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Pesticides: réduire les risques mais soutenir notre souveraineté alimentaire

Pesticides: réduire les risques mais soutenir notre souveraineté alimentaire


La semaine dernière, pas moins de cinq ministres ont participé à la présentation des orientations de la stratégie Ecophyto 2030, visant à la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en France. Après Ecophyto 1 & 2, ce nouveau plan s’inscrit dans le même esprit que celui des précédents — qui ont tous échoué —, avec un objectif chiffré de baisse de l’usage des pesticides. Comble du ridicule, on annonce encore une fois l’objectif arbitraire d’une réduction de 50  % de volume, comme ce fut déjà le cas, il y a quinze ans, lors du Grenelle de l’environnement, et toujours sans aucune évaluation scientifique préalable.

La tribune de Gil Rivière-Wekstein, fondateur et rédacteur de la revue « Agriculture & Environnement » dans l’Opinion.

Or, ce qui importe, ce n’est pas une réduction quantitative, mais une réduction des risques pour la santé et pour l’environnement. Ce n’est pourtant un secret pour personne que la réduction quantitative globale des pesticides n’induit pas une réduction automatique des risques ! De même, on peut parfaitement réduire un risque sans diminuer de façon importante les quantités. Notamment grâce à de meilleurs outils de pilotage.

En gardant un mauvais indicateur — celui des quantités, alors qu’il faudrait un indicateur des risques —, on fait fausse route. D’autant plus qu’on met systématiquement de côté la question essentielle, qui consiste à savoir pourquoi un agriculteur utilise des produits phytosanitaires. Un rapport du ministère de l’Agriculture rendu en juillet dernier apporte une réponse claire à cette question : « Dans beaucoup de cas, le choix de recours à la molécule chimique autorisée permet d’optimiser le temps passé et le coût, et donc assurer une double performance économique et sociale. » C’est précisément la mise en péril de cette double performance qui pose un problème non seulement pour l’agriculteur, mais plus généralement pour la compétitivité de la Ferme France.

Il faut arrêter cette focalisation sur les questions quantitatives qui ne veulent rien dire
Indicateurs. Tout le monde s’accorde pour affirmer la nécessité de garantir notre souveraineté alimentaire, ce qui implique aujourd’hui une augmentation de la production agricole végétale comme animale, car nous importons déjà beaucoup trop. Il nous faut donc définir avant tout un cadre avec des objectifs de production qui soient quantitatifs et qui répondent à nos besoins. C’est dans ce contexte seulement qu’on peut engager un plan Ecophyto qui doit, lui, se focaliser sur une réduction des risques, mais sans mise en péril de la production.

Il nous faut donc, au préalable, un indicateur de production. Sans celui-ci, il ne sera pas possible de mesurer les conséquences des décisions qui sont prises sur les pesticides. Ces deux indicateurs — de production et de réduction des risques — doivent remplacer les indicateurs quantitatifs que sont les Nodu (pour Nombre de doses unités) et les IFT (Indicateur de fréquence de traitements). Et surtout, il faut arrêter cette focalisation sur les questions quantitatives qui ne veulent rien dire. « Sortir du glyphosate », simplement pour sortir du glyphosate, reste une aberration, dès lors que les solutions de substitution passent par des solutions moins vertueuses pour la santé et pour l’environnement.

C’est seulement lorsqu’on aura ces deux indicateurs qu’il sera possible de réaliser correctement les arbitrages. Autrement dit : il nous faut savoir quels sont les risques que nous sommes prêts à accepter, y compris pour la biodiversité, et pour quel niveau de production. Car il est évident qu’on peut parfaitement produire des quantités considérables si l’on accepte des risques considérables — ce qui n’est pas souhaitable —, tout comme on peut éviter tout risque en ne produisant plus rien — ce qui n’est pas davantage l’objectif. Tant que le pilotage avec ces deux indicateurs qui doivent être acceptés par la société n’est pas mis en place, on ira droit dans le mur.

Gil Rivière-Wekstein est fondateur et rédacteur de la revue « Agriculture & Environnement » et auteur de nombreux ouvrages sur les grands questionnements alimentaires.

Océans: soutenir le moratoire sur l’exploitation minière

Océans: soutenir le moratoire sur l’exploitation minière

Saluant la décision d’Emmanuel Macron d’arrêter l’exploitation des grands fonds, un collectif de responsables d’ONG appelle, dans une tribune au « Monde », le président de la République à aller plus loin afin de préserver l’océan, principal régulateur de notre climat.

 

Suite à la déclaration du président de la République souhaitant « mettre en place un cadre légal pour arrêter l’exploitation minière des grands fonds marins en haute mer », lors de la deuxième édition de la Conférence des Nations Unies sur l’océan du 27 juin au 1er juillet 2022 à Lisbonne, nous avons salué sa prise de position et appelé la France à s’engager véritablement dans ce sens dans le cadre des travaux de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) réunie le 18 juillet 2022 à Kingston (Jamaïque).

Comme l’a déclaré le 20 juillet le représentant permanent de la France au conseil de l’AIFM, il doit y avoir sur ce sujet un « avant Lisbonne » et un « après Lisbonne ». Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, évoque l’arrêt de l’exploitation minière dans les eaux internationales, les négociations visant à mettre en place le cadre légal qui autoriserait un début d’exploitation des grands fonds marins dès 2023 s’intensifient.

Pour que cet « après Lisbonne » se concrétise dans les faits, il est donc avant tout nécessaire de contrer urgemment les velléités d’une minorité de pays, poussés par des intérêts commerciaux court-termistes, de précipiter l’édiction d’un code minier à 2023. Les grands fonds marins, soit la zone océanique au-delà de 200 mètres de profondeur, constituent le plus large habitat sur terre, encore largement méconnu par l’homme.

Ce réservoir d’une riche biodiversité que l’on commence tout juste à découvrir est aujourd’hui menacé par cette nouvelle industrie, ce qui inquiète de nombreux scientifiques et ONG. En effet, principal régulateur de notre climat, il séquestre en moyenne 38 % des gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère chaque année et absorbe 93 % de l’excès de chaleur induit par les activités humaines.

Soutenir l’agriculture en Afrique

Soutenir l’agriculture en Afrique

 

Les auteurs de cette tribune, Pierre Arnaud, Karim Aït Talb, Jean-Marc Gravellini,  appellent les pouvoirs publics français à accompagner la création d’un véhicule financier « alimenté par un mélange de subventions, de prêts concessionnels et de ressources privées ».

 

Tribune.

 

Le secteur agricole et de l’élevage africain se trouve dans une situation paradoxale. Il occupe une place économique et sociale centrale, puisqu’il représente 23 % du PIB du continent et occupe près de 55 % de la population active. On estime également que 70 % des Africains vivent dans les zones rurales (soit près d’un milliard de personnes) et que 60 % des terres arables disponibles dans le monde se trouvent en Afrique. Pourtant, ces activités ne parviennent pas à assurer la sécurité alimentaire des habitants du continent. Une très grande majorité des populations rurales restent dans une situation de pauvreté endémique et de précarité dangereuse.

Avant même les crises sanitaire et ukrainienne, la part de la population malnutrie en Afrique de l’Ouest était déjà passée de 11,5 % en 2015 à 18,7 % en 2020 – soit 75 millions de personnes. Et la situation n’a fait que s’aggraver depuis, à cause des pénuries et de l’envolée des prix des matières agricoles, des engrais et du fret.

Une révolution doublement verte s’impose en Afrique, pour produire à la hauteur des besoins des Africains et le faire dans le respect de l’environnement et du climat. Nous pensons qu’il est possible de relever ce défi si l’on mise sur le dynamisme des entrepreneurs, hommes et femmes, en mettant à leur disposition les ressources financières qui leur manquent actuellement.

Dans la plupart des pays africains, il n’existe pas, aujourd’hui, de banques spécialisées dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage ni de banques de développement. Les banques commerciales, au-delà des crédits de campagne à court terme, ne disposent pas des ressources longues nécessaires et ce secteur d’activité leur paraît beaucoup trop risqué.

Si ces entreprises se tournent vers les institutions de financement du développement, comme Proparco, la Société financière internationale ou la Banque européenne d’investissement, leurs démarches n’aboutissent pas, car les montants sollicités sont jugés sont trop faibles pour rentabiliser les frais d’instruction des dossiers. Il est exigé en outre une antériorité de deux à trois ans pour prouver l’efficacité du business model. Et puis encore une fois, les secteurs de l’agriculture et de l’élevage sont considérés comme bien trop risqués et leur rentabilité jugée trop incertaine.

BCE: augmenter les taux ou soutenir la croissance

BCE: augmenter les taux ou soutenir la croissance

 

 

La BCE est écartelée entre la nécessité de relever les taux comme d’autres banques centrales afin de lutter contre l’inflation et la nécessité de ne pas casser une croissance insignifiante au premier trimestre 2022 puisqu’elle qu’elle n’a pas dépassé 0,2 %.. Dans le même temps l’inflation, elle dépasse les 5 %.

« La croissance du PIB a ralenti en Espagne, s’est arrêtée en France et s’est contractée en Italie », tandis qu’en « Allemagne, la dynamique de croissance est basse et s’affaiblit depuis fin février, le moment où tout a basculé », explique-t-il. L’activité ralentit pendant que l’inflation a atteint, elle, un niveau historique de 7,4% en mars, bien au-dessus de l’objectif de 2% visé par la BCE à moyen terme.

De son côté, la banque centrale américaine, la Fed, a de nouveau opté pour une hausse de ses taux directeurs pour tenter de contrôler l’inflation qui est au plus haut depuis 40 ans, mercredi 4 mai.

Côté britannique, la Banque d’Angleterre (BoE), a relevé ses taux ce jeudi 5 mai, pour la quatrième fois consécutive depuis fin 2021. Pour l’institut monétaire, l’enjeu est d’empêcher que la hausse de l’inflation (+7% sur un an en mars, bien au delà de l’objectif de 2% de la BoE) ne se traduise par des hausses des prix et des salaires à long terme. La hausse décidée est d’un quart de point ce qui porte le taux de la BoE à 1%, son plus haut niveau depuis 2009, au moment de la crise financière.

Soutenir vraiment les Ukrainiens

Soutenir  vraiment les Ukrainiens 

 

Plus de quatre-vingts écrivains et universitaires de pays dont la population est plutôt favorable à Vladimir Poutine, parmi lesquels l’Indienne Arundhati Roy, la Libanaise Hanan El-Cheikh, la Tunisienne Sophie Bessis et le Nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de littérature, demandent dans une tribune au « Monde » à « tous ceux et celles qui réclament pour eux la liberté » de « se tenir aux côtés des Ukrainiens ».

 

Tribune.

Depuis le 24 février, Vladimir Poutine mène une guerre de conquête contre l’Ukraine. Son armée bombarde et détruit les villes, tue des civils par milliers, comme elle l’a fait en Tchétchénie et en Syrie. Les Ukrainiens résistent. Il faut les soutenir sans calcul ni réserve.

Dans la plupart de nos pays pourtant, une trop grande partie de l’opinion s’est rangée du côté du dictateur russe. Au nom d’un anti-impérialisme qui s’est mué au fil des ans en haine passionnelle, elle applaudit quiconque s’oppose à l’Occident.

Nous mesurons l’écrasante responsabilité des puissances occidentales petites et grandes dans la dévastation de notre monde. Nous avons dénoncé les guerres qu’elles ont menées pour assurer la pérennité de leur domination sur de vastes régions, dont les nôtres, et condamné leur défense de dictatures indéfendables pour protéger leurs intérêts. Nous savons leur usage sélectif des valeurs dont elles se réclament, laissant mourir à leurs portes les réfugiés venant des Suds et accueillant « les leurs » à bras ouverts. Mais ne nous trompons pas de combat. Tous ceux et celles qui réclament pour eux la liberté, qui croient dans le droit des citoyens à choisir leurs dirigeants et à refuser la tyrannie doivent se tenir aujourd’hui aux côtés des Ukrainiens. La liberté doit être défendue partout.

Pour notre part, nous refusons de soutenir quelque dictature que ce soit au prétexte que ses adversaires seraient nos ennemis. A défendre la guerre de Poutine, nous nous privons de notre propre droit à être libres.

Dima Abdallah, écrivaine (Liban-France) ; Gilbert Achcar, politiste (Liban-Royaume-Uni) ; Mario Aguilar, islamologue (Royaume-Uni) ; Nadia Aïssaoui, sociologue (Algérie-France) : Younès Ajarraï, conseiller culturel (Maroc) ; Sanhadja Akrouf, militante féministe (Algérie-France) ; Cengiz Aktar, politiste (Turquie) ; Hala Alabdalla, cinéaste (Syrie) ; Tewfik Allal, militant associatif (Algérie-France) ; Chawki Azouri, psychiatre (Liban) ; Malika Bakhti, ingénieure (Algérie-France) ; Brigitte Bardet-Allal, enseignante (France) ; Ali Bayramoglu, journaliste (Turquie) ; Yagoutha Belgacem, directrice artistique (Tunisie-France) ; Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH (Tunisie) ; Akram Belkaïd, journaliste (Algérie-France) ; Rabaa Ben Achour, universitaire (Tunisie) ; Sana Ben Achour, professeur de droit (Tunisie) ; Tahar Ben Jelloun, écrivain (Maroc-France) ; Ali Bensaad, géographe (Algérie) ; Raja Ben Slama, directrice de la Bibliothèque nationale (Tunisie) ; Karima Berger, écrivaine (Algérie-France) ; Mohamed Berrada, écrivain (Maroc) ; Sophie Bessis, historienne (Tunisie-France) ; Karim Emile Bitar, professeur de relations internationales (Liban) ; Antoine Boulad, écrivain (Liban) ; Rafic Boustani, démographe (Liban) ; Nora Boustany, journaliste (Liban-Etats-Unis) ; Soha Bsat Boustani, consultante (Liban) ; Abdallah Cheikh Moussa, universitaire (Tunisie-France) ; Khedija Cherif, sociologue (Tunisie) ; Alice Cherki, psychanalyste (Algérie-France) ; Noam Chomsky, linguiste (Etats-Unis) ; Ahmed Dahmani, universitaire (Algérie-France) ; Kamel Daoud, écrivain (Algérie) ; Godofredo de Oliveira Neto, écrivain (Brésil) ; Albert Dichy, directeur littéraire (Liban-France) ; Karima Dirèche, anthropologue (Algérie-France) ; Nacer Djabi, sociologue (Algérie) ; Alicia Dujovne Ortiz, écrivaine (Argentine) ; Anne-Marie Eddé, universitaire (Liban-France) ; Dominique Eddé, écrivaine (Liban) ; Hanan El-Cheikh, écrivaine (Liban-Royaume-Uni) ; Abbas Fadhel, cinéaste (Irak) ; El Hadj Souleymane Gassama (alias Elgas), écrivain, (Sénégal) ; Amira Hass, journaliste (Israël-Palestine) ; Milton Hatoum, écrivain (Brésil) ; Ahmet Insel, politiste (Turquie) ; Ramin Jahanbegloo, philosophe (Iran) ; Kamel Jendoubi, militant des droits humains (Tunisie-France) Salam Kawakibi, politiste (Syrie-France) ; Tahar Khalfoun, universitaire (Algérie- France) ; Driss Ksikès, écrivain (Maroc) ; Abdellatif Laabi, poète (Maroc) ; Smaïn Laacher, sociologue (France) ; Kamal Lahbib, militant des droits humains (Maroc) ; Ahmed Mahiou, juriste (Algérie) ; Charif Majdalani, écrivain (Liban) ; Ziad Majed, politiste (Liban-France) ; Georgia Makhlouf, écrivaine (Liban-France) ; Farouk Mardam Bey, éditeur (Syrie-France) ; Mohamed Mbougar Sarr, écrivain (Sénégal) ; Khadija Mohsen-Finan, universitaire (Tunisie-France) ; Célestin Monga, économiste (Cameroun) ; Mohammad Ali Amir-Moezzi, universitaire, islamologue (Iran-France) ; Boniface Mongo-Mboussa, écrivain (Congo-Brazzaville-France) ; Wajdi Mouawad, dramaturge (Liban-France) ; Madeleine Mukamabano, journaliste (Rwanda-France) ; Nabil Mouline, historien (Maroc) : Lamia Oualalou, journaliste (Maroc-France) ; Cécile Oumhani, écrivaine (France) ; Atiq Rahimi, écrivain (Afghanistan-France) ; Michèle Rakotoson, écrivaine (Madagascar) ; Arundhati Roy, écrivaine (Inde) ; Lamine Sagna, universitaire (Sénégal-Etats-Unis) ; Antonio Carlos Secchin, écrivain (Brésil) ; Nada Sehnaoui, artiste plasticienne (Liban) ; Leïla Shahid, ancienne ambassadrice (Palestine) ; Muzna Shihabi Barthe, militante des droits humains (Palestine) ; Wole Soyinka, écrivain, prix Nobel de littérature (Nigéria) ; Wassyla Tamzali, essayiste (Algérie-France) ; Nadia Tazi, philosophe (Maroc-France) ; Hyam Yared, écrivaine (Liban).

Acheter de la monnaie de singe pour soutenir le rouble !

Acheter de la monnaie de singe pour soutenir le rouble !

 

Visiblement Poutine a des difficultés à comprendre la problématique économique. De ce point de vue, il faut bien convenir qu’il n’est pas le seul dirigeant à manifester une telle insuffisance. Comme le rouble s’est écroulé de plus 40 % depuis peu, Poutine a trouvé la martingale : il imposerait qu’on paye le gaz et le pétrole russe en rouble. Cela contraindrait évidemment les pays acheteur à ce munir de cette devise, sorte de monnaie de singe à la valeur très fluctuante et très virtuelle. De cette manière évidemment le rouble serait soutenu par les pays acheteur. Compte tenu de la volatilité du rouble il n’est pas du tout certain que les acheteurs acceptent des transactions en monnaie de singe.

De fait, des achats de roubles doivent avoir pour effet méca­nique de faire remonter la valeur de la devise russe. Celle-ci s’est ­effondrée de 41 % face au dollar entre la veille de l’invasion de l’Ukraine et le 7 mars.  Le gouvernement russe avait déjà demandé aux exportateurs de convertir 80 % de leurs recettes en roubles. Il aurait pu leur demander de convertir 100 %. Le fait que Poutine demande aux “pays hostiles” de payer en rouble est un geste avant tout politique .

« Cette position de Vladimir ­Poutine est selon moi plus géo­politique que technique et finan­cière, renchérit Philippe Dauba-Pantanacce, économiste chargé de la géopolitique à la banque Standard Chartered. Le G7 a attendu d’être réuni (la semaine dernière, NDLR) pour dire clairement qu’il refusait de payer en roubles. La Russie attendait sans doute qu’un État membre, l’Italie ou l’Allemagne peut-être, se désolidarise. »

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Crise énergétique : Soutenir les initiatives des particuliers

Crise énergétique : Soutenir les initiatives des particuliers

 

Sur 20 millions de maisons individuelles françaises, seules 100.000 sont aujourd’hui équipées de panneaux solaires photovoltaïques, quand il en faudrait 4 millions pour atteindre les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2035. La faute à des politiques publiques qui découragent trop souvent les particuliers. Par Marie Juyaux, Directrice générale d’Oscaro Power et Marion Perrin, Directrice scientifique d’Oscaro Power.

 

Des usines françaises à l’arrêt car incapables de payer la facture d’électricité : un exemple parmi tant d’autres qui illustrent les dégâts causés par la crise énergétique que traverse l’Europe depuis plusieurs mois. Pas étonnant quand on sait que le prix de la production d’énergie sur le marché de gros est passé en un an de 3-8 centimes d’euro par kilowattheure à 20-45 centimes d’euro par kilowattheure.

La France affiche d’ailleurs des prix parmi les plus élevés d’Europe sur le marché Spot de l’électricité malgré un parc nucléaire censé faire baisser la note. Plus grave, elle est le seul pays européen à ne pas avoir atteint en 2020 ses objectifs fixés dans le cadre du paquet énergie-climat par l’Union européenne en matière d’énergies renouvelables. Alors que nous devions atteindre une part de 23% d’énergies renouvelables dans notre mix énergétique, nous n’avons pu faire mieux que 19,1%. Ce qui a fait dire à Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), en décembre dernier à l’occasion du colloque annuel de l’Union française de l’électricité (UFE), que la France était « très en retard » en matière d’énergies renouvelables et que la crise aurait pu être évitée si l’on avait « suivi la feuille de route des énergies renouvelables telle qu’elle était prévue il y a deux ans ».

Il suffit de se tourner vers le solaire photovoltaïque. Atteindre les 4 millions de maisons équipées en autoconsommation en 2035, comme le préconise la PPE de RTE, est impossible si l’on reste dans un schéma classique d’installation réalisée par un professionnel : les installateurs agréés manquent cruellement et cela ne va faire qu’empirer dans les prochaines années.

Le solaire photovoltaïque en auto-installation représente donc une opportunité unique pour rattraper ce retard, si l’on veut bien encourager la pratique et faire sauter un à un les verrous qui empêchent les particuliers de devenir compétents en la matière et de s’approprier la transition énergétique en cours. En effet, selon un sondage Ifop réalisé en février 2022 pour Oscaro Power auprès d’un échantillon de plus de mille personnes, 74% des sondés affirment avoir déjà entendu parler de l’autoconsommation solaire, mais 43% de ces personnes ne savent pas vraiment en quoi cela consiste. Pourtant, quand on leur explique qu’il suffit d’installer chez soi des panneaux solaires pour autoproduire de l’électricité et faire des économies, ils sont 63% à vouloir procéder à cette installation et plus 2 français sur 3 sont prêts à franchir le pas de l’auto-installation.

À l’ère du Do It Yourself, réparer sa voiture, faire soi-même ses travaux de bricolage ou fabriquer un meuble n’est plus inaccessible. En témoigne l’engouement pour les tutoriels sur internet qui ne cessent de conquérir de plus en plus de Français. Le discours public se limite trop souvent à asséner qu’il faut passer par un installateur agrée pour la pose de panneaux solaires photovoltaïques sur sa toiture ou dans son jardin, alors même que le particulier peut tout faire lui-même si on lui en donne les moyens. De même qu’il peut tout à fait revendre le surplus d’énergie solaire produite grâce à son système auto-installé.

Enfin, il convient d’en finir avec les limites que s’imposent les particuliers lorsqu’ils décident de se lancer dans l’installation de panneaux photovoltaïques. Depuis 2017, le code de l’énergie indique que le surplus de production d’un particulier en autoconsommation peut être réinjecté gratuitement sur le réseau jusqu’à une puissance de 3 kilowatts, permettant ainsi à Enedis de l’utiliser. Mais les démarches administratives imposées par le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité sont telles que les particuliers préfèrent bien souvent investir dans des systèmes solaires simples et peu coûteux qui brideront automatiquement leur production. On se prive là d’un formidable réservoir d’énergie renouvelable alors qu’il suffirait de libérer le potentiel du solaire photovoltaïque en auto-installation pour atteindre enfin les objectifs que nous nous sommes fixés.

Présidentielle : les gamelles de Sarkozy l’empêchent de soutenir Pécresse

Présidentielle : les gamelles de Sarkozy l’empêchent de soutenir Pécresse

 

Les observateurs sondent l’âme de Sarkozy pour savoir s’il va soutenir Macron ou Pécresse celle qui représente son propre parti. Il est vraisemblable que Sarkozy ne soutiendra pas Pécresse. Empêtré en effet dans ses gamelles judiciaires, Sarkozy ne peut s’aliéner le pouvoir. La question étant de savoir s’il va se taire ou aller dans le sens de ses intérêts à savoir voter pour Macron espérant ainsi un peu de bienveillance des autorités judiciaires !

. En  2017, il s’était prononcé en faveur de François Fillon, seize jours avant le premier tour. La guerre en Ukraine « pourrait être un prétexte pour dire qu’Emmanuel Macron s’en tire bien », imagine un ex-ministre de droite. « Il ne va rien dire, parie un autre sarkozyste. Il ne soutiendra pas Pécresse, mais il ne soutiendra pas Macron. » À ses visiteurs, Sarkozy ne cache pas son agacement à l’égard de la candidate LR : « Elle n’écoute rien ! ». Mais « il ne peut pas – et n’a jamais – trahi sa famille politique », souligne un conseiller gouvernemental, qui ajoute : « Déjà, son manque de soutien à Pécresse est un signe suffisamment fort. »

L’Etat doit soutenir aussi la recherche spatiale

 L’Etat doit soutenir aussi la recherche spatiale

Un collectif d’une soixantaine de membres de l’Académie des sciences, parmi lesquels l’astrophysicienne Françoise Combes, le climatologue Jean Jouzel et le Prix Nobel de physique Albert Fert, s’alarme, dans une tribune au « Monde », de la priorité donnée par le ministère de l’économie à la dimension industrielle de la recherche spatiale.

Tribune.

 

A l’été 2020, à l’occasion d’un remaniement ministériel, la tutelle du secteur spatial français est passée du ministère de la recherche et de l’innovation au ministère de l’économie et des finances, pour la première fois depuis soixante ans.

Pour le Centre national d’études spatiales (CNES), ce transfert constitue un changement sans précédent. Chargé de la mise en œuvre des programmes spatiaux publics, contributeur essentiel du développement des lanceurs (Ariane) et de l’innovation, le CNES a toujours été un acteur-clé de la recherche scientifique, visant à comprendre et à protéger notre planète, explorer l’Univers, ou étudier les lois de la nature et le vivant grâce à la micropesanteur. Ainsi, le CNES joue un rôle majeur dans les missions scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) et d’autres partenaires internationaux, comme la NASA [l’agence spatiale américaine].

Pour cela, il s’appuie sur un vaste réseau de laboratoires universitaires – avec le Centre national de recherche scientifique et le Commissariat à l’énergie atomique – et d’entreprises industrielles. Cet écosystème a construit la légende de l’espace français. C’est ce qu’a récemment reconnu le premier ministre, Jean Castex, à l’occasion du soixantième anniversaire du CNES, en affirmant que la collaboration historique « entre laboratoires de recherche et industries reste l’une des grandes originalités du CNES » et « l’une de ses forces principales ».

Applications commerciales

C’est donc au titre de nouveau ministre de tutelle du CNES que, le 6 décembre, Bruno Le Maire a livré un discours précisant sa vision de la stratégie spatiale française. Cette vision semble opposer recherche scientifique spatiale et nouvelles applications commerciales de l’espace. Pour lui, la priorité du programme spatial français doit être à présent l’« aventure industrielle ». Il doit rejoindre le « monde de la compétitivité et du financement ».

Bien sûr, on ne peut que souhaiter que notre économie tire profit du savoir-faire français dans le spatial. La France doit prendre sa place dans le « New Space » [terme qui désigne l’irruption d’acteurs privés spécialisés dans le domaine spatial], en s’appuyant non seulement sur ses opérateurs historiques mais aussi en soutenant les « jeunes pousses » qui pourront, à terme, conquérir les marchés émergents du secteur. A l’avenir, la science et l’exploration pourront d’ailleurs bénéficier de ces nouveaux acteurs.

Cependant, ce projet ne pourra réussir dans la durée si l’Etat se détourne de la recherche spatiale sous prétexte de favoriser l’innovation industrielle. En effet, au-delà des connaissances et des services qu’elle apporte, la recherche a toujours été le principal moteur de l’innovation dans l’espace. Elle est à l’origine de la plupart des applications dont nous bénéficions aujourd’hui : prévisions météorologique et océanographique, systèmes de positionnement, surveillance de la Terre, suivi des ressources, gestion de risques et de la pollution, évolution du climat, etc.

Sarkozy pourrait soutenir Macron

Sarkozy pourrait soutenir Macron

La journaliste Nathalie Schuck publie avec son confrère Olivier Beaumont Chérie, j’ai rétréci la droite ! (Robert Laffont), un livre qui s’intéresse aux relations entre Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. « Une relation totalement utilitariste dans les deux sens, explique-t-elle. Nicolas Sarkozy a très vite compris qu’il pouvait se servir d’Emmanuel Macron pour continuer à peser dans les affaires publiques. Sous François Hollande, il est passé dans une trappe. Là, avec le nouveau chef de l’Etat, il s’est retrouvé à représenter la France comme au Japon, avec des missions un peu secrètes comme celle qui consistait à rencontrer Carlos Ghosn, avec l’accord de l’Elysée. Puis il pouvait aussi donner quelques conseils, peser sur les remaniements et placer ses hommes. A l’inverse, pour Emmanuel Macron, s’afficher aux côtés de Nicolas Sarkozy lui permet de dire “regardez, le président de droite, c’est moi”. » (dans l‘Opinion)

 

Opinion 

Beaucoup de ressemblances, des fâcheries aussi, notamment au moment des affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy, mais aussi pendant la crise sanitaire. Quel est le regard de l’ancien Président sur la gestion de la crise économique par l’exécutif ? « Il aurait fait exactement la même chose, c’est d’ailleurs précisément ce qu’il a fait lors de la grande crise financière en 2007-2008, en faisant jouer les stabilisateurs automatiques. Il a déversé tous les milliards qui étaient nécessaires, lui aussi. Là où il a été critique, en revanche, c’est avant la séquence de la pandémie. Lorsqu’il a vu qu’Emmanuel Macron s’engageait dans une giga-réforme des retraites, on a eu les premières dissonances. Nicolas Sarkozy ne comprend pas pourquoi le chef de l’Etat s’embarrasse à faire une espèce de réforme-cathédrale comme cela. Ils ont en commun de ne pas être des libéraux. On les croque souvent comme tels, alors qu’ils sont interventionnistes, ils considèrent que l’Etat doit intervenir massivement dans l’économie lorsque c’est nécessaire. »

Sur le rapport à l’autorité d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy n’y va pas par quatre chemins. En petit comité, par exemple, l’ex-chef de l’Etat dit de l’actuel « qu’il ne sait pas trancher, qu’il est inutile de dire qu’on est Jupiter lorsqu’on ne sait pas faire tomber la foudre. » A ce propos, il a d’ailleurs une théorie politiquement incorrecte, explique Nathalie Schuck : « Si Macron ne sait pas trancher, c’est qu’il a un problème de rapport à l’autorité parce qu’il n’a pas d’enfants. »

Nicolas Sarkozy va-t-il se positionner pendant la campagne présidentielle ? « Il a dit qu’il se prononcerait. On peut imaginer un soutien gradué selon la personnalité LR désignée (…). Il y a toutefois un scénario dans lequel l’ancien Président pourrait soutenir l’actuel pendant la campagne présidentielle : si le candidat LR s’effondrait dans les sondages et qu’il y avait une menace de l’extrême droite, Marine Le Pen ou Eric Zemmour. Dans ce cas, il n’hésitera pas à appeler à voter pour Emmanuel Macron. »

En effet, Nicolas Sarkozy « n’aime pas du tout Eric Zemmour », assure Nathalie Schuck. « Ces jours-ci, en petit comité, il répète constamment qu’il a commis une faute morale lorsqu’il a critiqué le choix des familles qui ont choisi d’enterrer en Israël leurs enfants, assassinés par Mohamed Merah. Il dit qu’il le combattra jusqu’au bout. »

Enfin, sur la primaire de la droite, la journaliste conclut : « Pour Nicolas Sarkozy, c’est la primaire des N-1, ce sont tous des nains. »

Ne plus soutenir les dictateurs africains

Ne plus soutenir les dictateurs africains

 

 

Célestin Monga,  Économiste camerounais appel à ne plus soutenir les dictateurs africains (Le Monde) extrait

 

Tribune.

Quels sont les intérêts de la France en Afrique et qui dispose de la légitimité pour les définir, les identifier et les évaluer ? Ces intérêts portent-ils sur le volume des contrats juteux obtenus par un petit groupe d’entreprises dites françaises opérant sur le continent, sur le nombre de pays africains dont les chefs d’Etat sont jugés « pro-français », ou sur le degré d’influence supposé que l’histoire coloniale, la présence militaire et la francophonie confèrent à la France sur la scène internationale ?

Ces questions font rarement l’objet d’un débat public en France. Comme si la mémoire collective demeurait honteusement prisonnière des frustrations et de la culpabilité d’une décolonisation bâclée. Cette omerta remonte aux années 1950. Visionnaire et courageux face au nazisme, le général de Gaulle s’est montré politiquement myope et cynique à l’égard des colonies et territoires sous domination française. Il leur a proposé de demeurer au sein d’une « Communauté française » qui aurait fait des populations africaines des citoyens de seconde zone, alors même qu’elles avaient versé beaucoup de sang pour la France lors des deux guerres mondiales.

PRÉSIDENTIELLE: FRANÇOIS RUFFIN REFUSE DE SOUTENIR MÉLENCHON POUR LE MOMENT ET SOUHAITE UN BIDEN POUR LA FRANCE

PRÉSIDENTIELLE: FRANÇOIS RUFFIN REFUSE DE SOUTENIR MÉLENCHON POUR LE MOMENT ET SOUHAITE UN BIDEN POUR LA FRANCE 

Une posture originale de François Ruffin du parti des insoumis qui ne veut pas se prononcer pour l’instant Mélenchon et qui souhaite même un Biden pour la France. Une épine dans le pied pour Mélenchon déjà agacé d’une part par la candidature écolo, d’autre part par l’idée d’une primaire à gauche. En plus, la référence à un président américain n’est certainement pas de nature à plaire à Mélenchon. « Je ne me prononcerai sur la présidentielle en France qu’à partir de l’été ».

 

Invité ce samedi d’Apolline de Malherbe sur BFMTV, le député La France insoumise de la Somme a refusé de soutenir explicitement la candidature du leader du parti Jean-Luc Mélenchon. « J’attends de voir, je me donne mon temps, j’ai mon agenda », a expliqué François Ruffin qui a confirmé qu’il ne se porterait pas lui-même candidat.

« Il est candidat à la présidentielle, moi je ne le suis pas » et « non je ne le serai pas », a martelé le parlementaire qui regrette que « la seule chose qu’on devrait avoir à dire aux Français, c’est 2022« .

François Ruffin estime qu’il faudrait pour 2022 un « Biden français » qui ferait « de la dépense sociale » face à « Macron qui va vous dire qu’on va vous bouffer vos retraites, vous bouffer vos droits au chômage, bouffer tout ça pour rembourser la dette mais sans toucher aux impôts ».

La BCE augmente ses achats de 500 milliards pour soutenir les banques

La BCE augmente ses achats de 500 milliards pour soutenir les banques

La banque centrale européenne a décidé d’être encore plus accommodante en augmentant le volume d’achat d’actifs. Il s’agit notamment de soutenir les Etats . Les banques qui vont être affectées par la perspective d’une contraction de la croissance au quatrième trimestre seront également davantage soutenues. Cette baisse de croissance devrait accroître encore les difficultés des entreprises à rembourser leurs prêts. Du coup,  le volume d’actifs douteux pourrait progresser dans le bilan des banques..

Son Conseil des gouverneurs a augmenté de 500 milliards d’euros, à 1.850 milliards, l’enveloppe du programme d’achats d’urgence face la pandémie, le PEPP, devenu depuis mars le principal instrument de sa politique visant à faire baisser les coûts de financement des Etats et des entreprises. La durée du PEPP est en outre prolongée de neuf mois, jusqu’à mars 2022.

Le PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme ou Programme de rachat d’urgence face à la pandémie – PRUP) désigne le QE « exceptionnel » de la BCE. Ce nouvel outil vient s’ajouter au QE « traditionnel » qu’est le programme d’achat de titres du secteur public (PSPP – Public Sector Purchase Programme) .

“L’incertitude reste forte, notamment en ce qui concerne la dynamique de la pandémie et le calendrier du déploiement des vaccins”, explique l’institution dans un communiqué. “Nous continuerons également de surveiller les évolutions du cours de change en lien avec leurs implications éventuelles pour les perspectives de stabilité des prix à moyen terme.”

La BCE a également annoncé que les conditions très favorables de ses opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO), destinées à alimenter les banques en liquidités, s’appliqueraient pendant une année supplémentaire, soit jusqu’en juin 2022.

Comme attendu, le taux de refinancement de la BCE reste fixé à zéro, son plus bas niveau historique, le taux de la facilité de dépôt à -0,5% et celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%.

La politique monétaire pourrait s’inscrire dans la même stratégie tant que l’inflation n’aura pas atteint 2 %.

Chine : face à la répression soutenir les avocats

Chine : face à la répression soutenir les avocats

 

Face à l’ampleur de la répression qui touche les avocats « weiquan », un collectif de chercheurs et de militants appelle, dans une tribune au « Monde », à une plus forte mobilisation de la communauté internationale.

 

Tribune. Le 19 janvier 2018, l’avocat pékinois Yu Wensheng est embarqué par une douzaine de policiers alors qu’il accompagnait son fils à l’école. Détenu au secret, il est soumis à la torture, sans accès à un avocat ni à sa famille, puis condamné, en mai 2019, à quatre ans de prison, à la suite d’un procès à huis clos dont le résultat a été notifié à sa femme, Xu Yan, il y a à peine un mois. Yu œuvrait pour la défense de militants et soutenait des réformes structurelles du système sociopolitique. La veille de son arrestation, il avait appelé à une réforme constitutionnelle et à la création d’un système de contrôle du Parti communiste chinois.

Yu est loin d’être un cas isolé en Chine : il fait partie des avocats weiquan (« défense des droits » en chinois), un groupe d’avocats se battant pour le respect des droits humains et l’état de droit, que Pékin s’efforce par tous les moyens de faire taire. Yu s’était déjà vu retirer sa licence d’avocat pour avoir défendu son célèbre collègue Wang Quanzhang, victime de la « rafle 709 » du 9 juillet 2015. Il y a cinq ans jour pour jour, plus de 250 avocats et militants ont été poursuivis et arrêtés ; certains ont disparu ou ont été emprisonnés pour « subversion du pouvoir de l’Etat », et contraints à des confessions diffusées sur des chaînes publiques.

Le mouvement de défense des droits (« weiquan yundong ») est né en 2003 avec l’abolition du système d’« hébergement et rapatriement » consécutif à la mort de Sun Zhigang, un travailleur migrant. Appuyés par des journalistes et des universitaires, des avocats ont décidé de prendre au mot le pouvoir, qui venait d’introduire la défense des droits humains dans la Constitution.

Tirant les leçons de la répression du mouvement pour la démocratie de 1989, ces professionnels engagés ont aidé des paysans, des ouvriers, des citadins persécutés par le pouvoir à défendre leurs droits devant les tribunaux, en s’appuyant sur la Constitution et sur les traités internationaux relatifs aux droits humains signés par la Chine. Conscients des risques que comportait la fondation d’une organisation, ils ont constitué des réseaux informels sur Internet, que les victimes d’abus n’hésitent pas à saisir.

Pour la première fois depuis 1989, un mouvement informel regroupant des citoyens appartenant à diverses classes sociales est apparu en Chine. Rapidement, les autorités ont commencé à harceler les avocats engagés dans le mouvement, leur retirant leur licence, ou les enlevant, comme en 2011. »

 

Coronavirus :  » Une urgence: soutenir le pouvoir d’achat des ménages » Christophe Blot (OFCE)

Coronavirus :  » Une urgence: soutenir le pouvoir d’achat des ménages » Christophe Blot (OFCE)

L ‘économiste Christophe Blot (OFCE) estime dans une interview à la tribune que « le choc actuel sera probablement très fort compte tenu des mesures qui sont prises »

 

Quel regard portez-vous sur les mesures annoncées par Christine Lagarde jeudi dernier pour faire face à la crise du coronavirus ?

Les mesures n’ont pas apaisé la crise et l’inquiétude des marchés. Il faut néanmoins tenir compte du contexte dans lequel cette crise intervient en matière de politique monétaire européenne. La BCE a engagé une politique de taux très bas. Le taux principal de refinancement est à zéro depuis 2016 et le taux de facilité de dépôt est déjà négatif. Il y a également des politiques d’achats d’actifs avec des programmes de soutien à l’activité. La politique monétaire est déjà très expansionniste. Dans ce contexte, les marges de manœuvre étaient limitées. La BCE pouvait baisser les taux mais cette baisse aurait eu surtout un effet de signal.

Il y a quand même eu des mesures annoncées de refinancement aux banques en contrepartie des crédits qu’elles vont accorder aux entreprises. Il y a un biais par lequel la banque centrale peut soutenir l’activité de crédit bancaire afin de ne pas pénaliser les entreprises de plus petite taille. Certaines mesures signifient que les banques doivent soutenir l’activité des entreprises pour leur éviter des problèmes de trésorerie. Sur le volet des achats d’actifs, il y a eu également des annonces. Jusqu’à maintenant, la BCE achetait 20 milliards d’euros de titres par mois pour une durée indéterminée. Là, elle a annoncé qu’elle allait racheter 120 milliards sur l’année en se focalisant sur les marchés d’entreprises.

 

Pourquoi les mesures annoncées par Christine Lagarde ont-elles provoqué des déceptions ?

Ce qui a pu provoquer des déceptions est l’absence de mesures relatives aux écarts de taux sur la zone euro. Avant la réunion du 12 mars, le taux italien commençait à remonter et le taux allemand commençait à baisser. Sur les marchés, les investisseurs qui souhaitaient garder des liquidités en euros se désengageaient de la dette italienne pour acheter de la dette allemande. Ce comportement peut se comprendre par le fait que l’Italie est le premier pays de la zone euro à prendre des mesures de confinement. La péninsule devrait donc être le premier pays à subir les conséquences macroéconomiques du coronavirus. L’Italie est un pays dans lequel la dette publique est déjà élevée. Cette situation devrait se traduire par une augmentation de dette italienne. Cette pression-là n’est pas du tout liée aux mesures budgétaires. Elle est liée au fait que l’activité va fortement se contracter au moins à court terme. Cet effondrement devrait avoir une incidence sur la dette. Le gouvernement italien va mettre en place un certain nombre de mesures de soutien à l’activité qui vont contribuer à faire croître la dette publique. Les marchés se disent que les risques sur la dette italienne vont s’accroître. Sur ce point, la BCE aurait pu annoncer une mesure pour que les écarts de taux dans la zone euro restent contenus à un certain niveau. Autrement, si le gouvernement adopte un plan de relance, ces effets peuvent être annihilés par une possible remontée des taux.

En revanche, Christine Lagarde a eu raison de rappeler que la politique monétaire ne peut pas tout faire mais une décision sur les écarts de taux aurait permis une coordination implicite de la politique monétaire et des politiques budgétaires. Elle a appelé les gouvernements à prendre leur responsabilité de coordination à l’échelle européenne. Il faut rappeler qu’il y a beaucoup d’autres annonces qui ont perturbé les marchés comme les annonces de Trump sur la fermeture des frontières américaines pour les Européens par exemple.

Existe-il un risque pour le secteur bancaire en Europe ?

Sur l’ensemble de la zone euro, la profitabilité des banques n’était pas dégradée avant la crise du coronavirus. Les banques ont bénéficié d’un certain nombre de mesures de la Banque centrale européenne qui leur permettent d’avoir des refinancements à très bas coût. Globalement, la situation s’est améliorée depuis la crise financière de 2008. Pour l’Italie, les créances douteuses avaient tendance à diminuer mais il est possible que certains établissements bancaires italiens soient encore dans une situation fragile. Un nouveau choc macroéconomique peut accentuer cette fragilité là. Un certain nombre d’entreprises qui ont une faible rentabilité et un haut niveau d’endettement pourraient subir les dégâts de cette crise.

Comment évaluez-vous l’ampleur de ce choc ?

Le choc actuel sera probablement très fort compte tenu des mesures qui sont prises. Ce choc, lié aux mesures de confinement, d’arrêt de l’activité, pourrait être limité dans le temps. À l’heure actuelle, il est difficile de se prononcer sur la durée de la crise. Cette crise n’est pas comparable à une crise financière. La crise financière va laisser des dégâts importants dans le système financier. Elle va provoquer par la suite un désendettement des agents. Après la crise de 2008 aux Etats-Unis, les ménages se sont fortement désendettés. Cela a pesé sur la consommation. Les banques ont réduit les crédits, compensant ainsi les prises de risque excessives précédentes. Aujourd’hui, la situation n’est pas la même. Ce n’est pas une crise financière. C’est une crise sanitaire qui a des effets économiques.

Une fois que la crise sanitaire s’estompe, le retour à une activité économique devrait se faire plus rapidement que lors d’une crise financière. Certains secteurs vont être plus touchés que d’autres comme le tourisme par exemple. L’effet sur le long terme de la crise du coronavirus devrait être moins fort que celui d’une crise financière. Sur ce point, les mesures temporaires vont permettre de faire du soutien aux revenus des ménages par des mesures de chômage partiel, de garanties de droits au chômage assouplies, des mesures de soutien pour la trésorerie des entreprises qui devraient permettre d’atténuer les liquidations et les faillites et donc éviter in fine de fragiliser le système bancaire.

La Commission européenne a annoncé récemment la mise en place d’un fonds d’investissement en réponse à l’épidémie allant jusqu’à 25 milliards d’euros. Est-ce suffisant ?

Les moyens dont disposent l’Europe en tant qu’institution sont actuellement limités. Le budget européen est très restreint. Il dépend de la contribution des Etats et il s’élève à environ un point de PIB de la zone euro. Ce n’est pas le levier principal par lequel l’Europe peut agir. L’enveloppe de 25 milliards d’euros peut sembler ridicule. Le Royaume-Uni a par exemple annoncé un plan de 30 milliards de livres. En l’absence de budget européen, il ne faut pas s’attendre à de fortes mesures de soutien de l’économie de la part de la Commission au vu de ses moyens. Il reste que la Commission peut jouer un rôle dans sa capacité à inciter les pays Etats membres à prendre les mesures nécessaires. Dit autrement, la Commission doit faire en sorte que les pays agissent de façon coordonnée.

Le deuxième levier est l’assouplissement des règles budgétaires en vigueur pour permettre aux pays d’avoir des actions suffisantes. Le soutien budgétaire viendra principalement des pays européens. Les décisions seront d’abord prises par la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… pour faire face à la crise. Si ces pays sont contraints par les règles budgétaires, ils vont voir leurs marges de manœuvre réduites. Il semble logique de dire que les règles budgétaires ne doivent pas être la priorité. Dans les règles, il y a néanmoins des clauses de sortie prévues qui prévoient un assouplissement des règles en cas de récession. L’un des dangers sera d’éviter de reproduire l’erreur commise en 2011 en demandant aux Etats Membres de respecter les règles alors même que la situation économique n’était pas encore rétablie. Il faut faire en sorte de ne pas casser le rebond au moment de la sortie de crise.

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé lors de son allocution que l’ensemble des gouvernements européens devait prendre les décisions de soutien de l’activité puis de relance quoi qu’il en coûte ». Quel regard portez vous sur cette position ?

Pour l’instant, il n’y a pas eu de mesures coordonnées. Chaque pays prend des mesures de façon indépendante. Comme le levier n’est pas européen, ce sont les Etats membres qui définissent leur programme de relance et le montant de ces programmes. Il faut éviter des phénomènes de « passager clandestin ». Au regard des situations en Italie, en Espagne ou en Allemagne, il est probable que ces pays mettent en place des mesures de relance similaires mais peut-être pas avec la même ampleur.

Quelles sont les mesures prioritaires à mettre en place pour éviter le marasme économique ?

À court terme, il faut absolument soutenir la trésorerie des entreprises en priorité et mettre en place des mesures de soutien au pouvoir d’achat des ménages par des dispositifs de chômage partiel. Il faut également garantir l’accès aux allocations chômage pour les individus qui n’arrivent pas à retrouver rapidement un emploi. Il peut y avoir des mécanismes de soutien à l’emploi. Il faut s’assurer également que le système de santé est capable de tenir le choc. Il faut lui donner tous les moyens nécessaires pour face à la crise sanitaire. À moyen terme, il faut absolument avoir une réflexion sur les moyens alloués à la recherche sur ce type de risque et les vaccins.

 

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