Archive pour le Tag 'Soros'

« La France le malade de l’Europe » (George Soros )

« La France le  malade de l’Europe » (George Soros )

(Interview les Echos)

Qui est aujourd’hui l’ «homme malade» («sick man») de l’Union européenne à vos yeux ?

Pour moi, c’est la France. Car le pays n’a pas le handicap d’avoir à payer une lourde prime de risque car sa perspective est liée à celle de l’Allemagne. Et néanmoins, même avec cette position privilégiée, ses performances sont à la traîne par rapport à l’Espagne ou l’Italie. L’Espagne a fait bien davantage que la France en matière de réformes structurelles. C’est en grande partie lié au manque de courage politique du gouvernement et au pouvoir excessif des syndicats.

Considérez-vous que le risque d’éclatement de la zone euro soit désormais écarté ?

Oui. Il y a une reconnaissance générale que l’euro est destiné à durer. Les autorités ont montré leur capacité à défendre l’euro. Mais à long terme, les risques politiques  restent élevés. L’insatisfaction de l’opinion pourrait encore augmenter et pousser les électeurs dans un sentiment anti-européen. Il faut que ce décalage soit corrigé

 

Que pensez-vous de la récente position du gouvernement français sur la nécessité de lutter contre le niveau trop élevé de l’euro fort en ayant une nouvelle approche monétaire ?

C’est parfaitement raisonnable. Je pense qu’un euro moins fort aiderait tout le monde, mais sans doute plus la France que l’Allemagne. La BCE elle-même commence à reconnaître le problème de la déflation et la nécessité de se pencher davantage sur les taux d’intérêt. Ce serait peut-être préférable pour la BCE d’intervenir sur les taux d’intérêt et d’acheter des dollars pour déprimer le niveau de l’euro plutôt que de s’engager dans une politique d’assouplissement monétaire. La BCE a déjà injecté beaucoup de liquidités dans le système bancaire. La difficulté est de transférer les liquidités des banques dans l’économie réelle. Et le «quantitative easing» n’aide pas sur ce point.

Etes-vous d’accord avec l’économiste Joe Stiglitz pour dire que l’euro a été une erreur, même si on ne peut plus faire marche arrière aujourd’hui ?

Avec le recul, je suis d’accord. A l’époque, je n’ai pas été plus intelligent que le marché ou les autorités. J’ai réalisé que l’euro était une monnaie incomplète mais je pensais qu’on pourrait y remédier avec le temps. Mais la volonté politique a manqué par la suite. A l’époque, je n’ai pas réalisé que les pays membres pourraient être confrontés au risque de faire défaut en créant une banque centrale européenne indépendante.

 

 

 

Pensez-vous toujours que la mise en place des «eurobonds» reste une priorité pour la zone euro ?

Politiquement, c’est impossible, car Angela Merkel s’est engagée à y opposer son veto. Ce n’est pas réaliste. D’ailleurs, la prime de risque  a pratiquement disparu : cela ne ferait plus une différence pratique notable. Ce qu’il faut aujourd’hui c’est une manière de stimuler la croissance. C’est le problème non résolu. L’Europe continue à poursuivre une fausse doctrine monétaire en défendant, pour la forme, un objectif d’équilibre budgétaire et de réduction des déficits, au détriment de la demande. Heureusement, sans le dire ouvertement, l’Allemagne l’a plus ou moins abandonné et les pays endettés ont obtenu un peu d’oxygène. C’est pourquoi l’économie est désormais stabilisée. Mais il y a toujours un fardeau excessif sur les pays lourdement endettés. Aujourd’hui, il serait préférable de donner la priorité à la croissance.

 

Davos: Soros propose de relancer la croissance

Davos: Soros propose de relancer la croissance

Soros admet qu’on a sans doute sauvé la sphère financière mais pas l’économie et pense qu’il faut maintenant relancer la croissance. Il est toujours aussi difficile de comprendre le fonctionnement des marchés financiers, a reconnu samedi le milliardaire américain George Soros, qui y a pourtant bâti sa fortune, lors d’un débat à Davos dans le cadre du Forum économique mondial. Les théories qui expliquent le fonctionnement de ces marchés se sont effondrées avec la crise de 2008, a-t-il expliqué lors de ce débat.   »Ce qui est dommage … c’est que nous n’avons toujours pas vraiment compris comment fonctionnent les marchés financiers », a reconnu le financier devenu philanthrope et aujourd’hui âgé de 82 ans.   »Nous avons introduit des instruments synthétiques, inventé des produits dérivés dont nous ne comprenons pas vraiment les effets qu’ils peuvent avoir », a expliqué M. Soros, dont la fortune gagnée sur les marchés est estimée par le le magazine Forbes à quelque 19 milliards de dollars.  L’économie mondiale au moment de la crise peut se comparer à une voiture en train de déraper, a-t-il encore expliqué.   »Quand une voiture dérape, vous devez d’abord tourner le volant dans la même direction que le dérapage pour en reprendre le contrôle, sinon vous risquez un tonneau », a-t-il indiqué.  C’est un peu ce qu’ont fait les autorités en injectant des liquidités massives dans l’économie via les banques, afin de soutenir l’activité. Il faut maintenant entrer dans une seconde phase qui consiste à changer de direction et remettre l’économie sur les rails de la croissance.   »Vous reprenez d’abord le contrôle et ensuite vous changez de direction », a-t-il expliqué, reprenant sa métaphore automobile.   »La première phase de cette manoeuvre est pratiquement terminée, mais la seconde phase n’a pas encore commencé », a-t-il ajouté, reconnaissant que le choix du moment pour aborder cette seconde phase était délicat, voire « probablement impossible ».

 

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Il ne reste que trois mois à l’Allemagne pour sauver l’Euro, d’après Soros

Il ne reste que trois mois à l’Allemagne pour sauver l’Euro, d’après Soros

S’exprimant samedi lors d’une conférence économique à Trente, en Italie, George Soros a souligné que la crise de l’euro – qu’il définit comme une crise des dettes souveraines couplée à une crise bancaire – menaçait de détruire l’Union européenne et de la plonger dans une « décennie perdue » comme celle traversée par l’Amérique latine dans les années 1980. « Un destin similaire attend désormais l’Europe. C’est une responsabilité que l’Allemagne et d’autres pays créditeurs doivent reconnaître », a déclaré George Soros. Il dit s’attendre à ce que les élections prévues en juin en Grèce donnent naissance à un gouvernement prêt à mettre en oeuvre les mesures d’austérité exigées par les créanciers d’Athènes, mais incapable de tenir ses promesses. « La crise grecque risque d’atteindre son paroxysme à l’automne. D’ici là, l’économie allemande va également s’affaiblir et il sera encore plus difficile pour la chancelière (Angela) Merkel de persuader l’opinion allemande d’accepter des responsabilités européennes supplémentaires. C’est ce qui nous donne une fenêtre de trois mois », a-t-il expliqué. Une sortie de la Grèce de la zone euro serait à ce stade forcément désordonnée et entraînerait quasi certainement un effondrement de l’UE dans son ensemble, a-t-il averti. Pour le financier né en Hongrie, qui amassé une fortune en spéculant contre la livre sterling en 1992, si la périphérie de la zone euro concentre aujourd’hui toutes les inquiétudes, ce sont néanmoins les pays du coeur du bloc qui apparaissent comme les grands responsables de la crise. « Le ‘centre’ est coupable d’avoir conçu un système défaillant, d’avoir ratifié des traités défaillants, d’avoir mis en oeuvre des politiques défaillantes et d’avoir toujours fait trop peu, trop tard », a-t-il déclaré.George Soros a plaidé pour la création d’un mécanisme d’assurance des dépôts bancaires européens, l’accès direct des banques au fonds de secours de la zone euro et une régulation financière centralisée. Il a également appelé à faire baisser les coûts d’emprunt des pays les plus lourdement endettés.

 




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