’est évidemment la grande différence avec l’Europe qui, sous commandement allemand s’est infligée une cure d’austérité publique sans précédant au moment même où la demande privée faisait défaut. En bon élève, l’Allemagne annonce dès juin 2010 un plan de rigueur drastique, le plus rigoureux depuis l’après-guerre : 86 milliards d’euros sur 4 ans, l’équivalent de 3,5% de son PIB. L’impact est récessif, mais moins que dans les autres pays européens car les ménages comme les entreprises sont moins endettés et la purge a été plus rapide. Dans le Sud de l’Europe, l’effort est parfois titanesque, voire délirant : 28,4 milliards pour la Grèce, une amputation de près de 13% de son PIB. Dans les autres pays du Sud, Espagne, Portugal, Italie, les coupes représentent au moins 6% du PIB de chaque pays. En France l’effort parait insignifiant, et c’est pour cela que la croissance a mieux résisté. Ce sont bien ces tours de vis budgétaires (synchrones qui plus est) qui ont cassé la croissance en Europe. D’ailleurs une fois les épisodes lourds de consolidation budgétaires passés, la croissance est repartie. Purge des bilans privés après une longue phase d’endettement, erreur totale dans la conduite de la politique économique en Europe ont un temps fait dérailler la croissance. Mais cette phase est terminée, faisant de la stagnation séculaire une théorie qui stagne.

  • (voir article Endettement mondial: croissance molle durable comme conséquence)

Économie mondiale est « stagnation séculaire conjoncturelle « 

Économie mondiale est « stagnation séculaire conjoncturelle « 

 

R J Shiller, prix Nobel d’économie explique que la crise actuelle caractérisée par uen faible croissance serait séculaire et non conjoncturelle (La Tribune).

 

 

Depuis la « Grande Récession » de 2007-2009, les principales banques centrales de la planète maintiennent des taux d’intérêt proches de zéro. Aux États-Unis, bien que la Réserve fédérale ait récemment procédé à des hausses, les taux à court terme restent inférieurs à 1%, les taux d’intérêt sur les principales obligations d’État présentant un faible niveau comparable. Par ailleurs, les grandes banques centrales soutiennent les marchés dans une mesure sans précédent, en achetant et en détenant une importante quantité de dettes. Pourquoi un tel respirateur artificiel est-il nécessaire à l’économie, et pourquoi est-il maintenu depuis tant d’années ?

Tendance régulière à la baisse des taux d’intérêt

Il serait réducteur d’affirmer que la Grande Récession explique tout simplement cette situation. Les taux d’intérêt à long terme (ajustés à l’inflation) n’ont pas atteint des niveaux véritablement bas au cours de la période 2007-2009. Si l’on observe le rendement à dix ans des obligations du Trésor américain sur les 35 dernières années, on constate une tendance régulière à la baisse, sans phénomène particulièrement inhabituel pendant la Grande Récession. Ce rendement s’élevait à 3,5 % en 2009, à la fin de la récession. Il atteint actuellement un peu plus de 2 %.

Dans l’ensemble, ceci se vérifie également pour les taux d’intérêt réels. Au cours de la Grande Récession, le rendement à dix ans des titres du Trésor protégés contre l’inflation (les TIPS) a ponctuellement atteint presque 3 %, et s’élevait à près de 2 % en fin de récession. Depuis, le rendement à dix ans des TIPS a pour l’essentiel diminué et conservé un faible niveau, atteignant 0,5 % en mai 2017.

Tendance persistante au pessimisme

Le fait que beaucoup choisissent de bloquer de l’argent pour dix ans à des taux aussi faibles témoigne d’une persistante tendance au pessimisme, illustrée par la popularité récente du terme « stagnation séculaire », utilisé pour décrire une économie perpétuellement fragile. L’ancien secrétaire du Trésor américain Lawrence Summers a initialement utilisé cette expression dans un discours de novembre 2013 devant le Fonds monétaire international. Le chroniqueur du New York Times Paul Krugman l’a par la suite reprise. Depuis, elle est devenue virale.

La stagnation séculaire, on en parlait déjà en 1938

Bien que le terme de stagnation séculaire soit devenu à la mode cinq ans après la crise financière de 2008, il existe depuis bien longtemps. L’expression est apparue pour la première fois dans l’allocution présidentielle de l’économiste Alvin Hansen, de l’Université d’Harvard, devant l’American Economic Association en décembre 1938, puis dans son ouvrage publié la même année. Hansen y décrit l’« essence de la stagnation séculaire » comme autant de « reprises anémiques mort-nées et de récessions qui s’autoalimentent, accompagnées d’un chômage très élevé et manifestement persistant ». Lorsque Hansen prononce son discours, il s’attend à ce que la stagnation de l’économie américaine persiste indéfiniment. La dépression née du krach boursier de 1929 en arrive alors à sa dixième année, et la Seconde Guerre mondiale est encore à venir. C’est seulement au début de la guerre, en 1939, que cette stagnation prend fin. Hansen et sa théorie d’une stagnation séculaire caractéristique de l’époque de la Grande Dépression se fondent sur l’observation du taux de natalité américain, qui est inhabituellement faible dans les années 1930, après avoir déjà décliné considérablement à la fin des années 1920. Hansen présume alors que la diminution du nombre de naissance perpétue la stagnation, dans la mesure où les individus ont moins besoin de dépenser pour leurs enfants, et ressentent moins la nécessité d’investir dans l’avenir. De fait, d’après les statistiques de la Banque mondiale, le taux de natalité moyen à l’échelle mondial a bel et bien diminué depuis la crise financière de 2008. Mais la natalité ne peut expliquer cette crise en particulier, dans la mesure où le nombre de naissances diminuent régulièrement depuis près d’un siècle.

La crise de 2008 persisterait dans l’esprit de chacun

Une autre explication consiste à affirmer que la crise de 2008 persiste dans l’esprit de chacun, sous la forme d’une peur de voir se produire de manière imminente des événements dits « black swans », rares mais catastrophiques, malgré des indices de confiance des consommateurs relativement solides, et d’une volatilité des marchés financiers comparativement faible (à quelques exceptions près). De récents travaux publiés par Julian Kozlowski, Laura Veldkamp et Venky Venkateswaran de la New York University expliquent qu’il est rationnel de ressentir une telle crainte, puisque lorsqu’un événement auparavant impensable se produit, il est normal que chacun le garde en mémoire. J’ai personnellement pour théorie que la stagnation actuelle s’explique par une inquiétude grandissante des individus face à l’avancée rapide de technologies, susceptibles de remplacer beaucoup voire la plupart de nos métiers, et d’alimenter des inégalités économiques considérables. Si les individus hésitent à dépenser, c’est sans doute parce qu’ils craignent pour leur employabilité à long terme – une crainte qui n’est probablement pas présente dans leur esprit lorsqu’ils répondent aux sondages sur la confiance des consommateurs. Si tel est le cas, alors une relance sous forme de faibles taux d’intérêt est nécessaire pour les encourager à dépenser. Un torrent de bonnes nouvelles à l’issue d’une crise peut susciter une forme d’optimisme neutre, qui n’élimine pas réellement la crainte d’une nouvelle crise à venir. Les dirigeants et les médias alimentent ensuite cet optimisme en usant de réjouissants discours que le grand public n’est en capacité ni de démêler, ni de confirmer.

Un mauvais pressentiment

Depuis 2012 environ, le marché des actions et celui de l’immobilier ne cessent d’atteindre des records. Ce genre de phénomène s’est néanmoins également produit régulièrement au cours de la Grande Dépression : les médias d’actualité faisaient constamment état de nouveaux records sur le plan de tel ou tel indicateur économique. Une recherche « actualités et journaux » dans la base de données Proquest pour la période 1930-1939 fait apparaître pas moins de 10.315 articles dans lesquels figurent les termes « niveau record ». La plupart de ces articles traitent de variables économiques. En 1933, au plus fort de la dépression, des niveaux record sont atteints dans les domaines de la production pétrolière, dans les secteurs du blé et de l’or, en termes de prix des sièges en Bourse de marchandises, concernant la consommation de produits du tabac, le nombre de dépôts postaux, le chiffre d’affaires ou le bénéfice des entreprises individuelles, et la liste est encore longue. Cet optimisme dans les chiffres annoncés peut créer dans l’opinion une forme d’espoir d’amélioration globale, sans pour autant apaiser la crainte d’un possible événement catastrophique sur le plan économique. Sauf mesures de relance exceptionnellement fortes, ce mauvais pressentiment des individus peut les conduire à limiter leurs dépenses. La psychologie narrative nous enseigne qu’il n’existe pas ici de contradiction : l’être humain peut tenir simultanément des discours parallèles et contraires. Lorsque les individus s’imaginent des scénarios catastrophe, les dirigeants politiques doivent y répondre en conséquence.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Robert J. Shiller, prix Nobel d’économie en 2013, est professeur d’économie à l’Université de Yale. Il a co-écrit avec George Akerlof l’ouvrage intitulé Phishing for Phools: The Economics of Manipulation and Deception.

Croissance Japon: proche de la stagnation

 

Avec une croissance sur une tendance annuelle de 0,2 % le PIB du Japon flirte avec la stagnation. Au second trimestre,  la progression du PIB  a été nulle. Cela en dépit des politiques de relance du gouvernement lequel vient de décider d’un nouveau plan de plus de 100 milliards d’euros pour relancer l’activité. En cause, Une activité handicapée par la très grande faiblesse des exportations et par une consommation intérieure handicapée par des salaires presque figés. Du coup les investissements sont aussi anémiques La croissance japonaise, après un bon début d’année, a en effet fortement ralenti au deuxième trimestre, pénalisée par la faiblesse des exportations et de l’investissement, ce qui fait peser sur le Premier ministre Shinzo Abe comme sur la Banque du Japon une pression accrue pour trouver des mesures capables de favoriser une croissance durable. Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a progressé de 0,2% en rythme annualisé sur la période avril-juin, montrent les statistiques publiées lundi par le gouvernement, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une expansion de 0,7% après celle de 2,0% de janvier-mars. Ce chiffre illustre les difficultés auxquelles restent confrontées les autorités politiques et monétaires japonaises pour tenter de rompre avec deux décennies de déflation, les effets des « Abenomics », les politiques de relance initiées par Shinzo Abe, semblant s’atténuer. « Globalement on dirait que l’économie est en stagnation. Les dépenses de consommation sont faibles, à cause des bas progrès des salaires. Il y a beaucoup d’incertitude quant aux économies extérieures, et cela entame les dépenses en capital », a dit Norio Miyagawa, économiste senior de Mizuho Securities. (Avec Reuters)

Croissance Japon : stagnation deuxième trimestre

Croissance Japon : stagnation deuxième trimestre

La croissance pour 2016 sera sans doute très faible pour le Japon en raison notamment de la croissance zéro au second trimestre. En cause, de moins bons résultats du commerce extérieur du fait notamment du tassement économique en Chine Le Japon a vu son économie stagner au deuxième trimestre 2016 par rapport au premier, qui avait connu une hausse de 0,5%, selon des données préliminaires publiées, ce matin, par le gouvernement, sur fond de frilosité des entreprises à investir. Entre avril et juin, le Produit intérieur brut (PIB) a fait du surplace, une statistique inférieure aux attentes. Les analystes interrogés par l’agence financière Bloomberg News tablaient sur une croissance de 0,2%. En rythme annualisé – c’est-à-dire si l’évolution du trimestre se prolongeait sur une année -, le PIB ressort cependant en progression, modeste (+0,2%). La troisième économie mondiale a souffert d’un nouveau recul des investissements non résidentiels des entreprises (-0,4%) et d’une contribution négative du commerce extérieur, alors que les exportations ont chuté de 1,5%, dans un contexte de croissance mondiale poussive et de ralentissement des pays émergents. Le récent renforcement du yen, valeur refuge qui a les faveurs des cambistes en période d’incertitudes, alourdit en outre le climat, en pénalisant durement les entreprises exportatrices.

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