Archive pour le Tag 'stagflation ?'

Quel placement financier dans un environnement de stagflation ?

Quel placement financier dans  un environnement de stagflation ?

Les marchés évoluent actuellement dans un environnement en complète mutation. Exacerbées par le contexte géopolitique, les tensions inflationnistes font craindre que le ralentissement actuel de la croissance ne se transforme en récession globale. Pourtant, les opportunités existent sur les marchés actions et obligataires ainsi que dans l’univers du Private Equity. Par Vincent Manuel, Chief Investment Officer chez Indosuez Wealth Management et Gilles de Foucault, Directeur des Investissements Private Equity chez Indosuez Gestion.(la Tribune)

 

La donne a changé sur les marchés alors que le contexte économique se dégrade. La hausse de l’inflation pousse les grandes banques centrales à réviser en profondeur leur politique monétaire. En Chine, le maintien d’une politique zéro Covid contribue à prolonger les tensions sur les chaînes d’approvisionnement. Les sanctions prises contre la Russie amplifient la hausse des prix du pétrole, sans que la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), début juin, de relever les quotas de production ne parvienne à rétablir les équilibres antérieurs.

Or, si cette augmentation du prix du baril devait se poursuivre, elle devrait conduire à un ralentissement plus prononcé de la croissance au cours des prochains mois. Si les prévisions de croissance mondiale en 2022 restent très incertaines (estimé à 3,1% au niveau mondial, et en particulier entre 2 et 2,5% en zone euro et aux Etats-Unis et inférieure à 4% en Chine*), elles cachent néanmoins une quasi-stagnation des trimestres à venir, après un premier trimestre bénéficiant d’un effet de base qui a été très important par rapport au T1 2021.

« La tendance des dernières semaines confirme l’hypothèse d’un choc significatif, déjà constaté depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et qui est visible dans les statistiques relatives à la confiance des ménages au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en zone euro. Ce choc inflationniste est surtout supporté par les ménages.

Cette baisse déjà visible du pouvoir d’achat conduit à une contraction des ventes de détail. Ceci contraste avec le moral des entreprises, dont les indicateurs d’activité (PMI composite**) restent encore en expansion (au-dessus de 50) malgré une décélération qui fait jour.

Celle-ci pourrait s’amplifier en écho à la baisse inquiétante du sentiment de confiance des CEO américains revenu aux niveaux de mars 2020 », prévient Vincent Manuel, Chief Investment Officer, Indosuez Wealth Management.

Inflation structurelle

Conjuguée à des perspectives de ralentissement économique, l’inflation ressort à des niveaux inédits, qui n’avaient plus été atteints depuis quarante ans (8,6% aux Etats-Unis en mai en glissement annuel, 8,1% en zone euro**) compliquant la donne pour des banques centrales et des gouvernements, qui ont perdu l’habitude d’évoluer dans un tel environnement de stagflation. En 2023, l’inflation devrait rester à des niveaux élevés (+4,6% aux Etats-Unis, +4,9% en zone euro***), s’installant dans le paysage économique et demeurant à des niveaux largement supérieurs aux objectifs des banques centrales.

« Ce choc d’inflation revêt une composante cyclique importante, liée à des déséquilibres offre / demande, aux matières premières, aux tensions salariales actuelles, qui peuvent s’inverser en cas de ralentissement.

Cependant, les facteurs de déflation structurelle observés au cours des dernières années (mondialisation des échanges, coûts modérés de l’énergie et des transports, digitalisation de l’économie, etc.) laissent une place grandissante aux facteurs inflationnistes comme l’aspiration à plus d’autonomie dans un certain nombre de secteurs stratégiques qui pourrait conduire à une régionalisation croissante de l’économie mondiale.

On peut aussi citer un consensus social plus fort pour un rééquilibrage du poids des salaires dans le partage de la valeur ajoutée dans les pays matures, et en parallèle la hausse des coûts salariaux dans le monde émergent, notamment en Chine. Enfin, la transition climatique requiert des investissements considérables et devrait à ce titre alimenter durablement les pressions inflationnistes », analyse Vincent Manuel.

Après la hausse de 75 points de base annoncée mercredi 15 juin, la Réserve Fédérale (Fed) devrait avoir remonté ses taux directeurs au-delà de 3% d’ici la fin de l’année alors que la Banque centrale européenne (BCE) s’orientera vers une sortie des taux négatifs avec une première hausse programmée début juillet. Pour autant, les taux réels restent en territoire encore négatif étant donné le niveau de l’inflation. A ce titre, il est difficile de parler de resserrement monétaire. Le terme « normalisation » convient davantage. La réduction du bilan de la Fed contribue toutefois à la remontée des taux longs (le 10 ans américain atteint 3,5%). La question est désormais de savoir jusqu’à quel point les banques centrales mèneront leurs programmes de hausse des taux tandis que le risque de récession grandit.

« Les craintes de récession et le niveau d’endettement des économies occidentales finira probablement par limiter la capacité des banques centrales à poursuivre la remontée les taux d’intérêt au-delà du début d’année 2023 », note Vincent Manuel.

L’ajustement actuel des marchés prend en compte cette hausse des taux qui affecte comme prévu les valorisations alors que les entreprises n’ont pas encore révisé à la baisse leurs prévisions de résultat, après des publications trimestrielles très satisfaisantes. On estime qu’une hausse de 100 points de base du taux 10 ans américain correspond historiquement à une baisse de 3,5 points du ratio cours/bénéfices de l’indice S&P 500**.

« La normalisation monétaire en cours conduit les investisseurs à accélérer leur désendettement. Ceci contribue à amplifier la baisse du prix des actifs », explique Vincent Manuel.

Toutefois, le momentum est propice aux titres Value, aux valeurs de rendement et aux défensives. Au niveau sectoriel, les matières premières, les banques, l’énergie ainsi que la santé, les télécommunications, les services aux collectivités permettent de construire des portefeuilles générant du rendement. Enfin, les valeurs offrant des cash-flows élevés et du pricing power restent à privilégier.

A la faveur du ralentissement économique en cours, les taux de défaut pourraient remonter au cours des prochains mois. Mais dans un contexte favorable aux valeurs de rendement, il est préférable de privilégier les obligations d’entreprises.

« Le rendement moyen des obligations d’entreprises est de l’ordre de 3% en zone euro et de 4,5% aux Etats-Unis alors qu’il peut atteindre 6% pour les obligations à haut rendement de la zone euro et 8% aux Etats-Unis** », constate Vincent Manuel.

Dans cet environnement difficile pour les marchés financiers, le marché des actifs non cotés conserve tout son attrait au sortir d’une année record en 2021. Les taux de croissance et de rentabilité sont restés à des niveaux très élevés. Plus de 1.000 milliards de dollars ont été investis l’an dernier sur les marchés du Private Equity et de la dette privée, renforçant la confiance des investisseurs sur ces classes d’actifs. Ces marchés ne se limitent plus à financer des entreprises technologiques ou évoluant dans l’univers de la santé mais s’étendent aux secteurs plus traditionnels (industrie, consommation, etc.).

« Depuis le début de l’année, les multiples de valorisation ont peu évolué. L’enjeu à plus long terme réside dans la capacité des entreprises à préserver leur croissance et leurs marges dans un contexte de ralentissement. Or, les sociétés capables d’offrir du « pricing power » et d’imposer des barrières à l’entrée devraient faire la différence », estime Gilles de Foucault, Directeur des Investissements Private Equity, Indosuez Gestion.

D’autant que la baisse du nombre d’entreprises s’introduisant en Bourse va de pair avec l’augmentation du nombre d’opérations de Private Equity, mettant en lumière un phénomène a priori durable.

« Les opportunités sont là. Le ralentissement de l’économie devrait inciter certains grands groupes à se recentrer sur leurs activités les plus rentables, leur cœur de métier. En outre, de nombreux chefs d’entreprises pourraient accélérer les processus de transmission en faisant appel à des managers ou à des partenaires extérieurs (LBO primaires).

Le contexte se prête également à l’intervention des investisseurs en quête de liquidités sur le marché secondaire. Pour les investissements en infrastructures ou en immobilier, le financement de la transition énergétique constitue un thème d’investissement attractif et pérenne », conclut Gilles de Foucault.

_____

* Indosuez Wealth Management sur la base des mises à jour d’Amundi et de Crédit Agricole SA
** Bloomberg, Indosuez Wealth Management
*** Prévisions CACIB, Juin 2022 (sous l’hypothèse d’un prix du pétrole à 123$)

La spirale inflationniste ou la spirale de la stagflation ?

  • La spirale inflationniste ou la spirale de la stagflation  ?

 

Des économistes patentés expliquent les dangers de la spirale salaire prix. Ils oublient cependant le danger de la stagflation. En effet si l’inflation n’est pas suffisamment compensée dans les salaires et plus généralement dans les revenus, c’est la consommation des ménages qui sera atteinte et qui tuera ensuite la croissance. On attendrait des économistes un discours un peu plus équilibré car d’ici quelques mois ils pourraient bien pleurer à propos des conséquences désastreuses de la stagflation. NDLR

  • Pour l’instant, sur France Info, Eric Heyer, économiste, craint une « spirale inflationniste ».
  • « On ne pourra pas aider tout le monde », prévient lundi 27 juin sur franceinfo Eric Heyer, économiste, directeur du département analyse et prévision à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a prévenu sur BFM TV lundi 27 juin que « la cote d’alerte » a été atteinte concernant les finances publiques. Le gouvernement prévoit des aides ciblées pour aider les Français aux petits revenus de faire face à l’inflation. Il doit présenter le 6 juillet en Conseil des ministres sa loi sur le pouvoir d’achat et son budget rectificatif. Le Smic va augmenter automatiquement puisqu’il est indexé sur l’inflation. Mais l’économiste craint une  »spirale inflationniste«  si cette augmentation se diffuse sur tous les salaires.
  •  Ces aides ciblées vont-elles vraiment aider les petits revenus ?
  • Eric Heyer : Bien sûr que ça va aider à compenser une partie des pertes de pouvoir d’achat. Elles sont relativement ciblées sur des ménages les plus modestes, à la fois via des prestations et les APL. C’est la bonne option parce qu’il faut bien avoir en tête, on ne pourra pas aider tout le monde. Bruno Le Maire nous dit qu’on a atteint la cote d’alerte sur les finances publiques, donc il va falloir faire des choix. Il va falloir aussi que les entreprises aident à maintenir le pouvoir d’achat et que certains ménages qui ont surépargné utilisent cette surépargne pour essayer de compenser. Ce qui a bien été indiqué par la dernière note de l’Insee, c’est que cette inflation est complètement inégalitaire, mais pas uniquement en fonction du revenu. Si vous êtes ruraux, vous êtes beaucoup plus pénalisés que si vous êtes urbains. De la même manière, ça dépend de l’âge. Si vous êtes retraité ou âgé, vous êtes plus pénalisé que si vous êtes jeune. Cela dépend aussi de votre fonction. C’est-à-dire que si vous êtes agriculteur, vous êtes bien plus bien plus impacté que si vous êtes cadre. La cible aujourd’hui de ces mesures-là, c’est plutôt vos revenus, alors qu’en fait, vous êtes fragilisé, même si vous avez des revenus un peu plus élevés. Donc, peut-être que le gouvernement devrait faire des mesures plus ciblées en fonction de votre lieu d’habitation, de votre secteur d’activité ou de votre âge.
  • Faut-il augmenter le Smic ?
  • Il y a une augmentation normale du Smic. Le Smic est indexé sur l’inflation. Donc on peut considérer que là, de toute manière, il y aura une augmentation automatique du Smic. On l’attend soit au mois d’août, soit au mois de septembre. Mais on est quasi sûr que d’ici le mois d’octobre, le Smic va être revalorisé de façon automatique dès que l’inflation augmente de 2% par rapport à la dernière hausse. Le problème, c’est que lorsque le Smic est indexé, est-ce qu’il y a une diffusion de cette hausse du Smic sur les autres salaires ? S’il y a une diffusion, on peut craindre effectivement la spirale inflationniste. Il faut bien entendu éviter parce que la banque centrale n’aura pas d’autre choix que d’augmenter très vite les taux d’intérêt et provoquer une récession. On veut à tout prix l’éviter.
  • Le gouvernement peut-il faire pression sur les entreprises ?
  • Il y a des pressions qui ont été formulées par le gouvernement sur un certain nombre de branches. Il va falloir, effectivement, que les branches qui le peuvent, augmentent aussi les salaires, mais sans donner réellement de cible. Il ne faut pas que la spirale s’enclenche, mais il faut quand même qu’il y ait une aide sur les salaires. Pour l’instant, 71% des branches aujourd’hui ont des minima en dessous du Smic.

Inflation : la spirale Inflationniste ou la spirale de la stagflation

  • Inflation : la spirale Inflationniste ou la spirale de la stagflation  ?

 

Des économistes patentés expliquent les dangers de la spirale salaire prix. Ils oublient cependant le danger de la stagflation. En effet si l’inflation n’est pas suffisamment compensée dans les salaires et plus généralement dans les revenus, c’est la consommation des ménages qui sera atteinte et qui tuera ensuite la croissance. On attendrait des économistes un discours un peu plus équilibré car d’ici quelques mois ils pourraient bien pleurer à propos des conséquences désastreuses de la stagflation. NDLR

  • Pour l’instant, sur France Info, Eric Heyer, économiste, craint une « spirale inflationniste ».
  • « On ne pourra pas aider tout le monde », prévient lundi 27 juin sur franceinfo Eric Heyer, économiste, directeur du département analyse et prévision à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a prévenu sur BFM TV lundi 27 juin que « la cote d’alerte » a été atteinte concernant les finances publiques. Le gouvernement prévoit des aides ciblées pour aider les Français aux petits revenus de faire face à l’inflation. Il doit présenter le 6 juillet en Conseil des ministres sa loi sur le pouvoir d’achat et son budget rectificatif. Le Smic va augmenter automatiquement puisqu’il est indexé sur l’inflation. Mais l’économiste craint une  »spirale inflationniste«  si cette augmentation se diffuse sur tous les salaires.
  •  Ces aides ciblées vont-elles vraiment aider les petits revenus ?
  • Eric Heyer : Bien sûr que ça va aider à compenser une partie des pertes de pouvoir d’achat. Elles sont relativement ciblées sur des ménages les plus modestes, à la fois via des prestations et les APL. C’est la bonne option parce qu’il faut bien avoir en tête, on ne pourra pas aider tout le monde. Bruno Le Maire nous dit qu’on a atteint la cote d’alerte sur les finances publiques, donc il va falloir faire des choix. Il va falloir aussi que les entreprises aident à maintenir le pouvoir d’achat et que certains ménages qui ont surépargné utilisent cette surépargne pour essayer de compenser. Ce qui a bien été indiqué par la dernière note de l’Insee, c’est que cette inflation est complètement inégalitaire, mais pas uniquement en fonction du revenu. Si vous êtes ruraux, vous êtes beaucoup plus pénalisés que si vous êtes urbains. De la même manière, ça dépend de l’âge. Si vous êtes retraité ou âgé, vous êtes plus pénalisé que si vous êtes jeune. Cela dépend aussi de votre fonction. C’est-à-dire que si vous êtes agriculteur, vous êtes bien plus bien plus impacté que si vous êtes cadre. La cible aujourd’hui de ces mesures-là, c’est plutôt vos revenus, alors qu’en fait, vous êtes fragilisé, même si vous avez des revenus un peu plus élevés. Donc, peut-être que le gouvernement devrait faire des mesures plus ciblées en fonction de votre lieu d’habitation, de votre secteur d’activité ou de votre âge.
  • Faut-il augmenter le Smic ?
  • Il y a une augmentation normale du Smic. Le Smic est indexé sur l’inflation. Donc on peut considérer que là, de toute manière, il y aura une augmentation automatique du Smic. On l’attend soit au mois d’août, soit au mois de septembre. Mais on est quasi sûr que d’ici le mois d’octobre, le Smic va être revalorisé de façon automatique dès que l’inflation augmente de 2% par rapport à la dernière hausse. Le problème, c’est que lorsque le Smic est indexé, est-ce qu’il y a une diffusion de cette hausse du Smic sur les autres salaires ? S’il y a une diffusion, on peut craindre effectivement la spirale inflationniste. Il faut bien entendu éviter parce que la banque centrale n’aura pas d’autre choix que d’augmenter très vite les taux d’intérêt et provoquer une récession. On veut à tout prix l’éviter.
  • Le gouvernement peut-il faire pression sur les entreprises ?
  • Il y a des pressions qui ont été formulées par le gouvernement sur un certain nombre de branches. Il va falloir, effectivement, que les branches qui le peuvent, augmentent aussi les salaires, mais sans donner réellement de cible. Il ne faut pas que la spirale s’enclenche, mais il faut quand même qu’il y ait une aide sur les salaires. Pour l’instant, 71% des branches aujourd’hui ont des minima en dessous du Smic.

Conjoncture croissance mondiale: stagflation ou récession ? ( Banque mondiale)

Conjoncture croissance mondiale:  stagflation ou récession ?  ( Banque mondiale)

 

D’après la Banque Mondiale on s’oriente vers la stagnation ou la récession. Une situation qui pourrait durer plusieurs années

« La croissance mondiale devrait être ramenée de 5,7 % en 2021 à 2,9 % en 2022, soit nettement moins que les 4,1 % prévus en janvier », indique-t-elle dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales . C’est plus du double de la décélération enregistrée entre 1976 et 1979 à la suite du premier choc pétrolier.

Pour les pays riches, la croissance devrait fortement décélérer, passant de 5,1 % en 2021 à 2,6 % en 2022. La Banque prévoit seulement 2,2 % en 2023 en raison de la baisse du soutien budgétaire et monétaire mis en place pendant la pandémie de Covid-19. Pour les pays émergents et en développement, cette croissance devrait également passer de 6,6 % en 2021 à 3,4 % en 2022. C’est bien en deçà de la moyenne annuelle de 4,8 % sur la période 2011-2019.

« La flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que les perturbations de l’approvisionnement et des échanges provoquées par la guerre en Ukraine et la nécessaire normalisation des taux d’intérêt en cours, expliquent l’essentiel de la dégradation » des prévisions, détaille le président de la Banque mondiale, David Malpass. Et de poursuivre : « Même si une récession mondiale est évitée, les affres de la stagflation pourraient persister pendant plusieurs années, à moins qu’une forte augmentation de l’offre ne soit opérée. »

Pour la plupart des pays, la stagflation est une réelle menace au regard de la flambée des prix de l’énergie . En termes nominaux, les prix du pétrole brut ont augmenté de 350 % entre avril 2020 et avril 2022, ce qui en fait la plus forte augmentation sur une période équivalente de deux ans depuis 1973. Les prix du charbon et du gaz ont tous atteint des sommets historiques, ne laissant guère de place à l’utilisation de combustibles fossiles moins chers, comme ce qui avait pu être réalisé dans les années 1970.

Pour l’institution, cette flambée des prix de l’énergie pourrait réduire la production mondiale d’environ 0,5 % en 2022 et d’environ 0,8 % d’ici à 2023. Les économies avancées connaîtraient une réduction de la production de 0,9 % d’ici à 2023 tandis que les pays émergents et en développement importateurs de pétrole verraient leur production fléchir de 0,6 %.

Le risque d’assister à la persistance d’une inflation plus élevée plus longtemps que prévu est réel. Certes, la hausse des prix de détail est appelée à se modérer l’an prochain. Mais elle restera probablement supérieure aux objectifs des banques centrales dans de nombreux pays.

Pour l’institution multilatérale, la conjoncture actuelle ressemble aux années 1970 sur trois aspects essentiels : des perturbations persistantes du côté de l’offre qui alimentent l’inflation, précédées d’une longue période de politique monétaire très accommodante dans les principaux pays industrialisés ; des perspectives d’affaiblissement de la croissance ; des difficultés des pays émergents et en développement confrontés au nécessaire resserrement de la politique monétaire pour contenir l’inflation. La reprise qui était intervenue après la stagflation avait nécessité de fortes hausses des taux d’intérêt dans les principaux pays industrialisés, « ce qui a joué un rôle de premier plan dans le déclenchement d’une série de crises financières dans les pays émergents et en développement », avertit la Banque mondiale.

Croissance mondiale: stagflation ou récession ? ( Banque mondiale)

Croissance mondiale:  stagflation ou récession ?  ( Banque mondiale)

 

D’après la Banque Mondiale on s’oriente vers la stagnation ou la récession. Une situation qui pourrait durer plusieurs années

« La croissance mondiale devrait être ramenée de 5,7 % en 2021 à 2,9 % en 2022, soit nettement moins que les 4,1 % prévus en janvier », indique-t-elle dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales . C’est plus du double de la décélération enregistrée entre 1976 et 1979 à la suite du premier choc pétrolier.

Pour les pays riches, la croissance devrait fortement décélérer, passant de 5,1 % en 2021 à 2,6 % en 2022. La Banque prévoit seulement 2,2 % en 2023 en raison de la baisse du soutien budgétaire et monétaire mis en place pendant la pandémie de Covid-19. Pour les pays émergents et en développement, cette croissance devrait également passer de 6,6 % en 2021 à 3,4 % en 2022. C’est bien en deçà de la moyenne annuelle de 4,8 % sur la période 2011-2019.

« La flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que les perturbations de l’approvisionnement et des échanges provoquées par la guerre en Ukraine et la nécessaire normalisation des taux d’intérêt en cours, expliquent l’essentiel de la dégradation » des prévisions, détaille le président de la Banque mondiale, David Malpass. Et de poursuivre : « Même si une récession mondiale est évitée, les affres de la stagflation pourraient persister pendant plusieurs années, à moins qu’une forte augmentation de l’offre ne soit opérée. »

Pour la plupart des pays, la stagflation est une réelle menace au regard de la flambée des prix de l’énergie . En termes nominaux, les prix du pétrole brut ont augmenté de 350 % entre avril 2020 et avril 2022, ce qui en fait la plus forte augmentation sur une période équivalente de deux ans depuis 1973. Les prix du charbon et du gaz ont tous atteint des sommets historiques, ne laissant guère de place à l’utilisation de combustibles fossiles moins chers, comme ce qui avait pu être réalisé dans les années 1970.

Pour l’institution, cette flambée des prix de l’énergie pourrait réduire la production mondiale d’environ 0,5 % en 2022 et d’environ 0,8 % d’ici à 2023. Les économies avancées connaîtraient une réduction de la production de 0,9 % d’ici à 2023 tandis que les pays émergents et en développement importateurs de pétrole verraient leur production fléchir de 0,6 %.

Le risque d’assister à la persistance d’une inflation plus élevée plus longtemps que prévu est réel. Certes, la hausse des prix de détail est appelée à se modérer l’an prochain. Mais elle restera probablement supérieure aux objectifs des banques centrales dans de nombreux pays.

Pour l’institution multilatérale, la conjoncture actuelle ressemble aux années 1970 sur trois aspects essentiels : des perturbations persistantes du côté de l’offre qui alimentent l’inflation, précédées d’une longue période de politique monétaire très accommodante dans les principaux pays industrialisés ; des perspectives d’affaiblissement de la croissance ; des difficultés des pays émergents et en développement confrontés au nécessaire resserrement de la politique monétaire pour contenir l’inflation. La reprise qui était intervenue après la stagflation avait nécessité de fortes hausses des taux d’intérêt dans les principaux pays industrialisés, « ce qui a joué un rôle de premier plan dans le déclenchement d’une série de crises financières dans les pays émergents et en développement », avertit la Banque mondiale.

L’INSEE annonce la stagflation pour la France

L’INSEE annonce la stagflation pour la France

 

Une situation de quasi stagflation se prépare la France avec une croissance inexistant tandis que les prix vont continuer de s’envoler au-delà même de 5 %. La conséquence sera pour les ménages, les salariés et les épargnants qui verront leur pouvoir d’achat réduit.

Du coup ils vont réduire aussi leur consommation et participer encore à l’écroulement de la croissance. Bref une situation de crise se prépare pour la fin de l’année 2022 et 2023

« La stagflation correspond à une activité qui stagne et une inflation sur une période durable. Notre scénario pour le second trimestre est celui d’une croissance modeste avec une inflation qui reste élevée. Nous n’avons pas de scénario au-delà de la mi-année », a expliqué le chef du département de la conjoncture Julien Pouget, q ui évidemment ne veut pas se  » mouiller » par rapport aux prévisions du gouvernement qui prévoyait une croissance de 4 % !. L’Insee n’a pas non plus évoqué de scénario de récession.

Après avoir atteint 4,8% au mois d’avril, l’indice des prix à la consommation pourrait dépasser la barre symbolique des 5% d’ici juin. « Les chocs d’offre négatifs avec la guerre en Ukraine et la politique zéro covid en Chine augmentent les tensions sur les quantités et les prix. S’agissant des prix, ils atteignent des niveaux inédits depuis le début de nos séries dans l’agriculture (+69% pour les céréales), l’industrie. Ces prix à la production continuent de se transmettre aux prix à la consommation », explique Julien Pouget. « En mars 2022, les prix de production de l’industrie française ont augmenté de 24,4 % sur un an. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis que ces séries sont calculées, janvier 1995 », souligne un récent billet de blog de l’Insee.

L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix les plus volatils (énergie, alimentation) pourrait grimper à 3,5% d’ici à juin contre 2,5% en juin. En moyenne annuelle, l’inflation sous-jacente était de 1,1% au cours de l’année 2021. La Banque centrale européenne (BCE) est actuellement sur une ligne de crête. Même si elle a déjà annoncé un resserrement de sa politique monétaire via l’arrêt du programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP), le conseil des gouverneurs doit éviter de freiner l’activité de la zone euro déjà empêtrée dans une croissance au ralenti au cours du premier trimestre.

 

La guerre en Ukraine a considérablement affecté la confiance et la consommation des ménages, traditionnel moteur de l’économie tricolore au cours du premier trimestre. Le pouvoir d’achat des ménages français a reculé de 1,5% entre janvier et mars et pourrait une nouvelle fois se replier de 0,5% au cours du second trimestre. « Il y a une baisse très nette de la confiance des ménages depuis le début de la guerre en Ukraine. L’indicateur mesurant l’opportunité de faire des achats importants marque une chute. Dans le même temps, l’indicateur mesurant l’opportunité d’épargner n’a pas vraiment diminué depuis le début de la crise sanitaire », souligne Julien Pouget.

Du côté des entreprises, la situation est particulièrement critique dans les secteurs très dépendants des énergies fossiles ou de l’étranger pour se procurer des matières premières ou des métaux. Dans l’automobile, la plupart des grands groupes et de leurs sous-traitants sont toujours dans le rouge. L’automobile reste marquée par des tensions d’approvisionnement. « Au mois de mars, la production automobile était encore inférieure d’un tiers à son niveau d’avant crise sanitaire », indique Julien Pouget. A l’opposé, certains secteurs dans l’informatique notamment continuent de tirer leur épingle du jeu, profitant de l’essor du numérique dans les entreprises depuis la pandémie.

 

Économie et inflation : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Économie et inflation   : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

 

Il est clair que la plupart des programmes électoraux n’ont  tenu aucun compte de l’évolution économique et que de ce point de vue,  ils sont largement obsolètes car les moyens évoqués notamment financiers sont illusoires.

Bref, un changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Jusque-là en effet on se réjouissait à juste titre d’une nette reprise de la croissance et d’une grande maîtrise de l’inflation. Or aujourd’hui, on connaît l’inverse avec un net ralentissement de l’activité qui se traduit notamment en France pour le premier trimestre par une absence de croissance du PIB. Dans le même temps l’inflation se situe sur une perspective de 5 à 6 %. Du coup,le pouvoir d’achat des consommateurs est largement entamé  puisque salaires, épargne et pensions ne suivent pas. La conséquence est une baisse de la consommation qui vient impacter la croissance. Malheureusement avec le maintien d’un très haut niveau des prix du fait des perturbations logistiques qui perdurent notamment avec la Chine, de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine.

La consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance tricolore a reculé au cours du premier trimestre à -1,3% après 0,6%.

La flambée des contaminations due au virus Omicron en fin d’année 2021 au moment des fêtes de Noël et pendant les premières semaines de 2022 a considérablement pesé sur le moral des ménages. Du côté des investissements, les chiffres montrent une lente progression à 0,2% contre 0,3% au T4. La dynamique est principalement portée par les entreprises et les administrations publiques. En revanche, les dépenses d’investissement des ménages sont en repli de -1,1%.

Initialement le gouvernement a fixé l’augmentation de la croissance à 4 % en 2022. Un objective maintenant impossible à accroître et qui mécaniquement faute de recettes fiscales et de dépenses supplémentaires va encore accroître le déficit budgétaire et la dette. Une dette colossale passée de 100 % avant la crise sanitaire à 115 % fins 2021 et qui va encore s’accroître ne serait-ce que pour financer les dépenses de fonctionnement.

Du coup, la plupart des promesses faites dans le cas de la campagne électorale risque d’être remise en cause.Croissance en berne, inflation record, déficit amplifié et explosion de la dette vont exiger un changement de paradigme par rapport aus scénarios théoriques de la campagne électorale. Sans parler des risques de l’environnement géostratégique.

Économie : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Économie   : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

 

Il est clair que la plupart des programmes électoraux n’ont  tenu aucun compte de l’évolution économique et que de ce point de vue,  ils sont largement obsolètes car les moyens évoqués notamment financiers sont illusoires.

Bref, un changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Jusque-là en effet on se réjouissait à juste titre d’une nette reprise de la croissance et d’une grande maîtrise de l’inflation. Or aujourd’hui, on connaît l’inverse avec un net ralentissement de l’activité qui se traduit notamment en France pour le premier trimestre par une absence de croissance du PIB. Dans le même temps l’inflation se situe sur une perspective de 5 à 6 %. Du coup,le pouvoir d’achat des consommateurs est largement entamé  puisque salaires, épargne et pensions ne suivent pas. La conséquence est une baisse de la consommation qui vient impacter la croissance. Malheureusement avec le maintien d’un très haut niveau des prix du fait des perturbations logistiques qui perdurent notamment avec la Chine, de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine.

La consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance tricolore a reculé au cours du premier trimestre à -1,3% après 0,6%.

La flambée des contaminations due au virus Omicron en fin d’année 2021 au moment des fêtes de Noël et pendant les premières semaines de 2022 a considérablement pesé sur le moral des ménages. Du côté des investissements, les chiffres montrent une lente progression à 0,2% contre 0,3% au T4. La dynamique est principalement portée par les entreprises et les administrations publiques. En revanche, les dépenses d’investissement des ménages sont en repli de -1,1%.

Initialement le gouvernement a fixé l’augmentation de la croissance à 4 % en 2022. Un objective maintenant impossible à accroître et qui mécaniquement faute de recettes fiscales et de dépenses supplémentaires va encore accroître le déficit budgétaire et la dette. Une dette colossale passée de 100 % avant la crise sanitaire à 115 % fins 2021 et qui va encore s’accroître ne serait-ce que pour financer les dépenses de fonctionnement.

Du coup, la plupart des promesses faites dans le cas de la campagne électorale risque d’être remise en cause.Croissance en berne, inflation record, déficit amplifié et explosion de la dette vont exiger un changement de paradigme par rapport aus scénarios théoriques de la campagne électorale. Sans parler des risques de l’environnement géostratégique.

Économie et inflation : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Économie et inflation  : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

 

Il est clair que la plupart des programmes électoraux n’ont  tenu aucun compte de l’évolution économique et que de ce point de vue,  ils sont largement obsolètes car les moyens évoqués notamment financiers sont illusoires.

Bref, un changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Jusque-là en effet on se réjouissait à juste titre d’une nette reprise de la croissance et d’une grande maîtrise de l’inflation. Or aujourd’hui, on connaît l’inverse avec un net ralentissement de l’activité qui se traduit notamment en France pour le premier trimestre par une absence de croissance du PIB. Dans le même temps l’inflation se situe sur une perspective de 5 à 6 %. Du coup,le pouvoir d’achat des consommateurs est largement entamé  puisque salaires, épargne et pensions ne suivent pas. La conséquence est une baisse de la consommation qui vient impacter la croissance. Malheureusement avec le maintien d’un très haut niveau des prix du fait des perturbations logistiques qui perdurent notamment avec la Chine, de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine.

La consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance tricolore a reculé au cours du premier trimestre à -1,3% après 0,6%.

La flambée des contaminations due au virus Omicron en fin d’année 2021 au moment des fêtes de Noël et pendant les premières semaines de 2022 a considérablement pesé sur le moral des ménages. Du côté des investissements, les chiffres montrent une lente progression à 0,2% contre 0,3% au T4. La dynamique est principalement portée par les entreprises et les administrations publiques. En revanche, les dépenses d’investissement des ménages sont en repli de -1,1%.

Avec la stagflation déjà un budget de crise

Avec la stagflation, déjà un budget de crise

 

Les mauvais chiffres économiques du premier trimestre et les perspectives vont remettre en cause toutes les prévisions budgétaires. En clair, la plupart des promesses électorales pour la plupart déjà non financées pourront difficilement être tenues. Un papier de la « Tribune » fait sur la situation économique

.Après un fort rebond en 2021 à 7%, la croissance française a stagné au cours du premier trimestre 2022. D’après les chiffres de l’Insee dévoilés ce vendredi 29 avril, le PIB a fait du surplace entre janvier et mars après +0,8% au cours du dernier trimestre 2021 et +3% au troisième trimestre 2021. L’institut de statistiques a révisé fortement ses prévisions trimestrielles par rapport au mois de février (-0,3 point).

« Le PIB  marque le pas au T1 2022 (0,0% en variation trimestrielle). Il porte l’empreinte des 2 chocs exogènes (le Covid avec Omicron en janvier, puis la guerre en Ukraine qui a renforcé l’inflation) qui se sont conjugués pour faire baisser nettement la consommation des ménages », a réagi le chef du département de la conjoncture à l’Insee Julien Pouget sur Twitter.

L’éclatement de la guerre aux portes de l’Union européenne a considérablement assombri les perspectives économiques. Le Fonds monétaire international (FMI) table désormais sur une croissance du PIB de 2,9% en 2022 contre 3,5% en janvier.

Résultat, la France se trouverait déjà, selon plusieurs économistes, dans un scénario de risque « stagflation » (forte inflation et croissance atone). A l’inverse, d’autres estiment qu’à ce stade, compte tenu de l’acquis de croissance prévu sur l’année 2022 (2,4% selon l’Insee), cette hypothèse de stagflation n’est pas encore confirmée.

Alors qu’Emmanuel Macron doit détailler son prochain gouvernement la semaine prochaine, ces mauvais résultats pourraient bien compliquer la tâche du nouvel exécutif. « De toute évidence, la prévision de croissance annuelle de 4% en 2022 faite par le gouvernement à l’automne dernier pour son projet de budget ne tient plus. Elle sera abaissée dans le cadre du collectif budgétaire discuté cet été pour tenir compte des nouvelles circonstances, » a expliqué l’économiste de Oddo BHF, Bruno Cavalier, dans une récente note.

Après le plan de résilience de 7 milliards d’euros annoncé au printemps, le gouvernement va devoir présenter un projet de loi de finances rectificative (PLFR) dès cet été pour pouvoir assurer le financement de nouvelles mesures. En effet, les équipes de Bercy planchent déjà sur de nouvelles aides pour les gros rouleurs et un prolongement du bouclier tarifaire notamment. Les dernières semaines de la campagne présidentielle ont rappelé que le pouvoir d’achat était une question brûlante aux yeux des Français. En outre, les résultats des élections de dimanche dernier ont montré que la France était profondément fracturée avec une extrême droite au plus haut et une abstention au sommet. A l’approche des élections législatives prévues en juin prochain, Emmanuel Macron doit absolument éviter tout embrasement social s’il veut garder la majorité à l’Assemblée nationale.

L’indice des prix à la consommation a grimpé de 4,8% en avril contre 4,5% en mars selon les chiffres toujours provisoires de l’Insee. L’énergie continue de faire monter la fièvre des prix en général mais dans une moindre mesure que lors des premiers mois de l’année. « La principale contribution reste de loin celle de l’énergie mais elle diminue un peu. A l’inverse, les contributions de l’alimentation, des produits manufacturés et des services augmentent », complète Julien Pouget.

Alors que l’année 2021 était marquée principalement par la hausse des prix de l’énergie suite au plongeon spectaculaire de la croissance en 2020, la donne a complètement changé. « Le fait que les taux d’inflation dans les services, dans l’alimentation et dans les produits manufacturés sont tous en hausse, et supérieurs à l’objectif de la BCE, illustre l’élargissement des pressions inflationnistes », explique l’économiste d’ING  Charlotte de Montpellier dans une note.

Portée par les frictions entre l’offre et la demande en 2021 dans le contexte de la reprise, l’inflation a continué d’accélérer fortement au cours du premier trimestre dans le contexte de la guerre en Ukraine. L’invasion de la Russie a provoqué un choc très important sur les marchés de l’énergie sur le Vieux continent obligeant les Etats européens à trouver des solutions pour se passer du gaz et du pétrole russe.

La demande intérieure a pesé sur les chiffres de l’activité entre janvier et mars. « Contrairement aux Etats-Unis où la chute du PIB au premier trimestre est liée à la faiblesse de la demande étrangère, c’est la demande intérieure qui chute en France, contribuant à hauteur de -0.6 point à l’évolution du PIB », ajoute Charlotte de Montpellier.  La consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance tricolore a reculé au cours du premier trimestre à -1,3% après 0,6%.

La flambée des contaminations due au virus Omicron en fin d’année 2021 au moment des fêtes de Noël et pendant les premières semaines de 2022 a considérablement pesé sur le moral des ménages. Du côté des investissements, les chiffres montrent une lente progression à 0,2% contre 0,3% au T4. La dynamique est principalement portée par les entreprises et les administrations publiques. En revanche, les dépenses d’investissement des ménages sont en repli de -1,1%.

Au cours du premier trimestre, le commerce extérieur a contribué positivement à la croissance de l’ordre de 0,1 point. « Les échanges extérieurs continuent également de progresser, mais avec un rythme moindre que fin 2021, notamment grâce à un rebond des exportations de matériels de transport compte tenu de la livraison d’un navire de croisière. Les exportations (+1.5% sur le trimestre) augmentent plus rapidement que les importations (+1.1%), » souligne Charlotte de Montpellier.

Après deux années de marasme, les exportateurs français retrouvent un peu de couleurs mais cette embellie pourrait être de courte durée. Outre les effets dévastateurs de la guerre en Ukraine, la politique zéro covid menée en Chine et les confinements de masse imposés par Pékin chamboulent les chaînes d’approvisionnement dans le monde entier. En France, plusieurs industriels ont déjà fait savoir qu’il devaient ralentir les cadences de production en raison de ces restrictions. D’autres ont choisi de rogner sur leurs marges.

Malgré une croissance atone, le nombre de demandeurs d’emploi a reculé au cours du premier trimestre. D’après les derniers chiffres de la direction statistique du ministère du Travail (Dares), le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a baissé de 5,3% (-164.000) en France métropolitaine par rapport au dernier trimestre 2021 et de 16% sur un an. En parallèle, le nombre de demandeurs d’emploi en activité réduite a continué d’augmenter (catégorie B) ou s’est stabilisé (catégorie C). « Au total, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C diminue de 2,8 % sur  ce trimestre  (- 150 000) et de 8,4 % sur un an », soulignent les statisticiens dans un communiqué.

Ces chiffres de croissance moins bons qu’attendus au cours du premier trimestre risquent de peser sur les prochains trimestres.  »La forte hausse de l’inflation, qui se propage désormais de plus en plus largement dans l’économie, pèse sur les revenus des ménages. A cela s’ajoute le pessimisme des ménages, illustré par la forte baisse de la confiance des consommateurs en mars et le fait qu’elle ne se soit pas redressé en avril. Ces deux éléments risquent de modérer encore plus fortement la demande des ménages », indique Charlotte de Montpellier.

Cette demande déprimée devrait peser sur les carnets de commande des entreprises déjà affectées par deux années de pandémie. « La croissance économique française risque donc de rester faible », table Charlotte de Montpellier. « Bien qu’aucun de ces facteurs ne soit suffisant pour faire basculer complètement l’économie française vers la récession, la conjonction de tous ses éléments en même temps augmente drastiquement les risques d’un ou deux trimestres de croissance négatives pour la suite de l’année », ajoute-t-elle. En attendant, le prochain exécutif devra affronter ce coup de mou dans les prochaines semaines.

Économie : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Économie : changement de paradigme avec le retour de la stagflation

 

Il est clair que la plupart des programmes électoraux n’ont  tenu aucun compte de l’évolution économique et que de ce point de vue,  ils sont largement obsolètes car les moyens évoqués notamment financiers sont illusoires.

Bref, un changement de paradigme avec le retour de la stagflation

Jusque-là en effet on se réjouissait à juste titre d’une nette reprise de la croissance et d’une grande maîtrise de l’inflation. Or aujourd’hui, on connaît l’inverse avec un net ralentissement de l’activité qui se traduit notamment en France pour le premier trimestre par une absence de croissance du PIB. Dans le même temps l’inflation se situe sur une perspective de 5 à 6 %. Du coup,le pouvoir d’achat des consommateurs est largement entamé  puisque salaires, épargne et pensions ne suivent pas. La conséquence est une baisse de la consommation qui vient impacter la croissance. Malheureusement avec le maintien d’un très haut niveau des prix du fait des perturbations logistiques qui perdurent notamment avec la Chine, de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine.

La consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance tricolore a reculé au cours du premier trimestre à -1,3% après 0,6%.

La flambée des contaminations due au virus Omicron en fin d’année 2021 au moment des fêtes de Noël et pendant les premières semaines de 2022 a considérablement pesé sur le moral des ménages. Du côté des investissements, les chiffres montrent une lente progression à 0,2% contre 0,3% au T4. La dynamique est principalement portée par les entreprises et les administrations publiques. En revanche, les dépenses d’investissement des ménages sont en repli de -1,1%.

La menace de « stagflation » et la BCE

La menace  de « stagflation » et la BCE

 

 

(La stagflation se caractérise par une inflation forte mais sans croissance )

 

Il y a quelques semaines de cela, tout le monde s’attendait à ce que la réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) du 10 mars prochain ouvre la porte à une progressive normalisation de la politique monétaire. Cela n’arrivera pas ! Par William Gerlach, Directeur France d’iBanFirst dans la Tribune .

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a complètement changé la donne. La BCE devrait opter pour la prudence. Même les faucons au sein du Conseil des Gouverneurs (ceux qui militent en faveur d’un relèvement rapide des taux) plaident désormais pour le statu quo. L’objectif est double : estimer l’impact de la crise en Europe de l’Est sur l’évolution macroéconomique en zone euro (à la fois l’inflation et la croissance) et s’assurer qu’elle n’aboutisse pas à une instabilité financière.

Pour le moment, les économistes s’abstiennent d’avancer des chiffres, même approximatifs, sur l’effet de la crise sur la croissance. C’est trop tôt. En revanche, tous s’accordent à dire qu’elle devrait pousser l’inflation en hausse. Allianz et plusieurs grandes banques internationales prévoient que l’inflation pourrait augmenter d’un point de pourcentage sur l’année en cours du seul fait de la guerre et de ses conséquences. Le rebond de l’inflation est lié à plusieurs facteurs :

  • 1) forte hausse du cours du baril de pétrole (au-dessus du seuil des 100 dollars) ;
  • 2) engorgement croissant du commerce international et perturbation des chaînes d’approvisionnement (des usines allemandes sont déjà à l’arrêt en raison d’un manque d’approvisionnement depuis l’Ukraine) ;
  • 3) rebond du prix des matières premières agricoles (la tonne de blé a augmenté de près de 30% en l’espace de cinq jours, par exemple).

À court terme, la BCE devrait être en mode pilotage automatique à cause des incertitudes liées à la guerre en Ukraine. À moyen terme, elle n’aura certainement pas d’autre choix que de durcir plus rapidement que prévu sa politique monétaire – ce qui pourrait soutenir le taux de change de l’euro. Le niveau de l’inflation en zone euro est inconfortablement élevé et grignote le pouvoir d’achat des ménages et les marges des entreprises – a fortiori dans un contexte où les hausses des salaires sont en moyenne très limitées (+0,6 % sur un an en janvier en Italie, par exemple). En février, l’indice des prix à la consommation, qui est la mesure de l’inflation la plus suivie, a atteint un pic à 5,8 % sur un an. Ce n’est qu’un début. Ce chiffre ne prend pas en compte la hausse des prix de l’énergie depuis fin février, en lien avec la guerre en Ukraine.

Nous ne serions pas surpris que l’inflation en zone euro atteigne un point haut proche de 7 % cette année. Dans ces conditions, la question n’est plus de savoir si l’inflation est temporaire ou pas. Il faut simplement agir. Contrairement au consensus qui prévoit que la guerre en Ukraine va repousser la première hausse des taux par la BCE à 2023, nous prévoyons qu’elle puisse survenir dès le quatrième trimestre 2022. Plusieurs aspects devraient inciter la BCE à agir :

  • 1) L’inflation n’est plus limitée seulement à l’énergie. Elle concerne aussi les produits alimentaires qui ont rebondi de 3 % sur un an en février ;
  • 2) l’opinion publique en Allemagne tolère de moins en moins une inflation perçue comme galopante, qui a atteint 5,5 % en février. Même la France, qui a longtemps été protégée par son bouclier tarifaire pour contenir la hausse des prix de l’énergie, n’est plus épargnée par l’inflation élevée. Elle a atteint 4,1 % sur un an le mois passé.

 

Tant que l’incertitude perdure concernant la guerre à l’Est de l’Europe, l’euro risque de continuer de chuter. Nous n’avons certainement pas atteint les points bas (l’EUR/USD pourrait chuter à 1,09 si la situation se dégrade fortement, par exemple). Nous retenons deux leçons ces deux dernières semaines. Premièrement, il y a souvent de forts décalages de prix sur les paires en EUR après que surviennent des événements non ‘pricés’ par le marché (invasion totale de l’Ukraine le 24 février et sanctions massives contre la Russie prises le 27 février). Deuxièmement, ces décalages de prix surviennent en général pendant la session asiatique, lorsque les volumes échangés sont les plus bas.

À plus long terme, nous pensons que l’euro pourrait surprendre à la hausse du fait d’une politique monétaire de la BCE plus restrictive que prévu par le marché afin de combattre l’inflation. Mais c’est un horizon lointain, pour le moment. Le principal danger à l’heure actuelle est le risque géopolitique, contre lequel il faut se couvrir.

Economie- Risque de la stagflation ?

Economie- Risque de la stagflation ?

 

L’économiste Christian de Perthuis explique, dans une tribune au « Monde » qu’il faut tirer les bonnes leçons de l’envolée des prix énergétiques, notamment en menant une politique de sobriété dans les pays riches et de redistribution à l’égard des pays pauvres.

Il évoque le risque de stagflation (inflation mais sans croissance), Notons cependant que ce risque existe avec la recette miracle de la taxe carbone proposée par nombre d’économistes NDLR 

Tribune.

 

Par son ampleur, l’envolée récente des prix énergétiques n’a qu’un seul précédent : le choc pétrolier de 1973. Elle intervient alors que s’engage la transition énergétique devant nous libérer de l’addiction aux énergies fossiles. Elle envoie un triple signal à la COP de Glasgow. Pour accélérer la sortie de l’économie des fossiles, les négociateurs devraient en tirer trois leçons.

La première concerne le déficit d’investissement en moyens de production alternatifs aux sources fossiles. Malgré la vive accélération des investissements opérée depuis une décennie, le déploiement des énergies renouvelables, du stockage de l’électricité et des réseaux énergétiques intelligents est trop lent pour fournir le supplément d’énergie réclamé par la reprise de l’activité mondiale.

La transition bas carbone exige en effet de réaliser en un temps record un déplacement massif de capital. Ce capital immobilisé pour produire l’énergie fossile représente aujourd’hui de l’ordre de 80 % du stock global. Il faut y substituer rapidement des capacités permettant de fournir de l’énergie décarbonée. Et donc investir plus dans le zéro carbone. D’après le scénario de décarbonation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), il faudrait pour cela plus que doubler le montant des investissements actuels dans l’énergie.

Le risque de la stagflation

Corriger ce déficit d’investissement est une condition de réussite de la transition bas carbone. Mais ce ne sera pas suffisant. La deuxième leçon de la crise actuelle porte sur la demande d’énergie qui redémarre bien trop fort. Sans une inflexion majeure de cette demande, l’investissement additionnel dans les capacités décarbonées va s’ajouter au stock de capital existant sans s’y substituer.

Le scénario vertueux de l’AIE postule ainsi que la quantité d’énergie consommée par unité de PIB diminue de 4 % par an dans le futur. Cela représente un triplement des gains d’efficacité énergétique qui permettrait, d’après les experts de l’Agence, d’opérer la transition sans peser sur la croissance économique. L’Agence reste discrète sur les conditions d’une telle rupture historique.

Le signal envoyé par les marchés est sans ambiguïté. La rupture espérée n’est pas au rendez-vous. La reprise trop forte de la demande d’énergie génère des hausses de prix directes (énergie) et indirectes (métaux nécessaires à la transition) qui risquent de faire retomber l’économie dans un état inconnu depuis les années 1970 : celui de la stagflation.

Économie– Vers la stagflation ?

Économie– Vers la stagflation ?

 

L’économiste Christian de Perthuis explique, dans une tribune au « Monde » qu’il faut tirer les bonnes leçons de l’envolée des prix énergétiques, notamment en menant une politique de sobriété dans les pays riches et de redistribution à l’égard des pays pauvres.

Il évoque le risque de stagflation (inflation mais sans croissance), Notons cependant que ce risque existe avec la recette miracle de la taxe carbone proposée par nombre d’économistes NDLR 

Tribune.

 

Par son ampleur, l’envolée récente des prix énergétiques n’a qu’un seul précédent : le choc pétrolier de 1973. Elle intervient alors que s’engage la transition énergétique devant nous libérer de l’addiction aux énergies fossiles. Elle envoie un triple signal à la COP de Glasgow. Pour accélérer la sortie de l’économie des fossiles, les négociateurs devraient en tirer trois leçons.

La première concerne le déficit d’investissement en moyens de production alternatifs aux sources fossiles. Malgré la vive accélération des investissements opérée depuis une décennie, le déploiement des énergies renouvelables, du stockage de l’électricité et des réseaux énergétiques intelligents est trop lent pour fournir le supplément d’énergie réclamé par la reprise de l’activité mondiale.

La transition bas carbone exige en effet de réaliser en un temps record un déplacement massif de capital. Ce capital immobilisé pour produire l’énergie fossile représente aujourd’hui de l’ordre de 80 % du stock global. Il faut y substituer rapidement des capacités permettant de fournir de l’énergie décarbonée. Et donc investir plus dans le zéro carbone. D’après le scénario de décarbonation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), il faudrait pour cela plus que doubler le montant des investissements actuels dans l’énergie.

Le risque de la stagflation

Corriger ce déficit d’investissement est une condition de réussite de la transition bas carbone. Mais ce ne sera pas suffisant. La deuxième leçon de la crise actuelle porte sur la demande d’énergie qui redémarre bien trop fort. Sans une inflexion majeure de cette demande, l’investissement additionnel dans les capacités décarbonées va s’ajouter au stock de capital existant sans s’y substituer.

Le scénario vertueux de l’AIE postule ainsi que la quantité d’énergie consommée par unité de PIB diminue de 4 % par an dans le futur. Cela représente un triplement des gains d’efficacité énergétique qui permettrait, d’après les experts de l’Agence, d’opérer la transition sans peser sur la croissance économique. L’Agence reste discrète sur les conditions d’une telle rupture historique.

Le signal envoyé par les marchés est sans ambiguïté. La rupture espérée n’est pas au rendez-vous. La reprise trop forte de la demande d’énergie génère des hausses de prix directes (énergie) et indirectes (métaux nécessaires à la transition) qui risquent de faire retomber l’économie dans un état inconnu depuis les années 1970 : celui de la stagflation.

Risque de la stagflation ?

Risque de la stagflation ?

 

L’économiste Christian de Perthuis explique, dans une tribune au « Monde » qu’il faut tirer les bonnes leçons de l’envolée des prix énergétiques, notamment en menant une politique de sobriété dans les pays riches et de redistribution à l’égard des pays pauvres.

Il évoque le risque de stagflation (inflation mais sans croissance), Notons cependant que ce risque existe avec la recette miracle de la taxe carbone proposée par nombre d’économistes NDLR 

Tribune.

 

Par son ampleur, l’envolée récente des prix énergétiques n’a qu’un seul précédent : le choc pétrolier de 1973. Elle intervient alors que s’engage la transition énergétique devant nous libérer de l’addiction aux énergies fossiles. Elle envoie un triple signal à la COP de Glasgow. Pour accélérer la sortie de l’économie des fossiles, les négociateurs devraient en tirer trois leçons.

La première concerne le déficit d’investissement en moyens de production alternatifs aux sources fossiles. Malgré la vive accélération des investissements opérée depuis une décennie, le déploiement des énergies renouvelables, du stockage de l’électricité et des réseaux énergétiques intelligents est trop lent pour fournir le supplément d’énergie réclamé par la reprise de l’activité mondiale.

La transition bas carbone exige en effet de réaliser en un temps record un déplacement massif de capital. Ce capital immobilisé pour produire l’énergie fossile représente aujourd’hui de l’ordre de 80 % du stock global. Il faut y substituer rapidement des capacités permettant de fournir de l’énergie décarbonée. Et donc investir plus dans le zéro carbone. D’après le scénario de décarbonation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), il faudrait pour cela plus que doubler le montant des investissements actuels dans l’énergie.

Le risque de la stagflation

Corriger ce déficit d’investissement est une condition de réussite de la transition bas carbone. Mais ce ne sera pas suffisant. La deuxième leçon de la crise actuelle porte sur la demande d’énergie qui redémarre bien trop fort. Sans une inflexion majeure de cette demande, l’investissement additionnel dans les capacités décarbonées va s’ajouter au stock de capital existant sans s’y substituer.

Le scénario vertueux de l’AIE postule ainsi que la quantité d’énergie consommée par unité de PIB diminue de 4 % par an dans le futur. Cela représente un triplement des gains d’efficacité énergétique qui permettrait, d’après les experts de l’Agence, d’opérer la transition sans peser sur la croissance économique. L’Agence reste discrète sur les conditions d’une telle rupture historique.

Le signal envoyé par les marchés est sans ambiguïté. La rupture espérée n’est pas au rendez-vous. La reprise trop forte de la demande d’énergie génère des hausses de prix directes (énergie) et indirectes (métaux nécessaires à la transition) qui risquent de faire retomber l’économie dans un état inconnu depuis les années 1970 : celui de la stagflation.

Vers la stagflation

COP26 : Vers la stagflation ?

 

L’économiste Christian de Perthuis explique, dans une tribune au « Monde » qu’il faut tirer les bonnes leçons de l’envolée des prix énergétiques, notamment en menant une politique de sobriété dans les pays riches et de redistribution à l’égard des pays pauvres.

Il évoque le risque de stagflation (inflation mais sans croissance), Notons cependant que ce risque existe avec la recette miracle de la taxe carbone proposée par nombre d’économistes NDLR 

Tribune.

 

Par son ampleur, l’envolée récente des prix énergétiques n’a qu’un seul précédent : le choc pétrolier de 1973. Elle intervient alors que s’engage la transition énergétique devant nous libérer de l’addiction aux énergies fossiles. Elle envoie un triple signal à la COP de Glasgow. Pour accélérer la sortie de l’économie des fossiles, les négociateurs devraient en tirer trois leçons.

La première concerne le déficit d’investissement en moyens de production alternatifs aux sources fossiles. Malgré la vive accélération des investissements opérée depuis une décennie, le déploiement des énergies renouvelables, du stockage de l’électricité et des réseaux énergétiques intelligents est trop lent pour fournir le supplément d’énergie réclamé par la reprise de l’activité mondiale.

La transition bas carbone exige en effet de réaliser en un temps record un déplacement massif de capital. Ce capital immobilisé pour produire l’énergie fossile représente aujourd’hui de l’ordre de 80 % du stock global. Il faut y substituer rapidement des capacités permettant de fournir de l’énergie décarbonée. Et donc investir plus dans le zéro carbone. D’après le scénario de décarbonation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), il faudrait pour cela plus que doubler le montant des investissements actuels dans l’énergie.

Le risque de la stagflation

Corriger ce déficit d’investissement est une condition de réussite de la transition bas carbone. Mais ce ne sera pas suffisant. La deuxième leçon de la crise actuelle porte sur la demande d’énergie qui redémarre bien trop fort. Sans une inflexion majeure de cette demande, l’investissement additionnel dans les capacités décarbonées va s’ajouter au stock de capital existant sans s’y substituer.

Le scénario vertueux de l’AIE postule ainsi que la quantité d’énergie consommée par unité de PIB diminue de 4 % par an dans le futur. Cela représente un triplement des gains d’efficacité énergétique qui permettrait, d’après les experts de l’Agence, d’opérer la transition sans peser sur la croissance économique. L’Agence reste discrète sur les conditions d’une telle rupture historique.

Le signal envoyé par les marchés est sans ambiguïté. La rupture espérée n’est pas au rendez-vous. La reprise trop forte de la demande d’énergie génère des hausses de prix directes (énergie) et indirectes (métaux nécessaires à la transition) qui risquent de faire retomber l’économie dans un état inconnu depuis les années 1970 : celui de la stagflation.




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